ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

22-05-09

Terrain gleessant

Glee_preambule

*claquement de cartilage*
Ryan, mon petit Ryan, tu pensais te mettre dans la poche tout le monde et n'importe qui avec ce projet de série musicale ? Oui, prenons les éléments des comédies musicales pour teenagers, et faisons-en une série avant que Disney ne le fasse... Inutile de jouer les innocents, les scrupules, ça n'a jamais été ton fort. Et plutôt que de bosser sur le perturbant Pretty Handsome, tu t'es tourné vers la facilité en te disant que les temps étaient durs. Ce genre de techniques, mon petit Ryan, ne marche pas un instant sur moi, autant que ce soir clair. Car en me laissant voir le pilote de Glee dés le mois de mai, tu as pris un gros risque : me laisser tout l'été pour l'épingler, le détricoter, le réduire en filaments avant la rentrée. C'est que, mon petit Ryan, si tu veux qu'on parle comédies musicales, figures-toi que tu vas trouver à qui parler : mon premier film était Grease, je connais Cats sur le bout des griffes, Jesus Christ Superstar est ma bible, j'ai grandi avec Les Misérables et Starmania en boucle dans mon lecteur à cassettes, je me repasse des extraits de West Side Story régulièrement, et s'il ne devait y avoir qu'une seule fan de Hair, ce serait sans nul doute moi (sur A Chorus Line, je ne prononce par contre pas, je n'ai fait qu'écouter le CD en boucle pendant des années sans avoir jamais pu voir le spectacle). Alors attention à ce que tu fais, j'ai l'oeil.
Je n'ai donc pas 16 ans, j'ai déjà vu de vraies comédies musicales, et j'ai la rancune tenace concernant l'annulation prénatale de Pretty Handsome, autant te prévenir, Ryan, tu vas trouver du répondant.

Les enjeux de ce post étant désormais clairement posés, étudions donc le pilote plus en détails.

Je vais commencer par vous parler des personnages, de vivantes caricatures du monde lycéen dans toute son horreur. Mais vous verrez bien vite que de ces personnages dépend tout le reste.
Dans un univers rappelant assez celui de Miss/Guided, on retrouve donc le professeur débordant d'idéaux, le vilain proviseur qui fait rien que de pas aider, les profs de sport forcément bornés chacun à leur façon, la petite prof mignonne mais un peu timbrée qui en pince pour le professeur tout gentil tout choupi, et du côté élèves, c'est à peine plus glorieux, avec une belle brochette de perdants plus vrais que nature, dont la petite nénette rongée par l'ambition et l'envie de prendre sa revanche sur son statut de paria, le gay qui est trop à la fashion mais n'a pas mué, la black grassouillette, l'asiat toute timide et un peu marginale, le pov' geek en fauteuil roulant et, pour que le tableau soit complet, il nous manquait le footballer avec des états d'âme, eh bien c'est fait aussi.

La bonne nouvelle, c'est que toute comédie musicale repose sur des stéréotypes. Et à ce titre, l'ensemble fonctionne étonnamment bien, parce que toutes ces pièces rapportées forment un groupe cohérent, c'est même complètement le thème de la série : l'effet de chorale, c'est quand toutes les personnalités s'additionnent pour ne former qu'une grande harmonie ('tain c'est beau ce que je dis, j'me ferais presque pleurer bordel). Ce qui aurait pu, donc, avoir l'air d'être une lourdeur, va aussi être une force, parce que très vite les personnages dépassent leur propre stéréotype tout en l'utilisant. On est sur le mode de la revendication : "je suis comme je suis, mais je peux être meilleur encore", et bien que le message ultra-positif puisse sembler être usé jusqu'à la corde, la bonne humeur et la naïveté ambiante de Glee font que ça donne au contraire une touche vivifiante à la série.

Côté musique à proprement parler, il y avait deux parti-pris possibles concernant la série :
- soit la comédie musicale dont les chansons sont intégrées dans l'histoire
- soit le spectacle musical dont les chansons servent de divertissement à chaque acte
Là encore, Ryan Murphy a choisi la facilité puisque les chansons ne servent pas (ou alors seulement de très loin, à l'instar du final) à décrire ce que ressentent les personnages, mais plutôt à organiser des petits moments de lâchage musical, avec des chansons empruntées à la culture populaire et pas spécifiquement écrites pour le show. Eh oui, n'est pas Cop Rock qui veut (*blink blink* chers lecteurs, on est fin mai, l'été approche). Mais comme on a justement choisi de faire se dérouler Glee dans le monde du lycée, il apparaît finalement que ce n'est pas si grave et que, même, c'est finalement plus aéré de cette façon. En évitant de jouer lourdement du pathos avec des chansons terriblement triste et larmoyantes, pour ne se concentrer que sur l'entertainment pur, le choix est clair : on veut passer un bon moment, pas détrôner Andrew Lloyd Webber (il aurait fallu se lever bien plus tôt pour ça de toutes façons !).

Et puis, une fois n'est pas coutume, Glee brille par ses personnages masculins, et notamment le petit prof et le footballer, qui ont tous deux des ambitions des plus intéressantes : être eux-mêmes et faire ce qui les rend heureux (et pas juste se faire remarquer comme la petite pimbêche qui cherche à tout prix à devenir une star). Ces deux personnages parviennent à insuffler juste ce qu'il faut d'âme pour qu'on se prenne d'affection pour eux sans pour autant mettre notre conjoint à la porte, et permettent de s'impliquer, oh, à peine, seulement de quoi ne pas regarder tout ça d'un oeil trop cynique.

Avec ses numéros musicaux réussis même si un peu artificiels, son casting fait de bouts de ficelles bricolées bizarrement mais qui tient tout de même la route (Jessalyn Gilsig me fait-elle rire ou me fait-elle peur ? je ne suis pas encore décidée), Glee parvient à être un divertissement de qualité, entrainant, amusant, rythmé et coloré... Et juste cela. C'est déjà pas si mal si on y pense. Personne n'en attendait plus de toutes façons, estimons-nous heureux que ce ne soit pas moins, déjà.

Le verdict sera donc en ce qui me concerne :
Glee_verdict

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Glee de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:04 - Review vers le futur - Permalien [#]

20-09-08

The fear of being alone

Nous y voilà.
Nous avons passé ensemble des semaines de complicité, de rires et de tendresse. On se connaissait bien. Ça marchait du tonnerre ! Mais nous sommes arrivés au bout de la route.

Je me rappelle notre rencontre, il y a 20 mois de ça. Au premier regard je n'ai pas été conquise, soyons honnêtes. J'ai préféré qu'on s'apprivoise mutuellement tout doucement. Et progressivement je n'ai plus su me passer de toi.
Mais si je veux être tout-à-fait sincère, même si j'ai tout fait pour prolonger la sensation que ça durerait toujours, je savais très bien que notre histoire aurait une fin.

Combien de fois ai-je parlé de toi dans mon entourage ! Je crois que j'ai seriné pas mal de monde avec notre histoire. Mais c'est toujours comme ça, en fait, quand on vit une belle histoire, on a envie de la partager avec le monde entier. Quitte à le faire copieusement chier.

C'était beau, le temps que ça a duré, toi et moi.

Je me rappelle de ces nuits passées ensemble, parfois au détriment de ma santé ou de la décence, je me rappelle des quelques fois où j'ai préféré finir ce qu'on faisait plutôt que d'être à l'heure à mes rendez-vous ! C'était vraiment l'amour fou, toi et moi.

Et en fait, je n'avais plus ressenti ça depuis des années. Cette fièvre dévorante, cette obsession constante ! La dernière comédie à m'avoir inspiré cela était celle de Fran !

Aujourd'hui je regarde en arrière, je vois tous les bons moments que nous avons passés ensemble... et force est de constater que ce temps-là est révolu. Tu n'as plus rien à m'offrir. Dans le cas contraire, d'ailleurs, je t'aurais peut-être suivi encore quelques mois, mais pas beaucoup plus, ça se trouve. C'est mieux que ça s'arrête ainsi, en fait. Que ça s'arrête tant que c'est encore beau.

Je chérirai ces mois passés à t'attendre, à te regarder avancer progressivement, te voir arriver chez moi, petit à petit, pour enfin te découvrir, par délicieuses tranches de 20 minutes !

Un grand sentiment de vide m'envahit. Serai-je jamais capable de te remplacer ? Trouverai-je quelqu'un qui me fasse rire à nouveau ? Soudain j'ai un doute. Et puis, entamer une nouvelle relation, je ne sais pas, c'est compliqué, comment faire confiance à nouveau, s'engager sur plusieurs saisons, tout ça, non je ne suis pas à l'aise.

Merci pour ces six saisons, Reba. Et à très bientôt.

Reba_Bloopers
Knock knock ! Who's there ? Bloopers, that's who's there !

PS : juste avant que nous ne nous séparions, et parce que je veux être totalement honnête, il faut que je te dise que depuis quelques jours, je te trompe avec Roseanne, The Big Bang Theory, et Miss/Guided. Mais c'est juste parce que je me cherche une nouvelle comédie, ils ne représentent strictement rien pour moi, je le jure !!!

Posté par ladyteruki à 00:34 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

16-09-08

Télé guidée...

C'est dur à admettre, mais même avec tous les moyens qui sont à ma disposition et la ferme volonté de vouloir donner leur chance à un maximum de séries, nouvelles et moins récentes, j'arrive quand même à me débrouiller pour passer au travers d'un certain nombre d'entre elles. C'est d'autant plus énervant que depuis quatre ou cinq saisons, je m'attache à essayer de tout voir. Alors quand je m'aperçois que j'ai loupé une série sympathique de 2007, mon sang se met à bouillir de rage envers moi-même.
Je suis une téléphage acharnée, ça s'est vu ?

Ainsi donc, merci à Ben pour avoir attiré mon attention sur Miss/Guided, que vraiment, j'ai laissée passer entre les mailles du filet. Quand on pense que j'ai trouvé le moyen de perdre mon temps devant des East Bound and Down et consorts, ça me rend dingue...

En apparence, Miss/Guided n'est pas un show révolutionnaire. Pensée comme une comédie en single caméra prenant pour décor le lycée d'une petite ville tranquille, elle ne paie pas de mine. Son héroïne, Becky, est une petite blonde frêle, une sorte de Jennifer Finnigan en plus moche, mal assurée, nerveuse et un peu coincée pour couronner le tout. C'est vrai qu'en même temps, on partait de loin, puisqu'elle avait fait partie des vilains petits canards quand elle était elle-même lycéenne. Globalement il y a quand même eu du progrès. Bref, peu d'arguments sur le papier.
C'est parce qu'il ne faut pas se fier à ce qu'il y a sur le papier !

Le principal point fort de Miss/Guided, c'est son utilisation des apartés. Dans la plupart des séries (je pense par exemple à Once and Again ou, pour rester dans le registre des comédies, à Malcolm), ces apartés serviraient à donner la possibilité aux personnages de dire leur vérité, d'une certaine façon. Ici, ça sert surtout à leur permettre de se montrer tels qu'ils ne sont pas, à se mentir. Tout le monde se raconte des histoires, là-dedans ! Il y a Bruce, totalement imbu de sa personne, qui pense que c'est ce qui lui donne une sorte d'autorité naturelle... il y a le beau Tim qui pense qu'on lui a proposé le boulot de prof d'espagnol par choix alors qu'on avait proposé au type de la maintenance au préalable... et évidemment il y a Becky, notre blondinette héroîne, certaine d'avoir le contrôle total de son existence. Eh bien, pas vraiment, et le contraste entre ce qui se passe, et le discours des personnages, est absolument délicieux. C'est un peu comme s'ils étaient en représentation pendant ces apartés : au lieu de se confier, ils tentent de donner une image reluisante de leur existence ; un peu comme s'il s'agissait d'une interview pour un reportage.
La seule qui semble être la même dans les deux circonstances, c'est Lisa, la nouvelle prof bien carossée.

Becky fait un peu penser à Ally McBeal. En mieux. Sans rire ! Déjà, elle se nourrit, elle. Et ensuite, elle n'est pathétique qu'en apparence. On développe bien plus facilement de la tendresse pour elle que pour l'avocate rachitique. Elle est nerveuse et peu sûre d'elle, mais elle y travaille d'arrache-pied, tout en assumant sa différence. Elle se raconte peut-être des histoires sur sa vie d'adulte, mais dans le fond, elle sait très bien ce qu'elle veut et les progrès qu'elle a encore à accomplir.
C'est vers la fin du pilote que, grâce au personnage de Tim dont on pensait depuis le début qu'il n'était qu'une belle gueule inaccessible, on prend la mesure du charme de la blondinette. Toute gauche et fragile soit-elle... elle est, d'une certaine façon, totalement pure. Et vraie. Et honnête. Et positive.

D'une certaine façon, tout l'attrait de Becky réside justement dans le fait qu'elle ne voit pas ses propres qualités, mais qu'elle fait de gros efforts pour se perfectionner et se voir comme quelqu'un qui n'est pas dans l'échec. Elle ne se croit pas arrivée, mais elle espère voir le bout du tunnel. C'est ce qui la rend touchante, et ce qui fait qu'elle inspire une pointe d'admiration, même dans ses scènes les moins glorieuses.

Je vous ai parlé il y a quelques semaines d'Une Maman Formidable, Reba et Une Nounou d'Enfer, eh bien on est en plein dans le sujet. Il y a d'autres séries que je pourrais citer aussi, comme Rude Awakening. Qu'on-elles en commun, ces séries qui comptent parmi mes préférées ? (en même temps je vous l'accorde, j'en ai au moins 25, des séries préférées, mais côté comédies elles sont dans le Top5 en tous cas).
D'abord, leur personnage central est une femme. La trentaine passée, voire même pour certaines, flirtant avec la quarantaine (ou 29 ans en années Fran). Dans mon cas, on ne peut donc pas tellement parler d'identification que de projection.
Chacune, du fait de son parcours, se trouve au début de la série à une étape charnière, découlant d'une à plusieurs échecs, et c'est aussi ça qui me plaît : des personnages marqués par leurs erreurs, se trouvant dans une situation où il faut aller de l'avant.

Prenez Fran : elle a perdu 3 ans de sa vie avec un mec médiocre parce qu'elle subissait l'influence de sa marieuse de mère. En choisissant de quitter son boulot avec Danny, et se lancer dans un nouveau job au sein d'un milieu social plus élevé, en cherchant à tout prix le grand amour, sans transiger sur son sindépendance ni sa personnalité, elle s'efforce de s'améliorer. Lorsque Danny revient lui demander de l'épouser, déjà, à la fin de la première saison, elle peut constater le chemin parcouru.
C'est encore plus évident pour Reba qui soit se remettre de son divorce et qui devient progressivement moins bornée, moins autoritaire, qui cesse de se focaliser sur l'échec de son mariage ou ses enfants, et commence une carrière... pour finir par devenir la meilleure amie de celle qui lui a ravi son mari !
Quant à Grace, l'ex-alcoolique qui cherche à s'accomplir même si être une mère célibataire n'est pas de tout repos, elle veut tout à la fois : la famille, le travail, les amis, les amours, la stimulation intellectuelle (elle se cultive, va pour la première fois à l'opéra...) ; elle est en quête d'elle-même et d'un équilibre.
Et puis, dois-je vraiment aborder une fois de plus le cas Billie ? La belle a une addiction à combattre, une mère castratrice dont se libérer, sa vie professionnelle et sentimentale à remettre sur des rails, et pour couronner le tout, elle est en lutte permanente avec cette facette d'elle-même qui couche à droite et à gauche, et multiplie les tentatives d'autodestruction...

En fait, le rire naît précisément de là : de ce que ces femmes vont faire pour s'améliorer elles-mêmes, et donc pour améliorer leur existence. Avec ce que ça comportera, inévitablement, sur la route, de maladresse, d'échec, d'épuisement. Ce qui est justement drôle c'est que même quand la situation directe est surréaliste, le personnage et ses aspirations sont bien ancrées dans le réel, légitimes, et humains.
La confrontation de ces deux éléments, dos a dos, fait que les dialogues et les quiproquos sont drôles. Les autres types de personnages de séries humoristiques, ceux de type toonesque, ne jouent pas du tout sur le même registre ; ici, clairement, les gags fonctionnent parce qu'on investit les personnages, parce qu'ils semblent vrais.
Du coup, ceux qui ne ressentiront pas d'atomes crochus avec Fran, Reba, Grace ou Billie ne sauront pas vraiment rire avec elles.

D'aucuns diront que c'est ma préférence pour les séries dramatiques qui parle finalement à travers ces arguments, et ils auront peut-être raison, après tout... Mais bon, chacun vit sa téléphagie comme il lui plaît !

Si je m'apprête effectivement à continuer à suivre les aventures de Becky (le cagoulage se fait en tous cas dans ce sens pour le moment) pour ces mêmes arguments que ceux qui m'ont séduite dans les séries sus-citées, je dois dire que l'investissement est moindre parce que je sais que la série est courte. Ca me retient un peu, je dois dire. Comment s'installer confortablement auprès d'un personnage si on sait qu'on devra le quitter avant de pouvoir juger de lui sur le long terme ?
J'avoue qu'une série dramatique courte (genre une saison ou moins), ça ne me dérange pas tellement, mais une série comique courte ? Je suis moins sûre.

Donc finalement, au lieu de remercier Ben pour cette découverte, je vais peut-être plutôt lui en vouloir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, attention attention, attachez vos ceintures : les fiches Une Nounou d'Enfer, Reba, Une Maman Formidable, Rude Awakening et, bien-sûr, Miss/Guided de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:56 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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