ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

28-01-12

Requiem pour Alcatraz

J'ai une vraie admiration pour JJ Abrams. Ce mec a un don. Ces séries sont creuses, mais elles fonctionnent. Il a tout compris au fonctionnement de l'univers, et de la télévision mainstream moderne en particulier. C'est un type qui n'invente rien, ne révolutionne rien, mais qui le fait extrêmement bien et avec un véritable flair lorsqu'il s'agit de harponner les spectateurs avec des artifices. C'est un magicien. Beaucoup de mecs dans son genre se contentent de faire de la petite série à la con jusqu'à la fin de leurs jours, mais s'ils sont dans son genre, il ne sont pas dans sa catégorie, il les bat tous. Il n'a pas de vision créative, il n'a pas un univers comme on peut le dire de types comme Kelley, Whedon ou Fuller, mais il a trouvé une formidable façon d'exercer sa transparence avec panache, et ça force l'admiration.
Je méprise la plupart des choses qu'il fait (quand il ne se contente pas simplement d'y associer son nom au début, et de filer ensuite vers de nouvelles aventures, genre Lost), mais j'ai l'honnêteté d'admettre que sur le principe, il a tout bon. C'est un vrai malin, à défaut d'être un extraordinaire créatif. Il a vraiment du nez. Il mérite son succès.

C'est ainsi que s'ouvre, enfin ! mon fameux post sur Alcatraz, mille fois esquissé, mille fois reporté, et mes compliments se bornent à l'oeuvre d'Abrams en général plutôt qu'à la série en particulier, c'est vous dire si je suis déjà au max.
En fait, les compliments, il n'y en a plus après l'image.

Alcatraz

Pouf voilà c'est fini.

Parce qu'il faut être honnête, Alcatraz, c'est une grosse merde. Et je n'emploie pas souvent le terme de "grosse merde", quand même, vous pouvez vérifier ça reste assez sporadique. Mais là, on est quand même en plein dedans.

N'étant pas une inconditionnelle de Lost, même pas vraiment parce que ça ne m'a pas plu, mais simplement parce que je marche essentiellement au coup de coeur et qu'au bout d'environ 7 épisodes, je ne ressentais plus rien pour Lost et ai fini par regarder la série une fois tous les 5 ans (faudrait que je m'y remettre, un jour où j'ai rien de mieux à faire...), les comparaisons évidentes n'ont pas sonné comme une forme de recyclage éhontée. Hormis le fait que tout recyclage pur et simple est éhonté par principe. Mais disons que ça ne me fait pas hurler au sacrilège. Limite, pourquoi pas ? Lost n'était pas une mauvaise série, pourquoi ne pas s'en inspirer en fin de compte ? Donc, c'est lourd, visible et omniprésent, mais pourquoi pas, il y a des tas de créateurs de séries qui réemploient des recettes qui ont fait leurs preuves, ça n'est pas nécessairement choquant.

Le soucis d'Alcatraz c'est qu'on peut partir du principe que soit ce qui est nouveau est totalement dépourvu d'âme et d'originalité, soit il n'y a rien de nouveau du tout, et entre nous, je ne sais pas ce qui est le plus condamnable.

Il faut savoir que mon jugement sur Alcatraz ne se fait pas à l'emporte-pièce. Comme je croyais que le pilote était double, j'ai regardé les 2 premiers épisodes d'une traite en début de semaine (quand je me suis rendue compte de la méprise, je me suis dit, allez, tentons toujours, tant qu'on y est, ça s'arrange peut-être), avant de même donner sa chance au troisième un ou deux jours plus tard, parce que je lisais des trucs positifs sur la série, notamment de la part de personnes dont je tiens d'ordinaire l'opinion en haute estime. Comme quoi.
C'est donc sur la base de non pas un malheureux pilote, mais bien de trois épisodes, que je vous dis sans détour : c'est une grosse merde.

On a droit à tout.
La totale des clichés des séries qui n'ont rien dans le ventre. La jolie blonde (alors c'est vrai, elle est jolie). Le gros nerd. Le vieux austère. La minorité bien visible (alors c'est vrai, elle aussi elle est jolie). Pour un peu ce serait le cast d'un procedural autopolycopié genre Les Experts. Il nous manque juste un jeune premier et on a la collection complète. Vraiment c'est saisissant.
Les mystères à la con, aussi. Sauf qu'à chaque fois on les voit venir à 10 kilomètres. Chaque fois qu'il y a un truc un peu étrange qui se passe, le spectateur a vingt fois le temps de comprendre ce qui se passe avant que les personnages n'agissent dans ce sens, ou que la "révélation" soit faite. Et c'est vrai dés la scène d'intro du pilote, jusqu'à la fin du 3e épisodes, c'est fabuleux de cohérence et de constance.
L'ambiance joue uniquement sur la technique du "on ne vous dit pas tout" et des musiques lourdingues. Là-dessus permettez-moi de vous dire que c'est quelqu'un de sourd d'une oreille qui vous parle, et que ce quelqu'un ne remarque pas les musiques de fond dans les séries, sauf si elles sont excellentes, ou si elles sont cruellement ignobles. C'est bien-sûr le second cas ici et pour que je m'en plaigne c'est vraiment que ce soit quelque chose, parce que je suis pas regardante. Déjà, comme on a déjà dû vous le dire, ce sont les musiques pseudo-mystérieuses de Lost, c'est l'intégrale du soundtrack je pense, il ne semble rien manquer, et ensuite, le volume des musiques est à 125%, quand le volume des dialogues est à 75% et ça, c'est une pratique qui me met en rage. Insupportable de bout en bout. Pas une scène pour sauver les autres. Dés qu'il se passe un truc le spectateur est supposé s'inquiéter et se poser des questions, je suppose, mais j'ai un message pour la prod d'Alcatraz : eh les mecs, si vous avez besoin de faire signe constamment à vos spectateurs de s'inquiéter avec une musique omniprésente, c'est qu'ils sont incapables de le faire sans ça. Et ça signifie tout simplement que votre scénario est en échec. Ya pas de quoi faire les malins.

Le pire de tout, cependant, c'est qu'Alcatraz est en fait, derrière son intrigue presque mystérieuse, à peu près fantastique et soi-disant conspirationniste, un vulgaire cop show. Et même en maquillant le crime autant que possible, c'est insupportable tellement c'est flagrant. Pendant 3 épisodes, on a eu un criminel de la semaine à coffrer (et les enquêteurs font tout pour que ça prenne bien 45mn). Comme vous le savez, ce côté procedural m'est insupportable. Peut-être qu'il y a quelques années, encore, bon, je dis pas... mais là non, je ne supporte plus les cop shows procéduraux. Je sais pas, peut-être qu'il y a quelque chose à inventer ou ressortir des cartons, genre un drama procédural, pour que je me réconcilie avec la formule, mais là, c'est vraiment la collision de deux systèmes que j'ai pris en profonde aversion.

Mais il faut reconnaître : Alcatraz est, comme tout ce que j'ai vu faire Abrams jusqu'à présent, un objet de popculture prêt à l'emploi, avec tout ce qu'il faut pour essayer de capter l'attention du grand public. Simplement c'est complètement creux.
Et je ne sais plus pardonner ce genre de choses.

Le pire de tout, c'est que je n'avais pas de préjugé négatif contre le principe d'Alcatraz. Presque le contraire. Je ressens une sympathie sincère envers l'histoirique de cette prison, et je me revois encore, petite fille, regarder un épisode des Rues de San Francisco utilisant ce contexte pour une enquête, et me dire que ça ferait un super sujet de... de je sais pas, j'étais encore petite et je ne pensais pas en termes de séries potentielles, mais ça m'attirait comme sujet. Ca animait mon imaginaire et je peux comprendre que ça puisse donner plein d'histoires. Et plus de deux décennies plus tard, voilà Alcatraz.
Pour vous dire la vérité, depuis le début de la semaine, j'essaye de retrouver le titre de cet épisodes des Rues de San Francisco pour tenter de le revoir... Tout n'aura donc pas été perdu, mais quand même, quel gâchis.

Posté par ladyteruki à 23:37 - Review vers le futur - Permalien [#]

04-12-09

Let me dance for you

Ce soir, c'est mon coup de cœur du moment que je vais vous présenter. C'est d'ailleurs un film qui m'a l'air bien parti pour égaler le record de The Fall... songez donc : je l'ai découvert il y a un peu plus de quinze jours, et déjà regardé intégralement 3 fois, plus revu certains passages que je me suis découpés, plus les chansons que j'écoute en boucle. Parvenir à faire tout ça malgré mes horaires ces derniers temps, c'est un indicateur assez clair du coup de foudre qui s'est produit !

C'est quoi le nom du film ? A Chorus Line
C'est plutôt quel genre ? Musical
Qui on connaît là-dedans ? A part Michael Douglas (que, jusqu'à mes 15 ans, j'ai identifié uniquement à son rôle dans Les Rues de San Francisco, avant de découvrir qu'il était vaguement connu...), pas grand'monde. Les danseurs ne se font pas souvent un nom à la télé, en plus. Mais la petite Michelle Johnston... je suis sûre de l'avoir déjà vue quelque part.
Ça date de quand ? 1985 (et ça se voit)
En résumé, de quoi ça parle ? D'une audition pour une comédie musicale.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? A Chorus Line retrace les quelques heures que dure une audition un peu particulière, dont le producteur, Zach, attend énormément. Bien qu'il ne s'agisse que de recruter des chœurs, il tient à savoir qui les candidats sont réellement, quitte à se montrer très indiscret.
Et ça finit comment ? Sur scène... Comme toute comédie musicale devrait finir, je vous ai dit !

Pourquoi c'est bien ? Entre 2000 et 2002, après avoir fait l'acquisition de la VHS de Cats pour moi toute seule, et tombant une nouvelle fois sous son charme, je me suis ruée sur les comédies musicales. Au format video, comme avec Jesus Christ Superstar, ou, le plus souvent, au format audio. En deux ans, et en plus de mes habitudes téléphagiques, j'ai acheté une bonne quinzaine de CD, sur une comédie musicale ou plusieurs, pillé la FNUC et Gibert, sondé les fonds des bacs des solderies de CD. A Chorus Line, je l'ai découvert à ce moment-là, et j'ai écouté le CD au moins, je ne sais pas, des centaines de fois, disons. J'essayais de m'imaginer son histoire, ça ne semblait pas très clair parce que chaque personnage parlait de lui, et que tous ces morceaux ne se recollaient pas tout-à-fait dans ma tête. Et puis un jour, il y a un peu moins d'un mois, j'ai réalisé qu'il y avait un film, et que je ne l'avais jamais vu, et que par le pouvoir de la cagoule suprême, ça pouvait changer. Et les chansons que j'ai aimées toutes ces années (One, I can do that...), je les ai finalement découvertes en images, après tout ce temps. Double exaltation ! D'ailleurs je n'avais jamais fait attention, mais en fait, c'est le CD du film que j'avais. Alors finalement, on était un peu entre nous pendant le visionnage de ce film ! Mais il n'y a pas que la nostalgie qui a fait bondir mon cœur. Ce que j'ignorais sur A Chorus Line, et que j'allais découvrir avec près d'une décennie de retard sur ma fringale musicale, c'est que le film propose bien plus qu'un simple défilé de danseurs qui parlent d'eux. Avec les dialogues et le jeu des acteurs, les silences aussi, on s'aperçoit que l'histoire a une dimension plus profonde. A Chorus Line dépeint des personnages animés par une passion sans limite pour la danse. Si peu de limites qu'on va explorer tout ce que ça a pu leur coûte de tenter d'en vivre, et comment ils y sont venus. C'est quasiment une thérapie de groupe qui se déroule sous nos yeux ! Et en musique !
Pourquoi c'est pas bien ? Mêmes causes, mêmes conséquences : je connaissais effectivement la BO par coeur. Quand on retrouve les chansons qu'on aime (et même celles qu'on aime moins), c'est bien. Quand on peut chanter à l'unisson, c'est mieux. Mais plusieurs numéros (irai-je jusqu'à dire que comme par hasard, ce sont mes préférés ?) sont entrecoupés par les dialogues. Ce qui, certes, participe à l'histoire, mais casse quand même un peu l'ambiance. Surtout que ces dialogues, souvent, sont en rapport avec l'intrigue la moins intéressante de toute : l'histoire de Zach et Cassie. C'est peut-être un détail pour vous, mais sur 2h de film, pour moi ça veut dire beaucoup.

Ah, les joies du cinéma de Broadway ! C'est quoi le comble du comble pour un danseur ? Passer une audition pour jouer dans A Chorus Line.
La réplique qui tue : Des répliques qui tuent, il y a en a quelques unes. Elles prennent par surprise d'ailleurs, parce qu'on ne s'attend pas forcément à une telle sincérité. Mais celle qui m'a touchée en plein coeur, c'est celle que Bebe sort à un moment, vers la fin. Bebe est une petite chose toute discrète, timide, mal assurée... mais quand elle danse, on sent qu'elle est elle-même. Le reste du temps, il est palpable qu'il y a quelque chose de cassé en elle ; plus tard, elle révèle donc : "A few months ago, the night before I was gonna audition for another show, I had a... kind of breakdown. I started crying and I couldn’t stop for about two weeks. I just now got out of the hospital, and my doctor said it was too soon to try again. But I did. And now, even if I lose... I win".
La scène qui tue : Comprenez mon désarroi quand je réalisé qu'il ne faudra retenir qu'une scène sur tout le film. C'est comme demander à une mère de choisir lequel de ses enfants sauver ! Non je n'exagère pas, ou si peu. Bref, j'ai opté pour la solution de facilité, si on peut dire : j'ai exclu les numéros musicaux de ma liste. Voilà, comme ça c'est fait. Et du coup, c'est naturellement que s'est imposé l'extrait suivant. Et comme je suis vraiment motivée pour vous faire découvrir A Chorus Line, et que j'ai pas été foutue de vous trouver le film en VF, vous savez ce que j'ai fait ? J'ai sous-titré. Eh oui. J'avais pas fait ça depuis Soldier's Girl, quand même... Dans l'extrait ci-dessous, le plus gros de l'écrémage a été fait en danse, et l'audition porte maintenant sur une petite proportion de candidats. Mis en ligne (d'où le titre), ils sont sommés de se présenter chacun à leur tour. Dans tout ça, Cassie, une danseuse plus âgée que la moyenne, et dont on comprend qu'elle a eu une histoire avec Zach il y a quelques temps, essaye de passer l'audition... La séquence a le mérite de très bien poser les enjeux du film, de présenter les personnages (bien qu'un peu scolairement mais vu que c'est le principe de 80% du film de les présenter, si vous en voulez plus il faudra vous diriger vers l'intégralité du film), de montrer aussi l'ambiance. Comme le film avait un encodage loin d'être parfait, posant des soucis lors du réencodage avec sous-titres, ce sont des softsubs. Il suffit de les enregistrer dans le même dossier et d'ouvrir un lecteur gérant les sous-titres, comme VLC ou mplayer entre autres, pour qu'ils apparaissent.

AChorusLine___Extrait
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Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Ah, faites-moi penser à faire une demi-cagoule ! A Chorus Line, à mes yeux en tous cas, le mériterait.
Bilan : A Chorus Line, ce n'est pas Chicago. Pas de mise en scène recherchée, pour commencer. On y trouve au contraire une unité de lieu et de temps qui rappelle énormément les impératifs d'une comédie musicale. Mais à travers ce huis clos chanté et dansé, le film va aussi bien plus loin que beaucoup d'autres dans l'exploration de ses personnages. Les histoires sont autant de petites touches qui décrivent la réalité de la vie à Broadway, pour des personnes qui ne sont pas, et ne seront jamais, des stars dans leur milieu. Des anonymes parmi d'autres qui lèvent le voile sur les espoirs et les déceptions d'une vie dédiée à leur passion, et qui est vouée, comme le rappellent Cassie et Sheila, à ne pas durer bien longtemps. Toutes ces histoires personnelles enrichissent le spectateur, parce qu'on va bien au-delà du simple "Let me dance for you" pour aller vers une vraie mise à nu, honnête, douloureuse, précise. Quand Sheila laisse tomber ses défenses de femme mature, quand Bebe évoque un épisode dépressif, quand Diana aborde ses doutes sur son don, quand Greg raconte la découverte de son homosexualité... ce qui se dessine va au-delà, bien au-delà, du divertissement. Qui peut dire qu'il ne s'est pas retrouvé dans un de ces personnages ? Nul n'est besoin de danser pour cela. Sans aller jusqu'à devenir le supporter de l'un ou de l'autre, il faut bien admettre qu'un lien se tisse, et d'ailleurs, entre les personnages aussi le lien est fort, alors qu'ils sont mis en compétition pour ces rôles, en se dévoilant ils s'attachent les uns aux autres. Il y a sur la fin une impression de cohésion qui fait vraiment mal... parce qu'il n'y a que 4 et 4 rôles. En quelques heures, quelque chose naît entre eux, et quelque chose naît en face de l'écran. A Chorus Line est une aventure humaine mise en musique, où chacun rit, s'émeut, se rappelle, réagit aux histoires des autres, parce qu'ils ont cette passion en commun.
L'audition est un prétexte à explorer la psyché de ceux qui font Broadway. Les questions de Zach pourraient être celles d'un psy, froid et placide, en retrait, en observateur. Il les oblige à faire bien plus que se vendre : s'exposer.  C'est ce qui rend A Chorus Line si vivant !
J'ai lu pas mal de choses, notamment que le film n'avait pas du tout fait l'unanimité, parce qu'il était en-deçà de l'original. Comme il me tarde de voir la comédie musicale sur les planches, dans ce cas ! J'ai aussi lu qu'un projet de remake était plus ou moins en cours, et si cela doit aboutir, il est possible d'aller encore plus loin (notamment d'atténuer l'histoire entre Zach et Cassie), et de rendre le résultat plus ambivalent encore, passant des exploits de Mike dans "I can do that" à une expérience confinée et nerveuse, comme celle de Paul. Si ce film voit le jour, ce sera une vraie curiosité de voir comment on peut aborder cette expérience de nos jours.
Et puis évidemment, et même surtout, A Chorus Line est dotée de numéros musicaux épatants (même si musicalement un peu datés, mais je suis née dans les années 80, alors ça ne me choque pas, ces arrangements), et le casting est absolument impeccable. J'ai une vraie admiration pour ces danseurs. La performance physique est énorme, elle participe même au témoignage en fait, parce qu'on se dit que ce qui a l'air si facile et aérien et souple... a demandé des milliers d'heures de travail pendant des années, en amont. Cela suppose des souffrances qui sont elles aussi très présentes, même si elles n'apparaissent pas dans le scénario, et elles sont aussi prégnantes que la timidité de Kristine ou la carapace de Sheila.
Vous êtes encore là ? Quoi, vous en voulez plus ? Je trouve que c'est clair pourtant : regardez A Chorus Line !!!

Posté par ladyteruki à 23:37 - Comme au cinéma - Permalien [#]

16-11-09

Mauvaise nouvelle

"lady, tu peux me trouver le compte-rendu du... bah, pourquoi tu fais cette tête ? Tu es blême tout d'un coup, ça va pas ?
- C'est Edward Woodward... Critictoo vient de m'apprendre qu'il était mort."
Oui, lady, inconsolable, a très envie de rentrer chez elle en invoquant le congés pour évènement familial. Edward Woodward, c'est le grand père que je n'ai jamais eu. Celui qui avait l'œil sévère le midi, quand nous regardions Equalizer sur M6.

Alors je ne résiste pas à l'envie de vous remettre le générique de la série, qui, avec Les Rues de San Francisco, est un peu le symbole de mes années de téléphagie sous embargo, lorsque nous regardions M6 avec une assiette de coquillettes froides sur les genoux en espérant que papa ne rentre pas avant le générique de fin.

Equalizer

Vivement que 2009 finisse. Encore une dernière hécatombe sur décembre, comme d'habitude, et on pourra peut-être enfin un peu respirer.

Posté par ladyteruki à 16:02 - Point Unpleasant - Permalien [#]

01-07-09

Le vrai deuil

Ces derniers jours, la planète people chouine dans tous les coins. C'est pénibles, tous ces rayons de librairies dédiés à Michael Jackson (qui lui-même a éclipsé Farah Fawcett... la version morbide du cycle de la vie ?). J'ai rien contre le chanteur (rien spécialement pour non plus, il est vrai), mais j'ai un sentiment de "beaucoup de bruit pour rien".
Alors que Karl Malden...

KarlMalden

Karl Malden, désolée d'être inculte, mais c'est la télé en cachette de mon père devant Les Rues de San Francisco... Il a sans doute fait des tas d'autres choses, et je suis désolée de n'y avoir pas vraimen prêté attention, j'ai conscience que c'est réducteur...
Mais c'est quand même lui qui a été mon premier flic de télévision.

Posté par ladyteruki à 21:58 - Point Unpleasant - Permalien [#]

19-08-08

Six degrès et deux ans de séparation

Pour diverses raisons toutes imbriquées les unes dans les autres et donc d'une complexité effarante (que je vous épargne dans ma grande bonté), cela fait plus de deux ans que je n'ai rien pu graver. Ce qui, du strict point de vue du stockage, et considérant à la fois que je suis une téléphage pilotovore, et une Jfan exhaustiviste, a posé des mois durant des problèmes de type casse-tête assez irritants. En contrepartie, je suis devenue une reine dans ce que j'appelle personnellement le Tétris des Octets !
Mais aujourd'hui je suis fière d'annoncer que j'ai des CD vierges ET un graveur fonctionnel ! Plus rien ne peut m'arrêter à présent !!! Enfin, sauf les contraintes de temps.

Donc, depuis quelques jours, je fais du tri dans mon chez moi informatique.
Il y a deux jours, par voie de conséquence, je suis retombée, sur un disque dur gavé jusqu'à la gorge et donc laissé un peu de côté ces derniers temps, sur des dossiers datant d'une à deux saisons, parfois plus. Et ajoutez à cela quelques vieilleries que j'avais collectées et dont l'âge se compterait plutôt en décennies.

Inutile de préciser que depuis que j'ai commence à faire ces excavations d'octets, j'ai un peu perdu la notion du temps. Je trouve des séries que j'ai regardées dans un passé flou et lointain, d'en dégote même que j'avais cagoulées et reportées à plus tard (donc que fatalement je n'ai jamais regardées...), tout ça au point que je commence à ne plus trop savoir quelle série a commencé quand, quelle série est encore en vie, ce genre de choses. Ça me rappelle lorsque j'ai eu la mauvaise idée de lire Angélique Marquise des Anges en même temps que La cicatrice au collège, et que j'ai commencé à penser que Le Roi Soleil était mort pendant la Seconde Guerre Mondiale... ouais, j'ai jamais été très douée en Histoire... ENFIN BREF ! C'est pas l'sujet.

Du coup, la conséquence de tout ça, c'est que j'ai commencé à découvrir ou redécouvrir des séries qui moisissaient dans un coin de disque dur en attendant d'être archivées sur de jolis CD, et comme je suis pas du genre contrariante, bah je les ai regardées.
Mentionnons à titre d'exemple les pilotes de Greg the Bunny (que j'ai déjà brièvement évoquée) toujours aussi drôle, Titus (dont j'ai mentionné un épisode, aussi), Les Rues de San Francisco, la saison 3 de Reba (je vous ai parlé de la première il y a des lunes de ça), et, là où je voulais en venir (ces intros sont de plus en plus longues, ça peut pas continuer comme ça), le pilote de Six Degrees.
Et le second épisode de Six Degrees.
Et le troisième épisode de Six Degrees !
...Et dans ma lancée, je suis allée jusqu'au sixième, mais seulement parce qu'à l'époque je n'avais pas cagoulé plus loin. Vous vous doutez bien à présent que je suis prise d'une furieuse envie d'essayer de remédier à ça !

Le plus incroyable c'est qu'au moment où Six Degrees débarquait, je n'avais regardé que le pilote, qui m'avait juste amusée ; je me rappelle vaguement l'avoir trouvé mignon, mais sans plus. Vu l'effet que m'avait fait le pilote, c'est même très surprenant que j'aie cagoulé le reste.
Mais ils étaient là, juste là, pendant deux ans, à portée de main, et je ne les ai découverts que maintenant, et en fait j'adore. Le côté chassé-croisé, imbrications diverses et variées, et évidemment un certain nombre de personnages sympathiques (avec en tête Laura et Steven) sont en fait des aspects très engageants. Je ne dis pas que dans 10 ans, je parlerai de Six Degrees avec des trémolos dans la voix comme je le fais de certaines autres séries aujourd'hui, mais la série, finalement, a su me charmer.

Peut-être aussi que c'est une question de bon moment.
Il y a deux ans, je n'étais pas spécialement d'humeur à regarder des séries de ce genre. J'ai en fait cagoulé la suite en me disant simplement que, quand les choses auraient changé pour moi, quand l'humeur reviendrait de regarder des séries moins tragiques, je serais contente d'avoir ces épisodes sous la main. Et ma prévenance me touche parce que c'est précisément ce qui s'est produit ! En ce moment, les choses un peu moins tragiques, un peu plus gentillettes (mais pas niaises, attention), me dérangent moins. J'y suis plus réceptive.

Six Degrees parle de quoi, en fait ? D'opportunités. Et c'est ça qui me séduit aujourd'hui. Peut-être parce que je sais y croire à présent.

En somme, Six Degrees vient de me faire réaliser qu'on regarde une série non seulement pour ce qu'elle est, mais pour ce qu'on est au moment où on la regarde.

Et c'est intéressant de se demander, avec le temps, deux ans, ou trois, ou dix, ou plus, quelles séries m'apparaîtraient sous un jour nouveau. Lesquelles trouveraient une résonance en moi qu'il n'y avait pas la première fois que je les ai vues.

Dans mon chez moi informatique, le pilote de Six Degrees date du 29 septembre 2006. Oui, ça fait deux ans, quasiment. Et mon regard a changé en deux ans, parce que ma vie a changé. C'est toujours fascinant quand une passion, comme ici la téléphagie, vous fait réaliser des choses sur vous-même.

Oh et, comble de l'ironie cosmique, aujourd'hui, il s'avère justement que c'est l'anniversaire d'Erika Christensen, l'une des héroïnes de la série... Comme quoi c'est vrai que la vie est faite de petits hasards !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais comme je viens de le démontrer, il n'est jamais trop tard pour bien faire) : la fiche Six Degrees de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:47 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]


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