ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

08-09-12

Française

Tout a commencé avec des séries américaines. J'ai regardé toutes sortes de séries quand j'étais petite, à l'époque où la nationalité n'avait pas d'importance. Je ne savais pas faire la différence entre une fiction américaine et une co-production australo-polonaise, et ça ne m'intéressait même pas d'apprendre. D'ailleurs je ne sais pas comment je l'ai apprise, cette différence. On est nombreux à l'apprendre, et je ne sais pas comment ; quelque chose s'insinue dans notre naïveté de jeune spectateur et nous apprend un sectarisme que je ne m'explique pas. Mais que j'ai bien connu, et dont j'ai mis longtemps à me défaire. Toujours est-il qu'arrivée à l'adolescence, je ne jurais déjà plus que par les séries américaines.
C'était, sans doute, une question de proportions. Le nombre de séries américaines diffusées à la télévision, à des heures où je pouvais la regarder, ça a sans doute beaucoup joué. De la même façon que j'ai fait partie de la génération qui, avec La Cinq et le Club Dorothée, a intégré certains codes de la fiction animée japonaise, entrebâillant bien des portes pour la suite.

Les premières séries que je me rappelle avoir regardées (et pas simplement avoir vues parce que la télévision était allumée) étaient américaines ; c'étaient des séries comme L'Enfer du Devoir, La Belle et la Bête, MacGyver. Depuis c'est resté. C'est même devenu un leitmotiv : seules les séries américaines étaient dignes d'exister à mes yeux, je considérais que c'était la preuve que j'étais sélective, exigeante, voire même élitiste. J'en regardais d'autres, parfois sans faire exprès (comme Invasion Planète Terre, dont je n'avais pas percuté malgré le logo concluant son générique de fin qu'elle était canadienne), mais quand je savais qu'elles étaient étrangères, c'était avec la conviction qu'elles étaient inférieures.

Il y avait une hiérarchie. Les américaines étaient là-haut, et ensuite on allait décroissant selon les préjugés. Il est à peine utile de préciser que la France se trouvait tout au bas de la pyramide.

Progressivement, j'ai apparemment appris à reconnaître au premier coup d'oeil une production allemande ou britannique. Je pouvais zapper, passer à peine une seconde sur une chaîne, ne même pas lever le doigt du bouton enfoncé de la télécommande, et déterminer la nationalité d'une fiction que je n'avais pourtant jamais vue auparavant. Aujourd'hui je me dis que c'est parce que le catalogue de séries allemandes ou britanniques des chaînes françaises ne se renouvelait pas beaucoup, et que ce que je prenais pour une preuve de nationalité (inférieure, donc) était peut-être simplement d'âge (et quand on a 15 ans, une série des années 70 est forcément inférieure). Peut-être que comparer toute série allemande à Derrick, quand Derrick est l'une des rares séries allemandes omniprésentes sur les écrans français, n'aide pas.
Mais peu importe les raisons. Le sectarisme était là.

Quand j'ai lancé ce blog, je regardais déjà quelques séries japonaises de temps à autres. Et j'y étais plutôt attachée. Mais leur brièveté me donnait une excuse pour ne jamais en citer une seule quand on me demandait quelle série je regardais en ce moment, ou quelles étaient mes préférées. C'étaient des sous-séries parce qu'elles ne venaient pas des Etats-Unis, et parce qu'elles ne s'inscrivaient pas dans la durée. Ce n'était pas ce qu'une série était supposée être. Quand j'ai commencé à envisager écrire sur les séries asiatiques ici, ça a été l'objet d'une véritable question pour moi. C'est aujourd'hui assez caractéristique d'aller lire mes posts de l'époque, on peut y sentir la bataille interne contre une certaine honnêteté intellectuelle (je regarde ces séries, j'en apprécie) et mon opinion préfabriquée me dictant de considérer que seule la fiction américaine est digne de mon attention.
Petit à petit, les choses ont changé. Elles ont beaucoup changé.
C'était une aventure pour moi de me faire de la place sur ce blog aux séries japonaises, puis sud-coréennes, puis asiatiques dans un sens plus large (j'ai évoqué quelques séries indiennes).
C'est toujours une aventure. Ces derniers mois, j'ai acheté des DVD venus d'Australie, de Nouvelle-Zélande, d'Islande, de Norvège, d'Israël, du Brésil, de Grande-Bretagne, et j'en passe. J'en ai un d'Afrique du Sud qui doit prendre l'avion sous peu.

Une fois qu'on a ouvert les frontières, il n'y a plus de limites, que des horizons.

Maintenant que c'est si facile pour moi de sauter d'un pays à l'autre ! Je ne me dis plus "c'est polonais, c'est forcément merdique". C'est même un tel plaisir, je me suis libérée de presque toutes mes idées en préfabriqué et c'en est libérateur ! Aujourd'hui c'en est au point où j'ouvre un onglet de mon navigateur et cherche au hasard des idées de séries venant de pays dont je n'ai pas vu la moindre image, juste pour voir ce qui se fait là-bas, parce qu'il se fait toujours quelque chose, et il se fait toujours quelque chose de bien.
Il était donc temps de m'attaquer à mon plus grand défi. Ma plus grande aventure téléphagique. La fiction française. A ces mots, le tonnerre gronde, éclairant mystiquement mon visage avant de tous nous replonger dans l'obscurité et le silence, comme dans un mauvais film d'horreur.

La fiction française. Des Julie Lescaut et des Joséphine, ange gardien un peu partout. C'est difficile d'être téléphage et de ne pas être lescaut intolerant. Il y a un minimum de bon goût, quand même, merde, on a sa dignité. Mais sans doute mon allergie à TFHein (seule chaîne supposée être allumée en présence de mon père) a-t-elle joué un rôle important dans ma conviction que les séries françaises étaient en général totalement merdiques.

J'y repensais récemment, après avoir testé plusieurs séries françaises ces dernières années, et en particulier ces derniers mois. Le Visiteur du Futur, Kaboul Kitchen, Hénaut Président, et quelques autres, ont été vues de bout en bout, par exemple, là où si souvent je n'avais pas eu la force, par le passé, d'aller au-delà du pilote (à l'instar de Maison Close ou Hard). Je ne dis pas que j'apprécie toutes les séries françaises que je regarde : il y a encore des Clash, des Workingirls. Mais enfin, j'y travaille, vous savez. J'essaye d'apprendre à ne plus me dire "c'est français, c'est forcément merdique". J'ai encore ce réflexe, je n'ai pas encore fini mon aventure, mais en tous cas, je suis dessus, je planche sur la question. Je me soigne.
Je crois que je commence à peine à mettre de l'ordre dans ma tête de ce côté-là. A comprendre pourquoi je suis restée, pendant des années, fermée comme une huître à la simple mention de "série française". Pourquoi j'ai toujours eu cette véhémence, ce rejet violent, lorsqu'il s'agissait de les regarder ou même juste d'en parler.

L'idée qui commence à germer dans mon esprit, et l'analyse est peut-être erronnée, je ne sais pas, mais c'est que je crois que c'est un problème purement identitaire. Je ne me reconnais pas dans une série française.
Maintenant, bon, vous allez me dire : "mais enfin lady, tu peux pas nous dire ça alors qu'encore récemment, tu clamais que ce n'était pas l'identification ton but dans la téléphagie". Ah, je vois, oui, alors laissez-moi clarifier, je me suis peut-être mal exprimée. Je ne veux pas qu'une série parle de moi. Mais je veux qu'elle me parle, et pour cela, elle doit parler d'un monde que je reconnais. Et je ne reconnais pas le monde de la plupart des séries françaises. Il ne forme pas un monde cohérent, voilà.

Je regarde des séries japonaises et, malgré leurs différences de ton, de contexte, de sujet, de personnages, de déroulement, c'est toujours clairement d'une série japonaise qu'il s'agit, au sens où je peux me mettre devant mon écran et dire que, ok, d'accord, je peux imaginer être un spectateur japonais et prendre cette série comme si elle m'était destinée. Une série japonaise est faite avant tout pour les Japonais et ça se sent. Culturellement, elle a un sens. Pas parce qu'elle porte nécessairement un message spécifique, ni même parce qu'elle fait preuve de patriotisme, mais parce qu'elle renvoie à cette société des images qui lui parlent d'elle, qui se nourrissent de son identité, de ses codes, et qui en apportent de nouveaux.
En tous cas c'est l'impression que cela me renvoie. Je peux regarder une série de fantasy comme Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro (d'ailleurs, bientôt la saison 2), une série historique comme Nankyoku Tairiku, ou une comédie comme Seigi no Mikata, je ne peux jamais douter de ça. Jamais. Mais malgré tout, il en sort toujours quelque chose pour moi d'accessible, et d'universel. Et c'est vrai pour à peu près n'importe quel pays. Alors que je n'en ai pas visité beaucoup "en vrai", pourtant !

Pour avoir intégré si facilement un grand nombre de codes culturels américains à travers les séries US, nous connaissons de toute façon bien ce phénomène ; nous l'expérimentons quasiment au quotidien sans même jamais y réfléchir à deux fois.

Mais quand je pense aux séries françaises que je connais, celles que j'apprécie et celles que je déteste, celles qui m'indiffèrent et celles dont on parle, je ne comprends pas.
Je ne comprends pas ce que c'est que d'appartenir à la culture française quand je regarde une série française. Je ne me sens même pas spécialement française quand je les regarde. J'ai l'impression que ces séries ne parlent que d'elles-mêmes, que de leur sujet, mais qu'elles n'ont aucune résonance qui aille au-delà, qu'elles n'appartiennent à rien, qu'elles ne s'inscrivent dans rien. Les exemples les plus extrêmes, comme Julie Lescaut et Joséphine, ange gardien, renvoient, tout au plus, une image remâchée et utopique de la France, et encore, d'une certaine France. Comme un mauvais remake de notre propre identité. Et c'est peut-être aussi un peu (outre les qualités télévisuelles propres de ces "oeuvres") la cause du problème.
Aseptisées, javellisées, ces séries ne disent rien de ce que nous sommes, mais murmurent simplement à notre oreille ce que nous voudrions être en tant que société, un endroit où il y a des fermes, des usines, des églises... Je ne connais pas du tout le pays imaginaire où se déroulent ces séries, pas plus que des séries transparents comme Clash. Je ne l'identifie à rien, je n'ai pas de repère.

Je ne cherche pas à généraliser, à dire que le problème de la fiction française c'est ci ou ça. Parler du problème de la fiction française me fatigue, on en entend parler depuis des années sans que rien ne semble jamais résolu.

Non, mon problème avec la fiction française est celui-là (enfin je crois) : la qualité, d'une part, parce qu'un épisode de Joséphine, ange gardien, c'est un peu de la téléphage en moi qui meurt. Et d'autre part, la question fondamentale que je me pose dorénavant : pourquoi suis-je capable de m'imaginer être assise sur un sofa à peu près n'importe où dans le monde, sauf en France ? Pourquoi tant de séries étrangères me semblent-elles universelles, quand je ne parviens pas à me sentir concernée par l'univers d'une série française ?
C'est ma piste de réflexion à l'heure actuelle, peut-être qu'en découvrant une façon de trouver ma place dans le monde de ces séries, je trouverai un moyen de les apprécier. Mais c'est un problème que je n'ai pas encore su résoudre et c'est peut-être une fausse piste, je n'en sais rien.

Francais

Avec le battage médiatique qui a eu lieu autour du retour d'Engrenages sur Canal+ (et à la faveur d'un achat impulsif de la première saison), j'ai décidé de tenter ma chance avec cette série dont on dit tant de bien. Et j'envisage ensuite de redonner sa chance au pilote d'Un village français (si cette série ne véhicule pas quelque chose à la fois de très français et d'universel, alors laquelle pourra ?). Ce sera mon premier revisionnage de série française.
On verra bien si ça prend.

Mais plus j'y pense, plus ça me chiffonne cette histoire. De tous les préjugés que j'avais, malgré tout, malgré absolument tout le reste, celui-ci demeure le plus difficile à totalement laisser de côté. Mais comment Diable se fait-il que j'aie tant de mal avec les séries françaises ?!

Posté par ladyteruki à 21:10 - Série de valeurs - Permalien [#]

21-06-12

[DL] Kaboul Kitchen

Il y a assez peu de génériques français dans ma collection, et moins encore sur ce blog ; on peut donc voir un symbole à l'apparition de celui-ci dans ces colonnes. Ce n'est pas tant, j'imagine, que les bons génériques français manquent, mais surtout que je n'en ai pas souvent vus ces dernières années ! Mes repères en la matière datent probablement des vendredis policiers de France 2... et encore.
Bon, il y a aussi le fait que les séries françaises, je les cagoule rarement, étant donné que elles-passent-à-la-télévision-et-non-mais-ça-va-bien-je-vais-pas-me-faire-chier-à-télécharger-des-merdes-françaises. Ah, je vous ai jamais cachés être une grosse raciste en puissance, hein. Du coup, j'ai bien le générique de Hénaut Président quelque part, il est sympa mais faut ripper le DVD ; tout ça, ça fait beaucoup de manoeuvres (et d'espace à libérer sur mon disque dur) pour pas grand'chose.
Alors du coup, voilà comme je me retrouve avec ce générique sous la mimine, rapport au fait que je fais des efforts moi Môssieu et que je tente de m'ouvrir à des séries françaises. Et donc : Kaboul Kitchen.

Il me faut maintenant vous dévoiler une nouvelle facette sombre de ma personnalité : j'ai tendance à penser que les génériques français sont au moins aussi lamentables que les séries elles-mêmes. De mémoire, le seul qui trouve grâce à mes yeux est celui de Maison Close, qui tourne parfois dans ma playlist de génériques. Les autres, je les occulte avec la plus grande joie.
Oui, je dis souvent que la fiction française sera ma prochaine aventure téléphagique, mais je commence vraiment de loin, comme vous le voyez.

KaboulKitchen
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

En l'occurrence, je suis bien obligée de reconnaître que je trouve le générique de Kaboul Kitchen un peu miteux sur les bords, et ne va pas spécialement tourner en boucle chez moi. Déjà parce que la chanson m'insupporte : elle est "antipathique", pour autant que ce soit possible pour une chanson. Ca vient de la diction du chanteur, probablement.
Mais le pire est probablement le peu d'efforts que fait ce thème musical pour s'accorder avec les images, ou le thème de la série, ou quoi que ce soit. On a l'impression que la musique n'a été choisie que pour ses deux derniers mots, et c'est d'autant plus navrant que Kaboul Kitchen parle quand même, en définitive, assez peu de cuisine française. Ca fait un peu : "oh, hey, les mecs, ça se passe dans un resto français, faut trop qu'on mette cette chanson ! C'est super ironique !". OK d'accord, je suis peut-être de mauvais poil, et mon avis est peut-être biaisé, mais mon Dieu, quelle chanson atroce.

Là où par contre ça va à peu près, c'est au niveau des images, mais leur traitement fait un peu trop "tourné à la va-vite" pour être réellement bon. Si cela fait partie du stock d'images tournés à Kaboul-même par la production (j'ai lu quelque part que ces images avaient été tournées vite fait et sans autorisation), passe encore, mais je vois pas ce qui empêchait de faire un produit fini un peu propre, avec des filtres ou bien une façon originale de les mettre en scène, de façon à éviter l'aspect documentaire qui ne fait pas honneur à la série, ni ne rend justice à son ton.

En gros, Kaboul Kitchen me rappelle exactement pourquoi je n'ai aucune foi dans les génériques français. Je sais, je sais, il n'a pas fallu grand'chose pour m'en convaincre. Mais admettez : il est pas génial, ce générique, quand même !

Posté par ladyteruki à 12:45 - Médicament générique - Permalien [#]

16-01-11

[DL] Maison Close

Oui, un troisième générique de série française, c'est vraiment le weekend de toutes les expérimentations, sur ce blog ! Pas de panique, je vous rassure, l'endroit reviendra bientôt à une activité normale, mais pendant que je suis occupée, je me suis dit que ce petit weekend à thème serait un changement bienvenu. Et puis c'est d'ailleurs assez rare que j'aie des génériques français sous la main, surtout de mon plein gré, alors ça durera difficilement plus de toute façon...

Si je n'ai pas forcément raffolé du pilote, et que je ne me suis pas spécialement sentie encouragée à poursuivre l'expérience, en revanche je trouve le générique de Maison Close plutôt réussi. Il y a quelque chose très HBO-like dans la démarche, et aussi bien musicalement que visuellement, on tient certainement l'un des meilleurs génériques français que j'aie vu ces dernières années. Mais comme je le disais, en fin de compte, je n'en ai pas vu beaucoup.

MaisonClose
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Il y a juste une chose dans ce générique qui me chiffonne, et c'est quelque chose que je reprocherais à la plupart des génériques français que je connais : l'affichage des noms. La police est moche, elle est mal placée et vous nique les plus beaux plans, et puis surtout, le titre à la fin, c'est juste la police Canal+ (bien-sûr j'exagère mais pas de beaucoup), c'est vraiment pas possible de détruire autant l'ambiance qu'avec ces lettres toutes banales et toutes moches en plein milieu de l'écran. J'ai cru comprendre que les mecs étaient obligés de mettre certaines mentions (le nom de la prod, l'année...) alors bon, admettons, mais le reste, c'est pas possible, faut faire mieux que ça.

Je réalise qu'en fait de séries françaises, le weekend a aussi largement consisté à évoquer des séries en rapport avec la marchandisation du sexe, quand même. Hm.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Maison Close de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:30 - Médicament générique - Permalien [#]

25-10-10

Désolé, on ferme

Devinez ce que j'ai regardé hier. Allez-y, devinez... C'est une série qu'a priori personne ne m'imagine regarder. Vous trouverez jamais. Mais essayez quand même.
Bon, vous donnez votre langue au chat ?
Une série française ! Vous l'aviez pas vue venir celle-là, hein ? Ça doit m'arriver une fois l'an, eh bah voilà, c'était hier.

Nan mais une fois de temps en temps, pour se mettre au niveau, c'est bien nécessaire, quand même. Et puis, après plusieurs incursions dans le domaine britannique (ma bête noire), sur lesquelles je ne manquerai pas de revenir d'ailleurs, je n'en étais plus à une traversée de la Manche près. Pis bon, à Scénaristes en Séries, j'ai vu un peu de fiction française, alors fallait bien que j'en profite tant que je n'étais pas encore trop prise de nausées. Sérieusement les gars, c'était une opportunité comme il n'y en a pas beaucoup dans une carrière téléphagique : j'avais envie de regarder cette série. Fallait pas laisser gâcher...
Donc me voilà devant Maison Close (oui paske j'allais quand même pas regarder une série de TFHein) en me disant que allez hop, tout le monde en parle, en bien comme en mal, je vais quand même y glisser un œil.

La bonne nouvelle c'est que Maison Close n'est pas une mauvaise série. La mauvaise, c'est que ce n'est pas une bonne série non plus.

Parce que ne nous voilons pas la face : c'est avant tout un jeu sur la forme qu'on nous propose ici. Je n'ai rien contre l'esthétisme, bien au contraire. Mais j'attends qu'il s'accompagne d'un propos, qu'il le souligne, quelque chose. Ici, une fois qu'on a compris le pitch (formidablement synthétisé dans le slogan de la série : "les hommes rêvent d'y entrer, elles se battent pour en sortir"), on a plus ou moins fait le tour de la question, quand même. OK, elles sont prisonnières, alors quoi ? Faire toute une série sur l'enfermement dans une maison close ? Je ne suis pas convaincue.
Reste donc pour se divertir un ou deux nichons qui frétillent, et surtout un tas de scènes, de plans et de dialogues pensés pour faire vrai, pour montrer qu'on a fait un truc, pardon pour le jeu de mot, léché... mais quand même un peu creux.

Je ne dis pas que la problématique n'est pas bonne. Ce n'est pas ça mon soucis, même. C'est qu'on a l'impression à en voir ce pilote que la question posée suffit, et qu'elle sert simplement de prétexte à voir s'ébattre les personnages dans les limites imposées par ce sujet de l'enfermement. La petite jouvencelle enfermée par malice et cupidité qui se trouve prise dans le piège qu'elle n'a pas vu venir, la vétérante enfermée par jalousie alors qu'elle pensait avoir une porte sortie après des années de service... Je vois le pilote et j'ai le sentiment d'avoir déjà fait le tour de la question, finalement.

Le pilote n'est pas dans la gratuité. Il y a, bien-sûr, des scènes plus corsées que la moyenne, sans quoi la série perdrait sa crédibilité plus vite que d'autres ne perdent leur virginité. C'était à prévoir. Mais même si les scènes explicites ne sont vraiment pas explicites à moitié, elles restent quand même assez peu nombreuses et s'intègrent relativement bien à l'intrigue, sans chercher à nous montrer du cuissot juste pour le sport. Mais ça, c'est le pilote. Il a une vraie intrigue à montrer. Comment la jalousie de Hortense va briser les espoirs de Véra, comment Rose se trouve prise par les murs du Paradis ; je ne vois pas ce qu'on peut en faire si c'est déjà dit... si ce n'est justement montré du cul pour expliciter le calvaire de l'enfermement de ces femmes (ce qui manque quand même un peu à ce premier épisode).
Du coup, Maison Close semble, à ce stade, tout faire à l'envers. Au lieu de commencer par bien nous présenter les personnages, leur souffrance, leurs problématique, leur lutte vers la sortie, on commence par nous remettre tout ce petit monde dans la maison comme si ces intrigues avaient déjà trouvé leur point final, et on nous laisse penser qu'on va se contenter d'explorer la conséquence de cet enfermement. Un peu comme si les pensionnaires du lupanar avaient attendu la fin du pilote pour en ressentir les effets...

En tant que pilotovore diplômée, je proteste : un pilote doit donner envie ! Ouvrir des portes (pardon), lancer des intrigues, créer du remue-ménage, remuer ce qui dormait jusque là et donner la sensation qu'il y a des développements à venir. Or là c'est tout le contraire, le pilote de Maison Close s'ingénie à nous prouver par a+b que de toute façon, c'est tout vu, les portes sont fermées, on ne peut pas partir. Mais, euh ! C'était votre problématique essentielle et vous la fichez déjà par terre ? Mais que va-t-il donc vous rester ensuite si vous fermez les portes même pour le spectateur ? La crudité de vos scènes ?
C'est totalement contre-productif. L'écueil que vous avez plutôt bien réussi à éviter dans le pilote va devenir votre seule source d'intérêt par la suite ? C'est désolant.

Alors voilà, alors d'accord, eh bah c'est bien : d'un côté on demande au spectateur français de s'intéresser à la fiction française, et de l'autre, on l'envoie paître quand un sujet l'intéresse. C'est pourtant sur cette base qu'il est venu vous voir, non ? J'vous jure, on n'est pas aidés, hein.
Nan mais, finalement, je devrais ptet donner une deuxième chance à Maison Close. En tant que métaphore sur le rapport entre la fiction française et ses spectateurs...

MaisonClose

Et pour ceux qui... ah bah non quoi, je vais pas commencer à faire aussi les fiches des séries françaises, zut à la fin, j'ai une réputation quand même !
EDIT : bon. Je vois ce que c'est. Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Maison Close de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:56 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]