ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-07-13

Nihonjinception

Certains jours on n'a qu'une envie : s'asseoir devant une série qui nous surprenne. C'est une envie compréhensible, surtout quand la lassitude gagne après quelques mois télévisuels en dents de scie, ou quand on a l'impression de tourner téléphagiquement en rond. Mais cette pulsion s'accompagne généralement des deux pires ennemis de la découverte sereine en matière de fiction : d'abord, des attentes démesurées dés lors que se présente un pitch un tant soit peu hors du commun, et surtout, la tendance qu'a alors le téléphage à tenter de trouver à tout prix une série qui va le renverser, qui peut tourner a l'obsession.
Je suis précisément dans cette situation actuellement, et j'espérais beaucoup de DOUBLE TONE, dont le pitch me donnait très envie. Mais c'est aussi une recette quasi-infaillible pour être déçu...

Pas de méprise, DOUBLE TONE est très exactement en train de faire ce que le sujet de départ laissait entendre : la série met en parallèle deux femmes, Yumi Nakano et Yumi Tamura, que deux choses lient, leur prénom, et le fait qu'elles rêvent l'une de l'autre. Le mal ne vient pas de là, mais je vais y revenir.

L'épisode inaugural commence un enchaînement qui sera constant pendant tout le pilote, et vraisemblablement pendant la majeure partie de la série : la vie de l'une des Yumi s'affiche à l'écran, avant d'être interrompue par la sonnerie d'un réveil. L'autre Yumi ouvre alors les yeux, commence sa journée... jusqu'à ce qu'elle soit interrompue par la sonnerie d'un réveil. C'est au tour de la première Yumi de se réveiller à nouveau, et ainsi de suite.

DOUBLETONE

La formule est claire dans l'esprit de la scénariste (Akari Yamamoto, qui a contribué à trois épisodes de Neo Ultra Q l'hiver dernier, et écrit le pilote de Magerarenai Onna)... voire peut-être un peu trop.
Ce qui devrait plonger les protagonistes et/ou le spectateur au minimum dans la confusion, apparaît comme un processus accepté, pour ne pas dire naturel. A-t-il commencé avec le pilote, ou dure-t-il déjà depuis un moment ? Ce n'est pas très clair non plus. En tous cas les scènes (plutôt courtes de surcroît) s'enchaînent sans qu'on ait le temps de se poser de questions, et les Yumi moins encore. Ou quand elles le font, c'est avec une horripilante voix-off et avec des demi-questions qui ne vont pas bien loin ("mon amie est apparue dans mon rêve/la vie de cette autre femme... ça alors c'est étrange") et qui sont rarement suivies d'effet (poser la question à l'amie ? non ? ah bon ok).

Il faut dire que DOUBLE TONE n'a que six épisodes d'une demi-heure pour raconter son intrigue complexe... et du coup, cette exposition est simplifiée à l'extrême pour ne pas perdre de temps. Mais cette confiance limitée dans les capacités intellectuelles du spectateur va porter tort à tout ce pilote, en nous empêchant de suivre réellement le cheminement de pensée des héroïnes. Et surtout, le résultat, c'est que ce premier épisode va trop vite pour qu'on s'investisse émotionnellement dans une vie, l'autre, ou le fait que les deux semblent s'entremêler par rêve interposé. Ce qui est quand même problématique, vous en conviendrez !
La réalisation et le jeu des actrices en rajoute une couche, avec un épisode qui manque d'authenticité, dont les dialogues sonnent creux voire faux, et où le rythme n'est pas au rendez-vous, ce qui là encore, relève de l'exploit quand on voit l'idée de départ et les contraintes... et le twist de fin de pilote, sur lequel, ça va de soi, je ne vais pas m'amuser à vous spoiler.

Mais dans ce qui semble, avec ces premiers paragraphes, s'annoncer comme un fiasco, je suis venue également vous apporter une bonne nouvelle : si DOUBLE TONE se perd autant en chemin, c'est parce qu'elle essaye aussi de dire quelque chose sur le fond, qu'elle essaye à la fois de le dire suffisamment vite pour avoir tout raconter dans 6 épisodes de ça, et qu'elle ne veut pas trop appuyer dessus non plus, comme par peur de paraître trop militante. En cela, elle m'a d'ailleurs rappelé les hésistations de Magerarenai Onna, d'ailleurs.
Ainsi, nos deux Yumi ne pourraient pas vivre des vies plus opposées : Yumi T est une mère de famille qui s'occupe à la fois de son mari Youhei (assez antipathique), de sa petite fille Ami, de sa maisonnée que le mari laisse totalement à sa charge jusque dans les décisions financières, et cumule par-dessus tout ça un emploi (peut-être à mi-temps ?) dans un bureau, où la seule personne avec laquelle elle a sympathisé est sa patronne Ikuko, une amie de son mari. De l'autre, Yumi N est célibataire, vit seule dans une petite routine calme, travaille depuis à peine un an dans un bureau, et jure qu'elle ne veut pas se marier (quand je vous disais que ça me rappelait quelqu'un...!).

Là où, dans tout cela, DOUBLE TONE tente son coup de poker, c'est justement en décrivant la frustration de Yumi T, la façon dont son mari l'ignore et, osons le dire, la prend pour sa bonniche, et où sa fille exige sans cesse son aide, ce qui ne manque pas de la frustrer. Au travail, seule Ikuko semble l'estimer, son supérieur direct ayant assez peu d'interactions avec elle dans le pilote, mais suffisamment pour traduire une certaine animosité ; mais même là, quand elle fait part à Ikuko (qui l'y enjoint) de ses craintes et doutes, elle se fait gentillement rembarrer sur le mode : "ah en fait t'es pas heureuse d'être heureuse, oh bah ça va, je croyais qu'il t'arrivait un truc grave !". Non, non, c'est pas grave. Yumi T nous fait juste un début de dépression, à part ça tout va bien.
A contrario, Yumi N, en dépit du fait qu'elle souffre peut-être un peu de solitude et parle à une photo encadrée (mais de qui est-ce donc le portrait ?), semble heureuse et épanouie. Elle fait gaiement du vélo dans les rues, et surtout, elle est estimée à son travail, où son patron lui demande son avis, et l'écoute, voire l'encourage à prendre des initiatives. C'est très sympa, cette vie que Yumi N mène, et quand elle dit qu'elle ne veut pas se marier et qu'en gros, sa vie lui convient très bien comme ça, on la croit. Au moins à 90%, allez, peut-être 95% (on a vu la photo encadrée). Tout le monde semble perpétuellement tenter de le caser, mais elle ne tient pas à changer les choses, Yumi N, elle a fait son choix finalement.

Et en substance, DOUBLE TONE veut interroger cela : le bonheur d'une femme, où est-il ? Dans une vie de famille stable et conventionnelle ? Au risque de parfois se laisser déborder par les responsabilités et oublier d'exister... Ou bien dans une vie réglée comme du papier à musique mais qui renvoie une image positive de soi, à condition de ne pas se laisser submerger par la solitude et le silence ?
Les deux Yumi sont très conscientes de rêver de la vie d'une femme diamétralement opposée à la leur ; Yumi T, en pleine crise existentielle, le soulignera à quelques reprises à l'oral (et pour que la voix-off le dise...). Yumi N, même si elle est plus dans l'interrogation de ses rêves sous un angle qu'elle devine comme étant occulte (il faut dire qu'elle est plus satisfaite de sa vie), apparait également comme très consciente des différences entre elle est sa "jumelle astrale". C'est la porte sur une autre option que leur ouvre DOUBLE TONE, l'opportunité de se dire : et si j'étais l'autre, serais-je plus heureuse ? Le pilote amorce quelques éléments de réponse, et il est clair qu'en dépit des hésitations et maladresses du scénario, ce sera un sujet central de la série.

Jusque là, je n'avais jamais fait attention si NHK BS Premium, chaîne publique du satellite qui depuis quelques saisons ose de plus en plus de pitches originaux, avait des formats de "science-fiction" d'une demi-heure, comme cela arrive régulièrement à Fuji TV (nous "offrant" ainsi O-PARTS ou Mirai Nikki) ou TBS (avec par exemple Clone Baby ou Soumatou Kabushikigaisha). Si c'est une première, c'en est une qui part un peu du mauvais pied, hélas.
C'est regrettable, car l'idée de départ est bonne. Et surtout, c'est dommage parce qu'à l'instar d'une longue tradition de bonnes séries de science-fiction, l'important n'est pas d'oser impressionner le spectateur, de lui couper le souffle avec des effets spéciaux et/ou des rebondissements inouïs, mais plutôt d'utiliser le genre, métaphorique par excellence, pour poser des questions qui s'imposent à chacun. DOUBLE TONE réussit très modérément le premier objectif, et c'est à la condition que le spectateur éprouve de la curiosité pour le sujet de fond, et fasse preuve de patience, que l'épisode peut finalement porter ses fruits. J'espère quand même que la réalisation (et la direction d'acteurs) va un peu se réveiller maintenant qu'on a passé le stade introductif.

Une chose est sûre : je voulais m'asseoir devant une série qui nous surprenne, et ça ne s'est pas produit. Mais toutes les séries dignes d'intérêt ne sont pas capables de surprendre ; et vice-versa. Jurisprudence Awake, cousine américaine de DOUBLE TONE que j'ai abandonnée au bout de deux épisodes, et qui présente les qualités et défauts inverses exactes. Par contre, l'une des raisons pour lesquelles je regarde des séries, dans l'absolu, c'est précisément pour avoir l'impression de me glisser dans une vie que je ne vivrai jamais moi-même, pour imaginer des points de vue différents sur le monde, pour essayer d'élargir mon expérience sans avoir à devenir moi-même mère de famille au Japon, ou Premier ministre au Danemark, ou consultant pour de grandes entreprises. La mise en abîme quand je me trouve devant DOUBLE TONE est donc d'autant plus saisissante !
Alors, peut-être que DOUBLE TONE ne m'a pas donné ce que je voulais... mais peut-être aussi qu'elle tente de me donner ce dont j'ai besoin. Je le vérifierai avec au moins un épisode supplémentaire, mais je pense que c'est à chacun de se faire son opinion...

Posté par ladyteruki à 21:41 - Dorama Chick - Permalien [#]

07-02-12

lady's world tour - Escale n°1

Entre deux posts consacrés à l'Australie (Outland commence demain... ENFIN !) et avant le post Ozmarathon de ce soir, je voulais vous proposer un petit tour d'horizon de plusieurs news de la planète, là, comme ça, histoire de se mettre de bonne humeur.

J'ai une affection particulière pour les brèves du monde, je dois dire. Même quand on ne regarde pas les séries en question (parce qu'on ne peut pas, parce qu'on ne veut pas, parce qu'un peu des deux, parce qu'autre chose...), ça fait toujours du bien de simplement savoir que des projets intéressants, originaux et/ou sympathiques voient le jour un peu partout.
Cependant, bien-sûr, le plaisir premier du world tour, c'est aussi de se tenir au courant et de trouver dans l'actualité des télévisions du globe des suggestions de découvertes, ce qui est, comme vous le savez, très important à mes yeux.

Vous allez donc FORCEMENT trouver un truc qui vous intéresse dans ce premier world tour, c'est pas possible autrement !

LoveHateDVD

- IRLANDE : c'est définitivement de l'amour
Vous connaissez les IFTAs ? Bah c'est comme les BAFTAs, mais pour l'Irlande. Voilà ça c'est fait. Eh bien les nominations pour l'édition de 2012 de cette cérémonie ont été dévoilées il y a quelques jours, et elles font plaisir à voir. Il faut quand même préciser que pour les Irish Film & Television Awards, sont elligibles toutes les séries co-produites et/ou tournées sur le sol irlandais, ainsi que les acteurs d'origine irlandaise quelle que soit la nationalité de la fiction où ils ont officié. On fait avec ce qu'on a, hein... L'an dernier, c'est la première saison de la série Love/Hate qui avait dominé ces récompenses, mais cette année... eh bien cette année Game of Thrones est elligible ! Pas facile de rivaliser dans ces conditions, pourtant avec 10 nominations Love/Hate (saison 2) domine une fois de plus, et ça c'est chouette pour la fiction irlandaise en général comme en particulier. La série est d'ailleurs assurée d'une 3e saison, ce qui est une bonne nouvelle supplémentaire. A noter que Ruth Negga est nommée deux fois, d'une part pour son rôle dans Misfits, et d'autre part pour son apparition dans le téléfilm écossais Shirley, bravo jeune fille ! La série en gaélique Corp+Anam a également tiré une nomination dans la catégorie meilleure série.

- COREE DU SUD : une série d'action sur le câble
Vous ne pouvez pas l'ignorer, le câble sud-coréen est en plein boom. OCN prépare dans ce contexte un nouveau projet intitulé Hero, une série d'action se déroulant dans un futur immédiat, dans une mégalopole où les limites entre le bien et le mal sont devenues floues, et où le crime a envahi la ville... bref, une sorte de Gotham City. Le héros de cette ville et de cette série sera un personnage décrit comme étant hors de contrôle et un peu idiot, ce qui a le mérite d'être original. C'est un scénariste habitué du câble, l'auteur de la série historique Yacha, diffusée en décembre 2010 sur OCN également, qui signe cette série. 10 épisodes sont prévus et la production en a déjà terminé 4... il va falloir s'activer, le lancement est prévu en mars prochain !

- COREE DU SUD encore : un drama nommé aux USA
Alors, je vous l'accorde, ce ne sont pas les International Emmy Awards, mais quand même. Sungkyunkwan Scandal, une série historico-romantique adolescente, vient d'être nommée à l'occasion du New York TV Festival, dans la catégorie "meilleure mini-série". Titre auquel elle peut prétendre non pas par sa brièveté (20 épisodes), mais parce qu'elle ne compte qu'une saison avec un début et une fin, et ça permet de prétendre au titre de mini-série sur le sol américain où on fait une petite fixette sur les renouvellements. Diffusée pendant l'été 2010, Sungkyunkwan Scandal avait été particulièrement populaire auprès des jeunes spectatrices ; les audiences avaient été honnêtes, sans plus, atteignant au mieux 13% de parts d'audience, mais il faut dire que la série était diffusée face à GIANT, qui elle, a atteint 40%. C'est pas pour trouver des excuses mais allez lutter contre ça en seulement 10 semaines ! Toujours est-il que les résultats de ces récompenses seront connues courant mars...

Navya
- INDE : Navya en équilibre instable
Eh bah moi, les séries qui survivent à leur annulation, je trouve toujours que ça fait de belles histoires. Celle de Navya commence en avril dernier, lorsque Star Plus lance ce petit soap sans grande originalité. On y découvre une jeune femme, Navya (vous l'auriez deviné) qui a grandi dans une famille très traditionnelle, mais qui se soigne. La série tourne donc autour de la façon dont Navya tente de concilier à la fois les traditions conservatrices de sa culture, et un mode de vie plus moderne et ouvert, sans offenser qui que ce soit ni aller contre son coeur. C'est beau. Le problème c'est que Navya, le soap, a eu plus de mal à trouver son équilibre que Navya, le personnage, et les audiences commençaient à faire une sale tête. Fin janvier, Star Plus a donc décidé d'annuler la série, expliquant son geste avec une petite video d'annonce, diffusée le 25 janvier, et nommée "Goodbye Navya". Sauf que les fans ne l'ont pas entendu ainsi et ont submergé la chaîne sous les demandes de grâce. Requêtes exaucées : la série, qui devait s'achever le 13 février prochain, se voit finalement accorder un sursis. Elle déménagera simplement de sa case de 22h du lundi au jeudi, pour atterrir à 18h. A charge pour les fans de s'adapter...

- AUSTRALIE : c'est la rentrée !
Bah oui, quoi, qu'est-ce qui vous choque ? Les vacances estivales étant finies, en ce mois de février, les chaînes australiennes dévoilent leurs plans pour les prochains mois, c'est normal. Pour l'heure, deux networks ont ainsi révélé leur programmation à venir, notamment en termes de fictions ; beaucoup de ces infos relèvent essentiellement de la confirmation, mais ça fait quand même plaisir. Ainsi, chez Seven, les fans de Packed to the Rafters seront ravis d'apprendre que la diffusion de la nouvelle saison ne sera pas aussi erratique qu'en 2011, et se fera en une seule fois ; même chose pour Winners & Losers (de retour pour une saison 2), et la série A Place to Call Home, de la même créatrice, qui devrait quant à elle apparaitre plutôt vers la fin de l'année. La chaîne mise donc énormément sur ses séries feelgood, qui occuperont le plus clair de l'année. Du côté du network Nine, une nouvelle série de la franchise Underbelly est d'ores et déjà commandée, ce qui est normal, on ne va pas tuer la poule aux oeufs d'or et la machine est si bien rodée... La nouvelle série Tricky Business est elle aussi confirmée (fans de Farscape, sachez qu'on y retrouvera Gigi Edgley qui s'y est trouvée une nouvelle maison après l'annulation de Rescue: Special Ops), décrite comme un mélange de série procédurale et de drama familial. Quant à la mini-série Howzat!, spin-off officieux de Paper Giants, son tournage devrait prochainement commencer à Melbourne et il faudra encore patienter un peu, mais on en reparle très vite.

- SUEDE : des chiffres et des boulons
Où l'on reparle d'Äkta Människor ! Eh oui, vous pensez bien que je ne vais pas vous lâcher de si tôt avec cette série (pour laquelle il existe des sous-titres...). Cette fois on va s'intéresser aux audiences, puisque j'ai réussi à trouver celles de la première soirée. Le 22 janvier dernier, SVT proposait en effet une soirée de lancement avec les deux premiers épisodes ; le premier, à 21h, a réuni 830 000 spectateurs (9,1% de la population, souffle-t-on), et le second a été suivi par 650 000 spectateurs (7,2% de cette même population). Quand on sait que les deux épisodes de la mini-série Hinsehäxan, diffusée quelques semaines plus tôt, avoisinait plutôt les 13%, ça fait un peu peu, c'est sûr. Mais fort heureusement, Stefan Baron, chef de la fiction chez SVT, s'est dit dans une interview plutôt satisfait de ces chiffres, surtout qu'il se doutait un peu qu'une série de SF, en primetime sur une chaîne publique, dans un pays qui n'a pas une tradition de science-fiction particulièrement marquante, ça n'allait pas forcément déchaîner les foules. Surtout qu'en face, TV4 propose rien de moins que des épisodes de Wallander ! Pour lui, le pari sera réussi si, au terme de ses 10 épisodes, Äkta Människor parvient à une moyenne de 700 000 à 800 000 spectateurs chaque semaine, sachant que maintenant, il n'y a plus qu'un épisode chaque dimanche, la case de 22h étant occupée par Damages. Il y a donc encore un peu de marge avant qu'Äkta Människor ne se fasse débrancher...

BehzatC
- TURQUIE : l'épidémie de vampirophilie s'étend
C'est, avec la joie intense que vous me connaissez, un plaisir inestimable que de vous annoncer qu'une série turque s'intéressant à des vampires est en préparation. Ecrit par le jeune scénariste de la série policière Behzat Ç., Emrah Serbes, le projet de série, pour le moment intitulé Vampire-i Osmani, est d'autant plus intéressant que le folklore turc n'a pas vraiment de mythe du vampire, la créature étant plutôt une importation issue du folklore de la Bulgarie voisine. Pour autant, la série va bel et bien se dérouler en Turquie... mais attention, petit twist : ce sera pendant la période ottomane ! Il s'agirait de s'intéresser à la première et dernière fois qu'un vampire aurait été aperçu en Turquie, en 1833. On aurait donc ici non seulement une exploration du mythe du vampire, vue à travers une investigation pour comprendre si l'apparition est avérée ou non, mais également une série historique. Personnellement, je trouve que l'époque se prête bien mieux que les temps modernes à des séries sur les vampires, il y a quelque chose de "classique" dans ce concept. Si j'étais pas une chochotte, ça me donnerait presque envie de tenter le coup, tiens !

- AFRIQUE DU SUD : une telenovela maison
En Afrique du Sud, les soaps (ou plutôt, les "soapies") sont la norme : qu'elles soient américaines, britanniques, ou évidemment locales, les séries à rallonge, on connait, on adore. A titre d'exemple, Generations est à l'antenne depuis 1994, Isidingo depuis 1998 et 7deLaan depuis 2000. La chaîne payante Mzansi Magic, elle, a décidé de se mettre à surfer sur la vague de la telenovela, et ça c'est vraiment nouveau. Pour la première fois, elle a commandé une telenovela sud-africaine, dont la diffusion commencera le 19 mars prochain à 20h30 (vers la fin du primetime, donc). Inkaba, c'est son nom, commence à un mois de l'échéance à faire le plein d'annonces sur son casting, se vantant de réunir d'anciennes gloires du soapie sud-africain (surtout vu que l'une de ses stars initialement prévues est décédée mi-janvier...). Inkaba, la telenovela sud-africaine qui promet à ses spectateurs qu'elle aura un début, un milieu, et une fin ; ça n'a l'air de rien, mais c'est une petite révolution.

LaFuga
- ESPAGNE encore : succès d'estime pour La Fuga
En janvier, Telecinco lançait La Fuga, une série d'anticipation carcérale et romanesque (excusez du peu) plutôt ambitieuse.  Le pilote avait d'ailleurs été regardé par 3,1 millions de spectateurs espagnols (un peu plus de 16% de parts de marché), et c'était tant mieux. Malheureusement, en un mois, la série a perdu 1 million de spectateurs. A qui la faute ? Eh bien, ce n'est pas pour montrer du doigt, mais il faut quand même admettre que la concurrence est rude. Par exemple, le 3e épisode a dû faire face au match de la Copa del Rey entre le Real Madrid et le FC Barcelone... Allez lutter contre ça. Mais le pire était à venir, quand mercredi dernier, Antena3 a lancé Con el culo al aire, une comédie se déroulant dans un camping et qui a réuni plus de 4 millions de spectateurs. Pas facile pour une série comme La Fuga de faire le poids. Et pourtant, les critiques sont bonnes, à un tel point que, parmi les séries diffusées en Espagne en ce début d'année, on s'accorde à dire que La Fuga est la deuxième meilleure (la première étant Downton Abbey dont la diffusion s'est achevée debut janvier). De quoi encourager Telecinco à tenir bon jusqu'en avril, date prévue pour la fin de saison de La Fuga.

- ESPAGNE : Aguila Roja en danger ?
On peut se demander comment une chaîne peut en arriver à envisager d'annuler ses deux plus gros succès, mais voilà, on en est là. RTVE, la première chaîne espagnole, est en train de sérieusement songer à annuler Aguila Roja et Cuéntame cómo pasó, en dépit du fait qu'il s'agisse là de ses plus grosses gagneuses. Il faut dire que le budget de la chaîne publique vient de subir un sévère resserrement des cordons de la bourse : 200 millions d'euros en moins, ça fait réfléchir aux dépenses... Bon, la décision n'est pas encore prise, et la chaîne tente en parallèle de renégocier son budget auprès du gouvernement, mais en tous cas, c'est officiel, si même des séries qui réunissent plus de 5 millions de spectateurs chaque semaine ne parviennent pas à être renouvelées, c'est qu'il y a un problème. La décision officielle de La 1 sur ces deux séries (ainsi que la série Amar en tiempos revueltos, et le projet de série historique Isabel, mi reina, dont le tournage est bien entamé mais qui est également en danger) se fera le mois prochain. Petite question : si elle ne conserve que les séries qui ne font pas de bonnes audiences, comment RTVE compte améliorer ses rentrées d'argent ?

Perfidia

- ARGENTINE : le mieux est l'ennemi du bien
Hier soir débutait en Argentine Perfidia, une mini-série que Canal7 diffuse en quotidienne. La série s'intéresse à une bande de 3 potes lycéens qui se retrouve, 10 années plus tard, alors que l'un d'entre eux revient d'Europe où il a passé la dernière décennie. Les amis, pourtant un peu étrangers, vont décider de se lancer dans un investissement risqué dans une nouvelle entreprise qui va les rendre riche ! Sauf qu'en réalité, la super affaire du siècle va en réalité être une immense arnarque, qui va ranimer à la fois les rancoeurs et jalousies passées, mais aussi des problèmes bien actuels, lorsque les choses dégénèrent. Perfidia a vu le jour grâce au Concurso Series de Ficción Federales, organisé par le ministère chargé de l'innovation et des services publics, , ce qui en fait une double bonne initiative.

- JAPON : de la SF, enfin !
On dirait bien que la SF commence à piquer la curiosité des chaines japonaises. Pendant longtemps, la SF, bon bah euh, en gros, c'étaient les tokusatsu (que les Français connaissent un peu mieux par leur cas particulier, le sentai). Pourtant, au fil des dernières saisons, des dorama comme Uchuu Inusakusen (certes essentiellement parodique), mais aussi Clone Baby ou
Heaven's Flower, ont vu le jour. Cette fois, c'est O-PARTS, une mini-série en 4 épisodes, qui a été commandée par le network Fuji TV, un thriller qui sera diffusé quatre jours d'affilée et qui s'intéressera aux voyages dans le temps tout en reprenant les codes du thriller anti-terroriste (rien que ça). Incidemment, Rin Takanashi, déjà présente dans Uchuu Inusakusen, sera également de la partie, aux côtés de l'éphèbe Ryuuhei Maruyama qui, comme souvent, est issu d'un boys band populaire et portera le rôle principal.


...Comme je vous le disais, je vous encourage vivement à réagir à ces news, individuellement ou globalement, pour pouvoir m'indiquer ce qui vous intéresse (ou pas ?) dans ces brèves sur l'actu du monde. Y a-t-il par exemple des séries que vous avez envie de découvrir, à présent ?

Posté par ladyteruki à 19:43 - Love Actuality - Permalien [#]
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