ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

21-01-12

Gypsy queens

Smash-promo

Comme, peut-être, vous avez pu le déceler de façon incroyablement subtile via quelques uns de mes posts cette semaine ou sur Twitter, il est une série qui fait battre mon coeur en ce moment, un pilote qui m'a charmée, un coup de coeur qui m'est tombé dessus. Smash est LE pilote de la mid-season (qui pourtant, on l'a vu, n'est pas mauvaise) à mes yeux. Et pourtant, je l'ai tenté un soir où j'étais de particulièrement mauvais poil et où, considérant mes attentes, rien n'était gagné d'avance.

Cinq minutes s'étaient écoulées quand j'ai su que j'adorerais Smash. Le déclic s'est produit à cet exact instant :

Thatswhathesaid

Eh oui c'est tout simple mais l'atout premier de Smash à mes yeux a été d'assister au processus créatif à l'origine de ce qui allait devenir un projet pour Broadway tout en laissant de la place à quelque chose d'humain et sympathique, d'attachant, en somme.
C'est d'ailleurs assez incroyable de voir comment Debra Messing, qui n'est pas toujours ultra-convaincante dans les rôles purement comiques (on a pu le voir avec Ned & Stacey ou bien-sûr Will & Grace) peut se montrer incroyablement parfaite dans des rôles dramédiques comme celui-ci ou bien The Starter Wife, dont j'ai maintenant très envie de me faire une intégrale comme si je n'avais que ça à faire. Son alchimie avec Christian Borle est impeccable et donne immédiatement de l'âme au lancement de l'épisode. Borle, de son côté, n'est pas en reste, et nous montre immédiatement un personnage de Tom très humain. Et surtout, on prend très vite la mesure de son attachement à Ivy. Les liens entre ces trois-là sont tout de suite très tangibles, et rendent le lancement de l'épisode facile à apprécier. La dynamique avec Ellis, l'assistant, se montre très vite tangible également.
Il me faut encore ajouter que le cast est intégralement excellent. Pas un maillon faible dans cette équipe talentueuse. C'est un vrai plaisir d'y trouver, notamment, Anjelica Huston, qui aurait pu interpréter un personnage bien plus froid et rigide et qui se montre elle aussi parfaitement humaine.

C'étaient donc là les points-clés lorsque j'ai commencé l'épisode. Très vite, évidemment, le personnage de Karen prend de l'ampleur. Il est évident qu'en approfondissant son histoire Cendrillonnesque, l'épisode fait tout de suite le choix de la mettre plus en avant qu'Ivy, de sorte que le conflit ultérieur de la série est rapidement explicité, voire peut-être même tranché. J'aimerais qu'on entre autant dans la vie d'Ivy que dans celle de Karen, au moins pour le moment... Les sujets abordés via son personnage ne sont pas nécessairement de la plus grande originalité (coucher pour réussir ou pas, le regard des parents, etc...), et elle peut sembler "trop" innocente, mais elle n'en devient pas antipathique, au contraire, et surtout, elle apparait comme indubitablement talentueuse.

Smash fonctionne aussi très bien comme hommage à Marilyn Monroe. Il ne s'agit pas que d'un prétexte ou d'une facilité, comme cela aurait pu être le cas ; on ressent un vrai enthousiasme envers le sujet (encore une fois, notamment grâce au personnage de Julia, définitivement une force motrice de la série).

Le plus gros défi de Smash, à une époque où Glee nous fourgue des chansons toutes les 3 minutes faute d'avoir autre chose à montrer, était sans doute du côté des numéros musicaux. Leur présence est ici entièrement intégrée dans le cadre professionnel ; il ne s'agit pas d'avoir un personnage qui va subitement entonner une chanson pour exprimer ses sentiments ou simplement prouver qu'il a du coffre. La démarche, notamment en fin d'épisode, est certes de dresser un parallèle entre la carrière de Marilyn et les espoirs des deux interprètes potentielles, mais il n'est pas question de faire pousser la chansonnette gratuitement.
Même si on peut être légèrement surpris de la rapidité avec laquelle les numéros sont composés et parfaitement aboutis (le processus est évidemment accéléré à des fins dramatiques), à aucun moment on a l'impression que Smash est une série musicale, c'est une série qui, étant donné son objet, est vouée à contenir des numéros de chant et de danse, mais qui ne les surexploite pas et ne se repose pas dessus. Ce n'est pas sa nature, en fait, pas vraiment.
Au vu du trailer, d'excellentes chansons nous attendent d'ailleurs à l'avenir, de la même façon que le final de l'épisode est magnifique.

Au stade du seul pilote, Smash s'annonce comme une réussite à la fois sur le plan qualitatif et sur le plan de l'attrait pour le grand public. Le juste milieu est parfaitement trouvé entre une fiction attachée à délivrer d'une part quelque chose de sérieux et cohérent, de bien écrit et bien interprété, et d'autre part, capable de devenir, sinon culte, au moins particulièrement enthousiasmant pour une audience large. A ce titre, Smash n'est pas une série telle que, au hasard, HBO aurait pu en commander pour parler de Broadway ; elle n'a sans doute pas les qualités requises pour que la critique, unanime, la traite comme un bijou, en tous cas pas dés le premier épisode. Mais elle a de grandes forces derrière son appeal général, et avec un peu de persistance, elle peut contenter aussi bien un public exigeant que des gens qui viennent juste se remplir les oreilles de chansons le lundi soir.
Puisque je suis correspond à la cible dans les deux cas, vous imaginez bien que j'ai pris un pied phénoménal devant ce pilote (que j'ai déjà regardé 4 fois, comme ça a tendance à arriver de plus en plus quand un pilote me ravit), et que mon enthousiasme sans borne n'est pas prêt de se tarir. On en reparlera donc, à n'en pas douter.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Smash de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:52 - Review vers le futur - Permalien [#]

28-11-08

Et un post sur Ned de plus, un !

Alors qu'il y a pas si longtemps, je vous parlais du pilote de Will & Grace, j'ai eu la surprise de tomber, en un haut lieu de cagoulage, sur celui de Ned & Stacey, lequel ne partage pas uniquement avec le premier un goût pour les titres de série simplistes, mais aussi la présence de Debra Messing. Et moi, vous savez bien, dés que je vois une chevelure rousse...
Du coup, ayant le mobile comme l'opportunité, je n'ai pas pu résister à la tentation de le cagouler pour vous l'offrir ! Là, comme ça, en cadeau, parfaitement, et ce n'est même pas encore Noël !
En plus, ce sera ça de moins à numériser à partir de mes VHS plus tard, et sans le logo d'AB1, en prime !

On est donc partis pour un nouveau post La preuve par trois, et je parie qu'il y a moins de monde qui connaît Ned & Stacey que Will & Grace, pas vrai ?

NedStacey___1
D'ordinaire, quand deux personnages se rencontrent, et font des étincelles, on est plutôt dans la logique du coup de foudre à la Dharma & Greg. Bon. Bah là, pas trop. Ce serait plutôt les foudres de guerre ! Dans le cas de Dharma et Greg, les différences sont tout de suite présentées comme étant ce qui attire les personnages l'un vers l'autre, mais pour Ned et Stacey, c'est absolument le contraire. C'est tellement violent qu'on voit mal comment ces deux-là vont tenir tout l'épisode sans s'étriper...

NedStacey___2
Même si on devine rapidement que l'objectif de la série sera de rapprocher deux personnages que tout oppose (un classique), on reste quand même bluffé par le cynisme qui domine cet épisode, et notamment ses dialogues. Mais aussi, d'une façon plus générale, la situation qui est en train de naître sous nos yeux, celle d'une cohabitation complètement intéressée, égoïste, et fondée sur des préoccupations tellement terre-à-terre, qu'on a du mal à se rappeler que Ned & Stacey est pensé comme une comédie romantique ! Ce mariage blanc, mariage d'intérêt, appelez-le comme vous voulez, est en fais profondément glauque !

NedStacey___3
Un petit air de déjà vu ? Eh oui, Debra Messing est encore en robe de mariée ! Bon, j'ai bien conscience que, chronologiquement, c'est l'inverse, mais bon... tiens, il faudrait que je revoie le pilote de Prey pour vérifier un truc...
C'est un coup classique : les deux personnages qui n'ont rien à faire ensemble mais qui finalement... Cela dit, on parvient à être surpris par cet échange, puisqu'en fait, ici, c'est Stacey l'idéaliste qui a contracté ce mariage avec le plus de cynisme... Ned ayant en effet une pointe de sentiments pour elle ! Double surprise, à vrai dire, puisqu'on aurait mal imaginé qu'il ait des sentiments tout court, pour commencer. Voilà qui donne lieu à un échange acerbe, mais d'un autre côté, il faut reconnaitre que la série a des dialogues très vifs de toutes façons, c'est d'ailleurs son atout majeur, avec Thomas Haden-Church.

Il y aurait très certainement un peu plus à dire de ce pilote, à commencer par la présence de Greg German, fishiste avant la lettre, mais bon, les règles sont les règles, trois captures, et pas une de plus !

Voilà, je suis sûre que ça vous fait du bien que je ne parle pas toujours d'un seul et même Ned, pas vrai ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ned & Stacey de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 22:34 - La preuve par trois - Permalien [#]

11-06-07

Desperate Staterwife

Certaines séries ont le défaut de tout de suite vous en évoquer une autre. Cette année, ce n'est pas étonnant outre mesure qu'on ait des relents de Desperate Housewives régulièrement, toutes les chaînes ont leur remake dans la grille. D'ailleurs je vous ai déjà parlé de Army Wives... eh bien voilà, tout le monde a sa variation sur le même thème. La bonne nouvelle, c'est que la ménagère de moins de 50 ans américaine va enfin se reconnaître dans les séries de cette saison, où le jeunisme prend un sacré uppercut.

C'est Debra Messing qui se commet dans The Starter Wife, objet du post d'aujourd'hui. Arrêtons-nous d'ailleurs sur ce choix de casting : Debra est une plutôt bonne comédienne, et surtout elle est bien bankable, du coup voilà un show taillé sur mesure pour elle. D'abord parce qu'il est léger : nous n'avons pas trop de scènes exagérément dramatiques, même quand elles seraient en droit de l'être, vu que Debra est plus douée dans l'humour (il suffit de voir sa prestation déplorable dans Prey) que dans la tragédie. Ensuite, pas de gags : le temps perdu à refaire inlassablement les prises d'une série qui n'est pas tournée en public est ainsi gagné, et ce, juste parce qu'elle fait partie de ces comédiennes incapables de dire une tirade drôle sans exploser de rire (c'était évident dans Will & Grace mais aussi dans Ned & Stacey). Que reste-t-il ? Un rôle doux-amer qui lui va comme un gant, donc, et qui lui permet d'être efficace.

D'ailleurs bien des choses sont efficaces dans The Starter Wife : le scénario, qui en dépit d'un pilote d'1h30, ne possède pas un temps mort, pas une petite digression ; les dialogues, dont on ne peut pas dire que la prod' ait fait son soucis majeur, du coup au lieu d'être excellents, ils sont efficaces... et enfin les acteurs, qui rentrent tous sagement dans leurs petites boîtes, sans chercher à nous épater, juste à servir l'histoire. Bref, une bonne machine bien huilée qui prouve que devant et derrière la caméra, tout le monde sait ce qu'il fait. C'est du travail bien brossé.

Inutile de vous faire une dessin : il manque donc un éclair de génie à cette série, le truc qui crée le coup de coeur, la seule raison pour laquelle vous allez accrocher à la série plutôt que de simplement la regarder si vous tombez dessus en zappant. The Starter Wife n'est pas une série qui vous fait tomber en pâmoison, c'est juste une bonne série, ce qui, certes, est déjà pas si mal. Elle ne possède pas un casting à tomber raide, juste un bon casting. Son générique n'est pas épatant, juste marrant. Sa bande son n'est pas amusante, elle est... ah bah non, là c'est pire, c'est la B.O. de Desperate Housewives. On oublie la musique.

Alors, pourquoi regarder The Starter Wife ? La réponse n'est pas une énorme affirmation enthousiaste, du genre de "oh mon Dieu c'est trop génial il faut absolument regarder c'est énorme", en fait c'est plus subtil que ça, et c'est la raison pour laquelle The Starter Wife n'aura sans doute pas le succès du DH dont elle s'est si visiblement inspiré.
Je pense que le charme classieux de Debra Messing (toujours sublimissime et altière, c'est le rôle qui le veut mais on a la classe ou on l'a pas), les décors hollywoodiens (cette maison sur la plage, je pourrais tuer pour y emménager vous savez ???), et les mille petites intrigues des uns et des autres (certaines commençant assez tardivement comme les problèmes d'argent du quota gay) ont leur intérêt, leur charme, et peuvent toucher une partie du public qui appréciera cette sobriété et cette sorte de subtilité. En plus, ces éléments peuvent gagner en impact à mesure que la série vieillira et larguera les amarres.

Et puis, quand bien même de nombreux éléments de la série sont très conventionnels, scolaires pourrions-nous dire éventuellement, on ne peut que se prendre d'affection pour le personnage de Molly : c'est un personnage extrêmement attachant, finement drôle (pour les raisons énoncées plus haut, elle ne fonctionne pas par tirades étincelantes mais par l'accumulation de petites attitudes charmantes et amusantes), bref plein de qualités que toutes les Desperate Housewives, non plus que beaucoup de leurs clônes, n'ont pas à ce point, optant plus souvent pour la comédie franche. Un équilibre très féminin, pas du tout caricatural, finalement assez naturel : voilà la force de ce personnage, et donc de la série.

Arriverai-je à me préoccuper des déboires de Molly pendant longtemps ? Déjà, 1h30, ça ne m'a pas semblé si long que ça, c'est déjà bon signe, surtout venant de quelqu'un qui est paramétré pour avoir envie de zapper au bout de 45mn. Certains personnages de second ou troisième rang ont piqué ma curiosité aussi, certaines interactions de Molly avec ces personnages sont intéressantes, le final est touchant sans jouer les violons, bref il y a finalement des raisons... comment dire ? Raisonnables ? De donner sa chance à The Starter Wife. Au moins une chance. Vous aviserez ensuite.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Starter Wife de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:27 - Review vers le futur - Permalien [#]


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