ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

05 juillet 2012

On n'a pas tous les jours 13 ans (heureusement)

La dernière fois que j'avais lu un roman en préambule de son adaptation en série, c'était pour The Slap. L'expérience était intéressante parce que la structure du roman était originale ; en le lisant j'ai aussi découvert combien son ton unique rendant l'adaptation compliquée (notamment de par le parti pris totalement subjectif) et passionnante. Découvrir la série à l'issue de cette (copieuse) lecture était très intéressant, et apportait une dimension supplémentaire au visionnage.
En apprenant l'adaptation prochaine de Puberty Blues, j'ai donc décidé, forte de ce bon souvenir littéraire, de me procurer à nouveau l'original, et de voir ensuite ce que la version télévisée donnera. A ce stade je me tâte également pour savoir si je regarde le film en amont de la diffusion de la série Puberty Blues, également.
Pour quelqu'un qui ne lis presque plus de fiction, ce genre de démarche est plutôt significative, et tout élan de ce type est à encourager ; d'autant que cela permet d'aborder la question de l'adaptation avec un regard relativement neutre, puisque l'attachement avec l'oeuvre originale n'est pas antérieur à l'annonce de l'adaptation, et que la lecture du roman se pratique justement dans le but de voir l'adaptation.
Curieusement, pour une raison que j'ignore, j'ai tendance à faire ce genre de choses uniquement avec des romans/séries australiens pour le moment.

Pourtant, il est une série pour laquelle je résisterai toujours à la tentation de lire l'ouvrage d'origine : Cloudstreet. D'abord parce que voir la série d'abord et lire le roman ensuite me semble plus préjudiciable que dans l'autre sens, et puis, surtout, parce que la mini-série est si parfaite que je veux m'en tenir à ce qu'elle m'a délivré.

PubertyBlues_SneakPeek

Si je vous parle de tout ça, ce n'est pas juste pour vous raconter ma vie, car votre oeil de lynx vous l'aura peut-être indiqué, mais la rubrique du jour est Love Actuality. Je sais, ça fait des lustres, pardon, pardon. Avec un twist, comme vous allez le voir.

Voici en effet, en avant-première, la première bande-annonce de la mini-série Puberty Blues, que Ten diffuse apparemment depuis environ 24 heures. Comme vous le voyez, pour l'instant aucune date de diffusion n'est annoncée, mais étant donné qu'en Australie, on peut découvrir la diffusion d'une série deux ou trois semaines avant son lancement, et rarement avant, et vu le degré de finition qui émane de ce trailer, j'aurais tendance à me tenir prête à dégainer mon disque dur dans les prochaines semaines. Peut-être éventuellement pendant, ou juste après les Jeux Olympiques ? Je dis ça pifométriquement, mais je le sens bien comme ça ; surtout que ce sont Nine et Foxtel qui ont les droits pour les JO, donc il faudra bien des munitions aux autres chaînes pendant ce temps ; enfin on verra.
Bon allez, j'arrête de bavarder, vous avez très envie de cliquer sur le bouton lecture... et je ne vous en blâme pas !

Via if.com.au

Contrairement, toutefois, à mon expérience avec The Slap, au cours de laquelle j'avais évoqué le roman principalement au moment de discuter du pilote, je vais profiter de ce trailer pour vous parler du roman de Puberty Blues.
...Qu'entre parenthèses j'ai eu pour moins de 10€ via Amazon, je dis ça juste comme ça en passant. Si vous avez besoin de lecture cet été, Puberty Blues n'est pas très épais, il est relativement accessible (en-dehors de quelques expressions argotiques australiennes, et de parfois quelques dialogues ponctuels s'approchant plus de la phonétique que d'autre chose, afin de retranscrire les accents de certains surfers), et puis, très franchement, lire des histoires sur le surf pendant l'été, c'est de circonstance. En prime, mon édition avait une préface de Kylie Minogue, faites de cette information ce que vous voulez.

Puberty Blues est un roman écrit à quatre mains par deux adolescentes, Gabrielle Carey et Kathy Lette. L'histoire est écrite à la première personne, et l'héroïne synthétise des anecdotes réelles en un seul personnage, bien qu'à l'occasion sa meilleure amie permette de délivrer des anecdotes complémentaires ou simplement un point de vue différent.
En somme, il ne s'agit pas d'une autobiographie à proprement parler, mais les histoires ont une valeur autobiographique tout de même. Cela se sent d'ailleurs au ton du roman qui lui donne un côté très authentique (mais d'un autre côté on s'était laissés berner par Des cornichons au chocolat), qui retranscrit bien l'état d'esprit des deux héroïnes (et donc des deux auteurs), âgées de 13 ans au moment des faits, c'est-à-dire à la fin des années70.
Ca, c'est le côté théorique.

Dans la pratique, Puberty Blues est un roman assez court, voire même expéditif. Est-ce parce que ses deux héroïnes sont trop jeunes pour prendre du recul ? Est-ce parce qu'elles sont emportées dans le tourbillon de leur nouvelle vie sociale et qu'elles n'ont pas le temps de penser à ce qui leur arrive ? Probablement un peu des deux. Le livre développe en tous cas très peu leur ressenti, faisant apparaitre les évènements comme quelque chose de factuel. Les filles ne portent finalement pas ou peu de jugement sur ce qui leur arrive, leurs émotions, ou même les émotions de leur petit ami. Cela traduit finalement avec beaucoup de finesse, en filigrane, l'impression d'embrigadement qui ressort de leur incorporation dans un gang de surfers.
De petites collégiennes parmi tant d'autres, elles vont en effet se retrouver dans le groupe dominant de leur établissement, et la spirale va les embarquer non seulement dans la consommation d'alcool et de drogues, mais également de sexe pas tout-à-fait consenti.

C'était d'ailleurs ce dernier point qui avait ma plus grande attention : le viol quasiment institutionnalisé des adolescentes fréquentant les groupes de surfers, et celui-là en particulier puisqu'il s'agit du plus important dans le coin, et que les choses y sont forcément plus dures qu'ailleurs (lors de leur escalade de l'échelle sociale, les filles vont d'ailleurs être mises face à des "responsabilités" sexuelles croissantes vis-à-vis des surfers qui les accueillent dans leur groupe). Le système est bien rodé lorsqu'elles arrivent dans le clan, d'ailleurs : chaque surfer a une "petite-amie" attitrée qui lui est recommandée par les autres filles de la bande. La petite-amie reçoit des petits cadeaux, et en échange elle garde les serviettes pendant que les garçons surfent, pourvoit son homme en rafraichissements, et naturellement se tient disponible pour le sexe.
L'idée de "petite-amie" est donc largement pervertie, et c'est d'ailleurs la mise en lumière de cette organisation sexiste qui vaut à Puberty Blues sa classification de roman proto-féministe, puisque la façon dont les héroïnes vont se soumettre, puis quand même, sur la fin, un peu, questionner ce système oppressif, montre bien l'état d'esprit de jeunes filles à qui on n'a pas parlé de féminisme (et certainement pas les parents, présences fantomatiques n'ayant aucune sorte d'importance dans la vie des adolescents qui se comportent comme s'ils étaient de jeunes adultes indépendants), mais qui vont quand même découvrir l'importance de prendre de la distance.
C'est d'ailleurs d'autant plus angoissant que ces gamines (osons le dire) n'ont pas la moindre éducation sexuelle, elle savent tout juste où se trouve leur vagin, et ne parlons même pas de contraception. Les questions de grossesse, d'avortement et de fausse-couche vont donc être traitées en solitaire, avec pour seule aide celle des copines passées par la même chose. Des aveugles guidant des aveugles...

Alors du coup, ce trailer me rappelle mes craintes au sujet de l'adaptation.
C'est la présence de Claudia Karvan (Spirited) qui m'avait fait tiquer, lors de l'annonce du cast de la série. Comment, dans un univers aussi fermé où les adolescents vivent entre eux, et dans un système s'apparentant, à peu de choses près, à des dérives sectaires (le terme de "gang" n'est de ce point de vue-là pas usurpé, même si clairement il n'est pas à entendre de la même façon qu'un gang de motards dans Bikie Wars) sauf que l'océan remplace la religion mais où les rôles de dominants/dominés sont interprétés de façon similaire, peut-on ajouter le point de vue des adultes (pléthoriques, vu la liste des acteurs) ? Au vu de cette bande-annonce, on a l'impression que cela nuit un peu à l'ambiance, que cela lui apporte un côté "gentillet".
Et cela nuit aussi à la conclusion, mais ne comptez pas sur moi pour vous la donner, tant c'est probablement la pièce-maîtresse du roman. Dans toute sa simplicité naïve, et sans porter le moindre jugement, sa démonstration est cinglante et je crains que l'intervention parentale ne la diminue.

Pour le reste, il faut quand même bien admettre que ce premier aperçu a de quoi allécher. Le point de vue adopté ("certaines choses changent... d'autres ne changent pas") pour raconter l'histoire est assez naturel, mais permet à la fois de justifier la remise dans le contexte des années 70 (s'adressant ainsi aux parents), et d'intéresser le public adolescent d'aujourd'hui. La présence des parents dans la série peut d'ailleurs se voir comme un mode d'emploi pour ces mêmes parents, je suppose.
On peut également se réjouir, si ce n'était encore fait, de la présence d'Ashleigh Cummings, ravissante petite Dot dans Miss Fisher's Murder Mysteries (et également à l'affiche de Tomorrow when the war began, dans des rôles assez similaires d'ingénue), dont vous aurez reconnu, à n'en pas douter, le minois pendant cette bande-annonce qui lui fait la part belle.

Il est à espérer que la série n'atténuera pas le propos du livre comme avait pu, apparemment, le faire le film. Puberty Blues avait réussi à dépeindre de véritables horreurs sans en rajouter dans le sensationnel (c'est tout à son honneur) et sans porter de jugement, laissant le spectateur se faire sa propre opinion voire même en adoptant un point de vue dénué du moindre point de vue moral, simplement en écoutant ces anecdotes qui, répétons-le encore une fois pour la route, sont avérées, et traduisent ce que des centaines ou peut-être des milliers de jeunes filles ont connu, à une époque similaire, au sein de gangs de surfers.
Mes espoirs pour Puberty Blues, la mini-série, sont donc réels, il y a du potentiel pour raconter quelque chose d'intéressant en se débarrassant des tics, généralement américains (et parfois japonais, quand un dorama se risque par là) qui consistent à apporter immédiatement une sanction morale aux évènements. J'espère que la production n'a pas foiré son coup. On le saura bien vite.

Bon, je papote, je papote, mais vous, il vous inspire quoi ce trailer ?

PS : incidemment, Kathy Lette a plus tard écrit Mad Cows, dans l'adaptation ciné duquel Anna Friel a joué. Le monde est petit. On en revient toujours aux mêmes...

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20 avril 2012

Fontaine de jouvence

Il est un fait que l'Australie nous a offert de sacrées bonnes surprises en ce début d'année : Outland (dont j'ai hélas toutes les peines du monde à trouver les derniers épisodes), Miss Fisher's Murder Mysteries, et Woodley. Et encore je vous ai pas encore parlé de Danger 5, j'attends d'avoir avancé (je n'ai eu le temps que de voir le premier épisodes), mais vous n'allez pas être déçus là non plus.  Ah ça, The Straits mis à part, l'Australie a bien commencé sa saison !
Mais ça, c'est la moyenne. Or si d'un point de vue général, l'impression est plutôt bonne, quand on se penche sur le cas de Woodley, je deviens purement et simplement extatique. C'est une véritable petite merveille dont j'ai, hélas trop brièvement, vanté les mérites dans le SeriesLive Show de ce soir, alors permettez que, au terme de son dernier épisode, je vous fasse un petit post de bilan pour vous encourager à découvrir cette série vraiment pas comme les autres.

FrankWoodley

J'avais vraiment envie de continuer mon post sur le même ton. Envie de vous dire comment, en l'espace d'à peine 8 épisodes, Woodley a su faire preuve de toutes les qualités nécessaires aux comédies immortelles : une énorme dose d'humour, des personnages attachants en diable, et de l'émotion comme dans vos rêves téléphagiques les plus fous.

Comment Woodley est un vibrant hommage au spectacle vivant à travers son interprète principal impressionnant et unique en son genre : Frank Woodley danse, saute, jongle, fait des pirouettes et des cascades ; il devient plus ou moins littéralement un clown, un acrobate, un équilibriste, un Pierrot de la lune est un homme élastique, un véritable athlète dans un corps comme désarticulé et pourtant incroyablement agile, fait de maladresses autant que d'adresse prodigieuse ; ce n'est pas un rôle que l'on attribue, c'est un rôle qu'on est, et que seul Frank Woodley pouvait être, c'est certain.

Comment les épisodes sont très différents, certains très mélancoliques, d'autres presque entièrement basés sur le slapstick.

Comment Woodley possède un art consommé de la narration, et est capable de raconter dans ses épisodes de véritables histoires en 24 minutes avec presque pas de dialogues mais sans jamais être superficielle.

Comment Woodley a aussi su mettre en place dés le pilote un cadre très clair au sein duquel la moindre situation ultérieure prend un tour plus touchant, sans qu'il ne s'agisse une mini-série à proprement parler : Woodley est conçue pour que les épisodes soient regardables indépendamment, tout simplement parce que la série est destinée à toute la famille.

Comment Woodley parle aussi bien aux petits, qui s'amuseront des singeries de son interprète (et de bon coeur, je le soupçonne), qu'aux adultes à travers des thèmes dans lesquels chacun se reconnaîtra, qu'il s'agisse de la peur de grandir, de perdre ce qui nous est cher, ou tout simplement l'impression que le monde est une taille trop grand pour nous.

Comment le charme magique de Woodley opère grâce à son esthétique rétro et sa musique inoubliable, rendant instantanément la série unique et pourtant intemporelle.

Comment Woodley est une série enchanteresse aux épisodes versatiles, enfin, qui donnent envie au spectateur même blasé de retomber en enfance pour avaler goulûment pitreries et idées fantasques dans des univers aussi fascinants que la mode, le cirque, ou même une maison-témoin, avec le même don pour les épisodes "à thème" que Pushing Daisies.

Mais même en prenant sur moi, j'ai du mal à chanter les louanges de Woodley là maintenant tout de suite. Pas alors que son ultime épisode m'a déchiré le coeur. C'est que, voyez-vous, Woodley est vraiment la comédie la plus douce-amère que je connaisse, et étant donné ses audiences, elle ne connaîtra probablement jamais de saison 2. Alors la voir finir comme ça ? Je suis trop triste.
Là, maintenant, tout de suite, j'ai envie de bouder un bon coup et d'aller pleurer en secouant très fort les épaules, le visage enfoui dans les bras de Fuzzby. Mais c'est normal, c'est parce que devant Woodley, je suis une petite fille.
Mais une petite fille qui va commander un DVD australien dans quelques semaines.

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03 avril 2012

lady's world tour - Escale n°7

Et si on se jetait un petit world tour derrière la cravate, comme ça, vite fait ? Ca vous tente pas ?
A titre expérimental, je me suis dit que j'allais tenter un world tour plus rapide, pour voir si ça vous tente. Au programme, on a un peu d'Australie, beaucoup de Scandinavie, et une news pour la Belgique, pour laquelle j'ai hélas peu de sources, donc j'en profite pour passer un appel : je ne m'y connais absolument pas en séries belges ! Il faut que ça change !
En attendant, voilà ce qui s'est passé ces derniers jours.

MissFisherRenewed

- AUSTRALIE : l'empreinte de rouge à lèvres du crime
On commence avec la délicieuse série Miss Fisher's Murder Mysteries, qui, alors qu'elle se vend comme des petits pains à l'occasion du MIP TV qui se tient actuellement à Cannes, a de bonnes choses à annoncer. Outre qu'elle sera diffusée par DR au Danemark, Kanal 9 en Suède ou encore Globosat au Brésil, la vraie annonce qui déchire, c'est que la fascinante détective reviendra pour une deuxième saison de 13 épisodes, qui doit entrer en production au plus vite de sorte que ces nouveaux épisodes soient prêts à la fin de l'année. Elle est pas belle, la vie ?

- AUSTRALIE toujours : Ten fait des vagues
Je m'en étais fait l'écho voilà quelques jours sur Twitter mais j'en profite pour revenir sur le sujet, la série faisant partie de celles sur lesquelles je garde un oeil. Puberty Blues, adaptée du roman semi-autobiographique de deux jeunes adolescentes qui intègrent un groupe de surfeurs dans les années 70 (faisant ainsi le cruel apprentissage de la drogue et du sexe presque consenti), a annoncé son casting, et il y a du beau linge : Claudia Karvan (Spirited), Jeremy Lindsay Taylor (City Homicide), Susie Porter (East West 101, donc on devrait d'ailleurs reparler sous peu), Rodger Corser (Spirited, Rush), Brenna Harding (Packed to the Rafters, My Place), Sean Keenan (Lockie Leonard, Cloudstreet),  Charlotte Best (Home and Away), Katie Wall (Dangerous, Underbelly), Reef Ireland (Tangle, Rush) et Isabelle Cornish (Home and Away) seront de l'aventure. Contrairement au roman, qui il est vrai était en définitive très court, la série ne devrait pas se borner à suivre les adolescentes mais aussi leur entourage notamment familial (voilà ce qui explique la présence de Karvan qu'on imagine mal jouer les seconds couteaux). Le tournage commence d'ailleurs mardi prochain... vu le thème et le tour que prennent les choses, je ne serais pas étonnée de découvrir la série sur les écrans australiens cet été. On se tient informés, hein.

- BELGIQUE : nouveauté explosive
La Belgique se prépare à accueillir un nouvelle chaîne... TNT. Après HBO, qui s'est implantée entre autres en Europe de l'Est et plus récemment aux Pays-Bas, c'est donc au tour d'une autre chaîne câblée américaine de faire des petits en Europe. Pour l'instant il n'est pas encore question de produire du contenu original local, et les spectateurs pourront simplement avoir un accès accéléré aux productions que les spectateurs de TNT aux Etats-Unis voient chez eux (Shameless, Men of a Certain Age, Memphis Beat, Web Therapy, et la série de Ricky Gervais PhoneShop sont les premières à occuper la grille pour le lancement). Mais il est certain que cela ouvre des possibilités. Les Belges pourront découvrir la chaîne TNT Belgique à partir du 10 avril, et elle devrait être gratuite pendant un mois pour les abonnés de Telenet.

Heisenberg
- NORVEGE : du lourd
Parce que, depuis que je suis petite, je porte énormément d'intérêt aux séries de guerre, et qu'en plus je suis toujours ravie de détromper ceux qui croient que la Scandinavie ne nous apporte que des polars, je suis ravie d'apprendre que NRK a commandé une série se déroulant pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais au lieu de nous montrer de simples combats, la série, qui à ce stade ne porte pas encore de nom, devrait s'intéresser au scientifique allemand Werner Heisenberg, qui travaillait sur un projet de bombe atomique pouvant mettre fin à la guerre en travaillant à partir d'eau enrichie en hydrogène, produite en Norvège. Un commando britannique est alors envoyé en direction de son laboratoire caché dans les montagnes norvégiennes afin de détruire l'installation... J'ajoute qu'on a également appris que NRK est actuellement en train de négocier avec NEtflix la possibilité d'une deuxième saison pour Lilyhammer.

- SUEDE : Cocorico !
Une société de production suédoise a décidé de produire une adaptation du roman Le dernier lapon, d'Olivier Truc. On est d'accord que c'est pas très suédois, comme nom, eh bien figurez-vous que l'homme est un journaliste français, correspondant du Monde en Suède notamment. Original, non ? La série s'intéressera à une enquête policière à la fois sur un meurtre et sur le vol d'un artefact historique qui ravive les tensions entre deux parties de la population arctique : les lapons, et des fondamentalistes opposés à leurs croyances. Par contre, le tournage de la série ne devrait pas commencer avant le début de l'année 2013 car la boîte de prod Nice Drama a du pain sur la planche avec un autre projet, en co-production avec une société de production française (re-cocorico) sous le titre de Jour polaire, dans laquelle un enquêteur français vient en Suède pour enquêter sur la mort d'un politicien français. Six épisodes sont prévus, et ce serait bien le diable si on ne voyait pas au moins une de ces séries sur notre sol !

- FINLANDE : charmantes nymphettes
On reste définitivement au Nord avec un troisième pays de destination... plus rare, celui-là ! En projet en vue d'une diffusion à l'automne 2013 sur MTV3 (le tournage est planifié pour septembre), la série Nymfit est actuellement présentée à Cannes pendant le MIP TV. Inspirée par la mythologie grecque, la série met en scène trois nymphes à la jeunesse éternelle, qui vivent parmi les humains. Mais on est loin des gentilles petites créatures innocentes qu'on met souvent derrière le terme de nymphe, puisque nos protagonistes ont besoin de se nourir d'hommes pour préserver leur jeunesse... Les choses s'enveniment encore quand l'une des nymphes tombe amoureuse. En tout, ce sont 12 épisodes de trois quarts d'heure qui sont prévus.

On constatera qu'au passage, même s'il se passe beaucoup de choses en Scandinavie, la durée de développement n'est pas tellement différente de celle qu'on connait en France. Je trouve ça intéressant parce que, autant aux USA, au Japon, en Corée du Sud ou en Australie, on a l'impression que les choses vont plutôt vite, autant en Scandinavie, on n'est pas tellement dans un modèle de production industriel alors qu'il y a un véritable boom, de toute évidence. Comme quoi, c'est encore pas ça la raison qui fait que la fiction française n'est pas au top du top actuellement. Il faudra donc chercher les explications ailleurs...

Bon alors au fait, le world tour plus court, on garde, ou on revient à l'ancienne formule ?

Posté par ladyteruki à 22:37 - Love Actuality - Commentaires [1] - Permalien [#]

27 mars 2012

Délicieux anachronisme

BlackMarch

Comme le temps passe vite ! Figurez-vous un peu qu'au début du mois, Miss Fisher's Murder Mysteries était une série que je me mettais de côté pour avoir des pilotes à regarder pendant le Black March. De toute façon, ça ne servait à rien de se précipiter pour le regarder puisqu'aucun autre épisode n'allait être diffusé avant le début dudit Black March, alors, bon...
Et voilà qu'au final, je n'y ai pas touché depuis plus d'une vingtaine de jours ! Il était grand temps d'y remédier, ne serait-ce que pour décider du sort de la série dans mon "planning" d'avril. C'est que, héhé, dans quelques jours, on revient aux affaires ! Alors, Miss Fisher's Murder Mysteries, on garde, ou bien ?

Phryne

Laissez-moi couper court au suspense : OUI. Mais uniquement parce qu'on n'en attend pas non plus une révolution. Aussi badine que peut l'être son héroïne, Miss Fisher's Murder Mysteries est une série qui dégage le même parfum rétro qu'un vieux roman d'Agatha Christie paru chez les éditions du Masque : c'est un peu usé, certes, mais à ce stade de raffinement, on peut aussi bien appeler ça un classique.

La série ne fait preuve d'aucune sorte d'originalité et donnera même pendant le pilote d'authentiques envies de rouler des yeux en soupirant "eeet bien-sûr". Mais ce n'est pas grave ! Le charme de Phryne fait son effet, et rares sont les séries de nos jours à bien vouloir nous offrir ce genre de délicieuses investigations enlevées. Des générations de téléphages ont grandi avec les Arabesque et les Columbo, jusqu'à ce que débarquent Les Experts pour (paradoxalement) saloper le travail et lui ôter toute sympathie et bonne humeur, imposant à la place la froideur, la rigueur et la précision scientifique dans les enquêtes. Miss Fisher's Murder Mysteries ne mange pas de ce pain-là, et se regarde avec énormément d'amusement parce que, diable, déjà que le crime augmente à Melbourne, si en plus il faut le prendre au tragique !
Certes, Phryne Fisher bénéficie de l'aide d'un cerveau plus rationnel, en la personne de son amie, le Dr Mac, mais elle ne se base pas sur son travail pour avancer, c'est plutôt une complice au quotidien, qui lui file un coup de main très occasionnel dans le cadre de ses aventures. Par son entremise, l'épisode est paramétré pour répondre aux attentes des spectateurs devenues incontournables en termes de preuves scientifiques dûment examinées, tout comme le recours à de vrais policiers sera nécessaire à un moment, ou à des gros bras bien utiles quand il commence à y avoir un peu d'action. Le pilote concède donc, par petites touches, qu'il y a certaines choses dont on ne saurait plus se passer dans une série d'enquêtes. Mais la présence renversante d'Essie Davis illumine tant et si bien l'écran en permanence qu'on prête à peine attention à ces personnages qui ne sont que des accessoires de plus dans sa scintillante garde-robe.

Ainsi donc, oscillant nonchalamment entre les poncifs du genre et les impératifs télévisuels modernes, le déroulement de cette première enquête est très convenu et ne surprend guère. Ce n'est pas le but, pour tout dire, et en vérité on s'en accommode fort bien. Qu'il s'agisse d'assister aux manifestations du charme têtu de l'héroïne, ou de la voir s'inviter dans une enquête où, concrètement, personne ne lui a demandé son avis, eh bien on suit gentillement, sans protester, en riant soit de l'audace de Madame, soit des petites sceynettes hilarantes qui jalonnent l'épisode (j'ai notamment une affection toute particulière pour l'adorable petite bonne Dot), à l'instar de celle-ci, courte mais désopilante, qui peut cependant présenter un vague aspect spoilerisant :


Black March, tout ça, donc : streaming. Courage, c'est presque fini. Consolez-vous, ça fait partie de ma collection d'extraits sous-titrés.

Il ne faut pourtant pas en conclure hâtivement que Miss Fisher's Murder Mysteries se regarde comme une comédie policière. Un axe peu mis en avant, mais non moins marquant, nous promet un fil rouge plus tragique, en rapport avec la disparition de la soeur de Phryne voilà une décennie. Explicitée le moins souvent possible, cette intrigue est légèrement feuilletonnante visiblement, et, si l'on n'en attend pas grand'chose dans le pilote, elle peut donner une histoire bien troussée sur le long terme. Et surtout, elle apporte des notes plus sévères, voire tragiques, dans cet épisode par ailleurs aussi léger que des bulles de champagne.
Dans un autre registre, il faut quand même bien avouer que Phryne Fisher est une femme en avance sur son temps, et que les dialogues comme les situations soulignent occasionnellement ce fait. Il y a dans son comportement quelque chose de libéré et donc de libérateur, qui a le don de rappeler que certains acquis n'ont pas même un siècle. L'intrigue elle-même, sans vouloir vous en dévoiler les détours (et ce, bien que cela ait fait partie des passages les plus prévisibles), attestera que la condition féminine était il y a encore peu bien précaire...
Un propos subtilement féministe dans une série policière ? On aura tout vu.

A une époque où les séries policières se doivent d'être ci ou ça, et surtout pas autre chose, pour coller au maximum au cahier des charges en vigueur, Miss Fisher's Murder Mysteries propose ainsi une galerie d'anachronismes savoureux à bien des égards tout en faisant preuve, pardon pour le jeu de mot, de remarquables qualités d'adaptation. La série ne manquera, au long de sa course, sans doute pas de charme (cela ne fait en tous cas certainement pas défaut à son interprète principale), mais il ne faut pas en espérer plus que du divertissement de qualité.

Comme les bonbons à la violette de votre grand'mère, les enquêtes de Miss Phryne Fisher ne rassasient pas, mais ont ce petit goût de revenez-y.
Eh bien soit, revenons. Rendez-vous est donc pris pour le mois d'avril.

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04 mars 2012

[DL] Miss Fisher’s Murder Mysteries

BlackMarch

Je confesse que, sachant que Black March imminent, je m'étais gardé quelques séries en réserve, et notamment des pilotes. L'idée était de ne rien cagouler de plus ou de moins, simplement de faire preuve de patience avant de déballer certains épisodes, histoire que la protestation ne se transforme pas en privation (le plus sûr moyen de ne pas tenir mes engagements).
C'est ainsi que Miss Fisher’s Murder Mysteries fait partie des pilotes dont j'ai bien l'intention de me régaler plus tard ce mois-ci, bien que la scène d'ouverture soit très sympathique, et le générique très alléchant.

MissFishersMurderMysteries
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et puis franchement, comment résister au charme d'Essie Davis ? Le générique montre clairement qu'une grande emphase sera mise sur la présence de cette superbe actrice ; outre l'ambiance musicale délicieusement cliché et le côté exagérément rétro, on sent bien que les images mettant en avant son regard bleu et ses pommettes saillantes virent quasiment au culte de la personnalité. Pas moi qui vais m'en plaindre.

En attendant de regarder l'épisode, donc, voici un plutôt bon générique à se mettre sous la dent.

Posté par ladyteruki à 20:59 - Médicament générique - Commentaires [2] - Permalien [#]

24 février 2012

Clown triste

Alors que le mois de janvier était placé sous le signe de la mid-season canadienne, forte en nouveautés, février aura été un mois dédié à l'Australie qui, à l'issue de ses vacances estivales (alors, jaloux ?) faisait sa rentrée, les mesures d'audience reprenant à ce moment-là.
Certes, The Straits n'est pas forcément du genre à déclencher des émeutes parmi les téléphages exigeants, Outland ne plaira pas à tout le monde même s'il y a un net mieux à mesure que la série progresse, et on va reparler dans un post très prochain du très attendu Miss Fisher’s Murder Mysteries qui a débuté ce soir, sans compter que l'atypique Danger 5 débarque bientôt, mais en attendant, souffrez que je vous parle d'une série qui a démarré mercredi soir et qui compte déjà parmi les perles de 2012.
Je vous le dis, en ce début d'année, mon petit coeur ne survivra pas à toutes ces merveilles téléphagiques, on est gâtés pourris.

Si vous êtes un peu comme moi, vous avez développé une certaine méfiance vis-à-vis des comédies australiennes : l'humour de Bogan Pride, Housos et autres Angry Boys a en effet de quoi laisser, au mieux, circonspect, quand ce n'est pas l'étrange Wilfred ou Lowdown qui conduisent à s'interroger sur ce que "comédie" signifie aux antipodes (est-ce que par hasard ce serait un synonyme de "fumette" ?). Il y a du bon, c'est certain, mais il y a aussi quand même pas mal de choses qui rappellent qu'il y a un petit décalage horaire. Et encore, j'ose même pas tenter Swift and Shift Couriers, sans quoi je ne croirais plus en rien.

Woodley
Mais c'est sans a priori que je me suis lancée dans Woodley et j'en suis fort aise. C'est une véritable friandise, inspirée par les vieux films muets (et un peu Mr. Bean, si, la référence est obligée). Woodley n'est pas une série d'humour muet. Mais ça se joue à peu de choses. Ses personnages parlent peu, surtout le rôle-titre, mais ils parlent tous quand même. C'est sans doute ce qui lui permet à la fois de se parer d'un charme délicieusement désuet, et de ne pas paraître ridicule et datée.

Ce premier épisode, qui joue timidement son rôle introductif afin de ne pas nous laisser penser qu'on a affaire à une simple série à sketches, nous présente donc le personnage de Woodley, un petit bonhomme qui a la trentaine, mais qui a gardé sa maladresse et son innocence d'enfant. Le problème c'est que Woodley a une petite fille, Ollie, dont il est supposé être responsable... du moins, quand il en a la garde, puisque sa femme a fini par ne plus supporter d'être la seule adulte à la maison, et l'a quitté.
Woodley est regardable par toute la famille, à condition que grands comme petits soient avertis qu'il n'y sera pas question que de plaisanteries. Par moments, Woodley est profondément triste, et son personnage ne s'en cache pas, ou presque : seulement en secouant le lait (regardez, vous comprendrez) ; on le verra même prêt à se jeter du haut d'un pont dans une scène à la fois jolie et mélancolique, mais à vrai dire, beaucoup de choses dans Woodley sont jolies et mélancoliques à la fois.

Reposant essentiellement sur Frank Woodley, son acteur principal, son créateur, son scénariste et son producteur, la série s'appuie aussi sur un sens de la mise en scène évoquant avec plus ou moins d'insistance le début du XXe siècle : musique à l'accordéon et à l'orgue de barbarie, looks rétros, couleurs à la fois vieillottes et pétillantes, plaisir des décors et des détails fleurant bon une certaine nostalgie.
Si Woodley était une série française, on se plaindrait d'améliepoulinisme stéréotypé, mais comme Woodley est une série australienne, on ne moufte pas et on se régale, c'est injuste mais c'est comme ça.

Le studio rétro de Papa Woodley C'est drôle... ...mais c'est triste Une jolie rencontre Woodley au secours d'un canard

Petit bijou plein de rire et de larmes, d'une tendresse à toute épreuve y compris dans ses moments les plus douloureux, parfaitement délicieux même quand certaines blagues se voient un peu venir, parce que le personnage est adorable et attachant au possible, Woodley est une curiosité pleine de charme.
Le genre de série qu'on aurait un peu envie de regarder tous les soirs, plutôt qu'une fois par semaine, à vrai dire.

Posté par ladyteruki à 12:14 - Review vers le futur - Commentaires [1] - Permalien [#]


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