ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

09-12-11

Un presque bon moment à passer

Deux pilotes avec Anna Friel en une semaine. Soit trois fois plus que la dose maximale prescrite.
Après Neverland, voici maintenant l'occasion de tester Without You, une série en projet depuis quelques temps maintenant (souvenez-vous) et dont je n'avais même pas réalisé la diffusion avant de lire un tweet hier aprem dans ma timeline Twitter. D'ailleurs la fiche imdb n'a été mise à jour avec le titre définitif qu'après la diffusion du pilote hier soir, et n'apparait même pas dans la filmo d'Anna Friel.

WithoutYou

Anna, qui autant vous prévenir ne quittera même pas l'écran le temps d'une pause-pipi, est donc l'héroïne de cette mini-série dramatique qui commence lorsque son personnage, Ellie, perd son mari (Marc Warren, qui d'après mes calculs apparait dans 80% des séries britanniques) dans un accident de voiture. Jusque là tout va, euh, non, ça ne va pas bien mais c'est assez classique. Ellie passe donc par les phases habituelles du deuil dans une fiction : elle pleure, elle est choquée, elle discute avec le fantôme de son mari, la routine, quoi.
Sauf qu'Ellie a aussi appris qu'au moment de la mort de son mari, une femme était à ses côtés ; or, elle ne connaissait pas du tout cette femme. C'est là que l'intrigue démarre vraiment.

Parce qu'étrangement tout le monde dans son entourage est quand même super prompt à accepter la thèse selon laquelle le gentil mari la trompait avec la mystérieuse femme. Il faut dire que celle-ci est blonde et répond au nom de Milena, ce qui apparamment en Grande-Bretagne est le prénom qu'on donne à toutes les maîtresses.
Ce qui n'arrange rien, c'est que Milena était mariée, que son veuf a plutôt l'air furieux que triste, et qu'il refuse obstinément de se comporter comme un veuf, genre il pleure pas, il est pas choqué, et ma main à couper qu'il papote pas avec le fantôme de son épouse, non plus. Et ça c'est nécessairement suspect.

Avec ce petit côté obsessionnel qu'ont toutes les personnes dont un proche vient de mourir (peut-on le leur reprocher ?), Ellie va donc commencer à se poser des questions sur les circonstances du drame, d'autant qu'un juge a décrété que c'était un accident et que ce ne sont donc pas les autorités qui vont s'en charger. D'ailleurs je ne me doutais pas qu'il fallait réunir les témoins, les enquêteurs et les familles des victimes se retrouvent devant un juge qui prononce la mort accidentelle ; c'est une originalité du système britannique, je suppose, en tous cas c'était une scène un peu irréelle (et pas juste parce que tout d'un coup Ellie est en état de choc) pour moi qui pensais que le propre d'une mort par accident était qu'on n'avait pas besoin d'en passer par le processus judiciaire.

Dans la peau d'Ellie, Anna Friel n'est pas vraiment mauvaise. Mais il y a deux problèmes, et non des moindres : d'une part le déroulement de son deuil, dans la plus grande partie de l'épisode, est profondément cliché (avec ce qu'il faut de gens qui lui tapotent l'épaule et qui, dés qu'elle pleure, lui proposent de l'eau (wtf ?)), et de l'autre, le fait qu'Anna Friel n'est pas sympathique. Plus le temps passe plus je m'aperçois qu'en réalité Anna Friel n'est pas du tout sympathique, en fait, même quand elle est supposée l'être, elle a ce petit quelque chose d'irritant, de hautain et de fruste qui devient rebutant à la longue, et son omniprésence n'aide pas.
Ce n'est qu'à la toute fin de l'épisode qu'Ellie se sort de son côté pathétique/antipathique et se remue un peu.

Pourtant, on se doute bien qu'elle va découvrir quelque chose ; sa quête de vérité est trop méticuleuse, trop poussée, trop détaillée pour qu'elle ne donne rien, et elle va probablement passer les deux épisodes qu'il lui reste à découvrir que les choses sont plus complexes qu'il n'y parait ; Without You ne cherche pas vraiment, en réalité, à donner dans la surprise, de toute évidence (ce qui serait vraiment surprenant, ce serait que son mari se soit réellement tapé Milena et qu'elle se raconte des histoires). Les scènes supposées être "émouvantes" du pilote le prouvent, l'originalité n'est pas son fort. Mais ça se laisse regarder. A condition d'avoir pleinement conscience qu'on ne va, à aucun moment, se lier émotionnellement au personnage central, et que les autres ne sont pas là pour ça non plus.
On a connu des thrillers plus excitants, du coup, mais vu que Without You ne durera que trois épisodes, ce n'est pas gravissime...

Accessoirement, cela me rend encore plus admirative envers Pushing Daisies qui avait réussi à ne pas me rendre Anna Friel totalement antiphatique. Il y a définitivement quelque chose de magique dans cette série, ça se confirme.

Et pour ceux qui... hm. Bon.

Posté par ladyteruki à 18:15 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-12-11

Me and my shadow

Après deux semaines de fièvre, de mal de gorge, de toux, de maux de crâne, de courbatures, dans cet ordre PUIS dans le désordre, je suis obligée d'admettre que mes capacités de concentration sont devenues carrément aléatoires. Aussi, c'est avec un certain soulagement que j'ai reporté la plupart des mes autres activités (y compris les posts sur The Slap, plusieurs fois reportés déjà) à l'occasion de la diffusion de Neverland.
J'ai pratiqué le visionnage en deux fois, lundi et aujourd'hui, et je ne sais pas si ça signifie que mon état était préoccupant en début de semaine, mais j'ai trouvé le second épisode largement inférieur au premier.

Après l'image, j'aime autant vous prévenir, il va être difficile d'échapper aux spoilers, mais en même temps, comment faire autrement quand on parle d'une mini-série qui n'a duré que deux épisodes ?

Neverland-1

Pendant cette première partie, l'effet cheap typique de ces productions (le pénible Alice en était un frappant exemple) restait discret, essentiellement parce que le (long) passage historique permettait de limiter les dégâts : il y avait ainsi l'opportunité d'avoir des costumes et un monde éloigné du réel, ce qui est le but recherché par les séries Hallmark, sans avoir besoin de recourir excessivement au fantastique. C'était donc bien joué et, même si sur Neverland, les décors semblaient faits de polystyrène et de carton même quand ils avaient en réalité été imaginés par ordinateur, on continuait de bien le vivre parce qu'on était dans de bonnes conditions. Les Indiens étaient sympathiques, l'intrigue avait un bon rythme et les choses se passaient bien.

Et elles se passaient bien en raison d'une autre amélioration visible des pratiques Hallmark : une véritable intégration dans la tradition de science-fiction de SyFy, car oui, à une lointaine époque, SyFy donnait dans la SF, la vraie. Le premier chapitre de la mini-série avait réussi à faire de Neverland une véritable planète. Dans mon imaginaire et celui, je pense, de la plupart d'entre nous, Neverland était juste "un endroit", au mieux "un monde" ; un peu comme dans L'Histoire Sans Fin, sa nature fantastique lui permettant de n'avoir pas à se justifier de ses caractéristiques géographiques ou physiques. Neverland n'est pas un pays, ce n'est pas un point sur une carte, on y accède essentiellement en volant, mais ce n'est pas un astre ; il y a une raison à cela, Neverland est imaginée à l'origine comme l'équivalent d'un paradis pour les enfants, et personne n'irait demander de situer le paradis sur un mappemonde ou une carte du ciel. Neverland EST, c'est tout.
Neverland devient dans la mini-série du même nom une planète à la fois au centre et aux extrêmités de l'univers, et pourtant ça semble incroyablement cohérent avec l'univers de Barrie, et cohérent avec les exigences qu'on peut avoir envers SyFy. C'était un passage intéressant qui ouvrait la porte à une lecture intéressante de l'histoire de Peter Pan. Sans compter que l'utopie du Professeur Truc était intéressante, et une jolie métaphore sur la nécessité de cultiver son âme d'enfant pour faire évoluer l'humanité...

Si l'on cherchait un divertissement intéressant, merveilleux et sans complication, Neverland accomplissait sa mission avec brio lors de son premier épisode, donc.

On aimerait pouvoir en dire autant du second.
Déjà, l'utopie du Professeur Bidule est entièrement balayée, ce qui pose la question de savoir pourquoi l'angle avait été introduit dans le premier épisode. Mais ce n'est pas le pire, car le pire est à chercher dans les effets spéciaux. En fait, du moment où Peter apprend à voler, on comprend que la partie est perdue de ce côté, si tant est qu'elle ait vraiment été jouée ; on verra clairement les câbles qui lient le jeune acteur à au moins une reprise, et l'effet est si mal géré en général (le pauvre garçon se balance devant les acteurs auxquels il donne la réplique d'un air mal assuré) qu'on n'y croit pas un seul instant. Peut-être que je suis devenue une grande personne, et que c'est moi qui ne sais plus rêver, mais j'ai besoin d'un peu plus que ça dans une série fantastique, et arrivée en 2011, j'estime que nous avons atteint le niveau technologique permettant d'éviter les grues et les poulies, pour un résultat plus soigné.

A cela il faut ajouter les questions sur les relations entre Peter et son mentor James Hook, qui de plutôt touchantes dans la première partie deviennent une excuse pour pleurnicher et crier à tous bouts de champs ; c'est tellement hystérique que ça pourrait être un téléfilm français (oh la méchante) ! Sans compter que Hook passe son temps à vouloir sauver Peter, mais aussi à vouloir sauter la chef des pirates, mais quand même à vouloir sauver Peter, et on finit par avoir peur qu'il ne se trompe d'une lettre à un moment. Ma phrase ne fonctionnerait hélas pas si j'écrivais ce post en anglais.

Au bout d'environ 30 à 40 minutes, je ne regardais plus que d'un oeil et me concentrais plus sur le pain d'épices que sur l'intrigue. Peter passe son temps à être blessé et/ou frappé, mais l'animal semble increvable. Il va sans cesse à la confrontation avec Hook mais cela se fait sans panache. Aaya prend un air désolé/triste/inquiet/fatigué à intervalles réguliers. Les enfants perdus n'ont visiblement pas reçu une copie du scénario. Et il y a une araignée géante qui en fait est un scorpion. Normal.

Ce que l'on attend vraiment d'un prequel, ce sont les raisons qui font que les personnages sont tels qu'ils sont au moment de débuter l'histoire qu'on connait déjà. Neverland aurait pu arriver à quelque chose dans ce domaine, tout en offrant un univers complémentaire à l'oeuvre de Barrie de par son côté SF, si la mini-série avait suivi les pistes du premier épisode.
Mais le second n'est en fait qu'une longue salle d'attente pour nous conduire à l'affrontement final dans lequel, évidemment, Hook va perdre la main, et Peter va rester un enfant insouciant. Les tourments et les péripéties se montrent alors totalement cosmétiques, n'ajoutant rien qu'on n'ait déjà compris de longue date, et ne proposant rien de plus que l'affrontement final pour arriver à la situation que nous connaissons tous : Hook avec un crochet, Peter Pan sans son ombre, les Enfants Perdus vivant mille aventures à Neverland, etc...
La conclusion apportée sera d'ailleurs, comble du comble, assez brutale, presqu'un cliffhanger. De la part d'une fiction parfaitement écrite et conduite, cela aurait pu être intéressant (sous-entendant qu'il est temps pour l'histoire originale de prendre le relai), mais venant d'une mini-série déjà fort pourvue en défauts, cela n'aide pas à sortir du visionnage avec un avis positif.

Afin d'enfoncer un dernier clou dans le cercueil de Neverland, je me dois de parler des personnages féminins. Certes, la direction d'acteurs manque quelque peu de rigueur en général, mais concernant les personnages féminins c'est véritablement la cata. Q'orianka Kilcher, toute ravissante qu'elle soit, a une diction épouvantable et n'est pas aidée par le fait que son jeu ne lui permettrait d'obtenir que deux noms d'Indien : Face-de-Totem-Imperturbable et Douloureuse-Crise-de-Cystite. Ne parlons pas de l'inexpressive Clochette, campée par une jeune beauté constipée passée à la bombe de peinture argentée, pour passer à la pire coupable de toutes : Anna Friel. Ne croyez pas un instant que j'éprouve une quelconque affection pour elle : j'aimais bien Chuck, c'est un fait, mais c'est une actrice épouvantablement antipathique dont il émane quelque chose de mal dégrossi, limite vulgaire, en dépit de ses tentatives plus ou moins subtiles de passer pour une créature sensuelle et/ou mignonne selon les occasions (Neverland n'a été que l'occasion de la première possibilité, et encore). J'ai accueilli la mort de son personnage comme un soulagement parce qu'elle était irritante au possible. D'accord, les rôles féminins ne sont pas spécialement bien écrits (les rôles masculins le sont à peine plus), mais il y a un facteur aggravant dans le choix des interprètes et leur direction.
Cela dit, l'oeuvre de Barrie n'a jamais été idéale pour les personnages féminins, on peut donc dire qu'en cela Neverland s'est montrée fidèle à l'original !

Nan mais vous savez ce que je vais retenir de Neverland ? Le premier épisode. On va dire que ça s'arrêtait là. En fait, plus important encore, maintenant j'ai vraiment envie de revoir Hook. Deux décennies plus tard, voilà une oeuvre qui n'a pas vieilli. Bangerang !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Neverland de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:38 - Review vers le futur - Permalien [#]

02-12-11

Séries créativement contrariées

Cet automne, je n'ai accroché ni sur Once Upon a Time, ni sur Grimm. Les deux m'ont paru manquer dramatiquement de profondeur : Once Upon a Time s'est contentée d'être une série de Robert Halmi prolongée sur toute l'année, et Grimm rajoute simplement du folklore à des intrigues policières dont la teneur ne me semble pas spécialement sortir des sentiers battus.
J'avais pourtant un véritable a priori positif vis-à-vis de ces séries, dans le sens où utiliser les contes de fée pour des séries modernes est, nécessairement, une bonne idée.
Mais j'ai sans doute trop regardé Pushing Daisies, qui reste le conte de fée morbide et merveilleux le plus abouti de la télévision à ce jour.

Ce soir, dans The SeriesLive Show, nous nous sommes attaqués aux séries de contes de fée, et j'ai même résisté à la tentation d'imposer un Into the Show sur Pushing Daisies. Que restait-il à évoquer ? Bien plus de séries que vous ne l'auriez sans doute imaginé au départ, car entre le lancement ce weekend de Neverland, et les vieilles séries inspirées par les contes et légendes, il y avait plus de choix qu'espéré.
En particulier, nous avons passé le Into the Show sur La Caverne de la Rose d'Or, qui à première vue n'est pas forcément une série de contes de fée stricto sensu mais qui en réalité a su incorporer de nombreux contes dans sa narration... Mais on vous en dit plus dans l'émission.

La Caverne de la Rose d'Or, hélas, fait partie de ces fictions qui, comme La Légende d'Aliséa (spéciale dédicace à ma frangine) et autres Desideria, m'ennuient profondément quand elles sont presque invariablement diffusées à Noël. Tout cela manque... de fantaisie. Les moyens financiers, le jeu des acteurs et les effets spéciaux sont moins en faute que l'obsession des scénarios à vouloir créer un conte de fée en copiant des recettes qui doivent une partie de leur charme aux siècles écoulés depuis leur écriture, et à leur pouvoir de métaphore et de paraphrase.
Alors, comment est-ce possible ? Comment suis-je incapable d'apprécier la plupart des fictions touchant de près ou de loin aux princes et princesses alors que le sujet, a priori, m'enchante ?

La réponse est simple. J'ai lu, il y a bien des années maintenant, des contes qui ont transformé à jamais mon regard sur ces récits, et plus rien ne sera jamais pareil. Je veux parler bien-sûr des contes de James Finn Garner, dans lesquels, avec un humour décapant, il remet "au goût du jour" des histoires qui manquaient dramatiquement de politiquement correct.

ContesPolitiquementCorrects
VOILA une série basée sur les contes de fée que je voudrais réellement voir adaptée à la télévision. Avec un vrai parti pris, du recul, le second degré qui manque dramatiquement aux deux séries de cet automne (en particulier Once Upon a Time qui, vu l'état de ses effets spéciaux, n'a pas, en réalité, le luxe de se prendre au sérieux comme elle le fait), du décalage, et énooooormément de créativité. Politiquement correct fait plus pour l'univers des contes de fée que Grimm et Once Upon a Time réunis... leur offrant à la fois une relecture drôle, mais aussi une véritable gourmandise, piochant dans les univers de ces contes énormément d'idées et de personnages, sans jamais oublier le côté terriblement sordide de certaines situations, ni déposséder les histoires de leur merveilleux.
J'ai même un peu envie d'envoyer un exemplaire de chaque recueil de nouvelles de Garner à Bryan Fuller (sait-on jamais, des fois qu'il s'ennuie).

Vous me trouvez cruelle avec Once Upon a Time (à laquelle j'ai pourtant donné une chance au-delà du pilote) et Grimm ? Si j'étais James Finn Garner, je ne dirais plus : "Once Upon a Time est une série sans la moindre once d'originalité, tout juste bonne à amuser les enfants pendant la soirée du réveillon, et les adultes s'ils ont abusé du champagne au point de ne pas saisir le ridicule de la situation"... Je dirais : "Once Upon a Time est une série créativement contrariée idéale pour des spectateurs étant d'une exigence intellectuelle modeste, et loin de nous l'idée de vouloir réfuter leur droit à l'être".
Mais je ne suis pas du tout James Finn Garner. Et je ne suis pas aussi complaisante qu'il peut l'être avec les sorcières à la "bonté défectueuse". Je regrette que ce soient ces deux séries qui aujourd'hui tentent de faire vivre les contes de fée à la télévision américaine avec aussi peu de panache et d'inventivité.

Fort heureusement, ce soir, nous vous parlerons aussi d'autres séries inspirées de contes et légendes, parmi lesquelles The Charmings qui, si un bon rire vaut un bon bifteck, vaut toutes les boucheries-charcuteries de France et de Navarre...

TheSeriesLiveShow-MEAThe SeriesLive Show - 2x03 : Rien que des histoires

Mais le conseil téléphagique du jour, finalement, c'est un peu de laisser tomber les séries, et de foncer lire les nouvelles de James Finn Garner...

Posté par ladyteruki à 21:33 - Entre potes (cast) - Permalien [#]


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