ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

04-11-12

Hit them where it hurts

De Henry VIII à Süleyman Ier, les amours des princes fascinent, et font de formidables sujets de séries ; quel que soit le pays, ce qui se passe dans la couche d'un roi ou d'un empereur a forcément des conséquences politiques, sur son royaume et sur la façon dont il est tenu. C'est précisément la raison pour laquelle une série telle que Ooku a tenu 5 saisons sur Fuji TV (ces 5 saisons s'étendant sur 37 années !), montrant à différentes époques comment les femmes peuplant le ooku, c'est-à-dire le gynécée du shogun, jouissaient d'un immense pouvoir politique, bien qu'officieux.
Mais cette fois, TBS a décidé de faire quelque chose de différent, avec une uchronie appelée Ooku ~Tanjou, résolue à renverser les rôles. Suivez-moi, si vous le voulez bien, dans les couloirs du palais, afin de découvrir ce que cette série historique pas comme les autres tente de réaliser...

OokuTanjou-580

Nous sommes au XVe siècle, plus précisément en 1634, et c'est la cour du shogun Iemitsu Tokugawa qui occupe le palais d'Edo, la capitale. Le pays est en proie à une terrible épidémie de variole, qui décime en particulier les hommes jeunes, si bien que très vite le shogunat commence à manquer de bras.
Alors que l'épidémie frappe depuis deux ans déjà, Arikoto Madenokouji, troisième fils d'une famille noble, se sent appelé par la prêtrise, et décide de consacrer sa vie à Bouddha, et donc à soigner les malades et administrer les derniers sacrements. C'est un coup dur pour cette maison qui a déjà perdu ses deux premiers fils, d'autant qu'Arikoto est un homme d'une grande éducation et un excellent guerrier, mais enfin, la vocation c'est la vocation, on ne peut rien faire contre. Avec la bénédiction de son père, Arikoto prend donc l'habit, bien décidé à consacrer sa vie à la privation et la prière. Arikoto est en effet voué à accomplir de grandes choses puisque trois années plus tard, il devient le chef du Temple Keikoin. C'est en allant présenter ses respects au shogun que l'existence d'Arikoto va entrer en collision avec le cours de l'Histoire.

La première partie de l'épisode, qui résume ces évènements, est en toute honnêteté un peu longuette. Elle le paraîtrait d'ailleurs sans doute tout autant pour un spectateur plus lettré que moi en histoire nippone, car il apparait très tôt que ce pan du pilote n'a pas pour objectif de resituer la série dans son contexte historique du tout, mais plus d'établir une chronologie globale de la maladie qui frappe le Japon ; il s'agit aussi d'établir le personnage d'Arikoto, qui s'annonce comme le focus central de la série, et avec lequel nous faisons connaissance : son immense patience, sa sagesse, et son lien avec deux autres moines qui l'accompagnent. C'est à travers ce prisme que nous allons dorénavant observer les éléments. Et observer, il n'y a en vérité que cela à faire tant cette phase d'exposition ne recèle aucun intérêt ni sur le plan intellectuel, ni sur le plan émotionnel, le visage particulier de Masato Sakai (souvenez-vous) n'aidant pas vraiment.
Au bout d'un peu plus d'un quart d'heure de ce régime, les choses s'agitent enfin. Arikoto et ses deux moines, qui pensaient faire une petite visite de courtoisie vite fait au shogun et puis après on n'en parle plus, se retrouvent privés de sortie, incapables de circuler comme bon leur semble dans les rues d'Edo. Pire encore, une énigmatique femme de la cour, Kasuga no Tsubone, semble faire preuve d'un empressement suspect à l'égard d'Arikoto. Pourquoi Kasuga no Tsubone est-elle si déterminée à les maintenir entre les murs du palais ? Protéger le chef d'un temple des ravages de l'épidémie est-il son seul soucis ? Certainement pas. Et Arikoto va progressivement comprendre que le but de Kasuga no Tsubone est de l'enjoindre à quitter l'habit, notamment cette fâcheuse histoire de chasteté, et redevenir un civil... Dans un monde qui manque dramatiquement de jeunes hommes vaillants, je vous laisse relier les points entre eux.

Le bras de fer qui s'engage entre Arikoto et Kasuga no Tsubone est le passage le plus fascinant de cet épisode. Après que le pilote se soit montré si bavard (car il l'est, croyez-moi, il l'est !), cette passe d'armes à mots couverts est intéressante. Derrière les apparences polies, se trame en fait quelque chose très violent : Kasuga no Tsubone est quand même en train de faire tout ce qui est en son pouvoir pour qu'Arikoto soit dépucelé au plus vite, et content ou pas content, c'est le même tarif. Pas une fois le terme de viol ne sera évoqué, même pas vraiment sous-entendu, mais c'est quand même bien de cela qu'il s'agit. La vieille femme va jusqu'à employer des prostituées afin de divertir Arikoto et ses deux acolytes, et malgré cela, elle peine encore à toucher au but. La violence de l'enjeu est d'ailleurs parfaitement rendue lors du dénouement de ce duel.
La confrontation entre le jeune moine et la vieille courtisane étant un temps fort de cet épisode, je ne vous dis donc pas qui a fini par avoir le, hm, dessus dans cette affaire ; c'est réellement le point culminant de ce pilote, même s'il faut un peu le mériter, au regard des longues scènes qui le précèdent.

Toute cette agitation peut sembler bien vaine, au bout du compte, au spectateur qui aurait raté le début d'Ooku ~Tanjou ; c'est là que l'exposition s'avère précieuse. En gardant bien à l'esprit que le pays est à court de jeunes hommes, et à cette condition seulement, les 43 premières minutes de l'épisode ont du sens. Sinon, il faut attendre péniblement qu'Arikoto soit introduit dans les salons du shogun, et qu'il découvre l'explication de toute cette mascarade.
Et donc là attention, il va y avoir du spoiler à partir de là et jusqu'à la fin du post.

Devant les yeux ébahis d'Arikoto, qui n'est pas aussi malin qu'on voudrait nous le faire croire parce qu'on avait quand même un peu flairé le truc, le shogun qui apparait, au lieu d'être un homme de 37 ans, est une jeune adolescente mal dégrossie, particulièrement tyrannique, et... eh bien, pas exactement officiellement sur le trône.
Enfin, Ooku ~Tanjou nous expose son sujet dans cet acte final : le shogun a succombé à l'épidémie il y a plusieurs années, mais seule une poignée de personnes au sein du palais est au courant ; un homme a pris sa place, prétendant, aidé par une cagoule empêchant son identification, que la maladie l'a affaibli, mais qu'il règne toujours. Pendant ce temps, la seule progéniture du shogun, une fille illégitime qu'il a eue avec une femme qu'il a violée un soir (décidément charmantes, les moeurs de la Cour), est une adolescente qui ne peut prétendre accéder au trône, vu que c'est une femme, mais qui doit urgemment enfanter d'un descendant masculin qui puisse accéder au pouvoir. Dans l'intervalle, Kasuga no Tsubone officie comme régente, peuplant le ooku uniquement d'hommes susceptibles de féconder la royale adolescente. Et devinez quel rôle la vieille carne a l'intention de faire tenir au bel Arikoto ?

OokuTanjou-Titles

Au bout d'une heure, on le tient enfin, le sujet d'Ooku ~Tanjou ! On aura un peu souffert, mais on y est !
Car c'est bien d'une inversion des rôles qu'il s'agit, dans laquelle les hommes du ooku sont désormais à la merci d'une souveraine pas spécialement inquiétée de leur sort. Le portrait qui est fait de la jeune héritière est en effet loin de la jeune noble grâcieuse et effacée ; élevée comme un homme, elle n'a que mépris pour ceux qui peuplent son harem, et fait usage de violence sitôt que ses moindres caprices ne sont pas exaucés. C'est un pur produit du shogunat qu'Arikoto s'apprête à côtoyer, et il y a assez peu de chances pour qu'une idylle se noue entre eux ; à la place, Arikoto est réduit au rang de simple "graine", et doit s'apprêter à vivre de cette façon pendant bien des années, car dans l'éventualité où la jeune fille tombe enceinte, encore faut-il que ce soit d'un garçon, et même là, il faut attendre qu'il ait l'âge d'accéder au pouvoir.
Dans un monde dominé par des femmes, et en première ligne la terrifiante Kasuga no Tsubone, qu'adviendra-t-il du Japon ?

Eh bien curieusement, Ooku ~Tanjou n'a pas l'intention de réécrire l'Histoire. Et dans les dernières séquences de l'épisode, on assistera, pour la première fois depuis que le pilote a commencé, à une véritable remise dans le contexte historique. Les grandes décisions pour lesquelles l'empereur Iemitsu Tokugawa est entré dans l'Histoire sont en effet conservées... sauf que dans la version d'Ooku ~Tanjou, ces décisions n'ont pas été prises par lui, mais par Kasuga no Tsubone, afin de couvrir au maximum la mascarade qu'elle a mis en place au sein du palais du shogun. La vie au-delà des murs du palais est donc sensiblement la même que dans l'Histoire japonaise telle que nous la connaissons, ce n'est que le microcosme de la Cour, et en particulier du ooku, qui se trouve bouleversée.
Ooku ~Tanjou n'a aucune intention d'imaginer ce qui se passerait pour le pays si le shogun était une femme ; c'est au départ ce que je pensais et je trouvais l'idée intéressante. Non, la série a pour but de renverser les rôles traditionnellement dévolus aux hommes et aux femmes au sein du palais royal, et de voir comment l'inversion des rapports de force et de violence fonctionne. L'idée est à vrai dire intéressante aussi, mais encore faut-il qu'elle soit correctement exploitée, car elle est moins évidente à appréhender.

Dans le fond, que cherche à dire Ooku ~Tanjou sur les passions de la cour du shogun ? Il faudra l'exprimer plus clairement que dans ce pilote un rien longuet, et dont les forces en présence auront du mal à répéter leurs joutes à chaque épisode. J'espère que la scénariste (Yumiko Kamiyama, déjà auteur de Utsukushii Rinjin) a une vue à long terme de tout cela, mais côté spectateur, c'est pour le moment très flou.
Les intrigues de cour seront-elles différentes si ce sont des hommes qui tirent les fils en coulisse ?
En tous cas pour le moment, c'est une femme qui continue de prendre officieusement les décisions, preuve que les changements n'ont pas vraiment eu lieu dans la dynamique du ooku... et du coup je me demande un peu quelle est l'utilité de cette inversion de rôles.
Après tout, Kasuga no Tsubone l'a bien sélectionné, son mâle reproducteur : il est bel homme (enfin, c'est ce qu'on nous dit, mais euh, bon je présume que les goûts et les couleurs...), il est intelligent, mais surtout il est quand même assez docile. Ce n'est pas pour rien qu'elle n'a pas été chercher un samurai, mais un moine bouddhiste inoffensif (bien qu'on nous dise qu'il sait manier l'arme, bon, admettons), qu'elle pourra relativement contrôler. C'est évidemment dans son intérêt de prendre ce genre de cobaye, mais côté spectateur, ça manque un peu de piquant ; à choisir j'aurais aimé voir comment un homme habitué à traiter les femmes dans l'esprit de son époque peut gérer le renversement des rôles (même si celui-ci se limite aux murs du palais).

Il n'empêche que pour quelqu'un qui a du mal avec les séries historiques, et je ne vous ai jamais caché que c'était mon cas, cet angle permet d'apporter un peu d'originalité dans un contexte autrement très codifié.
Une chose est sûre, en dépit de ses longueurs et de son exposition inteeerminable, Ooku ~Tanjou a le potentiel pour être une série originale, à défaut d'être forcément passionnante de bout en bout du point de vue de sa forme. Et au pire, sur un modèle similaire, on pourra toujours tenter en décembre ce qu'Onna Nobunaga accomplira avec un concept similaire, puisqu'une deuxième uchronie sur les questions de genre débarquera alors, sous la forme d'une mini-série.
...Il se passe un truc dont je suis pas au courant, en ce moment, au Japon ?

Posté par ladyteruki à 21:14 - Dorama Chick - Permalien [#]

13-11-09

[DL] Ooku

Ce qui fait le charme du générique d'Ooku (du moins, dans la saison que j'ai pu voir, surnommée Hana no Ran), c'est avant tout son thème musical, choisi sciemment comme assez éloigné de l'image traditionnelle de la série. Il faut dire que prendre une chanson de Tokyo Jihen pour générique, c'est un peu comme jouer à la roulette russe, on ne sait jamais ce qui va sortir.

Ooku
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

A part ça, disons ce qui est, visuellement, ce n'est pas Byzance (et pour cause). Les tableaux sont relativement... allez, je vais dire "jolis", parce que je suis d'une bonne nature. Mais bon, c'est quand même un peu convenu, et surtout très lent. Sans compter que ç'aurait pu être un concept de prendre uniquement des tableaux quasiment immobiles pour accompagner la chanson, sauf qu'on a aussi des extraits d'épisodes. C'est brouillon à en pleurer tout ça.
J'vais me refaire un coup de Tokyo Jihen, tiens.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ooku de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:32 - Médicament générique - Permalien [#]

06-11-09

[GAME] Défi nippon !

Je suis bien obligée de l'admettre, jusque là, aux jeux des génériques, vous avez toujours déchiré. D'un côté je suis fière de vous, ça veut dire que vous êtes de bons petits, sérieux, bosseurs, vous regardez bien toutes vos séries, vous êtes attentifs, en un mot je vous ai à la bonne. M'enfin, pour moi tout le challenge, c'est quand même bien d'essayer de vous piéger. Alors attention, de plus en plus fort. Cette fois, le thème du jour est : les dorama !
Comment ça, "vous l'aviez vu venir" ?

Eh bien si vous êtes si malins, je présume que vous saurez deviner de quelles séries il s'agit ? Voici donc, comme il est de coutume de le faire, une liste de 10 séries dont vous devez retrouver le titre pour en découvrir le générique.

Attendez ! Avant, je précise avant toute chose que TOUTES les séries à deviner ont été citées sur ce blog, certaines plusieurs fois. La majorité sont retrouvables facilement (je ne vous fais pas l'affront de vous dire comment) car elles ont eu tout un post à leur honneur, le reste est laissé à votre déduction et aux éventuels renseignements que vous pourriez trouver, je ne sais pas, mettons... sur un site, mettons. J'en sais rien, j'imagine. Bref, même si vous n'avez pas vu ces séries, le simple fait d'avoir fait preuve d'un tantinet de curiosité vous qualifie pour en trouver le titre et donc en découvrir le générique. Je trouve qu'il y a beaucoup à gagner dans cette affaire...
Conformément aux règles du jeu en vigueur en ces lieux, tous ces génériques sont inédits sur ce blog, donc introuvables dans le flacon ; alors inutile de me dire "je sais, c'est Innocent Love !" parce que j'ai déjà posté le générique.

Prêts ?
1 - Une série qui n'est pas sur un roi qui s'appelle Henri > Ooku
2 - Une série pour bien chialer > 1 Rittoru no Namida
3 - Une série qui se déroule dans les locaux de la police scientifique > MR. BRAIN
4 - Une série avec des roses partout > Mei-chan no Shitsuji
5 - Une série avec de la musique ringarde > Enka no Joou
6 - Une série d'épouvante moderne > Monster Parent
7 - Une série avec des hélicoptères > Code Blue
8 - Une série où il devrait être interdit de pleurer > Around 40
9 - Une série avec deux flics que tout oppose > Tokyo DOGS
10 - Une série qui aurait pu s'appeler La vie avant tout > Gyne

Concentrez-vous, amusez-vous, trouvez-moi tout ça... Allez, c'est à vous ! On va voir ceux qui suivent et qui ont l'âme du téléphage curieux... Vous avez tout le weekend.
Et si vous trouvez les 10 génériques, je vous en offre un 11e gratuit !

Posté par ladyteruki à 13:18 - Games On - Permalien [#]

04-11-09

T'es bien le fils de ton père !

Les Japonais ont de bonnes fictions historiques, après le weekend dernier c'est une certitude pour moi. Non, on ne va pas reparler d'Ooku ou de Tenchijin, j'ai bien compris que c'était pas votre truc vu le nombre de commentaires. Tant pis pour vous, moi j'ai fait l'effort de faire la découverte, j'ai ma conscience pour moi.

Non, je vous parle de séries prenant le temps de lire des évènements datant d'il y a quelques décennies à peine. J'étais tellement conquise ce weekend que j'ai même eu du mal à choisir, des deux séries historiques que j'avais vues, celle dont j'allais vous parler en premier. J'aurais pu essayer de donner la priorité à la meilleure, à la mieux écrite, à la mieux interprétée, le dilemme serait resté sensiblement le même.
Alors je l'ai fait à pile ou face.

KareiNaruIchizoku

Karei Naru Ichizoku a pour contexte une période historique japonaise dont personne ne nous a vraiment parlé pendant nos cours d'Histoire, parce qu'en fait l'Histoire des autres pays ça ne nous intéresse que si on a été y faire une guerre. Rien que pour ça, je dis merci à ma fringale de dorama, je me suis couchée moins bête dimanche soir.
Le contexte, donc, est le suivant : passée la reconstruction du Japon après la Seconde Guerre Mondiale, l'économie japonaise est en pleine restructuration.
Au cœur des intrigues financières, la famille Manpyou (on n'en fait plus des noms comme ça !) tente de conserver sa puissance alors qu'on est dans une période faite d'incontournables changements.

De Karei Naru Ichizoku, je vous le dis tout net, on retient essentiellement la prestation de Takuya Kimura (je comprends mieux maintenant !), l'impression à la fois d'austérité et de sérénité de la réalisation, et le contexte politique de l'histoire, dense et à mon avis très bien rendu (d'un autre côté, qu'est-ce que je connais à la politique de la fin des années 60 au Japon, moi ?).

Bien que certains axes soient définitivement ceux empruntés par les soaps (et les synopsis lus çà et là étaient clairs à ce sujet, au final j'ai même été agréablement surprise du résultat), le grand sérieux de la série dans ses portraits, son esthétique, son déroulement enfin, font qu'on n'a pas du tout l'impression de se faire bourrer le mou par des histoires de riches. D'après moi, c'est quand même comme ça qu'on réussit le mieux une fiction historique : immerger le spectateur dans une époque, ses moeurs, ses problématiques, tout en sachant le divertir sans le prendre pour un bœuf.

Bon, si. J'ai juste eu un petit soucis au niveau de la voix off. DES voix off. Alors déjà une, bon, c'est un peu cliché, mais alors plusieurs, on ne comprend plus rien. On sent qu'on a voulu nous introduire au contexte économique ET familial dés le pilote, je le comprends bien et c'est normal, mais à trop vouloir en dire par voix off, franchement, on finit par brouiller l'info. Mais néanmoins j'insiste sur le fait que cette maladresse ne gâche pas tellement la qualité du pilote. La diminue, oui, forcément. Mais on passe d'un 20/20 à un 18/20, si vous voulez. Rien de dramatique.

C'est donc une puissante réussite. Franchement, je n'en attendais pas tant. Surtout que, attendez que je vous parle de l'autre fiction historique que j'ai regardée ce weekend, Fumou Chitai ; je n'ai pas fini de lancer des fleurs...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Karei Naru Ichizoku de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:57 - Dorama Chick - Permalien [#]

23-10-09

Le bon roi Tsunayoshi n'avait pas mis sa culotte à l'envers

On parlait de séries historiques... mais ce weekend, Tenchijin n'a pas été ma seule série en costumes. D'ailleurs c'était intéressant de comparer les deux (quand mon cerveau fatigué ne les mélangeait pas, les décors étant, il faut le dire, parfaitement semblables).

Ooku, car c'est de cette série qu'il s'agit, a une longue histoire de présence à l'écran qui remonte à la fin des années 60. Vous comprendrez donc que je n'aie pu découvrir que la 5e et (actuelle) dernière saison. Le concept de la série (qui comme beaucoup de dorama à multiples saisons au Japon, ressemble plus à une franchise) est de se pencher uniquement sur la vie de palais de l'ère Tokugawa, pendant plusieurs périodes de cette époque. Plutôt que d'aborder les éternelles guerres, les conquêtes, etc... Ooku se préoccupe donc des intrigues de cour. Mais sans claustrophobie.

La saison 5 que j'ai donc découverte a pour sujet la cour de Tsunayoshi, un puissant qui n'est pas impuissant, si vous voyez ce que je veux dire. Ses appétits sexuels n'ont rien à envier à ceux de ce bon Henri VIII, de deux siècles son aîné, et comme lui, ce chaud lapin tire dans tous les coins de son palais, et au-delà. En plus d'une épouse (qui ne lui fait pas tellement usage si ce n'est à des fins de représentation), il a également une maîtresse officielle qui lui a donné un héritier (ne vous excitez pas, cette saison d'Ooku est de deux ans antérieure à The Tudors). Et puis, quand il se déplace chez ses vassaux, ils aime bien goûter aux spécialités locales, aussi.

Pendant que l'épouse bafouée au vu et au su de tous est amenée à fermer les yeux devant tous ces batifolages, la concubine et la mère du shogun Tsunayoshi sécurisent l'avenir du rejeton royal, et le roi continue de butiner un peu partout l'air de s'en battre le coquillard comme jamais.

Mais bien des choses vont changer au ooku, lorsque le roi commence à aller rendre visite à l'un de ses vassaux les plus soumis, Makino, au prétexte d'aller y jouer du no (elle a bon dos la culture...). Le soir venu, aaaaah, c'est pas tout ça mais j'irais bien me coucher, oui seigneur, vous prendrez bien une courtisane à emporter, le maître de maison présente donc au prince les plus belles filles de la région ; mais sa majesté n'ayant jamais réussi à la monter et la trouvant encore fraîche, il préfère plutôt l'épouse de son hôte Makino, pas tellement consentante donc qu'il viole séance tenante, là, comme ça ce qui est fait n'est plus à faire. Mais bon, comme le gars, il est un peu shogun si vous voulez, on ne peut rien lui dire, sauf si on a envie de voir sa tête séparée de son corps par une lame trop habile.

Alors, chaque fois que, poussé la passion du théâtre, le souverain pointe son... hm... nez, dans la demeure de Makino, l'épouse de celui-ci doit se plier à son caprice, contente ou pas c'est le même tarif. Sauf que l'humiliation la conduit finalement à se suicider. Notre shogun pas traumatisé pour un sou opte alors pour la solution de secours, et commence à faire de l'œil à la fille de Makino (moi je dis ya un truc freudien là-dessous), mais qu'est-ce qu'ils ont dans cette famille de si érotique ? Makino, tout vassal docile qu'il soit, a quand même un problème avec 1/ le fait que le shogun ait sauté sa femme 2/ le fait que sa femme se soit tuée à cause de lui 3/ un point de détail : sa fille est déjà mariée. Mais Tsunayoshi est d'une implacable logique : suffit qu'elle divorce. Pas con en effet, zut de zut. "Tiens pis, l'a qu'à venir vivre au ooku, pendant que j'y pense", ajoute le bon seigneur qui a de la suite dans les idées. On se doute qu'au bout d'un moment, le kilométrage juste pour s'envoyer en l'air, ça commençait à lui courir sur l'azuki.

Mais tout l'intérêt d'Ooku, c'est que la douce fille a comme des envies de vengeances maintenant qu'on a provoqué la mort de sa mère, le déshonneur de son père et accessoirement le divorce d'avec l'homme qu'elle aimait.

Voilà, Ooku c'est tout ça (et un peu plus), et franchement, avec les mêmes costumes et les mêmes décors que Tenchijin, on est dans une toute autre approche de la série historique, quand même. Le cast à majorité féminine, la lutte des classes, les intrigues de cour, les vengeances, les amours... on est dans quelque chose de plus romancé, plus proche, de la série dramatique que de la série purement historique. Limite soap. Et franchement c'est jouissif. Si j'arrive à mettre la main dessus, j'avoue que je ne serais pas contre l'idée de finir la saison. Voire, soyons fou, en aborder une autre si elle est du même acabit.
Oui, moi, la fille qui n'aime pas les fictions qui se passent dans le passé. C'est vous dire à quel point je me suis amusée.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ooku de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:04 - Dorama Chick - Permalien [#]


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