ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

02-12-12

Soapesque (adj.)

Nashvillesoap

Bon alors c'est peut-être du fait de mon état de santé qui n'est pas génial, je ne sais pas ; mais je me suis rendue compte d'une chose : je ne sais plus quelle est la différence entre une série dramatique et un soap.

Ah, ne riez pas dans le fond : il n'y a pas que moi. ABC a de gros problèmes avec le concept également.
A vrai dire, ce sont justement ses séries qui ont suscité une interrogation chez moi, lorsque j'ai essayé de décrire Nashville à un tiers. Puis 666 Park Avenue. Puis Revenge. Puis... Et à chaque fois, l'adjectif "soapesque" revenait dans mon explication, suivi d'un "mais c'est pas un soap comme Les Feux de l'Amour, hein, non : c'est plutôt... comme un primetime soap". Ouhlà, attendez ! Mais en fait, toutes les séries d'une heure d'ABC sont soapesques, non ?
Non, et Dieu soit loué pour Last Resort. Mais quand même.

Il faut dire que la définition de soap opera est assez élastique par les temps qui courent, de toute façon.
Il y a encore quelques années, pour moi, un soap se définissait très clairement : c'était une série diffusée en quotidienne, aux intrigues extrêmement lentes et aux techniques narratives paresseuses, dotées de retournements de situation exagérés à intervalles réguliers (un jumeau maléfique, des personnages qu'on croyait morts qui réapparaissent, des bébés volés/échangés, etc.). Et ce, sur des années et des années et des années, jusqu'à ce que mort s'en suive.
Mais voilà : entretemps, la telenovela est entrée dans mon univers. en tous cas au moins sur le papier ; rapport au fait que je n'ai pas encore eu la possibilité de suivre une telenovela dont le sujet pique ma curiosité. Et une telenovela, eh bien, c'est une série en CDD, et ça, ça heurte un peu la vision que nous avons du soap, que ce soit aux USA ou en Europe.
Le problème de la telenovela, c'est son succès. En soi c'est bien, hein, tant mieux que des formats de fictions trouvent un souffle qui incitent les télévisions de la planète à adopter de nouveaux standards de durée ou de périodicité, je suis la première convaincue que la télévision, c'est quand même mieux quand on regarde ce qui se fait ailleurs ! Mais des séries comme Desperate Housewives, par exemple, sont typiquement des séries dramatiques qui lorgnent méchamment sur la copie des voisins, et relèvent en fait plus du soap sur pas mal d'aspect. En-dehors de la diffusion hebdomadaire, et sans doute aussi du budget, tout y est : c'est du primetime soap, clairement. Une fois par semaine, avec le savoir-faire des séries dramatiques américaines, un soap quand même.

Evidemment, la télévision américaine n'a pas attendu Desperate Housewives pour connaître le primetime soap. Des séries comme Dallas, Beverly Hills ou encore Melrose Place, pour n'en citer qu'une poignée, ont été qualifiées de primetime soap en leur temps sans que cela ne choque qui que ce soit. Pas même moi. Et s'en sont tirées avec un succès public incontestable, et, dans une certaine mesure, un certain succès critique, au sens où ces séries ont marqué leur époque, chacune à sa façon.

Cependant le terme de primetime soap semble toujours très négativement connoté. L'utiliser, c'est comme caractériser une série de qualificatifs pas franchement recommandables, sauf qu'en disant primetime soap, on peut le dire à mots couverts.
Par exemple j'attendais pas mal de choses de Desperate Housewives quand elle a commencé ; j'avais regardé la première saison de façon très régulière, en espérant que sa corrosivité irait croissant ; c'est l'inverse qui s'est passé et c'est la raison pour laquelle la série est devenue un primetime soap plus qu'une série dramatique. Un qualificatif assumé de façon très variée par les spectateurs qui ont poursuivi la série bien longtemps après que je me sois arrêtée. L'an dernier, j'ai décidé de regarder l'épisode final de la série, et il était clair pour moi qu'elle n'en méritait pourtant nul autre. Desperate Housewives n'était pas une série dramatique : c'était un soap hebdomadaire, diffusé en primetime (jusque là j'ai bon) dont le caractère over the top des situations n'avait plus rien d'impertinent.

Mais désormais, la définition semble encore élargie. Ce n'est pas simplement l'absence de second degré qui semble permette d'appeler une série un primetime soap. Certes, Revenge est extrêmement dépourvue d'humour, mais ce n'est clairement pas à ce défaut qu'elle doit sa parenté avec les soaps, mais plutôt à sa thématique de la vengeance, à son héroïne féminine, et à sa claire inspiration de formules venues des telenovelas. Peut-être aussi au jeu des acteurs, ou au moins à leur direction.

Voyons ailleurs ce qui se passe. Par exemple, Grey's Anatomy, en se concentrant tant sur les amours de ses personnages que son caractère médical semble passer totalement inaperçu, est clairement un primetime soap, non ? Et pourtant, objectivement, Urgences aussi était truffé d'intrigues personnelles : quelle est la nuance qui empêche de qualifier Urgences de primetime soap ? Et si, dans certains articles ou ouvrages, un auteur/analyste/vendeur de barbapapa quelconque décide d'utiliser ce terme, pourquoi cela me choque-t-il un peu, au point de quasiment le voir comme une insulte ?
Plus flou que celui de Grey's Anatomy est le statut de Nashville. De par la qualité du jeu de nombreux acteurs (je me repasse de temps à autres la scène pendant laquelle Rayna est interrogée en vue de la campagne de son mari, c'était d'une force incroyable), de par l'écriture qui n'a pas grand'chose à voir avec des intrigues à rallonge de mon point de vue, et de par l'impression de consistance et de sérieux qui émane, il me semble, de la façon dont son monde est construit, Nashville n'est pas vraiment un primetime soap selon ce qui me semble être la définition du "genre". Pourtant, difficile de ne pas parler de tournure soapesque dans les amours de l'une des stars ou les liens familiaux et financiers de l'autre ; mais n'est-ce pas un glissement de sens ?
A ce tarif-là, des séries comme Brothers & Sisters puis Parenthood sont-elles des primetime soaps ? Il m'est arrivé de le lire. Je trouve pourtant la chose plus difficile à admettre encore que pour Nashville. Le fait que les personnages forment une famille en proie à un certain nombre de retournements de situation (notamment la thématique de la demi-soeur cachée qui a lancé la première saison de Brothers & Sisters, et effectué plusieurs rebonds ensuite ; d'ailleurs j'ai jamais vu la fin de cette série, mais bon, pas le moment de se mettre des idées d'intégrale en tête).
Mais plus intrigant encore : pourquoi m'acharner à utiliser l'adjectif "soapesque" et/ou d'appeler primetime soap une série comme 666 Park Avenue ? C'est clairement une série fantastique ! Le simple fait que son héroïne (outre le fait d'être une jolie femme) vive dans un univers un peu plus luxueux que la moyenne et que des "méchants riches" occupent des rôles importants suffit-il à décrocher ce qualificatif ? Est-ce parce qu'on effleure la vie de plusieurs autres résidents de l'immeuble ? Ca semble un peu réducteur ! Et pourtant, j'aurais tellement de mal à dire que c'est simplement une série fantastique (et pas juste parce que je pourrais faire un jeu de mots sur "fantastique").

Au final, il me semble de plus en plus difficile d'établir clairement où est la ligne de démarcation entre une série dramatique et un primetime soap, à plus forte raison sur les networks où les intrigues dramatiques ont tendance à n'être pas aussi incroyablement sombres que sur le câble (qui irait dire que Breaking Bad est un primetime soap ? quoique, je me demande s'il est déjà arrivé à quelqu'un de parler de soap pour Mad Men ou Game of Thrones, à ce tarif-là).
Et surtout, accepter ce qualificatif est-il une façon de d'admettre que la série est inférieure à une série dramatique normale ? Sinon, comment surmonter ce réflexe ?
L'existence du primetime soap me semble difficile à nier, et pourtant, elle est aussi difficile à expliquer. La lecture de la définition de Wikipedia, en préambule de ma réflexion pour ce post, ne m'a par exemple pas du tout aidée, alors qu'on imagine qu'a priori, elle fait consensus...

Sans la fascination actuelle d'ABC pour tout ce qui ressemble à 1) un format facile à exporter en telenovela 2) une telenovela facile à adapter pour le primetime américain, peut-être que mes repères ne seraient pas autant brouillés. Peut-être que je serais capable de reconnaître un primetime soap aussi sûrement que je suis capable de faire la différence entre une comédie et un drama, ou entre un western et une série policière... Mais ce n'est qu'une supposition.

D'ailleurs, le primetime soap est-il un genre, au sens du contenu, ou une structure ? Son nom semble essentiellement indiquer une case de diffusion, et pas vraiment expliciter le reste de sa condition. La fusion des genres, oui... Mais un genre bâtard issu du néant, non. Plus j'essaye de définir ce qu'est un primetime soap, plus j'ai l'impression qu'il s'agit d'une étiquette qu'on peut coller et décoller selon l'image que renvoie une série, mais qui n'a en réalité que peu à voir avec ses sujets ou sa formule. C'est une grande valise fourre-tout qui sert peut-être surtout à décrédibiliser une série qu'on ne peut/veut pas décrire comme suffisamment "sérieuse"...
Quand j'ai utilisé l'adjectif soapesque pour Nashville, je l'ai tout de suite regretté, parce que ça ne donnait pas une image attrayante de la série à mon interlocuteur qui ne la connaissait pas. La question que j'aurais dû me poser, c'est : pour quelle autre raison l'utiliser ? Qu'est-ce que le terme "primetime soap" décrit d'autre, finalement ?

Il y a probablement une part de fierté personnelle à dire qu'on ne regarde pas de primetime soap quand on est un téléphage un rien exigeant, ni à en recommander spontanément. Mais d'un autre côté j'avoue sans un soupçon de honte regarder des séries comme Happily Divorced, alors...
Le cas du primetime soap me laisse décidément perplexe... Je prends tous les points de vue que vous voudrez bien me livrer sur le sujet.

Posté par ladyteruki à 20:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

25-01-12

Letter to me

Si je pouvais m'écrire une lettre, et l'envoyer dans le passé à la lady de 15 ans...

Déjà, pour prouver que c'est bien moi, je lui dirais de regarder dans le petit sac en vinyle, à gauche sur le bureau, où, cachés au milieu des petits bibelots sans importance, on trouve des coupures du Télé Z avec des résumés d'épisodes de trois lignes à peine de SPACE 2063, et personne ne sait qu'ils sont là à part moi.

LetterToMe
Ensuite je lui dirais : je sais combien il est difficile de se séparer de cette série, même s'il n'y aura jamais de saison 2, ne t'en fais pas, tu ne vas pas l'oublier. Les portes qu'elle a pu t'ouvrir ne vont plus jamais se refermer. Il y aura d'autres séries, bien d'autres, capables de faire battre ton coeur. Rien ne sera plus jamais comme avant, tu as raison, mais pas dans le sens que tu crois.

Bien-sûr pour le moment, il t'est difficile de trouver des séries qui aient le même effet. Ne serait-ce que parce que c'est difficile de regarder des séries tout court ! Mais dans quelques années, tu vas te tirer de là, et les séries, comme le reste, seront à ta portée, enfin. Ne te décourage pas et continue de lire et regarder et écrire autant que tu le peux, c'est le début, c'est ta porte de sortie même si tu ne le sais pas.

Si j'avais un conseil à te donner : ne te prive de rien, et surtout pas pour des prétextes idiots, au nom de préjugés stupides et de généralisations à la louche. Tu crois que seules les séries américaines sont dignes de ton attention, mais si tu savais ! En fait, L'Odyssée imaginaire est canadienne, par exemple ! Ca t'en bouche un coin, hein ? Et encore, tu n'as rien vu.

Si j'avais une requête à te faire, ce serait, pitié, d'être rigoureuse avec tes VHS. Là tu n'en as même pas 10, elles sont cachées dans un coin, derrière le tas de vieux Télé Loisirs, eh bien étiquette-les, prends l'habitude, maintenant, très vite, de les répertorier, je t'en conjure !

Il y a tant de choses devant toi.
Bien-sûr, dans 15 ans, il y aura des séries comme Whitney ou Alcatraz, qui te donneront l'impression que rien, en fait, ne change. Mais, et ces titres ne te disent rien pour le moment, il y aura aussi Pushing Daisies, Capitu, Kommisarie Winter, Mousou Shimai... Rien que dans trois ans environ, il y aura Rude Awakening ! Je t'envierais presque d'avoir toutes ces découvertes devant toi, si je ne savais pas qu'en matière de téléphagie, on a toujours des dizaines de découvertes devant soi. C'est ce qui est merveilleux et perturbant à la fois, lady : ça ne s'arrête jamais.
Tu verras, ça n'ira qu'en s'améliorant. Tu es loin de vivre les plus belles années de ta vie en ce moment. Il y a des tas de gens qui t'attendent, avec qui discuter, avec qui échanger des découvertes, avec qui aller plus loin. Des rencontres, des expériences, des contacts, des tentatives, des challenges. Ce n'est que le début.

Ce truc dont tu entends parler, internet ? Du jour où tu y auras accès, tout va changer. Entre réaliser que tu n'es pas la seule à penser que ce ne sont pas "que des séries" (ou pire, "tes séries, là") et comprendre les possibilités qui vont se dévoiler grâce à cet outil, il va se passer encore quelques années, mais ta patience va être récompensée, tu verras ! En fait, il faudra même que tu apprennes à t'en passer...

Et le plus fabuleux c'est que, pour le moment, tu te sens seule, mais plus tard, regarder un épisode d'une série avec quelqu'un que tu aimes, ce ne sera pas rare du tout ! Tu vois pour le moment, tout est pourri, eh bien il y a plein de bons moments à venir, promis.

Bon bah, voilà, c'est à peu près tout. Enfin, tout ce que je peux te dire : le reste, c'est spoiler ! On se revoit dans 15 ans. Je verrai ton reflet dans l'écran quand j'essuierai mes larmes au moment de l'écran noir, ok ?

PS : il n'y a pas que les séries dans la vie. Appelle ta grand'mère. Et parle-lui des Feux de l'Amour, au pire.

Posté par ladyteruki à 18:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

10-07-10

Moi j'aime pas les soaps

En mode Schtroumpf Grognon, laissez-moi vous expliquer pourquoi je n'aime pas les soaps. Les soaps, c'est toujours la même chose : une famille riche, jalousée par d'autres familles riches, des amours impossibles qui mettent des années avant de se conclure par un mariage, lui-même suivi d'un divorce dans les six mois pour qu'on puisse vivre un amour impossible avec un autre, des bébés volés ou échangés, des amants et des maîtresses, des secrets qu'on veut pas se dire face à face, des accidents terribles où ya un personnage qui est mort mais en fait il est pas mort, des jumeaux maléfiques, et puis cycliquement, on rajeunit tout le cast et on recommence.
Alors du coup, moi j'aime pas les soaps.

Nous interrompons votre programme pour un flash spécial d'information : les soaps, c'est pas toujours comme ça.
Souvent, mais pas toujours. Pour les plus vibrants exemples de séries qui s'étendent sur des années et des années, laissez-moi vous emmener ailleurs. Plus je regarde "ailleurs" et plus je vois plein de choses pour nuancer certains de mes vilains préjugés, ici sur les soaps, et plus il me semble vital, pour apprécier la télévision dans son ensemble, de ne pas se borner à la façon américaine de la faire. C'est comme ça qu'étrangement j'apprécie beaucoup plus les séries américaines que je regarde : parce que je les choisis, et non plus parce que je les subis.

Bref, laissez-moi vous présenter deux soaps qui mettent à mal ces stéréotypes sur les soaps.

BalikaVadhu_MEA MaanRaheTeraPitaah_MEA

Effectivement, je vais encore vous parler de séries indiennes, et là encore, c'est à dessein... Vous verrez bien pourquoi (si vous n'avez pas encore deviné).

Balika Vadhu, la première (avec ses personnages en habit traditionnel), et Maan Rahe Tera Pitaah, la seconde (avec sa jolie image qui pique les yeux mais, eh, vous avez mieux ?), sont deux soaps indiens, il n'y a aucun doute sur leur nature. Ces deux séries en hindi sont actuellement en cours de diffusion, et il s'agit de soaps, leur réalisation, leur mise en scène et le jeu des acteurs ne trompe pas. Sauf que.

Dans Balika Vadhu, on trouve une histoire où tout repose sur cette habitude sociale encore tenace dans certaines régions rurales et traditionnelles de l'Inde, qui consiste à marier les enfants. L'héroïne, Anandi, a été mariée à 8 ans à un garçon de son âge, et le soap repose sur le fait qu'elle est encore une enfant, endossant des responsabilités d'adultes, dans la famille de son époux (puisque c'est l'usage). Sur beaucoup de choses, on n'est pas loin de l'esprit de Kasamh Se et sa belle-famille horripilante qui veut rien que du mal à la jolie héroïne, mais sur le fond, beaucoup de retournements de situations qui s'appuient directement là-dessus. Les belles-sœurs sont également mariées très jeunes, les maris ne sont, eux, pas toujours aussi jeunes que celui d'Anandi... S'il ne s'agit pas d'une série fondée sur la critique sociale (bien que j'imagine que, lorsqu'une héroïne déguste autant, à un moment il doit bien venir un point à partir duquel on se pose des questions), en revanche on part d'une pratique bien moins éloignée du réel que tout ce que Les Feux de l'Amour pourront jamais proposer (cela dit, c'est vrai que depuis que mon ex n'habite plus avec moi, j'ai pas revu d'épisodes, ça se trouve c'est moins surfait qu'avant... 'tain je devrais faire humoriste, comme métier).

Oh, pardon, c'est pas assez courageux ? Bonjour, laissez-moi vous présenter Maan Rahe Tera Pitaah. Pour le coup, là, j'ai vu le pilote (pour le premier, j'ai dû me contenter d'extraits). Et il n'y a aucun doute : on est dans le soap indien. La jolie héroïne s'appelle Anmol, cette fois, et elle faisait ses études au loin ; maintenant, elle revient au bercail (je regardais l'épisode sans sous-titres, mais je pense que le recteur l'a pas spécialement à la bonne ; je me demande si elle a son diplôme ou si elle s'est juste fait mettre à la porte ; bon, c'est un détail, mais si quelqu'un passe et parle le hindi, merci d'expliciter ce passage). Son village natal, c'est un petit bled paumé à l'autre bout du monde (il a pas l'air de passer un train toutes les 10 minutes...), à côté d'une mine de charbon où toute la population locale travaille. Et pendant qu'Anmol revient au pays, le fils du dignitaire du coin revient comme un enfant prodigue qu'il est, et va mettre ses compétences acquises "à la ville" pour améliorer le rendement de la mine de charbon. Sauf que la maman d'Anmol est morte dans un accident au fond de la mine il y a des années, et que depuis le père d'Anmol mène un combat sans relâche pour faire fermer la mine. Son père étant devenu un rebut de la société locale, Anmol reprend le flambeau de son combat (et au vu du trailer pour l'épisode 2, je me demande si papa va pas nous claquer dans les doigts bientôt...). La série tourne donc autour du fait qu'Anmol devient une sorte de syndicaliste contre le reste de son village, et notamment du dignitaire et de son fils, le dignitaire étant un oncle très riche qui veut le bien d'Anmol mais elle est pas raisonnable cette petite. Oui, Maan Rahe Tera Pitaah, c'est un soap aux airs de Germinal.

Voilà, ce sont des soaps. En Inde, ça peut durer plusieurs centaines d'épisodes, des histoires comme ça (Maan Rahe Tera Pitaah vient de commencer le mois dernier, mais Balika Vadhu a démarré en 2008, ce qui lui permet de compter déjà pas mal d'épisodes, normal pour une série en quotidienne 4 jours par semaine, je vous laisse faire le calcul), alors qu'aux États-Unis c'est pas tous les jours qu'on voit de telles histoires dans des séries, alors pour plusieurs années et en quotidienne...

Évidemment, il s'agit de thèmes qui, s'ils sont intéressants sur le papier, sont quand même pas mal ancrés dans la culture indienne, et ne pourraient pas forcément trouver d'écho en Occident. Mais je ne suis pas certaine qu'il n'existe pas des sujets de société typiquement américains qui ne permettent pas ce genre d'approche. En tous cas, on persiste à penser qu'un soap doit forcément être totalement déconnecté de la réalité.

M'enfin, au moins, on vient tous de gagner collectivement 1 pt de QI.
C'est fou les choses qui se passent en Inde, quand même. Hm, si seulement quelqu'un nous en disait plus...?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Balika Vadhu et la fiche Maan Rahe Tera Pitaah de SeriesLive. Mais ya plein de fiches sur l'Inde sur SeriesLive, c'est dingue, mais qui donc s'amuse à en faire ?

Posté par ladyteruki à 22:19 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

01-10-08

[DL] General Hospital

Alors d'accord, d'hôpital, le générique de General Hospital n'a vraiment que le nom. Mais à part ça, j'ai envie de dire que ce générique, c'est du sexe condensé en 48 secondes (mais si on est mon ex, 48s c'est déjà pas si mal... nan, je déconne, évidemment, Seb, te fâche pas).
Musicalement, on reconnait bien le thème et c'est hyper surfait, mais c'est tout justement ça qui donne son côté sensuel à la chose. Visuellement, ya quelques bonnes idées, et à part quelques persos pas du tout sexys (je vous laisse deviner lesquels), ça reste quand même largement glamour. Donc je dis oui, cent fois oui, encore et encore.

GeneralHospital
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

J'adore le passage avec tous les mâles en tuxedo. Ca c'est du style. C'aurait été si facile de tous les habiller en blouses médicales, mais non, on fait dans le sensuel, on vous a dit !
Parce que, sérieusement, la plupart des génériques de soaps sont navrants. Les Feux de L'Amour par exemple... j'en cauchemarde encore. Il suffit même, tout simplement, de regarder ce qu'était ce générique il y a encore pas si longtemps ! Eh oui, j'ai une autre version, et vous allez tout de suite comprendre ce que General Hospital a maintenant de langoureux. Un vrai exercice de style !

GeneralHospital_AlliancesetTrahisons
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Notez bien, celui que j'aime, c'est le premier, hein, le premier ! Pas le deuxième, non, caca le deuxième. Vu ?
Allez, l'essentiel, c'est que je ne force personne à regarder la série. Si vous croyez que je me suis fait chier à regarder ne serait-ce que les deux épisodes dont ces génériques sont tirés... ça va, c'est un soap. La moitié du temps on ne les distingue même pas. Tiens, la blonde là, elle est pas dans Des Jours et des Vies ? Nan mais ça va, moi aussi j'ai fait la grasse matinée devant France 2, hein...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche General Hospital de SeriesLive.
Songez qu'il y a des rédacteurs qui mettent en jeu leur santé mentale pour vous proposer des fiches de ces séries... et avec parfois, même, des listes de personnages ! Et on me dira que l'équipe de SL n'a pas du mérite, après ça...

Ceci cloture notre jeu des génériques. Vous avez été très bons, il vous aura fallu moins d'une semaine ! Et on a battu le records de commentaires pour un post, je pense...
On remettra ça, à l'occasion, tiens... autour d'un autre thème, ça va de soi.

Posté par ladyteruki à 23:21 - Médicament générique - Permalien [#]

15-09-08

Le post qui sent le 15 septembre

Ma grand'mère était une femme formidable. Mais je ne suis pas là pour vous faire son éloge, ce n'est pas le but de ce blog, et puis, bon, vous l'avez ratée, c'est trop tard, fallait y penser plus tôt.
Par contre j'ai réalisé récemment qu'en fait, c'était une téléphage. Enfin disons qu'on n'est pas passés très loin.

Pendant des années et des années, elle n'a pas eu de télévision, ce qui, il est vrai, la disqualifie quelque peu pour le titre de "plus vieille téléphage de la famille". Elle clamait souvent qu'elle n'en avait jamais eu besoin ; son truc à elle, c'était les livres. Ça, c'est ce qu'elle disait.
En vérité, quand elle a été à la retraite et qu'elle a eu sa première télé, elle a commencé à agir différemment de ce qu'elle disait !

Par exemple, il était de tradition qu'après le déjeuner, elle regarde Les Feux de l'Amour. Ouais. Je sais. Et elle était seule sur ce coup ! Ma soeur et moi, bien que loin d'être immunisées contre le virus de la téléphagie et l'appel de l'écran allumé, nous tenions respectueusement à l'écart. On était habitués aux gens qui avaient des goûts téléphagiques de merde (après tout, ma mère est bien une inconditionnelle de Walker, Texas Ranger...), mais c'est pas une raison pour frayer avec eux.
Elle ne chercha qu'une fois à nous pervertir à son vice, en nous présentant la série comme suit : "bon, tu vois Victor ? eh bien les personnages de la série, soit ils travaillent pour lui, soit ils couchent avec lui, soit les deux". Je vous laisse juges de la véracité de la chose, je ne maîtrise pas assez bien le sujet.

Pendant deux ou trois ans, ma grand'mère s'est donc fait un devoir d'aller, à la fin de chaque déjeuner, voir où en étaient les aventures de Cricket, Victor et tous les autres (mais c'étaient ces deux-là ses préférés). Et puis un beau jour, elle a repéré sur le programme télé la diffusion d'Arabesque juste ensuite, et elle s'est dit qu'elle allait jeter un oeil. Vous voyez, les graines de la téléphagie avaient germé !!! Elle fit alors une expérience qui changea sa vie...
Elle n'éteignit pas le poste à la fin du générique des Feux de l'Amour. Et découvrit ainsi qu'en fait, il y avait un générique de début, et un générique de fin. "Voilà pourquoi je trouvais qu'on ne comprennait rien d'un épisode à un autre !".
Oh, vous pouvez rire, je ne m'en suis moi-même pas privée !!!
Elle n'était pas du tout rôdée, comme nous l'étions instinctivement, aux diverses techniques de narration, aux codes du genre (intro-générique-épisode-générique), etc... Mais elle faisait ses expériences, finalement.
(Ceci est un fait avéré, je le jure.)

Ma grand'mère prit donc l'habitude de regarder, quotidiennement, Les Feux de l'Amour, puis Arabesque. Et le soir (parce que ça passait le soir à l'époque), il lui arrivait souvent de regarder Columbo, aussi. Pour quelqu'un qui n'aimait pas la télévision, ça faisait quand même pas mal heures passées chaque semaine devant son poste !

J'étais fière de ma grand'mère. Elle ne regardait que des séries américaines. Pas les meilleures, c'est sûr, mais les dégoûts et les douleurs, ça ne se discute pas. En plus, en vraie téléphage, elle essayait de suivre ce qui se passait, les nouveautés qui débarquaient, les séries populaires (elle y tenait, à son Télé 7 Jours ! presqu'autant que moi à mon Télé Z !), et regardait, par curiosité.

Parmi ses tentatives d'élargir son horizon télévisuel, elle avait notamment trouvé Sex & the City trop vulgaire. Et franchement, combien de grand'mères de plus de 65 ans regardent Sex & the City de leur propre initiative, sans que leurs petits-enfants ou enfants ne les y encouragent ? Je n'aurais même pas pensé à lui proposer de regarder ! J'avais raison, quelque part : ça ne lui a pas plu. Mais elle a essayé, et c'est ça qui compte, pas vrai ? Quand je vous disais que c'était une sacrée bonne femme, ma grand'mère !

Et puis, sa télé a lâché, et elle n'a pas voulu faire l'effort d'en racheter. "J'ai vécu des années sans télé", disait-elle, "je n'en ai pas vraiment besoin".
Ouais, c'est en cela que nous différions.

Quelques années plus tard, je suis venue m'installer avec elle pour quelques mois. J'étais déjà une téléphage convaincue, ça faisait d'ailleurs un peu plus d'un an que j'officiais au sein de l'équipe rédactionnelle de SeriesLive, c'est pour vous dire... je ne me contentais plus de ma propre consommation, je voulais aussi contaminer les autres ! Je suis donc arrivée, avec mon propre poste de télé, et avec, je le confesse, l'envie de partager avec elle mes découvertes.
J'ai donc fait quelques expériences avec elle, et si elle n'a pas vraiment accroché sur Charmed ni Oz, en revanche, chaque samedi soir, elle montait me rejoindre et nous regardions New York SVU ensemble.

La première fois, elle a été interloquée par la fin quelque peu abrupte de l'épisode. "Alors il faudra regarder la semaine prochaine pour savoir comment le procès finit ?". Il m'a fallu faire preuve de pédagogie et lui expliquer que le principe, ce n'était pas de montrer comme ça finit, mais de soulever un problème et de nous laisser réfléchir dessus. Que le père soit jugé coupable ou non, dans le fond, ce n'est pas l'important, ce qui compte c'est pourquoi il a tué ce gamin qui avait brutalisé son propre enfant. Quoi que le jury décide, on peut se demander où commence et où finit la spirale infernale de la violence.
La réponse a paru la convaincre, et nous avons continué à regarder la série ensemble, jusqu'à ce que je déménage.
Je soupçonne aussi qu'elle regardait ça pour me faire plaisir, mais la connaissant, si vraiment elle n'avait pas aimé du tout, elle me l'aurait dit, et m'aurait fait trouver autre chose pour que nous passions du temps ensemble.

C'était l'une des facettes de ma grand'mère. Celle qui en tous cas, concerne un peu ce blog. Ma grand'mère pouvait regarder des soaps l'après-midi, et regarder la Nuit du Ramadan sur France 2 le soir, elle était comme ça. Curieuse de tout, jamais d'a priori. Elle essayait au moins une fois. Elle posait ses yeux gris sur l'écran avec un regard acéré, et se faisait son opinion, sans se laisser influencer. Elle essayait de s'ouvrir à ce qui pouvait se passer.

Je n'ai pas ses yeux gris, mais je crois que j'ai hérité du regard. Vous ne trouvez pas ?

Joyeux anniversaire, mémé.

Vous n'avez pas comme une grosse envie d'appeler la vôtre, là, maintenant ?

Posté par ladyteruki à 17:03 - Contagion - Permalien [#]

13-09-08

[DL] Le Coeur a ses Raisons

Feue ma grand'mère regardait toujours Les Feux de l'Amour après le déjeuner, une fois qu'elle s'est trouvée à la retraite. J'en reparlerai très bientôt. Toujours est-il que les génériques de soaps, j'en fais mon affaire, je connais ! J'aime bien celui de Des Jours et des Vies (like the sand throught the hourglass, so are the days of our lives... fait la voix virile en intro), par exemple.

LeCoeurasesRaisons
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Là, on est dans le parodique pur jus, donc pas de quoi, hilare, se taper sur les cuisses, mais bon, ça se laisse regarder. Pourquoi pas ? Heureusement, la série est un peu plus drôle que ça, quand même.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (en vrai, vous lisez mes posts, ou pas du tout ?) : la fiche Le Coeur a ses Raisons de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:26 - Médicament générique - Permalien [#]

06-07-07

Poker menteur

Allez, je me soumets à mon Destin. On ne passe pas une décennie à se préoccuper de culture populaire japonaise sans en assumer les conséquences : voici donc le premier dorama de ce blog, et vraisemblablement, il y en aura d'autres.

Je n'ai pas regardé LIAR GAME au hasard : j'avais envie de changement. Par le passé, les quelques dorama que j'avais vus n'étaient pas vraiment des comédies, mais bien que s'attachant à décrire des histoires parfois tristes ou nostalgiques, ils me semblaient encore trop légers. Avec LIAR GAME, la promesse d'un thriller (comportant une intrigue, donc !) était donc idéale pour changer mes horizons.
Grosso-modo, l'idée c'est qu'une jeune femme assez naïve se retrouve embarquée dans un jeu de dupes : on vous donne 100 millions de Yen, et à vous de les garder pendant 30 jours. Le petit hic, c'est qu'un adversaire vous est désigné, qui a également 100 millions de Yen : à lui de tenter de vous prendre votre pactole, et réciproquement. Si vous perdez tout ou partie de ce butin, vos êtes redevable de la somme perdue à la société qui organise le jeu. A l'inverse, et là bien-sûr ça devient plus intéressant, vous gardez tout excédent à cette somme de départ, à savoir ce que vous pourriez dérober (par quelque moyen que ce soit) à votre adversaire... Et comme notre héroïne, Nao, est une charmante cruche qui croît tout ce qu'on lui dit, ce jeu est, nécessairement, une sacrée tuile. Tu m'étonnes.

Au niveau de la réalisation, la première partie du pilote est simplement impeccable : bande-son électrisante et efficace, effets de lumières et de couleurs, etc... Tout était là pour créer une ambiance soignée. Hélas la seconde partie est beaucoup plus banale, et les efforts, bien qu'encore présents notamment au niveau des couleurs, sont moins soutenus. C'est d'ailleurs assez étrange de voir la qualité de la réalisation baisser à mesure que l'intrigue s'intensifie... Mais qu'est-ce qu'une réalisation tape-à-l'oeil lorsqu'on a d'excellents personnages ?!

Ah, hm, oui, il y a ça aussi. LIAR GAME nous propose des personnages extrêmement faiblards. Leur consistance tient pour beaucoup du papier de cigarette. Nao, pour commencer, est vraiment la dernière des potiches ; c'est bien simple, être naïve et honnête à ce point ça s'appelle avoir un QI négatif. Son compère M. Akiyama est plutôt le genre de beau gosse frigide qu'on voit souvent dans les dorama, il a la mèche rebelle et le visage fermé, il est mystérieux et parle avec parcimonie, et potentiellement, c'est un love interest même si on voit mal comment ces deux-là pourraient finir ensemble (faut peut-être que j'arrête de regarder Les Feux de l'Amuuuur avec mon homme, ça ne me fait pas de bien, je vois des couples partout). Quant au premier opposant de Nao, c'est le stéréotype du pauvre gars, et il n'y a pas grand'chose à dire du jeu du comédien qui a écopé de ce rôle de toutes façons peu glorieux, où ce sont les glandes sudoripares qui font tout le boulot.

En dépit de cette faiblesse, j'ai apprécié LIAR GAME au point d'avoir vu le pilote dans sa totalité sans me demander si je n'avais pas mieux à faire, et même d'envisager sérieusement de regarder le second épisode. Ce qui venant de moi, est déjà un signal fort d'adhésion, beaucoup d'autres séries, dorama ou pas, ne peuvent pas se vanter d'avoir su tout de même attirer mon attention au-delà du pilote ! En fait, j'ai l'impression que la série va se découper un peu comme un jeu video, par "niveaux" : une fois le premier adversaire éliminé, le jeu va se poursuivre par un opposant un peu plus coriace, et ainsi de suite. Ce qui devrait donner de belles confrontations et autres petits jeux de nerfs sympathique, à l'image de la première tactique pour récupérer le pognon qu'on voit dans le pilote. En cela, ça peut être assez amusant.

Mais pour être honnête, pas un seul instant on n'a le sentiment que Nao est vraiment en danger d'une façon ou d'une autre. Il est évident que M. Akiyama va la tirer de là à maintes reprises avant, sans doute, de chercher à la mener en bateau elle-même ou que sais-je. Ou peut-être pas s'il est vraiment un love interest... peu importe, à la rigueur. Dans tous les cas, je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle s'en tirera au bout du compte, pire que dans un épisode de 24 !!! Plus qu'un thriller, LIAR GAME est finalement plus une sorte de vaudeville vaguement inquiétant. Mais bon, c'est pas grave. J'ai regardé pire !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture... Je me demande quelle est la politique officielle de SeriesLive sur les dorama ? Je sais qu'ils en ont quelques uns, mais dans quelle mesure peut-on leur en soumettre ? Je tâte le terrain et, si je peux, je leur fais une fiche, ok ?

EDIT : et pour ceux qui ont été très patients, la fiche LIAR GAME de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:20 - Dorama Chick - Permalien [#]

27-03-07

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle...

Commençons la semaine d'un bon pied, avec un pilote ! C'est ce que je me disais hier soir lorsque j'ai lancé October Road. Résultat je n'en ai vu que 20 minutes, et je n'ai regardé la fin que cet après-midi. Manque d'intérêt, tout simplement.

Pas de méprise, je reconnais à October Road plusieurs qualités, la première et plus importante à mes yeux étant son charme esthétique et ses jolies couleurs rousses. Bon, d'accord, avoir de la gueule ça ne fait pas tout, mais quand on n'a pas été capable d'innover beaucoup sur d'autres choses, c'est toujours bon à prendre. Il y a fort à parier que si, dans une sorte de réalité parallèle, je décidais de suivre cette série plusieurs épisodes encore (on n'est jamais à l'abri d'un imprévu après tout), cette qualité tomberait de la série comme les feuilles dorées des arbres, et que le manteau de neige ou l'éclat ensoleillé que prendraient les décors finiraient de me décevoir, car on ne peut pas éternellement préserver cette belle ambiance d'automne qui me plaît tant.
Bon, donc dommage, ma principale raison pour avoir quand même fini le pilote ne tient pas. Me faut-il en trouver une seconde ?

Si tel était le cas, il ne s'agirait pas de la présence de Laura Prepon, dont la façon de jouer est toujours aussi grossière que dans That 70's Show, ce qui ne poserait pas tellement de soucis à la base, sauf que, problème : October Road n'est pas un sitcom potache. Merdouille. Et ce ne serait pas non plus l'extrêmement sous-employé Tom Berenger qui pourrait non plus m'attirer dans les filets de ce show pour plus d'un épisode.

Alors, quoi ? Les intrigues initiées dans ce pilote ? Qui est l'enfant de qui, qui a trompé son mari avec qui, etc... oui mais non. Personnellement, ayant à domicile un adepte des Feux de l'Amûûûr, je sais où trouver toutes ces petites storylines mesquines sans faire l'effort de cagouler une série qui n'est pas encore diffusée en France. Faut pas pousser, quoi.

Que reste-t-il... eh bien, pour ceux que ça intéresse, il reste toujours cette thématique décidément si récurrente du "retour aux sources". Une thématique déjà empruntée, pour ne citer que ces exemples, par Providence, ou plus près de nous, Men in Trees : la vérité est hors des grandes villes ! La vérité que nous cherchons, le sens que nous cherchons à donner à notre vie, les leçons que nous avons besoin d'apprendre, la Paix intérieure que nous sollicitons de tout notre être, se trouve dans une petite ville où tout le monde est plus terre-à-terre que dans les métropoles, plus simple, plus franc... Elle est là où on l'a laissée.

Je dois dire que cette façon de voir les choses, développée si régulièrement dans diverses séries, ne me satisfait pas. Elle rassure sans doute une partie du public qui habite dans ce genre d'endroits et qui aimerait penser qu'aller de l'avant et retourner en arrière tendent vers le même objectif, mais je ne pense pas que cette espèce de retour aux sources soit plus porteuse que lorsque les personnages font l'effort d'aller vers l'inconnu, de prendre le risque de changer leur vie plutôt que d'avoir ce réflexe de se lover dans ce qui leur est déjà connu et tenter de s'y refaire une place. Il y a quelque chose d'oedipien dans cette notion, et je n'ai jamais vu aucune série reposant sur ce postulat qui parvienne jamais à me satisfaire. Peut-être simplement à cause des valeurs que ces séries véhiculent, et qui ne sont pas tellement les miennes. Mais aussi parce que ça me semble contraire à ce qu'une bonne série peut proposer : que le scenario se mette au service de l'évolution intérieure des personnages. Quel genre d'évolution peut se permettre un personnage qui tente de retrouver le monde qu'il a quitté il y a 10 ans et qui espère s'y glisser à nouveau ?

October Road semble compter sur notre souhait à tous de rester dans une sorte de confort sécuritaire, comme si la réponse à ce qui nous préoccupe et ce qui nous blesse était dans une sorte de compromis entre la stase et le retour en enfance. October Road semble s'intéresser à ceux d'entre nous qui auraient voulu ne pas bouger de leur salon depuis ces dernières années. October Road relève d'un certain désir de se refermer sur ce qui est connu plutôt que d'admettre que ce qui a changé doit nous pousser à aller de l'avant. October Road serait-il arrivé sur nos écrans quelques 5 ans trop tard ?

Idéologiquement et scénaristiquement, October Road est aussi stérile que ses belles feuilles d'or.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche October Road de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:37 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-02-07

Ta maladie, tu la gardes pour toi

Cette fois j'espère bien que c'est dans l'autre sens que ce n'est pas contagieux...

Mon homme a un vice, un pêché mignon, un guilty pleasure bien à lui : plus c'est nul, plus il a envie de regarder. C'est tout-à-fait le genre de mec qui serait capable de se taper une saison complète de Whoopie s'il en avait l'occasion, et vous obliger à l'accompagner. Le gars qui, si on ne le surveille pas, pourrait carrément regarder La Femme Nikita pour une autre raison que Peta Wilson, et apprendre les dialogues par coeur. Le danger public prêt à s'enfiler tous les épisodes des Feux de l'Amour qu'il pourrait voir, et à vous hurler dessus si jamais il vous arrivait de changer de chaîne.
L'une de ces phrases est du vécu, je n'ose vous dire laquelle...

Bref, je le savais depuis le début, la tâche était rude et yavait du boulot. Mais là... là !
C'est ma faute, aussi. Depuis que j'ai décrété qu'il y avait embargo sur les DVD de Battlestar Galactica et A la Maison Blanche, on sent que la famine fait rage dans les rangs. J'ai voulu tester sa volonté mais de toute évidence, le petit scarabée n'est pas encore prêt. Il s'est rabattu...
Nan, je peux pas le dire.

Il s'est rabattu sur Mutant X.
C'est la honte ! C'est comme un Jean-Claude Convenant avec un fils cultivé, c'est la fin de tout ! Tout est à refaire ! Je peux pas laisser faire ça, je peux pas le supporter !

Il a voulu regarder le pilote. C'est ma faute, j'ai pas été capable d'en dire du bien. J'ai tenté de retenir derrière mes dents ce que j'en pensais mais au dernier moment, j'ai laissé échapper "enfin, c'est n'importe quoi, en fait". Malheur à moi. Mais vous avez raison, je l'ai cherché. Et puis après tout, à bien y réfléchir, ç'aurait aussi bien pu lui servir de point de comparaison. Ce n'est pas qu'il ne sache pas reconnaître une excellente série lorsqu'il en voit une, mais une très bien, des fois, il a encore un peu de mal. C'était à des fins pédagogique.

Ca n'a pas raté. Dés les premières scènes de combat dans la ruelle sombre, les rires gras ont fusé, il s'est tapé sur les cuisses, et entre deux gloussements, j'ai distinctement entendu "oh non les pimpins, c'est pas vrai !". Et ça, c'est le signal, le signal que c'est foutu, que je suis foutue, que je n'ai qu'à appeler les secours, à me faire rappatrier, à sauter par la fenêtre (au 5e étage, oui-oui) pour échapper au pire. Mais j'étais faite comme un rat. Il en a regardé un second. C'était encore plus nul. Il a voulu regarder le 3e... Il s'est même tapé la visite du studio avec John Shea !

Le problème, c'est que cette série est plus tarte à chaque épisode, et qu'il le sait, en plus, l'animal. C'est bien pour ça qu'il continue. Et chaque seconde de plus qui s'affiche sur le compteur du lecteur DVD est comme un poignard, dans mon coeur. Il fait ça parce qu'il adore regarder des merdes, c'est sa nature, mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que c'est juste pour me faire du tort.

Courage. Je n'ai que la première partie de la première saison. Il ne devrait plus y en avoir pour longtemps. Et après, j'enchaîne sur la mini-série de V, pour essayer de stopper ce neurocide. En espérant, dans l'intervalle, ne pas être atteinte...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mutant X de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:52 - Contagion - Permalien [#]


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