ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

22-04-13

Facultés d'adaptation (director's cut)

BlogFestivalSeriesMania

Cet après-midi, à Séries Mania, se tiendra un débat sur le thème "Adaptations, remakes et reboots : les séries sont-elles toujours aussi créatives ?", dont vous pouvez lire les problématiques sur le programme de Séries Mania.
Dans la formulation, le point de vue est clairement celui des séries américaines, sous-entendant par là que les séries US (notamment de network ; même si de nombreux projets du câble tendent à relativiser cette croyance ces dernières années) sont particulièrement sujettes au remake, à l'adaptation et au reboot. Du coup, je me suis dit qu'en marge de ce débat, j'allais vous parler... eh bien, du reste du monde, les habitudes ayant la vie dure.

Ces termes sont particulièrement connotés négativement dans notre imaginaire (on leur oppose l'innovation et l'originalité), ce que souligne, d'une façon générale, la formulation choisie pour la présentation de la table ronde. Loin de moi l'idée de prétendre que ces séries ressorties des cartons ou des catalogues des pays voisins sont systématiquement d'une folle originalité, mais cet instinct est peut-être un peu limité : l'adaptation et le remake ont parfois leurs vertus. Et pendant qu'inlassablement on débat de l'originalité de la télévision américaine, on oublie parfois que l'adaptation et le remake sont loin d'être des pratiques propres à la télévision US ; de ce fait, elles couvrent des réalités très diverses.

En effet, aux USA, la reprise de séries étrangères et/ou passées remplace le concept d'acquisition, tandis que dans la plupart des pays du monde, l'adaptation et le remake complètent les politiques d'acquisitions. Cette différence majeure explique que la démarche d'acquérir les droits d'une série pour en proposer une version locale n'a pas forcément les mêmes implications dans le panorama télévisuel d'un pays donné.
Promenons-nous donc parmi quelques adaptations récentes venues des quatre coins de la planète, et observons les différentes réalités qu'elles couvrent.

ObratnaiaStoronaLuny

Apprendre en copiant

Diffusée fin 2012,
Obratnaia Storona Luny ("dark side of the moon", les Russes étant moins familiers de Bowie que de Pink Floyd) reprend l'histoire de Life on Mars. Vu qu'assez peu de séries britanniques sont, pour le moment, adaptées ailleurs qu'aux États-Unis, ce cas peut sembler exceptionnel, mais rappelons que la Russie est coutumière des adaptations.

Le pays a, depuis environ le début des années 2000, déployé un goût prononcé (qui a dit douteux ?) pour les remakes. Mais jusque là, le phénomène s'était cantonné aux comédies (nord-américaines) et aux telenovelas (sud-américaines), donnant néanmoins des résultats souvent très probants au niveau des audiences, même si je ne souhaite à personne de voir un épisode de
Maia Prekrasnaia Niania, pas même à mon pire ennemi. Cela a conduit les grilles russes à être dominées, pendant plusieurs années, par des comédies et des soaps. C'était vrai à plus forte raison sachant que les séries dramatiques russes ont une nette propension à calquer leur format sur celui des mini-séries (les séries policières, comme souvent, faisant figure d'exception de par leur formule déclinable à l'envi). Les comédies, en revanche, sont inspirées de sitcoms américains ayant aisément franchi la centaine d'épisodes dans leur pays natal, et de telenovelas qui par définition ont également un nombre d'épisodes conséquent, et il y a donc du matériel pour longtemps ; du fait d'une structure généralement peu exigeante en termes de production value, les épisodes peuvent de surcroît être fabriqués "à la chaîne" en un temps record, c'est donc vraiment tout bénef !
En conséquence de quoi, il n'est pas rare qu'en Russie, pour un sitcom, une saison d'une vingtaine d'épisodes soit diffusée en quotidienne pendant quelques semaines, et qu'une autre saison la suive quelques mois plus tard : pourquoi diffuser une saison par an quand on peut en diffuser une tous les 6 mois en bossant vite fait ?

Adapter des formats d'une demi-heure a donc modifié le panorama russe, créant une nouvelle façon de produire (plus d'épisodes, plus de saisons) qui n'était pas dans les habitudes locales plus tôt. Le processus a été décrit dans
Exporting Raymond, documentaire qui montre le passage de Tout le monde aime Raymond à la moulinette d'un network russe ; l'expérience a d'ailleurs prouvé que le pilote de Voroniny, l'adaptation en question, n'a pas nécessairement été affligeant, ce qui prouve que le modèle a du bon non seulement d'un point de vue commercial, mais aussi qualitatif.
Bonus non-négligeable, les adaptations russes de sitcoms américains, qui semblent parfois risibles à un regard extérieur (et pas forcément à tort...), ont permis de former une génération complète d'auteurs de télévision russes à la comédie télévisée, qui jusque là, sans en être absente, restait marginale. Grâce à ces copycats, le paysage télévisuel russe s'est transformé ; à force de copier des œuvres originales (avec l'aide, bien souvent, d'auteurs ou producteurs de la série d'origine, faisant alors office de formateurs), la Russie a fait évoluer son marché intérieur.

Depuis quelques années, désormais, la Russie s'intéresse aux formats plus longs, et aux productions dramatiques plus ambitieuses. Ainsi était née, en 2010,
Pabieg, adaptation de Prison Break pour Perviy Kanal, et ainsi est née, il y a quelques mois, donc, Obratnaia Storona Luny, toujours sur la première chaîne.
Le cheminement reste strictement le même que celui qui a présidé à la commande d'adaptations de comédies : comme on sort de l'argent pour acheter les droits, ainsi que pour acheter également les scripts clé en main, on s'attend à rentabiliser l'investissement ; adapter des séries dramatiques étrangères se fait donc souvent avec l'espoir de les diffuser sur plusieurs saisons. L'adaptation, en Russie, ouvre donc une fois de plus la porte à des mutations du marché télévisuel national et de ses pratiques, puisqu'en-dehors des séries policières, le renouvellement de séries dramatiques originales était plutôt marginal jusque là. Production coûteuse,
Pabieg n'a pas tout-à-fait rencontré le succès espéré, et "seulement" deux saisons ont vu le jour (pas trouvé de trace d'une troisième qui serait en production, et les critiques semblent encourager Perviy Kanal dans ce sens). La raison se logeait dans sa production un peu pauvre comparée à l'originale, et son manque d'intérêt dans le contexte russe.

Ca a vraiment bien marché en revanche pour
Obratnaia Storona Luny cet hiver. Le succès de cette série est dû à plusieurs facteurs, inhérents à la question de l'adaptation. Ce n'est pas simplement une question d'acteurs ou de moyens qui a permis l'enthousiasme du public, même si l'acteur principal se débrouille plutôt bien et parvient à faire oublier John Simms (si-si, je vous jure). Ce qui a fait la différence, c'est bien l'équilibre trouvé entre savoir-faire étranger et capacité d'adaptation au contexte culturel de la Russie. Dans le cas d'Obratnaia Storona Luny, repartir dans en 1979 n'a évidemment pas le même sens pour un Russe que pour un Britannique, et la série a dû utiliser les spécificités de l'Histoire russe ; il fallait donc adapter le contexte d'origine à celui, plus complexe, de la Russie soviétique, et cela, le simple achat de script ne peut le couvrir. Obratnaia Storona Luny a donc usé des talents des auteurs russes pour la fiction historique (vaste question, il est vrai) afin d'offrir une œuvre profondément ancrée dans le contexte russe. A partir de là, l'aspect nostalgique (qui a fait le succès de Vosmidesiatye plus tôt en 2012) a sans aucun doute joué. A ce travail de fond s'ajoutait l'apport du savoir-faire britannique : la production a reçu l'aide d'un producteur de la BBC envoyé comme consultant. Le résultat, c'est une série russe qui se place aisément dans le haut du panier des séries dramatiques de par sa production value.

Et cela, il faut le noter, alors que le public russe a déjà vu
Life on Mars (sous le titre de Jizn na Marsie), avec des audiences décentes, mais pas épatantes. Ici, clairement, Obratnaia Storona Luny a été un succès (leader de sa case horaire sur Perviy Kanal), et a d'ailleurs été renouvelée pour une seconde saison, même si on ignore pour le moment quand elle sera diffusée.
C'est d'ailleurs le cas de toutes les séries étrangères adaptées par les chaînes russes jusqu'à présent : elles ont déjà été diffusées sur le sol russe par le passé ; on voit bien la différence avec les USA, qui adaptent ce qu'ils savent pertinemment qu'ils ne diffuseront jamais. Et ça n'a pas du tout l'air de déranger les spectateurs russes de voir deux fois des histoires similaires... peut-être parce que, depuis le temps, ce public perçoit que, dans les changements induits par la naturalisation d'une série, on peut trouver de nouvelles raisons de suivre une même histoire.

GalipDervis

Le besoin et l'envie

Lancée le mois dernier, 
Galip Derviş est l'adaptation turque de Monk, sur la chaîne Kanal D (un "derviş", qui se prononce derviche, est un... moine). Ce qui est intéressant en Turquie, c'est que, contrairement à la Russie, le rayonnement des séries turques est indubitable (pour vous en assurer, vous pouvez relire la première partie de ce post). La télévision turque connaît actuellement un véritable âge d'or, et n'a pas vraiment besoin d'adaptations dans ses grilles.
Pourtant, loin de mettre tous ses œufs dans le même copieux panier, la chaîne Kanal D a décidé, en marge de ses séries originales loin d'être dans les choux, de commander un nombre croissant d'adaptations, et d'adaptations de séries américaines de préférence :
İntikam (pour Revenge, souvenez-vous), Umutsuz Ev Kadinlari (pour Desperate Housewives, là encore, rappelez-vous, j'avais comparé les deux pilotes) et désormais Galip Derviş, donc, font quelques belles heures de télévision sur le sol turc. Pour l'anecdote, on note très peu d'adaptations de séries autres qu'américaines, à l'exception de 1 Erkek 1 Kadin, versions turque d'Un gars, Une fille (née sur la chaîne du satellite TürkMax, et reprise l'an dernier par le network Star TV).

Ce qui est intéressant, c'est que la Turquie mise avant tout sur des séries "légères" pour ses adaptations : les vraies séries dramatiques, les créations originales s'en chargent. Par contre, quant il s'agit des comédies, des dramédies et des primetime soaps, là, ok, on veut bien prendre des concepts étrangers. En gros, les Américains, on les aime bien, mais pour divertir la famille au sens large et/ou les ménagères ; pour des séries complexes, des reconstitutions historiques méticuleuses, des dramas sombres et des thrillers virils, on va se débrouiller nous-mêmes avec nos scénaristes, merci, on a tout ce qu'il nous faut.
Une position originale, sachant qu'il est généralement moins facile d'adapter des comédies et de trouver le succès (problème d'humour culturel) : dans une majorité de pays de la planète, un remake de comédie américaine est souvent voué à l'échec en termes d'audiences. Qui plus est, quand on sait que les Turcs produisent déjà plein de soaps à succès, qui eux-mêmes se regardent dans toute la région, voire plus, on ne peut pas dire que les chaînes turques soient à la traîne de ce coté-là, ni aient besoin d'aller acheter les scripts des copains.

Alors pourquoi le faire ? Explication en trois étapes :
- à la différence des Russes, les Turcs pourraient très bien se passer d'adaptations, donc. Mais les séries étrangères sont jugées divertissantes (avec une dimension peut-être légèrement péjorative), au sens où un spectateur turc n'attend pas grand'chose d'une fiction américaine. Ça se regarde sans y penser, quand le public a tendance à s'investir dans une série nationale ;
- à la différence des Russes également, les Turcs ne tiennent pas avec ces remakes leurs plus gros succès d'audiences, et s'accommodent fort bien de cela ; à titre d'exemple,
Galip Derviş est diffusée trois fois par semaine (un inédit le jeudi à 23h, rediffusé ensuite le samedi après-midi et le dimanche matin) ; la série permet en outre à Kanal D de proposer une fiction originale sans redouter de se faire écraser par la grosse production que la chaîne publique TRT1 diffuse le jeudi soir à 22h50, Şubat, et qui attire un public plus exigeant : l'échec est moins cuisant si l'investissement initial est minime.
- enfin, à la différence des Russes encore, le public turc n'a pas souvent vu la série d'origine ;
Revenge n'est par exemple pas encore diffusée en Turquie, et vu que désormais c'est par İntikam que les spectateurs turcs ont pris connaissance du revengenda, il y a fort à parier que ce n'est pas pour tout de suite. Ou comment un network américain très désireux de vendre des droits d'adaptation à tout le monde (jurisprudence Desperate Housewives) a trouvé le partenaire parfait avec une chaîne turque désireuse de ne rien diffuser d'étranger en primetime.
Conclusion : les adaptations de séries étrangères sont, en fin de compte, plus ou moins des projets "bouche-trou" : ils font des audiences décentes, mais pas explosives, et on ne leur en demande pas tant de toute façon. Ils sont là à la fois pour offrir une programmation non-importée facile à produire (le travail de développement étant simplifié, par définition) et facile à diffuser à peu près quand on veut. Ça coûte peu cher, c'est flexible, ça a fait ses preuves, et de toute façon, le public ne s'y attachera pas, c'est juste pour passer le temps.
Les adaptations, les Turcs n'en ont aucun
besoin. Mais il semblerait que le public en ait envie, pour varier leur menu télévisuel, et pour les chaînes, ces mêmes adaptations servent de tampon dans les grilles. C'est aussi simple que cela.

Dans le cas de
Galip Derviş, la production turque reprend les ingrédients, jusque dans l'accompagnement musical, de la série Monk. Le copier-coller est flagrant (et évidemment assumé), à une nuance près : la version turque dure 90 minutes, comme toutes les séries turques...

Aaf

Refaire pour comparer ?

Dans le domaine de la comédie cette fois, parlons d'
Aaf!, l'adaptation aux Pays-Bas du sitcom Rosanne, sur RTL4. La chaîne néerlandaise n'en est pas à son coup d'essai en la matière : il y a quelques mois, elle avait par exemple lancé Golden Girls, l'adaptation, vous l'aurez deviné, de la série américaine des années 80 quasi-éponyme. Par le passé, elle a également adapté Tout le monde aime Raymond sous le titre Iedereen Is Gek Op Jack ; chez RTL Boulevard (on reste en famille, donc), on ambitionne d'ailleurs d'adapter La croisière s'amuse dans un avenir très proche.

Sur le papier,
Aaf! est tout ce qu'on redoute dans une adaptation d'un sitcom américain commençant légèrement à prendre de l'âge : une comédienne locale connue (Annet Malherbe, que les spectateurs français ont eu l'occasion de voir dans la série Gooische Vrouwen, alias Jardins secrets) à qui on offre un rôle qui a fait ses preuves et que tout le monde connaît. Le résultat est généralement kitschissime, car il n'est pas rare qu'au nom de la prétendue identité de la série originale, ou, au mieux, au nom de la nostalgie, la nouvelle série ressemble à s'y méprendre à la série originale, en dépit du fait qu'elles aient plusieurs décennies d'écart. Golden Girls, la série néerlandaise, avait exactement ce tort, qu'avait également la version espagnole, La Chicas de Oro (un gros bide pour La 1 en 2010) : pourquoi refaire une série des années 80 à l'identique quand des rediffusions suffiraient ?

La différence, c'est peut-être qu'
Aaf! est une adaptation intelligente d'une série qui ne l'était pas moins. La version néerlandaise (qui est à l'heure actuelle le seul remake officiel de la série Roseanne de par le monde) ne cherche absolument pas à faire mine de se dérouler dans les années 80/90, le pilote commençant même par une dispute entre les enfants autour de l'ordinateur, des réseaux sociaux et d'un iPhone, histoire de mettre les choses au point très vite. L'idée motrice de cette adaptation est avant tout de reprendre le sujet de Roseanne, et non son identité au sens strict, et ainsi de suivre les Jansen, une famille modeste... mais pas ouvrière. Eh oui, les réalités ayant changé depuis 1988, l'héroïne ne travaille plus sur une chaîne de montage, mais dans un call center. Les problèmes rencontrés par Annet Jansen et les siens sont les mêmes, touchant les spectateurs de la classe moyenne directement dans leur quotidien. Résultat : excellentes audiences, et surtout, la preuve qu'une adaptation n'est pas obligée de singer l'original.

Roseanne était une série engagée ? Le processus par lequel Aaf! a pris sa forme finale, et la comparaison entre l'original et l'adaptation, le sont tout autant : pour les classes très moyennes, tout change, et rien ne change. La crise reste la crise.

TonbiNHK

Valeur ajoutée

Un cas de figure que nous n'avons pas encore abordé est celui du remake à l'intérieur-même des frontières (qui est certainement le plus lourd reproche adressé aux séries américaines s'y risquant). Le Japon, parmi quelques autres, est friand de ce procédé, et l'a montré de façon plutôt éclatante ces derniers mois avec
Tonbi, un roman de Kiyoshi Shigematsu publié en 2008, dont deux adaptations différentes ont été diffusées à un an d'intervalle sur les écrans nippons.
Tonbi, l'histoire d'un père très modeste qui élève seul son jeune fils à qui il veut offrir le meilleur, emprunte toutes les recettes d'un drama familial émouvant et optimiste. Mais il se double aussi d'une dimension historique puisque tout commence dans les années 60, alors que le fils a trois ans ; l'histoire suit celui-ci jusqu'à l'adolescence.

En janvier 2012 d'abord, la NHK propose un tanpatsu (un téléfilm, ou téléfilm en deux parties dans le cas présent), qui trouve un succès critique incontestable ; c'est tout-à-fait le genre de séries que propose volontiers la chaîne publique, et qui lui confère son excellente réputation en matière de séries, bien que les audiences ne suivent pas toujours.
C'est le cas ici, car assez peu de spectateurs japonais ont regardé les deux volets, en dépit d'une diffusion à une heure de très grande écoute, le samedi à 21h. Il n'empêche : salué pour sa qualité, le
Tonbi de NHK (photo ci-dessus) va faire une jolie carrière internationale, et obtiendra d'ailleurs le prix de la Meilleure mini-série au festival de Monte-Carlo quelques mois plus tard.

Le succès à la fois du roman, mais surtout de l'adaptation qu'en fait NHK, n'échappe pas à TBS, qui met en chantier séance tenante sa propre adaptation, avec la rapidité propre à l'industrie télévisuelle japonaise. Rappelons que tous les trois mois, les chaînes japonaises changent intégralement leurs grilles de fictions (à l'exception de deux cases horaires pour la NHK qui ont respectivement un rythme semestriel et annuel), et lancent donc de nouveaux projets de séries tous les trimestres. Lancer un remake en un temps record ? Ça n'a rien d'une exception. Moins friande de tanpatsu familial, TBS opte de son côté pour un format plus classique, le renzoku : une dizaine d'épisodes diffusés hebdomadairement pendant la saison hivernale, de janvier à mars 2013, donc, le dimanche à 21h, case convoitée s'il en est, et parmi les rares dans les grilles japonaises à mettre en concurrence plusieurs fictions.

A ce stade on pourrait penser que le public japonais, qui n'avait pas accroché en masse à la première adaptation de NHK, ne va pas tellement se précipiter pour assister au remake. C'est oublier que la machine TBS connaît son affaire : le cast est irréprochable, le générique de sa version de
Tonbi est interprété par un chanteur très populaire, et ainsi de suite, bref tout est fait pour attirer un large public... et c'est effectivement ce qui se produit, avec des audiences deux fois plus importantes que pour le Tonbi de NHK dans une case pourtant plus difficile ! Le public est venu en masse, mais encore fallait-il le garder ; ça a été le cas, et même mieux : au termes de la diffusion, le 10e et dernier épisode a rassemblé 20% des parts de marché, un score devenu rare à la télévision nippone. Avec Tonbi, TBS a tenu son plus grand succès de la saison, avec une série qui n'avait rien d'inédit, mais qui, par la bonne combinaison de marketing intelligent et, évidemment, de qualité, a su toucher les spectateurs... D'ailleurs, la version 2013 de Tonbi a décroché deux récompenses aux Nikkan Sports Drama Grand Prix (un prix décidé par le vote des lecteurs de la revue Nikkan Sports), il y a quelques jours : un comme Meilleure Série, l'autre comme Meilleur acteur pour Masaaki Uchino.
En fait, TBS a démocratisé la recette initiale de
Tonbi : sans en dénaturer les qualités, la chaîne s'est appropriée le sujet pour en faire un vrai rendez-vous grand public, quand celui-ci était passé à côté d'une première version plus confidentielle. Une jolie vertu pour un remake, non ?

InTherapyAllStars-Legendes

Traitement local

Mais ces dernières années, le champion toutes catégories de l'adaptation, c'est
BeTipul. Les autres séries peuvent rentrer chez elles, il n'y a pas de match.
Le drama israélien a été adapté dans une liste de pays longue comme le bras : les États-Unis, bien-sûr, avec
In Treatment sur HBO (ce qui a permis à HBO Central Europe de sortir quatre versions locales, dont Terápia en Hongrie, et În Derivã en Roumanie), mais aussi aux Pays-Bas avec In Therapie, au Brésil avec Sessaõ de Terapia, en Argentine avec En Terapia, ou, plutôt sympathique pour nous autres francophones, En Thérapie au Québec. La liste est loin d'être exhaustive, et ça donne la montage ci-dessus, avec une tripotée de thérapeutes aux quatre coins de la planète, et je ne compte même pas les patients. Et je vous dis ça sans compter Shinryouchuu, version japonaise "inspirée de" BeTipul (traduction : j'ai pas voulu payer pour les scripts), tournée sur le monde du lycée.
Dernière victime en date de cette épidémie : l'Italie, qui s'y colle depuis quelques semaines sur Sky Italia, avec...
In Treatment, parce que pourquoi faire compliqué ?

La tactique adoptée pour la revente des droits par les Israéliens est assez différente de celle de la plupart des séries : il s'agit de chercher des interlocuteurs à portée limitée (chaînes du câble ou du satellite, par exemple ; ou dans le cas du Québec, à portée locale et non nationale), de façon à maintenir une certaine demande : la série est bonne, mais elle n'est pas facilement accessible dans une région donnée. Mieux que ça encore : le format ne coûte rien à produire (pour schématiser : un canapé et un fauteuil, et on est partis), est déclinable à l'infini dans une grande variété de langues (la preuve).
BeTipul n'a, de surcroît, presque jamais été diffusée à l'étranger (il me semble qu'une obscure chaîne câblée diffusant des programmes en hébreu l'a montrée aux USA, mais je vous dis ça de mémoire), et mise sur le fait que personne ne peut/veut acheter les droits de diffusion. De ce fait, pour les pays dans lesquels elle est adaptée, la série fait figure d'inédit total.
Il faut dire que non seulement son sujet, mais sa structure également, s'accommodent assez peu des contraintes des grandes chaînes. Même si l'on met de côté son aspect claustrophobique pas franchement avenant pour le très grand public, le format de
BeTipul repose sur une série d'entretiens diffusés de façon quotidienne : du lundi au jeudi, le personnage du psy reçoit ses patients, et le vendredi, c'est lui-même qui suit une thérapie. Combien de grandes chaînes se lanceraient dans pareil défi à une heure de grande écoute, à un échelon national, et en quotidienne ?
D'autant que le cahier des charges de
BeTipul est d'une inflexibilité incroyable : à l'instar de la plupart des séries israéliennes adaptées à l'étranger, la production est très regardante dans ce qui est fait dans chaque pays adaptant les droits, et il est frappant de constater à quel point les diverses versions reprennent tous, plan par plan, le même schéma. Les scénaristes locaux ont une marge de manœuvre extrêmement limitée.

Mais malgré la rigidité apparente de son principe comme de ses modalités,
BeTipul, c'est aussi une série extrêmement adaptable, tout simplement parce qu'il est très simple de modifier un seul personnage pour lui donner une couleur locale. Ainsi, dans la version originale, l'un des patients de la première saison est un soldat israélien impliqué dans le conflit palestinien ; dans la version américaine, ce même soldat devient un GI qui a fait l'Irak. Dans le In Treatment italien, il n'y a plus de soldat, mais un policier travaillant en immersion sur une affaire mafieuse, et ainsi de suite. A côté de ce personnage, le couple en crise ou l'adolescente suicidaire sont suffisamment universels pour ne pas nécessiter l'intervention lourde de scénaristes dans les pays adaptant la série, ce qui simplifie d'autant le processus d'adaptation et donc de développement.

Contrairement aux exemples précédents, les multiples adaptations de
BeTipul ne s'insèrent dans aucune tendance, aucune mode dans un pays donné : c'est l'inverse. Le drama israélien est celui qui part à la conquête de la planète, et non le produit qui vient combler un besoin. Le besoin est créé autour de la série, de son procédé original, de son ton unique, et n'est pas déclinable au-delà de la seule franchise BeTipul par les chaînes qui en font l'acquisition.


L'adaptation et le remake sont-ils pure paresse ? Ce n'est donc pas toujours si simple. Osons le dire,
parfois, les remakes, adaptations et reboots ont même carrément du bon...

Posté par ladyteruki à 13:30 - Love Actuality - Permalien [#]

16-08-12

lady's world tour - Escale n°14

-- World Tour --

Il s'agit de ne pas mollir !
Maintenant que vous vous êtes remis dans le bain (et moi avec) de l'actualité télévisuelle internationale, on va donc ne pas se décourager en si bon chemin. Amis téléphages, en route vers un nouveau tour du monde ! Si tout se passe bien et que je ne bavarde pas trop, ça devrait être un peu plus court que la dernière f-... oui enfin, vous n'êtes pas dupes, alors j'arrête d'essayer de vous raconter des bobards.

M'appuyant sur les quelques retours reçus la semaine dernière, j'ai décidé d'adopter la nouvelle mise en forme alphabétique et par pays. Mais comme toujours, cette rubrique est la vôtre, alors n'hésitez pas à me faire part de vos préférences. D'ailleurs, vous qui aimez bien l'Irlande, vous allez voir, j'ai pensé à vous dans ce nouveau world tour...

Pastewka

- ALLEMAGNE :

* Sur Das Erste, il existe une case horaire entièrement dédiée, tout au long de l'année, aux séries policières : Heiter bis tödlich ("souvent fatal"). La case, qui est apparue en octobre dernier les jeudis à 18h50, a déjà accueilli plusieurs séries, parmi lesquelles Hubert & Staller ou München 7, qu'on a déjà pu évoquer. Ainsi, certaines séries policières trouvent ici un créneau appropriété (München 7 existait depuis 2004), quand d'autres y trouvent le créneau parfait pour débuter (c'était le cas de Hubert & Staller en novembre). D'ailleurs à la rentrée, une nouvelle série démarrera dans la case le 20 septembre, Fuchs und Ganz, tournée depuis l'été 2011 et qui attendait patiemment son heure. Das Erste ne s'arrête pas en si bon chemin et a déjà mis en chantier le tournage des prochaines séries de la case, avec Zwischen den Zeilen, dans laquelle deux journalistes totalement différents font équipe. Un concept qui n'a rien de très novateur (ce n'est pas l'objectif de la case), et qui devrait apparaitre sur les écrans allemands au printemps 2013.
* Et la rentrée allemande bat décidémment son plein puisque la comédie Pastewka revient le 21 septembre sur Sat.1 ! La série, inspirée par le concept de Curb your Enthusiasm, met en scène le comédien Bastian Pastewka dans son propre rôle ; la grosse différence étant que l'improvisation est quasi-absente de la série allemande. Diffusée depuis novembre 2005, la série aborde ainsi sa 6e saison cette année, comportant comme la précédente 10 épisodes. La chaîne Sat.1 fera également débuter une nouvelle dramédie médicale dans laquelle deux chirurgiens se disputent tout en se tournant autour, Auf Herz und Nieren, le 17 septembre, que vous retrouverez évidemment dans le Pilot Watch.

SosMiHombre

- ARGENTINE :

* Alors ça, c'est une chouette initiative ! Masashi Mizukami, l'ambassadeur du Japon en Argentine a apporté dans ses valises de bien beaux cadeaux pour la rentrée : de nouveaux équipements pour la chaîne publique, Canal7, afin de célébrer la longue amitié entre les deux pays. Bon, c'est pas non plus venu comme une envie de pisser à l'ambassadeur, hein : en 2010, les deux pays avaient signé un accord de coopération, dont le don n'en est que la partie la plus visible ; des documentaires et émissions éducatives doivent également être produits dans les deux langues. Pour rappel, l'Argentine a adopté en 2009 les normes japonaises pour tout ce qui concerne le numérique, et l'aide technologique du Japon lui permet de sortir aussi vite que possible de l'ère analogique. L'histoire ne précise pas ce que le Japon peut y gagner...
* Rentrée un peu anticipée pour El Trece, qui a décidé de lancer une nouvelle série dés mardi prochain. Le 21 août à 21h30 débutera donc la série Sos mi hombre (en photo ci-dessus) écrite par Leandro Calderone, une romance qui met en scène un ancien boxeur à la retraite qui, pour gagner sa vie et obtenir la garde de son fils, est devenu pompier. Il va rencontrer une médecin très aisé et engagée dans le bénévolat, qui va, vous vous en doutez, changer sa vie à bien des égards. Le tournage est tout récent (il a débuté à la fin juin !) et a commencé dans la chaleur... puisque la première scène tournée, celle de la rencontre entre les deux personnages principaux, était un incendie !

HouseHusbands

- AUSTRALIE :

* Vous pensiez qu'en ce mois d'août, avec pas moins de 3 nouvelles séries, l'Australie ne chômait pas. Vous n'aviez rien vu. Nine commence à diffuser des promos pour la série House Husbands... et ces bande-annonces portent la mention "prochainement" ! La série, initialement présentée comme une dramédie et à présent comme un drama à part entière, s'intéresse à 4 pères au foyer, dont un gay, qui découvrent les joies quotidiennes procurées par l'éducation de leurs enfants. La série comporte au générique Gary Sweet (Rescue: Special Ops), Rhys Muldoon (Lockie Leonard), Gyton Grantley (Underbelly et East West 101) et Firass Dirani (East West 101 ou plus récemment The Straits). En tout, 10 épisodes d'une heure sont prévus pour ce qui ressemble à vue de nez à la réponse australienne à Modern Family...
* Malgré les nouveautés qui nous tombent dessus, les séries déjà bien ancrées dans les grilles australiennes ne tombent pas en désamour pour autant. La preuve, Winners & Losers vient d'être renouvelée pour une troisième saison ! Nos quatre héroïnes seront toutes de retour, avec évidemment quelques ajustements pour les seconds rôles. Ce sont donc au total 4 séries dramatiques qui sont produites en in-house par le network australien (3 d'entre elles étant l'oeuvre de Bevan Lee, puisqu'il faudra bientôt compter la nouveauté A Place to Call Home), et ce n'est pas prêt de se calmer !
* Parlons audiences maintenant. Vous savez tous que Puberty Blues a démarré hier (et vous avez intérêt à y jeter un oeil !), eh bien voilà les résultats : 925 000 spectateurs pour le premier épisode, un résultat plutôt positif (sans en faire un énorme hit). La série n'a pas dominé la case horaire, puisque The Amazing Race Australia l'a emporté de peu avec 976 000 spectateurs, mais Ten est très satisfaite, d'autant que le retour sur les réseaux sociaux est excellent et que la série est seconde sur les tranches démographiques 6-39, 18-49, et 25-54 ans. Une bonne nouvelle dont Ten avait bien besoin, après avoir passé les derniers jours dans la tourmente. Ainsi, plus tôt cette semaine, c'est Underbelly: Badness qui avait dominé la grille sur Nine, avec un excellentissime démarrage : 1,78 million de spectateurs pour le pilote, laissant Ten loin derrière avec à peine 304 000 spectateurs pour sa nouvelle émission de télé-réalité Everybody dance now.
* Enfin, pour ceux qui n'auraient pas relevé quand j'en ai parlé sur Twitter, les séries australiennes Rake et Lowdown reviennent chacune pour une seconde saison le 6 septembre prochain !

RedeGlobo

- BRESIL :

* La télévision terrestre a encore quelques bonnes années devant elle avant de disparaitre du Brésil. A l'origine, le plan du Gouvernement était que le tout-numérique serait instauré en 2016. Actuellement, l'infrastructure permettant de recevoir Globo en numérique touche 50% des foyers brésiliens, un nombre qui devrait atteindre 70% pour la Coupe du Monde de Football de 2014 qui se déroulera au Brésil. Mais les deux années suivantes ne devraient pas être suffisantes pour couvrir les autres territoires, souvent situés dans des zones moins peuplées et/ou accessibles. Il reste toujours la possibilité d'être accessible via le satellite, mais Globo, leader des chaînes gratuites, ne veut envisager cette solution qu'en dernier recours. Du coup, le tout-numérique au Brésil, ça pourrait être carrément à l'horizon 2020.

BombGirls-Reelz

- CANADA anglophone :

* Les filles de Bomb Girls préparent leur grand retour ! La deuxième saison de la série est en effet entrée en production un peu plus tôt ce mois-ci, et le tournage se poursuivra jusqu'à la mi-décembre environ. On l'avait évoqué il y a plusieurs mois, mais vous avez dormi depuis, alors je me permets de souligner que cette nouvelle saison comptera 12 épisodes, contre 6 pour la première saison ; l'acteur Michael Seater (Derek) rejoint le cast pour cette occasion. Pour note, Bomb Girls sera diffusée à partir du 11 septembre par ReelzChannel aux USA.

LanceetCompte

- CANADA francophone :

* On n'en finit pas de parler de rentrée, avec cette fois les ondes québécoises. On n'a pas encore la date exacte, mais Radio-Canada devrait faire débuter Unité 9, son nouveau téléroman se déroulant dans une prison pour femmes, le mardi soir à 20h dans le courant du mois de septembre ; 25 épisodes sont commandés pour le moment. Même chose pour la comédie Adam & Eve dont on parlait la semaine dernière, et qui ne devrait donc plus tarder à débuter.
* La série Lance et compte (ci-dessus en photo), véritable institution de la télévision québécoise, fera également son retour. La série s'était interrompue après sa 7e saison, faisant place à un film sorti à la toute fin de l'année 2010. Et puis, la 8e saison avait été mise en chantier, et depuis, plus rien. La voilà donc, cette nouvelle saison, sous le nom Lance et compte : La déchirure, permettant aux spectateurs canadiens de renouer avec leur équipe de hockey sur glace préférée, qui reprend du service un an après un tragique accident de bus qui a coûté la vie à certains d'entre eux...

Separados

- CHILI :

* La semaine dernière, El Reemplazante, une série en 12 épisodes commandée par TVN, a achevé son tournage. La série met en scène Iván Álvarez de Araya dans le rôle de Carlos, un exécutif d'une grande société financière qui, crise aidant, se retrouve à la rue lorsque celle-ci fait faillite. Il décide donc de se partir se ressourcer dans la maison de son enfance, et c'est là qu'on lui apprend qu'un poste lui tend les bras : prof dans son ancien lycée un peu défavorisé. L'originalité de la série, c'est que les jeunes interprétant les lycéens ne sont pas des professionnels, et ont participé à un atelier avant de tourner la série. Par contre, on n'a pas encore de date de diffusion, mais gardons l'oeil ouvert...
* Qui se souvient qu'on a parlé de Reserva de Familia, l'adaptation chilienne de la série espagnole Gran Reserva ? C'est bien. Mais j'espère que vous ne vous êtes pas trop attachés, car la nocturna touche lentement mais sûrement à sa fin. TVN a en effet lancé ce mardi le tournage de la série qui doit en prendre le relai, Separados. C'est notre photo ci-dessus est c'est aussi une nouvelle dramédie dans laquelle nous pourrons suivre cinq divorcés qui tentent de refaire leur vie. Tous sont installés dans la maison dont Pedro (incarné par Jorge Zabaleta), le personnage principal qui vient de plaquer son boulot et sa femme insupportable, a hérité. Avec cette nouvelle production, TVN décroche aussi un record : elle est la chaîne qui, en 2012, aura acheté le plus de fictions originales.
* Pour finir, la série Profugos, produite pour HBO Latino, a eu l'honneur d'une projection aux USA à l'occasion de l'International Latino Film Festival de New York. La chose n'est pas courante et mérite d'être saluée, en particulier parce qu'elle était suivie d'un panel entre le réalisateur Alberto Ferraras et l'acteur Francisco Reyes, qui se sont livrés à une interview mutuelle devant les festivaliers. Une pause sympathique pour l'équipe qui tourne actuellement la seconde saison...

SARFT

- CHINE :

* J'ai un vrai problème de sources avec la Chine. Chaque fois que je tombe sur des news, ce sont de sombres histoires de censure, c'est d'un triste... Aujourd'hui ne fait hélas pas exception, avec de nouvelles directives émises par la SARFT, l'autorité de régulations de l'audiovisuel chinois. Les nouvelles séries devront ainsi répondre à des impératifs tels que : une série devra clairement identifier les gentils d'une part et les ennemis de la révolution d'autre part ; une série ne devra pas insister sur les conflits familiaux ; une série ne fera pas de plaisanterie sur l'Histoire ; une série ayant pour thème l'entreprise ou l'économie devra véhiculer des valeurs positives... Ces nouvelles "recommandations" interdisent également, dorénavant, les adaptations de jeux videos... ou les remakes de séries étrangères. Et là, bon, j'avoue que j'ai presque envie de recommander à certains pays de s'en inspirer, qu'en dites-vous ?
En tous cas il se murmure qu'avec les restrictions imposées en décembre dernier sur les thèmes des séries de primetime (auxquelles viennent donc s'ajouter ces nouvelles trouvailles), l'industrie de la fiction chinoise pourrait produire cette année seulement un tiers environ de ce qui a été produit en 2011, de nombreux projets n'ayant pas reçu de feu vert par la SARFT, notamment lorsqu'ils impliquaient des intrigues de palace (horreur !), des voyages dans le temps (c'est mal !) ou encore des séries policières (...mais comment les blâmer ?). D'après EntGroup, un cabinet média basé à Pékin, 30 000 épisodes de séries ont reçu une autorisation en 2011, contre 14 000 cette année pour le moment. Les webséries, qui ne sont pas touchées par les restrictions de la SARFT, sont soupçonnées de connaître un boom dans les prochaines années en réponse à ce phénomène.

Matador

- DANEMARK :

* Vous savez quand je suis toute contente de dénicher une nouvelle récompense télévisuelle à laquelle m'intéresser ? Eh bien, cette année, les TvPrisen danois vont être un petit peu moins sympathiques... Le groupe SBS a en effet décidé de ne soumettre aucune série et de ne tout simplement pas participer à la cérémonie, qui se déroule dans le cadre du TvFestival de Copenhague, qui s'ouvrait aujourd'hui. Il ne s'agit pas simplement de refuser les statuettes : subventionner ce festival a un coût, que le groupe a décidé de ne plus assumer, laissant à DR et TV2 tout loisir de signer des chèques si ça les amuse. Cette année, l'invité d'honneur du TvFestival est HBO : la projection de The Newsroom a en effet servi d'avant-goût, hier soir, à l'évènement, et un panel HBO: King Of Drama était organisé cet après-midi ; enfin, une rencontre avec Alan Poul est prévue demain. Aucun employé de SBS ne sera présent ni pendant les différents panels et ateliers, ni au moment de la cérémonie demain soir. Insérez ici les "ooooh" navrés.
* Sur un ton moins sérieux, vous ne pouvez pas ignorer l'existence de la série historique Matador, la mère de toutes les séries danoises qui, en 1978, était devenue un véritable phénomène. Alors voici une petite information qui vous donnera le sourire. La semaine prochaine, Matador entamera une nouvelle rediffusion sur DR1 (pour contrer The Voice sur TV2) ; la précédente rediffusion, il y a 6 ans, avait réuni en effet 1,5 millions de spectateurs en moyenne chaque semaine. Eh bien, pourtant, les DVD de Matador (en version remasterisée avec grand soin) se sont écoulés à ce jour à 3,6 millions d'exemplaires, et il a passé 112 semaines au total dans le Top20 des DVD les plus vendus du pays depuis leur sortie en 2009 ! Et les Danois continuent de réclamer des rediffs quand même ! Touchant, non ?

PolseresVermelles

- ESPAGNE :

* En cette période estivale un peu creuse, c'est une série pas comme les autres qui emporte l'adhésion du public le lundi soir. Antena3 diffuse en effet en ce moment Polseres Vermelles (sous le titre Pulseras Rojas), une série en 13 épisodes d'abord vue sur la chaîne catalane TV3 au printemps 2011 (et qui avait rassemblé un demi-million de spectateurs). La série s'intéresse à l'aile pédiatrique d'un hôpital, dans laquelle plusieurs enfants et adolescents se rencontrent et se lient d'amitié. La série est inspirée par l'expérience de son créateur, Albert Espinosa, entré à 14 ans dans un service similaire et sorti seulement 10 années plus tard, et qui souhaitait dépeindre la vie à l'hôpital non pas du point de vue (souvent pessimiste) des professionnels, mais de celui des patients. Il était à un moment question que la série soit adaptée pour les USA par Martha Kauffman mais ça fait quelques temps qu'on n'a plus entendu parler du projet Red Band Society. En tous cas, c'est la série du moment en Espagne, et pour cause : lundi sur Antena3, elle a réussi à dominer toute la case horaire. Et pourtant en face, il y avait Kill Bill sur Cuatro, par exemple. C'est aussi la première fois depuis 1994 qu'une série catalane trouve le chemin d'une diffusion nationale... Ah et, le mois dernier, une deuxième saison a été mise en chantier. Voilà voilà. Et sinon, Martha, toujours pas envie de se hâter ?

Ramayan

- INDE :

*Ah, on n'avait pas encore parlé de l'Inde ce mois-ci ! On va même parler religion, et plus précisément du Ramayana, un poème épique de plus de 24 000 vers, fondamental dans la religion hindoue. Son héros est Rama, un prince qui, afin de se conformer aux principes de sa religion, abandonne trône et fortune pour s'exiler. Cette histoire incontournable de la culture indienne a déjà fait l'objet d'une série en 1987, diffusée par la chaîne publique Doordashan, Ramayan, avant qu'Imagine TV ne sorte une nouvelle adaptation en 2008, sous le même titre. Cette fois c'est Zee TV qui a décidé de lancer une nouvelle mouture ce dimanche 12 août, toujours sous le titre Ramayan, mais avec un twist : elle a accordé à la chaîne publique Doordashan la possibilité d'un simulcast des épisodes. Doordashan peut ainsi diffuser le dimanche matin une série Zee sans jouer aucun rôle dans la conception, et c'est tout bénef ! Quant à Zee TV, sa stratégie est de toute évidence de toucher des publics très différents et d'élargir la cible des séries. C'est la première fois qu'une série est diffusée en parallèle sur une chaîne privée du satellite et la chaîne nationale publique ; une initiative d'autant plus intéressante que c'est aussi la première fois que les ingrédients sont réunis pour tester son accueil par le public via les réseaux sociaux. Joli clin d'oeil, c'est la petite-fille de Ramanand Sagar, le créateur original de la série, qui est aux commandes de cette nouvelle saga.

MrsBrownsBoys-Yellow

- IRLANDE :

* S'il y a bien une comédie irlandaise que vous devez connaître, c'est Mrs. Brown's Boys, la série qui casse la barraque outre-Manche. Brendan O'Carroll, qui incarne la vieille dame, vient de signer pour une adaptation de la série en... jeu télévisé ! C'est BBC One qui pourrait accueillir ce jeu dans lequel des candidats, répartis en deux équipes, et avec l'aide de célébrités diverses (venues du monde de la télévision, du cinéma, de la musique et sur sport), devront répondre à un quiz présenté par Mrs Brown. Un pilote est actuellement tourné pour tester le concept ; il ne sera pas diffusé, mais devrait conduire à une émission dés le début de l'année 2013. Pendant ce temps, la troisième saison de Mrs. Brown's Boys est attendue pour février prochain sur rté.

IlCommissarioNardone

- ITALIE :

* Tiens, et l'Italie ? On n'a pas encore parlé de l'Italie depuis le retour des world tours. Permettez que je répare immédiatement cet oubli en vous parlant de l'une des séries de la rentrée sur Rai Uno, Il Commissario Nardone. Il s'agit, vous l'aurez peut-être deviné, d'une sére policière mettant en scène un flic s'intéressant aux ripoux de la police milanaise, dans les années 50. La saison de 6 épisodes est prête depuis presque 2 ans maintenant, sans trop de raison (d'après la chaîne, toutes les cases fictions "étaient déjà prises"...), et n'attendait plus qu'une date de diffusion ; celle-ci est enfin fixée au 6 septembre prochain. Et ça, c'est la bande-annonce.

OnenoKanatani

- JAPON :

* Toujours en préparation de l'automne, la nouvelle saison de WOWOW se profile. D'abord avec une mini-série en deux épisodes, One no Kanata ni (ci-dessus). Il y sera question d'un crash d'avion survenu le 12 août 1985, dans lequel 520 passagers et membres d'équipages trouvent la mort. Un jeune garçon dont les parents étaient à bord doit donc se reconstruire après la catastrophe ; la mini-série sera diffusée les 7 et 14 octobre. Puis viendra Hitori Shizuka, qui prendra la relève le 21 octobre, et consistera, en 6 épisodes, en une intrigue policière autour d'une jeune femme impliquée dans pas moins de 5 meurtres au long de sa vie. On la suivra donc de son adolescence à l'âge adulte, pendant tout le temps où elle a la police sur les talons. Deux idées intéressantes et qui, a priori, changent un peu des thrillers politico-juridico-socio-économiques de la chaîne câblée. Oh mais, on aura l'occasion, bien-sûr, de faire un point sur les nouveautés de la saison nippone l'heure venue, n'en doutez pas.
* C'est qui le maître incontesté du dorama ? C'est ce bon vieux Takuya Kimura, toujours fidèle au poste, qui nous revient cet automne dans une nouvelle série : PRICELESS. L'occasion pour lui d'un retour dans la case de 21h le lundi (surnommée "getsuku") où on ne l'avait plus vu depuis l'échec de Tsuki ni Koibito en 2010. Dans PRICELESS, notre golden boy passera d'une vie confortable à la pauvreté la plus totale lorsqu'il sera viré de son boulot pour une faute qu'il n'a pas commise. En se rapprochant d'enfants des rues qui lui apprennent à survivre sans argent, il réalisera qu'il y a certaines choses qui ne s'achètent pas... Bah voyons.

EstadodeGracia

- MEXIQUE :

* Ah, elle m'avait échappé la semaine dernière, celle-là. Le 1er août dernier, Once TV a lancé une nouvelle série appelée Estado de Gracia (et c'est la promo ci-dessus). Diffusée à 23h30, la série compte 13 épisodes qui mettront en scène une membre du congrès, Julieta Toscano, qui envisage de déposer un projet de loi pour légaliser les drogues, pensant qu'il sera ainsi plus simple de lutter contre ce fléau. A partir du dépôt de ce projet de loi, la vie professionnelle et personnelle de l'élue va changer, mais va aussi permettre à de nombreux personnages venus de divers milieux de se croiser et d'apporter leur point de vue sur le sujet. Collusion entre les trafiquants et les politiques, rôle des médias, tout doit y passer. Un sujet déjà intéressant à la base, mais au Mexique...
* A noter que Once TV a également dans ses manches une nouvelle série, Paramedicos, qui démarrera à la fin du mois, et qui raconte les incroyables aventures (inspirées d'histoires vraies) des ambulanciers mexicains. Voici la bande-annonce, où l'on peut repérer que la Croix Rouge a participé au financement de la série, et ça se sent. Rha, ces Mexicains alors, ils n'apprendront donc jamais ? La débâcle El Equipo ne leur aura donc rien appris ?

VanGogh

- PAYS-BAS :

* Ned1 diffusera en janvier 2013 une mini-série intitulée Een Huis Voor Vincent ("une maison pour Vincent"). Ses quatre épisodes parleront non seulement de l'ariste mais aussi de son neveu Vincent Willem van Gogh qui, 70 ans après la mort du peintre, héritera de son oeuvre et créera la collection Van Gogh dans les années 60. C'est Peter Blok, qui incarnait le nouveau psy dans la deuxième saison de In Therapie (la version néerlandaise était en effet un peu différente) qui est pressenti pour le rôle principal. Ca va être dur de faire aussi bien que Tony Curran, mais allez, défi relevé !
* De son côté, la chaîne privée SBS6 lancera le 29 août une nouvelle série intitulée Dokter Tinus, qui suit l'installation d'un médecin de la ville alors qu'il reprend un cabinet dans une petite ville de prov-... ça vous rappelle quelque chose ? C'est normal, ce n'est que l'une des nombreuses adaptations de la série britannique Doc Martin (rappelez-vous, on a eu la nôtre aussi). Sans plus attendre, la bande-annonce :

Lekarze

- POLOGNE :

* De toutes les chaînes qui préparent la rentrée de cet automne, en voilà une qui n'était pas trop motivée. TVN n'a décidé de proposer qu'une seule nouvelle série en ce mois de septembre : Lekarze. Cela faisait 13 ans qu'aucune chaîne n'avait lancé de série médicale en Pologne (mais Na dobre i na złe, lancée en 1999, est encore à l'antenne, alors ça va). TVN proposera d'autres séries, évidemment, mais ce seront donc surtout des retours, à l'instar de la série légale Prawa Agaty, le soap Na Wspólnej, ou la troisième saison du soap Julia.
* Le 6 septembre, Polsat lancera une nouvelle série également, Przyjaciółki, un titre qui peut se traduire par "amies". L'histoire sera celle de quatre amies qui se retrouvent à l'occasion d'une réunion d'anciennes élèves, et qui renouent alors. Le concept n'est pas sans rappeler celui de Winners & Losers (la loterie en moins), et voici la bande-annonce pour le confirmer :

JiznnaMars

- RUSSIE :

* En matière de remakes, notamment en Russie, on a déjà pu évoquer pas mal de choses. Mais en général, c'étaient surtout de sitcoms US qu'il s'agissait. La première chaîne du pays, Perviy Canal, s'est pourtant lancée voilà quelques années dans un projet un peu différent : adapter des dramas d'un heure. Son coup d'essai a été avec une adaptation de Prison Break, lancée à la rentrée automnale 2010. Après avoir annoncé à l'automne 2011 la mise en chantier d'une adaptation de Life On Mars, dont vous pouvez voir le logo pour la diffusion russe ci-dessus (le remake sera diffusé sous le titre Tiomnaia Storana Luny, "la face cachée de la lune", dont pour l'instant les spectateurs russes n'ont pas encore pu tester la qualité), voilà à présent que la première chaîne s'attaque à la série Day Break, dont elle vient d'annoncer qu'elle avait bien l'intention de l'adapter également. On aura l'occasion, soyez-en sûrs, de reparler de cas un peu particulier des remakes de Perviy Kanal. En attendant, on peut se poser la question : sur quoi la chaîne s'appuie-t-elle pour choisir les séries à adapter ? On ne peut pas dire que Day Break soit d'une grande longévité...

GrandPrixF1

- SUEDE :

* A peine née, déjà pleine de projets ! La nouvelle société de production NICE Drama (qui n'a pour le moment rien sorti et n'a que quelques mois d'existence) a déjà plusieurs films et séries en préparation. Evidemment, ce sont les séries qui nous intéressent. D'abord, il s'agit d'adapter la trilogie de thrillers de Kristina Ohlsson, en 6 épisodes de 45 minutes, pouvant également être montrés sous la forme de 3 films de 90 minutes (le premier volet est par exemple susceptible de sortir en salles en Suède). Le tournage commencerait l'année prochaine, donc on n'y est pas encore. D'autre part, un drama familial en 10 épisodes est également à l'étude, Waldemars, qui suit les retrouvailles d'un frère et une soeur qui réapprennent à se connaître après le décès de leur mère, qui les ramène dans l'archipel Åland. Mais le projet le plus ambitieux est probablement Grand Prix, une série tournée en anglais prenant pour contexte le monde des circuits automobiles dans les années 70 ; la série serait co-produite en effet par BBC Worldwide, pour une addition de 2 millions de livres par épisode. Pour mémoire, c'est aussi chez NICE Drama qu'on prépare une adaptation du roman français Le dernier lapon, ainsi que le polar en 6 épisodes Midnight Sun/Jour polaire, dont Ulf Ryberg pourrait bien devenir le scénariste...

MasamiNagasawa

- TAIWAN :

* La semaine dernière, on a parlé d'un nouveau dorama pour Masami Nagasawa (ci-dessus), la série japonaise Koukou Nyuushi. Eh bien la jeune femme ne chôme pas puisqu'elle va s'envoler vers Taiwan où, pendant 4 mois, elle tournera intégralement en mandarin dans une adaptation du manga Chocolat. La série devrait être diffusée à Taiwan dans le courant de l'été 2013, avant d'être reprise dans une dizaine de pays d'Asie, dont le Japon, la Corée du Sud et même la Chine ! Ce sont en tout 13 épisodes de 90 minutes qui sont au programme. Un challenge d'autant plus important qu'il y a encore quelques mois, Nagasawa ne parlait pas un traitre mot de mandarin...

MuhtesemYuzyil-Orage

- TURQUIE :

* Si vous vous demandez ce qu'il advient de la série à succès Muhtesem Yüzyil, ne vous en faites pas : tout va bien ! Même si pendant un temps, son avenir a été incertain (sa créatrice, Meral Okay, est décédée au printemps), la préparation de la troisième saison bat aujourd'hui son plein alors que la diffusion devrait reprendre à l'automne. Un "nouveau" personnage, en particulier, le prince Mustafa, devrait faire son apparition et rendre les choses encore plus compliquées dans le harem de notre bon roi. Je mets "nouveau" entre parenthèses car le personnage est en réalité présent depuis le pilote, simplement jusque là, il n'était qu'un enfant. Interprété par un jeune acteur qui intègre la distribution, le rôle devrait prendre une nouvelle envergure alors que les années passent.
* Enfin, juste un petit mot pour signaler que TNT, cousine turque de la chaîne du même nom aux USA, devient dorénavant TV2, le groupe américaine ayant décidé de s'en retirer totalement. Pour se souvenir de ce changement, voilà une petite video sur le nouvel habillage :

MundoFox

- USA comme toi :

* Ca y est ! Une nouvelle chaîne hispanique est née aux Etats-Unis, elle s'appelle MundoFOX et elle pèse déjà plusieurs millions de dollars ! La chaîne, dont le slogan est "Americano como tu" ("américain comme toi", vive l'ambivalence !) a été mise en place grâce à l'entraide entre FOX et la chaîne colombienne RCN. Cela explique donc que plusieurs séries de la chaîne sud-américaine se retrouvent dans les grilles de MundoFOX dés le lancement de celle-ci, dont la narconovela El Capo, ou la série pour ados Kdabra. De nombreuses séries du catalogue FOX, diffusée évidemment en espagnol, sont également au programme, telles que Touch, Bones ou Futurama.

Selfridges

- MONDE :

* Le projet d'ITV, Mr. Selfridge, s'intéressant au fondateur des grands magasins britanniques Selfridges, nés en 1909, vient de gagner des partenaires. La série de 10 épisodes d'une heure s'offre dorénavant la participation financière de Seven en Australie, SVT en Suède et yes en Israël ; PBS devrait également diffuser la série dans le cadre de son créneau Masterpiece.
* Et puis évidemment, vous n'avez pas pu échapper à la nouvelle : Netflix va s'installer en Scandinavie. Il s'avère d'ailleurs que l'initiative est plutôt bien reçue par la concurrence, puisque le service de VOD Voddler, également basé dans la région, a fait savoir qu'il espérait que cette alternative supplémentaire aide les consommateurs à se détourner du téléchargement illégal : "pour nous, la vraie concurrence, c'est le piratage", a-t-on déclaré chez Voddler. Bon ! Mais en France, on n'a toujours pas Netflix, alors...

Allez, une fois n'est pas coutume, je vais finir sur la fiction française ! Eh oui, la série Bref va en effet être diffusée au Québec sur la chaîne addik TV. Les 10 premiers épisodes (sur 82 au total) ont été mis à disposition des internautes sur le service de VOD Vidéotron mardi, à la suite de quoi de nouveaux épisodes seront ajoutés à raison d'un par jour du lundi au jeudi, jusqu'en décembre. addik TV prendra le relai à partir du 27 août, diffusant un épisode par semaine, du lundi au vendredi, à 20h puis à nouveau à 22h. Bref, cocorico.

Et si vous avez aimé voyager aujourd'hui, restez dans le coin, je vous prépare une semaine spéciale dés lundi, en l'honneur du retour d'internet dans mon domicile ! Eh oui c'est tout frais, ça date de ce soir.
D'ailleurs, les posts quotidiens vont reprendre, alors attachez votre ceinture, je ne vous attendrai pas.

Posté par ladyteruki à 22:54 - Love Actuality - Permalien [#]

08-05-12

The London Complex

Ca faisait longtemps que je n'avais pas râlé, et étonnamment aujourd'hui, je vais me faire l'avocate de la fiction française (sort of). Faut croire que depuis que j'ai vu Hénaut Président, le changement c'est résolument maintenant, héhé.

C'est dans un article sur le final de la première saison de Homeland (diffusé avant-hier soir devant environ 4 millions de spectateurs) que je me suis trouvée confrontée à un paragraphe d'une rare violence :
"For British television, the brief relief at not being found wanting in comparison with Scandinavian shows (The Killing, Borgen, The Bridge) will be tempered by another round of cringing contrasts with America. And, while the alleged inferiority of British TV drama can be exaggerated – shows such as Sherlock, Life on Mars and Downton Abbey are envied in the US - the viewer and reviewer reception of Homeland here does raise issues that commissioners in this country need to consider."

Je ne suis pas experte en "fiction française", loooin de là, et je n'ai à vrai dire jamais caché mon aversion (et mes tentatives souvent infructueuses pour en sortir) envers nombre des séries nées sur notre sol. Mais je n'ignore pas que les débats font rage depuis de nombreuses années pour essayer de tirer celle-ci vers le haut. On prend les British en exemple (c'est souvent eux), et on se répète que la BBC fait ci, la BBC fait ça, et pourquoi France Télévisions n'en fait pas autant ? Il suffit de voir les nombreuses réactions suscitées par cette interview (qui figure parmi les plus retweetées de ma revue de presse téléphagique de ces derniers mois, difficile de ne pas y voir un signe) pour comprendre que nous aussi, nous nous comparons énormément à nos voisins pour mieux nous déprécier, parfois à l'excès.

Je ne suis pas experte en "fiction britannique" non plus, même si j'y travaille bien plus que pour les séries issues de mon propre sol. Mais force est de reconnaître qu'il y a énormément de bonnes fictions qui nous viennent d'outre-Manche, et que cet exemple pour sortir la "fiction française" de sa "crise" est bien plus réaliste que celui, longtemps employé et encore bien trop désigné comme modèle, de l'industrie télévisuelle américaine, totalement démesuré et hors de propos.
Mais dans le paragraphe ci-dessus, je me suis pris comme un coup dans les dents. Les Britanniques complexent quand même énormément sur l'état de leur fiction par rapport aux séries américaines (et, récemment, scandinaves) ! Rien que la petite liste proposée de séries ne pouvant être taxées d'inférieure ne semble justifier la qualité des fictions citées que par leur validation par les Américains ! On ne s'en sort pas.

Donc ils complexent sur leur fiction ; pendant ce temps, nous on complexe sur la nôtre... Et on n'en finit pas se dévaloriser les uns par rapport aux autres, quel chaîne de négativité, c'est incroyable.

LesPetitesBetesneMangentpaslesGrosses

Le comble de l'ironie, c'est quand même que l'auteur de cet article est parti d'un constat sur Homeland... une série qui est l'adaptation d'une fiction israélienne, Hatufim. Comme quoi les séries américaines ne sont visiblement pas le Saint-Graal... Je veux dire, à quel moment on arrête de se comparer aux petits copains et d'essayer de leur ressembler ? C'est visiblement un cercle vicieux.

OK alors, bon, vous savez quoi ? Et si on arrêtait de tous se flageller !
La télévision de la planète est riche en possibilités, certes, et avoir accès à sa diversité est un plaisir pour quiconque apprécie la bonne fiction. Je suis la première à le dire. Mais ça n'avance pas beaucoup le Schmilblick de passer son temps à prendre le meilleur de la télévision du voisin (bizarrement, jamais le pire) et de se dire qu'on est incapable de faire aussi bien.
C'est la leçon que, moi petite Frenchie, je tire du paragraphe cité ci-dessus : si les Anglais ont un complexe d'infériorité, alors toutes ces histoires de comparaisons n'ont aucun sens.

Pardon de réagir en tant que spectatrice française qui a beaucoup de mal avec la télévision française, mais cette ambiance constante de haine de soi n'aide vraiment pas à aborder la "fiction française" avec le sourire. Si on commençait par sortir du misérabilisme, pour commencer ?

On peut en finir avec les conversations de vestiaire et ranger le double-décimètre ? Apprécions ce que nous avons à sa juste valeur, au lieu de constamment rabaisser nos productions au prétexte qu'elles ne sont pas aussi bonnes que celles du voisin (quel qu'il soit). A force de débattre de la qualité de notre fiction, j'ai l'impression qu'on a fini par créer une sorte d'écoeurement de principe. C'est déjà pas facile de lutter contre les a priori qui se construisent à force d'expériences malheureuses, si en plus on baigne dans une morosité permanente parce que le voisin fait mieux, on ne va jamais y arriver.

Je dis souvent que ma prochaine grande aventure téléphagique sera celle de la fiction française. Faudrait juste qu'elle se libère de ce débat permanent sur son état, pour devenir un plaisir à nouveau.
Pardon pour le coup de gueule, mais je trouve qu'on n'est pas aidés.

Posté par ladyteruki à 17:16 - Point Unpleasant - Permalien [#]

04-02-12

Depuis le temps...

LifeonMars

...J'avoue que je n'ai jamais réellement eu envie de regarder Life on Mars. Les séries se déroulant dans le passé m'intéressent moins que les séries tournées dans ce même passé, sans parler de mon problème avec les séries policières (je vais y revenir). Mais surtout, j'en avais lu tant de bonnes choses, y dans compris plusieurs commentaires sur ce blog ces derniers mois, il y avait les gifs, et les répliques, et tout un tas de choses sur lesquelles je suis tombée, plus ou moins par hasard. Et ça, ça me refroidissait bien plus que tout le reste, parce que rien n'est plus risqué que tenter, des années après tout le monde, une série dont votre entourage semble dire tellement de bien ; vos attentes deviennent vite démesurées et la déception n'est, par voie de conséquence, pas bien loin.

Au final, n'ayant vu que deux pilotes cette semaine, j'ai fini par me résoudre à tenter le pilote de Life on Mars en ce samedi.

Il y a beaucoup de choses qui m'ont plu dés le début.
J'ai énormément pensé à L'Odyssée imaginaire pendant certains passages. John Simm est égal à lui-même, c'est-à-dire parfait ; Glenister se défend aussi, comme d'habitude. En dépit d'une intro reposant intégralement sur UNE chanson, j'ai apprécié les silences, la volonté de ne pas en rajouter dans la reconstitution en mettant de la musique des années 70 partout, la réaction de Sam lorsqu'il réalise lentement ce qu'il lui arrive. Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer qu'Archie Panjabi était dans le pilote, et ça par contre, personne n'avait pensé à me le dire (j'aurais probablement regardé ce pilote il y a des mois de ça, si je l'avais su !).

Mais malgré tout ça, je m'ennuyais un peu. Il a fallu attendre que 40mn environ soient passées pour que je sois vraiment charmée. Et en fait, c'est quand le tandem Simm-Glenister a commencé à vraiment faire des étincelles, quand les musiques ont commencé à devenir psychédéliquement caricaturales, quand j'ai vraiment senti l'effet 70s, que s'est produit le déclic.
Comme quoi, il y a toujours des exceptions à la règle.

Malgré cette fin d'épisode intéressante et excitante, j'avoue que je ressors du pilote de Life on Mars avec une grosse hésitation pour la suite.
Problème majeur : les enquêtes policières, très peu pour moi ; celle de ce premier épisode était ennuyeuse et n'a pris de l'intérêt que dans les toutes dernières minutes de sa résolution, ça ne m'a pas captivée ici en particulier, et j'ai développé en général une telle allergie ces dernières années que ça risque de m'être difficile de suivre une série policière, même ayant d'autres éléments à offrir comme celle-ci. Je ne raffole pas non plus de la perspective de voir Sam se heurter aux différences techniques et institutionnelles entre son époque d'origine et son époque d'arrivée à chaque épisode. Je ne suis pas là pour regarder Les Brigades du Tigre, hein. Sinon, bah... je regarderais Les Brigades du Tigre.

Ce n'était pas une mauvaise expérience. Simplement, je ne suis pas certaine d'accrocher sur le long terme. J'ai peur que me lancer dans une intégrale de la série n'ait tendance à m'irriter un peu avec la répétition des éléments se rapportant aux angles policiers.
Au moins, si je meurs demain, je ne mourrai pas totalement idiote, et c'est déjà ça.

Et au fait, la version US, elle donne quoi ?

Posté par ladyteruki à 23:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

03-06-11

Time machine

Comme en ce moment je suis le nez jusque là dans les cartons (hélas pour l'instant je ne sais pas où ils iront, mais bon, au moins ils seront prêts pour quand je pourrai enfin décamper), j'avais besoin de pouvoir regarder quelque chose qui puisse se suivre sans sous-titres. En attendant que mes coffrets de Gilmore Girls m'arrivent, exit donc Mesudarim, et évidemment hors de question s'envoyer du dorama derrière la cravate, j'ai donc opté pour une série qui réponde à ce critère de langue, mais aussi qui me fournisse de nombreuses heures de divertissement, puisque mes 800 VHS et mes Dieu-seul-sait-combien DVD ne se mettront pas en boîte en une heure, et qu'il y a aussi tout le reste à trier. Mais pourquoi garde-t-on toutes ces fiches de paie, bordel ?!

Bref tout ça pour dire que je me suis lancée dans une intégrale de Roseanne, ou disons intégrale de ce que j'ai vu que j'ai jamais que les 4 premières saisons, youpi chouette j'ai plus qu'à acheter la suite en import et d'ailleurs je vais ptet m'y mettre, rapport aux posts précédents, bref.
Intégrale de Roseanne, donc.

RoseanneFamily
Jusque là, Roseanne, c'était au coup par coup. Un épisode ici, un épisode là... histoire de rire un peu mais pas franchement avec l'idée de se faire une intégrale, juste d'apprécier les nombreuses perles qui émaillent cette série si finement drôle et toujours d'actualité (on a déjà eu l'occasion d'en parler plusieurs fois, donc vraiment, suivez les tags, c'est pour votre bien, ya même un pilote qui s'y balade).
Vraiment, le concept d'intégrale, ça change tout. Regarder (ou, je le confesse, écouter) les épisodes à la suite, et découvrir les auto-références que je n'avais jamais captées avant, pas forcément appuyées mais non moins appréciables... On a beau savoir que ce sont deux démarches totalement différentes, là je me prends de plein fouet les effets de l'intégrale, où l'ont sent certains sujets comme étant plus sensibles que quand on a vu les épisodes à plusieurs jours, voire semaines, d'intervalle.

Et du coup, au lieu de simplement profiter gentillement de l'épisode, je me plonge dans le charme anachronique de la série et je n'avais pas vraiment réalisé jusque là à quel point ça pouvait être quelque chose de si efficace pour retourner dans les années 80.
Alors attention, à partir de là, ceux qui sont nés dans les années 90 vont être un peu désorientés, mais je vais vous parler d'un temps que les moins de 20 ans, tout ça tout ça.

Il se dégage de Roseanne une atmosphère qui me ramène en enfance. Et pourtant ma famille n'avait rien à voir avec les Conner, mais on sent que c'est, déjà, le témoignage d'une autre époque. L'état d'esprit est foncièrement différent. On retrouve l'atmosphère moins parano, moins hygiéniste aussi. On réalise qu'il y a eu depuis des évènements qui ont changé notre société.
De toute évidence, il y a les vêtements, les coiffures, les accessoires, les jouets, tout ce qui semble totalement s'inscrire dans cette époque révolue. Bien-sûr. Mais c'est tellement bien plus. Je respire totalement l'air des années 80. Et c'est d'autant plus troublant qu'elles n'ont pas du tout ressemblé aux soirées ciné et aux dîners bruyants de la série. C'est vraiment l'empreinte d'une époque plus que le portrait factuel des "moeurs" de cette décennie.

C'est le genre d'expérience, entre la trouble nostalgie et le plaisir téléphagique pur, qui me rappelle pourquoi j'ai tant de mal avec les séries historiques. Comment une série tournée aujourd'hui pourrait-elle saisir tout cela ? Ce serait forcément avec une profusion exagérée d'accessoires et de couleurs et de jeans troués et de gros blousons, non en fait j'en sais rien mais ça ressemblerait forcément à de la caricature, comme le font les séries supposées se dérouler dans les années 70 et qui en fait sont "trop" dans les années 70, il fallait juste se calmer sur la reconstitution et essayer de saisir l'air du temps.
C'est le genre d'expérience qui, par association d'idées, me rappelle pourquoi j'ai du mal à me mettre devant Life on Mars, par exemple.

Parce que Roseanne est bien plus qu'un sitcom, c'est une série dans laquelle tout de suite on sent une grande authenticité et où on n'a pas l'impression d'être là juste pour quelques gags ou répliques bien senties. C'est peut-être la raréfaction des séries dont les personnages travaillent en milieu ouvrier (Une Maman Formidable en était une autre, et j'aimerais bien que les DVD finissent par sortir d'ailleurs) ; aujourd'hui quand on veut montrer des travailleurs pauvres, on ne montre plus que des vendeurs, comme l'a tenté Working Class (que je regretterai un peu mais qui est loin de toucher la même corde sensible, reconnaissons-le). Peut-être que la société a trop changé pour qu'on ait des personnages qui travaillent de leurs mains (pour autant que je réfléchisse, seuls les Chance de Raising Hope sont dans ce cas aujourd'hui)

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roseanne de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 12:46 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]


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