ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

22-06-09

[GAME] Souvenirs, souvenirs

Résultats de la première édition du jeu des intrus !
Avant de décerner le cookie au gagnant (ils sortent du four, je voudrais pas que vous vous brûliez la langue), on va donc revenir sur chacune de ces affirmations que je vous ai proposées la semaine dernière...

- la première fois que j'ai éclaté en sanglots devant la télé, c'était devant Chicago Hope
C'est absolument vrai et c'était l'épisode où le personnage d'Alan Birch mourrait tragiquement, et ce en laissant une adorable petite fille derrière lui. Je n'ai d'ailleurs pas juste pleuré, je suis restée pétrifiée pendant une bonne heure après ça...
- l'un de mes chats aime regarder Alerte à Malibu
C'est absolument vrai et j'ajoute qu'en plus, il se désintéresse totalement des scènes qui se passent chez Mitch et son fiston. Un post est en préparation à ce sujet, c'est édifiant.
- je n'ai jamais regardé l'intégralité des épisodes de Oz
A ma grande honte, c'est vrai. Le problème d'acheter beaucoup de DVD c'est qu'on ne les finit pas forcément avant de passer au suivant...
- mon père a arrêté de regarder X-Files après un épisode où Mulder et Scully vieillissaient de façon accélérée, parce qu'il en a fait des cauchemars
Et j'ajoute que du coup, toute la famille a été sommée d'arrêter de regarder également et qu'on est revenus aux "samedis Patrick Sébastien". Une dure époque de ma vie de téléphage, mais ce qui ne nous brûle pas la rétine nous rend plus fort.
- j'ai cagoulé tous les épisodes de Stacked, et je les ai tous gardés
La chose est absolument vraie même si je n'ai aucune idée de pourquoi. Par contre je ne les ai pas regardés depuis qu'ils ont été mis sur pelote de laine, pour ma défense !
- depuis la rentrée de septembre, j'ai dépensé plus de 500 euros à la FNUC (c'est indécent)
J'y suis retournée samedi, je pense qu'on peut même dire que j'ai dépassé les 600 (c'est indécent aussi).
- dans Sex & the City, je préfèrerais être amie avec Miranda, mais si elle avait la garde-robe de Charlotte
C'est une honte le traitement des rousses à la télé, elles ont toujours des fringues pas possibles ! Charlotte au moins, elle sait s'habiller. Mais c'est une coincée, je ne la supporterais pas.
- je me refuse à regarder les derniers épisodes de Pushing Daisies
On en avait déjà parlé et je n'ai pas changé d'avis à ce sujet. Peut-être que posséder la saison 2 me permettra enfin d'en faire le deuil ?
- j'ai tellement d'idées pour ladytelephagy On Air que je n'y touche plus très souvent de peur de devoir choisir
L'un de vous avait eu la primeur de cette information il y a des mois de ça mais je ne sais pas s'il s'en souvenait. C'est vrai mais je vais en tous cas recommencer à enregistrer des posts anciens qui ont été peu ou pas commentés, pour leur donner une nouvelle jeunesse. Je vous tiens au courant cet été.
- une à deux fois par an, je cagoule le pilote d'Entourage, je le mets sur une pelote de laine... et je le perds sans l'avoir jamais vu
En fait cette semaine, dans l'intervalle, j'ai retrouvé l'un de ces CD. Contente, je l'ai dit à ma frangine qui me l'a du coup emprunté. Je ne l'ai toujours pas vu...
- je garde religieusement tous les magazines spécialisés en séries que j'ai achetés ces dix dernières années
C'est tellement vrai que ça pèse une tonne à chaque déménagement. Pour certains ça ne vaut pas vraiment le coup mais j'ai toujours l'espoir de me faire un stock de scans un jour...
- longtemps, j'ai cru que Teal'C s'écrivait Tirk'h (je dois encore en vérifier l'orthographe aujourd'hui)
Maintenant que j'ai rédigé cette phrase, je pourrai consulter ce post en cas de doute et faire des copier-coller. Dans l'épisode fanfic que j'avais écrit à un moment (et qui était trop Mary Sue pour être publié, n'insistez pas), le nom est cité au moins 50 fois avec cette orthographe.
- quand j'étais ado, j'avais commencé une fanfic parodique d'Invasion Planète Terre qui avait duré un peu moins d'une dizaine de chapitres
Il y était question, pèle-mêle, d'informaticien sexy, d'aubergines farcies, et de gens qui remuent les doigts plus vigoureusement que d'habitude. C'était censé remplacer la 3e saison et ça tenait vraiment de la private joke entre fans, vous n'y comprendriez rien.

Vous l'aurez donc compris, la phrase qui n'était absolument pas vraie était la suivante :
- la honte d'avoir acheté le DVD de la première saison de One Tree Hill est si forte que je ne l'ai jamais ajoutée à la galerie Diagnostic COLLECTION
Le cookie de la victoire revient donc à Scarlatiine qui a été la plus rapide à donner la réponse, je vous l'avais dit, c'était aussi un jeu de rapidité. Comme l'a souligné Jérôme, si je n'ai pas honte de certaines autres séries dans ma telephage-o-theque (moi j'aurais plutôt mentionné Les Routes du Paradis mais bon), je suis prête à tout mettre dans cette rubrique pourvu de me rappeler d'avoir le DVD (par exemple je persiste à croire que j'ai d'autres saisons d'A la Maison Blanche en DVD mais impossible de mettre la main dessus). Voici donc un cookie amplement mérité :
(hm, dans mes archives, je vois que tu n'as pas gagné de cookie entier depuis l'époque de ton pseudo précédent...)
cookie_Scarlatiine

Je propose qu'on lance une nouvelle semaine de jeu des indices, avec aujourd'hui comme thème : mes souvenirs téléphagiques. On a tous ici, je pense, grandi devant la télé. Voici quelques unes de mes premières expériences... à vous de me dire celle dont vous pensez qu'elle ne s'est jamais produite.

- pendant les vacances, j'étais capable de passer la journée devant des séries, en commençant devant KD2A et en finissant juste avant que ma mère ne rentre devant Urgences
- quand mon père rentrait tard du travail, ma mère nous autorisait à manger devant la télé. C'est ainsi que coquillettes et Notre Belle Famille sont liées à jamais dans mon subconscient
- j'ai eu en ma possession 3 coffets VHS de Profit
- une fois, j'ai volé sans le faire exprès une encyclopédie Star Trek d'une valeur à l'époque d'environ 200 Francs
- pendant une époque j'ai mangé tous les jours au Quick pour pouvoir collectionner les tasses et mug Friends
- ma mère m'avait créé un cahier spécial dans lequel elle avait collé toutes les coupures de journaux sur MacGyver (je crois qu'elle était plus fan que moi)
- on me répète que je regardais Les Tripodes quand j'étais petite, mais je n'en ai pas le moindre souvenir alors qu'il parait que ça m'avait terrifiée
- j'ai fait découvrir Buffy à ma soeur alors que pendant longtemps, elle pensait que c'était une niaiserie de série Z
- mon premier coffret de série, c'était la VHS de la moitié de la première saison d'Invasion Planète Terre
- un été, ma mère a bouclé à clef le meuble télé ; je n'avais pas assez regardé MacGyver, parce je n'ai jamais réussi à crocheter...

N'oubliez pas que le premier à trouver la bonne réponse aura gagné, c'est un cookie qui ne se partage pas qu'on peut gagner dans ce jeu ! Résultats lundi prochain...

Posté par ladyteruki à 12:08 - Games On - Permalien [#]

19-12-08

Un post d'anthologie

Je suis une téléphage désormais marquée au fer blanc. A l'instar de la télévision américaine, je vais mettre quelques saisons à m'en remettre... Oui, je parle encore de l'annulation de Pushing Daisies. Depuis que la nouvelle est tombée, je dois avouer que je n'ai plus envie de m'attacher à des personnages. D'ordinaire j'aime bien, c'est même le sel de la téléphagie, mais là, j'ai trop peur de me prendre d'affection pour une série, et d'être ensuite déçue ensuite. Ou pire, interrompue.

Du coup j'ai comme une grosse envie d'anthologie, en ce moment. C'est encore le meilleur moyen de ne pas se lier outre mesure, et puis c'est toujours tellement chouette de voir défiler tout un tas de guests plus ou moins connus, d'épisode en épisode...
Eh oui mais, problème : dans l'immense majorité des cas, les séries d'anthologie, c'est soit du fantastique, soit de l'horreur, voire même les deux, or je ne suis que modérément friande des dits genres.

Je trouve ça très intrigant, pas vous ? Comment se fait-il que ces genres soient plus propices à s'affranchir des codes plus feuilletonnants de la série télé, on va dire, "traditionnelle", et pas d'autres ?
Est-on obligés de s'impliquer sur le long terme avec des personnages pour que les autres genres télévisuels fonctionnent ?

J'ai donc commencé quelques recherches pour vérifier si j'avais la berlue. Eh non, c'est pourtant vrai : des séries d'anthologie policières ont existé (Police Story, notamment, qui a donné naissance à Police Woman qu'on a déjà évoquée, mais ça remonte aux années 70), d'espionnage même (mais la bien nommée Espionage date cette fois des années 60) et même une série d'inspiration chrétienne (This is the Life... entre les années 50 et 80, bon, on progresse au niveau chronologique, quand même, mais c'est pas la panacée).
Mais j'ai beau regarder, les (rares) anthologies récentes que je vois appartiennent toutes aux genres les moins réalistes. Je ne peux m'empêcher d'être surprise.

D'autant qu'on a vu fleurir de nombreuses séries, avec la fameuse vague des experts en tous genres, qui ne nécessitaient justement pas d'être feuilletonnantes, et s'en gardaient bien souvent au maximum, comme les franchises des Experts ou des Law & Order qui en disent en général le moins possible sur leurs personnages (de sorte qu'on trouve encore des fils ou des demi-frères cachés, ou bien encore des traumatismes d'enfance bien des saisons plus tard, ça fait un peu effet de manche, mais bizarrement ça ne choque personne dans ce contexte). En quoi une série comme Les Experts a-t-elle besoin de ne pas être une anthologie ? Quand on voit qu'ils sont capables de décliner un même modèle de cast à volonté pour deux spin-off (c'est bien ça, on en est toujours à deux, rassurez-moi ? ils n'ont pas encore lancé Les Experts Bratislava ?), on se dit que rien n'est impossible et que l'anthologie n'est finalement pas si loin.
Et pourtant non.
Une série policière d'anthologie, ça ne marcherait pas ? Mais je me demande bien pourquoi...

Actuellement, de par mes goûts personnels mais aussi à cause du syndrome de l'annulation douloureuse, dont je parlais plus haut, j'aimerais bien dénicher une série d'anthologie de type dramatique, et me l'envoyer paisiblement en attendant que cicatrisent mes blessures téléphagiques. Mais, rien à faire, c'est simplement introuvable !
Alors je comprends bien que, d'une certaine façon, le drame surgit de l'attachement personnel, de ce lien assez inexplicable qu'on tisse avec certains personnages, mais d'un autre côté, maintenant que je regarde des films, je peux dire qu'on n'a pas besoin de suivre un personnage sur le long terme pour l'investir émotionnellement, j'ai vérifié, promis, juré !

Ou alors je prends le problème dans le mauvais sens.
Peut-être que ma définition de la série d'anthologie est en fait trop limitée. Pour moi, une série d'anthologie, c'est Au-delà du réel. Avec, à chaque épisode, un cast différent et une histoire sans lien aucun avec la précédente. Et, bon, puisque ce semble être un passage obligé, un narrateur.
Mais en réalité, je pourrais très bien décider de considérer Les Routes du Paradis comme une anthologie ! Qu'en dites-vous ? Semaine après semaine, un type se déplace à travers l'Amérique pour constater l'histoire (sentimentale, familiale, personnelle...) d'une nouvelle poignée de personnages ; finalement, c'est une anthologie, non ? Ou bien c'est le caractère interventionniste de Johnattan qui le disqualifie ?
C'est vrai que si on va par là, ensuite, on n'a pas fini. A ce tarif-là, dés qu'un formula show s'arrange pour en dire le moins possible sur ses rares personnages réguliers, on peut le qualifier d'anthologie, et cette dénomination devient alors un joyeux bordel, qui ne ressemble plus à rien et donc, qu'il ne nous sert plus à rien d'employer.

Bon, alors j'en reviens à ma problématique de l'investissement émotionnel : pourquoi aurions-nous besoin d'être en présence de personnages réguliers pour recevoir la somme d'émotions qu'on ressent dans une série dramatique, d'ordinaire ? Pourquoi ne serait-ce pas faisable ?

Là encore, je prends peut-être encore une fois le problème dans le mauvais sens. Peut-être que nous n'avons pas besoin d'être familiers des personnages pour ressentir l'impact d'une histoire dramatique, mais que celle-ci nous donne envie d'accompagner ces mêmes personnages vers leur avenir. Peut-être qu'en fait, nous regardons des séries dramatiques non pas pour voir un évènement se produire dans la vie des personnages, mais bien pour regarder comment ils vont le surmonter, s'en remettre, et avancer.
D'ailleurs c'est exactement de cela dont ABC m'a privée : d'un avenir avec les personnages de Pushing Daisies.

L'anthologie ne fonctionne-t-elle que parce que chaque épisode apporte une conclusion fermée à chaque intrigue ? Je ne parviens cependant pas à en être certaine. J'ai souvenir de certains épisodes dont au contraire, la conclusion était ouverte, et c'est justement ce qui était laissé à mon imagination qui me laissait suffoquer de peur, devant le générique de fin d'un Au-delà du réel, le samedi soir sur M6...

En fait, je pense que pour être vraiment convaincue qu'une série d'anthologie de type dramatique ne fonctionne pas, il faudrait que je puisse juger sur pièce, et vérifier qu'effectivement, c'est inefficace. D'ailleurs, peut-être que tout simplement, le vrai problème, c'est que je parte du principe que, parce que ça n'existe pas dans les grilles des saisons récentes, ce n'est pas faisable. Peut-être tout bêtement que personne ne s'est suffisamment penché sur le sujet, en fait. Peut-être que toutes les têtes pensants du paysage audio-visuel américain croient que justement, ça ne marcherait pas.
Vous suivriez une série d'anthologie de type dramatique, vous ?

Posté par ladyteruki à 23:28 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

08-08-08

Rediffusion

C'est l'été, et donc c'est aussi la période des rediffusions. Comme à chaque fois qu'il y a des vacances, et donc qu'il y a du temps qu'on pourrait passer devant la télé, la moitié des programmes font pitié. Ça doit répondre à une certaine logique, mais laquelle ?
Estime-t-on qu'on est trop occupés à bronzer pour regarder la télé ?
Estime-t-on qu'en été, on a moins besoin de décompresser devant la télé ?

Enfin bref, toujours est-il qu'étrangement, je suis d'instinct plongée moi aussi dans une période de rediffs. Mes rediffs.
C'est ce qui explique certainement qu'il y a pas si longtemps, je regardais Les Routes du Paradis ou Notre Belle Famille de mon plein gré. DE MON PLEIN GRE !!!
C'est ce qui explique mon attirance pour le coffret DVD d'Action!, que je vais finir par connaître sur le bout des doigts.
C'est ce qui explique aussi que, moitié pour tester mon aptitude à regarder une série sur la guerre, moitié par plaisir, j'ai revu le pilote de Band of Brothers.
C'est ce qui explique que je me suis enfilé toute la seconde saison de NERDZ... alors que je l'ai déjà regardée intégralement il y a deux ou trois semaines !
C'est ce qui explique que mes projets téléphagiques pour ce weekend incluent une rétrospective Samantha Who? (je veux être au top pour la rentrée ; la semaine prochaine ce devrait être Pushing Daisies).

Et vous, vous rediffusez quoi ?

C'est quand même fou, non ? On a des séries qui nous prennent déjà quelque chose comme 18h de notre temps (j'exagère pas, c'est ce que j'ai calculé pour une saison de 24 épisodes de 45 mn ; une seule série, vous vous rendez compte ? combien vous suivez de séries chaque saison, hm ?) et on trouve le moyen de quand même regarder des rediffs, ou d'acheter des DVD, ou de ressortir des perles de notre telephage-o-theque !!! Alors que, franchement, de vous à moi, vous êtes sûrs qu'on n'aurait pas mieux à faire ? Je sais pas moi, des trucs comme... regarder des séries qu'on ne connaît pas encore (qui a dit "éteindre la télé et sortir ?", mais quel genre de téléphage de basse fosse êtes-vous ?)...

C'est vrai que les rediffs, ça a parfois du bon. On redécouvre une série qu'on n'avait plus vue depuis un bail, on aperçoit des détails et subtilités qui nous avaient échappé les premières fois, on prend du recul sur ce qu'on voit, on réalisé que nos goûts ont évolué... et ainsi de suite.

Mais admettez tout de même qu'il faut qu'il y ait quelque chose de déviant chez nous pour qu'on regarde, encore et encore, des épisodes qu'on connaît déjà... Déviant, certes, mais qui peut lutter contre la joie de voir sa série préférée sortir en DVD ? En tous cas, pas moi...

D'ailleurs, message personnel : à quand la 3e saison d'Une Nounou d'Enfer ?! D'accord, j'ai tous les épisodes en VHS (certains même, deux fois... ahem), je connais tous les épisodes par coeur... mais merde ! N'y a-t-il plus d'éditeur DVD prêt à profiter de ma téléphagique faiblesse ? Il pue, mon argent ? Après faudra pas venir se plaindre que les gens cagoulent, hein...

Posté par ladyteruki à 20:18 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

18-07-08

[DL] Les Routes du Paradis

Alors là oui, là par contre d'accord : au rayon tendresse, le générique des Routes du Paradis se pose là. J'ai pas de nostalgie envers la série, mais j'adore son générique. La musique, la façon dont il est fait (loin, très loin des poncifs du genre), sa lenteur et sa simplicité... Du beau boulot.

LesRoutesduParadis
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais, pour voir du vrai jean moulant des années 80, faudra quand même regarder un vrai épisode, désolée.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous êtes sûr d'être téléphage, dites, au moins ?) : la fiche Les Routes du Paradis de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:50 - Médicament générique - Permalien [#]

Car j'étais sur la route toute la sainte journée...

Nous avons tous grandi en regardant certaines séries. Oui, même moi qui n'avais qu'un accès restreint (voire fliqué) à la télévision ! (je vous raconterai la genèse de ma téléphagie, un jour, si vous me le demandez gentillement). Et comme la plupart des enfants des années 80, j'ai connu Ma Sorcière Bien-Aimée, La petite maison dans la prairie, Madame est Servie, The Cosby Show, ou un peu plus tard Notre Belle Famille et Dr Quinn. Bref toutes ces séries que M6 diffusait. Et diffusait. Et diffusait encore ! A bon nombre d'entre elles, j'associe le souvenir de l'assiette refroidissant sur mes genoux, le canapé du salon et ma mère faisant les aller-retour depuis la cuisine, surveillant d'un oeil la porte du garage (je vous raconterai ça aussi). L'autre jour j'ai revu le pilote de Notre Belle Famille (et bizarrement, en VO, j'ai trouvé ça drôle ! Un peu.) et immédiatement j'ai eu envie de coquillettes au beurre ; c'est pavlovien, je suppose, après tant de tendres années passées à manger à la va-vite devant ces séries familiales. Surtout que je déteste les coquillettes au beurre (et euh, non, ya pas besoin que je vous raconte ça un jour).

Alors, quand j'ai lancé le pilote des Routes du Paradis, que de surcroît je savais être en deux parties, je ne me suis pas crue moi-même ! Comment imaginer que j'en redemande ? J'avais des années durant été gavée comme une oie d'épisodes de cette série, et attention, ce n'était même pas au point de la considérer comme l'un de ces classiques précieux qu'on revoit avec tendresse et nostalgie, non même pas, j'avais même pas cette excuse. Mais qu'est-ce qui m'a donc traversé l'esprit à ce moment-là ? Le post précédent peut éventuellement être une piste de réponse, puisque j'étais en train de préparer sa rédaction.
Toujours est-il que je l'ai fait.

Et c'était bien.

Malgré toutes les diffusions de la série, je ne suis pas certaine d'avoir déjà vu le pilote de la série. Dommage, j'aurais aimé confronter mon regard de petite fille téléphile, et de jeune femme téléphage, sur un même épisode. Mais j'ai quand même été agréablement surprise à plusieurs égards.

D'abord, et c'est peut-être le plus important, nombreux sont ceux qui ont tendance à considérer Les Routes du Paradis comme le prédécesseur des Ahem! du Bonheur, et autres Destins Croisés. C'est peut-être vrai sur le papier, au niveau du pitch, mais ce n'est pas si évident dans les faits. Songez qu'il faudra attendre la seconde partie du pilote (soit largement plus d'une heure) avant que Johnattan n'évoque sa nature angélique et Dieu !
Mais surtout, il le fait sans chercher une seule fois à nous catéchiser. "Dieu est partout" et nulle part à la fois dans ce double épisode pilote : certes, il ya quelques signes, mais c'est nous qui finalement les interprétons, parce que nous savons que Johnattan est un ange (et notez qu'on le sait parce que tout le monde le sait, pas parce qu'il a un gros projecteur lumineux au-dessus de la tête... et pourquoi pas une pancarte tant qu'on y est ?!), et bien avant qu'il ne nous le dise. Comme l'illustre très bien la fin de la première partie, les petites choses curieuses à propos de Johnattan pourrait aussi bien être explicables rationnellement : c'est ce que cherche à démontrer Mark Gordon qui enquête sur la façon dont, par exemple, Johnattan a pu se procurer les deux vélos. Ca pourrait s'expliquer logiquement, c'est juste que ce n'est pas le cas, voilà tout.

Autre point positif, mais la petite fille que j'étais alors ne pouvait pas vraiment s'en apercevoir : DIEU DU CIEL ! Mais Michael Landon est un pur canon ! (il y a quelques années, j'avais vu sur TF1 un téléfilm biopic qui confirmait qu'il était beau gosse et très au courant de son succès auprès des femmes, vous l'avez vu ?) Alors d'accord, il joue un peu avec, prenant bien soin de planquer son début de ventre pour mouler ses petites fesses dans un jean sur mesure, mais il faut bien le dire : YABON LANDON ! Grmbl, je suis encore une fois née trop tard et trop loin.
Je devrais peut-être pas dire ça d'un mort, si ? C'est vrai que Landon, c'est le premier acteur de séries télé dont j'aie été avertie du décès en temps quasi-réel (par opposition à ceux dont j'ai appris en me renseignant qu'ils étaient morts ya 10 ans), et à l'époque j'étais déjà une petite fille très attristée. La jeune femme que je suis aujourd'hui l'est aussi, mais plus pour les mêmes raisons. Bref bref bref.

Bon alors, évidemment, pour la subversion, on repassera !
Encore que.

Aussi inégal que soit le jeu de leurs interprètes, les personnages des retraités sont touchants. La thématique des vieux abandonnés par tous (et méprisés par le directeur de leur maison de retraite) me semble pourtant relativement osée, surtout dés un pilote. Oh, je vous rassure, c'est fait sans pathos excessif : on est dans les années 80 et les séries restaient souvent dans les clous, sans chercher la dénonciation sociale frontale, mais c'est quand même dit sans détour : eh, oh, prenez garde à vos vieux, c'est pas parce qu'ils vont clamser qu'ils sont déjà morts. Les vieux ont des sentiments aussi ! Oui enfin, vous saisissez l'idée, quoi. D'ailleurs tout finit bien et les petits vieux finissent par tous rire ensemble à la fin, ha ha ha tout va bien (c'est sans doute ça la parenté avec Les Ahem! du Bonheur & co), m'enfin, si au passage vous pouviez vous demander à quand remonte la dernière fois que vous avez passé un coup de fil désintéressé à votre grand'mère, hein... Moi je le ferais bien mais j'aurais besoin d'avoir recours à un extralucide. Allez, lâchez deux secondes votre souris et passez-lui un coup de fil de ma part. Si-si, maintenant. Je vous attends, allez-y.

. . .

Ça, c'est fait...
Les Routes du Paradis, contrairement sans doute à l'image qu'on en garde, ne cherche pas à donner de leçon : concluez vous-même à partir de ce que vous voyez. La série peut très bien être regardée comme un gentil divertissement familial, avec son lot de bonnes répliques, de regards de Johnattan vers le ciel et de Mark Gordon bourru. Et puis on peut aussi en profiter pour se poser des questions, et elles n'ont pas besoin, d'ailleurs, d'avoir de rapport avec la religion.
Il y a à boire et à manger pour tout le monde : une intrigue sympa et pas trop simpliste (la scène avec le milliardaire est à la fois marrante, caricaturale et touchante), des personnages attachants (peut-on vraiment ne pas aimer Victor French ?), et le reste, bah, vous gérez ça de votre côté. Croire, ne pas croire ? Libre à vous de penser que le "truc" de Johnattan n'a rien à voir avec Dieu, après tout. Ce qu'il fait, au final, relève plus de la gentillesse que de l'intervention divine, et si ce n'était pour quelques tours de passe-passe (des fleurs qui poussent vite, un steak qui apparait dans le frigo, des babioles, quoi... et c'est même pas fait pour vous impressionner, normalement les protagonistes ne s'en rendent même pas compte !), son action, vous pourriez aussi bien la mener vous-même si vous étiez de bonne volonté.

Pas de sermon, pas de démonstration miraculeuse, pas de laïus sur l'Amour de Dieu/Jésus/Marie (rayez la mention inutile), nul prosélytisme : Les Routes du Paradis vous proposent simplement de passer un bon moment avec des personnes bien intentionnées, qu'elles croient ou non en Dieu étant finalement relégué au second plan, ainsi que le montre la réaction finale de Mark Gordon, et il n'a pas besoin de croire en Dieu pour ça (en fait il le fait parce qu'il a été touché par la gentillesse de Johnattan, et qu'il a pris conscience qu'il ne pouvait pas continuer comme ça, pas du tout parce qu'il a eu une révélation d'ordre religieux) qui suit notre ange favori, à la fois pour ne plus être un poids pour sa soeur, et à la fois pour améliorer le monde, un peu, à son échelle.

Je pourrais le faire, moi aussi, et je crois même pas en Dieu !
Si possible avec la frimousse bronzée de Michael Landon sous les yeux.

Et bah voilà, c'était pourtant pas si compliqué...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Les Routes du Paradis de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:48 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]


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