ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

01-09-13

Tout le bonheur du monde

Alors que commence aujourd'hui le mois de septembre, il faut nous rendre à l'évidence : c'est la rentrée !
Dans peu de passions autres que la téléphagie peut-on autant s'enthousiasmer à ce sujet... La rentrée, c'est le signe d'une foule de nouvelles séries à découvrir (et pour une partie du lot, à apprécier), le signe du retour à l'écran de séries que l'on aime, le signe aussi que la diffusion de certains projets plus éloignés approche lentement mais sûrement. Et puis c'est la période des Emmy Awards aussi, ce qui ne gâche rien.
Bref, c'est la joie, l'allégresse, la curiosité et l'excitation, vous voyez le tableau.

Enfin, non, vous ne le voyez pas tout-à-fait. De la rentrée, vous connaissez sûrement les nouveautés américaines : tout le monde en a parlé. Sûrement quelques britanniques, aussi. Mais les autres contrées, à quoi ressemble leur rentrée ?

WorldTour-FALL13EDITION

Bienvenue dans le post de la rentrée...
DE TOUTES LES RENTREES !


Je vous invite à découvrir les séries qui vont faire l'automne aux quatre coins de la planète ! Bon alors, évidemment, comme je n'allais pas lister 200 pays (hashtag #lazylady), il a fallu faire une petite sélection dans les pays ciblés, mais n'hésitez pas à me poser des questions en commentaire si vous voulez absolument connaître les nouveautés moldaves de la rentrée, je verrai ce que je peux faire. Pitié, c'est une expression ; pas les nouveautés moldaves.
Dans la foulée, je vous ai également indiqué quelques unes des séries à attendre de la part de ces pays à une échéance un peu plus lointaine, mais je n'ai en revanche pas cherché l'exhaustivité totale.

Prêts ? Alors on y va ; et je vous préviens, on va faire du kilométrage !

ESPAGNE


Pas mal de nouveautés aussi en Espagne ! Antena3, en particulier, a mis le paquet en plaçant dés l'automne quelques uns de ses plus gros projets dans ses grilles, tout en diffusant des séries étrangères comme Under the Dome. En revanche, assez peu de dates précises pour le moment, mais l'Espagne fait partie de ces pays où on se décide rarement des siècles à l'avance, mais plutôt dix jours avant de lancer une série/saison (grand max). Rien que pour me contrarier, quoi. A côté d'Antena3, les autres chaînes se concentrent cet automne sur le retour de leurs meilleurs succès, avec des séries plutôt historiques pour TVE, et plutôt des comédies pour Telecinco..

ViveCantando-300 - Vive Cantando (Antena3)
Le genre : Dramédie musicale
L'histoire : Après une longue tournée, Trini, une chanteuse, doit retourner à La Gloria, où elle a grandi. Trini renoue alors avec son ancien petit ami, aujourd'hui patron du karaoke La Bamba qui a connu de meilleurs jours. Grâce à Trini, La Bamba devient le lieu où chacun peut oublier ses soucis en musique.
> A partir du 3 Septembre
Laqueseavecina-300 - La que se avecina - Saison 7 (Telecinco)
Le genre : Comédie
L'histoire : La vie d'une petite communauté vivant dans un ensemble d'immeubles plutôt cossus.
> En Septembre
Isabel-300 - Isabel - Saison 2 (TVE)
Le genre : Period drama
L'histoire : Le règne de la Reine Isabel n'est pas de tout repos, la voilà désormais face à une guerre civile, et elle devra prendre une difficile décision pour sauver le royaume. Il lui faudra aussi décider de donner sa bénédiction ou non à un certain Christophe Colomb qui organise une grande expédition.
> En Septembre
AguilaRoja-300 - Águila Roja - Saison 5, partie 2 (TVE)
Le genre : Period drama/Aventures
L'histoire : L'Aigle Rouge, un justicier masqué, continue de remonter la piste du meurtre de son épouse...
> En Septembre
Dreamland-300 - Dreamland (Cuatro)
Le genre : Comédie musicale
L'histoire : Cuatro cherche son Glee. Dreamland est le nom d'une école de chant et de danse très sélective qui peut lancer une carrière... En dépit du pitch, Cuatro proclame tenir une série très originale, où la musique ne sera pas une excuse mais au centre de l'intrigue.
> Cet automne
Aida-300 - Aída - Saison 10 (Telecinco)
Le genre : Comédie
L'histoire : Le quotidien d'Aída, une mère de famille, dont la vie est devenue un tout petit peu plus chaotique encore, lorsqu'elle a réemménagé dans la maison où elle avait grandi.
> Cet automne
GaleriasVelvet-300 - Galerias Velvet (Antena3)
Le genre : Period drama
L'histoire : Antena3 cherche son Mad Men. Velvet est le nom d'une des maisons de couture les plus prisées d'Espagne à la toute fin des années 50, juste avant que la haute-couture espagnole ne connaisse la fin de son âge d'or.
> Cet automne
ElTiempoEntreCosturas-300 - El tiempo entre costuras (Antena3)
Le genre : Thriller/Period drama
L'histoire : Adapté du roman éponyme, le drama raconte l'histoire d'une couturière qui, sur un coup de tête, va s'installer dans le protectorat espagnol au Maroc. L'atelier où elle trouve du travail est dirigé par une femme mystérieuse qui travaille en fait pour les services secrets britanniques.
> Cet automne
Icone-PlusTard - pour Antena3 : la comédie musicale Lolita Cabaret... et la diffusion de l'onéreuse El Corazón del Océano, peut-être, un jour, non ?
- pour Telecinco : courant 2014, le thriller policier El Principe (questions sur la corruption et l'immigration en perspective).

Note : Disney España proposera également en Octobre sa 1e série originale locale, Plaza Encanto.

SUEDE


SVT a prévu une rentrée sur les chapeaux de roue, avec l'un de ses crime dramas phares pour entamer la saison (des saisons étrangères inédites viennent parsemer la grille en renfort, et plus précisément américaine avec Homeland, britanniques avec Downton Abbey en fast-track ou The Fall, et, oh surprise, catalane, puisque la chaîne va diffuser Polseres Vermelles). Je n'ai pas trouvé de trace d'une diffusion de série suédoise inédite sur les autres chaînes, TV4 étant par exemple totalement occupée à diffuser Broadchurch.

BronBroen-300 - Bron/Broen - Saison 2 (SVT1)
Le genre : Crime drama
L'histoire : Retour sur le pont reliant la Suède et le Danemark... ou plutôt, direction le dessous. Dans cette nouvelle saison, c'est un bateau dont il est difficile de déterminer si son équipage est suédois ou danois qui vient rassembler nos deux enquêteurs scandinaves préférés.
Le plan : 10 épisodes
> A partir du 22 Septembre
Icone-PlusTard - pour SVT : si je vous dis que Äkta Människor revient le 1er décembre, vous me croyez ?
- pour TV4 : la chaîne ayant commandé une poignée de saisons de Solsidan d'un coup, on n'en a pas encore vu le bout.

A noter : SVT lancera également à partir du 15 octobre une série uniquement diffusée sur ses canaux d'ordinaire réservés à la VOD, (Re)volt, une série destinée au jeune public. Ce drama raconte comment une jeune fille, Eddie, dont la famille déménage dans un petit patelin en apparence sans histoire, tente de se faire de nouveaux amis. Mais elle réalise bien vite que les jeunes de ce village sont en réalité très aggressifs, et elle devient la proie d'un harcèlement grandissant ; il est temps pour elle d'entrer en guerre... Une série qui donne une nouvelle dimension à la pensée d'Angela Chase : "le lycée est un champ de bataille pour le coeur" !

NORVEGE


On commence la saison un peu mollement : il n'est pas question, contrairement à certains pays, de mettre le paquet dés le début de l'année avec trouze nouveautés. Peu de séries originales en cette rentrée, donc ; TV2 n'a par exemple pas de série à diffuser et se concentre sur ses fictions américaines (et britannique). Idem chez TV Norge, où pourtant on annonçait encore avant l'été la diffusion prochaine de la comédie Neste Sommer, qui n'apparaît toujours pas sur les grilles. La rédemption vient, comme souvent, de la chaîne publique NRK, avec une nouvelle comédie, ainsi que des rediffusions de Lilyhammer. Les autres nouveautés norvégiennes devraient arriver ultérieurement.

SideOmSide_300 - Side om Side (NRK)
Le genre : Comédie
L'histoire : Quand Maria et Jonas quittent la ville pour s'installer dans une petite banlieue paisible, ils pensent avoir trouvé le bonheur et, surtout, la tranquillité. Mais dés le jour de leur emménagement dans la maison de leurs rêves, ils réalisent que cette quiétude n'est qu'illusoire...
Le plan : 8 épisodes
> A partir du 7 Septembre
Icone-PlusTard - pour NRK : les crime dramas Mammon et Øyevitne ; la saison 2 de Lilyhammer ; et plus tard à l'automne 2014 : Okkupert, la coproduction avec arte ;
- pour TV2 : la comédie Vekterne, les crime dramas Det Tredje Øye (réalisée par Trygve Allister Diesen) et Acquitted ;
- pour TV Norge : la comédie Neste Sommer par le créateur de Helt Perfekt ne devrait plus tarder.

DANEMARK


DR1 fait figure de mauvaise élève : en lançant ce mois-ci une rediffusion de Nicolaj og Julie (un drama de 2002) et en achevant la rediff de Een Stor Familie (1982, quand même), la chaîne reporte à plus tard ses inédits. Face à cela, TV2 dégaine l'artillerie lourde, avec sa deuxième saison de Rita, fort attendue. Le plus impressionnant vient cependant de TV2 Zulu, la chaîne consacrée à l'humour et aux jeunes, qui entame la saison avec pas moins de 3 nouvelles comédies (la politique de TV2 en matière de commandes a en effet changé récemment) d'un coup ; 2 d'entre elles seront lancées ce soir lors du Zulu Comedy Galla, une cérémonie qui cloture le Zulu Comedy Festival qui a démarré la semaine dernière. La soirée sera présentée par Sidse Babett Knudsen, héroïne de Borgen qu'on n'imagine pas forcément en maîtresse de cérémonie pour une soirée humoristique, mais dont la présence devrait à coup sûr attirer du monde... Enfin, Kanal 5 lance pour la première fois une série dramatique.

Rita_Season2_300 - Rita - Saison 2 (TV2)
Le genre : Dramédie
L'histoire : retour de la prof la plus anticonformiste de la télévision pour une seconde saison qui donnera tout loisir aux spectateurs danois d'admirer les dysfonctionnements de la quarantenaire.
Le plan : 8 épisodes
> A partir du 11 Septembre
Tomgang-300 - Tomgang (TV2 Zulu)
Le genre : Comédie
L'histoire : Mathias tient un kiosque qui lui laisse tout loisir de se plaindre avec ses amis Theis et Aslan de ses déboires au quotidien, et notamment de son impossibilité pathologique à conclure avec la jolie fleuriste Mie.
> A partir du 1er Septembre
SjitHappens-300 - SJIT Happens (TV2 Zulu)
Le genre : Comédie
L'histoire : une série interactive dans laquelle les histoires embarrassantes des spectateurs peuvent devenir l'épisode la semaine suivante ; un premier test avait eu lieu en septembre dernier pour tester le concept. L'essentiel des anecdotes embarrassantes sera d'ordre sexuel, donc contenu explicite à prévoir.
> A partir du 1er Septembre
AggressivAmager-300 - Aggressiv Amager (TV2 Zulu)
Le genre : Comédie
L'histoire : une comédie à sketches dans laquelle deux comédiens endossent des rôles variés et souvent dérangeants. A titre d'exemple, une bande annonce les montre dans la peau d'un couple homosexuel dont l'un est attardé mental, pendant un dîner avec des voisins.
> A partir du 14 Septembre
Heartless-300 - Heartless (Kanal 5)
Le genre : Drame fantastique
L'histoire : Sofie et Sebastian font leurs études dans un pensionnat vieux de 400 ans ; mais ils cachent un lourd secret : pour vivre, ils doivent aspirer l'énergie de ceux qui les entourent. Ils sont décidés à percer le secret de leur malédiction, tout en essayant de trouver leur place dans l'écosystème du pensionnat.
Le plan : 5 épisodes
> Courant de l'automne
Icone-PlusTard - pour DR1 : en janvier prochain, Arvingerne (anciennement nommée Arven efter Veronika) ; et courant 2014, la titanesque série historique 1864, qui tiendra le record de la série danoise la plus chère jamais produite ;
- pour TV2 : le period drama Badehotellet courant 2014.

FINLANDE


Les chaînes finlandaises ne comptent certainement pas parmi les plus prisées sur le plan international, mais ce n'est pas une raison pour bouder les séries qu'elles proposent, généralement plus humbles dans leurs ambitions mais non moins intéressantes. Enfin, je parle au pluriel, mais vous allez voir que comme souvent en Scandinavie, la télévision publique a une longueur d'avance...

HavukkaAhonAjattelija-300 - Havukka-Ahon Ajattelija (YLE TV1)
Le genre : Drama
L'histoire : Tiré du roman éponyme, un classique de la littérature finlandaise écrite par Veikko Huovinen. Cette histoire d'un homme sage qui vit dans une forêt, philosophant sur divers sujets, a déjà été adaptée en 2009 au cinéma, et dans les années 70 en série.
Le plan : 3 épisodes
> A partir du 1er Septembre
SataLasissa-300 - Sata Lasissa (YLE TV1)
Le genre : Dramédie
L'histoire : Ecrite par le comédien Jari Salmi, cette série un peu barrée raconte comment des frères, dont la vie personnelle et professionnelle est en déroute, décident de monter leur propre affaire.
Le plan : 4 épisodes
> A partir du 22 Septembre
Icone-PlusTard - pour YLE TV1 : fin novembre, Kansan Mies, l'histoire d'un politicien qui perd une élection et doit se résoudre à commencer une nouvelle vie (12 épisodes).
- pour MTV3 : probablement au printemps, la série fantastique sexy Nymfit, dans laquelle des nymphes vivant parmi les humains doivent avoir des relations sexuelles avec eux pour conserver leur jeunesse (bon, par contre les humains en meurent).

Naturellement, ces quatre pays préparent également leurs Julkalender respectifs, mais on en reparlera plus en détails en temps utiles !

AUSTRALIE


Changement radical de cap avec l'Australie, où, géographie oblige, on ne vit pas la rentrée de la même façon. La rentrée du printemps apporte donc son lot de nouveautés, mais d'autres ont déjà commencé pendant l'hiver... donc pendant l'été, enfin, NOTRE été (arrêtez de m'embrouiller), comme la troisième saison de Winners & Losers, Wonderland (rien à voir avec le spin-off de Once Upon a Time) qui a démarré fin août, ou Underbelly: Squizzy qui touche à sa fin précisément le 1er septembre. Ah bah, ce soir donc. Voilà, vous m'avez toute mélangée.

MissFisherMurderMysteries-300 - Miss Fisher's Murder Mysteries - Saison 2 (ABC1)
Le genre : Crime drama
L'histoire : Retour de la plus pétillante des enquêtrices pour une nouvelle salve d'enquêtes pleines de mordant. Ce bruit sourd que vous avez entendu était Toeman, qui vient de s'évanouir de bonheur.
Le plan : 13 épisodes
> A partir du 6 Septembre
PowerGames-300 - Power Games: The Packer-Murdoch Story (Nine)
Le genre : Period drama
L'histoire : La mini-série revient sur la rivalité entre deux empires de la presse à travers l'opposition du clan Murdoch et de la famille Packers, depuis les années 60 jusqu'en 1975. Spin-off de Howzat!.
Le plan : 2 épisodes
> A partir du 8 Septembre
SerangoonRoad-300 - Serangoon Road (ABC1)
Le genre : Period drama
L'histoire : Singapour, années 60. Un homme qui a grandi dans un camps d'internement japonais devient, à la faveur du hasard, un détective privé. Il va pénétrer l'univers des bas-fonds de la ville. La série est co-produite par HBO Asia.
Le plan : 10 épisodes
> A partir du 22 Septembre
Icone-PlusTard - pour ABC1 : Janet King, le spin-off de Crownies ; The Gods of Wheat Street, une série en 6 épisodes sur une famille aborigène ;
- pour Nine : la troisième saison de House Husbands ;
- pour Ten : la série historique ANZAC Girls courant 2014 ; la seconde saison de Puberty Blues.

TURQUIE


La Turquie compte probablement parmi les élèves les plus motivés quand vient la rentrée : il y a des nouveautés PAR-TOUT ! Hélas, cent fois hélas, du fait de mes compétences linguistiques pour le moins défaillantes en la matière, je crains d'en avoir laissé quelques unes de côté, mais tâchons tout de même de jeter un oeil sur ce qui reste l'un des pays les plus dynamiques ces dernières années. Seul bémol, en Turquie également, donner des dates de lancement pour les séries semble causer les pires souffrances aux exécutifs des chaînes. Et annoncer le nombre d'épisodes commandés ? N'y songez même pas.

GorusGunuKadinlari-300 - Görüş Günü Kadınları (FOX)
Le genre : Prison drama
L'histoire : La vie de 4 femmes enfermées en prison, et de leurs relations avec les hommes qui partageaient leur vie avant leur condamnation.
> A partir du 2 Septembre
Intikam-300 - İntikam - Saison 2 (Kanal D)
Le genre : Revenge drama
L'histoire : Non, vraiment : Revenge drama. Il s'agit bien évidemment de la seconde saison du remake turc de la série avec Emily Van Camp.
> A partir du 5 Septembre
LeylaninEvi-300 - Leyla'nın Evı (Star TV)
Le genre : Revenge drama
L'histoire : La série se déroule à la fois en 2012 et avec des flashbacks en 2002, lorsque le mari de l'héroïne (auquel elle a été mariée de force à 16 ans et dont elle a deux enfants) est assassiné. Dix ans plus tard, l'épouse mais aussi le fils aîné ne sont pas remis de la tragédie...
> A partir du 6 Septembre
BenimIcinUzulme-300 - Benım İçın Üzülme - Saison 2 (Show TV)
Le genre :  Romance
L'histoire : Une chronique de la vie amoureuse de jeunes adultes vivant dans une région rurale de la Turquie. La première saison avait été diffusée sur atv.
> A partir du 10 Septembre
MuhtesemYuzyil-300 - Muhteşem Yüzyıl - Saison 4 (STAR TV)
Le genre :  Period drama
L'histoire : Quatrième et dernière saison du plus célèbre drama turc du moment. Il faudra en outre gérer le départ de l'une des actrices principales, Meryem Uzerli, qui après un burn-out est tombée enceinte, s'assurant de n'avoir pas à revenir dans la série.
> A partir du 11 Septembre
KurtlarVadisiPusu-300 - Kurtlar Vadısı Pusu - Saison 8 (atv)
Le genre : Thriller/Action
L'histoire : Un agent qui s'infiltre dans des organisations criminelles se retrouve régulièrement à devoir gommer les limites de la loi. Il lui arrive même de se lier d'amitié avec des criminels.
> A partir du 12 Septembre
Karagul-300 - Karagül - Saison 2 (FOX)
Le genre : Drama
L'histoire : Ebru et Murat vivaient à Istambul où ils vivaient de façon moderne. Mais les affaires d'Ebru forcent le couple et leurs 3 enfants à déménager, et retourner vivre dans la très traditionnelle famille paternelle dans le Sud-Est de la Turquie.
> A partir du 13 Septembre
Calikusu-300 - Çalıkuşu (Kanal D)
Le genre : Period drama
L'histoire : Adaptation d'un roman de Reşat Nuri Güntekin (auteur de Leyla ile Mecnun, qui s'est faite annuler brutalement cet été), la série raconte, au début du 20e siècle, le destin d'une institutrice orpheline qui va s'installer au beau milieu de l'Anatolie.
> A partir du 19 Septembre
Fatih-300 - Fatıh (Kanal D)
Le genre : Period drama
L'histoire : Un biopic sur Mehmet II, un sultan tellement intéressant que je lui avais consacré tout un post cet été. C'est sans conteste la série la plus attendue de la saison en Turquie, pour des raisons également énoncées dans ce post. Impossible d'y couper, il va falloir que vous le lisiez.
> En Septembre
TatarRamazan-300 - Tatar Ramazan - Saison 2 (atv)
Le genre : Revenge drama/Prison drama
L'histoire : Alors qu'il tue un élu ripoux par esprit de vengeance, Tatar se retrouve en prison, où parmi les prisonniers, il est devenu une légende pour son rôle de vigilante. Pendant ce temps, son épouse doit élever seule leur enfant.
> En Septembre
Kayip-300 - Kayıp (Kanal D)
Le genre : Thriller/Drama
L'histoire : Kemal et Leyla avaient tout pour être heureux : une affaire qui marchait bien, une belle maison et deux adorables enfants. Mais quand leur fils disparaît, et que la police s'invite dans leur intimité, c'est toute leur vie qui tombe en miettes.
> En Septembre
YalanDunya-300 - Yalan Dünya - Saison 3 (Kanal D)
Le genre : Comédie
L'histoire : l'histoire d'un quartier cossu dans lequel vivent des familles de nouveaux riches, de bobos, ou de célébrités, qui côtoient une famille conservatrice installée depuis plus longtemps.
> En Septembre
HuzurSokagi-300 - Huzur Sokağı - Saison 2 (atv)
Le genre : Romance/Drama
L'histoire : Bilal est un musulman issu d'une famille très conservatrice, qui tombe amoureux de Feyza, une fille de bonne famille qu'il a rencontrée à l'université. Mais la jeune femme vient d'une famille plus laïque. Pourront-ils être heureux malgré leur différence ? Feyza pourra-t-elle s'adapter aux exigences de la famille de Bilal ?
> En Septembre
Karadayi-300 - Karadayı - Saison 2 (atv)
Le genre : Period drama/Thriller
L'histoire : Un revenge drama se déroulant dans les années 70, dans lequel un homme doit prouver l'innocence de son père condamné à mort ; manque de chance, il tombe amoureux de la même femme que le juge.
> En Septembre
UmutsuzEvKadinlari-300 - Umutsuz Ev Kadınları - Saison 3 (FOX)
Le genre : Dramédie
L'histoire : Nouvelle saison de l'adaptation turque de Desperate Housewives ; la série est dorénavant diffusée par FOX, et non plus Kanal D.
> En Octobre

CANADA Anglophone


Même en diffusant de nombreuses séries américaines du moment, les chaînes canadiennes anglophones trouvent de la place pour leurs commandes originales. Beaucoup, bien-sûr, sont des renouvellements (je compte seulement deux nouveautés en cette rentrée), mais d'un autre côté, pourquoi réparer ce qui n'est pas complètement cassé ?

PackageDeal-300 - Package Deal (Citytv)
Le genre : Comédie
L'histoire : 3 frères qui n'ont rien en commun sinon les liens du sang sont perpétuellement impliqués les uns dans la vie des autres. Mais quand l'un d'entre eux entame une relation sérieuse, le risque que se rompe cette relation fraternelle plane au-dessus de leur tête.
Le plan : 13 épisodes
> A partir du 30 Septembre - Pilote diffusé en Juin
Cracked-300 - Cracked - Saison 2 (CBC)
Le genre : Procedural
L'histoire : Une unité de police mélangeant policiers et psychiatres intervient dans le cas de crimes particulièrement dérangeants et/ou impliquant des criminels mentalement perturbés.
Le plan : 20 épisodes
> A partir du 30 Septembre
MurdochMyteries-300 - Murdoch Mysteries - Saison 7 (CBC)
Le genre : Period drama/Procedural
L'histoire : Retour de la série d'enquêtes se déroulant au 19e siècle.
Le plan : 18 épisodes
> A partir du 30 Septembre
Played-300 - Played (CTV)
Le genre : Procedural
L'histoire : Chaque semaine, les membres d'une unité spécialisée doivent infiltrer le monde criminel afin de pouvoir collecter des preuves et, à terme, procéder à des arrestations. Mais quand les plans compliquées et les interrogatoires sous tension sont finis, il faut revenir à une vie normale...
Le plan : 13 épisodes
> A partir du 3 Octobre
RepublicofDoyle-300 - Republic of Doyle - Saison 5 (CBC)
Le genre : Crime dramédie
L'histoire : les Doyle père et fils travaillent ensemble comme détectives privés.
Le plan : 16 épisodes
> A partir du 6 Octobre
CallMeFitz-300 - Call Me Fitz - Saison 4 (HBO Canada)
Le genre : Dramédie
L'histoire : Larry, éternelle bonne conscience de Fitz, voit sa vie personnelle se modifier, et profite de l'occasion pour se plonger dans l'album de souvenirs des Fitzpatrick, dévoilant plus encore les origines de leurs dysfonctionnements... Pendant ce temps, Fitz a un nouvel ennemi.
> A partir du 7 Octobre
Icone-PlusTard - pour CBC : en octobre, Heartland ; de nouvelles saisons pour Mr. D et Arctic Air.

CANADA Francophone


Pour tous ceux qui craignent de ne pas comprendre un mot des séries précédemment citées (et/ou de ne pas trouver de sous-titres), il reste l'option de se tourner vers les séries québécoises. De nombreuses séries sont de retour, mais les nouveautés ne sont pas en reste ; TVA et Radio-Canada ICI se disputent âprement l'attention des spectateurs, comme vous allez le voir. Une seule véritable inconnue en ce qui me concerne : je n'ai pas trouvé de date pour la suite de la diffusion de la série O', dont la seconde partie des épisodes de la saison 2 devraient être diffusés en automne. A un moment. Je suppose ?

Yamaska-300 - Yamaska - Saison 5 (TVA)
Le genre : Drama
L'histoire : Après que la saison 4 se soit achevée sur un mariage, qu'est-il advenu des habitants de Granby ?
> A partir du 9 Septembre
Unite9-300 - Unité 9 - Saison 2 (Radio-Canada ICI)
Le genre : Prison drama
L'histoire : 48 heures après la fin de la saison 1, nous revoilà plongés dans la vie des détenues de Lietteville. Prévoir de nombreux changements de casting, de la tension... et une nouvelle unité à découvrir !
Le plan : 24 épisodes
> A partir du 10 Septembre
Lavieparfaite-300 - La vie parfaite (Radio-Canada ICI)
Le genre : Comédie
L'histoire : Eric et Julie, un couple avec 3 enfants ont comme beaucoup un quotidien effreiné. Lorsque le père d'Eric décède, laissant de nombreuses dettes, sa mère Estelle emménage avec le couple, rendant la vie sous un même toit encore plus compliquée !
Le plan : 13 épisodes
> A partir du 11 Septembre
LesPecheurs-300 - Les Pêcheurs (Radio-Canada ICI)
Le genre : Comédie
L'histoire : chaque semaine, Martin Petit emmène d'autres humoristes (dans leur propre rôle) pour une partie de pêche généralement chaotique, les comédiens ayant moins de talent pour ferrer le poisson que pour se mettre dans des situations impossibles.
Le plan : 13 épisodes
> A partir du 11 Septembre
LesBobos-300 - Les Bobos - Saison 2 (Télé-Québec)
Le genre : Comédie
L'histoire : Les Maxou, qui ont pour ainsi dire inventé tout ce qui est "in" sur le Plateau-Mont-Royal (ils ont d'ailleurs été les premiers à dire "in"), sont de retour pour de nouvelles aventures écologiquement responsables.
> A partir du 13 Septembre
ToutelaVérité-300 - Toute la Vérité - Saison 5 (TVA)
Le genre : Legal drama
L'histoire : La série se glisse dans les bureaux de procureurs en prise avec les difficultés ou les violences du quotidien. Mais derrière la robe se cachent aussi des hommes et des femmes qui ont également leurs propres problèmes.
> A partir du 16 Septembre
Unsur2-300 - Un sur 2 - Saison 2 (TVA)
Le genre : Drama
L'histoire : Un sur 2 chronique la difficile relation entre Michel et Luce, qui se sont séparés brutalement mais qui doivent trouver un point d'équilibre pour leur fille Léa. La série accueille 3 nouveaux personnages qui ne simplifieront certainement pas les choses.
Le plan : 20 épisodes
> A partir du 17 Septembre
MemoiresVives-300 - Mémoires vives - Saison 2 (Radio-Canada)
Le genre : Drame
L'histoire : Mémoires vives est le nom d'une organisation qui cherche des personnes disparues, créée lorsque Jacques et Francine ont dû faire face à la disparition de leur fille 30 ans plus tôt. Bien qu'aujourd'hui séparés, ils continuent de venir en aide aux familles déchirées.
> A partir du 17 Septembre
LeGentleman-300 - Le Gentleman - Saison 3 (TVA)
Le genre : Thriller
L'histoire : Après deux ans d'absence, la série revient pour une nouvelle saison dans laquelle le Gentleman devra travailler sur deux affaires en apparence totalement indépendantes.
> A partir du 25 Septembre
Icone-PlusTard - pour Radio-Canada : cet hiver, Trauma saison 5 ; et Série noire, sur les déboires de 2 scénaristes dont la série policière a été un échec, et qui doivent par tous les moyens y apporter du réalisme ;
- pour TVA : 2 nouveautés, Les beaux malaises et Les jeunes loups (écrite par le scénariste de Scoop) ;
- pour Séries+ : début 2014, La Marraine, une mini-série sur Ines Barbosa-Hernandez, condamnée pour trafic de drogue dans les années 90.

Amérique du Sud


Bon, ce n'est pas un pays que je vous propose d'aborder pour finir, mais tout un continent ! En effet, place à la nouvelle série de HBO Latino, qui sera diffusée simultanément en version originale dans les pays d'Amérique latine, ainsi qu'avec sous-titres pour le marché Brésilien. Cela n'empêche nullement HBO Latino de rediffuser également l'unique saison de Preamar.

Profugos-300 - Prófugos - saison 2 (HBO Latino)
Le genre : Drama/Thriller
L'histoire : Quand le trafic de frogue tourne mal, il est temps de mettre le voiles. Pour une deuxième saison, les fugitifs de Prófugos continuent leur course à travers le pays pour échapper aussi bien à la mafia qu'à la Justice.
Le plan : 13 épisodes
> A partir du 15 Septembre

...Si vous vous inquiétez de ne pas tout retenir, et c'est normal, ne vous en faites pas : le Pilot Watch revient prochainement sous une nouvelle form- ah, pardon, j'en ai déjà trop dit. En tous cas, estimez-vous heureux, je garde les nouveautés asiatiques pour plus tard, d'autant que la prochaine saison japonaise ne commencera que début octobre. Il faudrait aussi citer les séries brésiliennes comme la 2e saison de Suburbia, mais, à un moment il faut faire des choix.

Vous voilà parés pour faire votre choix dans quelques uns parmi les très nombreuses séries de la planète à être diffusées cet automne. Vous pouvez aussi  me suggérer des ajouts si vous le souhaitez.
Il y a forcément au moins une langue dans le lot que vous compreniez ! Alors maintenant, c'est à vous de me dire : qu'est-ce qui vous intéresse cet automne ?

Posté par ladyteruki à 16:00 - Love Actuality - Permalien [#]

05-07-12

On n'a pas tous les jours 13 ans (heureusement)

La dernière fois que j'avais lu un roman en préambule de son adaptation en série, c'était pour The Slap. L'expérience était intéressante parce que la structure du roman était originale ; en le lisant j'ai aussi découvert combien son ton unique rendant l'adaptation compliquée (notamment de par le parti pris totalement subjectif) et passionnante. Découvrir la série à l'issue de cette (copieuse) lecture était très intéressant, et apportait une dimension supplémentaire au visionnage.
En apprenant l'adaptation prochaine de Puberty Blues, j'ai donc décidé, forte de ce bon souvenir littéraire, de me procurer à nouveau l'original, et de voir ensuite ce que la version télévisée donnera. A ce stade je me tâte également pour savoir si je regarde le film en amont de la diffusion de la série Puberty Blues, également.
Pour quelqu'un qui ne lis presque plus de fiction, ce genre de démarche est plutôt significative, et tout élan de ce type est à encourager ; d'autant que cela permet d'aborder la question de l'adaptation avec un regard relativement neutre, puisque l'attachement avec l'oeuvre originale n'est pas antérieur à l'annonce de l'adaptation, et que la lecture du roman se pratique justement dans le but de voir l'adaptation.
Curieusement, pour une raison que j'ignore, j'ai tendance à faire ce genre de choses uniquement avec des romans/séries australiens pour le moment.

Pourtant, il est une série pour laquelle je résisterai toujours à la tentation de lire l'ouvrage d'origine : Cloudstreet. D'abord parce que voir la série d'abord et lire le roman ensuite me semble plus préjudiciable que dans l'autre sens, et puis, surtout, parce que la mini-série est si parfaite que je veux m'en tenir à ce qu'elle m'a délivré.

PubertyBlues_SneakPeek

Si je vous parle de tout ça, ce n'est pas juste pour vous raconter ma vie, car votre oeil de lynx vous l'aura peut-être indiqué, mais la rubrique du jour est Love Actuality. Je sais, ça fait des lustres, pardon, pardon. Avec un twist, comme vous allez le voir.

Voici en effet, en avant-première, la première bande-annonce de la mini-série Puberty Blues, que Ten diffuse apparemment depuis environ 24 heures. Comme vous le voyez, pour l'instant aucune date de diffusion n'est annoncée, mais étant donné qu'en Australie, on peut découvrir la diffusion d'une série deux ou trois semaines avant son lancement, et rarement avant, et vu le degré de finition qui émane de ce trailer, j'aurais tendance à me tenir prête à dégainer mon disque dur dans les prochaines semaines. Peut-être éventuellement pendant, ou juste après les Jeux Olympiques ? Je dis ça pifométriquement, mais je le sens bien comme ça ; surtout que ce sont Nine et Foxtel qui ont les droits pour les JO, donc il faudra bien des munitions aux autres chaînes pendant ce temps ; enfin on verra.
Bon allez, j'arrête de bavarder, vous avez très envie de cliquer sur le bouton lecture... et je ne vous en blâme pas !

Via if.com.au

Contrairement, toutefois, à mon expérience avec The Slap, au cours de laquelle j'avais évoqué le roman principalement au moment de discuter du pilote, je vais profiter de ce trailer pour vous parler du roman de Puberty Blues.
...Qu'entre parenthèses j'ai eu pour moins de 10€ via Amazon, je dis ça juste comme ça en passant. Si vous avez besoin de lecture cet été, Puberty Blues n'est pas très épais, il est relativement accessible (en-dehors de quelques expressions argotiques australiennes, et de parfois quelques dialogues ponctuels s'approchant plus de la phonétique que d'autre chose, afin de retranscrire les accents de certains surfers), et puis, très franchement, lire des histoires sur le surf pendant l'été, c'est de circonstance. En prime, mon édition avait une préface de Kylie Minogue, faites de cette information ce que vous voulez.

Puberty Blues est un roman écrit à quatre mains par deux adolescentes, Gabrielle Carey et Kathy Lette. L'histoire est écrite à la première personne, et l'héroïne synthétise des anecdotes réelles en un seul personnage, bien qu'à l'occasion sa meilleure amie permette de délivrer des anecdotes complémentaires ou simplement un point de vue différent.
En somme, il ne s'agit pas d'une autobiographie à proprement parler, mais les histoires ont une valeur autobiographique tout de même. Cela se sent d'ailleurs au ton du roman qui lui donne un côté très authentique (mais d'un autre côté on s'était laissés berner par Des cornichons au chocolat), qui retranscrit bien l'état d'esprit des deux héroïnes (et donc des deux auteurs), âgées de 13 ans au moment des faits, c'est-à-dire à la fin des années70.
Ca, c'est le côté théorique.

Dans la pratique, Puberty Blues est un roman assez court, voire même expéditif. Est-ce parce que ses deux héroïnes sont trop jeunes pour prendre du recul ? Est-ce parce qu'elles sont emportées dans le tourbillon de leur nouvelle vie sociale et qu'elles n'ont pas le temps de penser à ce qui leur arrive ? Probablement un peu des deux. Le livre développe en tous cas très peu leur ressenti, faisant apparaitre les évènements comme quelque chose de factuel. Les filles ne portent finalement pas ou peu de jugement sur ce qui leur arrive, leurs émotions, ou même les émotions de leur petit ami. Cela traduit finalement avec beaucoup de finesse, en filigrane, l'impression d'embrigadement qui ressort de leur incorporation dans un gang de surfers.
De petites collégiennes parmi tant d'autres, elles vont en effet se retrouver dans le groupe dominant de leur établissement, et la spirale va les embarquer non seulement dans la consommation d'alcool et de drogues, mais également de sexe pas tout-à-fait consenti.

C'était d'ailleurs ce dernier point qui avait ma plus grande attention : le viol quasiment institutionnalisé des adolescentes fréquentant les groupes de surfers, et celui-là en particulier puisqu'il s'agit du plus important dans le coin, et que les choses y sont forcément plus dures qu'ailleurs (lors de leur escalade de l'échelle sociale, les filles vont d'ailleurs être mises face à des "responsabilités" sexuelles croissantes vis-à-vis des surfers qui les accueillent dans leur groupe). Le système est bien rodé lorsqu'elles arrivent dans le clan, d'ailleurs : chaque surfer a une "petite-amie" attitrée qui lui est recommandée par les autres filles de la bande. La petite-amie reçoit des petits cadeaux, et en échange elle garde les serviettes pendant que les garçons surfent, pourvoit son homme en rafraichissements, et naturellement se tient disponible pour le sexe.
L'idée de "petite-amie" est donc largement pervertie, et c'est d'ailleurs la mise en lumière de cette organisation sexiste qui vaut à Puberty Blues sa classification de roman proto-féministe, puisque la façon dont les héroïnes vont se soumettre, puis quand même, sur la fin, un peu, questionner ce système oppressif, montre bien l'état d'esprit de jeunes filles à qui on n'a pas parlé de féminisme (et certainement pas les parents, présences fantomatiques n'ayant aucune sorte d'importance dans la vie des adolescents qui se comportent comme s'ils étaient de jeunes adultes indépendants), mais qui vont quand même découvrir l'importance de prendre de la distance.
C'est d'ailleurs d'autant plus angoissant que ces gamines (osons le dire) n'ont pas la moindre éducation sexuelle, elle savent tout juste où se trouve leur vagin, et ne parlons même pas de contraception. Les questions de grossesse, d'avortement et de fausse-couche vont donc être traitées en solitaire, avec pour seule aide celle des copines passées par la même chose. Des aveugles guidant des aveugles...

Alors du coup, ce trailer me rappelle mes craintes au sujet de l'adaptation.
C'est la présence de Claudia Karvan (Spirited) qui m'avait fait tiquer, lors de l'annonce du cast de la série. Comment, dans un univers aussi fermé où les adolescents vivent entre eux, et dans un système s'apparentant, à peu de choses près, à des dérives sectaires (le terme de "gang" n'est de ce point de vue-là pas usurpé, même si clairement il n'est pas à entendre de la même façon qu'un gang de motards dans Bikie Wars) sauf que l'océan remplace la religion mais où les rôles de dominants/dominés sont interprétés de façon similaire, peut-on ajouter le point de vue des adultes (pléthoriques, vu la liste des acteurs) ? Au vu de cette bande-annonce, on a l'impression que cela nuit un peu à l'ambiance, que cela lui apporte un côté "gentillet".
Et cela nuit aussi à la conclusion, mais ne comptez pas sur moi pour vous la donner, tant c'est probablement la pièce-maîtresse du roman. Dans toute sa simplicité naïve, et sans porter le moindre jugement, sa démonstration est cinglante et je crains que l'intervention parentale ne la diminue.

Pour le reste, il faut quand même bien admettre que ce premier aperçu a de quoi allécher. Le point de vue adopté ("certaines choses changent... d'autres ne changent pas") pour raconter l'histoire est assez naturel, mais permet à la fois de justifier la remise dans le contexte des années 70 (s'adressant ainsi aux parents), et d'intéresser le public adolescent d'aujourd'hui. La présence des parents dans la série peut d'ailleurs se voir comme un mode d'emploi pour ces mêmes parents, je suppose.
On peut également se réjouir, si ce n'était encore fait, de la présence d'Ashleigh Cummings, ravissante petite Dot dans Miss Fisher's Murder Mysteries (et également à l'affiche de Tomorrow when the war began, dans des rôles assez similaires d'ingénue), dont vous aurez reconnu, à n'en pas douter, le minois pendant cette bande-annonce qui lui fait la part belle.

Il est à espérer que la série n'atténuera pas le propos du livre comme avait pu, apparemment, le faire le film. Puberty Blues avait réussi à dépeindre de véritables horreurs sans en rajouter dans le sensationnel (c'est tout à son honneur) et sans porter de jugement, laissant le spectateur se faire sa propre opinion voire même en adoptant un point de vue dénué du moindre point de vue moral, simplement en écoutant ces anecdotes qui, répétons-le encore une fois pour la route, sont avérées, et traduisent ce que des centaines ou peut-être des milliers de jeunes filles ont connu, à une époque similaire, au sein de gangs de surfers.
Mes espoirs pour Puberty Blues, la mini-série, sont donc réels, il y a du potentiel pour raconter quelque chose d'intéressant en se débarrassant des tics, généralement américains (et parfois japonais, quand un dorama se risque par là) qui consistent à apporter immédiatement une sanction morale aux évènements. J'espère que la production n'a pas foiré son coup. On le saura bien vite.

Bon, je papote, je papote, mais vous, il vous inspire quoi ce trailer ?

PS : incidemment, Kathy Lette a plus tard écrit Mad Cows, dans l'adaptation ciné duquel Anna Friel a joué. Le monde est petit. On en revient toujours aux mêmes...

Posté par ladyteruki à 13:39 - Love Actuality - Permalien [#]

20-04-12

Fontaine de jouvence

Il est un fait que l'Australie nous a offert de sacrées bonnes surprises en ce début d'année : Outland (dont j'ai hélas toutes les peines du monde à trouver les derniers épisodes), Miss Fisher's Murder Mysteries, et Woodley. Et encore je vous ai pas encore parlé de Danger 5, j'attends d'avoir avancé (je n'ai eu le temps que de voir le premier épisodes), mais vous n'allez pas être déçus là non plus.  Ah ça, The Straits mis à part, l'Australie a bien commencé sa saison !
Mais ça, c'est la moyenne. Or si d'un point de vue général, l'impression est plutôt bonne, quand on se penche sur le cas de Woodley, je deviens purement et simplement extatique. C'est une véritable petite merveille dont j'ai, hélas trop brièvement, vanté les mérites dans le SeriesLive Show de ce soir, alors permettez que, au terme de son dernier épisode, je vous fasse un petit post de bilan pour vous encourager à découvrir cette série vraiment pas comme les autres.

FrankWoodley

J'avais vraiment envie de continuer mon post sur le même ton. Envie de vous dire comment, en l'espace d'à peine 8 épisodes, Woodley a su faire preuve de toutes les qualités nécessaires aux comédies immortelles : une énorme dose d'humour, des personnages attachants en diable, et de l'émotion comme dans vos rêves téléphagiques les plus fous.

Comment Woodley est un vibrant hommage au spectacle vivant à travers son interprète principal impressionnant et unique en son genre : Frank Woodley danse, saute, jongle, fait des pirouettes et des cascades ; il devient plus ou moins littéralement un clown, un acrobate, un équilibriste, un Pierrot de la lune est un homme élastique, un véritable athlète dans un corps comme désarticulé et pourtant incroyablement agile, fait de maladresses autant que d'adresse prodigieuse ; ce n'est pas un rôle que l'on attribue, c'est un rôle qu'on est, et que seul Frank Woodley pouvait être, c'est certain.

Comment les épisodes sont très différents, certains très mélancoliques, d'autres presque entièrement basés sur le slapstick.

Comment Woodley possède un art consommé de la narration, et est capable de raconter dans ses épisodes de véritables histoires en 24 minutes avec presque pas de dialogues mais sans jamais être superficielle.

Comment Woodley a aussi su mettre en place dés le pilote un cadre très clair au sein duquel la moindre situation ultérieure prend un tour plus touchant, sans qu'il ne s'agisse une mini-série à proprement parler : Woodley est conçue pour que les épisodes soient regardables indépendamment, tout simplement parce que la série est destinée à toute la famille.

Comment Woodley parle aussi bien aux petits, qui s'amuseront des singeries de son interprète (et de bon coeur, je le soupçonne), qu'aux adultes à travers des thèmes dans lesquels chacun se reconnaîtra, qu'il s'agisse de la peur de grandir, de perdre ce qui nous est cher, ou tout simplement l'impression que le monde est une taille trop grand pour nous.

Comment le charme magique de Woodley opère grâce à son esthétique rétro et sa musique inoubliable, rendant instantanément la série unique et pourtant intemporelle.

Comment Woodley est une série enchanteresse aux épisodes versatiles, enfin, qui donnent envie au spectateur même blasé de retomber en enfance pour avaler goulûment pitreries et idées fantasques dans des univers aussi fascinants que la mode, le cirque, ou même une maison-témoin, avec le même don pour les épisodes "à thème" que Pushing Daisies.

Mais même en prenant sur moi, j'ai du mal à chanter les louanges de Woodley là maintenant tout de suite. Pas alors que son ultime épisode m'a déchiré le coeur. C'est que, voyez-vous, Woodley est vraiment la comédie la plus douce-amère que je connaisse, et étant donné ses audiences, elle ne connaîtra probablement jamais de saison 2. Alors la voir finir comme ça ? Je suis trop triste.
Là, maintenant, tout de suite, j'ai envie de bouder un bon coup et d'aller pleurer en secouant très fort les épaules, le visage enfoui dans les bras de Fuzzby. Mais c'est normal, c'est parce que devant Woodley, je suis une petite fille.
Mais une petite fille qui va commander un DVD australien dans quelques semaines.

Posté par ladyteruki à 23:52 - Review vers le futur - Permalien [#]

03-04-12

lady's world tour - Escale n°7

Et si on se jetait un petit world tour derrière la cravate, comme ça, vite fait ? Ca vous tente pas ?
A titre expérimental, je me suis dit que j'allais tenter un world tour plus rapide, pour voir si ça vous tente. Au programme, on a un peu d'Australie, beaucoup de Scandinavie, et une news pour la Belgique, pour laquelle j'ai hélas peu de sources, donc j'en profite pour passer un appel : je ne m'y connais absolument pas en séries belges ! Il faut que ça change !
En attendant, voilà ce qui s'est passé ces derniers jours.

MissFisherRenewed

- AUSTRALIE : l'empreinte de rouge à lèvres du crime
On commence avec la délicieuse série Miss Fisher's Murder Mysteries, qui, alors qu'elle se vend comme des petits pains à l'occasion du MIP TV qui se tient actuellement à Cannes, a de bonnes choses à annoncer. Outre qu'elle sera diffusée par DR au Danemark, Kanal 9 en Suède ou encore Globosat au Brésil, la vraie annonce qui déchire, c'est que la fascinante détective reviendra pour une deuxième saison de 13 épisodes, qui doit entrer en production au plus vite de sorte que ces nouveaux épisodes soient prêts à la fin de l'année. Elle est pas belle, la vie ?

- AUSTRALIE toujours : Ten fait des vagues
Je m'en étais fait l'écho voilà quelques jours sur Twitter mais j'en profite pour revenir sur le sujet, la série faisant partie de celles sur lesquelles je garde un oeil. Puberty Blues, adaptée du roman semi-autobiographique de deux jeunes adolescentes qui intègrent un groupe de surfeurs dans les années 70 (faisant ainsi le cruel apprentissage de la drogue et du sexe presque consenti), a annoncé son casting, et il y a du beau linge : Claudia Karvan (Spirited), Jeremy Lindsay Taylor (City Homicide), Susie Porter (East West 101, donc on devrait d'ailleurs reparler sous peu), Rodger Corser (Spirited, Rush), Brenna Harding (Packed to the Rafters, My Place), Sean Keenan (Lockie Leonard, Cloudstreet),  Charlotte Best (Home and Away), Katie Wall (Dangerous, Underbelly), Reef Ireland (Tangle, Rush) et Isabelle Cornish (Home and Away) seront de l'aventure. Contrairement au roman, qui il est vrai était en définitive très court, la série ne devrait pas se borner à suivre les adolescentes mais aussi leur entourage notamment familial (voilà ce qui explique la présence de Karvan qu'on imagine mal jouer les seconds couteaux). Le tournage commence d'ailleurs mardi prochain... vu le thème et le tour que prennent les choses, je ne serais pas étonnée de découvrir la série sur les écrans australiens cet été. On se tient informés, hein.

- BELGIQUE : nouveauté explosive
La Belgique se prépare à accueillir un nouvelle chaîne... TNT. Après HBO, qui s'est implantée entre autres en Europe de l'Est et plus récemment aux Pays-Bas, c'est donc au tour d'une autre chaîne câblée américaine de faire des petits en Europe. Pour l'instant il n'est pas encore question de produire du contenu original local, et les spectateurs pourront simplement avoir un accès accéléré aux productions que les spectateurs de TNT aux Etats-Unis voient chez eux (Shameless, Men of a Certain Age, Memphis Beat, Web Therapy, et la série de Ricky Gervais PhoneShop sont les premières à occuper la grille pour le lancement). Mais il est certain que cela ouvre des possibilités. Les Belges pourront découvrir la chaîne TNT Belgique à partir du 10 avril, et elle devrait être gratuite pendant un mois pour les abonnés de Telenet.

Heisenberg
- NORVEGE : du lourd
Parce que, depuis que je suis petite, je porte énormément d'intérêt aux séries de guerre, et qu'en plus je suis toujours ravie de détromper ceux qui croient que la Scandinavie ne nous apporte que des polars, je suis ravie d'apprendre que NRK a commandé une série se déroulant pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais au lieu de nous montrer de simples combats, la série, qui à ce stade ne porte pas encore de nom, devrait s'intéresser au scientifique allemand Werner Heisenberg, qui travaillait sur un projet de bombe atomique pouvant mettre fin à la guerre en travaillant à partir d'eau enrichie en hydrogène, produite en Norvège. Un commando britannique est alors envoyé en direction de son laboratoire caché dans les montagnes norvégiennes afin de détruire l'installation... J'ajoute qu'on a également appris que NRK est actuellement en train de négocier avec NEtflix la possibilité d'une deuxième saison pour Lilyhammer.

- SUEDE : Cocorico !
Une société de production suédoise a décidé de produire une adaptation du roman Le dernier lapon, d'Olivier Truc. On est d'accord que c'est pas très suédois, comme nom, eh bien figurez-vous que l'homme est un journaliste français, correspondant du Monde en Suède notamment. Original, non ? La série s'intéressera à une enquête policière à la fois sur un meurtre et sur le vol d'un artefact historique qui ravive les tensions entre deux parties de la population arctique : les lapons, et des fondamentalistes opposés à leurs croyances. Par contre, le tournage de la série ne devrait pas commencer avant le début de l'année 2013 car la boîte de prod Nice Drama a du pain sur la planche avec un autre projet, en co-production avec une société de production française (re-cocorico) sous le titre de Jour polaire, dans laquelle un enquêteur français vient en Suède pour enquêter sur la mort d'un politicien français. Six épisodes sont prévus, et ce serait bien le diable si on ne voyait pas au moins une de ces séries sur notre sol !

- FINLANDE : charmantes nymphettes
On reste définitivement au Nord avec un troisième pays de destination... plus rare, celui-là ! En projet en vue d'une diffusion à l'automne 2013 sur MTV3 (le tournage est planifié pour septembre), la série Nymfit est actuellement présentée à Cannes pendant le MIP TV. Inspirée par la mythologie grecque, la série met en scène trois nymphes à la jeunesse éternelle, qui vivent parmi les humains. Mais on est loin des gentilles petites créatures innocentes qu'on met souvent derrière le terme de nymphe, puisque nos protagonistes ont besoin de se nourir d'hommes pour préserver leur jeunesse... Les choses s'enveniment encore quand l'une des nymphes tombe amoureuse. En tout, ce sont 12 épisodes de trois quarts d'heure qui sont prévus.

On constatera qu'au passage, même s'il se passe beaucoup de choses en Scandinavie, la durée de développement n'est pas tellement différente de celle qu'on connait en France. Je trouve ça intéressant parce que, autant aux USA, au Japon, en Corée du Sud ou en Australie, on a l'impression que les choses vont plutôt vite, autant en Scandinavie, on n'est pas tellement dans un modèle de production industriel alors qu'il y a un véritable boom, de toute évidence. Comme quoi, c'est encore pas ça la raison qui fait que la fiction française n'est pas au top du top actuellement. Il faudra donc chercher les explications ailleurs...

Bon alors au fait, le world tour plus court, on garde, ou on revient à l'ancienne formule ?

Posté par ladyteruki à 22:37 - Love Actuality - Permalien [#]

27-03-12

Délicieux anachronisme

BlackMarch

Comme le temps passe vite ! Figurez-vous un peu qu'au début du mois, Miss Fisher's Murder Mysteries était une série que je me mettais de côté pour avoir des pilotes à regarder pendant le Black March. De toute façon, ça ne servait à rien de se précipiter pour le regarder puisqu'aucun autre épisode n'allait être diffusé avant le début dudit Black March, alors, bon...
Et voilà qu'au final, je n'y ai pas touché depuis plus d'une vingtaine de jours ! Il était grand temps d'y remédier, ne serait-ce que pour décider du sort de la série dans mon "planning" d'avril. C'est que, héhé, dans quelques jours, on revient aux affaires ! Alors, Miss Fisher's Murder Mysteries, on garde, ou bien ?

Phryne

Laissez-moi couper court au suspense : OUI. Mais uniquement parce qu'on n'en attend pas non plus une révolution. Aussi badine que peut l'être son héroïne, Miss Fisher's Murder Mysteries est une série qui dégage le même parfum rétro qu'un vieux roman d'Agatha Christie paru chez les éditions du Masque : c'est un peu usé, certes, mais à ce stade de raffinement, on peut aussi bien appeler ça un classique.

La série ne fait preuve d'aucune sorte d'originalité et donnera même pendant le pilote d'authentiques envies de rouler des yeux en soupirant "eeet bien-sûr". Mais ce n'est pas grave ! Le charme de Phryne fait son effet, et rares sont les séries de nos jours à bien vouloir nous offrir ce genre de délicieuses investigations enlevées. Des générations de téléphages ont grandi avec les Arabesque et les Columbo, jusqu'à ce que débarquent Les Experts pour (paradoxalement) saloper le travail et lui ôter toute sympathie et bonne humeur, imposant à la place la froideur, la rigueur et la précision scientifique dans les enquêtes. Miss Fisher's Murder Mysteries ne mange pas de ce pain-là, et se regarde avec énormément d'amusement parce que, diable, déjà que le crime augmente à Melbourne, si en plus il faut le prendre au tragique !
Certes, Phryne Fisher bénéficie de l'aide d'un cerveau plus rationnel, en la personne de son amie, le Dr Mac, mais elle ne se base pas sur son travail pour avancer, c'est plutôt une complice au quotidien, qui lui file un coup de main très occasionnel dans le cadre de ses aventures. Par son entremise, l'épisode est paramétré pour répondre aux attentes des spectateurs devenues incontournables en termes de preuves scientifiques dûment examinées, tout comme le recours à de vrais policiers sera nécessaire à un moment, ou à des gros bras bien utiles quand il commence à y avoir un peu d'action. Le pilote concède donc, par petites touches, qu'il y a certaines choses dont on ne saurait plus se passer dans une série d'enquêtes. Mais la présence renversante d'Essie Davis illumine tant et si bien l'écran en permanence qu'on prête à peine attention à ces personnages qui ne sont que des accessoires de plus dans sa scintillante garde-robe.

Ainsi donc, oscillant nonchalamment entre les poncifs du genre et les impératifs télévisuels modernes, le déroulement de cette première enquête est très convenu et ne surprend guère. Ce n'est pas le but, pour tout dire, et en vérité on s'en accommode fort bien. Qu'il s'agisse d'assister aux manifestations du charme têtu de l'héroïne, ou de la voir s'inviter dans une enquête où, concrètement, personne ne lui a demandé son avis, eh bien on suit gentillement, sans protester, en riant soit de l'audace de Madame, soit des petites sceynettes hilarantes qui jalonnent l'épisode (j'ai notamment une affection toute particulière pour l'adorable petite bonne Dot), à l'instar de celle-ci, courte mais désopilante, qui peut cependant présenter un vague aspect spoilerisant :


Black March, tout ça, donc : streaming. Courage, c'est presque fini. Consolez-vous, ça fait partie de ma collection d'extraits sous-titrés.

Il ne faut pourtant pas en conclure hâtivement que Miss Fisher's Murder Mysteries se regarde comme une comédie policière. Un axe peu mis en avant, mais non moins marquant, nous promet un fil rouge plus tragique, en rapport avec la disparition de la soeur de Phryne voilà une décennie. Explicitée le moins souvent possible, cette intrigue est légèrement feuilletonnante visiblement, et, si l'on n'en attend pas grand'chose dans le pilote, elle peut donner une histoire bien troussée sur le long terme. Et surtout, elle apporte des notes plus sévères, voire tragiques, dans cet épisode par ailleurs aussi léger que des bulles de champagne.
Dans un autre registre, il faut quand même bien avouer que Phryne Fisher est une femme en avance sur son temps, et que les dialogues comme les situations soulignent occasionnellement ce fait. Il y a dans son comportement quelque chose de libéré et donc de libérateur, qui a le don de rappeler que certains acquis n'ont pas même un siècle. L'intrigue elle-même, sans vouloir vous en dévoiler les détours (et ce, bien que cela ait fait partie des passages les plus prévisibles), attestera que la condition féminine était il y a encore peu bien précaire...
Un propos subtilement féministe dans une série policière ? On aura tout vu.

A une époque où les séries policières se doivent d'être ci ou ça, et surtout pas autre chose, pour coller au maximum au cahier des charges en vigueur, Miss Fisher's Murder Mysteries propose ainsi une galerie d'anachronismes savoureux à bien des égards tout en faisant preuve, pardon pour le jeu de mot, de remarquables qualités d'adaptation. La série ne manquera, au long de sa course, sans doute pas de charme (cela ne fait en tous cas certainement pas défaut à son interprète principale), mais il ne faut pas en espérer plus que du divertissement de qualité.

Comme les bonbons à la violette de votre grand'mère, les enquêtes de Miss Phryne Fisher ne rassasient pas, mais ont ce petit goût de revenez-y.
Eh bien soit, revenons. Rendez-vous est donc pris pour le mois d'avril.

Posté par ladyteruki à 21:47 - Review vers le futur - Permalien [#]

04-03-12

[DL] Miss Fisher’s Murder Mysteries

BlackMarch

Je confesse que, sachant que Black March imminent, je m'étais gardé quelques séries en réserve, et notamment des pilotes. L'idée était de ne rien cagouler de plus ou de moins, simplement de faire preuve de patience avant de déballer certains épisodes, histoire que la protestation ne se transforme pas en privation (le plus sûr moyen de ne pas tenir mes engagements).
C'est ainsi que Miss Fisher’s Murder Mysteries fait partie des pilotes dont j'ai bien l'intention de me régaler plus tard ce mois-ci, bien que la scène d'ouverture soit très sympathique, et le générique très alléchant.

MissFishersMurderMysteries
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et puis franchement, comment résister au charme d'Essie Davis ? Le générique montre clairement qu'une grande emphase sera mise sur la présence de cette superbe actrice ; outre l'ambiance musicale délicieusement cliché et le côté exagérément rétro, on sent bien que les images mettant en avant son regard bleu et ses pommettes saillantes virent quasiment au culte de la personnalité. Pas moi qui vais m'en plaindre.

En attendant de regarder l'épisode, donc, voici un plutôt bon générique à se mettre sous la dent.

Posté par ladyteruki à 20:59 - Médicament générique - Permalien [#]

24-02-12

Clown triste

Alors que le mois de janvier était placé sous le signe de la mid-season canadienne, forte en nouveautés, février aura été un mois dédié à l'Australie qui, à l'issue de ses vacances estivales (alors, jaloux ?) faisait sa rentrée, les mesures d'audience reprenant à ce moment-là.
Certes, The Straits n'est pas forcément du genre à déclencher des émeutes parmi les téléphages exigeants, Outland ne plaira pas à tout le monde même s'il y a un net mieux à mesure que la série progresse, et on va reparler dans un post très prochain du très attendu Miss Fisher’s Murder Mysteries qui a débuté ce soir, sans compter que l'atypique Danger 5 débarque bientôt, mais en attendant, souffrez que je vous parle d'une série qui a démarré mercredi soir et qui compte déjà parmi les perles de 2012.
Je vous le dis, en ce début d'année, mon petit coeur ne survivra pas à toutes ces merveilles téléphagiques, on est gâtés pourris.

Si vous êtes un peu comme moi, vous avez développé une certaine méfiance vis-à-vis des comédies australiennes : l'humour de Bogan Pride, Housos et autres Angry Boys a en effet de quoi laisser, au mieux, circonspect, quand ce n'est pas l'étrange Wilfred ou Lowdown qui conduisent à s'interroger sur ce que "comédie" signifie aux antipodes (est-ce que par hasard ce serait un synonyme de "fumette" ?). Il y a du bon, c'est certain, mais il y a aussi quand même pas mal de choses qui rappellent qu'il y a un petit décalage horaire. Et encore, j'ose même pas tenter Swift and Shift Couriers, sans quoi je ne croirais plus en rien.

Woodley
Mais c'est sans a priori que je me suis lancée dans Woodley et j'en suis fort aise. C'est une véritable friandise, inspirée par les vieux films muets (et un peu Mr. Bean, si, la référence est obligée). Woodley n'est pas une série d'humour muet. Mais ça se joue à peu de choses. Ses personnages parlent peu, surtout le rôle-titre, mais ils parlent tous quand même. C'est sans doute ce qui lui permet à la fois de se parer d'un charme délicieusement désuet, et de ne pas paraître ridicule et datée.

Ce premier épisode, qui joue timidement son rôle introductif afin de ne pas nous laisser penser qu'on a affaire à une simple série à sketches, nous présente donc le personnage de Woodley, un petit bonhomme qui a la trentaine, mais qui a gardé sa maladresse et son innocence d'enfant. Le problème c'est que Woodley a une petite fille, Ollie, dont il est supposé être responsable... du moins, quand il en a la garde, puisque sa femme a fini par ne plus supporter d'être la seule adulte à la maison, et l'a quitté.
Woodley est regardable par toute la famille, à condition que grands comme petits soient avertis qu'il n'y sera pas question que de plaisanteries. Par moments, Woodley est profondément triste, et son personnage ne s'en cache pas, ou presque : seulement en secouant le lait (regardez, vous comprendrez) ; on le verra même prêt à se jeter du haut d'un pont dans une scène à la fois jolie et mélancolique, mais à vrai dire, beaucoup de choses dans Woodley sont jolies et mélancoliques à la fois.

Reposant essentiellement sur Frank Woodley, son acteur principal, son créateur, son scénariste et son producteur, la série s'appuie aussi sur un sens de la mise en scène évoquant avec plus ou moins d'insistance le début du XXe siècle : musique à l'accordéon et à l'orgue de barbarie, looks rétros, couleurs à la fois vieillottes et pétillantes, plaisir des décors et des détails fleurant bon une certaine nostalgie.
Si Woodley était une série française, on se plaindrait d'améliepoulinisme stéréotypé, mais comme Woodley est une série australienne, on ne moufte pas et on se régale, c'est injuste mais c'est comme ça.

Le studio rétro de Papa Woodley C'est drôle... ...mais c'est triste Une jolie rencontre Woodley au secours d'un canard

Petit bijou plein de rire et de larmes, d'une tendresse à toute épreuve y compris dans ses moments les plus douloureux, parfaitement délicieux même quand certaines blagues se voient un peu venir, parce que le personnage est adorable et attachant au possible, Woodley est une curiosité pleine de charme.
Le genre de série qu'on aurait un peu envie de regarder tous les soirs, plutôt qu'une fois par semaine, à vrai dire.

Posté par ladyteruki à 12:14 - Review vers le futur - Permalien [#]


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