ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

05-10-12

Par élimination

Devinez qui s'est lancé un défi avec whisperintherain sur les pilotes de la saison ? ...Bah, comment vous avez su ? Place cette fois à un pilote sorti sur la toile quelques jours avant son lancement sur NBC, avec Chicago Fire.
Vous trouverez, évidemment, au bas de ce post, un lien vers le blog de whisper, qui sera complété sitôt que ce dernier aura publié sa review. L'occasion de comparer nos points de vue...

ChicagoFire

1996. C'est en 1996 que FOX avait lancé L.A. Firefighters, une série s'intéressant à des... pompiers de Los Angeles (on voit ceux qui suivent). On ne va pas se mentir : j'ai dû faire des recherches, je ne me souvenais plus du titre. En fait je ne me souvenais plus de grand'chose. Simplement, la série avait ensuite été diffusée par TFHein et c'est alors que je l'avais vue. Enfin, "série", c'est vite dit, vu le nombre d'épisodes tournés, mais je me souviens clairement de Christine Elise en pompier.
Pourquoi j'ai mémorisé Christine Elise ? Bah dans les années 90, tout le monde connaissait Christine Elise parce qu'elle se tapait Jason Priestley, voilà tout, c'est aussi simple que ça. Mais je trouvais que le rôle allait bien à cette nana aux airs de gros dur. Dans le milieu viril des pompiers, elle faisait illusion (un personnage qu'on retrouverait quelques années plus tard sous le nom d'Alex Taylor, à bien y réfléchir). Impossible de me souvenir de la teneur des épisodes, par contre je me revois, en train de grignoter devant un épisode ou deux. J'ai l'impression que c'était pendant les vacances d'été mais je n'en suis même pas certaine. Vraiment, il ne m'en est resté que Christine Elise, et peut-être un autre personnage féminin, plus vaguement.
En réalité, L.A. Firefighters n'apportait pas grand'chose sur la table, et son annulation prématurée était plutôt une évidence vu le peu d'empreinte que son contenu a laissé sur moi (et certainement la poignée d'autres personnes qui l'ont regardée à l'époque).

Il faut dire qu'à ce moment-là, j'étais prête à regarder tout et n'importe quoi pourvu de simplement pouvoir me mettre devant une série ou deux. J'ai regardé Pacific Blue assez assidument à peu près à la même période, par exemple, mais c'est un autre sujet, pour la confession honteuse d'un autre jour. Cela dit, ces séries répondaient un peu à la même intention : offrir du mouvement et du bruit, du spectacle et de l'action, pendant trois quarts d'heure, sans vraiment chercher la complication, ou approfondir cette histoire de "scénario" dont il se disait qu'on en trouvait dans d'autres séries.
Dans les années 90, on avait énormément de séries de ce genre, pas franchement futées, et TFHein se faisait un plaisir de les diffuser. A côté, les Experts, c'est du HBO ; vous vous rendez pas compte de ce que c'était que de regarder TFHein dans les années 90, la jeunesse téléphagique d'aujourd'hui ne connait pas sa chance.

A bien y réfléchir, des séries s'intéressant à une brigade de pompiers, il n'y en a pas eu des centaines, de toute façon. Autant les flics, ça ya pas de problème (quoique, la mode de suivre un commissariat entier n'a pas vraiment survécu à la fin des années 90 non plus... le cuisant échec de NYC 22 en est la preuve), autant les pompiers...
Mais c'est vrai que dans la dynamique d'alors, une série dramatique sur les pompiers, ça ne se concevait pas. Une série dramatique sur la police, oui, c'était envisageable. Mais sur les pompiers, ça impliquait nécessairement une série d'action. Il faudrait attendre Rescue Me pour innover dans le domaine.

2001. Ca par contre, pas de problème, je m'en souviens très clairement. Le pilote de New York 911 compte parmi mes plus intenses souvenirs de téléphagie. Mais vous allez me dire : dans New York 911, certes, on voyait des pompiers (surtout au début) mais aussi des ambulanciers et des flics, encore eux. Finalement la série mangeait à tous les râteliers. C'est peut-être justement pour ça : parce que rester centré sur les pompiers semble toujours être voué à ne présenter que des séries d'action. J'ai progressivement abandonné la série (c'est cruel à dire mais plus il y avait de poulet, plus je faisais une allergie) mais il me semble même qu'à un moment on avait aussi droit à des médecin du service des urgences.
Toujours est-il que l'ambiance dans une caserne de pompiers, j'avais eu le temps de connaitre : New York 911 était truffée de scènes de la vie quotidienne, dans une bonne ambiance de groupe où on regardait des matches ensemble et où on dînait entre deux interventions dans la cuisine de la caserne. C'était une ambiance de fraternité, un peu virile mais pas à l'excès, tout-à-fait ce que j'aime sur la façon dont tant de séries nous montrent les amitiés masculines. Il y avait des moments de friction mais, avant tout, c'étaient des conséquences de la vie en commun, en permanence les uns sur les autres, et c'était quelque chose de fort, cet esprit de cohésion, c'était vibrant.

Mais la plus grande qualité de New York 911, c'était sa capacité à nous faire trembler devant le danger. Beaucoup de séries mettent leurs protagonistes en danger de mort, mais la plupart du temps, les spectateurs sont plus que conscients que ce risque est cosmétique, et que les héros sont à peu de choses près invincibles (sinon il n'y a pas de série). Mais New York 911 capturait quelque chose de rare, le sentiment de risque. C'est justement ce qui m'avait rivée à mon écran devant ce fameux pilote, l'impression terrible de sentir la montée d'adrénaline, inhérente au "genre" comme on l'a dit, mais aussi de prendre le pouls de personnages qui risquent vraiment leur vie pour avoir transporté une civière ou éteint un feu. Et qui, à travers les risques physiques qu'ils encouraient au quotidien dans leur travail, couraient aussi un risque de blessure psychologique, de traumatisme. Leur vision du monde s'en trouvait altérée. Un personnage de New York 911, et à plus forte raison un pompier, n'était jamais un naïf. Mais malgré les séquelles d'interventions parfois réellement terrifiantes, ces mêmes personnages étaient capables de tout de même déconner dans la cuisine de la caserne. Rien n'était anodin, mais rien n'était jamais totalement insurmontable. Ce qui m'avait touché avec New York 911, dés le pilote, était le même genre de raisons qui font que j'aime les séries sur les flics en uniforme ou les militaires : un fragile équilibre entre la peur et l'assurance, la capacité de s'adapter à une vie passée dans la gestion des errances des autres, et une certaine gravité masquée sous un esprit de corps.

Une série sur une caserne de pompiers, quand c'est bien fait, ça fait vibrer. Sinon ça ressemble simplement à une campagne de recrutement, un peu dans le genre de Paramedicos en ce moment au Mexique.

Hm, je n'ai pas beaucoup parlé de Chicago Fire dans cette review. Mais est-ce réellement nécessaire, quand tout est déjà dit...?

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 19:33 - Review vers le futur - Permalien [#]

21-04-12

[DL] NYC 22

Quand le générique de NYC 22 est apparu sur mon écran pour la première fois, on sortait d'une très bonne scène que j'avais trouvée, bon, peut-être pas émouvante, mais en tous cas elle m'avait interpelée ; elle était réussie parce que tout en étant simple, elle captait quelque chose. J'étais dans de bonnes conditions pour la première fois du pilote ; à ce stade je commençais à me dire qu'il y avait peut-être quelque chose de pas trop mal dans cette série. Il me fallait la confirmation que le générique n'allait pas durer seulement 10 secondes, ce qui est et reste une déception à chaque fois qu'on découvre une nouvelle série. Et là, donc : générique. Dans ma tête, cette petite prière : sois bon, sois bon, sois bon...! Alors, alors ?

NYC22
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Il me faut d'abord vous préciser que je n'aime pas le rap. Je fais une petite exception pour quelques chansons d'Eminem, et pas vraiment parmi les plus récentes, mais c'est à peu près tout. Cependant ma première réaction en entendant le générique de NYC 22 n'a pas été de me dire "ah, non, pouah ! Du rap !" mais bien de me demander si le générique correspondait à la série et était bien conçu. Ce qui importe, ce n'est pas tant le choix musical que sa façon d'être cohérent avec l'image de la série, et d'être accrocheur. C'est comme ça que je peux écouter le générique de New York 911 avec plaisir alors que lui non plus n'est pas d'un genre musical qui me plait, d'ailleurs. C'est certainement l'un des phénomènes les plus discrets en téléphagie et pourtant tenaces : soudain, les goûts musicaux s'effacent pour devenir des goûts en matière de générique.

Et j'ai trouvé le générique de NYC 22 simple, mais qu'il captait quelque chose. Qu'il était très basique mais qu'il avait quelque chose d'honnête. Beaucoup de génériques de séries de networks des années 90 étaient comme ça, simples, sans imagination débordante, mais quand même efficaces parce que posant immédiatement un ton, une ambiance, un univers cohérent. Une qualité qu'on retrouvait par exemple dans le générique de Brooklyn South. Il ne s'agit pas de révolutionner le monde ni même la télévision, simplement de sembler, dés les premières images, fidèle à soi-même. Avez-vous idée du défi que c'est que de se montrer cohérent avec soi-même alors qu'on est encore en train de faire une première impression ? Mais le générique de NYC 22 y parvient.

Quelle n'a pas été ensuite ma surprise quand j'ai découvert que le générique de NYC 22 était une chanson de Jay-Z, que je ne porte pas spécialement dans mon coeur. Mais c'est comme ça : quand un générique est bon, c'est parce qu'il est un patchwork d'éléments (images, musique...) qui fonctionnent ensemble, même si pris indépendamment ils seraient peut-être sans intérêt. Et il s'avère que le générique de NYC 22, je le trouve vraiment bien, en l'occurrence, et que je l'ai regardé plusieurs fois depuis que j'ai vu le pilote plus tôt cette semaine.
J'ai l'impression qu'elle commence à s'installer dans mon univers téléphagique, cette série... J'ai hâte de confirmer ça avec l'épisode suivant !

Posté par ladyteruki à 12:01 - Médicament générique - Permalien [#]

17-04-12

Actually yes, I do care

NYC-22

La différence, c'est le ressenti.

Et pourtant on pourrait imaginer que ce ne soit pas nouveau. Intellectuellement, je suppose que je le sais, mais les idées préconçues ont la vie dure.

Les séries policières comptent probablement parmi celles à propos desquelles j'ai le plus de préjugés négatifs, et je pars souvent du principe qu'elles ne peuvent plus me surprendre ni même m'émouvoir. Parce que j'ai l'impression de connaître le sujet du bout des doigts et plus encore. Parce que j'ai la sensation qu'il n'y a rien à dire sur le métier, la fonction, le quotidien, que je n'aie lu, vu, entendu cent fois. Je suis fille de flic, à plus forte raison d'un flic qui avait besoin de me mettre le nez dedans alors que je n'avais pas 10 ans, et qu'il s'agisse de fiction ou de réalité, j'ai souvent le sentiment de connaître ce métier aussi bien que si je le pratiquais. C'est erronné évidemment, mais c'est comme ça que je le vis. Et du coup tout semble être une redite.
Il y a eu des périodes de réconciliation avec le monde policier ; essentiellement pour les séries en uniformes (pas les enquêtes qui ont fait les gros succès de la télévision américaine, donc), et à doses homéopathiques. Brooklyn South, une saison, parfait. Southland, abandonnée au bout de deux saisons ; j'aime toujours la série, mais de loin. En règle général ça reste quand même un domaine avec lequel je prends vite mes distances même quand la qualité est là.
Je me rappelle encore de la première fois que j'ai découvert Rookie Blue. C'était comme relire quelque chose que j'aurais appris par coeur ; les scènes se déroulaient et en dépit du fait que c'était la première fois que je les voyais, elles ne comportaient rien d'inédit. C'était le niveau zéro de la découverte : quand on regarde un pilote pour le regarder, mais alors que l'effet de déjà vu est plus fort que tout.

C'est avec l'intuition qu'il allait se passer quelque chose de similaire que j'ai démarré NYC 22. Sur l'air de "ok, je regarde parce qu'au moins ce ne seront pas des enquêtes, mais dans une heure c'est fini et on n'en reparlera plus jamais".

Et je devrais le savoir. Je le devrais mais les préjugés me font oublier. La différence, c'est le ressenti. Entre NYC 22 et Rookie Blue, la différence c'est que même avec une structure similaire (des jeunes flics qui font leurs premiers pas), j'ai ressenti quelque chose. Parce que les personnages m'ont un peu plus interpelée, peut-être. Parce que les dialogues étaient moins cosmétiques, possible. Ou bien parce qu'il y avait quelque chose d'autre, c'est difficile à dire à ce stade. Mais j'ai ressenti un vrai enthousiasme devant NYC 22 parce que la différence entre une bonne et une mauvaise série, ce n'est pas le pitch original, c'est le traitement. C'est du traitement que dépendra toujours le ressenti et c'est du ressenti que dépend la téléphagie. Et on pourrait se dire que depuis le temps je le sais, c'est tellement évident, comment l'oublier ? Mais ça reste une redécouverte à intervalles réguliers.

Peut-être que ce qui m'a plu dans NYC 22 ce n'est pas simplement les histoires de police en uniformes. C'est que j'avais l'impression d'apprendre rapidement à connaître les hommes et femmes derrière ces uniformes. Ca fait également une énorme différence ; peut-être que les personnages de Rookie Blue ne seront jamais que cela, des personnages, issus de l'esprit d'un scénariste, paramétrés pour offrir telle possibilité narrative ou telle autre, et qu'en fait j'ai vu les protagonistes de NYC 22 comme des humains, tout simplement. Ils arrivaient à m'être proches, en l'espace de ce premier épisode ; je crois que la proximité est précisément ce que je recherche dans une série policière en uniformes, en fait.

Les flics de NYC 22 arrivent avec un background imposant. En fait c'est ce qui les caractérise : ils sont essentiellement là pour nous parler de leur passé et pas des masses de leurs attributions. Le pilote fait énormément de cas de la raison pour laquelle ils sont là, aujourd'hui, chacun.
Probablement que NYC 22 est, à sa façon, capable de tirer partie de l'essence de ce qui fait la légende de la police new-yorkaise : un immense patchwork d'hommes et de femmes aux parcours divers qui viennent trouver une existence "normée" sous l'uniforme. On ne le ressent pas avec la police de la plupart des autres villes ; ce n'est pas ce qu'on ressent quand on regarde Southland ou Boomtown, ce n'est pas ce qu'on ressent quand on regarde NYPD Blue ou Les Experts Manhattan. C'est unique aux flics en uniformes de New York, et à cette catégorie bien précise seulement. Chacun arrive avec son accent et son passé, un peu comme on arrive à New York, et l'uniforme est l'équivalent moderne d'Ellis Island. C'est comme ça que je le vois. Ca leur est unique, aux flics de New York. Et NYC 22 m'a ramené dans cet univers bien particulier qui m'avait plu avec Brooklyn South et New York 911, a ravivé cette impression que je pensais éteinte.
Mais NYC 22 n'est pas une redite de ces séries. Elle n'appartient pas à une époque révolue. Elle est incroyablement moderne dans sa façon de nous parler des parcours de ses personnages, à l'instar de Lazarus et de sa trajectoire, qui nous parle, encore une fois, de crise, ou Ahmad, qui est un personnage qui n'aurait pu exister que dans une série post-11 Septembre. Et chacun débarque avec son expérience de la vie, mais aussi une expérience professionnelle antérieure, bien souvent. Les "rookies" ne sont pas des bleus, en réalité. Ils débarquent de l'école de police mais ils ne sont pas de grands naïfs qui découvrent le monde. C'est ce traitement qui est émouvant, et ce traitement qui fait la différence entre une série policière d'une banalité affligeante, et une série policière telle que NYC 22. Qui n'invente rien. Mais qui a décidé que ce qu'elle ferait, elle le ferait bien. Pari tenu, en ce qui me concerne.

A l'issue du pilote, j'avais deux envies : envisager de reprendre Southland... et poursuivre NYC 22.
Oh mon Dieu, j'ai vraiment envie de poulet sur mon écran. Je crois que ça fait bien une douzaine d'années que ça ne m'était pas arrivé.

Posté par ladyteruki à 19:39 - Review vers le futur - Permalien [#]

05-07-11

Là où il y a de la gêne...

Puisqu'on en est aux confidences, j'ai toujours eu du mal avec le concept de guilty pleasure, c'est incompréhensible pour moi. Parce que de deux choses l'une : soit on pense que la série est une merde, et on arrête, soit en fait elle a des avantages, même peu nombreux, et la traiter de guilty pleasure est une façon de se couvrir aux yeux du reste de la communauté téléphagique, ou de soi-même si on a vraiment des problèmes d'estime de soi, mais démontre une bonne dose de malhonnêteté intellectuelle.

Aussi, quand je vous dis que je regarde Singles Ladies, il ne me vient pas naturellement l'idée d'y accoler le terme de "guilty pleasure", parce que mon plaisir n'est pas coupable, il est juste inférieur à d'autres que je peux ressentir devant des séries qui me rendent véritablement accro. Le jour où Single Ladies ne m'apportera plus cette fenêtre glamour sur le monde black d'Atlanta, je partirai sans me retourner, on aura passé du bon temps ensemble mais on n'avait pas d'attache, rien ne nous retient. Je ne suis pas obligée de regarder une série, alors si je la regarde, je lui dois (ainsi qu'à moi-même, en fait) d'admettre que c'est parce qu'elle a des bons côtés, même si ceux-ci ne flattent pas forcément mon ego. Mais on parle de quelqu'un qui idolâtre Une Nounou d'Enfer ou Reba depuis des années, alors mon ego...

SingleLadies-Bandeau

Ainsi, j'ai été faible, j'ai re-regardé le pilote de The No. 1 Ladies' Detective Agency suite à une conversation sur Twitter, et j'ai eu un véritable orgasme téléphagique devant la beauté, l'optimisme et l'énergie qui s'en dégagent. Alors à côté de ça, évidemment, je sais que tout est relatif, et que je n'apprécie pas Single Ladies pour être la meilleure série au monde, ce n'est pas parce que je regarde une série que forcément je pense qu'elle a les atouts pour me faire grimper aux rideaux, mais pour ses modestes (et rares) qualités, énoncées précédemment et que vous découvrirez en suivant les tags (mais qu'on peut résumer en un nom : LisaRaye McCoy).
Et surtout j'admets que quand je la regarde, je baisse le niveau de mes exigences, mais pour autant, je ne regarde pas uniquement pour me moquer en la qualifiant plus tard, devant les copines qui me racontent leurs nuits torrides devant Game of Thrones, de guilty pleasure. Il n'y a aucune forme de culpabilité dans ma démarche, et je peux aussi avoir du Game of Thrones tout une nuit si je veux. Et je ne laisse pas ma part au chien, vous pouvez me croire, j'ai dû voir l'épisode de la couronne d'or une dizaine de fois.

On se rappelle tous la première fois qu'on a eu du plaisir devant une série, on se rappelle tous du premier orgasme téléphagique.
Pour moi, la toute première fois, c'était devant Chicago Hope, mes pieds se sont dérobés sous moi, je me suis assise sur la table basse du salon, agripée à l'ignoble napperon en dentelle de mes parents, le nez à 20cm à peine de l'écran cathodique, le souffle court et les yeux humides, et j'ai compris que ce qui s'était cassé en moi à la mort d'Alan Birch était le début de quelque chose. Ce n'était qu'un prélude à la sensation incomparable du premier orgasme téléphagique, des années plus tard, quand je me suis littéralement retrouvée à bout de souffle devant le pilote de New York 911 et son injection brute d'arénaline (que j'ai cherché ensuite à retrouver dans les épisodes suivants et n'ai jamais vraiment su ressentir à nouveau).

Mais quand il n'y a pas d'orgasme téléphagique, quand le plaisir est si faible qu'il nous rappelle un bisou d'amoureux de maternelle, pour autant, devons-nous nous arroger le droit de diminuer la série ? Nous boudons un plaisir moindre et simple par péché d'orgueil, voilà tout.

On sait tous qu'il y a une palette de nuances incroyables dans le plaisir, qui va du bon petit épisode honnête, à la saison qui transcende votre existence et ne vous fait plus rien regarder comme avant (d'ailleurs c'est décidé, dés que j'ai fini Roseanne, je me commande le DVD et me refais une intégrale de SPACE 2063 ; rien que de mentionner la série dans un de mes tweets récemment, j'ai eu un coup de nostalgie terrible). Il y a de la place pour tout et je ne suis pas sûre de vouloir vivre dans un monde où je ne me délecterais que du second cas.

SpaceAboveandBeyond-Bandeau

Alors je ne comprends pas l'emploi du terme guilty pleasure.

Surtout qu'entre nous, tout dépend des circonstances. J'ai pris l'habitude de regarder Single Ladies avec un petit cocktail de ma confection fleurant bon la fraise, et j'apprécie la série pour l'impression qu'elle me donne, une fois par semaine, de me comporter selon mon genre, à m'irradier l'oeil de dorures, de clinquant, de jolies robes, et de nanas parfaitement bien roulées (hm, c'est ptet pas entièrement selon mon genre, à la réflexion). Je ne vais pas la dénigrer pour ça. Le jour où j'ai honte, j'arrête, voilà tout.

Alors si quelqu'un arrive à m'expliquer l'intérêt d'un guilty pleasure, c'est-à-dire un truc dont on pense sincèrement qu'il est nul, mais qu'on regarde quand même, je veux bien qu'on m'explique. C'est comme tirer un mauvais coup pour pouvoir s'en plaindre après alors qu'on n'avait qu'à rentrer avec un type plus doué ou un lapin à 6 vitesses : je ne comprendrai jamais.

Posté par ladyteruki à 22:45 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

21-08-10

[Day 21] Vous pouvez répéter la question ?

MemeDay_21a

Non ? Bon, d'accord. Un autre genre de "ship" alors...

MemeDay_21b

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche New York 911 de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

09-08-10

Do I care ?

RookiePurple

Si on prend le temps d'y réfléchir, les séries que j'ai testées sans délai cet été, et celles qui sont restées sur le bas-côté, sont finalement assez claires sur mes préférences actuelles : tout, sauf du poulet. La flicaille m'insupporte à nouveau. Et c'est dommage parce que j'avais eu une période pendant laquelle j'avais réussi à dépasser ça.
Vous voyez, je suis fille de flic. Depuis ma plus tendre enfance, j'entends parler de tout un tas d'horreurs, et par-dessus le marché, mon père avait pris la manie de m'imposer la vue de documentaires sur le métier de policier, ce qui avait fini de me gaver jusqu'à la glotte. Téléphagiquement, j'avais tellement bouffé du flic, que je ne supportais plus d'en voir dans les fictions. Et puis, sur la fin des années 90, j'ai commencé à me reprendre, et j'ai accepté d'en voir quelques unes. J'étais en général ultra-sélective, et je n'en faisais pas non plus des orgies. Brooklyn South, New York Unité Spéciale et Cop Rock ont figuré parmi les rares exceptions. Globalement, je trouvais que je tenais le bon bout parce que je regardais des séries assez différentes et que j'y tolérais le niveau élevé de poulet.

Et puis, la mode des Experts est arrivée. Le premier, celui de Vegas, celui par lequel le Mal est arrivé, je l'ai un peu regardé lorsqu'il a commencé à être diffusé sur TFHein, au point d'acheter un premier DVD. J'étais en train de guérir ! Ou du moins le pensais-je. Mais c'est là que la télévision s'est emballée. Les enquêteurs en tous genres se sont répandus plus vite que l'herpès dans Jersey Shore (c'est bon pour mes stats, m'en veuillez pas) et tout d'un coup, on n'a plus vu que ça partout.

Depuis... comment vous dire ? Sur une échelle de 1 à 10 (1 étant ce qui m'indiffère, 9 étant le streaming et 10 étant les vampires), les flics se placent à 8, facile. Je n'en peux plus. Je sature. J'ai des envies de meurtres (mais je me retiens, sinon je me retrouverais au commissariat, et ya plein de flics dans les commissariats, c'est atroce) (voyez, j'ai quand même retenu deux ou trois choses de ces putains de documentaires) (Reportages sur TFHein ? Jamais plus jamais).

Alors en cette saison estivale, ce qui ressemble de près ou de loin à du justicier n'est franchement pas sur ma liste de priorités. Oh, j'ai conscience d'y venir un jour. Par exemple, The Good Guys, c'est sûr que je vais me la tenter un jour cette série.

Quand je me sens courageuse, je me prends donc par la main, car un pilote de série policière reste un pilote, et que pour savoir si les flics me hérissent toujours autant le poil, il faut bien que j'en regarde quelques uns à la télé une fois de temps en temps. Et me voilà donc devant Rookie Blue, qui n'est pas prioritaire mais parfaite quand on a un trou dans l'emploi du temps.

Et la question qui m'a tenue en haleine pendant tout le pilote, c'était ça. Do I care ?
Mais même sans parler de moi. Y a-t-il encore une seule personne qui n'ait pas vécu dans une grotte et qui trouve la force de s'intéresser à une série sur les difficultés des jeunes policiers ? J'ai l'impression de n'avoir vu que ça toute ma vie. J'ai l'impression que chaque fois qu'il y a une série sur les policiers, il y a des rookies. Il y en avait un dans Southland, qui date de 2009. Il y en avait dans New York 911, et c'était 10 ans plus tôt. Et je suis sûre que si on remontait encore de 10 ou 20 ans, on en trouverait d'autres. C'est usant cette habitude de toujours vouloir nous faire nous lier à des personnages juste parce qu'ils sont nouveaux.
Ils ont quoi, ces nouveaux, de si captivant ? Qu'est-ce qu'ils ont de spécial et d'inédit ? Que vont-ils me dire qui n'ait jamais été dit ?

Ils sont 5 (mais déjà un peloton de tête se démarque) et ils semblent avoir des histoires personnelles. Pourquoi, personne d'autre n'a eu d'histoire personnelle avant eux, dans les séries policières ? Personne ne venait d'une famille de flics ? Personne n'a eu envie de bien faire ? Personne n'a eu peur ?
Et combien de temps va durer cette histoire de "rookie" avant que toute cette vaillante flicaille ne soit plus qu'un officier parmi tant d'autres ?

J'ai apprécié certains passages de l'intrigue. J'ai énormément apprécié la scène pendant laquelle... euh... la brune, là... procède à l'arrestation d'un adolescent. C'était une bonne scène.
Mais même bonne, elle était épuisante parce qu'elle ne m'a pas frappée comme étant inédite. Je sais bien qu'au bout de 50 séries policières par an, et même si elles sont au final très peu à proposer le parcours de policiers en uniforme, on commence à manquer de possibilités pour surprendre le spectateur. Mais dans ce cas, qu'est-ce qu'on fait là, tous ? Pourquoi on joue à ce jeu où une chaîne nous fourgue une série correcte mais sans rien de spécial, qu'on va gratifier d'audiences correctes mais sans rien de spécial ? Pourquoi on joue à ce jeu de dupes où on se fait croire mutuellement qu'on est convaincus par la série, jusqu'à ce qu'elle disparaisse avec une tristesse correcte mais sans rien de spécial ?

Dans le fond, ce n'est pas vraiment le genre de la série qui m'agace le plus. Ce qui m'agace, c'est qu'on nous refile indéfiniment les mêmes séries pour remplir les grilles quand on a rien trouvé de mieux. Mais dés son pilote, Rookie Blue démontre qu'elle n'a rien de particulier à dire, mais qu'elle le dira quand même, et oh, elle le dira bien, mais à quoi bon ? Si tout me donne un sentiment de déjà vu, pourquoi on s'amuse à ça ?

Allez, ABC, de toi à moi, si tu y croyais, à ta petite série canadienne, tu ne l'aurais pas programmée l'été, déjà. Mais tu as tellement de mal à trouver des séries pour remplir tes grilles, que tu es prête à y mettre absolument n'importe quoi. Il faut dire qu'à force d'annuler à tours de bras tout ce qui est original et innovant dans ta grille, et à faire durer les shows qui perdent leur saveur, tu ne sais plus à quel saint te vouer, et je te comprends. Mais c'est juste pas sérieux. Quand tu compares avec des séries policières que tu as déjà diffusées, comme NYPD Blue, tu sens bien que tu es en sous-régime, non ? Et je dis ça, alors que je n'apprécie pas spécialement NYPD Blue ! Ca va durer combien de saisons avant que tu te ravises ? Parce que ne nous faisons pas d'illusions, du jour où les audiences déclinent, c'est pas pour les critiques ou les Emmy Awards que tu vas la garder, ta série.
Oh non, c'est certainement pas pour ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rookie Blue de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:05 - Review vers le futur - Permalien [#]

03-11-09

Why not regarder Bones

ReasonsWhyNot_Bones

Voici les 10 raisons de ne pas regarder Bones :

1 - Parce que vous n'en avez pas assez de vous abrutir devant NCIS, il vous faut Bones en plus ?
2 - Parce que l'intrigue pseudo-amoureuse ne tient plus personne en haleine depuis longtemps
3 - Parce que Zooey Deschanel est cent fois plus craquante que sa frigide frangine (et c'est pas pour une apparition en guest...)
4 - Parce que si ça passe le vendredi soir sur Hem6, c'est hautement suspect
5 - Parce que c'est comme les bouquins Harlequin : c'est un logiciel qui calcule le scénario (et il bugge !)
6 - Parce que David Boreanaz ("et puis franchement, un nom pareil"...)
7 - Parce que le générique est moins percutant que celui de New York 911
8 - Parce que vous tuez plus de neurones en regardant un épisode qu'en vidant une bouteille de vodka
9 - Parce que réciter l'encyclopédie médicale n'est pas une preuve d'intelligence
10 - Parce que le suicide n'est pas une solution
Libre à vous d'en ajouter, étant bien entendu qu'il n'y en a aucune à retirer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Bones de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 11:57 - lady's reasons why not - Permalien [#]

29-09-09

Trop pas

Je me souviens encore de la toute première fois où j'ai vu le pilote de New York 911. Il était tard, j'habitais alors ma toute petite chambre de bonne à Paris, et quand j'étais allongée dans le lit, je pouvais changer de chaîne avec les pieds sans même chercher la télécommande. C'était petit, mais ce soir-là, ça a été grand. Terrassée par l'adrénaline de la scène dans l'escalier, j'ai compris dans l'instant que ce que je regardais, c'était une série qui allait me plaire. Et effectivement, pendant quelques temps, elle m'a plu. Tant que j'ai su ressentir l'adrénaline sans avoir l'impression qu'il n'y avait que ça à prendre. Et puis plus tard, sans regret ni nostalgie, je suis passée à autre chose. Je n'ai jamais regardé la dernière saison, et je m'en fiche un peu, sincèrement.

Trauma ? J'en attendais la même chose, soyons clairs. Donc c'était forcément mal parti. J'espérais trouver quelque chose d'émotionnellement motivant, et où je n'aurais pas trop l'impression d'être prise pour un veau. Le pilote n'a pas su me convaincre sur ce dernier point ; d'ailleurs pour un résumé précis et éclairé sur la série, c'est pas compliqué, il suffit de lire ce tweet de Pierre Langlais. Vous avez tout compris.
Concrètement, pour vous résumer le truc, Trauma, c'est à la fois du secourisme intense, et l'histoire de secouristes qui ont survécu à un accident. D'où le jeu de mot sur le titre. Ha. Ha. Ha.

Regarder cet épisode m'a ramenée à une réflexion que je me fais souvent (et encore hier soir devant Shérifs à Los Angeles... c'est pénible une insomnie qu'on ne peut pas meubler avec une bonne série), qui est que depuis quelques années, on trouve beaucoup plus rarement que dans les années 90 des séries d'action pure, et surtout, pas honteuses de n'avoir que ça à proposer. Le tort de Trauma, c'est finalement de chercher, avec sa petite mythologie misérabiliste, à se faire passer pour une série dramatique. Il aurait fallu assumer.

Pourtant, je dois admettre que je ne suis pas aussi refroidie par les personnages que d'autres de mes collègues qui ont déjà parlé de la série (je pense à freescully dont je viens de lire la critique), principalement parce que le personnage de Reuben, interprété par le très yummy Cliff Curtis, m'a semblé plus original que la plupart des salauds de télévision, plus en relief. Et que, oui bon, il est yummy, quoi. Ne nous mentons pas.
Du coup, je vous avoue que Trauma m'a surtout permis de me dire "tiens, je pense que je vais explorer la filmo de Curtis", ce qui est toujours bon à prendre, vous êtes d'accord avec moi. Faut juste que je me motive pour finir celle d'Amber Tamblyn avant mais, bon...

Cette découverte mise à part, Trauma, ce sera sans moi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Trauma de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:31 - Review vers le futur - Permalien [#]

21-06-09

Le monde vu de la place du mort

J'avais déjà eu l'occasion de vous le dire, à l'occasion de Brooklyn South je crois, mais si la flicaille actuelle me sort par à peu près trous les orifices naturels depuis plusieurs années, avec ses experts en expertise et ses enquêteurs à l'intuition démesurée, je suis une amoureuse de l'uniforme. J'ai cependant mis beaucoup de temps à y venir. J'avais une sorte de conflit d'intérêt avec l'univers de la police pendant longtemps, puisqu'il s'agissait de la profession de mon père, et que j'ai souvent eu l'impression de faire ce métier autant que lui. Mais forcez une gamine à regarder des documentaires sur la vie de poulet, et cela remontera tôt ou tard : entre deux flics, ma préférence ira toujours à celui qui porte l'uniforme.

Les mains dans le cambouis, les deux pieds dans la merde jusqu'au genou, et le regard qui ne sera jamais plus tout-à-fait le même... il est là, mon policier. C'est celui qui sert et qui protège, pas qui érige la vérité comme la solution à tout. Les policiers en uniforme savent que la vérité, ça n'existe de toutes façons pas. Il n'y a que la Justice qui existe, et c'est un animal rare qu'on chasse toute sa vie dans les rues...

Quand ce soir, sur un coup de blues et une intuition, j'ai décidé d'enfin tenter Southland, je me suis dit : voilà, c'est de ça dont je parle. Merci à NBC d'avoir écouté.

Convaincue depuis des années que c'est là l'intérêt du métier de policier, je retrouve un peu foi en ce genre dont on nous a pourtant gavés ces dernières années. Le policier, c'est celui qui souffre en première ligne des maux de la société qui l'emploie et souvent le méprise. C'est celui qui, parce que tous les jours il est mis face à ce qu'il y a de plus bas ou bestial en chacun, a l'impression de se salir et se compromettre, alors qu'il compte peut-être parmi les plus humains d'entre nous. C'est celui qui hésite entre faire taire son âme et la libérer, et ne sait ce qui est pire. C'est celui qui s'étouffe au nom de la Justice des autres.

Une seule chose me chiffonne avec Southland : que tout le monde hurle au génie alors que la série, en soi, n'apporte pas grand'chose de nouveau. Le vieux de la vieille, le rookie, la nana... tout les stéréotypes sont là. Les thématiques n'ont hélas (pour les protagonistes, pas pour nous) pas changé depuis les constats pessimistes de The Wire ou The Shield, et la réalisation n'est pas tellement différente non plus, on sent même un peu l'héritage des premières saisons de New York 911 (ce qui est logique), elle est toute en nerfs, rapiéçant des photographies fugaces mais nettes du métier et des hommes qui le pratiquent.
Southland n'est pas révolutionnaire. Mais ça ne l'empêche pas d'être puissante et de toucher son but.

Je n'avais sincèrement pas prévu de regarder plus que le pilote. Je pense que c'est le genre de série que pourtant on gagne à suivre semaine après semaine au lieu d'attendre un peu et de s'enfiler une saison goulûment par la suite, comme c'est possible avec d'autres séries. Ici, la piqûre de rappel est nécessaire, mais la dose serait trop forte si on la prenait en un seul shot.

Ce soir, j'avais la tête à l'envers. Je voulais m'esquinter devant quelque chose de ravageur. J'ai hésité à reprendre un bon vieux Oz. J'ai regardé Southland. La plaie suinte, mais le pus est sorti. Catharsis.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Southland de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:06 - Review vers le futur - Permalien [#]

29-03-09

I will talk and Hollywood will listen

Si quelqu'un savait vraiment lire dans mes pensées, vous savez ce qu'il y lirait ?
"Pitié, arrêtez avec les mecs qui savent tout sur tout".
Je vous le dis parce que je sais que vous, vous n'êtes pas télépathes. Et je vous aime comme ça, ne changez rien. Et pour tout vous dire, avec un minimum de mot, j'ai en fait une autre technique, et ça s'appelle La preuve par trois.

TheListener_1
Comme par hasard... plus les personnages sont omniscients, plus ils ont aussi une chance de cocu. Ici, le personnage principal ne se contente pas d'avoir une vision à propos d'un accident qui va (ou est en train) de se produire, non, en plus, ça se passe à 10m de sa voiture alors qu'il n'est même pas en civil. Dans le genre coup de bol, ça se pose là ! Donc notre paire d'yeux bleus va se dépêcher d'intervenir, parce que quand on lui a dit que c'était lui le héros de la série, il l'a pris au premier degré et, du coup, il se lance auprès de la voiture accidenté, beau, fort, viril, enfin on imagine, l'uniforme n'est pas super flatteur. Bon, déjà là, j'ai une overdose du personnage principal, ça semblait assez prévisible vu les circonstances.

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Comme on pouvait là-aussi l'imaginer sans trop forcer, notre héros (pas retenu le nom mais de toutes façons, ce mec est réduit en permanence à une paire d'yeux, alors vous pensez si on ne nous aide pas beaucoup à retenir les autres détails), a un mentor qui sait tout sur lui MAIS qui lui fait tenir secrète sa capacité hors du commun. Ledit mentor a l'air très gentil et respectable, il a l'air sage, il en sait beaucoup sur le personnage principal (plus que lui-même de toute évidence)... donc méfiance. Le peu qu'on découvre sur les origines de Toby n'est de toutes façons pas tellement surprenant, on va avoir droit à un schéma assez classique sitôt qu'un personnage se trouve en possession de ce genre de don. Ça plus les yeux bleus, ça fait vraiment penser à KYLE XY, mais pour un public un brin plus âgé qui voudrait un peu moins de teenageries.

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Bon alors on résume : don particulier, enquêtes qu'on peut résoudre en lisant dans l'esprit des gens... mieux que juste les écouter penser, d'ailleurs, mais même avoir les images ! Heureusement que le gars est ambulancier, parce que s'il avait été flic, par exemple, vous imaginez un peu ce que ça donnerait ? On aurait quelqu'un qui sait toujours tout, peut mener n'importe quel interrogatoire où il le souhaite, et parvient toujours à obtenir des aveux... on aurait un autre Goren, quoi. Déjà un, on a du mal... bon. Evidemment il y a la fliquette qui va se retrouver dans les pattes de Toby régulièrement, la petite amie qui comme si c'était fait exprès est médecin... bon en gros c'est New York 911 avec moins de personnages, moins d'adrénaline, plus d'enquêtes, et plus de prévisibilité. Les comparaisons s'accumulent mais ça n'est toujours pas bon signe sur ce qu'on regarde.

Donc voilà, c'était pas ma pire découverte de la semaine, mais ce n'était certainement pas la plus sympathique, palme qui revient sans conteste à Better Off Ted qui, au moins, sait surprendre. Ce n'est certainement pas une qualité de The Listener, et à vrai dire, hormi les fameux yeux bleus, je n'en ai pas trouvé une seule. Mais si vous suivez les tags, vous vous apercervrez qu'on a déjà pu mirer les yeux bleus sur ce blog sans se farcir d'intrigue indigente, alors bon, à choisir...

Le seul vrai bon point, c'est que j'ai pas arrêté de penser à cette chanson dont j'ai utilisé le titre pour ce post, et que du coup j'ai bien envie de me remettre le CD. Bah, ça vaut mieux que rien, après tout... toujours bon à prendre.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Listener de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 10:27 - La preuve par trois - Permalien [#]