ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

26-06-11

L'été meurtrier

Il ne fait pas bon être diffusée en été : toute série qui démarre à l'arrivée des beaux jours se voit systématiquement accusée d'être forcément d'une exigence inférieure. Si elle débutait à l'automne, on parlerait de ses qualités et ses défauts, mais puisqu'elle débute en été, alors ce facteur est forcément plus pris en compte que n'importe quel autre. Séries estivales, telle est votre malédiction : une série lancée en été est forcément soupçonnée de l'être parce qu'elle est indigne d'un lancement automnal (et très confortablement on oublie alors de préciser que Mad Men a été lancée par un bel été) ; au Japon, il n'y a pas de saison meilleure qu'une autre par définition, une série est commandée pour ce qu'elle est et pas pour sa date de diffusion ; en Amérique du Nord, si.

Ainsi donc, Combat Hospital démarre avec ce genre de boulet que seuls quelques Emmys font oublier. Si la série n'est pas excellente, elle sera forcément tout juste bonne à être diffusée l'été, il n'y a pas de place pour la demi-mesure.

CombatHospital
Les noms sont immédiatement lancés, avec une certaine nonchalance, souvent feinte, qui consiste à avoir l'air d'être experts. Dans le cas de Combat Hospital, ces noms sont forcément M*A*S*H et China Beach. Je vais être honnête avec vous : même si en général j'aime beaucoup (pas toujours, certes) les séries de guerre, je n'ai jamais voulu tenter M*A*S*H, peut-être à cause de sa réputation, certainement parce que l'angle de l'humour me semble incongru. Quant au pilote de China Beach, je m'y suis frottée quelque part pendant le 2e semestre 2010 et je n'arrive pas à me souvenir avec précision de la totalité, il ne m'en est resté que deux ou trois scènes, même pas forcément épatantes. Telle est mon expertise en comparaison, de pilote à pilote, dans le cas qui nous préoccupe. Je ne sais pas si je suis passée à côté de quelque chose de fondamental avec M*A*S*H, mais China Beach ne m'a, vous le voyez, laissé aucune impression impérissable. Alors je n'attendais pas de miracle de la part de Combat Hospital.

Il ne me semble pas non plus que l'héritage d'Urgences ait été balayé d'un revers de la main. D'autres séries médicales ont bien plus méprisé l'apport de cette série au genre, parmi lesquelles Trauma, Three Rivers ou Miami Medical, bien plus insultantes envers le spectateur que Combat Hospital.

Le rythme est bon, ni trop agité ni trop saccadé, les personnages attirent notre attention (pas tellement l'héroïne, le Dr Gordon, mais les Dr Treng et Marks) sans en rajouter des tartines dans le background sirupeux souvent à l'ordre du jour (le syndrome du background artificiel exposé dés le pilote sera exploré dans un prochain post, d'ailleurs), et pour finir quelques intéressantes problématiques sont effleurées, propres à l'environnement de la série.
Qu'attendre de plus de ce pilote ?

Exactement. Au juste j'aimerais vraiment qu'on me dise ce qu'il y a à attendre de plus de la part du pilote d'une série médicale. Je n'ai à vrai dire jamais vu une série médicale démarrer autrement (à moins de considérer Dr House comme autre chose qu'une série d'enquêtes médicales, et encore) qu'en présentant les particularités du contexte choisi, l'équipe de soignants et des cas médicaux. Le pilote d'Urgences n'a rien fait d'autre.

Mais Combat Hospital a démarré en été. Je soupçonne que ce soit, en fait, la seule raison pour laquelle je n'ai pas lu une seule critique positive à ce jour à son sujet.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Combat Hospital de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:00 - Review vers le futur - Permalien [#]

03-04-10

Quoi de neuf docteur ? Rien.

Miami Medical, la série qui estime que c'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut se taire.

Il faut dire d'un autre côté que personne n'a de raison d'être tendre avec Miami Medical, alors que déjà cette saison, on a amplement eu le temps d'être déçu par Trauma et Three Rivers ; Miami Medical se situe justement à mi-chemin, ce qui ne joue évidemment pas en sa faveur. On y trouve des médecins (évidemment) de génie, des patients (évidemment) entre la vie et la mort, une structure (évidemment) haut de gamme. Les ingrédients sont éprouvés (au final c'est peut-être la patience du spectateur qui l'est un peu aussi...) et on a la sensation de les avoir vus cent fois être déclinés, ne serait-ce que ces derniers mois.

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Devant le pilote de Miami Medical, plusieurs questions se posent, la première étant : qu'est-ce qu'on en a à foutre que ça se passe à Miami ? Franchement. On parle d'une série dont les personnages principaux sont des traumatologues passant à peu près 50 heures par jour enfermés entre les 4 murs de l'hôpital pour y sauver des vies ; concrètement, ça se passerait n'importe où ailleurs, on ne verrait pas franchement la différence dans le cœur de la série, c'est-à-dire ses "intrigues" médicales. Ça n'a pas non plus de répercussion sur les cas rencontrés, du moins pour le moment. Le premier épisode commence par exemple... par une explosion au gaz. Quoi, ya du gaz qu'à Miami ? Non. Bon, alors ? Note : dans une interview, Jeffrey Lieber mentionne une attaque d'alligator pour un épisode à venir, ce qui serait parfait si les autres cas mentionnés n'étaient pas du plus haut banal...

Alors eh bien ça permet de faire de jolis cadrages qui font un peu années 90, et que personnellement je pensais éteints depuis la disparition d'Alerte à Malibu et autres Pacific Blue des écrans. Typiquement, en guise de transition, on a tout de coup des cartes postales de Miami : sa plage, ses bars, ses néons, ses jolies filles pas trop vêtues. Après ça allez défendre Miami Medical... J'exagère à peine ! Cela dit ce ne serait pas très honnête d'oublier de mentionner que situer l'hôpital à Miami permet aussi de jouer sur les couleurs (les mêmes que Les Experts Miami, mais souvent en plus pastel), offrant, il est vrai, un travail autrement plus soigné que Three Rivers et son agression visuelle permanente. Si ici on est dans le high tech, le moderne, le design, la plupart des prises de vue s'arrangent pour être un plaisir pour l'œil. Les vues de l'hôpital montrent un endroit au lignes épurées, claires, fait de courbes et de grands espaces vitrés. Là où Urgences montrait un service claustrophobe, sans fenêtre ou presque, avec comme unique ouverture sur le monde le sas d'entrée donnant sur le parking, Miami Medical est tout en lumière et presque totalement ouvert sur l'extérieur. C'est agréable, je ne le nie pas. Mais ça ne sert pas à grand'chose...

Le seul espoir de Miami Medical, c'est d'exploiter un filon trouvé dés les premières minutes du pilote, pourtant. En faisant un peu moins dans l'esthétique et le tape-à-l'œil (qui, s'ils n'étaient pas le seul atout de ce pilote, joueraient en sa faveur, en fait), et en se branchant un peu plus sur ces problématiques, la série pourrait devenir regardable. Je ne pense pas qu'elle le fera mais elle a pour l'instant la marge de manœuvre nécessaire pour redresser la barre.
Je veux bien-sûr parler de l'angle "pétage de plombs".

Assez rapidement en effet, le big boss (campé par Andre Braugher entre deux épisodes de Men of a Certain Age) lâche la rampe après avoir sauvé un patient in extremis, et se met lui-même définitivement hors-jeu après un strip tease en plein milieu du service. Inutile de dire qu'on ne s'attend pas à ce qu'il retrouve son poste dans l'immédiat. Une scène intéressante, où le rendu est impeccable sur l'espèce de blackout total qui semble s'installer en quelques secondes dans le cerveau de l'éminent médecin, tandis que ses jeunes subordonnés, encore admiratifs de sa performance médicale, assistent impuissants à la débandade.

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A la suite de cet incident, on a droit à une séquence décodage avec les deux nanas (qui esquissent une vague dynamique mentor/scarabée qu'il serait également bon de creuser), et elles nous apprennent que 60% des médecins travaillant en traumatologie abandonnent au cours des 5 premières années d'exercice. On sent que ces statistiques et leur manifestation via ce bon vieux docteur (qui avait largement plus que 5 années d'exercice au compteur) sont une inquiétude tangible, et le personnage de la blondinette va remettre de discrètes couches autour de ce sujet en deux autres points du pilote, ce qui est tout à l'honneur de ce dernier ; si Miami Medical se préoccupe d'approfondir vraiment cette question, on tiendra là un axe original pour une série médicale, et au potentiel dramatique puissant.

Hélas hélas, comme beaucoup de séries produites par Bruckheimer (sinon toutes), on sent que l'efficacité superficielle est plus importante que de vraies problématiques de fond du métier abordé, et qu'on est plus dans l'exercice de style qu'autre chose.
C'est un truc que je ne comprends pas avec les productions Bruckheimer : on a le pognon de bien faire, un cast très honorable (pour l'instant, Parilla est en sous-régime mais correcte, Harnois ne fait pas inutilement dans l'oie blanche, et Gooding est attachant bien que sous-employé), bref, toutes les cartes en main pour faire quelque chose de bien, mais on ne se contente jamais que d'obtenir un résultat "propre", et sans âme.

Après avoir tué le genre policier en l'abreuvant de séries passant totalement à côté de l'intérêt majeur du métier (soit la proximité) et en rendant dénué d'intérêt le traitement des enquêtes, voire en le rendant purement abstrait au bénéfice d'une production abordable par tous, Bruckheimer s'attaque cette fois aux séries médicales. N'y a-t-il donc rien de sacré à la télévision, Jerry ? C'est pas en crachant sur la tombe d'Urgences et son parti-pris politique, humain et social que tu vas t'octroyer sa succession, tu sais.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (lisez la fiche avant de ne plus rien en avoir à foutre... hop, trop tard) : la fiche Miami Medical de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:17 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-03-10

Tout le monde en parle

Un site d'information qui propose des billets d'humeur. Un blog personnel qui propose des news. Les frontières entre l'information téléphagique et la subjectivité sont floues et plus personne ne cherche vraiment à rester sagement de son côté de la barrière. Il n'y a probablement jamais eu de barrière, en fait, juste, peut-être, éventuellement, des lignes un peu mieux dessinées au sol, mais pas respectées pour autant.
Et il n'y a, sur le principe, pas de problème avec ça.

Pourtant, parfois, certaines manifestations de ce fonctionnement me dérangent, juste un chouïa.
Et si j'y ai repensé récemment, c'est à l'occasion d'un post somme toute fort innocent d'une image de promo pour la série 100 Questions.

Voilà une série qui ne sera pas diffusée avant la fin mai, mais qui a commencé très en amont son opération de promotion, bien que sans grand panache. La photo de promo, en particulier, est sortie très tôt, et a été employée par un peu tout le monde (sauf certains qui avaient trouvé le moyen de faire main basse sur une capture du pilote).
Je n'ai d'ailleurs pas failli à la règle puisque, cherchant à compléter, à mes heures perdues (si-si, j'en ai encore quelques unes en dépit des dorama, des films... bref de tous les ajouts à mon calendrier téléphagique qui évolue en permanence depuis quelques mois), les fiches de SeriesLive, j'avais également ajouté cette photo de promo sur la fiche correspondante (parce qu'il faut le dire, sur la fiche de Better Off Ted, par exemple, ça n'aurait pas eu beaucoup de sens).
C'était en novembre, la date d'enregistrement du jpg sur mon ordinateur faisant foi (bon j'avoue tout, ok : sur l'ordinateur du boulot. Vous êtes qui, la police ?!).

Alors, où est le problème ? Bah ya pas vraiment de problème, c'est juste que quand, le 15 Mars, un site (mêlant déjà information objective et reviews subjectives) poste ladite photo de promo, avec pour seule légende "100 Questions - photo de promo", on pourrait être tenté de penser que, oui, la photo de promo vient de sortir. Que c'est de l'information.
Mais ça n'en est pas, précisément parce que la photo circule depuis des mois partout.

Alors qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie qu'on peut légitimement penser que la personne, écrivant pour le site en question, s'est piquée de faire une recherche sur les séries à venir prochainement sur les écrans américains (c'est son droit le plus strict, si ce n'est, même, un devoir en tant que rédacteur pour un site faisant, entre autres, de l'information sur les séries). Ladite personne est tombée sur la photo, elle s'est dit : ah, bien, je vais la poster. On imagine.
Mais ce faisant, elle n'a pas informé (volontairement ou pas, c'est pas le sujet), elle a juste remis dans l'actualité une photo qui circule depuis des mois et des mois (et qu'est même pas spécialement jolie avec tout ça). Finalement, ce qu'elle a fait relève de la promo, en fait.

Il ne s'agit pas de dire que la photo promotionnelle vient de sortir (bon on n'est pas à la minute, si la photo datait d'une semaine ou deux, je n'aurais pas tiqué), juste de la publier sur exactement le même mode qu'une information récente, comme l'ont été avant elle sur exactement le même mode les photos promotionnelles des nouvelles saisons de Nurse Jackie ou United States of Tara. Qui, pour le coup, relevaient de l'information la plus pure et la plus réactive possible.
Comme ce site est coutumier de billets et reviews plus personnelles, je ne devrais pas être surprise outre mesure, mais la publication de cette photo promo de 100 Questions n'était accompagnée d'aucun commentaire ("bouh c'est pas original"/"j'adore cette photo"/etc...) laissant penser que le rédacteur officiait à titre plus personnel.

Mais du coup, voilà : cet acte si anodin a réveillé chez moi quelques interrogations profondément enfouies sur la limite entre le moment où nous faisons de l'information (exemple : quand je présente les nouveautés de la rentrée japonaise...) et quand nous faisons de la promotion (exemple : quand je glisse Better Off Ted dans un post qui n'a rien à voir avec la choucroute).

DefenseDafficher

A quel moment, par le simple fait de tenir un site ou un blog, commençons-nous à faire le jeu d'une certaine promotion (fut-elle minime) autour des séries dont nous parlons ?
Quand nous mentionnons une série sans raison immédiate et/ou apparente ? Quand notre review d'un épisode ou d'une série est positive ? Quand nous nous faisons le relai de la moindre broutille relative à une série qui a toute notre attention ?

C'est une question qui a son importance car ces actions ne sont jamais sans résultat sur le lecteur. Quand la chaîne ou la prod sort une info, puis une seconde, puis une troisième sur Glee, c'est déjà de la promotion. Alors forcément, quand par exemple moi, je parle d'une série donnée dans trois posts consécutifs, vous ne pouvez pas ne pas le remarquer. Et quand un rédacteur d'un site d'information consacre un post à la photo de promo d'une série, eh bien, on ne peut pas ne pas le remarquer non plus, et même si, à l'inverse de moi, vous n'y avez pas repensé ensuite, eh bien vous avez quand même encore entendu parler de 100 Questions et cela participe à la création d'une petite partie de votre cerveau qui se rappelle l'existence de cette série, et de son arrivée prochaine à la télévision américaine ; a contrario d'autres séries dont la photo de promo est sortie aussi, parfois un peu plus qu'une, comme ici dans le cas de Miami Medical, peut-être depuis au moins novembre aussi, et qui n'ont pas les faveurs d'un post ou d'une news, et dont vous n'avez même pas souvenir que la série va débarquer, du coup.

Ce n'est pas grave, en soi, évidemment. C'est juste une fois de plus où la limite se brouille.
Et une fois où on joue, un petit peu, avec notre perception de ce qui se passe dans le monde des séries. Je n'ai rien contre 100 Questions, et je n'ai pas non plus de biais positif envers Miami Medical. Mais d'un autre côté, il m'apparait un peu trop souvent à mon goût que les relais d'information semblent avoir, de leur côté, une mémoire tristement sélective sur les séries pouvant faire l'objet d'une mention, voire d'une news, soyons fous. Et du coup, vous, vous avez entendu parler une fois de plus de 100 Questions... y compris avec ce post.

Damned. On ne s'en sortira jamais.

Posté par ladyteruki à 12:53 - Point Unpleasant - Permalien [#]


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