25 février 2013
Top ! C'est toi le chat !
Bon. Je suis assez peu friande de chaînes, mais étant donné que je suis aussi fondamentalement supertitieuse, me voilà plus ou moins obligée de donner suite à celle que m'a gentillement transmise amdsrs tout ça se payera cher histoire d'éviter d'être maudite sur 712 générations ou un truc du genre. En conséquence, souffrez qu'aujourd'hui, on parle (un peu) moins de séries.
Ah, mais d'abord, voici les règles du jeu :
- Poster les règles sur le blog
- Répondre aux 11 questions
- Inventer 11 nouvelles questions
- Partager le tag avec 11 personnes en mettant un lien vers leurs blogs et leur annoncer la nouvelle !
Jusque là j'ai bon, vous êtes d'accord ?
1) Ton pire souvenir capillaire
Alors pardon pour la sob story, mais je n'en ai qu'un : quand j'étais ado, ma mère avait acheté une boîte-à-couleur pour que je me fasse un reflet, et j'insiste sur le reflet, auburn. Sur mes cheveux foncés, c'était pas non plus la révolution, hein. Cela dit, ayant toujours secrètement espéré être rousse, j'étais toute contente, et une fois les manipulations faites, je suis descendue avec ma nouvelle parure capillaire dans la salle à manger, où j'ai été accueillie par mon père qui s'est exclamé d'un ton glacial : "t'as vraiment l'air d'une pute". C'était d'autant plus sympa qu'à la base c'était même pas mon idée.
2) Ton dernier fou rire
Vendredi soir. Faut pas me demander le contexte, c'était soirée mojito !
3) Un prof qui a marqué (en bien) ta scolarité
Ma prof d'anglais au lycée, Mme Laferrière. J'adorais son humour pince-sans-rire, j'adorais ses cours, j'adorais tout : elle était géniale. N'était pas non plus désagréable l'impression que j'avais d'être sa favorite, à laquelle elle donnait des exercices sympas à faire en plus, proposait des lectures intéressantes à faire, et avec laquelle elle discutait de plein de trucs après les cours, et ça me motivait d'avoir trouvé une prof qui me maintenait intéressée même si elle avait 30 autres élèves à gérer. Finalement, sous l'influence de l'admiration que je lui vouais, je m'étais plus ou moins convaincue que j'allais étudier l'anglais à la fac, d'ailleurs, parce qu'elle m'avait donné goût comme jamais pour cette langue ; c'est une chose d'avoir des bonnes notes dans une matière, c'en est une autre de vraiment sentir de l'enthousiasme pour ladite matière. Je l'ai croisée plusieurs fois sur Paris, dont une où elle m'a invitée à prendre un pot et où on a médit sur Amélie Poulain, et c'était très agréable de découvrir que même une fois devenue étudiante, et sortie de son orbite (quand on admire un prof, on a tendance à être un peu envoûté), elle était toujours aussi géniale à mes yeux. Par nostalgie, je viens de la googler et je m'aperçois qu'elle a aussi traduit une oeuvre de Tolkien récemment, et je sens bien que j'ai des étoiles dans les yeux de nouveau en pensant à elle (ça gêne un peu pour écrire à l'écran mais je m'arrange). Je me demande encore si son anecdote sur le sang de boeuf était vraie...
4) Un coup de coeur pour une ville ?
Paris sera toujours Paris.
5) C'est quoi pour toi la fin de l'innocence ?
En général ou en particulier ? En général, je dirais que c'est le moment où on commence à réaliser que nos parents sont imparfaits ; mais dans mon cas, ça a attendu une bonne quinzaine d'années, alors en particulier, je dirais que j'ai perdu une bonne partie de mon innocence la première fois où j'ai posé la main sur l'arme à feu de mon père et où j'ai pensé à ce que je pourrais faire ; quoiqu'on pourrait arguer que les raisons qui m'ont poussée à imaginer ce que je pourrais faire sont en fait à l'origine de ma perte d'innocence... Ah t'as voulu poser une question déprimante, te voilà servie !
6) Ce qui peut te faire sortir de tes gonds en public
Si ça a une chance de me faire sortir de me gonds, alors être en public ou non ne fera pas grande différence ! Il faut quand même dire que je suis moins facile à énerver qu'il y a quelques années, donc quand ça tombe, c'est vraiment que ça doit tomber. Le fait qu'il y ait quelques témoins ne change pas grand'chose. J'irai même jusqu'à dire que si j'avais l'impression qu'on profite du fait d'être en public pour m'obliger à me contenir, ça pourrait bien décupler ma colère.
7) Une storyline de série que tu aurais réécrite si tu avais pu
Doctor Who, saison 6 (ainsi que développé ici). C'était pour moi une telle évidence de faire en sorte que ce soient des évènements "naturels", et non surnaturels, qui détournent Amy et Rory du Doctor... ç'aurait eu le même effet que la mort de Joyce dans Buffy ! En tous cas c'est que je me raconte quand je me fais des illusions sur mon écriture. Mais je trouve que l'émotion aurait été bien plus intéressante, aussi bien à court terme (la déchirure entre des personnages de fiction laisse souvent autant de séquelles quand elle se fait sous le coup d'une dispute qu'à cause de faits tragiques inévitables ; j'ai encore en mémoire la dispute entre Will et Grace dans la série du même nom, j'en ai les larmes aux yeux rien que de penser à la brutalité de la chose) qu'à long terme, parce que, tant qu'à poser que le Docteur commence à dépasser les limites, autant lui en faire payer le prix ! Du coup ma storyline perso serait passée par un certain nombre d'épisodes et scènes en commun, mais avec une conclusion toute différente. Il y avait tellement d'ingrédients posant les jalons d'une fin comme celle-ci, qu'en réalité, ce seraient plus des inflexions de la storyline de Moffat et une conclusion différente, qu'une storyline 100% différente. Ce qui rend la réponse d'autant plus triste, quelque part...
8) Scénariste, éclairagiste-accessoiriste, réalisateur, monteur ou acteur ?
Scénariste sans hésitation, mais en espérant pouvoir tâter un peu de tout le reste au moins une fois, pour la beauté de l'expérience. Surtout réalisatrice, parce que ça reste sûrement le plus efficace, j'imagine, pour que le produit fini colle à ce qu'on a écrit. Et comme ma bucket list inclut de présenter un jour Saturday Night Live, il faudrait bien passer par la case actrice !
9) Quel personnage de série voudrais-tu déplacer dans une autre série ?
C'est sûrement l'une des questions les plus bizarres de la création. Chais pas, pour les besoins de l'exercice, on pourrait essayer de mettre l'un des personnages de The Secret Life of the American Teenager dans Oz, ou un truc du genre. 'Stoire de rigoler, quoi.
10) Une fin de série, c'est mieux trop tard avec remords ou trop tôt avec regrets ?
En théorie, le plus tard est toujours le mieux. D'autant que j'estime qu'à partir du moment où une série a dépassé les 10/15 années d'existence, on lui doit un renouvellement systématique jusqu'à la fin de temps ; c'est pas une question de qualité, mais d'institution je trouve la notion d'institution télévisuelle très importante et émouvante, d'ailleurs on en manque en France.
Maintenant, en pratique, il y a des exceptions à cette règle, évidemment, et certaines séries devraient être annulées tôt, point barre. Mais celles auxquelles je pense ne susciteraient pas de regret en ce qui me concerne ; cependant, à peu près toutes les séries ont au moins une personne de par le monde pour les regretter, alors on ne peut pas s'arrêter à ça pour annuler une sombre merde. Raisonnement boiteux qui n'engage que ma conscience, je te l'accorde.
11) On est reçu comment chez toi ?
Assez mal en fait, je suis pas du genre à mettre les petits plats dans les grands. C'est du genre : "ouais, laisse tes godasses là, ah t'as soif ? Bon j'ai ptet un fond de jus d'orange pulpé dans un coin". Alors que chez ma soeur tu croirais être chez Betty Draper. Pour ma défense, je divertis mes invités avec de meilleurs DVD, quand même. Quoique, vu qu'elle m'emprunte les miens...
Bon, le plus dur est fait.

Maintenant, les 11 questions de mon cru. Ne rigolez pas tout de suite : au prochain paragraphe, vous allez peut-être découvrir que vous êtes supposé y répondre.
1) Quelle est la série la plus vieille que tu aies regardée ? (évidemment j'accepte la réponse si tu n'as vu que le pilote)
2) "Le lycée est un champ de bataille pour le coeur"... quelle est la série qui ressemble le plus à l'adolescence telle que tu l'as vécue ?
3) Quelle est la toute première série que tu te souviens avoir regardée, même vaguement, quand tu étais vraiment jeune ?
4) Faut-il protéger les enfants des fictions "dures" ou au contraire leur apprendre progressivement à repousser leur seuil de tolérance ?
5) La faute d'orthographe ou de grammaire que tu sais que tu fais souvent, mais que tu continues de faire quand même.
6) Quelle série, qui en manque dramatiquement, mériterait un générique digne de ce nom, et dans ce cas, à quoi ressemblerait-il ?
7) Si je te demande d'associer une série à une époque de ta vie, de laquelle me parles-tu et pourquoi ?
8) Si tu écrivais ton autobiographie, quelle célébrité enregistrerait la version audiobook ?
9) Quand tu fais une crêpe-party, quels sont les ingrédients dont tu tartines systématiquement tes crêpes ?
10) Cite un film que tu as l'impression d'être la seule personne au monde à aimer.
11) C'est l'apocalypse et Dieu, qui t'a à la bonne, se propose de sauver UNE personne à Hollywood, et une seule. Quelle vie épargnes-tu et pourquoi ?
Pour finir, la liste des heureux veinards qui ont gagné le droit d'y répondre. Je suppose qu'on n'a pas le droit de toucher son père, donc amdsrs échappe à une opération de vengeance mesquine, mais sinon voilà ceux qui ne vont pas y couper : whisperintherain, Toeman, LL, Nelly, Eclair, Elvr_, Sam Marques juste pour l'obliger à résurrectionner son blog, PiperAki, eeeeeet... j'arriverai jamais à 11.
...Rha zut. Presque réussi. Tant pis, je prends la damnation sur 712 générations, je l'ai bien méritée. VOILA pourquoi je fais jamais ces chaînes.
EDIT sur l'idée de lordofnoyze : si vous voulez sauver ma descendance, et que les questions vous tentent, vous pouvez également choisir de répondre en commentaires !
31 décembre 2012
Remix
Si vous voulez la version courte, disons que le pilote de 2012 avait commencé sur les chapeaux de roue. Plein de personnages fascinants et attachants se sont vite distingués, tels que Smash, Äkta Människor, House of Lies ou encore 30° i Februari, et ont vite pris une place particulière dans mon coeur. Je ne vous cache pas qu'au printemps, l'ambiance était retombée, avec beaucoup moins de coups de coeur, et des séries qui progressivement s'éteignaient, nombre limité d'épisodes oblige. Narrativement, 2012 a connu un méchant coup de mou pendant l'été, d'abord parce qu'il n'y avait pas grand'chose à se mettre sous la dent, mais aussi à cause d'une rupture brutale d'internet ; je me suis alors retrouvée avec pas mal de rediffs sur les bras, mais c'était peut-être pas plus mal, comme on va le voir si vous vous sentez de lire la version longue ! Clairement, toute la série 2012 n'aura pas été au niveau de son premier épisode, mais malgré ce rythme très inégal, je suis quand même en mesure de dire que le bilan a été positif.
Bon alors, qu'est-ce qu'on fait, on se lance dans la revue de détail ? Allez, suivez-moi. Mais mettez des chaussures de marche.
Etant donné que la rentrée américaine 2012 aura été l'occasion de lancer un gargantuesque défi avec whisperintherain, et qu'en outre, je sais plus si j'ai pensé à le mentionner, mais il s'avère que j'adore les pilotes, il y a eu dans les parages, cette année, énormément de reviews de pilotes de séries d'absolument tous les horizons.
Evidemment, loin de moi l'idée de vouloir toutes les répertorier, mais voici celles qui, en tous cas à mes yeux, ont été les plus importantes. Pour les (re)lire, il suffit de cliquer sur l'image !
L'un de mes tous premiers, si ce n'est le premier coup de coeur de 2012, aura été Smash. Aucun doute possible à ce sujet, je me suis immédiatement attachée à la série, en dépit des quelques défauts qui étaient éventuellement les siens dés le départ, et qui ont manqué d'être corrigés (empirant même, parfois) pendant le reste de la saison. Le pilote de Smash aura été, sans doute possible, l'un des plus exhaltants, et l'attente entre sa disponibilité et sa diffusion aura qui plus est permis à mon excitation de monter crescendo, un fait suffisamment rare pour être noté vu ma personnalité un rien volage !
Cela en dit long sur mon année téléphagique quand l'une des séries que je considère comme les plus importantes est une série suédoise, regardée en VOSTM, et en quasi-simultané avec la diffusion originale sur SVT. Et, non, je ne parle pas d'Äkta Människor, en dépit de mon attachement pour cette série d'anticipation qui est une vraie réussite, mais de 30° i Februari, qui m'aura sincèrement émue et touchée, et dont je tente comme je peux de faire le deuil de l'absence de sous-titres anglais sur les DVD (ce qui entre nous soit dit est illusoire : je ne m'en remettrai jamais). Et comme quasiment seuls les crime dramas scandinaves ont les honneurs des sorties en DVD dans nos contrées (Äkta Människor étant l'exception qui s'apprête à confirmer la règle), mes espoirs d'un jour pouvoir me faire une intégrale digne de ce nom sont très, très minces. Ce sont les risques du métiers, je suppose. Mais même avec une compréhension imparfaite de la série (fort heureusement, il y a un peu d'anglais de temps à autres, et surtout, elle repose en grande partie sur l'observation de ses personnages), il est juste impossible pour moi de vous citer un défaut de la série, je n'en ai trouvé aucun ! Par voie détournée, ça m'a aussi rappelé combien il est important qu'un jour, même si c'est dans dix ans, je parle un Suédois immaculé qui me permette de me mettre devant ce genre de perles sans ciller (Kommissarie Winter en étant une autre). Oui, il y a d'excellentes séries partout dans le monde, et non, je ne peux pas apprendre toutes les langues de la planète, mais le rêve que je nourrissais, adolescente, d'apprendre le Suédois, n'est que ravivé par ce genre de séries. Un jour...
Woodley, c'était un peu la petite perle sous-estimée de mon début d'année, et même si j'ai tenté de partager cette découverte avec quelques proches et que ça s'est avéré être un échec (ma frangine, rei, m'a dit qu'elle avait l'impression de regarder Mr. Bean, et dans sa bouche ça ne sonnait pas bien du tout !), je conserve un souvenir ému de cet épisode inaugural parfaitement réussi, drôle et poétique, et pourtant, profondément triste : tout ce qu'il faut pour me charmer, donc. Souvenir qui n'a d'ailleurs pas matière à en être un, puisque je me suis ruée sur les DVD après avoir vu le final, qui n'a fait que confirmer les impressions du premier épisode...
La première review de Buzz Aldrin n'aura, en réalité, pas été celle d'un pilote mais celle des trois premiers épisodes (sur 4). Vous me pardonnerez cette tricherie, mais la série aura tant compté pour moi, se classant aisément parmi les plus marquantes de l'année, que n'en faire aucune mention aurait été criminel. D'ailleurs régulièrement, ...alors que je n'ai cagoulé puis acheté les épisodes qu'au printemps ! Ca en dit long sur l'impact de la série, laquelle a en outre frappé mon imaginaire et stimulé, une fois de plus, mes désirs de Scandinavie. Un jour, ce qui va se passer, c'est que je vais vraiment partir m'installer dans les îles Færoe, et puis c'est tout.
Dans un automne foisonnant de reviews de pilote (lesquelles sont consultables dans la catégorie Review vers le futur, dédiée à ce qui n'est pas encore diffusé sous nos lattitudes, sinon on ne s'en sort pas), quelques séries ont tiré leur épingle du jeu. La québécoise Unité 9 était de celle-là, confirmant que la télévision québécoise nous en remontre régulièrement, même si, diantre, on le savait déjà et c'était pas forcément la peine de nous mettre le nez dedans. Mais quel panache, quelle excellence dans la façon dont Unité 9 révèle ses personnages à eux-mêmes, et prend le contrepied absolu de tous les clichés sur les séries carcérales, a fortiori féminines (Capadocia, qui s'est éteinte cette année, a des vertus, mais pas celles du réalisme). En offrant un univers et des personnages ancrés dans le réel et l'authentique comme, de vous à moi, seuls les Québécois savent faire (mais après tout, à chacun ses points forts), la série s'est taillée la part du lion à la fois dans mon coeur, et dans les audiences de son pays natal. Et je dis que c'est amplement mérité !
Après un premier semestre assez peu dédié aux séries asiatiques (il y a bien eu Cleopatra na Onnatachi, mais la baudruche s'est très vite dégonflée, d'ailleurs je voulais initialement en faire un post de bilan pour étudier l'anatomie de cet échec, mais je n'en ai pas trouvé le courage), sans vraie grande raison pour tout vous avouer, je me suis reprise en main à l'automne, en revenant à la fois sur les pilotes de la saison qui a commencé début octobre, mais aussi sur quelques autres séries, soit achetées en DVD, soit tout simplement exhumées de mes archives des mois précédents. Soumatou Kabushikigaisha a certainement été l'un des plus impressionnants, avec sa formule intelligente, sa narration impeccable, et son excellente réalisation. Mon Dieu, rien que d'y penser, j'en ai des frissons !
Dans un autre registre, et toujours chez nos amis nippons, Osozaki no Himawari est une chronique plus humaine, mais qui m'a touchée... écoutez, c'est bien simple, comme l'avait fait Buzz Aldrin. Il y avait donc du niveau. Sauf que seuls les Japonais sont capables de fournir en un temps record une série profondément ancrée dans l'air du temps et en même temps, délictatement subtile et humaine ; rien que pour ça, mon amour pour les séries nippones est indestructible, parce que quoi qu'il arrive, il se trouve toujours une série pour vous réduire le coeur en bouillie. Pour des raisons essentiellement techniques, je n'ai pas fini la saison, mais nul doute que quand je lui aurai fait un sort, ça va se finir en post de bilan !
2012 n'a pas été qu'inédits, loin de là, et j'ai tenté mon lot de rediffusions, de fouilles archéologiques et/ou de re-visionnages, comme chaque année. Cela fait partie de mes petits plaisirs, il faut l'admettre, que de tenter des pilotes plus anciens, les séries achevées voire oubliées, ou même de me recoller devant un pilote déjà regardé par le passé, juste pour le plaisir de vérifier si j'en pense la même chose ! Il y a aussi eu, comme toujours avec moi, des petites "phases" assez sympathiques, aussi, comme la semaine russe, le moment où je me suis intéressée aux séries d'espionnage (de Covert Affairs à Spy, en passant par Spooks et Get Smart ; hélas je n'ai jamais réussi à cagouler le pilote de I, Spy et du coup ça m'a coupée dans mon élan), je me suis bien amusée à butiner des pilotes selon des thèmes ou des destinations originaux, en tous cas pour moi puisque jusque là, j'avais vu très peu de séries d'espionnage par exemple. Et en plus de tout ça, un peu de lecture et de cinéma... voire les deux en même temps ! Franchement, on s'est pas ennuyés.
Comment tout ça a tenu en une seule année ?!
En dépit de ma réputation, qui je le reconnais est méritée, de pilotovore... eh bien, en y réfléchissant, j'ai cependant réalisé que j'avais regardé énormément de saisons complètes et d'intégrales cette année. Mais qui a vraiment besoin de dormir plus de 4 heures par jour, hein, qui ?
Regardée dans le cadre de ce bon vieux SeriesLive Show, l'intégrale de Carnivàle n'aura pas été un marathon de tout repos. D'abord, parce que la série est très exigeante, impliquant une concentration de chaque instant alors que l'ambiance a aisément de quoi vriller les nerfs (ça n'aide pas que je sois une petite nature). Mais aussi parce que la seconde saison aura été épouvantablement longue. J'ai rarement éprouvé de telles difficultés à finir un marathon, mais il n'en reste pas moins que Carnivàle est une excellente série dont on parle trop peu... au moins la première saison. Je suis contente de l'avoir vue, tout comme je suis soulagée d'en être venue à bout ; j'espère bien ne plus jamais vivre ça.
C'était l'un de mes objectifs du mois de mars : me refaire la première et unique saison de Wonderfalls ; après un visionnage du pilote couronné de succès, l'intégrale est passée comme une lettre à la poste en une semaine ! L'univers de Fuller est toujours un ravissement sans pareil pour moi, je ne m'en lasse pas... et pourtant, cette intégrale a été l'occasion de (re)découvrir des défauts de la série qui m'avaient échappé avec le temps. Il y a une raison pour laquelle Wonderfalls n'a eu qu'une saison, même si elle aurait probablement été capable de s'améliorer avec le temps (on ne le saura jamais), que la diffusion chaotique d'origine n'a probablement pas aidées. Mais Wonderfalls reste une vraie petite merveille pleine de tendresse, de bonnes idées et de bons sujets, même parfois traités de façon brouillonne, et elle constitue en outre une pierre angulaire du Fullerverse, tant elle cristallise de choses sur son créateur.
Le Québec a connu une très bonne année sur ce blog, il faut bien le dire. L'année avait commencé sur les chapeaux de roues avec Apparences, un thriller familial du meilleur goût, captivant, intelligent, formidablement bien filmé et interprété... Si on ferme les yeux et qu'on arrive à mettre de côté l'accent, on a presque l'impression d'assister à ce qu'une excellente série française pourrait être ! Ca fait rêver, non ?
Diffusée en 2011, Cloudstreet était déjà devenue une sorte de monstre sacré à mes yeux. Mais la première fois, je n'avais pas osé m'atteler à une review. C'est au moment d'un revisionnage qui m'avait laissée sur les genoux, dans le plus excellent sens du terme, que j'ai finalement remonté mes manches et tenté de lui rendre justice. Inutile de préciser que la tâche est surhumaine, et qu'en-dehors d'un visionnage, il n'existe aucun moyen de célébrer convenablement le génie et la beauté de Cloudstreet. Ecrire sur Cloudstreet est une tâche ingrate, mais il faut que quelqu'un s'en charge, parce que vous laisser passer à côté serait criminel de ma part. Et d'ailleurs rien que d'en parler, j'ai envie de me re-faire une intégrale. Ah, si je m'écoutais...
Une brutale rupture de connexion internet m'a poussée à me tourner vers mes DVD de Gilmore Girls cet été, dans un de ces marathons impromptus qui semblent avoir jalonné l'année (et qui d'ailleurs m'a poussée à achever d'acquérir tous les coffrets). La surprise de cette intégrale aura été de découvrir que, si lorsque j'avais découvert la série, j'avais adoré Lorelai, avec les années, je suis dorénavant bien plus portée vers Rory (les questionnements amoureux de sa mère ayant fini de m'insupporter vers la fin, allergie à la romance aidant). C'était intéressant de découvrir que mon point de vue avait changé sur mon "personnage préféré", alors que j'ai toujours la même tendresse pour la série, laquelle est parvenue, avec une efficacité rare, à aborder des sujets familiaux sans jamais tomber dans l'excès de chamallow (sauf lors des soirées Charlie et la Chocolaterie, évidemment). C'est ça, une série qui vieillit bien, une série qu'on continue d'aimer même si les raisons pour le faire changent...
Aurais-je regardé les DVD de The Starter Wife sans le visionnage de Smash ? Et plus encore, aurais-je seulement eu l'idée de jeter un oeil au prix des coffrets ? C'est à cela qu'on voit que Smash a décidément été importante cette année... The Starter Wife, idéale pour l'été, aura été un petit marathon sans prise de tête, valant principalement pour la présence lumineuse de Debra Messing et la mini-série, la saison qui suit étant à oublier totalement. D'ailleurs, pouf, à partir de demain, la saison 1 de The Starter Wife, on n'en parle plus jamais, jamais, jamais !
C'était l'un de mes derniers marathons de l'année (avec Jack & Bobby qui se concluera l'an prochain). Scrubs, que je n'avais jusque là jamais vue en intégralité, m'aura bouleversée. Et m'aura aussi rappelé combien les intégrales sont importantes pour avoir une vision à la fois large et détaillée d'une série, car tant de choses nous échappent lors d'un visionnage hebdomadaire ou, pire, ponctuel... Si je devais parler d'un coup de coeur de la fin de l'année, Scrubs serait probablement celui-là, avec ses pitreries, certes, mais aussi et surtout son constant soucis d'innover, du moins si l'on exclut la dernière saison pour ABC, et son sens aiguisé de la narration, retournées régulièrement comme une crêpe sous les yeux ébahis de votre serviteur. Le final de la saison 8, qu'à des fins de préservation de notre santé mentale collective, nous allons estimer être le series finale, est également l'un des plus réussis et, en dépit du fait que ça fasse 15 jours que je l'ai regardé, il m'arrive encore d'avoir une larme à l'oeil en y pensant... La séparation d'avec Scrubs est vraiment difficile, et même si c'est sur le tard, on peut dire que la série compte vraiment à présent.
Vous l'aurez peut-être remarqué, 2012 aura aussi été l'occasion d'une tentative de marathon Pushing Daisies, surnommé le Piemarathon, mais les plus observateurs parmi vous auront remarqué que je ne suis pas allée au bout. La raison en est simple : je n'ai jamais vu le dernier épisode de Pushing Daisies (non, jamais), et comme je n'arrivais pas à me décider pour savoir si, cette fois, j'allais le regarder et réellement "laisser partir" la série, j'ai tout simplement fini par abandonner le marathon pendant la saison 2, plutôt que de me retrouver à devoir faire un choix. Dans ma logique tordue (et en réalité totalement dictée par les sentiments, donc illogique), ça a du sens, même si je suis bien consciente que ce soit un peu dérisoire, la série n'en étant pas moins annulée pour autant. Peut-être trouverai-je un jour le courage de finir ce marathon. Ou bien, me connaissant, vais-je regarder le pilote encore plusieurs fois, finir par me lancer dans une nouvelle intégrale de la série, et m'interrompre encore avant la fin ; c'est beaucoup plus mon genre, sachant combien j'ai du mal à admettre la fin de cette série. Etrangement, probablement un peu par associations d'idées même si ce n'est pas la seule raison, c'est aussi pour cela que je n'ai pas [encore] vu Mockingbird Lane...
J'avais aussi commencé à regarder SPACE 2063, après environ 16 années d'attente pour posséder les DVD (gloire d'ailleurs à ma toute première carte bancaire, elle aura été joyeusement étrennée pendant l'année !), mais j'ai fini surtout par revoir mes épisodes préférés. Une intégrale plus sérieuse et moins émotive sera probablement dans les cartes l'an prochain... et vu que j'ai aucun soucis avec le final de la série, je sens bien arriver les reviews épisode par épisode. Et puis d'ailleurs, regarder SPACE 2063 en 2013, ça prend tout de même une signification toute autre, non ?
Il y a eu beaucoup, beaucoup d'autres séries, évidemment. Il est impossible de toutes les citer, ces intégrales plus ou moins plannifiées (souvent moins que plus, en réalité) qui ont jalonné l'année... D'ailleurs même les tags de Canalblog abdiquent devant le nombre ! New Girl, Revenge, la saison 2 de Downton Abbey (là encore dans la souffrance), la première saison de Srugim (vu que j'ai conscience d'être seule à regarder cela, je ne me suis pas apesantie sur les saisons suivantes), Girl vs. Boy, Outland, la première saison d'Intersexions (en attendant, avec impatience, la suivante...), Sherlock, Call the Midwife, et bien d'autres : autant de saisons et/ou de séries que je me suis enfilées d'un trait, et qui sont autant d'exemples qui me donnent envie de vous dire que 2012 a quand même été une p*tain d'année !
Je vous laisse cliquer sur "Outils de recherche avancés" pour remonter les tags qui vont bien, et en apprendre plus sur ces bilans, si le coeur vous en dit. Il y a quelques temps, Eclair m'avait fait remarquer que je n'écrivais pas beaucoup de bilans de saison ; je pense m'être améliorée depuis !
Et puis, 2012 aura aussi eu des retournements de situation totalement imprévisibles !!! Eh oui, car contre toute attente, j'aurai testé un nombre jusque là inégalé de séries françaises, dans le souci de me réconcilier avec la fameuse "fiction française" (coup de tonnerre, frissons dans l'assemblée, cri d'effroi d'une femme qui s'évanouit, tout ça). Bon, reconnaissons-le, ça n'a pas toujours été chose facile, et il m'est arrivé de me résigner.
Mais entre Le Visiteur du Futur, Kaboul Kitchen, Hénaut Président, Ainsi Soient-Ils, dans le camps des bonnes nouvelles, mais aussi Mafiosa, Clash, Workingirls, du côté des échecs en ce qui me concerne, jamais je n'ai donné leur chance à autant de séries françaises, et je dis tant mieux, car c'est quand même le dernier bastion de mes vieilles habitudes géographiquement sectaires en matière de téléphagie.
Là encore, les tags explosent, alors n'hésitez pas à aller faire votre marché dans les archives (encore une fois en cliquant "Outils de recherche avancés" puis en abusant de la fonction de recherche de votre navigateur).
J'aurai même fini sur un absolu d'excellente série française, Les Revenants, dont je m'achète le DVD en janvier (bon, j'ai un peu remis l'achat de quelques jours par rapport à ce que je m'étais promis, mais surtout parce que je me suis quand même déjà bien gâtée en 2012 !!!) et qui est certainement... j'ose à peine le dire... un coup de coeur français ? Ca fait bizarre à écrire, je ne vous le cache pas. J'espère que, vu la mini-polémique qui a suivi sa diffusion, le final (que je n'ai pas encore vu) ne me découragera pas de mon enthousiasme nouveau. L'an prochain, je m'attaque, c'est dit, à Engrenages, avec peut-être une retentative d'Un Village français, j'espère que mon petit nuage ne va pas se transformer en vapeur d'eau...
Mais probablement que ce qui restera comme le temps fort de cette année 2012, c'est l'aspect communautaire ; désormais, ce blog vit une part non-négligeable de son activité... sur Twitter. Entre les réflexions à chaud qui ne méritent pas forcément un post (déjà que j'écris quotidiennement, si en plus je me mettais à écrire sur tout ce que je regarde !) et les échanges autour de sujets de débat, comme ça a été le cas avec nombre d'entre vous au fil des mois, il va sans dire que désormais, Twitter et le blog sont devenus inséparables et complémentaires.
Plus encore, l'année aura été rythmée par des évènements téléphagiques de groupe. C'est une tendance qu'on peut tous observer, mais regarder des séries tout seul n'est tout simplement plus possible de nos jours. Et tant mieux ! D'ailleurs, quand on se sent seul, on ne sait plus comment le gérer, alors que les téléphages de ma génération ont pourtant bien connu ça ; c'était avant l'adsl et les réseaux sociaux, évidemment. Aujourd'hui, non seulement on peut parler de ce qu'on regarde, mais on peut partager les visionnages. Et ça change tout.
Ainsi, le désormais fameux Ozmarathon, né à la toute fin 2011 mais dont l'essentiel a en réalité été regardé en 2012, aura jalonné toute l'année. C'est une expérience collective de la EmCrew, avec whisperintherain, LL, Elvr et Aur0re, qui nous demande de développer des trésors d'organisation, mais s'avère toujours payant parce qu'il rend chaque épisode dix fois plus appréciable pour l'avoir lancé au même moment aux quatre coins du pays, et pouvoir en deviser en direct sur Twitter (ou en léger différé pour ceux d'entre nous qui affectionnent le plein écran par-dessus tout). Le Ozmarathon trouvera une conclusion en 2013, et ça me déchire rien que d'y penser. D'ailleurs, c'est pas pour rien que j'écris moins vite mes reviews, ça me pèse d'arriver au bout...
Smash, encore ! Le SmashEnsemble, comme il se surnomme, a réuni des téléphages différents et variés (l'équipe a été un peu plus mouvante que pour le Ozmarathon, parce que certains d'entre nous ont préféré suivre la diffusion en direct quand les autres ont scrupuleusement suivi le Black March). Définition-même de l'expérience sociale réussie et enrichissante, les visionnages collectifs du SmashEnsemble ont permis de décupler l'effet de certaines chansons, de deviser gaiement des intrigues (ou des personnages insupportables, oui Leo, c'est de toi qu'on parle), ou plus simplement de passer 45mn devant un épisode... puis 2h à se remémorer les meilleures scènes ! De toutes les fois où j'ai regardé des séries avec d'autres téléphages sur Twitter, le visionnage de la première saison de Smash compte parmi les plus excitants et amusants. On recommence en saison 2, hein, dites les gars ?
En 2013, un truc que je voudrais essayer de mettre en place, c'est un visionnage similaire à celui du Ozmarathon ou de Smash, mais au lieu d'être sur Twitter au moment de lancer l'épisode simultanément, les participants se rejoindraient sur Skype, par écrit et/ou oral. Nous faisons si rarement l'expérience du ressenti des autres téléphages... Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais dans mon entourage, il n'y a pas de téléphages (même si j'en forme quelques uns en ce moment, et que l'un d'entre eux, à qui j'ai fait regarder Réttur et qui a découvert le pilote de Bron/Broen avec moi, me donne de solides espoirs), et du coup ça m'intéresserait de voir comment chacun vit ses visionnages, à condition bien-sûr d'être entre téléphages qui ne s'auto-censurent pas. Moi par exemple, je sais que j'applaudis quand quelque chose est vraiment, vraiment drôle, ou parfois à la fin d'un numéro musical vraiment réussi ; d'autres jurent probablement comme des charretiers ou poussent des soupirs ou Dieu sait quoi. Les téléphages s'investissent comme nuls autres dans leur visionnage, émotionnellement, et j'aimerais tourner cela en expérience commune ; l'épisode importe peu, je n'ai pas d'idée arrêtée, mais je pense que ce sera amusant et intéressant. J'espère pouvoir organiser ça avec des téléphages de bonne volonté prêts à donner d'eux-mêmes... pour la science !
Alors évidemment, 2012, c'était ça et bien plus encore. Plein de découvertes, de trouvailles, de coups de coeur, d'intégrales, d'achats, de news (d'ailleurs pas d'inquiétude, les world tours reviennent en 2013, même si je me suis un peu laissée distancer par les boulots en cette fin d'année), avec évidemment, ce que cela comporte de coup de blues, d'accès de rage ou de désespoir, parce qu'aucune année n'est parfaite... mais quand on est téléphage, elles sont toujours fascinantes !
Pour finir ce post, je voudrais vous adresser mes meilleurs voeux pour la nouvelle année. Vous avez été des lecteurs formidables (même si les commentaires sont toujours trop rares à mon goût, enfin j'dis ça...), passionnés, intéressants, ouverts et toujours curieux, et il s'avère que, eh bien, c'est comme ça que j'aime les téléphages de mon entourage, voilà tout. Bah ouais, j'vous aime, allez, comme ça c'est dit !
J'espère que votre année télévisuelle a été aussi riche que la mienne, et je vous invite à partager vos temps forts et vos meilleurs souvenirs en commentaires, si le coeur vous en dit... Et surtout, sur-tout, je vous souhaite une excellente année 2013, avec plein de bonnes choses sur votre écran, bien-sûr, mais aussi dans votre vie.
Bon et puis, de toute façon, on se retrouve demain pour un nouveau post quotidien, alors, hein, on ne se perd pas de vue. Ciao 2012 !
PS : ce post a été programmé à l'avance mais il n'en a pas moins été fait avec amour... ne lui en veuillez pas juste parce qu'il est conçu in vitro !
30 décembre 2012
Mon cher cancre
Le plan, ce soir, était de vous parler de Jack & Bobby. D'admettre que, bon, voir toute la saison/série avant la fin de l'année, c'était peut-être un peu ambitieux, hein, héhé, voilà voilà... mais que c'est chouette d'enfin regarder ce marathon, parce qu'il y a plein de choses que j'avais oubliées.
Bon bah finalement je sais pas pourquoi je voulais vous en faire tout un post, voilà, en deux phrases c'est résumé. Next.
Mais quelque chose s'est produit sur ma timeline Twitter qui m'a empêchée de vous en parler.
CECI.
Et ça m'a rappelé combien Partners me manquait. Ce qui est idiot parce que je le savais déjà, et que c'est le genre de crève-coeur qui ne trouve aucune sorte d'intérêt à être rappelé au bon souvenir du téléphage. Mais enfin, on en est là : Partners me manque.
Je ne sais pas, au juste, pourquoi je m'en étonne. Outsourced me manque encore. Better With You me manque encore. Committed me manque encore. Au nom du ciel, The War Next Door me manque encore certains jours ! Vous le voyez, ça n'a rien de nouveau (ni d'exhaustif). Plein de séries me manquent avec les années. J'en trouve de nouvelles pour me plaire, j'ai cette chance (tout le monde ne l'a pas, et il s'est déjà vu que quelques téléphages passéistes vivent uniquement sur leurs réserves d'épisodes d'une poignée de séries fétiches en trouvant que plus rien n'est aussi bon... eh bien c'est pas prêt de m'arriver, je pense !), mais les autres me manquent aussi.
Le plus fou, c'est que dans cette liste, on trouve beaucoup, si ce n'est une majorité, de comédies. Pour moi qui, il y a quelques années encore, avais du mal avec les comédies, je trouve ça plutôt rassurant ; mais il faut quand même admettre que la majorité de ces comédies, je les ai aimées et elles me manquent principalement parce qu'elles me renvoyaient une impression de tendresse et de chaleur, pas nécessairement pour leur hilarité (vous commencez à comprendre ce qui leur a coûté la vie !). Ce sont simplement des univers où je me sentais bien, accueillie par des personnages adorables et fantasques, et ça suffisait.
Evidemment, il y a des séries autrement plus grandes, d'un point de vue objectif, qui ont été annulées et dont la disparition est regrettable, voire même triste, même si souvent elle arrive à un moment où, objectivement, il valait mieux arrêter en pleine gloire voire même une saison juste après. On pourrait en citer plein. Les tops divers et variés des plus grandes séries en comportent généralement pas mal, par exemple. Et quand la EmCrew va finir le Ozmarathon quelque part début 2013, mon premier réflexe sera probablement, dans un post, de vous citer Oz comme l'une de ces grandes séries dont j'aurais aimé qu'elles durent plus longtemps. Il faut dire aussi que j'aime pas finir une série ; ça explique plein de choses, n'est-ce pas ?
Il y a des séries autrement plus capitales dans l'histoire de ma téléphagie, qui ont été annulées elles aussi, et me laissent une douleur bien plus sourde ; Pushing Daisies ou Life, par exemple, comptent parmi les séries parties trop vite, et dont l'absence est bien plus difficile à avaler, parce que non seulement je les aimais, mais elles étaient bonnes, punaise, et ça, pardonnez-moi l'expression, mais ça fout la rage.
Mais parmi ce qu'il est généralement admis d'appeler les "petites merdes", les séries sans avenir qui peuplent à chaque saison les grilles, alors qu'on sait, au fond de soi, qu'elles seront les premiers fusibles à sauter quelque part pendant l'automne (ou au mois de janvier, si elles ont les honneurs de la mid-season, c'est-à-dire qu'elles remplacent déjà un autre fusible et que le disjoncteur donne des signes de faiblesses), il y a de véritables perles qui me rendent toute émue rien qu'à penser à elles, avec une petite larme de joie dans un oeil de retrouver les "vieux" copains, et une larme de peine dans l'autre d'avoir dû s'en séparer si vite, comme quand Delphine a ressorti le générique de Partners.
Pas parce qu'elles étaient meilleures que les séries qui ont survécu (quoique, tout est relatif si on le rapporte à la longévité de Two and a Half Men...), mais parce qu'elles étaient quand même fichtrement sympa et chaleureuses et confortables et... Ouais, accueillantes ; c'est le mot.
Au juste, j'ai beau y réfléchir, je ne trouve rien qui explique pourquoi je sois surprise d'être toujours peinée par l'annulation de Partners, parce qu'effectivement chaque année, il y a toujours une ou deux séries de ce genre pour me donner une petite estocade à mon coeur de téléphage et me rappeler qu'aucune annulation d'une série qu'on regarde n'est vraiment anodine, quand bien même on sait objectivement que ce n'est pas une série d'une qualité inouïe et qu'elle est condamnée à plus ou moins court terme vu les critiques et/ou les audiences. Je devrais le savoir, donc. Mais rien à faire, ça me prend par surprise. Peut-être parce qu'on se fait souvent une très haute idée de nos préférences téléphagiques, ou parce qu'on croit qu'on ne se laissera plus avoir.
Sauf qu'on peut pas lutter contre le fait qu'on s'attache parfois à des séries que le reste de la planète persiste à qualifier de "petites merdes", et encore moins lutter contre le fait qu'une fois de temps en temps, bah ça va nous flanquer un coup au moral que de se rappeler qu'avant, on regardait la série, mais que maintenant on peut plus, que la face du monde n'en est pas changée mais que ça aurait donné une saveure toute différente à un mardi soir ou un samedi après-midi... et c'est déjà pas si mal !
Pour l'occasion j'ai pas trouvé de gif du générique de Partners, alors je vous en ai fait un, voilà !
Alors qu'une nouvelle année nous regarde avec défi dans les yeux, l'air de dire "t'as même pas idée des séries que tu vas découvrir cette année", j'aimerais dire que symboliquement, je vais laisser ma petite larmouchette pour Partners en 2012, mais je n'ai toujours pas laissé celle pour Outsourced en 2010, par exemple, alors, bon.
Et dans un an, deux ans, trois ans, il y aura une autre série totalement inoffensive qui m'aura charmée tout pareil, et je vais la regretter tout pareil, en me disant que c'est pas facile d'en faire le deuil, parce que dans le fond, je ne l'ai toujours pas fait pour Partners non plus.
On peut donc en conclure que tout ça est la faute du non-renouvellement de The War Next Door.
Mais se dire que quoi qu'on regarde, n'importe quelle série au monde, absolument chacune, a au moins une personne qui la regrette, a aussi quelque chose d'assez, comment dire ? Téléphagiquement poétique. Vous ne trouvez pas ?
...Bon alors, c'est à vous maintenant : quelle "petite merde" regrettez-vous du plus profond de votre coeur de téléphage ?
20 décembre 2012
The end is nigh
Ok, que tout le monde respire un grand coup : pour le moment, tout va bien !
Les internautes néo-zélandais et australiens sont toujours actifs, le monde n'est donc pas encore plongé dans l'Apocalypse.
Bon, je vous accorde que ça se trouve, l'Apocalypse ne tombera que le 21 décembre à minuit, heure guatémaltèque, hein ; mais disons qu'on peut commencer à se dire que tout ça est une affaire à peu près classée. Je vais quand même garder ma hache près de mon lit, mais en me disant que les zombies ne débarqueront pas forcément cette nuit.
Bien.
Donc ça, c'est fait.
Cependant la question de l'Apocalypse est intéressante, même si elle ne tombe pas un 21 décembre, parce que, eh bien, il y a des tas de personnages de fiction dont on se demande s'ils en mourraient.
Eh non, ce n'est pas nécessairement une évidence !

Prenez Duncan McLeod, par exemple. On ne pense plus à ce bon vieux Duncan McLeod, alors que Highlander a quand même égayé les fins d'après-midi de M6 pendant de nombreuses années. Et pourtant, eh bien, pour Duncan McLeod, le deal c'est qu'il est immortel, sauf si on lui coupe la tête. C'est comme ça. Si l'Apocalypse consiste en un nouveau Déluge, par exemple, il est plutôt peinard. Vous allez me dire : ça ne marche pas, Duncan McLeod est devenu mortel dans Highlander: The Source. Soit. Mais la question vaut pour tous les immortels... dont L'Immortelle, Amanda, dont, pour autant qu'on sache, l'immortalité est toujours bel et bien valide.
Mais plus drôle encore, rappelons que les immortels ne se révèlent l'être que si la personne meurt une première fois. C'est-à-dire que quelque soit la façon dont l'Apocalypse s'abat sur le monde... certains d'entre nous vont y survivre et découvrir qu'ils sont immortels. Et à partir de là, non seulement le monde sera probablement détruit voire même invivable (genre si c'est une boule de feu qui s'abat sur notre monde ou qu'une guerre nucléaire explose dans les prochaines heures), ce qui en soi n'est déjà pas marrant à supporter, mais en plus, les autres survivants voudront leur trancher la tête pour déclencher un Quickening ; que du bonheur en perspective, donc.
Dans un registre proche, je pense aux vampires de Buffy et donc Angel. Théoriquement, il faut impérativement leur planter un pieu dans le coeur pour les tuer (ou décapiter, pour ne pas changer, d'après ce que je lis), ce qui explique la fascination des vampires pour les Apocalypses quasi-annuelles de Sunnydale : ils ne risquent rien. A plus forte raison si l'atmosphère de la planète devient irrespirable, puisque les vampires du Whedonverse ne respirent pas (bon, ils fument, mais ils ne respirent pas). Ce qui veut dire que pendant que nous périrons dans d'atroces souffrances, des créatures comme Spike auront droit à la vie éternelle (qu'elles partageront donc avec les immortels, ce qui veut dire que les arts martiaux ne s'éteindront pas avec notre civilisation).
La question se pose d'ailleurs de façon similaire pour les loup-garous puisque, comme chacun sait, seule une balle en argent tirée dans le coeur vient à bout de ces effroyables bestioles. Bon, je ne suis pas très versée en mythologie Teen Wolf (seulement en mythologie Le loup-garou du campus, ce qui d'ailleurs me fait me sentir très vieille), mais a priori ça signifie que plein de lycéens nous survivront. Là encore la perspective est terrifiante, vous en conviendrez !
En revanche, certains autres personnages de télévision ont assez peu de chances d'en réchapper, si jamais l'heure venait à sonner.
Ainsi, comptons parmi les victimes : les sorcières de Charmed et Ma Sorcière Bien-Aimée, les personnages de conte de fée de Once Upon a Time, les mutants de Heroes (dans le cas de Claire Bennet, tout dépend de la façon dont la fin du monde se manifeste, puisque les scénaristes ont déclaré qu'elle pourrait être incinérée ou décapitée) ou de Mutant X, les X-5 de Dark Angel, et bien d'autres.
Quant aux personnages humains, que vous soyez amateur de comédie, de drama, de thrillers conspirationnistes ou dramédie politique, de séries policières, juridiques ou musicales... ils sont tous morts, n'espérez même pas, et inutile d'entrer dans le détail. Quel que soit votre personnage préféré du moment, il y passe, point barre.
Enfin, quelques inconnues subsistent.
D'abord, les personnes touchées par Ned dans Pushing Daisies sont-elles immortelles ? On peut supposer que oui, au sens où elles ne vieillissent pas : on sait que Digby n'a pas pris une ride depuis que Young Ned l'a ressucité ; cependant, rien ne dit qu'une maladie, un accident ou une mort violente n'auraient pas de tragique conséquences. Le cas n'a jamais clairement été abordé. Qui peut être certain que, par exemple, Chuck ne serait pas frappée par une épidémie foudroyante ? Elle reste humaine.
Dans un autre domaine, quid des humains "améliorés" ? Super Jamie, L'homme qui valait trois milliards, et Michael Wiseman de Now & Again, par exemple, sont tellement tunés qu'il est tout-à-fait possible qu'une de leurs options leur permettre de survivre ; dans le cas d'une zombie apocalypse, mettons. D'ailleurs Michael Wiseman est un cerveau greffé dans un corps bionique, ça se trouve même une attaque de zombie ne peut rien sur lui (si, comme l'explique The Walking Dead, les zombies sont en fait des victimes d'une maladie contagieuse provoquant la dégénérescence du cerveau), il y a sans doute toutes sortes de protections pour que le cerveau ne soit absolument pas atteint en cas de morsure.
Enfin, un petit tour par nos amis les extra-terrestres, de l'ado de KYLE XY à Alf en passant par les visiteurs de V et les voisins de The Neighbors : nous n'avons que trop peu d'éléments sur la biologie de ces créatures pour pouvoir avancer ; même dans le cas des héros de Roswell, nous n'avons aucune donnée concluante (le seul cas de décès est celui d'un personnage hybride/alien).
Bon, j'ai arrêté 666 Park Avenue en cours de route (d'autant que, hein), mais on se situe où, avec les Doran, dans la mythologie de cette série-là ? Mortels ou pas ?
Une dernière interrogation pour finir : qu'adviendra-t-il des glisseurs de Sliders ? Si c'est l'Apocalypse, est-ce que ça signifie que c'est l'Apocalypse dans tous les mondes parallèles, ou existe-t-il une dimension dans laquelle l'Apocalypse va se produire ? Si tel est le cas, ils ont peut-être une chance... à condition de se trouver dans le bon monde au bon moment.
Il y en a sans doute d'autres, je vous laisse lever ces lièvres en commentaire.
De toute façon, je sais pas pourquoi on s'inquiète, le Docteur va venir empêcher l'Apocalypse, comme d'habitude, ça se trouve il est même déjà à l'oeuvre pendant qu'on plaisante.
Bon, circulez, demain, vous le voyez, yaura vraiment rien à voir.
19 décembre 2012
Troubles cardiaques
En environ un mois, j'aurai donc revisité le Sacred Heart Hospital de fond en combles. Je ne vous cache pas que ce marathon impromptu ne faisait pas, mais alors, pas du tout partie de mes priorités, et que je me retrouve néanmoins avec le coeur bien abimé par cette séparation, parce que, eh bien, ce fut un accident heureux, mais qui hélas a bien dû trouver une fin.
La série n'a cependant pas exactement été une découverte ; j'ai toujours pensé que Scrubs était une excellente comédie. Je n'avais, en toute sincérité, vu que la première saison en intégralité (plusieurs fois), c'était la seule que j'avais d'ailleurs dans ma telephage-o-thèque ; les saisons suivantes avaient été attrapées au vol, plusieurs vendredi soirs, sur M6, mais de façon irrégulière (qui peut être systématiquement chez lui chaque vendredi soir à minuit ?! même pas moi) et avec la sensation d'avoir plus souvent vu des rediffs d'épisodes des premières saisons qu'autre chose. Je ne les avais pas encore achetées, ce marathon en a été l'occasion.
J'allais découvrir grâce à lui que Scrubs est aussi, voire peut-être même avant tout, une fabuleuse série dramatique.
Je suppose qu'un visionnage sporadique (quand bien même mon souvenir si vif de l'épisode avec Kathryn Joosten était resté dans mon esprit comme l'un des plus grands épisodes de la décennie passée) n'aide pas vraiment à saisir ce genre de choses.
C'est d'ailleurs tout l'intérêt des marathons à mes yeux, décriés parfois par certains qui pensent que le caractère boulimique des intégrales enfournées en quelques semaines n'ont que des inconvénients ; au contraire, j'ai la sensation que c'est le meilleur moyen de saisir des subtilités qui échappent à un visionnage hebdomadaire (je me rappelle m'être fait cette même réflexion, déjà, pour le marathon Roseanne, lequel m'avait permis de repérer d'habiles mais discrets efforts de continuité, qui m'auraient échappé si j'avais laissé passer une semaine entre chaque épisode). Evidemment, une série, et le lien affectif qui se construit avec elle, bénéficie des années qui passe ; mais pour découvrir la richesse parfois insoupçonnée d'une fiction, je maintiens que pour moi, rien ne vaut le marathon.
Je reste pourtant convaincue que, avec le recul, j'aurais adoré faire plus attention à Scrubs dés le début, j'aurais voulu la suivre amoureusement d'année en année, me construire une histoire avec ses personnages au lieu de simplement les traiter à la plaisanterie, parce que la série a commencé quand j'avais 19 ans, et que j'y aurais certainement puisé énormément de choses au fil des années, en grandissant en même temps que les personnages. On ne refera pas l'histoire, hein, mais j'ai eu l'impression de n'ouvrir les yeux sur la véritable profondeur de Scrubs que sur le tard. Cependant, vaut mieux tard que jamais.
Alors si vous le voulez bien, poussons les portes battantes de cet hôpital pas comme les autres, et offrons-nous le luxe d'un bilan de la série...
De ce fait, oui, ça va être un post fleuve.

Ce qui m'avait sans aucun doute induite en erreur au début de Scrubs, c'est la facilité avec laquelle la comédie jongle entre les séquences farfelues au possible (et, presque contractuellement, il y en a au moins une par épisode quand la série commence) et les dialogues (ou monologues) à flux tendus, présentant d'ailleurs une parenté, tant au niveau du débit que de l'intelligence des échanges, avec Gilmore Girls.
Les épisodes ne ménagent aucun temps mort, et il faudra en fait plusieurs saisons avant que Scrubs ne se réconcilie totalement avec les silences, qu'elle a du mal à ménager, comme en témoignent ses effets sonores omniprésents et sa passion dévorante pour la musique (pas étonnant d'ailleurs que tant de soundtracks soient sortis pour la série, qui de ce point de vue serait plutôt à ranger dans la catégorie des séries pour ados qui font vitrine pour de nombreux artistes musicaux).
Dans cette cavalcade humoristique échevelée, où je comprends qu'il était facile de me perdre et de croire que Scrubs n'était quasiment que plaisanteries et séquences imaginées, très vite se détachent les joueurs essentiels de cette partie.
Il y a Zach Braff, évidemment, pas toujours excellent au départ, mais dont les maladresses ne sont pas dommageables puisqu'elles servent le personnage de JD (il sera par contre d'une épouvantable fénéantise en saison 9, mais on revient sur cette saison à part plus bas) ; Sarah Chalke, dont les efforts dans la peau d'Elliot n'ont rien à envier à Lucille Ball (pour une raison qu'il me faudra documenter, on la sent brutalement refroidie à peu près à mi-parcours, et ses prestations seront assez peu passionnées à partir de là) ; et John C. McGinley, qui impose rapidement son interprétation du Dr. Cox comme à la fois à contre-courant du reste des acteurs et de leur fonctionnement, et comme joueur de soutien essentiel (le drame est simplement que sur la fin de la série, il se contentera de s'auto-parodier).
A leurs côté, Donald Faison (Turk) et Neil Flynn (The Janitor) semblent se donner énormément de mal sans systématiquement atteindre leur but (Flynn est plus aidé par les scripts que Faison, paradoxalement), mais s'en tirent avec un peu de dignité tout de même.
Et puis, il y a les cancres... Judy Reyes propose, avec Carla, un éteignoir insupportable (elle connaîtra une phase lumineuse entre la fin de la saison 4 et le début de la saison 6 avant de disparaitre dans le néant), et souvent parfaitement redondant dans les scénarios. Quant à Ken Jenkins, en Dr. Kelso, est trop superficiellement renvoyé à jouer indéfiniment la même chose dans 2mn de chaque épisode pour avoir une chance immédiate de faire des merveilles (il est celui qui bénéficiera le plus du long terme).
Leur interprétation (comme le rôle accordé à leur personnage) vont évoluer avec le temps, vous le voyez, mais les débuts sont donc placés sous des auspices un peu bancals, alors que seuls trois acteurs trouvent parfaitement leur place d'emblée. Si l'humour saute donc aux yeux au début de la série plus que l'aspect dramatique, c'est parce que la comédie repose sur trois acteurs qui y excellent, mais qui doivent piloter chaque épisode sur leurs trois paires d'épaules en attendant que les autres se chauffent, ce qui ne leur laisse pas souvent le temps de vraiment aborder le côté émotionnel.
Et pourtant, il est là, cet aspect de Scrubs, très rapidement, comme je le disais, parce que dés l'épisode My Old Lady ; première d'une longue liste d'épisodes incroyablement touchants, profonds, et même scarifiants pour certains. Bill Lawrence est vraisemblablement un showrunner qui ne pense pas que faire de la comédie empêche d'aborder des interrogations graves et douloureuses, et qu'au contraire, l'humour est là pour atténuer le choc quand on veut vraiment se lancer dans un sujet pénible ; ce sont là les caractéristiques bénies entre tous d'un showrunner à mes yeux, comme vous le savez. Des caractéristiques qu'on retrouve parmi nombre de mes comédies préférées, telles que Rude Awakening ou Titus, à la différence que, Scrubs n'ayant aucune vocation autobiographique comme ces séries, Lawrence s'autorise de très nombreux sujets, beaucoup plus universels, et donc d'autant plus capables de toucher le spectateur. Il ne s'agit pas de vous inviter à partager les difficultés et les doutes d'un personnage à mille lieues de votre expérience, mais au contraire d'utiliser son existence pour aborder des sujets qui nous concernent tous, en particulier la mort.

Rarement une série aura autant parlé de la mort, de ce que c'est que d'y être confronté professionnellement ou personnellement. Je ne connais pas assez l'oeuvre de Lawrence (comme je peux par exemple connaître celle de Kelley), pour des raisons variées (je suis notamment allergique à Cougar Town), pour supposer qu'il s'agit là de quelque chose qui le hante, mais clairement, il y a une interrogation récurrente sur la vieillesse et/ou l'approche de la mort qui est véritablement l'un des grands thèmes de Scrubs.
Pour une comédie soutenue essentiellement par des personnages jeunes, rarement autant de personnages auront été des personnes âgées, fussent-elles de passage. Ainsi, au long de la série, plusieurs personnages en fin de vie vont défiler, chacun ayant le temps d'expliquer aux héros (généralement JD) comment ils font la paix avec leur mort imminente.
Car si JD, et occasionnellement les autres personnages impliqués dans ces storylines (Turk et le Dr Cox), sont révoltés ou effrayés, les futurs défunts sont en général d'un grand calme, quand bien même ils ont des peurs ou des questions, et ont tous en commun, surtout, de montrer une faculté étonnante à accepter leur sort. Dans Scrubs, il n'y a pas de personnage, pas même de passage, déterminer à "lutter contre la maladie" ; ce sera particulièrement palpable dans le cas du beau-frère et meilleur ami du Dr. Cox qui ne fait montre d'aucune combativité, ou dans une moindre mesure, de Turk qui, découvrant qu'il a le diabète, ne fera la démonstration d'aucune émotion négative (en-dehors du gag récurrent de la junk food sur laquelle il doit désormais faire une croix). Comme si la série avait déjà accompli 4 phases du travail de deuil, et se contentait d'explorer essentiellement le dernier stade. Scrubs n'est que douce-amère acceptation.
Il est de notoriété publique qu'en dépit de son caractère fantasque, Scrubs est la série la plus fidèle à la profession médicale. Cela vient en grande partie de son parti-pris : la série s'intéresse non pas aux cas médicaux (lesquels semblent faire parfois l'objet d'un tirage au sort pendant les épisodes), aux procédures ou aux traitements. Les médecins de la série n'interviennent pas sur les urgences, n'administrent quasiment aucun soin sous l'oeil de la camera (et les chirurgies se limitent la plupart du temps à montrer les médecins avec des gants tâchés de rouge, et avec un patient presque toujours hors-champs), et les scènes du personnel du Sacred Heart Hospital relevant du professionnel les montrent en général passant d'une chambre à une autre soit pour prescrire des examens ("we're gonna run some tests" étant probablement la phrase la plus prononcée de la série), soit pour en commenter les résultats ou éventuellement discuter du traitement. Allons donc jusqu'à avancer que si Scrubs est une série si fidèle à la profession qu'elle a choisie pour sujet, c'est parce qu'elle n'en montre en réalité aucun geste technique ; c'est à la fois une pirouette astucieuse, et une véritable ambition.
En se plaçant uniquement sur un niveau dialectique, Scrubs affiche sa volonté de traiter uniquement les dilemmes de la vie de médecin en milieu hospitalier, qu'il s'agisse d'interrogations quant la nature de la profession autant qu'à la carrière individuelle de chacun. A bien des degrés, la série pose la question : "quel médecin vais-je être ?", et explore les différentes façons de répondre à la question. Sauf que Scrubs ne se demande pas comment soigner ; la série se demande uniquement comment être un soignant. Dans les premières saisons, ces questions sont cristallisées par l'opposition manichéenne entre les docteurs Cox et Kelso, qui apparaissent comme deux alternatives radicalement opposées : le médecin qui soigne des cas particuliers au mépris de l'ordre général des choses, ou le gestionnaire qui a plus à coeur de préserver l'équilibre de l'hôpital que la santé d'un patient. Evidemment, les personnages et notamment JD découvriront progressivement qu'il existe une infinité de possibilités "d'être médecin" entre ces deux extrêmes, JD s'opposant à plusieurs reprises à ses supérieurs aussi bien pour aider des patients en particulier que pour accepter la notion de concession (ironiquement, c'est toujours le Dr. Cox qui incarnera la figure représentant ce contre quoi JD s'insurge, à la faveur d'évolutions de carrière successives qui lui feront endosser, à son corps défendant, les deux rôles opposés, celui du gestionnaire et celui du soignant).
L'un de mes moments préférés de la série (avec à peine un millier d'autres...) se situe par exemple pendant la fameuse 5e saison, et implique que ce paragraphe va comporter des spoilers. Le Dr. Cox découvre que ce qu'il pensait être sa plus grande victoire, à savoir réussir, grâce à son habituelle volonté de contourner le règlement pour venir en aide au plus vite, à activer la demande de transplantation de 3 patients suite au décès soudain d'une 4e patiente (Jill Tracy, une patiente récurrente qui est certainement celle qui remet le plus en question les certitudes de JD et du Dr. Cox), devient en fait son plus atroce cauchemar quand il apparait que les transplantations ont toutes condamné les patients : la donneuse était porteuse de la rage. En contournant les règles de validation du don d'organe, Cox a en réalité mis ses patients en danger. Le pétage de plomb est sans détour, et nous montre un Cox déprimé auprès duquel les personnages se relaient afin de le requinquer, évidemment en pure perte. Au départ ébranlé voire fâché, et refusant de prendre part à la rotation, JD va finalement aller voir son cher Perry Cox chez lui, en fin d'épisode, pour lui asséner l'un des monologues les plus emblématiques de la série : "I tried to convince myself the reason I didn’t come in before was because of you coming into work drunk. But that’s not it. I was scared. I guess after all this time, I still think of you as like this super hero, who will help me out of any situation I’m in. I needed that. But that’s my problem, you know? And I’ll deal with that. I guess I came over here to tell you how proud of you I am. Not because you did the best you could for those patients, but because after 20 years of being a doctor, when things go badly, you still take it this hard. And I gotta tell you man, I mean, that’s the kind of doctor I want to be".
En choisissant quel docteur ils vont devenis, les jeunes interns, puis residents, puis attendings (rarement une série médicale américaine aura d'ailleurs autant insisté sur la lente progression de carrière de ses héros par palliers), choisissent en réalité quel être humain ils vont devenis. Bill Lawrence s'est, en définitive, "simplement" chargé de trouver un contexte qui lui permette de mettre le caractère et les choix de ses personnages au défi dans un milieu professionnel. Et cette mission, Scrubs s'en aquitte systématiquement avec les honneurs.

Pas question pourtant pour la série de se montrer pesante. Au contraire, de nombreuses intrigues plus feuilletonnantes, et légères, viennent s'ajouter à ce propos de fond pour le moins pesant. En conséquence, jusqu'à la prochaine image, cette partie de ma review va être truffée de spoilers.
Ainsi, de la même façon que Ross et Rachel, JD et Elliot sont de véritables homards, dont les amours et les passions vont rythmer les saisons, avec autant de pas en avant que de pas en arrière.
Pour moi qui suis, vous le savez, peu friande de romances (et c'est un euphémisme !), et qui n'ai absolument jamais ressenti le soupçon de l'ombre d'une envie de shipper quelque couple fictif que ce soit, c'était une drôle d'expérience à faire, d'ailleurs. J'ai partagé mon temps entre être excédée par le yo-yo de leurs relations, et trouver que ne pas les mettre ensemble était absolument insupportable ; je ne pense pas les avoir shippés, car je n'ai à aucun moment pensé, au cours d'un épisode, "allez, mettez-vous ensemble !" ou moins encore espéré qu'ils s'embrassent, mais toute la période Kim a été assez frustrante parce qu'elle était illogique, tant il semblait couru d'avance qu'elle était vouée à l'échec (les rebondissements autour de la grossesse n'aidant pas).
Outre ce fil conducteur récurrent (mais heureusement, ne faisant pas l'objet de considérations à chaque épisode), l'épanouissement de la relation entre Turk et Carla occupe largement la première moitié de la série environ. Il faut dire que Scrubs a ici l'intelligence de partir du principe que Turk et Carla se sont trouvés, point barre. On ne trouvera pas la plus petite tentative de créer un faux-suspense sur leur avenir : Turk drague Carla, Carla se laisse draguer puis accepte de sortir avec Turk, puis ils vivent ensemble, se marient, et ont des enfants ; et personne ne peut prétendre qu'on ne le savait pas depuis la première saison. Ils forment le seul et unique couple qui va durer pendant absolument toute la série. Chacun de leurs problèmes, chacune de leurs querelles, chacune de leurs évolutions, seront accomplis par les scénaristes sans chercher à placer la moindre ambiguité sur leur avenir ; les Turkletons, c'est du solide, le genre de couple qui est construit pour durer, et on n'y reviendra plus. Au contraire, absolument chaque petit incident de leur vie consistera à montrer comment ils vont systématiquement faire front et surmonter l'obstacle, qu'il s'agisse de concilier leurs différences de tempérament et de maturité, ou de composer avec la sévère dépression post-partum de Carla. Quel que soit le degré, la relation de Turk et Carla est un pillier que personne ne remettra jamais en question.
A contrario, du côté de Perry Cox et de Jordan, la vie de couple n'est justement faite que d'à-coups et d'accidents. Mais c'est en fait ce qui les maintient ensemble, car rien ne les effraye plus que l'absence de drama (on le verra bien quand ils vont se dépêcher de divorcer lorsqu'il s'avèrera qu'ils étaient toujours mariés depuis des années, bien qu'ayant un enfant ensemble et vivant côte à côte). Peu de couples de télévision peuvent se vanter d'être aussi peu romantiques que les Cox-Sullivan, mais peu d'entre eux, aussi, montrent une relation sortant autant des clichés sur l'amour, le mariage et la famille. Car dans le fond, et même s'ils s'en défendent, Perry et Jordan vont fonder une famille tout-à-fait traditionnelle, simplement, dans l'esprit, leur relation et la façon dont ils la conçoivent fait souffler un vent de liberté, sans tomber dans le cliché de la phobie de l'engagement. Perry et Jordan sont tout avant tout deux individus à la personnalité forte, fonctionnant parfaitement l'un sans l'autre, ne nécessitant absolument pas d'affection pour vivre, mais qui le veulent tout de même, et font leur vie ensemble. C'est la définition-même de la fameuse expression "choisir tous les jours d'être ensemble", et l'illustration faite de cette façon de voir le couple est trop rare à la télévision. En dépit de leurs vacheries incessantes, Perry Cox et Jordan Sullivan sont certainement le couple de télévision qui me parle le plus, paradoxalement...
Mais dans la série, le célibat n'a pas bonne presse, de toute façon, et tout le monde ou presque aura droit à sa romance ! Ted l'avocat, pourtant modèle du personnage repoussant (et parfaitement conscient de l'être), servant de souffre-douleur permanent à tout le monde de façon assumée, finira par trouver l'amour. Même le Janitor, personnage pourtant initialement conçu comme totalement imaginaire (dans le pilote, seul JD était supposé être capable de le voir) puis absolument antipathique (et qui grâce à son interprète, est finalement devenu partie prenante de l'aventure et a su s'étoffer un peu), finira par connaître le bonheur conjugal.
Mais Scrubs, en dépit de son cast principal déjà fort occupé par les amours tumultueuses qui l'agitent, c'est aussi une série où les personnages secondaires sont légion, et où chacun participe pleinement à la vie de l'hôpital. Ils sont une galerie foisonnante de personnages de passage, de rois du gimmick (comme The Todd), ou de rôles secondaires ou plutôt tertiaires qui font des apparitions persistantes et suivies au long de la série (comme le Dr. Mickhead qui a tué sa femme, mais sera innocenté).
Sauf qu'il ne s'agit pas de personnages ayant pour stricte fonction d'apporter des gags aux épisodes. Bien-sûr, c'est une tâche dont la plupart d'acquitte avec grâce, mais ce n'est pas tout. Ils composent, tous autant qu'ils sont, un panorama complexe et bruissant de visages et de fonctions, parmi lesquels les jeunes médecins apprennent à naviguer ; cela fait partie de l'apprentissage de toute personne entrant dans la vie professionnelle que d'apprendre à développer le sixième sens permettant de reconnaître les dynamiques internes, ou les personnes sur qui compter. C'est aussi un plaisir qui renforce l'expérience professionnelle que d'avoir des petits contacts en apparences anodins avec des collègues lointains, de cancanner sur la vie privée des autres employés, et de tout simplement participer à la vie d'une structure. Là encore, Scrubs atteint une parfaite universalité en utilisant le monde hospitalier comme cas particulier, mais totalement généralisable à toute expérience professionnelle ; l'institution hospitalière, bien qu'elle ait ses codes particuliers, est une entreprise comme une autre dans le fond, et pour moi qui regrette tant que peu de séries montrent le monde de travail pour ce qu'il peut être réellement lorsqu'on y entre (et pas nécessairement sous un angle négatif), la série parvient parfaitement à retranscrire ce sentiment diffus.
D'autant que JD, Turk et Elliot sont là pour rester un bon moment, pour se faire une place, et ils le savent bien ; il leur faut donc trouver leurs repères dans la jungle de leur lieu de travail, s'intégrer, se faire une place, une réputation ; ils doivent se créer leurs habitudes, trouver les endroits où se regrouper (d'abord le self de l'hôpital, puis le Coffee Bucks), ils doivent s'approprier un univers dense qui deviendra leur quotidien. La palette inouïe de personnages secondaires souligne cela.
Ce que Scrubs dépeint aussi, bien qu'évidemment sur le ton de la plaisanterie, c'est que plonger dans un nouvel univers professionnel, même s'il est aussi impressionnant et responsabilisant que le métier de médecin, voire peut-être même encore plus, n'a pas à être une quête douloureuse.
Les rêveries et les doutes de JD le montrent : le questionnement intérieur permanent est une bonne chose, bien que difficile. C'est un facteur d'apprentissage pratique et humain ; puis d'amélioration constante dans les deux domaines. Mais ce que démontrera la série au fil de ses saisons, comme en réponse à la fameuse phrase du générique, c'est que ce chemin n'a pas à être parcouru seul.

Pour appuyer sa démonstration, Scrubs fait montre d'une richesse rarement égalée dans l'écriture de ses épisodes. Et ce très rapidement.
Bill Lawrence et sa bande de scénaristes tous terrains sont capables, en départ arrêter, de monter dans les émotions les plus intenses comme de courir un marathon de l'humour, et l'une des meilleures preuves, c'est la capacité de la writer's room à trouver des structures narratives originales permettant de souligner cette versatilité.
Il y a évidemment tous les épisodes voulus pour être spéciaux (chose que soulignera le making of de l'épisode dans les Bahamas —oui, j'ai regardé un bonus de DVD, moi ! C'est vous dire le caractère exceptionnel de Scrubs), comme celui de conte de fées, l'épisode Muppets, l'épisode musical (dont il semble difficile à croire qu'il soit l'un des moins réussis, y compris musicalement, ce qui dépasse l'entendement), l'épisode sitcom...
Ces épisodes sont avant tout un condensé d'une vingtaine de minute de lâchage total, tant côté scénaristes que côté acteurs. Il s'agit de se faire plaisir en se mettant au défi, puis d'espérer que le défi se remporté et que le plaisir sera partagé. L'épisode sitcom est un excellent exemple : en soi, il n'est ni drôle ni même bien écrit ; mais pour quelqu'un qui vient du sitcom traditionnel comme Bill Lawrence, clairement, c'est un moment d'amusement avant tout. Le spectateur apprécie ces épisodes à la condition d'admettre comme présupposé que Scrubs est une grande famille de gens de la télévision qui s'adore et qui a envie de se lancer dans un délire, et que nous sommes invités à le partager quand bien même ce n'est pas exactement pour ce qui en résulte qu'on aime le plus la série. Ces épisodes fonctionnent principalement parce qu'à ce moment-là, on a le sentiment de faire partie de cette équipe.
Mais il y a les autres. Les vraies variations, les vraies innovations narratives.
Les épisodes à point de vue, par exemple, comptent parmi ces prouesses : Her story, His story, Their story, etc... sont autant de déclinaisons brillantes et vibrantes du principe sur lequel repose la série. Le meilleur de tous reste à mes yeux le premier volet de Their story, qui permet de rendre hommage à tous les personnages secondaires de la série à travers The Todd, Jordan et surtout Ted, qui offrent ici une remarquable opportunité de renouveler le propos de la série par un simple rafraîchissement de perspective.
Dés la première saison, Scrubs prouve ouvertement qu'elle est capable de contorsions intelligentes et osées avec son scenario, comme dans My Old Lady (encore !) qui parvient à apporter à la fois un regard plein d'humilité sur le métier de médecin, une interrogation sur la mort, comme on a pu l'évoquer plus tôt, et un twist final parfaitement maîtrisé.
Mon préféré (vous savez : avec 181 autres !) reste cependant My Way Home. Jonglant avec une agilité incroyable entre son propos, l'émotion qu'il véhicule, et une palette de références de la plus subtile à la plus évidente au Magicien d'Oz, l'épisode est l'un des meilleurs de l'histoire du format d'une demi-heure. Et il ne dure qu'une demi-heure ! On se prend à rêver à ce que pourraient faire les scénaristes avec un format d'une heure entre les mains !
D'autres épisodes encore, viennent gonfler les rangs de ceux qui vous font pousser un juron admiratif à la fin de l'épisode, et je ne peux tous les citer, mais pendant la plus grande partie de son existence, Scrubs va se faire un devoir de ne jamais se reposer sur ses lauriers, et c'est cette ambition, alors que la série fonctionne parfaitement sans ces coups de génie ponctuels, qui fait d'elle ce que j'ai presque envie d'appeler un chef d'oeuvre. Rien de moins.

Presque ? Oui, presque.
Ecoutez, les enfants, arrivés là, il faut qu'on s'asseye et qu'on parle. J'ai chanté les louanges de Scrubs depuis le début de ce post, les plus courageux d'entre vous ont vécu suffisamment vieux pour arriver à cette partie de la review, et je crois que vous avez mérité que je sois totalement franche avec vous.
Comme la plupart des gens qui ont vu l'intégralité de Scrubs, je m'apprête donc à me joindre au concert de sifflets accompagnant la saison 9.
Je n'étais pas très attentive au sort de la série à l'époque ; comme je la considérais comme une simple comédie (et que, soyons sincères, jusqu'à il y a quelques années, je déconsidérais énormément les comédies avant de m'atteler à la tâche d'en redécouvrir et réhabiliter quelques unes), je n'avais pas tellement suivi l'affaire de son annulation par NBC puis de sa récupération la maison-mère ABC. Très franchement, j'avais bien entendu un vague bruissement de mécontentement, mais je l'avais écarté de mes préoccupations rapidement.
Maintenant que j'ai achevé ce marathon, je comprends. Je comprends la colère, je comprends le dégoût, je comprends... l'incompréhension.
Que diable s'est-il passé ? Qui a tordu le bras à Lawrence et sa bande avec une telle insistance qu'il a montré tant de mauvaise volonté à écrire ces épisodes ? Ca a dû être d'une violence folle pour qu'on en arrive là.
La fin de la saison 8 donnait, déjà, des signes d'essoufflement ; certains acteurs donnaient des signes d'essoufflement, mais surtout, les sujets semblaient tourner en boucle, avec l'arrivée d'internes ne parvenant pas souvent à soulever des sujets originaux.
Mais avec encore quelques excellents épisodes dans ses manches (comme le puissant My Last Words) et surtout un season finale à mourir de chagrin (more on that in a bit), Scrubs montrait qu'elle n'était pas à l'agonie, elle semblait même mourir de sa belle mort. Mais il a fallu qu'un sorcier fou fasse revenir la série d'entre les morts, visiblement pour des raisons purement pécunières, et c'est un zombie qui est revenu à la vie.
Là où la saison 8 ramait pour renouveler les découvertes de ses internes, les étudiants en médecine de la saison 9 font tout simplement de la brasse coulée. Non que tous les personnages soient à jeter (comme le prouve la persistance de Denis "Jo" Mahoney, apparue l'année précédente, ou l'arrivée de Drew Suffin), mais ils n'ont clairement rien à raconter. Pire que ça : ils vont mal le raconter.
Il n'y avait aucun mal ni crime de lèse-majesté à changer la perspective, abandonnant la psyché délirante de JD (Zach Braff se contentant de n'apparaitre que dans quelques épisodes, et encore, uniquement parce qu'il était sous contrat je pense) pour entrer dans celle d'un novice ; mais en reprenant un personnage similaire à JD, en la personne de Lucy Bennett, l'échec est total. Il aurait bien mieux valu s'intéresser à un personnage portant un regard nouveau sur le monde de la médecine ; Drew, avec son background riche et son sarcasme (plus son rapport inédit au Dr. Cox) aurait été une cible de choix. Au lieu de ça, on est dans la répétition totale, et purement stérile, des mêmes questions posées sur le même ton, des insécurités et du monde de Bisounours (pardon, des chevaux). Quel intérêt ?
Pour couronner le tout, cette 9e saison s'arrête de façon honteusement abrupte et vaine, avec un épisode qui n'est pas une vraie conclusion à quoi que ce soit, et certainement pas à une série qui aura vécu près d'une décennie sur les écrans américains.
La flemmardise et l'absence de passion qui sont palpables à chaque épisode de cette saison ont de quoi donner l'impression à Whitney Cummings qu'elle écrit un chef d'oeuvre. C'est vous dire mon niveau de colère.
Et encore, ne me lancez pas sur les webisodes Scrubs: Interns.

Dans ces conditions, je préfère donc m'en tenir au series finale de la saison 8 ; il était écrit pour après tout. Et il clot à merveille la série, avec encore une fois, la bonne dose d'intelligence, d'humour et d'émotion.
Je suis souvent émotive quand une série s'achève (même quand je ne l'ai intégralement découverte qu'à l'occasion d'un marathon d'un mois), c'est d'ailleurs sans doute ce qui explique que j'évite au maximum de regarder les épisodes finaux des séries que j'aime (toujours pas vu la fin de Pushing Daisies, et ceux qui ont suivi mes activités cette année savent que j'ai soigneusement évité d'en arriver là en écourtant mon Piemarathon cette année, parce que je suis une lâche dans ce genre de cas, et que je n'aime pas devoir dire adieux ; bon sang mais pourquoi croyez-vous que je ne sois pas cinéphile, enfin ?). Je redoute d'ailleurs la fin du Ozmarathon, mais on aura le temps de voir ça de près (déjà je vois bien que je renâcle à poster mes reviews, c'est un signe qui ne trompe pas, je me connais comme si je m'étais faite).
Mais à ce point ? C'était quasiment inédit ; il ne doit y avoir qu'une ou deux autres séries qui m'aient fait cet effet-là. Voilà comment les choses se sont passées, j'ai regardé l'épisode, passé 98% du temps à sangloter bruyamment, et à la fin, je me suis roulée en boule dans mon lit et j'ai pleuré une bonne heure d'affilée. C'était méchamment brutal, comme sensation de perte et de déchirement, et pourtant, je suis une chialeuse, téléphagiquement, c'est vous dire s'il y avait du niveau.
Là j'ai l'air de faire la maligne (ça se voit parce que mon vocabulaire s'est relâché), je fais semblant d'avoir pris du recul et de me moquer gentillement de ma réaction extrême, mais vous lisez le post de quelqu'un qui a dû s'y reprendre à plusieurs fois, aujourd'hui, pour écrire les morceaux de ce post, tout simplement parce qu'elle éclatait en sanglots (et j'écrivais pourtant mon post au bureau entre deux trucs, pas vraiment le contexte propice aux émotions débridées). Pas vraiment parce que j'avais terminé Scrubs, mais parce que ce final de la saison 8... je veux dire : ce final (le déni, ya que ça de vrai), m'a touchée de façon intense et totalement imprévisible.
Il y a environ un mois, je me suis lancé le pilote de Scrubs comme ça, pour déconner. Quelques semaines et 182 épisodes plus tard, je suis à l'agonie. La téléphagie est ainsi faite qu'on peut être surpris à chaque moment par des fictions qu'on juge parfois mineures, qu'on croit connaître parce qu'on les a survolées ; je n'ai jamais été capable d'être assidue avec une diffusion télé et je mesure, avec cette expérience, à quel point les marathons peuvent faire comprendre au téléphage qu'il passe à côté de véritables perles.
Scrubs s'est achevée il y a deux ans et demi, et je n'en ressens la brûlure qu'à présent. C'est un peu triste, mais moins que si j'avais continué de considérer la série comme une comédie plutôt réussie, avec quelques moments d'émotion, mais inoffensive.
Il va me falloir un bon bout de temps avant d'être capable de parler de Scrubs sans hoquet de chagrin. Peut-être bien que pour la première fois, je me suis vraiment, totalement, identifiée à une série. J'aime les séries qui parlent de choses tristes sur le ton de la rigolade, vous le savez bien !
Dans quelques mois, ou plus réalistement, dans quelques années, je me ferai sans doute un nouveau marathon au Sacred Heart Hospital. Mais là, tout de suite, j'ai surtout besoin d'un gros, gros hug de quelqu'un qui a une "odeur de figure paternelle", ou d'un "chocolate bear". Des volontaires pour consoler une téléphage au coeur brisé ?
17 décembre 2012
Effet papillon
whisperintherain, je n'en doute pas un instant, se chargera également de vous donner ses impressions sur le pilote, et à ce moment-là, la bannière au cas de ce post vous y conduira ; en attendant, souffrez que je vous dévoile ma review du premier épisodes des Revenants.

On l'attend comme le Messie. Encore et encore et encore. Chaque fois qu'une série décente apparait à la télévision française, on parle de faire un pas en avant. Quand c'est une série qu'on peut qualifier de bonne, je peux ressentir l'euphorie générale jusque dans ma tanière solidement taillée dans une montagne d'a priori en anti-fiction française brute. Il y a quelques mois, j'avais réussi, pour la première fois, à me mettre au diapason de cette violente envie d'espoir, avec Ainsi Soient-Ils.
Mais ce n'est jamais assez. Ce n'est jamais la série que l'on attend. Ce n'est jamais le coup de poing que l'on voulait se prendre dans les gencives. Il y a toujours les petites choses qui ne vont pas, les acteurs plus laborieux que les autres, les lignes de dialogues un peu plus raides qu'il ne faudrait, le twist un peu plus simpliste qu'on ne le voudrait. Alors, une série française passe et on se tourne vers la suivante. Et pour moi qui ne me suis sérieusement mise à tester des séries françaises qu'en 2012 (c'était mon défi de l'année, pourrait-on dire), il y avait cette impression de se joindre au mouvement de téléphages-tournesols qui suivent la courbe du soleil mais finissent toujours par rebaisser la tête quand la nuit tombe ; il n'y a jamais assez de lumière, pour les téléphages exigeants, qui vienne des séries françaises. Le terme "fiction française" est autant porteur d'espoir, que de lourds sous-entendus sur l'incapacité de notre télévision à le concrétiser.
Cet automne, je trouvais qu'arte se débrouillait plutôt bien avec Ainsi Soient-Ils. Et puis j'ai vu le final de la saison 1 et j'avoue avoir eu un soupir désabusé : non, Ainsi Soient-Ils n'était pas la série française que j'attendais de voir un jour.
Allez, chère télévision française, jouons encore ! ...Peut-être que ce sera cette fois le cas des Revenants ?
En tous cas, au regard du pilote, il y a de fortes présomptions pour qu'enfin, on puisse dire qu'une série française est vraiment très, très, très solide, sans réprimer l'envie de faire venir un "mais" juste derrière. Les Revenants, c'est une série de genre qui fait tout ce que font les meilleures séries de genre : être un bon drama. Et ça, forcément, ça ne pouvait que me charmer.
Tout commence avec une scène glaciale, en ouverture du pilote, avec un car rempli d'adolescents, qui quitte la route. Plus tard, une jeune fille qui était à bord du bus réapparait ; elle remonte en toute hâte, à pieds, le chemin qui la conduit chez elle, ignorant qu'elle y est pleurée depuis 4 années.
C'est dés sa première séquence qu'il est clair que Les Revenants ne nous laissera aucune forme de répit. Les personnages auront beau respirer l'air pur des montagnes, l'épisode va intégralement exhaler une oppressante odeur d'ozone ; sous les néons qui palpitent, la tension est présente à chaque instant, une impression renforcée d'ailleurs par l'excellence du thème musical secondaire (qui relève à vrai dire assez souvent du bruitage, comme les respirations sifflantes et étouffées d'Oz savaient le faire). Alors que quelque chose semble aspirer l'énergie vitale de cette petite ville ordinaire, le spectateur retient instinctivement son souffle...
Comme l'annonce très clairement le panneau qui ouvre l'épisode avec le prénom de Camille (c'est notre fameuse "rescapée"), la série fait aussi le pari de ne pas tout-à-fait se la jouer ensemble show, et son pilote affiche des ambitions de semi-anthologie. Les Revenants sera l'histoire de plusieurs revenants, à n'en pas douter, c'est quand même dans le titre, et nous en effleurerons les vies (ou plutôt, les re-vies) au cours de cet épisode, mais de façon très fugace. Seule Camille fait vraiment l'objet des attentions scénaristiques.
Son cas est à la fois emblématique (une mort tragique, des parents endeuillés qui ne sont que joie à son retour, du moins passée la surprise) et, on le sent, exceptionnelle (le retour des autres personnages n'a rien du happy end). La storyline fonctionne donc parfaitement pour un épisode d'introduction, qui cherche à nous dresser les grandes lignes des interrogations suscitées par ces retours à la vie. Les aspects mythologiques, car il y en a (cette seule nouvelle devrait faire frémir de joie jusqu'au moins captivé d'entre vous par le pitch de la série), sont également caressés l'espace de quelques scènes-clés, mais volontairement limités.
Car ce que veut faire Les Revenants, ce n'est pas simplement vous pousser à vous demander comment ces anonymes reviennent à la vie, ni même pourquoi (ce qui suppose une réponse encore plus terrifiante, d'ailleurs). Evidemment, ces questions sont incontournables, ainsi que quelques autres, notamment en rapport avec Victor (si je fais des cauchemars à base de petit garçon de 8 ans, je saurai qui blâmer). Mais ce n'est pas vraiment ce sur quoi s'appuie majoritairement l'épisode.
A la façon de ce que faisait Babylon Fields (à propos de laquelle vous pouvez d'ailleurs vous rafraîchir la mémoire à l'aide des tags), le retour de ces personnes pose la question du temps qui passe, leurs proches ayant poursuivi leur vie, et pansé leurs blessures.
A cet égard, le cas de Camille, une fois de plus, est le plus parlant, puisque la jeune fille a une soeur jumelle qui n'était pas dans le bus ce jour-là, Lena, et qui a continué de grandir. La scène pendant laquelle les deux soeurs se croisent est terrible, et bien plus violente, en fait, que la plupart des images volontairement plus choquantes de cet épisode, et il y en a quelques unes. On ressent dés ce premier épisode, par procuration via les personnages qui ont survécu à leurs proches décédés, une sorte de culpabilité d'être en vie, une cassure non seulement venue du fait que l'autre est mort, mais aussi du fait que quand il revient, on ne l'a pas attendu ; on l'a trahi.
C'est évidemment une sensation très puissante, et elle imprègne les différentes storylines de ce pilote à différents degrés, tous rendant extrêmement palpable cette question du deuil qu'on voudrait continuer de porter, mais qu'on ne peut pas ; des douleurs qu'on voudrait nourrir, mais qui s'apaisent juste assez pour qu'on s'en veuille. Il y a les revenants, et il y a ceux vers lesquels ils sont revenus. Ce sont eux, les héros de ce pilote, à mes yeux (et puis en toute franchise, la plupart des revenants ne semblent pas avoir conscience de ce qui leur arrive).
La différence majeure avec Babylon Fields (outre l'ambiance beaucoup plus étouffante et, paradoxalement, réaliste), c'est que les circonstances de la mort de la plupart des chers disparus n'ont qu'assez peu d'importance (même si la fin de l'épisode a semé le doute dans mon esprit).
On sait comment Camille a trouvé la mort, puisque deux scènes, au début et à la fin du pilote, le montrent explicitement, en revanche on ne le sait pas pour la plupart des autres, et on ne se pose même pas la question. J'aime que cet aspect soit si peu intéressant pour les scénaristes à ce stade, même s'il ne fait pas grand doute dans mon esprit que, selon les cas, la question vaudra peut-être la peine d'être évoquée, comme dans l'histoire de Monsieur Costa.
Les prochains épisodes, à n'en pas douter, nous permettront d'avancer plus avant dans le mystère de ces retours, ainsi que sur l'identité et/ou la nature de Victor, qui se pose immédiatement comme un revenant à part. La plongée dans les eaux troubles du barrage voisin réserve également, c'est certain, bien des surprises. A ce stade, je n'ai l'impression qu'aucune réponse ne se pose comme une évidence, et cela me plaît, car c'est un sentiment rare.
Les épisodes nous permettront aussi, c'est une promesse et au vu du pilote, c'est celle qui a le plus de chances d'être la mieux tenue, de pénétrer l'intimité de chacun de ces revenants, y compris dans l'intrigue qui se crée vers la fin de l'épisode, et qui très franchement est, avec l'histoire de Camille, celle qui m'attire le plus d'un point de vue dramatique (là encore, une image choc bien saisie, d'ailleurs). Mais d'une façon générale, il est clair que ce sont ces éléments qui ont la préférence des scénaristes, ce qui me les rends immédiatement sympathiques, car il s'avère que c'est une préférence que je partage.
Mais je triche. J'essaye de vous dire que j'ai apprécié le pilote des Revenants, et qu'une fois arrivée à son terme, je me suis enfoncée dans mon fauteuil, je me suis gratté le menton, et je me suis dit : "alors, je l'ai aimé, ce pilote ? Il était bon ? Pour la suite, ça semble prometteur ?". Et ce n'est pas vrai. Ce n'est pas du tout comme ça que ça s'est passé.
J'ai su que j'allais aimer Les Revenants... quand j'ai vu les papillons. Quelqu'un qui a cette idée magnifique ne peut pas faire une mauvaise série, j'en suis convaincue. Le pilote l'a confirmé ensuite.
Maintenant excusez-moi, il faut que j'aille dans ma FNUC réserver le coffret DVD de ma nouvelle série française préférée, qui sort mercredi. Pardon, je me corrige : le coffret DVD de ma première série française préférée.
Alors c'est donc vrai. L'espoir fait vivre.
18 novembre 2012
[#Ozmarathon] 6x01, take a bow
Quand la Em Crew se réunit pour la dernière phase du #Ozmarathon, c'est à la fois une occasion de se réjouir et de s'attrister. Quel dommage que déjà ce marathon à plusieurs prenne fin... et en même temps, ça va bientôt faire un an qu'on l'a commencé !
Mais ce n'est pas le moment de reculer. Je sais que j'ai souvent des problèmes avec la perspective d'aller au terme d'une série, quand bien même j'ai déjà vu son final (pour Oz, c'est même l'un des quelques épisodes de la séries que j'avais vus avant de commencer ce marathon !), mais ce serait dommage de se priver de la dernière ligne droite... surtout quand elle commence de cette façon !

Augustus Hill est mort... mais il n'a pas quitté Em City. Au contraire, il a rejoint les autres fantômes qui hantent les couloirs de la prison.
Combien sont-ils, au juste ? Difficile de les compter. Mais ils sont là et ils ont toujours des choses à nous dire sur la prison, mais aussi la société ou la vie en général. Et quel régal que de tenter de reconnaître, parmi les ombres qui apparaissent fugacement au début de cet épisode, des silhouettes connues et/ou aimées. Cette robe blanche, ce ne peut être que... Et là, à côté, ne serait-ce pas...? Quant à cette barbe, se pourrait-il que finalement nous ayons droit à une réapparition ? Ils sont venus, ils sont tous là. L'ambiance est à la réunion de famille.
Cette ultime saison commence avec des retrouvailles bien excitantes ; qui plus est, c'est aussi la promesse d'un renouvellement narratif. Cédant sa place de coryphée, Hill permet à d'autres de prendre la parole, et le premier à le faire est Jefferson Keane, pas vraiment un personnage auquel la série avait permis de s'exprimer longuement. Keane, mort en prison de façon tout-à-fait légale (un fait suffisamment rare pour être noté, après tout), est donc notre premier maître de cérémonie, pour une saison qui semble prête à en avoir plusieurs, et donc à aborder autant de points de vue. Même Hill admet avoir changé sa façon de voir maintenant qu'il est passé de l'autre côté, de toute façon... Même si au cours de la saison 5, nous avons connu quelques excellents monologues, cette pratique ne peut être qu'une bonne nouvelle.
Au rayon des nouveautés, l'épisode a encore quelques idées dans sa manche. Ainsi, McManus, se sentant responsable de la mort de Hill, a décidé de peindre dans la gymnase un immense labyrinthe bleu dans lequel les prisonniers puissent venir se perdre en méditations. L'idée est incroyablement poétique, et sa présentation est en plus diablement futée. Sur fond d'air à l'harmonica, c'est l'officier Murphy qui vient constater la dernière lubie de McManus. Et je crois que cette scène est certainement la raison précise pour laquelle l'officier Murphy est l'une des forces de la série depuis si longtemps : c'est l'un des rares personnages qui soit l'avatar du spectateur dans la série, qui connaisse tout le monde sur le bout des doigts, qui soit capable de plaisanter sur les idées "New Age" de McManus, à ironiser sur la viabilité d'un nouveau projet, qui ait conservé son humour et sa lucidité. Quelle que soit la situation, la réaction de Murphy est toujours parfaite, et sur fond d'harmonica débonaire, on ne peut pas mieux le montrer.
Pour autant, j'adore l'idée de McManus. Elle lui ressemble, au sens où elle ressemble au McManus des débuts, un peu idéaliste certes, mais tellement motivé pour aider les prisonniers à cultiver une vie intérieure qui puisse les sauver. On est à mille lieues de la cage d'isolement au milieu de salle communautaire d'Emerald City. Et quand McManus croit à nouveau en l'être humain, je crois à nouveau en lui. C'est pour ainsi dire mécanique.
La mort d'Augustus Hill a des conséquences aussi du côté des vivants. Burr, ébranlé par son deuil (jusqu'au bout j'attendrai la révélation que Burr est le père biologique de Hill, jusqu'au bout !), a besoin d'un petit pep talk de Kareem Said, mais une fois que c'est fait, il va tenter de se reprendre en main.
Comme l'épisode est composé d'énormément de séquences courtes, on n'en saura guère plus, toutefois, dans l'immédiat. Mais il ne reste plus beaucoup d'épisodes pour nous balader de toute façon !
Alors, ces multiples petites scènes nous permettant de retrouver toute la population de la prison, quelles sont-elles ?
Eh bien, il y a des scènes au sens théâtral du terme. la mère de Ryan a en effet décidé de monter MacBeth, rien de moins, avec le plus grand soutien de McManus qui semble ravi. La pièce est l'occasion de plusieurs prisonniers de travailler ensemble ; ainsi le père Meehan décroche le rôle principal, Ryan se fait embarquer pour les décors, etc...
Ryan est, comme pratiquement toujours, particulièrement affairé pendant cet épisode. Entre deux visites dans le couloir de la mort où il passe voir Cyril, plus la préparation de la pièce de sa mère, il tente aussi de s'arranger "à la Ryan" pour obtenir des témoignages en faveur de Cyril qui permettent à celui-ci d'être sauvé. En chemin, il trouve même le temps de s'engueuler avec Schibetta junior, ce qui conduira à une escalade de violence, au cours de laquelle Meehan trouve la mort... aborption massive de verre pilé. Souvenirs, souvenirs ! C'est à la fois une idée très malicieuse que de souligner qu'au moment où Ryan commençait à se rapprocher de Meehan presque comme d'un père, ce dernier est tué par Peter Schibetta de la même façon que son père a été tué par Ryan ; mais c'est aussi une répétition avant le sentiment de perte auquel Ryan devrait se préparer vu la tournure du procès de Cyril.
Oh, et tant que j'y pense, on est tous d'accord pour dire que Jeremiah devient franchement flippant ?
A ce stade, c'est incontournable, il va nous falloir parler de l'officier Howell. J'essaye en général d'éviter le slut shaming, mais au vu de son tableau de chasse, la question se pose : Claire Howell est-elle capable d'avoir des relations sexuelles avec des hommes sur lesquels elle n'ait pas droit de vie et de mort ? Bon, c'est une connasse, certes, mais ça doit bien exister quand même, des hommes "du dehors" qui veuillent se la faire, non ? Je sais pas, sous le coup de l'alcool ou des drogues dures, quelque chose ? Vous allez me dire : oui, puisqu'elle s'est aussi envoyé McManus. Bon, mais on est d'accord que ça ne compte pas, parce que McManus lui-même a un gros problème pour garder son matos dans son froc, et qu'il s'envoie toutes les femmes qui bossent à Oswald (à l'exception évidemment de Sister Peter Marie ; ah, et la mère de Ryan O'Reily... pour l'instant ?). Non vraiment, c'est très dérangeant la façon dont le sexe et le pouvoir se mélangent pour ce personnage. Rien que pour ça, il est et sera toujours impossible de l'aimer, et de lui permettre de sortir de sa propre caricature. En tous cas, la scène pendant laquelle elle décide que c'est au tour d'Omar de passer à la casserole est écoeurante, et pas uniquement parce qu'apparemment, voir un homme chier ne parvient pas à tuer sa libido. Cette séquence de viol sonne cependant comme une intéressante alternative au thème de la sexualité forcée qu'on connait entre prisonniers, plus insidieuse, plus vicieuse, et paradoxalement, beaucoup plus violente.
Dans un autre genre, Leo Glynn est aussi un enfoiré d'une grande violence. Voilà, je l'ai dit. Ca fait des saisons qu'il s'acharne sur Miguel Alvarez (un personnage impossible à ne pas aimer, qui plus est), sans autre raison que "des latinos ont violé ma fille, ce con de latino a voulu faire le malin une fois en face de moi, il va donc payer jusqu'à la fin de sa vie", et ça me gonfle, parce qu'il refuse obstinément d'admettre que son comportement est à l'origine de bien des choses pour lesquelles ensuite il s'empresse de punir Alvarez. Mais Miguel est dorénavant libéré de l'isolement où je pense que les couchettes avaient pris l'empreinte de ses fesses, et sous l'insistance de McManus décidément plein de bonnes intentions (même si on sait où ça mène généralement), il réintègre Em City.
Oui, Em City, là où les latinos veulent sa peau. Mais cette fois, McManus a un truc : il s'arrange pour que Guerra, pourtant sans conteste le pire ennemi d'Alvarez, devienne son garde du corps. Alors qu'on aurait pu accueillir cette tentative avec un scepticisme murphien, pour la première fois, la série s'autorise à entrer dans l'intimité de l'un des irréductibles "méchants". La conversation de Morales avec Guerra est une intéressante plongée dans la psyché de personnages qui nous ont souvent semblé monochromes ; "You ever feel like you've lost your appetite for all the bullshit ?", demandera un Guerra las et en proie au doute à son compagnon de cellule. La scène est d'autant plus forte que non seulement ces personnages n'ont jamais été très épais, mais leur relation n'a jamais semblé dépasser celle du boss et de son laquais obéissant ; pour la première fois, ils apparaissent comme de véritables compagnons de cellule, capables de discuter d'égal à égal. C'était une belle scène, vraiment.
De son côté, Rebadow tente toujours de faire le deuil de son petit-fils. Comme il n'a plus goût à rien, McManus le change de job, et le place à la bibliothèque de la prison, là où Stella, la nouvelle bibliothécaire vient d'arriver. Une scène courte, comme promis, mais formant une jolie rencontre et un échange touchant. On peut sentir à cette nouvelle aventure que Rebadow va reprendre du poil de la bête.
Et en parlant de Bête, repassons le bonjour à Timmy Kirk, le rouquin qui déclare être Satan, ou au moins être possédé par lui (tant de clichés sur les roux, c'est tragique). Le père Mukada, qui semble au moins aussi fâché vis-à-vis de Dieu que de ce prisonnier répugnant, est d'abord outré par ses déclarations, mais grâce à une petite conversation entre quat'zyeux avec Sister Pete, il met le doigt sur ce qui le tourmente réellement, et qu'on pouvait sentir arriver depuis quelques temps maintenant : il vit une crise de foi. "Sometimes, we come face to face with a larger, more stunning reality : we come face to face with pure evil. And we're powerless". Le problème, c'est que c'est une réaction d'impuissance que Mukada a toujours eu du mal à affronter, et que désormais, son face à face avec Kirk le pousse dans ses retranchements, d'autant que le petit Timmy a écrit au diocèse pour accuser Mukada de viol !
Comme toujours, Oz réserve son tandem maudit Keller/Beecher pour la fin ; mais en fait de tandem, c'est surtout un trio, car Beecher et Schillinger n'en ont jamais fini avec leur éternelle danse de la mort.
Beecher prépare une fois de plus sa demande de libération sur parole, au moment-même où Schillinger est libéré d'isolement. Tu parles d'un hasard ! Ajoutez à cela le fait que le petit prag du nazillon qui a envie d'évoluer dans la hiérarchie de la prison, et cela donne un cocktail terrifiant qui conduit à la more du père de Beecher. Touché une fois de plus dans son sang, Beecher va-t-il craquer ? En tous cas, Keller a une fois de plus perdu un avocat fourni par Beecher, et ses chances d'échapper à la peine de mort semblent de plus en plus fines.
Vous l'aurez compris, cet épisode n'a pas forcément le temps d'entrer en profondeur dans chaque intrigue, mais la plupart sont formidablement bien traitées.
Oz est ici dans sa forme la plus classique, la plus noble ; quelque chose que les saisons intermédiaires n'avaient pas toujours réussi à faire perdurer. Retrouvant toute la force de sa formule chorale, et mettant en pratique des idées de mise en scène et un ton qui ramènent la série à ses origines théâtrales (parfois au sens le plus littéral du terme via MacBeth), ce season premiere est très fort. Qui plus est, les travers consistant à bêtement reprendre de vieilles intrigues pour les faire continuer sans rien y apporter semblent loin : beaucoup des personnages semblent prêts à aller de l'avant, et la saison elle-même se fixe, semble-t-il, un objectif, si l'on en croit la façon dont la prison est mise en lockdown au terme de l'épisode.
Que de bonnes nouvelles, donc, et si mes quelques souvenirs de cette saison finale ne me trahissent pas, on n'a pas fini de se régaler. J'en suis toute émoustillée et triste par avance !
26 octobre 2012
Post-partum
L'arrivée d'un nouveau livre dans une bibliothèque téléphagique est un peu comme l'arrivée d'un nouveau né dans une famille : cela signifie à la fois la joie... et la frustration. Surtout si vous tentez de donner le sein à votre livre et de tourner les pages de votre bébé, la frustration devient alors sentiment d'échec et signalement aux services sociaux.
Il est rare que je parle des livres que je lis sur la télévision, principalement parce que j'ai déjà du mal à trouver le temps de parler de tous les épisodes et/ou toutes les séries que je regarde, alors si en plus je me mets à ouvrir une rubrique consacrée au format papier, je crois qu'il faut que je quitte mon travail et que je me consacre intégralement à ce blog. Attendez, j'ai perdu le fil : c'était quoi le problème avec cette suggestion ? Ah oui, ne plus avoir le budget pour acheter les DVD de la moitié des dites séries. Phew, on est passés à ça de la catastrophe !
Mais ce soir je voulais vous parler de mon livre de cette semaine, The Practice: la justice à la barre, paru aux Presses Universitaires de la Cité ya trois siècles et demi, mais vu que je balance mon budget bouquin une fois que j'ai acheté mes DVD, il est rare que je lise un livre sur les séries dés sa publication (à l'exception du dernier Martin Winckler, et du livre co-signé par Clity Swood, hasard ou coïncidence).
La lecture de ce bouquin m'a fait réfléchir, justement, à mon rapport aux ouvrages à vocation téléphagique, et plus que du contenu lui-même du livre (vous n'avez qu'à le lire vous-mêmes, et toc !), c'est de cela dont il va être question ce soir.
En 5 points, parce que j'aime les listes et je suis sûre que vous aussi.

5 raisons pour lesquelles je ne suis que frustration
après la lecture d'un ouvrage d'analyse sur The Practice
N'appelez pas les services sociaux...
1 - Le manque de références
La plupart des livres que j'avais achetés ces dernières années traitaient de plusieurs séries en même temps, ou de télévision dans son ensemble. Il faut remonter à, disons, une bonne et copieuse décennie en arrière pour retrouver dans mes achats des livres portant sur une série, et une seule. Je crois que ce n'était pas innocent, à défaut d'être volontaire ; c'était la suite logique de l'évolution de mon comportement téléphagique, puisque ma consommation elle-même tend à élargir au maximum le champ des séries que je regarde ou auxquelles plus généralement je m'intéresse. Je soupçonne d'ailleurs que beaucoup de téléphages passent du stade où une seule série, ou à la rigueur, une poignée de séries, attire(nt) leur attention, avant de finalement s'intéresser à des thèmes plus larges et dépassant le simple domaine de l'affectif. Mais dans mon cas, on ne peut pas dire que les ouvrages sur SPACE 2063 ou Invasion Planète Terre aient été légion sous nos latitudes (j'ai un roman de Peter Telep sur SPACE 2063, reprenant l'intrigue du pilote je crois, dans les faits je n'ai jamais dépassés les 10 pages, pourquoi opter pour la méthadone quand on a la coke à portée de main ?), et j'avais donc effectué des achats de pis-aller, genre un bouquin sur Ally McBeal et sur Friends, faute de mieux accessible dans le commerce au centre commercial du coin.
Mais quelle que soit la raison de mon évolution vers des ouvrages sans doute plus théoriques, mais surtout plus généralistes, le fait de me retrouver, pendant ce livre, à n'entendre parler que de The Practice (au début, la carrière de David E. Kelley est mentionnée, donc la plupart de ses succès aussi ; curieusement des séries de sa création qui n'ont pas fonctionné sont mises de côté, à l'instar de Snoops, Girls Club ou The Brotherhood of Poland, ce serait pourtant intéressant de les inclure, ses échecs ayant sûrement aussi quelque chose à dire sur les techniques d'un scénariste) était trop limité. Bon, j'exagère car une rapide référence à Oz, par exemple, est faite vers la fin. Mais globalement ce n'était pas assez transversal à mon goût.
2 - L'impression de déjà vu
Plusieurs fois au cours de ma lecture, et plusieurs fois en 5 jours c'est beaucoup, j'ai pensé : "ouais, euh, et sinon, on apprend quoi ?". Cette impression est biaisée, bien-sûr. Oui, il se dit des choses très intéressantes dans ce livre sur le propos de The Practice, ses thèmes récurrents les plus forts et la façon dont la néo-série (on reconnait un sujet sérieux au fait que l'auteur sort des néologismes que lui seul utilise) les exploite, etc. Mais ces choses ne vous rivent pas à votre siège, les épaules pliées sous le poids des révélations. Cette impression est même injuste : si c'était si évident pour moi, moi-même j'aurais sans doute écrit l'équivalent à l'occasion d'un post sur la série (je me suis refait l'intégrale des deux premières saisons il y a quelques temps, après tout, j'aurais pu). Mais ce n'est pas le cas et ça prouve un peu quand même que, si ça va sans dire, ça va quand même mieux en le disant.
Le problème, c'est qu'en fait, ce ressenti découle de l'impression qu'on a acheté un livre d'analyse, mais que l'analyse ne va pas très loin, au sens où quiconque a regardé la série a senti, faute de mettre les mots dessus, ce qui est explicité au long des pages.
Clairement, c'est à ce stade que j'aurais dû comprendre que je n'étais pas venue à cet ouvrage avec la bonne démarche, surtout au regard de mon premier point. Certainement que j'aurais aimé qu'on me parle un peu plus du fonctionnement de David E. Kelley, par exemple, de la façon dont il use sa rhétorique ou comment il lui arrive d'utiliser des gadgets narratifs pour parvenir à ses fins ; en cela, il aurait été intéressant de croiser beaucoup plus (on y revient) les comparaisons avec d'autres séries. Ce qui est fascinant aussi, dans The Practice, ce n'est pas simplement le propos, c'est aussi que Kelley bossait sur deux séries en parallèle pendant plusieurs années, et que cette autre série était Ally McBeal. L'exercice de style mérite qu'on s'y attarde, non ? Comparer la face cachée de la lune avec sa face ensoleillée aurait eu une valeur immense pour décrypter certains propos, certaines scènes. En fait, je l'ai compris en progressant dans ce livre, il me faudrait une étude de l'oeuvre de Kelley : pas de l'une de ses oeuvres, nuance. Surtout que Kelley pour moi est comme Whedon pour beaucoup. Donc clairement, j'étais là pour les mauvaises raisons, d'où mon ennui à plusieurs reprises.
3 - Les chapitres qui tournent en rond
Corollaire du point précédent. Tout un chapitre pour parler de la position de The Practice vis-à-vis des dérives sécuritaires, par exemple, c'est long, et je me suis demandé si c'était forcément justifié. On a l'impression que l'auteur a énuméré tous les exemples qui viennent soutenir son analyse, et c'est tant mieux, cela souligne le sérieux avec lequel l'ouvrage a été pensé et écrit. De toute évidence, Perreur connaît son sujet, possède une vue d'ensemble sur la série (qui entre parenthèses me manque, full disclosure). Rien de pire qu'une analyse tirée d'un chapeau, la partialité accomplissant ponctuellement son oeuvre (et je le sais pour en pondre moi-même quelques unes de temps à autres, on ne va pas se leurrer). Ici on a affaire à quelqu'un qui très clairement aime la série, mais qui est décidée à expliquer par le menu pourquoi celle-ci est intéressante. Ce que je ne nie pas. En fait, les axes retenus sont justement si clairvoyants qu'ils en deviennent évidents. Car une fois que la démonstration est faite, il importe finalement assez peu qu'une demi-douzaine d'autres occurrences pendant la série viennent soutenir la thèse de l'auteur, on aimerait que le chapitre aille plus loin. C'est le cas sur la peine de mort (le chapitre à mon sens le plus satisfaisant), qui vient se compléter de nombreuses informations statistiques et historiques sur la peine de mort, permettant de comprendre dans quel contexte The Practice tient son propos si clair d'abolitionniste. Et ça, ça m'a fascinée, cette remise en contexte de la série dans la société américaine, où, faut-il le préciser, est pleinement sa place, plus que pour 80% des séries ! Même au sein du genre des legal dramas, la position et l'argumentation de The Practice, sans être totalement uniques, sont marginales (j'adore The Good Wife mais les procès n'y revêtent pas du tout la même fonction, par exemple), et c'étaient certainement les passages du livre les plus proches de ce que j'attends d'une analyse sur une seule série.
Hélas, trop souvent, la plupart des chapitres se content de citations (parfois longues, même) et de très brefs rappels au contexte dans lequel l'épisode, l'arc, ou le thème récurrent, font leur apparition.
4 - Les limites de l'analyse de fond
Il est des genres et/ou des auteurs dont on peut dire avec certitude que, s'il n'y avait pas de fond, il n'y aurait rien, la forme étant laborieuse ou épouvantablement générique. Même par curiosité, je n'irais pas acheter un livre sur Desperate Housewives, mais voilà un bel exemple de série dans laquelle il semble difficile de disserter en longueur sur la forme que revêt la série, tant ses dialogues sont, je ne vais pas dire pauvres, mais à tout le moins, pas riches. Il aurait été fantastique d'aller plus loin que la thèse de The Practice sur les sujets sélectionnés (effectivement les plus importants, c'est incontestable) et de s'aventurer sur le chemin des outils narratifs eux-mêmes, peut-être : on a ici un scénariste qui est un ancien avocat, et dont le talent pour retourner les idées et jouer sur les mots est encore moins anodin qu'ailleurs. Ne pas parler, ou presque pas, de la façon dont sont construits les dialogues et plus particulièrement les interventions devant le tribunal est quasi-criminel, et laisse de côté une énorme partie de la richesse de la série. De la même façon, s'intéresser si peu (mais un peu quand même je vous rassure : en passant) au fait que le créateur et showrunner de la série soit un ex-avocat, avec ce que cela dit sur le système juridique avant même que les personnages eux-mêmes n'ouvrent la bouche, est dommage. Pas dramatique, mais dommage. Combien d'autres ouvrages Perreur pense-t-elle pouvoir écrire sur The Practice ?
Mais là encore, la faute me revient de façon pleine et entière. Ce n'est pas l'intention qui a présidé à l'écriture de cette analyse, et on ne saurait tenir l'auteur responsable des attentes du lecteur...
5 - L'envie de revoir la série
Ne riez pas, c'est un problème très sérieux. On parle d'une série dont la sortie en DVD est des plus piètres ; c'est d'ailleurs pourquoi l'ouvrage fait figure d'exeption dans la mini-collection de PUF, avec à côté des séries intégralement éditées et/ou facilement accessibles : Les Experts, Desperate Housewives, Six Feet Under. Mais c'est aussi, à dire vrai, ce qui fait l'intérêt de ce livre, pour une fois que sort une analyse sur une série légèrement plus obscure que la moyenne, ça fait quand même bien plaisir que les spécialistes soient autorisés à changer de disque.
Mais à force de mentionner des lignes de dialogue entières, à force de parler très précisément d'un épisode (L'Esprit de l'Amérique faisant en plus partie de mes absolus préférés) décrit par le menu, et à force, bah, de bien parler d'une bonne série, tout simplement, j'avais finalement plutôt le sentiment que, surtout les 5 points étant cumulés, j'aurais plutôt dû mettre mon temps de lecture au profit d'une intégrale. Chose que mon emploi du temps téléphagique ne peut pas me permettre, pas DU TOUT !
Ces cinq points, j'espère avoir su le dire, ne sont donc pas vraiment des reproches que j'adresse à The Practice: la justice à la barre, que d'ailleurs je vous recommande, surtout si vous faites partie de ceux qui ne connaissent pas la série.
C'est, à vrai dire, à mon avis, la véritable cible de cet ouvrage : les téléphages qui ont loupé le coche de la série ; vous aimez les fictions [américaines], mais vous savez que vous n'aurez jamais les DVD ni assez de place sur votre disque dur pour rattraper le temps perdu ? Vous allez trouver dans ce livre un parfait kit de secours vous permettant de posséder les bases pour élargir votre culture téléphagique sur The Practice ; les grands thèmes sont parfaitement présentés, les diverses problématiques des personnages sont toutes mentionnées au moins une fois, et en gros, Perreur a vu la série pour vous parce qu'elle sait que c'est compliqué (et probablement parce que The Practice compte parmi ses séries préférées, et c'est facile de parler longuement de ce qu'on aime, vous le savez pour lire ce blog !). C'est formidable si vous avez besoin d'un livre pour vous parler d'une série que vous ne pourrez sans doute jamais voir par vos propres moyens... ou que vous n'auriez pas nécessairement eu l'idée de rattraper sans y être fortement incité par un livre qui attire votre attention sur les qualités et le propos de cette série.
En somme, le complet néophyte sera perdu à la lecture, le téléphage qui connait déjà bien la série (à défaut de forcément l'avoir vue en intégralité) se retrouvera avec un ou plusieurs des points que je viens d'évoquer, qui lui diminueront son plaisir, donc le public qui appréciera pleinement cet ouvrage se situe quelque part entre les deux.
Je ne suis donc que frustration parce que, en somme, j'ai lu un livre qui ne m'était pas forcément destiné, que j'en attendais autre chose, et que grosso-modo, il faut sans doute que j'arrête totalement de lire des ouvrages s'intéressant à une seule série, parce que ce n'est pas/plus ma came.
La semaine prochaine, j'entame Créatures!. Normalement, d'après mes prévisions, la frustration devrait laisser place à l'insomnie.
Toujours se méfier des souhaits.
07 octobre 2012
[#Ozmarathon] 5x08, love will keep us together
Quand je pense à l'amour, la fraternité et l'attachement émotionnel, je pense à Oz.
Attendez, non. Pas du tout.
Pourtant c'est bien sur le terrain de l'affectif que nous emmène la série pour le final de sa 5e saison. Difficile à croire quand on voit comment la plupart des saisons précédentes se sont achevées, et pourtant...

Bien malin celui qui n'aura pas versé une larme pendant cet épisode placé sous le signe de l'émotion. En matière de surprise, en voilà une belle : la série ne nous avait pas habitués à tant de tendresse... Enfin, bon, tendresse, tendresse, il ne faut rien exagérérer, c'est toujours Oz !
Tenez, dans les premières minutes de l'épisode, Robson décide de s'auto-amputer des gencives ! Eh oui, pour les petits coeurs et les zolies fleurs, on repassera, quand même. Après avoir agressé le dentiste qu'il soupçonnait de lui avoir joué un mauvais tour, Robson revient en effet auprès de Schillinger et la bande des odieux nazillons, pour découvrir que ses gencives lui valent d'être devenu un paria. Qu'à cela ne tienne, pour ne pas être mis à l'écart, il va donc se mutiler. Derrière l'anecdote tragique se cache quelque chose que jusque là Oz n'avait que peu dit sur le besoin d'appartenance qui résulte du communautarisme de la prison. Quand vous n'êtes pas dans un groupe, vous êtes un outsider ; quand vous n'êtes plus dans un groupe, vous êtes une cible... mais aussi tout simplement une brebis égarée. Et Robson, qui a si souvent été un personnage unidimensionnel, parvient par cet acte de désespoir à se montrer touchant.
Schillinger quant à lui connaitra un revers de fortune (Beecher balance en effet ce qu'il sait sur le viol de son ex-protégé) qui lui ouvrira la porte d'une cellule en isolement. Là où beaucoup de personnages ont atterri parce qu'ils sortaient déjà du rang, Schillinger, un mec plutôt "intégré" selon les critères de la prison, se retrouve donc mis à l'écart et ce sera intéressant, pendant notre ultime saison, de voir si cela a des effets sur lui.
Beecher, lui, tente comme il peut de trouver la paix avec ses propres actions. Influencé par Kareem Saïd (qui ne s'est jamais caché de son homophobie), il avait juré de ne plus voir Keller, mais évidemment toutes ces bonnes résolutions s'envolent lorsque Beecher réalise que son bel amour est désormais dans le couloir de la mort.
Cela nous donne l'occasion d'une belle discussion entre les deux vieux amis, Beecher arguant que Dieu n'est qu'amour, Saïd insistant sur les limites morales imposées par son Dieu. Rarement un débat théologique aura été plus intéressant qu'ici, même si la position de Beecher est un peu partiale ; quand Tobias a commencé à expliquer que lui et Saïd s'aimaient, j'ai eu envie d'applaudir. Bien qu'outrancier, l'argument est valable, et ça fait des saisons qu'on peut sentir le rare respect que se portent les deux hommes, après tout.
Les retrouvailles de Beecher et Keller, on les attendait (on a un peu été dressés pour les anticiper avec impatience !), mais pour l'instant on voit mal ce qu'elles vont donner. Keller a l'air un peu borderline en ce moment (avec cette histoire de peine de mort et tout), Beecher se met-il émotionnellement en danger ?
Mais comme d'habitude, même en matière de couloir de la mort, c'est le tandem Ryan/Cyril qui est le plus émouvant. Pendant que tout le monde écrase une larme devant Cyril et sa chaussette Jericho, c'est l'exploration de la personnalité de Ryan qui se montre la plus fascinante. Après avoir eu tant de mal avec tout le processus judiciaire dans lequel son frère était plongé, après avoir voulu lutter pour le sauver, puis avoir baissé les bras devant les difficultés rencontrés et la solitude éprouvée, Ryan reprend à nouveau du poil de la bête. Il est décidé à tout faire pour empêcher l'exécution de Cyril, le seul être de toute la planète qu'il aime de toute son âme. S'il y a une personne qui peut donner une telle niaque à Ryan, c'est bien lui ! J'avoue que je comprends mal l'histoire de la petite soeur Carolyn. Enfin je comprends bien la tournure des évènements, et je comprends même le poids que cela joue dans la confrontation que Ryan a avec leur père, mais je ne comprends pas bien pourquoi on avait besoin de cette intrigue tirée de nulle part, quand on a eu tant d'éléments pour alimenter la rage de Ryan contre son paternel, celle qui lui permet de rebondir et de se recentrer sur Cyril.
Ce qui importe, c'est qu'au bout du compte, les deux frères seront une fois de plus inséparables ; ce sont eux les vrais "homards" de la série, eux qu'on aime voir ensemble, dans leur petit monde. Personne n'aime Cyril comme Ryan, et personne n'idolatre Ryan comme Cyril (excepté peut-être moi ?). Nous avons eu maintes fois, tout au long de la série, l'occasion de voir ces deux-là se quereller, s'exaspérer, et se meurtrir aussi, l'un pour l'autre, l'un à cause de l'autre. Rarement le lien entre deux frères aura été aussi bien dépeint dans une série qu'entre les frères O'Reily. Je redoute énormément les quelques souvenirs que j'ai de cette intrigue...
Après avoir traîné en longueur pendant la saison, l'histoire de Rebadow trouve quant à elle une conclusion. Enfin ! Malheureusement, s'il y a des moments extrêmement poignants dans cet épisode, ils seront complètement gâchés par une chute totalement improbable et stérile, digne des plus grands soaps.
Il était cependant particulièrement magnifique de ressentir la façon dont ce vieux bonhomme qu'on aime tous, sent sur lui le poids de son karma. Son monologue alors qu'il s'apprête à sortir visiter son petit-fils à l'hôpital, sa réflexion sur la coupure de courant qui l'a sauvée et celle qui, 35 ans plus tard, a coûté la vie à Alex, semblent répondre à la même logique que celle qui, en première saison, lui permettait d'entendre Dieu. Rebadow traîne toujours avec lui, outre son petit sourire misérable, une part de spiritualité ; ce n'est pas de la foi, mais c'est une croyance en un mécanisme un peu absurde qui donne un sens à toute action, et qui ajoute à sa souffrance l'impression que tout a un prix, tout est une ironie du sort. Et cela semble se vérifier...
mpossible de rester de marbre pendant ces scènes, ainsi que pendant le chapelet de petites séquences qui le montrent vidé de toute sève. Je ne me rappelle plus trop quel est son sort pendant la saison 6 (je n'ai vraiment vu que la toute fin de la série, et c'était en 2005 ou 2006), mais j'ai fini la saison avec l'impression que cette fois, Rebadow avait atteint le bout du bout.
Mais de toutes les causes d'impuissance énoncées dans les monologues d'Augustus Hill, la seule qui n'ait pas été mentionnée est pourtant la plus évidente dans cet épisode : l'amour. Et difficile en effet de ne pas se sentir complètement vidé par la conclusion tragique de la saison, alors que Hill et Burr fêtent des retrouvailles de courte durée.
Le silence qui a sans aucun doute empli les salons des membres de la #EmCrew en a alors dit plus long qu'aucun monologue déchirant sur le sentiment de vide que laisse cette fin de saison...

15 septembre 2012
[#Ozmarathon] 5x07, tout feu tout flamme
Cela faisait très longtemps qu'un épisode du Ozmarathon ne m'avait pas enflammée de la sorte ! C'était vraiment trop court et j'ai même eu le sentiment, à plusieurs reprises, de retrouver l'esprit Oz des débuts de la série. Ce genre d'impression a toujours une part d'illusoire (deux saisons ne se ressemblent jamais vraiment, et heureusement !), mais cela souligne bien l'effet positif de cet épisode réussi.

Pourtant cet épisode n'est pas réussi de bout en bout, vous allez le voir. Alors justement débarrassons-nous de ces objections négatives tout de suite.
L'intrigue de Bob Rebadow par exemple est bourrée de maladresses, de répétitions, et de mauvaises idées. Le pathos commence également à peser très lourd et à faire passer Rebadow pour une pauvre chose pathétique, au lieu de nous le rendre adorable. Ce qui, concernant Rebadow, est quand même une prouesse ! Quand McManus l'a laissé en tête-à-tête avec un autre prisonnier (pour le supplier), il était par exemple évident que Rebadow se mangerait une mandale. Il y a écrit "victime" sur son front et les scénaristes ne tentent même pas d'y changer quoi que ce soit ! Il était bien le loin le temps où ce vieillard se rebiffait, voire tuait des mecs en prison, aujourd'hui, il n'est qu'un gigantesque punching bag. Ca n'a pas grand intérêt parce qu'on a déjà vécu tout ça plusieurs fois.
De la même façon, la mini-enquête de Burr et McManus pour savoir qui a vendu de la drogue à Hill, la belle affaire ! Tout le monde s'en bat royalement l'oeil. Fort heureusement, cet angle sera abordé de façon très courte ; mais il n'a toujours pas trouvé de conclusion. Il faudrait pourtant, parfois, arrêter de jouer à l'Aaron Spelling, et clore certaines intrigues aussi stériles que celle-ci, non ?
Fort heureusement, les mauvaises nouvelles s'arrêtent à peu près là.
L'intrigue canine d'Alvarez, par exemple, trouve la plus élégante des conclusions. D'abord parce que c'est foncièrement touchant que voir qu'il est le seul à avoir été au bout de sa mission d'entraînement sans jamais faillir, mais ensuite, voire surtout, parce que l'histoire fait une jolie référence aux craintes initiales sur le programme canin. Alvarez qui dit qu'il a dressé "spécialement" la chienne July pour Rivera, ça a de quoi glacer le sang de n'importe qui, ou au moins de laisser planer le doute une bonne seconde : il a simplement appris l'Espagnol à la chienne. Rentrez chez vous et dormez tranquilles, bonnes gens, Alvarez est toujours un poussin au fond de son coeur. Et puis, une fois de temps en temps, une fin positive, ça met quand même du baume au coeur, surtout après ce que ce personnage a traversé ("I had a kid once", rappellera-t-il en cours d'épisode). Il reste encore toute une saison pour lui infliger quelque sévice.
En contrepartie, j'ai adoré, mais alors, adoré, la suite des déboires de Robson. Quand un p*tain de nazi s'en prend littéralement plein la gueule comme ici, on est forcément tenté d'applaudir. Il faut dire qu'outre l'humiliation infligée dans l'épisode précédent, outre le fait qu'un pauvre dentiste lui retourne la tronche avec un malheureux combiné téléphonique dans les gencives, Robson va être désavoué par la communauté nazie de la prison, et ça, je crois que c'est le meilleur de tout. Hésitant au début, Vern Schillinger finit par donner les instructions nécessaires à l'éviction de Robson. Tout ça parce qu'il a de la peau de gencives de black...
Il sera intéressant de surveiller la descente aux Enfers de ce petit empaffé dans les épisodes suivants. S'il y survit. Ce qui est sûr c'est qu'il est à présent une cible parfaite, et que plus personne à Oswald ne va se priver de se rappeler à quel point il a causé du tort à tout le monde.
Par association d'idées, c'est enfin l'heure de serrer la vis à Leo Glynn. Après avoir une fois de plus abusé de son autorité, celui-ci se fait vertement remonter les bretelles par Sister Peter Marie (très en forme pendant l'épisode) qui lui rappelle que sa fermeté est de plus en plus arbitraire. Qu'est devenu son sens de la Justice ? Aujourd'hui il n'a même plus l'excuse d'être sous l'influence de Devlin, en plus ! Impossible de ne pas applaudir Sister Pete dans son petit laïus furieux. On vous aime, Sister P, ne changez rien.
Le cas du petit rouquin dont j'ai encore oublié le nom est également scellé, et même si cette intrigue est moins intéressante d'un point de vue émotionnel ou intellectuel, ça fait énormément plaisir d'assister à une intrigue correctement bouclée, sans surenchère ou prolongations inutiles. Leo Glynn récitant la Bible au moment de coffrer ce petit enfoiré était d'ailleurs un passage bien trouvé, et nous rappelait un peu le Glynn des débuts, celui droit dans ses bottes.
On n'est cependant pas totalement débarrassé de ce personnage, puisqu'il est désormais dans le couloir de la mort. Un endroit d'Oswald qui nous a donné de bonnes scènes par le passé, et n'oublions pas que quand Keller aura récupéré, c'est là qu'on devrait le retrouver...
En parlant de Keller... Beecher est à nouveau rongé par la culpabilité. Quelle surprise ! Comme si Beecher pouvait jamais faire quelque chose sans en regretter amèrement les conséquences, et en fait, la culpabilité est au coeur de sa personnalité, à croire qu'il y est accro. Conseiller un brin partial, Kareem Saïd lui recommande, en guise de pénitence pour sa trahison dans l'épisode précédent, de renoncer totalement à Keller. Renoncer à Keller, mais bien-sûr. Saïd, dans son homophobie larvée, n'a toujours rien compris, on dirait. Il dit ça à Beecher. BEECHER ! Le mec qui s'est littéralement fait broyer par amour pour Chris Keller ! Renoncer à ce mec ? Mais entre Beecher et lui, c'est la flamme et le papillon depuis des saisons !
Evidemment, dans un premier temps, rongé par sa culpabilité, Beecher va essayer de ne plus voir Keller, mais même à son corps défendant, il finit par le croiser. Et on n'a aucun doute sur l'issue de cette question quand on sent que son coeur s'arrête à la simple vue de Keller dans une autre pièce...
Cela est cependant l'occasion pour nous d'assister aux suites du viol en réunion qui a eu lieu dans l'épisode précédent (je trouve vraiment qu'on a des sujets de conversation hilarants, dans ces reviews, non ?), puisque la culpabilité de Beecher, la loyauté de Saïd, et évidemment l'instinct de conservation de Schillinger, font que les autorités ne sauront jamais ce qui s'est passé. A plus forte raison parce que Schillinger s'arrange pour se débarrasser de la victime.
J'ai d'ailleurs trouvé que c'était un joli rappel, finalement, que de faire se croiser indirectement cette intrigue avec celle du viol de Peter Schibetta. Je n'ai pas toujours vu l'intérêt de ramener ce dernier dans la série après sa longue absence, mais cela rappelait avec intelligence les deux options qui se présentent quand un viol en réunion a lieu en prison : dénoncer ou ne pas dénoncer, finalement, ne mène pas à grand'chose dans la pratique, mais on peut un peu mieux survivre à l'un qu'à l'autre tout de même.
L'épisode aura, et c'est sa plus grande réussite, été rythmé tout au long de ces intrigues finalement assez peu liées entre elles, par quelques uns des meilleurs monologues de Hill depuis bien longtemps. Certes, c'est déprimant : il y est question de notre société et de la façon dont nos efforts pour nous préserver causent finalement plus de mal que de bien. Cela ne renvoie vraiment aux intrigues qu'avec énormément d'imagination (ou de drogues dures), mais les textes étaient vraiment parfaits, et Augustus lui-même était en grande forme dans sa boîte. Ca fait plaisir de le retrouver.
Cet épisode décousu offre donc de très bons moments. On sent bien que cette fin de saison n'aura rien de grandiose : il n'y a eu absolument aucun fil rouge pendant la saison 5, aucun enjeu capital, et même pas de grand bouleversement à proprement parler, puisque les personnages suivent chacun une trajectoire qui ne révolutionne aucunement leur destin. Mais cet avant-dernier épisode de la saison est tout de même la preuve que ça n'empêche nullement de produire des épisodes de qualité, globalement intéressants. Même si parfois je regrette l'enthousiasme ressenti au début de ce marathon, et que je suis triste de découvrir que les épisodes que j'avais ratés ne sont pas toujours à la hauteur de mes espérances, cela a au moins le mérite de me prouver que... la flamme ne s'est pas éteinte.



















