ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

30-08-13

Une première fois à tout

A force de voir ma timeline sur Twitter évoquer de vieilles séries (Mission: Impossible pour gehenne, The Mary Tyler Moore Show pour Jéjé...), j'ai eu envie, moi aussi, de me replonger dans des vieilleries. Ca faisait un bout de temps, pas vrai ?
Voyage aujourd'hui en 1950, avec un épisode de la série Beulah.

Tout comme pour Life with Elizabeth, dont nous avons parlé il y a quelques mois, peu d'épisodes nous sont parvenus de la série Beulah. Alors que 87 épisodes au total ont été produits, nous dit Wikipedia, seulement 7 d'entre eux ont survécu aux aléas du temps et d'une conservation peu scrupuleuse. Sur ces 7 rescapés, 4 sont sortis en DVD, qu'une fois de plus j'ai acheté sur un coup de tête en voyant leur prix dérisoire.

Née à la radio en 1945, mais basée sur un personnage apparu en 1939, la comédie Beulah va s'installer sur les écrans de CBS cinq années plus tard. L'histoire de Beulah est assez caractéristique de nombreuses séries de son époque, même si les exemples qu'on connaît le mieux ne sont pas nécessairement des comédies (je pense au soap Guiding Light ou la série policière Dragnet). C'est un peu toujours le même principe qui est au centre de la démarche : on a quelque chose qui marche bien sur un média, on le transporte dans un autre histoire de minimiser la prise de risques.
Ainsi donc, un soir de 1950, voilà Beulah qui débarque sur les écrans américains, diffusée en quotidienne et en noir et blanc. Sauf que la grande différence, c'est qu'il s'agit de la toute première série de network à avoir pour héroïne principale une femme de couleur.

Beulah

...En théorie. Car quand on regarde le premier épisode du DVD de Beulah (dont on ne saurait décider, vu les circonstances, qu'il s'agit du pilote), que voit-on ? Qu'être l'héroïne d'une série recouvre des réalités variables, et qu'il y a une grande différence entre "avoir une série à son nom" et "être souvent à l'antenne dans une série".

L'épisode commence quand la famille Henderson, qui emploie Beulah, se trouve devant un dilemme : les temps sont durs (et Madame vient de s'acheter un nouveau chapeau), il faut donc faire des économies. Monsieur Henderson (Harry de son prénom) décide que désormais, on se passera des services du jardinier : c'est toute la famille qui mettra chaque samedi la main à la pâte ou, plus vraisemblablement, à la terre. Son épouse et son fils acquiescent, moins par enthousiasme que parce que, et je paraphrase à peine, c'est Harry qui tient les cordons de la bourse et qu'ils ont besoin de lui être agréable pour que plus tard il subventionne leurs caprices.
Les Henderson se partagent donc les tâches avec entrain, qui l'arrachage de mauvaises herbes, qui l'arrosage, qui la pelouse ; dans tout ça, Beulah s'affaire en cuisine à préparer un succulent repas, et ne saurait intervenir que pour le strict minimum.
Mais voilà que les choses changent bien vite car, le samedi venu, Beulah est approchée séparément par le fils, la mère, et pour finir le patriarche de la famille Henderson : chacun a une obligation à laquelle naturellement il ne saurait faire défaut, et demandent à Beulah d'accomplir leur tâche à leur place. La pauvre femme se retrouve donc à devoir maintenir à elle seule l'état du jardin des Henderson, et très vite, il apparait que non seulement elle n'est pas au point (elle aura une mésaventure avec la tondeuse) mais en plus, elle a le dos tellement cassé, le samedi soir venu, qu'elle offre aux Henderson un bien piètre dîner. Désireux de sauver leurs dîners du samedi soir, ils tentent donc de trouver une solution et proposent à Beulah... de changer le menu. Ah, euh, pardon, vous pensiez qu'ils allaient vouloir sortir Beulah de la situation douloureuse dans laquelle ils l'ont plongée, et assumer le jardinage qu'ils prétendaient assumer eux-mêmes ? Vous êtes mignons. Je ne vous raconte pas la fin de l'épisode, mais franchement, difficile pour le spectateur d'aujourd'hui d'esquisser ne serait-ce qu'un sourire ou même un rictus devant Beulah.

Au final, notre héroïne n'aura qu'une scène de l'épisode qui lui sera vraiment consacrée : celle pendant laquelle, bien qu'armée de bonnes intentions et décidée à donner un coup de main sans compter ses efforts, elle va tout de même se rendre ridicule, voire même aggraver le problème. Mieux que rien ? Admettons.
D'autres scènes mineures la mettent en scène, mais soit elle est en présence des Henderson (c'est généralement évité autant que possible cependant), soit elle est en compagnie d'autres personnages de couleur, à savoir son amie (et employée des voisins) Oriole et Bill, l'homme à tout faire. Ces deux personnages sont à eux seuls problématiques. Ils se caractérisent uniquement par le fait qu'ils ont envie d'échapper au maximum aux corvées, soulignant certes que Beulah, elle, a le sens du devoir et des responsabilités, mais, parce qu'ils sont "hauts en couleurs" (pardon pour l'expression), ils volent la vedette à l'héroïne. Le fait qu'Oriole soit interprétée par Butterfly McQueen, qui incarnait Prissy dans Autant en emporte le vent, avec son inoubliable timbre suraigu qui a transpercé des générations de tympans, détourne totalement l'attention de Beulah, par exemple.

Mais avouons-le, les dialogues reviennent essentiellement aux Henderson. Ce sont eux qui occupent l'espace, comme les scènes dans leur salle à manger, où Beulah ne fait généralement que passer pour les servir, tandis qu'ils ont toutes sortes de discussions entre eux ; ils incluent le moins possible Beulah aux discussions, et moins encore aux décisions, même la concernant. Leur employée a beau avoir une série à son nom, ce sont eux qui s'expriment le plus dans l'épisode, et qui ont le pouvoir de décision.
On n'est pas ici dans le cas de figure d'une série dans laquelle l'employée est plus maligne que ses employeurs, et finit par trouver une solution à leurs problèmes. Beulah met en scène une bonne nature qui fait tout ce qu'on lui dit sans trop râler, quitte à pâtir des conséquences auxquelles les patrons n'avaient pas songé (ou auxquelles ils n'ont pas eu envie de songer, parce qu'après tout, quelle importance pour eux ?).
Beulah est présentée par CBS comme une série autour d'une femme noire, mettant en avant ses dons culinaires et la façon dont elle fait tourner la maison. Oui : mais pas parce qu'elle y prend la moindre décision, uniquement parce qu'elle est la seule à... y faire quelque chose. Se gargarisant de mots et de sourires polis, les Henderson font des choix qui sont irréalistes ou tout simplement peu réfléchis, c'est en cela, et en cela seulement, que Beulah leur est supérieure : quand elle sera confrontée aux conséquences, elle mettra à jour le fait que ses patrons n'ont pas nécessairement été très fins. Mais elle ne le leur fera pas remarquer, et ne saurait en prendre avantage. Enfermée dans une certaine humilité imposée par sa classe (et certainement ses origines, Beulah ayant l'âge d'être née juste après la Guerre de Sécession).
Et pour répondre à votre question, oui, j'extrapole en imaginant que c'est le cas de toute la série, mais je n'ai pas besoin de faire un gros effort d'imagination.

Inutile de dire que sans aller jusqu'à prétendre que Beulah a de forts relents d'esclavagisme, en tous cas, on est en plein dans une expression du racisme ordinaire de la moitié du 20e siècle.
Mais après tout, rien là de très surprenant. Les prémices de Beulah étaient racistes : quand la série radiophonique The Martin Hurt & Beulah Show démarre, c'est un acteur blanc, Martin hurt, qui prête sa voix au personnage ! Un magnifique cas de blackface sans face, quelque part. L'émission est un spin-off d'une autre série radiophonique, enregistrée en public dans laquelle Hurt avait pris l'habitude de commencer chaque épisode en tournant le dos aux spectateurs ; une partie de l'humour du personnage reposait sur le fait que les spectateurs découvraient APRES que Beulah se soit exprimée... qu'un homme blanc venait en fait de parler ! Ha ha ha, que c'est drôle. Dans les années 50 en tous cas, il faut croire que ça l'était. Ce n'est que plus tard, après la mort soudaine de Martin Hurt, que l'émission prendra le titre de The Beulah Show, et même là, c'est encore un acteur blanc qui prend le relai. Finalement, ce n'est que deux années après la création de la série radiophonique qu'une femme noire incarnera Beulah, et ce sera l'actrice Hattie McDaniels qui y parviendra (elle incarnera Beulah plus tard dans la série télévisée).
Au long de ses 87 épisodes, ce sont 3 "Beulah" différentes, 4 "Bill" et 2 "Oriole" qui vont se succéder... en l'espace de deux ans (les autres personnages changeront également de façon régulière). Les raisons ne seront pas toujours d'ordre raciales, mais on peut par exemple citer Percy Harris (premier "Bill" de la série) qui citera précisément ce motif pour quitter Beulah ; son successeur Dooley Wilson invoquera le même motif à la fin de la saison 1. La National Association for the Advancement of Colored People élèvera aussi la voix contre les représentations faites par la série d'un monde, à bien des égards, un peu trop noir et blanc.
A noter qu'au final, la version radio durera jusqu'en 1954, soit deux ans de plus que la série télévisée Beulah.

Il faut se remettre dans le contexte des années 40/50 : dans un pays où la ségrégation occupait encore une part non-négligeable de la vie quotidienne, les noirs et les blancs ne se mélangeaient pas. Pour imaginer une situation dans laquelle les deux communautés interagissaient, ne serait-ce que de façon minimale, il fallait en passer par la seule relation qu'on connaissait à l'époque : des patrons blancs, des employés de maison noirs.
Et surtout, toute façon d'incarner un personnage de couleur à l'époque devait impérativement se conformer à la vision des blancs. En prêtant d'abord sa voix à Beulah, Hattie McDaniels avait refusé d'incarner un personnage stupide comme ses deux prédécesseurs ; elle parvient même à faire ajouter une clause à son contrat lui permettant d'accepter les scénarios qui lui seront proposés, ou de les refuser. Elle ouvrira ainsi la voie à la version télévisée, dans laquelle Beulah n'est pas idiote : elle est juste totalement servile.

Croyez-le ou non, c'était un progrès, bien que petit. En étant "seulement" soumise à ses employeurs blancs, mais sincèrement dévouée à leur bien-être et profondément attachée à eux, Beulah rentre dans un des rares stéréotypes de l'époque qui soit réellement aimé par le public : la "Mammy" ronde et joviale (Hattie McDaniels en campe par exemple une similaire dans... Autant en emporte le vent). D'ailleurs, ce stéréotype était tellement inflexible et incontournable, pour s'attacher l'affection du public, qu'Ethel Waters (la première actrice à incarner Beulah à la télévision avant que McDaniels ne reprenne le rôle) fut obligée de prendre du poids pour rentrer dans le moule, car elle était initialement plutôt mince ; à la suite de quoi elle souffrira de problèmes de santé liés à son obésité pendant le restant de sa vie.
Malgré tout cela, mieux valait que ce personnage soit campé par une femme noire que par un homme blanc, à une époque où, vous l'aurez compris, le blackface ne choquait pas le public blanc, les producteurs blancs, les exécutifs blancs, les annonceurs blancs. Dans une interview, McDaniels ironisera sur la situation, alors qu'on lui demande si elle est vexée par le rôle qu'elle tient : "Why should I complain about making seven hundred dollars a week playing a maid ? If I didn't, I'd be making seven dollars a week actually being one". Il n'y avait pas des centaines d'options : dans les années 40, quand les premières protestations se sont faites entendre sur les représentations des populations de couleur à la télévision, la première réaction des studios fut... de supprimer ces rôles.

Cela n'excuse évidemment pas l'ambiance fortement raciste de Beulah ; mais ça l'explique. Et ça permet aussi de se remettre dans le contexte d'une époque où être un acteur de couleur à la télévision (ou plus spécifiquement, être un acteur noir, on ne parlait pas encore beaucoup d'acteurs hispaniques par exemple) recouvrait une réalité complexe qu'on a eu vite fait d'oublier. Il ne s'agit pas de dire que, comparativement, les acteurs de différentes minorités sont aujourd'hui bien lôtis et devraient arrêter de se plaindre, pas du tout ; en revanche, ils reviennent de très loin.

Je n'ai pas forcément trouvé Beulah très drôle. C'est embêtant : c'est un sitcom. Et c'est embêtant parce qu'à la base, je regarde une vieille série pour le plaisir de regarder une vieille série, pas pour une leçon d'histoire. Mais voir cet épisode m'a permis de réfléchir et de lire sur toutes sortes de choses, et c'est bien plus que ce que bien d'autres séries parmi ses contemporaines m'ont permis de faire. A défaut de plaisir téléphagique, j'aurais donc tiré quelque chose du visionnage de cet épisode.

Beulah sera la dernière série à la télévision américaine à avoir pour "personnage principal" une femme noire, jusqu'à l'arrivée de la série Julia... en 1968. Mais un autre progrès aura encore été accompli à ce moment-là : l'héroïne éponyme de la série sera une veuve qui élève seule son fils, tout en travaillant dans un hôpital.

Posté par ladyteruki à 17:58 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

26-07-11

Le fruit n'est pas tombé loin de l'arbre

Vous avez remarqué à quel point les séries du passé sont forcément taxées d'être GENTILLES ? (ô insulte suprême dans un monde de téléphages cyniques attendant toujours plus de noirceur et de sérieux de leurs fictions)
C'est à la suite d'une discussion avec plusieurs d'entre vous sur Twitter que j'y ai repensé. Non que ce soit forcément dit avec mépris par mes interlocuteurs. Mais force est de constater que cela permet de se défausser systématiquement de ces séries, au prétexte qu'elles sont les reliques de temps immémoriaux (en années-internet) pendant lesquels il était courant qu'une série ait un regard positif sur le monde, les relations ou encore, simplement, la narration. Le happy end nous écoeure tous aujourd'hui, me dis-je parfois dans un excès de pessimisme (prouvant par là que je n'ai pas tort).

Pourtant, quand je ne m'escrime pas à vous faire regarder The Yard (clin d'oeil, clin d'oeil) ou, pire, des séries même pas anglophones, il me plaît d'essayer de défendre l'indéfendable : des séries datant d'il y a plusieurs décennies. Une tâche dont je ne suis, certes, pas la plus éminente ambassadrice, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a et, ma foi, j'ai l'amour de Three's company et Maude chevillé au corps, c'est déjà pas si mal. Pis plus près de nous, je me repasse encore des dialogues des Craquantes ou Roseanne, et je suis toute aussi ravie.
D'accord, ce sont plus souvent des comédies. C'est aussi parce que, entre vous et moi, c'est quand même plus agréable à regardé que la plupart des comédies d'aujourd'hui.

Mais les décennies passées n'ont pas été que rires et bouffonnades. Et c'est ça qui est intéressant, bien qu'un peu triste. C'est qu'on ne se rappelle que des séries drôles, et souvent familiales, et que ça permet de prendre un petit air condescendant en disant "ah, mais ça, c'étaient des séries comme on en faisait avant, c'était GENTIL, quoi". Vlan dans les dents.

Il ne vous aura pas échappé (ou si c'est le cas, prenez un air assuré et allez lire ce post discrètement quand j'aurai le dos tourné) que je ne mange pas de ce pain-là. Je revendique haut et fort mon attachement aux séries de jadis, peut-être moins fort qu'aux séries nippones ou australiennes, certes, mais quand même, et j'ai toujours une liste de séries à tester à l'occasion (tenez, la prochaine, c'est Voyage to the Bottom of the Sea, quand j'aurai du temps, et si je m'en tiens à mon planning... ah ah ah, je me fais rire toute seule dites donc).

La conversation du jour tournait autour de la classification de La Croisière s'amuse : selon SeriesLive, il s'agissait d'un soap. Mais comment la classer ? Comme un drame ? Certainement pas. Une comédie ? C'état un peu dérangeant quand même. Bon résultat, non seulement j'ai rien changé à la fiche, mais j'ai joué ma timorée sur la fiche de Das Traumschiff qui était la raison pour laquelle je consultais celle de La Croisière s'amuse.
Au cours de la conversation sur ce thème, donc, l'exemple de L'Île Fantastique est venu sur le tapis. Le soucis c'est que, si effectivement les séries sont comparables dans leur formule (notamment le fait que plusieurs histoires se croisent, permettant à plusieurs scénariste de travailler dans un même épisode), sur le ton elles n'avaient pas grand'chose en commun. Lorsque j'ai regardé le premier épisode de L'Île Fantastique voilà quelques semaines, l'histoire n'avait pas grand'chose en commun avec un épisode de La Croisière s'amuse, ou disons, en partie seulement. Car si d'un côté, on y trouvait deux jeunes femmes souhaitant vivre l'existence de la jet set (et qui du coup, c'est fatal, rencontraient chacune un homme qui permettait de se poser des questions sur la classe sociale de façon assez explicite, donc avec quand même dans l'idée de réfléchir et pas juste raconter une romance), l'autre partie était consacrée à un fantasme bien particulier : un magicien qui voulait accomplir "l'évasion ultime" se retrouvait envoyé dans une prison dont on ne réchappe pas. Envoyé ainsi dans le passé (et pas juste dans une illusion du passé, comme on pourrait s'y attendre, donc avec une forte composante fantastique qu'on a aussi tendance à oublier), il se trouvait réellement prisonnier, et il pouvait réellement mourir. A lui de voir si le défi en valait la peine... La leçon, loin d'être bienveillante, est alors réellement cruelle, et pas juste une gentille petite fable moralisatrice. Le personnage est réellement mis en danger, et même si on ne se fait pas de soucis pour lui, on a une vraie teneur dramatique, et pas juste une petite cabriole scénaristique. A côté, même les gars de Mission: Impossible étaient plus prudents sur les conséquences de leurs petites mises en scène. Et eux, ils travaillent pour le gouvernement.

RosyMemories_FantasyIsland
Outre cet exemple frais dans ma mémoire, on va exceptionnellement faire l'effort de se rappeler de mon plaidoyer pour réhabiliter (un peu) les Ahem! du Bonheur, qui, même si ses méthodes étaient, je vous l'accorde, celles d'une production peu raffinée en général, et pas téléphagiquement exigeante en particulier, avait tout de même quelques qualités dramatiques qu'on a eu vite fait d'oublier, quand on ne les a pas tout simplement ignorées.

Parce que c'est si facile de faire des généralités. C'est si facile d'avoir une mémoire partielle. C'est si facile de mettre des séries dans des cases.

Et je n'adresse pas ce reproche à qui que ce soit en particulier. Je suis consciente d'être moi-même, encore, parfois, d'un certain snobisme, alors que pourtant, en toute humilité, on ne peut pas dire que je ne fasse pas d'efforts pour regarder des séries contre lesquelles j'avais un fort préjugé il y a quelques années à peine encore. Genre Awkward., par exemple. Ou tout simplement, comme une série non-américaine. Parce que les habitués de ce blog le savent, il y a encore quatre ans, à l'ouverture de ce blog, j'étais du genre à considérer que hors la fiction US, point de salut, bien que regardant déjà des séries nippones. On a tous le droit de grandir, hein, je ne fais pas exception.

Mais enfin voilà, je trouve que ça en dit long sur nous en tant que communauté de téléphages, de voir que systématiquement, on a tendance à amoindrir l'impact dramatique des séries d'antan. J'ai regardé Roseanne il y a encore pas si longtemps avec la conviction qu'on avait changé d'époque et que celle-ci s'inscrivait dans la sienne ; alors évidemment, loin de moi l'idée de prétendre qu'on fait aujourd'hui les séries de la même façon qu'hier, et inversement.

Pourtant, de la même façon que, quand on parle de séries estivales en se disant que c'est le genre de série sans importance qu'on regarde et qu'on oublie aussi vite, on met soigneusement de côté le fait que Mad Men a, au départ, débuté comme une série estivale, eh bien de la même façon, on pense aux séries des décennies passées comme si elles avaient toutes uniquement proposé des Madame est Servie, et qu'il n'y avait pas eu de Prisonnier, pour ne citer que le meilleur des contre-exemples.
L'équipe du SeriesLive Show a d'ailleurs fait l'expérience d'une excellente bonne surprise quand, au début de notre première saison, nous avons découvert le pilote de Hawaii, Police d'Etat, et que la réalisation comme l'histoire allaient plus loin que le stéréotype qu'il nous en était resté.

Peut-être qu'on devrait regarder de "vieilles" séries plus souvent.
Ca nous rappellerait que les séries d'aujourd'hui que nous tenons en si haute estime... ont de qui tenir.

Posté par ladyteruki à 18:04 - Série de valeurs - Permalien [#]

15-03-10

Plus que trois...

C'est comme ça qu'on sait qu'on vieillit. Quand on commence à se dire que la liste se rétrécit...

DeathinProgress_1

DeathinProgress_2

Il faut dire que Mission: Impossible, pour moi, ça a d'abord été 20 ans après...

Posté par ladyteruki à 13:04 - Point Unpleasant - Permalien [#]


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