ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

24-05-13

La mort est son métier

Le dimanche est la soirée des grandes séries originales, pour HBO. C'est vrai aux USA... et c'est vrai en Amérique du Sud. Ce dimanche 26 mai sera une nouvelle occasion de le vérifier, puisque HBO Latino lance Sr. Ávila, sa dernière production originale sur laquelle elle avait commencé à lever le voile à la fin de l'année dernière.

Jusqu'à présent, les grilles de HBO Latino avaient fait la part belle aux productions brésiliennes : Preamar l'été dernier, et avant cela FDP, Filhos do Carnaval, Mandrake, Mulher de Fases ou encore Alice... Plus ponctuellement, HBO avait aussi par le passé fait appel aux talents d'autres pays du continent : l'Argentine avec Epitafios, le Chili avec Profugos, ou le Mexique avec l'incroyable Capadocia. C'est à ce pays que l'on doit Sr. Ávila, puisque les 13 épisodes de la première saison y ont été produits, et tournés au printemps et pendant l'été 2012.
Les auteurs de Sr. Ávila ne sont par ailleurs pas des inconnus, puisqu'il s'agit de Walter et Marcelo Slavich, déjà à l'origine des deux saisons d'Epitafios.

SrAvila-Affiche

L'histoire est celle d'Ávila, un honnête père de famille, assureur de son état. Il a 45 ans, il est marié, il a un fils adolescent : on aura difficilement vu plus normal ! Il a simplement un passe-temps un peu hors-normes, si l'on peut dire, même pas une vocation, une simple occupation, et ce passe-temps... c'est de tuer des gens. Mais pas n'importe qui ni n'importe comment ! Notre Ávila est tueur à gages pendant ses, hm... temps morts.
Ces deux casquettes ne seraient en soi pas un problème puisqu'il arrive tant bien que mal à gérer sa double-vie, sauf que, évidemment, les choses vont changer. Contrairement à beaucoup de personnages de séries sombres de ces dernières années, ce ne sont pourtant pas les mauvaises nouvelles qui vont influer sur le parcours de ce personnage : les vrais ennuis d'Ávila commencent lorsqu'il est promu et devient Sr. Ávila, le patron de son organisation. Désormais responsable de tous les tueurs à gages du coin, il va devoir gérer sa petite entreprise au nez et à la barbe de tous ceux qui le prennent pour un homme ordinaire, y compris, vous l'aurez deviné, ses proches. Il doit donc naviguer entre son "vrai" travail, sa vie de famille, et son activité annexe. Une tâche qui n'est pas rendue facile par le fait que sa femme soit en pleine dépression (elle passe ses journées devant la télévision et devient progressivement agoraphobe) et que son fils commence à poser des problèmes, comme tout adolescent grandissant dans une famille dysfonctionnelle. C'est le funerarium d'un certain Sr. Moreira, l'un de ses "collègues", qui sert de couverture à la petite opération ; et à toute cette galerie de portraits, encore faut-il ajouter Iván, assistant personnel du "Señor" du moment, Ismael, l'apprenti tueur à gages un peu rebelle, Ybarra, le plus ancien assassin de l'organisation et ancien mentor d'Ávila, Ana, la maquilleuse qui travaille à la morgue, Maggie, la maîtresse d'Ávila, ou encore Rogelio, qui sert d'intermédiaire entre les clients potentiels et le "Señor" en charge.

Difficile de ne pas pressentir une certaine inspiration de l'une des plus célèbres séries de HBO aux Etats-Unis, Les Soprano.
L'une des grandes différences tient peut-être dans le choix de structure narrative apparemment fait par la production de Sr. Ávila, puisque chaque épisode, nous promet-on, tournera autour d'un meurtre en particulier : le sieur Ávila continue en effet de se salir les mains, même au plus haut de la hiérarchie des tueurs à gages. Sans écarter totalement, ça va de soi, un certain fil rouge, notamment avec la relation d'Ávila à son fils à problèmes, la série envisage donc d'y mêler un aspect légèrement plus formulaic, ce qui n'est pas sans rappeler également l'univers de la série colombienne Lynch lancée l'an dernier.

HBO Latino promet, à travers cette nouvelle série, de ne pas avoir lésiné sur la violence (on n'en attendait pas moins, osons le dire), mais aussi de proposer de grands portraits denses de personnages : "Nous voulons emporter notre public dans une histoire fascinante, pleine de nuances, en montrant la complexité de la nature humaine", annonce Roberto Ríos, vice-président en charge de la programmation chez HBO Latino. On ne le croira pas simplement sur parole !
Sr. Ávila démarre donc ce dimanche avec, fait peu ordinaire, un double épisode inaugural, que les hispanophones parmi vous pourront donc tenter. Et même les autres, ya pas de raison.

Et pour se mettre en condition, que diriez-vous d'une petite bande-annonce ?

Posté par ladyteruki à 13:50 - Love Actuality - Permalien [#]

09-10-12

[DL] Babylon

Peut-être vous souvenez-vous que, dans un world tour précédent, nous avons évoqué une série argentine : Babylon. Eh bien, depuis, j'ai jeté un coup d'oeil au pilote, et c'est pas mal du tout.

L'exercice de style est là, avec une intrigue qui emprunte au polar noir, mais aussi un côté plus étrange, barré et même onirique, le tout formant un mélange pour le moins étonnant.
Et puis, le jeu entre les scènes en noir et blanc d'une part (qui rappellent, avec moins de moyens évidemment, Sin City), et celles en couleurs d'autre part (c'est-à-dire tout ce qui se passe à l'étrange club Babylon), est plutôt réussi et permet de donner un cachet très à part à la série. Je ne voudrais pas employer les comparaisons avec Twin Peaks à tort et à travers, alors disons qu'il y a une part de Mandrake et une part de... Carnivàle, disons, dans Babylon.

Alors du coup, j'attendais de voir le générique avec curiosité, pour voir comment cette double-identité serait rendue. Eh bien, pas du tout comme je l'imaginais ! Jugez plutôt.

Babylon
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Sur le plan musical, je dois dire qu'on est dans le registre attendu, le fait que l'air soit très célèbre n'aidant pas. Mais j'avoue que du côté de l'esthétisme du générique, j'ai été très surprise ! Quand tant de choses dans Babylon donnent l'impression d'être intemporelles ou même carrément anciennes, tomber sur ces murs de graffitis impressionne un peu.
Pourtant ça fonctionne parce que d'une part, on sent bien l'univers bizarre de la série, et d'autre part, les images qui défilent sont autant de rappels à des éléments qu'on peut voir dans le pilote (et celles que je ne reconnais pas, je suppose simplement qu'elles ont un rapport avec les épisodes suivants). Loars, même si tout ça surprend, cela semble aussi diablement cohérent !

Si vous avez l'occasion, n'hésitez pas à jeter un oeil à Babylon ; ça doit être encore mieux quand on parle espagnol, d'ailleurs. Vous m'expliquerez peut-être les subtilités qui m'ont échappé.

Posté par ladyteruki à 23:47 - Médicament générique - Permalien [#]

05-09-10

[DL] Mandrake

On voit ceux qui suivent. J'avais effectivement vanté les mérites du pilote de Mandrake, mais quand on découvre deux pilotes la même semaine, et que l'un des deux s'appelle Capitu, forcément... Pour autant, la série brésilienne Mandrake ne démérite pas (et j'ajoute que la VF n'est pas si mal, comparée à la plupart des autres doublages de séries sud-américaines) et quand j'aurai un peu plus de temps, il faudra vraisemblablement que je me penche sur son cas.

Mandrake
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

L'atmosphère de ce générique est absolument parfaite. Graphiquement je vous accorde que ce n'est pas la panacée, mais au moins c'est agréable à l'œil, cet univers nocturne avec ses caractères rouges et langoureux. Et surtout, ah, surtout, quelle musique ! Comment ne pas penser à l'univers du film noir et à tout son imaginaire sensuel et pervers à la fois ? Mandrake annonce finalement assez bien la couleur. Et colle bien à la peau de son personnage éponyme au charme pas tout-à-fait fréquentable...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mandrake de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:17 - Médicament générique - Permalien [#]

22-08-10

Telephage from Ipanema

Dans le tour du monde de cet été, il y a des pays qui me plaisent un peu plus que d'autres. A ma grande surprise, les pays qui me plaisent le plus ne sont pas ceux sur lesquels j'aurais misé ma télécommande, pourtant, mais les faits sont là. Israël, naturellement, a été une grosse claque, parce qu'il s'y passe plein de choses et que la fiction y semble aussi diversifiée qu'en Occident (ce n'est pas pour rien que les USA viennent de plus en plus y piocher, d'ailleurs les gars, l'adaptation de Hatufim, ça avance oui ou non ?). J'ai aimé le peu que j'ai pu voir de l'Afrique du Sud, sur un autre registre d'ailleurs, et j'espère pouvoir en découvrir plus quand j'aurai un peu plus de temps, une fois ce tour du monde terminé, même si, avec le planning qui est prévu, ce n'est pas pour tout de suite. Et puis, là, cette semaine, grosse claque dans la gueule avec le Brésil.

Et là on peut dire que je ne m'y attendais pas, probablement parce que comme tout le monde j'imagine (sauf quelques téléphages déjà cultivés, qui se sont dans ce cas bien gardés de partager leurs trouvailles...), pour moi, Brésil = telenovela.
Ce n'est évidemment pas faux. Mais c'est tellement plus.

Le Brésil est un pays qui semble décidé à ne rien faire comme ailleurs : les chaînes publiques sont arrivées tard, très tard ; la première chaîne du pays a aujourd'hui disparu ; la chaîne la plus puissante n'est pas la plus ancienne ; le câble et le satellite restent très minoritaires... Tout ça et plus encore, c'est dans l'article de la semaine, bien évidemment.

Bresil_CopacabanaTV
O televisor redentor : la télévision brésilienne pour les nuls

Au-delà de ça, le dynamisme de la télévision brésilienne a de quoi en clouer plus d'un sur son sofa. Parce que non content d'être un énorme exportateur de fictions, le Brésil est aussi en pleine effervescence en matière de création. Le renouvellement, il est là. Vous cherchez un endroit où les séries explorent l'inconnu ? Sans nul doute, le Brésil.

Le suave Mandrake, par exemple, est un petit bijou moite et sombre. On a l'impression de revivre les meilleurs polars du monde, à la fois sordide et sensuel, baignant dans une musique onctueuse et avec un personnage désabusé à souhait (dommage que le doublage soit à la ramasse ; je commence à suspecter qu'il y ait des langues plus difficiles à doubler que d'autres, parce que ça semble récurrent pour tout ce qui concerne l'Amérique latine, quand même...).
Mon coup de cœur de la semaine reste quand même Capitu. Loin des productions à la chaîne de telenovelas filmées au mètre qu'on se figure provenir du Brésil, c'est une merveille où la recherche esthétique et poétique arrache des soupirs émerveillés régulièrement. Encore une fois, le manque de sous-titres ou au pire, de doublage, nous prive de bien des trésors...

Bon sang, même à raison de deux posts par jour sur ce blog, je n'arrive pas à trouver le temps de vous parler de tout, c'est terrible. Ces séries méritent plus qu'un paragraphe chacune.

Enfin voilà, une semaine de plus à explorer la télévision étrangère et découvrir ce qui se cache au-delà du cliché. Moi qui pensais que la tournée latine n'allait pas être la plus captivante ! Moi qui craignais l'ennui ! Moi qui pensais même que c'était un moment à passer en attendant les pays suivants !
Où je vous emmène la semaine prochaine, à votre avis ? Il n'y a qu'une seule personne qui connaisse mon programme...

Posté par ladyteruki à 09:14 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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