ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

16-08-13

R13 E01

La première fois que j'ai vu ce sigle, je me suis dit "damned, je connaissais S01 E01, mais là, c'est une colle".
Cette fois-là, il m'avait bien fallu une bonne dizaine de minutes avant de comprendre que, ah ok, j'y suis, le "R" est pour Ramadan. Et en même temps c'est logique : si une série n'est diffusée que pendant le Ramadan, c'est beaucoup plus simple de parler du Ramadan de quelle année, plutôt que d'essayer d'en compter les saisons !
J'en profite donc pour transmettre ma science : "R13 S01", c'est, pour une série donnée, le premier épisode d'une série (ou saison) diffusée pendant le Ramadan 2013. Allez hop, un nouvel outil à ajouter à notre Guide de survie !

Ce mois téléphagique pas comme les autres sera en effet notre sujet du jour, alors que le Ramadan s'est achevé la semaine dernière.

Ramadan-2013

Pour le troisième été consécutif, me voilà donc à me demander comment je vais vous parler des séries du Ramadan.
Non, ce n'est en fait pas tout-à-fait juste : pour le troisième printemps consécutif, je me demande comment je vais vous parler des séries du Ramadan cet été. C'est un processus qui m'épuise du fait de la barrière de la langue (les recherches en anglais ou en français donnant des résultats très incomplets, quand il y a des résultats, ce qui n'est pas le cas pour toutes les fictions), mais qui m'intéresse aussi énormément, car je ne doute pas qu'il y ait des dizaines de séries à découvrir. Perspective qui ne peut que mettre en joie le téléphage curieux !
Et quand je dis "dizaines", je n'exagère pas : pendant mes recherches, cette année, j'ai déjà relevé 65 mosalsal au Moyen-Orient, et un peu moins de 30 en Afrique du Nord ! Et de toute évidence, de nombreuses autres sont passées entre les mailles de mon filet.

Aussi ai-je tendance à essayer de donner dans la sélection à vocation récapitulative ; c'est précisément ce que j'ai fait la première année. Je vous invite d'ailleurs chaleureusement à relire au moins le début de ce vieil article, ainsi que mon article introductif sur la télévision égyptienne, pour obtenir des éléments de contexte que vous ne trouverez pas ci-dessous.
La deuxième année, j'avais commencé un article récapitulatif similaire... mais ma coupure d'internet prolongée avait réglé le problème à ma place. Bon.
Cet été, j'allais opter pour un récapitulatif également, avant de me raviser, craignant que ce soit fastidieux à lire (et moyennement excitant de voir une litanie de titres). J'ai alors commencé à plutôt ambitionner de vous parler uniquement des séries les plus polémiques. Finalement le mois du Ramadan est passé, je ne m'étais toujours pas décidée... alors j'ai résolu de vous emmener dans une promenade à travers le profil de trois séries seulement, en choisissant de mettre en avant des fictions qui avaient retenu mon attention. L'une a fait polémique, la deuxième s'inscrit dans l'histoire télévisuelle de son pays, et la troisième est très atypique, bref, c'est un petit panachage de ce que j'avais préparé ces derniers mois, avec plutôt des éléments de contexte qu'une énumération de séries longue comme le bras.
Avec le temps, on finira bien par trouver une formule qui convienne à tout le monde, pas vrai ? N'hésitez pas à me dire ce qui aura le mieux fonctionné pour vous.

Ramadan-Icon

Mais d'abord, quelques chiffres pour se remettre dans le contexte de ce mois téléphagiquement unique. Une étude menée à l'occasion du Ramadan a été commandée par OSN, leader de la télévision payante au Moyen-Orient, pour étudier les habitudes des spectateurs pendant cette période télévisuelle exceptionnelle (pour rappel, on estime que jusque pendant ce mois, dans la région, 80% des séries de l'année sont diffusées).
Dans cette enquête, donc, il apparait que pendant cette période, environ une personne sur trois va regarder la télévision, entre 3 et 5 heures par jour (contre une moyenne de 3,1 heures le reste de l'année). Je dis "environ une personne sur trois", car les chiffres varient d'un pays à l'autre : ainsi, c'était le cas de 37% des Egyptiens, contre 33% des Saoudiens, ou encore 30% des Koweitiens.
Et encore, il y a pire/mieux ! Car 15% des Egyptiens regardent entre 5 et 7 heures de programmes par jour ! Par jour ! Pendant 30 jours de suite ! Qui dit mieux ?

Il est bon de noter que ces programmes ne sont pas systématiquement des séries : les programmes préférés des spectateurs sont, certes, à 35%, les fictions, mais elles sont suivies, à 28%, par les talk shows ; les programmes purement religieux occupent la troisième place, contre toute attente ; ex-aequo avec les programmes d'information qui connaissent, depuis quelques années, et pour des raisons évidentes, un regain d'intérêt.
Après, on ne s'étonnera pas que ce mois faste fasse le bonheur des annonceurs !

Parmi les autres préférences des spectateurs, on apprend dans cette étude qu'en moyenne 80% des spectateurs de la région jugent impératif de regarder la télévision en HD ; 82% des sondés indiquaient êtres "très agacés" que des coupures de pub interrompent leurs programmes ; et 60% des personnes interrogées indiquaient qu'il leur était vital de pouvoir regarder la télévision à la carte. Une dernière demande qui est intéressante car pendant longtemps, les grilles des chaînes se calquaient sur l'heure de l'iftar (ou ftour), un modèle qui persiste mais qui est visiblement voué à changer. Ces exigences se retrouvent de nos jours au niveau mondial, évidemment, mais sont exacerbées pendant le Ramadan, de par le volume de télévision consommé ; la tradition dans laquelle ce mois télévisuel s'inscrit rend les changements d'autant plus intéressants à observer.

Le plus surprenant dans cette enquête, c'est que 80% des personnes interrogées, tous pays confondus, attendaient avec impatience de pouvoir regarder, pendant le mois de Ramadan, la troisième saison de la série turque Muhtesem Yüzyil, plus connue dans la région sous son titre arabe Hareem Al Sultan (que la plupart des chaînes du coin se gardaient sous le coude, histoire de capitaliser sur les audiences légendaires du Ramadan). 80% dans tout le Moyen-Orient, le chiffre a de quoi faire tourner la tête ; mais le plus surprenant, c'est que 60% des sondés n'avaient pas vu, ou seulement de façon très sporadique, les deux premières saisons. Voilà qui en dit long sur le phénomène créé par cette série historique. Ca va décidément être un sacré appel d'air quand sa diffusion va se conclure...
En Egypte, en particulier, ce chiffre marque la différence entre les spectateurs d'une part, et les professionnels de l'industrie télévisuelle d'autre part, ces derniers ayant appelé au boycott des séries turques, avec évidemment Muhtesem Yüzyil en première ligne étant donné son succès. Les raisons ne sont pas seulement créatives (chaque pays étant convaincu de la supériorité de ses fictions...), puisqu'il s'agit d'une réaction politique à l'encontre du gouvernement turc, qui soutenait le gouvernement de Mohamed Morsi (au temps pour la thune, le pognon et le flouze le rayonnement culturel...). La diffusion de la série a tout de même été maintenue, faut pas déconner.

Sauf qu'aujourd'hui, on ne va pas encore une fois faire des tartines sur Muhtesem Yüzyil (si vous manquez cruellement de lecture, vous avez tout ce qu'il vous faut dans les liens ci-dessus !), mais bien nous intéresser à des séries spécialement créées et diffusées à l'occasion du Ramadan dans le monde arabe.
En voici donc quelques unes qui ont attiré mon attention...

HekayetHayah

Chaque année, le mois de Ramadan apporte son lot de séries "scandaleuses" ; de par la nature religieuse de ce mois télévisuel, les séries doivent en effet trouver un juste milieu entre leur volonté d'attirer les spectateurs (avec ce que cela implique parfois de surenchère, d'autant que vous l'aurez compris, la concurrence entre chaînes est rude) et le fait que ceux-ci aspirent à une certaine dignité dans leurs programmes. Gare aux séries qui seront considérées comme immorales ou, pire, obscènes ! Hekayet Hayah, écrite par Ayman Salama, et réalisée par Mohamed Samy pour CBC en Egypte, est l'une de celles-ci cette année, et vous allez vite voir pourquoi.

Cette série égyptienne s'intéresse à une femme venant d'une famille extrêmement riche, Hayah, qui a été jugée coupable du meurtre de sa mère ; dans un pays où la peine de mort est encore d'actualité, elle s'en sort relativement "bien", puisqu'elle est simplement placée en hôpital psychiatrique (ses affirmations au sujet d'un complot de sa famille pour récupérer l'héritage qu'elle a reçu de son père permettant à la dite famille de la faire prononcer irresponsable... et du coup de la déchoir de son héritage, bingo !).
Par la suite, dans l'hôpital psychiatrique plutôt select où elle est internée, elle est violée par un membre du personnel. Au bout de 13 années passées dans cet Enfer, où en quasiment personne ne lui a rendu visite, et même pas écrit une seule fois, elle sort donc de captivité, je veux dire de convalescence, et retrouve sa famille.
Enfin, pas tout-à-fait : sa soeur a épousé le mari de Hayah (ça fait toujours plaisir), et c'est elle qui a élevé leur fils comme si elle était sa mère. Résultat, le jeune homme ignore totalement l'existence de sa mère biologique ! Comment faire pour se rapprocher de lui ? Eh bien, la solution que trouve notre héroïne, et vous allez j'en suis sûre trouver que ça tombe sous le sens, c'est d'entamer une relation amoureuse avec lui. En plus, je ne sais pas quel âge il est supposé avoir, mais dans le pilote, il n'a pas l'air d'être totalement sorti de la puberté...

Comme si cette relation incestueuse ne suffisait pas, Hekayet Hayah suit d'autres intrigues secondaires en parallèle... comme par exemple un personnage qui se tape sa secrétaire, ou d'autres qui se trompent à qui mieux-mieux, notamment le mari de Hayah avant même que celle-ci ne soit internée. Oh, et dés le pilote, plusieurs personnages boivent de l'alcool, aussi, ce qui est moyennement halal. Il parait aussi que les dialogues sont émaillés de langage déplacé, et même d'un personnage s'en prenant à la religion, mais je laisse le soin à ceux d'entre vous qui parlent l'arabe de me le confirmer.

Le parfum de scandale ne s'arrête pas là. Omar Sharif s'était vu offrir l'un des rôles de la série, pour pas moins de 3 millions de dollars, une somme plutôt coquette puisque cela représente un million de plus que les prix pratiqués d'ordinaires avec les stars du Ramadan (que j'imagine, sans être capable de le sourcer, être des dollars US) qui a pas mal fait parler de la série alors qu'elle n'était qu'au stade de projet, et qu'elle portait alors un autre titre, Ma'a Sebq Alesrar. Il a apparemment fini par refuser le rôle ; je ne l'ai pas vu au générique et il semble que les rôles masculins d'âge équivalents (dont le fameux père de Hayah) soient interprétés par d'autres acteurs... ou alors il a VRAIMENT pris un coup de vieux.
Mais plus encore, c'est l'actrice Ghada Abdelrazek qui a fini par faire les gros titres. Elle ne s'est pas du tout entendue avec le réalisateur Mohamed Samy, mais ça, encore, ça irait : elle l'a notamment accusé de venir sur le tournage sous l'effet de diverses substances... Sauf qu'en face, lui l'a accusée d'avoir tenté de le tuer ! Ou quand la réalité dépasse la fiction.

Si, comme pour la plupart des séries polémiques du Ramadan, le plus gros défi pour la production était que les chaînes de télévision ne recule pas devant les plaintes des spectateurs et retirent purement et simplement la série de l'antenne (à la place, de nombreuses chaînes l'ont amputée de ses scènes les plus obscènes, notamment le diffuseur Abu Dhabi TV qui en avait les droits dans plusieurs pays du Moyen-Orient), il faut reconnaître qu'une fois ce cap passé, les audiences de Hekayet Hayah ont été plutôt satisfaisantes.
On doit probablement une partie de ce succès à une évidence : la série emprunte une panoplie de codes au soap opera, des musiques grandiloquentes aux décors richissimes (la maison de l'ex-famille de Hayah est assez incroyable, people who live in glass houses et toute cette sorte de choses), en passant par certains membres du cast juste un peu trop enthousiastes, comme la frangine colérique. Et, on aime les soaps ou pas, mais en tous cas, ça marche.

Et au fait, Hayah a-t-elle assassiné sa mère ? Réponse à partir de la 42e minute dans le pilote ci-dessous. Attention, de la cervelle peut apparaitre brièvement dans cette séquence...
(hélas l'épisode n'est pas sous-titré, il faudra donc regarder les scènes précédentes si vous voulez comprendre le contexte)

Avant de passer à la série suivante, j'en profite pour souligner qu'outre le caractère volontairement outrancier de certaines séries, comme c'est visiblement le cas de Hekayet Hayah ou d'Asya (une série dans laquelle une jeune femme se marie, perd la mémoire et devient alors danseuse du ventre dans un casino, écrite par le scénariste de la série Al Mowatin X), parfois, il en faut peu pour poser des problèmes.

Prenez le cas d'une série religieuse. "Ah, bien", me direz-vous : "là au moins on ne risque pas d'avoir des intrigues incestueuses !" (...vous avez lu la Bible récemment ? Parce que c'est pas du tout une garantie, en fait ; mais je digresse).
Sauf que vous vous rappelez de ce petit détail selon lequel il ne faut pas représenter les figures religieuses musulmanes ? Ouais, exactement : pour une série télévisée, c'est un peu problématique. Cette année (car c'est évidemment une problématique récurrente), le défi s'est posé à la série Al-Hassan wa Al-Hussein, qui raconte le schisme entre sunnites et chiites, à travers l'histoire de ces deux frères, tous deux imams, et tous deux héritiers de Mahomet. C'est précisément en se disputant la succession de Mahomet au 7e siècle qu'ils vont provoquer ce schisme. Problème, donc : les proches de Mahomet, c'est-à-dire la famille, mais aussi les compagnons, ne peut être représentés à l'écran. Second problème : le schisme est quand même une question un tantinet sensible, qui a encore des répercussions (souvent sanglantes) aujourd'hui. Résultat ? La série a été bannie de l'antenne sur la télévision nationale égyptienne. Ca partait pourtant d'une bonne intention... mais non.

Je serais curieuse de savoir pourquoi, tels des insectes attirés par la lumière d'un bug zapper, les productions persistent à tourner des séries onéreuses pour finir par les voir interdites en vertu du principe qu'on ne représente pas les figures religieuses, mais je n'ai pas la réponse. Sûrement qu'il y a une question de revente de droits qui leur permet de rentrer dans leurs frais (puisque d'après ce que je lis, les sunnites sont plus à cheval sur ce problème de représentation que le chiites), mais ça reste pour le moins risqué. Pour bien faire il faudrait pouvoir interviewer quelqu'un dans l'une de ces productions, mais mon arabe est un peu, euh, rouillé...

Ramadan2013_DarElBahdja

On poursuit notre petit tour par une série algérienne, pour changer un peu de coin. Avec un total de 11 épisodes, Dar El Bahdja a été diffusée cet été sur trois chaînes du groupe ENTV en Algérie juste après l'iftar. La série est écrite par Athmane Bendaoued et Djâafer Gacem, et réalisée par ce dernier, auquel on doit déjà Djemai Family, une série qui a duré trois Ramadan à la télévision algérienne entre 2008 et 2011.

En fait, Dar El Bahdja était au départ supposée être la suite de Djemai Family, mais en raison de changements de distribution conséquents (dont le rôle principal, quand même !), et de l'échec de la troisième saison il y a deux ans (des personnages de vampires ont été introduits dans la série, surprenant que ça n'ait pas plu...), le projet a finalement été repensé. Reste que, jusqu'au mois de mai, la série était en fait présentée par Gacem comme la 4e saison de Djemai Family, avant qu'il ne devienne évident que les changements imposés par les variations du cast étaient trop importants.
Réorientation oblige, Dar El Bahdja a tenté de repartir dans une autre direction, et s'est inspirée, dit-on, de la série à succès syrienne Bab Al Hara, qui se déroule intégralement dans un quartier populaire, dans les années 20 puis, les saisons passant, les années 30. Moi je vous dis ça, j'en sais rien : je n'ai jamais regardé Bab Al Hara, je ne serais pas capable de vous dire à quel point l'inspiration est évidente. Mais en tous cas, le juste milieu semble être trouvé puisque Dar El Bahdja se déroule ostensiblement de nos jours (on y voit un personnage utiliser Google Maps).

En dépit du contexte, celui d'un quartier dans lequel se côtoient des personnages hauts en couleurs et d'origine sociale variée, qui semble plutôt permettre d'explorer des axes comiques si prisés pendant la période du Ramadan, Dar El Bahdja n'est pas une comédie mais plutôt une dramédie. Gacem aborde au travers de la série des problématiques actuelles rencontrées au sein de la société algérienne. Le sujet central de la série est ainsi l'émigration, même si le pilote, auquel vous pouvez jeter un oeil ci-dessous (hélas, pas sous-titré non plus), met avant tout l'accent sur l'exposition du quartier et les intentions de ses héros, plutôt que sur le voyage lui-même.
La série suit donc Réda, Zinou, Kader et Mohamed (dit "Petit Moh"), quatre jeunes vivant dans un quartier populaire algérien, et qui veulent se tirer de là à tout prix. Ils tentent d'organiser leur départ vers l'Europe et plus précisément l'Italie, mais, de par leurs moyens, ce départ ne peut se faire que dans la clandestinité, ce qui pose des problèmes supplémentaires aux autres préoccupations telles que quitter ceux qu'on aime. Evidemment, rien ne se passe comme prévu dans le plan des garçons, surtout quand les familles des uns et des autres s'en mêlent...

Dar El Bahdja est aussi l'occasion de retrouver à la télévision algérienne l'actrice et chanteuse Biyouna, vue en France, entre autres, dans la série de téléfilms Aïcha, écrite et réalisée par Yamina Benguigui, ou dans le film La Source des Femmes, sélectionné au festival de Cannes en 2011. (Biyouna a depuis été faite Chevalier des Arts et des Lettres par la ministre Yamina Benguigui, mais ce n'est sûrement qu'un hasard)
L'actrice avait en effet fait ses débuts sur le petit écran algérien dans les années 70, et avait précédemment collaboré avec Gacem pendant trois saisons de la série Nass Mlah City il y a une dizaine d'années. Cela faisait pourtant 7 ans que les spectateurs algériens ne l'avaient pas vu dans une fiction nationale, autant dire une éternité ! La présence de l'actrice compense pour les nombreuses pertes au casting de Dar El Bahdja par rapport à Djemai Family, car il s'agit d'un véritable évènement.

AlJarGabelalDar

Dans un autre registre encore, je vais vous parler pour finir d'une comédie jordanienne (ce qui est une première pour moi !). Al Jar Gabel al Dar, c'est son nom, relève plutôt de la shortcom d'une dizaine de minutes, et ses 11 épisodes étaient diffusés par Roya TV, qui propose des séries comme Zahri wa Azrag ("le rose et le bleu"), une version locale d'Un Gars, Une Fille.

Le titre de la série, qui pourrait se traduire par "les voisins avant la maison", renvoie au proverbe qui recommande, avant d'emménager dans une nouvelle maison, de prêter plutôt attention aux voisins, car la meilleure des maisons n'est rien avec des voisins pourris. Je paraphrase, hein. Al Jar Gabel al Dar est coécrite par un scénariste, Aseel Mansour, ainsi que les trois comédiens principaux de la série : Natheer Khawaldeh, Fares Hadadeen et Brett Weer. Hm, ce dernier nom ne sonne pas comme très jordanien ! En effet, Weer est un comédien américain qui s'est établi à Amman, et qui compte à son actif pas mal de stand-up sur le thème du fossé culturel (ses sketches sont apparemment l'équivalent jordanien de Lilyhammer !).
Et justement, c'est le principe d'Al Jar Gabel al Dar : parler de la différence entre deux cultures, en mettant côte-à-côte un Américain et ses voisins jordaniens, avec lesquels il se lie progressivement d'amitié en dépit des incompréhensions ou des différences fondamentales de mode de vie.

A ce stade vous l'avez peut-être deviné : la série Al Jar Gabel al Dar est entièrement bilingue : Weer s'exprime en anglais (il est sous-titré en arabe), et ses comparses parlent en anglais et en arabe (sniff, sans sous-titres anglais !). Ca donne une comédie très enlevée qui fonctionne plutôt bien, du moins pour ce que j'en comprends.

Vous pouvez donc donner sa chance à Al Jar Gabel al Dar, c'est même le but plus ou moins avoué de la série. Celle-ci possède en effet un titre en anglais (My American Neighbour, encore une victime de l'épidémie de titres anglophones n'ayant rien à voir avec le titre original), et toutes les videos sont en ligne le plus légalement du monde sur Youtube, comme par volonté de permettre aux Jordaniens et aux Américains de rire des mêmes choses. Un objectif carrément sympathique, à l'instar de la série.
J'ai choisi de vous proposer ci-dessous ce qui a l'air d'être le dernier épisode de la série (mais ils sont vraisemblablement regardables dans n'importe quel ordre), à la salle de sport.


Etant donné que beaucoup de choses sont accessibles dans cet épisode (bon, j'admets : pour peu de parler anglais), j'attends vos impressions dans les commentaires ci-dessous !

D'après Brett Weer, cette série bilingue est une première dans la région, et je le crois volontiers car ce n'est pas forcément la première chose qui me vient à l'esprit quand je pense à une série du Ramadan. C'est par contre tout-à-fait le genre d'initiatives qui pourraient sans trop de mal être diffusées sur une chaîne occidentale (chais pas moi, arte a pas un trou d'une dizaine de minutes quelque part dans sa grille ?).


...C'est tout pour cette année ! Si vous avez eu accès, pendant le mois saint, aux séries du Ramadan, je vous invite avec le plus grand des enthousiasmes à partager en commentaires vos découvertes préférées, vos visionnages les plus insolites, ou tout ce qui vous a marqué cette année.
Et à part ça, rendez-vous pour le R14, qui commencera cette fois aux alentours du 28 juin !

Posté par ladyteruki à 00:04 - Love Actuality - Permalien [#]

03-04-12

lady's world tour - Escale n°7

Et si on se jetait un petit world tour derrière la cravate, comme ça, vite fait ? Ca vous tente pas ?
A titre expérimental, je me suis dit que j'allais tenter un world tour plus rapide, pour voir si ça vous tente. Au programme, on a un peu d'Australie, beaucoup de Scandinavie, et une news pour la Belgique, pour laquelle j'ai hélas peu de sources, donc j'en profite pour passer un appel : je ne m'y connais absolument pas en séries belges ! Il faut que ça change !
En attendant, voilà ce qui s'est passé ces derniers jours.

MissFisherRenewed

- AUSTRALIE : l'empreinte de rouge à lèvres du crime
On commence avec la délicieuse série Miss Fisher's Murder Mysteries, qui, alors qu'elle se vend comme des petits pains à l'occasion du MIP TV qui se tient actuellement à Cannes, a de bonnes choses à annoncer. Outre qu'elle sera diffusée par DR au Danemark, Kanal 9 en Suède ou encore Globosat au Brésil, la vraie annonce qui déchire, c'est que la fascinante détective reviendra pour une deuxième saison de 13 épisodes, qui doit entrer en production au plus vite de sorte que ces nouveaux épisodes soient prêts à la fin de l'année. Elle est pas belle, la vie ?

- AUSTRALIE toujours : Ten fait des vagues
Je m'en étais fait l'écho voilà quelques jours sur Twitter mais j'en profite pour revenir sur le sujet, la série faisant partie de celles sur lesquelles je garde un oeil. Puberty Blues, adaptée du roman semi-autobiographique de deux jeunes adolescentes qui intègrent un groupe de surfeurs dans les années 70 (faisant ainsi le cruel apprentissage de la drogue et du sexe presque consenti), a annoncé son casting, et il y a du beau linge : Claudia Karvan (Spirited), Jeremy Lindsay Taylor (City Homicide), Susie Porter (East West 101, donc on devrait d'ailleurs reparler sous peu), Rodger Corser (Spirited, Rush), Brenna Harding (Packed to the Rafters, My Place), Sean Keenan (Lockie Leonard, Cloudstreet),  Charlotte Best (Home and Away), Katie Wall (Dangerous, Underbelly), Reef Ireland (Tangle, Rush) et Isabelle Cornish (Home and Away) seront de l'aventure. Contrairement au roman, qui il est vrai était en définitive très court, la série ne devrait pas se borner à suivre les adolescentes mais aussi leur entourage notamment familial (voilà ce qui explique la présence de Karvan qu'on imagine mal jouer les seconds couteaux). Le tournage commence d'ailleurs mardi prochain... vu le thème et le tour que prennent les choses, je ne serais pas étonnée de découvrir la série sur les écrans australiens cet été. On se tient informés, hein.

- BELGIQUE : nouveauté explosive
La Belgique se prépare à accueillir un nouvelle chaîne... TNT. Après HBO, qui s'est implantée entre autres en Europe de l'Est et plus récemment aux Pays-Bas, c'est donc au tour d'une autre chaîne câblée américaine de faire des petits en Europe. Pour l'instant il n'est pas encore question de produire du contenu original local, et les spectateurs pourront simplement avoir un accès accéléré aux productions que les spectateurs de TNT aux Etats-Unis voient chez eux (Shameless, Men of a Certain Age, Memphis Beat, Web Therapy, et la série de Ricky Gervais PhoneShop sont les premières à occuper la grille pour le lancement). Mais il est certain que cela ouvre des possibilités. Les Belges pourront découvrir la chaîne TNT Belgique à partir du 10 avril, et elle devrait être gratuite pendant un mois pour les abonnés de Telenet.

Heisenberg
- NORVEGE : du lourd
Parce que, depuis que je suis petite, je porte énormément d'intérêt aux séries de guerre, et qu'en plus je suis toujours ravie de détromper ceux qui croient que la Scandinavie ne nous apporte que des polars, je suis ravie d'apprendre que NRK a commandé une série se déroulant pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais au lieu de nous montrer de simples combats, la série, qui à ce stade ne porte pas encore de nom, devrait s'intéresser au scientifique allemand Werner Heisenberg, qui travaillait sur un projet de bombe atomique pouvant mettre fin à la guerre en travaillant à partir d'eau enrichie en hydrogène, produite en Norvège. Un commando britannique est alors envoyé en direction de son laboratoire caché dans les montagnes norvégiennes afin de détruire l'installation... J'ajoute qu'on a également appris que NRK est actuellement en train de négocier avec NEtflix la possibilité d'une deuxième saison pour Lilyhammer.

- SUEDE : Cocorico !
Une société de production suédoise a décidé de produire une adaptation du roman Le dernier lapon, d'Olivier Truc. On est d'accord que c'est pas très suédois, comme nom, eh bien figurez-vous que l'homme est un journaliste français, correspondant du Monde en Suède notamment. Original, non ? La série s'intéressera à une enquête policière à la fois sur un meurtre et sur le vol d'un artefact historique qui ravive les tensions entre deux parties de la population arctique : les lapons, et des fondamentalistes opposés à leurs croyances. Par contre, le tournage de la série ne devrait pas commencer avant le début de l'année 2013 car la boîte de prod Nice Drama a du pain sur la planche avec un autre projet, en co-production avec une société de production française (re-cocorico) sous le titre de Jour polaire, dans laquelle un enquêteur français vient en Suède pour enquêter sur la mort d'un politicien français. Six épisodes sont prévus, et ce serait bien le diable si on ne voyait pas au moins une de ces séries sur notre sol !

- FINLANDE : charmantes nymphettes
On reste définitivement au Nord avec un troisième pays de destination... plus rare, celui-là ! En projet en vue d'une diffusion à l'automne 2013 sur MTV3 (le tournage est planifié pour septembre), la série Nymfit est actuellement présentée à Cannes pendant le MIP TV. Inspirée par la mythologie grecque, la série met en scène trois nymphes à la jeunesse éternelle, qui vivent parmi les humains. Mais on est loin des gentilles petites créatures innocentes qu'on met souvent derrière le terme de nymphe, puisque nos protagonistes ont besoin de se nourir d'hommes pour préserver leur jeunesse... Les choses s'enveniment encore quand l'une des nymphes tombe amoureuse. En tout, ce sont 12 épisodes de trois quarts d'heure qui sont prévus.

On constatera qu'au passage, même s'il se passe beaucoup de choses en Scandinavie, la durée de développement n'est pas tellement différente de celle qu'on connait en France. Je trouve ça intéressant parce que, autant aux USA, au Japon, en Corée du Sud ou en Australie, on a l'impression que les choses vont plutôt vite, autant en Scandinavie, on n'est pas tellement dans un modèle de production industriel alors qu'il y a un véritable boom, de toute évidence. Comme quoi, c'est encore pas ça la raison qui fait que la fiction française n'est pas au top du top actuellement. Il faudra donc chercher les explications ailleurs...

Bon alors au fait, le world tour plus court, on garde, ou on revient à l'ancienne formule ?

Posté par ladyteruki à 22:37 - Love Actuality - Permalien [#]

30-03-12

Au Nord, il y a du nouveau

BlackMarch

Il y a encore deux ans, j'ignorais tout de la télévision scandinave. Et aujourd'hui, regardez-moi, à piaffer d'impatience depuis une semaine en attendant les nominations aux Gullruten. La vie d'un téléphage n'est-elle pas une chose formidable ?

Alors ça y est, la cérémonie télévisuelle de l'année en Norvège est bel et bien sur les rails, puisque les nominations ont été annoncées. L'occasion en général pour moi, comme c'est le cas avec la plupart des prix internationaux dont j'ai appris l'existence ainsi que des divers programmes de festival, de faire mon marché parmi les séries qui ont échappé à ma vigilance, et de sélectionner les fictions sur lesquelles je vais porter mon attention.

Gullruten

Voici donc la liste des nominations relatives aux séries, sachant que dans ma grande bonté je vous épargne les émissions de télé-réalité, les documentaires et autres joyeusetés.

- Meilleur drama :

BuzzAldrin    Buzz Aldrin – Hvor ble du av i alt mylderet ?
(NRK)
Cette mini-série en 4 épisodes adaptée du roman éponyme a été diffusée à la toute fin de l'année 2011, et met en scène un trentenaire dont le héros est le deuxième homme à avoir marché sur la Lune, Buzz Aldrin ; il estime qu'on n'a pas forcément envie d'être premier en tout. Cela va le mener dans les îles Færoe, dans un décor quasi-lunaire où il va rencontrer d'autres gens comme lui.
DAG    DAG (saison 2)
(TV2)
Les déboires d'un psy qui aide les gens à régler leurs problèmes mais qui pense que la seule façon d'être heureux dans la vie, c'est de vivre seul. A noter que c'est la deuxième année de nomination consécutive.
Lilyhammer    Lilyhammer
(NRK/Netflix)
Est-ce que je vous fais l'affront de vous présenter Lilyhammer ? La série a achevé sa diffusion en Norvège il y a à peine une quinzaine de jours, mais concourt déjà dans la catégorie principale du meilleur drama. Ca n'étonnera pas grand'monde...
Taxi-NO    Taxi
(NRK)
Dans ce thriller diffusé fin 2011, un avocat d'origine pakistanaise mène une vie personnelle compliquée (il cache notamment à sa famille qu'il vit avec une Suédoise) et se retrouve en plus impliqué dans les magouilles d'une compagnie de taxi qui va bientôt se mettre après sa peau...

- Meilleur programme humoristique :

Dans cette catégorie, les Gullruten mélangent aussi bien les émissions de divertissement que les séries. Ainsi, le talk show Brille (NRK), le journal parodique Nytt på Nytt (déjà nommée l'an dernier) l'émission de sketches Nårje (TV2) et la comédie Helt Perfekt (TV Norge), qui fonctionne un peu sur le principe de Curb your Enthusiasm.

Autre fait intéressant, les Gullruten ne font pas de distinction entre le drame et la comédie dans les catégories des acteurs.

- Meilleure actrice :

* Agnes Kittelsen (DAG - saison 2)
* Ine Jansen (Helt Perfekt)
* Kaia Varjord (Taxi)
* Tuva Novotny (DAG - saison 2)

- Meilleur acteur :

* Adil Khan (Taxi)
* Anders Baasmo Christiansen (DAG - saison 2)
* Fridtjov Såheim (Lilyhammer)
* Pål Sverre Valheim Hagen (Buzz Aldrin)

Et je tiens à dire : faut arrêter avec DAG ! Chaque année la moitié du cast est nommée, c'est insupportable.
Alors d'accord, j'adore Anders Baasmo Christiansen parce que, bah, Koselig Med Peis voyez-vous (l'an dernier il était d'ailleurs nommé pour les DEUX rôles), et un jour je finirai bien par voir 183 Dagar et où Tuva Novotny tient le rôle principal (c'est pas pour son petit rôle dans Possession que je peux vraiment juger de son talent...), mais en attendant c'est vraiment la série la moins attirante au monde. J'ai l'impression que c'est la seule comédie norvégienne dont j'arrive à entendre parler, alors qu'elle a l'air antipathique au possible. Ca me tente tellement peu que j'ai même jamais essayé de la regarder en VOSTM ; et de toute façon les DVD n'ont pas l'air d'avoir de sous-titres (mais c'est vraiment pas le genre de série pour laquelle je vais payer d'abord et tester ensuite !). Vraiment c'est assez insupportable l'omniprésence de cette série alors qu'elle n'a pas grand'chose pour elle ; peut-être qu'au contraire je devrais voir ma curiosité amplifiée ("ça alors, ça a l'air pourri et les Norvégiens en raffolent ?"), mais pas du tout.

Ces nominations ne sont toutefois pas complètement mauvaises, puisque je vous avoue que j'avais zappé l'existence de Buzz Aldrin et que maintenant, je sais ce que je vais faire dimanche à 00h01, à l'issue du Black March, voyez-vous. Le concept a beaucoup de potentiel et j'aime l'idée de ce type qui veut être le second plutôt que le premier. En plus la série est courte.

Oh et, j'en profite pour souligner que le DVD de Lilyhammer est sorti en Norvège ce mercredi, et qu'il contient les sous-titres anglais. A la base je pensais vous faire un bilan de saison mais je me suis arrêtée au bout de trois épisodes et n'ai jamais eu envie de reprendre, donc bon, vu que je ne mentionnerai sans doute plus beaucoup Lilyhammer à partir de là (sauf renouvellement ou truc de ce genre), autant vous le mentionner maintenant.
Mais si ça vous a plu, le DVD est commandable sur NordicDVD (le Blu-Ray aussi d'ailleurs) c'est là que j'ai acheté Koselig Med Peis et ça s'est bien passé ; par contre, carte bancaire impérative, pas de possibilité d'utiliser PayPal. C'est un petit site à taille humaine, mais le SAV est très réactif (j'avais des questions sur la commande, les échanges ont été très sympas et n'ont pas trainé). J'avais des doutes au début parce qu'on a tendance à être plus rassurés par des grosses machines, mais vraiment, n'ayez pas peur, ça fonctionne bien, les délais annoncés sont suivis d'effets, le coffret est arrivé bien emballé, vraiment, rien à redire.

Les résultats des Gullruten seront annoncés pendant la cérémonie du 12 mai prochain, donc on reparlera probablement très vite des récompenses ; d'ici-là, j'espère que j'aurai vu Buzz Aldrin... D'ailleurs je vois que NordicDVD l'a dans son catalogue avec des sous-titres anglais. Hm, intéressant...

Posté par ladyteruki à 14:11 - Love Actuality - Permalien [#]

17-03-12

lady's world tour - Escale n°5

BlackMarch

Chose promise, chose due, voilà un nouveau world tour, avec plein d'infos sur plein de séries venues de plein de pays, comme le Dieu de la Téléphagie l'a voulu. Et puis aussi parce que je n'y avais pas consacré de post depuis quelques temps et que, bah, ya beaucoup de choses qui se sont passées dans l'intervalle, quoi...

LosArchivosdelCardenal
- ARGENTINE/CHILI : en état de siège
On a souvent en tête, quand on parle de séries d'Amérique du Sud, des telenovelas, ou, au pire, des nocturnas se déroulant de nos jours. Pas cette fois. Deux sociétés de production s'associent en effet pour produire une série historique intitulée Sitiados ; il s'agit de Promocine au Chili (déjà à l'origine de Los Archivos del Cardenal), et l'incontournable Pol-ka en Argentine (en France, nous la connaissons essentiellement pour avoir produit Epitafios). Sitiados, écrite par Carmen Lopez, se déroulerait en 1599, alors qu'un fort de Patagonie fait l'objet d'un siège de 3 années mené par les indiens Mapuche ; sur les 600 Espagnols regroupés à l'intérieur du fort, seuls 22 d'entre eux survivront... Pour mettre en place cette série ambitieuse, la chaîne chilienne TVN a décidé de mettre la main au porte-feuille ; ainsi, chacune de ces trois entités participera à hauteur d'1 million de dollars, faisant de Sitiados la série destinée à une chaîne gratuite la plus chère de l'histoire chilienne. En tout, douze épisodes sont prévus. Et tant qu'on en est à discuter de séries chiliennes, précisons que Los Archivos del Cardenal, qui mettait en scène un groupe ouvrant les dossiers des victimes de Pinochet, a obtenu une deuxième saison sur TVN, et qu'un film devrait également être produit ; d'où la photo de promo ci-dessus.

- ARGENTINE toujours : fans des années 80
La chaîne Telefe lançait ce lundi à 21h15 une nouvelle comédie, destinée à une diffusion en quotidienne du lundi au jeudi, du nom de Graduados. Elle met en scène des personnages ayant quitté le lycée en 1989 et se retrouvant à l'occasion de leur réunion d'anciens élèves, et s'apercevant que les sentiments passés n'ont pas toujours totalement disparu... La série met ainsi en parallèle des souvenirs des années 80 (avec musique et vêtements à l'avenant) et la vie des protagonistes au présent (les deux époques étant jouées par les mêmes acteurs...). Outre l'histoire de la série en elle-même, Graduados mérite d'être mentionnée parce qu'elle a permis à la chaîne Telefe de récolter pas moins de 48% des parts de marché le soir de sa diffusion, devenant le programme plus regardé non seulement de sa tranche horaire, mais aussi de toute la journée.

- MEXIQUE : vlan dans les dents
La chaîne sportive TDN, filiale de Televisa, a décidé de se lancer dans la fiction également. Elle diffusera ce lundi le premier épisode de Cloroformo, une série se déroulant dans l'univers de la boxe, et plus précisément dans un gymnase où se croisent les destins de 5 boxeurs différents qui en sont à des stades variés de leur carrière. En tout 13 épisodes sont prévus, et comme le démontre la bande-annonce, Cloroformo, c'est pas pour les demi-portions, c'est une série qui sent bon la sueur...

- CANADA : meurtres en famille
Outre l'annonce dont tout le monde a parlé relative à la date de démarrage de Saving Hope (même si je ne comprendrai jamais pourquoi  certains sites préfèrent annoncer son simulcast aux USA plutôt que la date de lancement dans son pays d'origine au Canada ; eh les mecs, on les cagoule ces séries, c'est pas comme si on vivait aux States, on s'en fout de NBC dans ce contexte !), qui d'ailleurs a été ajouté au Pilot Watch, CTV a aussi mis en branle deux nouveaux projets cette semaine. Le premier est Mark of Cain, une série fantastique créée par Tammy Marlowe Johnson (dont c'est la première série), qui s'intéresse à un homme condamné pour meurtre, et qui s'aperçoit qu'il est capable de voir un signal invisible qui lui indique quand d'autres personnes sont sur le point de tuer quelqu'un. Ca ressemble pour l'instant à une sorte de procedural, mais on n'a guère plus d'éléments pour s'en assurer à ce stade. L'autre projet est une comédie qui pour l'instant n'a pas de titre, mais qui serait fortement inspirée de Modern Family, et développée par Chris Leavins, l'un des acteurs de Todd and the Book of Pure Evil.

- ECOSSE : coeur vaillant
La chaîne STV a annoncé il y a quelques jours avoir commandé un biopic insiré de la vie de William Wallace, alias Braveheart, qui a lutté pour l'unification des Ecossais et l'indépendance de l'Ecosse au 14e siècle. C'est Mick Davis (The Eleventh Hour) qui s'occupe du scénario, et selon les sources, STV compare son projet aussi bien à Game of Thrones que... Spartacus. Bon. La chaîne souhaite développer ce projet rapidement (le sujet de l'indépendance écossaise faisant partie des sujets politiques chauds du moment dans le coin), et présentera le projet lors du MIP TV le mois prochain. La série sera produite en partie par la société de distribution britannique DRG, qui s'est récemment lancée dans la production de séries scriptées originales ; ses projets incluent entre autres une co-production avec la Rai (Pirates of the East, en 6 épisodes et se déroulant en 1840) et a acquis les droits des romans policiers russes The Adventures of Erast Fandorin en vue de les adapter (les intrigues se déroulant à la fin du 19e siècle et au début du 20e). Bref que de l'historique.

Coacherna
- SUEDE : dites-leur ce qui ne va pas chez vous
Le final d'Äkta Människor est pour demain et vous vous demandez ce que SVT1 va bien pouvoir diffuser ensuite (et si vous ne vous le demandez pas, eh bien disons que j'ai devancé vos interrogations). La chaîne publique va totalement changer de registre, et troque la science-fiction contre la dramédie, avec la série Coacherna. On y découvre trois femmes qui ont décidé de changer de vie, et ont lancé une agence de coaching personnel... même si être capable d'aider les autres ne veut pas forcément dire qu'on maîtrise sa propre existence. Ce qui ne gâche rien, c'est qu'outre ses 3 personnages principaux féminins, la série est écrite par deux femmes ; on y trouvera aussi la réalisatrice de plusieurs des épisodes de 30° i Februari. Les épisodes de la dramédie ne dureront qu'une demi-heure, et seront suivis de la diffusion d'inédits de The Big C. Si vous voulez prendre le pouls de l'ambiance de la série, comme toujours SVT1 propose une bande-annonce sur le site officiel (hélas sans sous-titres).

- NORVEGE : recherche témoin oculaire
NRK met en branle un nouveau thriller apparemment intitulé Øyevitne (témoin oculaire ; pensez eyewitness), et pour cela elle recherche activement deux acteurs adolescents (l'annonce de la chaîne précise que l'âge des protagonistes sera situé entre 14 et 17 ans). Détail original, il leur faudra absolument être capables de parler en østlandsdialekt, c'est-à-dire un dialecte de l'est de la Norvège. Pas d'affolement ce pendant, le tournage n'étant prévu que pour la période d'août 2012 à février 2013, Øyevitne ne devrait pas être pour tout de suite...

- ALLEMAGNE : disparu en laissant une trace
ZDF vient d'annoncer la date de lancement pour sa nouvelle série criminelle, Die letzte Spur ("la dernière trace"), qui meublera ses vendredis à 21h15 à compter du 20 avril prochain (du coup, le Pilot Watch a été mis à jour). Le concept vous évoquera sans doute quelque chose, puisqu'il s'agit pour un groupe d'enquêteurs de retrouver des personnes disparues ; l'unité, basée à Berlin, sera dirigée par un homme, incarné par l'acteur Hans-Werner Meyer. La série prend la place dans la grille de la série SOKO Leipzig qui achève actuellement sa 16e saison.

Intersexions

- AFRIQUE DU SUD : award season
Le weekend dernier, l'Afrique du Sud remettait les SAFTAs, dont rien que le nom devrait vous informer sur la nature... Au chapitre des fictions télévisées, c'est évidemment la série Intersexions, une série anthologique ayant pour thème central le SIDA, qui s'en est le mieux tirée ; vu son succès critique et public, ce n'est pas vraiment une surprise. Intersexions a donc remporté le titre de meilleure série dramatique, mais aussi le prix de la meilleure réalisation (pour les épisodes 4 ET 20), meilleure cinématographie (épisode 8), meilleur montage (épisode 20), meilleure composition musicale, meilleures coiffures et maquillages, meilleur son (épisode 4) et un autre prix célébrant ses scénaristes (Best Writing Team in a TV Drama Series). Comme c'était encore trop peu, le cast de la série n'est pas en reste : meilleur acteur dans un drama pour Siyabonga Radebe, et meilleure actrice dans une drama pour Lungelo Dladla. Je vous rassure, d'autres séries ont réussi à être mentionnées au cours de la cérémonie ! Ainsi, Ronnie Nyakale a reçu le prix du meilleur acteur secondaire pour son rôle dans Fallen, une série se déroulant dans le monde de la musique, lorsqu'un jeune homme reprend la société de production de son père mystérieusement disparu, et Harriet Manamela est distinguée au titre de meilleure actrice secondaire pour son rôle dans la deuxième saison de la série légale Sokhulu & Partners. Dans la catégorie des comédies, c'est le sitcom Gauteng Maboneng qui a reçu le titre principal ainsi que quelques prix techniques ; l'incontournable Stokvel a reçu l'award du meilleur ensemble, et les deux acteurs principaux de Ga Re Dumele ont également été récompensés. Enfin, le titre de meilleur soapie, décerné par le public, a été offert à Isidingo. Tous ces noms ne vous disent probablement rien (cependant ce n'est rien qu'une petite recherche Google ne saurait arranger), mais avouez qu'une petite piqûre de rappel sur la richesse insoupçonnée de la télévision sud-africaine ne peut pas faire de mal.
J'ajoute pour l'anecdote que la cérémonie des SAFTAs, cette année, a suscité une petite polémique lorsque le soapie 7de Laan n'a pas souhaité concourir dans les rubriques institutionnelles, et que la série n'a du coup pas été proposée dans le cadre du Prix du Public qui évidemment a été outré de ne pas pouvoir, lui, voter pour la série de son choix... tandis que la chaîne e.tv n'avait, elle, soumis aucune série, doutant de la transparence des SAFTAs. Certaines choses sont universelles !

- ESPAGNE : terre, terre !
On n'arrête pas une équipe qui gagne. Ou pas. Le tournage de l'une des prochaines séries d'Antena3, El Corazón del Océano, s'est achevé voilà quelques jours. La série, dotée de 6 épisodes de 70 minutes, passe donc en post-production. Elle raconte, au XVIe siècle la traversée de l'Atlantique par une jeune femme de la noblesse espagnole, alors qu'elle est envoyée en Amérique afin de participer au peuplement du nouveau continent ; il s'agit ici de suivre son périple au sein de l'équipage d'une caravelle, et pas son arrivée. Conçue comme une mini-série, El Corazón del Océano devrait être diffusée par Antena3 avant la fin de l'année. A ses risques et périls... même si le format court devrait limiter les éventuels dégâts.

- ESPAGNE encore : combien faut te payer pour que tu dégages ?
Chose promise chose due, on revient sur l'annulation de Plaza de España, la comédie dont on se demande comment elle a été commandée (elle avait quand même la super bonne idée d'être une comédie ultra-potache prenant la Guerre Civile espagnole comme contexte ; on a connu plus délicat). Lancée en juillet, la comédie avait fait un bon score pour son pilote, laissant juste assez de temps aux spectateurs pour réaliser que c'était pourri, avant de les voir s'échapper ensuite. TVE, qui avait eu la bonne idée de commander 26 épisodes en deux fois, avait donc mis la production en hiatus après 12 épisodes, trop contente de faire revenir sa série Aguila Roja dans la grille début septembre. Depuis, la chaîne avait consciencieusement évité le sujet. Mais cette fois c'est officiel, Plaza de España est vraiment annulée, et à cause de la 2e partie de saison qui n'a jamais été achevée, TVE devra payer 200 000 euros à la société de production. Mais elle est tellement pressée d'en finir que visiblement, elle a dû considérer que ça les valait. Rappelons que la chaîne publique connait des difficultés financières actuellement, alors queson budget a été largement amputé par le gouvernement espagnol...

HaEmetHaEroma

- TURQUIE : entre quatre murs
La série israélienne HaEmet HaEroma, dont l'originalité est de se dérouler intégralement en huis clos dans un commissariat, alors qu'une jeune fille de 17 ans a disparu sans laisser de trace, fait des émules. Tandis qu'une version américaine est en développement sous le titre The Naked Truth (rien à voir avec Tea Leoni) par Clyde Philips, ou en tous cas l'a été à un moment mais on n'a plus trop de nouvelles, c'est maintenant c'est la chaîne turque STAR TV qui a décidé d'acheter une adaptation en 15 épisodes. C'est l'écrivain Hakan Günday qui est chargé de l'adaptation ; ce sera son premier scénario pour la télévision. Comme quoi, même quand on a une industrie télévisuelle très en forme, il n'y a pas de honte à s'inspirer des télévisions étrangères.

- KAZAKHSTAN : Oural sex
Le Kazakhstan, où vous ne saviez même pas qu'on faisait des séries, se prépare à se lancer dans une version locale officieuse de Sex & the City au mois d'avril. Ce sont 55 épisodes d'un coup qui sont ainsi en préparation depuis le mois de décembre (le tournage a commencé en février), mettant en scène quatre amies plus forcément toutes jeunes dans leurs diverses préoccupations de femmes célibataires en milieu urbain. La série s'appelle Padrouzki (Подружки) et c'est la société de production Sataifilms qui est sur le coup, alors qu'elle prépare en parallèle une autre série de 30 épisodes nommée Pariz (Парыз). Notre existence ne va pas changer pour si peu mais admettez quand même que c'est pas souvent qu'on a des nouvelles de la fiction de ce pays.

- EUROPE : des séminaires pour développer la fiction
Les professionnels de la télévision européenne se réuniront à Berlin du 24 au 29 avril, et du 9 au 15 juin, dans le cadre des deux sessions du European TV Drama Series Lab 2012. Les intervenants seront Neal Baer (A Gifted Man), Anne Bjørnstad (Lilyhammer), Klaus Zimmermann (Borgia), et Brian Seth Hurst (président de The Opportunity Management Company) mais aussi... Frank Spotnitz (X-Files mais aussi en train de développer une série pour HBO et BBC1) ! Cool non ? Les séries étudiées à l'occasion de ce séminaire seront Lilyhammer, Borgia et Engrenages. L'idée est d'explorer les ingrédients qui font le succès des séries en Europe, en essayant de déterminer ce qui peut être emprunté (ou non) au système américain. Bon alors ça coûte 4500 € de s'inscrire et il faut déjà justifier d'une expérience dans le milieu, mais quand même une initiative intéressante que je voulais mentionner.

Pas de news sur les séries irlandaises pour cette fois (je sais que vous aimez bien ça pourtant), mais une mauvaise nouvelle venant de ce pays : les studios dans lesquels les séries The Tudors et Camelot ont été tournées, Ardmore Studios, sont sur le point de fermer pour cause de mauvaise santé financière. Ardmore Studios existe depuis plus d'un demi-siècle, mais n'a pas réussi à attirer la production de Vikings, la série en préparation par la MGM.

Mon mot de la fin sera cependant une excellente nouvelle : la série israélienne Hatufim (dont Homeland est l'adaptation) sera prochainement diffusée par Channel 4 au Royaume-Uni, qui en a acquis les droits !
A quand la même chose en France ? Juste une suggestion...

Posté par ladyteruki à 19:06 - Love Actuality - Permalien [#]

17-02-12

Real good news

RealGoodNews

Il y a deux raisons pour lequelles je poste souvent tard le soir. D'une part... bah, je réfléchis mieux la nuit. Bon. D'autre part, et surtout, j'évite de parler trop souvent de la même série. Je sais que j'ai tendance à la monomaniaquerie ou, dans le meilleur des cas, à des obsessions ciblées mais multiples. Je peux regarder hebdomadairement Suburgatory et The Good Wife, par exemple, mais si je suis sous le charme d'autres séries, genre Äkta Människor, 30° i Februari ou Smash, c'est de celles-là dont j'aurai envie de parler tous les jours.
Pas au sens où je vais avoir envie de faire des reviews de chaque épisode mais parce que, eh bien, avec mon enthousiasme débordant et le fait que je pense énormément à ces séries même quand il n'y a plus d'inédit à se mettre sous la dent, je pourrais en faire des tartines.

A une époque je n'y prêtais pas attention, mais j'essaye désormais de me surveiller parce que sinon, ça peut être agaçant pour vous, enfin j'imagine. Et vu qu'il y a déjà le Ozmarathon pour me faire revenir encore et encore sur une même série dans ces colonnes, ce n'est probablement pas la peine d'en rajouter.

Et pourtant.
Pourtant en apprenant aujourd'hui qu'Äkta Människor a été achetée par arte en vue d'une diffusion en 2013, j'avoue que j'ai un peu de mal à vous parler d'autre chose.

arte est véritablement ma chaîne préférée de tout l'univers en ce moment. J'espère de tout mon coeur que 30° i Februari est également sur sa liste de courses, comme l'a été Lilyhammer, qu'elle a achetée. Sans compter qu'apparemment, la deuxième saison de Borgen devrait aussi être diffusée avant la fin de l'année 2012, ce que je trouve à la fois impressionnant et étrange.

Tandis que mon cerveau ne cesse de tourner et retourner l'idée qu'Äkta Människor va être diffusée en France dans moins d'un an, comme on tourne et on retourne un berlingot sucré sous la langue, j'ai envie de vous dire à quel point cette série continue de m'enchanter, épisode après épisode. Combien je trouve incroyable qu'elle n'hésite pas à épaissir sa galerie de personnages même en cours de route, en invoquant de nouveaux visages qui deviennent réguliers sans jamais être des prétextes. Combien je trouve sa façon de nous faire réfléchir très subtile, et toujours liée à l'émotion, et pas juste une prêche intellectualiste sur un sujet ou un autre. Combien je suis impressionnée par les pistes qu'elle explore à ce stade, qui peuvent conduire à quelque chose de très violent, de très avancé dans la science-fiction, et dont les causes sont incroyablement bien explorées pour que rien ne soit jamais gratuit. Combien les différents axes, voués, on l'imagine, à s'effleurer, mais pas nécessairement à se croiser (à l'instar de Therese qui fait appel à Leo), sont à la fois indépendants et forment un tout incroyablement cohérent.

Je suis profondément impressionnée par cette série, son univers, ses personnage, son ton, sa photographie. Tout est parfaitement ourlé, et même quand certaines choses posent question ou semblent légèrement maladroites (comme par exemple le fait que Hans ait complètement oublié ses hésitations relatives aux possibilités d'Anita dans le domaine sexuel), la richesse de l'épisode est si dense qu'on n'y regarde pas à deux fois parce qu'il y a tant à louer que ce n'est rien du tout.

Et je suis tellement contente de savoir que des spectateurs découvriront ces séries au-delà de notre cercle grandissant de téléphages curieux. C'est incroyable de la part d'arte de faire cette effort alors qu'Äkta Människor n'est pas un immense succès d'audiences dans son pays d'origine. C'est l'un de ces cas formidables où la qualité d'une série a primé sur les autres considérations. Et cette qualité est indéniable.

Je voudrais, un peu tout les jours, vous dire le respect, l'admiration et la gourmandise que m'inspirent Äkta Människor. Heureusement pour vous, je me retiens en général. Pas aujourd'hui.
Äkta Människor, c'est de la bombe !!! Bientôt littéralement...

Posté par ladyteruki à 16:14 - Review vers le futur - Permalien [#]

27-01-12

You're hot and you're cold

Ca vous a plu ? OUIII ! Vous en voulez encore ? OUIII !
Vu le succès d'estime (à défaut d'être représenté dans les commentaires) du post sur Äkta Människor d'hier, et étant donné que Festival International du Film de Göteborg vient officiellement de commencer, je me suis dit que j'allais en profiter pour vous parler un peu de fiction scandinave, et notamment de projets. Maintenant que je n'officie plus pour SeriesLive, ce genre de choses est amené à se produire dans ces colonnes un peu plus souvent, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

Lilyhammer
Mais d'abord et avant tout, je veux commencer par un mea culpa : contrairement à ce que je disais dans le dernier SeriesLive Show en date (le prochain débarque dans la soirée), la série de Netflix et NRK, Lilyhammer, a bel et bien commencé en Norvège avant de débuter sur les territoires couverts par le site de VOD. En fait elle a tellement bien commencé que, accrochez-vous, le premier épisode, diffusé ce mercredi, a obtenu 56,3% de parts de marché sur la chaîne publique, presque 1 million de spectateurs. Ouais, carrément. Genre sur la tranche des 12-44 ans, la chaîne a fait 245% de ses chiffres habituels, voyez.
D'après les estimations de NRK, le million de spectateurs n'aura aucun mal à être dépassé pour le pilote, en comptant sur les chiffres en LIVE+7. En revanche les critiques semblent pour le moment être assez partagées...
Du coup, la série est déjà renouvelée pour une 2e saison, en tous cas, et ça, c'est quand même un signe. Donc voilà, au temps pour moi, j'ai dit des bêtises, les abonnés de Netflix n'ont pas été les premiers à voir la série, les Norvégiens en ont eu la primeur, et ils ne se sont pas privés en plus. On verra bien si l'épisode tel que proposé au public anglophone (et hispanophone mais alors, euh, moi l'Espagnol...) se retrouvera sur les circuits de partage de séries. Je vous tiens bien-sûr au courant, pensez !


Alors en matière de séries futures à proprement parler, qu'a-t-on en vérité ?

Kontoret

En Suède... J'ai envie d'abord d'en remettre une couche sur le projet d'adaptation de The Office, dont on vous a parlé brièvement dans un SeriesLive Show de l'an dernier, si mes souvenirs sont exacts. Kontoret, c'est son nom (et une traduction littérale du titre original), a pourtant un dossier un peu particulier. Plus qu'une simple retranscription de la série britannique ou même américaine que l'on connaît, Kontoret est aussi un spin-off d'une comédie extrêmement populaire en Suède, Solsidan. Un personnage de cette comédie (qui, l'été dernier, a directement été renouvelée pour 3 saisons d'un coup par TV4, comme ça c'est fait) va en effet devenir le centre des attentions de Kontoret, ce qui en fait un hit quasi-assuré ! En-dehors de cette originalité, la comédie sera fidèle à son modèle original. Kontoret débarque le 12 février prochain en Suède (et, même si je n'ai pas l'intention de la suivre en direct, j'en profite pour l'ajouter au Pilot Watch à toutes fins utiles), et pendant ce temps, Ricky Gervais s'achète probablement une planète entière en se frottant les mains.

SVT nous offrira une autre nouveauté le mois prochain, 30° i Februari (30 degrés en février, z'avez vu comme je progresse en Suédois !), une série dramatique dans laquelle des forçats du travail suédois vont décider d'aller vivre en Thaïlande pour changer de vie, et surtout, de climat. Toute la famille déménage donc à l'autre bout de la planète en espérant prendre un peu le temps de vivre, se recentrer sur la cellule familiale, et dé-com-pres-ser ! Vous vous doutez bien que ça ne va pas se faire comme ça, notamment quand les bungalows qu'ils ont achetés sans les voir depuis la Suède s'avèrent avoir été vendus également à un autre pigeon...

Ah, et pour mémoire, mentionnons que le premier volet des Fjällbacka Murders (alias Fjällbackamorden) est prévu pour Noël cette année. C'est quand même autre chose qu'un Julkalender !

Mammon

Côté Norvège... L'an prochain, NRK proposera la mini-série Mammon, un thriller de 6 épisodes dont le concept est que chaque épisode suivra 1 journée dans la vie de son héros, un journaliste ambitieux qui semble avoir assez peu de scrupules pour obtenir les informations qu'il chasse. Le problème c'est que même quand on pense être là en observateur, on influe aussi sur le cours des choses, et que les actions de notre journaliste vont avoir au début de la série une conséquence fatale. Rattrapé par le remords, il va tenter d'employer son énergie à réparer le mal qu'il a fait, pour s'apercevoir que plus il avance dans l'affaire politique qu'il couvre, plus il fait en réalité des dégâts. La presse norvégienne parle déjà de cette série comme du nouveau Forbrydelsen (dont la troisième et ultime saison sera diffusée au Danemark en septembre prochain), alors forcément, ça donne envie, même si pour le moment le pitch reste assez mystérieux.

NRK prépare également une série dramatique familiale (que cette fois la presse norvégienne s'est empressée de surnommer la nouvelle Himmelblå, ce que la chaîne conteste en dépit de l'excellent pédigree de ladite série) qui ne porte pas encore de titre. Qualifiée de "feelgood", elle suivra trois jeunes femmes vivant dans un petit village norvégien sans histoire, dont la vie va être bouleversée par la révélation d'un secret. Quelque chose me dit que ce n'est pas forcément le projet qui suscitera le plus d'intérêt de notre part, ici plus au Sud, mais sait-on jamais. La série est actuellement en tournage...

Norvège toujours avec la préparation pour NRK en vue de l'automne prochain (la chaîne est décidément très en forme), de la série Hellfjord, où un policier, Pakistanais de deuxième génération fermement citadin dans l'âme, se retrouve assez classiquement muté au fin fond de la campagne norvégienne, avec tout le plaisir qu'on imagine être le sien dans un trou perdu. Sauf que la série a apparemment décidé de s'orienter du côté de Twin Peaks (influence auto-proclamée, en tous cas) dans son sujet puisque notre flic va très vite s'apercevoir qu'il a atterri dans un patelin pas très rassurant avec un gros secret à comprendre et dévoiler en 7 épisodes de 30 minutes. Accessoirement la série est déjà vendue à l'Islande, la Roumanie et... l'Irlande.

Rappelons que la Norvège a aussi un projet de remake de Næturvaktin (sur TV2) et la série historique Erobreren (pour NRK) c'est dire si ça bouge en ce moment par là-haut !

Borgen-arte
Au Danemark... Naturellement, DR1 a commandé une troisième saison à Borgen (en fait les saisons 2 et 3 ont été commandées en simultané). A ce sujet, et c'est pas mon genre de faire de la pub, mais si vous n'avez pas encore acheté la saison 1 en import, elle débarquera dans toutes les bonnes FNUC (et autres points de ravitaillement téléphagique) début mars, sitôt la diffusion en France finie donc, grâce aux bons soins d'arte video. Je dis ça, je ne dis ABSOLUMENT rien. Mais vous vous doutez bien qu'on aura l'occasion de reparler de la série sans relâche jusqu'à ce que le message passe !

Une nouvelle suite de téléfilms criminels va voir le jour sur TV2, adaptée par Nikolaj Arcel des romans de Jussi Adler-Olsen que je connais à peu près aussi bien que vous, et elle se composera d'épisodes d'une heure et demie. Le premier épisode sera réalisé par un des réalisateurs de Borgen ; le tournage ne commencera pas avant septembre prochain. A raison d'un épisode tourné chaque année, la mini-série devrait achever sa diffusion en 2016, un peu comme Kaze no Ue no Kumo, quoi. La chaîne allemande ZDF participe à la production, ce qui implique que la diffusion outre-Rhin est acquise.

Broen
Pour finir, au rayon co-prod, la deuxième saison de Bron/Broen (j'ai toujours pas déterminé quel était son titre officiel) n'est par contre pas acquise du tout, en dépit de son immense succès lors de sa diffusion quasi-simultanée sur SVT en Suède et DR au Danemark. Je sais plus trop si je l'avais évoqué sur SeriesLive et/ou Twitter, mais au pire, souffrez que je me répète : une adaptation franco-britannique serait à l'étude, où, au lieu d'un pont reliant les deux pays, on emploierait évidemment le tunnel sous la Manche. Impossible de trouver le nom de la chaîne française qui aurait manifesté son intérêt pour le projet, s'il y en a une ; apparemment c'est plutôt la Beeb qui aurait flairé le bon coup et se chercherait un partenaire en France pour reproduire le modèle de co-production de Bron/Broen. Il faut quand même avouer que rien que pour la rencontre culturelle, la série vaut cent sous de plus sur le papier. Vu mon peu d'intérêt pour le genre policier, je vais même probablement finir par céder à l'appel du pilote prochainement, donc pareil, restez dans le coin...

Bien-sûr, j'oublie certainement des trucs, et d'autres échappent sournoisement à ma vigilance, mais enfin, voilà ce que les prochains mois (et plus si affinités) nous réservent du côté de nos amis scandinaves... et je suis bien obligée d'admettre qu'il n'y a rien que je trouve aussi original qu'Äkta Människor. M'enfin, vous me direz ce que vous en pensez, vous.

Posté par ladyteruki à 20:31 - Love Actuality - Permalien [#]