ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

14-07-13

Grace under fire

Il est très fréquent, pour ne pas dire systématique, qu'une saison télévisuelle nippone donnée semble avoir "un thème" : deux ou trois chaînes vont soudainement avoir des idées étrangement similaires, et commander des séries dont le pitch est curieusement très voisin. Espionnage industriel ? Effet de mode ? Difficile à dire ; et sans baigner dans l'actualité du pays, il n'est pas aisé de déterminer si des faits divers ou des débats de société y sont pour quelque chose.

Comme on a pu le voir il y a peu, cet été, les parents célibataires semblent être LE sujet dont les séries devaient s'emparer, certes à égalité avec le monde médical. Mais sur ce phénomène, on peut un peu plus facilement trouver des explications.

Il y a quelques mois, en effet, l'équivalent japonais de la Sécurité sociale a commencé à soulever l'idée que les mères célibataires touchaient des allocations trop élevées ; dans un Japon touché par la crise (comme tout le monde, certes), les institutions cherchent en effet à tout prix où des coupes budgétaires pourraient être faites. Alors à qui s'en prendre en priorité ? Eh bien, les mères célibataires semblent être une cible parfaite, puisqu'elles ont tout faux : elles ne sont pas mariées !
Dans un pays où il est de coutume de se dépêcher de convoler dés qu'une femme découvre qu'elle est tombée enceinte hors-mariage, où les enfants n'étant pas inscrits dans le livret familial de leur père subissent des discriminations toute leur vie (accès à l'éducation puis à l'emploi, modalités d'héritage différentes...), et où l'avortement est utilisé comme une méthode contraceptive plus que la pilule (il faut dire que cette dernière n'a été légalisée qu'en 1999, et n'était utilisée, 10 ans plus tard, que par 3% des femmes), avoir des enfants hors-mariage apparait comme une décision irresponsable, pas un choix de vie... et surtout pas quelque chose que l'Etat devrait financer pour tout ou partie. Pour quelques magnifiques échantillons de points de vue japonais sur la question, je vous encourage à lire cet article de JapanCRUSH.
S'attaquer à réduire les allocations d'une population jugée négativement par la société ? C'est presque trop facile !
D'ailleurs, l'idée n'est pas nouvelle : depuis 2008, les allocations accordées aux mères célibataires qui travaillent ont déjà diminué de moitié. Mais ce n'est visiblement pas encore assez.

Ce ne sont sûrement pas ces économies qui sauveraient le Japon de la récession, faut-il cependant noter. En effet, on estime qu'un peu plus de 1,23 million de foyers japonais sont monoparentaux, mais que seulement 115 000 de ces foyers bénéficient d'aides de l'Etat. A vrai dire, 83% des mères célibataires nippones travaillent (en dépit de leur difficile accès à l'emploi, car elles font également face à des discriminations dans ce domaine, et sont de toute façon cantonnées aux jobs à temps partiel), contre 54% des femmes mariées. Pire encore, mais ce n'est visiblement pas le problème de la Sécurité sociale, le taux de pauvreté des foyers monoparentaux, au Japon, est le plus élevé de tout l'OCDE depuis près d'une décennie.
Oh et, le Japon étant un pays très conservateur dans sa conception des rôles genrés, je vous laisse deviner pourquoi je parle indifféremment ici de foyers monoparentaux et de mères célibataires, les pères célibataires étant encore plus minoritaires, limite une anomalie statistique.

En tous cas, et même si en définitive, peu de foyers nippons sont concernés directement par ces problématiques, ce n'est peut-être pas ce qui a inspiré toutes les séries mettant en scène des parents célibataires, cet été, mais une chose semble plutôt claire : cette question d'actualité est au centre de Woman, la nouvelle série de NTV.

Woman

Woman est la réponse de la bergère au berger ; plus encore : c'est un hymne à la force et au courage des mères.
(mais "Mother" était déjà pris... par le même scénariste, Yuuji Sakamoto)

Loin de tomber dans l'écueil du misérabilisme forcené au nom de la pédagogie, Woman est l'une des séries au ton le plus réaliste de ces dernières années au Japon. Et je dis ça alors que je considère le Japon comme un pays beaucoup plus réaliste dans une majorité de ses fictions, surtout si on le compare à la Corée du Sud !

Après avoir raconté la jolie rencontre d'un homme et d'une femme, leur tendre union, et la façon dont ils ont eu deux ravissants enfants, la première partie du pilote de Woman va être intégralement dédiée à nous faire vivre le quotidien aux côtés de son héroïne, Koharu, alors qu'elle mène comme elle peut une vie épuisante. Elle s'occupe en effet de ces deux enfants en bas âge, tout en cumulant au moins deux emplois ; le père, Shin, est décédé... Mais ce n'est, à la limite, pas vraiment la question ici. Woman a d'une certaine façon choisi la facilité en nous parlant d'une veuve, évitant une partie du débat, mais c'est pour mieux écarter tout jugement de la part du spectateur, et l'inviter à entrer sans préconception dans le quotidien de Koharu.

Et ce quotidien quel est-il ? Partir d'un tout petit appartement au bord des voies ferrées avec deux enfants sous le bras, plus les sacs et la poussette, pour les emmener dans un train bondé jusqu'à la garderie. Filer à son premier emploi dans une station service, puis enchaîner sur le second dans une blanchisserie, repartir dans l'autre sens. Faire les courses, le dîner, coucher les enfants, s'occuper des tâches ménagères, faire les comptes... et on recommence le lendemain. Tout ça tout en étant une bonne mère (on ne peut vraiment pas prendre Koharu à défaut là-dessus, elle passe énormément de temps à s'occuper des enfants et leur parler), évidemment.
Ah ça, le pilote de Woman ne donne pas dans le glamour, je vous l'accorde. Et encore, ce n'est pas fini : il faut faire face à la garderie dont les charges augmentent, à un retard qui fait que Koharu se fait virer de la station service, du propriétaire qui refuse qu'elle paye en deux fois... Le surmenage, les factures qui s'accumulent, les repas qu'on prépare plus pour les enfants que pour soi, tout s'empile, et donne une vision cauchemardesque de l'Enfer sur terre. Et quand elle trouve un nouvel emploi dans un restaurant, qui l'oblige ponctuellement à travailler le soir, Koharu est également obligée de laisser les enfants seuls, la nuit, dans l'appartement, avec l'angoisse et la culpabilité que ça implique : ils n'ont que 3 et 6 ans !

Mais l'humiliation ne serait pas totale sans un dernier point que veut aborder Woman ; Koharu se présente au bureau de l'aide sociale, où elle vient demander un peu d'argent, même sous forme de prêt s'il le faut. On lui demande d'abord d'expliciter les circonstances de la mort de son mari (comme si cela avait le moindre rapport !), on lui explique que l'argent ne saurait être dépensé dans des jeux de hasard, avant de lui suggérer de se tourner vers sa famille en premier lieu. Koharu n'a plus de père, et n'a pas parlé à sa mère depuis près de 20 ans ; on lui répond que la procédure exige qu'un courrier soit envoyé à sa mère d'abord, et que si celle-ci accepte d'aider financièrement, l'Etat n'aidera pas Koharu. En attendant, celle-ci est donc contrainte de vendre les quelques biens qui lui restent de Shin... avant d'apprendre qu'elle ne recevra rien, sa mère ayant répondu au courrier de l'aide sociale. Elle a répondu... mais il n'y a pas d'argent, entendons-nous bien.
Après avoir fait la manche auprès d'un employé du bureau, Koharu finit par s'évanouir dans la rue, victime d'anémie, d'épuisement, et de tout ce que vous pouvez imaginer.

C'est alors que commence la deuxième partie de Woman ; sans aller jusqu'à dire que la première n'était que pure exposition, il est clair que l'épisode, en opérant ce tournant, s'éloigne de l'aspect purement factuel de la situation de Koharu. Il s'agit d'apprendre à mieux la comprendre, à mieux ressentir, à ses côtés, ce qu'elle vit.
Car, visiblement furieuse de se voir refuser un prêt par l'aide sociale juste parce que sa mère a répondu à leur courrier, la jeune femme va décider de se rendre là où elle n'est pas allée depuis de nombreuses années... Et là encore, le choix opéré par Woman n'est pas de nous donner des éléments de contexte pour qu'on juge sa décision : la raison pour laquelle elle a cessé de parler à sa mère deux décennies plus tôt est laissée en suspens. Du coup, nous ne sommes pas en droit de décider si sa colère est justifiée ou non : tout ce qui compte, c'est qu'elle fait l'effort aujourd'hui d'y retourner, pour lui demander de retirer son courrier.

Toujours dans la nuance, Woman présente la mère de Koharu sous un jour loin de toute caricature : celle-ci n'est pas une mère indigne. Elle s'est remariée (à un homme que connaît Koharu, donc cela fait un bout de temps) et a une fille (qu'elle appelle "sa fille"... et non l'une de ses filles), et mène donc une vie de famille classique, tout en travaillant à côté.
Koharu, venue avec ses deux enfants, est d'ailleurs plutôt bien reçue, invitée à déjeuner même (c'est elle qui refuse de toucher la nourriture), et entendue par son beau-père puis sa mère sans la moindre difficulté. La scène entre les deux femmes, bien que longuette (environ un quart d'heure !), est poignante, et montre que le poids des ans ne facilite pas la conversation, mais qu'aucune partie n'est foncièrement mal intentionnée.

Cette visite sera aussi l'occasion, deux ans plus tard, de comprendre certaines choses sur les circonstances de la mort de Shin. Une semi-révélation qui n'est pas traitée comme un basculement, mais plus comme une façon de renforcer les dynamiques déjà existantes. Il ne ressortira rien de cette rencontre qui puisse changer la donne ; ce n'est pas le propos de Woman.

Woman accomplit un travail formidable pour nous faire entrer dans les réalités quotidiennes, et difficiles, de Koharu et ses deux enfants, sans pour autant chercher à nous tirer des larmes. C'est sûr que les amateurs de séries "à enjeux" en seront pour leurs frais : prévue pour 6 épisodes, Woman ne semble pas décidée à raconter "une histoire", avec une structure narrative classique, mais plutôt à raconter l'histoire de quelqu'un, son quotidien ordinaire, quelques mois de sa vie à passer à ses côtés.
Personnellement je suis très friande de ce genre de choses, j'aime avoir cette possibilité de faire plusieurs kilomètres dans les chaussures de quelqu'un d'autre, c'est l'une des raisons essentielles pour lesquelles je regarde des séries, à vrai dire, et à plus forte raison étrangères (même si on sera tous d'accord sur l'universalité des problématiques rencontrées par Koharu ici).
Le résultat est d'autant plus précieux que Woman repose sur la performance de Hikari Mitsushima dans le rôle-titre, et que celle-ci est absolument incroyable de sincérité et d'humilité. C'est grâce à sa présence toute particulière, son sens de la retenue, sa délicatesse, que le personnage de Koharu parvient à ne pas susciter la pitié comme dans un dorama-dramatique-qui-fait-pleurer, mais à plutôt inviter le spectateur à partager ses joies et ses peines, à s'imaginer à sa place et prendre la mesure de ce qu'elle vit ; pareille prestation est indissociable de la réussite d'une fiction-chronique comme celle-ci.

Il faudra voir ce qu'accomplira Oh, My Dad!! sur un sujet similaire, mais avec un père notoirement irresponsable (sans parler de STARMAN qui va probablement partir dans une autre toute autre direction) ; pour le moment, Woman exécute en tous cas un sans-faute sur le thème abordé. Avec un peu de chance, la série fera un peu changer les mentalités ?

Mais même si ce n'est pas le cas (à l'impossible nul n'est tenu, et les audiences ne sont pour le moment pas mirobolantes), on aura gagné 6 heures de bonne télévision, et c'est déjà pas si mal. En tous cas, c'était une parfaite façon de lancer la saison en ce qui me concerne ! Prochain arrêt : DOUBLE TONE... espérons que cette saison qui semblait si alléchante poursuive sur sa lancée !

ERRATUM : il semblerait qu'il y ait plus de 6 épisodes, contrairement à ce que j'avais initialement lu. C'est pas moi qui m'en plaindrai.

Posté par ladyteruki à 17:28 - Dorama Chick - Permalien [#]

07-01-13

Il faut que jeunesse se passe

Lentement mais sûrement (c'est un défi annuel, donc pas la peine de se bousculer dés la première semaine), j'avance dans mon défi du Secret Diary of a Cinephile.
Aujourd'hui, c'était le tour de Moonrise Kingdom, un film à la fois tendre et désabusé, qui pour une raison folle, collait parfaitement à mon humeur du jour, alors que la seule raison pour laquelle je l'ai regardé, c'est parce que Timekeeper me l'avait chaudement recommandé (je n'avais même pas lu de résumé !). Quand un cinéphile averti vous dit que c'était le film de toute son année 2012, on ne discute pas !

Le visionnage étant passé, je dois dire que pour ce soir, outre mon "enthousiasme blasé" pour ce film étrange (j'essaye d'assortir au ton du film), j'ai surtout une question : quelle est l'explication de notre fascination pour les enfants qui se comportent en adultes ?

MoonriseKingdom

Films, séries, littérature... la fiction déborde à ras bords de personnages jeunes mais se comportant avec la maturité des adultes... le sous-entendu étant souvent, d'ailleurs, qu'ils en ont plus que les adultes (lesquels ont perdu soit la tête, soit leurs illusions).

Le pire c'est que bien souvent, plus l'enfant est jeune, plus il est intelligent et mûr. Rappelez-vous du bagoût de personnages comme Olivia dans le Cosby Show ou Punky Brewster dans la série du même nom ? Le phénomène à la télévision concerne énormement de personnages de moins de 10 ans, parfois même moins de 5, capables de river le clou aux plus âgés, dotés d'une grande culture (rappelez-vous de Franklin dans Ma famille d'abord... oh mon Dieu je n'ai pas encore réussi à éliminer tous mes souvenirs de Ma famille d'abord, à l'aide !), bref, n'ayant rien à nous envier, bien au contraire. On parlait de ce genre de personnage avec Spy il n'y a pas si longtemps. Ces personnages conservent immanquablement une part de naïveté adorable qui fait d'eux, instantanément, des créatures charmantes, au lieu d'être des monstres MENSAïesques.
Et si vous croyez que le phénomène est circonscrit aux séries à vocation comique, détrompez-vous : n'est-ce pas aussi sa maturité qui est l'atout principal de Rory Gilmore ? C'est ce qui lui permet de comprendre et parfois consoler sa mère, et permet de tisser ce lien incroyable entre les deux Gilmore Girls, qui est à la base de la série...
La maturité de ces enfants qui ont grandi [trop] vite est également au coeur de multiples intrigues à fendre le coeur, comme dans Mother (le mythe de l'enfant mature est particulièrement vivace, d'ailleurs, dans nombre de fictions asiatiques ; d'ailleurs le fait que désormais on attribue des rôles d'adultes incarnés par des enfants, comme dans Kodomo Keisatsu ou Kodomo Keisha, est assez parlant).

Evidemment, plein d'autres exemples peuvent être trouvés, dans toutes sortes de médias. Mais je me rappelle m'être déjà fait la réflexion pendant la lecture du livre X-Men and Philosophy : chaque fois qu'un personnage est d'une grande maturité ET capable d'immenses pouvoirs, il s'agit de quelqu'un de jeune (une jeune femme, même) à l'instar de Rogue et surtout Layla Miller. De qui dépend le monde ? Quand même vachement d'elles, comme en témoignent les histoires capitales de la franchise où elles tiennent un rôle essentiel...

Pourquoi tant de fictions aiment-elles donc jouer avec l'idée qu'il existe des êtres ayant, en quelque sorte, le meilleur des deux mondes : la connaissance du monde adulte, et l'innocence de l'enfance. Il y a une part d'identification, je suppose : on incite le spectateur ou lecteur à imaginer être lui aussi un être intelligent, mais encore pas tout-à-fait creux et vide comme la plupart des adultes endurcis apparaissent l'être dans beaucoup de médias. Il y a également le problème du jeunisme, qui est vendeur. Mais au-delà de ça, je pense qu'il y a une vraie fascination, et une partie de son mystère me reste insondable.
Moonrise Kingdom aurait pu être écrite avec pour héros des adultes un peu détachés et blasés mais qui s'aiment d'un amour vrai. Choisir de le faire avec des enfants (et de peupler le film entier avec des enfants s'exprimant de façon monocorde, et des adultes hystériques ou à tout le moins expressifs) n'est pas, pardon pour le jeu de mots, innocent.

Juste une suggestion, mais... et si on laissait les gosses être des gosses ? C'est évidemment un procédé qui fonctionne sur le coup, mais je sais pas, à bien y réfléchir, ça me fait un peu de peine.

Posté par ladyteruki à 23:44 - Série de valeurs - Permalien [#]

17-05-12

lady's world tour - Escale n°11

Ca fait déjà quinze jours qu'on n'a pas eu de world tour et comme d'habitude, c'est quand on a le moins de temps qu'il tombe le plus de news. Vous vous rendez pas compte, avec le boulot que j'ai, je peux pas me permettre de vous... de... quoi ? C'est pas vos oignons ? Vous réclamez tout de même le world tour à corps et à cris ?
Bon. Bien parce que c'est vous. Mais vite fait, alors.

Yuusha

- JAPON : le héros est de retour
Alors on commence tout de suite avec les bonnes nouvelles, du coup. Et non des moindres : la comédie Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro reviendra pour une nouvelle saison en octobre ! Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro, c'était absolument hilarant, c'était complètement déjanté, c'était vachement artisanal... et c'était sans exagérer la meilleure comédie de l'année 2011 au Japon. Et je ne suis pas la seule à le dire : sur Amazon Japan, la série était la meilleure vente de dorama de l'année écoulée ! Cela en dépit de sa diffusion relativement obscure (la case Dorama 24, le vendredi soir en nocturne sur TV Tokyo) et ses audiences pas franchement épatantes (3% de parts de marché en moyenne). Mais le bouche à oreille semble l'avoir emporté et du coup, toute l'équipe de cette parodie de RPG sera de retour pour une nouvelle salve de délires. Peut-être aussi importante que la nouvelle de ce retour elle-même, est la précision de ses modalités : strictement les mêmes. Aucune augmentation de budget, équipe créative et cast de retour au grand complet, bref tout est en place pour que rien dans cette nouvelle saison ne vienne dénaturer le succès initial de la première mouture. Mais la 2e saison de Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro, c'est encore l'acteur principal, Takayuki Yamada, qui en parle le mieux : "Comme la dernière fois, je vais me donner à 70%, et espérer que ce soit aussi marrant et stupide". Je ne pourrais mieux formuler mes voeux pour cette nouvelle saison. Bon, c'est encore loin, octobre ?!

- JAPON puisqu'on y est : 8 ans et toutes ses dents
Plus près de nous, les projets pour l'été commencent également à se dessiner. Parmi eux, Beautiful Rain, un dorama que Fuji TV destine à sa case du dimanche à 21h. On y suivrait l'histoire d'une petite fille qui s'occupe de son père, un homme frappé par Alzheimer. Jusque là rien de très sexy, on devrait obtenir un drame-dramatique-qui-fait-pleurer dans la plus grande tradition nippone, mais c'est surtout niveau cast que ça fait plaisir : Etsushi Toyokawa (présent l'an dernier dans Gou) dans le rôle du père... et Mana Ashida dans celui de la fille ! Mana Ashida, une jeune actrice de bientôt 8 ans qui, comme vous le savez, incarnait la jeune héroïne du fantastique dorama Mother il y a deux ans (rôle pour lequel elle a dûment été récompensée), et qui depuis s'est taillé la part du lion dans le coeur des spectateurs japonais. La combinaison de ton et de talent devrait donc nous promettre un bel été, bien qu'un peu humide au niveau des joues.

- JAPON et après on change : un projet d'anthologie
Si vous regardez des séries japonaises, vous ne pouvez pas avoir échappé à l'oeuvre de l'auteur Keigo Higashino : ses romans ont été adaptés pour devenir les séries Shinzanmono, Ryuusei no Kizura ou encore Galileo, pour n'en citer que quelques unes. Cet auteur prolifique a également produit 11 nouvelles, dont Fuji TV a annoncé cette semaine qu'elle allait les porter à l'écran sous forme d'omnibus, soit une anthologie, plutôt orientée vers le mystère, genre de prédilection de l'écrivain. Avec pour narrateur l'acteur Kiichi Nakai, les épisodes proposeront 11 histoires différentes, avec 11 casts différents. La série sera diffusée sous le nom de Mokuyo Gekijou - Higashino Keigo Mysteries, tous les jeudis à 22h cet été, une case qui, il est vrai, a souvent été destinée à des séries ayant cette tonalité. Les anthologies en revanche ne sont pas légion au Japon, alors il ne faudra pas oublier de jeter un oeil à cette curiosité.

PackedtotheRafters

- AUSTRALIE : six ça suffit ?
Selon l'adage bien connu selon lequel ce n'est pas parce que les audiences baissent qu'il faut annuler une série (non ? on dit pas ça ?), Seven Network a décidé de renouveler l'une des séries les plus regardées d'Australie, mais en léger désamour depuis quelques semaines, Packed to the Rafters, pour une sixième saison. Déjà parce que même si les audiences sont moins bonnes depuis que la saison 5 a été lancée, les scores restent largement supérieurs à beaucoup de séries. Et ensuite parce que Packed to the Rafters est toujours auréolée d'une certaine gloire, et que les spectateurs australiens, même quand ils la regardent moins, lui portent toujours une grande affection (comme en témoignaient voilà quelques semaine les Logie Awards). Beaucoup d'acteurs devraient signer pour cette nouvelle saison, mais Hugh Sheridan et James Stewart (l'époux de Jessica Marais) sont déjà sur le départ. Le départ de plusieurs personnages (notamment quand il s'agit d'enfants de la famille Rafters) ainsi que l'âge des protagonistes (la série était supposée parler du rapport de jeunes adultes au nid familial) posent la question de la longévité de la série. Plusieurs observateurs estiment que cette 6e saison sera la dernière... ça tombe bien, les projets de séries pour prendre la relève, en Australie, ce n'est pas ça qui manque.

- AUSTRALIE à nouveau : des audiences qui tiennent la route
Cette semaine, vous le savez, les spectateurs australiens ont eu droit à deux nouveautés nationales d'un coup : Tricky Business sur Nine, et Bikie Wars sur Ten. Malheureusement, Tricky Business a joué de malchance (ou de maladresse) en étant diffusée à la suite d'un live de The Voice, et a commencé sa carrière sur les écrans australiens avec près d'un quart d'heure de retard sur l'heure annoncée. Pas cool. Les conséquences n'ont pas manqué de se produire dans les audiences : 987 000 spectateurs. Ce n'est pas dramatique en soi (en général une série australienne trouve le succès autour du million), sauf si l'on considère la rétention : 2,19 millions de spectateurs avaient suivi The Voice... De son côté, le lendemain, Bikie Wars débutait sans lead-in spectaculaire, mais à l'heure, et de toute évidence, la série a attiré du monde : 1,26 million de spectateurs, avec un pic à 1,43 en cours d'épisode. Et là franchement il n'y a pas débat : Ten a dominé la case horaire avec Bikie Wars, mettant une raclée à Packed to the Rafters au passage (1,21 million).
Du coup j'en profite pour vous rappeler que vous avez jusqu'à ce soir pour voter pour le pilote australien dont je parlerai en priorité ce weekend. Mais je sens que là vous êtes biaisés pour répondre...!

- USA mais avec un twist : l'autre face des upfronts
En cette période d'upfronts américains, n'est-il pas triste d'oublier les chaînes hispaniques ? Si fait. Ainsi, Telemundo, qui se vante d'avoir augmenté ses commandes originales de 40% cette année, a décidé d'annoncer 6 nouvelles telenovelas : El Rostro de la Venganza, El Señor de los Cielos, La Patrona, Pasión Prohibida et Nace un Idolo, toutes produites en interne par Telemundo, ainsi que Fina Estampa, une co-production de Telemundo avec Globomedia. Plus intéressant encore, dans le soucis de capitaliser sur ce qui a été son plus gros succès historique, la chaîne a décidé de commander La Reina del Sur 2, dont on ignore s'il s'agira d'une saison 2 ou d'un sequel plus indépendant à ce stade. Ces telenovelas sont dédiées au primetime de la chaîne, et pour la journée, Telemundo a également lancé la production de Virgen Morena, un daytime drama anthologique inspiré d'anecdotes réelles dans lequel des gens en pélerinage auprès de la Vierge de Guadalupe espèrent changer leur vie.
De son côté, Univision peut se vanter d'une progression d'en moyenne 7% de ses parts de marché, un phénomène devenu rare chez les networks anglophones du pays : "Nous avons battu NBC sur 195 nuits en primetime sur les 18-49 ans", s'est vanté David Lawenda, ajoutant : "il y a une nouvelle réalité américaine", une phrase qui fait référence au dernier recensement qui estimait à 50 millions le nombre d'hispaniques aux USA. Pour le reste de la présentation d'Univision, c'est sur les épaules de stars comme Sofia Vergara ou Shakira que les upfronts reposaient. Si la chaîne commande assez peu de fictions originales, faisant une grande part de son marché chez les chaînes sud-américaines (à l'instar de la telenovela mexicaine Por ella soy Eva), elle va en revanche lancer un site de VOD dés cet été et y proposer deux webnovelas, une initiative inédite. Bref, ça bouge sur les chaînes hispaniques, et vous deviez le savoir.

AguilaRoja

- ESPAGNE : tout le monde s'arrache l'aigle rouge
Même langue, autre continent. Peut-être vous souvenez-vous que la chaîne espagnole RTVE émettait de sérieuses réserves quant à l'avenir de sa série-phare, Aguila Roja. Les audiences n'étaient pas en cause, mais plutôt les dépenses : la chaîne publique est mise au régime par les restrictions budgétaires gouvernementales, et à raison 913 000 euros par épisode, produire la série à succès grève sacrément les finances. Mais, en vertu de la 7e Rule of Acquisition, il y en a qui n'en ont pas perdu une miette quand RTVE a commencé à faire marche arrière sur Aguila Roja ; désormais la concurrence se montre très intéressée pour récupérer les droits de la série. Antena3 et Telecinco ont toutes deux fait savoir qu'elles pourraient se porter acquéreur de saisons supplémentaires de la série. Pour autant, Aguila Roja n'a pas encore été annulée par RTVE qui en a simplement reporté la commande indéfiniment. Une façon de se donner du temps pour considérer toutes les options tout en continuant de ramasser la monnaie des droits de la série historique, vendue à ce jour dans une vingtaine de pays. Mais si Aguila Roja pourrait se trouver un avenir en cas d'abandon par RTVE, les autres séries mises en stase par la chaîne publique, comme Isabel et La República, pourraient bien ne pas avoir cette chance.

- ALLEMAGNE : un pitch révolutionnaire
Vous savez ce qui manque cruellement à la télévision allemande ? Des séries policières. Apparemment. ZDF vient en effet de commander une nouvelle fiction du nom de Heldt, dont les 6 épisodes entrent en tournage cette semaine. La série s'intéressera à Nicholas Heldt, un enquêteur de la police de Bochum décrit comme peu conventionnel : il est passionné, engagé, et a un grand sens de la Justice (je fais que traduire, ne me regardez pas comme ça). Il formera un tandem improbable avec la procureur Ellen Bannenberg qui le rejoint mais ne supporte pas ses excentricité (tout cela est au comble de l'innovation). La série unira pour l'occasion les acteurs Kai Schumann (Doctor's Diary) et Janine Kunze (Hausmeister Krause). On en ignore pour le moment la date de diffusion.

Kontoret-2

- SUEDE : le bureau rempile
Après une première saison couronnée de succès, TV4 a décidé de renouveler la comédie Kontoret, une adaptation de The Office servant aussi de spin-off à la comédie à succès Solsidan. Avec en moyenne 840 000 spectateurs le samedi soir, la chaîne s'estime parfaitement satisfaite de ses audiences mais aussi de la qualité de cette série : "Nous continuons à investir dans les sitcoms de haute qualité et Kontoret est un ingrédient important de cette démarche", explique-t-on chez la chaîne. La nouvelle saison de Kontoret est attendue pour le courant de l'année 2013.

- SUEDE toujours : mauvais tempo
SVT prépare une nouvelle série du nom de Molanders, dont la production a commencé voilà quelques jours. La trame principale de cette série dramatique est assez classique : la famille Molander déménage, à la faveur d'une promotion du chef de famille qui obtient la possibilité de diriger l'orchestre symphonique local, et les Molander quittent alors la grande ville pour aller s'installer dans un petit patelin de province. Le problème est qu'évidemment, ce changement de décor n'est pas exactement comme la famille l'imaginait, et que des tensions commencent à se faire sentir parmi les Molanders. Les acteurs Eric Ericson (Irene Huss) et Livia Millhagen (vue dans le Wallander suédois) incarneront le couple central de la série. C'est le scénariste Ulf Kvensler (Solsidan) qui a créé et écrit ce drama, dont 12 épisodes sont actuellement en tournage en vue d'une diffusion au printemps 2013.

- NORVEGE : sans rancune
Bon. Allez. Un mot quand même sur les Gullruten, je suis pas rancunière. Pas tant que ça, disons. Ils se sont tenus, comme vous le savez, le weekend dernier, et au cours de la soirée, la chaîne publique NRK a collecté en tout pour ses programme 13 titres. Du côté des séries, les prix ont été décernés comme suit : Helt Perfekt a décroché le prix de meilleur programme humoristique, Ine Jansen (Helt Perfekt) a été récompensée en qualité de meilleure actrice, le poupin Anders Baasmo Christiansen (DAG - saison 2) comme meilleur acteur, et le prix de meilleur drama a été attribué à Taxi (et non à Buzz Aldrin, je suis colère). Comme ni Taxi ni Helt Perfekt ne sont disponibles avec des sous-titres, il faudra croire les Norvégiens sur parole sur ce coup-là.

LesRescapes

- CANADA : ils n'en sont pas revenus
C'est fini pour Les Rescapés. La série fantastique de Radio-Canada, dans laquelle une famille vivant en 1964 se retrouve subitement transportée en 2010, ne sera pas reconduite pour une troisième saison. C'est d'autant plus gênant que la 2e saison, qui s'est achevée début avril, n'apportait pas de conclusion aux intrigues ; il faut dire que depuis le départ, Les Rescapés était planifiée pour une durée de 3 saisons. Seulement voilà : les finances de Radio-Canada ne sont pas au plus fort, et la mise en chantier d'une troisième saison, outre son coût, allait entrainer des difficultés puisque le développement de l'ultime saison était estimé à deux ans ; on se souvient que c'est également ce qui a valu une annulation à Mirador. Le temps et l'argent jouaient donc contre Les Rescapés qui jouissait pourtant d'audiences très convenables: 735 000 fidèles en moyenne pendant la seconde saison. La production de la série se console en expliquant que la fin ouverte colle finalement assez bien à l'univers de la série, mais plusieurs acteurs n'ont pas caché leur déception.

- CANADA il en reste : quand il n'y en a plus
Radio-Canada avait par contre le budget pour commander une nouvelle série. Tu m’aimes-tu ?, une comédie dramatique d'une demi-heure, fera son apparition cet automne sur l'antenne de la chaîne québécoise. Ses 13 épisodes permettront aux acteurs Sébastien Huberdeau (La Job), Magalie Lépine-Blondeau (19-2) et Steve Laplante (Mirador) d'explorer les différentes problématiques liées à l'engagement amoureux de nos jours : avec qui s'engage-t-on, pourquoi, et pour quel type de relations ? N'en demande-t-on pas trop à l'âme soeur (ou supposée telle) ? Le tournage des 13 épisodes, produit par Podz (Minuit, le soir, 19-2...) a commencé au début du mois.

- DANEMARK : ex fan des sixties
C'est au détour d'une interview avec le Nordisk Film & TV Fond que la nouvelle direction de DR dévoile la mise en chantier d'une nouvelle série, dont pour le moment on ne connait que le titre international : The Heritage after Veronika. C'est Maya Ilsøe (dont la dernière série, Pagten, remonte à 2009) qui signe ici le scénario, et les trois premiers épisodes devraient être réalisés par l'actrice Pernilla August. Le thème de se drama sera axé autour de l'expérience des enfants des années 60, de la façon dont ils ont grandi dans un univers hippie et l'impact de leurs extravagants parents sur leur construction et donc leur avenir. Vu que DR1 ne répond pas à mes mails, on n'en saura guère plus pour le moment, mais ce projet original est une preuve de plus que la fiction danoise a toujours plus à offrir. Au passage, DR devrait développer des formats d'une demi-heure à l'avenir, ce qui devrait encore diversifier l'offre du groupe...

Voilà, c'était bien pour vous faire plaisir, mais désolée, là il faut que je file, j'ai pas du tout le temps pour plus ; je vous donne donc rendez-vous dans quelques jours pour la seconde partie de ce que ce world tour a à dire...
Du coup dans l'intervalle, c'est à votre tour de papoter, tiens.

Posté par ladyteruki à 05:36 - Love Actuality - Permalien [#]

24-02-12

lady's world tour - Escale n°4

Si vous vous demandiez pourquoi yavait pas eu de wold tour ce mardi, c'est parce que les world tours n'ont pas nécessairement lieu le mardi. Pis j'ai eu fort à faire. Pis j'ai euh... bah... vous avez même pas commenté partout alors vous pouvez difficilement la ramener de toute façon !
Bon, plus sérieusement, revoilà le world tour, qui va faire des heureux, je l'espère, et des déçus, je le pressens, parce que cette fois j'ai rien trouvé en Irlande alors que je sais que ça fait partie de vos chouchous. Mais on va aller juste à côté, promis, puisqu'on parlera entre autres de l'Ecosse.

Allez, prêts ? Décollage immédiat !

LaCertosadiParma

- ITALIE :
Avis aux amateurs de classiques... les 3 et 4 mars, Rai Uno diffusera la mini-série La Certosa di Parma, autrement dit La Chartreuse de Parme. Au menu, un casting international : le Français Hippolyte Girardot, la Québécoise Marie-Josée Croze, l'Argentin Rodrigo Guirao, et l'Italienne Alessandra Mastronardi. Si vous me lisiez à l'époque sur SeriesLive, il ne vous aura pas échappé que la mini-série a été tournée de mai à juillet dernier, il était donc grand temps de la diffuser ! Pour mémoire, la Rai Uno avait déjà proposé une fiction du même nom en 1982. Sur les sites italiens (dont celui de la réalisatrice Cinzia Th. Torrini), on précise que la fiction est co-financée par France 2, mais aucune source en Français sur le sujet. Cela signifie-t-il qu'on ne verra pas la série en France ? Du coup, si vous connaissez un peu le roman de Stendhal et/ou que vous parlez l'Italien, la diffusion peut vous intéresser...

- AUSTRALIE : famille orpheline
On le disait ce matin, la mesure d'audiences a repris en Australie. Et pour ce premier mois de la saison télévisuelle, Seven avait décidé de frapper très fort en ramenant Packed to the Rafters, sa série phare, dans les grilles, avec deux épisodes consécutifs afin de consacrer cette diffusion attendue (la saison 4 était en effet en pause depuis octobre). Pas de chance pour le network, la série dramatique familiale a raté son retour : les épisodes ont été regardés respectivement par 1,45 et 1,25 million de spectateurs ; ce mardi, le troisième épisode, diffusé seul, en a attiré 1,48 million, ce qui permet de faire une moyenne. Pour une autre série australienne, il n'y aurait là pas de quoi se plaindre, ce sont même des chiffres dont on pourrait rêver. Mais pour Packed to the Rafters, cela signifie une perte d'environ 25% de ses spectateurs par rapport à son début de saison en février 2011. Et c'est très préoccupant, évidemment, même si la réponse est dans l'énoncé : en diffusant la saison en plusieurs morceaux, Seven n'a évidemment pas rendu service à sa série, peut-être un peu trop réputée insubmersible. Preuve est faite que ce n'est plus le cas : la télé réalité en a eu raison, et My Kitchen Rules a dominé la soirée ces deux dernières semaines.

- AUSTRALIE : ABC se penche sur le scandale de l'amiante
Pendant ce temps, ABC continue d'avancer dans ses commandes. Cette fois, c'est une mini-série en deux parties, Devil's Dust, qui commence à prendre forme et notamment à recruter ses premiers acteurs. Cette adaptation du livre "Killer Company" revient sur le scandale de l'amiante de la société James Hardie ; Anthony Hayes (qui interprétait Gary dans The Slap) incarnera un ouvrir qui après des années à travailler l'amiante, trainera la compagnie en justice ; Don Hany (que vous pourrez découvrir dans East West 101 cette année sur arte, si ce n'est déjà fait) sera un avocat qui réalisera la gravité de la situation et mettra en balance la respectabilité de la société avec ses questionnements moraux, et Ewen Leslie interprètera un journaliste qui enquêtera sur l'affaire. Le tournage débutera le 19 mars prochain à Sydney.

Penoza

- PAYS-BAS : une femme dans la mafia
C'est amusant que la nouvelle tombe aujourd'hui parce qu'on va précisément parler du succès de cette série dans le SeriesLive Show de ce soir : la série Penoza, qui met en scène l'épouse d'un mafieux qui, suite à l'assassinat de celui-ci, est déchirée entre la perspective de faire entrer ses enfants dans un programme de protection, ou entrer elle-même dans ce milieu dangereux et ne pas se laisser faire. Alors que la saison 2 de la série est en attente d'une date de diffusion, la chaîne KRO a annoncé la commande d'une troisième saison. La société de production néerlandaise, NL Film, ne manque pourtant déjà pas de travail puisqu'elle planche actuellement sur Moeder, ik wil bij de Revue, une série dramatique en 8 épisodes prévue pour une diffusion cet automne et qui sera un biopic sur Wim Sonneveld, une chanteuse de cabaret, et continue de produire deux teen soaps quotidiens : SpangaS sur NCRV, et Vrijland sur KRO, qui d'ailleurs achèvera la diffusion de sa saison 2 le mois prochain.
Ah et, amis Ozophiles, j'en profite pour signaler qu'on apprenait hier que Lee Tergesen rejoignait le pilote de l'adaptation américaine de Penoza. Juste comme ça, en passant. 

- JAPON : we're not in Wonderland anymore
Vous vous souvenez de la gamine qui jouait dans le dorama Mother ? Si vous avez vu la série, vous ne pouvez pas l'avoir oubliée. Mana Ashida, c'est son nom, 7 ans et certainement pas toutes ses dents, vient de décrocher le rôle principal dans un spin-off de LIAR GAME. Enfin, pas LIAR GAME la série, mais LIAR GAME le film, plus précisément le deuxième où la petite tenait déjà un rôle. La série, prévue pour Fuji TV ce printemps, s'appellera Alice in LIAR GAME, puisque le personnage joué par Mana Ashida portait ce nom ; le personnage en question étant responsable de superviser le fameux jeu malsain qui a fait le succès de la franchise, d'en concevoir les pièges et d'en choisir les joueurs, on changera donc un peu de point de vue, d'autant que le dorama fonctionnera comme un prequel montrant comment Alice a "grandi" pour devenir ce personnage inquiétant. Le second film de LIAR GAME sort dans les cinémas le 3 mars et la série sera diffusée du 5 au 8 ; ça devrait inciter les spectateurs à se ruer dans les salles obscures dés la sortie du film afin de tout comprendre de la série.

- JAPON encore : go, go pseudo-Power Rangers !
Si le nom du studio Gainax vous dit quelque chose, c'est probablement parce que vous touchez un peu votre bille en matière d'animation et que des titres comme Nadia le secret de l'eau bleue ou Evangelion, par exemple, ont pu faire partie de votre prime jeunesse. A compter de 2012, ce nom va désormais également être associé aux dorama, puisque le studio Gainax proposera en avril la série EA's rock, mettant en scène des sortes de Power Rangers sur le retour qui, n'ayant plus matière à sauver la planète, se retrouvent dans un bar où ils pleurent leur gloire passée, à l'exception de la force rouge qui continue de poursuivre sa carrière de superhéros. Moui, ça a l'air euh... particulier, aussi vous ne serez pas surpris d'apprendre que la série n'est pas prévue sur un grand network mais sur une ribambelle de petites chaînes, ainsi qu'au format websérie. Ce qui tombe bien parce que les épisodes ne devraient pas excéder 15 minutes. A tenter à partir d'avril sur TV Saitama, Chiba TV, TV Kanagawa, Mie TV, KBS ou SUN-TV, au choix...

JINisback
- COREE DU SUD : docteur qui ?!
Jin, bien-sûr ! Le dorama nippon japonais que vous devriez tous avoir vu si vous prétendez vous intéresser à la fiction nippone, c'est JIN. Non, je ne me suis pas trompée de pays. Peut-être vous demandiez-vous quand une adaptation allait fleurir, après un si grand succès, dans un pays voisin, eh bien ça y est, Time Slip Doctor Jin est sur les rails, et alors qu'on pensait que la série allait finir sur une chaîne du câble, il semblerait que ce soit MBC qui en ait acquis les droits, avec Jae Jong Hero dans le rôle-titre (souvenez-vous, on a pu le voir dans Sunao ni Narenakute). L'histoire étant, si vous vous souvenez, un élément prédominant dans cette série fantastico-historico-dramatico-médicale, la série sera profondément revue et corrigée afin de coller au contexte coréen. On parle donc d'une vraie adaptation et pas d'un vulgaire remake. Pis j'en profite pour remettre la magnifique promo de la saison 2 de JIN, pour le plaisir.

- ECOSSE : où est le docteur quand on a besoin de lui ?
Cette année, BBC Scotland fêtera ses 50 ans ! La chaîne devrait fêter ça dignement, mais les plus grosses spéculations sur les célébrations se focalisent étrangement sur une série en particulier. Les spectateurs semblent en effet attendre avec impatience que la chaîne rediffuse le tout premier épisode de la série Doctor Finlay’s Casebook, une dramédie médicale lancée en 1962 et qui se déroule dans une ville fictive d'Ecosse à la fin des années 20. Au cours de son existence qui a duré 9 ans et pas moins de 191 épisodes, la série est passée d'1 million de fidèles... à 12 millions ! Elle s'était même exportée dans divers pays de langue anglaise et quelques autres. Après son arrêt, Doctor Finlay's Casebook avait poursuivi sa carrière à la radio jusqu'en 1978. Le problème, c'est qu'aucun DVD n'a jamais été édité pour la série ; une intégrale serait très difficile à sortir puisque seuls 66 épisodes ont survécu au poids des années. On imagine quand même assez facilement que ça ferait bien plaisir à tout le monde que dans le cadre de son anniversaire, BBC Scotland face le cadeau d'une petite rediff en faisant avec ce qu'elle a...
Ah pis, tant que je tiens les Whovians, sachez que, oui, notre Ecossais préféré David Tennant y est apparu à plusieurs reprises. Ca y est, je vous ai donné envie, là ?

- CANADA : Hulu perce le mystère des Guidestones
A l'heure où de plus en plus de services de VOD se lancent dans les séries, et où se préparent les premiers Digital Upfronts (pour Hulu, Youtube et quelques autres), il n'est pas anodin de garder un oeil sur les acquisitions des sites internet, qui ambitionnent visiblement de se poser comme de réelles alternatives aux networks (même si évidemment on n'y est pas [encore]). Outre les commandes originales, à l'instar de Lilyhammer pour Netflix dont on va évidemment reparler (ne serait-ce que ce soir dans le SeriesLive Show), il faut aussi noter que les achats de programmes deviennent plus fréquents. C'est le cas pour la websérie Guidestones, qui a démarré ce mois-ci et dont Hulu vient d'acquérir les droits à la fois pour les USA et le Canada ; la série apparaitra sur le service au printemps sous une forme légèrement différente de celle, "interactive", qui est actuellement en place : elle est actuellement prévue pour 50 épisodes de 3mn et passeraà 34 épisodes d'une durée équivalente. On tente d'y percer le mystère des Georgia Guidestones, l'équivalent américaine de Stonehenge dont vous ignoriez même l'existence ; la série est tournée à Toronto, aux States et en Inde, et son intrigue est prévue pour 3 saisons. Jusque là, c'étaient des marques qui sponsorisaient la production de la série (dont Coca Cola ou la franchise Pizza Pizza), dont le tournage devrait reprendre avant la fin de l'année.


J'espère n'avoir rien loupé de vital mais, au pire, vous me connaissez, je ferai un deuxième tour du monde rien que pour vous !

Posté par ladyteruki à 20:36 - Love Actuality - Permalien [#]

26-03-11

Passe le message à ton voisin

En des temps immémoriaux, vous n'êtiez pas encore internautes, peut-être même n'aviez-vous encore jamais cliqué sur une souris, il existait un truc qui s'appelait "tagger" (orthographe incertaine). Cela consistait à répondre à un questionnaire donné puis proposer aux petits copains d'en faire autant. La réaction en chaîne qui en découlait permettait à plusieurs blogueurs, bien que ne s'exprimant pas sur le même support, de tous répondre aux mêmes questions. Accessoirement, ce mème avant la lettre avait tendance à meubler le contenu des blogs d'une même sphère.
C'est ce petit goût d'antan, cette madeleine de Proust numérique, que je retrouve alors que l'ami Eclair m'a taggée, après l'avoir lui-même été. C'est donc de bonne grâce et même avec une dose de nostalgie que je me plie à l'exercice...

1 / Depuis quand regardes-tu des dramas ? Quel a été ton 1er drama ? Comment as-tu découvert les dramas ?

C'était début 2006 ; à l'époque je tenais un site sur la Jmusic du nom de Teruki Paradise (Paix à son âme), sur lequel une petite communauté francophone se réunissait via les forums United Paradise. Ah, les souvenirs ! Bref comme on s'en doute, plusieurs de mes compagnons étaient coutumiers des séries japonaises (et/ou coréennes), et il n'a pas fallu bien longtemps avant qu'on m'encourage à m'y essayer. Mais c'était voué à se produire, si ça ne s'était pas fait comme ça, il y aurait eu un autre vecteur : passionnée de popculture japonaise, passionnée de séries... ces deux passions se serait forcément retrouvées tôt ou tard. Malheureusement, mon souvenir est plus flou lorsqu'il s'agit de se rappeler du titre de la toute première série que j'ai vue. C'était, au choix, 1 Rittoru no Namida, Orange Days ou... Attention Please (ah ouais tout de suite c'est moins glorieux...). Ca se trouve je m'en souvenais quand j'en ai parlé les premières fois sur ce blog, il y aura donc certainement plus de détails via les tags...

OrangeDays
2 / Si tu ne devais garder qu’un drama, lequel ce serait et pourquoi ?

Ha ha ha, ne regarder qu'un dorama, genre c'est possible ! Ca ne correspondrait probablement pas à ma consommation téléphagique : le format court et fermé de la plupart des séries asiatiques (saisons courtes, pas de renouvellement...) fait que je ne pourrais pas en garder qu'un. Ce serait de la torture. Il m'en faut au contraire plus, toujours plus.
Mais, disons... bon... allez, pour la forme, s'il devait n'y en avoir qu'un... Argh, non, c'est juste pas possible de choisir ! Il y a les raisons sentimentales (Orange Days, Lunch no Joou, Ruri no Shima), les raisons téléphagiques (MotherMousou Shimai, Atami no Sousakan), et les raisons brumeuses mais non moins valables (Kamisama, Mou Sukoshi Dake). Pour toutes ces séries et tant d'autres, l'exclusion de ma liste est impossible. Désolée, je suis incapable de ne choisir qu'un dorama. Peut-être justement parce que je regarde des dorama précisement pour la diversité...

MousouShimai
3 / Si tu devais nommer un drama à éviter absolument, lequel ce serait et pourquoi ?

Là encore la liste est longue, mais déjà j'arrive un peu plus à faire du tri. Disons que les premiers titres qui me viennent feront office de pires élèves de la classe, et tant pis pour tous les autres dorama contre lesquels il faudrait prendre le temps de vous mettre en garde. Mentionnons donc, entre autres : Majisuka Gakuen, Kaibutsu-kun, Shinira Bulriwoon Sanai... Mais je pense vous avertir assez régulièrement du danger qui vous guette avec certains navets, alors restez dans le coin pour ne pas vous faire avoir.

KaibutsuKun
4 / Quel est le drama que tu n’as pas encore vu et qui te tente énormément et pourquoi ?

C'est un problème qui étrangement me touche assez peu, je crois réussir à regarder à peu près tout ce que je veux... Enfin, dans une certaine mesure. Disons que, à part s'ils ne sont pas sous-titrés naturellement, j'arrive à trouver le temps de regarder tous les pilotes des dorama qui m'intéressent. Le soucis, c'est de ne pas trouver ce temps pour suivre la série même quand le pilote m'a plu. Exemple concret : j'ai adoré le pilote de CHANGE, mais impossible de me caler les fesses une heure pour voir le deuxième épisode. Et pourtant j'en crève d'envie, mais voilà : il y a toujours plein d'autres pilotes qui passent. Au final, et c'est pire encore pour les dorama que pour les séries américaines d'ailleurs, j'ai tendance à reporter le visionnage de la suite en me disant que de toute façon il y a peu d'épisodes, donc ça ira vite. Et là, CHANGE, pour reprendre l'exemple, ça fait depuis décembre/janvier que je reporte. C'est le drame de ma vie de téléphage, mais c'est comme ça.

CHANGE
5 / Quel est le drama qui ne te tente absolument pas et pourquoi ?

Un jour, un jour promis je me bloquerai du temps pour tenter le pilote d'un truc comme Nobuta wo Produce, mais rien à faire, pour le moment, ça passe pas. Il faudra certainement la jouer style Orange Mécanique ce jour-là. Je ne suis pas dans la cible et c'est, vue de loin, typiquement la série qui n'a rien pour me plaire. Après effectivement, c'est vu de loin, justement, donc je m'en fais peut-être une fausse idée. Mais je ne me sens pas concernée par une série qui se passe dans un lycée. Ni au Japon ni ailleurs, en fait. C'est un contentieux de genre qui dépasse largement le problème Nobuta wo Produce, mais enfin, un jour, faudra bien combler cette lacune, quand même.

NobutawoProduce
6 / Tes acteurs et actrices préférées ?

Je fais relativement peu attention au cast d'une série. En fait, c'est plus une exception qu'une règle, quand je me réjouis de la présence de quelqu'un au générique. Pour Miki Maya, Yuuki Amami (qui n'a pas le droit de pleurer), Asami Mizukawa et la sublime Michiko Kichise, par exemple, ça a un semblant d'intérêt, et encore. Disons que je me réjouis de les voir mais... bon bah, elles sont là c'est bien, elles sont pas là c'est pas grave. Je ne regarde pas une série parce que ces actrices sont au générique, d'ailleurs (toujours pas tenté Hagane no Onna, par exemple, et pourtant la saison 2 arrive au printemps), mais j'avoue qu'une série qui les engage a tout de suite gagné quelques points de karma supplémentaire avec moi. En gros, si un jour Yuuki Amami et Miki Maya tournent dans la même série (attendez je fais une pause, j'essaye de me rappeler si ça s'est déjà produit...?!), ça ne signifiera pas que je la regarderai forcément (tout dépendra du pitch), mais si je la regarde, je trouverai plein de raisons plus ou moins valables pour ne pas la déprécier.
Etrangement, du côté des hommes, je me tamponne sévèrement le coquillard de qui qui y est et qui qui y est pas. Ca doit encore avoir un rapport avec l'identification, tout ça.

YuukiAmami
7 / Ton meilleur souvenir drama ?

Je sais pas si c'est le meilleur, mais c'est l'un des plus émus. Par contre attention, spoiler inside.
Je venais de commencer les dorama, ça faisait moins de trois mois et j'avais déjà vu deux ou trois titres, et me voilà à démarer Ruri no Shima et Lunch no Joou. C'est à cette période que ma grand'mère a été admise à l'hôpital, et comme c'était compliqué et que je ne pouvais pas aller la voir, j'essayais de tromper mon inquiétude en me goinfrant d'épisodes de ces deux séries. Et puis, le 8 mars, elle est décédée. J'étais effondrée. Quelques jours plus tard, j'ai repris les visionnages. Et, pour ces deux séries, l'épisode suivant... comportait le décès d'un personnage. Jamais je n'ai eu le coeur brisé comme ça par un épisode, de toute ma vie. Mais c'est aussi, je pense, comme ça que j'ai entamé le travail de deuil, finalement, en affrontant le sujet au lieu de l'éviter.
Ce n'est pas forcément un "bon" souvenir, mais c'est un souvenir téléphagique intime, de ceux qui, je pense, comptent le plus en termes de séries, et je pense qu'aucune série américaine que je regardais à ce moment-là n'aurait pu me toucher de cette façon. La meilleure preuve c'est que 5 ans plus tard, je me souviens de ces deux séries et de l'impact qu'ont eu ces intrigues sur moi, mais que je suis infichue de vous dire quelle série américaine je regardais à la même époque.

RurinoShima
8 / Qu’est ce que tu dirais à une personne qui ne regarde pas de dramas pour la convaincre d’en regarder ?

Que c'est DIFFERENT. C'est à la fois l'avantage et l'inconvénient. J'entends très souvent des téléphages, dire qu'on tourne en rond, que les chaînes US passent leur temps à recycler de vieilles idées ou des recettes qui marchent. Je conteste ce diagnostic (en général il résulte surtout d'un manque de connaissance de ce qui passe aux USA pour se focaliser uniquement sur les séries les plus populaires du moment et/ou les annonces de projets, souvent peu alléchants sur le papier), mais il est ce qu'il est. A cela je réponds : vous voulez changer d'air ? Il y a des choses différentes en Asie (et ailleurs, mais ce n'est pas l'objet de ce post...!). C'est une formidable façon de continuer de regarder des séries sans tomber sur tout ce qu'on connait déjà via les séries américaines, britanniques, françaises...
Dans les dorama, ce qui prime, c'est le personnage et son ressenti. C'est différent des séries occidentales parce qu'on y prévilégie l'intrigue, les rebondissements, ou les effets de style... Bien-sûr, dans un sens comme dans l'autre, les généralités sont pièges, mais grosso-modo, l'Asie, c'est une télévision à ressentir. Et, alors que depuis 10 ans on nous sert des séries majoritairement tournées vers le cérébral, l'intellectuel (résolution d'enquêtes, interrogatoires, etc...) via les séries policières notamment, bref, depuis 10 ans qu'il y a une approche essentiellement "cerveau gauche" de la fiction, je trouve que ça fait du bien de se laisser aller à quelque chose qui se rapproche de l'émotion pure.
Les dorama, ce n'est pas pour tout le monde, et il y en a qui n'accrocheront pas. Il y en a beaucoup, à dire vrai. Mais c'est une façon de diversifier son menu téléphagique qui permet de se rafraîchir les idées et d'aborder les choses avec un regard, sinon neuf, au moins ressourcé.
Regarder des séries asiatiques, ça demande du temps parce qu'il faut prendre de nouveaux repères, et apprendre ce qui convient et ce qui ne convient pas à chacun. Moi j'ai mis beaucoup de temps à y venir parce que je voulais éviter les amourettes et/ou les trucs lycéens, je croyais que toutes les séries asiatiques c'était ça. Il y en a, c'est sûr (et j'ai envie de dire qu'il y a plus d'amourettes en Corée du Sud, d'ailleurs, ce qui explique ma préférence pour le Japon où les thèmes me semblent plus divers), mais il n'y a pas que ça, simplement il faut dépasser le cliché, chercher, se laisser recommander des trucs et se laisser le temps de se documenter. C'est comme pour plein de choses : si vous voulez être exigeants, il faut vous en donner le temps.

AtaminoSousakanForever
Voilà, j'ai assez papoté ! Je passe le relai à Nakayomi, qui va certainement nous parler lui aussi de Sailor Moon, et à Nephthys, parce que c'est cool d'avoir l'avis d'une petite nouvelle dans le domaine.

Posté par ladyteruki à 17:53 - Dorama Chick - Permalien [#]


13-07-10

The time is now

En retard, en retard... je suis encore en retard... les jours passent et il n'y a pas assez de temps, ni pour écrire tous les posts que j'ai en tête, ni même pour les poster quand j'ai le temps de les écrire. Qui a dit que l'été était une période pendant laquelle on se la coule douce ?

Bref, je voulais quand même partager avec vous le traditionnel post sur les séries japonaises les plus attendues de l'été (disons, selon ORICON), bien que la saison ait commencé depuis une bonne et large semaine. Vaut mieux tard que jamais, m'enfin quand même, mes confuses.

1 - Hotaru no Hikari (saison 2)
2 - GOLD
3 - Unubore Deka
4 - Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku
5 - Mioka
6 - Hanchou (saison 3)
7 - Joker Yurusarezaru Sousakan
8 - HAMMER SESSION!
9 - Toubou Bengoshi
10 - Nihonjin no Shiranai Nihongo

Je vous avoue que si je suis moins enthousiaste que pour la saison passée (un projet peut-il m'attirer plus que Mother ?), je reste néanmoins assez satisfaite de ce classement, qui laisse quand même une part très raisonnable à des fictions adultes, au lieu de saloperies du genre de Kaibutsu-kun (nan mais, je sais que je m'acharne sur cette calamité, mais regardez le pilote avant de vous récrier). J'ai une confiance limitée dans un certain nombre de projets (Unubore Deka m'a l'air d'un gros cas de quitte ou double, par exemple), mais ça m'a l'air quand même d'être potentiellement une saison honorable en perspective.

GOLD

Bon, si, je confesse avoir cagoulé le pilote de GOLD avant même que le premier sous-titre ne sorte, histoire d'être prête quand le premier softsub sera dispo (si quelqu'un se décide à la sous-titrer dans une langue que je pratique), mais c'est uniquement une conséquence du pouvoir que Yuuki Amami a sur moi.
Voilà, la saison peut commencer, je suis parée. Presque. En tous cas, prête pour GOLD. A toi, Yuuki. Quand tu veux.

Posté par ladyteruki à 15:32 - Dorama Chick - Permalien [#]

05-06-10

The dorama-off ~Spring Edition~

La saison printanière est sur la fin (ce qui signifie que, oui, un bilan de la saison est en préparation pour SeriesLive... On va s'amuser, le disque dur où je tenais le compte des audiences et même le modèle pour le logo m'a lâchée en cours de route...), et je me suis dit que j'allais organiser une petite compétition entre quelques pilotes, histoire de vous mettre l'eau à la bouche.

Cela dit, ne vous excitez pas. Il ne s'agit pas de vous poster le pilote de chaque série, mais plutôt de vous donner l'eau à la bouche avec un extrait issu dudit pilote. Au départ, je voulais vous proposer un extrait de chaque série que j'ai testée, mais soyons honnêtes : le pilote de Sunao ni Narenakute ne brille pas par ses scènes épatantes, et Shinzanmono ne brille même pas du tout. Ne me lancez pas sur Kaibutsu-kun ! Quand à Dousoukai, j'ai eu un problème de synchronisation qui, en dépit du sous-titrage, rend les choses très agaçantes à regarder.

Résultat : j'ai effectué une petite sélection, et retenu 4 extraits (dont 2 que vous connaissez déjà et qui m'ont semblé avoir leur place dans cette compétition), même s'ils ne sont pas représentatifs de la totalité de la saison printanière, notamment parce qu'on y trouve 3 séries coréennes et 1 série japonaise. Alors que franchement, le Japon n'a pas eu à rougir de sa production cette saison. Mais bon, déjà, si l'un d'entre eux vous donne l'eau à la bouche, ça me suffit...!

Mais comme je le disais, il s'agit d'une compétition. Il va donc vous falloir voter pour votre extrait préféré en commentaire !
Et quand je dis vous, je dis tout le monde, même les timides ! S'il n'y a que trois ou quatre votants, ça ne vaut pas le coup. Allez, tout le monde a un avis sur une video, quoi ! Vous aimez, vous n'aimez pas ; c'est pas compliqué. Il n'y a aucune excuse pour ne pas voter.

Voici donc les extraits sélectionnés pour cette compétition :

DoramaOff_Ameliekindofthing
DoramaOff_Pauvrepetitefilleriche
Mother
(le post sur le pilote / la fiche)
Geomsa Princess
(le post sur le pilote / la fiche)
DoramaOff_Train
DoramaOff_Loveinanelevator
Cinderella Unni
(le post sur le pilote / la fiche)
Kaeinui Chwihyang
(le post sur le pilote / la fiche)

Maintenant, à vos cagoules, vous n'avez plus qu'à voter : quel est l'extrait le plus convaincant de la saison ?

Posté par ladyteruki à 21:26 - Dorama Chick - Permalien [#]

01-05-10

Et dans un nuage, le cher visage de mon passé

Pour le moment, on peut dire que le printemps de 2010 est largement meilleur que l'hiver 2010 en matière de séries japonaises. Vous allez me dire : ya pas de mal. Certes. Mais concrètement j'étais plutôt contente de mes découvertes : Mother, impeccable (un deuxième épisode juste un peu plus classique, mais quand même réussi), Sunao ni Narenakute, prometteur (je me fais le 2e demain, on verra bien), et maintenant Dousoukai. Dans l'ordre décroissant, quand même.

Dousoukai commence par nous présenter sa protagonistes principale, Tomomi, et les temps assez difficiles qu'elle traverse : son mari est au chomdu, ses enfants... on a vu plus coopératifs, et elle a dû vendre la maison familiale dont on ne pouvait plus payer le prêt, pour s'installer dans une location bien plus petite. Tout cela est fort ordinaire et Tomomi est un peu l'épouse japonaise qui renforce tous les clichés sur le sujet, docile, n'ouvrant pas trop sa gueule et courbant l'échine sous la critique. Personnellement je ne pense pas que je sois censée m'identifier à elle vu ma tranche d'âge, ma situation personnelle et professionnelle, mais je comprends bien où les scénaristes veulent en venir.

Voilà donc notre Tomomi qui, pendant le déménagement, tombe par hasard sur quelques papiers qui trainaient par là et qui se souvient soudain que sa réunion d'anciens élèves est... eh bien, là, tout de suite, aujourd'hui. Et je voudrais qu'on s'arrête un moment sur cette information capitale : l'invitation trainait sur la cheminée ? Depuis combien de temps, au juste ? C'est-à-dire qu'elle n'a pas été méticuleusement rangée ? Est-ce à dire qu'en fait Tomomi n'est pas une si bonne épouse ? Moi je dis ça pose question.
D'ailleurs en se rendant à cette réunion d'anciens élèves sur un coup de tête, Tomomi se livre à un deuxième acte répréhensible (je ne vous gâcherai pas la surprise), et franchement on se demande si elle est si sage que ça, la Tomomi. Ouais, arrête de faire ta timide, je t'ai à l'œil.

La réunion se passe merveilleusement bien. On apprend que Tomomi était pompom girl (et sans doute Valedictorian tant qu'on y est), qu'elle avait plein d'amis et que deux garçons étaient amoureux d'elle à l'époque, même si aucun n'a réussi à se placer à ce moment-là. Il y avait d'une part Shinichi, et d'autre part Sousuke. Et pour Sousuke, elle en pinçait, et aujourd'hui devinez quoi, c'est un homme séduisant au possible qui exsude à la fois la masculinité et la zenitude. Alors forcément, Tomomi a des papillons dans le ventre, et essaye de ne pas trop penser à l'époux chômeur et râleur qui l'attend à la maison pendant la soirée. Elle retrouve aussi Youko, qui était sa meilleure amie à l'époque et était amoureuse en secret de Sousuke, et qui aujourd'hui est pétée de thunes et aime bien cancaner.

Après la réunion d'anciens élèves, ce petit monde et quelques autres se retrouvent dans un boui-boui tenu par l'un des anciens, boivent à qui mieux-mieux et s'en vont chacun de leur côté, se raccompagnant les uns les autres. Tomomi, évidemment, se retrouve à faire le chemin jusqu'au métro avec son Sousuke d'amuuur, Youko et Shinichi s'embrassent dans le taxi qu'ils partagent par dépit, et...

Et, ah, enfin. Enfin on sort des amourettes et des machins. Parce que déjà à 20 piges, je m'en tamponne le coquillard, alors à 45, je vais vous dire, je suis pas cliente du tout. C'est pas pour ça que j'avais signé.
Et donc, deux autres amis, Mariko et Kazuhiko, qui sont repartis dans la même direction, ont disparu de la surface de la Terre. Ils sont simplement injoignable. Tout le monde semble s'accorder à dire que c'est la réunion d'anciens élèves qui a ravivé une vieille flamme entre eux ; concrètement, nos 4 protagonistes principaux sont dans la même tourmente, les sentiments d'antan étant soudain ravivés, et avec eux le cortège de regrets, de rancœurs et de jalousies non exprimées à l'époque.

Mais évidemment, les choses ne peuvent pas être si simple. C'est même trop évident, car si Kazuhiko et Mariko laissent des messages indiquant qu'ils se sont enfuis ensemble par amour, abandonnant leurs familles respectives, on garde à l'esprit que d'une part, Kazuhiko est un haut fonctionnaire au Destin politique prometteur, et  d'autre part qu'il est insinué que son ministre de tutelle est au cœur d'un scandale qui pourrait bien lui exploser au visage. Tout cela semble un peu téléphoné.

Mais ça, le pilote ne l'explicite pas trop. On reste pour le moment en surface, en rappelant bien quels étaient les liens des 4 protagonistes principaux (parmi lesquels on compte mine de rien un enquêteur et un journaliste, là non plus ce ne peut être innocent), et on commence lentement à peler la vie de chacun pour voir ce qui se cache derrière les apparences de la réjouissante réunion d'anciens élèves.

Car si Tomomi a menti et dit qu'elle était heureuse, que son mari occupait un emploi normal et qu'elle avait deux adorables chérubins, sur quoi ont menti les autres ?
On s'aperçoit que Shinichi attend depuis plusieurs années que sa femme signe les papiers du divorce (et que ce n'est pas l'éthique qui l'étouffe puisqu'il couche avec une jolie présentatrice du journal télé pour avoir des scoops), que Sousuke a complètement délaissé sa femme et son fils au profit de son travail d'enquête, et que Youko, à la vie en apparence si parfaite, doit partager son toit avec la fille de la maîtresse de son mari.

Si Dousoukai manque un peu de rythme (et par un peu, je veux dire beaucoup) et s'attarde un peu trop à mon goût sur les histoires amoureuses, on sent que le thriller se met toutefois en place et qu'au cœur de cette affaire étrange, Tomomi va se révéler à elle-même, ou peut-être juste se révéler à nous, devenant la femme qu'elle a peut-être toujours été au fond d'elle mais qu'elle a fait taire.
En tous cas il y a moyen de faire quelque chose de ce personnage, même si Hitomi Kuroki (vue bien plus en beauté il y a quelques mois dans Real Clothes) n'en finit pas de minauder et hésiter et être choquée par tout et n'importe quoi, on se dit que la marge de progression laisse bon espoir pour ce personnage.

Finalement, Dousoukai parle à la fois de maintenir les apparences quand on n'est pas si heureux que ça (un thème commun avec Sunao ni Narenakute, finalement), et à la fois d'une double disparition qui promet de nous surprendre une fois ou deux, voire plus si on est en veine. Je n'arrive pas à me souvenir si Reunion proposait quelque chose de similaire, ou se cantonnait à raviver quelques vieilles histoires de cœur ? J'ai bien envie de revoir le pilote, tiens.
Ce n'est certes pas mon coup de cœur de la saison, mais enfin, franchement, c'est sans comparaison avec ce qu'on nous fourguait encore trois mois plus tôt.

Dousoukai

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, mais font des efforts : la fiche Dousoukai de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:54 - Dorama Chick - Permalien [#]

28-04-10

Free as a bird

Entre Breaking Bad, Gravity, Sunao ni Narenakute, In Treatment... on peut dire que l'ambiance est à la franche rigolade dans les parages, en ce moment, pas vrai ?

C'est pas grave, c'est aussi fait pour ça, la téléphagie.
Il ne s'agit pas juste de reviewer des épisodes à la chaîne au risque de se prendre pour un critique, mais bien d'y trouver quelque chose ayant une résonance avec le spectateur, d'expérimenter personnellement ce qu'on regarde. En tous cas, c'est comme ça pour moi.
Le principe, même dans une boulimie de pilotes ou dans une crise téléphagique intense me conduisant à regarder deux à trois saisons d'une même série en deux semaines, a toujours été ici de chercher à ressentir quelque chose grâce aux séries, mais aussi de trouver dans les séries quelque chose qui s'accorde avec mon ressenti du moment. On peut chercher le divertissement ou la qualité, le rire facile ou la réflexion abstraite sur des sujets, tout cela est fort valable comme motivation mais, pour moi, la téléphagie, c'est une expérience intime, une quête sans relâche d'un moment où les limites entre le "ailleurs" et le "dedans" deviennent floues, ou quand ces deux entités se renvoient la balle. Je crois que c'est de ça que ces derniers posts ont parlé, bien plus que de pilotes ou de saisons, non ?

Alors, si vous n'êtes pas du genre à vous laisser effrayer pour si peu, venez voir, approchez-vous, je vais vous parler de Mother, parce qu'il est impératif que vous entendiez parler de cette série. Et que si c'est pas moi qui m'en charge, les chances pour que ce soit quelqu'un d'autre sont quand même assez limitées, disons-le sincèrement même si ce sera avec une pointe de regret (mais ce sera le sujet d'un autre post). Question 9

Freeasabird

Mother, je vous en parlais lorsque je vous ai présenté les nouveautés du printemps, c'était l'une des séries qui j'attendais, même si son thème m'avait aussi un peu effrayée ensuite,  après les évènements tragiques de ces derniers temps. La mort, la maladie, la violence... il y avait un peu trop de tout ça dans ma vie tout d'un coup, et Mother semblait soudain beaucoup plus terrifiant qu'une série sur les vampires (et vous savez à quel point je hais tout ce qui a des dents un peu trop pointues, c'est bien simple, je fais encore des cauchemars à cause de l'épisode de V New Gen dans lequel Anna... brrr... passons). Mais enfin voilà, les sous-titres pour le pilote sont sortis et je me suis dit qu'avec un peu de courage, je pourrais tirer du bon de cette expérience. Et qu'au pire le pilote serait tellement pourri que j'en sortirais indemne.

On ne sort pas du pilote de Mother indemne, je préfère mettre fin immédiatement au suspense, c'est même parfois carrément terrible. C'est fou comme les Japonais sont capables du plus mielleux comme du plus violent psychologiquement, je crois que je ne m'y ferai jamais. Vous regardez des conneries genre Massugu na Otoko (ah oui, c'est vrai, on avait dit qu'on n'en parlerait plus jamais) ou Tokujou Kabachi!!, et quelques semaines plus tard, vous vous prenez Mother dans la tronche avec une violence inouïe.

Mais parlons concrètement : Mother, c'est donc l'histoire de cette jeune enseignante remplaçante qui découvre qu'une de ses élèves est maltraitée, et qui décide de l'enlever. C'est en tous cas le pitch de la série tel qu'on a pu le lire un peu partout (et je n'ai pas été la dernière), et j'avais relevé combien un tel sujet pouvait, selon les mains entre lesquelles il tombait, devenir soit un navet sirupeux, soit un chef d'œuvre.
C'est la deuxième option.

On l'a déjà dit (je ne sais plus à quelle occasion), mais les Japonais ne sont pas de grands dialoguistes. Déjà quand ils sont mauvais scénaristes, on peut oublier les dialogues au cordeau, on est dans le mécanisme de conversation primaire le moins enrichissant possible juste pour faire fonctionner les gags/quiproquos/suspenses à deux balles. Mais quand ils sont bons, les scénaristes nippons ont aussi la particularité de toujours préférer le dialogue qui "fait vrai", le truc qu'on pourrait dire soi-même, la tirade qui vient du cœur plutôt que du cerveau de l'auteur qui s'est creusé trois jours pour trouver le mot qui fait mouche. Dans Mother, on est de la deuxième école, c'est net, et à cela s'ajoute un grand talent pour les silences. Ces silences sont aussi l'occasion de scènes contemplatives absolument superbes, ce qui ne ruine rien.

Et puis parfois, il y a juste ce qu'il faut de silence, de musique, de dialogues et d'images superbes, comme cette séquence aux faux-airs d'Amélie Poulain :

Ameliekindofthing

On n'est pas dans une série au niveau de photographie de Mousou Shimai (qui à ce jour reste la référence à mes yeux en matière de recherche esthétique à la télévision japonaise ; comme toujours, je ne demande qu'à être contredite preuve à l'appui), mais clairement, l'oeil qui se trouve derrière la caméra cherche à trouver la beauté là où on ne l'attend pas.
Ainsi, la ville de Muroran est à la fois un havre de silence enneigé, et le théâtre d'une industrie bruyante et un peu effrayante. La nature la plus pure y côtoie vraisemblablement une industrie d'un autre âge, et on y observe des envolées d'oiseaux migrateurs aussi bien que des quartiers en décomposition. Du froid, du silence, du dénuement, Mother fait de la poésie sans en rajouter des tonnes. C'est saisissant. On se prend à s'arrêter sur les prises de vue à la fois normales et exceptionnelles que fait la caméra pour saisir le monde dans lequel la petite Rena vit. Cela en dit autant sur l'histoire que les scènes plus explicites sur la maltraitance de la petite fille, finalement.

Si Mother est, en apparence, l'histoire d'une jeune femme qui enlève une enfant maltraitée, l'héroïne de ce pilote, c'est Rena. Je ne sais pas où ils ont trouvé cette gamine mais elle est épatante. On a largement dépassé le niveau habituel des enfants comédiens japonais. Laaaargement. Plusieurs fois je me suis dit "mais elle me tue cette gamine, comment elle fait ça ?", c'était incroyable. Si l'interprète de Rena ne fait pas carrière, je n'ai plus foi en rien, je vous le dis. Il faut préciser que le Japon a un vrai problème avec son système de recrutement d'enfants dans la plupart des fictions, avec pour principal coupable ce syndrome du "kawaii" (=mignon) qui pousse les producteurs, pour des raisons qui me dépassent, à engager des enfants incapables de jouer, mais avec de grands yeux et des joues bien rondes, et le tour est joué. Ici, on a vraiment une petite comédienne saisissante qui semble avoir absolument tout compris de son personnage, et ça fait mal, vraiment, que ce personnage soit si bien incarné.

Parce que je ne vais pas pouvoir éviter ce sujet bien longtemps. Oui, Mother parle de maltraitance. Et surtout, elle la montre. Elle la montre avec intelligence et bon goût, mais sans pudeur mal placée. Pour qu'on comprenne bien l'enjeu, Rena va plusieurs fois être confrontée à une violence psychologique (ses jouets sont mis au rebut sur le trottoir, sa mère lui donne 500Y pour qu'elle débarrasse le plancher le soir), une violence physique (terrible, terrible scène pendant laquelle la petite est battue comme plâtre), et une violence sexuelle (sans conteste la plus terrifiante de par ses manifestations souvent inattendues). Tout est montré avec le bon goût de ne pas faire dans la gratuité, mais on ne nous épargne pas pour autant. C'est un acte de bravoure côté réalisation... et côté acteurs, aussi. J'en hurlais de douleur et d'incompréhension. On se dit que, non, non quand même pas, non c'est pas possible d'en arriver là. Si. Oh mon Dieu, si.

Dans tout cela, la complicité se construit progressivement entre Rena et la biologiste/instit Nao, une femme frigide (on ne nous délivrera la clé de sa froideur qu'en toute fin de pilote) qui n'est capable de s'intéresser qu'aux oiseaux migrateurs et qui, de son propre aveu, déteste les enfants. Mais la petite fille en quête d'affection et d'approbation, et la femme emmurée dans son monde de volatiles vont très lentement s'apprivoiser. Les scènes sont à la fois tendres, belles, et réalistes. Nao ne se prend pas d'affection pour le bout de chou, on sent qu'elle a du mal. Comme la plupart des adultes qui ne sont pas à l'aise avec les enfants, au lieu de chercher à user de tendresse exagérée et de cajoler l'enfant, Nao parle à Rena comme à une adulte.
Et c'est sans doute ce qui les lie toutes les deux avec tant de beauté, le fait que la femme et l'enfant se voient comme deux égales. C'est ce qui leur permet de parler de leurs mères respectives ou de la passion de Nao pour les oiseaux migrateurs (une très, très jolie thématique que cette passion pour les oiseaux, qui permet quelques élégantes métaphores qui plus est), sans qu'il n'y ait l'élève et le maître, la figure parentale autoritaire et l'enfant docile. On sort du carcan social habituel pour montrer une autre forme de famille qui se crée. Chacune vient avec ce qu'elle a dans cette étrange relation.

Bonding

Lorsqu'enfin, Nao comprend que le point de non-retour a été franchi, et emmène Rena, il ne s'agit pas de prendre la petite sous le bras et de lui expliquer plus tard que c'était le mieux pour elle. Elle a ces mots incroyables : "Ecoute. Je vais t'enlever. Je pourrais aller en prison pour ça. Mais je fais souvent des choses que je ne devrais pas. C'est peut-être une erreur. Il est possible que tu souffres encore plus. Mais... je vais devenir ta maman". C'est cette franchise qui rend leur lien si puissant. Partenaires dans le crime, d'un commun accord.

La suite de Mother sera, vraisemblablement, dédiée à leur cavale. Et à leur mensonge. Il faudra mentir pour toujours. Ne plus jamais dire la vérité. Elles ont choisi ensemble ce chemin, et reculer, c'est tout perdre.

Ces deux histoires qui se mêlent pour tenter de fuir ce qui, dans le fond, ne se fuit pas (car même si Rena refait sa vie avec Nao, les dommages sont irrémédiables de toutes façons ; et Nao a elle-même sa part de douleurs qu'elle a fuies mais jamais réussi à abandonner derrière elle), c'est ce qui fait de Mother une expérience touchante et profondément humaine.

Tout le monde n'a pas forcément les reins suffisamment solides pour supporter le poids d'une telle série dans son intégralité, mais si vous passez à côté... eh bien, vous, vous ne le regretterez pas, parce que vous ne saurez pas ce que vous avez manqué. Mais moi je saurai, et chaque fois que vous viendrez sur ce blog, vous saurez que je regarde votre IP s'afficher en hochant la tête d'un air navré et déçu. Ne gâchez pas la belle relation téléphagique que nous avons : regardez, au moins, le pilote de Mother... Sérieusement, je dois supplier, aussi ? Ou le message est passé ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mother de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:52 - Dorama Chick - Permalien [#]

15-04-10

Pour une fois on serait presque d'accord

Voilà une vingtaine de jours que je ne vous ai pas parlé de séries asiatiques, c'est honteux, je devrais me cacher !

Mais plutôt que de faire ça, je vais plutôt vous reparler de la saison printanière au Japon. D'ailleurs pour un rappel des séries qui débarquent, n'hésitez pas à éplucher le désormais traditionnel post récapitulatif des nouveautés, que j'ai dressé le 18 mars dernier. Ah pis pendant que je vous tiens, il y a aussi l'article-bilan de la saison hivernale sur SeriesLive (désormais ces articles sont dispos dans la colonne de droite, si jamais l'envie vous prenait d'y jeter un œil sur le tard).

Bon, donc ça, c'est fait.

Or, donc, la saison débute tout juste (et les pilotes seront diffusés pendant tout le mois d'avril, et même un peu en mai), et comme d'habitude Oricon n'a pas pu s'empêcher de demander aux japonaises entre 15 et 30 ans aux spectateurs quelles étaient les séries les plus attendues de la saison. On ne peut pas dire que le résultat soit choquant outre mesure...

1 - Tsuki no Koibito
2 - Team Batista no Eikou
3 - Kaibutsu-kun
4 - Shinzanmono
5 - Sunao no Narenakute
6 - Gegege no Nyoubou
7 - Keibuho Yabe Kenzou
8 - Yankee-kun to Megane-chan
9 - Zettai Reido
10 - Tumbling

Comme toujours, on voit que les bouses pour ados écervelés ont a priori un bel avenir devant elles, avec la popularité de Kaibutsu-kun, Yankee-kun to Megane-chan ou Tumbling. Par contre, étonnamment, je suis assez d'accord avec les 4e et 5e séries de ce classement, ce qui me fait craindre que les séries ne soient pas aussi intéressantes qu'attendu, puisqu'elles sont dans le classement Oricon. J'exagère, mais à peine.
Mais bon, les sondages Oricon, on sait ce qu'ils donnent, au final, hein. Ils ne représentent jamais qu'une partie de la population.

Je reviens sur Tsuki no Koibito, qui est le titre de la fameuse série avec Takuya Kimura.
Prévue pour un lancement fin avril, les annonces faites autour de la série sont très sporadiques (plus le casting en béton armé) semblent faire leur petit effet sur les fans en manque de KimuTaku. On n'avance pas d'un pouce sur la promo, puisque même le site web n'est pas encore en ligne (alors que celui de Sunao no Narenakute, pour ne citer que cet exemple, était en ligne depuis belle lurette même si totalement dénué d'illustrations pendant longtemps, ne proposant que les photos des CV de ses 5 acteurs principaux). D'accord, ça semble faire son petit effet, mais je ne suis pas certaine que ce soit uniquement une question de marketing de l'attente ; c'est pas très rassurant. Ça donne vraiment l'impression que la chaîne n'est pas sûre d'elle.

Bon pis moi, je vous avoue, j'ai de plus en plus envie de voir justement Sunao ni Narenakute, j'ai un peu besoin de ça en ce moment, et je trouve leur photo de promo vraiment adorable...

Sunao

Je me prendrai la tête sur Chase, Mother et Shinzamono un peu plus tard, je pense. La période se prête plus à la franche camaraderie, en fin de compte.

Posté par ladyteruki à 09:02 - Dorama Chick - Permalien [#]


  1  2    Fin »