ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

22-09-12

I drink to that

Pourquoi n'avais-je pas regardé plus d'une saison de Cheers, déjà ? Je ne me souviens absolument pas de ce qui m'avait arrêtée. Mais cet été, quand j'ai émergé après avoir été privée de connexion à internet pendant près d'un mois, j'ai eu une sorte de mini coup de coeur pour Sullivan & Son.

Le pilote de la série était incroyablement chaleureux, et ses personnages étaient formidablement bien exposés. Il y avait des trésors dedans, comme si la série tentait d'ajouter de bonnes idées à son pitch de départ pour éviter, justement, la comparaison avec Cheers. Et ça fonctionnait incroyablement bien : le héros avocat qui change de vie pour aller reprendre le bar de son père à Pittsburgh, le couple mixte formé par son irlandais de père et sa coréenne de mère, la petite romance avec son béguin de toujours... Plein d'idées qui permettaient d'aller plus loin que la vie au pub, en somme, même si les personnages hauts en couleur qui le fréquentent peuvent, sur le papier, suffire.
Alors, Sullivan & Son, en dépit du fait que ce soit diffusé une série de TBS et que rien n'est, d'ordinaire, very funny sur TBS, est devenu mon sitcom de l'été. Entre autres parce qu'il n'y a pas beaucoup de sitcoms l'été.

SullivanandSon-Spitting

Car il faut bien l'admettre : tout cela ne vole pas bien haut. Le principe est celui d'avoir une bande de personnages et de les retrouver faire les zouaves chaque semaine, accoundés au bar, et pas vraiment d'avoir de l'humour de haut vol. Comme je l'ai dit, c'est une série de TBS, et à l'impossible nul n'est tenu. Mais ça fonctionne quand on s'attache aux personnages, et c'est le cas ici.

Mais reprenons depuis le début : Sullivan & Son commence alors que Steve, un avocat d'affaires travaillant à Wall Street, revient à Pittsburgh fêter l'anniversaire de son père, Jack, un Irlandais typique. Ce dernier tient, avec son épouse coréenne, un pub traditionnel très apprécié dans le coin, qui bien-sûr regorge d'habitués qu'on connait depuis toujours.
Parmi eux, Hank, un vieux ronchon raciste mais pas mauvais bougre dans le fond (on va y revenir), Carol, une mère célibataire dans la cinquantaine et connue pour être une vraie croqueuse d'hommes, Owen, le fils de Carol, le benêt du coin, Melanie, un beau brin de fille aujourd'hui devenue ambulancière, et quelques autres plus mineurs, comme Ahmed et Roy, des amis d'enfance de Steve. Notre héros a également une petite soeur, Susan, qui le jalouse depuis toujours et n'est pas franchement enchantée de le voir.
Steve réalise, en voyant à quel point son père est aimé par ceux qui fréquentent le bar, que sa vie techniquement réussie à New York ne le satisfait pas. Alors, quand pendant la soirée, son père annonce qu'il veut vendre le bar pour prendre sa retraite, Steve décide de le lui racheter, mettant au désespoir sa mère qui était si fière de sa carrière d'avocat.

L'épisode avait donc tout pour plaire, puisque cette fête d'anniversaire était idéale pour montrer l'ambiance dans le pub, et souligner les rapports chaleureux des personnages entre eux. Qui plus est, le passage pendant lequel plusieurs personnages portent un toast en l'honneur de Jack permettait d'en mettre plusieurs en lumière, comme Hank ou Carol. Ces personnages, s'ils ne sortent pas vraiment des sentiers battus et restent parfaitement dans leur cliché, n'en sont pas moins efficaces.

Le pilote était donc bon. Hélas, toutes ses promesses n'ont pas été tenues.
Par exemple, l'un des arguments avancés pour que Steve reprenne le bar de son père, c'est qu'il pouvait continuer à être un avocat en se mettant au service des habitués. Ce ne sera pas un outil très utilisé dans les épisodes suivants, où Steve n'interviendra que de façon mineure, ou, quand ce sera un axe important d'un épisode, ce sera traité de façon pas drôle du tout, comme dans l'épisode où il représente Steve. Donc déjà, voilà un angle qui sera vite oublié. De la même façon, la romance avec Melanie va être presque totalement éclipsée. C'est pas que je courre après les romances, comprenons-nous, mais c'est quand même dommage de laisser tomber cet aspect.
En fait, alors que Steve était au centre du pilote, avec son changement de vie et toute cette sorte de choses, il devient un personnage secondaire, et même si j'en apprécie plusieurs, et si certaines dynamiques qui en ressortent sont assez sympa, ça reste très regrettable que le héros d'une série (et le comédien de stand-up qui a inspiré son pitch, soit dit en passant) soit ainsi relégué en arrière-plan, ponctuant certaines scènes et étant simple témoin de la plupart des autres (avec un personnage très "clown blanc" qui, cela étant, fonctionne plutôt bien au milieu des autres gugusses).

Une grande partie de l'humour de Sullivan & Son repose sur des stéréotypes raciaux ; Steve, qui a du sang irlandais et du sang coréen, donc, va ainsi souvent être renvoyé à son appartenance à l'un ou à l'autre ("Mom, all my life I've been a perfect Korean kid. What if I'm really just... Irish ?"). De la même façon, sa mère est une Coréenne froide, sévère et exigeante, composant ainsi le portrait d'une Tiger Mom assez classique ; à l'inverse, Jack est le type le plus jovial et facile à vivre du monde.
Le fait que le personnage de Hank soit un raciste est, dans ce contexte, plutôt amusant : il fréquente un bar tenu par un couple mixte, il y retrouve chaque jour des personnages d'éthnies variées (Roy est black, Ahmed est... je vous fais pas un dessin), et pourtant, pour "les autres", les étrangers qu'il ne connait pas, il a des termes très cassants et caricaturaux à l'extrême.
Ce n'est probablement pas très politiquement correct, mais ça m'a fait rire de voir tous ces clichés être tournés en ridicule dans le pilote (et les épisodes suivant) par les premiers concernés. De la même façon que son statut de femme facile est totalement assumé par Carol, les personnages ne s'excusent pas d'être ce qu'ils sont, et personne ne sermonne vraiment Hank pour ses sorties racistes (son toast du pilote est truffé de propos de ce genre, mais tout le monde en rigole). Peu importe, dans le fond : sa façon de penser ne l'empêche pas d'être un type sympa au quotidien. Alors il peut bien penser ce qu'il veut, personne n'est blessé et, au contraire, on le prend comme une sorte d'attraction, "aha, notre Hank va encore sortir un truc sur les Mexicains". J'ai beau jeu de ne pas me choquer, puisque je suis blanche (comme le dirait Hank, "technically, Italians are white people too"), mais je trouve que cela permet de relativiser, de se dire qu'un propos raciste, s'il n'est pas pris au sérieux, ne fait de mal à personne, que ce sont les actes qui comptent. C'est d'ailleurs un peu ce qui ressortira du procès de Hank.

SullivanandSon

Mais parmi les vraies réussites de Sullivan & Son, il y a deux éléments qui ne déçoivent jamais.
D'abord, le couple Carol/Owen. Autant Christine Ebersole ne fait que confirmer qu'elle est géniale, autant pour moi, Owen Benjamin est un petit nouveau totalement inconnu ; mais ensemble ils font des étincelles. Ils sont aussi hilarants qu'ils peuvent être attendrissants. C'est un tandem qui fonctionne très bien, et qui apporte très souvent de vrais passages drôles, du genre à me faire m'esclaffer tant il peut être absurde que le fils encourage sa mère à avoir des aventures d'un soir ou que tous les deux forment un duo musical ambigu. C'est là encore parfois de mauvais goût, mais ça fonctionne.
Et puis, l'autre grande réussite, c'est justement le rôle de la mère de Steve, Ok Cha, qui capitalise à elle seule 80% des meilleures répliques de la série. Non seulement l'actrice, Jodi Long, est absolument parfaite (et incarne son personnage avec suffisamment de doigté pour ne pas le rendre totalement prévisible), mais en plus le personnage est systématiquement hilarant. C'est l'avantage des personnages sarcastiques, ils ont souvent le beau rôle, comme Niles le maître d'hôtel l'a appris à une génération de téléphages. Encore faut-il qu'ils soient bien écrits, et c'est ici le cas, sans conteste. Impossible de ne pas jubiler devant certaines de ses répliques.

Pour finir, cette première saison de Sullivan & Son aura vu défiler pas mal de guests venus de l'univers des sitcoms, comme Billy Gardell (Mike & Molly), John Michael Higgins (Happily Divorced), Ted McGinley (Mariés, Deux Enfants), ou encore Chris d'Elia (Whitney), sûrement le plus tordant de tous les guests... voire peut-être de tous les épisodes. Et il s'avère que, dans un sitcom, les guests, eh bah... j'aime ça, voilà. Ca fonctionne et ils sont ici toujours très bien utilisés (à l'exception peut-être de Gardell... qui de toute façon n'est pas un grand génie de l'humour), et ne sont pas juste là pour montrer leur tête et faire un peu de promo (parce que soyons honnêtes, ça pourrait y ressembler) mais bien pour enrichir l'épisode et participer à l'ambiance de la série. On n'est pas dans le pur name-dropping, en somme, même s'il est certain qu'à un moment je m'attendais à ce que quelqu'un de The Big Bang Theory finisse par passer une tête.

Alors, même si Sullivan & Son n'est pas la plus grande série de tout l'univers, ou même de l'année, ou de l'été d'ailleurs, elle est quand même la plus sympathique de la chaîne (certes, la compétition n'est pas féroce...), et elle a ses bons moments. Même si la première saison était un peu inégale, et si Steve Byrne s'efface un peu trop souvent au profit du reste du cast. La deuxième saison, prévue pour le courant de l'année 2013, devrait lui  donner une opportunité de corriger tout ça.
Et même si elle ne le fait pas, après tout, vous savez quoi ? Je m'en fiche. J'aime bien cette petite bande, et à raison de 10 épisodes par saison, c'est un engagement qui ne mange pas de pain.

Posté par ladyteruki à 02:03 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-03-12

Ascèse

BlackMarch

Le Black March, arrivé à mi-parcours, n'est pas vraiment difficile. Cela me surprend, mais seulement à moitié, à dire vrai ; j'avais déjà la conviction que ce ne serait pas si difficile de me "retenir" d'acquérir de nouveaux produits culturels, vu que je m'étais déjà lancé le défi de ne rien cagouler pendant une semaine.
Ici, certes il s'agit de "tenir" un mois entier, mais c'est par conviction et pas juste par jeu. Et puis, finalement, savoir que cette diète ne durera qu'un mois et qu'il ne s'agit pas vraiment de privation, juste d'attendre un peu, permet de mettre les choses en perspective. Le principe n'est pas tant (comme au moment de mon défi d'une semaine) de me dire que je ne dois pas céder au caprice de l'immédiateté, mais d'envoyer un message pendant ce mois.

Il ya eu des instants de tentation, bien-sûr, pendant cette première quinzaine. J'ai lu deux livres qui étaient plus ou moins en attente (Bossypants de Tina Fey, et le roman éponyme qui va donner lieu à la série australienne Puberty Blues) et quand j'ai réalisé que j'avais déjà brûlé toutes mes cartouches, je confesse avoir cliqué instinctivement sur Amazon pour commander Génériques!, avant de me raviser au dernier moment. Inutile de préciser que j'ai envisagé déjà à trois reprises de faire une entorse à mes principes au nom du coffre de Game of Thrones, c'est l'évidence-même. Il y aussi eu ce moment de faiblesse lorsque toutes les reviews sur GCB ont commencé à affluer, mais là encore ça ne s'est pas concrétisé.
Globalement, l'intégrale Wonderfalls puis le Piemarathon permettent de passer un mois plus qu'agréable téléphagiquement, sans être limité à ces deux seuls titres (ainsi que le démontre ce blog depuis 15 jours).
Je n'ai failli qu'une seule fois à mon voeu de ne rien cagouler : quand j'ai fait main basse, un peu plus tôt cette semaine, sur l'émission du Saturday Night Live avec Lindsay Lohan, n'y tenant plus (et étant proprement incapable de trouver en streaming le sketch "The Real Housewives of Disney"). Je suis faible et je ne le conteste pas. Sur le reste, je me suis parfaitement comportée. Et je n'ai pas pris ce petit manquement à ma ligne de conduite comme une autorisation pour laisser tomber le Black March, soit dit en passant, et j'en tire une fierté qui me permet de résister à l'envie de cagouler tout et n'importe quoi.

Finalement, ce mois de retenue a aussi ses avantages. Prendre le temps de regarder les marathons que j'avais mis en attente (au moins quelques uns, disons, puisque j'ai toujours dans un coin de tête de me refaire Jack & Bobby, par exemple) n'en est qu'un parmis tant d'autres.
Lorsque je m'étais lancé le défi d'une semaine, j'avais réalisé au "retour" que plusieurs séries avaient naturellement été éliminées de ma liste. Ainsi The Defenders avait fait les frais de ce recentrage, et je ne l'ai même pas arrêtée volontairement, mais simplement parce qu'à l'issue de mon régime forcé, elle ne comptait pas suffisamment pour que je songe seulement à m'y remettre.

J'ai ouvert récemment un compte sur Pinterest, dans l'idée de tester ce nouveau "réseau social" ; à l'instar de Google+ que j'ai vite déserté, je me réserve le droit, si je ne suis pas convaincue, de finir par plier bagage, mais pour l'instant, le peu d'exigence de la plateforme fait que je m'en sers à peu près régulièrement. Outre une "board" dédiée à toutes les articles sur les séries que je scanne jour après jour (ce que je nomme sur Twitter ma revue de presse), et qui est très honnêtement ma board préférée pour le moment, j'en ai créé deux autres consacrées à l'affichage de mon planning téléphagique du moment :
- les séries que je regarde en ce moment
- les séries que j'ai arrêtées
Comme je suis d'une légendaire fainéantise, je n'y mets évidemment pas TOUTES les séries que j'ai arrêtées au cours de ma vie de  téléphage, mais celles que j'arrête depuis l'ouverture de mon compte Pinterest (c'est en plus très pratique de faire passer une image d'une board à l'autre). Wonderfalls, une fois achevée, s'y est tout naturellement retrouvée, par exemple.
Aujourd'hui, j'ai décidé d'y faire passer 2 Broke Girls.

2LostGirls
Tout simplement parce que, en 15 jours de Black March, pas une seule fois elle ne m'a manqué.
En temps normal, je la regarde souvent avec une à deux semaines de retard sur sa diffusion, genre un soir où j'ai mal à la tête mais où je ne veux quand même pas me coucher à peine rentrée du boulot, là il faut dire ce qui est, je n'ai vraiment pas la moindre envie de m'y remettre. Comme si un fil s'était détaché, et que c'était le dernier qui me liait à la série.

Alors, ce Black March a aussi des bons côtés insoupçonnés. Il me permet de mettre certaines choses à plat et de faire le tri. Ai-je vraiment besoin de regarder 2 Broke Girls ? Pas vraiment. Ce sont 20mn que je peux employer à autre chose. De la même façon qu'à une époque je regardais The Big Bang Theory puis Mike & Molly histoire de regarder des comédies un peu populaires mais sans grande conviction, j'ai réalisé qu'il ne servait à rien d'insister et de regarder une série "juste comme ça". Pas en me plaignant d'autre part de toujours manquer de temps pour d'autres choses. Comme le marathon Jack & Bobby, tiens.

Eh, vous allez voir qu'avec un peu de chance et en éliminant d'autres séries de mon planning, depuis près de 2 ans que je le reporte, je vais finir par me le faire, ce marathon-là !
D'ailleurs, essayez de remonter le tag Jack & Bobby et de voir ce que je dis de cette série à chaque fois que je la mentionne, c'est absolument hilarant.

Posté par ladyteruki à 16:17 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

15-11-11

The token comedy

Il y a des comédies qui sont drôles, et qu'on regarde avec plaisir. Il y a celles qui ne sont pas drôles, mais alors pas du tout, si bien que passé le pilote on n'y revient jamais. Et il y a les autres comédies.
Celles qu'on ne trouve pas drôles, mais dont on n'irait pas jusqu'à dire qu'elles sont mauvaises. D'après mon expérience, on en regarde une par saison, parfois deux ; plus si vraiment on aime bien se faire lobotomiser en se réfugiant derrière l'excuse qu'on a eu une dure journée. Ah oui, la journée de la gentillesse c'était dimanche, les hostilités ont repris depuis !

L'an dernier, ma comédie "je ris pas mais c'est pas comme si ça me dérangeait", c'était Mike & Molly. Mais après avoir passé la saison à me demander pourquoi je cagoulais l'épisode chaque semaine, trouvant en général une réponse dans deux répliques de Katy Mixon, j'ai pris la résolution de ne plus me trépaner volontairement devant cette série qui même sur le plan de la tendresse, avait de sérieuse lacunes. De grosses lacunes, dirais-je si j'étais mauvaise langue. Bon vous avez raison, c'est pas la peine de cacher ma nature profonde, oui, c'étaient de GROSSES lacunes.
Cette année, cette série, c'est 2 Broke Girls.

Broke
Je regarde chaque nouvel épisode en me demandant ce que je fais là. Les blagues sont outrancièrement pas drôles. Kat Dennings en fait des tonnes (ça fait deux-trois semaines que pendant l'épisode, je me mets à fantasmer sur une façon que pourrait trouver le scenario pour la plonger dans un coma profond et nous faire des vacances). Beth Behrs est effrayante (c'est FORCEMENT une perruque !). Les scénarios donnent bonne réputation aux fanfictions écrites par les gamines de 12 ans. Les seconds rôles donnent réellement envie qu'on leur file un couteau pour se faire harakiri. Et pas de Katy Mixon en vue.
Mais que voulez-vous, en début de semaine il y a tellement de dramas qu'un peu d'humour, ça fait un bien fou après un Homeland.

Ce n'est pas drôle. Mais c'est un peu moins pas drôle que d'autres séries que je supporterais encore moins en début de semaine.
Plus tard, les choses s'arrangeront avec Raising Hope ou Suburgatory. Mais le lundi, c'est le jour où je ne rigole pas. Et il faudra bien s'y faire puisque mes débuts de semaine vont bientôt être dépourvus de Death Valley ou de Threesome pour réellement s'amuser (incidémment, ces deux séries ont connu cette semaines un certain relâchement, certes relatif, mais tant mieux, le season finale de ces deux séries n'en sera que meilleur).
Chaque semaine je me dis que je vais arrêter. Et chaque semaine je cagoule l'épisode en me disant que j'ai trop besoin de me marrer, même devant quelque chose de pas drôle.

Mais bon, ce n'est pas grave d'avoir une série comme ça dans mon menu. Quand il y en a une, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.

Posté par ladyteruki à 23:07 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

22-10-11

Reed it after me

Reeditafterme

Après deux épisodes supplémentaires de Reed between the Lines depuis mon dernier post, je confirme mon verdict : c'est un sitcom au charme vraiment naturel (pourvu que l'on ne parte pas du principe que les deux termes sont incompatibles) qui lui donne une longueur d'avance sur beaucoup de séries en multi-camera de ces dernières années, y compris cette saison.

La série parvient à éviter dans 99% des cas le surjeu, la surenchère de comédie physique, et les blagues téléphonées qui sont l'apanage des pires séries du genre. J'ai presqu'envie d'envoyer un DVD à Chuck Lorre pour qu'il apprenne comment on fait rire les gens sans les prendre pour des crétins.

Si Tracee Ellis Ross lutte visiblement contre son réflexe de faire le singe (et surmonte ce handicap presqu'à chaque fois), les prestations de Malcolm Jamal Warner et Zoë Soul sont sans défaut. Impeccables. Toujours élégantes et sobres, mais drôles.
En particulier, Soul est une véritable révélation (et les scénaristes l'ont bien compris parce que son personnage est bien plus mis en valeur que celui de son jumeau), elle est d'une grande justesse, toujours extrêment fluide, et délivre la moindre ligne comme si elle venait d'elle... et elle n'a qu'une quinzaine d'années ! Quand je pense que ce n'est même pas une qualité qu'on trouve chez les comédiens rôdés aux comédies depuis plusieurs décennies... Ce sera un privilège, Mademoiselle, de suivre ce que vous allez devenir dans les prochaines années (surtout que vous n'étiez personne il y a encore quelques mois).

Les histoires sont également à louer ; la façon dont les quelques séances psy sont conduites (presque dénuées de blagues, en fait, mais vibrantes de rythme), la façon dont les intrigues parviennent à gentillement surprendre par leur déroulement et leur dénouement, la façon dont, tout simplement, cette famille est décrite. Il en ressort une grande envie de normalité tout en étant capable de rendre les choses drôles et c'est une qualité qu'on ne voit pas souvent.
C'est vraiment le mot "naturel" qui décrit le mieux mon ressenti vis-à-vis de cette comédie, et pourtant le terme parait si étranger au genre du multi-camera !

Il n'y a pas de cliché, pas de gentille maman ou de maman gaffeuse, de papa sévère ou de papa parfait, d'enfants terribles ou d'enfants transparents ; personne ne tombe dans la caricature. L'épisode où les parents s'aperçoivent que leur cadette est en réalité un petit monstre parvenait à être drôle, tendre, et terriblement honnête dans sa démarche et son traitement, et si vous n'avez rien contre l'idée de ne pas commencer par un pilote, je vous suggère (à ce jour, puisque seulement quatre épisodes ont été diffusés) de commencer par celui-là. S'il ne vous charme pas c'est que Reed between the Lines n'est pas pour vous. Mais j'en doute. Car c'est vraiment une série à la croisée des genres, plus subtile que la moyenne dans sa catégorie. Si j'étais vraiment quelqu'un de persiffleur, je dirais que si vous tolérez une seule série de Lorre, votre niveau d'exigence est trop bas pour que vous n'appréciez pas Reed between the Lines. Eh, c'est pas une attaque, j'ai regardé la première saison de Mike & Molly vous savez...

Je ne suis pas certaine que quelqu'un d'autre pense à vous le dire, mais rarement un sitcom m'aura fait cet effet-là (une comédie en single camera, plus facilement, à titre de comparaison), et je ne saurais que trop vous encourager à donner sa chance à cette comédie méconnue. Passez 20mn (ou 45, comme le font les spectateurs de BET) avec les Reed, et venez me dire ensuite que ce n'est pas meilleur que Whitney (duh !), ou 2 Broke Girls.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Reed between the Lines de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:33 - Review vers le futur - Permalien [#]

04-10-11

C'est finalement si simple de séparer le bon grain de l'ivraie...

La rentrée américaine est finie.
...Bon d'accord, je suis un peu alarmiste. Mais pas complètement : le plus gros des nouveautés de la saison est derrière nous. Il y aura encore des pilotes dans les semaines à venir (en fait, si on y réfléchit, des pilotes il en vient tous les mois), et je ne me plains pas parce que la rentrée japonaise est là, même si je n'ai pas encore eu le temps de me pencher dessus. Je ne vais certainement pas manquer d'occupations.
Mais quand même, une excitante page téléphagique se tourne avec le début du mois d'octobre.

Je reconnais ce moment un peu mélancolique au fait que c'est à cette période que mes disques durs saturent et que je commence à faire de la gravure parmi mes cagoules.

C'est d'ailleurs le moment idéal de faire le point sur les séries qu'on va suivre, et les autres. Car parfois, un pilote, sans être mauvais, n'est pas bon au point qu'on poursuive l'aventure. Forcément, plus on regarde de séries de la planète, plus il faut savoir doser l'énergie et l'enthousiasme qu'on est prêt à mettre dans une nouvelle série, et je l'ai appris à la dure cette année en commençant plusieurs fois des séries que je n'avais en réalité pas vraiment envie de suivre pendant 10, 15, 20 épisodes ; en général je m'en aperçois parce que les épisodes s'entassent dans un dossier et que je n'ai aucune envie d'écouler le stock (ça me l'a par exemple fait pour Winners & Losers qui, pour me plaire, n'aurait pas pas dû excéder la durée de 5 épisodes) (par contre j'aurais signé volontiers pour 20 épisodes de The Yard, à titre de comparaison).

Donc, bilan. Enfin, bilan des premières semaines de la saison, mais allez, bilan quand même.

PanAmForever

En fin de compte, je poursuis pour le moment 2 Broke Girls. Je sais pas trop pourquoi. Je ris pas vraiment, c'est un peu mon Mike & Molly de cette année (ce qui tombe bien puisque j'ai laissé tomber Mike & Molly).
En revanche, après le deuxième épisode d'A Gifted Man, j'hésite : après un pilote touchant, ce second opus nous a fourni tout ce qu'une série médicale peut offrir de plus cliché. Je pense que le troisième épisode sera décisif.
Petite baisse de régime aussi (mais moins grave) pour PanAm qui reste cependant sur mon planning. Je regrette que The Playboy Club ne puisse pas l'accompagner, j'apprécie réellement cette série même si elle ne révolutionne pas la face du monde. Dommage que la série se fasse annuler sans même qu'on puisse voir la suite des épisodes produits (PS : pour un historique d'une décennie de séries annulées plus vite que leur ombre, je vous renvoie au post de l'an dernier faisant suite à l'annulation de Lone Star).
Et bien-sûr, j'ai fermement l'intention de poursuivre Homeland et Suburgatory, mais là, je ne juge que sur un seul épisode.
Je ne me suis pas encore décidée pour Terra Nova et Up All Night, les jours qui passent ne jouant en pas en leur faveur. Toutes les autres séries appartiennent déjà au passé à mes yeux.

Ce n'est pas si difficile de faire du tri, en définitive : je repère les séries qui ne m'ont pas séduite à la rapidité avec laquelle leur pilote arrive sur une rondelle pour mes archives.

Posté par ladyteruki à 23:19 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

24-09-11

Live from...

Ca fait quelques temps que je ne vous avais pas embêtés avec ça, pas vrai ? Ce soir, SNL revient et je vous avoue que c'est à la fois une joie et une petite angoisse. Il faut dire que le cast n'aura connu aucun changement majeur cette année : Bobby Moynihan est devenu un castmember à part entière, mais à part ça les featured players sont les mêmes (le sang frais fait pourtant beaucoup de bien), il n'y a pas eu de gros départ parmi les comédiens réguliers, et même le host de ce season premiere donne dans le business as usual puisque c'est Alec Baldwin qui démarre la saison. Je ne me plains pas de sa présence, mais vu que la saison 36 n'a pas fait partie des meilleures, c'est quand même dommage de rester sur ce genre d'acquis.

Au moins, on joue la sécurité pour ce lancement de saison et ça devrait être un plaisir de retrouver la bande de SNL, c'est ce qu'il faut se dire (j'espère qu'avec la semaine de finalisation de mon déménagement je pourrai le regarder sans trop devoir attendre).

Comparativement je suis beaucoup plus méfiante quant à la venue de Melissa McCarthy. Je sais bien qu'elle a été bookée avant son Emmy (officiellement ?), et qu'il y a eu le succès Bridesmaids, mais croyez-en quelqu'un qui a regardé toute la première saison de Mike & Molly, et qui ne sait toujours pas pourquoi : elle est loin d'être hilarante, d'avoir ce truc qui déchire qu'un host doit avoir pour tenir toute l'émission sur ses épaules, surtout quand le cast a tendance si facilement à se reposer sur l'invité en question, on a pu voir l'an dernier combien ça leur arrivait facilement. J'ai donc tendance à penser que ça relève quand même plus de la promo facile que de l'envie de trouver des gens vraiment drôles pour présenter l'émission.

Oui, je commence cette nouvelle saison de Saturday Night Live avec un petit a priori, qui en fait est un héritage de l'an dernier quand je n'avais même pas regardé l'émission avec Ed Helms (mais le fait qu'il ait été invité à présenter l'émission est révélatrice maintenant que le season premiere de The Office est passé).

En attendant, je regarde quelques uns des sketches que je me suis découpés, pendant mes voyages en train. Reconnaissons-le, il n'y en a pas beaucoup issus des émissions de la saison 36 ; beaucoup d'émissions finalement assez tièdes, pas mauvaises, juste un peu trop scolaires.
Allez, il faut se dire que la 37 sera mieux.

Dans un accès de passéisme qui pourtant ne me ressemble pas, j'avoue craquer sur les extraits des vieilles émissions, comme celui-ci. Faute de temps, c'est pas sous-titré, désolée.

SNL-SexEd

Posté par ladyteruki à 21:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

05-01-11

Pas vue venir

Pour une raison qui m'échappe, hier j'ai eu une petite pulsion de sitcom. Vraiment, je ne sais pas d'où ça m'est venu, à plus forte raison parce que les sitcoms, d'ordinaire, ce n'est que modérément mon truc.
Et pourtant, hier...

MikeMolly

 

Betterwiththem

Je suis d'ailleurs assez étonnée parce que ces séries, et notamment Mike & Molly, ne m'avaient pas franchement convaincue au départ. Et finalement, bah je sais pas, je m'attache au côté romance de Mike & Molly (ainsi que l'extraordinaire perso de la sœur de Molly dont je déguste chaque scène) et je suis de plus en plus sous le charme des personnages de Better With You.
Donc finalement, l'air de rien, ces derniers temps, je me suis fait une séance de rattrapage qui avait une forte parenté avec une intégrale, osons le dire. Double intégrale, donc.

C'est assez étonnant, quand même, vu mon ressenti du moment, et l'objectif de revoir Brothers & Sisters en ce début d'année (mais finalement je n'ai regardé que le pilote), ça parait un peu incongru.
Mais bon, la téléphagie, c'est aussi ça, être pris par surprise par l'envie de regarder des trucs dont on sait très bien qu'on ne tombera jamais follement amoureux, mais qu'on trouve, une fois de temps en temps, plaisir à regarder en intraveineuse, juste parce que ça met de bonne humeur. C'est même pas un guilty pleasure, parce que je ne trouve pas ces séries nulles, mais peut-être tout simplement qu'à la faveur d'un coup de mou comme j'ai eu pendant les fêtes, où j'étais dans l'après-Doctor Who, ça marchait mieux sur moi que pendant la saison des pilotes, à la rentrée. Finalement, j'étais peut-être sévère, j'attendais trop de ces séries.

Ces revisionnages pendant lesquels je donne une nouvelle chance à certaines séries, c'est vraiment une source de surprise sans fin.

Posté par ladyteruki à 23:57 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

28-12-10

Small et vil

SmallEvil

Pour une raison étrange, toute personne qui cite Smallville est immédiatement suspectée d'avoir un QI équivalent au baromètre en ce mois de décembre frileux. C'est sûr que j'ai un sens des priorités téléphagiques bien à moi, et que nous avons tous en tête une hiérarchie qui varie selon nos préférences, mais quand même, ça m'intrigue.

Ça m'intrigue d'autant plus que cette série, que je n'hésiterai pas, bravant les commentaires outrés et/ou injurieux, à qualifier de honteuse sous-merde, en est quand même, si j'ai bien compris, à sa 10e saison. Face à ça, mes séries favorites font rarement le poids, du point de vue strict du nombre. C'est quand même bien qu'il doit y avoir une raison. Mais alors, laquelle...? Je veux dire, les amourettes, les super-héros à la douzaine, les personnages pas trop frileux (eux)... ça va bien une saison, deux, trois... plus la série avançait et plus elle semblait s'encanailler, mais jamais jusqu'au point d'arriver au niveau de gratuité et de fan service d'un True Blood. Un équilibre finalement intrigant, à bien y penser.

Le problème c'est peut-être tout simplement la façon dont je vois les séries en général. Je suis d'accord pour regarder des trucs pas forcément sérieux et intellectuels. Je rappelle que je suis quand même fan d'Une Nounou d'Enfer, si vous aviez un doute sur la véracité de mon propos. Je vous vante des Capitu et des The Circuit, mais bon, je ne regarde pas que des séries cérébrales et/ou poétiques. Mais je refuse tout net de regarder quelque chose "pour me vider la tête". Si je regarde Drop Dead Diva par exemple (je la cite parce qu'elle a été évoquée aujourd'hui via Formspring par un inconnu), c'est parce que j'apprécie certaines qualités... bon, pas le scénario. Mais je guette la représentation du personnage obèse ; idem pour Mike & Molly d'ailleurs (faudra que je vous en reparle de cette série d'ailleurs, je me suis surprise à la poursuivre). Je trouve l'expérience intéressante parce que c'est à la fois la copie et l'opposée d'Ally McBeal.
Mais se vider la tête, essayer absolument de ne pas du tout penser et se goinfrer d'intrigues ridiculement vides, ça, je peux pas.

Et c'est précisément ce que m'évoque Smallville. Quelque part, même NCIS est plus intellectuel (c'est dire).
Je vais pas me faire de nouveaux amis aujourd'hui, c'est clair. Mais je pense quand même qu'on peut exiger un peu plus que ça de notre télévision, non ?

Mais alors, quand un téléphage que j'estime pour ses goûts sûrs commence à RECOMMANDER Smallville, je vous avoue que je ne sais quand même pas trop quoi en penser.

Posté par ladyteruki à 23:31 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

14-10-10

The Telephsage Experiment : l'épilogue

Jour7_1

Mode lapin blanc : "en retard, en retard... je suis encore en retard !". A minuit UNE vous pouvez être sûrs que je tricotais toutes les cagoules possibles et imaginables. Comme on dit, j'ai pas laissé ma part au chien ! (d'façon j'ai pas d'chien)

Bien que très occupée, à quelques heures de mon départ pour Scénaristes en Séries, je ne vous cache pas que j'ai quand même fait un peu de place (notamment pendant les trajets) pour Raising Hope, Outstourced, The Good Wife, Better With You, Mike & Molly et The Big C. Ai-je besoin de préciser que ces séries figuraient justement sur ma liste d'urgences à rattraper ?
En fait et puis que le temps manquait, j'ai volontairement abandonné deux heures de sommeil pour m'envoyer quelques unes d'entre elles avant d'aller me coucher hier (nan mais tout va bien, je suis encore fonctionnelle avec 4h de sommeil...). Je suis atteinte et j'assume : toutes ces séries m'avaient manqué. Certaines plus que d'autres, c'est évident, on ne va pas se le cacher, mais quand même.

C'est assez incroyable d'ailleurs, l'effet que le manque a eu sur moi : alors que je fonctionne en général sur deux niveaux, un sur le suivi hebdomadaire et l'autre sur la monomaniaquerie ultime, le simple fait de savoir que je ne pourrais pas faire l'un m'a détournée de l'autre. Je n'ai dévoré aucune autre série avec assiduité pendant cette semaine, picorant ici et là, m'offrant des rediffs et des découvertes, mais jamais plus. On aurait pu penser que ça me libèrerait du temps pour une intégrale quelconque (ne serait-ce que Jack & Bobby que je veux me faire depuis, quoi ? des semaines ? des mois ?), mais pas du tout. Au lieu de me dégager du temps libre, l'absence de cagoulage m'a au contraire totalement mise en déroute.
Alors que soyons francs, on ne peut pas vraiment dire que je me sois prise en traitre et que j'aie lancé ce défi sans m'en avertir au préalable.

Parmi les tonnes de choses que j'avais cagoulées récemment, assez peu, en fin de compte, ont trouvé le chemin de mon écran (l'une des notables exceptions étant Doctor Who). Au lieu de mettre l'accent sur ce que j'avais déjà, le manque a mis l'accent sur ce que je voulais. Alors que là, étrangement, depuis que les affaires ont repris, je me surprends à repiocher allègrement dans ce que j'avais cagoulé juste avant que le défi ne commence... cherchez l'erreur.

J'en conclus donc que c'est une bonne chose de cagouler puisque ça nous évite de faire des stocks inutiles !
Bon, non, je me garderai bien d'émettre la moindre généralisation sur ce que cette expérience signifierait à grande échelle. Moi, ma consommation et mes obsessions, c'est un cas particulier, ça n'est pas universellement parlant. Quelqu'un qui par exemple ne suit pas "en sortie d'usine" autant de séries que moi ne réagirait sans doute pas de la même façon. Quelqu'un qui aurait peu de DVD non plus. On a tous notre façon de réagir. Notre rapport au cagoulage est différent, pour chacun d'entre nous. Certains cagoulent par flemmardise, d'autres par réelle passion ; et tout ce qu'il y a entre les deux, aussi. L'expérience était intéressante parce que j'ai testé mes propres limites (et ma volonté !), mais chacun réagirait différemment.
Pas d'inquiétude, je ne pousserai pas le vice jusqu'à vous encourager à faire la même chose.

Vous ne m'écouteriez pas de toute façon. C'est ce qui prouve que vous êtes aussi atteints que moi, d'ailleurs, amis téléphages.

Posté par ladyteruki à 23:57 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

22-09-10

Fat guy, not skinny wife

Le sitcom. L'art de prendre une idée la plus simple possible et d'en rire le plus longtemps possible. Surtout un sitcom de Chuck Lorre...

J'ai de moins en moins d'atomes crochus avec le sitcom. La comédie en single camera lui a ravi mon cœur voilà longtemps. Il y a quelques mois, j'ai pourtant eu une petite fringale (intégrale de Lucky Louie, Will & Grace et des Craquantes, première saison du Mary Tyler Moore Show...), dont on aurait pu penser qu'elle me réconcilierait avec le sitcom. Eh bien du tout.
Ou peut-être que je suis surtout fâchée avec Chuck Lorre, depuis qu'il nous a flanqué The Big Bang Theory dans les pattes.

Pourtant, Mike & Molly s'annonce comme une petite comédie bien différente de l'humour "masculin" de Lorre dans lequel j'ai du mal à me retrouver (moi qui aime l'univers viril de Men of a Certain Age, pourtant... non, visiblement mon contentieux est avec Lorre). Peut-être ce qu'il y a de plus proche, au stade du pilote, de la comédie romantique à l'asiatique, cette nouvelle série nous montre comment un couple a priori peu destiné au romantisme télévisuel va lentement se former.

C'est d'ailleurs tout l'enjeu : Mike comme Molly ne sont pas des personnages qui d'ordinaire auraient fait l'objet d'une comédie romantique. N'importe où ailleurs (et les emplois précédents des acteurs en attestent), ils seraient les faire-valoir, les bons gros copains qui servent de caution humoristique. Tu es gros, ton histoire d'amour ne peut être complexe, elle doit forcément toucher à l'absurde niaiserie qui sied à ton rang d'obèse.

Ce qui unit Mike et Molly, c'est que tous deux souffrent de blessures d'amour-propre, mais sont dotés d'un sens de l'humour qui appelle la tendresse, et qui y réagit, également. C'est très touchant de les voir tous les deux faire leur monologue devant le groupe des OA, avec à la fois un regard lucide sur leurs souffrances, et en même temps une façon de se mettre en scène visant à dédramatiser leur surpoids. C'était touchant et c'est ce qui les a touchés l'un chez l'autre, en fait. On sent immédiatement dans les yeux de Molly combien elle est charmée que ce mélange d'humour et de tristesse soit si franc dans le discours de Mike. Il faudra attendre plus tard dans l'épisode pur qu'elle ait l'opportunité de lui en faire une démonstration similaire (bien que le charme de Melissa McCarthy fasse son oeuvre bien en amont de façon à nous la rendre instantanément sympathique).
Et très franchement, j'étais tout autant charmée. Car cet humour est le mien. Je ne l'emploie peut-être pas sur mon poids, mais sur mes (autres) fêlures et mes (nombreux) problèmes existentiels, si ; et en cela, les deux personnages de Mike & Molly respirent la sincérité. Ils ne sont pas juste gros, ils dépassent vite leur carrure pour installer deux personnalités pétillantes et remuantes. La mise en place de ces deux personnages est bonne, là-dessus, ya pas à dire.

Mais comment faire, maintenant ? Comment raconter cette romance sans épuiser les clichés sur les gros-qui-au-fond-sont-comme-tout-le-monde ? Le problème de Mike & Molly, c'est, sans jeu de mot, son format (et Chuck Lorre), car de la même façon que les blagues éculées sur les geeks de The Big Bang Theory sont usantes alors que le concept pourrait être marrant, l'histoire d'amour entre nos deux rondouillards pourrait être touchante quand elle semble vouée à la répétition à l'envi de plaisanteries sans avenir.

Mike & Molly en dramédie ? Quand vous voulez. Je trouve les personnages principaux suffisamment attachants pour ça (et ce serait facile de transformer les irritants personnages secondaires pour en faire de meilleurs atouts, notamment dans la famille de Molly). Mais en sitcom, non, je passe mon chemin. Surtout avec Chuck Lorre aux commandes.
Mais si j'en crois la Vanity Card de ce premier épisode, lui-même ne parie pas un pet de lapin sur la longévité de sa série. C'est pas plus mal : après avoir vu Melissa à l'oeuvre dans le film The Nines, je suis en mesure de dire qu'il ne la mérite pas.

MikeMolly

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mike & Molly de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:30 - Review vers le futur - Permalien [#]