ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-06-12

Vous avez un ancien message

La semaine dernière, je suis tombée sur un article de Cracked intitulé Why Every '80s Sitcom Decided to Kill Off the Mom sur lequel j'ai d'ailleurs tweeté ; c'est lui qui m'avait donné envie de me replonger dans Punky Brewster, d'ailleurs.

Outre l'analyse de l'article en elle-même, plutôt intéressante, cet article sur les sitcoms des années 80 et leur portée sociale m'a laissé songeuse. L'auteur prend évidemment toutes les précautions, et nous explique qu'il ne s'agit pas de prétendre que TOUTES les séries de cette époque employaient cet outil de la maman absente pour raconter leurs histoires. Mais une quantité non-négligeable d'entre elles avait de toute évidence un point commun révélateur.
Alors, que dira-t-on des séries que nous regardons actuellement ? Que disent-elles sur notre société actuelle ?

Evidemment, avec le temps et les mutations de l'industrie télévisuelle, les choses sont un peu différentes. On n'est plus dans les années 80, voyez-vous.
Il y a chaque année plus de chaînes, et il y a chaque année plus de chaînes qui se lancent dans les fictions originales ; cette semaine, c'était encore le cas de Bounce TV, par exemple. Avec l'intensification des productions du câble, le panorama s'est diversifié. Il est déjà devenu compliqué de faire des généralisations par chaîne (ou alors à la louche : genre généraliser les séries de Showtime quand on peut y trouver aussi bien The Borgias que The Big C), alors comment faire des généralisations sur le message de ce que plusieurs dizaines de chaînes nous racontent sur notre époque ?

Evidemment, on peut quand même regrouper certaines séries dans des groupes.

On pourrait par exemple discuter de ce que toutes les séries policières cérébrales de la décennie des années 2000 disent sur notre besoin d'omniprésence policière, de rationalisme, et de besoin de mettre les méchants en prison grâce à des preuves irréfutables. Avec l'annulation d'une première série de la franchise des Experts, on peut d'ailleurs imaginer que ding dong, la sorcière est morte, et que cette page est en train de commencer à se tourner.

A part ce cas particulier qui concerne un genre à part entière, un "message" donné peut concerner quatre, cinq, parfois une demi-douzaine de séries, mais rarement plus. Par exemple je me souviens avoir trouvé lamentable qu'en période de crise, des séries comme Breaking Bad, Weeds et Lights Out s'évertuent à nous expliquer que "la fin justifie les moyens", en particulier lorsqu'un peu d'humilité pourrait parfois tout aussi bien arranger le problème financier des personnages (si ce n'est qu'on n'aurait pas de matériel pour une série ; bon, certes). Ces séries s'obstinaient à nous dire que le confort matériel primait sur tout, y compris le confort tout court. Qu'importe que vous soyez misérable, du moment que l'argent est là !
Mais, même en ajoutant Necessary Roughness et Hung à ce petit cercle, difficile de dire qu'il s'agit là d'un véritable ras-de-marée, aux proportions réellement emblématiques.

J'en étais à ce stade-là de ma réflexion quand je me suis souvenue de mon ressenti il y a quelques mois.
Plus précisément, quand Last Man Standing, Work It, How to be a Gentleman et Man Up! se sont succédées pendant cette saison. Toutes, loin de là, n'ont pas trouvé de succès immodéré. Mais leur message était clair : l'homme doit reconquérir son statut viril et dominant, sous peine de devenir une proie pour les méchantes femmes indépendantes. Sérieusement, la plupart de ces séries l'ont dit de façon encore plus explicite que ça dans leur pilote, je ne fais que paraphraser.
Contrairement au groupe précédent, qui concerne à grand'peine une demi-douzaine de séries dont la création est répartie sur plusieurs saisons, ces séries de machos (mais machos contrariés, érigés en victimes) ont vu le jour pendant la même saison. C'est pour cette raison que le message me semble assez significatif.

Du coup, peut-être qu'on regardera les séries comme Last Man Standing, dans quelques décennies, comme des signes d'un retour en arrière conservateur sur le rôle de l'homme et de la femme dans la société. Peut-être qu'un mec qui écrira dans trente ans sur un truc qui sera l'équivalent de Cracked aujourd'hui, nous expliquera que c'était lié à la situation financière de nos pays, et que d'ailleurs la plupart du temps, une crise économique s'accompagne d'un retour des vues conservatrices, et que ça n'a rien d'étonnant. Peut-être qu'il fera le lien avec les Personhood Laws et leur importance en pleine campagne présidentielle américaine.

Ou peut-être pas, d'ailleurs.
Je veux dire : peut-être qu'il y a toujours eu une demi-douzaine de séries machos par an, et je ne m'en aperçois que maitenant ? Peut-être que c'est moi qui deviens une chienne de garde qui prend la mouche facilement. Ca me fait peur autant qu'à vous, je vous rassure. Après tout, Ma Famille d'abord ne date certainement pas de cette saison.

Et puis, évidemment, qui peut prétendre avoir, aujourd'hui, le même recul sur les séries que nous avons actuellement sur nos écrans, que l'auteur de Cracked sur ces sitcoms des années 80 ?

BabyDaddy

Et pourtant, alors que je regardais le pilote de Baby Daddy, jeudi matin, je me disais que certaines choses étaient quand même bien intégrées. Dans ce (mauvais) pilote de (mauvais) sitcom, une fois de plus, on est supposés être hilares parce que trois mecs se retrouvent dans la terrifiante position de devoir s'occuper d'un enfant. Alors que quand même, quoi, soyons sérieux : ce sont des mecs !

Certes, le gag n'est pas jeune : il est directement inspiré de Trois hommes et un coufin, après tout. Et le jeune adulte irresponsable qui découvre son reflet dans le regard pétillant d'un bébé était déjà au coeur de Raising Hope.
Sauf que la famille Chance est dysfonctionnelle dans son ensemble ; sa dynamique ne repose sur aucune forme de sexisme. Tandis que les scénaristes de Baby Daddy ne se donnent la peine à aucun moment de faire semblant de partir du principe que l'équation hommes + enfant est incongrue. A un tel point d'ailleurs que leur amie Riley, lorsqu'elle entre en scène, prend immédiatement les choses en main afin d'éviter la catastrophe : c'est normal, c'est une gonzesse. Même si elle a le même âge qu'eux, il est logique qu'elle sache s'occuper d'un enfant.

Baby Daddy est, répétons-le encore une fois pour ceux qui auraient besoin de l'avertissement, un mauvais sitcom.
Mais, vous voyez, un mauvais sitcom non-sexiste se contenterait de glisser une phrase du genre "je me suis occupée de mes 712 frères et soeurs, je sais comment faire" vite fait bien fait. Ce ne serait pas drôle, mais ça aurait un sens.
Un mauvais sitcom sexiste laisse la chose inexpliquée, parce que l'explication, c'est qu'une femme sait s'occuper d'un bébé (elle sait même faire apparaitre un biberon comme par magie alors que deux des garçons sont partis en course pour en chercher). C'est intégré, comme je le disais, que la femme de l'équipe sache prendre les choses en main. Voyez, ce n'est pas drôle.. et ça a aussi un sens.

Alors, peut-être que je suis peut-être devenue une chienne de garde, ça se trouve. Ou alors de plus en plus de séries puent vraiment le sexisme à plein nez.
Remarquez que l'un n'exclut pas totalement l'autre, d'ailleurs...

Posté par ladyteruki à 22:41 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-01-12

En l'espèce, menacée

Il m'a fallu dix bonnes minutes, à la fin du visionnage, pour arrêter de pleurer et commencer à rédiger mon post sur Work It.

WorkIt

Ainsi donc, c'est à ça qu'on en est rendus ? A une époque où de plus en plus de séries nous disent combien il est difficile de trouver un boulot actuellement (Hung, Jane by Design, ou, à présent, Work It), et d'ailleurs grand bien leur fasse, il faut que l'une d'entre elles se pique de prétendre que c'est plus facile pour des femmes ?
SERIEUX ?

Au début de la saison, la guerre des sexes a été déclarée avec les comédies Last Man Standing, Man Up!, et How to be a Gentleman, qui nous ont affirmé dans un appel à l'aide déchirant que les hommes étaient une espèce menacée. On ne regrette pas celles de ces séries qui ont disparu. Rendez-vous compte, les femmes sont tellement bien dans leur peau de nos jours qu'elles forcent les hommes à... euh... rien. Mais c'est très menaçant cette façon qu'elles ont de le faire !!! De... ne pas le faire. Enfin bon, vous m'avez comprise.

Maintenant, Work It nous sort un pitch dans lequel les seules alternatives au chômage, c'est soit récurrer les toilettes d'un fast food, soit se déguiser en femme pour bosser dans la vente ?! C'est comme si les trois premières séries avaient été la mise en garde : attention, messieurs, vous êtes en train de vous faire émasculer, si vous ne prenez pas garde vous allez devenir des femmes... LITTÉRALEMENT ! Et voilà, Work It tombe quelques mois plus tard comme pour murmurer : "on vous avait prévenus pourtant".

Oh non, je comprends très bien. Le travestissement à des fins comiques n'a rien de machiste, n'est-ce pas, cela fait des décennies qu'on l'emploie sans aucun problème et ça ne veut rien dire... en général dans les plus mauvaises comédies qui soient, mais qu'importe. Et puis c'est vrai d'ailleurs, Work It est, tout simplement, une mauvaise comédie, pas drôle, avec des gags fatigués, des acteurs sans panache, des dialogues creux. C'est ça l'essentiel de son crime, n'est-ce pas ? Et puis c'est pas sexiste, regardez, à la fin le mari réalise qu'il a pas traité sa femme comme il aurait dû, rho, si c'est pas mignon.
Eh bien non, désolée. Je n'arrive pas à regarder Work It comme je peux regarder 2 Broke Girls, en me disant que c'est simplement nul. Je trouve ça insultant, et pas juste pour mon intellect.

D'ailleurs Work It non plus ne cherche pas à faire mine de relativiser. Dans son explication des forces en puissance sur le marché du travail, la série est très claire dés son intro : les raisons pour lesquelles ses deux héros se transforment en femmes pour obtenir un boulot ne sont pas circonstancielles (et donc plus excusables de mon point de vue). C'est parce que l'univers [du travail] est dominé par les femmes, si bien que ce sont elles qui vont bientôt employer les hommes comme gigolos. D'ailleurs, le pouvoir de la sexualité féminine est si fort que c'est la raison pour laquelle la société d'adoption des héros n'embauche que des femmes : seuls leurs charmes sont capables de convaincre les médecins d'acheter les médicaments de l'entreprise ! Work It a explicitement décidé que this is a women's world et que les hommes étaient réellement en danger ; le propos est clair, et il est assumé.
Et il est surtout honteusement mensonger.

Ne me lancez pas sur le côté insultant qu'il y a à imaginer que pas une de ces 4 femmes n'a remarqué qu'il s'agissaient d'hommes, ou que l'épouse de l'un des héros n'a même pas percuté que ses fringues avaient curieusement gagné trois tailles (et que son mari s'était épilé les jambes). Je n'irai même pas sur ce terrain.

Jamais je ne me suis sentie aussi féministe que depuis que ces comédies ont débarqué en masse cette saison. Avant, je n'avais pas l'impression d'être susceptible à ce sujet, je n'avais pas l'impression d'être solidaire de qui que ce soit, je n'avais pas l'impression d'avoir quelque chose à défendre. Mais je découvre ces pilotes un à un, depuis quelques mois, on en est déjà à 4 quand même, et je trouve que c'en devient révoltant. A chaque pilote supplémentaire je me sens dépassée par l'impression que ces comédies ont une espèce de mission perverse ; que, même, leur absence d'humour réel leur sert de protection ("ne monte pas sur tes grands chevaux, ce n'est pas sexiste, c'est juste pas drôle !").
J'aimerais m'en défendre, me raisonner, me dire que ce ne sont que des séries de merde, mais je n'y arrive plus, il y en a trop d'un coup, et elles sont toutes tellement peu subtiles dans leur approche, que ça m'inquiète, que je le veuille ou non.

En regardant le pilote de Work It, j'ai aussi repensé à Three's company. Quand j'avais découvert le pilote de cette série des années 70, je m'étais fait la réflexion que c'était très intéressant : le personnage principal était supposé se faire passer pour gay afin d'avoir le droit d'emménager avec des filles, mais pourtant à aucun moment il n'endossait le stéréotype du gay. Et pourtant, quarante ans plus tard, quand un homme se déguise en femme, il faut absolument qu'il soit une "femme" aux dents phosphorescentes, en jupe et talons hauts, et qui parle de façon maniérée.
Et ça, ça m'aurait fait rire, en fait. Que l'un ou l'autre des mecs conduits à se travestir fasse mine d'être une femme au sens le plus stéréotypé du terme, et qu'il soit regardé comme un extra-terrestre par les autres. Qu'il fasse une blague sur la mécanique et que l'une de ses interlocutrices lui réponde. Qu'il déballe une salade rachitique à midi et que les autres aillent déjeuner à la pizzeria (parce qu'elles vont passer toute la journée à courir de cabinet médical en cabinet médical). Là j'aurais totalement admis le principe du travestissement à des fins comiques.

...Evidemment, je n'ai pas pleuré pour de vrai à la fin de Work It. Nous autres les filles ne nous mettons pas à pleurer à tous bouts de champs. Certaines d'entre nous s'y connaissent même un peu en mécanique. Mais sans perpétuer les clichés sexistes sur le femmes, de quoi pourrait-on bien rire, hein ?
On va finir par ne plus être capables de répondre à cette question.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Work It de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:35 - Review vers le futur - Permalien [#]

20-10-11

Burnes noticed

ManUp

Bon, les garçons, c'est la troisième fois qu'on va avoir cette conversation cette saison, donc je pense qu'il est légitime que je m'inquiète sérieusement. Au début, j'ai traité vos préoccupations par le mépris et la moquerie, mais là je sens bien qu'on a quand même touché un point vital, sinon on n'y reviendrait pas une fois de plus.
Alors je vous écoute : qu'est-ce qui vous émascule donc tant ? Vraiment je suis curieuse. Vous avez froid aux pieds à force de marcher sur le plafond de verre ? C'est de ne plus sentir l'odeur des soutien-gorges brûlés qui vous donne l'impression d'avoir été vaincus ? Ou bien c'est parce qu'on vous appelle tous Monsieur sans se demander si vous avez été validés par une femme ? Non, ok, je le reconnais, je suis à nouveau moqueuse et je m'en excuse, mais sérieusement, quel est le problème ?
D'où vient ce réel besoin de régresser à une époque où le mâle se définissait par une série de codes immuables ?

Je m'interroge parce qu'outre le fait que Man Up! est la troisième série en moins de deux mois à mettre le sujet sur le tapis, j'ai cru comprendre que le phénomène ne s'arrêtait pas là.
Plus tôt cette saison, dans un post qui je l'avoue était partial (je confesse être une femme), je me suis surprise à apprécier les histoires relatives au féminisme dans The Playboy Club et surtout PanAm (enfin, essentiellement dans le pilote de cette dernière, il faut l'avouer). Mais ces séries ont été regardées, respectivement, par un maximum de 5 millions et quelques, et 11 millions de spectateurs. J'ai bien dit maximum. Et en comparaison, le pilote de Last Man Standing a été regardé par plus de 13 millions d'Américains. Alors on va être honnêtes, ce n'est pas qu'une question de sujet. Mais ça l'est aussi. Et je ne ferai pas mine d'ignorer de façon fort commode que How to be a Gentleman s'est vautrée. Mais il y a là quelque chose quand même.

Alors revenons à Man Up!. Parce que j'ai besoin de comprendre.
De quoi avez-vous peur ? A part grandir, je veux dire. Qu'est-ce qui vous menace tant dans l'existence-même des femmes qui vous entourent, que vous ayez un besoin de vous recroqueviller sur des valeurs qui non seulement sont obsolètes mais qui en plus, reconnaissons-le, ne vous rendent pas souvent service. Ce n'est pas un hasard si les hommes de Man Up!, How to be a Gentleman et Last Man Standing trouvent le moyen d'être à la fois les héros aux valeurs viriles portées en étendard, et des héros de comédies : vos valeurs ne fonctionnent pas, la plupart du temps.
Mais il n'empêche : il y a repli. Et je m'interroge sérieusement sur ses raisons parce qu'on peut dire énormément de choses de ces comédies (notamment qu'elles ne me font pas rire, enfin passons), mais certainement pas qu'elles sont innocentes. Parce qu'une série, on peut décider de la voir comme quelque chose d'innocent. Trois d'un coup en aussi peu de temps, ça dépasse le cadre de l'espionnage industriel. C'est un signe des temps.

Et le comble de l'ironie de cette situation, c'est que je commence moi-même à me sentir menacée ! Parce que je voudrais pas être paranoïaque, mais dans un monde télévisuel essentiellement porté par des personnages masculins encensés par la critique et la profession, dans un monde télévisuel essentiellement mené par des hommes, dans un monde téléphagique où les spectateurs qui s'expriment le plus ont tendance également à être des hommes, je me sens un peu en infériorité numérique et stratégique. J'aurais bien besoin d'une série où les femmes se regrouperaient pour dire qu'il faut se méfier des hommes et vivre d'après certains codes qui garantissent que nous restions bien des femmes.
Mais vous savez quoi ? Une telle série n'existe pas. Et je crois que je serais la première outrée, en réalité, si elle existait, parce que ce serait une version biaisée du monde : personne ne prétendrait que les femmes sont en passe de disparaitre.
Pourtant ça ne pose aucun problème à trois séries de prétendre que la réciproque est vraie, alors qu'à ma connaissance, aucun fait dans le monde n'a été rapporté sur les dangereuses armées de femmes castatrices hantant les rues munies de cisailles, aucun semblant de rumeur sur une loi qui vous ôterait votre droit absolu d'aimer la chasse, la pêche, les jeux videos et le club de gym (pour ces derniers c'est même devenu tendance et plus réservé à certaines catégories bien définies comme le geek ou l'homo), et aucun projet de loi n'est passé pour vous ôter le droit de vote dans quelque pays que ce soit. Nous ne subissons pas ces attaques (nous en subissons quelques autres plus subtiles, ce n'est pas la question), et vous non plus. Alors contre quelles attaques vous repliez-vous de la sorte ?

Vous vous sentez étouffés par votre condition d'homme et vous avez besoin d'en rire ? En quoi ce sentiment est-il lié à vos organes génitaux au juste ? TOUS LES PARENTS sont dépassés par les enfants, surtout les ados, TOUS LES DIVORCES sont dépassés (au moins un temps) par leur retour au célibat, TOUS LES CELIBATAIRES sont dépassés par la confrontation entre leur vision du monde et l'absurde réalisation que cette dernière n'est pas unanimement partagée. Qu'est-ce qui fait que vos terreurs sont différentes des nôtres sur ces points et quelques autres, vraiment ?

Et pourquoi établir cette cartographie de la virilité ? Vous êtes sûrs que ça vous rend service de vous fixer pareils objectifs ? Je veux dire : regardez où ça a mené les gonzesses de se donner des modèles quasiment immuables sur le plan social, familial et même physique, on ne peut pas dire que ça réussisse à la plupart d'entre nous de s'autoévaluer sur une grille aussi peu flexible. Si ça vous fait tant envie, le carcan social dont dépend votre reconnaissance, on vous l'offre, mais en réalité croyez-moi, vous n'en voulez pas.

On ne peut pas revenir au temps où on se retrouvait entre gens du même sexe pour simplement partager nos angoisses quotidiennes avec des répliques drôles ou à peu près ? Il faut déterrer la hache de guerre maintenant ?
Vraiment, je le pense : d'où ça sort ? Quelle mouche vous pique ?

Je m'inquièterais presque pour vous, si je ne commençais pas à m'inquiéter pour nous de voir tout cet étalage de virilité revendiquée sous couvert d'un humour simpliste.
Parce que... si encore c'était drôle.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Man Up! de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:29 - Review vers le futur - Permalien [#]

14-10-11

Réflexe de survie

LastManStanding

Qu'est-ce qu'il y a, les garçons, vous vous sentez en danger ? C'est à cause de quoi ? Des héroïnes fortes qui dominaient le petit écran il y a 10 ans ? C'est ça qui conditionne cet espèce de réflexe d'auto-défense ? Nan parce qu'on peut pas dire qu'on vous agresse, non plus. C'est vous qui avez les séries les plus chouettes, hein. Alors faudrait voir à arrêter avec le sentiment de persécution.
Après How to be-... ah, non, on avait dit qu'on ne le mentionnait plus, ce pilote-là... voilà que c'est au tour d'ABC de sortir une comédie grosse tatanes sur ce que c'est que d'être un mec, et pire encore, ce que c'est que d'être un mec dans un monde de filles.

Et je plains jusqu'au dernier gars qui croit que Last Man Standing a quoi que ce soit d'actuel, dans quoi on puisse se reconnaître. Parce que, les mecs, laissez-moi vous dire : de tous temps, être un mec parmi des gonzesses, ça n'a JAMAIS été facile, surtout si on ne voulait pas s'en donner la peine. Le père de n'importe quelle famille constituée à majorité ou intégralité de filles pourra en attester ; le mien, par exemple, si je lui parlais encore, le confirmerait, et j'étais adolescente dans les années 90... Donc arrêtez de nous faire croire que c'est devenu horriblement difficile d'être en phase avec ses filles. Ça l'a toujours été... pourvu d'être intellectuellement limité. Et le personnage de Tim Allen répond prodigieusement bien à ce critère.
Contrairement à ce que cette série veut nous faire croire, les filles ne sont pas des créatures étranges à la psychologie impénétrable. Ce sont des êtres humains et, comme le souligne sa femme, pourvu d'écouter, on les comprend. Mais voilà, faut les écouter, or ce sont des filles (beuh, dégoûtant !). Ce serait la même chose avec des garçons, mais au nom de la différence de sexe, le père ne tente même pas d'être proche, il est bien trop occupé à les juger selon une grille biaisée, trop accroché qu'il est à son espèce de "culture Cromagnon".
Comme si aimer la pêche, la chasse et le plein air était incompatible avec un cerveau fonctionnel.

Last Man Standing me fait penser à la tentative d'un mec mal dans son slip de remettre chacun à sa place... parce qu'il n'en a jamais eu dans sa propre famille. Instaurons un ordre imaginaire entre ce que sont les hommes et ce que sont les femmes ! Ça rendra les choses plus faciles à appréhender pour les types complètement largués par leur propre existence.

Allez, spectateurs d'ABC, ne vous laissez pas avoir. Je sais que vous valez mieux que ça. Enfin, un peu, quoi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de... oh, et puis à quoi bon, vous savez même pas vous servir d'internet, les gars... Si ? Bon, c'est bien parce que c'est la tradition : la fiche Last Man Standing de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:58 - Review vers le futur - Permalien [#]


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