ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

16-08-13

R13 E01

La première fois que j'ai vu ce sigle, je me suis dit "damned, je connaissais S01 E01, mais là, c'est une colle".
Cette fois-là, il m'avait bien fallu une bonne dizaine de minutes avant de comprendre que, ah ok, j'y suis, le "R" est pour Ramadan. Et en même temps c'est logique : si une série n'est diffusée que pendant le Ramadan, c'est beaucoup plus simple de parler du Ramadan de quelle année, plutôt que d'essayer d'en compter les saisons !
J'en profite donc pour transmettre ma science : "R13 S01", c'est, pour une série donnée, le premier épisode d'une série (ou saison) diffusée pendant le Ramadan 2013. Allez hop, un nouvel outil à ajouter à notre Guide de survie !

Ce mois téléphagique pas comme les autres sera en effet notre sujet du jour, alors que le Ramadan s'est achevé la semaine dernière.

Ramadan-2013

Pour le troisième été consécutif, me voilà donc à me demander comment je vais vous parler des séries du Ramadan.
Non, ce n'est en fait pas tout-à-fait juste : pour le troisième printemps consécutif, je me demande comment je vais vous parler des séries du Ramadan cet été. C'est un processus qui m'épuise du fait de la barrière de la langue (les recherches en anglais ou en français donnant des résultats très incomplets, quand il y a des résultats, ce qui n'est pas le cas pour toutes les fictions), mais qui m'intéresse aussi énormément, car je ne doute pas qu'il y ait des dizaines de séries à découvrir. Perspective qui ne peut que mettre en joie le téléphage curieux !
Et quand je dis "dizaines", je n'exagère pas : pendant mes recherches, cette année, j'ai déjà relevé 65 mosalsal au Moyen-Orient, et un peu moins de 30 en Afrique du Nord ! Et de toute évidence, de nombreuses autres sont passées entre les mailles de mon filet.

Aussi ai-je tendance à essayer de donner dans la sélection à vocation récapitulative ; c'est précisément ce que j'ai fait la première année. Je vous invite d'ailleurs chaleureusement à relire au moins le début de ce vieil article, ainsi que mon article introductif sur la télévision égyptienne, pour obtenir des éléments de contexte que vous ne trouverez pas ci-dessous.
La deuxième année, j'avais commencé un article récapitulatif similaire... mais ma coupure d'internet prolongée avait réglé le problème à ma place. Bon.
Cet été, j'allais opter pour un récapitulatif également, avant de me raviser, craignant que ce soit fastidieux à lire (et moyennement excitant de voir une litanie de titres). J'ai alors commencé à plutôt ambitionner de vous parler uniquement des séries les plus polémiques. Finalement le mois du Ramadan est passé, je ne m'étais toujours pas décidée... alors j'ai résolu de vous emmener dans une promenade à travers le profil de trois séries seulement, en choisissant de mettre en avant des fictions qui avaient retenu mon attention. L'une a fait polémique, la deuxième s'inscrit dans l'histoire télévisuelle de son pays, et la troisième est très atypique, bref, c'est un petit panachage de ce que j'avais préparé ces derniers mois, avec plutôt des éléments de contexte qu'une énumération de séries longue comme le bras.
Avec le temps, on finira bien par trouver une formule qui convienne à tout le monde, pas vrai ? N'hésitez pas à me dire ce qui aura le mieux fonctionné pour vous.

Ramadan-Icon

Mais d'abord, quelques chiffres pour se remettre dans le contexte de ce mois téléphagiquement unique. Une étude menée à l'occasion du Ramadan a été commandée par OSN, leader de la télévision payante au Moyen-Orient, pour étudier les habitudes des spectateurs pendant cette période télévisuelle exceptionnelle (pour rappel, on estime que jusque pendant ce mois, dans la région, 80% des séries de l'année sont diffusées).
Dans cette enquête, donc, il apparait que pendant cette période, environ une personne sur trois va regarder la télévision, entre 3 et 5 heures par jour (contre une moyenne de 3,1 heures le reste de l'année). Je dis "environ une personne sur trois", car les chiffres varient d'un pays à l'autre : ainsi, c'était le cas de 37% des Egyptiens, contre 33% des Saoudiens, ou encore 30% des Koweitiens.
Et encore, il y a pire/mieux ! Car 15% des Egyptiens regardent entre 5 et 7 heures de programmes par jour ! Par jour ! Pendant 30 jours de suite ! Qui dit mieux ?

Il est bon de noter que ces programmes ne sont pas systématiquement des séries : les programmes préférés des spectateurs sont, certes, à 35%, les fictions, mais elles sont suivies, à 28%, par les talk shows ; les programmes purement religieux occupent la troisième place, contre toute attente ; ex-aequo avec les programmes d'information qui connaissent, depuis quelques années, et pour des raisons évidentes, un regain d'intérêt.
Après, on ne s'étonnera pas que ce mois faste fasse le bonheur des annonceurs !

Parmi les autres préférences des spectateurs, on apprend dans cette étude qu'en moyenne 80% des spectateurs de la région jugent impératif de regarder la télévision en HD ; 82% des sondés indiquaient êtres "très agacés" que des coupures de pub interrompent leurs programmes ; et 60% des personnes interrogées indiquaient qu'il leur était vital de pouvoir regarder la télévision à la carte. Une dernière demande qui est intéressante car pendant longtemps, les grilles des chaînes se calquaient sur l'heure de l'iftar (ou ftour), un modèle qui persiste mais qui est visiblement voué à changer. Ces exigences se retrouvent de nos jours au niveau mondial, évidemment, mais sont exacerbées pendant le Ramadan, de par le volume de télévision consommé ; la tradition dans laquelle ce mois télévisuel s'inscrit rend les changements d'autant plus intéressants à observer.

Le plus surprenant dans cette enquête, c'est que 80% des personnes interrogées, tous pays confondus, attendaient avec impatience de pouvoir regarder, pendant le mois de Ramadan, la troisième saison de la série turque Muhtesem Yüzyil, plus connue dans la région sous son titre arabe Hareem Al Sultan (que la plupart des chaînes du coin se gardaient sous le coude, histoire de capitaliser sur les audiences légendaires du Ramadan). 80% dans tout le Moyen-Orient, le chiffre a de quoi faire tourner la tête ; mais le plus surprenant, c'est que 60% des sondés n'avaient pas vu, ou seulement de façon très sporadique, les deux premières saisons. Voilà qui en dit long sur le phénomène créé par cette série historique. Ca va décidément être un sacré appel d'air quand sa diffusion va se conclure...
En Egypte, en particulier, ce chiffre marque la différence entre les spectateurs d'une part, et les professionnels de l'industrie télévisuelle d'autre part, ces derniers ayant appelé au boycott des séries turques, avec évidemment Muhtesem Yüzyil en première ligne étant donné son succès. Les raisons ne sont pas seulement créatives (chaque pays étant convaincu de la supériorité de ses fictions...), puisqu'il s'agit d'une réaction politique à l'encontre du gouvernement turc, qui soutenait le gouvernement de Mohamed Morsi (au temps pour la thune, le pognon et le flouze le rayonnement culturel...). La diffusion de la série a tout de même été maintenue, faut pas déconner.

Sauf qu'aujourd'hui, on ne va pas encore une fois faire des tartines sur Muhtesem Yüzyil (si vous manquez cruellement de lecture, vous avez tout ce qu'il vous faut dans les liens ci-dessus !), mais bien nous intéresser à des séries spécialement créées et diffusées à l'occasion du Ramadan dans le monde arabe.
En voici donc quelques unes qui ont attiré mon attention...

HekayetHayah

Chaque année, le mois de Ramadan apporte son lot de séries "scandaleuses" ; de par la nature religieuse de ce mois télévisuel, les séries doivent en effet trouver un juste milieu entre leur volonté d'attirer les spectateurs (avec ce que cela implique parfois de surenchère, d'autant que vous l'aurez compris, la concurrence entre chaînes est rude) et le fait que ceux-ci aspirent à une certaine dignité dans leurs programmes. Gare aux séries qui seront considérées comme immorales ou, pire, obscènes ! Hekayet Hayah, écrite par Ayman Salama, et réalisée par Mohamed Samy pour CBC en Egypte, est l'une de celles-ci cette année, et vous allez vite voir pourquoi.

Cette série égyptienne s'intéresse à une femme venant d'une famille extrêmement riche, Hayah, qui a été jugée coupable du meurtre de sa mère ; dans un pays où la peine de mort est encore d'actualité, elle s'en sort relativement "bien", puisqu'elle est simplement placée en hôpital psychiatrique (ses affirmations au sujet d'un complot de sa famille pour récupérer l'héritage qu'elle a reçu de son père permettant à la dite famille de la faire prononcer irresponsable... et du coup de la déchoir de son héritage, bingo !).
Par la suite, dans l'hôpital psychiatrique plutôt select où elle est internée, elle est violée par un membre du personnel. Au bout de 13 années passées dans cet Enfer, où en quasiment personne ne lui a rendu visite, et même pas écrit une seule fois, elle sort donc de captivité, je veux dire de convalescence, et retrouve sa famille.
Enfin, pas tout-à-fait : sa soeur a épousé le mari de Hayah (ça fait toujours plaisir), et c'est elle qui a élevé leur fils comme si elle était sa mère. Résultat, le jeune homme ignore totalement l'existence de sa mère biologique ! Comment faire pour se rapprocher de lui ? Eh bien, la solution que trouve notre héroïne, et vous allez j'en suis sûre trouver que ça tombe sous le sens, c'est d'entamer une relation amoureuse avec lui. En plus, je ne sais pas quel âge il est supposé avoir, mais dans le pilote, il n'a pas l'air d'être totalement sorti de la puberté...

Comme si cette relation incestueuse ne suffisait pas, Hekayet Hayah suit d'autres intrigues secondaires en parallèle... comme par exemple un personnage qui se tape sa secrétaire, ou d'autres qui se trompent à qui mieux-mieux, notamment le mari de Hayah avant même que celle-ci ne soit internée. Oh, et dés le pilote, plusieurs personnages boivent de l'alcool, aussi, ce qui est moyennement halal. Il parait aussi que les dialogues sont émaillés de langage déplacé, et même d'un personnage s'en prenant à la religion, mais je laisse le soin à ceux d'entre vous qui parlent l'arabe de me le confirmer.

Le parfum de scandale ne s'arrête pas là. Omar Sharif s'était vu offrir l'un des rôles de la série, pour pas moins de 3 millions de dollars, une somme plutôt coquette puisque cela représente un million de plus que les prix pratiqués d'ordinaires avec les stars du Ramadan (que j'imagine, sans être capable de le sourcer, être des dollars US) qui a pas mal fait parler de la série alors qu'elle n'était qu'au stade de projet, et qu'elle portait alors un autre titre, Ma'a Sebq Alesrar. Il a apparemment fini par refuser le rôle ; je ne l'ai pas vu au générique et il semble que les rôles masculins d'âge équivalents (dont le fameux père de Hayah) soient interprétés par d'autres acteurs... ou alors il a VRAIMENT pris un coup de vieux.
Mais plus encore, c'est l'actrice Ghada Abdelrazek qui a fini par faire les gros titres. Elle ne s'est pas du tout entendue avec le réalisateur Mohamed Samy, mais ça, encore, ça irait : elle l'a notamment accusé de venir sur le tournage sous l'effet de diverses substances... Sauf qu'en face, lui l'a accusée d'avoir tenté de le tuer ! Ou quand la réalité dépasse la fiction.

Si, comme pour la plupart des séries polémiques du Ramadan, le plus gros défi pour la production était que les chaînes de télévision ne recule pas devant les plaintes des spectateurs et retirent purement et simplement la série de l'antenne (à la place, de nombreuses chaînes l'ont amputée de ses scènes les plus obscènes, notamment le diffuseur Abu Dhabi TV qui en avait les droits dans plusieurs pays du Moyen-Orient), il faut reconnaître qu'une fois ce cap passé, les audiences de Hekayet Hayah ont été plutôt satisfaisantes.
On doit probablement une partie de ce succès à une évidence : la série emprunte une panoplie de codes au soap opera, des musiques grandiloquentes aux décors richissimes (la maison de l'ex-famille de Hayah est assez incroyable, people who live in glass houses et toute cette sorte de choses), en passant par certains membres du cast juste un peu trop enthousiastes, comme la frangine colérique. Et, on aime les soaps ou pas, mais en tous cas, ça marche.

Et au fait, Hayah a-t-elle assassiné sa mère ? Réponse à partir de la 42e minute dans le pilote ci-dessous. Attention, de la cervelle peut apparaitre brièvement dans cette séquence...
(hélas l'épisode n'est pas sous-titré, il faudra donc regarder les scènes précédentes si vous voulez comprendre le contexte)

Avant de passer à la série suivante, j'en profite pour souligner qu'outre le caractère volontairement outrancier de certaines séries, comme c'est visiblement le cas de Hekayet Hayah ou d'Asya (une série dans laquelle une jeune femme se marie, perd la mémoire et devient alors danseuse du ventre dans un casino, écrite par le scénariste de la série Al Mowatin X), parfois, il en faut peu pour poser des problèmes.

Prenez le cas d'une série religieuse. "Ah, bien", me direz-vous : "là au moins on ne risque pas d'avoir des intrigues incestueuses !" (...vous avez lu la Bible récemment ? Parce que c'est pas du tout une garantie, en fait ; mais je digresse).
Sauf que vous vous rappelez de ce petit détail selon lequel il ne faut pas représenter les figures religieuses musulmanes ? Ouais, exactement : pour une série télévisée, c'est un peu problématique. Cette année (car c'est évidemment une problématique récurrente), le défi s'est posé à la série Al-Hassan wa Al-Hussein, qui raconte le schisme entre sunnites et chiites, à travers l'histoire de ces deux frères, tous deux imams, et tous deux héritiers de Mahomet. C'est précisément en se disputant la succession de Mahomet au 7e siècle qu'ils vont provoquer ce schisme. Problème, donc : les proches de Mahomet, c'est-à-dire la famille, mais aussi les compagnons, ne peut être représentés à l'écran. Second problème : le schisme est quand même une question un tantinet sensible, qui a encore des répercussions (souvent sanglantes) aujourd'hui. Résultat ? La série a été bannie de l'antenne sur la télévision nationale égyptienne. Ca partait pourtant d'une bonne intention... mais non.

Je serais curieuse de savoir pourquoi, tels des insectes attirés par la lumière d'un bug zapper, les productions persistent à tourner des séries onéreuses pour finir par les voir interdites en vertu du principe qu'on ne représente pas les figures religieuses, mais je n'ai pas la réponse. Sûrement qu'il y a une question de revente de droits qui leur permet de rentrer dans leurs frais (puisque d'après ce que je lis, les sunnites sont plus à cheval sur ce problème de représentation que le chiites), mais ça reste pour le moins risqué. Pour bien faire il faudrait pouvoir interviewer quelqu'un dans l'une de ces productions, mais mon arabe est un peu, euh, rouillé...

Ramadan2013_DarElBahdja

On poursuit notre petit tour par une série algérienne, pour changer un peu de coin. Avec un total de 11 épisodes, Dar El Bahdja a été diffusée cet été sur trois chaînes du groupe ENTV en Algérie juste après l'iftar. La série est écrite par Athmane Bendaoued et Djâafer Gacem, et réalisée par ce dernier, auquel on doit déjà Djemai Family, une série qui a duré trois Ramadan à la télévision algérienne entre 2008 et 2011.

En fait, Dar El Bahdja était au départ supposée être la suite de Djemai Family, mais en raison de changements de distribution conséquents (dont le rôle principal, quand même !), et de l'échec de la troisième saison il y a deux ans (des personnages de vampires ont été introduits dans la série, surprenant que ça n'ait pas plu...), le projet a finalement été repensé. Reste que, jusqu'au mois de mai, la série était en fait présentée par Gacem comme la 4e saison de Djemai Family, avant qu'il ne devienne évident que les changements imposés par les variations du cast étaient trop importants.
Réorientation oblige, Dar El Bahdja a tenté de repartir dans une autre direction, et s'est inspirée, dit-on, de la série à succès syrienne Bab Al Hara, qui se déroule intégralement dans un quartier populaire, dans les années 20 puis, les saisons passant, les années 30. Moi je vous dis ça, j'en sais rien : je n'ai jamais regardé Bab Al Hara, je ne serais pas capable de vous dire à quel point l'inspiration est évidente. Mais en tous cas, le juste milieu semble être trouvé puisque Dar El Bahdja se déroule ostensiblement de nos jours (on y voit un personnage utiliser Google Maps).

En dépit du contexte, celui d'un quartier dans lequel se côtoient des personnages hauts en couleurs et d'origine sociale variée, qui semble plutôt permettre d'explorer des axes comiques si prisés pendant la période du Ramadan, Dar El Bahdja n'est pas une comédie mais plutôt une dramédie. Gacem aborde au travers de la série des problématiques actuelles rencontrées au sein de la société algérienne. Le sujet central de la série est ainsi l'émigration, même si le pilote, auquel vous pouvez jeter un oeil ci-dessous (hélas, pas sous-titré non plus), met avant tout l'accent sur l'exposition du quartier et les intentions de ses héros, plutôt que sur le voyage lui-même.
La série suit donc Réda, Zinou, Kader et Mohamed (dit "Petit Moh"), quatre jeunes vivant dans un quartier populaire algérien, et qui veulent se tirer de là à tout prix. Ils tentent d'organiser leur départ vers l'Europe et plus précisément l'Italie, mais, de par leurs moyens, ce départ ne peut se faire que dans la clandestinité, ce qui pose des problèmes supplémentaires aux autres préoccupations telles que quitter ceux qu'on aime. Evidemment, rien ne se passe comme prévu dans le plan des garçons, surtout quand les familles des uns et des autres s'en mêlent...

Dar El Bahdja est aussi l'occasion de retrouver à la télévision algérienne l'actrice et chanteuse Biyouna, vue en France, entre autres, dans la série de téléfilms Aïcha, écrite et réalisée par Yamina Benguigui, ou dans le film La Source des Femmes, sélectionné au festival de Cannes en 2011. (Biyouna a depuis été faite Chevalier des Arts et des Lettres par la ministre Yamina Benguigui, mais ce n'est sûrement qu'un hasard)
L'actrice avait en effet fait ses débuts sur le petit écran algérien dans les années 70, et avait précédemment collaboré avec Gacem pendant trois saisons de la série Nass Mlah City il y a une dizaine d'années. Cela faisait pourtant 7 ans que les spectateurs algériens ne l'avaient pas vu dans une fiction nationale, autant dire une éternité ! La présence de l'actrice compense pour les nombreuses pertes au casting de Dar El Bahdja par rapport à Djemai Family, car il s'agit d'un véritable évènement.

AlJarGabelalDar

Dans un autre registre encore, je vais vous parler pour finir d'une comédie jordanienne (ce qui est une première pour moi !). Al Jar Gabel al Dar, c'est son nom, relève plutôt de la shortcom d'une dizaine de minutes, et ses 11 épisodes étaient diffusés par Roya TV, qui propose des séries comme Zahri wa Azrag ("le rose et le bleu"), une version locale d'Un Gars, Une Fille.

Le titre de la série, qui pourrait se traduire par "les voisins avant la maison", renvoie au proverbe qui recommande, avant d'emménager dans une nouvelle maison, de prêter plutôt attention aux voisins, car la meilleure des maisons n'est rien avec des voisins pourris. Je paraphrase, hein. Al Jar Gabel al Dar est coécrite par un scénariste, Aseel Mansour, ainsi que les trois comédiens principaux de la série : Natheer Khawaldeh, Fares Hadadeen et Brett Weer. Hm, ce dernier nom ne sonne pas comme très jordanien ! En effet, Weer est un comédien américain qui s'est établi à Amman, et qui compte à son actif pas mal de stand-up sur le thème du fossé culturel (ses sketches sont apparemment l'équivalent jordanien de Lilyhammer !).
Et justement, c'est le principe d'Al Jar Gabel al Dar : parler de la différence entre deux cultures, en mettant côte-à-côte un Américain et ses voisins jordaniens, avec lesquels il se lie progressivement d'amitié en dépit des incompréhensions ou des différences fondamentales de mode de vie.

A ce stade vous l'avez peut-être deviné : la série Al Jar Gabel al Dar est entièrement bilingue : Weer s'exprime en anglais (il est sous-titré en arabe), et ses comparses parlent en anglais et en arabe (sniff, sans sous-titres anglais !). Ca donne une comédie très enlevée qui fonctionne plutôt bien, du moins pour ce que j'en comprends.

Vous pouvez donc donner sa chance à Al Jar Gabel al Dar, c'est même le but plus ou moins avoué de la série. Celle-ci possède en effet un titre en anglais (My American Neighbour, encore une victime de l'épidémie de titres anglophones n'ayant rien à voir avec le titre original), et toutes les videos sont en ligne le plus légalement du monde sur Youtube, comme par volonté de permettre aux Jordaniens et aux Américains de rire des mêmes choses. Un objectif carrément sympathique, à l'instar de la série.
J'ai choisi de vous proposer ci-dessous ce qui a l'air d'être le dernier épisode de la série (mais ils sont vraisemblablement regardables dans n'importe quel ordre), à la salle de sport.


Etant donné que beaucoup de choses sont accessibles dans cet épisode (bon, j'admets : pour peu de parler anglais), j'attends vos impressions dans les commentaires ci-dessous !

D'après Brett Weer, cette série bilingue est une première dans la région, et je le crois volontiers car ce n'est pas forcément la première chose qui me vient à l'esprit quand je pense à une série du Ramadan. C'est par contre tout-à-fait le genre d'initiatives qui pourraient sans trop de mal être diffusées sur une chaîne occidentale (chais pas moi, arte a pas un trou d'une dizaine de minutes quelque part dans sa grille ?).


...C'est tout pour cette année ! Si vous avez eu accès, pendant le mois saint, aux séries du Ramadan, je vous invite avec le plus grand des enthousiasmes à partager en commentaires vos découvertes préférées, vos visionnages les plus insolites, ou tout ce qui vous a marqué cette année.
Et à part ça, rendez-vous pour le R14, qui commencera cette fois aux alentours du 28 juin !

Posté par ladyteruki à 00:04 - Love Actuality - Permalien [#]

26-07-13

La fin d'une ère

Dans de nombreux pays, le hiatus estival implique que l'actualité télévisée porte en fait généralement sur l'automne. Quelles séries se préparent à revenir, quelles nouveautés vont débuter dans quelques semaines...
Cela implique que je vous prépare plusieurs posts Love Actuality dans le même ordre d'idées, et qui, dans les semaines qui viennent, nous permettront de faire les présentations avec une série qui vous semblera étrangement familière en Russie, une seconde au concept totalement improbable en Colombie, et quelques autres encore que vous découvrirez en temps voulu cet été, ne gâchons pas la surprise.

Mais pour commencer, je vous invite en Turquie, avec la série que désormais vous connaissez tous pour m'entendre en parler depuis deux ans maintenant : Muhteşem Yüzyıl.
Si jamais vous êtes exposé au soleil plus que de raison et qu'une insolation vous a causé une amnésie temporaire, ne craignez rien ! Vous pouvez aisément vous rafraîchir la mémoire en lisant mon post sur le pilote, celui sur la controverse entourant la série, ou tout simplement en suivant le tag à la fin de cet article pour éplucher toutes les archives de ce blog au sujet de la série. Promis, je ne jugerai pas.

Muhteşem Yüzyıl, qui met donc en scène le désormais internationalement célèbre sultan Süleyman Ier, aura connu une existence pour le moins chaotique, ce qui n'a nullement fait entrave à son énorme succès à la fois en Turquie et à l'étranger ; c'est une plutôt bonne nouvelle si on y pense.
Entre la polémique entourant régulièrement la série (généralement en raison de réactions de conservateurs), la mort de sa créatrice Meral Okay l'an dernier, les problèmes rencontrés par certains membres du cast (et non... des... moindres), et tous les trucs auxquels je ne pense pas là tout de suite, on peut dire sans trop se tromper que tout n'aura pas forcément été facile pour la série historique, en dépit de ses très bonnes audiences et de ses ventes de droits pléthoriques à l'international.

MuhtesemYuzyil-FinalSeasonSüleyman 1er, un homme au goût sûr en matière de femmes. De chapeaux, un peu moins.

Seulement voilà : toutes les bonnes choses ont une fin. Et Star TV, qui diffuse actuellement la série depuis qu'elle l'a rachetée l'an passé à Show TV (qui l'avait initialement lancée en 2011), a prévu que Muhteşem Yüzyıl s'achève à l'issue de la saison 4, laquelle commencera à être diffusée pendant la première quinzaine de septembre, et ce jusqu'au printemps. Ca laisse un peu moins d'un an à Star TV pour trouver avec quoi remplacer cet énorme succès dans ses grilles...

Il y en a en revanche qui n'ont pas attendu que le corps soit froid pour s'activer. La chaîne Kanal D a en effet annoncé avoir mis en projet une nouvelle série, Fatih, dont on ignore pour le moment quand elle sera lancée.

Mais ça se trouve c'est une totale coïncidence, vous allez me dire ce que vous en pensez : Fatih retracera l'histoire d'un sultan de l'Empire ottoman, Fatih Sultan Mehmed (ou le sultan Mehmed pour les intimes), qui a vécu au milieu du 15e siècle et qui est considéré comme l'un des deux plus importants sultans de l'histoire turque... je vous laissez deviner qui est l'autre. La différence résidant essentiellement dans le fait que Süleyman, techniquement son arrière-petit-fils, a vécu 23 ans de plus que Mehmed, et tient le record du règne le plus long de l'Empire ottoman.

Point Histoire : Mehmed II est en particulier entré dans l'Histoire pour avoir pris Constantinople aux Byzantins et fait de la ville la capitale de son empire ; rappelons qu'elle est encore aujourd'hui la plus grande métropole turque sous le nom d'Istambul. Par-dessus le marché, Mehmed était un homme très lettré : il parlait plusieurs langues dont le latin, organisait des débats théologiques dans son palais, s'entourait d'artistes européens et arabes, a fait ouvrir une université, était passionné par les mathématiques, l'astronomie et la poésie, et était plutôt laïc puisqu'il autorisait ses sujets à pratiquer la religion de leur choix tant qu'ils se soumettaient à son autorité. Il a régné deux fois, d'abord à l'âge de 12 ans lorsque son père lui a cédé son trône (une période de deux ans, pendant laquelle il a contré avec succès une croisade, quand même), puis son père a repris le pouvoir, et ensuite, une seconde fois, à partir de 19 ans et jusqu'à sa mort, deux décennies plus tard. Au privé, il s'est marié 7 fois (dont une fois à une ancienne esclave), a eu 5 enfants, et certains historiens occidentaux prétendent qu'il était bisexuel (mais je doute qu'on retrouve ce dernier point dans la série !).
Guerrier émérite, homme de culture et vie personnelle trépidante ? Un personnage intéressant dont on imagine toutes les possibilités qu'il offre sur un plan scénaristique...

Ce n'est évidemment pas la première fois que la vie de ce grand homme est portée à l'écran, vous pensez bien. Début 2012, Fetih 1453 était LE film du box office turc, et reste le long-métrage le plus coûteux de l'histoire du pays (jusqu'au prochain, quoi). Du coup je vous ai mis l'affiche ci-dessous, pour vous faire une idée. N'allez pas croire d'ailleurs que Fetih 1453 n'a été lancé que pour profiter du succès de Muhteşem Yüzyıl, puisque la production du film a duré plus de trois ans. On peut en revanche débattre sur l'idée que le succès final du film en salles peut éventuellement être lié à l'engouement pour l'empire ottoman, que connaît à nouveau le public turc depuis plus de deux ans.

Fetih1453La biographie de Mehmed II ne mentionne rien à propos d'un éventuel sens de humour.

Kanal D semble donc avoir trouvé avec Fatih un projet parfait, jouant à la fois sur le regain d'enthousiasme du public envers les fictions historiques, et l'appel d'air provoqué par l'annulation de Muhteşem Yüzyıl.
Mais comme on l'a vu avec Veda, dans le monde de la télévision, rien n'est jamais totalement certain. Pour peu que les spectateurs ait l'impression d'une redite, ou que le budget soit trop pingre, ou tout autre phénomène jusque là imprévisible, Fatih pourrait aussi bien être le prochain gros bide de la télé turque.

On va donc patiemment attendre de voir ce que donnera cette nouvelle fiction avant de décréter que la relève de Muhteşem Yüzyıl est assurée. Ca pose dans tous les cas plein de questions sur le futur de la fiction turque, puisque beaucoup de dramas historiques avaient vu le jour suite au succès des aventures de Süleyman 1er, et que l'exportation de séries avait connu un boom dont Muhteşem Yüzyıl était le cheval de tête. Nul doute qu'on aura encore beaucoup de mutations à observer, dans un panorama qui n'en manque pourtant pas.

En attendant, mon prochain post vous emmènera en Australie, au Cambodge et à Singapour... en une seule fois !

Posté par ladyteruki à 04:28 - Love Actuality - Permalien [#]

12-06-13

Off the air

Comme vous le savez peut-être, le Gouvernement grec a décidé, ce mardi 11 juin au soir, de couper les télévisions publiques ; et ce avec d'autant plus de brutalité que l'annonce n'avait été faite que quelques heures auparavant, avec donc aucun préavis ni côté employés, ni côté spectateurs.
Prévue pour minuit pile, les lumières se sont éteintes en fait pendant le journal de la nuit, pour une durée indéterminée.
Littéralement PENDANT :

Je voulais donc vous toucher un rapide petit mot sur les conséquences, dans le monde des téléphages grecs, de cet arrêt.
Voici donc un tour des séries qui ont ainsi été annulées, de fait, sur le sol grec. Attention, mon Grec moderne étant fané, il est possible qu'il manque quelques séries diffusées à la télévision publique.

Mais avant cela, un petit rappel : la télévision publique grecque, c'étaient 5 chaînes de télévision : ET1, NET, ET3, ERT HD (dédiée à l'évènementiel... en HD, donc), et enfin Vouli TV (la chaîne parlementaire).
Peu de ces chaînes, en réalité, diffusaient des séries, à la fois par vocation de service public, et aussi parce qu'on ne peut pas vraiment dire que l'investissement dans la fiction ait fait partie des priorités budgétaires ces derniers temps. Plus flexibles, les films ont, en fait, remplacé beaucoup de séries grecques sur les chaînes ; du côté des chaînes privées, on a d'ailleurs fortement mis l'accent sur les séries turques : ça ne coûte pas trop cher et, comme on a déjà eu l'occasion de le dire en évoquant Muhtesem Yüzyil, ça marche très bien.
Mais sur les chaînes publiques, de série turque, il n'était pas question : on a sa fierté, fût-elle mal placée. Avant l'extinction des feux, les spectateurs pouvaient donc suivre quelques séries grecques (généralement des rediffusions) ou étrangères (mais pas turques !) ; voici donc le bilan des dégâts.
Ces grilles en disent d'ailleurs long sur l'état de la fiction publique ces derniers temps...

- Les séries grecques annulées de fait :

TaPsathinaKapela-300

   Ta Psathina Kapela (NET)
Les temps sont durs, et propices à la nostalgie. Du coup, quoi de plus logique que rediffuser en quotidienne la mini-série Ta Psathina Kapela ("les chapeaux de paille"), dont la première diffusion remonte l'air de rien à 1995, à propos de trois soeurs qui passent l'été dans la demeure de leurs grands-parents, juste avant que n'éclate la Seconde Guerre Mondiale. Le 9e épisode (sur 12) a été diffusé mardi en fin d'après-midi ; mais d'un autre côté, Ta Psathina Kapela (et le roman éponyme, étudié dans les écoles) a une telle réputation qu'a priori, les spectateurs grecs ont un moyen de connaître la fin...

Dorama-NoPhoto

   Othos Hyppocratous (ET1)
Cette fois, c'est de 1991 que date cette comédie satirique prenant pour décor la "rue Hippocrate" (c'est aussi le titre) dans laquelle un homme dans la cinquantaine travaille dans une pharmacie afin de permettre à sa sa famille d'accomplir ses rêves, comme écrire pour la télévision ou devenir mannequin pour sous-vêtements. ET1 diffusait deux épisodes à la suite pendant le déjeuner depuis quelques jours.

OManolesoNtelmpenteres-300

   O Manoles o Ntelmpenteres (ET1)
Encore une adaptation issue de la littérature grecque, ce period drama datant également de 1991 raconte les aventures de Manolis, un Grec qui s'installe à Londres et fréquente l'aristocratie britannique, avant de partir s'installer comme chercheur d'or en Amérique. Vu que la série en était à sa 5e rediffusion (la 3e depuis 2009), normalement les téléphages grecs même les plus mordus devraient s'en remettre.

TaPaliopedatAtithassa-300

   Ta Paliopeda t'Atithassa (ET1)
Encore plus fort, il faut remonter en 1980 pour trouver la trace de cette anthologie inspirée par la pièce de théâtre du même nom créée par le cinéaste et auteur Nikos Tsiforos. Ah, et au fait, en 1980, en Grèce...de nombreux programmes étaient encore en noir et blanc. Et comme il n'y a pas d'argent, la télévision grecque rediffusait la série dans sa version originale non-restaurée. Enjoy !

- Séries étrangères annulées de fait :

Falcon-300

   Falcón (NET)
La série britannique commandée par Sky, co-produite par ZDF et Canal+, et filmée en Espagne, s'était payé un voyage en pays hellénique. Le 3e épisode avait été diffusé à 22h par NET, soit juste avant la coupure... pour une saison qui en compte 4, ça énerve.

Luck-MEA

   Luck (NET)
Rares sont les chaînes publiques à se risquer, de par le monde, à diffuser des séries de HBO. Le dimanche soir à 22h, NET avait commencé, depuis 5 semaines à peine, à dévoiler les épisodes de l'unique saison de la série hippique Luck... que la voilà déjà annulée. Ce qui confirme que cette série est maudite.

DowntownAbbey-MEA

   Downton Abbey (NET)
Grande nouvelle, ami spectateur grec ! Si tu aimes Downton Abbey, ne manque surtout pas le season premiere de la saison 2, sur NET à partir du vendredi 7 juin ! Découvre tous les épisodes inédits chaque semaine... pendant une semaine. Ahem, héhé... oops ! Allez, si ça peut te consoler, elle n'était pas si géniale que ça, cette saison que tu ne verras jamais, ami spectateur grec.

Raccontami-300

   Raccontami (ET1)
L'adaptation italienne de la série espagnole Cuentame Como Paso se déroule dans les années 60 ; on y suit le quotidien d'une famille ordinaire. La série compte en tout 52 épisodes (sur 2 saisons), et la télévision grecque venait de diffuser le 38e, mardi en access primetime.

AmourGloireetBeaute-300

   Amour, Gloire et Beauté (ET3)
Mardi après-midi, ET3 avait diffusé l'épisode n°2353 d'Amour, Gloire et Beauté... juste au moment où Stephanie et Hope se disputaient les faveurs de Liam. Les spectatrices grecques ne sauront jamais qui l'a emporté.

Sur une note plus sérieuse, il est à noter que pendant plusieurs heures après l'arrêt officiel de l'audiovisuel public, le personnel de la chaîne NET a continué de travailler, diffusant des programmes sur le site internet de la chaîne ; tous les sites internet de la télévision publique ont ensuite été coupés dans la matinée.

Dans l'histoire, 2600 Grecs travaillant pour l'audiovisuel public, dont 600 journalistes, se retrouvent ainsi au chômage du jour au lendemain.
Le Gouvernement a indiqué avoir des plans pour relancer une télévision publique quand ça ira mieux, sous une forme plus humble et avec beaucoup moins de personnel ; quand cette nouvelle entité prendra vie, et il n'y a évidemment pas de calendrier, il sera permis aux anciens employés de postuler pour les rares nouveaux postes. Je n'ai pas compris si, avec cette déclaration, le Gouvernement grec joue à l'idiot, ou s'il est carrément en train de troller 2600 nouveaux chômeurs...

Hier, en signe de solidarité, les chaînes privées de Grèce ont coupé leur antenne pendant 6 heures, et de nombreuses émissions en direct ont été annulées aujourd'hui, remplacées par des rediffusions et des documentaires.
Une grève de 24 heures a été annoncée par le syndicat des employés de l'audiovisuel public pour demain, dans laquelle la plus grande organisation syndicale privée a annoncé qu'elle se joindrait au cortège. Cette grève, reconductible de façon indéfinie, s'étendra jusqu'à la presse grecque papier et en ligne.

Posté par ladyteruki à 12:11 - Love Actuality - Permalien [#]

24-05-13

Les félicitations sont de rigueur

Vous connaissez ma passion pour les récompenses de la planète : on a tendance à y trouver de fabuleuses idées de découvertes ! Comme je n'ai pas eu, avec mes posts hebdomadaires de ces dernières semaines, l'occasion de vous permettre de suivre en temps réel les dernières cérémonies des quatre coins du monde, je vous propose aujourd'hui un petit florilège de quelques unes des plus importantes, histoire que comme moi, vous releviez quelques noms pour faire votre marché plus tard.

J'ai donc pris sur moi de reprendre les principaux awards remis de par le monde au cours du dernier mois, et je les ai compilés dans ce post géant. J'aurais aussi pu vous les publier un par un dans des posts séparés, comme je le fais d'ordinaire, mais j'ai voulu tenter : vous me direz la formule que vous préférez. Je compte sur vous.
Bon, vous êtes prêts ? Parce qu'il y a un peu de lecture. Mais je suis gentille, j'ai mis des images.

Gullruten-2013

Commençons si vous le voulez bien avec mes petits préférés, je le confesse : les Gullruten, remis un peu plus tôt ce mois-ci, comme ceux qui me suivent sur Twitter l'auront remarqué. A toutes fins utiles, je vous ai mis les nominations également, les gagnants apparaissant avec un joli *.

- Meilleur drama :

DAG    DAG (saison 3)
(TV2)
Les déboires d'un psy qui aide les gens à régler leurs problèmes mais qui pense que la seule façon d'être heureux dans la vie, c'est de vivre seul. Nommé systématiquement chaque année.

Hjem-300

   Hjem
(NRK)
Une série "feelgood" se déroulant à la campagne, diffusée à l'automne dernier et pour laquelle une seconde saison est d'ores et déjà prévue.

Halvbroren-300

   Halvbroren*
(NRK)
La mini-série en 8 épisodes, dont on a déjà eu l'occasion de parler, couvre un demi-siècle d'Histoire, et raconte l'histoire de deux demi-frères nés de la même mère, mais dans des conditions radicalement différentes. Le premier, né d'un viol le jour de la libération, se lance à la recherche de son père, et disparaît...

HotelCaesar-MEA

   Hotel Caesar
(TV2)
Ce soap, lancé en 1998, est actuellement le plus long drama diffusé à la télévision norvégienne (il compte actuellement plus de 1500 épisodes). Et, oui, en Norvège, les soaps peuvent être nommés dans la catégorie dramatique.

- Meilleur programme humoristique :
Dans cette catégorie, les Gullruten mélangent aussi bien les émissions de divertissement que les séries.
* Asbjørn Brekke-show (talk show - TV Norge)
* Brille (talk show - NRK)
* Helt Perfekt (TV Norge) *
* Kongsvik Videregaaende (TV Norge)

- Meilleur programme pour la jeunesse :
Au moins l'un de ces titres devrait vous dire quelque chose si vous vous rappelez de ce qu'on dit sur les fêtes de Noël...
* Dauinger (NRK) *
* Energikampen (NRK)
* Julekongen (NRK)
* Lesekorpset (NRK)

Enfin, rappelons que pour les prix d'interprétation, les Gullruten ne font pas de distinction entre le drame et la comédie.

- Meilleure actrice :
* Tuva Novotny (DAG - saison 3)
* Iben Hjejle (DAG - saison 3)
* Mariann Hole (Halvbroren)
* Lene Kongsvik Johansen (Kongsvik Videregaaende) *

- Meilleur acteur :
* Anders Baasmo Christiansen (DAG - saison 3)
* Atle Antonsen (DAG - saison 3)
* Frank Kjosås (Halvbroren) *
* Jon Øigarden (Halvbroren)

Bon, je suis très déçue pour Julekongen dont je pensais beaucoup de bien, mais je m'en remettrai. Par contre, n'avoir trouvé que des sous-titres suédois pour Halvbroren ne fait qu'accentuer mon envie de voir la série, laquelle a également reçu de nombreux prix techniques (dont meilleure réalisation, amplement mérité) ; dans l'intervalle, je rappelle que la bande-annonce est en anglais.
En tous cas, Lars Saabye Christensens, l'auteur de Halvbroren, a un nouveau projet pour NRK intitulé Etter Karnevalet, donc on aura l'occasion de retenter notre chance dans quelques mois !

Antalya-2013

On part dans un tout autre pays à présent, avec la Turquie, puisqu'il y a quelques semaines se déroulait la 4e cérémonie des Antalya, comme la ville du même nom (pour un bref historique de cette remise de prix récente, vous pouvez jeter un coup d'oeil à mon post de l'an dernier, c'est gratuit).
Comme je pense vous connaître un peu, je vais avancer la théorie que vous connaissez encore moins de séries turques que vous n'en connaissez de norvégiennes, et du coup je vais m'autoriser à détailler un peu moins les nommés, d'autant qu'il y a plus de catégories en Turquie qu'en Norvège. Je pars du principe que ça ne vous gêne pas, mais si je me trompe, faites-le moi à tout prix savoir en commentaires.

Karadayi-300

   Meilleure nouvelle série dramatique : Karadayi (ATV)
Un revenge drama réalisé par le directeur d'Ezel, et se déroulant dans les années 70, dans lequel un homme doit prouver l'innocence de son père condamné à mort ; manque de chance, il tombe amoureux de la même femme que le juge. Il faut croire que ça valait le coup de faire des messes basses à la rentrée pour faire monter la sauce.

IslerGucler-300

   Meilleure nouvelle série humoristique : İşler Güçler (Star TV)
Dans ce mockumentary diffusé l'été dernier, trois comédiens qui n'ont pas connu le succès ou à la gloire fanée misent sur un film pour pouvoir (re)trouver la célébrité ; ils tentent donc de présenter un documentaire qui leur permettrait de gagner un peu d'argent pour monter le film. A également remporté le prix de la Meilleure réalisation pour une série humoristique.

MuhtesemYuzyil-MEA

   Meilleure série dramatique : Muhtesem Yüzyil (Star TV)
Ca va, je vous présente pas, vous vous connaissez. Ce n'est qu'une récompense de plus dans la collection déjà volumineuse de la série depuis son lancement en 2011. A noter qu'elle a également remporté le prix de la Meilleure réalisation pour une série dramatique, pour faire bonne mesure.

Seksenler-300

   Meilleure série humoristique : Seksenler (TRT)
Absolument pas un titre transparent, ce sitcom est une comédie familiale prenant pour contexte les années 80.

BehzatC-300

   Meilleure adaptation : Behzat Ç. (Star TV)
Un titre qui revient de droit à la série, que sa réputation précède, mais qu'également une série de romans précède. Donc bon. Pour rappel, il s'agit d'une série policière avec l'un des rares vrais anti-héros de la télévision turque, un flic pourri jusqu'à l'os faisant passer l'officier Sipowicz pour un enfant de choeur. La version diffusée sur Star TV est toujours lourdement censurée, et seule la version en catch-up sur le site de la chaîne est en version intégrale. Le site de la chaîne est très fréquenté...

KayipSehir

   Meilleur scénario : Kayıp Şehir (Kanal D)
C'est une petite nouvelle qui a volé le prix aux poids lourds du genre. Avec ses 26 épisodes (la saison 1 a été écourtée faute d'audiences, et s'est achevée en mars), Kayıp Şehir raconte l'histoire d'une famille d'Anatolie qui s'installe à Istambul à la mort du patriarche. La série a vu débuter le premier personnage transsexuel de la télévision turque, et parle de toutes sortes de minorités, et de discriminations envers celle-ci.

NikkanSportsDramaGrandPrix

Direction un tout autre continent avec maintenant le Japon, où je m'apprête à évoquer deux awards différents qui ont été révélés en ce mois de mai. A la différence des précédents, ces prix sont remis sur la base du vote des lecteurs des publications remettant les awards ; il n'en existe pas de cérémonie télévisée, mais il faut dire que des cérémonies de récompenses tous les trois mois, ça perd vite de son charme ! Si vous voulez allez au petit coin c'est maintenant, parce que je vous préviens, on a de la route.

Commençons donc si vous le voulez bien avec le Nikkan Sports Dorama Grand Prix (d'où la jolie médaille ci-dessus), et vous allez voir, les vainqueurs sont faciles à mémoriser... Le Nikkan Sports Drama Grand Prix est remis plusieurs fois par an, ce qui semble relever d'une certaine logique au pays des saisons télévisuelles trimestrielles. Dans le détail, voilà comment ça se passe : quatre fois par an pour couronner les séries qui n'ont pas démérité au cours des trois derniers mois, et une cinquième fois (parce qu'on ne s'en lasse décidément pas) décernée au printemps pour récompenser les meilleures fictions de l'année écoulée.
Voilà donc les Nikkan Sports Drama Grand Prix dédiés aux séries diffusées entre janvier et mars 2013, pour démarrer tranquillement.

Tonbi-TBS

   Meilleure série : Tonbi (TBS)
Yasuo Ichikawa est un homme peu intelligent et au tempérament vif, mais qui, depuis la mort de son épouse, est devenu un papa-poule pour son fils unique Akira, qu'il éduque avec l'aide de ses amis et voisins... mais alors que celui-ci s'apprête à entrer à l'université, Yasuo lui révèle le secret de la mort de sa mère.. A ne pas confondre avec le Tonbi de la NHK l'an dernier, mais on a extensivement couvert le sujet dans un post précédent.

MasaakiUchino

   Meilleur acteur : Masaaki Uchino pour Tonbi (TBS)
Un bonheur n'arrivant jamais seul.

YaenoSakura-300

   Meilleur actrice : Haruka Ayase pour Yae no Sakura (NHK)
Le jidaigeki de la NHK n'a même pas encore achevé son année de diffusion que déjà les statuettes tombent. La série suit Yae Niijima, surnommée la "Jeanne d'Arc de la période Edo", une jeune femme qui, en dépit des efforts de sa mère pour la rendre féminine, va devenir une guerrière légendaire, mais aussi l'épouse d'un homme influent. Entre ses batailles (on dit qu'elle s'est barricadée avec 500 femmes pendant un siège pour défendre son palais), l'utilisation d'armes à feu, un voyage aux Etats-Unis, Yae n'en aura jamais assez. Elle deviendra aussi une des toutes premières infirmières volontaires pendant la guère russo-japonaise.

HirokiNarimiya

   Meilleur acteur secondaire : Hiroki Narimiya pour Aibou (TV Asahi)
En apportant du sang frais à la série au long cours Aibou (11e saison, quand même), l'acteur a fait un bon coup.

MachikoOno

   Meilleure actrice secondaire : Machiko Ono pour Saikou no Rikon (Fuji TV)
Une série dans laquelle un divorce conduit à toutes sortes d'imbroglios amoureux.

Voici à présent le Nikkan Sports Dorama Grand Prix annuel, parce que je sens que vous trouviez que ça manquait.

KaginoKakattaHeya-300

   Meilleure série : Kagi no Kakatta Heya (Fuji TV)
Le surveillant d'une grosse compagnie de sécurité passionné par les serrures est embauché par une avocate pour l'aider à résoudre un cas étrange. Alors qu'elle le suspecte de s'y connaître un peu trop en serrures pour être honnête, elle va progressivement avancer dans l'affaire qui les occupe...

SatoshiOono

   Meilleur acteur : Satoshi Oono pour Kagi no Kakatta Heya (Fuji TV)
Comme ça c'est assorti.

MakiHorikita

   Meilleur actrice : Maki Horikita pour Umechan Sensei (NHK)
Ca change un peu. Umechan Sensei se déroule dans l'après-guerre, et suit le parcours d'une jeune femme mal assurée qui va progressivement se découvrir une vocation de médecin de campagne.

KoichiSatou

   Meilleur acteur secondaire : Koichi Sayou pour Kagi no Kakatta Heya (Fuji TV)
Et rebelotte.

ErikaToda

   Meilleure actrice secondaire : Erika Toda pour Kagi no Kakatta Heya (Fuji TV)
Vous commencez à voir se dessiner une tendance...

Un peu monomaniaque, le Nikkan Sports Dorama Grand Prix ? Allons donc, si peu !
Histoire de varier les plaisirs, voici donc les Television Dorama Academy Awards, qui eux, se limitent à seulement quatre remises de récompenses par an. Où vous allez voir que finalement, le résumé est vite fait aussi, mais différent. Rappelons que les Television Dorama Academy Awards sont remis par les lecteurs du magazine The Television.

SaikounoRikon-300

   Meilleure série : Saikou no Rikon (Fuji TV)
Kousei est en train de divorcer de sa femme Yuuka, avec laquelle il est profondément incompatible (mais hélas il leur aura fallu endurer 2 ans de mariage pour le découvrir). C'est à ce moment-là que son ex de l'époque de la fac réapparait. Elle s'est depuis mariée avec un type qui continue d'avoir des aventures, et n'est pas non plus heureuse en ménage...

SaikounoRikon-300

   Meilleur acteur : Eita pour Saikou no Rikon (Fuji TV)
Tout à gauche sur la photo.

KyoukaSuzuki

   Meilleur actrice : Kyouka Suzuki pour Yarou Karansha (TBS)
En emménageant dans un endroit huppé, Mayumi pensait que sa vie allait changer pour le mieux, mais entre sa fille qui tourne mal et les maltraitances verbales du voisinage, ce n'est pas le cas. Il y a en revanche une famille où tout semble aller bien, mais un jour, le père est assassiné, puis l'un des fills disparait. Cependant, la police se demande progressivement si cela signifie que c'est le fils le coupable... Je précise que la couleur jaune vient du matériel promo de la série !

KotarouYoshida

   Meilleur acteur secondaire : Kotarou Yoshida pour Karamazov no Kyoudai (Fuji TV)
Dans un cast très masculin, puisque la série est basée sur l'oeuvre de Dostoievski, la performance n'est pas anodine. Yoshida interprétait apparemment le père des trois frères Karamazov.

SaikounoRikon-300

   Meilleure actrice secondaire : Machiko Ono pour Saikou no Rikon (Fuji TV)
Comme on se retrouve ; sur la photo de promo, Machiko est l'actrice habillée en blanc.

SaikounoRikon-300

   Meilleur scénariste : Yuuji Sakamoto pour Saikou no Rikon (Fuji TV)
On lui doit toutes sortes d'autres séries comme Last Christmas, Mother ou Soredemo, Ikite Yuku. Oui, j'ai réussi à recaser Mother dans post sur l'actualité nippone.

SaikounoRikon-300

   Meilleur réalisateur : Rieko Miyamoto, Michiko Namiki, et Yuusuke Katou pour Saikou no Rikon (Fuji TV)
Vous m'arrêtez quand je commence à me répéter.

SaikounoRikon-300

   Meilleur générique : Saikou no Rikon (Fuji TV)
A croire que les lecteurs du magazine The Television ont aimé la série. Ce qui est intéressant parce que ses audiences n'ont pas non plus été exceptionnelles.

AustralianDirectorsGuildAwards-2013

Il y en a un peu plus, je vous le laisse ? Car en Australie aussi, les personnalités de la télévision ont eu droit à leur petite statuette, ya pas de raison. Les Australian Directors Guild Awards étaient en effet remis un peu plus tôt ce mois-ci. C'est d'ailleurs intéressant de se pencher sur des awards portant sur des angles plus "techniques", je devrais le faire plus souvent.

RedfernNow-300

   Best Direction in a TV Drama Series : Rachel Perkins pour Redfern Now (ABC1)
Récompensée pour l'épisode "Pretty Boy Blue", 6e et dernier épisode de la saison 1.

DevilsDust-300

   Best Direction in a TV Mini Series : Jessica Hobbs pour Devil's Dust (ABC1)
La réalisatrice a dirigé les deux épisodes de la mini-série sur le scandale australien de l'amiante.

DanceAcademy-300

   Esben Storm Award - Best Direction in a Children’s TV Program : Daniel Nettheim pour Dance Academy (ABC3)
Récompense remise pour l'épisode 2x25, "The Second". Une maigre consolation pour les jeunes fans de la série, dont ils ont appris que la 3e saison, déjà écourtée puisque la commande était passée de 26 à 13 épisodes, serait la dernière.

HomeandAway-300

   Best Direction in a TV Drama Serial : David Gould pour Home & Away (Ten Network)
Les soaps aussi peuvent être réussis techniquement ! C'est l'épisode n°5438 qui lui a valu ce prix.

Danger5-300

   Best Direction in a TV Comedy : Dario Russo pour Danger 5 (SBS)
Où les idées originales et le goût du retro l'emportent sur la qualité du résultat final. Tentez quand même de jeter un oeil à Danger 5 si ce n'est pas encore fait, car un bon rire vaut un bon bifteck, et le prix de la viande de boucher est devenu hallucinant.

J'ai hésité à remonter jusque début avril avec les Logies, mais comme à l'époque j'étais de toutes façons en hiatus, on ne va pas commencer à retourner jusqu'en mars pour le plaisir de couvrir l'info. Disons donc qu'on est quittes. En plus, vous avez déjà laaargement de quoi faire si vous cherchez l'inspiration dans les cérémonies de la planète !

Sur ce, je vous laisse, j'ai un second post à publier aujourd'hui. On ne va d'ailleurs pas s'arrêter de voyager pour si peu !

Posté par ladyteruki à 13:46 - Love Actuality - Permalien [#]

28-11-12

A cheval sur les principes

En Turquie, la production télévisée connaît un énorme boom depuis quelques années (pour un bref historique de la question, vous pouvez lire le début de ce post), et est devenue l'un des arguments du rayonnement culturel de la Turquie dans sa région.

On a eu l'occasion par le passé de mentionner, notamment, l'énorme succès de la série historique Muhtesem Yüzyil (dont le pilote a été reviewé ici), qui raconte les amours du sultan Süleyman 1er et de son harem. Vendue dans près d'une cinquantaine de pays dans le monde, et bientôt adaptée dans au moins un, elle fait aussi l'objet de fansubs dans plusieurs pays, et ce le lendemain de son apparition sur les écrans de SHOW TV, la chaîne turque qui héberge cet énorme succès depuis maintenant 3 saisons (retenez bien ce chiffre). Muhtesem Yüzyil, c'est l'une des raisons qui font que de plus en plus d'Européens de l'Est et de Grecs apprennent le turc, ou, encore plus fort, l'assimilent sans même essayer. Oh, et naturellement, sans avoir à sortir de ses frontières, la série est et reste l'un des plus gros succès télévisés de son pays, ramenant le genre historique sur le devant de la scène.
Et ça, ce n'est que pour une série : pas mal d'autres suivent, dans une légèrement moindre mesure, son exemple. En tout, en 2011, on estime que l'exportations des séries turques a rapporté environ 60 millions de dollars (US) à l'économie nationale, et je commence à lire des chiffres pour 2012 qui annoncent 100 millions... Pas trop trop mal, j'ai envie de dire !

En fait, la dimension culturelle de l'exportation des fictions turques est si forte qu'elle a pris le pas sur la dimension financière : il y a un mois, le ministère de la Culture et du Tourisme turc a décidé d'encourager les séries turques à être "vendues gratuitement" à des chaînes étrangères pour favoriser l'implantation de certaines séries dans des pays où le ministère estime que le rayonnement culturel de la Turquie peut jouer un rôle important. Parce qu'à choisir entre de la thune, le pognon, le flouze ou le rayonnement culturel, eh bien, les Turcs, ils ont choisi le rayonnement culturel.

Alors dans un contexte pareil, où on pourrait penser que rien ne ferait plus plaisir à l'Etat turc que d'encourager sa belle industrie télévisuelle florissante à, eh bien, fleurir encore plus, on attend du chef du Gouvernement des propos, au mieux, dithyrambiques, au pires, mesurés...

MuhtesemYuzyil-Amours

Bah pas nécessairement. Et Tayyip Erdoğan, Premier ministre de Turquie depuis bientôt 10 ans (retenez bien ce chiffre aussi), a déclaré il y a quelques jours dans un discours, en parlant des spectateurs dans d'autres pays musulmans : "Ils connaissent nos pères et nos ancêtres via Muhtesem Yüzyil, mais nous ne connaissons pas ce Süleyman. Il a passé 30 ans à dos de cheval à mener la guerre et conquérir des cités, pas dans son palais, ce n'est pas ce qu'on voit dans la série".
...Consternation.

Bon, avant tout, laissez-moi réfléchir : ça a dû être sacrément épineux à expliquer à Süleyman 1er, quand il est rentré une fois tous les 30 ans au palais, et qu'il a découvert qu'il avait 20 fils et filles, quand même, non ? Tu parles d'un silence gêné de la part de son épouse Hürrem !
Et puis, comment expliquer simplement le concept de fiction à quelqu'un qui ne maîtrise pas bien le sujet ? (cependant, si la conférence de presse d'Ainsi Soient-Ils est un indice, il semble que beaucoup de conservateurs aient ce problème de compréhension, en fait)
Mais surtout, faisons un bref calcul... une série qui est dans sa troisième saison... un Premier ministre en fonction depuis presque toute une décennie... il n'y a pas quelque chose qui cloche, niveau timing, dans la soudaine découverte par Erdoğan du principe-même de la série ? Le Premier ministre a récemment été vivement attaqué sur ses prises de position dans la situation politique des pays musulmans environnants (notamment en Syrie), et réaffirmer son attachement envers des valeurs plus traditionalistes n'est pas un hasard de calendrier.

Soyons très clairs : ce n'est absolument pas la première fois que Muhtesem Yüzyil fait l'objet d'une polémique. Depuis le début de sa diffusion, la série fait régulièrement l'objet d'appels de plainte au RTÜK (Radyo ve Televizyon Üst Kurulu, l'équivalent turc du CSA) de la part de spectateurs conservateurs qui n'apprécient pas, au choix, la profondeur des décolletés, les séquences parfois un peu sexys, ou le simple fait que certains personnages boivent du vin.
Rien que la première semaine de sa diffusion, 75 000 plaintes avaient été enregistrées, et une manifestations avait été organisée (cf. photo ci-dessous) ! Alors ce n'est pas vraiment un scoop : la série ne passe pas auprès de la frange la plus traditionnelle de la population, qui reproche à la série, comme le fait Erdoğan, de présenter des personnages historiques, et notamment quelqu'un d'aussi respecté que Süleyman 1er, comme libidineux. Les évènements qui avaient suivi son lancement avaient conduit à une mise en garde par le RTÜK de la production de la série, et notamment de la créatrice et scénariste, feue Meral Okay (qui dans une vie précédente était engagée en politique, plutôt à gauche...), laquelle avait tenté de protester en expliquant que les sultans ne se reproduisaient pas vraiment par insémination artificielle. Mettant littéralement de l'eau dans son vin, la série était restée sous haute surveillance des autorités : on ne plaisante pas avec l'accusation "d'atteinte à la vie privée" d'une figure historique. Néanmoins, le fait que Süleyman ait bu du vin ou ait fait 20 enfants à Hürrem est documenté dans les livres d'Histoire, ce n'est pas exactement comme si Okay avait tout inventé... Quant au harem, qu'on le veuille ou non, il a vu le jour sous l'empire Ottoman.
Mais malgré tout, le scandale permanent autour de Muhtesem Yüzyil restait mesuré. Et politiquement, si le vice-Premier ministre Bülent Arinç s'était emparé du sujet, le Gouvernement s'était ensuite montré plus compréhensif, probablement à cause de la thune, du pognon et du flouze du rayonnement culturel.

MuhtesemYuzyil-AffichesDechirees

Pourquoi cette fois c'est différent ? Parce que, la bride sur le cou, Erdoğan a expliqué qu'il avait attiré l'attention des autorités compétentes sur cette affaire, et est allé jusqu'à encourager les instances judiciaires à "donner un verdict nécessaire à ce sujet", ce qui n'est rien d'autre qu'un appel à la censure ou au bannissement de la série (s'il y a des experts en droit turc dans le coin, on peut me préciser s'il y a séparation de l'exécutif et du judiciaire là-bas ?). Décidément très en forme, le Premier ministre a également eu quelques mots pour le producteur de la série et même le propriétaire de SHOW TV, qui doivent se sentir particulièrement en sécurité à l'heure qu'il est.
Le ministre de la Culture et du Tourisme ne pouvait pas ne pas réagir ; il a expliqué à pas feutrés que : "Nous avons exporté 10 500 heures de séries en 2011, alors que nous n'avions pas de revenus d'exportation en 2006" et que "la série est regardée par 150 millions de spectateurs dans le monde". Mais les dés sont lancés et la polémique fait rage, plus que jamais.

Vous le comprenez bien, la question dépasse ici celle du caractère scandaleux ou non de Muhtesem Yüzyil.
Cet exemple illustre bien la fracture entre deux populations du pays, deux façons de penser. On a d'une part une Turquie laïque, moins arc-boutée sur des principes religieux, et une autre qui aimerait s'orienter vers une politique plus proche des préceptes musulmans... Évidemment, on n'est pas ici pour parler politique ; mais cela se traduit par un jonglage permanent de la part des autorités responsables de ce qui passe à la télévision, dont la mission est de réussir à contenter tout le monde, ou, de façon plus réaliste, de ne mécontenter personne. Cette balance est maintenue, tant bien que mal (cf. cette capture prise pendant le pilote d'Uçurum alors qu'un personnage vient de se faire crever l'oeil, EmCity-style), jusqu'à ce qu'un déséquilibre se produise, comme ici.

Simplement, rares sont les pays où ces enjeux politiques ont de telles répercussions financières sur une industrie (celle qui nous intéresse sur ce blog, donc) qui a réussi, en une demi-douzaine d'années, à imposer la Turquie sur les écrans de près d'un quart des pays de la planète...

Posté par ladyteruki à 20:46 - Love Actuality - Permalien [#]

26-11-12

Heureux le grain de sable

En tant que téléphages ayant roulé notre bosse, on a tous l'impression, je pense, cycliquement, d'avoir atteint un degré d' "expertise" qui nous permette de prédire avec exactitude quelle série va trouver le succès, et surtout, quelle série est vouée à disparaitre dans les limbes, quelques semaines après le début de sa diffusion, sans laisser de trace... Et ce, bien souvent, avant même que les choses ne commencent factuellement à sentir le roussi.
A chacun ses outils pour le faire : certains analysent les grilles des chaînes, d'autres se réfèrent aux personnes impliquées devant ou derrière la camera, d'autres encore jugent sur pièce une fois qu'ils ont vu le pilote. Quelle que soit votre méthode... vous êtes surs de ne jamais avoir un taux de 100% d'exactitude.

Il n'y a jamais d'évidence en la matière. La qualité d'une série ne présume ni de sa réussite, ni de son échec, et inversement. Il n'y a même pas de séries pour lesquelles c'est tellement évident que c'est tout vu, parce que certaines merdes se ramassent quand d'autres continuent de brasser des fortunes 400 vanity cards plus tard. Parce que certaines réussites sombrent dans le néant, et d'autres parviennent à trouver leur public (trop fréquemment injustement taxé d'incapacité à regarder de "bonnes" séries).
Il n'y a que des cas particuliers.

Même lorsqu'on a son système et qu'on le pense infaillible (parce que plus le téléphage est expérimenté, plus il fait l'erreur de croire qu'il maîtrise son sujet), on se retrouve toujours comme deux ronds de flan à assister à l'annulation d'une série que rien ne prédestinait à être boudée par le public. C'est parfois à un tel point qu'on croirait que le sort s'acharne juste pour nous prouver qu'on s'était crus incollables sur l'industrie de la télévision !
Et le pire, c'est que pareil contexte est similaire quel que soit le pays ! (pourvu que ce pays pratique l'annulation, ce qui n'est par exemple pas le cas du Japon, exceptions mises à part, par définition)
Quand bien même une série a toutes les cartes en main pour fonctionner... parfois, elle ne fonctionne simplement pas.

Veda

C'est par exemple le cas de la série turque Veda, annulée la semaine dernière.
Ce weekend, me demandant ce qui avait pu ne pas coller, je me suis mise en quête du pilote... Je n'ai trouvé que les premières minutes (tous les fichiers sur lesquels je suis tombée s'obstinaient à être corrompus, mais je n'ai pas encore dit mon dernier mot et j'insisterai le weekend prochain), mais Veda a toutes les apparences d'une série qui aurait pu, qui aurait dû trouver son public.

Dans un contexte télévisuel où les séries historiques tiennent le haut du pavé (vais-je mentionner une fois de plus Muhtesem Yüzyil ?), à plus forte raison parce qu'il parle d'un passé dont les spectateurs turcs sont supposés tirer une grande fierté (l'empire Ottoman ; voir aussi : Muhtesem Yüzyil), et montrant des bouleversements du plus haut romanesque (j'ai pas les chiffres sous la main, mais avec le nombre de soaps que la Turquie a produits et même exportés ces dernières années, on peut s'autoriser à penser que les spectatrices aiment ça), c'était gagné d'avance. Pire encore, Veda était l'adaptation d'un roman à succès... bien-sûr à succès, comme si on adaptait souvent les autres pour du primetime !

Vous allez me dire : "ok, sur le papier, d'accord. Sur le papier, Last Resort était génialissime, après tout. Mais une fois qu'on voit ce que ça donne, on obtient quoi ?"... Eh bien un résultat drôlement décent, figurez-vous !
Une intrigue pas trop mal fichue (après tout, il y a un bouquin derrière), pour commencer, ce qui n'est pas négligeable. Niveau thématiques, on retrouve des questions de classes (limite Downton Abbey par moments), une romance impossible (rapport aux questions de classes), et de grands changements sociaux et politiques auxquels s'identifier. Ajoutez à cela des acteurs plutôt solides dans l'ensemble, les brebis égarées n'étant pas à un niveau qui pousse au suicide ; une réalisation réussie et aussi soignée que les plus gros hits du moment ; et surtout une reconstitution filmée de façon superbe (décors, costumes, la totale : les années 20 à Istambul, on s'y croirait), et très franchement tout est là. Tout ça, plus de très jolies filles dans de jolis vêtements avec de jolis bijoux. Bon, la musique est légèrement too much, mais c'est le cas de Muhtesem Yüzyil aussi. Non mais vraiment, qu'est-ce qui fait que la série n'a pas fonctionné ? Et quand la production a reçu l'ordre de Kanal D de faire des ajustements pour essayer d'attirer un peu plus le public, ça n'a pas plus marché non plus, pourquoi ?
Alors à qui la faute ? Aux grilles ? Peut-être ; je suis pas encore experte en grilles des chaînes turques après tout, mais si c'est le cas, clairement, une production aussi réussie (et probablement coûteuse) méritait d'être déplacée pour être sauvée.
Dans tous les cas, le petit bug, le minuscule incident, le grain de sable dans une horlogerie si bien huilée, a causé son annulation...

Mais il ne s'agit pas ici, pas vraiment, de parler spécifiquement de Veda. C'est sans doute plus facile de parler de l'annulation d'une série à laquelle je n'ai jamais eu l'occasion de m'attacher, aussi.
Simplement, ce genre d'aventure me rappelle combien le sort d'une série n'est jamais joué d'avance. Intellectuellement, je crois que nous le savons tous ; les chaînes et networks eux-mêmes le savent bien, qui parfois semblent commander des séries en dépit du bon sens, juste pour faire un pari sur l'avenir, de jouer leur case horaire à pile ou face.
Parfois, ce pari est perdu. Mais personne ne peut s'enorgueillir de toujours savoir de quel côté la pièce retombera.
Je trouve l'aventure de Veda, comme tant d'autres, nous fait faire l'expérience d'une forme d'humilité, à nous qui passons peut-être juste un peu trop de temps à essayer de comprendre comment cette industrie fonctionne. Peut-être qu'à un moment, une fois de temps en temps, il faut se souvenir que personne n'en maîtrise réellement les rouages ; que tous les livres, les sites, les news, soigneusement potassés et/ou mémorisés, ne changeront rien au caractère ponctuellement imprévisible de cette industrie.

Et quelque part, même si je trouve ça triste pour ces bonnes séries qui sont annulées (et triste pour toutes ces mauvaises séries qui survivent, quand même, un peu, dans le fond), j'ai l'impression que cette imprévisibilité me ramène à quelque chose d'appréciable dans ma façon d'appréhender l'industrie des séries, au sens où l'effet de surprise ne disparait jamais vraiment. Au sens où parfois, j'arrive à trouver ce court moment pendant lequel je me dis que je ne peux être blasée, jamais, du fonctionnement du milieu télévisuel. Et au sens où, l'espace d'une seconde, j'arrive à me retrouver dans la peau de la lady d'il y a 15 ans, qui avait l'impression de ne rien savoir et d'avoir un océan de choses à apprendre et à comprendre sur l'univers de la télévision.
C'était, paradoxalement, très appréciable, d'être cette spectatrice ; je ne rendrais tous mes bouquins spécialisés et ma collection de favoris sur internet pour rien au monde, mais je suis contente de la retrouver de temps en temps, cette spectatrice, et de ressentir avec elle l'émerveillement d'une vaste mécanique dont on ne connaîtra jamais le secret de chaque rouage.

Posté par ladyteruki à 23:45 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

27-10-12

lady's world tour - Escale n°18

-- World Tour --
Une vingtaine de jours est passée depuis notre dernier world tour (j'ai été très occupée, mais je vous en dis plus dans un prochain post, promis), et nous avons donc du pain sur la planche, à plus forte raison parce que des dates de lancement de plusieurs séries se rapprochent, et que ce serait dommage de les manquer.
Alors, si vous le voulez bien, passons directement au nerf de la guerre !

CoteOuestAudiovisuel

- AFRIQUE :

* La société Côte Ouest Audiovisuel, qui produit des séries distribuées dans toute l'Afrique (comme la sud-africaine The Wild, mais aussi des séries US), se lance dans le développement de sa propre série, intitulée Inspector First Class. Cette dramédie, apparemment inspirée par la Panthère Rose, se déroulera dans une unité d'enquêtes qui n'est jamais prise au sérieux, appremment à raison ! Une distribution constituée d'acteurs venus du Kenya, Ghana, d'Afrique du Sud et du Nigeria permettra en outre à la série d'être vendue sur plusieurs territoires. Les premières diffusions pourraient commencer dés mars 2013, et d'autres productions de Côte Ouest devraient bientôt lui emboiter le pas.

DerLandarzt

- ALLEMAGNE :

* Si vous avez moins de 23 ans, vous êtes plus jeune que les séries Der Landarzt et Forsthaus Falkenau, deux instutitions de ZDF. Créées respectivement en 1986 et 1989, ces deux séries familiales ont été annulées par la chaîne, qui souhaite moderniser sa grille. Il faut dire que les deux victimes couvrent à elles deux la quasi-totalité de l'access primetime du vendredi soir, à 19h25 pour être précise ; ainsi, quand la 21e saison de Forsthaus Falkenau s'est achevée en septembre, c'est la 22e saison de Der Landarzt qui a pris le relai ! Tout cela à raison de 22 épisodes par saison en moyenne, vous comprenez aisément que les deux séries puissent manquer de fraîcheur... Si Der Landarzt s'achèvera sitôt ses derniers épisodes diffusés, Forsthaus Falkenau a cependant encore un petit sursis devant elle, puisqu'une 22e saison avait déjà été commandée. Bon, va pour une 22e saison, mais après c'est vraiment tout, hein !
* Toujours au rayon longévité, place cette fois au soap Unter Uns, sur RTL. A côté des précédentes, la série fait petit joueur, puisqu'elle n'a vu le jour qu'en 1994, mais comme il s'agit d'une série quotidienne, elle a quand même dépassé les 4000 épisodes ! Et justement, là aussi, la problématique est de savoir s'adapter à la modernité. Sauf que le choix de la production d'Unter Uns, c'est de s'essayer à la websérie : Des Jägers Herz, c'est son nom, est une mini-série en 5 épisodes visible exclusivement sur le site de RTL depuis lundi, et qui fait office de spin-off. Bon alors, vous allez me dire : 5 malheureux épisodes, pas de quoi fouetter un chat. Sauf que non ! Parce que dans les épisodes d'Unter Uns qui seront diffusés en avril, l'intrigue développée dans Des Jägers Herz sera vitale pour comprendre l'intrigue ! ...En avril ? C'est pas un peu loin ? Eh bien oui et non, puisque, la série fêtera ses 18 ans le 28 novembre prochain, et que le personnage central de Des Jägers Herz y jouera un rôle capital. Bon, vous l'avez compris, tout est fait pour donner une raison aux fans de tenter cette étrange mini-série (on y verra le héros confier ses états d'âme après un meurtre, alors qu'il est en fuite en Amérique du Sud), et l'imbriquer dans la narration de la série principale. Et d'ailleurs pourquoi pas ?
* RTL a également commandé un backdoor pilot pour une série nommée pour le moment Mantrailer (la prod n'a pas l'air très sûre de le conserver, je confirme que ça mériterait d'y réfléchir encore un chouilla). Pour ce téléfilm de 90 minutes, qui donnera peut-être une série si les audiences sont au rendez-vous, on plongera dans l'univers de la médecine légale, alors qu'une femme coroner et un enquêteur travaillent sur une série de meurtres d'une grande brutalité, perpétrés contre des membres d'une unité d'intervention spéciale. Le téléfilm/pilote potentiel de Mantrailer est prévu pour le premier semestre 2013.
* On est en octobre, donc quoi de plus logique que de commencer à parler de Noël ? Voici quelques unes des festivités télévisuelles auxquelles les spectateurs allemands peuvent s'attendre sur ARD. Tout d'abord, j'apprends comme vous que l'Allemagne aussi a des "Christmas Special" (sauf qu'évidemment ça porte le nom de Weihnachtsspecial), et ce sera le cas de la comédie Um Himmels Willen, une série qui compte actuellement 11 saisons qui suit les tribulations d'une bonne soeur (rien à avoir avec Ainsi Soient-Ils cependant) puis de sa soeur, également bonne soeur. Vous suivez ? Ce sera le 3e Weihnachtsspecial pour la série, en attendant la 12e saison prévue pour pour 2013. "Mission unmöglich", c'est le nom de cet épisode spécial qui sera diffusé le 20 décembre, se déroulera au Nigeria, marquant le retour de la première bonne soeur, qui part à la recherche de sa soeur, la bonne soeur. J'ai la tête qui tourne, je vais m'asseoir. Sinon, plus simple, il y a aussi Baron Münchhausen, une mini-série en deux épisodes (au lieu de trois initialement prévus), qui suit les aventures du fameux baron alors qu'il fait la rencontre d'une petite fille qui lui affirme être la chair de sa chair. Ne la croyant pas, le célèbre personnage décide de voyager jusqu'à St Petersbourg pour la ramener chez sa mère, mais évidemment bien des embûches les attendent en chemin...
* Pour finir, il semblerait que HBO se prépare à co-produire une série avec Sky Deutschland, se déroulant pendant la Guerre Froide. C'est intéressant parce que jusque là, HBO co-produisait rarement avec l'étranger en-dehors de la BBC ; pour l'instant je n'ai pas trouvé beaucoup plus de détails.

Underbelly-logo

- AUSTRALIE :

* Commençons d'abord par poser, là, d'entrée de jeu, que les chaînes australiennes font leurs upfronts pour l'année 2013 en ce moment, et qu'on se fera un gros récap quand tout le monde y sera passé. Ou presque, puisque le groupe public ABC a décidé de ne pas y prendre part. C'est dommage, c'est également là qu'on commande le plus de fictions originales, mais que voulez-vous. Donc pour Seven, Nine, Ten, et SBS (et apparemment Foxtel), rendez-vous pour un post à part dans quelques jours.
* Si vous avez toujours rêvé de vivre dans le contexte d'une série de la franchise Underbelly (mais... pourquoi ?), vous allez être heureux d'apprendre qu'un jeu video est sorti pendant que le world tour avait le dos tourné. Appelé Underbelly: Skirmish, le jeu est depuis la mi-octobre accessible via iTunes au tarif de 1,99$ US pour l'iPhone, et 2,99$ US pour l'iPad, mais devrait également sortir dans une version compatible Android. Bon par contre, on a les prix, mais pas vraiment une description très claire du jeu lui-même, présenté comme, je cite, "une version stylisée du classique Cops 'n Robbers". Alors, j'ai googlé Cops 'n Robbers, et ça ne m'a pas du tout rassurée ! Il y a également une page Facebook qui tente vaguement de nous en dire légèrement plus avec un trailer, mais on en retiendra surtout la réorchestration du thème de la série ; toutefois on n'est pas plus rassurés sur le contenu du jeu. Dans tous les cas, si vous voulez tenter : sur l'appstore, ça se passe juste ici. C'est votre pognon, après tout.
* Les commémorations de la Première Guerre mondiale et de la bataille de Gallipoli approchent. On peut compter au nombre de trois, à présent, les chaînes ayant décidé de produire quelque chose à cette occasion. On savait déjà qu'il y avait la bien nommée Gallipoli sur Nine, sur la bataille elle-même ; il y a également un projet de mini-série pour Foxtel, suivant les journalistes qui couvraient les actions des troupes. Eh bien sur la pile, on peut maintenant à présent ajouter une co-production entre ABC1 et la société Screentime (Underbelly justement, mais aussi Cloudstreet), qui s'intéressera au personnel médical des ANZAC. Six épisodes sont prévus pour parler d'histoires vraies, puisque la série sera inspirée d'un livre de Peter Rees qui reprenait des lettres, des journaux et des témoignages d'infirmières qui étaient présentes sur le champ de bataille. Pour ceux qui aiment les séries de guerre, et j'en suis généralement, il faut dire qu'on va avoir l'embarras du choix ! Les Australiens vont également avoir au moins un film sur grand écran, les petits veinards. J'ai l'impression d'entendre des milliers d'écoliers australiens soupirer par avance d'un air excédé. Pour votre culture perso, en Australie, ça faisait depuis ANZACS, une mini-série de Nine datant de 1985 sur le même sujet, qu'aucune fiction télé ne s'était intéressée aux évènements.
- Bon, pour finir sur l'Australie, j'ai deux trailers pour vous. Vous le savez (ou plutôt, vous ne le savez pas, parce que vous n'avez pas lu les commentaires du dernier world tour, et que j'ai pas mis le Pilot Watch à jour depuis plus d'un mois), plusieurs séries s'apprêtent à démarrer dans les prochains jours. Il y aura d'abord, le 31 octobre sur ABC1, A Moody Christmas, une dramédie qui a subi de nombreux changements de nom pendant son développement (This Christmas, New Christmas...) qui raconte comment une famille pas très sentimentale célèbre, chaque année, la fête familiale la plus sentimentale du calendrier. Chaque épisode se déroule à un Noël différent, alors que le fils, expatrié à Londres, revient vivre son calvaire annuel en Australie. A l'occasion du lancement d'A Moody Christmas, ABC lance aussi un concours pour gagner des cadeaux de Noël : il suffit pour les spectateurs d'envoyer leur plus embarrassant souvenir de fête de famille. Dommage, seuls les Australiens peuvent jouer.

* Le lendemain, soit le 1er novembre, pour ceux qui refusent de faire du calcul le weekend, la série Redfern Now débarque également sur ABC1 (merci d'exister, ABC1 !). En préparation depuis 2010, et après avoir pris un peu de retard pour apparaitre dans les grilles puisqu'à l'origine elle devait être diffusée en 2011, la série s'intéresse à la communauté aborigène, laissant donc une grande part aux membres de cette communauté devant mais aussi (voire surtout) derrière la camera. Redfern Now racontera 6 destins se croisant dans une même rue du quartier de Redfern, une banlieue défavorisée ; l'un des réalisateurs et acteurs de la série explique que c'est la même intention que The Slap, à savoir dépasser les stéréotypes pour comprendre la complexité et la diversité d'un même microcosme. Comme si ça ne suffisait pas pour nous mettre l'eau à la bouche, dans Redfern Now, la production s'est adjoint les talents de Jimmy McGovern, no less, créateur de bien des séries britanniques à succès, et qui a récemment prouvé qu'une anthologie ne lui faisait pas peur avec Accused, par exemple. Je vais être sincère avec vous, on dirait bien que ça valait méchamment la peine d'attendre, et la bande-annonce est tout simplement magnifique !

Suburbia-Metro

- BRESIL :

* Vous aviez des plans pour cette semaine ? Arrêtez tout ! Subúrbia, la nouvelle série réalisée par Luiz Fernando Carvalho, commence le 1er novembre sur Rede Globo ! Pour rappel, la série s'intéresse à l'histoire d'une femme noire, Conceição, qui arrive à Rio de Janeiro pour commencer une nouvelle vie ; l'histoire a été écrite par Paulo Lins, auteur de La cité de Dieu, et apparemment, il a commencé par écrire son histoire en prose avant de s'adapter lui-même avec notre ami Luiz, un procédé pour le moins original. Comme je n'ai pas réussi à l'intégrer, vous pouvez aller ici pour découvrir la bande-annonce de la série ; le moins qu'on puisse dire, c'est que Luiz n'est pas allé là où on l'attendait ! Ah et pour ceux qui se demandent, la photo ci-dessus, ce sont les rames des métros qui circulent au Brésil à l'effigie de la série. Juste pour que vous ayez bien le bourdon demain, quand vos emprunterez vos moyens de circulation habituels sur lesquels aucune série n'a été taggée. Accessoirement, si vous avec un abonnement à Canalsat Caraïbes (ce que implique que je m'adresse à ceux de mes lecteurs qui vivraient dans les Antilles ou en Guyane), vous le savez sûrement mais depuis quelques mois, TV Globo est dispo sur le canal 24. Voilà, vous savez tout.
* La telenovela Avenida Brasil s'est achevée le 19 octobre à 21h sur Rede Globo, et les scores de son ultime épisode font d'elle la série la plus regardée de tous les temps dans le pays, comme ça c'est fait ; avec un investissement de 45 millions de reals (17 millions d'euros environ), Globo est donc largement rentrée dans ses frais puisque la série lui a rapporté 2 milliards ! Depuis lundi, la série est remplacée par Salve Jorge, où il est question de trafic humain, forcément c'est moins glamour. Bon, je n'ai été capable de trouver lesdits chiffres qu'en "points d'audience", mais pour comparer, le final d'Avenida Brasil a totalisé 71 points d'audience, contre 35 pour le lancement de Salve Jorge trois jours plus tard. D'ailleurs vous pouvez trouver, une fois n'est pas coutume, sur Rue89, un article sur le succès de cette telenovela.

Degrassi

- CANADA anglophone :

* C'est officiel, Degrassi est devenue la plus longue franchise de l'histoire du Canada, grâce à Degrassi The Next Generation qui a célébré son 300e épisode ce vendredi ; la série dépasse ainsi Beachcombers (387 épisodes entre 1972 et 1990). Retrouvez toute l'histoire de Degrassi grâce à une page mise en place par MuchMusic, qui diffuse la série au format telenovela depuis 2010.

LosArchivosdelCardenal

- CHILI :

* En Amérique du Sud aussi, on commence à parler de 2013. C'est le cas de la chaîne TVN qui, en tout, espère diffuser 7 fictions, et appremment c'est son record personnel sur une seule année. Evidemment, on compte là-dedans des séries qui intéresseront probablement peu les téléphages occidentaux, comme la telenovela romantique Mi Vida Por Ti, pour ses après-midis, mais il y a aussi des surprises intéressantes. Ainsi, pour la case horaire de 20h en quotidienne (pour remplacer Pobre Rico, une telenovela reposant sur le même principe que La vie est un long fleuve tranquille), la chaîne publique veut lancer une série sur la vie d'un homme qui tente de changer de sexe... assez étonnant pour du primetime ! Au rayon des nocturnas, ça se passe plutôt bien aussi : alors que Reserva de Familia s'est achevée il y a quelques jours, la comédie Separados a pris le relai et rencontre un énorme succès (27% de parts de marché pour le pilote lundi), donc la chaîne n'a pas l'intention de lâcher sa case horaire de 22h30, et a commandé une série pour prendre le relai dans 6 mois. Encore tenue secrète, cette nouvelle fiction est créée par Josefina Fernández, déjà responsable de Los Archivos del Cardenal (en photo ci-dessus, une série qui justement doit revenir aussi pour une deuxième saison (la production a reçu des fonds au début du mois, venant du Consejo Nacional de Televisión). TVN ambitionne aussi de créer un nouveau créneau horaire consacré aux séries, encore plus nocturne, cette fois à minuit ! On n'arrête pas le progrès. Tout cela et bien plus encore sera au programme de TVN, qui affirme avoir encore des surprises dans sa manche...
* De son côté, Canal 13 a décidé de commander l'adaptation d'Os Normais, une comédie brésilienne diffusée par Rede Globo pendant trois saisons voilà une bonne décennie de ça (de 2001 à 2003, si on veut faire genre on connait Wikipedia par coeur). La série avait rencontré un grand succès, donnant lieu à deux longs-métrages en 2003 puis 2009. La formule, qui rappelle un peu celle d'Un gars, Une fille (mais en format une demi-heure), met en scène un couple dans sa vie de tous les jours, à la différence que les protagonistes ne vivent pas ensemble. Et, surtout, la série était réputée pour ses excentricités, comme par exemple briser le quatrième mur, avoir recours à des flashbacks régulièrement, ou encore laisser les acteurs partir en totale improvisation. L'humour reposait pourtant essentiellement sur les dialogues, et très peu de comique de situation ou de slapstick. La version chilienne sera co-produite par Globo, ce qu'on peut considérer comme étant une mesure de sécurité pour conserver le ton de la série originale ; apparemment, l'Espagne serait aussi sur le coup pour récupérer le concept, puisque la rumeur prétend qu'un producteur indépendant est en train de négicier les droits d'adaptation. Si vous êtes curieux à propos d'Os Normais, de nombreux épisodes, dont le pilote, sont en ligne sur Youtube. Port du portugais brésilien obligatoire pour comprendre, cependant.

DR

- DANEMARK :

* Le minister de la Culture Uffe Elbæk a annoncé il y a quelques jours un "Media Agreement" pour 2012-2014, qui dessine les grandes lignes de l'audiovisuel public danois pour les deux prochaines années après un vote d'une majorité du Parlement ; l'accord concerne le groupe DR et la chaîne TV2. Parmi les différentes mesures que ce pacte regroupe : une somme coquette allouée au développement de projets pour la jeunesse ; une augmentation de la redevance en 2014, qui passera de 2352 couronnes (315 euros) à 2414 couronnes (323 euros) ; un assouplissement des règles de programmation, permettant aux chaînes plus de flexibilité dans la composition de leurs grilles ; le renouvellement des engagements de DR à avoir recours à des sociétés indépendantes pour ses productions ; et une réintroduction de l'interdiction du product placement. Il y a deux ans (lors du précédent Media Agreement si je comprends bien), le product placement avait en effet été autorisé, dans l'espoir que cela encouragerait l'investissement dans de nouveaux programmes, mais il faut croire que l'expérience n'a pas été concluante. Vous le savez, le product placement est l'une de mes grandes fascinations, et j'aimerais bien trouver des articles expliquant un peu le pourquoi de ce revirement... si possible pas en Danois ; en l'absence, il faudra donc présumer des explications. Ah, et pour finir, Public Service Pool (PSP), qui a déjà soutenu la création des séries Lærkevej et Rita pour TV2 par le passé, a aussi récolté 30 millions de couronnes (4 millions d'euros) pour de nouveaux projets. On peut donc se lécher les babines par avance...

StamosOkupa2

- ESPAGNE :

* Quand la comédie Stamos Okupa2 a prouvé qu'elle n'était pas faite pour la seconde partie de soirée (8,8% de parts de marché pour le pilote, ça ne s'est pas arrangé ensuite), la chaîne publique RTVE a vite décidé de faire du damage control et de reprogrammer la série en dernière partie de soirée le samedi, à coups de deux épisodes d'affilée par semaine. Le concept était apparemment de voir jusqu'où les audiences chuteraient, en tous cas ça y ressemble beaucoup, et dans ce cas, le pari est remporté. Alors finalement, ce sont les chiffres qui finissent par être plus drôles que la série : le dernier épisode en date a été regardé par très exactement 306 000 Espagnols qui apparemment ont besoin d'une vie le samedi soir à 00h15 (3,3% de parts de marché si vous vous demandiez). Je m'avance peut-être, hein. Mais je crois que c'est un bide. Du coup je vous ai mis la photo de promo de Stamos Okupa2 quand même, histoire que vous puissiez mettre des visages sur ce fiasco. Fort heureusement, comme c'est produit en in-house, ça ne coûte pas trop cher au groupe public, qui en dépit de cette déculottée a affirmé avoir encore le souhait de développer d'autres comédies en interne dans le futur. Et je serai là pour en apprécier chaque revirement, c'est promis !
* Fort heureusement, il y a encore des séries qui fonctionnent, en Espagne. L'une d'entre elles est El Barco, une série d'anticipation dans laquelle un navire-école se retrouve isolé, dans un monde dévasté dont ils pourraient bien être les seuls survivants. Le démarrage de la saison 3, le 18 octobre dernier, a une fois de plus été couronné de succès : 3,5 millions de spectateurs pour le season premiere ! La troisième saison maintient donc les chiffres de la deuxième, même si on est loin des 4 millions et quelques de fidèles de la première saison. Grâce à ce lancement, le season premiere d'El Barco est le 4e épisode le plus regardé en Espagne cette saison, derrière le 6e season premiere de la comédie La que se avecina, le final de la série historique Isabel, et le 2e épisode de Once Upon a Time, puisqu'Antena 3 diffuse la première saison depuis septembre. Eh oui, en Espagne, les meilleures audiences sont quand même plutôt pour les séries locales...
* La société Bambú Producciones (Gran Hotel, Hispania, Gran Reserva...) prépare une nouvelle fiction pour Antena3, intitulée Galerías Vélvet. La série se déroulera à la fin des années 60, dans l'univers de la mode, alors que l'âge d'or de la haute couture espagnole touche à sa fin ; la série s'intéressera donc moins au contexte des années Franco qu'à un univers glamour qui commence à perdre de son influence. L'actrice Paula Echevarría (qui a déjà un rôle dans Gran Reserva) est la première à signer pour cette nouvelle production.

Nymfit

- FINLANDE :

* Il y a quelques mois, je vous parlais de Nymfit, une série fantastique dont le tournage a commencé cet automne ; il s'agit de l'histoire de 3 nymphes vivant parmi nous, Didi, Cathy et Nadia, jouissant d'une jeunesse éternelle mais dont les pouvoirs de séduction sont éminemment dangereux pour les humains. Mais quand l'une d'entre elles tombe sous le charme d'un homme on-ne-peut-plus mortel, Samuel, les choses se compliquent pour les deux espèces... Nymfit a la particularité d'être essentiellement tournée sur fond vert, comme par exemple Sanctuary, et devrait être diffusée courant 2013 sur MTV3 en Finlande. Attention, tenez-vous bien, elle a déjà trouvé acquéreur en France... je vous sens super ravis, là : l'acheteur est la compagnie Zylo. Comme je ne connaissais pas, j'ai été voir le site internet. Et je suis moins ravie (leur catalogue de séries donne bien le niveau). On va donc se dépêcher d'oublier Nymfit.

LifeOK

- INDE :

* Sur le câble indien, ça bouge un peu. La récente chaîne Life OK a une politique de commande de séries pour le moins ambitieuse. Elle diffuse par exemple Savdhaan India, une série criminelle inspirée par des faits réels, diffusée en quotidienne depuis avril, et qui a la particularité d'avoir un présentateur pour replacer les évènements dans leur contexte. La chaîne a désormais commandé à Endemol India une nouvelle production, un thriller intitulé Devki, pour la rejoindre dans la grille en semaine. Life OK diffuse seulement deux soaps, et a étoffé sa grille avec une série mythologique et deux crime dramas (Savdhaan India, donc, qui depuis juillet a eu droit à un changement de formule pour se concentrer sur les victimes, et Hum Ne Li Hai... Shapath, diffusée le samedi et le dimanche). Une autre série mythologique, intitulée Savritri, serait également en passe d'être achetée par Life OK. Pas mal pour une chaîne qui a moins d'un an !

LoveHate-Season3

- IRLANDE :

* Le 11 novembre, Love/Hate revient pour une troisième saison sur rté. Ce n'est pas très étonnant quand on sait que la saison 2 était la série la plus regardée en Irlande en 2011, et qui compte à ce jours 7 IFTAs pour célébrer sa qualité. En tous cas, pas mal de changements cette saison (conséquence directe du départ de l'un des acteurs de la série, je ne vous dis pas qui), mais comme vous le voyez sur la photo ci-dessus, Robert Sheehan est, lui, toujours de la partie. Apparemment une 6e saison de la série dramatique/culinaire Raw est également prévue pour 2012-2013 sur rté, mais je n'ai pas été capable de trouver une date de début, si jamais elle en a déjà une (ce qui vient s'ajouter à mes difficultés à trouver le pilote quelque part...).
* Concernant ses projets, rté développe actuellement Citizen Charlie, une mini-série en 3 épisodes de 90 minutes, un biopic sur Charles Haughey écrit par Colin Teevan (qui a écrit un épisode de Vera). Avec un budget de 3,7 millions d'euros, le projet n'est pourtant pas près d'arriver sur les écrans irlandais puisqu'à l'heure actuelle, aucune décision n'a même été prise pour choisir l'acteur qui incarnera l'homme politique.

Family

- ISRAEL :

* Ces derniers temps, on parle pas mal d'adaptation américaines de séries israéliennes (attendez la fin de ce post, on va même en REparler). Mais en Israël, on ne se repose pas sur ses lauriers et on continue de s'intéresser à ce qui se passe ailleurs. Tenez, prenez la production de la prochaine série de la chaîne HOT3 : je serai surprise qu'on n'y ait jamais entendu parler de The New Normal. L'histoire est en effet celle d'un couple de gays qui ont un bébé avec une jeune femme. Hm... Bon, comme mon hébreu n'est pas au top, j'ai pas réussi à comprendre le titre de la série, tout ce que je sais, c'est que plusieurs scènes ont été tournées pendant la gay pride début juin.

JunichiOkada

- JAPON :

* Si vous l'ignoriez encore (dans ce cas vous êtes tombés au bon endroit pour réparer ça !), la chaîne publique NHK diffuse chaque année une série historique le dimanche soir, décrochant ainsi généralement ses meilleures audiences pour une fiction. Début janvier, tous les ans, une nouvelle série (un "taiga dorama") fait donc son apparition, pour faire ses adieux fin décembre ; c'est la seule série japonaise a connaître autant d'épisodes par saison. Et ça fait depuis 1963 que ça dure. Alors que Taira no Kiyomori s'apprête à tirer sa révérence fin 2012, on sait donc déjà (parce que ça se prépare trèèès longtemps à l'avance, ces choses-là) que Yae no Sakura prendra le relai en janvier 2013 avec Haruka Ayase dans le rôle principal, et on se tourne donc désormais vers les annonces concernant la série de 2014 ! Ce nouveau taiga dorama s'appellera Gunshi Kanbei, où il sera comme d'habitude question d'une figure historique, ici Yoshitaka Kuroda, dit Kuroda Kanbei. C'est le chanteur et acteur Junichi Okada qui a décroché le rôle principal ; le tournage commencera en août prochain.

TheAlmightJohnsons-cast

- NOUVELLE-ZELANDE :

* Bon, et je l'avais indiqué sur Twitter mais dans le doute, il vaut peut-être mieux le dire aussi dans un world tour : en fin de compte, The Almighty Johnsons a décroché un financement pour une troisième saison. Pas d'annulation pour cette fois, donc ! Vu les audiences pâlichonnes et les critiques pas forcément extatiques, cette saison sera sans doute la dernière, et la série a surtout gagné une vraie fin. Pourtant, les fans de la série s'étaient mobilisés en Nouvelle-Zélande, envoyant massivement des bâtons de bois à TV3 (symbolisant Yggdrasil, l'arbre de vie de la série). Les subventions de NZ On Air permettront d'avoir un peu plus qu'un téléfilm de conclusion (ce qui avait été proposé en dernier recours par James Griffin et Rachel Lang, les créateurs de The Almighty Johnsons), puisque ce sont 13 épisodes au total qui sont financés à hauter de 6,9 millions de dollars néo-zélandais, soit environ 4,3 millions d'euros.

Halvbroren

- NORVEGE :

* En 2013, la redevance va augmenter en Norvège. Le Gouvernement a en effet proposé d'augmenter la taxe de 8% l'an prochain, dans l'espoir de collecter 5,1 millards de couronnes en plus pour NRK. N'allez pas croire cependant que l'audiovisuel public norvégien connaisse des problèmes de liquidités : en 2011, NRK enregistrait un profit de 40,9 million de couronnes, et on estime qu'en 2012, le nombre de foyers soumis à la redevance a augmenté (atteignant un peu plus de 1,9 millions de contribuables). Mais quand on voit la news qui suit, on se dit que ça a du sens...
* Deux news en une ici : je lis que la série norvégienne Halvbroren, un drama qui doit débuter en janvier 2013 sur NRK, a été vendue pour une diffusion à 13 pays... dont les USA. Je n'ai pas réussi à trouver quelle chaîne se chargera de la diffusion, ça se trouve c'est une obscure chaîne câblée/locale/spécialisée (notez que ça ne s'exclut pas), mais si c'est une chaîne relativement conséquente, je pense que mes yeux vont rouler sur la table. Halvbroren, basée sur le roman du même nom de Lars Saabye Christensens sorti en 2001, commence à la fin de la Seconde Guerre mondiale lorsque, le jour de la Libération, une femme est violé. L'enfant qui naitra de cette atrocité sera un garçon qui, quelques années plus tard, aura un frère... un demi-frère donc, d'où le titre. La série commence donc en 1945 pour se poursuivre en 1964 alors que les deux jeunes garçons arrivent à l'âge adulte, l'un se destinant à devenir boxeur, l'autre se découvrant une passion pour l'écriture. Ils sont très proches en dépit de tout ce qui les sépare (les conditions de leur venue au monde, leur tempérament, cinq années d'écart...) et quand le grand frère boxeur disparait, le grand se met à sa recherche... L'histoire se finit en 1990, mais je ne vous en dis pas plus (si vous voulez vous spoiler sur une série, google is your friend... sort of). C'est le plus gros budget de la NRK ces dernières années, avec 60 millions de couronnes norvégiennes (8 millions d'euros), certains décors, notamment pour les scènes en 1964, ayant été recréés numériquement ; un joli budget quand on sait que la série comptera seulement 8 épisodes. Apparemment, les chaînes SVT (Suède), RUV (Islande) et YLE (Finlande) ont mis la main à la poche, donc déjà, la diffusion dans la plupart des pays de Scandinavie est acquise. Mais pour les USA, j'aimerais vraiment trouver des noms ! Vous pouvez voir la bande-annonce ici, avec voix-off et sous-titres en anglais. Et ça a l'air génial. Sincèrement, on peut dire que les 60 millions de NOK, ça les vaut !

Charlie

- PAYS-BAS :

* Il y a des chaînes américaines qu'on soupçonne d'être un peu trop faciles à convaincre quand il s'agit de vendre les droits pour une adaptation cheap à l'étranger. On ne les citera pas mais on a tous au moins un nom en tête. Une chaîne qu'on n'attend pas tellement sur ce terrain-là est Showtime, jusque là pas tellement encline à faire des pépettes faciles en vendant un format au plus offrant, et pourtant, les faits sont là : une adaptation néerlandaise de Nurse Jackie est en préparation pour AVRO/Ned 3, sous le titre, vous l'aurez compris, de Charlie (c'est comme Jack McFarland : juste Charlie). Le problème, vous le voyez sur cette première photo de promo, est assez évident, il me semble. Une actrice ayant près de 15 ans de moins que l'originale, forcément jolie, sexualisée et ayant perdu tout son côté revêche (et probablement aussi torturée que mon chat quand il doit choisir entre pioncer et manger)... L'actrice Halina Reijn a-t-elle seulement compris ce qu'elle était supposée représenter en prenant la pose ? Même pas sûr. Dans tous les cas, les spectateurs ont rendez-vous avec Charlie en mars 2013. Ca, plus Golden Girls et le prochain remake de Roseanne, ça commence vraiment à faire beaucoup. Dans le fond, je sais même pas si on peut envier les Néerlandais d'avoir autant de séries locales, dans pareilles conditions. Ca mérite réflexion en tous cas.

AlFondoHalSitio

- PEROU :

* Souvenez-vous, on avait évoqué Mi amor, el wachimán, une comédie romantique, dans le précédent world tour. Eh bien, aussi ridicule que ça puisse paraitre à quiconque a jeté un oeil à la bande-annonce, la série est un succès qui ne se dément pas, devenant l'une des deux séries les plus regardées du pays. L'autre est également une comédie, nommée Al Fondo Hay Sitio ; toutes deux sont diffusées par la chaîne ATV (pour America TV).

NaKraiSveta

- RUSSIE :

* La diffusion de la mini-série Na Krai Sveta a commencé plus tôt ce mois-ci en Russie, et là comme ça, sur le papier, ça a l'air intéressant. Déjà parce que ce n'est pas un remake. Ce n'est pas non plus une série policière. Non, en fait, c'est l'histoire d'un couple qui se déchire autour de la garde de leur fille pendant leur divorce, conduisant à l'enlèvement de ladite progéniture, et c'est en plus inspiré d'un fait réel. Alors quel est le problème ? Eh bien, ce fait réel avait provoqué un incident diplomatique entre la Finlande, pays du père, et la Russie, patrie de la mère de l'enfant. Or, la plaie a été ouverte par cette série en 8 épisodes, qui a décidé de faire des Finlandais le portrait le plus caricatural possible, du père ombrageux à la belle-mère qui ne trouve rien de mieux qu'offrir pour les 8 ans de la gamine... une place au cimetière. Charmant. Tournée l'an dernier, en partie en Finlande, et avec 4 acteurs finlandais, la série a déclenché la colère des médias finlandais. Ils ne s'étaient pas offusqués quand, en février dernier, Na Krai Sveta avait été diffusée en Ukraine ; elle avait dû passer sous leur radar. Donc du coup, une histoire datant de 2008 fait remonter les bonnes vieilles rancoeurs à la frontière...

MuhtesemYuzyil-Bedroom

- TURQUIE :

* Chaque rentrée a ses succès... et ses échecs. Kanal D essuie deux revers cet automne, avec ses nouveautés Veda et Kötüyol, toutes deux inspirés de romans mais incapables de trouver leur public. Veda, on en a déjà parlé, est une série historique s'intéressant à la fin de l'Empire ottoman dans les années 20, tandis que Kötüyol, qui se déroule dans les années 50, est plutôt un drama à tendance romanesque qui raconte comme une femme, initialement promise à un homme qu'elle n'aime pas, rencontre en tentant de s'achapper un producteur qui lui permet de tenter une carrière dans le cinéma. Particulièrement atteinte par les problèmes d'audience, Veda a failli être purement et simplement retirée des grilles ; en fin de compte, la série n'est pas annulée pour le moment ; maintenue pour le moment dans sa case du jeudi à 22h30, elle doit subir des changements aussi bien côté scénaristes qu'acteurs, afin d'essayer de donner un second souffle aux épisodes. J'ai du mal à trouver des infos explicites sur le sort réservé à Kötüyol, mais si j'ai bien compris, on dirait que l'annulation n'est pas loin.
* Et puis une nouvelle intéressante : le ministère de la Culture et du Tourisme turc a décidé d'encourager les séries turques à être "vendues gratuitement" à des chaînes étrangères ; l'idée n'est évidemment pas de s'asseoir sur les quelques 60 millions de dollars US que représentent les exportations de la fiction turque, mais de favoriser l'implantation de certaines séries dans des pays où le ministère estime que le rayonnement culturel de la Turquie peut jouer un rôle important : "avec les séries télévisées, nous pouvons entrer dans chaque maison et contribuer à élargir l'influence de la culture turque". Le ministère de rappeler que de nombreux pays sont en train de s'intéresser à la langue turque ; y compris en Grèce où, notamment grâce à des séries comme Muhtesem Yüzyil (en photo ci-dessus, et accessoirement série turque la plus exportée du moment), certains mots et expressions simples sont entrés dans le vocabulaire des spectateurs. Ca doit donc vouloir dire qu'en Grèce, on diffuse les séries turques sans les doubler ? Bien bien bien, je note.
* Et puis on finit par l'award incongru du jour, remis à une bande-annonce de la nouvelle saison de Behzat Ç., qui a reçu un Key Award d'argent à la mi-octobre ; les Key Awards sont un évènement soulignant les réussites dans le domaine du marketing, de la publicité et des campagnes promotionnelles de tous poils, organisé par The Hollywood Reporter, et dans ce palmarès, elle est la seule fiction non-anglophone

ChuyenXuDua

- VIETNAM :

* Imaginez, vous êtes une chaîne de télévision, et quand une série ne fonctionne pas, vous perdez de l'argent. Or, perdre de l'argent, c'est pas trop votre truc... Alors que faire, que faire ? Eh bien, ne désespérez pas, le groupe du câble SCTV a trouvé une idée d'enfer ! C'est simple : les chaînes du groupe ont décidé de ne payer les sociétés de productions qui font les séries que si lesdites séries font au-delà d'un certain taux d'audiences. Bah voilà, il suffisait de demander. Vraiment c'était tout bête, hein. Bon en réalité c'est un peu plus compliqué que ça, vous vous en doutez, et là on entre dans ce qui semble être une particularité du système télévisuel vietnamien : jusqu'à présent, c'étaient les studios eux-mêmes qui devaient trouver des annonceurs, vendant en somme une série ET un minimum d'espaces publicitaires aux chaînes (c'était un peu tout bénef pour les chaînes, j'ai l'impression). Eh bien avec SCTV dorénavant, attention la surprise, c'est la chaîne qui cherche des annonceurs pour une série donnée, expliquant que les sociétés de production ont ça de moins à s'occuper et que du coup, elles n'ont plus d'excuses pour ne pas faire de la qualité, vu qu'elles sont déchargées de la question des annonceurs ! Jolie façon de confondre qualité et succès, au passage... Bon et puis, pour payer les sociétés de production, on se basera sur les audiences calculées de façon indépendante par TNS, hein, on n'est pas des bêtes non plus. La barre à été placée à 1,5 points d'audience (on estime que l'an dernier, un tiers des fictions diffusées par SCTV7 et SCTV14, les deux chaînes du groupe diffusant des séries, ont atteint ce degré de popularité), et si les séries ont des scores qui vont au-delà, les sociétés de production gagnent un bonus (prix par épisode : 4700 dollars US entre 1,5 et 1,7 points ; 7700 dollars US entre 1,8 et 2 points, etc...). Dans l'histoire je n'ai pas compris pourquoi les sociétés de productions devraient prendre le risque de n'être pas payées, au lieu de se reconvertir, mais apparemment SCTV incorpore ces nouvelles clauses à ses contrats depuis le début de la saison. Est-ce que je peux avoir un grand "what the fuck" dans le public, s'il-vous-plait ? Ah et comme j'avais pas d'idée pour illustrer cette news, j'ai pris la photo de promo au pif de la première série de SCTV venue, en l'occurrence Chuyện Xứ Dừa, diffusée cet été, et qui se déroule dans un village où on fabrique des bonbons à la noix de coco (ah oui apparemment, la tendance au Vietnam depuis quelques mois, ce sont les séries rurales, les spectateurs se détournant des séries où les personnages sont riches et glamour) ; la série avait atteint une moyenne de 1,6 points d'audience, ce qui veut dire que les producteurs ont été payés. Soulagement.

GenMishima

- USA mais en fait non :

* Au menu des adaptations en projet du moment, on trouve une nouvelle tentative d'adapter la série israélienne Reviat Ran (le premier essai, qui était devenu le pilote de The Quinn-tuplets, n'avait pas été transformé), la série de science-fiction chilienne Gen Mishima pour NBC Universal (l'original avait été diffusé aux USA par la chaîne mun2, du groupe Telemundo...qui fait partie du groupe universal, comme ça on reste en famille) qui s'intéresse à un journaliste découvrant des expérimentations génétiques et dont vous pouvez voir la photo de promo ci-dessus, la telenovela mexicaine Teresa pour ABC, les britanniques Gavin & Stacey et Rev., ainsi que la mini-série britannique Metropolis pour The CW, et l'australienne The Strange Calls, je ne sais plus si je l'avais mentionnée. J'en oublie forcément... Ah et appremment, l'adaptation de Rake sera pour FOX. Alors ça, le voyage au MIPCOM, il a été rentabilisé, hein !
* MundoFOX a lancé lundi la diffusion de la série colombienne Corazones Blindados, qu'elle présente comme sa première série originale. Absolument, et c'est pour ça que la série a démarré en Colombie courant septembre et qu'elle a été renouvelée par RCN pour une seconde saison... Tssk tssk tssk.

Hamarinn

Allez, on finit sur un truc que vous pouvez voir (enfin, peut-être) : la mini-série islandaise Hamarinn sera diffusée par Eurochannel à partir du 3 novembre. Hamarinn est un thriller un peu paranormal qui compte 4 épisodes, lesquels, c'est le détail regrettable de notre affaire, seront diffusés le samedi à minuit. Je ne l'ai pas encore vue, mais je n'en ai entendu que du bien, donc si vous en avez la possibilité, regardez !

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Alors, comme d'habitude, la traditionnelle question : qu'est-ce qui vous a intéressés dans ce world tour ?
Ah et, puisque je vous tiens et qu'on a parlé adaptations, le projet de remake d'Accused par France2, on en pense quoi ? Je suis un peu partagée...

Posté par ladyteruki à 23:02 - Love Actuality - Permalien [#]

27-09-12

lady's world tour - Escale n°16

-- World Tour --

Alors, qui est prêt pour un tour du monde en ce jeudi maussade ? Il faut avouer que ça met toujours du baume au coeur de prendre le pouls des télévisions du monde... enfin, en tous cas, ça marche sur moi. Vous me direz si ça a des effets similaires chez vous.
Et alors, en plus, aujourd'hui, je vous avoue qu'il y a plein de séries sur le point de débuter aux quatre coins de la planète qui font furieusement envie. En Argentine, en Belgique, au Chili, au Pays-bas... plein de choses alléchantes ! Mais jugez plutôt.

Babylon

- ARGENTINE :

* Sur Canal9, c'est officiellement la rentrée : deux séries hebdomadaires s'apprêtent à débuter sur la chaîne. La première, prévue pour demain, s'appelle 23 Pares et, à l'instar de Perfidia ou El Donante, elle a remporté le désormais fameux (en tous cas dans ces colonnes) Concurso Series de Ficción Federales. Basée sur un roman de Viviana Bernath, cette nocturna (le lancement se fera à 23h30) montrera le quotidien d'une famille travaillant dans un laboratoire d'analyses génétiques. Deux jours plus tard, soit le dimanche 30 septembre, ce sera Babylon qui débutera, cette fois en primetime, mais vous allez voir que le concept est bien plus original. Babylon est en effet une dramédie policière et politique en 13 épisodes, dont l'originalité tiendra entre autres dans ses scènes presque totalement en noir et blanc, à l'exception de quelques unes aux couleurs saturées lorsque les évènements se dérouleront dans la mystérieuse ville de Babylon. Inspirée par le film noir, Babylon aura pour héros un étrange flic que la malchance poursuit, et qui se retrouve notamment impliqué avec un étrange cabaret ; bien qu'une enquête occupe chaque épisode, un fil rouge se dénouera également pendant la saison, couvrant une vaste période dans la vie des personnages : de 1973 à nos jours ! Tout ça ne nous donne qu'une vague idée de ce que sera Babylon, mais ça donne méchamment envie...

PubertyBlues-Friendship

- AUSTRALIE :

* Quand on est l'adaptation d'un bouquin qui fait une centaine de pages à tout péter, obtenir une saison de 8 épisodes semble déjà inespéré en termes de durée. Mais Puberty Blues semble avoir conquis son public à un tel point que la série pourrait bien être renouvelée pour une deuxième saison ! Celle-là alors, je l'avais pas venue venir ! Surtout que les audiences ne sont pas éblouissantes, même si la série parvient à doubler les scores de son lead-in, ça reste décent, sans plus. Bon, on se calme, on respire, ce n'est pas encore fait, mais la production semble visiblement confiante, et commence à penser aux histoires que cette nouvelle saison pourrait raconter (en même temps, jusqu'à présent, s'éloigner du matériau d'origine ne leur a jamais fait peur).
* Un autre renouvellement, celui-là bien officiel : House Husbands, qui a commencé le mois dernier. C'est la première fois qu'une nouveauté du network Nine gagne une seconde saison depuis... pfiulala, depuis Rescue: Special Ops, en 2010. C'était un peu la crise, quand même ! Mais avec un lancement suivi par 1,24 million de spectateurs, et des audiences consistantes depuis lors, House Husbands est une réussite incontestable pour la chaîne... pour ce qui est de la qualité, je vous donne rendez-vous dans ma review du pilote (...je me rends compte à l'écriture de ces news que j'ai énormément négligé les pilotes australiens dans le cadre de mon défi avec whisperintherain, ce sera vite corrigé).
* Au rayon des nouveautés, c'est la dernière série en date de la franchise Underbelly qui se prépare, puisque le tournage a commencé cette semaine en vue d'une diffusion courant 2013. Underbelly: Squizzy (après "Badness", ça fait un peu petit joueur quand même...) s'étendra de 1915 à 1927 et s'intéressera au gangster Squizzy Taylor.

PaulKempAllesKeinProblem

- AUTRICHE :

* Oh, regardez-moi ça ! Un petit nouveau dans la grande famille du world tour ! Eh bien oui, on se ballade aujourd'hui en Autriche aussi, où la chaîne publique ORF2 se prépare à accueillir dans sa programmation Paul Kemp - Alles kein Problem, une dramédie en 13 épisodes qui raconte les affaires de Paul Kemp, un médiateur chargé de résoudre les divers problèmes de ses clients : mariages en crise, familles brisées, et autres cas divers et variés l'attendent, alors que le pauvre Paul doit également gérer sa vie de famille. En effet, sa femme l'a trompé et on ignore s'il est le père du bébé que porte son épouse... Produite avec l'aide de l'allemande ARD, Paul Kemp - Alles kein Problem a été tournée en deux temps, d'abord à l'automne 2011 pour les 6 premiers épisodes, puis entre mai et juillet dernier. La série devrait apparaitre dans les grilles de la chaîne autrichienne début 2013.

CrimiClowns

- BELGIQUE :

* Sur la chaîne 2BE, une nouvelle dramédie s'apprête à débuter lundi : Crimi Clowns. Il s'agit d'une co-production avec les Pays-Bas (c'est la chaîne Veronica qui diffusera la série là-bas, plus tard pendant l'automne) écrite par Luk Wyns, qu'on connait en France pour son travail sur Matrioshki. Derrière les costumes colorés se cache donc, vous l'imaginez, un peu plus que des clowneries. Crimi Clowns suit en effet Ronny Tersago, un homme qui s'est fait connaître avec son personnage du clown Norry, mais qui un jour voit l'un de ses faux-pas publié dans les tabloids, grillant ainsi sa carrière. Pour ne pas tout perdre, il décide, avec quelques uns de ses proches, de se recycler dans les cambriolages et les braquages (en costume, donc) ; leur premier "coup" les emmène dans un magasin de hi-fi et videos, où Norry a l'idée de voler une camera afin de filmer leurs exploits criminels, mais aussi leur quotidien perturbant... Et pour répondre à votre question, oui, il y a un trailer, et avec sous-titres anglais par-dessus le marché. Pardonnez mon langage, mais putain, ça donne méchamment envie !

SessaodeTerapia

- BRESIL :

* J'ai découvert il y a quelques jours qu'une adaptation de BeTipul (encore une !) démarre cet automne. Cette fois, c'est donc au Brésil que ça se passe, sur la chaîne du câble et satellite GNT. Sessão de Terapia, puisque c'est son nom, démarre le 1er octobre, et je ne vous pitche pas la série, ce serait insultant.
* De son côté, Rede Record a décidé d'adapter Patito Feo, la telenovela pour ados venue d'Argentine qui a suscité un enthousiasme dans de nombreux pays (en France, rappelons qu'elle a été diffusée par Gulli sous le titre De tout mon coeur), décrochant un International Emmy Awards en 2008. La série a déjà été adaptée quatre fois, dont au Mexique, et c'est à partir de cette version que la scénariste Ecila Pedroso prépare le script de la version brésilienne... La série devrait prendre la relève, en 2013, de la telenovela Rebelde (elle-même un remake d'une telenovela mexicaine, Rebelde, elle-même adaptée de la telenovela argentine Rebelde Way... notice a pattern here ?) qui va s'achever au bout de deux années de diffusion.
* Et puisqu'aujourd'hui, on ne va apparemment pas trouver de preuve de l'originalité de la télévision brésilienne, SBT aussi a commandé un remake d'une telenovela argentine. Nan mais, faut le dire, c'est sympa l'ambiance entre chaînes de télévision en Amérique du Sud, on s'emprunte des formats à qui mieux-mieux, on se fait des tresses et on commande des pizzas... Mais je m'égare, pardon (c'est la douleur). Cette fois c'est une série des années 90, Chiquititas, qui est concernée, une série musicale à destination des préados ; la version brésilienne de la série remplacera ainsi Carossel en mai 2013. L'original avait tenu huit saisons, ce qui évidemment suscite l'envie...

Motive

 - CANADA anglophone :

* Après The Killing, Kristin Lehman retombe sur ses pieds et décroche le rôle principal de Motive, un procedural de CTV dont le tournage a commencé le 17 septembre dernier, en vue d'une diffusion en janvier prochain. L'enquêtrice de Motive, Angie Flynn, est capable d'entrer dans la tête des tueurs et de comprendre comment ils réfléchissent... sauf qu'il ne s'agira pas pour les spectateurs d'essayer de deviner qui a perpétré les crimes sur lesquelles elle travaillera, puisque la victime comme le criminel seront connus dés les premières minutes de l'épisode. Le retour du whodunit, c'est maintenant ! Lehman sera rejointe par Louis Ferreira, Brendan Penny et Lauren Holly dans cette nouvelle série.

Unite9

- CANADA francophone :

* Maintenant que je pense avoir chanté les louanges d'Unité 9 sur tous les tons, je pense qu'il est temps qu'on parle de la série de façon plus objective... pour célébrer ses audiences ! Les deux premier épisodes avaient en effet totalisé de beaux scores, mais le téléroman O' revenant lui faire concurrence cette semaine sur TVA, rien n'était joué. Eh bien résultat, le season premiere de O' a attiré 926 000 spectateurs... contre 1,2 million pour le troisième épisode d'Unité 9, qui reste donc leader du primetime le mardi soir. Qu'est-ce que je fais, j'en remets une couche, ou vous avez compris qu'il FAUT regarder Unité 9 ?

SolitaCamino

- CHILI :

* Accrochez-vous, les enfants, parce que la nouveauté de la chaîne Mega n'est pas là pour rigoler, au contraire. Solita Camino, qui commence le 1er octobre, est en effet une série qui parle... d'inceste. La série raconte en effet l'histoire de Manuela, une jeune fille de 14 ans qui a été abusée par son beau-père, mais dont l'histoire n'a pas fini de se compliquer. Vous pouvez découvrir les neuf premières minutes de la série dans cette preview.

IRIS

- COREE DU SUD :

* Peut-être vous souvenez-vous du succès incroyable de la série d'espionnage IRIS, diffusée à l'automne 2009 par KBS. A l'époque, la production se faisait une joie de clamer à qui voulait l'entendre (c'est-à-dire beaucoup de monde vu le succès de la série, qui a quasiment atteint les 40% de parts d'audience sur la fin de sa saison) qu'IRIS aurait un spin-off ET une seconde saison. Or, les deux phénomènes sont extrêmement rares en Corée du Sud, à plus forte raison pour une série de primetime aussi coûteuse. Le spin-off, on l'avait eu : il s'appelait Athena, et il avait été lancé fin 2011 sur la chaîne concurrente SBS, avec des audiences, eeeh, ma foi, pas mauvaises au début, mais en nette dégringolade au fur et à mesure de la diffusion. De la seconde saison d'IRIS, on avait craint de ne plus trop entendre parler, et pourtant, depuis cet été, les choses s'agitent ; on apprenait par exemple que Byung Hun Lee, héros de la première saison, ne reviendrait pas, étant trop occupé par sa carrière aux USA. Les choses sont désormais plus que concrètes encore, puisque plusieurs acteurs viennent officiellement de rejoindre la série : Da Hae Lee (qui n'a pas connu de grand succès à la télévision coréenne depuis Chuno), et Hyuk Jang (récemment vu dans Ppurigipeun Namu), incarneront les deux rôles principaux de la saison. Seung Woo Kim et Min Jong Kim reprennent quant à eux du service et, comme dans la première saison d'IRIS et dans Athena, ils incarneront des agents nord-coréens. Le tournage de IRIS 2 devrait commencer dés octobre, avec pour objectif une diffusion en février 2013.

MuhtesemYuzyil-Orage

- EGYPTE :

* Vous savez, le Ramadan, c'était il y a deux mois ? Bon, eh bien à la télévision égyptienne, on prépare déjà le prochain. L'acteur Ahmed Adam vient en effet de signer pour le rôle du scientifique Mostafa Mahmoud dans un biopic écrit par Waleed Youssef. Médecin, philosophe, journaliste et écrivain, Mahmoud a écrit plus de 100 ouvrages. Une idée de topic intéressante, du genre à donner des regrets que les séries égyptiennes ne connaissent généralement qu'une diffusion assez limitée géographiquement.
* Ce n'était qu'une question de temps avant que la série turque Muhtesem Yüzyil soit adaptée (ce qui explique la photo ci-dessus). Quand on tient un succès pareil, on ne le laisse pas s'échapper ! C'est le cas de l'Egypte, où le réalisateur Enas El Deghedi, coutumier du cinéma, a annoncé son premier projet pour la télévision, avec Mustafa Muharam au scénario. On peut se demander comment un biopic d'une figure historique turque aussi importante peut être adaptée par un autre pays, il faudra donc s'armer de patience pour avoir (peut-être) une chance de voir ce que ce projet donnera.

Isabel

- ESPAGNE :

* Canal+ Espagne se motive sur la fiction nationale. Après avoir commandé quelques projets originaux. En 2011, la chaîne avait commandé deux séries : un drama, Crematorio, et une comédie/dramédie, Qué fue de Jorge Sanz (qu'on avait évoqués sur SeriesLive, si vous m'y lisiez à l'époque). Les deux séries étaient clairement inspirées par les formats américains : Crematorio avait par exemple des épisodes de 45mn, alors que le 70mn est la norme sur les chaînes espagnoles. Mais depuis ? Depuis pas grand'chose, en-dehors de la diffusion de séries américaines telles que Boss, Girls, True Blood, The Newsroom (depuis ce mois-ci), ou encore Boardwalk Empire (la 3e saison démarre en Espagne ce samedi). Mais la chaîne n'a pas dit son dernier mot en matière de fiction espagnole, et commande cette fois une série documentaire similaire à celle de PBS, America in Primetime (diffusée par Canal+ Espagne en janvier dernier). España en serie, ce sera le nom de cette émission, sera composée de 4 rendez-vous de 50mn revenant sur l'histoire de la télévision espagnole, avec des images d'archive et des entretiens avec des réalisateurs et acteurs espagnols. Ca sera intéressant à regarder, si jamais les videos nous parviennent (et encore plus si on trouve le moyen d'avoir des sous-titres). En ce qui concerne les projets de fictions originales, Canal+ Espagne n'est d'ailleurs pas totalement en reste, car elle a bouclé au printemps le tournage de Falcón à Séville, en co-production avec ZDF en Allemagne et Sky Atlantic au Royaume-Uni.
* Bon et puis, ça y est, c'est officiel : Antena3 a annoncé hier que cette fois, la fusion avec laSexta, c'était sûr et certain ! Tellement sûr et certain que la fusion sera effective le 1er octobre... La chaîne a donc accepté les conditions qui lui ont été soumises cet été par le Gouvernement espagnol (pour un résumé des épisodes précédents, direction l'un des précédents world tours). C'est la seconde grande fusion de ce genre en Espagne, après qu'en décembre 2010, Cuatre ait fusionné avec Telecinco, du groupe Mediaset. Outre les chaînes publiques, le panorama espagnol sera donc, à partir de lundi, dominé par deux grands groupes de télévision : le groupe A3 d'une part (incluant Antena3 et maintenant laSexta) et Mediaset de l'autre. A eux deux, ces groupes représenteront 85,5% du marché...
* Puisqu'on parle de Telecinco, mauvaise nouvelle pour Familia, la comédie qu'elle préparait. Le tournage a été interrompu afin de procéder à une réorientation, la chaîne n'étant pas du tout satisfaite des épisodes tournés jusqu'à présent. Pour ne rien arranger, la comédie La que se avecina, qui doit entamer sa 6e saison lundi, a causé quelques soucis à la chaîne alors que le premier épisode a leaké sur internet. Voilà donc Telecinco en guerre contre le piratage, la chaîne ayant annoncé qu'elle avait tracé le site d'origine du fichier sur internet ("un site qui propose déjà des programmes de plusieurs chaînes"), et que les choses n'allaient pas en rester là. Reste que pour le moment, la grande inconnue c'est : comment ce site a réussi à se procurer une copie de l'épisode en avant-première... il se dit que l'épisode, mis sur les serveurs du service de VOD Mitele, aurait tout simplement été récupéré par un petit malin.
* Du côté du public, place à notre désormais habituelle constatation des dégâts. Déjà, les choses vont très, très mal pour TVE en ce qui concerne sa comédie Stamos Okupa2. Le sitcom familial a démarré le 14 septembre avec des audiences lamentables (8,8% de parts de marché),suivie d'un deuxième épisode encore plus bas (5,4% de parts de marché). Alors, cette semaine, la comédie bascule dans la case du vendredi soir à 00h45, parce que ça va bien, hein. Je ne voudrais pas m'avancer mais je crois que Stamos Okupa2 n'aura pas de saison 2. D'autant que la série est vraiment affublée de tous les maux : l'un des responsables de Canal9, Toni Beltrán, prétend que c'est lui qui a pitché la série à TVE en 2009, et que l'idée avait été alors refusée par la chaîne, avant de finalement lancer le projet Stamos Okupa2 sans lui. A vrai dire, vu les résultats, il n'y a pas de quoi se vanter, mais maintenant l'affaire va aller en justice. C'est un peu ce qui s'est passé pour Toledo. Vous vous souvenez de Toledo ? Les spectateurs espagnols non plus. Stamos Okupa2 est le premier projet de comédie produit en in-house par la chaîne publique depuis Paco y Veva, en 2004.
* La chaîne publique a dû faire une croix sur la telenovela Amar en tiempos revueltos. On se souvient que TVE rencontre d'énormes difficultés financières, et ne peut payer les droits de diffusion de nombreuses séries qu'elle a pourtant commandées. La série, dont le tournage s'était mis en stase, va finalement atterrir en janvier 2013 sur Antena3. Les ennuis de TVE sont loin d'être finis, puisque la chaîne pourrait subir l'an prochain une coup de 50 millions dans son budget.
* Allez, une bonne nouvelle quand même : sur la chaîne publique, il y a aussi des succès ! En témoigne Isabel (en photo ci-dessus), la fameuse série historique qui a failli croupir à jamais dans un tiroir de la chaîne et qui, finalement voit ses audiences rester stables... voire même augmenter : après un premier épisode à 20,1% de parts de marché (3,52 millions de spectateurs), et un deuxième à 20,2% (3,73 millions), le troisième épisode de la série, diffusé lundi, a totalisé 20,3% des parts de marché (3,88 millions). Avec ce genre de scores, la série s'impose comme le leader de la soirée. Alors, ça valait pas le coup de la diffuser, cette fiction ? A ce stade, la chaîne publique doit même se mordre les doigts d'avoir loupé le coche pour une deuxième saison.
*  Un petit mot, enfin, sur Polseres Vermelles, la série catalane qui a fait l'évènement cet été sur Antena3, s'est achevée avec 11,7% de parts de marché (2 millions de spectateurs) pour son 13e et dernier épisode. Certes les audiences de la série ont baissé au cours de l'été (la série avait démarré avec 17,8% de parts de marché, soit devant 3 millions de curieux), mais elle reste tout de même l'un des gros succès du hors-saison en Espagne, prenant à vrai dire tout le monde par surprise, y compris chez Antena3 où on pensait simplement diffuser un petit truc vite fait pendant l'été. En-dehors de ses deux derniers épisodes, la série catalane (la première diffusée à l'échelon national) avait été le leader de sa case horaire cet été. L'aventure de Polseres Vermelles ne s'arrête pas là : outre une deuxième saison en préparation, située deux ans après la première (Albert Espinosa, le créateur de la série, a évoqué son objectif d'avoir en tout 5 saisons, chacune séparée de 2 ans), la série catalane sera également diffusée aux USA par le network hispanophone V-me. Les droits auraient également été vendus à des chaînes au Mexique, en Finlande et en Corée du Sud ! Et alors, ce projet d'adaptation Red Band Society, ça avance, Martha Kauffman ?

DekhBhaiDekh

- INDE :

* Pas tous les jours facile de produire une campagne pour expliquer le passage au numérique au plus grand nombre ? Challenge accepted. En Inde, les chaînes ont toutes diffusé 2mn de noir complet pendant trois jours, ce mois-ci, à 19h58, 20h58 et 21h58, avant de montrer un message d'information "Go digital or go blank" (et son équivalent en hindi). Problem solved.
* En 1993 apparaissait Dekh Bhai Dekh, une série diffusée par la chaîne publique Doordashan. Rien que de très classique : un sitcom familial montrant les tribulations de la famille Diwan, une maisonnée multigénérationnelle. La chaîne publique envisage de produire un remake dans les 6 prochains mois, et est actuellement en pourparlers pour ressuciter l'une des comédies les plus populaires de son temps avec le producteur d'origine, Anand Mahendru. En 2009, une sorte de film spin-off avait connu une sortie en salles.

PRICELESS

- JAPON :

* Si au Japon, il n'est plus rare qu'une série fasse son comeback sur les petits écrans après quelques années d'absence, cette fois-ci, on a échappé à une nouvelle saison d'un succès passé. Mais de justesse. La série d'enquêtes Galileo va en effet revenir début 2013... mais au cinéma. Rappelons que Galileo est l'adaptation de romans de Keigo Higashino (le même dont les écrits ont servi de support à l'anthologie Higashino Keigo Mysteries sur Fuji TV cet été), et a donné, outre une série en 2007, un téléfilm (ou "SP") en 2008, et enfin un film sur grand écran en 2008 également. L'acteur et chanteur Masaharu Fukuyama reprend une fois de plus son personnage de Manabu Yukawa, un professeur d'université au don d'observation hors du commun, même si évidemment il est insupportable au quotidien. Rappelons encore qu'au Japon, quand une série a du succès, elle devient un film, et si le film a du succès, il redevient série. Prudence, donc...
* Juste un petit mot pour vous prévenir que je prépare comme d'habitude mon traditionnel récap de la saison nippone, et qu'on verra les détails des séries qui s'apprêtent à débuter sur les écrans japonais. D'après mes estimations et sachant que je ne suis pas dispo samedi (mon post quotidien sera d'ailleurs programmé à l'avance, j'en profite pour le glisser l'air de rien), ce récap devrait être en ligne dimanche. On y parlera entre autres de la nouvelle série de Takuya Kimura, PRICELESS (en photo ci-dessus) qui a déjà été évoquée précédemment dans ces colonnes.

LaTeniente

- MEXIQUE :

* Les chaînes hispanophones investissent le créneau de la websérie. Televisa (au Mexique) et Univision (aux USA) vont en effet lancer le 29 octobre prochain la toute première webnovela, intitulée Te Presento a Valentín. Pourtant, en dépit de son appellation rappelant la formule des telenovelas, cette nouvelle série aura un format assez classique pour le support web, avec 15 épisodes de 6 minutes chacun, mis en ligne en parallèle sur les sites d'UVideos et Televisa.
* Tournée l'été dernier, la série La Teniente (en photo ci-dessus) débarque le 1er octobre sur la chaîne TV Azteca. La série raconte l'histoire d'une femme lieutenant (si-si !) travaillant dans la Marine mexicaine, avec María Fernanda Yepez (Rosario Tijeras...) dans le rôle principal. Les 24 épisodes de la série ont été conçus pour s'appuyer sur des histoires vraies, comme c'est le cas pour Paramedicos, qui a démarré sur Once TV le mois dernier, et comme ça l'a été pour El Equipo. A la différence de ces séries, TV Azteca n'a eu recours à aucun financement de l'Etat, et notamment de la part de la Marine (je sais pas si c'était clair dans ma news...). Bon alors, faut pas pousser, l'armée mexicaine a tout de même prêté des équipements (des bateaux, des avions, ce genre de petites choses) et des lieux de tournages pour faciliter la production de la série. Diffusée sur la même chaîne dans le cadre du projet Azteca Series, La Teniente est considérée comme un spin-off officieux de la série Drenaje Profundo, diffusée en octobre 2010 au Mexique, et à l'automne de l'année dernière par France O.
* Enfin, HBO Latino commence à parler de sa série mexicaine Señor Avila, une série en 13 épisodes sur laquelle elle communiquait assez peu jusqu'à présent. Ecrite par les frères Walter et Marcelo Slavich (déjà auteurs d'Epitafios), la série raconte l'histoire d'un père de famille qui exerce la profession d'agent en assurances... ainsi que celle, en parallèle, de tueur à gages. La date du 13 janvier prochain commencerait à être évoquée pour le lancement de la série sur les écrans d'Amérique du Sud.

NewZealandTelevisionAwards

- NOUVELLE-ZELANDE :

* Les New Zealand Television Awards, au nom plutôt transparent, seront remis le 3 novembre prochain à Auckland. L'occasion de parler des nominations, qui concernent un total de 46 catégories. Evidemment, on ne va s'intéresser qu'à la fiction... Attention, en Nouvelle-Zélande, les nominations sont courtes, avec en général 3 compétiteurs maximum dans chaque catégorie (bah oui, sinon il faut nommer tout le monde !). Dans la catégorie Meilleure comédie ou série de comédies (les programmes de non-fiction, y compris les évènements unitaires, entrent en effet dans cette catégorie), on trouve la compétition humoristique 7 Days, le spectacle Wilson Dixon: The New Zealand Tour et, hourra, Hounds. Du côté du prix du Meilleur programme pour enfants/la jeunesse, ce sont Girl vs Boys (une dramédie qui s'autoproclame "romantic whodunit" dans laquelle une adolescente enquête sur la raison pour laquelle le couple le plus populaire de la ville s'est séparé), le programme Let’s Get Inventin’, etThe Erin Simpson Show (une compétition sportive entre 30 écoles du pays) qui se disputent le titre. Pour la Meilleure série dramatique, enfin, on trouve la première saison de Nothing Trivial, la saison 4 de Go Girls, et Underbelly: Land of the Long Green Cloud.

MoederikwilbijdeRevue

- PAYS-BAS :

* Rendez-vous le 8 octobre prochain sur Ned1, pour découvrir la série Moeder Ik Wil Bij de Revue, une fiction historique se déroulant pendant les années 50. A la fin de la guerre, Bob, un ancien soldat, revient dans sa famille, constituée par son père Jacob et ses quatre soeurs. Si de son côté, le pays connait un boom de la consommation, il n'en est rien pour la petite famille, qui est toujours sans le sou. Mais lorsque le cousin de Bob l'invite à assister au spectacle de musichall qu'il dirige, notre ex-militaire a soudain une épiphanie : il va rejoindre la revue ! ...Et c'est pour qui la bande-annonce ?

TaGordin

- USA qui fait faire ses devoirs par les copains :

* Dans le world tour du jours, les adaptations de séries étrangères en cours de développement aux Etats-Unis comptent : le thriller israélien Ta Gordin (on l'a dit), le drama mexicain Terminales, la série britannique Pulling, et j'en oublie probablement.
* Hulu a décidé d'acquérir les droits de la série australienne The Straits ; rappelons qu'en France, c'est Sundance Channel qui a acquis les droits de la série.

GameofThrones

- EVENEMENT :

* Si vous êtes en Irlande (ou que vous pouvez y aller) les 5 et 6 octobre prochains, le Galway Film Centre organise pour la deuxième année consécutive "Talking TV Drama", sur l'écriture de séries dramatiques (sans rire). Y sont prévus différentes rencontres, sur l'état de la fiction en Irlande mais aussi sur la fiction scandinave, et la série à l'honneur est Game of Thrones (...tournée en partie en Irlande, ceci expliquant cela).
Voici une liste (non-exhaustive) des scénaristes qui y seront présents : Hans Rosenfeldt (Bron/Broen), Richard Cottan (Wallander UK), Tom Farrelly (Raw), James Moran (Torchwood), Declan Croghan (Waking the Dead), Bryan Cogman (Game of Thrones)... Plus d'infos sur le site du Galway Film Centre.

SON

- DIVERS :

On finit sur une info qui donne à réfléchir... Le groupe suédois SVT a décidé de faire l'acquisition de sa toute première série turque, SON, l'histoire d'une femme à qui on apprend que son mari est mort dans un accident d'avion, mais qui se demande s'il n'a pas en réalité disparu, étant donné qu'on refuse de lui restituer le corps et que rien n'indique qu'il soit monté à bord de l'appareil. Ce thriller est la première fiction turque à être diffusée en Europe occidentale ; les épisodes seront diffusés en primetime à partir de janvier par SVT (soit un an après son lancement sur la chaîne turque ATV, comme en atteste le Pilot Watch puisque SON était l'une des séries turques que j'ai guettées la saison dernière).
Pour ma part, je suis impressionnée (et c'est ce qui explique que, même si je parle rarement des acquisitions d'un pays à l'autre, j'évoque celle-ci). Imaginez : en pleine Scandiwave, SVT pourrait très bien se reposer sur la proportion fiction anglophone/fiction locale de sa grille ! Mais non, elle décide d'aller chercher des séries en Turquie (effectivement en plein boom elle aussi depuis quelques années). J'admire le fait que SVT ne se repose pas sur ses lauriers et tente quelque chose de ce genre, à plus forte raison avec un thriller et en primetime (il aurait été tellement facile d'opter pour un soap, comme cela se passe souvent pour les telenovelas, alors reléguées dans une case secondaire). Il faudra vraiment surveiller les audiences de cette expérimentation... je me demande si ça va prendre dans d'autres pays européens ?
Accessoirement je suis étonnée de n'avoir jamais lu qu'une chaîne allemande faisait ce genre de tentative ; vu la taille de la communauté turque en Allemagne, ç'aurait pourtant du sens. Personnellement je n'avais pas trop été bluffée SON (moins qu'avec Uçurum, à laquelle j'avais dédié une review de pilote), mais bon, ça ne diminue en rien le mérite de cette acquisition. Il est cependant bon de noter qu'à l'origine, la série est constituée de 25 épisodes de 90 minutes, mais que SVT2 (puisque c'est cette chaîne du groupe qui en a fait l'acquisition) optera pour un format de 50 épisodes d'une demi-heure, en quotidienne. 50 épisodes sur les bras, c'est un sacré défi ! (mais si je sais encore compter, ça implique de sacrées coupes, non ?)
Des nouvelles de ce genre, on pourrait bien en entendre d'autres dans les prochains jours, à mesure que le MIPCOM se rapprochera. Le grand rendez-vous de la fiction internationale se tiendra en effet entre le 8 et le 11 octobre à Cannes.

Ah, si, encore une chose, pour ceux qui ne l'ont pas lu quand j'ai RT l'info sur Twitter : Äkta Människor va sortir en DVD au Royaume-Uni ! Merci qui ? Merci Nordic Noir !

Voilà, promis cette fois, c'est fini !
Alors, la traditionnelle question : quelles sont les infos qui ont le plus piqué votre intérêt/curiosité aujourd'hui ? Ah je vous avais prévenus, il y a de bonnes choses...

Posté par ladyteruki à 22:24 - Love Actuality - Permalien [#]

13-09-12

Sur écoute

Puisque vous savez déjà, pour fréquenter nos deux blogs, que whisperintherain et votre serviteur relevons pendant cette saison un défi, celui de regarder et reviewer tous les pilotes de la saison, je ne vous refais pas l'histoire. Cependant, ne sont pas seulement concernées les séries diffusées à l'étranger mais aussi, lorsque l'occasion s'en présente, les séries diffusées en France.
Et comme hier, Eurochannel diffusait le pilote d'une série scandinave, vous vous doutez bien que je n'ai pas manqué cette occasion...

NDA-Salassapitosopimus

Vous savez de quel pays on ne parle pas souvent ? ...Oui. Oui, aussi... Euh ouais, bon, ne me faites pas la liste, c'est trop déprimant. Entre les pays d'Afrique, du monde arabe, et tout ce qui se passe à l'Est et sur lequel j'ai pas la moindre visibilité (à part quelques échos du succès de séries turques, et notamment Muhtesem Yüzyil, dans des pays comme la Bulgarie ou la Slovaquie), franchement, j'ai parfois honte de prétendre que je m'intéresse aux séries du monde.
Un pays dont par exemple je vois peu de fictions (et sur lequel je lis peu de news, ce qui n'arrange rien à mon ignorance), c'est donc la Finlande. Fort heureusement, Eurochannel s'est lancé à mon secours et a diffusé hier soir le pilote de NDA - Salassapitosopimus (sous le titre francophone de Scandale sur la ligne, ne me lancez pas sur le sujet des traductions de titres de séries...), une mini-série en trois parties datant de 2005.

Ce thriller est l'occasion de se glisser dans les coulisses d'une grande compagnie qui fabrique des téléphones, Mälekä Mobile. Son dernier modèle portable est sur le point de sortir, mais à quelques heures du grand évènement, une information fuite : le portable serait extrêmement dangereux pour la santé. Une information qui tombe entre les mains d'un journaliste du quotidien Sanomat, Harri Immonen, qui a bien l'intention de rendre la chose publique.

Comment l'information a-t-elle fuité ?
L'épisode commence alors qu'un homme, excessivement crevé, s'arrête dans une station service, commande un café avant de péniblement reprendre la voiture... en ayant oublié sa mallette. Lorsqu'il s'en aperçoit, il fait immédiatement demi-tour, et récupère la précieuse mallette. Il ignore que la serveuse a eu le temps de jeter un coup d'oeil à l'intérieur pour en apprécier le contenu.
Ce contenu, ce sont des documents internes extrêmement sensibles qu'elle s'est empressée de vendre à Harri Immonen.
L'homme exténué, nous allons progressivement le comprendre, est responsable du service d'innovation technique de la firme Mälekä. Il s'appelle Timo Kovanen et quand il va réaliser ce qu'il s'est passé, il va être pris de remords, d'angoisse, de panique, même, et finira par se suicider pendant le pilote.

Bien qu'ayant commencé par suivre le personnage de Timo, NDA - Salassapitosopimus ne s'intéresse nullement à lui, car en réalité, l'héroïne de ce thriller sera Satu Rossi, une ancienne journaliste qui est désormais chargée de la communication et des relations avec la presse au sein de Mälekä, et qui, outre le fait qu'elle découvre le corps de Timo, est surtout celle qui est en première ligne dans la gestion de cette crise interne. Alors que la conférence de presse de lancement du nouveau téléphone a été reportée, elle est en effet chargée de faire taire Harri immonen, à plus forte raison parce qu'elle travaillait avec lui lorsqu'elle était encore journaliste, et qu'ils sont toujours amis à ce jour. Prise entre deux feux, Satu va donc essayer de comprendre cette affaire : elle ignore complètement le fond du dossier, comme par exemple le fait que Timo avait fait expertiser par une autorité indépendante la dangerosité du téléphone. De la même façon, elle ne sait pas que tout est fait pour faire pression sur la direction du Sanomat. Elle est maintenue dans une semi-ignorance, alors que sa hiérarchie de lui dit que ce qu'elle a besoin de savoir pour travailler.
Sa hiérarchie, c'est en fait Peter Stockman, un enfoiré de première qui ne ressent aucune forme d'émotion lorsqu'un de ses salariés se suicide, qui par contre aime énormément les "vérités officielles", et qui a chargé l'avocate de la compagnie d'aider à étouffer l'affaire par tous les moyens possibles. A la mort de Timo, il a immédiatement promu un technicien, Mikko Jääskeläinen, au poste de responsable, afin de vérifier les mesures de l'institut indépendant qui a pondu ce rapport déplaisant.
Pendant ce temps, Satu comprend que tout cela n'est pas bien clair. Elle était autrefois une bonne journaliste, peut-elle pourra-t-elle remettre son sens de l'investigation à profit ?

Pour une mini-série comptant à peine 3 épisodes, vous vous demandez peut-être pourquoi je me suis fendue d'un post sur le premier d'entre eux, quand il aurait sans doute été bien plus pratique d'attendre les deux suivants pour faire un bilan. Bon, déjà, il y avait ce défi, certes. Mais surtout : je n'ai aucune intention de regarder la suite.
Il faut dire que NDA - Salassapitosopimus (dont le titre signifie "accord de non-divulgation", autrement dit "clause de confidentialité") est assez décevante. S'il y a pas mal d'ingrédients solides, bien-sûr. La scène de début est par exemple très efficace, montre bien comment c'est un instant d'inattention d'un employé sur les rotules qui conduit à tout ce chaos. D'une façon générale, le cast est plutôt bon, l'histoire est plutôt solide, et la réalisation se défend.
Alors où est le malaise ? Dans le fait que tout cela est extrêmement prévisible. Difficile de se passionner pour cette histoire qui passe par absolument tous les clichés du genre. Peut-être qu'en changeant l'angle (se mettre du point de vue de Stockman, par exemple), on aurait obtenu un résultat différent, mettons. Mais la jeune femme (jolie, forcément jolie) qui ne sait pas ce qui se trame, qui est armées de bonnes intentions et qui se retrouve plongée dans une magouille pas super propre dont elle va tenter de dénouer les fils, c'est vu et revu.

Quant à la réalisation, si elle n'est pas mauvaise du tout, je l'ai dit, en revanche elle est extrêmement desservie par le look atrocement vieillot des décors et même des vêtements. Si toutes les sources n'indiquaient pas que la série a été tournée en 2004 et diffusée en 2005, je jurerais qu'elle est au moins de 10 ans plus vieille. Ce n'est pas que ce soit capital, mais ça n'aide pas tellement à prendre les choses au sérieux quand l'intrigue se passe dans le milieu de la haute technologie ! Le laboratoire où travaillent Timo, puis Mikko et l'équipe techniques de Mälekä, est d'une pauvreté déprimante : quelques tables, des ordinateurs, une cloison en plastoc et une vague barrière Playmobil pour faire genre c'est une zone restreinte... Il y a de quoi avoir les yeux qui roulent sur la table tant ils sont exorbités. Ce n'est qu'un élément aggravant, bien-sûr, car même en étant raffinée sur la forme, NDA - Salassapitosopimus aurait encore ses défauts. Mais ça ne joue pas en sa faveur.

Et puis, peut-être que le plus gênant, dans NDA - Salassapitosopimus, c'est que l'aspect thriller prime tant sur le reste. On pourrait parler, concrètement, de téléphones portables, de nocivité, de liberté de la presse, même, mais pas du tout. On évoquait encore hier (à travers De Vijfhoek) des séries de la chaîne japonaise WOWOW : celle-ci nous a offert ces dernières années des séries qui, sans toutes être parfaites, étaient de véritables études sociales. Pour un exemple de ce dont je parle, n'hésitez par exemple pas à regarder Suitei Yuuzai (ou à en lire la review, selon ce que votre temps libre vous permet), où le thriller est un élément important de la série, mais où il y a un vrai propos. Il manque énormément de fond à notre série finlandaise, ce qui est d'autant plus désagréable que, loin d'être anodin, le sujet des téléphones portables, dans un pays où le marché de la téléphonie tient une place si importante dans l'économie (NOKIA, anyone ?) mais aussi la vie de tous les jours (un petit tour sur Google m'a ainsi appris que les Finlandais n'ont pas de téléphone fixe, ou encore qu'en 1999, ils étaient déjà 60% à avoir un portable), a une vraie importance sociale.
Peut-être que les épisodes suivants s'en inquièteront un peu mais en trois épisodes d'une heure, les chances sont mince. C'est évidemment toujours la question, quand on regarde un pilote, que de déterminer ce qui a dû être mis de côté pour faire place à l'exposition, et ce qui est vraiment une caractéristique de la série, mais je crois que dans le cas d'une mini-série en 3 épisodes, je ne m'avance tout de même pas beaucoup.
Or, c'est très regrettable, car regarder un thriller qui vous dit depuis le départ comment l'info a fuité, quels sont les moyens de pression dont le "méchant" dispose, et dont vous connaissez déjà une grande partie des détails (on a droit à une longue scène dans le labo indépendant pour nous expliquer le risque encouru par les futurs utilisateurs du téléphone), ça ne laisse plus place à beaucoup de surprises, surtout vu le body count du pilote. Si encore les spectateurs partageaient le même degré de connaissance de l'affaire que Satu, ça passerait encore (ce serait très cliché, mais un de plus ou un de moins...), or là, nous en savons plus qu'elle. Où est le mystère ?

Alors au final, sur le plan des séries finlandaises, à ce jour, je préfère encore me consoler en repensant à Alamaailma Trilogia, que de m'accrocher à NDA - Salassapitosopimus, ne serait-ce que pour deux épisodes de plus... Ce qui en dit, finalement, assez long, surtout connaissant ma propension à me lancer si facilement dans de nouvelles séries.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:06 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

16-08-12

lady's world tour - Escale n°14

-- World Tour --

Il s'agit de ne pas mollir !
Maintenant que vous vous êtes remis dans le bain (et moi avec) de l'actualité télévisuelle internationale, on va donc ne pas se décourager en si bon chemin. Amis téléphages, en route vers un nouveau tour du monde ! Si tout se passe bien et que je ne bavarde pas trop, ça devrait être un peu plus court que la dernière f-... oui enfin, vous n'êtes pas dupes, alors j'arrête d'essayer de vous raconter des bobards.

M'appuyant sur les quelques retours reçus la semaine dernière, j'ai décidé d'adopter la nouvelle mise en forme alphabétique et par pays. Mais comme toujours, cette rubrique est la vôtre, alors n'hésitez pas à me faire part de vos préférences. D'ailleurs, vous qui aimez bien l'Irlande, vous allez voir, j'ai pensé à vous dans ce nouveau world tour...

Pastewka

- ALLEMAGNE :

* Sur Das Erste, il existe une case horaire entièrement dédiée, tout au long de l'année, aux séries policières : Heiter bis tödlich ("souvent fatal"). La case, qui est apparue en octobre dernier les jeudis à 18h50, a déjà accueilli plusieurs séries, parmi lesquelles Hubert & Staller ou München 7, qu'on a déjà pu évoquer. Ainsi, certaines séries policières trouvent ici un créneau appropriété (München 7 existait depuis 2004), quand d'autres y trouvent le créneau parfait pour débuter (c'était le cas de Hubert & Staller en novembre). D'ailleurs à la rentrée, une nouvelle série démarrera dans la case le 20 septembre, Fuchs und Ganz, tournée depuis l'été 2011 et qui attendait patiemment son heure. Das Erste ne s'arrête pas en si bon chemin et a déjà mis en chantier le tournage des prochaines séries de la case, avec Zwischen den Zeilen, dans laquelle deux journalistes totalement différents font équipe. Un concept qui n'a rien de très novateur (ce n'est pas l'objectif de la case), et qui devrait apparaitre sur les écrans allemands au printemps 2013.
* Et la rentrée allemande bat décidémment son plein puisque la comédie Pastewka revient le 21 septembre sur Sat.1 ! La série, inspirée par le concept de Curb your Enthusiasm, met en scène le comédien Bastian Pastewka dans son propre rôle ; la grosse différence étant que l'improvisation est quasi-absente de la série allemande. Diffusée depuis novembre 2005, la série aborde ainsi sa 6e saison cette année, comportant comme la précédente 10 épisodes. La chaîne Sat.1 fera également débuter une nouvelle dramédie médicale dans laquelle deux chirurgiens se disputent tout en se tournant autour, Auf Herz und Nieren, le 17 septembre, que vous retrouverez évidemment dans le Pilot Watch.

SosMiHombre

- ARGENTINE :

* Alors ça, c'est une chouette initiative ! Masashi Mizukami, l'ambassadeur du Japon en Argentine a apporté dans ses valises de bien beaux cadeaux pour la rentrée : de nouveaux équipements pour la chaîne publique, Canal7, afin de célébrer la longue amitié entre les deux pays. Bon, c'est pas non plus venu comme une envie de pisser à l'ambassadeur, hein : en 2010, les deux pays avaient signé un accord de coopération, dont le don n'en est que la partie la plus visible ; des documentaires et émissions éducatives doivent également être produits dans les deux langues. Pour rappel, l'Argentine a adopté en 2009 les normes japonaises pour tout ce qui concerne le numérique, et l'aide technologique du Japon lui permet de sortir aussi vite que possible de l'ère analogique. L'histoire ne précise pas ce que le Japon peut y gagner...
* Rentrée un peu anticipée pour El Trece, qui a décidé de lancer une nouvelle série dés mardi prochain. Le 21 août à 21h30 débutera donc la série Sos mi hombre (en photo ci-dessus) écrite par Leandro Calderone, une romance qui met en scène un ancien boxeur à la retraite qui, pour gagner sa vie et obtenir la garde de son fils, est devenu pompier. Il va rencontrer une médecin très aisé et engagée dans le bénévolat, qui va, vous vous en doutez, changer sa vie à bien des égards. Le tournage est tout récent (il a débuté à la fin juin !) et a commencé dans la chaleur... puisque la première scène tournée, celle de la rencontre entre les deux personnages principaux, était un incendie !

HouseHusbands

- AUSTRALIE :

* Vous pensiez qu'en ce mois d'août, avec pas moins de 3 nouvelles séries, l'Australie ne chômait pas. Vous n'aviez rien vu. Nine commence à diffuser des promos pour la série House Husbands... et ces bande-annonces portent la mention "prochainement" ! La série, initialement présentée comme une dramédie et à présent comme un drama à part entière, s'intéresse à 4 pères au foyer, dont un gay, qui découvrent les joies quotidiennes procurées par l'éducation de leurs enfants. La série comporte au générique Gary Sweet (Rescue: Special Ops), Rhys Muldoon (Lockie Leonard), Gyton Grantley (Underbelly et East West 101) et Firass Dirani (East West 101 ou plus récemment The Straits). En tout, 10 épisodes d'une heure sont prévus pour ce qui ressemble à vue de nez à la réponse australienne à Modern Family...
* Malgré les nouveautés qui nous tombent dessus, les séries déjà bien ancrées dans les grilles australiennes ne tombent pas en désamour pour autant. La preuve, Winners & Losers vient d'être renouvelée pour une troisième saison ! Nos quatre héroïnes seront toutes de retour, avec évidemment quelques ajustements pour les seconds rôles. Ce sont donc au total 4 séries dramatiques qui sont produites en in-house par le network australien (3 d'entre elles étant l'oeuvre de Bevan Lee, puisqu'il faudra bientôt compter la nouveauté A Place to Call Home), et ce n'est pas prêt de se calmer !
* Parlons audiences maintenant. Vous savez tous que Puberty Blues a démarré hier (et vous avez intérêt à y jeter un oeil !), eh bien voilà les résultats : 925 000 spectateurs pour le premier épisode, un résultat plutôt positif (sans en faire un énorme hit). La série n'a pas dominé la case horaire, puisque The Amazing Race Australia l'a emporté de peu avec 976 000 spectateurs, mais Ten est très satisfaite, d'autant que le retour sur les réseaux sociaux est excellent et que la série est seconde sur les tranches démographiques 6-39, 18-49, et 25-54 ans. Une bonne nouvelle dont Ten avait bien besoin, après avoir passé les derniers jours dans la tourmente. Ainsi, plus tôt cette semaine, c'est Underbelly: Badness qui avait dominé la grille sur Nine, avec un excellentissime démarrage : 1,78 million de spectateurs pour le pilote, laissant Ten loin derrière avec à peine 304 000 spectateurs pour sa nouvelle émission de télé-réalité Everybody dance now.
* Enfin, pour ceux qui n'auraient pas relevé quand j'en ai parlé sur Twitter, les séries australiennes Rake et Lowdown reviennent chacune pour une seconde saison le 6 septembre prochain !

RedeGlobo

- BRESIL :

* La télévision terrestre a encore quelques bonnes années devant elle avant de disparaitre du Brésil. A l'origine, le plan du Gouvernement était que le tout-numérique serait instauré en 2016. Actuellement, l'infrastructure permettant de recevoir Globo en numérique touche 50% des foyers brésiliens, un nombre qui devrait atteindre 70% pour la Coupe du Monde de Football de 2014 qui se déroulera au Brésil. Mais les deux années suivantes ne devraient pas être suffisantes pour couvrir les autres territoires, souvent situés dans des zones moins peuplées et/ou accessibles. Il reste toujours la possibilité d'être accessible via le satellite, mais Globo, leader des chaînes gratuites, ne veut envisager cette solution qu'en dernier recours. Du coup, le tout-numérique au Brésil, ça pourrait être carrément à l'horizon 2020.

BombGirls-Reelz

- CANADA anglophone :

* Les filles de Bomb Girls préparent leur grand retour ! La deuxième saison de la série est en effet entrée en production un peu plus tôt ce mois-ci, et le tournage se poursuivra jusqu'à la mi-décembre environ. On l'avait évoqué il y a plusieurs mois, mais vous avez dormi depuis, alors je me permets de souligner que cette nouvelle saison comptera 12 épisodes, contre 6 pour la première saison ; l'acteur Michael Seater (Derek) rejoint le cast pour cette occasion. Pour note, Bomb Girls sera diffusée à partir du 11 septembre par ReelzChannel aux USA.

LanceetCompte

- CANADA francophone :

* On n'en finit pas de parler de rentrée, avec cette fois les ondes québécoises. On n'a pas encore la date exacte, mais Radio-Canada devrait faire débuter Unité 9, son nouveau téléroman se déroulant dans une prison pour femmes, le mardi soir à 20h dans le courant du mois de septembre ; 25 épisodes sont commandés pour le moment. Même chose pour la comédie Adam & Eve dont on parlait la semaine dernière, et qui ne devrait donc plus tarder à débuter.
* La série Lance et compte (ci-dessus en photo), véritable institution de la télévision québécoise, fera également son retour. La série s'était interrompue après sa 7e saison, faisant place à un film sorti à la toute fin de l'année 2010. Et puis, la 8e saison avait été mise en chantier, et depuis, plus rien. La voilà donc, cette nouvelle saison, sous le nom Lance et compte : La déchirure, permettant aux spectateurs canadiens de renouer avec leur équipe de hockey sur glace préférée, qui reprend du service un an après un tragique accident de bus qui a coûté la vie à certains d'entre eux...

Separados

- CHILI :

* La semaine dernière, El Reemplazante, une série en 12 épisodes commandée par TVN, a achevé son tournage. La série met en scène Iván Álvarez de Araya dans le rôle de Carlos, un exécutif d'une grande société financière qui, crise aidant, se retrouve à la rue lorsque celle-ci fait faillite. Il décide donc de se partir se ressourcer dans la maison de son enfance, et c'est là qu'on lui apprend qu'un poste lui tend les bras : prof dans son ancien lycée un peu défavorisé. L'originalité de la série, c'est que les jeunes interprétant les lycéens ne sont pas des professionnels, et ont participé à un atelier avant de tourner la série. Par contre, on n'a pas encore de date de diffusion, mais gardons l'oeil ouvert...
* Qui se souvient qu'on a parlé de Reserva de Familia, l'adaptation chilienne de la série espagnole Gran Reserva ? C'est bien. Mais j'espère que vous ne vous êtes pas trop attachés, car la nocturna touche lentement mais sûrement à sa fin. TVN a en effet lancé ce mardi le tournage de la série qui doit en prendre le relai, Separados. C'est notre photo ci-dessus est c'est aussi une nouvelle dramédie dans laquelle nous pourrons suivre cinq divorcés qui tentent de refaire leur vie. Tous sont installés dans la maison dont Pedro (incarné par Jorge Zabaleta), le personnage principal qui vient de plaquer son boulot et sa femme insupportable, a hérité. Avec cette nouvelle production, TVN décroche aussi un record : elle est la chaîne qui, en 2012, aura acheté le plus de fictions originales.
* Pour finir, la série Profugos, produite pour HBO Latino, a eu l'honneur d'une projection aux USA à l'occasion de l'International Latino Film Festival de New York. La chose n'est pas courante et mérite d'être saluée, en particulier parce qu'elle était suivie d'un panel entre le réalisateur Alberto Ferraras et l'acteur Francisco Reyes, qui se sont livrés à une interview mutuelle devant les festivaliers. Une pause sympathique pour l'équipe qui tourne actuellement la seconde saison...

SARFT

- CHINE :

* J'ai un vrai problème de sources avec la Chine. Chaque fois que je tombe sur des news, ce sont de sombres histoires de censure, c'est d'un triste... Aujourd'hui ne fait hélas pas exception, avec de nouvelles directives émises par la SARFT, l'autorité de régulations de l'audiovisuel chinois. Les nouvelles séries devront ainsi répondre à des impératifs tels que : une série devra clairement identifier les gentils d'une part et les ennemis de la révolution d'autre part ; une série ne devra pas insister sur les conflits familiaux ; une série ne fera pas de plaisanterie sur l'Histoire ; une série ayant pour thème l'entreprise ou l'économie devra véhiculer des valeurs positives... Ces nouvelles "recommandations" interdisent également, dorénavant, les adaptations de jeux videos... ou les remakes de séries étrangères. Et là, bon, j'avoue que j'ai presque envie de recommander à certains pays de s'en inspirer, qu'en dites-vous ?
En tous cas il se murmure qu'avec les restrictions imposées en décembre dernier sur les thèmes des séries de primetime (auxquelles viennent donc s'ajouter ces nouvelles trouvailles), l'industrie de la fiction chinoise pourrait produire cette année seulement un tiers environ de ce qui a été produit en 2011, de nombreux projets n'ayant pas reçu de feu vert par la SARFT, notamment lorsqu'ils impliquaient des intrigues de palace (horreur !), des voyages dans le temps (c'est mal !) ou encore des séries policières (...mais comment les blâmer ?). D'après EntGroup, un cabinet média basé à Pékin, 30 000 épisodes de séries ont reçu une autorisation en 2011, contre 14 000 cette année pour le moment. Les webséries, qui ne sont pas touchées par les restrictions de la SARFT, sont soupçonnées de connaître un boom dans les prochaines années en réponse à ce phénomène.

Matador

- DANEMARK :

* Vous savez quand je suis toute contente de dénicher une nouvelle récompense télévisuelle à laquelle m'intéresser ? Eh bien, cette année, les TvPrisen danois vont être un petit peu moins sympathiques... Le groupe SBS a en effet décidé de ne soumettre aucune série et de ne tout simplement pas participer à la cérémonie, qui se déroule dans le cadre du TvFestival de Copenhague, qui s'ouvrait aujourd'hui. Il ne s'agit pas simplement de refuser les statuettes : subventionner ce festival a un coût, que le groupe a décidé de ne plus assumer, laissant à DR et TV2 tout loisir de signer des chèques si ça les amuse. Cette année, l'invité d'honneur du TvFestival est HBO : la projection de The Newsroom a en effet servi d'avant-goût, hier soir, à l'évènement, et un panel HBO: King Of Drama était organisé cet après-midi ; enfin, une rencontre avec Alan Poul est prévue demain. Aucun employé de SBS ne sera présent ni pendant les différents panels et ateliers, ni au moment de la cérémonie demain soir. Insérez ici les "ooooh" navrés.
* Sur un ton moins sérieux, vous ne pouvez pas ignorer l'existence de la série historique Matador, la mère de toutes les séries danoises qui, en 1978, était devenue un véritable phénomène. Alors voici une petite information qui vous donnera le sourire. La semaine prochaine, Matador entamera une nouvelle rediffusion sur DR1 (pour contrer The Voice sur TV2) ; la précédente rediffusion, il y a 6 ans, avait réuni en effet 1,5 millions de spectateurs en moyenne chaque semaine. Eh bien, pourtant, les DVD de Matador (en version remasterisée avec grand soin) se sont écoulés à ce jour à 3,6 millions d'exemplaires, et il a passé 112 semaines au total dans le Top20 des DVD les plus vendus du pays depuis leur sortie en 2009 ! Et les Danois continuent de réclamer des rediffs quand même ! Touchant, non ?

PolseresVermelles

- ESPAGNE :

* En cette période estivale un peu creuse, c'est une série pas comme les autres qui emporte l'adhésion du public le lundi soir. Antena3 diffuse en effet en ce moment Polseres Vermelles (sous le titre Pulseras Rojas), une série en 13 épisodes d'abord vue sur la chaîne catalane TV3 au printemps 2011 (et qui avait rassemblé un demi-million de spectateurs). La série s'intéresse à l'aile pédiatrique d'un hôpital, dans laquelle plusieurs enfants et adolescents se rencontrent et se lient d'amitié. La série est inspirée par l'expérience de son créateur, Albert Espinosa, entré à 14 ans dans un service similaire et sorti seulement 10 années plus tard, et qui souhaitait dépeindre la vie à l'hôpital non pas du point de vue (souvent pessimiste) des professionnels, mais de celui des patients. Il était à un moment question que la série soit adaptée pour les USA par Martha Kauffman mais ça fait quelques temps qu'on n'a plus entendu parler du projet Red Band Society. En tous cas, c'est la série du moment en Espagne, et pour cause : lundi sur Antena3, elle a réussi à dominer toute la case horaire. Et pourtant en face, il y avait Kill Bill sur Cuatro, par exemple. C'est aussi la première fois depuis 1994 qu'une série catalane trouve le chemin d'une diffusion nationale... Ah et, le mois dernier, une deuxième saison a été mise en chantier. Voilà voilà. Et sinon, Martha, toujours pas envie de se hâter ?

Ramayan

- INDE :

*Ah, on n'avait pas encore parlé de l'Inde ce mois-ci ! On va même parler religion, et plus précisément du Ramayana, un poème épique de plus de 24 000 vers, fondamental dans la religion hindoue. Son héros est Rama, un prince qui, afin de se conformer aux principes de sa religion, abandonne trône et fortune pour s'exiler. Cette histoire incontournable de la culture indienne a déjà fait l'objet d'une série en 1987, diffusée par la chaîne publique Doordashan, Ramayan, avant qu'Imagine TV ne sorte une nouvelle adaptation en 2008, sous le même titre. Cette fois c'est Zee TV qui a décidé de lancer une nouvelle mouture ce dimanche 12 août, toujours sous le titre Ramayan, mais avec un twist : elle a accordé à la chaîne publique Doordashan la possibilité d'un simulcast des épisodes. Doordashan peut ainsi diffuser le dimanche matin une série Zee sans jouer aucun rôle dans la conception, et c'est tout bénef ! Quant à Zee TV, sa stratégie est de toute évidence de toucher des publics très différents et d'élargir la cible des séries. C'est la première fois qu'une série est diffusée en parallèle sur une chaîne privée du satellite et la chaîne nationale publique ; une initiative d'autant plus intéressante que c'est aussi la première fois que les ingrédients sont réunis pour tester son accueil par le public via les réseaux sociaux. Joli clin d'oeil, c'est la petite-fille de Ramanand Sagar, le créateur original de la série, qui est aux commandes de cette nouvelle saga.

MrsBrownsBoys-Yellow

- IRLANDE :

* S'il y a bien une comédie irlandaise que vous devez connaître, c'est Mrs. Brown's Boys, la série qui casse la barraque outre-Manche. Brendan O'Carroll, qui incarne la vieille dame, vient de signer pour une adaptation de la série en... jeu télévisé ! C'est BBC One qui pourrait accueillir ce jeu dans lequel des candidats, répartis en deux équipes, et avec l'aide de célébrités diverses (venues du monde de la télévision, du cinéma, de la musique et sur sport), devront répondre à un quiz présenté par Mrs Brown. Un pilote est actuellement tourné pour tester le concept ; il ne sera pas diffusé, mais devrait conduire à une émission dés le début de l'année 2013. Pendant ce temps, la troisième saison de Mrs. Brown's Boys est attendue pour février prochain sur rté.

IlCommissarioNardone

- ITALIE :

* Tiens, et l'Italie ? On n'a pas encore parlé de l'Italie depuis le retour des world tours. Permettez que je répare immédiatement cet oubli en vous parlant de l'une des séries de la rentrée sur Rai Uno, Il Commissario Nardone. Il s'agit, vous l'aurez peut-être deviné, d'une sére policière mettant en scène un flic s'intéressant aux ripoux de la police milanaise, dans les années 50. La saison de 6 épisodes est prête depuis presque 2 ans maintenant, sans trop de raison (d'après la chaîne, toutes les cases fictions "étaient déjà prises"...), et n'attendait plus qu'une date de diffusion ; celle-ci est enfin fixée au 6 septembre prochain. Et ça, c'est la bande-annonce.

OnenoKanatani

- JAPON :

* Toujours en préparation de l'automne, la nouvelle saison de WOWOW se profile. D'abord avec une mini-série en deux épisodes, One no Kanata ni (ci-dessus). Il y sera question d'un crash d'avion survenu le 12 août 1985, dans lequel 520 passagers et membres d'équipages trouvent la mort. Un jeune garçon dont les parents étaient à bord doit donc se reconstruire après la catastrophe ; la mini-série sera diffusée les 7 et 14 octobre. Puis viendra Hitori Shizuka, qui prendra la relève le 21 octobre, et consistera, en 6 épisodes, en une intrigue policière autour d'une jeune femme impliquée dans pas moins de 5 meurtres au long de sa vie. On la suivra donc de son adolescence à l'âge adulte, pendant tout le temps où elle a la police sur les talons. Deux idées intéressantes et qui, a priori, changent un peu des thrillers politico-juridico-socio-économiques de la chaîne câblée. Oh mais, on aura l'occasion, bien-sûr, de faire un point sur les nouveautés de la saison nippone l'heure venue, n'en doutez pas.
* C'est qui le maître incontesté du dorama ? C'est ce bon vieux Takuya Kimura, toujours fidèle au poste, qui nous revient cet automne dans une nouvelle série : PRICELESS. L'occasion pour lui d'un retour dans la case de 21h le lundi (surnommée "getsuku") où on ne l'avait plus vu depuis l'échec de Tsuki ni Koibito en 2010. Dans PRICELESS, notre golden boy passera d'une vie confortable à la pauvreté la plus totale lorsqu'il sera viré de son boulot pour une faute qu'il n'a pas commise. En se rapprochant d'enfants des rues qui lui apprennent à survivre sans argent, il réalisera qu'il y a certaines choses qui ne s'achètent pas... Bah voyons.

EstadodeGracia

- MEXIQUE :

* Ah, elle m'avait échappé la semaine dernière, celle-là. Le 1er août dernier, Once TV a lancé une nouvelle série appelée Estado de Gracia (et c'est la promo ci-dessus). Diffusée à 23h30, la série compte 13 épisodes qui mettront en scène une membre du congrès, Julieta Toscano, qui envisage de déposer un projet de loi pour légaliser les drogues, pensant qu'il sera ainsi plus simple de lutter contre ce fléau. A partir du dépôt de ce projet de loi, la vie professionnelle et personnelle de l'élue va changer, mais va aussi permettre à de nombreux personnages venus de divers milieux de se croiser et d'apporter leur point de vue sur le sujet. Collusion entre les trafiquants et les politiques, rôle des médias, tout doit y passer. Un sujet déjà intéressant à la base, mais au Mexique...
* A noter que Once TV a également dans ses manches une nouvelle série, Paramedicos, qui démarrera à la fin du mois, et qui raconte les incroyables aventures (inspirées d'histoires vraies) des ambulanciers mexicains. Voici la bande-annonce, où l'on peut repérer que la Croix Rouge a participé au financement de la série, et ça se sent. Rha, ces Mexicains alors, ils n'apprendront donc jamais ? La débâcle El Equipo ne leur aura donc rien appris ?

VanGogh

- PAYS-BAS :

* Ned1 diffusera en janvier 2013 une mini-série intitulée Een Huis Voor Vincent ("une maison pour Vincent"). Ses quatre épisodes parleront non seulement de l'ariste mais aussi de son neveu Vincent Willem van Gogh qui, 70 ans après la mort du peintre, héritera de son oeuvre et créera la collection Van Gogh dans les années 60. C'est Peter Blok, qui incarnait le nouveau psy dans la deuxième saison de In Therapie (la version néerlandaise était en effet un peu différente) qui est pressenti pour le rôle principal. Ca va être dur de faire aussi bien que Tony Curran, mais allez, défi relevé !
* De son côté, la chaîne privée SBS6 lancera le 29 août une nouvelle série intitulée Dokter Tinus, qui suit l'installation d'un médecin de la ville alors qu'il reprend un cabinet dans une petite ville de prov-... ça vous rappelle quelque chose ? C'est normal, ce n'est que l'une des nombreuses adaptations de la série britannique Doc Martin (rappelez-vous, on a eu la nôtre aussi). Sans plus attendre, la bande-annonce :

Lekarze

- POLOGNE :

* De toutes les chaînes qui préparent la rentrée de cet automne, en voilà une qui n'était pas trop motivée. TVN n'a décidé de proposer qu'une seule nouvelle série en ce mois de septembre : Lekarze. Cela faisait 13 ans qu'aucune chaîne n'avait lancé de série médicale en Pologne (mais Na dobre i na złe, lancée en 1999, est encore à l'antenne, alors ça va). TVN proposera d'autres séries, évidemment, mais ce seront donc surtout des retours, à l'instar de la série légale Prawa Agaty, le soap Na Wspólnej, ou la troisième saison du soap Julia.
* Le 6 septembre, Polsat lancera une nouvelle série également, Przyjaciółki, un titre qui peut se traduire par "amies". L'histoire sera celle de quatre amies qui se retrouvent à l'occasion d'une réunion d'anciennes élèves, et qui renouent alors. Le concept n'est pas sans rappeler celui de Winners & Losers (la loterie en moins), et voici la bande-annonce pour le confirmer :

JiznnaMars

- RUSSIE :

* En matière de remakes, notamment en Russie, on a déjà pu évoquer pas mal de choses. Mais en général, c'étaient surtout de sitcoms US qu'il s'agissait. La première chaîne du pays, Perviy Canal, s'est pourtant lancée voilà quelques années dans un projet un peu différent : adapter des dramas d'un heure. Son coup d'essai a été avec une adaptation de Prison Break, lancée à la rentrée automnale 2010. Après avoir annoncé à l'automne 2011 la mise en chantier d'une adaptation de Life On Mars, dont vous pouvez voir le logo pour la diffusion russe ci-dessus (le remake sera diffusé sous le titre Tiomnaia Storana Luny, "la face cachée de la lune", dont pour l'instant les spectateurs russes n'ont pas encore pu tester la qualité), voilà à présent que la première chaîne s'attaque à la série Day Break, dont elle vient d'annoncer qu'elle avait bien l'intention de l'adapter également. On aura l'occasion, soyez-en sûrs, de reparler de cas un peu particulier des remakes de Perviy Kanal. En attendant, on peut se poser la question : sur quoi la chaîne s'appuie-t-elle pour choisir les séries à adapter ? On ne peut pas dire que Day Break soit d'une grande longévité...

GrandPrixF1

- SUEDE :

* A peine née, déjà pleine de projets ! La nouvelle société de production NICE Drama (qui n'a pour le moment rien sorti et n'a que quelques mois d'existence) a déjà plusieurs films et séries en préparation. Evidemment, ce sont les séries qui nous intéressent. D'abord, il s'agit d'adapter la trilogie de thrillers de Kristina Ohlsson, en 6 épisodes de 45 minutes, pouvant également être montrés sous la forme de 3 films de 90 minutes (le premier volet est par exemple susceptible de sortir en salles en Suède). Le tournage commencerait l'année prochaine, donc on n'y est pas encore. D'autre part, un drama familial en 10 épisodes est également à l'étude, Waldemars, qui suit les retrouvailles d'un frère et une soeur qui réapprennent à se connaître après le décès de leur mère, qui les ramène dans l'archipel Åland. Mais le projet le plus ambitieux est probablement Grand Prix, une série tournée en anglais prenant pour contexte le monde des circuits automobiles dans les années 70 ; la série serait co-produite en effet par BBC Worldwide, pour une addition de 2 millions de livres par épisode. Pour mémoire, c'est aussi chez NICE Drama qu'on prépare une adaptation du roman français Le dernier lapon, ainsi que le polar en 6 épisodes Midnight Sun/Jour polaire, dont Ulf Ryberg pourrait bien devenir le scénariste...

MasamiNagasawa

- TAIWAN :

* La semaine dernière, on a parlé d'un nouveau dorama pour Masami Nagasawa (ci-dessus), la série japonaise Koukou Nyuushi. Eh bien la jeune femme ne chôme pas puisqu'elle va s'envoler vers Taiwan où, pendant 4 mois, elle tournera intégralement en mandarin dans une adaptation du manga Chocolat. La série devrait être diffusée à Taiwan dans le courant de l'été 2013, avant d'être reprise dans une dizaine de pays d'Asie, dont le Japon, la Corée du Sud et même la Chine ! Ce sont en tout 13 épisodes de 90 minutes qui sont au programme. Un challenge d'autant plus important qu'il y a encore quelques mois, Nagasawa ne parlait pas un traitre mot de mandarin...

MuhtesemYuzyil-Orage

- TURQUIE :

* Si vous vous demandez ce qu'il advient de la série à succès Muhtesem Yüzyil, ne vous en faites pas : tout va bien ! Même si pendant un temps, son avenir a été incertain (sa créatrice, Meral Okay, est décédée au printemps), la préparation de la troisième saison bat aujourd'hui son plein alors que la diffusion devrait reprendre à l'automne. Un "nouveau" personnage, en particulier, le prince Mustafa, devrait faire son apparition et rendre les choses encore plus compliquées dans le harem de notre bon roi. Je mets "nouveau" entre parenthèses car le personnage est en réalité présent depuis le pilote, simplement jusque là, il n'était qu'un enfant. Interprété par un jeune acteur qui intègre la distribution, le rôle devrait prendre une nouvelle envergure alors que les années passent.
* Enfin, juste un petit mot pour signaler que TNT, cousine turque de la chaîne du même nom aux USA, devient dorénavant TV2, le groupe américaine ayant décidé de s'en retirer totalement. Pour se souvenir de ce changement, voilà une petite video sur le nouvel habillage :

MundoFox

- USA comme toi :

* Ca y est ! Une nouvelle chaîne hispanique est née aux Etats-Unis, elle s'appelle MundoFOX et elle pèse déjà plusieurs millions de dollars ! La chaîne, dont le slogan est "Americano como tu" ("américain comme toi", vive l'ambivalence !) a été mise en place grâce à l'entraide entre FOX et la chaîne colombienne RCN. Cela explique donc que plusieurs séries de la chaîne sud-américaine se retrouvent dans les grilles de MundoFOX dés le lancement de celle-ci, dont la narconovela El Capo, ou la série pour ados Kdabra. De nombreuses séries du catalogue FOX, diffusée évidemment en espagnol, sont également au programme, telles que Touch, Bones ou Futurama.

Selfridges

- MONDE :

* Le projet d'ITV, Mr. Selfridge, s'intéressant au fondateur des grands magasins britanniques Selfridges, nés en 1909, vient de gagner des partenaires. La série de 10 épisodes d'une heure s'offre dorénavant la participation financière de Seven en Australie, SVT en Suède et yes en Israël ; PBS devrait également diffuser la série dans le cadre de son créneau Masterpiece.
* Et puis évidemment, vous n'avez pas pu échapper à la nouvelle : Netflix va s'installer en Scandinavie. Il s'avère d'ailleurs que l'initiative est plutôt bien reçue par la concurrence, puisque le service de VOD Voddler, également basé dans la région, a fait savoir qu'il espérait que cette alternative supplémentaire aide les consommateurs à se détourner du téléchargement illégal : "pour nous, la vraie concurrence, c'est le piratage", a-t-on déclaré chez Voddler. Bon ! Mais en France, on n'a toujours pas Netflix, alors...

Allez, une fois n'est pas coutume, je vais finir sur la fiction française ! Eh oui, la série Bref va en effet être diffusée au Québec sur la chaîne addik TV. Les 10 premiers épisodes (sur 82 au total) ont été mis à disposition des internautes sur le service de VOD Vidéotron mardi, à la suite de quoi de nouveaux épisodes seront ajoutés à raison d'un par jour du lundi au jeudi, jusqu'en décembre. addik TV prendra le relai à partir du 27 août, diffusant un épisode par semaine, du lundi au vendredi, à 20h puis à nouveau à 22h. Bref, cocorico.

Et si vous avez aimé voyager aujourd'hui, restez dans le coin, je vous prépare une semaine spéciale dés lundi, en l'honneur du retour d'internet dans mon domicile ! Eh oui c'est tout frais, ça date de ce soir.
D'ailleurs, les posts quotidiens vont reprendre, alors attachez votre ceinture, je ne vous attendrai pas.

Posté par ladyteruki à 22:54 - Love Actuality - Permalien [#]