ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

16-11-09

Dans l'oeil de l'espion

Il y a plus d'une semaine, j'ai eu la bonne idée de me lancer dans la découverte d'une série coréenne dont j'avais entendu grand bien. C'est un cercle vertueux typiquement téléphagique : on tente un type de séries, et comme la tentative est fructueuse, on en tente plus encore... Et en l'occurrence, après Over the Rainbow, je me disais que vu le nombre de références à la série IRIS sur les divers site de cagoulage de dorama, je ferai bien d'y jeter un œil.
Grand bien m'a pris. Une fois de plus.

Assez proche, dans l'esprit, des meilleurs épisodes d'ALIAS, IRIS propose un univers sombre, complexe, et sans complaisance de l'espionnage. Même s'il faut pour cela jouer avec la narration et perdre le spectateur sur les premières longueurs, exigeant de lui les qualités d'un marathonien au lieu de miser sur une efficacité immédiate. Et c'est tout à l'honneur de cette série qui semble résolue à tomber le moins possible dans la facilité.

DanslIRIS

Tout commence avec une mission assignée au héros, Kim Hyun Joon, et excusez du peu, il s'agit simplement de perpétrer un assassinat politique qui permettrait à la Corée du Nord et la Corée du Sud de se réunir. Ça fait un peu beaucoup même pour un homme aux épaules si carrées. En soi, l'exposé de la mission donne d'ailleurs une bonne mesure de l'intelligence de la série ; référence historique, placement de l'intrigue, cette séquence est déjà riche en enseignements sur ce qu'il y a à attendre de l'intelligence de la série. La mission se poursuit, et Hyun Joon atteint sa cible. La scène d'action qui s'en suit est réussie à son tour, avec ce qu'il faut de panique et de violence pour prendre IRIS très au sérieux sur ses intentions : il y aura du mouvement, mais pas de gratuité.

Ce qui m'a un peu perdue sur le moment, c'est que sans avertissement, sans rien, au bout de 12 minutes, Hyun Joon perd conscience et le spectateur se réveille sur un campus verdoyant, paradisiaque. Il faut un bon moment pour comprendre s'il y a eu flashback ou flashforward, mais l'histoire de ralentit pas pour si peu et les tribulations de Hyun Joon et son ami Jin Sa Woo se poursuivent. Si un inévitable élément féminin est introduit, c'est une fois de plus avec intelligence (et pas avec pour seule intention d'instaurer un triangle amoureux pour divertir l'audience féminine qui se serait aventurée devant IRIS), ce qui rend très passionnant ce nouveau chapitre de l'histoire, tout déroutant soit-il dans la chronologie du pilote.

Je vais tenter de m'arrêter là dans les spoilers, mais les dernières minutes de l'épisode s'avèrent plus convaincantes encore. Plus fortes. Plus violentes. Plus prometteuses quant à la suite des évènements. On ressort de cette heure de pilote à la fois essoré et impressionné.

Ah, quand les Coréens mettent des sous dans une production, ils ne le font pas à moitié ! Tourné dans je ne sais combien de pays et avec je ne sais combien de millions, IRIS tient ses promesses. C'est toute la différence entre une production pleine de sous, et une production pleine d'investissements. A chaque étape, casting, écriture, réalisation, tout est léché et vivant, intelligent et divertissant, sobre et époustouflant.

Des séries comme celles-là, on a envie de les présenter au monde entier. Si j'essaye de parler de dorama ces derniers temps dés que je le peux, c'est en sachant qu'une personne sur quinze ou vingt va vraiment lui donner sa chance. Mais dans le cas d'IRIS, on se dit qu'une diffusion en Occident serait plus que méritée. Et je suis certaine que ça marcherait, en plus, parce qu'il y a quelque chose d'universel dans IRIS, capable de sortir du marché local, efficace et sensé dans sa réalisation, pas du tout imperméable pour le spectateur qui n'est pas habitué aux productions asiatiques. C'est énervant, à la fin ! Quel gâchis ! Pourquoi on ne permet pas aux gens de découvrir des séries comme celle-là ! Je comprends que jamais des Kimi wa Pet ou 1 Rittoru no Namida ne pourront faire l'unanimité, mais quelque chose du calibre et de l'ambition d'IRIS...!

Bon, faites-moi plaisir, et faites-vous une faveur, ne laissez pas les diffuseurs occidentaux vous avoir ; donnez sa chance à IRIS. Satisfait ou remboursé. Je ne pense pas qu'on puisse être déçu.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche IRIS de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 06:36 - Dorama Chick - Permalien [#]

31-10-09

Somewhere...

Sur les recommandations de IWM, je me suis lancée dans la découverte d'une série coréenne. Et je dois bien admettre que, les séries coréennes, je n'y pense pas assez souvent.

Et pourtant... pourtant la fiction coréenne semble avoir beaucoup à offrir, avec des idées qui m'apparaissent comme intéressantes, faute d'être forcément originales. Sans compter que les Coréennes sont bien plus jolies que les Japonaises (ou du moins les canons de beauté me plaisent-ils plus au pays des matins calmes), et c'est une nipponophile convaincue qui vous le dit.
Mais je crains, aussi, hélas, de ne pas avoir du tout l'oreille sensible à la langue coréenne, sans compter mon temps libre qui hélas n'est pas extensible à volonté. Alors quand on me donne l'impulsion nécessaire pour regarder une série coréenne, je me contente de me demander ce que j'ai bien pu attendre, et je me lance sans trop discuter.

Selon mes observations personnelles, en télévision comme en chanson, les Coréens semblent avoir à en remontrer aux Japonais. On dirait que les seconds sont plus dans l'abstrait, l'idéalisé, le fantasmé. C'est la conclusion à laquelle je suis arrivée après une longue étude comparée entre les girlsbands de chaque pays. Et puis franchement les Coréennes ont de bien belles gambettes. Bref, on théorisera sur les idéaux de réussite médiatique des deux pays une autre fois, venons-en à la série de ce post.

Over the Rainbow, pourtant, commençait bien mal, avec une succession de scènes sans queue ni tête, s'attardant à raconter son personnage principal au lieu de raconter son histoire. Si les frasques de la vie de lycée laissent froid, la description du contexte financier avait bien du mérite, mais hélas on ne voyait pas trop ce que la série allait pouvoir trouver à en dire pendant 16 épisodes, à moins de nous la jouer miséreuse, genre "je ne peux pas payer le lycée" et autres "je mange de la viande qu'on garde dans des sacs en plastique".

Concrètement, je ne sais pas combien de temps ça a duré comme ça, mais ça n'a pu être que trop long. Et je l'ai ressenti comme étant interminable. Bien que le portrait de Hyeok Joo soit bien senti et détaillé, donc, je m'impatientais. Il faut préciser que, comme souvent, je n'avais pas jeté le moindre regard à un quelconque résumé avant de me lancer, une méthode qui est de plus en plus fréquemment la mienne. Où voulait-on en arriver ? Et est-ce que j'aurais la patience d'attendre qu'on y soit ? On se rappellera que si, moi, téléphage pilotovore, j'arrête le pilote avant le générique de fin, c'est que c'est vraiment foutu.

Et puis, le miracle s'est produit. Ou plutôt, le personnage féminin est arrivé. Et ça a tout changé. Pas juste parce que les Coréennes sont jolies (bien que l'actrice concernée ait effectivement un charme fou), mais parce que, franchement, les scénaristes l'ont accueillie comme le Messie, structurant mieux leur épisode. En gardant l'aspect tranche de vie, ils ont su enfin donner un cadre à leur narration. Mieux : lui donner un sens.

A partir de là j'étais conquise. En-dehors d'une scène ou deux sans réel intérêt (la scène de la douche, notamment, qui n'apporte strictement rien), j'ai vraiment tout apprécié. C'était quand même étonnant de voir à quel point les deux personnages centraux du pilote étaient traités de façon radicalement différente : lui, avec ses ennuis dans le présent, pas le moindre souvenir à faire remonter, tout semblant difficile et laborieux ; elle, avec sa douleur venue du passé, son optimisme du présent, son élan vers le futur, ses nombreux flashbacks (dont un superbement mis en images, avec un montage impeccablement efficace), et la grâce incroyable de tous les axes du scénario s'y rapportant. Fou.

Noraincangettherainbow

J'ai tout éteint. Le pilote était fini, mais sans vilain cliffhanger ou teasing quelconque. Non, je n'avais même pas envie d'en voir plus dans l'immédiat. Je suis simplement allée me renseigner, et j'ai lu. C'est comme ça que j'ai donc appris qu'Over the Rainbow était une série retraçant le chemin de ces jeunes vers la gloire.

Et j'ai pensé : des jeunes qui veulent devenir des stars ? Laissez-ça à Un, Dos, Tres et consorts. Ou alors il faudrait apprendre à être plus superficiel et inconsistant, à perdre de l'âme, à lâcher les descriptions en relief. C'est pas une de ces séries pour les jeunes qui veulent rêver d'un monde de célébrité et de perfection, ça, c'est d'une autre trempe.
Les séries coréennes, je n'y pense pas assez souvent.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Over the Rainbow de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:57 - Dorama Chick - Permalien [#]
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