ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

25-07-08

Guerre interne

Des séries de guerre, il faut bien reconnaître qu'il y en a moins que, mettons, des séries sur les ados (certains argueront que les deux reviennent au même ; ceux-là auront trop écouté Whedon parler de Buffy). Et il y en a moins qu'il n'y a de films de guerre, aussi. Il faut dire que sur le principe, c'est moins déprimant pour le spectateur de regarder 2h de carnage une fois, que 45mn de carnage chaque semaine pendant plusieurs mois, je le conçois parfaitement.

Et pourtant, la première série qui m'ait marquée, celle par laquelle je pense que tout a commencé, c'est L'Enfer du Devoir. J'avais moins d'une dizaine d'années alors, mais c'est elle qui a semé les germes de ma téléphagie d'aujourd'hui ; laquelle se caractérise, dans 90% des cas, par une quête des situations les plus déprimantes et/ou douloureuses, précisément. C'est après L'Enfer du Devoir que je suis devenue téléphile. Le problème c'est que j'avais un mal de chien, par la suite, à trouver ailleurs les mêmes sensations. La difficulté était double : d'une part, en tant que petite fille, une partie des programmes qui auraient pu me plaire m'étaient inaccessibles, et d'autre part, je n'avais pas, au début des années 90, les moyens d'information qu'on a maintenant et qui permettent de chercher des renseignements ou des références sur un thème spécifique ou des critères précis.
Et puis, pas loin de 10 plus tard, SPACE 2063 est arrivée. Ma quête a trouvé là, à la fois, un aboutissement et un élément déclencheur : je savais que j'avais trouvé de quoi faire battre mon coeur, et en même temps, j'ai su que plus jamais cette soif de souffrance par procuration ne s'apaiserait. Et c'est donc comme ça que je suis devenue téléphage.

Ainsi donc, deux des séries fondatrices de mon parcours téléphagique se déroulaient en temps de guerre.
J'ajouterai qu'il y en a eu une troisième, qui, elle, m'a fait découvrir le monde de l'internet téléphagique : Band of Brothers. C'était quasi-orgasmique, une telle série, pour moi !

Aussi, lorsque se présente une nouvelle série du genre, je n'ai pas besoin de réfléchir à deux fois pour décider de l'essayer ; c'est instinctif, ça me donne envie.
Ce que je préfère, ce n'est évidemment pas de voir des mecs se faire dézinguer à longueur d'épisode (non ça c'est juste un bonus). Ce sont les vivants qui m'intéressent, ceux qui, dans toute bonne fiction sur la guerre, se posent des questions sur son utilité (et qui bien souvent ne lui en trouvent pas). Oui, on pourrait dire, en un sens, que j'aime les séries de guerre parce qu'elles n'en font justement pas l'apologie, paradoxalement !

Mais dans tout genre donné, il y a des moutons à cinq pattes. Et aussi surprenant que ça puisse paraître, de la même façon qu'il existe quelques bonnes séries pour ados, il existe aussi quelques mauvaises séries de guerre.

Ma première déconvenue a été avec Over There. C'est rageant : je n'ai jamais pu aller jusqu'au bout du pilote. Pas faite de lui avoir donné sa chance par trois fois, pourtant. A chaque nouveau visionnage, je réussissais à tenir une minute de plus, grand maximum. Je trouvais le langage ordurier "trop facile", les scènes d'action trop présentes. Ni dans un sens, ni dans un autre, je ne trouvais de message. En un mot, Over There m'a paru vide. Je me suis souvent demandée, depuis, si en persistant j'aurais changé d'avis, et/ou découvert des qualités insoupçonnées, au moins au pilote. Mais rien à faire, ça ne passe pas. "Pas de panique", me suis-je alors dit, "c'est simplement Over There qui ne passe pas". Après tout ça arrive !

C'est donc avec délice et appréhension que j'ai abordé Generation Kill. Je revenais d'une expérience assez négative, mais néanmoins, je me disais que je ne pouvais que trouver là une série plus... je ne sais pas. Plus, quoi ! Plus intéressante. Plus accessible. Plus touchante ? Plus mieux, en somme.
Fatalitas ! Pas du tout. Rien à faire là non plus : Generation Kill n'a pas su m'atteindre. Je lui reconnais cependant des qualités que je n'avais pas pu concéder à Over There sans piétiner mon honnêteté intellectuelle. Le travail de photographie me semble par exemple plus abouti. Le rythme est mieux maîtrisé. Cependant, tout réussi que soit, finalement, le contenant, le contenu m'a une fois de plus paru lacunaire. Certains personnages parviennent à revêtir un vague intérêt, mais il reste négligeable. L'intrigue est surtout sans saveur, on ne ressent pas d'enjeu.

Je m'interroge. Peut-être faut-il alors marquer une distinction entre les séries de guerre (Over There, Generation Kill...) et les séries sur la guerre (Band of Brothers, L'Enfer du Devoir...). Le sang gicle dans les deux cas mais le second propose un peu plus de recul et de profondeur que le premier.
Je me demande aussi si l'intérêt d'une série de ce genre n'est pas proportionnel à la charge émotionnelle qui nous lie à la guerre dont il est question. Par exemple, j'ai été très tôt sensibilisée à la Seconde Guerre Mondiale et, dans une moindre mesure, au Vietnam, de par l'histoire de ma famille. Ce n'est pas du tout le cas du Moyen-Orient. Je n'ai par contre pas d'explication pour le cas de SPACE 2063...!

Peut-être aussi que nos goûts changent, mais ça, je refuse de l'admettre. Non, c'est pas possible.
Bon en fait, vous savez quoi ? Je vais lui donner une autre chance, à ce pilote de Generation Kill. On n'abandonne jamais un Marine tombé au combat (c'est SPACE 2063 qui me l'a appris).

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Generation Kill de SeriesLive.
Bonus : les fiches L'Enfer du Devoir, SPACE 2063, Band of Brothers et Over There. Où j'ai mis le somptueux générique de Band of Brothers, moi ?

Posté par ladyteruki à 23:34 - Review vers le futur - Permalien [#]

  1