ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

05-05-10

Conflit de générations

Parmi toutes les comédies que je pourrais regarder en ce moment, bizarrement, je suis plutôt attirée par les vieilles comédies qui n'ont pas marché, comme en attestent les deux dernières séries abordées. Et aujourd'hui, avec le pilote de Style and Substance, on dirait bien que j'ai poursuivi dans la même voie.

Style and Substance
date de 1998, ce qui à la base me ferait dire "oh bah ça va, c'est récent", jusqu'à ce que je réalise qu'on est en 2010, et qu'une série qui a l'âge de Charmed a en réalité une douzaine d'années dans la poire. Et que ça se voit.

StyleSubstance

Tiens, je réalise que la série a un autre point commun avec celles dont je vous ai parlé ces derniers jours, c'est aussi que Style and Substance est avant tout l'histoire de deux femmes qui travaillent ensemble. Je propose de blâmer mon inconscient pour cette coïncidence, parce que vraiment, ça ne me frappe que maintenant.

On a donc d'une part Chelsea Stevens, une femme qui a basé son empire sur ses talents de maîtresse de maison : arts de la table, décoration, etc... En gros c'est Martha Stewart et le portrait qu'en font ses collaborateurs montre d'ailleurs que le personnage est au moins aussi charmant que son illustre modèle. Et puis d'autre part on a Jane, sa nouvelle productrice, qui tient désormais les cordons de la bourse et doit veiller au bon déroulement des affaires de Chelsea.

Et Jane va rapidement comprendre pourquoi Chelsea n'a pas usurpé sa réputation de chieuse. Pour se faire une idée de sa nouvelle productrice, sa nouvelle patronne lui a tout simplement volé son sac à main afin de le fouiller minutieusement, pour vous donner un exemple. On n'évitera donc pas la confrontation entre les deux femmes, cliché du genre d'autant que les personnages sont rapidement brossés pour qu'on comprenne qu'ils n'ont rien en commun.

Pourtant, là où on prend une petite bifurcation avec les stéréotypes habituels des deux personnes obligées de travailler ensemble même si c'est pour passer 90% du temps à se prendre le bec, c'est qu'on sent que Chelsea Stevens est une femme finalement très seule et qui s'attache rapidement à Jane. Derrière son comportement maniéré et ses exigences en matière culinaire (entre autres), Chelsea accroche tout de suite avec Jane et les prises de bec constantes ne sont qu'une façon maladroite d'essayer de lier des relations avec la nouvelle venue dans sa vie. Jane, bien-sûr, est le genre à avoir les pieds sur terre, mais surtout c'est une femme qui vient de se séparer de son fiancé (interprété fugacement par Peter Krause) et de partir commencer une nouvelle vie à des centaines de kilomètres de lui, et on comprend que Chelsea se sent proche de Jane pour cette raison.

Ce qui se met en place dans ce pilote, bien plus qu'une comédie fondée sur les opposés forcés à la cohabitation, c'est une dynamique mère-fille (au corps défendant de Jane, certes). Bien que l'écart d'âge soit sensiblement le même que dans Nice Girls Don't Get the Corner Office et Fired Up, la différence est nette sur ce point. Il y a un côté maternel, voire mère-poule, chez Chelsea (sans doute aussi due à l'interprétation de Jean Smart qui doit avoir ça en elle), et un côté fille un peu perdue chez Jane (qui là aussi pourrait bien venir de Nancy McKeon... argh, il faut vraiment que je me retrouve des épisodes de The Division !) qui rend le tandem non seulement drôle, mais aussi touchant. En gros, on assiste plus à un conflit de génération entre deux femmes qui s'attachent l'une à l'autre, qu'à une véritable opposition de deux personnalités antagonistes. C'est une variation agréable.

Là encore, on ne parle pas avec Style and Substance d'une série méconnue en dépit d'un grand mérite, mais enfin, ça change un peu des constantes chamailleries typiques du genre, et bien-sûr, les deux actrices font des étincelles. Dommage que la série n'ait pas survécu.

Dernier détail, je ne sais pas si le générique du pilote est le même pour la suite de la série, mais il est absolument hilarant dans sa façon de poser les personnages tout en rompant avec les poncifs du genre. Mais je dois vous avouer que même si ce premier épisode était marrant, je ne vais pas m'aventurer à regarder les épisodes suivants pour vérifier. Point trop n'en faut...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Style and Substance de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:45 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

04-05-10

Good girls don't...

Eh, je suis pilotovore, et dans une phase de sitcoms, qu'est-ce que j'y peux ? Je suis tombée par le plus grand des hasards sur une mine d'or de pilotes de type "unaired", et parmi eux, il y avait Nice Girls Don't Get the Corner Office. C'était la première fois que j'en entendais parler, mais c'était une comédie et c'était un pilote, et je ne demandais rien de plus. J'ai cagoulé. J'ai vu. Il faut que je vous raconte. Et je me suis dit qu'en faire un post La preuve par trois serait peut-être le bienvenu... vous me direz si j'ai eu raison.

NiceGirlsDontGettheCornerOffice___1
De prime abord, le personnage central de ce sitcom semble être Joy, une assistante de direction. Et comme hier, je suspecte que mon appréciation immédiate du personnage soit due à un peu d'identification, mais passons. La description que Joy fait de son job est claire et honnête (et j'ajouterai : lucide) : "Regardez-moi : j'étais si heureuse à l'époque. J'étais crainte et respectée, et j'avais un tampon avec sa signature. Je ne l'ai jamais volé. Mais c'était agréable d'avoir cette option". Je crois qu'en chaque assistante de direction se cache une Joy. Quelqu'un qui occupe peut-être un poste au prestige modéré, mais qui dans l'entreprise, possède un pouvoir immense. Je confirme ce pouvoir. Je confirme cette satisfaction de se dire qu'on pourrait faire beaucoup de choses avec ce pouvoir. Je confirme qu'une bonne assistante ne s'en sert jamais. Mais ça n'empêche pas de jouir intérieurement à l'idée de tout ce qu'on pourrait faire si on était juste un peu plus mauvaise. Oui, dés les premières minutes, j'ai adoré Joy... alors forcément, ça m'a fait de la peine pour elle de la voir perdre son patron... et donc son pouvoir.

NiceGirlsDontGettheCornerOffice___2
Entre en scène Angela. Vous la remettez ? Voui !!! C'est bien elle ! Et ici Jemma Mays interprète une Angela au moins aussi gentille et adorable et serviable que peut l'être Emma dans Glee. Les TOC en moins. C'est en fait justement le problème d'Angela : elle fait du bon boulot, elle est intelligente, elle a ce qu'il faut d'ambition... mais elle est gentille. Et ça, c'est juste pas compatible avec son ambition. Ce n'est pas compatible non plus avec l'ambition de Joy qui est de retrouver au plus vite son bureau et son pouvoir d'assistante de direction dans les hautes sphères de l'entreprise (et ne plus avoir à partager l'imprimante). Tout le challenge de Joy est donc de faire d'Angela quelqu'un d'un peu moins gentil. Et on parle d'une fille qui donne systématiquement ses idées aux autres, apporte des pâtisseries faites maison le matin et laisse ses subordonnés faire tout ce qu'ils veulent. Et tous ceux qui ont mis le quart d'un orteil dans le monde du travail savent qu'être gentil, ça ne donne jamais rien de bon. Les gens vous aiment bien, mais ne vous respectent pas et surtout, ne vous considèrent pas professionnellement. Angela s'en rend bien compte dans le fond, et l'arrivée de Joy dans sa vie semble finalement providentielle.

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Mais en fait, la vraie raison pour laquelle j'ai fait de ce post un post La preuve par trois, avec les trois captures et surtout le petit truc que vous savez à la fin, c'est ça ! Je n'en savais rien en cagoulant ce pilote, mais on trouve Jemma May et Matthew Morrison dans la même série, et ils ont même quelques scènes ! C'est franchement sympa, non ? Morrison fait même semblant de pousser trois notes, je veux dire, c'est le karma ou bien ? Je suis certaine que plein de monde savait avant moi que ce pilote existait, mais de tomber dessus comme ça, de retrouver Jemma Mays que j'aime beaucoup (et ça ne date pas de Glee mais voulons-nous que je parle encore de tartes ? Je me disais bien), de trouver ce thème plein de piquant dans sa façon d'aborder la vie de bureau, et en plus de tomber sur ce duo complètement improbable de deux acteurs de Glee dans des rôles pas si éloignés de ce que la série de la FOX leur fera jouer... vraiment, ça a embelli ma journée. Ce qui, je vous l'accorde, après la boucherie soi-disant médicale dont j'ai fait l'objet, n'était pas difficile.

Donc voilà, c'est cadeau, et vraiment, ça vient du cœur, parce que si comme moi vous n'étiez pas au courant que ce petit pilote adorable existait, eh bien voilà, c'est chose faite. Et pour ces raisons (et toutes les fois où j'ai sincèrement ri), je regrette que cette série n'ait jamais vu le jour. Mais, eh, sans elle, pas de Glee telle qu'on connait la série, pas vrai ? Alors...

Et pour ceux qui... ouais, bah non. Le mieux que je puisse vous proposer, c'est la fiche IMDb.
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Posté par ladyteruki à 21:37 - La preuve par trois - Permalien [#]
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