ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

14-09-12

Le prix à payer

Combien de fois par jour entendons-nous au moins une personne, qu'il s'agisse de l'un de nos contacts dans la communauté téléphagique ou de télambdas, décréter que "c'est toujours la même chose", que "l'originalité est morte", que "tout n'est plus que remakes et adaptations"...? Combien de fois, sincèrement ? Et on est d'accord ou pas avec ce type de constat, il n'empêche que nous avons tous, ne serait-ce qu'une fois, par fatigue, découragement ou tout simplement parce que nous étions dans une période creuse pendant laquelle nous n'avions pas forcément été attentifs à ce qui se passe dans le monde de la télévision, dit quelque chose dans ce genre.

Fort heureusement, j'ai une super nouvelle : ce sont rien que des conneries. Des séries originales, novatrices et intrigantes, il y en a des tonnes. J'espère parfois vous en faire découvrir une ou deux, à l'occasion d'un de mes posts quotidiens ou d'un autre. Aujourd'hui est, je le crois, l'un de ces jours. Pour tout vous dire, je ne m'étais plus autant amusée devant une série depuis...!!!
Depuis... bon, 4 jours, devant Srugim. Mais pas de la même façon, pas du tout.
En tous cas, aujourd'hui, je m'apprête à vous parler d'une série canadienne que je ne connaissais pas du tout il y a encore 24h, intitulée The Booth at the End.

TheBoothattheEnd-TheMan

Imaginez un diner. Le plus classique possible, avec les banquettes alignées, le jukebox qui murmure dans un coin, la serveuse qui passe de table en table pour resservir du café, la totale, quoi.
A la banquette du fond est assis un homme, l'air austère, et pas très bavard. Les gens qui entrent dans le diner viennent souvent à lui, s'installent à sa table, échangent quelques mots, parfois commandent un plat ou une boisson, puis partent. Quel est donc cet homme et que veulent ces gens ?

C'est justement ça, le propos de The Booth at the End : ce que veulent les gens. Ils ont en effet entendu que...? Et ils viennent confesser à l'homme ce qu'ils veulent en espérant qu'il exauce leur voeu. Mais les choses ne sont pas si simples : lorsqu'on veut quelque chose, il faut faire quelque chose pour l'obtenir. Chaque fois qu'une personne lui dit ce qu'elle souhaite dans la vie, ce dont elle a besoin, il leur confie une mission à accomplir. Ce n'est qu'à la condition que cette tâche soit menée à bien, et qu'il sache tous les détails de la préparation, que le voeu sera réalisé.
Mais l'homme étrange, qui n'a pas de nom, n'est pas un faiseur de miracles. C'est dans son mystérieux carnet (qu'il ouvre au hasard) qu'il trouve les missions à confier. Ce n'est pas lui qui décide. En fait il ne décide de rien. Il est juste leur interlocuteur, l'homme de main, en quelque sorte, de cet étrange carnet où il couche également noir sur blanc ce que lui disent ses visiteurs.

The Booth at the End est, vous l'aurez compris, une étrange série hors-norme. Déjà de par son format : les épisodes durent une demi-heure, mais sont en réalité constitués de petites vignettes qui durent environ deux à trois minutes ; chacune de ces vignettes suit une entrevue avec un personnage. Les personnages sont récurrents : ils peuvent passer plusieurs fois dans un même épisode, ou ne pas être vus pendant quelques épisodes d'affilée. Ainsi, en dépit du fait que son concept soit idéal pour une série d'anthologie, The Booth at the End est une série complètement feuilletonnante : non seulement il faut impérativement regarder les vignettes, et donc les épisodes, dans l'ordre chronologique, mais impossible de suivre un seul personnage (en cela, The Booth at the End diffère d'une série qui aurait pu être similaire, In Treatment).
Grâce à cette structure très efficace, The Booth at the End propose une incroyable dynamique qui fonctionne parfaitement, et se montre incroyablement envoûtante, alors qu'en réalité, la série se passe intégralement dans le diner.
Concept idéal pour une websérie, The Booth at the End est pourtant une série qui a été diffusée à la télévision canadienne (sur Citytv) ainsi que sur plusieurs chaînes FOX internationales (notamment en Israël, en fait c'est même en lisant une news sur sa diffusion dans ce pays que j'ai découvert son existence, oh douce ironie du sort), dont apparemment en France mais je n'ai pas trouvé les détails ; elle a également été mise à disposition, aux USA, par Hulu. En dépit de son découpage en épisodes d'une demi-heure, elle serait pourtant parfaitement acceptable sous la forme d'une diffusion découpée par vignettes, si jamais une chaîne se disait que short ne voulait pas nécessairement dire com.

Mais au-delà de sa forme, la série brille aussi, et surtout, par son contenu. Ecrite comme un thriller fantastique, The Booth at the End n'est pas sans rappeler les séries fantastiques à concept nippones, telles que The Quiz Show ou FACE MAKER, qu'on a déjà évoqué dans cette colonne (n'hésitez pas à cliquer sur les tags au bas de ce post, ça les châtouille mais ils aiment ça). Il y est avant tout question d'utiliser les outils fantastiques comme des leviers pour lever le voile sur la conscience humaine. Ainsi, se révélant incroyablement dense, profonde et captivante, The Booth at the End est aussi un incroyable thriller, une série dramatique émouvante, et une série sur l'horreur humaine dans toute sa splendeur.

Les personnages qui viennent voir l'homme mystérieux débarquent en effet pour une seule raison : on leur a dit qu'ils obtiendraient ainsi ce qu'ils souhaitent. Inutile de préciser que quand ils arrivent, ils ne comprennent pas tout de suite les règles du jeu. Par exemple, ce n'est pas l'homme qui "fait" que leur souhait se réalise : il est juste l'arbitre, en quelque sorte ; ils doivent venir à lui pour connaitre la chose à accomplir, pour reporter régulièrement sur l'avancement de leur mission, mais il n'intervient pas de quelque façon que ce soit en-dehors de ces règles. Cela occasionne énormément de frustration de la part des visiteurs de notre homme, qui pensent qu'ils peuvent négocier avec lui, voire même le forcer à arrêter le cours des choses. Ce à quoi il s'entêtera à leur répéter que ce sont eux qui remplissent la mission et font que le voeu se réalise ; s'ils veulent tout arrêter parce qu'ils ne s'en sentent pas capables, ils n'ont qu'à le faire... par contre ça signifie qu'ils n'auront pas ce qu'ils veulent. Evidemment, ce n'est pas facile à entendre pour ses interlocuteurs qui espéraient trouver en lui une solution.
Les cas qui lui sont présentés sont très variés au cours de ces deux saisons (la seconde date à peine du mois dernier). Une vieille femme veut que son mari soit guéri de son Alzheimer, un célibataire veut que la belle blonde en page centrale tombe amoureuse de lui, une jeune fille veut résoudre les problèmes d'argent de son père... La mission que le carnet trouve pour eux semble n'avoir aucun lien avec leur désir initial : la jeune fille doit aider quelqu'un qui est enfermé depuis de nombreuses années à sortir de chez lui, le célibataire doit protéger une petite fille pendant de longues semaines, la vieille dame doit faire exploser une bombe dans un lieu public.
Eh oui, pas de trip type Anges du Bonheur, les missions ne sont pas toujours faciles, et encore moins positives. Plutôt le contraire, en fait.

Car The Booth at the End se fait au contraire forte d'étudier les cas de conscience que cela soulève chez les différents visiteurs de la banquette. Les conversations avec notre homme sont toujours extrêmement profondes, intelligentes, et surtout d'un inconfort aigu, déplaisant. Ce père qui doit tuer une petite fille pour que son fils soit sauvé de sa leucémie trouvera-t-il la force de tuer la gamine de 4 ans qu'il a trouvée comme cible "parfaite" ? La bonne soeur qui a cessé d'entendre Dieu (on parle décidément beaucoup de lui sur ce blog ces derniers temps !) acceptera-t-elle de tomber enceinte afin de communier de nouveau avec Lui ?
Mais plus que l'idée, un peu karmique, qu'il faut donner pour recevoir, The Booth at the End fait aussi un épatant travail en liant certaines intrigues les unes aux autres. Pas toutes, heureusement, sans quoi cela pourrait paraître excessivement tordu. Mais suffisamment pour qu'on regarde parfois l'homme étrange avec effroi : puisqu'il sait que ces deux personnes vont se croiser, comment peut-il réussir à garder son calme ?
Il y a, toutefois, une certaine poésie dans la façon dont la série s'aventure sur le terrain des causes, des conséquences, et des réactions en chaîne, et dans la façon dont les épisodes lient, progressivement, certains Destins les uns aux autres. De ce côté-là il est absolument impossible de ne pas se laisser surprendre plusieurs fois.

La question de la responsabilité, mais aussi de l'identité, sont centrales dans une série comme celle-là. Les personnages se demanderont ainsi, à plusieurs reprises : qui suis-je pour faire ça ? Ou, plus terrifiant... qui suis-je pour ne pas le faire ?
Evidemment c'est aussi la question de la responsabilité de notre homme flegmatique qui se pose. D'abord parce qu'il est toujours un peu choquant de voir le visage de cet homme rester neutre en dépit des horreurs qui lui sont dites. Et puis parce que, avare de ses mots, il ne cherche jamais à laisser perdurer le trouble : il est prêt en permanence à clarifier les règles du jeu ("I don't like the rules", lui dira l'un de ses interlocuteurs... "Then don't play the game", lâchera l'homme comme une évidence innocente), à rappeler à chacun que tout peut être arrêté à tout moment, et qu'ils ont l'entier choix du moyen pour arriver à leurs fins. Et la différence est d'importance, car l'énoncé de leur mission est souvent bref, limite sybillin, et c'est leur propre interprétation qui sera parfois la cause des tourments des personnages. Mais ces tourments seront aussi l'occasion pour nous de plonger dans les ténèbres de l'âme humaine, et la série ne rate absolument aucune de ces plongées terrifiantes.
L'homme assis sur cette banquette est-il le Diable qui offre un pacte ? Une sorte d'intermédiaire avec Dieu ? Ou quelque chose d'autre... L'un des suppliciés lui lancera un acide "you're a monster", auquel il répondra placidement : "you might say I feed monsters". Ce qui est sans doute le plus glacial qu'on pouvait imaginer. Et dans le fond, voulons-nous vraiment percer son mystère ? Au fur et à mesure que la série avance, un autre face à face se profile, et il n'est pas non plus très joyeux...

Avec ses dialogues fins, intelligents et jamais dans la surenchère de mystère, ses personnages pléthoriques à la psyché complexe mais toujours captivante, et son personnage central qui, progressivement, prend de l'épaisseur en dépit de son mystère, The Booth at the End est une superbe expérience de fiction, qui se double, de surcroît, d'une intéressante initiative online. Ainsi, sur le site officiel de la série, vous avez accès à une intrigue totalement inédite, sous forme de jeu, pourvu de tenter, vous aussi, d'obtenir ce que vous voulez en échange d'une mission à remplir...

Alors ? A quel point voulez-vous ce que vous voulez ?

Posté par ladyteruki à 22:07 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

25-06-12

Merci d'avoir ruiné ça pour moi

Depuis quelques années, j'essaye de faire de mon mieux pour laisser à toutes les séries que je découvre une chance de me séduire aussi équitable que possible. C'est d'autant plus intéressant qu'avec, entre autres, mes excursions dans diverses contrées du monde, je découvre de plus en plus de séries, et que ma façon de les découvrir a évolué.

Quand on se "contente" de la télévision américaine, finalement, on peut assez facilement échapper à un certain nombre d'idées préconçues. Il me suffit personnellement d'éviter au maximum les news, les trailers et les reviews, et en général ça se passe plutôt bien. Il arrive même que je lance un pilote sans avoir la moindre idée de qui sera au générique, mais ça, c'est vraiment les jours de grâce ; la moyenne c'est en général que je connais à peu près de quoi ça va causer et qui est devant et/ou derrière la camera, et je m'arrange comme ça. Eviter les reviews est d'ailleurs assez facile, étrangement. Parfois ça m'étonne encore, pour tout vous dire.
Mais quand il s'agit de télévision non-américaine, autant jouer carte sur table tout de suite : n'espérez pas de surprise. Comme l'accès à l'information est loin d'être aussi pléthorique qu'en matière de séries US, le simple fait de tenter de connaitre l'existence d'une série étrangère s'accompagne généralement de la réception de tous un tas d'informations qui font que vous ne pouvez plus être ignorant de grand'chose une fois que le pilote est à portée de mimine. Aussi paradoxal que ça puisse sembler être, la surinformation sur les séries américaines protège.

Cependant, quel que soit mon degré d'accès à des informations sur une série, je tiens à essayer de commencer chaque pilote avec l'esprit le plus ouvert possible. Ca ne veut pas dire que j'embrasse toutes les séries avec amour dans l'harmonie et les chants d'oiseaux ; lancez-moi sur Whitney, mettons, et vous allez voir ce que la série va prendre. Mais ça signifie que j'essaye de commencer chaque pilote avec aussi peu d'idées arrêtées que possible sur ce que l'épisode va m'offrir. Je l'écorche vif seulement ensuite.
C'est par exemple comme ça que je ne ressens pas le plus petit embryon d'hostilité envers Elementary alors que j'ai ressentis quelques uns de mes plus gros orgasmes téléphagiques de 2012 devant Sherlock (et pourtant Dieu sait que j'ai pris un pied monstrueux pendant le premier semestre 2012 !). Rien à faire, j'arrive pas à être dans un autre état d'esprit que "on verra bien ce que ça donne, attendons avant de juger". En fait j'en suis à un tel stade d'attitude zen sur ce genre de choses, que je me surprends à ne pas sautiller d'impatience à l'idée que Last Resort arrive à la rentrée. Ce pitch est fait pour moi, je devrais trépigner d'impatience au point que c'en deviendrait ridicule, et pourtant, je m'en tamponne méchamment le coquillard actuellement. Du jour où un preair se baladera dans les profondeurs d'internet, soyez sûrs que je vais me jeter dessus comme une crève-la-faim, mais je fais ça pour tous les pilotes, alors ça n'est pas un critère. Non, pas d'anticipation enthousiaste ni d'attente au tournant, je ne suis que paix et sérénité. J'attends les pilotes.

Mais parfois, cette jolie position de hippie est quand même un peu difficile à maintenir, soyons honnêtes. Quand vous avez connu quelques uns de vos premiers émois téléphagiques devant A la Maison Blanche (et c'est le cas pour nombre de ma génération de téléphages), la perspective d'une nouvelle série d'Aaron Sorkin, à plus forte raison sur HBO, fait quand même un peu frétiller de la télécommande (une télécommande métaphorique, qui utilise encore ces engins de nos jours ?!). La découverte d'A la Maison Blanche sur France 2 a coïncidé pour moi la pleine période où, libérée des contraintes qui me séparaient d'un accès décent à la télévision (comprenez : je n'avais plus à partager ma télévision avec mes parents), je pouvais enfin faire des centaines de découvertes, et la série s'est tellement insérée dans mon existence alors que mon critère pour garder un mec était de tester sa réaction devant le pilote d'A la Maison Blanche. J'exagère, mais pas de beaucoup.
Bon alors sur la fin, bon, j'ai un peu fauté et j'ai jamais vu les deux dernières saisons (sue me), mais vous voyez ce que je veux dire.

Donc, The Newsroom semblait être une raison de faire entorse à la règle et de me sentir toute émoustillée à l'idée de commencer une nouvelle série de Sorkin.
Le plan pendant longtemps a été d'essayer de temporiser cet enthousiasme en évitant comme toujours tout ce qui pouvait ressembler aux trailers, aux news et aux reviews. Je ne suis actuellement pas capable de vous dire s'il y a eu des trailers, qui est au générique de The Newsroom en-dehors de Sorkin ou même en guest, et...

TheNewsroom

...Et échec total sur les reviews. Je pratique pourtant Twitter depuis plus de 3 ans mais rien à faire, en dépit d'une technique jusque là irréprochable pour éviter les influences extérieures, impossible d'échapper au raz-de-marée de retours négatifs, pour ne pas dire incendiaires. L'échec critique (ou supposé tel) est absolument partout.

Mais je crois que le pire, c'est que ça s'apparente presque à du bashing à ce stade. Parce que je ne lis même pas vraiment que The Newsroom est mauvais.

Ce weekend j'ai craqué. Deux fois.
Quand j'ai appris que le pilote avait leaké avec quelques heures d'avance, j'ai supplié l'ami Doctor Bluth de me fournir ma dope. Je n'y tenais plus. Mais qu'est-ce qu'ils avaient donc tous à se lâcher comme ça sur The Newsroom ? Avec la bonne prescription, je me suis donc ruée sur le preair... que j'ai aussitôt effacé. Non, non lady, tu peux attendre quelques heures que le pilote soit diffusé. Si tu te précipites dessus, tu ne seras pas objective. Essaye de comprende ce qui se passe autour de cette série pour que tout le monde unanimement joue à la piñata avec. Merci quand même, Docteur, mais finalement, ça va passer tout seul.
Quelques heures plus tard, j'ai cédé et lu un papier sur la série, paru sur The Globe and Mail. Une interview de Sorkin par Sarah Nicole Prickett. Enfin, pas vraiment : l'entrevue avec Sorkin était soit brève, soit étonnamment silencieuse, car Prickett se contente de taper à bâtons rompus sur l'homme, en ne rapportant presqu'aucun de ses propos et en ne parlant presque pas du pilote. Du coup à part faire un procès d'intention à Sorkin, on n'en saura pas plus. The Newsroom est-elle une mauvaise série ? On ne le saura pas. On n'en a pas l'impression. On sait juste que le simple fait de se passionner pour un personnage masculin dans un contexte de media mainstream est sexiste, paternaliste et rétrograde. Vlan dans les dents.

Ces deux mésaventures de ce weekend ont eu énormément de conséquences sur moi et mon espoir de prendre les choses avec distance et, autant que faire se peut, objectivité.

Mais d'objectivité il ne peut plus être question. Comment faire preuve d'objectivité en lisant le flot de commentaires à la limite du haineux ? Soit on se laisse influencer par eux et on aborde le pilote de The Newsroom avec méfiance, en cherchant la preuve que ces commentaires sont exacts et fondés ; soit au contraire on se laisse influencer par eux et on regarde le pilote de The Newsroom en y cherchant la preuve que la série est bonne en dépit de ce qu'en disent les critiques (qui ont souvent l'air de fonder leur réprobation sur autre chose que la qualité intrinsèque du pilote). Comment dompter mon esprit pour échapper à cette polarisation, dans pareil contexte ?

Est-ce que Sorkin est vraiment un enfoiré sexiste, paternaliste et rétrograde ? Peut-être, qu'est-ce que j'en sais... Est-ce que son succès commence à faire un peu chier ? J'en sais rien, je suppose, mais il y a des envieux partout et tout le temps, alors pourquoi maintenant... Est-ce que ses séries dévoilent une façon d'envisager la société, la politique et la nature humaine qui soit légèrement teintée de conservatisme ? Possible, personne n'a jamais dit que c'était incompatible avec la pensée libérale...
Mais Sorkin écrit aussi des choses absolument brillantes, quand même, bordel.

Et le problème majeur de la plupart des séries fortement conservatrices à la télévisions, c'est qu'elles puent du script.
Vous prenez les Anges du Bonheur ou The Secret Life of the American Teenager et vous avez tout compris. Elles ne sont pas les seules (au contraire, c'est vraiment de la caricature de série conservatiste, j'en suis bien consciente), parfois certaines sont un peu moins pires, mais grosso-modo, on en est là. Les idées y sont simplifiées, les rôles des sexes dans la société, la totale. Les séries conservatrices n'ont même pas besoin que les reviews écrites par des libéraux les écorchent, elles se font du tort à elles-mêmes parce que la majeure partie du temps, les scénaristes conservateurs veulent véhiculer leurs idées de la façon la plus simpliste possible, pensant visiblement s'adresser à des cons.
Alors si un type comme Aaron Sorkin arrive à faire de la grande télévision en employant certaines idées un peu passéistes des conservateurs, mais grand bien lui fasse, on en a besoin, de comme lui !
Parce qu'en réalité, des mecs capables d'écrire d'aussi bonnes choses (fussent-ils un peu trop contents d'en être capables ; la télévision intelligente, c'est redevenu un gros mot, ou quoi ?), même du côté des gens totalement modernes sur toutes les idées de société, on n'en a pas non plus des millions. On peut avoir des idées modernes et ne toujours pas savoir écrire une série. Qu'est-ce qui est préférable ?

Je refuse une télévision qui refuserait d'aborder certains concepts, certaines postures, certains réflexes, au prétexte que c'est pas assez moderne. La bonne télévision n'est pas forcément la télévision qui partage nos idées (ou pas toutes). Et j'ai envie de croire qu'on peut apprécier la fine écriture de Sorkin sans partager toutes ses idées. On n'a pas de couteau sous la gorge, il me semble. On peut avoir adoré Bartlet et ne pas avoir été d'accord avec toutes ses décisions (rien que l'histoire de la sclérose, bon...). Pour autant, le personnage était brillamment écrit, et permettait d'articuler plein de concepts qui ont poussé des millions de télespectateurs à réfléchir sur des sujets auxquels ils n'auraient pas forcément consacré beaucoup de réflexion sans la série. Si cela nécessite un scénariste un peu paternaliste, qu'il en soit ainsi !

Voyez, déjà, je sens que d'objectivité il n'est plus question. Et c'est là que je m'aperçois que j'ai mis un doigt dans l'engrenage : désormais, si je regarde le pilote de The Newsroom, je vais en attendre plein de bonnes choses... Dans le fond, peut-être que les critiques avaient raison ? Désormais, le visionnage du pilote de The Newsroom sera forcément entaché par les avis qui l'ont précédé, par l'impression de lâchage un peu injuste qui en ressort (toute unanimité est douteuse, non ?), et par mon histoire avec A la Maison Blanche notamment. La moitié de mon plaisir à aborder ce pilote a été gâchée.
Et, oui : j'ai dit "si".

EDIT : cet article a été préparé à l'avance, because ce soir, c'est enregistrement du podcast !

Posté par ladyteruki à 23:10 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

15-04-12

Parfois on préfèrerait ne pas savoir

Ah, internet ! Monde fabuleux où se croisent les esprits les plus tordus et les goûts les plus uniques ! Et quelle meilleure preuve à fournir des richesses d'internet que d'aller fouiner dans les mots-clés menant à celui-ci ?
Il est vrai que je ne pense jamais à faire de post Tell Me You Google Me, essentiellement parce qu'il y a des tas d'autres choses sur lesquelles écrire la plupart du temps. Et pourtant, chaque fois que je vois des mots-clés amusants, je sauvegarde tout ça "pour plus tard", alors imaginez un peu : ma collection de perles est plus que volumineuse !

Je vais donc m'efforcer de vous en proposer une sélection en triant les requêtes par catégories, et vous allez le voir, en comparaison avec la plupart de mes visiteurs accidentels, vous n'avez aucun problème psychologique...

- Les pervers
TEEN D'ANTAN JOLIES NUES CANALBLOG
Et pis ça a l'air urgent, sans vouloir vous commander.
scandale à l'amirauté scène strip-tease
Ce qui me fait penser : personne n'a eu l'idée d'en faire un remake, de celle-là ?
petits pois et connotation sexuelle
C'est Maître Eolas qui serait intéressé.
serie comme shimokita glory days
Je crois que la requête parle d'elle-même, mais en cas de doute, suivez les tags au bas de ce post.
ned bigby porn
Otez-moi un doute... Ned Bigby, sans aucun doute possible, est un personnage adolescent d'une série pour la jeunesse ? Ya aucun moyen pour que je confonde avec quelqu'un d'autre, on est d'accord ? Juste pour savoir si je vomis tout de suite ou pas.
actrices japonaises nues
Je suis pas experte (déjà habillées, elles ne m'attirent pas plus que ça), mais j'ai comme l'intuition qu'il n'y a rien à grailler dessus.
american horror story latex ou trouver
Ah ok, d'accord, merci, en plus des zombies et des vampires, maintenant je vais avoir du nouveau matériel pour mes cauchemars.
douche garcon ado nu en public
D'accord, c'est écoeurant de faire une telle recherche. Mais voyez par vous-mêmes, la personne a été bien punie.
alice garvey l'incendie
Parce que la perversion n'est forcément sexuelle...
les séquences sexy de ma famille d'abord
Et pendant ce temps je réserve une place pour le prochain vol orbital. Je refuse de continuer à vivre sur cette planète.
film de danse nomie
De danse, oui...
maqturbation the tudors
Oui, c'est pour, vous savez, étudier l'Histoire.
make it or break it justaucorps
Oh, encore plus subtil, bien jouééé !

- Les de-quoi-je-me-mêle
lee pace is gay
Parce que connaître l'orientation sexuelle d'un acteur que vous ne rencontrerez jamais, ou alors pas plus de 2mn dans le meilleur des cas (dédicace quelconque), est forcément une information capitale.
frederic hosteing vie privee // frederic hosteing celibataire
Allez, il faut se dire que c'est le prix de la célébrité...
kathryn morris operation // amanda tapping bisexuelle
Ca me change de tous les mots-clés en rapport avec leur poids (ou absence de).
acteur ma famille d'abord mort
Le plus triste dans cette affaire, c'est sans doute que Damon Wayans est toujours en vie.
lucy hale obese
Je crois qu'on s'est tous fait la réfléxion. NOT.
quelle est le numero de hannah montana
Han non ! Trop conne ! Je l'ai laissé dans mon autre veste.
sourcils simon astier
Et maintenant on est tous en train de visualiser les sourcils de la famille Astier et de les comparer mentalement, pas vrai ?

- Les curieux
la chartreuse de parme rai uno synopsis
Uniquement celui de la version de Rai Uno, hein, parce que le bouquin du même nom n'a évidemment rien à voir.
serie muhtesem yuzyil en francais // Muhtesem Yüzyil sous titres français
Franchement, si vous trouvez, faites tourner.
2 ème partie du Muhteşem Yüzyıl en arabe
Ce n'est que mon avis, évidemment, mais ce serait pas plus simple d'utiliser des termes en arabe pour cette recherche ?
the lost room saison 2
J'ai toujours de la peine pour les gens qui découvrent plus de 5 ans trop tard qu'une série n'aura pas de suite. C'est un peu comme apprendre que la petite souris n'existe pas quand vous finissez de passer un diplôme de dentiste...
space 2063 suite
Voilà voilà.
space 2063 spoiler
Voilà quelqu'un qui sait vivre dangereusement.
regarder coronation street en france
Mais c'est hyper faci-... euh, attendez : légalement ? Ah non alors j'ai rien dit.
meet the browns qu'en pensez vous
Pas des masses de bien, pour être sincère.
ncis série gros navet
Dans mes bras, mon frère !
majisuka gakuen saison 2 deception
Techniquement, si on a vu la première, plus rien ne peut décevoir, mais après c'est sans doute mon biais téléphagique qui m'incite à dire ça, rapport au fait que je juge les séries plutôt sur leur scénario que sur la longueur des jupettes des idols.
dvd se deshabituer
C'est très très difficile et il est recommandé d'utiliser un patch dans un premier temps.
deadwood est violent
NoooooooOOOOOooooon ?! Vraiment ? Hm. M'charries, là.
jersey shore serie pitoyable
Je conteste l'appellation-même de "série", mais sur le reste je ne peux qu'approuver.
series de la trempe de game of thrones
Ca va être très, très difficile d'en trouver, reconnaissons-le.
citations serie anges du bonheur
Parce que quand je pense à une série dont les dialogues valent la peine d'être mémorisés, immédiatement, je pense aux Ahem du Bonheur.
quand va ton revoire hidden palms
S'il y a un Dieu de la Téléphagie, JAMAIS.
je n'aime pas sonny with a chance
Dans un premier temps, instinctivement, si vous êtes comme moi, vous avez envie de vous réjouir de cette requête. Ensuite vous vous demandez à quoi ça sert de faire une recherche Google avec ces termes si vous n'aimez vraiment pas la série... et c'est là que vous en arrivez à la conclusion qu'il s'agit en fait probablement d'un fan qui cherche les gens qui n'aiment pas Sonny with a Chance pour défendre leur série fétiche sur leur site/blog/forum/whatever. Et soudain, le monde semble encore un peu plus pathétique qu'à la requête précédente.
blog sur coeurs rebelles
J'en profite pour reposer la question : qu'est-ce qui pousse des gens à chercher (ou écrire, d'ailleurs) des blogs entiers sur des séries qui ont disparu des écrans voilà des années ? Le mystère reste entier depuis la dernière fois.
quel est le nom de punky brewster
...Henri IV ?

IndicePunky
Un indice.

- Les, euh...?!
l'être humain est cruel par ses awkward
C'est effectivement embarrassant.
ô jeunesse ô désespoir
Original. Ce doit être un remake.
POSTER NCIS QUEL PRIX
Ce sera toujours trop cher payé.
tina fey qui pleur
Les mots me manquent. WTF, quoi ?!
fran drescher sans maquillage
Il faut se méfier des souhaits.
One tree hill PONT
Sans conteste mon personnage préféré de la série.
soprano vu par enfant 11ans
Ce genre d'expérience éducative aurait tendance à conduire à une délicieuse et inoubliable rencontre avec le personnel des services sociaux.
are you there ladytelephagy
Non c'est la porte d'à côté.
cheveux long ghost whisperer
J'ai toujours pensé que l'ingrédient majeur du succès de cette série, c'était les faux-cils, mais je reste ouverte au débat.
j'ai pas compris la blagie
Mou non plus.
romain antique marrant
Marc Antoine était un vrai rigolo, mais j'ai toujours pensé que César avait un humour plus raffiné, quoique moins grand public.
une personne me demande si j'aime la série ma famille d'abord
Ignorez-la. Pour toujours.
ton problème c'est que je présente bien that's 70 show
Ca doit être ça.
n'avoir rien a raconter
Il y a des gens qui cherchent sur internet un résultat pour ça. Ca laisse songeur, hein ?

Et pour finir, mon préféré...
- Le dyslexique :
ldythelephagya

Bonne soirée à tous !

Posté par ladyteruki à 00:41 - Tell Me You Google Me - Permalien [#]

26-07-11

Le fruit n'est pas tombé loin de l'arbre

Vous avez remarqué à quel point les séries du passé sont forcément taxées d'être GENTILLES ? (ô insulte suprême dans un monde de téléphages cyniques attendant toujours plus de noirceur et de sérieux de leurs fictions)
C'est à la suite d'une discussion avec plusieurs d'entre vous sur Twitter que j'y ai repensé. Non que ce soit forcément dit avec mépris par mes interlocuteurs. Mais force est de constater que cela permet de se défausser systématiquement de ces séries, au prétexte qu'elles sont les reliques de temps immémoriaux (en années-internet) pendant lesquels il était courant qu'une série ait un regard positif sur le monde, les relations ou encore, simplement, la narration. Le happy end nous écoeure tous aujourd'hui, me dis-je parfois dans un excès de pessimisme (prouvant par là que je n'ai pas tort).

Pourtant, quand je ne m'escrime pas à vous faire regarder The Yard (clin d'oeil, clin d'oeil) ou, pire, des séries même pas anglophones, il me plaît d'essayer de défendre l'indéfendable : des séries datant d'il y a plusieurs décennies. Une tâche dont je ne suis, certes, pas la plus éminente ambassadrice, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a et, ma foi, j'ai l'amour de Three's company et Maude chevillé au corps, c'est déjà pas si mal. Pis plus près de nous, je me repasse encore des dialogues des Craquantes ou Roseanne, et je suis toute aussi ravie.
D'accord, ce sont plus souvent des comédies. C'est aussi parce que, entre vous et moi, c'est quand même plus agréable à regardé que la plupart des comédies d'aujourd'hui.

Mais les décennies passées n'ont pas été que rires et bouffonnades. Et c'est ça qui est intéressant, bien qu'un peu triste. C'est qu'on ne se rappelle que des séries drôles, et souvent familiales, et que ça permet de prendre un petit air condescendant en disant "ah, mais ça, c'étaient des séries comme on en faisait avant, c'était GENTIL, quoi". Vlan dans les dents.

Il ne vous aura pas échappé (ou si c'est le cas, prenez un air assuré et allez lire ce post discrètement quand j'aurai le dos tourné) que je ne mange pas de ce pain-là. Je revendique haut et fort mon attachement aux séries de jadis, peut-être moins fort qu'aux séries nippones ou australiennes, certes, mais quand même, et j'ai toujours une liste de séries à tester à l'occasion (tenez, la prochaine, c'est Voyage to the Bottom of the Sea, quand j'aurai du temps, et si je m'en tiens à mon planning... ah ah ah, je me fais rire toute seule dites donc).

La conversation du jour tournait autour de la classification de La Croisière s'amuse : selon SeriesLive, il s'agissait d'un soap. Mais comment la classer ? Comme un drame ? Certainement pas. Une comédie ? C'état un peu dérangeant quand même. Bon résultat, non seulement j'ai rien changé à la fiche, mais j'ai joué ma timorée sur la fiche de Das Traumschiff qui était la raison pour laquelle je consultais celle de La Croisière s'amuse.
Au cours de la conversation sur ce thème, donc, l'exemple de L'Île Fantastique est venu sur le tapis. Le soucis c'est que, si effectivement les séries sont comparables dans leur formule (notamment le fait que plusieurs histoires se croisent, permettant à plusieurs scénariste de travailler dans un même épisode), sur le ton elles n'avaient pas grand'chose en commun. Lorsque j'ai regardé le premier épisode de L'Île Fantastique voilà quelques semaines, l'histoire n'avait pas grand'chose en commun avec un épisode de La Croisière s'amuse, ou disons, en partie seulement. Car si d'un côté, on y trouvait deux jeunes femmes souhaitant vivre l'existence de la jet set (et qui du coup, c'est fatal, rencontraient chacune un homme qui permettait de se poser des questions sur la classe sociale de façon assez explicite, donc avec quand même dans l'idée de réfléchir et pas juste raconter une romance), l'autre partie était consacrée à un fantasme bien particulier : un magicien qui voulait accomplir "l'évasion ultime" se retrouvait envoyé dans une prison dont on ne réchappe pas. Envoyé ainsi dans le passé (et pas juste dans une illusion du passé, comme on pourrait s'y attendre, donc avec une forte composante fantastique qu'on a aussi tendance à oublier), il se trouvait réellement prisonnier, et il pouvait réellement mourir. A lui de voir si le défi en valait la peine... La leçon, loin d'être bienveillante, est alors réellement cruelle, et pas juste une gentille petite fable moralisatrice. Le personnage est réellement mis en danger, et même si on ne se fait pas de soucis pour lui, on a une vraie teneur dramatique, et pas juste une petite cabriole scénaristique. A côté, même les gars de Mission: Impossible étaient plus prudents sur les conséquences de leurs petites mises en scène. Et eux, ils travaillent pour le gouvernement.

RosyMemories_FantasyIsland
Outre cet exemple frais dans ma mémoire, on va exceptionnellement faire l'effort de se rappeler de mon plaidoyer pour réhabiliter (un peu) les Ahem! du Bonheur, qui, même si ses méthodes étaient, je vous l'accorde, celles d'une production peu raffinée en général, et pas téléphagiquement exigeante en particulier, avait tout de même quelques qualités dramatiques qu'on a eu vite fait d'oublier, quand on ne les a pas tout simplement ignorées.

Parce que c'est si facile de faire des généralités. C'est si facile d'avoir une mémoire partielle. C'est si facile de mettre des séries dans des cases.

Et je n'adresse pas ce reproche à qui que ce soit en particulier. Je suis consciente d'être moi-même, encore, parfois, d'un certain snobisme, alors que pourtant, en toute humilité, on ne peut pas dire que je ne fasse pas d'efforts pour regarder des séries contre lesquelles j'avais un fort préjugé il y a quelques années à peine encore. Genre Awkward., par exemple. Ou tout simplement, comme une série non-américaine. Parce que les habitués de ce blog le savent, il y a encore quatre ans, à l'ouverture de ce blog, j'étais du genre à considérer que hors la fiction US, point de salut, bien que regardant déjà des séries nippones. On a tous le droit de grandir, hein, je ne fais pas exception.

Mais enfin voilà, je trouve que ça en dit long sur nous en tant que communauté de téléphages, de voir que systématiquement, on a tendance à amoindrir l'impact dramatique des séries d'antan. J'ai regardé Roseanne il y a encore pas si longtemps avec la conviction qu'on avait changé d'époque et que celle-ci s'inscrivait dans la sienne ; alors évidemment, loin de moi l'idée de prétendre qu'on fait aujourd'hui les séries de la même façon qu'hier, et inversement.

Pourtant, de la même façon que, quand on parle de séries estivales en se disant que c'est le genre de série sans importance qu'on regarde et qu'on oublie aussi vite, on met soigneusement de côté le fait que Mad Men a, au départ, débuté comme une série estivale, eh bien de la même façon, on pense aux séries des décennies passées comme si elles avaient toutes uniquement proposé des Madame est Servie, et qu'il n'y avait pas eu de Prisonnier, pour ne citer que le meilleur des contre-exemples.
L'équipe du SeriesLive Show a d'ailleurs fait l'expérience d'une excellente bonne surprise quand, au début de notre première saison, nous avons découvert le pilote de Hawaii, Police d'Etat, et que la réalisation comme l'histoire allaient plus loin que le stéréotype qu'il nous en était resté.

Peut-être qu'on devrait regarder de "vieilles" séries plus souvent.
Ca nous rappellerait que les séries d'aujourd'hui que nous tenons en si haute estime... ont de qui tenir.

Posté par ladyteruki à 18:04 - Série de valeurs - Permalien [#]

30-06-11

Jetlag

Finalement, et même si je ne renie absolument pas mes raisons pourries de regarder Single Ladies, je crois que le côté "ça brille et c'est joli" n'est pas la seule chose qui m'attire dans cette série.

Le problème, c'est que, à l'instar de l'épisode de Roseanne que je regardais l'autre jour, on n'a pas souvent cette discussion avec soi-même où on essaye de reconnaître qu'on a, dans le fond, un peu, des préjugés. Et moi, lady, qui regarde des séries d'à peu près tous les pays pourvu de mettre la main dessus, je suis une raciste.
Parce que dans le fond, j'ai longtemps évité les séries avec, de, et pour les Afro-américains.

SingleLadies-1
Ce n'est qu'à moitié vrai, bien-sûr. J'avais regardé le pilote de Soul Food voilà bien longtemps (et même fait la fiche), j'avais vu de nombreuses comédies d'UPN et consorts... mais voilà, je les avais regardées et aussitôt mises de côté.
Sauf que c'était avant. Avant que je n'accepte de faire tomber les frontières ; quand j'ai admis que les fictions autres qu'Américaines pouvaient être dignes de mon attention (et ce alors que j'en regardais depuis des années, mais il faut voir le temps que ça m'a pris de l'accepter), et que j'ai ouvert ce petit truc dans ma tête qui faisait obstacle à la découverte franche et sans retenue de fictions "différentes". Ainsi, je me défaussais systématiquement des séries afro-américaines parce qu'elles ne répondaient pas aux critères mainstream de la série qu'il est honorable et gratifiant de regarder.

Et pourtant, quand je repense aujourd'hui au pilote de Soul Food, je me dis que je retenterais bien le coup. Parce que j'ai fait le chemin qui me permet d'accepter un peu mieux les séries différentes.

Aujourd'hui, notamment après des expériences comme House of Payne, Are we there yet ou Let's stay together, je sais que j'ai toujours du mal avec les comédies Afro-américaines ; elles me font, au mieux, sourire, jamais rire. Il y a peut-être un mécanisme d'identification qui est sous-jacent en comédie et qui est peut-être moins actif avec les séries dramatiques, je ne sais pas.

Mais devant Single Ladies, et c'est quelque chose que j'avais, finalement, perçu un peu avec Let's stay together, on sent qu'on a affaire à une sous-culture américaine, un truc qui n'est pas aussi mainstream que le reste, et il faut se l'avouer, ça demande une certaine plasticité téléphagique, une petite gymnastique, que je n'avais pas il y a encore deux ans, mettons, et que j'ai progressivement acquise.

Ce n'est pas qu'une question de normes télévisuelles dans l'écriture, le jeu, la mise en scène ou encore la musique. Evidemment, il y a des différences, mais je suis convaincue qu'on les dépasse assez facilement quand elles s'appliquent à des fictions "classiques". Mais ajoutez-y des particularités culturelles, et tout de suite, il y a un obstacle que tout le monde n'est pas prêt à franchir, et que je m'aperçois n'avoir franchi que récemment.
Les relations hommes/femmes sont différentes. Le rapport à la sexualité, mais aussi à la famille, est différent. Pas du tout au tout, et c'est là le piège. Mais juste assez pour qu'on manque légèrement de repère. Et c'est aussi ce qui explique qu'il ait pu être plus facile de regarder une série japonaise qu'une série afro-américaine pour moi, pendant si longtemps, c'est qu'au moins on sait qu'il est normal d'être dépaysé et décontenancé par les différences quand il s'agit du Japon, tandis que, quand il s'agit d'Atlanta, ça tombe moins sous le sens. Encore cette fameuse erreur assez française qui consiste à considérer les USA comme un seul pays et non un patchwork d'identités, comme si regarder une série américaine signifiait qu'on tombait toujours dans la même culture ; regarder Les Ahem! du Bonheur et Oz devrait pourtant nous apprendre quelques leçons, mais non, pas nécessairement.

SingleLadies-2
Donc voilà, je crois que ce qui m'intéresse aussi, dans Single Ladies, ce sont les propos qui me semblent sexistes mais qui sont considérés comme parfaitement acceptables par les personnages, les dialogues qui me semblent incongrus (par exemple Val demandant à son rendez-vous eurasien s'il est déjà sorti avec des femmes de couleur) et qui trouvent un sens dans le fond, toutes ces choses que je ne voyais que comme des défauts et que je vois comme des particularités à présent.

Ca ne rend pas Single Ladies meilleur. Du tout. Certains dialogues sont toujours authentiquement absurdes, ridicules, sirupeux et tout et tout. Il y a toujours une forte propension à nous faire du Zane's Sex Chronicles sans le sexe. Il y a toujours trop de clinquant et de belles robes.

Mais je crois aussi que j'accuse mieux le choc culturel, et c'est ce qui me rend curieuse vis-à-vis de la série.
Et du coup hier j'ai tenté All of Us, pour vérifier ma théorie : ouais, j'ai encore du mal avec les comédies. Par contre, de moins en moins avec le jeu des acteurs, étrangement. Donc si quelqu'un a un BON drama à destination du public afro-américain à me recommander, j'irais bien explorer un peu la question.

Une fois de plus, regardant des séries de la planète entière m'a appris à regarder les séries américaines différemment. Le nombre de richesses que mes voyages téléphagiques m'apportent, c'est fou.
Et pourtant, en écrivant cet article, je me demande si ce n'est pas maintenant que je tiens des propos racistes. Le voyage n'est jamais vraiment fini.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Single Ladies de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:57 - Série de valeurs - Permalien [#]

24-02-10

Ma came

"Je suis un alcoolique. Je ne prends pas qu'un seul verre. D'ailleurs, je ne comprends pas qu'on puisse prendre qu'un seul verre, je ne comprends pas qu'on puisse laisser un demi-verre de vin sur la table, je ne comprends pas qu'on puisse dire "merci, ça suffit"... Comment peut-on se lasser d'une telle sensation ? Comment ne pas avoir envie de la ressentir plus longtemps ? Moi mon esprit ne fonctionne pas comme ça."
(Leo McGarry, A la Maison Blanche - 3x10 : Bartlet pour l'Amérique)

Bon, je vais être franche avec vous, je viens tout juste de découvrir l'existence des PRISM Awards, via la news du site Le plus en séries. Et encore, même là c'est un hasard, puisque je ne lis jamais ce site d'ordinaire (vu que je ne pratique pas les sites qui ne proposent que des news). Pourtant, le sujet me captive, mais enfin force est de constater que ce n'est pas l'award le plus discuté sur les sites et blogs consacrés aux séries. En tous cas, c'est comme ça que j'ai appris qu'il y avait d'autres personnes que moi qui trouvaient qu'on ne parlait jamais assez de personnages au comportement addictif. Vous voulez qu'on recompte le nombre de fois où je vous ai parlé de Rude Awakening ? Voilà, CQFD.

RudeAwakening

Pour ceux qui, comme moi pour le coup, manquent cruellement de culture, voilà un bref topo : les PRISM Awards sont remis aux œuvres traitant de la consommation abusive de substances comme l'alcool, les drogues, le tabac, les médicaments... Ce qui, en gros, constitue le cast de ma série idéale, si vous voulez. Il n'y a pas que les séries qui peuvent être récompensées, mais comme je suis téléphage avant tout (bien que je fasse des expériences), je vais faire comme si.

Donc comme toujours dans ces cas-là, j'ai fait un peu de lecture, histoire de rattraper mon retard, et je dois reconnaître que bien des séries récompensées font déjà depuis longtemps partie de mon tableau de chasse. Alors je vous ai préparé un petit florilège de mes vainqueurs préférés...

1997 - Winner
Une Maman Formidable - 4x12 : Un Noël mouvementé
Je ne pense pas avoir vu cet épisode mais il faut quand même dire que la série n'a jamais reculé devant les thématiques sur la boisson. Rappelons qu'à la base, l'héroïne Grace est une ancienne alcoolique, qui a cessé de boire quand elle s'est séparée de son ex-mari, qui la battait sous l'effet de la boisson. Oui, c'est un sitcom, pourquoi cette question ?

2001 - PRISM Commandation
Rude Awakening - 3x02 : Putain de soirée
L'absence de cette série dans le palmarès des PRISM Awards aurait été un scandale. Et pour avoir vu cet épisode, plusieurs fois qui plus est, je peux vous garantir que ça méritait franchement de gagner un trophée. Voir Billie s'engueuler avec son miroir dans la salle de bains, alors qu'un type l'attend dans la chambre pour s'envoyer en l'air afin de pouvoir gagner sa dope, franchement, tout le monde n'aurait pas osé. Faudrait que je me le revoie, cet épisode, puisqu'on en parle.
Titus - 2x19 : L'intruse
C'est pas forcément le meilleur épisode de la série. Et je pense qu'il y en a d'autres qui valent au moins autant sur cette thématique que ce petit épisode avec une ado mal embouchée. Je pense notamment à l'épisode d'intervention, au cours duquel la famille Titus tente d'aider le patriarche... à se remettre à boire. L'effet de cynisme fonctionnait bien mieux.

2002 - Winner
The Division - 1x22 : Dérive
Je n'ai pas encore abordé cette série ici (il faut dire que sa réputation discrète et ses diffusions rares n'aident pas), mais il y a bien des choses que j'avais aimée dans The Division, et notamment le personnage de Jinny, alcoolique notoire qui mettait régulièrement sa carrière voire sa vie en péril à cause de son addiction. Le personnage était un peu une Billie Frank sans l'humour, très touchante mais en même temps beaucoup moins facile à prendre en affection, ce qui est quand même vrai de la plupart des alcooliques, disons-le.

2005 - Meilleur arc - Winner
Jack & Bobby - La rentrée / Le discours de minuit / Frères ennemis
Ah bah, en voilà une autre de série méconnue et hélas trop peu traitée y compris dans ces colonnes. En plus, ça irait vite de se la refaire, cette série, je vais y repenser sérieusement, tiens. Il faut dire que tout un axe tournait autour du fait que la mère de Jack et Bobby avait du mal à se passer de son herbe, chose que même son fils adolescent ne vivait pas aussi bien qu'on le croit. Ce n'était pas tant la qualité d'écriture de cet axe que la prestation de Christine Lahti qui impressionnait beaucoup. Non mais vraiment, plus j'y pense plus je me dis que je vais ptet me refaire une cure de Jack & Bobby.
Le Protecteur - Hallucinations / Amende honorable
Avant The Mentalist, il y avait Le Protecteur. L'acteur principal était tout aussi bon à baffer, mais au moins ça s'expliquait par le scénario, puisque Nick Fallin était pris la main dans le sac de dope dés le pilote, et ce petit avocat riche se trouvait à prendre en charge des affaires pro bono pour le service de l'enfance de la ville. Je me souviens avoir dévoré cette série sur TF1, et avoir eu plusieurs fois des envies de meurtre à cause de ce crétin de Nick, complètement apathique. Mais le fait est que du coup, son addiction était un acte fondateur de la série et de nombreuses intrigues personnelles.

2006 - Meilleur arc - Winner
Reba - Help Wanted / Hello, my name is Cheyenne / Where there's smoke / Best lil'l haunted house in Texas
Outre plusieurs mentions, la série a remporté en 2006 une victoire méritée. L'axe de l'alcoolisme est d'autant plus impressionnant que Reba est un sitcom familial qui très souvent (même si pas toujours) se cantonne au politiquement correct, avec des intrigues classiques et un dénouement où tout est bien qui finit bien. Et là, Cheyenne qui devient alcoolique, vlan. C'est du lourd. Et si au début, la série a réagi par l'humour, au final le traitement a bien mérité cette récompense.

2008 - Meilleur arc - Nomination
Rescue Me - Coups de blues / Les héros du 11 Septembre / Amende honorable / Dieux et fantômes / Un match, une vie
Il est difficile de parler d'alcoolisme sans mentionner Rescue Me ! Je n'ai pas encore vu ces épisodes (mais maintenant que j'ai le DVD ça ne devrait plus tarder) mais je ne doute pas, s'ils sont dans la même veine que ce que j'ai déjà vu, qu'ils retranscrivent des problématiques sur l'alcoolisme de façon très honnête.

2009 - Meilleure performance dans un drama - Winner
The Cleaner - Benjamin Bratt
Sincèrement, je suis déçue. The Cleaner, bien qu'ayant parfois reculé devant l'obstacle, a quand même le mérite d'avoir fondé une série toute entière sur le principe de l'addiction et de la façon dont on peut s'en libérer. Ou tout du moins essayer. L'effort est colossal, même si légèrement opportuniste venant d'une chaîne qui diffuse en parallèle de la real tv sur le même sujet. En tous cas ça méritait plus qu'un simple coup de chapeau à Bratt. Pour 2010, The Cleaner n'est nommé que pour un épisode (cf. Le plus en séries). C'est pas normal non plus...

TheCleaner

Vous aurez noté que pour une ou deux récompenses attribuées ("winner"), les PRISM Awards soulignent aussi d'autres efforts ("PRISM commandation"), moindres mais notables tout de même, et régulièrement on trouve des séries comme Les Anges du Bonheur ou Promised Land dans ces citations, ce qui n'étonnera que ceux qui n'ont pas encore lu mon plaidoyer pour réhabiliter ces deux séries, dont pour une fois on va se rappeler l'existence. Urgences a également été de nombreuses fois cité par les PRISM Awards, à raison puisqu'entre les patients et les intrigues de Carter ou Abby, on peut dire que la série a su explorer cette thématique plusieurs fois, avec le talent qui était le sien.
Récemment, j'ai eu envie de redonner sa chance à Saving Grace qui m'avait déçue, mais bon, le temps passe et parfois on change d'avis, ou simplement on est plus réceptif. Vais ptet m'occuper de revoir ce pilote quand j'aurai fini ma rétrospective Jack & Bobby...?

Mais globalement, les séries qui abordent plus spécifiquement ces problèmes d'addiction sont souvent en bonne place parmi mes préférences. En fait, je crois que si je suis sensible à ce sujet, c'est essentiellement parce que je m'y retrouve ; d'une addict des séries aux addicts de séries, il n'y a pas loin, après tout...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (comme moi avant de me pencher sur le sujet) : la liste des gagnants des PRISM Awards.

Posté par ladyteruki à 00:07 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

25-11-08

A long time ago, we used to be friends...

Mais ça, c'était il y a bien longtemps, avant que les plus fourbes parmi vous (j'ai une petite idée du coupable, et il n'en est pas à son coup d'essai !) ne lancent des requêtes tordues pour me faire bisquer.

"lady telephage fan des anges du bonheur"
Aha, je suis même pas en tête des résultats sur cette requête, vous en êtes pour vos frais, petits plaisantins ! C'est quand même bien la preuve que je ne suis pas fan de ça :

touched

C'est pas parce que, MOI, j'ai regardé avant de critiquer, et qu'il m'est arrivé de trouver un ou deux bons épisodes dans le lot, que, hein... C'est de la curiosité, de l'ouverture d'esprit, rien de plus. C'est lamentable, la réputation que vous me faites.
C'est de la méchanceté gratuite. Je ne vous aime plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Les Anges du Bonheur de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:32 - Tell Me You Google Me - Permalien [#]

03-10-08

La rechute

Comme vous le savez, mercredi dernier, j'ai remis la main sur mes épisodes de Brothers & Sisters, et j'ai réalisé que je pouvais maintenant voir la fin de la saison que j'avais bêtement laissée en plan. J'ai donc repris le pilote, repris tous les épisodes que j'avais vus, cagoulé comme une sauvage les épisodes de la première saison que je n'avais pas pu encore voir...
Et j'ai tout englouti, tous les épisodes, quasiment sans mâcher : le matin avant d'aller au boulot, le soir en rentrant, le weekend entre deux préparations de podcast... TOUT. LE. TEMPS.

Mardi après-midi, je me suis trouvée bêtement à considérer mon chez moi informatique, assise devant l'ordinateur, les épaules basses et le visage circonspect, tiraillée entre l'épuisement et la faim.
J'ai alors été bien obligée de constater que :
- j'avais fini la 1e saison en moins d'une semaine
- j'avais entamé la seconde dans la foulée
- j'avais épuisé mes possibilités d'espace disponible
- j'en voulais encore
Rendons-nous à l'évidence : j'ai boulotté 25 épisodes de cette série en moins d'une semaine, je ne suis toujours pas rassasiée, et je suis de nouveau dans cette situation où je dois sacrifier mon appétit pour de bêtes raisons techniques. Plus rageant ? Il n'y a simplement pas. L'histoire se répète, dramatiquement.

Evidemment, le plus simple serait d'aller racheter des fournitures pour faire de la place, mais je commence à voir les choses sous un autre angle.
Non, là, il va falloir sévir, de toute évidence. Parce que, si je regarde au-delà de cette dernière semaine de frénésie, que vois-je ?

Je vois que j'ai cagoulé toute la première saison de The Big Bang Theory (je ris pourtant, en moyenne, un épisode sur deux), et que je continue même à regarder la saison suivante pour des raisons que je ne suis pas certaine de saisir.
Je vois que j'ai cagoulé 3 saisons de Reba en 2 mois environ ; alors d'accord, la 6e était plus courte, mais quand même.
Je vois que je donne sa chance à The Mentalist pour encore un épisode ou deux, et, misère, peut-être même plus selon la tournure que ça prendra.
Je vois que j'ai l'air bien partie pour suivre Privileged cette saison.
Je vois que la tournée des nouveautés n'est pas encore finie.
Je vois que Samantha Who? reprend la semaine prochaine.
Je vois qu'il y a aussi Pushing Daisies, Dirty Sexy Money...
Je vois que sur Brothers & Sisters, je suis loin d'être tirée d'affaire !
Je vois que je ne suis, surtout, pas à l'abri que ma fringale se porte ensuite sur une autre série dont je pourrais me piquer de voir des saisons antérieures. Pour être totalement honnête, j'ai déjà fait du répérage et j'ai deux-trois petites choses en ligne de mire, de toutes façons.

Bon, on va être clairs, ce ne sont pas quelques CD qui tiendront le choc, de toute évidence. On dirait bien qu'en cet automne, je suis plus gourmande que pour le précédent ; que ma téléphagie se redéclare de façon vivace.
Je vais donc devoir, bel et bien, m'acheter une nouvelle pelote de laine dure pour ma cagoule. Il faudra bien ça.

C'est que, voyez-vous, ce n'est pas pour rien que l'opération COLLECTION se nomme ainsi : je suis strictement incapable de laisser perdre quoi que ce soit. C'est une complication téléphagique qui arrive, parfois... je ne comprends pas ceux qui régurgitent ce qu'ils ont avalé avec tant d'enthousiasme.

Tout ça a commencé vers 2001, je pense, au plus fort de ma maladie. J'étais une jeune téléphage influençable, et je suis tombée sous le charme d'un certain nombre de séries. Je les aimais tellement que je voulais pouvoir regarder, encore et encore, les épisodes. Jusque là c'est cohérent.

Ce qui a commencé à l'être de moins en moins, c'est quand j'ai commencé à enregistrer le reste. Tooooout le reste. J'allumais la télé, et systématiquement, j'allumais le magnétoscope aussi (oui, c'était encore une ère où la VHS était fréquentable). J'enregistrais tout ce que je regardais (j'aimerais pouvoir prétendre que la réciproque était vraie). Je sortais de chez moi, je programmais 5 enregistrements. Je revenais, j'enregistrais encore.

Etonnez-vous après ça que je capitalise près de 800 VHS à la maison (et je ne m'aventure même pas à compter les DVD que j'ai achetés depuis que je suis passée dans le monde moderne).

Je suis extrêmement sentimentale avec mes enregistrements. Il m'est physiquement impossible d'effacer quoi que ce soit. Même, et c'est là qu'on touche à la psychiatrie, quand je n'ai pas aimé. Je n'ose même pas vous dire le nombre d'épisodes du JAG, ou des Ahem! du Bonheur, ou même... de 7 à la Maison, que j'ai. Et que je ne peux pas, non je ne peux pas, effacer.

De toutes façons, les enregistrements étant faits de façon quasi-industrielle (4 à 5h de programmes chaque jour), il peut très bien y avoir, sur une même cassette, un épisode de Charmed, puis un Buffy, puis deux A la Maison Blanche, puis un Ma Famille d'Abord, et ainsi de suite, ce qui rend l'effacement pour ainsi dire impossible, sous peine d'estropier l'épisode suivant.

Ah oui, il y a ça, aussi : quand il me manquait 5 ou 10 secondes d'un épisode (ne parlons même pas d'une minute), et qu'il repassait... je le réenregistrais. Idem quand la qualité de l'image ou du son ne me semblait pas optimales. Pareil lorsque la chaîne avait la bonne idée d'aposer un logo (genre Téléthon, Sidaction ou Dieu sait quoi d'autre). Donc il y a des épisodes que, oui-oui, j'ai en double. Et je n'efface pas celui de moins bonne qualité, pour les raisons énoncées plus haut. Je ne peux pas. Vraiment pas.

C'est comme ça qu'on en arrive à avoir certains épisodes d'Une Nounou d'Enfer en double, en triple exemplaire. De la folie douce. Et par là-dessus, j'ai acheté les DVD, jamais effacé une seule VHS.

Ah je l'ai faite tourner, l'industrie de la VHS, en mon temps, croyez-moi ! Pendant des années, j'ai acheté chacune de ces VHS (ouais, bon, d'accord, il m'est arrivé d'en récupérer chez des amis qui s'en débarrassaient, aussi), j'ai acheté en tout et pour tout cinq magnétoscopes différents (ça s'use vite ces machins-là, et le samedi, la Trilo était face à New York SVU, j'étais bien obligée d'en avoir au moins deux ; quelle tristesse, aujourd'hui ils sont tous tombés au combat). A la FNUC, c'est bien simple, j'achetais mes VHS vierges de 240mn par packs de 10 !

Je ne connaissais pas encore le cagoulage... Je passais beaucoup de temps, toujours à la FNUC, mais aussi dans d'autres grandes surfaces culturelles, chez les magasins de videos, à Gibert Jeune, à acheter des VHS, en neuf aussi bien qu'en occasion (comme ce coffret assez incroyable de T. and T. que j'avais dégoté, le pilote en plus !), ah je l'ai fait tourner le commerce !

Il m'arrivait qu'on m'appelle par mon prénom chez Gibert ; une fois à la FNUC, on m'a proposé un caddie pour faire mes courses... ah je les ai fait vivre, tous ces gredins !

Et je vous épargne aussi ma frénésie de DVD quand j'ai fait l'acquisition de la bête.

J'ai tout gardé, jamais rien revendu, ni effacé, ni jeté.

Alors c'est pas côté cagoulage que je vais changer ma démarche. Je les ai, je les garde, mes épisodes, et précieusement ! Et vu que mon pouvoir d'achat (a contrario de tout le monde) a augmenté depuis que je ne suis plus au chomdu, et que je vais jusqu'à acheter des DVD qui ne plaisent pas vraiment (comme récemment avec Damages) simplement parce que je suis passée dans une FNUC et que j'avais mon chéquier (avec le DVD de Roseanne, ça faisait un chiffre rond en plus !), j'aurais tendance à penser que je suis quitte avec l'industrie des anti-cagoulages.
Après tout, ma rechute leur profite autant qu'à moi.

Je me dis juste qu'à un moment, il faudra envisager d'acheter l'appartement de ma voisine, pour le stockage. 15m² de séries télé, c'est pas le rêve ?!

Posté par ladyteruki à 09:17 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

18-07-08

Car j'étais sur la route toute la sainte journée...

Nous avons tous grandi en regardant certaines séries. Oui, même moi qui n'avais qu'un accès restreint (voire fliqué) à la télévision ! (je vous raconterai la genèse de ma téléphagie, un jour, si vous me le demandez gentillement). Et comme la plupart des enfants des années 80, j'ai connu Ma Sorcière Bien-Aimée, La petite maison dans la prairie, Madame est Servie, The Cosby Show, ou un peu plus tard Notre Belle Famille et Dr Quinn. Bref toutes ces séries que M6 diffusait. Et diffusait. Et diffusait encore ! A bon nombre d'entre elles, j'associe le souvenir de l'assiette refroidissant sur mes genoux, le canapé du salon et ma mère faisant les aller-retour depuis la cuisine, surveillant d'un oeil la porte du garage (je vous raconterai ça aussi). L'autre jour j'ai revu le pilote de Notre Belle Famille (et bizarrement, en VO, j'ai trouvé ça drôle ! Un peu.) et immédiatement j'ai eu envie de coquillettes au beurre ; c'est pavlovien, je suppose, après tant de tendres années passées à manger à la va-vite devant ces séries familiales. Surtout que je déteste les coquillettes au beurre (et euh, non, ya pas besoin que je vous raconte ça un jour).

Alors, quand j'ai lancé le pilote des Routes du Paradis, que de surcroît je savais être en deux parties, je ne me suis pas crue moi-même ! Comment imaginer que j'en redemande ? J'avais des années durant été gavée comme une oie d'épisodes de cette série, et attention, ce n'était même pas au point de la considérer comme l'un de ces classiques précieux qu'on revoit avec tendresse et nostalgie, non même pas, j'avais même pas cette excuse. Mais qu'est-ce qui m'a donc traversé l'esprit à ce moment-là ? Le post précédent peut éventuellement être une piste de réponse, puisque j'étais en train de préparer sa rédaction.
Toujours est-il que je l'ai fait.

Et c'était bien.

Malgré toutes les diffusions de la série, je ne suis pas certaine d'avoir déjà vu le pilote de la série. Dommage, j'aurais aimé confronter mon regard de petite fille téléphile, et de jeune femme téléphage, sur un même épisode. Mais j'ai quand même été agréablement surprise à plusieurs égards.

D'abord, et c'est peut-être le plus important, nombreux sont ceux qui ont tendance à considérer Les Routes du Paradis comme le prédécesseur des Ahem! du Bonheur, et autres Destins Croisés. C'est peut-être vrai sur le papier, au niveau du pitch, mais ce n'est pas si évident dans les faits. Songez qu'il faudra attendre la seconde partie du pilote (soit largement plus d'une heure) avant que Johnattan n'évoque sa nature angélique et Dieu !
Mais surtout, il le fait sans chercher une seule fois à nous catéchiser. "Dieu est partout" et nulle part à la fois dans ce double épisode pilote : certes, il ya quelques signes, mais c'est nous qui finalement les interprétons, parce que nous savons que Johnattan est un ange (et notez qu'on le sait parce que tout le monde le sait, pas parce qu'il a un gros projecteur lumineux au-dessus de la tête... et pourquoi pas une pancarte tant qu'on y est ?!), et bien avant qu'il ne nous le dise. Comme l'illustre très bien la fin de la première partie, les petites choses curieuses à propos de Johnattan pourrait aussi bien être explicables rationnellement : c'est ce que cherche à démontrer Mark Gordon qui enquête sur la façon dont, par exemple, Johnattan a pu se procurer les deux vélos. Ca pourrait s'expliquer logiquement, c'est juste que ce n'est pas le cas, voilà tout.

Autre point positif, mais la petite fille que j'étais alors ne pouvait pas vraiment s'en apercevoir : DIEU DU CIEL ! Mais Michael Landon est un pur canon ! (il y a quelques années, j'avais vu sur TF1 un téléfilm biopic qui confirmait qu'il était beau gosse et très au courant de son succès auprès des femmes, vous l'avez vu ?) Alors d'accord, il joue un peu avec, prenant bien soin de planquer son début de ventre pour mouler ses petites fesses dans un jean sur mesure, mais il faut bien le dire : YABON LANDON ! Grmbl, je suis encore une fois née trop tard et trop loin.
Je devrais peut-être pas dire ça d'un mort, si ? C'est vrai que Landon, c'est le premier acteur de séries télé dont j'aie été avertie du décès en temps quasi-réel (par opposition à ceux dont j'ai appris en me renseignant qu'ils étaient morts ya 10 ans), et à l'époque j'étais déjà une petite fille très attristée. La jeune femme que je suis aujourd'hui l'est aussi, mais plus pour les mêmes raisons. Bref bref bref.

Bon alors, évidemment, pour la subversion, on repassera !
Encore que.

Aussi inégal que soit le jeu de leurs interprètes, les personnages des retraités sont touchants. La thématique des vieux abandonnés par tous (et méprisés par le directeur de leur maison de retraite) me semble pourtant relativement osée, surtout dés un pilote. Oh, je vous rassure, c'est fait sans pathos excessif : on est dans les années 80 et les séries restaient souvent dans les clous, sans chercher la dénonciation sociale frontale, mais c'est quand même dit sans détour : eh, oh, prenez garde à vos vieux, c'est pas parce qu'ils vont clamser qu'ils sont déjà morts. Les vieux ont des sentiments aussi ! Oui enfin, vous saisissez l'idée, quoi. D'ailleurs tout finit bien et les petits vieux finissent par tous rire ensemble à la fin, ha ha ha tout va bien (c'est sans doute ça la parenté avec Les Ahem! du Bonheur & co), m'enfin, si au passage vous pouviez vous demander à quand remonte la dernière fois que vous avez passé un coup de fil désintéressé à votre grand'mère, hein... Moi je le ferais bien mais j'aurais besoin d'avoir recours à un extralucide. Allez, lâchez deux secondes votre souris et passez-lui un coup de fil de ma part. Si-si, maintenant. Je vous attends, allez-y.

. . .

Ça, c'est fait...
Les Routes du Paradis, contrairement sans doute à l'image qu'on en garde, ne cherche pas à donner de leçon : concluez vous-même à partir de ce que vous voyez. La série peut très bien être regardée comme un gentil divertissement familial, avec son lot de bonnes répliques, de regards de Johnattan vers le ciel et de Mark Gordon bourru. Et puis on peut aussi en profiter pour se poser des questions, et elles n'ont pas besoin, d'ailleurs, d'avoir de rapport avec la religion.
Il y a à boire et à manger pour tout le monde : une intrigue sympa et pas trop simpliste (la scène avec le milliardaire est à la fois marrante, caricaturale et touchante), des personnages attachants (peut-on vraiment ne pas aimer Victor French ?), et le reste, bah, vous gérez ça de votre côté. Croire, ne pas croire ? Libre à vous de penser que le "truc" de Johnattan n'a rien à voir avec Dieu, après tout. Ce qu'il fait, au final, relève plus de la gentillesse que de l'intervention divine, et si ce n'était pour quelques tours de passe-passe (des fleurs qui poussent vite, un steak qui apparait dans le frigo, des babioles, quoi... et c'est même pas fait pour vous impressionner, normalement les protagonistes ne s'en rendent même pas compte !), son action, vous pourriez aussi bien la mener vous-même si vous étiez de bonne volonté.

Pas de sermon, pas de démonstration miraculeuse, pas de laïus sur l'Amour de Dieu/Jésus/Marie (rayez la mention inutile), nul prosélytisme : Les Routes du Paradis vous proposent simplement de passer un bon moment avec des personnes bien intentionnées, qu'elles croient ou non en Dieu étant finalement relégué au second plan, ainsi que le montre la réaction finale de Mark Gordon, et il n'a pas besoin de croire en Dieu pour ça (en fait il le fait parce qu'il a été touché par la gentillesse de Johnattan, et qu'il a pris conscience qu'il ne pouvait pas continuer comme ça, pas du tout parce qu'il a eu une révélation d'ordre religieux) qui suit notre ange favori, à la fois pour ne plus être un poids pour sa soeur, et à la fois pour améliorer le monde, un peu, à son échelle.

Je pourrais le faire, moi aussi, et je crois même pas en Dieu !
Si possible avec la frimousse bronzée de Michael Landon sous les yeux.

Et bah voilà, c'était pourtant pas si compliqué...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Les Routes du Paradis de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:48 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

L'impératif progressiste

Sujet que déjà, je voulais aborder il y a des lustres lors que j'ai abordé la série Les Ahem! du Bonheur (je ne voudrais pas encourager Google à m'amener des gens à propos de cette série !). Pourquoi donc le faire aujourd'hui ? Vous allez vite comprendre que c'est en lien direct avec une série dont je vous ai parlé récemment, ainsi que plusieurs réactions lues çà et là.
Lorsque j'ai lancé cette rubrique Série de valeurs, qu'est-ce que je vous ai dit ? Qu'elle servirait, entre autres, à se demander si on peut regarder une série sans se reconnaître dans les valeurs qu'elle véhicule. Aujourd'hui, je reviens là-dessus, parce que la question s'est posée de façon très frappante avec l'arrivée de The Secret Life of the American Teenager ; mais ce post n'est pas rédigé que pour cette seule série, cela dit.

Quand une série part d'un postulat à connotation vaguement politique, par exemple, nombreux sont les téléspectateurs, surtout français, à n'attendre d'elle qu'un point de vue le moins possible conservateur. J'ai failli dire "de gauche", la bonne blague, la gauche aux Etats-Unis, ça n'existe quasiment pas (et en France à peine plus ces derniers temps...). Mais spontanément, le spectateur français a tendance à être pro-démocrate, et donc progressiste. Et il attend que les séries venues des Etats-Unis le soient aussi, et s'offusque lorsque ce n'est pas le cas.

Pourquoi ?
Pourquoi sitôt qu'un série a le malheur de représenter la frange républicaine de la population (c'est vrai, ils n'ont jamais eu que le dernier mot aux deux dernières présidentielles, après tout, pourquoi auraient-ils une télévision qui s'adresse à eux ?), crie-t-on à la bienpensance ?

Déjà, distinguons deux situations : quand le postulat d'une série s'adresse au public de droite conservatrice, quand il s'adresse au public de droite conservatrice chrétienne.
Si c'est "juste" la droite, le spectateur français encaisse à peu près sans trop ruer dans les brancards. Disons qu'on peut être de droite et ne pas forcément mériter le bûcher. On critique, mais on tolère. Mais adressez-vous à la droite chrétienne, et vous allez voir ce que vous allez prendre ! Le téléphage français fondra sur vous comme un hibou sur une souris imprudente.

Du coup, on a un peu l'impression qu'à entendre ledit public téléphage français, une série se doit d'être la plus modérée possible sur un certain nombre de sujets de société pour avoir ses chances en France. Et surtout qu'elle doit, soit prôner l'athéisme, soit si elle parle de religion, souligner son excessivité (puisqu'évidemment, tout pratiquant est forcément excessif).

Petit Frenchies, what's wrong with you ?!
Vous êtes pour la diversité.... à condition qu'on en exclue les positions d'une partie de la population ? Un personnage est contre l'avortement, et boom, la série est immédiatement taxée de "bienpensante", ou, insulte suprême, de "moralisatrice" ! Encore une fois à confondre laïcité et athéisme, pas vrai ?

Mais d'abord qui vous oblige à appliquer la prise de position d'un personnage de séries ? Pourquoi le prenez-vous comme une critique de votre mode de vie ? On ne peut pas simplement dire que ce personnage a ses propres opinions, qui n'ont ni plus ni moins de valeur que d'autres, et à cet égard, il a le droit de les exprimer dans une série ? Ca ne semble pas acceptable parce que...? Ca vous semble offensant parce que...?
Vous regardez des séries américaines, mais vous refusez d'y voir toutes les sortes d'américains : les conservateurs chrétiens n'ont droit qu'à votre mépris. C'est d'autant plus vrai que dés qu'une série s'adresse directement à eux, elle est souvent qualifiée de naïve ou de prêcheuse, au choix, alors que, qui est naïf ? Celui qui croît à des valeurs chrétiennes, ou celui qui pense qu'une série sur la même longueur d'ondes que la frange la plus conservatrice du public américain ne peut avoir aucune vertu par elle-même ? La série est immédiatement disqualifiée, traitée parfois d'évangéliste, alors que ça ne nous vient pas à l'esprit de dire qu'une série parlant de la vie sexuellement libérée de célibataires cherche à pervertir ceux qui veulent rester vierge jusqu'au mariage, par exemple ! Pourquoi ça ne marcherait que dans un sens ? Pourquoi les séries s'éloignant d'un certain carcan moral sont-elles considérées comme "normales", au détriment des autres qui dissimuleraient forcément une sorte de perversité : soit prosélyte, soit appliquant une vue déformée du monde
Petit Frenchies, êtes-vous aussi arrogants que vos voisins le disent, pour proclamer la supériorité de votre mode de vie ? (lui-même pas aussi uniforme qu'il vous plaît de le penser)

D'abord, expliquez-moi pourquoi on fait des séries féministes (applaudies pour l'image qu'elles donnent des femmes), des séries pour des communautés ethniques (dont on salue la faculté à faire progresser les mentalités), des séries pour communauté sexuelles (qui sont contentes de s'y reconnaître)...? C'est bien qu'on y trouve de l'intérêt, et d'ailleurs, même sans être dans son public cible ! Ou alors affirmez-moi qu'aucun hétérosexuel ne regard The L Word, et qu'aucun blanc ne rit devant Ma Famille d'Abord, et je me tais.
Et maintenant dites-moi pourquoi on ne pourrait pas faire la même chose pour des communautés religieuses, en présentant un ou plusieurs personnages ayant des convictions conservatrices sur la vie, la mort, le sexe, la famille... tout en ayant de l'intérêt pour qui ne partagerait pas ces valeurs ? Hein ? Dites ? Expliquez ? "Ce n'est pas qu'on ne peut pas, c'est que ça ne s'est jamais produit". Aaaaah bon ? Pourtant l'athée convaincue que je suis a su dénicher des épisodes respectables de la série Les Ahem! du Bonheur, il y a quelques temps de ça. On y parlait même (une série de network, s'adressant à cette bonne vieille ménagère, et peut-être même sa smala) de la situation politique en Chine, et de torture. Combien de séries connaissez-vous qui ont abordé le sujet, qui plus est autrement que de façon abstraite ?

Je m'interroge réellement sur les raisons qui font qu'on peut s'autoriser à discréditer systématiquement ce type de séries. Je ne dis pas que j'ai la réponse, juste mes opinions. Ca se trouve il y a de très bonnes explications à pareils comportements, simplement je n'en vois aucune. Ca ne rend pas une série moins bonne (ni meilleure) de piocher dans la culture chrétienne pour ses valeurs ou ses intrigues !
Mon opinion serait peut-être qu'il faudrait parfois songer à s'ôter les œillères qu'on porte. Evidemment, personne ne vous force à vous identifier à une série "bienpensante" à tout crin, mais au moins ai-je envie de vous demander, à l'avenir, de tout de même donner une chance sincère à ces séries. Pourquoi partir du principe qu'elles ne peuvent illustrer qu'un point de vue ? Et quand bien même, pourquoi partir du principe que ce point de vue est mauvais, même si ce n'est pas le vôtre ? Pourquoi décider de réduire votre univers sous prétexte que ces séries-mêmes seraient réductrices ? C'est un peu étrange comme comportement... On ne peut pas partir du principe que toutes les opinions sont valables et méritent qu'on leur donne les laisse s'exprimer dans diverses séries ?

Posté par ladyteruki à 22:38 - Série de valeurs - Permalien [#]