ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

13-12-12

Pour le meilleur, et rien que le meilleur

Quand je vous disais qu'il me restait des pilotes dans un coin, je ne plaisantais pas : j'en ai PLEIN ! Et d'ailleurs tant mieux, parce que la vie sans pilote m'est inconcevable. Place cette fois à une nouveauté lancée le mois dernier par la chaîne câblée TBS ; comme toujours, sitôt que mon camarade whisperintherain aura rattrapé son retard, un lien apparaitra au bas de ce post pour que vous puissiez comparer nos points de vue sur ce pilote.

WeddingBand

C'est une plutôt bonne saison que nous fait TBS, et le fait est suffisamment rare pour être noté. Après Sullivan & Son (dont je reconnais aisément qu'elle ne plaira pas à tout le monde ; mais franchement, à qui peut plaire Men at Work en comparaison ?!), la chaîne a lancé une série du nom de Wedding Band, lançant pour la première fois dans une série d'une heure depuis le pénible Glory Daze. C'est d'autant plus une prouesse que TBS ne commande que des comédies, et que Wedding Band était commandée à l'origine comme une comédie d'une heure, une façon d'aborder le format assez exceptionnelle ; force est de constater que le pari est réussi.

Vous connaissez le terme de "tear jerker" ? Eh bien Wedding Band est un méchant "smile jerker". Je n'avais pas réalisé à quel point c'était devenu rare ces derniers temps de sourire de bout en bout pendant une série, et plus encore une série d'une heure, mais c'est bel et bien ce qui s'est produit devant ce pilote. J'en suis ressortie avec une banane incroyable !

Il me faut préciser, à ce stade, que je suis extrêmement friande d'amitiés masculines à l'écran (quand elles sont bien écrites), bien que je regrette qu'on soit si rarement capables de trouver un équivalent parmi les amitiés féminines. En gros, une amitié entre mecs (ou mixte) est souvent écrite de façon plus vraie, plus sincère, quand une amitié entre femmes passe par tous les archétypes possibles et simplistes qu'on connait depuis au moins Carrie Bradshaw et sa clique ; ça va quand une série les emploie, on peut décréter que cela fait partie de son style, mais quand tout le monde s'y met, c'est insupportable tant c'est cliché.
La bande de potes de Wedding Band (ah ah) a ce petit quelque chose de sincère, de chaleureux et de vibrant qu'ont les meilleures bandes de potes ; sans aller jusqu'à avoir le sens aigu de l'authenticité de Men of a Certain Age (certainement la meilleure série sur une amitié masculine de ces dernières années), la comédie d'une heure est capable de trouver ce petit quelque chose qui rend non seulement ses personnages sympathiques de façon indépendante, mais surtout, en groupe. La dynamique fonctionne très bien, immédiatement, et cela permet immédiatement de ne pas prendre le monde dans lequel ces quatre gars évoluent pour un truc absolument ringard et miteux.

Parce qu'osons le dire, être dans un groupe qui joue dans les mariages et autres fêtes, c'est quand même bien ringard. Les personnages n'en ayant qu'une conscience vague (ils se trouvent ringards par rapport à d'autres groupes spécialisés également dans les évènements familiaux, mais pas forcément dans l'absolu), il était nécessaire que les spectateurs se placent immédiatement dans un état d'esprit similaire, afin de ne pas les prendre pour des losers : ils ne se ressentent pas vraiment comme tels. Tommy, Barry, Eddie et Stevie font quelque chose qu'ils aiment, et qui leur apporte une vraie satisfaction personnelle ; c'est d'ailleurs tout l'objet de la fabuleuse introduction du pilote, alors que Stevie intègre le groupe et que les trois autres lui donnent les règles qui permettent à la fois de faire passer le meilleur moment possible à leur public, et comment eux aussi passer un super moment (si possible, pour ceux d'entre eux qui sont célibataires, en trouvant une jolie demoiselle d'honneur à charmer à peu de frais). Cette introduction fonctionne parfaitement, parce qu'elle condense toute l'optimisme de la série, toute la joie débridée des personnages pour leur activité, et en même temps, possède un rythme parfait, ponctué par plusieurs chansons qui terminent de donner au tout un tour incroyablement convivial et festif.
Ce qui m'a aussi plu dans Wedding Band, c'est que ces mecs-là, ils ne font pas vraiment le boulot de leurs rêves ; ils sont parfaitement conscients, d'une part, que c'est une sorte de sous-rêve (ça se sent bien pour Tommy qui se rêve en rockeur le reste de la semaine, ou dans leur réaction quand Stevie leur explique qu'il préfère jouer avec eux que d'apparaitre sur des albums de stars), et surtout parce que c'est uniquement leur job du weekend, ils ont une vie à côté, mais qu'ils l'aiment et s'y donnent à fond (à l'instar de Barry et son inventivité débridée dés qu'il s'agit de rajouter des effets spéciaux à leur numéro). Pour quelqu'un qui tente de commence à tenter de vivre un peu de sa passion depuis cet automne, cet angle m'a particulièrement touchée ; c'est avec une belle énergie qui se dégage du point de vue des héros sur leur métier secondaire. Clairement, ils ne peuvent pas tout-à-fait en vivre, mais c'est ce qui les fait vivre...

Dans tout cela, l'intrigue de ce premier épisode n'est pas forcément des plus originales, mais elle se laisse regarder. L'ex de Tommy (la seule à l'avoir plaqué, ce qui en dit long sur ce tombeur) vient le voir pour lui annoncer qu'elle va se marier, et qu'elle aimerait qu'il joue à son mariage (QUI FAIT CA ?!), l'occasion à la fois d'en apprendre un peu plus sur ce personnage, de l'étoffer un peu (ce qui est fort utile car cela le sort de son cliché ; espérons que par la suite chaque personnage fasse l'objet d'une intrigue similaire même s'ils ne sont pas mariés à Megan Fox dans la vie) et d'offrir quelque chose d'un peu plus dramatique, ou disons, dramédique, que si la fine équipe se contentait d'arpenter les mariages pour faire de la musique et se taper les demoiselles d'honneur. Bien que ne prenant pas du tout son intrigue au sérieux, comme le prouveront les développements épiques de cette mésaventure, Wedding Band prouve aussi qu'elle a du coeur et la capacité de faire un peu plus que jouer au clown, et c'est appréciable à voir. C'est aussi l'occasion de voir à quel point les liens entre les personnages sont forts (à travers la façon dont Eddie tente de mettre Tommy en garde contre lui-même), bien que cet angle-là ne soit pas forcément le plus important de la storyline. Mais enfin, les ingrédients sont là pour faire la démonstration, fort utile dans ce pilote, que Wedding Band a aussi du coeur, même si elle prend tout sur le ton de la plaisanterie.

Enfin, ce qui termine de donner un tour positif à ce premier épisode, c'est qu'outre les quatre personnages masculins, la série met en place deux autres, féminins (les organisatrices de mariage de Rutherford Events) également hauts en couleur, et permettant de sortir un peu du cercle des quatre copains. Cela augure aussi de frictions à venir qui ne manqueront pas d'apporter du piquant et des rebondissements, évitant à Wedding Band de plonger dans la routine grâce à ces deux figures qui se posent comme des employeurs un peu à part. C'est plein de potentiel, d'autant que le personnage de Rachel, plein d'insécurités, fonctionne vraiment dans chacune de ses scènes (celui de Roxie Rutherford, pour l'instant plus froid, un peu moins, mais nul doute que cela peut changer). En dépit de la tournure que prend la toute fin du pilote (et encore), il semble assez clair qu'il ne sera pas vraiment question avec ces deux femmes, au fil de ces multiples mariages, de questions amoureuses, a contrario de ce que faisait The Wedding Bells il y a quelques années en arrière, employant les mariages pour parler des émois de ses héroïnes.
Imaginez ça : une série qui se passe dans des mariages, mais qui ne fait pas de la comédie romantique son argument principal ! Comment ne serais-je pas charmée ?

Avec son cocktail de bonne humeur, ses personnages sympathiques et sa belle énergie, Wedding Band m'a donné une énergie folle ! J'avais vraiment le sourire du début à la fin, ce qui, pardonnez que je me répète, est éminemment rare par les temps qui courent. Ce n'est évidemment pas une révolution à bien des égards (concept, narration, etc.), mais c'est définitivement une série qui peut rapidement se tailler une place de choix dans l'emploi du temps de tout téléphage aimant passer un moment positif avec une vraie bande conviviale de personnages attachants. Je m'attendais, en toute franchise, à un résultat bien différent, moins équilibré sans doute, et au final, sans aller jusqu'à avoir un coup de coeur, je dois dire que je suis charmée.
Je n'ai pas encore abordé le deuxième épisode, mais soyez sûrs que ça ne va plus tarder !

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 11:14 - Review vers le futur - Permalien [#]

18-08-12

Une bonne affaire ?

En cette rentrée, whisperintherain et moi-même avons convenu d'un petit défi à deux : nous regarderons absolument chaque pilote de cette saison, et nous rédigerons, chacun de notre côté, un post pour absolument chacun de ces pilotes. Après deux pilotes de format court (l'un d'une dramédie, l'autre d'une merde honteuse), cette fois nous nous attaquons au premier drama de la saison et, eh bien, on avait à peu près une chance sur deux que ça tombe sur une série policière : voici donc venue l'heure de Major Crimes.
Cela va sans dire, mais ça va quand même mieux en le disant : comme toujours, vous trouverez un icône sur lequel il vous suffira de cliquer pour accéder à la critique du pilote de Major Crimes de whisper, et ainsi lire nos deux avis sur un même pilote, que ce pilote nous ait fait le même effet ou non...

MajorCrimes

"Allez on avance, on regarde : des affaires comme ça, faut pas laisser passer ! Il est frais le pilote, il est frais !"

Je ne suis pas trop habituée à faire mon marché chez TNT. Il y a, en définitive, très très peu de séries de la chaîne que je regarde, à plus forte raison depuis la disparition de Men of a Certain Age. En-dehors de la récupération de Soutland (que je me suis promise de reprendre un jour), la chaîne n'a rien accompli qui me donne envie d'ouvrir mon porte-monnaie. Mais comme tout le monde, je suis attentive aux économies, et réceptive aux soldes : les temps sont durs. Et si le stand a priori peu attirant de TNT comporte quelques bonnes affaires à faire, autant ne pas passer à côté. Jetons donc un oeil à la camelotte...

"On se laisse tenter, oui Madame, approchez ! Ah ça c'est de la qualité, ça a fait ses preuves ! Un produit qui se vend tout seul depuis 7 ans, et pas une réclamation !"

Je suis un peu snob, dans le fond : je n'aime pas acheter d'occasion. Or j'ai un peu l'impression que ce produit, tout neuf qu'il soit, est un peu usé. Ca se sent à la finition : en utilisant exactement la même chaîne de montage que The Closer, ce pilote de Major Crimes est un procedural de plus, avec une enquête, un tour dans le labo de la police scientifique, une épiphanie soudaine, et une résolution bouclée en 45mn, main d'oeuvre comprise.
On ne peut même pas prétendre que l'emballage a changé, ce n'est pas le cas. Tout juste si le logo et la mascotte de la marque ont opéré un petit redesign, sans plus.
Bien-sûr, le phrasé étonnamment lent de Mary McDonnell (je ne me rappelais pas qu'elle soupesait ses mots à ce point dans Battlestar Galactica, mais ce n'est pas le moment de me lancer dans une intégrale !) a des vertus calmantes, et sa présence incroyable fait énormément pour couper toute envie de reposer immédiatement le produit sur l'étal, pour d'avancer au stand suivant sans plus tarder. Mais si cet atout, sur le moment, incite à la patience, impossible de ne pas remarquer qu'il est avant tout un cache-misère. Il y a tromperie sur la marchandise...

"Et ce pilote, Madame, il n'est pas à une saison complète, pas à 13 épisodes, non Madame, pour vous, ce sera 10 épisodes !"

Mais dans cet étalage de commerce télévisuel classique, ce qui me choque le plus, c'est certainement le marchandage.
Idéologiquement, Major Crimes est même aux limites du honteux. On n'y trouve aucun débat, aucune confrontation d'idées sur le thème des "deals" offerts aux criminels. C'est un fait imposé : on vous dit que le produit est neuf parce qu'on a ajouté l'option "compromis avec le D.A.", mais en réalité, c'est un cache-misère. Qu'est-ce qui justifie la ristourne de peine offerte au coupable de ce pilote ? Pas grand'chose.
Personne dans Major Crimes n'essaye d'expliquer pourquoi cette "nouvelle" série a décidé de s'orienter non vers la confession, mais vers le compromis. C'est l'alibi de la production pour pouvoir vendre le produit un peu plus longtemps, et l'épisode n'ira jamais chercher plus loin. Ni argument explicitant pourquoi "la peine de mort coûte plus à l'Etat que la prison à vie", ni explication contraire de la part de vieux flic (déjà bien tourné en ridicule dans le reste de l'épisode pour son obstination bornée) qui justifierait sa colère face à ce nouveau procédé. Alors que la peine de mort est, visiblement, au coeur de ce changement de politique des services de L.A., la question est abordée comme n'importe quel autre prétexte de scénario.
Même en ayant l'opportunité d'avoir un véritable cachet, de la profondeur et un propos : en somme, un plus-produit ; Major Crimes refuse d'être autre chose qu'une déclinaison parmi tant d'autres d'une formule qui est survendue par les chaînes américaines depuis maintenant une douzaine d'années.

"Ah, on est dure en affaires, hein ? On vous la fait pas à vous ! Allez, adjugé à la petite dame ! Ce sera parfait à regarder en pleine canicule !"

Non, vous savez quoi ? Même à ce prix-là, ça vaut pas le coup.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:38 - Review vers le futur - Permalien [#]

03-12-10

Laisse-moi rester femme

C'est souvent que j'admets n'avoir pas spécialement des goûts de gonzesse. Le simple emploi du terme "gonzesse" indique d'ailleurs bien ma disposition d'esprit vis-à-vis d'une certaine catégorie de séries qui me semblent totalement hors de ma zone d'intérêt, en première ligne desquelles on trouve les romances (ce qui explique que jamais je ne vous parlerai d'autant de séries coréennes que de séries japonaises, par exemple), les teenageries glamour avec plein de vêtements dedans (sans rire, vu de l'extérieur, le phénomène Gossip Girl semble plus une équation racolage + défilé de mode qu'autre chose) et ainsi de suite. Malgré mes cheveux longs, mes ongles laqués et, bien-sûr, ma carte d'identité, rien dans mes goûts téléphagiques n'indique que je sois de sexe féminin.

Alors, m'étais-je dit, c'est sans doute que je suis plus du genre à apprécier les séries masculines.
Lors de l'enregistrement de ce dernier SeriesLive Show en date, j'ai réalisé mon erreur. Avoir regardé Oz avec passion, avoir englouti trois saisons de Rescue Me en quelques semaines (oui, je m'en tiens aux DVD...) et autre goût prononcé pour les amitiés viriles à la Men of a Certain Age (merde on est vendredi, j'avais oublié...), ne fait pas de moi quelqu'un qui a des goûts de mec.

La preuve : j'étais totalement hors du coup ! Sons of Anarchy, 24, The Shield... je n'ai jamais dépassé 5 épisodes sur ces séries. Non parce qu'elles ne me plaisaient pas mais parce qu'elles ne me plaisaient pas assez.

TheSeriesLiveShow_MEA
The SeriesLive Show - 1x05 : Bad blood

Alors, j'ai posé quelques questions, et j'ai écouté. C'est plaisant aussi d'écouter, même quand on est censé animer le débat. Mes camarades du SeriesLive Show étaient tellement enthousiastes sur ces séries qu'ils animaient d'ailleurs très bien la conversation, même quand elle partait dans tous les sens. Dans le fond, je n'aime pas forcément regarder les "séries de mecs", mais j'aime bien en entendre discuter tout ce petit monde. Même quand les débats ne volent pas haut, même quand on a un peu l'impression que ces messieurs vont se mesurer dans les toilettes à la fin du débat, c'est vraiment agréable de sentir une telle énergie.

Des amateurs de séries qui parlent des séries qu'ils aiment... un podcast ne devrait-il pas toujours être comme ça ?

Posté par ladyteruki à 22:54 - Entre potes (cast) - Permalien [#]

22-09-10

Fat guy, not skinny wife

Le sitcom. L'art de prendre une idée la plus simple possible et d'en rire le plus longtemps possible. Surtout un sitcom de Chuck Lorre...

J'ai de moins en moins d'atomes crochus avec le sitcom. La comédie en single camera lui a ravi mon cœur voilà longtemps. Il y a quelques mois, j'ai pourtant eu une petite fringale (intégrale de Lucky Louie, Will & Grace et des Craquantes, première saison du Mary Tyler Moore Show...), dont on aurait pu penser qu'elle me réconcilierait avec le sitcom. Eh bien du tout.
Ou peut-être que je suis surtout fâchée avec Chuck Lorre, depuis qu'il nous a flanqué The Big Bang Theory dans les pattes.

Pourtant, Mike & Molly s'annonce comme une petite comédie bien différente de l'humour "masculin" de Lorre dans lequel j'ai du mal à me retrouver (moi qui aime l'univers viril de Men of a Certain Age, pourtant... non, visiblement mon contentieux est avec Lorre). Peut-être ce qu'il y a de plus proche, au stade du pilote, de la comédie romantique à l'asiatique, cette nouvelle série nous montre comment un couple a priori peu destiné au romantisme télévisuel va lentement se former.

C'est d'ailleurs tout l'enjeu : Mike comme Molly ne sont pas des personnages qui d'ordinaire auraient fait l'objet d'une comédie romantique. N'importe où ailleurs (et les emplois précédents des acteurs en attestent), ils seraient les faire-valoir, les bons gros copains qui servent de caution humoristique. Tu es gros, ton histoire d'amour ne peut être complexe, elle doit forcément toucher à l'absurde niaiserie qui sied à ton rang d'obèse.

Ce qui unit Mike et Molly, c'est que tous deux souffrent de blessures d'amour-propre, mais sont dotés d'un sens de l'humour qui appelle la tendresse, et qui y réagit, également. C'est très touchant de les voir tous les deux faire leur monologue devant le groupe des OA, avec à la fois un regard lucide sur leurs souffrances, et en même temps une façon de se mettre en scène visant à dédramatiser leur surpoids. C'était touchant et c'est ce qui les a touchés l'un chez l'autre, en fait. On sent immédiatement dans les yeux de Molly combien elle est charmée que ce mélange d'humour et de tristesse soit si franc dans le discours de Mike. Il faudra attendre plus tard dans l'épisode pur qu'elle ait l'opportunité de lui en faire une démonstration similaire (bien que le charme de Melissa McCarthy fasse son oeuvre bien en amont de façon à nous la rendre instantanément sympathique).
Et très franchement, j'étais tout autant charmée. Car cet humour est le mien. Je ne l'emploie peut-être pas sur mon poids, mais sur mes (autres) fêlures et mes (nombreux) problèmes existentiels, si ; et en cela, les deux personnages de Mike & Molly respirent la sincérité. Ils ne sont pas juste gros, ils dépassent vite leur carrure pour installer deux personnalités pétillantes et remuantes. La mise en place de ces deux personnages est bonne, là-dessus, ya pas à dire.

Mais comment faire, maintenant ? Comment raconter cette romance sans épuiser les clichés sur les gros-qui-au-fond-sont-comme-tout-le-monde ? Le problème de Mike & Molly, c'est, sans jeu de mot, son format (et Chuck Lorre), car de la même façon que les blagues éculées sur les geeks de The Big Bang Theory sont usantes alors que le concept pourrait être marrant, l'histoire d'amour entre nos deux rondouillards pourrait être touchante quand elle semble vouée à la répétition à l'envi de plaisanteries sans avenir.

Mike & Molly en dramédie ? Quand vous voulez. Je trouve les personnages principaux suffisamment attachants pour ça (et ce serait facile de transformer les irritants personnages secondaires pour en faire de meilleurs atouts, notamment dans la famille de Molly). Mais en sitcom, non, je passe mon chemin. Surtout avec Chuck Lorre aux commandes.
Mais si j'en crois la Vanity Card de ce premier épisode, lui-même ne parie pas un pet de lapin sur la longévité de sa série. C'est pas plus mal : après avoir vu Melissa à l'oeuvre dans le film The Nines, je suis en mesure de dire qu'il ne la mérite pas.

MikeMolly

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mike & Molly de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:30 - Review vers le futur - Permalien [#]

03-04-10

Quoi de neuf docteur ? Rien.

Miami Medical, la série qui estime que c'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut se taire.

Il faut dire d'un autre côté que personne n'a de raison d'être tendre avec Miami Medical, alors que déjà cette saison, on a amplement eu le temps d'être déçu par Trauma et Three Rivers ; Miami Medical se situe justement à mi-chemin, ce qui ne joue évidemment pas en sa faveur. On y trouve des médecins (évidemment) de génie, des patients (évidemment) entre la vie et la mort, une structure (évidemment) haut de gamme. Les ingrédients sont éprouvés (au final c'est peut-être la patience du spectateur qui l'est un peu aussi...) et on a la sensation de les avoir vus cent fois être déclinés, ne serait-ce que ces derniers mois.

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Devant le pilote de Miami Medical, plusieurs questions se posent, la première étant : qu'est-ce qu'on en a à foutre que ça se passe à Miami ? Franchement. On parle d'une série dont les personnages principaux sont des traumatologues passant à peu près 50 heures par jour enfermés entre les 4 murs de l'hôpital pour y sauver des vies ; concrètement, ça se passerait n'importe où ailleurs, on ne verrait pas franchement la différence dans le cœur de la série, c'est-à-dire ses "intrigues" médicales. Ça n'a pas non plus de répercussion sur les cas rencontrés, du moins pour le moment. Le premier épisode commence par exemple... par une explosion au gaz. Quoi, ya du gaz qu'à Miami ? Non. Bon, alors ? Note : dans une interview, Jeffrey Lieber mentionne une attaque d'alligator pour un épisode à venir, ce qui serait parfait si les autres cas mentionnés n'étaient pas du plus haut banal...

Alors eh bien ça permet de faire de jolis cadrages qui font un peu années 90, et que personnellement je pensais éteints depuis la disparition d'Alerte à Malibu et autres Pacific Blue des écrans. Typiquement, en guise de transition, on a tout de coup des cartes postales de Miami : sa plage, ses bars, ses néons, ses jolies filles pas trop vêtues. Après ça allez défendre Miami Medical... J'exagère à peine ! Cela dit ce ne serait pas très honnête d'oublier de mentionner que situer l'hôpital à Miami permet aussi de jouer sur les couleurs (les mêmes que Les Experts Miami, mais souvent en plus pastel), offrant, il est vrai, un travail autrement plus soigné que Three Rivers et son agression visuelle permanente. Si ici on est dans le high tech, le moderne, le design, la plupart des prises de vue s'arrangent pour être un plaisir pour l'œil. Les vues de l'hôpital montrent un endroit au lignes épurées, claires, fait de courbes et de grands espaces vitrés. Là où Urgences montrait un service claustrophobe, sans fenêtre ou presque, avec comme unique ouverture sur le monde le sas d'entrée donnant sur le parking, Miami Medical est tout en lumière et presque totalement ouvert sur l'extérieur. C'est agréable, je ne le nie pas. Mais ça ne sert pas à grand'chose...

Le seul espoir de Miami Medical, c'est d'exploiter un filon trouvé dés les premières minutes du pilote, pourtant. En faisant un peu moins dans l'esthétique et le tape-à-l'œil (qui, s'ils n'étaient pas le seul atout de ce pilote, joueraient en sa faveur, en fait), et en se branchant un peu plus sur ces problématiques, la série pourrait devenir regardable. Je ne pense pas qu'elle le fera mais elle a pour l'instant la marge de manœuvre nécessaire pour redresser la barre.
Je veux bien-sûr parler de l'angle "pétage de plombs".

Assez rapidement en effet, le big boss (campé par Andre Braugher entre deux épisodes de Men of a Certain Age) lâche la rampe après avoir sauvé un patient in extremis, et se met lui-même définitivement hors-jeu après un strip tease en plein milieu du service. Inutile de dire qu'on ne s'attend pas à ce qu'il retrouve son poste dans l'immédiat. Une scène intéressante, où le rendu est impeccable sur l'espèce de blackout total qui semble s'installer en quelques secondes dans le cerveau de l'éminent médecin, tandis que ses jeunes subordonnés, encore admiratifs de sa performance médicale, assistent impuissants à la débandade.

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A la suite de cet incident, on a droit à une séquence décodage avec les deux nanas (qui esquissent une vague dynamique mentor/scarabée qu'il serait également bon de creuser), et elles nous apprennent que 60% des médecins travaillant en traumatologie abandonnent au cours des 5 premières années d'exercice. On sent que ces statistiques et leur manifestation via ce bon vieux docteur (qui avait largement plus que 5 années d'exercice au compteur) sont une inquiétude tangible, et le personnage de la blondinette va remettre de discrètes couches autour de ce sujet en deux autres points du pilote, ce qui est tout à l'honneur de ce dernier ; si Miami Medical se préoccupe d'approfondir vraiment cette question, on tiendra là un axe original pour une série médicale, et au potentiel dramatique puissant.

Hélas hélas, comme beaucoup de séries produites par Bruckheimer (sinon toutes), on sent que l'efficacité superficielle est plus importante que de vraies problématiques de fond du métier abordé, et qu'on est plus dans l'exercice de style qu'autre chose.
C'est un truc que je ne comprends pas avec les productions Bruckheimer : on a le pognon de bien faire, un cast très honorable (pour l'instant, Parilla est en sous-régime mais correcte, Harnois ne fait pas inutilement dans l'oie blanche, et Gooding est attachant bien que sous-employé), bref, toutes les cartes en main pour faire quelque chose de bien, mais on ne se contente jamais que d'obtenir un résultat "propre", et sans âme.

Après avoir tué le genre policier en l'abreuvant de séries passant totalement à côté de l'intérêt majeur du métier (soit la proximité) et en rendant dénué d'intérêt le traitement des enquêtes, voire en le rendant purement abstrait au bénéfice d'une production abordable par tous, Bruckheimer s'attaque cette fois aux séries médicales. N'y a-t-il donc rien de sacré à la télévision, Jerry ? C'est pas en crachant sur la tombe d'Urgences et son parti-pris politique, humain et social que tu vas t'octroyer sa succession, tu sais.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (lisez la fiche avant de ne plus rien en avoir à foutre... hop, trop tard) : la fiche Miami Medical de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:17 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-01-10

L'art de la guerre

"Tu veux savoir ce qui s'passe (et c'est arrivé à toutes les femmes, à pratiquement chacune d'entre nous) : on commence à sortir avec vous, vous nous dites qu'on est fantastique, et fabuleuse, on pense que c'est sérieux, vous nous laissez penser que c'est sérieux, alors on y croit, on dit à tout l'monde "oui, c'est vraiment sérieux" ! Et après... après les coups d'fil se font plus rares. Vous savez c'que c'est d'être assise là à attendre que le téléphone sonne ? Vous n'vous douchez plus, pour ne pas être en plein orgasme si le téléphone sonne, vous n'mangez plus, vous n'pouvez pas avoir la bouche pleine en décrochant le téléphone, vous décrochez le combiné de temps à autres, pour être sûre qu'il fonctionne bien, après vous l'reposez, et après, quand vous recommencez, c'est là qu'il appelle et que ça sonne occupé ! Et vous faites ça... des semaines, jusqu'au jour où finalement... vous sentez si mauvais... et vous êtes si maigre, que vous comprenez... que vous avez été plaquée... Et vous n'savez pas du tout pourquoi, vous, vous pensiez que c'était sérieux ! Et des années après, cinq, dix, vingt ans, vous y pensez toujours en vous demandant POURQUOI... il ne vous a pas rappelée, et si c'est vraiment à cause de vous qu'il ne vous a jamais rappelée, et vous n'le saurez jamais, non ça jamais ! Sur leur lit de mort, vous croyez qu'les femmes s'apprêtent à mourir en paix, mais non ! Elles sont raccordées de partout à des dizaines de tubes en se demandant c'qu'elles ont fait, et pourquoi vous n'avez pas rappelé, voilà c'qui s'passe sale pourri !"
Trois hommes sur le green, une série méconnue qui a pourtant su offrir quelques perles...

J'ai toujours ce dialogue dans un coin de ma tête au moment d'une rupture. Pas parce que ça se passe forcément comme ça (quoique, hein les filles, ça nous est vraiment arrivé à toutes au moins une fois...), mais parce qu'il semblerait parfois que les places respectives de l'homme et de la femme soient codifiées à l'extrême dans la plupart des séries, notamment en cas d'interaction.
C'est Sex & the City qui, sans être la première série à le faire, ni forcément la meilleure pour le faire, a popularisé les interrogations explicites sur le rôle que chacun joue dans chaque relation. Et il est étrange de constater que c'est toujours le même. Non, pas pas étrange : communément admis.

TheSexes

Quand j'avais une quinzaine d'années, je ne sortais pas (mon éducation étant ce qu'elle était), et j'essayais de me projeter dans l'avenir et d'imaginer ce qu'était l'âge adulte, et plus particulièrement ce qu'était la vie amoureuse d'un adulte. Je me tournais vers la télé pour trouver des idées, pour imaginer ce qu'était la vie des autres, "dehors", et je voyais des personnages comme ceux de Friends ou Ally McBeal, et les choses étaient également très codifiées sitôt qu'on parlait de relations amoureuses.
Il y avait la première sortie, avec un premier baiser sur le perron si le dîner s'était bien passé, il y avait la seconde, plus mitigée souvent, parce que porteuse de méfiance et d'espoir, et puis, surtout, il y avait la troisième, et c'était là qu'on savait si les choses prenaient tel ou tel chemin. Au bout d'une période de temps convenable, on présentait l'autre à ses amis et/ou à ses parents, on allait rencontrer les siens, et on pouvait admettre que les choses étaient "sérieuses".

Tout un tas de codes que finalement, étant une adolescente impressionnable et (par la force des choses) réservée, j'avais intégrés au prétexte que, si la série trouve son public, c'est qu'elle a nécessairement une certaine résonance sur le mode de vie de ses spectateurs. Ce n'est quand même pas de la science-fiction. Les "dates" existent.
Et pourtant, de vous à moi, ma vie amoureuse ne s'est jamais déroulée comme cela. Je ne me suis jamais demandé s'il allait m'appeler, ou si je passais pour une fille trop collante si je l'appelais en premier, ou si cela faisait trois soirs et qu'il s'attendait donc à quelque chose, ou si au second soir je ne passais pas pour une fille facile, ou rien de ce genre. Et si je reconnais bien volontiers que ma vie amoureuse s'est montrée assez atypique, dans son genre, je refuse néanmoins de croire que je sois la seule à ne pas me reconnaître dans ce système guindé où il y a des règles du jeu soit à respecter, soit à transgresser.

Mais la télévision continue de les populariser. Il y a quelques semaines, on m'a convaincue de regarder un épisode de How I met your mother (et je me suis laissée convaincre à cause de Joanna Garcia) et il s'est avéré que les choses n'avaient pas vraiment changé depuis un peu plus de 10 ans que j'avais commencé à les observer à la télévision. On tient pour acquis qu'il faut faire certaines choses après une rupture, ou pour trouver quelqu'un, ou pour approcher quelqu'un... Alors qu'il y a autant de façons que de couples !

Bien-sûr, poser l'existence de tels codes permet de les transgresser, notamment à des fins comiques (il ne vous aura pas échappé que la plupart des séries citées sont des comédies ou, au pire, des comédies dramatiques), mais globalement, est-ce que ces codes ne finissent pas par transpirer sur la société ? Est-ce qu'on ne rencontre des prétendants potentiels que dans les bars ? Bien-sûr que non. Mais c'est quand même comme ça qu'on nous fait croire que la plupart des rencontres se font. Et cette règle des trois rendez-vous, sérieusement, vous la gardez toujours en tête au commencement d'une relation ? Moi pas, je me laisse porter, parfois ça prend beaucoup plus de temps, parfois moins, ça dépend de plein de facteurs qui dépassent largement la frigidité des règles édictées par ces fictions (et les autres).

D'ailleurs les scénaristes ont-ils inventé ces fameux codes de la relation amoureuse ? Je n'en suis pas sûre. J'ai l'impression que ça vient d'un autre média, de la presse (féminine par exemple). A mes yeux la meilleure preuve, ce sont les séries dirigées vers un public masculin, et là on se rend compte que la gamme des expériences, des possibilités de rencontre, des possibilités d'évolution de la relation, est bien plus diversifiée. Un exemple récent serait Men of a Certain Age, disons.
Les séries comme une version moderne du conte de fées qui emprisonne la population féminine dans une vision étriquée des relations homme/femme ? Je ne suis pas loin de le penser.

De toutes les valeurs véhiculées par les séries télé, la rigidité du fonctionnement des relations amoureuses est celle qui, en ce moment, me frappe et m'irrite le plus.

Posté par ladyteruki à 00:47 - Série de valeurs - Permalien [#]

03-01-10

Diapositives de mes vacances

Ces dix derniers jours, comme pas mal de monde, j'ai pu prendre quelques congés, et alors que je vais reprendre le travail mardi, j'ai voulu faire un petit bilan de ma téléphagie pendant ce temps libre, et je vous ai même ramené des photos...

Il faut reconnaître qu'il s'est passé quelque chose d'étrange pendant cette période : j'ai regardé des films. Pas UN film, ça, ce serait encore dans le domaine du plausible, non, PLUSIEURS ! Pour quelqu'un qui n'arrive pas à tenir assise pour tout un film d'1h30 d'ordinaire, c'est quand même incroyable.
Ça a commencé assez bêtement quand mon ordinateur est mort (RIP), et que j'ai dû procéder à des installations et des réinstallations et des tas de choses barbares sur mon nouveau PC. J'ai lancé un film qui trainait par là, pour patienter le temps d'une installation dont la durée était prévue pour environ deux heures. Et c'est comme ça que j'ai regardé Garden State.

GardenState

Et puis, une fois l'ordinateur fonctionnel, je ne me suis pas arrêtée là. Puisque j'étais lancée... alors il y a eu Là-Haut (deux fois), Madagascar, puis Wall-E.

WallE

Et là j'ai bifurqué et, de l'animation, je suis passée à la science-fiction avec The Island.

TheIsland

Pendant que I, Robot arrivait, j'ai fait un détour par V for Vendetta, et aujourd'hui, il y a donc eu I, Robot et Bicentennial Man. Pas mal, en 6 jours, pour quelqu'un qui ne regarde pas de films d'ordinaire !

IRobot

Hm, je me demande sur lequel de ces films je pourrais faire un post Comme au cinéma...

Ah, je me suis aussi revu A Chorus Line, évidemment, pour la, je ne sais pas, 15e ou 16e fois depuis que je l'ai découvert fin novembre ?

Line

Que tout le monde se rassure, je n'ai pas négligé les séries pour autant, puisque j'ai profité de cette période pour me faire une intégrale de la première saison de Rescue Me (je me suis offert la saison 2, d'ailleurs, donc l'incendie est loin d'être éteint).

RescueHim

Quelques pilotes japonais, comme celui de Team Batista no Eikou.

TeamBatistanoEikou

Une remise à niveau sur la saison 1 de Southland.

Southland

Pas mal épisodes de Scrubs mais dans un beau désordre (la diffusion sur M6 plus quelques épisodes de mon coffret saison 1 flambant neuf, merci père Noël).

Scrubs

Sans compter la suite de Men of a Certain Age et de Better Off Ted, évidemment.

BetterOffTed

...Si-si, j'ai eu le temps de réveillonner et tout, aussi improbable que ça puisse paraitre.
Je tiens donc une forme phénoménale en ce moment, et je suis motivée pour varier un peu plus mon régime téléphagique, en incorporant quelques films à mon alimentation. D'ailleurs comptez sur moi pour me ruer dans les salles obscures pour Nine qui cumule les caractéristiques alléchantes à mes yeux en ce moment : film, comédie musicale...

Nine

Comme vous le voyez, j'ai passé d'excellentes vacances, et 2010 commence fort !!!
Alors, et vous, qu'est-ce que vous avez vu récemment... télé et ciné confondus ?

Posté par ladyteruki à 21:58 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

11-12-09

[DL] NCIS: Los Angeles

J'ai essayé de rattraper tout mon retard. Avec les meilleures intentions du monde, j'ai envie de dire. Intégrale de Glee en quelques jours (histoire de me remettre dans le bain pour les inédits), intégrale de Better Off Ted en une journée (la saison 2 a commencé et j'avais presque tout oublié de la saison 1... et je devrais avoir honte de moi, j'adore toujours autant cette série), pilote de White Collar sur lequel j'avais fait l'impasse (on peut éventuellement en reparler à l'occasion), pilote de Men of a Certain Age dont je vous ai chanté les louages l'autre jour... Ok, je suis bonne élève, je m'applique, vraiment je fais de mon mieux pour ne rien laisser de côté.

NCISLosAngeles
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais NCIS: Los Angeles... je suis désolée, c'est au-dessus de mes forces. Quand je vois le générique, j'ai presque plus envie de regarder... le NCIS original. C'est dire si ça me désespère.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche NCIS: Los Angeles de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:48 - Médicament générique - Permalien [#]

09-12-09

Inspiration

Sortie des flics et des médecins, la télévision américaine, ces derniers temps, c'était bien souvent des remakes de Sex & the City (avec encore moins de sexe, network oblige). Lipstick Jungle, Cashmere Mafia, In the Motherhood ou plus récemment Eastwick, on en a bouffé, de la gonzesse vieillissante en troupeau. Rares ont été les séries à s'essayer à un équivalent masculin, alors qu'ironiquement, c'est peut-être ce qui m'intéresserait le plus. A part Big Shots (qui n'a pas été aussi big qu'attendu, malgré un cast alléchant), c'était même plutôt le désert.

Heureusement, voici venu Men of a Certain Age qui, malgré un départ assez mou (générique bidon, premières scènes confondantes de banalité), parvient à mettr le doigt sur, précisément, ce qu'on peut attendre d'une série sur les malheurs de célibataires ayant passé la trentaine.

Men of a Certain Age, c'est une série à laquelle rien n'était acquis : un pitch assez fade ("c'est l'histoire de trois mecs qui ont passé la quarantaine"), la présence de Ray Romano (ou devrais-je dire, l'omniprésence), le casting assez inégal (de l'appétissant mais cabotin Scott Bakula au souvent apathique mais talentueux Andre Braugher)... sans compter qu'il était difficile de savoir si ce serait du lard ou du cochon, tant les variations entre la comédie pure et le drame sombre étaient possibles à partir de ce simple postulat de départ.

Mais de tous ces éléments un peu décourageants, ou disons, déconcertants, s'avèrent être exploités avec intelligence. A partir de son pitch classique, Men of a Certain Age s'autorise à la fois une radiographie appliquée de la mid-life crisis, un peu désemparée et impuissante, et une comédie pince sans rire avec des personnages qui parviennent lentement mais sûrement à attirer la sympathie, voire la tendresse.

Contrairement à beaucoup de séries mettant en scène un groupe d'amis, la relation entre ces hommes d'un certain âge n'apparait pas comme plaquée. Les liens sont à la fois forts et distendus (la conversation dans la voiture, au début de l'épisode, entre Joe et Owen à propos de Terry, est assez révélatrice à cet égard). Ils partagent une certaine complicité mais ne sont pas sans cesse collés les uns aux autres, comme le feraient des bonnes femmes (il suffit de reprendre les exemples cités au début de ce post, pour constater que tout ce petit monde passe en général sa vie à appeler les copines toutes les dix minutes pour raconter ses petits malheurs... tragiques portraits de femmes adultes restées bloquées dans une mentalité de lycéennes). Chacun sa merde, et on garde les potes pour les moments de détente. C'est bien les gars, j'aime ce genre de mentalité.

Arrivé à un certain point du pilote, alors qu'on a l'impression que chacun a touché le fond en matière de médiocrité (souvent professionnelle), les trois bonshommes donnent un coup de talon et nous offrent chacun une superbe scène où, finalement, ils se reprennent en main. Men of a Certain Age n'est donc pas la triste, pathétique et lamentable histoire de trois pauvres types dont les plus belles années sont derrière eux et qui sont sur le retour, mais bien trois parcours qui se réorientent comme ils peuvent, sans pied de nez magistral à la vie, mais pas sans une certaine fierté non plus. Tous les trois se laissaient aller, et tous les trois reprennent le contrôle, à leur façon. Ça ne passe pas par des miracles dans leur vie de tous les jours, juste un changement de mentalité.
Je n'ai pas encore 30 ans et je suis une fille, mais j'ai trouvé, quelque part, qu'à travers ses 3 personnages et son intrigue entre réalisme et loufoquerie, Men of a Certain Age avait la classe, et donnait, en fait, de l'inspiration.
Être un mec de plus de 40 ans ? Où est-ce qu'on signe ?
I'm changing, arranging...

MenofaCertainAge

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Men of a Certain Age de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 11:31 - Review vers le futur - Permalien [#]


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