ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

28-04-10

Free as a bird

Entre Breaking Bad, Gravity, Sunao ni Narenakute, In Treatment... on peut dire que l'ambiance est à la franche rigolade dans les parages, en ce moment, pas vrai ?

C'est pas grave, c'est aussi fait pour ça, la téléphagie.
Il ne s'agit pas juste de reviewer des épisodes à la chaîne au risque de se prendre pour un critique, mais bien d'y trouver quelque chose ayant une résonance avec le spectateur, d'expérimenter personnellement ce qu'on regarde. En tous cas, c'est comme ça pour moi.
Le principe, même dans une boulimie de pilotes ou dans une crise téléphagique intense me conduisant à regarder deux à trois saisons d'une même série en deux semaines, a toujours été ici de chercher à ressentir quelque chose grâce aux séries, mais aussi de trouver dans les séries quelque chose qui s'accorde avec mon ressenti du moment. On peut chercher le divertissement ou la qualité, le rire facile ou la réflexion abstraite sur des sujets, tout cela est fort valable comme motivation mais, pour moi, la téléphagie, c'est une expérience intime, une quête sans relâche d'un moment où les limites entre le "ailleurs" et le "dedans" deviennent floues, ou quand ces deux entités se renvoient la balle. Je crois que c'est de ça que ces derniers posts ont parlé, bien plus que de pilotes ou de saisons, non ?

Alors, si vous n'êtes pas du genre à vous laisser effrayer pour si peu, venez voir, approchez-vous, je vais vous parler de Mother, parce qu'il est impératif que vous entendiez parler de cette série. Et que si c'est pas moi qui m'en charge, les chances pour que ce soit quelqu'un d'autre sont quand même assez limitées, disons-le sincèrement même si ce sera avec une pointe de regret (mais ce sera le sujet d'un autre post). Question 9

Freeasabird

Mother, je vous en parlais lorsque je vous ai présenté les nouveautés du printemps, c'était l'une des séries qui j'attendais, même si son thème m'avait aussi un peu effrayée ensuite,  après les évènements tragiques de ces derniers temps. La mort, la maladie, la violence... il y avait un peu trop de tout ça dans ma vie tout d'un coup, et Mother semblait soudain beaucoup plus terrifiant qu'une série sur les vampires (et vous savez à quel point je hais tout ce qui a des dents un peu trop pointues, c'est bien simple, je fais encore des cauchemars à cause de l'épisode de V New Gen dans lequel Anna... brrr... passons). Mais enfin voilà, les sous-titres pour le pilote sont sortis et je me suis dit qu'avec un peu de courage, je pourrais tirer du bon de cette expérience. Et qu'au pire le pilote serait tellement pourri que j'en sortirais indemne.

On ne sort pas du pilote de Mother indemne, je préfère mettre fin immédiatement au suspense, c'est même parfois carrément terrible. C'est fou comme les Japonais sont capables du plus mielleux comme du plus violent psychologiquement, je crois que je ne m'y ferai jamais. Vous regardez des conneries genre Massugu na Otoko (ah oui, c'est vrai, on avait dit qu'on n'en parlerait plus jamais) ou Tokujou Kabachi!!, et quelques semaines plus tard, vous vous prenez Mother dans la tronche avec une violence inouïe.

Mais parlons concrètement : Mother, c'est donc l'histoire de cette jeune enseignante remplaçante qui découvre qu'une de ses élèves est maltraitée, et qui décide de l'enlever. C'est en tous cas le pitch de la série tel qu'on a pu le lire un peu partout (et je n'ai pas été la dernière), et j'avais relevé combien un tel sujet pouvait, selon les mains entre lesquelles il tombait, devenir soit un navet sirupeux, soit un chef d'œuvre.
C'est la deuxième option.

On l'a déjà dit (je ne sais plus à quelle occasion), mais les Japonais ne sont pas de grands dialoguistes. Déjà quand ils sont mauvais scénaristes, on peut oublier les dialogues au cordeau, on est dans le mécanisme de conversation primaire le moins enrichissant possible juste pour faire fonctionner les gags/quiproquos/suspenses à deux balles. Mais quand ils sont bons, les scénaristes nippons ont aussi la particularité de toujours préférer le dialogue qui "fait vrai", le truc qu'on pourrait dire soi-même, la tirade qui vient du cœur plutôt que du cerveau de l'auteur qui s'est creusé trois jours pour trouver le mot qui fait mouche. Dans Mother, on est de la deuxième école, c'est net, et à cela s'ajoute un grand talent pour les silences. Ces silences sont aussi l'occasion de scènes contemplatives absolument superbes, ce qui ne ruine rien.

Et puis parfois, il y a juste ce qu'il faut de silence, de musique, de dialogues et d'images superbes, comme cette séquence aux faux-airs d'Amélie Poulain :

Ameliekindofthing

On n'est pas dans une série au niveau de photographie de Mousou Shimai (qui à ce jour reste la référence à mes yeux en matière de recherche esthétique à la télévision japonaise ; comme toujours, je ne demande qu'à être contredite preuve à l'appui), mais clairement, l'oeil qui se trouve derrière la caméra cherche à trouver la beauté là où on ne l'attend pas.
Ainsi, la ville de Muroran est à la fois un havre de silence enneigé, et le théâtre d'une industrie bruyante et un peu effrayante. La nature la plus pure y côtoie vraisemblablement une industrie d'un autre âge, et on y observe des envolées d'oiseaux migrateurs aussi bien que des quartiers en décomposition. Du froid, du silence, du dénuement, Mother fait de la poésie sans en rajouter des tonnes. C'est saisissant. On se prend à s'arrêter sur les prises de vue à la fois normales et exceptionnelles que fait la caméra pour saisir le monde dans lequel la petite Rena vit. Cela en dit autant sur l'histoire que les scènes plus explicites sur la maltraitance de la petite fille, finalement.

Si Mother est, en apparence, l'histoire d'une jeune femme qui enlève une enfant maltraitée, l'héroïne de ce pilote, c'est Rena. Je ne sais pas où ils ont trouvé cette gamine mais elle est épatante. On a largement dépassé le niveau habituel des enfants comédiens japonais. Laaaargement. Plusieurs fois je me suis dit "mais elle me tue cette gamine, comment elle fait ça ?", c'était incroyable. Si l'interprète de Rena ne fait pas carrière, je n'ai plus foi en rien, je vous le dis. Il faut préciser que le Japon a un vrai problème avec son système de recrutement d'enfants dans la plupart des fictions, avec pour principal coupable ce syndrome du "kawaii" (=mignon) qui pousse les producteurs, pour des raisons qui me dépassent, à engager des enfants incapables de jouer, mais avec de grands yeux et des joues bien rondes, et le tour est joué. Ici, on a vraiment une petite comédienne saisissante qui semble avoir absolument tout compris de son personnage, et ça fait mal, vraiment, que ce personnage soit si bien incarné.

Parce que je ne vais pas pouvoir éviter ce sujet bien longtemps. Oui, Mother parle de maltraitance. Et surtout, elle la montre. Elle la montre avec intelligence et bon goût, mais sans pudeur mal placée. Pour qu'on comprenne bien l'enjeu, Rena va plusieurs fois être confrontée à une violence psychologique (ses jouets sont mis au rebut sur le trottoir, sa mère lui donne 500Y pour qu'elle débarrasse le plancher le soir), une violence physique (terrible, terrible scène pendant laquelle la petite est battue comme plâtre), et une violence sexuelle (sans conteste la plus terrifiante de par ses manifestations souvent inattendues). Tout est montré avec le bon goût de ne pas faire dans la gratuité, mais on ne nous épargne pas pour autant. C'est un acte de bravoure côté réalisation... et côté acteurs, aussi. J'en hurlais de douleur et d'incompréhension. On se dit que, non, non quand même pas, non c'est pas possible d'en arriver là. Si. Oh mon Dieu, si.

Dans tout cela, la complicité se construit progressivement entre Rena et la biologiste/instit Nao, une femme frigide (on ne nous délivrera la clé de sa froideur qu'en toute fin de pilote) qui n'est capable de s'intéresser qu'aux oiseaux migrateurs et qui, de son propre aveu, déteste les enfants. Mais la petite fille en quête d'affection et d'approbation, et la femme emmurée dans son monde de volatiles vont très lentement s'apprivoiser. Les scènes sont à la fois tendres, belles, et réalistes. Nao ne se prend pas d'affection pour le bout de chou, on sent qu'elle a du mal. Comme la plupart des adultes qui ne sont pas à l'aise avec les enfants, au lieu de chercher à user de tendresse exagérée et de cajoler l'enfant, Nao parle à Rena comme à une adulte.
Et c'est sans doute ce qui les lie toutes les deux avec tant de beauté, le fait que la femme et l'enfant se voient comme deux égales. C'est ce qui leur permet de parler de leurs mères respectives ou de la passion de Nao pour les oiseaux migrateurs (une très, très jolie thématique que cette passion pour les oiseaux, qui permet quelques élégantes métaphores qui plus est), sans qu'il n'y ait l'élève et le maître, la figure parentale autoritaire et l'enfant docile. On sort du carcan social habituel pour montrer une autre forme de famille qui se crée. Chacune vient avec ce qu'elle a dans cette étrange relation.

Bonding

Lorsqu'enfin, Nao comprend que le point de non-retour a été franchi, et emmène Rena, il ne s'agit pas de prendre la petite sous le bras et de lui expliquer plus tard que c'était le mieux pour elle. Elle a ces mots incroyables : "Ecoute. Je vais t'enlever. Je pourrais aller en prison pour ça. Mais je fais souvent des choses que je ne devrais pas. C'est peut-être une erreur. Il est possible que tu souffres encore plus. Mais... je vais devenir ta maman". C'est cette franchise qui rend leur lien si puissant. Partenaires dans le crime, d'un commun accord.

La suite de Mother sera, vraisemblablement, dédiée à leur cavale. Et à leur mensonge. Il faudra mentir pour toujours. Ne plus jamais dire la vérité. Elles ont choisi ensemble ce chemin, et reculer, c'est tout perdre.

Ces deux histoires qui se mêlent pour tenter de fuir ce qui, dans le fond, ne se fuit pas (car même si Rena refait sa vie avec Nao, les dommages sont irrémédiables de toutes façons ; et Nao a elle-même sa part de douleurs qu'elle a fuies mais jamais réussi à abandonner derrière elle), c'est ce qui fait de Mother une expérience touchante et profondément humaine.

Tout le monde n'a pas forcément les reins suffisamment solides pour supporter le poids d'une telle série dans son intégralité, mais si vous passez à côté... eh bien, vous, vous ne le regretterez pas, parce que vous ne saurez pas ce que vous avez manqué. Mais moi je saurai, et chaque fois que vous viendrez sur ce blog, vous saurez que je regarde votre IP s'afficher en hochant la tête d'un air navré et déçu. Ne gâchez pas la belle relation téléphagique que nous avons : regardez, au moins, le pilote de Mother... Sérieusement, je dois supplier, aussi ? Ou le message est passé ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mother de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:52 - Dorama Chick - Permalien [#]

16-02-10

It's less than you imagined. It's HBO.

Ou comment un tweet innocent peut gravement nuire à votre soirée. Livia, rédactrice de My Tele is Rich, que tout le monde doit connaître (absolument tout le monde) commençait en effet la journée avec une review du pilote de How to Make it in America. Je cite :

"How to make it in America : un Entourage made in New York ?"

Fidèle à mon habitude de ne jamais lire une review AVANT d'avoir regardé l'épisode concerné, j'ai pris cette information et tenté d'en prendre toute la mesure sans me spoiler. Mais il faut dire que cette seule affirmation avait de quoi piquer ma curiosité.

Car, vous le savez, Entourage, c'est la série que je n'arrive pas à découvrir, puisque chaque fois que j'ai une opportunité de voir le pilote (ou que je vais chercher une opportunité), ça finit par rater quand même. Je cagoule le pilote, et pouf, je perds le disque dur ! Pouf, je prête le CD et on ne me le rend jamais ! Sans arrêt. A croire que c'est fait exprès, une sorte de message divin : "Entourage tu ne découvriras point".
Ah d'ailleurs je ne vous ai pas raconté la dernière ? Le mois dernier, les soldes sur CDiscount permettaient de s'offrir le coffret des deux premières saisons pour une dizaine d'euros. Je me suis dit que là, quand même, c'était trop bête. Que j'allais employer la technique Deadwood, et acheter la DVD pour ne plus pouvoir échapper au pilote. Nan mais. Mais comme je venais de passer ma toute première commande sur ce site, j'ai voulu attendre de la recevoir pour aviser, au cas où il y ait un problème. Eh bien quand j'ai reçu mon envoi et que j'ai foncé ventre à terre pour passer ma commande des deux premières saisons d'Entourage en solde... tous les coffrets étaient écoulés. J'aurais dû la voir venir, celle-là ! Donc voilà, Entourage : encore raté.

Du coup forcément, à part m'entendre dire qu'Entourage c'est ci ou ça, je ne sais rien d'Entourage, à part le générique je n'en ai jamais vu la moindre seconde. Alors j'ai essayé de comprendre si "un Entourage made in New York", c'était une bonne chose ou pas.
Oh et puis zut : une fois rentrée, ce soir, j'ai lancé le pilote.

HowtoNOTmakeit

GRAVE ERREUR.

Alors franchement, si Entourage c'est le même à Los Angeles et avec le show business, je sais pas pourquoi je me mets la rate au court-bouillon pour n'avoir jamais regardé cette série. Nan mais attendez, ça peut pas être comme ça, Entourage, ça ne peut pas être une vulgaire photographie de personnages creux. Ou si c'est le cas il faut urgemment qu'on m'explique la renommée d'Entourage, sa durée, ses récompenses... Je refuse de croire que How to Make it in America ait quoi que ce soit de commun avec une série qui a autant fait parler d'elle qu'Entourage.
Bon alors évidemment, après j'ai lu la critique de Livia, et c'est plus une comparaison sur la forme que sur le fond. Mais quand même. Même si c'est uniquement le style similaire qui est pointé du doigt, Entourage a l'air bien moins intéressant que je ne me l'étais imaginé.

Du pitch de How to Make it in America, je m'attendais à tout. Il pouvait en sortir de bonnes choses, et de moins bonnes. J'avais un peu de mal à envisager que ce serait une comédie (mais vu que je n'ai pas souri une seule fois de tout le pilote, ça tend à confirmer qu'il ne s'agit pas d'une comédie), mais dans tous les cas je trouvais que le pitch pouvait permettre des explorations assez lucides sur le "rêve américain" aujourd'hui.
J'aime les histoires de gens qui avaient de grandes ambitions et se sont heurtés au principe de réalité. J'aime l'idée qu'il y ait des gens qui veulent réellement réussir dans un domaine donné (affaires, célébrité, etc...) et qu'il y ait des sacrifices, des efforts et des choix à faire (j'ai dans mes propres cartons des choses à ce sujet, c'est dire si ce dernier me fascine). Mais on ne ressent rien de tout ça non plus à travers ce pilote.

How to Make it in America n'est qu'une capture d'instants plus ou moins intéressants (souvent moins que plus) dans la vie de deux gaillards qui ont raté leur vie mais espèrent encore en faire quelque chose. Mais les personnages sont affectivement inabordables, on n'a aucune empathie à mettre à leur service, on s'en fout un peu de ce qu'il leur arrive.
On ne croit pas du tout en eux.

On n'y croit pas du tout, à cette série.
J'ai passé le pilote à presque regretter de n'avoir pas préféré regarder la suite de Massugu na Otoko, par exemple. J'sais pas si vous vous rendez compte.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche How to Make it in America de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

14-02-10

Tu sais où tu peux te la carrer, ta rectitude ?

Plus vite c'est fait, plus vite c'est fini, après tout. J'espère que vous êtes assis parce que ça va donc aller très vite : je vais parler de Massugu na Otoko encore une fois, et une seule, la dernière, et après on n'y reviendra plus. Parce que, bon, comme c'était un des premiers pilotes de la saison nippone à s'être montré disponible ET avec des sous-titres, il me semble difficile de faire comme si je n'avais rien vu, donc par acquis de conscience, je vais faire un post dessus, mais ensuite ce sera tout. Si vous voulez en parler vous-mêmes, ce sera dans les commentaires ci-dessous, et à partir de là on partira tous du principe qu'on n'a jamais entendu parler de la série et il n'y sera plus fait mention ; tout est le monde est d'accord ?
Fort bien.

Non parce que, autant la saison dernière, j'ai l'impression qu'on n'avait pas trop eu de comédies romantiques vidées de toute substance, autant cet hiver semble marquer le retour de ce genre pénible au possible. Surtout pour moi qui y suis allergique (j'ai un mot du médecin).
Gnagnagna, ils n'ont rien en commun, mais ils vont quand même finir ensemble mais seulement au terme d'une dizaine d'épisodes à s'opposer et/ou à se prendre la tête avec des tiers pour former des triangles amoureux à n'en plus finir... Zut à la fin. Zut, oui, parfaitement ; et je suis polie.

MassugunaOtoko

Massugu na Otoko, c'est donc l'histoire d'un mec droit dans ses mocassins, aux valeurs inébranlables sur l'honnêteté et la droiture, le profil type du "bon Japonais" toujours poli, gentil, travailleur et soucieux de bien faire, la télévision japonaise n'hésitant pas à populariser les stéréotypes nippons à l'intérieur-même des frontières de l'Archipel, le lavage de cerveau à son apogée, le pendant masculin de la jeune femme impossible à marier mais qui va tomber sur le bon gars qui va la faire changer.
A ce seul paragraphe vous avez probablement deviné l'objet de mon ire.
Eh bien, tenez-vous à vos télécommandes les enfants, mais une nana impossible à marier mais qui va tomber sur le bon gars qui va la faire changer, on en trouve une aussi dans ce pilote.
C'est dire si je suis furax.

Avec tous ces éléments, on aura compris que Massugu na Otoko ne joue pas vraiment dans la catégorie "et si je racontais une histoire que tout le monde ne connait pas déjà par cœur ?", probablement parce que c'est l'hiver et que les scénaristes ont trop froid aux doigts pour écrire, alors ils ressortent un vieux script qui trainait par là et changent les noms.

Je le concède : c'est vrai que Masao, dans le rôle-titre du massugu na otoko ("le type droit"... faut le présenter à la nana de Magerarenai Onna, "la fille qui ne plie pas" ?), se montre un personnage un peu plus nuancé que l'abruti moyen dans sa situation. Je pense notamment à l'illuminé de Ii Hito qui vivait également au pays de Candy, mais ne se rendait même pas compte qu'il était le seul. Au moins ici, le gars a vaguement conscience que parfois les gens peuvent être "méchants", et ça n'a l'air de rien mais la prise de conscience est énorme, quelque part. Cela dit, en-dehors de ça, il n'y a rien à voir.
Masao fait la rencontre d'une bonne à rien, glandeuse, squattant le canapé de sa meilleure amie (en lui vidant son frigo), et qui resquille, embrouille, ment et vole. De toutes façons on voit qu'elle est pas fréquentable parce qu'elle a une coiffure asymétrique avec des mèches décolorées, et que ses fringues sont voyantes. Vilaine, vilaine dévergondée qui porte trois boucles d'oreille !!!

J'ai partagé mon temps devant le pilote entre lever les yeux au ciel, et froncer les sourcils avec mauvaise humeur. Car naturellement, ils ne s'entendent pas, ils n'ont rien en commun, mais leurs destins sont liés, comme l'indique la bande-annonce sur le site officiel de la série, où, attention au spoiler après la virgule, on voit la fille de mauvaise vie avec un test de grossesse dans la main, ou bien on l'aperçoit en peignoir dans ce qui semble être le salon de notre gars tout droit. Bah bien-sûr.

Et moi je dis : stop. Un bon poncif est un poncif mort !
Bon, des questions ? Sinon je passe à la suite, et on fait comme on a dit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Massugu na Otoko de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 00:36 - Dorama Chick - Permalien [#]

10-01-10

Une série attendue, c'est une série bien vendue

On parlait l'autre jour des séries de la rentrée japonaise (n'étais-je pas, pilotovore que je suis, vouée à adorer le fonctionnement de la télé japonaise avec ses 4 rentrées télévisuelles par an ?), j'ai enfin la possibilité de vous donner le classement des séries les plus attendues de la saison, selon le sondage Oricon de circonstance.
Je rappelle pour info que les pitches de ces séries (et bien d'autres) sont rassemblés dans ce post d'il y a quelques jours.

1 - Code Blue (saison 2)
2 - Bloody Monday (saison 2)
3 - Tokujou Kabachi!! (spin-off)
4 - Yamato Nadeshiko Shichi Henge
5 - Magerarenai Onna
6 - Hidarime Tantei EYE (remake/suite d'un téléfilm)
7 - Massugu na Otoko
8 - Hanchou (saison 2)
9 - Nakanai to Kimeta Hi
10 - Angel Bank

C'est carrément pathétique. Les séries inintéressantes le disputent aux séries renouvelées (avec un joli cumul sur le haut des marches du podium). Franchement, heureusement qu'il est prouvé que les sondages de l'Oricon ne reflètent qu'une partie des goûts du public (= les adolescentes et les jeunes femmes), parce que ça fait grave peur.
Remarquez au passage que Ryoumaden n'y figure pas alors que je mettrais ma main au feu que dans quelques semaines, plusieurs des séries mentionnées dans ce top seront bien incapables de faire d'aussi bonnes audiences. Et ça, quelque part, ça rassure quand même un chouilla.

Je crois qu'en fait, les sondé(e)s ont confondu avec un questionnaire des séries qui donnent le moins envie, mais dont le casting est suffisamment connu pour booster les audiences...

CodeBlue

Mais non, en réalité, ce que ça prouve, c'est l'épatante fiabilité des systèmes de promotion autour des séries considérées comme bankable par les chaînes nippones.
Le bourrage de crâne a bien fonctionné, tout le monde a bien retenu la leçon : en janvier, il faudra mater Tomohisa Yamashita dans Code Blue. Yamapi qui sera secondé par Erika Toda, laquelle revient d'une seconde saison de LIAR GAME fructueuse (avec un film à promouvoir dans pas longtemps) et de Yui Aragaki qui, avec un peu de chance, a un single de prévu tout prochainement histoire de terminer d'assommer tout le monde. Ah, bah tiens, j'étais pas loin, elle sera au menu d'une grosse compilation vouée au succès commercial... 'Fort à parier qu'elle sera invitée sur le plateau de l'émission musicale Hey! Hey! Hey! (sur la même chaîne), ou n'importe laquelle d'ailleurs ; Music Station sur TV Asahi l'a à la bonne, notamment. Enfin bref, le spectateur japonais n'a pas fini de se faire rappeler à l'ordre pour regarder la série.

Les Japonais sont vraiment les meilleurs sitôt qu'il s'agit de vendre un produit culturel. Avec eux, le mot "médiatisation" n'est pas un vain mot, et un tel enthousiasme fait plaisir à voir. Les règles du jeu sont les suivantes : pour vendre quelque chose, tous les coups sont permis. Surtout si on peut squatter les médias de plusieurs façons. Et avec les séries, c'est juste parfait puisque depuis des années, l'industrie tourne autour de jeunes frimousses qui obtiennent des premiers rôles à la télé et au ciné, qui s'affichent dans les magazines à la mode, qui savent vaguement pousser la chansonnette, qui font des pubs pour de grandes marques... On fait interpréter le générique par un chanteur ou un groupe qui cartonne ou qui est en pleine ascension (on en profite pour faire la promo de l'artiste musical en question... ça fait plaisir à la filiale qui fait maison de disques, échange de bons procédés si vous voulez). Et sans compter les campagnes d'affichage dans les rues et les couloirs de métro !
Alors évidemment, les règles du jeu stipulent également (en petits caractères) que ce ne seront pas les séries les plus intéressantes qui seront vendues de la sorte ; c'est d'ailleurs une règle internationale. C'est le prix à payer pour un secteur économique réellement actif, quelque part...

J'ai l'air de râler, mais pas du tout. Je trouve vraiment que ces techniques ont quelque chose d'inspirant, fondamentalement. Pour nous Frenchies, j'entends.
On veut que ça marche, donc on met le paquet : casting attrape-couillon, générique interprété par un artiste connu, pub partout et tranquillité nulle part... Quelque part, les médias japonais, ils croient en leur propre industrie, et c'est ça qui est beau. Ils font tourner la machine. Ils ne remplissent pas les cases-horaire avec mollesse en espérant quand même faire de belles audiences : ils vont les chercher. Leur système n'est ni meilleur ni pire que celui des américains (qui ont quand même tendance à être plus limités quand il s'agit de traverser les secteurs médiatiques, mais qui qui compensent par d'autres facteurs évidemment), mais sans aucun doute possible, il est meilleur que le nôtre.

Ils entretiennent leur business, les Japonais. Et au milieu des produits de consommation grand public, on peut subventionner des projets d'auteur, des expérimentations, des trucs plus marginaux. C'est pas grave puisqu'on compense par ailleurs ! Puisqu'on a mis le paquet pour que ce qui marche, marche vraiment ! En France, on veut les bonnes audiences, tout de suite, sans se fouler, juste en commençant à diffuser des trailers une ou deux semaines à l'avance ! Rien capté...

Allez, je vous laisse sur un ton plus doux, avec deux scans de magazines où figurent Erika Toda et Yui Aragaki. Il ne sera pas dit que je n'aurai pas promu Code Blue à la japonaise... vous me direz si ça a marché sur vous. Et comme dirait un autre amateur de dorama de ma connaissance : n'oubliez pas, en cliquant, c'est plus grand.

Promo_AragakiYui         Promo_TodaErika

Posté par ladyteruki à 11:29 - Dorama Chick - Permalien [#]


  1