ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

15-06-13

[#Ozmarathon] 6x07, the end of the world as we know it

J'ai l'impression que toute cette 6e saison, je n'ai eu de cesse de penser, devant presque chaque intrigue, chaque élément de la série, qu'il fallait faire nos adieux. C'est une quasi-obsession, je le confesse. Tout est vu à la lumière de ce fait : c'est la fin. La dernière fois que. On dirait que je suis Ryan et qu'Oz est mon Cyril.

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Et alors que tout va finir, dans le fond, que penser ? Quand tout est fini, que reste-t-il ?
C'est la grande énigme que va poser cet avant-dernier épisode, grâce à un sublime échange entre Omar White et le bizarre Lemuel Idzik. Qui aurait cru, quelques minutes avant leurs scènes dans cet épisode, que ces personnages avaient le potentiel pour être au centre de quelques uns des plus incroyables dialogues de cette saison, voire, de cette série ?
A travers cette incroyable discussion métaphysique sur le soleil qui s'éteint, et nos actions qui paraissent insignifiantes à côté du destin de notre étoile et donc de notre système, c'est toutes les conséquences de l'ensemble des actions de chacun, au cours de ces 6 saisons, qui nous interrogent. Quelle a été la finalité de tout cela ? Que retirerons-nous de ce que nous avons vu, des horreurs auxquelles nous avons assisté, des injustices qui ont été infligées, des malheurs qui ont persisté ?

Par exemple, à quelques minutes de la fin de la série, Oz ménage toujours des zones d'ambiguité, notamment à cause de son célèbre triangle de l'insanité entre Beecher, Keller et Schillinger.
Sans se mentir, c'est là que portent une grande partie de nos attentes pour la fin de la série, sachant à plus forte raison que le sort de Miguel Alvarez semble fixé, autant que faire se peut en tous cas, et que les choses sont également en bonne voie pour Busmalis, Rebadow et quelques autres. Quant à Leo Glynn ? Justice a été rendue.

L'un de mes rares regrets sera que les scénaristes aient introduit le fascinant personnage d'Alonso Torquemada à ce stade. Pourquoi avoir tant attendu ? Non seulement Bobby Cannavàle est génial (ça m'écorche la bouche de le dire, mais il faut être honnête), mais son personnage promettait aussi de mettre un sacré bazar à EmCity...

Le reste ? Le reste se décide ce soir, dans le dernier épisode que nous lançons à présent...

Posté par ladyteruki à 20:30 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x06, vaincre la misère et l'ombre

L'un des gros chocs de cette 6e saison, qui jusque là n'en a pas manqué, était la sortie de Beecher. En tant qu'Ozmarathoniens, nous avions alors la sensation que cela n'avait pas de sens : nous étions entrés avec lui entre les murs de la prison, nous ne pouvions pas nous passer de lui avant d'en sortir. Mais le voir revenir à la fin de l'épisode suivant ? C'est encore plus déroutant.
La raison est pourtant simple : sur le pas de la porte, Oz s'est rendu compte qu'elle avait encore quelque chose à dire. La moindre des choses serait d'écouter.

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C'est un sujet qu'on a abordé plusieurs fois par le passé, et pourtant, avons-nous vraiment eu cette conversation ?
A la fin de l'épisode précédent, Beecher, rongé par la honte à bien des égards, murmurait : "Just like last time, I got fucked up in the ass". L'un des temps forts de cet épisode va donc consister en un groupe de parole qui va échanger autour d'expérience à propos du viol en prison. Là où jusque là, le viol était un pur instrument de domination, de pouvoir ; il s'inscrivait dans les enjeux narratifs d'une saison, il mettait en scène les rapports d'un personnage avec tel autre de façon à leur donner une motivation. Pas cette fois. Cette fois, ce que ces témoignages disent, c'est tout simplement la souffrance et l'horreur. Parler du viol comme d'un traumatisme en soi, et non pas d'un mythe fondateur d'un personnage, comme ça a été le cas pour Beecher, est une idée poignante mais réussie.
Car en pointant du doigt à quel point la douleur est quotidienne, à quel point elle est banalisée par le système (chose que souligne aussi le fait que le viol d'un personnage ne nous émeuve plus qu'à moitié), Oz nous met quelque part face à la responsabilité de la société tout entière, qui ferme les yeux parce que, oui enfin, bon, ce sont des criminels, alors... c'est moins grave. C'est peut-être même normal, car ce sont des bêtes violentes !
Cet échange simple et pourtant violent sur la réalité du viol carcéral était nécessaire pour une série qui s'est souvent sentie investie de la mission de révéler des vérités désagréables. Celle-ci n'avait que trop attendu d'être dite haut et fort.

Dans sa lancée, Oz va aussi s'arrêter sur la question du commerce. L'intrigue autour du centre de télémarketing et de l'entreprise des musulmans en pose les jalons depuis plusieurs épisodes déjà. D'un côté, le centre de télémarketing, depuis que les homeboys sont partis en signe de révolte envers l'influence de Burr, est quasiment dépourvu de personnel ; à Burr qui s'inquiète justement que les salaires ne soient pas compétitifs pour attirer de nouveaux employés, la gérante, pas inquiète, affirme avec le plus grand des aplombs, et peut-être une pointe de cynisme, qu'elle ne se fait aucun soucis : il y a des centaines de prisonniers qui, même pour une somme dérisoire, finiront par changer d'avis et accepter un poste (elle est prête à travailler pour Veridian Dynamics !). Cette crise n'est que passagère, elle ne craint pas le turn-over. C'est l'avantage, en quelque sorte, quand on n'a rien à cirer des employés qui vont et viennent. A côté de ça, les revenus sont loin d'être ceux qu'espéraient les musulmans en matière d'édition ; les calculs de Kareem Saïd, qui voulait payer les prisonniers au salaire minimum, étaient très optimistes. La réalité des choses, c'est qu'Arif n'a pas l'argent nécessaire pour payer quelque salaire que ce soit. Par un diable de retournement de situation, l'entreprise qui voulait faire des affaires tout en traitant convenablement ses salariés est sur le point de fermer boutique, quand celle qui ne se soucie du confort de personne va finir par retomber sur ses pieds.
Que la conclusion de cette intrigue ne nous abuse pas : si Burr finit par donner un coup de mail aux lois économiques en faisant détruire l'atelier des musulmans, l'épisode nous dit en filigrane quelques vérités peu agréables sur le monde du travail (même pas spécialement en prison).

La troisième des grandes intrigues de cet épisode, et certainement pas la moindre, est évidemment celle de Cyril O'Reily. Je sais que j'ai tendance à mentionner Ryan, d'ordinaire, comme étant le héros des aventures irlandaises d'Oz, mais il faut bien reconnaître que ce sont les problématiques soulevées par Cyril qui sont à l'ordre du jour ici.
Ce n'est pas qu'Oz n'ait pas abordé le sujet auparavant. Bien au contraire : l'état psychiatrique de Cyril a régulièrement été au centre des débats, comme, encore récemment, avec l'affaire des électrochocs. Mais à l'heure où le petit garçon dans le corps d'un criminel boxeur vit ses derniers moments, il est temps d'attirer notre attention sur les conséquences de l'aveuglement répété, voire même obstiné, de tout un système.
Ryan n'est là que pour être le témoin affligé de ce spectacle : choisir comment Cyril va mourir, le lui annoncer et expliquer, l'accompagner alors qu'il doit faire couper ses belles mèches blondes, rester à ses côtés pendant son dernier repas...
En fin de compte, Cyril ne va pas mourir pendant l'épisode. Mais de justesse. L'espoir est relancé, et ça devient insupportable pour ceux (et ils sont nombreux, voire unanimes) qui aiment ce personnage. C'était cependant nécessaire pour parler du vrai problème ; ce que souligne d'ailleurs le speech d'Augustus Hill sur les différentes peines d'un état à l'autre.

Oz signe ici l'un de ses épisodes les plus engagés socialement. Une véritable réussite qui rappelle aussi la raison pour laquelle cette série est bonne. Du coup ça fait encore plus chier de devoir s'en séparer bientôt...

Posté par ladyteruki à 20:00 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x05, interlude

Il est grand temps d'adresser un véritable problème récurrent dans Oz. Bien pire que tout ce dont j'ai pu me plaindre depuis un an et demi que nous suivons notre Ozmarathon. Et pourtant Dieu sait que j'ai eu l'occasion de me plaindre.
Mais je voulais aborder avec vous un problème qui, en fait, est à la source de bien d'autres. Mesdames et Messieurs : Leo Glynn. N'applaudissez pas.

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Une ode à Leo Glynn.

Leo Glynn est le type qui, même quand il se fait remonter les bretelles par le gouverneur à propos des morts brutales, successives, et qui auraient dû être empêchées (comme le meurtre de Kareem Saïd, figure hautement médiatique ET religieuse, par un visiteur armé, hein, quand même), conserve son job.

Leo Glynn est le type qui, alors que les tensions n'ont pas vraiment été résolues dans sa prison, organise une grande soirée où le personnel devra rêvetir costard et robe de bal entre les murs de cette même institution.

Leo Glynn est le type qui, quand un avocat lui dit de virer deux surveillants, s'en laisse convaincre en 30 secondes chrono.

Leo Glynn est le type qui va interroger un surveillant qu'il soupçonne de tremper dans des affaires louches, dont une affaire de meurtre, qui vient faire comprendre au CO qu'il a vu clair dans son jeu, mais qui ne le met pas à pied.

Leo Glynn est le type qui, quand un gardien lui avoue qu'avec deux de ses collègues, il a mutilé un prisonnier (Morales, dont les tendons ont été coupés à la demande de Dave Brass pour se venger de son tendon mutilé), réplique "ouais, je m'étais un peu douté de ça" et finit par féliciter l'officier qui vient de se confesser au lieu de le punir.

Leo Glynn est le type qui, quand un prisonnier qui est également un chef de gang lui dit qu'il a peur d'une infirmière, rit et ne le prend pas au sérieux. Quelques heures plus tard, cette même infirmière va tuer un prisonnier tout en confessant en avoir tué un autre.

Leo Glynn est le type qui conduit une enquête avec la police sur le meurtre du maire Loewen, alors qu'il est surveillant de formation, pas enquêteur. Et qui conduit cette enquête des semaines après la mort du maire.

Et tout ça en un seul épisode ! Comment on a tenu 6 saisons avec ce type ?!

Posté par ladyteruki à 18:34 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x04, pour ne rien dire

Il est quelques épisodes décevants dans chaque saison. Le problème, c'est quand une BONNE saison d'une BONNE série sort l'un de ces épisodes. Le téléphage s'en trouve tout décontenancé. Etant donné qu'aucun épisode d'Oz n'est jamais un stand-alone, le mal est d'autant plus profond que cela affecte les émotions liées à toutes les intrigues en cours...
A l'heure où notre EmCrew se prépare à faire ses adieux à la série, est-ce bien raisonnable de se permettre un coup de mou comme celui-là ?

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Il n'y a pas beaucoup de storylines dans cet épisode qui méritent d'être vues. Pour être franche, aucune n'a semblé ne serait-ce qu'être correcte. A quelques épisodes de la fin, les révélations sur les origines de Jaz Hoyt, par exemple, apparaissent comme profondément risibles, de la même façon que le sort d'Omar White nous est totalement indifférent, quitte à ce qu'il meure en isolement à cause de la peinture toxique. Vraiment, qui ça intéresse ? Hoyt n'a jamais été qu'un personnage secondaire auquel aucune mythologie n'a jamais été nécessaire pour nous offrir de bons moments, et White casse les pieds de tout le monde, y compris de McManus qui a jadis été son protecteur.

Ecoutez, je n'ai aucune sympathie particulière pour Robson. Il s'est comporté comme un tel poison à une époque que, franchement, il est impossible de tout-à-fait lui offrir une rédemption aux yeux des spectateurs. Les Aryens font, d'ailleurs, partie des rares personnages que la série n'a jamais réussi à réhabiliter. Ce ne sont pourtant pas les efforts qui ont manqué dans le cas de Robson, qui joue les victimes depuis ses mésaventures dentaires en saison 5 ; sa mise au ban, ses humiliations répétées, tout a été fait pour en faire une nouvelle tête de turc des scénaristes. Mais rien à faire, impossible de le plaindre tout-à-fait. La seule fois, je dis bien la seule, où il m'a arraché une larme, c'est quand il a expliqué à Sister Peter Marie quel genre d'enfance atroce il avait eue ; là, vraiment, on tenait quelque chose de fort, et d'autant plus surprenant que comme je l'ai dit, personne au monde ne tient Robson dans son coeur. Mais alors que les scénaristes s'ingénient à essayer d'aller plus loin dans le traumatisme (comme si l'histoire de la petite cuiller n'était pas assez), rien à faire, le portrait perd de sa force. Pire, en faisant en sorte que Robson se sorte de sa très mauvaise situation par duperie, mensonge et manipulation de Sister P, l'épisode réussit le tour de force de faire à nouveau basculer le personnage dans un territoire pervers. Ce n'est même pas que l'épisode attire vraiment notre attention sur le fait qu'une victime n'est pas forcément innocente dans tous les domaines de sa vie par le simple fait qu'elle soit agressée ; c'est que le scénario est clairement fragile, portant sur un personnage avec lequel l'empathie ne fonctionne fondamentalement pas.
Comment soutenir un personnage qui, bien qu'il soit clairement une victime, redouble de vice pour se libérer de ses chaînes ? Eh bien, on l'a vu par le passé avec quelques moments forts de Beecher, c'est possible, mais Robson passe à côté de l'objectif affiché pour son intrigue. Rien à faire, cet épisode loupe complètement ce qu'il tentait de faire.

Et puis il y a Miguel Alvarez. On aimerait énormément en dire du bien, surtout moi, vous me connaissez, mais rien à faire. Sa quête pour reconquérir Maritza s'arrête, heureusement, avant qu'on n'ait envie de le renvoyer en isolement ou à l'infirmerie, histoire qu'il se passe un peu quelque chose. Il n'est pas ressorti grand'chose de cette intrigue, au final, si ce n'est qu'on a trouvé un Miguel apaisé. Le seul truc... c'est que ça, on le savait déjà.

Pour finir, l'intrigue sur la peinture au plomb (or whatever that was) traîne en longueur. On aimerait sincèrement qu'elle mène quelque part ; à vrai dire, j'ai vu le series finale d'Oz il y a plusieurs années, je sais très exactement ce qu'il en advient, et je finis QUAND MEME par me poser la question en regardant cet épisode ! C'est dire si on touche le fond. Gloria Nathan a beau nous faire part d'un joli cas de conscience (dont on a un peu l'impression qu'il est la répétition d'anciens dilemmes passés, notamment suite à son viol et la mort de son mari), on reste complètement insensible.

Pour la deuxième fois consécutive, mais pour des raisons bien différentes, voilà un épisode d'Oz qui aurait mieux fait de se taire.

Posté par ladyteruki à 18:33 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x03, dernières mesures

C'était une jolie idée que d'avoir Dobbins comme "narrateur" de cet épisode, d'inviter l'un des personnages les plus muets de la série à commenter pour nous les choses. Malheureusement, cette idée n'est pas exactement aussi bien amenée qu'il le faudrait ; Augustus Hill est toujours là pour apporter son petit monologue, rendant assez inefficaces les interludes musicaux du violoncelliste. Peut-être qu'Oz aurait dû jouer le jeu tout-à-fait, et proposer un épisode silencieux, comme Buffy l'avait tenté (et réussi) quelques années plus tôt. Mais dans les coulisses d'Oz, on aime bien trop l'approche théâtrale pour mener cette expérience jusqu'au bout... résultat ? Eh bien résultat, un épisode qui manque un peu d'énergie.

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C'est un charmant homme que ce maire Loewen. On n'avait pas encore eu vraiment l'occasion de faire sa connaissance, mais le début de cet épisode nous en donne la plus sympathique des occasions, alors que le vieux con rive d'abord son clou à Schillinger, avant de remonter les bretelles sur exactement le même ton au gouverneur Devlin. Il rappelle à celui-ci le sens des priorités : Devlin lui avait promis qu'il ne passerait pas UN jour en prison, et même si les quartiers devaient flamber, la moindre des choses était d'envoyer la garde, jeter des fumigènes, et tenir sa putain de promesse !
Mais, à peine le temps d'apprendre à le connaître, et déjà le voilà hors-jeu : alors qu'il a sa propre chambre dans l'aile médicale, quelqu'un vient lui ajouter un sourire dans le cou. Il va nous manquer, ce con. NOT. En tous cas, sa mort met tout le monde d'accord. Fait suffisamment rare pour être noté.

Ce n'est un secret pour personne que j'adore Patti LuPone ; j'adore aussi son personnage de Stella, ce qui n'arrange rien, et cet épisode n'est pas fait pour m'inciter au contraire. Après avoir badiné de la plus littéraire façon avec Rebadow ("pour moi, les hommes sont comme les livres... je les lis, je les ferme et je passe au suivant"), elle décide de prendre en charge un prisonnier de 18 ans qui a tenté de tuer quelqu'un avec un bouquin emprunté à la bibliothèque. La détermination de cette femme, le fait qu'absolument rien ne semble la désarçonner, ont de quoi forcer l'admiration. Je pourrais regarder un spin-off entièrement centré sur Stella et... sa Bibliothèque de l'Ephémère Rédemption.

Tout aussi éphémère est le sentiment d'espoir qui plannait sur Ryan dans l'épisode précédent, alors que les choses semblent de plus en plus mal engagées pour notre petit Cyril. D'abord, c'est la personnalité perverse de Jericho qui cause du soucis : Cyril refuse de s'en séparer, et lorsque Sister Peter Marie tente de lui retirer la chaussette, il s'énerve et finit par lui faire mal ; cette fois, on a atteint le point de non-retour avec cette nouvelle "aggression". Le problème, encore et toujours, vient du fait que Cyril est légèrement attardé, ce qui complique son exécution ; du point de vue de l'administration, Devlin en tête, la seule solution est de faire en sorte que Cyril aille mieux, soit soigné, ce qui le rendra tout-à-fait apte à être exécuté ; l'ironie du sort étant que, s'il avait été soigné plus tôt, il n'en serait sûrement pas arrivé là. Pire encore, la seule option de soin envisagée est une thérapie par électro-chocs. S'il a légèrement du mal à se laisser convaincre, Glynn finit par donner son autorisation (avec les histoires de quartier d'isolement toxique, il a bien assez de choses à gérer après tout, puisqu'il vient de faire une déclaration à la presse pour admettre les torts d'Oswald en la matière), d'autant que Seamus O'Reily a donné son accord en tant que "père" (j'ai du mal à ne pas mettre de guillements) et que le dossier a, en gros, été bouclé avant même qu'on ne lui en parle. En fait, même Sister Pete semble découragée, et ne lutte pas contre cette décision. Personne ne se dresse entre Cyril et les électrodes, si ce n'est Ryan, vite ramené au bon sens ou, plutôt, à son impuissance. Sister P finira par aller annoncer la nouvelle à Ryan, ainsi qu'une autre : le dossier de Cyril a avancé, il sera exécuté dans un peu plus de trois semaines.
Si Ryan a toujours été un pragmatique, sa réponse surprend devant ces évènements. "I have faith", répondra-t-il à la nonne qui en manque grandement dans cet épisode. Il est convaincu qu'il y a une issue positive possible, il veut en tous cas en être convaincu, craignant d'être anéanti par toute pensée contraire. Et, Ryan, j'ai beau avoir foi en toi d'habitude, penser que tu peux toujours trouver la combine qui te sauvera, que ton intellect dépasse tous les obstacles qui se sont jusque là dressés sur ta route, je crains un peu de te voir t'enfoncer dans un déni éloigné de toute réalité. En voyant Cyril baver et écarquiller les yeux, après sa première séance d'électrochocs, je ne crois plus vraiment en rien pour lui...

Comme pour mieux nous déchirer l'âme, parce que ce n'était pas encore assez, l'épisode se finit de façon traumatique. Alors que Kareem Saïd, enthousiaste et plein de fougue, monte son projet (il a décidé de se lancer dans le business de l'édition afin de faciliter la sortie du livre d'Augustus Hill), alors qu'il vient de galvaniser ses troupes, prêtes à se donner corps et âme dans ce projet, alors qu'il a convaincu Glynn et McManus de monter son entreprise entre les murs d'Oswald... il est assassiné sous nos yeux.

Ces dernières notes jouées par Oz sont terriblement cruelles. Comme pour nous préparer aux adieux, la série fait table rase de tout, de tout ce qui pouvait rester de positif.
"This is not goodbye", assure Beecher sur le pallier de la porte d'Oswald. Mais presque.

Posté par ladyteruki à 18:32 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x02, this time it's different

Retour du Ozmarathon pour une salve toute exceptionnelle de reviews ! Aujourd'hui, je vous propose de rattraper le retard pris lors des derniers visionnage de notre EmCrew afin de préparer les adieux qui se tiendront ce soir à 20h sur Twitter. Et pour le premier de ces retours dans l'univers carcéral d'Oswald, c'est la glaçante Shirley Bellinger qui sera notre sherpa, puisqu'elle commente aujourd'hui depuis la crypte d'Emerald City les mutations des vivants...

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Chose assez rare pour Oz, l'épisode s'ouvre sur deux intrigues mêlées ; fait encore plus rare, l'une de ces intrigues est relative à Beecher. Différents problèmes sont ainsi résumés en moins de 5 minutes : Oswald est en lockdown, les tensions sont à leur comble, et en raison de l'alerte de sécurité, Beecher n'est pas autorisé à se rendre aux funérailles de son père, exécuté par on ne sait qui pour le moment ; Beecher ne tardera pas à incriminer Schillinger, évidemment : éternelle danse de la mort oblige.
Pire encore, lorsque Tobias explique à Glynn que de toute façon son audition pour une liberté surveillée a lieu le lendemain, pour laquelle il a toutes ses chances, et que s'absenter pour les obsèques ne devrait pas poser problème, il apprend que l'audition a été reportée ; à croire que les scénaristes cherchent encore et toujours un moyen d'enfoncer plus encore leur victime préférée. "This is Oz, Beecher ; nothing makes sense", dira son compagnon de cellule d'un ton blasé. Pourtant, cette saison semble avoir au contraire beaucoup de sens.

L'énervement au sein de la prison n'est pas prêt de retomber, et rappelle d'autres escalades auxquelles nous avons assisté par le passé. Tout y est : la façon dont le gouverneur Devlin s'affiche à nouveau à la presse, dont il affiche devant Glynn une attitude sournoise, dont il utilise son influence pour ignorer les tensions raciales en dépit du bon sens... La différence, c'est peut-être que cette fois, il n'y a pas d'emballement entre prisonniers. La violence ne semble pas en pleine escalade. Les groupes ne sont pas à couteaux tirés. Pas plus que d'habitude, quoi, en-dehors de la mort de Schibetta Jr, tué et énucléé, de Timmy Kirk, mort de façon lumineuse, ou de Robson qui se fait violer. Tout cela est tristement habituel.
Contre toute attente, Schillinger et Beecher vont jusqu'à signer une trève : Schillinger promet même de ne pas se mettre en travers de la libération sur parole de Beecher ! On se croirait au pays des Bisounours, pour un peu !

...Et c'est là qu'intervient certainement la scène la plus choquante de tout Oz : Tobias Beecher est effectivement libéré. Je vais le redire lentement. TOBIAS. BEECHER. LIBRE.
De toutes les choses incroyables, inconcevables, impossibles que nous avons vues dans la série, celle-ci est sûrement la plus étrange à expérimenter. A plus forte raison parce que nous étions entrés avec lui dans les quartiers de la prison, et que se pose maintenant la question de savoir à quoi va ressembler l'expérience carcérale d'Oswald sans celui qui a été le visage de toute la série, de toutes ses évolutions, de tous ses messages.
C'est au moins aussi dur à avaler pour nous que ça l'est, vous l'aurez deviné, pour Chris Keller, qui apprend la nouvelle depuis le couloir de la mort (avec un petit bonus, l'annonce de la mort du père de Beecher, qui était l'avocat de Keller).

En isolement, les nouvelles sont différentes, mais pas vraiment meilleures : la reconstruction d'Oswald a été permise grâce à l'utilisation de nombreuses substances toxiques, et tous les prisonniers parqués en isolement sont malades. Lorsque le Dr Nathan proteste, Leo Glynn insiste pour garder l'affaire secrète, histoire de ne pas jeter de l'huile sur le feu qui consumme Oswald.
Quelques minutes plus tard, à un autre sujet, les mots "but it's unethical !" sortiront de sa bouche. Difficile de ne pas laisser échapper un sourire narquois.

Si certaines choses ne changent pas, pourtant tout est différent, de toute évidence. Peut-être parce que plusieurs des personnages majeurs de la série semblent faire leur possible pour devenir meilleurs, que ce soit conscient ou non, au lieu de s'enfoncer encore dans la spirale habituelle.
Ainsi, Alvarez, après des années à être la victime de la violence aussi bien du système que des autres prisonniers (violence qu'il a plusieurs fois retournée contre lui-même de surcroît), semble avoir totalement acquis la maîtrise de son être, à défaut d'être maître de son destin. Lorsqu'il a l'opportunité de jouer les espions pour Morales et ainsi réintégrer El Norte, il refuse avec calme, mais fermeté : "I got my parole in three years. Until that point, I'm Mahatma Fucking Gandhi", déclare-t-il sans craindre une seule fois la réaction de son interlocuteur (lequel lui a pourtant fait la misère de nombreuses fois par le passé). Au contraire, l'esprit tranquille, il retrouve sa mère pendant les visites, se réconcilie avec elle, et discute de Maritza ; pour enfin appeler cette dernière et lui laisser une longue déclaration d'amour au téléphone.
De son côté, Ryan n'est que famille, famille et famille. Il veut protéger sa mère, il s'enquiert du dossier de Cyril... l'intrigue autour de Ryan n'est pas forcément très longue dans cet épisode, mais elle rappelle clairement qu'il a perdu toute son ambition. Aujourd'hui, son talent pour la manipulation n'est plus utilisé que pour se débarrasser de quelqu'un qui voudrait nuire à ses proches, comme on le verra lorsqu'il paiera une petite visite à Pancamo. Bien-sûr, Ryan O'Reily a TOUJOURS mis la survie de son sang avant le reste, mais c'est devenu sa seule activité à présent. Il s'oublie et s'efface au profit de deux êtres qui comptent pour lui. La survie ne se double plus d'opportunisme.
Et puis, pour finir, il y a notre imam préféré. Kareem Saïd rêve de justice sociale, mais cette fois, elle n'a rien d'abstrait : il se sent investi d'une mission de quasi-syndicaliste lorsqu'il apprend qu'un programme de télémarketing va être installé au sein d'Oswald, ne payant même pas les prisonniers un revenu minimum, mais plutôt une somme dérisoire. Bien que positivement furieux (comme le soulignera Arif, habitué à le scruter pour prendre la températeur), il ne se révoltera pas : l'époque de la colère impossible à contenir est derrière Saïd. Il ira trouver ses réponses dans le (décidément très populaire) labyrinthe de McManus. Quelque chose dit qu'il les y a trouvées, on en saura plus une prochaine fois.

Presque indifférents à ce qui semble effrayer l'administration d'Oswald, les prisonniers semblent donc aller de l'avant. On ne peut que les y encourager alors que le compte à rebours a commencé.

Posté par ladyteruki à 18:31 - Plus on est de fous - Permalien [#]

09-06-13

Monsters are not born, they're made

Pardonnez-moi, mon père, parce que je n'ai pas tout regardé. Je sais, c'est péché. Mais entre nous, regarder le pilote d'une série australienne de 692 épisodes, c'est un peu tenter le Diable, quand même ! Sans compter que je ne pense pas avoir déjà regardé de séries australiennes datant des années 70 et qu'il vaut peut-être mieux tenter les années 90 ou 80 avant, histoire d'y aller progressivement. Alors du coup, non, je n'ai jamais vu Prisoner, la série carcérale qui est à l'origine de la naissance de Wentworth (je recommande plus que vivement la lecture de mon petit post historique sur le sujet, d'ailleurs).
Alors, vous me pardonnez, mon père ? Promis, je réciterai trois "Je vous salue Mary Tyler Moore pleine de grâce" pour faire amende honorable.

Wentworth

Parfois la téléphage s'effraie de toujours regarder un peu la même chose. 
Pour vous donner un exemple : quand on me dit "la série met en scène un flic qui...", eh bah ça y est, mon cerveau se met en mode autopilote, je me laisse gagner par l'ennui, alors que finalement ça ne veut rien dire, il y a de bonnes séries avec des flics. Je crois. Bon là je vois pas d'exemple, mais c'est principalement par mauvaise foi. Ca doit forcément exister.
Toujours est-il que parfois, certains sujets peuvent nous inciter à nous tenir à l'écart d'une série, simplement par peur de la redite.
Alors, quand Wentworth dit vouloir accompagner les débuts d'un personnage (fut-il emblématique de Prisoner) dans une prison pour femmes, pardon, mais la téléphage a tendance à réprimer un baillement voire même carrément se braquer. Déjà que, quand la téléphage a tenté Unité 9, la téléphage a été surprise de ne pas y voir une redite de Capadocia... faut ptet voir à pas trop tenter le sort.

Et finalement, même avec énormément de points communs, Wentworth finit par faire vivre une expérience assez différente de celle qu'offre Unité 9.
Ne vous laissez pas abuser par le fait que les choses commencent de façon similaire ; le fait que Bea Smith, comme Marie Lamontagne, soit envoyée en prison, dans un bloc où vivent en commun plusieurs prisonnières, au sein d'un univers dont elle ne connait rien et qu'elle observe avec de grands yeux effarés, n'est que le point de départ à partir duquel les deux séries vont pas mal diverger.
D'abord parce qu'on ne ressent pas du tout l'humanité d'Unité 9, sa prison moderne où les prisonnières se comportent en groupe de façon à peu près civilisée. Ensuite parce qu'on n'est que très peu dans l'exposition ; là où Unité 9 prenait son temps pour parler des premières heures de détention (il avait fallu attendre le 2e épisode, après tout, pour entrer dans le vif du sujet), détaillant la honte, la peur et l'humiliation par le menu, Wentworth s'active afin de présenter sommairement le contexte. L'incontournable séquence de fouille sera en effet présente dans le pilote, mais elle n'a pas du tout les mêmes effets que dans le glacial second épisode d'Unité 9.

Mais surtout, la violence de Wentworth, sans atteindre les sommets d'un Capadocia (ou d'un Oz, pour parler aussi du pendant masculin), est bien plus présente que dans la série québécoise. On s'y sent oppressé, ébloui, désorienté en permanence ; la réalisation se donne du mal pour ça, il faut le dire, jouant sur les éclairages comme les couleurs, ainsi qu'en s'appuyant sur des musiques efficaces en diable, là où Unité 9 se contentait d'un réalisme finalement un peu tristounet par comparaison.
Dans ce monde forcément effrayant, Bea va donc vivre des premières heures bien loin de celles que lui connaissent les spectateurs australiens qui ont gardé d'elle le souvenir d'une meneuse, d'une battante ; elle est le mouton qui vient se faire manger la laine sur le dos par celles qui savent, celles qui maîtrisent les codes.

Le fait que Wentworth soit un "prequel moderne" (comme c'était le cas pour Bates Motel qu'on a pu évoquer plus tôt cet après-midi, d'ailleurs) finit par avoir un sens en soi, en fait : montrer comment, de pauvre victime déphasée, Bea Smith va devenir la chef officieuse de la prison, est déjà un témoignage en soi. C'est comme si les scénaristes disaient : vous savez ce qu'elle va devenir, le rôle de Wentworth est donc non seulement de vous dire comment elle va le devenir, mais aussi, à travers cette évolution, de vous indiquer qu'elle va devoir faire le deuil d'une part d'humanité. Prendre de l'influence ne se fera pas en un jour, et pas sans y laisser des plumes ; le seul pilote, déjà, montre combien Bea est soumise aux influences, aux manipulations, aux punitions, aux accusations. Vu la tournure que prend la fin de cet épisode inaugural, ça ne va pas s'arranger de si tôt ! Et c'est finalement le tragique message de Wentworth, qu'une série carcérale sans l'aspect "prequel" ne pourrait pas dire de la même façon, et en tous cas certainement pas si vite : on n'entre pas en prison en ayant la carrure pour mener les autres prisonnière. Cela s'apprend. Et chaque étape de cet apprentissage coûte.
Bien-sûr, Oz nous dit parfois ce genre de choses, mais jamais de façon aussi nette et crue, et certainement pas de façon aussi définitive. Le fait que Wentworth s'inscrive dans une narration qui la précède de trois décennies lui donne tout son sens, souligne toute sa cruauté.

Dans tout ça, quelques regrets tout de même. D'abord, la façon dont, peut-être, la violence est peut-être trop rapidement présente dans cet épisode ; pardonnez que je me répète, mais les derniètes minutes de cet épisode inaugural sont très éprouvantes, non seulement parce que le téléphage est tenu en haleine, mais aussi, voire surtout, parce que sa confusion est entretenue. Ensuite parce que cela devient peut-être un peu trop rapidement, justement, une question de pouvoir : en-dehors de Bea, les personnages seront assez peu fouillés. Certains, comme Franky Doyle, n'ont pas besoin de l'être beaucoup : les spectateurs australiens qui connaissent leurs classiques savent bien qui est Franky, un autre personnage important de la mythologie Prisoner. Mais c'est beaucoup plus dommage pour la plupart des autres, réduits à quelques passages un peu stéréotypés (comme la petite vieille qui s'est mis en tête de rétablir la paix dans le bloc H, ou la mère qui vit là avec sa petite fille en bas âge...). Evidemment, cela n'empêche nullement ces personnages de se développer progressivement : on parle bel et bien d'un pilote ici, tout n'est pas joué. Mais il ressort une impression de superficialité, voire peut-être même de gratuité, qui ne donne pas envie. Dans un registre similaire, Capadocia donnait plus de substance à ses héroïnes.
Enfin, et il faut le noter (je vais aller lire quelques reviews maintenant que j'ai vu le pilote, je pense que plusieurs critiques australiens doivent l'avoir relevé), il y a une certaine victimisation de Bea Smith ; les raisons de son incarcération ont changé, et ce n'est pas innocent. Au lieu, comme dans Prisoner, d'avoir étranglé la maîtresse de son mari et abattu celui-ci, Bea s'est ici rebiffée contre un mari violent qu'elle a cherché à empoisonner au gaz de pot d'échappement. Une fois, juste une fois, j'aimerais qu'on essaye de m'inciter à me mettre dans la peau d'une vraie criminelle, pas d'une criminelle avec des circonstances atténuantes qui justifieraient presque le spectateur plaide pour qu'on relâche la pauvre femme.

L'expérience Wentworth vaut donc la peine, même si, comme moi, vous n'avez pas fait l'effort de regarder la série originale Prisoner. Il ne faut cependant pas vous attendre à une claque, ou en tous cas, pas une claque durable : les effets de ce pilote s'autodétruisent quelques minutes après son visionnage, vous laissant, à la place du souffle coupé qui était le vôtre au terme du pilote, avec une curieuse impression de vide. La vérité se situe sûrement quelque part au milieu...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 21:39 - Review vers le futur - Permalien [#]

25-02-13

Top ! C'est toi le chat !

Bon. Je suis assez peu friande de chaînes, mais étant donné que je suis aussi fondamentalement supertitieuse, me voilà plus ou moins obligée de donner suite à celle que m'a gentillement transmise amdsrs tout ça se payera cher histoire d'éviter d'être maudite sur 712 générations ou un truc du genre. En conséquence, souffrez qu'aujourd'hui, on parle (un peu) moins de séries.

Ah, mais d'abord, voici les règles du jeu :
- Poster les règles sur le blog
- Répondre aux 11 questions
- Inventer 11 nouvelles questions
- Partager le tag avec 11 personnes en mettant un lien vers leurs blogs et leur annoncer la nouvelle !
Jusque là j'ai bon, vous êtes d'accord ?

1) Ton pire souvenir capillaire
Alors pardon pour la sob story, mais je n'en ai qu'un : quand j'étais ado, ma mère avait acheté une boîte-à-couleur pour que je me fasse un reflet, et j'insiste sur le reflet, auburn. Sur mes cheveux foncés, c'était pas non plus la révolution, hein. Cela dit, ayant toujours secrètement espéré être rousse, j'étais toute contente, et une fois les manipulations faites, je suis descendue avec ma nouvelle parure capillaire dans la salle à manger, où j'ai été accueillie par mon père qui s'est exclamé d'un ton glacial : "t'as vraiment l'air d'une pute". C'était d'autant plus sympa qu'à la base c'était même pas mon idée.

2) Ton dernier fou rire
Vendredi soir. Faut pas me demander le contexte, c'était soirée mojito !

3) Un prof qui a marqué (en bien) ta scolarité
Ma prof d'anglais au lycée, Mme Laferrière. J'adorais son humour pince-sans-rire, j'adorais ses cours, j'adorais tout : elle était géniale. N'était pas non plus désagréable l'impression que j'avais d'être sa favorite, à laquelle elle donnait des exercices sympas à faire en plus, proposait des lectures intéressantes à faire, et avec laquelle elle discutait de plein de trucs après les cours, et ça me motivait d'avoir trouvé une prof qui me maintenait intéressée même si elle avait 30 autres élèves à gérer. Finalement, sous l'influence de l'admiration que je lui vouais, je m'étais plus ou moins convaincue que j'allais étudier l'anglais à la fac, d'ailleurs, parce qu'elle m'avait donné goût comme jamais pour cette langue ; c'est une chose d'avoir des bonnes notes dans une matière, c'en est une autre de vraiment sentir de l'enthousiasme pour ladite matière. Je l'ai croisée plusieurs fois sur Paris, dont une où elle m'a invitée à prendre un pot et où on a médit sur Amélie Poulain, et c'était très agréable de découvrir que même une fois devenue étudiante, et sortie de son orbite (quand on admire un prof, on a tendance à être un peu envoûté), elle était toujours aussi géniale à mes yeux. Par nostalgie, je viens de la googler et je m'aperçois qu'elle a aussi traduit une oeuvre de Tolkien récemment, et je sens bien que j'ai des étoiles dans les yeux de nouveau en pensant à elle (ça gêne un peu pour écrire à l'écran mais je m'arrange). Je me demande encore si son anecdote sur le sang de boeuf était vraie...

4) Un coup de coeur pour une ville ?
Paris sera toujours Paris.

5) C'est quoi pour toi la fin de l'innocence ?
En général ou en particulier ? En général, je dirais que c'est le moment où on commence à réaliser que nos parents sont imparfaits ; mais dans mon cas, ça a attendu une bonne quinzaine d'années, alors en particulier, je dirais que j'ai perdu une bonne partie de mon innocence la première fois où j'ai posé la main sur l'arme à feu de mon père et où j'ai pensé à ce que je pourrais faire ; quoiqu'on pourrait arguer que les raisons qui m'ont poussée à imaginer ce que je pourrais faire sont en fait à l'origine de ma perte d'innocence... Ah t'as voulu poser une question déprimante, te voilà servie !

6) Ce qui peut te faire sortir de tes gonds en public
Si ça a une chance de me faire sortir de me gonds, alors être en public ou non ne fera pas grande différence ! Il faut quand même dire que je suis moins facile à énerver qu'il y a quelques années, donc quand ça tombe, c'est vraiment que ça doit tomber. Le fait qu'il y ait quelques témoins ne change pas grand'chose. J'irai même jusqu'à dire que si j'avais l'impression qu'on profite du fait d'être en public pour m'obliger à me contenir, ça pourrait bien décupler ma colère.

7) Une storyline de série que tu aurais réécrite si tu avais pu
Doctor Who, saison 6 (ainsi que développé ici). C'était pour moi une telle évidence de faire en sorte que ce soient des évènements "naturels", et non surnaturels, qui détournent Amy et Rory du Doctor... ç'aurait eu le même effet que la mort de Joyce dans Buffy ! En tous cas c'est que je me raconte quand je me fais des illusions sur mon écriture. Mais je trouve que l'émotion aurait été bien plus intéressante, aussi bien à court terme (la déchirure entre des personnages de fiction laisse souvent autant de séquelles quand elle se fait sous le coup d'une dispute qu'à cause de faits tragiques inévitables ; j'ai encore en mémoire la dispute entre Will et Grace dans la série du même nom, j'en ai les larmes aux yeux rien que de penser à la brutalité de la chose) qu'à long terme, parce que, tant qu'à poser que le Docteur commence à dépasser les limites, autant lui en faire payer le prix ! Du coup ma storyline perso serait passée par un certain nombre d'épisodes et scènes en commun, mais avec une conclusion toute différente. Il y avait tellement d'ingrédients posant les jalons d'une fin comme celle-ci, qu'en réalité, ce seraient plus des inflexions de la storyline de Moffat et une conclusion différente, qu'une storyline 100% différente. Ce qui rend la réponse d'autant plus triste, quelque part...

8) Scénariste, éclairagiste-accessoiriste, réalisateur, monteur ou acteur ?
Scénariste sans hésitation, mais en espérant pouvoir tâter un peu de tout le reste au moins une fois, pour la beauté de l'expérience. Surtout réalisatrice, parce que ça reste sûrement le plus efficace, j'imagine, pour que le produit fini colle à ce qu'on a écrit. Et comme ma bucket list inclut de présenter un jour Saturday Night Live, il faudrait bien passer par la case actrice !

9) Quel personnage de série voudrais-tu déplacer dans une autre série ?
C'est sûrement l'une des questions les plus bizarres de la création. Chais pas, pour les besoins de l'exercice, on pourrait essayer de mettre l'un des personnages de The Secret Life of the American Teenager dans Oz, ou un truc du genre. 'Stoire de rigoler, quoi.

10) Une fin de série, c'est mieux trop tard avec remords ou trop tôt avec regrets ?
En théorie, le plus tard est toujours le mieux. D'autant que j'estime qu'à partir du moment où une série a dépassé les 10/15 années d'existence, on lui doit un renouvellement systématique jusqu'à la fin de temps ; c'est pas une question de qualité, mais d'institution je trouve la notion d'institution télévisuelle très importante et émouvante, d'ailleurs on en manque en France.
Maintenant, en pratique, il y a des exceptions à cette règle, évidemment, et certaines séries devraient être annulées tôt, point barre. Mais celles auxquelles je pense ne susciteraient pas de regret en ce qui me concerne ; cependant, à peu près toutes les séries ont au moins une personne de par le monde pour les regretter, alors on ne peut pas s'arrêter à ça pour annuler une sombre merde. Raisonnement boiteux qui n'engage que ma conscience, je te l'accorde.

11) On est reçu comment chez toi ?
Assez mal en fait, je suis pas du genre à mettre les petits plats dans les grands. C'est du genre : "ouais, laisse tes godasses là, ah t'as soif ? Bon j'ai ptet un fond de jus d'orange pulpé dans un coin". Alors que chez ma soeur tu croirais être chez Betty Draper. Pour ma défense, je divertis mes invités avec de meilleurs DVD, quand même. Quoique, vu qu'elle m'emprunte les miens...

Bon, le plus dur est fait.

SNL-VousEtesIci

Maintenant, les 11 questions de mon cru. Ne rigolez pas tout de suite : au prochain paragraphe, vous allez peut-être découvrir que vous êtes supposé y répondre.
1) Quelle est la série la plus vieille que tu aies regardée ? (évidemment j'accepte la réponse si tu n'as vu que le pilote)
2) "Le lycée est un champ de bataille pour le coeur"... quelle est la série qui ressemble le plus à l'adolescence telle que tu l'as vécue ?
3) Quelle est la toute première série que tu te souviens avoir regardée, même vaguement, quand tu étais vraiment jeune ?
4) Faut-il protéger les enfants des fictions "dures" ou au contraire leur apprendre progressivement à repousser leur seuil de tolérance ?
5) La faute d'orthographe ou de grammaire que tu sais que tu fais souvent, mais que tu continues de faire quand même.
6) Quelle série, qui en manque dramatiquement, mériterait un générique digne de ce nom, et dans ce cas, à quoi ressemblerait-il ?
7) Si je te demande d'associer une série à une époque de ta vie, de laquelle me parles-tu et pourquoi ?
8) Si tu écrivais ton autobiographie, quelle célébrité enregistrerait la version audiobook ?
9) Quand tu fais une crêpe-party, quels sont les ingrédients dont tu tartines systématiquement tes crêpes ?
10) Cite un film que tu as l'impression d'être la seule personne au monde à aimer.
11) C'est l'apocalypse et Dieu, qui t'a à la bonne, se propose de sauver UNE personne à Hollywood, et une seule. Quelle vie épargnes-tu et pourquoi ?

Pour finir, la liste des heureux veinards qui ont gagné le droit d'y répondre. Je suppose qu'on n'a pas le droit de toucher son père, donc amdsrs échappe à une opération de vengeance mesquine, mais sinon voilà ceux qui ne vont pas y couper : whisperintherain, Toeman, LL, Nelly, Eclair, Elvr_, Sam Marques juste pour l'obliger à résurrectionner son blog, PiperAki, eeeeeet... j'arriverai jamais à 11.

...Rha zut. Presque réussi. Tant pis, je prends la damnation sur 712 générations, je l'ai bien méritée. VOILA pourquoi je fais jamais ces chaînes.

EDIT sur l'idée de lordofnoyze : si vous voulez sauver ma descendance, et que les questions vous tentent, vous pouvez également choisir de répondre en commentaires !

Posté par ladyteruki à 19:45 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

31-12-12

Remix

Des bilans de saison, j'en ai posté quelques uns ces derniers temps, mais je voulais vous en proposer un autre, plus complet, en l'honneur de cette fin d'année. Voici donc ma review... de mon année 2012.

Si vous voulez la version courte, disons que le pilote de 2012 avait commencé sur les chapeaux de roue. Plein de personnages fascinants et attachants se sont vite distingués, tels que Smash, Äkta Människor, House of Lies ou encore 30° i Februari, et ont vite pris une place particulière dans mon coeur. Je ne vous cache pas qu'au printemps, l'ambiance était retombée, avec beaucoup moins de coups de coeur, et des séries qui progressivement s'éteignaient, nombre limité d'épisodes oblige. Narrativement, 2012 a connu un méchant coup de mou pendant l'été, d'abord parce qu'il n'y avait pas grand'chose à se mettre sous la dent, mais aussi à cause d'une rupture brutale d'internet ; je me suis alors retrouvée avec pas mal de rediffs sur les bras, mais c'était peut-être pas plus mal, comme on va le voir si vous vous sentez de lire la version longue ! Clairement, toute la série 2012 n'aura pas été au niveau de son premier épisode, mais malgré ce rythme très inégal, je suis quand même en mesure de dire que le bilan a été positif.
Bon alors, qu'est-ce qu'on fait, on se lance dans la revue de détail ? Allez, suivez-moi. Mais mettez des chaussures de marche.

Etant donné que la rentrée américaine 2012 aura été l'occasion de lancer un gargantuesque défi avec whisperintherain, et qu'en outre, je sais plus si j'ai pensé à le mentionner, mais il s'avère que j'adore les pilotes, il y a eu dans les parages, cette année, énormément de reviews de pilotes de séries d'absolument tous les horizons.
Evidemment, loin de moi l'idée de vouloir toutes les répertorier, mais voici celles qui, en tous cas à mes yeux, ont été les plus importantes. Pour les (re)lire, il suffit de cliquer sur l'image !

Smash-promoL'un de mes tous premiers, si ce n'est le premier coup de coeur de 2012, aura été Smash. Aucun doute possible à ce sujet, je me suis immédiatement attachée à la série, en dépit des quelques défauts qui étaient éventuellement les siens dés le départ, et qui ont manqué d'être corrigés (empirant même, parfois) pendant le reste de la saison. Le pilote de Smash aura été, sans doute possible, l'un des plus exhaltants, et l'attente entre sa disponibilité et sa diffusion aura qui plus est permis à mon excitation de monter crescendo, un fait suffisamment rare pour être noté vu ma personnalité un rien volage !

30graderiFebruaryCela en dit long sur mon année téléphagique quand l'une des séries que je considère comme les plus importantes est une série suédoise, regardée en VOSTM, et en quasi-simultané avec la diffusion originale sur SVT. Et, non, je ne parle pas d'Äkta Människor, en dépit de mon attachement pour cette série d'anticipation qui est une vraie réussite, mais de 30° i Februari, qui m'aura sincèrement émue et touchée, et dont je tente comme je peux de faire le deuil de l'absence de sous-titres anglais sur les DVD (ce qui entre nous soit dit est illusoire : je ne m'en remettrai jamais). Et comme quasiment seuls les crime dramas scandinaves ont les honneurs des sorties en DVD dans nos contrées (Äkta Människor étant l'exception qui s'apprête à confirmer la règle), mes espoirs d'un jour pouvoir me faire une intégrale digne de ce nom sont très, très minces. Ce sont les risques du métiers, je suppose. Mais même avec une compréhension imparfaite de la série (fort heureusement, il y a un peu d'anglais de temps à autres, et surtout, elle repose en grande partie sur l'observation de ses personnages), il est juste impossible pour moi de vous citer un défaut de la série, je n'en ai trouvé aucun ! Par voie détournée, ça m'a aussi rappelé combien il est important qu'un jour, même si c'est dans dix ans, je parle un Suédois immaculé qui me permette de me mettre devant ce genre de perles sans ciller (Kommissarie Winter en étant une autre). Oui, il y a d'excellentes séries partout dans le monde, et non, je ne peux pas apprendre toutes les langues de la planète, mais le rêve que je nourrissais, adolescente, d'apprendre le Suédois, n'est que ravivé par ce genre de séries. Un jour...

WoodleyWoodley, c'était un peu la petite perle sous-estimée de mon début d'année, et même si j'ai tenté de partager cette découverte avec quelques proches et que ça s'est avéré être un échec (ma frangine, rei, m'a dit qu'elle avait l'impression de regarder Mr. Bean, et dans sa bouche ça ne sonnait pas bien du tout !), je conserve un souvenir ému de cet épisode inaugural parfaitement réussi, drôle et poétique, et pourtant, profondément triste : tout ce qu'il faut pour me charmer, donc. Souvenir qui n'a d'ailleurs pas matière à en être un, puisque je me suis ruée sur les DVD après avoir vu le final, qui n'a fait que confirmer les impressions du premier épisode...

BuzzAldrin-TitleLa première review de Buzz Aldrin n'aura, en réalité, pas été celle d'un pilote mais celle des trois premiers épisodes (sur 4). Vous me pardonnerez cette tricherie, mais la série aura tant compté pour moi, se classant aisément parmi les plus marquantes de l'année, que n'en faire aucune mention aurait été criminel. D'ailleurs régulièrement, ...alors que je n'ai cagoulé puis acheté les épisodes qu'au printemps ! Ca en dit long sur l'impact de la série, laquelle a en outre frappé mon imaginaire et stimulé, une fois de plus, mes désirs de Scandinavie. Un jour, ce qui va se passer, c'est que je vais vraiment partir m'installer dans les îles Færoe, et puis c'est tout.

Unite9Dans un automne foisonnant de reviews de pilote (lesquelles sont consultables dans la catégorie Review vers le futur, dédiée à ce qui n'est pas encore diffusé sous nos lattitudes, sinon on ne s'en sort pas), quelques séries ont tiré leur épingle du jeu. La québécoise Unité 9 était de celle-là, confirmant que la télévision québécoise nous en remontre régulièrement, même si, diantre, on le savait déjà et c'était pas forcément la peine de nous mettre le nez dedans. Mais quel panache, quelle excellence dans la façon dont Unité 9 révèle ses personnages à eux-mêmes, et prend le contrepied absolu de tous les clichés sur les séries carcérales, a fortiori féminines (Capadocia, qui s'est éteinte cette année, a des vertus, mais pas celles du réalisme). En offrant un univers et des personnages ancrés dans le réel et l'authentique comme, de vous à moi, seuls les Québécois savent faire (mais après tout, à chacun ses points forts), la série s'est taillée la part du lion à la fois dans mon coeur, et dans les audiences de son pays natal. Et je dis que c'est amplement mérité !

SoumatouKabushikigaishaAprès un premier semestre assez peu dédié aux séries asiatiques (il y a bien eu Cleopatra na Onnatachi, mais la baudruche s'est très vite dégonflée, d'ailleurs je voulais initialement en faire un post de bilan pour étudier l'anatomie de cet échec, mais je n'en ai pas trouvé le courage), sans vraie grande raison pour tout vous avouer, je me suis reprise en main à l'automne, en revenant à la fois sur les pilotes de la saison qui a commencé début octobre, mais aussi sur quelques autres séries, soit achetées en DVD, soit tout simplement exhumées de mes archives des mois précédents. Soumatou Kabushikigaisha a certainement été l'un des plus impressionnants, avec sa formule intelligente, sa narration impeccable, et son excellente réalisation. Mon Dieu, rien que d'y penser, j'en ai des frissons !

OsozakinoHimawari-580

Dans un autre registre, et toujours chez nos amis nippons, Osozaki no Himawari est une chronique plus humaine, mais qui m'a touchée... écoutez, c'est bien simple, comme l'avait fait Buzz Aldrin. Il y avait donc du niveau. Sauf que seuls les Japonais sont capables de fournir en un temps record une série profondément ancrée dans l'air du temps et en même temps, délictatement subtile et humaine ; rien que pour ça, mon amour pour les séries nippones est indestructible, parce que quoi qu'il arrive, il se trouve toujours une série pour vous réduire le coeur en bouillie. Pour des raisons essentiellement techniques, je n'ai pas fini la saison, mais nul doute que quand je lui aurai fait un sort, ça va se finir en post de bilan !

2012 n'a pas été qu'inédits, loin de là, et j'ai tenté mon lot de rediffusions, de fouilles archéologiques et/ou de re-visionnages, comme chaque année. Cela fait partie de mes petits plaisirs, il faut l'admettre, que de tenter des pilotes plus anciens, les séries achevées voire oubliées, ou même de me recoller devant un pilote déjà regardé par le passé, juste pour le plaisir de vérifier si j'en pense la même chose ! Il y a aussi eu, comme toujours avec moi, des petites "phases" assez sympathiques, aussi, comme la semaine russe, le moment où je me suis intéressée aux séries d'espionnage (de Covert Affairs à Spy, en passant par Spooks et Get Smart ; hélas je n'ai jamais réussi à cagouler le pilote de I, Spy et du coup ça m'a coupée dans mon élan), je me suis bien amusée à butiner des pilotes selon des thèmes ou des destinations originaux, en tous cas pour moi puisque jusque là, j'avais vu très peu de séries d'espionnage par exemple. Et en plus de tout ça, un peu de lecture et de cinéma... voire les deux en même temps ! Franchement, on s'est pas ennuyés.
Comment tout ça a tenu en une seule année ?!

En dépit de ma réputation, qui je le reconnais est méritée, de pilotovore... eh bien, en y réfléchissant, j'ai cependant réalisé que j'avais regardé énormément de saisons complètes et d'intégrales cette année. Mais qui a vraiment besoin de dormir plus de 4 heures par jour, hein, qui ?

Carnivale-PromoRegardée dans le cadre de ce bon vieux SeriesLive Show, l'intégrale de Carnivàle n'aura pas été un marathon de tout repos. D'abord, parce que la série est très exigeante, impliquant une concentration de chaque instant alors que l'ambiance a aisément de quoi vriller les nerfs (ça n'aide pas que je sois une petite nature). Mais aussi parce que la seconde saison aura été épouvantablement longue. J'ai rarement éprouvé de telles difficultés à finir un marathon, mais il n'en reste pas moins que Carnivàle est une excellente série dont on parle trop peu... au moins la première saison. Je suis contente de l'avoir vue, tout comme je suis soulagée d'en être venue à bout ; j'espère bien ne plus jamais vivre ça.

NoWonderWhytheWonderfallsC'était l'un de mes objectifs du mois de mars : me refaire la première et unique saison de Wonderfalls ; après un visionnage du pilote couronné de succès, l'intégrale est passée comme une lettre à la poste en une semaine ! L'univers de Fuller est toujours un ravissement sans pareil pour moi, je ne m'en lasse pas... et pourtant, cette intégrale a été l'occasion de (re)découvrir des défauts de la série qui m'avaient échappé avec le temps. Il y a une raison pour laquelle Wonderfalls n'a eu qu'une saison, même si elle aurait probablement été capable de s'améliorer avec le temps (on ne le saura jamais), que la diffusion chaotique d'origine n'a probablement pas aidées. Mais Wonderfalls reste une vraie petite merveille pleine de tendresse, de bonnes idées et de bons sujets, même parfois traités de façon brouillonne, et elle constitue en outre une pierre angulaire du Fullerverse, tant elle cristallise de choses sur son créateur.

Apparences-TitleLe Québec a connu une très bonne année sur ce blog, il faut bien le dire. L'année avait commencé sur les chapeaux de roues avec Apparences, un thriller familial du meilleur goût, captivant, intelligent, formidablement bien filmé et interprété... Si on ferme les yeux et qu'on arrive à mettre de côté l'accent, on a presque l'impression d'assister à ce qu'une excellente série française pourrait être ! Ca fait rêver, non ?

Cloudstreet-MonologueDiffusée en 2011, Cloudstreet était déjà devenue une sorte de monstre sacré à mes yeux. Mais la première fois, je n'avais pas osé m'atteler à une review. C'est au moment d'un revisionnage qui m'avait laissée sur les genoux, dans le plus excellent sens du terme, que j'ai finalement remonté mes manches et tenté de lui rendre justice. Inutile de préciser que la tâche est surhumaine, et qu'en-dehors d'un visionnage, il n'existe aucun moyen de célébrer convenablement le génie et la beauté de Cloudstreet. Ecrire sur Cloudstreet est une tâche ingrate, mais il faut que quelqu'un s'en charge, parce que vous laisser passer à côté serait criminel de ma part. Et d'ailleurs rien que d'en parler, j'ai envie de me re-faire une intégrale. Ah, si je m'écoutais...

FamousinaSmallTownUne brutale rupture de connexion internet m'a poussée à me tourner vers mes DVD de Gilmore Girls cet été, dans un de ces marathons impromptus qui semblent avoir jalonné l'année (et qui d'ailleurs m'a poussée à achever d'acquérir tous les coffrets). La surprise de cette intégrale aura été de découvrir que, si lorsque j'avais découvert la série, j'avais adoré Lorelai, avec les années, je suis dorénavant bien plus portée vers Rory (les questionnements amoureux de sa mère ayant fini de m'insupporter vers la fin, allergie à la romance aidant). C'était intéressant de découvrir que mon point de vue avait changé sur mon "personnage préféré", alors que j'ai toujours la même tendresse pour la série, laquelle est parvenue, avec une efficacité rare, à aborder des sujets familiaux sans jamais tomber dans l'excès de chamallow (sauf lors des soirées Charlie et la Chocolaterie, évidemment). C'est ça, une série qui vieillit bien, une série qu'on continue d'aimer même si les raisons pour le faire changent...

TheStarterWife-Promo

Aurais-je regardé les DVD de The Starter Wife sans le visionnage de Smash ? Et plus encore, aurais-je seulement eu l'idée de jeter un oeil au prix des coffrets ? C'est à cela qu'on voit que Smash a décidément été importante cette année... The Starter Wife, idéale pour l'été, aura été un petit marathon sans prise de tête, valant principalement pour la présence lumineuse de Debra Messing et la mini-série, la saison qui suit étant à oublier totalement. D'ailleurs, pouf, à partir de demain, la saison 1 de The Starter Wife, on n'en parle plus jamais, jamais, jamais !

ItsDangeroustogoalone-1

C'était l'un de mes derniers marathons de l'année (avec Jack & Bobby qui se concluera l'an prochain). Scrubs, que je n'avais jusque là jamais vue en intégralité, m'aura bouleversée. Et m'aura aussi rappelé combien les intégrales sont importantes pour avoir une vision à la fois large et détaillée d'une série, car tant de choses nous échappent lors d'un visionnage hebdomadaire ou, pire, ponctuel... Si je devais parler d'un coup de coeur de la fin de l'année, Scrubs serait probablement celui-là, avec ses pitreries, certes, mais aussi et surtout son constant soucis d'innover, du moins si l'on exclut la dernière saison pour ABC, et son sens aiguisé de la narration, retournées régulièrement comme une crêpe sous les yeux ébahis de votre serviteur. Le final de la saison 8, qu'à des fins de préservation de notre santé mentale collective, nous allons estimer être le series finale, est également l'un des plus réussis et, en dépit du fait que ça fasse 15 jours que je l'ai regardé, il m'arrive encore d'avoir une larme à l'oeil en y pensant... La séparation d'avec Scrubs est vraiment difficile, et même si c'est sur le tard, on peut dire que la série compte vraiment à présent.

Piemarathon-1x01-TitleVous l'aurez peut-être remarqué, 2012 aura aussi été l'occasion d'une tentative de marathon Pushing Daisies, surnommé le Piemarathon, mais les plus observateurs parmi vous auront remarqué que je ne suis pas allée au bout. La raison en est simple : je n'ai jamais vu le dernier épisode de Pushing Daisies (non, jamais), et comme je n'arrivais pas à me décider pour savoir si, cette fois, j'allais le regarder et réellement "laisser partir" la série, j'ai tout simplement fini par abandonner le marathon pendant la saison 2, plutôt que de me retrouver à devoir faire un choix. Dans ma logique tordue (et en réalité totalement dictée par les sentiments, donc illogique), ça a du sens, même si je suis bien consciente que ce soit un peu dérisoire, la série n'en étant pas moins annulée pour autant. Peut-être trouverai-je un jour le courage de finir ce marathon. Ou bien, me connaissant, vais-je regarder le pilote encore plusieurs fois, finir par me lancer dans une nouvelle intégrale de la série, et m'interrompre encore avant la fin ; c'est beaucoup plus mon genre, sachant combien j'ai du mal à admettre la fin de cette série. Etrangement, probablement un peu par associations d'idées même si ce n'est pas la seule raison, c'est aussi pour cela que je n'ai pas [encore] vu Mockingbird Lane...

TheonlyeasydayisyesterdayJ'avais aussi commencé à regarder SPACE 2063, après environ 16 années d'attente pour posséder les DVD (gloire d'ailleurs à ma toute première carte bancaire, elle aura été joyeusement étrennée pendant l'année !), mais j'ai fini surtout par revoir mes épisodes préférés. Une intégrale plus sérieuse et moins émotive sera probablement dans les cartes l'an prochain... et vu que j'ai aucun soucis avec le final de la série, je sens bien arriver les reviews épisode par épisode. Et puis d'ailleurs, regarder SPACE 2063 en 2013, ça prend tout de même une signification toute autre, non ?

Il y a eu beaucoup, beaucoup d'autres séries, évidemment. Il est impossible de toutes les citer, ces intégrales plus ou moins plannifiées (souvent moins que plus, en réalité) qui ont jalonné l'année... D'ailleurs même les tags de Canalblog abdiquent devant le nombre ! New Girl, Revenge, la saison 2 de Downton Abbey (là encore dans la souffrance), la première saison de Srugim (vu que j'ai conscience d'être seule à regarder cela, je ne me suis pas apesantie sur les saisons suivantes), Girl vs. Boy, Outland, la première saison d'Intersexions (en attendant, avec impatience, la suivante...), Sherlock, Call the Midwife, et bien d'autres : autant de saisons et/ou de séries que je me suis enfilées d'un trait, et qui sont autant d'exemples qui me donnent envie de vous dire que 2012 a quand même été une p*tain d'année !
Je vous laisse cliquer sur "Outils de recherche avancés" pour remonter les tags qui vont bien, et en apprendre plus sur ces bilans, si le coeur vous en dit. Il y a quelques temps, Eclair m'avait fait remarquer que je n'écrivais pas beaucoup de bilans de saison ; je pense m'être améliorée depuis !

Et puis, 2012 aura aussi eu des retournements de situation totalement imprévisibles !!! Eh oui, car contre toute attente, j'aurai testé un nombre jusque là inégalé de séries françaises, dans le souci de me réconcilier avec la fameuse "fiction française" (coup de tonnerre, frissons dans l'assemblée, cri d'effroi d'une femme qui s'évanouit, tout ça). Bon, reconnaissons-le, ça n'a pas toujours été chose facile, et il m'est arrivé de me résigner.
Mais entre Le Visiteur du Futur, Kaboul Kitchen, Hénaut Président, Ainsi Soient-Ils, dans le camps des bonnes nouvelles, mais aussi Mafiosa, Clash, Workingirls, du côté des échecs en ce qui me concerne, jamais je n'ai donné leur chance à autant de séries françaises, et je dis tant mieux, car c'est quand même le dernier bastion de mes vieilles habitudes géographiquement sectaires en matière de téléphagie.
Là encore, les tags explosent, alors n'hésitez pas à aller faire votre marché dans les archives (encore une fois en cliquant "Outils de recherche avancés" puis en abusant de la fonction de recherche de votre navigateur).

LesRevenants-PosterJ'aurai même fini sur un absolu d'excellente série française, Les Revenants, dont je m'achète le DVD en janvier (bon, j'ai un peu remis l'achat de quelques jours par rapport à ce que je m'étais promis, mais surtout parce que je me suis quand même déjà bien gâtée en 2012 !!!) et qui est certainement... j'ose à peine le dire... un coup de coeur français ? Ca fait bizarre à écrire, je ne vous le cache pas. J'espère que, vu la mini-polémique qui a suivi sa diffusion, le final (que je n'ai pas encore vu) ne me découragera pas de mon enthousiasme nouveau. L'an prochain, je m'attaque, c'est dit, à Engrenages, avec peut-être une retentative d'Un Village français, j'espère que mon petit nuage ne va pas se transformer en vapeur d'eau...

Mais probablement que ce qui restera comme le temps fort de cette année 2012, c'est l'aspect communautaire ; désormais, ce blog vit une part non-négligeable de son activité... sur Twitter. Entre les réflexions à chaud qui ne méritent pas forcément un post (déjà que j'écris quotidiennement, si en plus je me mettais à écrire sur tout ce que je regarde !) et les échanges autour de sujets de débat, comme ça a été le cas avec nombre d'entre vous au fil des mois, il va sans dire que désormais, Twitter et le blog sont devenus inséparables et complémentaires.
Plus encore, l'année aura été rythmée par des évènements téléphagiques de groupe. C'est une tendance qu'on peut tous observer, mais regarder des séries tout seul n'est tout simplement plus possible de nos jours. Et tant mieux ! D'ailleurs, quand on se sent seul, on ne sait plus comment le gérer, alors que les téléphages de ma génération ont pourtant bien connu ça ; c'était avant l'adsl et les réseaux sociaux, évidemment. Aujourd'hui, non seulement on peut parler de ce qu'on regarde, mais on peut partager les visionnages. Et ça change tout.

OzmarathonAinsi, le désormais fameux Ozmarathon, né à la toute fin 2011 mais dont l'essentiel a en réalité été regardé en 2012, aura jalonné toute l'année. C'est une expérience collective de la EmCrew, avec whisperintherain, LL, Elvr et Aur0re, qui nous demande de développer des trésors d'organisation, mais s'avère toujours payant parce qu'il rend chaque épisode dix fois plus appréciable pour l'avoir lancé au même moment aux quatre coins du pays, et pouvoir en deviser en direct sur Twitter (ou en léger différé pour ceux d'entre nous qui affectionnent le plein écran par-dessus tout). Le Ozmarathon trouvera une conclusion en 2013, et ça me déchire rien que d'y penser. D'ailleurs, c'est pas pour rien que j'écris moins vite mes reviews, ça me pèse d'arriver au bout...

Smash-5678Smash, encore ! Le SmashEnsemble, comme il se surnomme, a réuni des téléphages différents et variés (l'équipe a été un peu plus mouvante que pour le Ozmarathon, parce que certains d'entre nous ont préféré suivre la diffusion en direct quand les autres ont scrupuleusement suivi le Black March). Définition-même de l'expérience sociale réussie et enrichissante, les visionnages collectifs du SmashEnsemble ont permis de décupler l'effet de certaines chansons, de deviser gaiement des intrigues (ou des personnages insupportables, oui Leo, c'est de toi qu'on parle), ou plus simplement de passer 45mn devant un épisode... puis 2h à se remémorer les meilleures scènes ! De toutes les fois où j'ai regardé des séries avec d'autres téléphages sur Twitter, le visionnage de la première saison de Smash compte parmi les plus excitants et amusants. On recommence en saison 2, hein, dites les gars ?

En 2013, un truc que je voudrais essayer de mettre en place, c'est un visionnage similaire à celui du Ozmarathon ou de Smash, mais au lieu d'être sur Twitter au moment de lancer l'épisode simultanément, les participants se rejoindraient sur Skype, par écrit et/ou oral. Nous faisons si rarement l'expérience du ressenti des autres téléphages... Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais dans mon entourage, il n'y a pas de téléphages (même si j'en forme quelques uns en ce moment, et que l'un d'entre eux, à qui j'ai fait regarder Réttur et qui a découvert le pilote de Bron/Broen avec moi, me donne de solides espoirs), et du coup ça m'intéresserait de voir comment chacun vit ses visionnages, à condition bien-sûr d'être entre téléphages qui ne s'auto-censurent pas. Moi par exemple, je sais que j'applaudis quand quelque chose est vraiment, vraiment drôle, ou parfois à la fin d'un numéro musical vraiment réussi ; d'autres jurent probablement comme des charretiers ou poussent des soupirs ou Dieu sait quoi. Les téléphages s'investissent comme nuls autres dans leur visionnage, émotionnellement, et j'aimerais tourner cela en expérience commune ; l'épisode importe peu, je n'ai pas d'idée arrêtée, mais je pense que ce sera amusant et intéressant. J'espère pouvoir organiser ça avec des téléphages de bonne volonté prêts à donner d'eux-mêmes... pour la science !

Alors évidemment, 2012, c'était ça et bien plus encore. Plein de découvertes, de trouvailles, de coups de coeur, d'intégrales, d'achats, de news (d'ailleurs pas d'inquiétude, les world tours reviennent en 2013, même si je me suis un peu laissée distancer par les boulots en cette fin d'année), avec évidemment, ce que cela comporte de coup de blues, d'accès de rage ou de désespoir, parce qu'aucune année n'est parfaite... mais quand on est téléphage, elles sont toujours fascinantes !

Pour finir ce post, je voudrais vous adresser mes meilleurs voeux pour la nouvelle année. Vous avez été des lecteurs formidables (même si les commentaires sont toujours trop rares à mon goût, enfin j'dis ça...), passionnés, intéressants, ouverts et toujours curieux, et il s'avère que, eh bien, c'est comme ça que j'aime les téléphages de mon entourage, voilà tout. Bah ouais, j'vous aime, allez, comme ça c'est dit !
J'espère que votre année télévisuelle a été aussi riche que la mienne, et je vous invite à partager vos temps forts et vos meilleurs souvenirs en commentaires, si le coeur vous en dit... Et surtout, sur-tout, je vous souhaite une excellente année 2013, avec plein de bonnes choses sur votre écran, bien-sûr, mais aussi dans votre vie.

Bon et puis, de toute façon, on se retrouve demain pour un nouveau post quotidien, alors, hein, on ne se perd pas de vue. Ciao 2012 !
PS : ce post a été programmé à l'avance mais il n'en a pas moins été fait avec amour... ne lui en veuillez pas juste parce qu'il est conçu in vitro !

Posté par ladyteruki à 22:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

30-12-12

Mon cher cancre

Le plan, ce soir, était de vous parler de Jack & Bobby. D'admettre que, bon, voir toute la saison/série avant la fin de l'année, c'était peut-être un peu ambitieux, hein, héhé, voilà voilà... mais que c'est chouette d'enfin regarder ce marathon, parce qu'il y a plein de choses que j'avais oubliées.
Bon bah finalement je sais pas pourquoi je voulais vous en faire tout un post, voilà, en deux phrases c'est résumé. Next.

Mais quelque chose s'est produit sur ma timeline Twitter qui m'a empêchée de vous en parler.
CECI.

Et ça m'a rappelé combien Partners me manquait. Ce qui est idiot parce que je le savais déjà, et que c'est le genre de crève-coeur qui ne trouve aucune sorte d'intérêt à être rappelé au bon souvenir du téléphage. Mais enfin, on en est là : Partners me manque.
Je ne sais pas, au juste, pourquoi je m'en étonne. Outsourced me manque encore. Better With You me manque encore. Committed me manque encore. Au nom du ciel, The War Next Door me manque encore certains jours ! Vous le voyez, ça n'a rien de nouveau (ni d'exhaustif). Plein de séries me manquent avec les années. J'en trouve de nouvelles pour me plaire, j'ai cette chance (tout le monde ne l'a pas, et il s'est déjà vu que quelques téléphages passéistes vivent uniquement sur leurs réserves d'épisodes d'une poignée de séries fétiches en trouvant que plus rien n'est aussi bon... eh bien c'est pas prêt de m'arriver, je pense !), mais les autres me manquent aussi.

Le plus fou, c'est que dans cette liste, on trouve beaucoup, si ce n'est une majorité, de comédies. Pour moi qui, il y a quelques années encore, avais du mal avec les comédies, je trouve ça plutôt rassurant ; mais il faut quand même admettre que la majorité de ces comédies, je les ai aimées et elles me manquent principalement parce qu'elles me renvoyaient une impression de tendresse et de chaleur, pas nécessairement pour leur hilarité (vous commencez à comprendre ce qui leur a coûté la vie !). Ce sont simplement des univers où je me sentais bien, accueillie par des personnages adorables et fantasques, et ça suffisait.

Evidemment, il y a des séries autrement plus grandes, d'un point de vue objectif, qui ont été annulées et dont la disparition est regrettable, voire même triste, même si souvent elle arrive à un moment où, objectivement, il valait mieux arrêter en pleine gloire voire même une saison juste après. On pourrait en citer plein. Les tops divers et variés des plus grandes séries en comportent généralement pas mal, par exemple. Et quand la EmCrew va finir le Ozmarathon quelque part début 2013, mon premier réflexe sera probablement, dans un post, de vous citer Oz comme l'une de ces grandes séries dont j'aurais aimé qu'elles durent plus longtemps. Il faut dire aussi que j'aime pas finir une série ; ça explique plein de choses, n'est-ce pas ?
Il y a des séries autrement plus capitales dans l'histoire de ma téléphagie, qui ont été annulées elles aussi, et me laissent une douleur bien plus sourde ; Pushing Daisies ou Life, par exemple, comptent parmi les séries parties trop vite, et dont l'absence est bien plus difficile à avaler, parce que non seulement je les aimais, mais elles étaient bonnes, punaise, et ça, pardonnez-moi l'expression, mais ça fout la rage.

Mais parmi ce qu'il est généralement admis d'appeler les "petites merdes", les séries sans avenir qui peuplent à chaque saison les grilles, alors qu'on sait, au fond de soi, qu'elles seront les premiers fusibles à sauter quelque part pendant l'automne (ou au mois de janvier, si elles ont les honneurs de la mid-season, c'est-à-dire qu'elles remplacent déjà un autre fusible et que le disjoncteur donne des signes de faiblesses), il y a de véritables perles qui me rendent toute émue rien qu'à penser à elles, avec une petite larme de joie dans un oeil de retrouver les "vieux" copains, et une larme de peine dans l'autre d'avoir dû s'en séparer si vite, comme quand Delphine a ressorti le générique de Partners.
Pas parce qu'elles étaient meilleures que les séries qui ont survécu (quoique, tout est relatif si on le rapporte à la longévité de Two and a Half Men...), mais parce qu'elles étaient quand même fichtrement sympa et chaleureuses et confortables et... Ouais, accueillantes ; c'est le mot.

Au juste, j'ai beau y réfléchir, je ne trouve rien qui explique pourquoi je sois surprise d'être toujours peinée par l'annulation de Partners, parce qu'effectivement chaque année, il y a toujours une ou deux séries de ce genre pour me donner une petite estocade à mon coeur de téléphage et me rappeler qu'aucune annulation d'une série qu'on regarde n'est vraiment anodine, quand bien même on sait objectivement que ce n'est pas une série d'une qualité inouïe et qu'elle est condamnée à plus ou moins court terme vu les critiques et/ou les audiences. Je devrais le savoir, donc. Mais rien à faire, ça me prend par surprise. Peut-être parce qu'on se fait souvent une très haute idée de nos préférences téléphagiques, ou parce qu'on croit qu'on ne se laissera plus avoir.
Sauf qu'on peut pas lutter contre le fait qu'on s'attache parfois à des séries que le reste de la planète persiste à qualifier de "petites merdes", et encore moins lutter contre le fait qu'une fois de temps en temps, bah ça va nous flanquer un coup au moral que de se rappeler qu'avant, on regardait la série, mais que maintenant on peut plus, que la face du monde n'en est pas changée mais que ça aurait donné une saveure toute différente à un mardi soir ou un samedi après-midi... et c'est déjà pas si mal !

Partners-0Pour l'occasion j'ai pas trouvé de gif du générique de Partners, alors je vous en ai fait un, voilà !

Alors qu'une nouvelle année nous regarde avec défi dans les yeux, l'air de dire "t'as même pas idée des séries que tu vas découvrir cette année", j'aimerais dire que symboliquement, je vais laisser ma petite larmouchette pour Partners en 2012, mais je n'ai toujours pas laissé celle pour Outsourced en 2010, par exemple, alors, bon.
Et dans un an, deux ans, trois ans, il y aura une autre série totalement inoffensive qui m'aura charmée tout pareil, et je vais la regretter tout pareil, en me disant que c'est pas facile d'en faire le deuil, parce que dans le fond, je ne l'ai toujours pas fait pour Partners non plus.
On peut donc en conclure que tout ça est la faute du non-renouvellement de The War Next Door.

Mais se dire que quoi qu'on regarde, n'importe quelle série au monde, absolument chacune, a au moins une personne qui la regrette, a aussi quelque chose d'assez, comment dire ? Téléphagiquement poétique. Vous ne trouvez pas ?

...Bon alors, c'est à vous maintenant : quelle "petite merde" regrettez-vous du plus profond de votre coeur de téléphage ?

Posté par ladyteruki à 22:58 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]