ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

17-04-12

Actually yes, I do care

NYC-22

La différence, c'est le ressenti.

Et pourtant on pourrait imaginer que ce ne soit pas nouveau. Intellectuellement, je suppose que je le sais, mais les idées préconçues ont la vie dure.

Les séries policières comptent probablement parmi celles à propos desquelles j'ai le plus de préjugés négatifs, et je pars souvent du principe qu'elles ne peuvent plus me surprendre ni même m'émouvoir. Parce que j'ai l'impression de connaître le sujet du bout des doigts et plus encore. Parce que j'ai la sensation qu'il n'y a rien à dire sur le métier, la fonction, le quotidien, que je n'aie lu, vu, entendu cent fois. Je suis fille de flic, à plus forte raison d'un flic qui avait besoin de me mettre le nez dedans alors que je n'avais pas 10 ans, et qu'il s'agisse de fiction ou de réalité, j'ai souvent le sentiment de connaître ce métier aussi bien que si je le pratiquais. C'est erronné évidemment, mais c'est comme ça que je le vis. Et du coup tout semble être une redite.
Il y a eu des périodes de réconciliation avec le monde policier ; essentiellement pour les séries en uniformes (pas les enquêtes qui ont fait les gros succès de la télévision américaine, donc), et à doses homéopathiques. Brooklyn South, une saison, parfait. Southland, abandonnée au bout de deux saisons ; j'aime toujours la série, mais de loin. En règle général ça reste quand même un domaine avec lequel je prends vite mes distances même quand la qualité est là.
Je me rappelle encore de la première fois que j'ai découvert Rookie Blue. C'était comme relire quelque chose que j'aurais appris par coeur ; les scènes se déroulaient et en dépit du fait que c'était la première fois que je les voyais, elles ne comportaient rien d'inédit. C'était le niveau zéro de la découverte : quand on regarde un pilote pour le regarder, mais alors que l'effet de déjà vu est plus fort que tout.

C'est avec l'intuition qu'il allait se passer quelque chose de similaire que j'ai démarré NYC 22. Sur l'air de "ok, je regarde parce qu'au moins ce ne seront pas des enquêtes, mais dans une heure c'est fini et on n'en reparlera plus jamais".

Et je devrais le savoir. Je le devrais mais les préjugés me font oublier. La différence, c'est le ressenti. Entre NYC 22 et Rookie Blue, la différence c'est que même avec une structure similaire (des jeunes flics qui font leurs premiers pas), j'ai ressenti quelque chose. Parce que les personnages m'ont un peu plus interpelée, peut-être. Parce que les dialogues étaient moins cosmétiques, possible. Ou bien parce qu'il y avait quelque chose d'autre, c'est difficile à dire à ce stade. Mais j'ai ressenti un vrai enthousiasme devant NYC 22 parce que la différence entre une bonne et une mauvaise série, ce n'est pas le pitch original, c'est le traitement. C'est du traitement que dépendra toujours le ressenti et c'est du ressenti que dépend la téléphagie. Et on pourrait se dire que depuis le temps je le sais, c'est tellement évident, comment l'oublier ? Mais ça reste une redécouverte à intervalles réguliers.

Peut-être que ce qui m'a plu dans NYC 22 ce n'est pas simplement les histoires de police en uniformes. C'est que j'avais l'impression d'apprendre rapidement à connaître les hommes et femmes derrière ces uniformes. Ca fait également une énorme différence ; peut-être que les personnages de Rookie Blue ne seront jamais que cela, des personnages, issus de l'esprit d'un scénariste, paramétrés pour offrir telle possibilité narrative ou telle autre, et qu'en fait j'ai vu les protagonistes de NYC 22 comme des humains, tout simplement. Ils arrivaient à m'être proches, en l'espace de ce premier épisode ; je crois que la proximité est précisément ce que je recherche dans une série policière en uniformes, en fait.

Les flics de NYC 22 arrivent avec un background imposant. En fait c'est ce qui les caractérise : ils sont essentiellement là pour nous parler de leur passé et pas des masses de leurs attributions. Le pilote fait énormément de cas de la raison pour laquelle ils sont là, aujourd'hui, chacun.
Probablement que NYC 22 est, à sa façon, capable de tirer partie de l'essence de ce qui fait la légende de la police new-yorkaise : un immense patchwork d'hommes et de femmes aux parcours divers qui viennent trouver une existence "normée" sous l'uniforme. On ne le ressent pas avec la police de la plupart des autres villes ; ce n'est pas ce qu'on ressent quand on regarde Southland ou Boomtown, ce n'est pas ce qu'on ressent quand on regarde NYPD Blue ou Les Experts Manhattan. C'est unique aux flics en uniformes de New York, et à cette catégorie bien précise seulement. Chacun arrive avec son accent et son passé, un peu comme on arrive à New York, et l'uniforme est l'équivalent moderne d'Ellis Island. C'est comme ça que je le vois. Ca leur est unique, aux flics de New York. Et NYC 22 m'a ramené dans cet univers bien particulier qui m'avait plu avec Brooklyn South et New York 911, a ravivé cette impression que je pensais éteinte.
Mais NYC 22 n'est pas une redite de ces séries. Elle n'appartient pas à une époque révolue. Elle est incroyablement moderne dans sa façon de nous parler des parcours de ses personnages, à l'instar de Lazarus et de sa trajectoire, qui nous parle, encore une fois, de crise, ou Ahmad, qui est un personnage qui n'aurait pu exister que dans une série post-11 Septembre. Et chacun débarque avec son expérience de la vie, mais aussi une expérience professionnelle antérieure, bien souvent. Les "rookies" ne sont pas des bleus, en réalité. Ils débarquent de l'école de police mais ils ne sont pas de grands naïfs qui découvrent le monde. C'est ce traitement qui est émouvant, et ce traitement qui fait la différence entre une série policière d'une banalité affligeante, et une série policière telle que NYC 22. Qui n'invente rien. Mais qui a décidé que ce qu'elle ferait, elle le ferait bien. Pari tenu, en ce qui me concerne.

A l'issue du pilote, j'avais deux envies : envisager de reprendre Southland... et poursuivre NYC 22.
Oh mon Dieu, j'ai vraiment envie de poulet sur mon écran. Je crois que ça fait bien une douzaine d'années que ça ne m'était pas arrivé.

Posté par ladyteruki à 19:39 - Review vers le futur - Permalien [#]

22-02-12

La bibliothèque violette

Suite à la demande de linoachan sur Twitter qui me demandait des titres d'ouvrages sur les séries, je me suis dit que le mieux était probablement, vu l'ampleur de la tache qui consiste à synthétiser ce que j'ai pu lire à ce sujet pendant ma courte vie de téléphage, d'en faire un long post et donc, d'en faire profiter tout le monde. Dont acte.

Notons avant de nous lancer dans une bibliographie que j'ai précédemment pu vous parler de guides se rapportant à une seule série (c'était là) et que je vais cette fois me tourner vers des ouvrages relativement généralistes.

Pour commencer, et notamment parce qu'entre nous soit dit, ça me permet de mettre mon préféré en première position, je vais commencer par ceux en français :

Livres_GuideTotemdesSeriesT_l_   

Le Guide Totem des Séries Télé - 1999 (Martin Winckler / Christophe Petit)
Type : encyclopédique / Langue : française
Egalement connu dans ces colonnes comme étant "la Bible". Certes l'ouvrage commence légèrement à dater mais ne vous y trompez pas, cela reste une excellente base de départ pour quiconque veut aller plus loin que les trois séries découvertes sur TFHein. Les grandes vocations commençant rarement par le visionnage de chef d'oeuvres, le Guide Totem se lit comme une référence qui permet de sélectionner par où commencer pour étoffer sa culture série. Mériterait une version remise à jour couvrant les 12 années "manquantes". Un must-have.

     
Livres_LesMiroirsdelaVie   Les miroirs de la vie - 2005 (Martin Winckler)
Type : théorique et historique / Langue : française
De tous les ouvrages aujourd'hui disponibles sur l'apparemment éternel thème des séries-qui-méritent-d'être-réhabilitées, c'est de mon point de vue le plus essentiel. Probablement parce qu'il fait à la fois partie des plus complets et des premiers. L'ouvrage aborde à la fois ce qui est typiquement attendu de lui par le lecteur moderne, à savoir un mix plus qu'honnête d'histoire télévisuelle, d'analyse des grandes séries et découpage des différents genres, mais exprime aussi, et c'est un plus indéniable qui termine de lui donner toute sa valeur, l'ancrage de la fiction dans la société américaine, sans jamais perdre le ton de celui qui aime parler de ce dont il parle bien. Faudrait que je me le relise, d'ailleurs, ça fait deux ou trois ans.
     
Livres_LesSeriesTeleviseesLAvenirduCinema   

Les séries télévisées : l'avenir du cinéma ? - 2010 (Jean-Pierre Esquenazi)
Type : théorique / Langue : française
Essayant pour la 712e fois de nous informer que les séries ne sont pas un sous-produit de basse qualité (il y a de fortes chances pour que vous pensiez déjà quelque chose de ce genre si vous faites l'acquisition du livre), voici un grand plaidoyer en faveur des séries et de leurs qualités. Outre le propos qui manque un peu d'originalité, et enfonçant quelques portes ouvertes en particulier étant donné son âge (paru en 2010), les exemples pris afin d'illustrer la qualité du medium sont toujours les mêmes. On est loin d'un ouvrage sans intérêt mais force est de constater qu'il n'apprendra rien à ceux parmi vous qui connaissent déjà un peu le monde des séries.

     
Livres_DeQuoiLesSeriesAmericainesSontEllesleSymptome    De quoi les séries américaines sont-elles le symptôme ? - 2011 (François Jost)
Type : théorique / Langue : française
On a l'impression qu'à un moment, il faut des livres sur les séries télé qui arrêtent de répéter que les séries sont dignes d'intérêt pour convaincre on ne sait trop qui. Ce petit livre (tant par sa longueur que son prix) a décrété que le débat était classé et cela lui permet d'explorer le rapport que les spectateurs entretiennent aux séries américaines. On en partage l'analyse ou pas, et il faut excuser les menues erreurs factuelles (mais dans un ouvrage court ça se remarque plus vite), mais on ne peut qu'en apprécier la pensée sur le fond. Il en faudrait plus, des comme ça.
     
Livres_LArtdesSeriesT_l_    L'art des séries télé - 2010 (Vincent Colonna)
Type : théorique et historique / Langue : française
Un titre à mon sens légèrement grandiloquent (il y sera, en réalité, peu question d'art à proprement parler) mais qui s'avère être une excellente synthèse des choses à savoir sur la télévision américaine, son histoire, le fonctionnement de son industrie, mais aussi ses modes de fabrication. Personnellement je ne vois pas ce livre comme un guide pour les Français souhaitant surpasser les Américains l'idée même confine au ridicule à mes yeux tant les USA ne devraient pas être la référence absolue), et je pense que le titre est plus vendeur que révélateur sur le contenu du livre. En outre, si vous faites partie de la génération qui n'a que peu ou pas connu des séries comme NYPD Blue, le livre comporte nombre d'anecdotes intéressantes sur la façon dont cette série et quelques autres ont pu voir le jour, survivre, puis exister, dans un climat différent de celui, post-grève des scénaristes, qu'on connait à présent.
     
Livres_ReceptionTelevisuelleetAffectivite    Réception télévisuelle et affectivité - 1999 (Stéphane Calbo)
Type : théorique / Langue : française
Bien qu'aujourd'hui un peu datée (et ça se sent aux références), voilà une étude que je recommande chaudement de par son approche sociologique de la "réception télévisuelle", qui est à peu de choses près ce que moi j'appelle téléphagie. L'étude est basée sur une observation très concrète, ainsi que des entretiens, avec des sujets regardant différents programmes dont ils sont coutumiers, et s'emploie ensuite à décortiquer à la fois ce qu'ils en disent, et ce qui est observé pendant le visionnage. Ca n'a l'air de rien mais on apprend là énormément sur la façon dont nous nous lions aux programmes que nous regardons (j'emploie le terme "programmes" car il n'y a pas que des séries qui sont ainsi étudiées mais aussi Les Guignols de l'Info), comment fonctionnent les processus d'attachement et d'affectivité sur le long terme, et la relation que nous entretenons, parfois sans même chercher à en créer, avec nos émissions. C'est un peu verbeux, mais cela relève d'une démarche bien différente de toutes les précédentes. Personnellement je considère que c'est l'un des ouvrages fondateurs de la façon dont j'analyse ma façon de regarder des séries aujourd'hui.
     
Livres_LaTelevisiondesRealisateurs    La télévision des réalisateurs - 1984 (Jacqueline Beaulieu)
Type : historique / Langue : française
La notion de "fiction française" (comprendre : en déroute) n'est pas neuve. Je viens de relire la préface de Claude Santelli et c'est vraiment édifiant combien certaines questions ne semblent pas avoir été résolues en 30 ans, sans jamais cesser d'être posées. Mais il ne s'agit pas ici de dresser un bilan catastrophique de la télévision française. Une fois n'est pas coutume, cet ouvrage vous invite à revivre l'histoire de la télévision... française. On dirait qu'il n'y a plus grand monde pour y penser et pourtant. Et surtout, ce livre est basé sur des rencontres et interviews réalisées avec un peu moins d'une trentaine de professionnels (essentiellement réalisateurs) de la télévision française de l'époque, racontant leur rapport au média, leurs ambitions pour ce moyen d'expression, leurs expériences, leurs souvenirs, leurs anecdotes. C'est hyper riche. C'est surtout une bonne façon de réhabiliter... eh bien, les séries françaises, pour changer. On y sent un certain chauvinisme, mais il y est même question (brièvement) d'Europe, ce qui fait que ça va être intéressant pour moi de le lire maintenant.

En matière d'ouvrages en langue anglaise, ne nous voilons pas la face, je ne me pose pas comme une référence : ironiquement, mieux je lis l'anglais et plus mon budget livres est serré (la faute au budget DVD, évidemment). De ce fait, la liste sera plus réduite mais n'allez surtout pas croire qu'il n'existe pas de quoi s'en mettre plen les yeux.
En fait, j'aurais tendance à recommander de faire votre marché dans les bibliographies des ouvrages francophones ci-dessus, tous très friands de références documentaires palpitantes qui vont à coup sûr vous faire saliver. Personnellement je les évite maintenant, sinon je me fais du mal...!

Voici en tous cas quelques un de ceux que j'ai lus et dont je peux juger :

Livres_TheDoramaEncyclopedia   

The Dorama Encyclopedia - 2003 (Jonathan Clements / Motoko Tamamuro)
Type : encyclopédique / Langue : anglaise
Comment vous dire ? Impossible d'en faire jamais le tour. La richesse de cet ouvrage est immense. C'est d'abord et avant tout une base de données inégalée y compris sur le web (et vu que de nos jours, un grand nombre d'ouvrages encyclopédiques perdent les 3/4 de leur valeur après publication du fait du web, la présicion est d'importance), et surtout une mine de renseignements, comportant des précisions brèves mais vitales sur le fonctionnement de l'industrie télévisuelle japonaise, avec ses particularités. Je me le suis payé comme récompense après mon tour du monde, et j'y reviens encore, c'est une sorte de nouvelle Bible. Sauf qu'il n'a pas la valeur critique de la "vraie" Bible présentée plus haut et que c'est au lecteur de faire le tri. Mais c'est un indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à la fiction nippone.

     
Livres_TheSciFiChannelEncyclopediaofTVSCienceFiction   The Sci-Fi Channel Encyclopedia of TV Science Fiction - 1998 (Roger Fulton / John Betancourt)
Type : encyclopédique / Langue : anglaise
Ce fut l'une de mes premières encyclopédies et malgré les années et internet (voir paragraphe ci-dessus), je m'y replonge toujours avec plaisir, car la quasi-exhaustivité de l'ouvrage, au moins pour son temps, en fait une référence absolue dans son domaine. Domaine qui par ailleurs s'étend également au fantastique et même à l'horreur ! Impossible de tourner les pages d'un air blasé en prétendant tout connaître comme on pourrait le faire de certains ouvrages s'éverturant à psalmodier les dates de naissance des séries connues de tous, ici on a une mine de renseignements sur des séries bien souvent méconnues, à plus forte raison pour le spectateur français qui n'aura pas eu accès à la moitié (et je dis ça pour être gentille).
     
Livres_WorldTelevisionFromGlobaltoLocal   

World Television: From Global to Local - 2007 (Joseph D. Straubhaar)
Type : théorique / Langue : anglaise
Ce n'est clairement pas le plus facile d'accès de cette liste. Mais c'est l'un des plus intéressants de par sa valeur à la fois industrielle et sociologique, expliquant quelque chose qui me semble fondamental de comprendre aujourd'hui : la façon dont les différentes industries télévisuelles du monde sont perméables les unes aux autres, notamment de par la notion de marché (vente de formats, adaptations, etc...). Sans se focaliser uniquement sur la façon dont les "flux" de contenus télévisuels voyagent, l'ouvrage s'intéresse à la façon dont le public reçoit un programme selon le prisme de sa propre culture, et se l'approprie (ou non). L'auteur, qui explique en guise d'intro son looooong parcours notamment universitaire et géographique, est un spécialiste du Brésil, et les références à l'industrie télévisuelle de ce pays sont évidemment nombreuses (mais bien d'autres pays entrent évidemment dans le champs de ce travail).

Naturellement cette liste est loin d'être exhaustive, mais souffrez que je ne parle que des livres que je me souviens avoir lus (eh oui j'avoue tout, six mois après mon déménagement mes livres sont encore dans leurs cartons... je n'ai pas assez de place sur mes étagères). Peut-être que j'en ai lus d'autres, mais je ne m'en souviens pas ce soir. Et sans aucun doute, il y en a plein que je n'ai pas lus mais qui existent, et rien que sur Amazon on en trouve facilement à partir de ceux dont j'ai pu vous parler ici.

Reste qu'il s'agit là d'une bonne base de départ pour tous ceux qui veulent sortir concilier lecture et téléphagie, et ainsi aller plus loin dans ce domaine.

Posté par ladyteruki à 19:26 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

29-09-10

Binaire

Binaire

Je ne sais plus dans quel bouquin que je lisais le mois dernier la chose a été rappelée à mon bon souvenir. L'auteur y rappelait comment NYPD Blue, après une difficile première saison remplie de problèmes et de controverses, avait fini par devenir l'un des fers de lance de la chaîne ABC, essentiellement au nom des bonnes critiques (et il est mentionné à demi-mot que l'équipe créative poussait pas mal aussi). En lisant ces quelques mots, je m'étais dit : "ça ne se produirait plus maintenant".

Eh bien la preuve avec Lone Star. Je n'ai pas été tendre avec son pilote, mais elle avait clairement du potentiel, elle avait juste un grand besoin de maturité. Mais globalement, ceux qui ont pensé à regarder la série la semaine dernière avaient quand même envie de la soutenir, parce qu'elle apportait quelque chose de nouveau et de différent dans la grille de rentrée, quelque chose qu'on n'y voit pas très souvent, a fortiori sur un network (que ça vous défrise ou non, c'est vrai).
Hier, comme vous le savez tous, la série a officiellement été annulée. Voyez : ça ne se produit plus, maintenant. Les bonnes critiques ne suffisent plus à soutenir une série. On est dans l'après-grève et on continue de compter des victimes dues aux cordons de la bourse qui se sont resserrés jusqu'à l'étranglement (parfois je soupçonne que ce soit aussi une excuse facile pour les chaînes : "la série coûte trop cher, elle n'est pas rentable, on peut pas continuer", ouais enfin, c'est pas la première crise économique que vous connaissez, et ça vous a pas toujours arrêtés...).

On est dans un univers de programmation binaire maintenant. Ça marche ou ça marche pas, il n'y a pas d'entre deux. Moi, je suis cruelle avec les pilotes quand d'après leur visionnage je détermine si je vais continuer de regarder la série ou pas ? Eh bien c'est rien comparé à des chaînes comme ABC ou FOX qui vont jusqu'à les annuler ! C'est tout ou rien, on veut que ça fonctionne. Sauf quand il y a des gens puissants dans les coulisses pour pousser à mort comme pour 30 Rock, hein Lorne, qui voudrait te contrarier mon bon vieux Lorne ?

La critique ? Mais on s'en fiche de la critique ! C'est pas elle qui achète les produits qu'on laisse vendre pendant les pauses pub, que je sache ! Si la critique est mauvaise mais que les gens sont suffisamment cons pour regarder, on continue, c'est pas grave ! A l'inverse, dés que le public déserte, pas de quartiers. Et du coup on se retrouve avec des séries parfois excellentes, parfois potentiellement bonnes, qui finissent sur la chaussée en moins de deux épisodes.
Alors on va blâmer le public, qui ne s'est pas branché devant. C'est vrai ça, c'est étonnant, pourquoi le public de 2010, quand on lui présente un "Dallas moderne", il ne se rue pas sur la série ? C'est bizarre, c'est comme si on leur avait mal vendu la série mais, non, attendez, ça peut pas être ça. Non, ça se trouve, c'est juste que le public est abruti. Rhalala, on avait acheté une bonne série pourtant, mais les gens veulent pas la regarder, vraiment ça nous tord le cœur mais, quoi, on va pas diffuser de la qualité à perte non plus ?

A force de déshabituer leur public à la qualité, les audiences se vautrent. Bah oui, normal. Quand on trépane quelqu'un, on lui demande pas de résoudre une équation derrière... Sauf qu'après, ce sont les mêmes chaînes qui vont se plaindre que toutes les récompenses de séries dramatiques vont au câble. Comme quoi il est pas complètement abruti, le téléspectateur, hein, il a juste bien compris qu'il n'y avait rien à attendre de vous.
Si personne n'a regardé Lone Star, peut-on avancer l'hypothèse que c'est parce que personne ne pense que la FOX peut sortir une série dramatique originale, autre que les éternels formula shows ? Et que même quand une série est bonne, elle finit par être annulée alors pourquoi se donner la peine, sérieusement ? On n'en attendait pas grand'chose parce que FOX a eu la présence d'esprit de qualifier la série de pseudo-Dallas quand il aurait été tellement plus judicieux de la vendre en faisant des parallèles avec Big Love.

L'ironie finale, c'est que le héros de Lone Star se tapait deux femmes... et qu'il aura fini sur la longue liste des "screwed by FOX".

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (allez, pour la route) : la fiche Lone Star de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 14:15 - Point Unpleasant - Permalien [#]

23-09-10

It's textbook

Il est 1h34 du matin. L'angoisse. L'angoisse de la page blanche. En fait, la page est aussi blanche que mes idées sont noires.  Je n'y arriverai jamais. Je crois que j'ai surestimé mes forces. C'est comme si on attendait de moi que je réinvente la roue à chaque nouvelle ligne. C'est impossible. La tâche est simplement impossible.

Quelle idée j'ai eue, aussi ? Pourquoi aller pitcher une série policière ? Bien-sûr qu'elle allait se vendre, c'est si facile de vendre une série sur des flics de nos jours, mais encore faut-il l'écrire ! Je voulais gagner ma vie, je voulais faire de la télé, c'est là que ça se passe, là qu'il y a du fric à se faire, là qu'il faut être... mais tout d'un coup je me demande ce que je vais bien pouvoir faire de ce pilote.

Des flics. Ça, c'est clair dans ma tête. Mais après ? Bon, un commissariat. Avec plein de flics différents qui se croisent sur des enquêtes... un endroit paumé, oublié de Dieu, où la police est le dernier bastion de la civilisation, dans un bâtiment délabré, presque sinistré. L'impression de lutter contre un système en pleine décadence, avec des personnages ambivalents et dépassés, mais consciencieux...
Mais comment le dire une nouvelle fois ?

Il est 2h18 du matin. J'aurais dû écouter mon père et reprendre sa putain d'épicerie. Pourquoi je me suis embarqué là-dedans ? Je regarde sa photo sur mon bureau, à côté de mon écran désespérément vide. S'il me voyait maintenant à ramer pour écrire quelques lignes...

Et c'est là que je les ai vus. Mes DVD. Je les ai avec moi depuis des années maintenant. Ils m'ont suivi de déménagement en déménagement. Celui-là, je l'ai acheté alors que je n'étais encore qu'étudiant.

Je les ai lancés. Un à un. Saison après saison. En avance rapide mais l'œil aux aguets, pour ne rien rater. Je cherchais un guide et il est là, sous mes yeux. Tout y est. Ça semble si simple. Non, en fait c'est simple. Le gimmick du tableau, c'est bon ça, je vais garder. Un commissaire black, comment je n'y ai pas pensé ? Non, une femme, tiens, ce sera encore mieux. Seigneur, tout est là, c'est si simple ! Je n'ai qu'à regarder et apprendre. Le thème du documentaire... je n'ai même pas besoin de dire que c'en est un, je laisse le réalisateur s'en charger : avec quelques didascalies, je lui refile le bébé. Un personnage antipathique, un autre trop gentil... tout se met en place lentement, je commence à avoir le schéma en tête.

Il est 5h23, et je me suis remis à écrire. Je me sens soudain inspiré. J'ai bien fait de revoir mes vieux épisodes de NYPD Blue et Homicide. Dans quelques heures ce sera bouclé, et puis j'irai soumettre le script final dans l'après-midi. Je sais déjà comment ça va s'appeler : Detroit 187.

Detroit187

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Detroit 187 de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 05:23 - Review vers le futur - Permalien [#]

09-08-10

Do I care ?

RookiePurple

Si on prend le temps d'y réfléchir, les séries que j'ai testées sans délai cet été, et celles qui sont restées sur le bas-côté, sont finalement assez claires sur mes préférences actuelles : tout, sauf du poulet. La flicaille m'insupporte à nouveau. Et c'est dommage parce que j'avais eu une période pendant laquelle j'avais réussi à dépasser ça.
Vous voyez, je suis fille de flic. Depuis ma plus tendre enfance, j'entends parler de tout un tas d'horreurs, et par-dessus le marché, mon père avait pris la manie de m'imposer la vue de documentaires sur le métier de policier, ce qui avait fini de me gaver jusqu'à la glotte. Téléphagiquement, j'avais tellement bouffé du flic, que je ne supportais plus d'en voir dans les fictions. Et puis, sur la fin des années 90, j'ai commencé à me reprendre, et j'ai accepté d'en voir quelques unes. J'étais en général ultra-sélective, et je n'en faisais pas non plus des orgies. Brooklyn South, New York Unité Spéciale et Cop Rock ont figuré parmi les rares exceptions. Globalement, je trouvais que je tenais le bon bout parce que je regardais des séries assez différentes et que j'y tolérais le niveau élevé de poulet.

Et puis, la mode des Experts est arrivée. Le premier, celui de Vegas, celui par lequel le Mal est arrivé, je l'ai un peu regardé lorsqu'il a commencé à être diffusé sur TFHein, au point d'acheter un premier DVD. J'étais en train de guérir ! Ou du moins le pensais-je. Mais c'est là que la télévision s'est emballée. Les enquêteurs en tous genres se sont répandus plus vite que l'herpès dans Jersey Shore (c'est bon pour mes stats, m'en veuillez pas) et tout d'un coup, on n'a plus vu que ça partout.

Depuis... comment vous dire ? Sur une échelle de 1 à 10 (1 étant ce qui m'indiffère, 9 étant le streaming et 10 étant les vampires), les flics se placent à 8, facile. Je n'en peux plus. Je sature. J'ai des envies de meurtres (mais je me retiens, sinon je me retrouverais au commissariat, et ya plein de flics dans les commissariats, c'est atroce) (voyez, j'ai quand même retenu deux ou trois choses de ces putains de documentaires) (Reportages sur TFHein ? Jamais plus jamais).

Alors en cette saison estivale, ce qui ressemble de près ou de loin à du justicier n'est franchement pas sur ma liste de priorités. Oh, j'ai conscience d'y venir un jour. Par exemple, The Good Guys, c'est sûr que je vais me la tenter un jour cette série.

Quand je me sens courageuse, je me prends donc par la main, car un pilote de série policière reste un pilote, et que pour savoir si les flics me hérissent toujours autant le poil, il faut bien que j'en regarde quelques uns à la télé une fois de temps en temps. Et me voilà donc devant Rookie Blue, qui n'est pas prioritaire mais parfaite quand on a un trou dans l'emploi du temps.

Et la question qui m'a tenue en haleine pendant tout le pilote, c'était ça. Do I care ?
Mais même sans parler de moi. Y a-t-il encore une seule personne qui n'ait pas vécu dans une grotte et qui trouve la force de s'intéresser à une série sur les difficultés des jeunes policiers ? J'ai l'impression de n'avoir vu que ça toute ma vie. J'ai l'impression que chaque fois qu'il y a une série sur les policiers, il y a des rookies. Il y en avait un dans Southland, qui date de 2009. Il y en avait dans New York 911, et c'était 10 ans plus tôt. Et je suis sûre que si on remontait encore de 10 ou 20 ans, on en trouverait d'autres. C'est usant cette habitude de toujours vouloir nous faire nous lier à des personnages juste parce qu'ils sont nouveaux.
Ils ont quoi, ces nouveaux, de si captivant ? Qu'est-ce qu'ils ont de spécial et d'inédit ? Que vont-ils me dire qui n'ait jamais été dit ?

Ils sont 5 (mais déjà un peloton de tête se démarque) et ils semblent avoir des histoires personnelles. Pourquoi, personne d'autre n'a eu d'histoire personnelle avant eux, dans les séries policières ? Personne ne venait d'une famille de flics ? Personne n'a eu envie de bien faire ? Personne n'a eu peur ?
Et combien de temps va durer cette histoire de "rookie" avant que toute cette vaillante flicaille ne soit plus qu'un officier parmi tant d'autres ?

J'ai apprécié certains passages de l'intrigue. J'ai énormément apprécié la scène pendant laquelle... euh... la brune, là... procède à l'arrestation d'un adolescent. C'était une bonne scène.
Mais même bonne, elle était épuisante parce qu'elle ne m'a pas frappée comme étant inédite. Je sais bien qu'au bout de 50 séries policières par an, et même si elles sont au final très peu à proposer le parcours de policiers en uniforme, on commence à manquer de possibilités pour surprendre le spectateur. Mais dans ce cas, qu'est-ce qu'on fait là, tous ? Pourquoi on joue à ce jeu où une chaîne nous fourgue une série correcte mais sans rien de spécial, qu'on va gratifier d'audiences correctes mais sans rien de spécial ? Pourquoi on joue à ce jeu de dupes où on se fait croire mutuellement qu'on est convaincus par la série, jusqu'à ce qu'elle disparaisse avec une tristesse correcte mais sans rien de spécial ?

Dans le fond, ce n'est pas vraiment le genre de la série qui m'agace le plus. Ce qui m'agace, c'est qu'on nous refile indéfiniment les mêmes séries pour remplir les grilles quand on a rien trouvé de mieux. Mais dés son pilote, Rookie Blue démontre qu'elle n'a rien de particulier à dire, mais qu'elle le dira quand même, et oh, elle le dira bien, mais à quoi bon ? Si tout me donne un sentiment de déjà vu, pourquoi on s'amuse à ça ?

Allez, ABC, de toi à moi, si tu y croyais, à ta petite série canadienne, tu ne l'aurais pas programmée l'été, déjà. Mais tu as tellement de mal à trouver des séries pour remplir tes grilles, que tu es prête à y mettre absolument n'importe quoi. Il faut dire qu'à force d'annuler à tours de bras tout ce qui est original et innovant dans ta grille, et à faire durer les shows qui perdent leur saveur, tu ne sais plus à quel saint te vouer, et je te comprends. Mais c'est juste pas sérieux. Quand tu compares avec des séries policières que tu as déjà diffusées, comme NYPD Blue, tu sens bien que tu es en sous-régime, non ? Et je dis ça, alors que je n'apprécie pas spécialement NYPD Blue ! Ca va durer combien de saisons avant que tu te ravises ? Parce que ne nous faisons pas d'illusions, du jour où les audiences déclinent, c'est pas pour les critiques ou les Emmy Awards que tu vas la garder, ta série.
Oh non, c'est certainement pas pour ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rookie Blue de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:05 - Review vers le futur - Permalien [#]

25-04-08

Retrouvailles

Après une journée crevante, quel bonheur de retrouver à la télévision l'une de mes séries fétiches : Brooklyn South ! Question 6

Ça fait quelques jours que j'ai retrouvé les codes d'accès de ce blog (enfin !) et que je me demandais si ça valait la peine de ressusciter ladytelephagy. Mais parfois, il ne faut pas forcer le Destin, les choses sont simples et s'imposent d'elles-mêmes ! Ce soir NRJ12 a diffusé le pilote d'une des séries qui me tiennent à coeur, bien que je n'en aie même pas vu l'intégralité (pourtant ya qu'une seule saison). Je vais donc vous raconter une fois de plus mes souvenirs de téléphage des années 90, eh oui ! Mais en même temps ça fait quelques temps que je vous ai pas ennuyés avec ça, pas vrai ?

J'ai découvert Brooklyn South il y a des années, lorsque la téléphile que j'étais est devenue téléphage. A l'époque je ne connaissais pas NYPD Blue, j'étais à environ deux ans de découvrir Cop Rock, bref j'étais vierge en matière de séries policières de Bochco. Et ç'a été la révélation !

Et pourtant, j'avais toujours détesté les séries policières jusque là. Mais je crois que j'ai aimé la façon dont l'ensemble show fonctionnait, que j'ai aimé les policiers en tenues (j'ai l'impression qu'avec la portée d'experts en tous genres qu'on nous a fourgué ces dernières années, on a oublié le charme du policier en uniforme, dans sa mission de proximité et tout ce que ça implique d'humanité), et surtout qu'on sentait la maîtrise de bout en bout.

Vous prenez le pilote, par exemple... On adhère tout de suite aux personnages, qui ne sont pas caricaturaux mais pas interchangeables non plus. Tenez, le tandem Donovan/Santoro... combien de fois vous avez vu un pareil duo dans un ensemble show ? Deux mecs, d'âge équivalent, tous les deux ayant la responsabilité d'une équipe, et n'étant pas systématiquement en conflit. Combien de fois vous avez vu ça ? Deux rôles de "patriarches", ça en foutrait plein la vue à tous ces shows où chacun a sa place dans la hierarchie...

Bon et puis franchement, ce générique ? Il faudra que je vous l'uploade, résolument.

Sans oublier un casting de rêve, avec Jon Tenney, Jon Tenney, Jon Tenney, et peut-être quelques autres dont j'oublie les noms comme Gary Basaraba ou Adam Rodriguez, bref que des acteurs doués et attachants...

Alors évidemment, vous allez me dire : "c'est malin de nous dire ça une fois que le pilote est passé". Oui en même temps ça fait 10 ans qu'il est passé, donc bon...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous avez pourtant eu 10 ans) : la fiche Brooklyn South sur SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:21 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

28-06-07

Homme-garou

Depuis que je l'ai autorisé à remettre les DVD de Battlestar Galactica dans le lecteur adéquat, mon homme s'est soudain refermé à toutes les nouveautés que je pourrais lui présenter, et même au reste. La preuve : en quelques semaines TF1 va avoir montré plus d'épisodes de Heroes que je n'ai réussi à lui en faire voir (ce qui implique, ô horreur, que nous allons devoir regarder la VF avec une autre voix, c'est fatal, que celle qui originellement est celle d'Adrian Pasdar). Et pourtant il avait aimé.

Cela dit, hier, j'ai réussi à le mettre devant The Shield, série que moi-même je n'apprécie que modérément. J'avais vu le pilote lorsque, si mes souvenirs sont exacts, Jimmy l'avait diffusé, et bien que trouvant la série couillue je ne l'avais pas exactement vue comme une révélation.
Mon attachement de jadis pour Michael Chiklis était-il la cause de cette froideur ? C'est à voir. Pas impossible m'enfin en même temps, L'As de la Crime commence franchement à dater et je ne suis pas sentimentale à ce point. En plus il est vachement plus baisable dans The Shield, et de loin (pardon mon homme mais il fallait que ce fût dit).

Mais il n'est pas question de moi ici. Au contraire. Car finalement, blasée que je suis (surtout sitôt qu'il s'agit de séries policières), je trouvais The Shield, certes, je l'ai dit, juste au-dessus, couillue, mais pas absolument révolutionnaire. Même pas vraiment choquante. Et pourtant j'ai eu le temps de me désintoxiquer des excès de virilité d'Oz, depuis le temps !
Mon homme, quant à lui, a trouvé la série tout simplement surréaliste. Beaucoup de choses lui ont semblé être trop "grosses", notamment dans la façon très bourrine que notre Vic a de ne pas s'inquiéter vraiment des conséquences de ses actes. Bon alors, oui, ok, du soucis, il s'en fera probablement plus à mesure que la série avancera, reste que ce mec est une tête brûlée et qu'il est plutôt peinard dans sa branche, remettant sans problème son boss en place, ou rivant le clou du boss boss en lui mentant effrontément dans la même seconde.

Pour autant que mon homme, geek de nature et fan de J-C. Van Damme de sucroît (et croyez-moi cet aveu m'est bien difficile), soit amateur de tout ce qui est bourrin (après tout c'est le même homme qui a regardé le téléfilm catastrophe de M6 hier soir, avant The Shield, n'est-ce pas...), certaines choses lui ont tout de même semblé être beaucoup trop énormes pour passer ainsi à l'as. C'est à un tel point qu'il n'a pas tout de suite compris que Vic s'était débarrassé de Terry. Soit c'est allé trop vite, soit plus vraisemblablement ça lui a paru être carrément trop "pas possible".

La question qui se pose peut aussi être : mon homme est-il trop coutumier des gentils justiciers qu'on voit souvent dans les séries de flicaille ? On parle de quelqu'un qui n'a jamais vu un NYPD Blue en entier de sa vie (cela dit, les forces vitales me manquent pour m'en infliger moi-même), mais qui par contre s'enfile des Law & Order (toutes franchises confondues puisque j'encense SVU et qu'il aime la série originale) de façon quasiment obscène depuis plusieurs mois (j'en suis responsable pour beaucoup). Quelqu'un qui apprécie Monk, qui regarde sans trop de problèmes Les Experts, bref, qui est coutumier d'une image, bon, peut-être pas lisse, mais en tous cas relativement consensuelle de ce métier.
C'est une théorie qui se tient même si ça reste plutôt dommage.

Cela dit la série est tellement couillue, je l'ai dit, que la montée d'adré a fait son effet et qu'il m'a fait jurer qu'on regarderait la suite la semaine prochaine, je cite : "pour voir la suite de l'intrigue". Ce qui est sa façon de me dire que The Shield en a dans le pantalon, et qu'entre un Grey's Anatomy et deux Desperate Housewives, il a envie de ce genre d'univers de temps à autres où il serait un télespectateur homme regardant une série virile (c'est sans doute une question d'identification).
Note perso : lui acheter de la bière et l'autoriser gentillement à se gratter les couilles, c'est pour son bien.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Shield de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 12:08 - Contagion - Permalien [#]