ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

04-10-12

Copy/Paste ?

CopyPaste

A l'heure actuelle, l'acquisition des droits de diffusion d'une série est devenue presque aussi important que les droits d'adaptation. Désormais le business du "format" est une composante vitale du marché télévisuel, alors qu'il y a encore une à deux décennies, on se contentait en général de diffuser des séries étrangères (dans beaucoup de cas, cette série étrangère avait tendance à être américaine). Le format qui pose sa valise à l'autre bout du monde était l'exception, non la règle.
Aujourd'hui, les flux des fictions sont plus massifs et complexes, et d'ailleurs le maillage entre pays est également plus dense et varié que jadis.

Les formats d'émissions unscripted (ou prétendues telles) comme les jeux télévisés ou la télé réalité tiennent, en la matière, le haut du pavé, mais plus les années passent, plus les séries s'y mettent.
On le sait bien : non seulement ce procédé est supposé minimiser la prise de risques (...insistance sur "supposé"), mais ça coûte infiniment moins cher quand les scénarios sont déjà écrits, prêts à traduire (si on l'a acheté dans un pays de langue différente, problème que n'ont même pas les pays d'Amérique latine, par exemple), et même souvent livrés avec un responsable quelconque de la série originale qui intervient en soutien sur le développement du remake (souvenez-vous de l'ami Philip Rosenthal).
Alors, dans un contexte financier qui n'a cessé de devenir plus austère (le pivot de la crise ayant été marqué par la grève des scénaristes américains de 2007, à partir de laquelle l'une des plus grosses industries télévisuelles du monde a resserré les cordons de la bourse pour ne plus jamais les relâcher), ce ne sont pas des détails, loin de là. Mais évidemment, il y a aussi le fait qu'à l'heure de la mondialisation, d'internet et de tous les clichés sur le village global que je vous épargne, les marchés soient devenus totalement perméables entre eux. Impossible de ne pas remarquer quand une série trouve un succès retentissant dans son pays natal, puis chez les voisins, et que le phénomène s'étend progressivement ; et dans ce cas-là il faut savoir attraper le train en marche.

Bon, sur la théorie je crois qu'on sera tous globalement d'accord : une série a de plus en plus de chances de connaître différentes formes sur la planète. Mais toutes les séries peuvent-elles être adaptées ? C'est ce qui m'intéresse aujourd'hui.

Que peut-on adapter ? Eh bien, naturellement, il n'y a pas de solution miracle : si l'équation magique existait, ça se saurait ! Certains succès énormes dans leur pays d'origine, ou même à l'étranger lors de la diffusion sur une chaîne locale, se transforment en vautrage de toute beauté dés que l'adaptation pointe son nez (comme Las Chicas de Oro ou Cheers l'ont douloureusement rappelé en Espagne, par exemple). Il n'y a pas de règle pour assurer le succès d'une adaptation dans un autre pays.
Le pire, c'est que même pour les idées à ne pas suivre, il n'y a pas de règle non plus ! On pourrait cependant lancer quelques pistes sur les messages d'alerte signalant une adaptation partant d'un très mauvais pied ; il est recommandé de :
- ne pas ressuciter les séries américaines qui ont déjà plus de 10 ans, probablement parce que les spectateurs ont eu trop de temps pour s'attacher à l'original, qui a fait le tour du monde 10 fois dans l'intervalle. Ce conseil ne vaut pas systématiquement, par contre, si le remake reste sur le sol des USA (des séries comme 90210 ou Dallas s'en sont tirées, par exemple, Wonder Woman et autres Charlie's Angels n'ont pas eu cette chance) ;
- ne pas adapter une série présentant de trop lourdes ressemblances avec des séries locales ayant du succès. Par exemple, on se doute qu'adapter RIS aux USA relèverait du masochisme le plus certain ! Dans une moindre mesure, on peut se demander comment une série qui, sur le papier au moins, ressemble à une version legal drama de Dr House, saura attirer le public a priori ; l'adaptation de Réttur, si elle aboutit, sera intéressante à observer à cet égard ;
- ne pas miser sur un cast "copycat", en particulier pour les comédies et dramédies, qui nécessitent du talent et pas juste de ressembler à l'original (ne riez pas dans le fond, ça s'est vu plus d'une fois !) ;
- prendre en compte les différences culturelles, au lieu de transposer bêtement d'une terre à l'autre en changeant les noms propres.

Le dernier point est le plus difficile à déterminer, forcément. Et c'est évidemment le plus vital, sinon c'est pas drôle.
Les différences culturelles peuvent parfois être difficilement perceptibles. Un remake Asie/Amérique ? Les différences seraient évidentes (mais l'expérience serait intéressante à observer ; pour l'instant, elle s'est limitée à des films de genre cependant). Mais un remake Australie/Amérique ? Oh, allez, les deux parlent anglais (enfin, bon, parfois j'en suis seulement à moitié sûre...), c'est la même culture, allez hop, emballé c'est pesé. Sauf que non, évidemment : c'est plus compliqué que ça.

Mais surtout c'est un point totalement incompris par beaucoup de remakes, notamment dans le domaine de la comédie ou la dramédie : il ne s'agit pas seulement d'être capable de constater les différences culturelles et d'adapter le matériau à la culture d'arrivée. Il faut aussi réfléchir calmement à la question : si on procède à l'ablation de cette particularité culturelle, ou à la greffe de nouveaux éléments... peut-être que la série ne fonctionnera plus. Et ce n'est pas parce qu'une série est capable d'aborder un sujet universel qu'elle peut être adaptée de façon universelle...

Du coup, avoir du succès (public et/ou critique) lors de la diffusion originale n'est pas du tout une garantie d'adaptabilité ; en fait, j'aurais tendance à dire le plus souvent : au contraire.
Prenons un exemple évident, tiens. En dépit des immenses qualités de Srugim, on est tous d'accord pour dire qu'une telle série rencontrerait de trop lourds changements si elle devait débarquer sous une nouvelle forme dans un autre pays. Srugim est le genre de série condamnée soit à l'acquisition en vue d'une diffusion, soit à ne jamais traverser les frontières de son pays d'origine qui pourtant lui a prêté une grande attention pendant 3 saisons. Un grand nombre de séries sont dans son cas, et parfois ce serait bon que les projets soient mis en développement en gardant ce rappel à l'esprit...
De la même façon, j'aimerais pouvoir dire que 30° i Februari est une série tellement formidable et universelle qu'elle est entièrement adaptable par tout le monde... mais non. Oui, ce qu'elle inspire est totalement universel ; non, à part peut-être quelques voisins scandinaves, personne ne peut adapter la série. Et c'est tentant, forcément, parce que c'est un immense succès : c'est la fiction qui a fait les meilleures audiences de 2012 en Suède à ce jour, les critiques ont été dythirambiques (à raison si vous voulez mon avis), les récompenses ont souligné la qualité du travail effectué... et pourtant, ça ne fonctionnerait pas, pas du tout. Imaginez par exemple mal l'Espagne commander une version locale d'une série dans laquelle le froid (entre autres) chasse plusieurs personnages vers un pays ensoleillé comme la Thaïlande ! Clairement, le succès de l'original n'est pas un critère...

Il est évident qu'on ne vit pas dans un monde où les diffuseurs (ou les producteurs, d'ailleurs, ne mettons pas toujours tout sur le dos des exécutifs des chaînes) valorisent uniquement la création originale. Celle-ci a encore sa place, mais composer avec le catalogue existant, en perpétuelle expansion, des autres pays, est au moins aussi important.
Evidemment on peut considérer qu'il s'agit d'un échec créatif, peut-être même que c'est un mauvais signe pour la télévision (ne dit-on pas la même chose des remakes et des franchises au cinéma ?), mais il y a aussi du bon à en tirer. Certaines adaptations trouvent une vie bien à elles, comme c'est le cas de Wilfred qui a su partir du même postulat de base que l'original australien, pour arriver à un résultat "personnel" (souvenez-vous). Si la série est renouvelée pour une troisième saison, elle sera même forcée, ayant dépassé l'espérance de vie de son ancêtre, de se débrouiller totalement toute seule.
Mais même en admettant totalement qu'une adaptation n'est pas un aveu d'échec, et qu'un remake n'est pas mauvais par principe (un préjugé qu'il peut être difficile de surmonter quand on voit certaines horreurs engendrées par la pratique en question, je l'admets), toutes les séries ne peuvent pas voyager. Et beaucoup ne devraient tout simplement jamais devenir des formats.

Alors, tout ça pour dire : bonne chance au projet de remake américaine de Rake. Il en aura bieeen besoin.
Ah et euh, j'oubliais, le MIPCOM c'est dans 4 jours, et j'accepte les dons. Mais c'est bien-sûr sans rapport avec le post qui précède, ahem.

Posté par ladyteruki à 18:10 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

02-09-12

[DL] Golden Girls

Eh bien vous voyez, j'étais totalement passée à côté de la date de lancement de Golden Girls, l'adaptation néerlandaise des Craquantes.
La dernière fois que j'avais regardé, courant août, je jure qu'il n'y avait aucune date de fixée, et voilà que je découvre aujourd'hui en allant chercher le pilote de House Husbands (oui, j'ai quelques jours de retard dans l'update du Pilot Watch, mais pour ma défense, si vous me suiviez sur Twitter vous auriez su que ça commençait aujourd'hui en remplacement de Howzat!) qu'il y a déjà deux épisodes au moins qui ont été diffusés par RTL4. Bon, clairement, j'ai une marge de progression sur le suivi des grilles néerlandaises.

Alors du coup, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller jeter un oeil à ce remake, histoire de voir si les Pays-Bas avaient trouvé une solution aux problèmes qui s'étaient posés à l'Espagne au moment de Las Chicas de Oro.
Je veux pas vous spoiler, mais la réponse est non. Bon, d'un autre côté, j'aurais pu m'en douter dés que j'ai vu paraître les premières photos de promo ; jugez plutôt.

GoldenGirlsNLPardon pour vos yeux.

L'insistance de la plupart des remakes de cette série à vouloir absolument avoir l'air de dater des années 80 m'est, pour tout dire, impossible à comprendre. Le charme des Craquantes, ne semble-t-il, n'avait aucun rapport avec l'époque, mais plus avec l'excellent cast d'une part, et surtout, le ton parfaitement trouvé. Les Craquantes n'était pas un sitcom idiot et bêtifiant, mais au contraire une comédie acidulée sur le troisième âge qui parvenait à saisir ce qu'on imagine être la réalité de cette période de la vie, mais sans pesanteur, avec des intrigues généralement légères mais jamais clownesques, et des dialogues toujours très fins et capables de mettre en relief des personnages qui dépassaient la caricature dans laquelle il était possible de les enfermer. De tous les sitcoms américains à succès qu'on peut envisager d'adapter, c'est certainement l'un des plus casse-gueule, d'ailleurs, je pense. Parce que la série originale reposait une équilibre subtil, et que la subtilité est rarement la caractéristique principale d'un remake.
Alors, vouloir absolument se réfugier derrière les couleurs flashys, les perruques improbables, les robes à fleurs et les montures de lunettes énormes, je ne comprends simplement pas le concept. Pour moi, c'est comme si les adaptations transformaient en gimmick un élément qui n'a rien à voir avec ce qui permet d'identifier la série, mais qui identifie surtout son époque de naissance. Or l'intérêt de produire, en 2012, un remake des Craquantes, a plus à voir à mon sens avec les personnages eux-mêmes, que faire revivre artificiellement les années 80 aux spectateurs. A plus forte raison parce que si on vient pour la séquence nostalgie, les rediffs des Craquantes font très bien l'affaire, et un remake n'égalera jamais ce résultat.

Du coup, vous pouvez en juger par vous-mêmes, le générique de Golden Girls est sidérant, parce qu'il met à côté sur tous les tableaux.

GoldenGirls
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais je crois que le plus pénible n'est pas de voir la série originale singée et réduite à l'état de caricature d'elle-même. Pire même que l'impression que Mrs Doubtfire s'est invitée dans la série : le mensonge éhonté.
Le générique de Golden Girls nous propose en effet de suivre nos quatre vieilles dames dans différentes aventures, sur une jetée ou faisant du shopping, au casino ou en balade en vélo... bref, dans tout un tas de décors "naturels". Or, Golden Girls, comme son aînée Les Craquantes, est intégralement tournée en studio. Le pilote néerlandais reprend d'ailleurs le scénario du pilote original scène par scène, c'est-à-dire avec une cérémonie de mariage qui a lieu dans le salon de la maison qu'elles se partagent. C'est vous dire à quel point les vélos sont loin, si même pour un mariage, on utilise le décor de la colocation, quand même !
Le générique fait donc espérer quelque chose de nouveau (et après tout, on pourrait imaginer que tout en reprenant les personnages et les intrigues, on décide de faire cette adaptation en single camera, ce ne serait pas une si mauvaise idée) quand il n'y a pas plus littéral que Golden Girls. Je sais pas si c'est parce que je me suis fait une intégrale des Craquantes il y a deux ans et que je suis restée attachée à la série, mais je trouve ça encore pire que tout.

J'ai peine à croire que Golden Girls rencontre le succès, de la même façon que Las Chicas de Oro s'était progressivement rétamée. Mais l'avenir nous le dira.

Posté par ladyteruki à 17:08 - Médicament générique - Permalien [#]

23-05-12

lady's world tour - Escale n°12

Il y a quelques jours, j'avais peu de temps pour un long world tour (enfin, ça va quand même, vous aviez de la lecture), et je vous avais promis, juré, craché que je reviendrais pour un complément avec tout ce que j'avais mis de côté.
Vous vous doutez bien que dans l'intervalle, les news n'ont pas cessé de tomber pour si peu (je vous jure, des fois, la planète n'est pas très arrangeante), alors attendez-vous aujourd'hui à un GROS world tour. En fait, prévoyez des snacks...

ElDonante

- ARGENTINE : et où il est ton papa ?
Cette nuit démarre El Donante, une nouvelle série qui, à l'instar de Perfidia et Volver a nacer, dont on a déjà pu parler, a décroché son billet pour la gloire grâce au désormais célèbre Concurso Series de Ficción Federales en 2011. Il s'agit d'une comédie ayant pour héros Bruno, un homme dans la cinquantaine qui a très bien réussi dans la vie, mais qui, quand il était jeune, arrondissait ses fins de mois en faisant des dons du sperme. 20 ans plus tard, alors que la femme qu'il aime meurt d'un cancer sans qu'ils aient pu avoir d'enfant ensemble, il traverse une crise et commence à se demander ce qu'il est arrivé à ces dons. C'est le moment que choisit une jeune femme pour frapper à sa porte : elle est sa fille. En fait, son sperme a été utilisé 144 fois pendant les deux dernières décennies ! Avec sa fille, Bruno va donc se mettre à la recherche des 144 enfants qu'il a eu. Une histoire plutôt barrée qui va s'étendre sur 13 épisodes...

- CANADA : les upfronts, il y a du rab', je vous le mets ?
Est-ce qu'on a pensé à vous dire que ce mois de mai était placé sous le signe des upfronts ? Oui, mais des upfronts canadiens ? Aha ! C'est bien ce que je pensais. Alors allons-y : du côté des fictions de CBC, outre l'acquisition de Murdoch Mysteries, la chaîne a confirmé la commande de Cracked, avec David Sutcliffe (le papa de Rory Gilmore !) et Stefanie von Pfetten, un procedural situé dans l'univers dérangeant d'une unité spécialisée dans les crimes à composante psychiatrique. Le pilote de Cracked, commandé en mai 2011, ne date pas d'hier, et la série ne fera pas son apparition avant janvier 2013 dans les grilles de la chaîne. A cela vient également s'ajouter Titanic: Blood and Steel, avec Chris Noth et Neve Campbell, la fiction sur le naufrage du Titanic qui manquait à la télévision. Pour ce qui concerne les séries faisant leur retour sur les écrans de CBC pendant la saison 2012-2013, on compte Arctic Air et Republic of Doyle.

- CANADA francophone cette fois : bad girls
Chez nos amis les Québécois aussi, on se passionne pour les séries carcérales. Danielle Trottier, scénariste de La Promesse, travaille actuellement sur un téléroman pour Radio-Canada, se déroulant dans une prison pour femmes ; ce projet, basé sur 5 années de visite régulières dans un centre pénitentiare, a pour objectif d'être le plus réaliste possible, tout en essayant de sortir des sentiers battus en la matière. "On a beaucoup traité de la criminalité au féminin comme du divertissement. Mais ce n'en est pas", explique la scénariste. "J'ai rencontré des personnes intelligentes, sensibles, extrêmement généreuses, en processus de changement". Un changement qui sera observé et expérimenté par une enseignante (interprétée par Guylaine Tremblay, Les Rescapés) qui, emprisonnée après un crime familial grave, partagera le quotidien de ces femmes. La série, intitulé Unité 9, devrait être diffusée le mardi à 20h à l'automne (l'ancienne case d'Apparences), et jouit pour le moment d'une commande de 25 épisodes.

IryuuSousa

- JAPON : si tu tends l'oreille
Cet été, renouez avec les étranges investigations d'Iryuu Sousa ! Le dorama policier revient en effet sur les écrans nippons au mois de juillet, après un peu plus d'une année d'absence (la série avait été diffusée au printemps 2011). Iryuu Sousa mettait en scène un enquêteur, incarné par Takaya Kamikawa, qui travaillait sur la base de ce qui lui disaient les objets laissés derrières elles par les victimes. Sauf que cette année, le héros de la série est relégué à un poste dans une petite ville au lieu de travailler dans une grande métropole... En raison de ce changement d'horizon, les acteurs Yuki Saitou, Norito Yashima et Yuuji Miyake rejoignent la série.

- JAPON toujours : walking down the street
C'est, vous le savez, l'une des cases horaires les plus prisée de la saison nippone : le lundi à 21h, chez Fuji TV, c'est sacré. Bon, peut-être moins qu'avant, mais quand même. Ce créneau, actuellement occupé par la série Kagi no Kakatta Heya, sera occupé cet été par une série répondant au nom de Rich Man, Poor Woman, ce qui donne bien le ton. Parait-il inspirée par le film Pretty Woman (et en gros, reposant sur le principe de 712 séries asiatiques depuis), cette comédie romantique mettra Shun Oguri dans la peau d'un milliardaire ayant fait fortune dans l'informatique, mais détestable, asocial et incapable de gérer sa société, et d'une charmante jeune femme, incarnée par Satomi Ishihara, aux débouchés professionnels bien sombres mais qui va pouvoir lui permettre de, hm, redresser la barre. Prévoir des engueulades... La série fera son arrivée dans les grilles nippones avec la nouvelle saison, qui démarre donc, vous l'aurez compris, au mois de juillet.

Housos

- AUSTRALIE : la onzième plaie
Si vous avez bien suivi mes conseils, vous n'avez aucune idée de ce qu'est Housos. C'est tout le mal que je vous souhaite. Son créateur et interprète principal, qui ne trouvera visiblement pas de repos tant qu'il n'aura pas ruiné tous mes efforts pour vous inciter à regarder des séries australiennes, travaille actuellement sur un long métrage basé sur la série, en cours de tournage à Sydney. La logique derrière tout ça, c'est que comme SBS ne se décidait pas assez vite à renouveler la série pour une seconde saison (c'est dommage pourtant, c'est si agréable de se mettre tous les habitants de HLM à dos), Paul Fenech a carrément décidé de se lancer dans un film tout seul comme un grand. A l'instar de tous ses projets précédents (comme la comédie Swift & Shift Couriers), Fenech porte à la fois la casquette d'auteur, producteur, réalisateur, et acteur principal sur des projets dont il gère le financement également en solo. Sortie prévue en novembre, mais que ça ne vous incite pas à tenter la série dans l'intervalle. Ou alors considérez-vous prévenus.

- AFRIQUE DU SUD : tu seras un homme (mais pas encore tout de suite)
C'est marrant, on parlait d'adolescence à la télévision il y a peu, eh bien justement SABC1 a décidé de renouveler la série Skeem Saam. Diffusée en octobre dernier, la série suivait le parcours de 3 adolescents sur le point de devenir adultes. La première saison avait été suivie en moyenne par 5 millions de spectateurs, et apparemment ça a l'air d'être une bonne audience pour la chaîne publique (ce qui, dans un pays qui compte 50 millions d'habitants, me pose des questions). A noter que si le cast ne change pas, il va y avoir un peu de mouvement en coulisses puisque l'un des producteurs quitte le navire. Winnie Serite, également créateur de Skeem Saam, est donc désormais le seul aux commandes de la série.

- ESPAGNE : camping purgatoire
Mercredi dernier, Antena3 diffusait l'épisode final de la 1e saison de sa comédie Con el culo al aire, lancée le 1er février dernier. Après avoir fait un démarrage épatant (4 millions de spectateurs devant le pilote, et 21,9% de parts de marché), la comédie de camping avait ensuite un peu réduit la voilure, pour s'achever devant 2,8 millions de fidèles. En fin de compte, sur l'ensemble de ses 13 épisodes, la comédie aura réuni en moyenne 3,1 million de spectateurs, ce qui n'est pas si mal, même si la série n'est pas le hit escompté.
Face à ce final, c'était le retour de la série médicale Hospital Central (qualifiée d'Urgences espagnole) qui occupait la grille de Telecinco pour une 20e saison ; le season premiere a été regardé par 2,2 millions d'Espagnols, soit 400 000 environ de moins qu'à la fin de la saison précédente. Il faut noter toutefois que pendant la 19e saison avait connu un démarrage poussif, avant de gagner des spectateurs progressivement en cours de saison. Tout n'est donc pas perdu.
Pour revenir à la comédie Con el culo al aire, elle est d'ores et déjà renouvelée pour une deuxième saison.

Galleria

- POLOGNE : pente savonneuse
En janvier dernier, la chaîne polonaise TVP1 mettait fin à une tradition : son soap Plebanię, qui après 12 années d'antenne et très exactement 1829 épisodes, a tiré sa révérence. Pour prendre la relève, la chaîne misait sur un tout nouveau soap intitulé Galeria, dont elle avait commandé 94 épisodes (pour commencer !) inspirés du soap italien Centro Vetrine (qui, lui, est en place depuis 2001). L'idée était de renouveler l'image de la chaîne, et par renouveler, vous aurez compris rajeunir. Mais on dirait bien que Galeria n'a hérité de la longévité d'aucune des deux séries mentionnées, puisque TVP1 projette déjà de lui trouver un remplacement dés l'automne prochain, décidant d'abdiquer devant les audiences en berne. Actuellement développé sous le titre Mały Londyn ("little London"), ce soap devrait commencer à mettre des épisodes en boîte le mois prochain.

- TURQUIE : on n'est pas là pour faire tapisserie
Lundi, la chaîne Kanal D lance une nouvelle série du nom de Sultan. Je vous rassure tout de suite, il ne s'agit pas de profiter du succès international de Muhtesem Yüzyil pour lancer une énième série en costumes ; Sultan est le nom de son héroïne, une femme à qui son prince charmant, Şeyhmus, a promis qu'il l'épouserait. Alors elle attend. Et elle attend. Et pendant ce temps ce saligaud de Şeyhmus part vivre en France, se marie, a des enfants... et Sultan attend. Jusqu'au jour où elle n'attend plus. Visiblement, la demoiselle n'est pas commode, puisque ceci est la bande-annonce qui passe sur à peu près TOUTES les pages du site officiel de Kanal D, où on peut s'assurer que Sultan met en scène une femme au caractère bien trempé. A noter que la série est supposée montrer également la vie de Şeyhmus en France dans les années 90, ainsi que la fin de l'attente de Sultan, 15 ans après, donc cela devrait donner une série assez étrange...

- SUEDE : 26 ans de deuil
Nan mais admettez-le : secrètement, vous aviez envie de lire des trucs sur la Scandinavie. Vous avez même sauté le paragraphe précédent pour aller plus vite. Vous pouvez me le dire, à moi. Bon, eh bien vous n'aurez pas fait tout cela pour rien puisque j'ai l'honneur de vous annoncer une nouvelle série suédoise. Le réalisateur danois Kristoffer Nyholm (déjà derrière la camera pour les deux premières saisons de Forbrydelsen, et Nikolaj og Julie...) travaille en effet sur un projet de série historique retraçant l'assassinat du Premier ministre suédois Olof Palme, en 1986, dont les circonstances sont encore à ce jour assez confuses. Etant donné le flou qui entoure cette double tentative de meurtre (l'épouse du Premier ministre en a réchappé), la série sera essentiellement basée sur les travaux du criminologue Leif GW Persson. C'est SVT qui produit la série, et si ma traduction ne me trahit pas, les résultats de cette production pourraient être visibles dés la période de Noël cette année. Par contre, on n'a pas encore de titre, c'est malin.

Heartless

- DANEMARK : méfiance, méfiance
Qu'est-ce qu'on se marre chez Kanal 5 ! La chaîne danoise à souscription a décidé de se lancer dans l'aventure des fictions originales (jusque là son truc, c'était surtout les séries américaines) avec la série fantastique Heartless. Mais attention ! Comme il ne s'agit pas de se lancer à l'aveugle, genre en commandant une série et après de voir si elle marche, la chaîne fait appel à son public pour agir comme un "focus group" et donner un retour sur le pilote de 12mn qui a été tourné. Il suffit donc pour les spectateurs danois de se rendre sur le site officiel de la série et, à la condition qu'ils aient plus de 15 ans, de visionner le pilote et de voter. Etant donné que j'ai commencé à flipper dés que j'ai vu la page d'accueil, je vous laisse le soin d'aller voir ça par vous-mêmes, hein. Vous me raconterez.

- PAYS-BAS : you don't have to put on the red light
Avez-vous vu la série wisterialanienne Jardins secrets (Gooische Vrouwen en VO) ? Moi non plus, mais on n'a pas d'excuse, pour une fois qu'une série néerlandaise était diffusée en France... Alors prenons un air docte et parlons de l'actrice Susan Visser, qui y a interprété pendant 4 ans (et un film) le rôle d'Anouk, et qui se dirige à présent vers un nouveau projet du nom d'Achter het Raam ("derrière la fenêtre"). La série, adaptée de l'autobiographie de Patricia Perquin, suit le parcours d'une femme qui, couverte de dettes suite à son obsession pour le shopping, suit des conseils d'amis et se tourne vers la prostitution pour arrondir ses fins de mois. Le projet, annoncé à la radio, n'a pour le moment pas officiellement de diffuseur...

- PAYS-BAS c'est la fête : plaqué or
Ah, chouette alors, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé de remakes de sitcoms américains ! Non ? Ah, zut. Eh bien souffrez quand même qu'on y passe une minute, parce qu'il s'agit d'un remake... des Craquantes ! Faut croire que Las Chicas de Oro n'a servi de leçon à personne puisque RTL4 se lance dans l'aventure avec un remake néerlandais, donc. La distribution de cette nouvelle mouture est presqu'au complet (Beppie Melissen, Loes Luca et Cecile Heuer ont déjà signé, Pleuni Touw aurait été approchée), il devrait donc y avoir une nouvelle calamité à surveiller sur les écrans néerlandais. Le ridicule ne tue pas, la preuve, les Golden Girls sont immortelles !

TheSpiral

- EUROPE : pas trop déçus ?
On finit avec notre dossier The Spiral... vous savez ? La série qui devrait être diffusée simulatanément dans 712 pays d'Europe. Je vois que ça vous revient. Eh bien VARA, la chaîne publique qui diffusera la série aux Pays-Bas, vient d'annoncer le lancement de la diffusion pour le dimanche 2 septembre 2012, en primetime. Vu que le principe est de diffuser les 5 épisodes simultanément, on aurait pu en conclure que la diffusion sur arte se ferait au même moment, mais la chaîne française m'a indiqué que la série n'était pas prévue dans son planning pour l'année 2012. C'est très décevant, évidemment, mais enfin, même si c'est plus tard, on aura quand même la chance de voir la série. C'est ce qu'il faut se dire.

J'en oublie, certainement, mais j'en oublie toujours un peu. Pas grave ! Ce sera l'affaire d'un prochain world tour dans quelques jours, quand vous vous serez remis de l'annonce pour The Spiral.
Et euh, alors, Heartless, ça vaut le coup que je clique sur le site officiel, ou pas ?

Posté par ladyteruki à 02:38 - Love Actuality - Permalien [#]

09-04-12

Drôle de malédiction

Il a été porté à mon attention par Scalatiine et whisperintherain que TFHein préparait un remake de Ma Sorcière Bien-Aimée il y a quelques jours. Le projet aurait ensuite été mis aux ordures, ce qu'on ne peut que saluer. Mais pendant quelques minutes, alors que je lisais, ébahie, la news à ce sujet qu'on m'avait fournie sur Twitter, j'ai pensé : "les Français ne sont donc pas à l'abri".
A l'abri de quoi ?

Combien de fois je vous ai parlé de remakes ridicules de sitcoms américains ?
De mémoire, voyons... il y a eu la version espagnole de Cheers (subtilement appelée Cheers, ce qui sentait déjà mauvais dés le départ), la version espagnole des Craquantes, intitulée Las Chicas de Oro, qui n'a pas connu un sort plus enviable... mais les Espagnols ne sont pas les seuls en faute, puisque j'ai déjà pu évoquer avec vous l'horreur que représentait Maia Preskrasnaia Niania, la version russe d'Une Nounou d'Enfer. D'ailleurs, fun fact : quand je m'ennuie, je cherche à collecter le pilote de toutes les versions internationales d'Une Nounou d'Enfer. Je suis masochiste comme ça. Et du coup je peux aussi vous parler de la version polonaise, Niania, que du bonheur. Oh, il me semble qu'on a aussi évoqué Kak ia Vstretil Vashu Mamu, l'adaptation russe de How I met your mother. Je vous dis ça pour que vous fassiez bon usage des tags mails il y en a plein d'autres qu'on n'a pas encore mentionné dans les parages, et j'en suis la première surprise.
Voyons voir, il y a aussi l'Allemagne avec Das iTeam, l'adaptation de The IT Crowd, quoique presque sans apporter le déshonneur sur la version originale (le vrai problème, ce sont les acteurs), ou les Pays-Bas, qui ont adapté Tout le monde aime Raymond avec Iedereen Is Gek Op Jack (j'arrive pas à croire que je vous ai jamais montré ne serait-ce que le générique de ces trucs-là ?)... on ne va pas tous les citer, mais en tous cas ça prouve que c'est une épidémie mondiale (excusez-moi, j'ai lu World War Z ce weekend, je suis un peu traumatisée).

Mais soyons honnêtes, en France, on n'avait pas l'air d'être touchés par ce phénomène. Les remakes sont relativement rares dans l'ensemble, par chez nous, on peut s'en féliciter. Evidemment il y a le cas des adaptations plus ou moins officieuses (L'Hôpital ?) et les cas de franchise (Paris Enquêtes Criminelles), mais en tous cas, les sitcoms américains zombifiés, on évite quand même plutôt bien.
Et quand on fait quelque chose de bien en France, il faut le dire, même si ça m'écorche un peu la bouche (mais je me soigne, promis).

OkusamawaMajou

Même si ensuite j'ai eu l'immense soulagement d'apprendre que le projet avait été abandonné par TFHein peu de temps après que la news ait fait surface sur le projet, j'ai tout de même eu le temps de penser aux deux adaptations internationales de Ma Sorcière Bien-Aimée que je connaissais : Okusama wa Majou, la Japonaise, et Maia Liubimaia Vedma, la Russe.
Et ya pas de quoi se vanter, je vous assure. Les deux avaient choisi de se dérouler dans le présent, ce qui était déjà une énorme erreur : dans ces cas-là, il vaut mieux jouer à fond la carte de la nostalgie, ça permet d'avoir l'air moins ridicule. Et puis surtout, cela ressemblait à des parodies de sitcom des années 90, ce qui est embêtant car aucune des deux n'a plus de 10 ans. Je fais encore des cauchemars avec la version russe (je fais des cauchemars avec beaucoup de versions russes de sitcoms américains, en réalité) et de ces rires enregistrés, oh, ces rires... ils me réveillent en pleine nuit, le front en sueur, les yeux exorbités, le souffle court.

Depuis lors, une version récente, de quelque pays que ce soit, d'un sitcom américain tel que Ma Sorcière Bien-Aimée, je ne le souhaite à personne, pas même à Whitney Cummings. Mais si vraiment vous êtes curieux et téméraires, ne serait-ce que pour assister au jeu des acteurs ou goûter la qualité de la réalisation, je ne peux pas vous empêcher d'aller vérifier par vous-même.

Tous les remakes ne sont pas mauvais, pas forcément.
Mais non, mais non voyons. Par principe, on a tendance, moi y compris je l'admets, à refuser l'idée-même de remake, mais tous ne sont pas à jeter. Faites-moi penser à vous parler d'Umutsuz Ev Kadinlari, la version turque de Desperate Housewives, par exemple. Ca se défend... sous un certain angle. Enfin, je ne raffole pas de la version d'origine ; c'est sûr, ça n'aide pas, mais bon, ça va encore. En fait les dramas et les dramédies se défendent en général plutôt bien. Les versions telenovela de certaines séries ABC (qui en ont fait une spécialité) comme A Corazón Abierto ou les Amas de Casa Desesperadas ne sont peut-être pas votre tasse de thé, disons, mais au moins elles restent dans la limite de ce qu'on attend d'elles au niveau de la forme, a minima.
Et c'est important de le dire. De dire qu'à défaut de faire preuve d'originalité, la qualité de la production de l'adaptation reste, disons, équivalente à une sorte de médiane, entre la qualité de la série d'origine, et la qualité moyenne du format d'arrivée choisi tel que présent dans le pays où la série a été adaptée.

Mais tout en disant cela, il faut reconnaitre que les sitcoms en sont proprement incapables, et ce, quel que soit le pays d'arrivée. C'est pour ainsi dire systématique. Je n'ai pas UN exemple du contraire à évoquer, rien ne me vient à l'esprit, alors que j'ai téléphagiquement plutôt bien roulé ma bosse ces dernières années. Aucun remake de sitcom américain n'est JAMAIS réussi de par le monde. C'est une constante. L'une des choses dont on peut être sûrs de par le monde.
Dans le cas de la Russie, qui a un retard incroyable en matière de production télévisuelle locale (on a déjà pu l'évoquer) et dont le remake est constitutif du mode de fonctionnement, ce n'est pas étonnant. Mais prenez par exemple les Espagnols. Avec l'ampleur de leur production nationale, les bons titres que le pays est capable de proposer... comment peut-on encore en arriver à commander du Cheers ? Et à ensuite échouer lamentablement à réaliser un produit potable ?

Au regard de ce que nous apprend l'histoire télévisuelle de tous ces pays, et hélas, l'expérience, qu'est-ce qui rend l'exercice si compliqué et pourtant si populaire ? A moins que ce ne soit l'inverse. Parce que le plus fou, c'est qu'ils continuent d'être produits, ces remakes de sticoms américains, année après année, car il y a vraisemblablement quelque chose d'universel dans les sitcoms américains qui attire les producteurs locaux.

On a échappé à celui-là. Mais visiblement on n'est pas à l'abri en France non plus. Alors, faut-il se préparer à l'arrivée d'un remake de sitcom américain en France ? Faut-il commencer dés maintenant à stocker des vivres et de l'eau ? Je panique un peu, pardon. Mais moi, j'ai entendu les rires enregistrés des remakes russes. JE SAIS.

Posté par ladyteruki à 22:51 - Point Unpleasant - Permalien [#]

25-11-11

Rire ensemble

Ce blog a été le témoin de nombreuses évolutions téléphagiques pour moi : la façon dont je me suis mise à suivre plus méthodiquement les séries de rentrée ; la façon dont je me suis autorisée, l'expression n'est pas exagérée, à ne pas me cantoner aux séries américaines ; les défis que je me suis lancés plus ou moins officiellement, enfin, comme regarder plus d'intégrales, me priver volontairement de cagoulage ou m'essayer aux longs-métrages.
Il en est peut-être un, moins conscient, qui n'a pas encore été vraiment mentionné, mais dont vous pouvez trouver la trace facilement en remontant les archives de ladytelephagy : ma tentative de m'ouvrir à la comédie.

Ce n'était pas du tout acquis. Pendant très longtemps je n'ai juré que par les séries dramatiques, et les comédies qui me plaisaient en plus étaient en général douées pour jouer sur les tons (Rude Awakening en est un bon exemple). Les comédies en single camera m'ont toujours plu un tantinet plus que les sitcoms traditionnels, bien que je ne les boude pas (ma fidélité envers Fran Drescher est à ce titre parlante). Mais c'était toujours avec l'idée sous-jacente qu'une comédie était un passe-temps, un divertissement au sens péjoratif du terme, quelque chose qui, enfin, soyons sérieux, n'est pas une fin téléphagique en soi. C'était un peu contradictoire en un sens avec le fait que parmi mes séries préférées, quand je suis vraiment contrainte à n'en choisir qu'une trentaine pour faire une sélection, je mentionne presque systématiquement Une Nounou d'Enfer ; mais c'était avec, toujours, la sensation pas forcément explicitée de faire un distingo entre une série qui compte pour des raisons affectives, et une série qui compte, tout court.

En cela je crois que j'ai bien progressé ces dernières années. Parmi les intégrales que je me suis envoyées, il y avait énormément de comédies, en général datées d'il y a quelques années ou quelques décennies. Derrière la joie de m'esclaffer devant des plaisanteries plus ou moins fines, il y avait aussi ce sentiment de découverte, l'envie de décortiquer un genre qui, même à fortes doses, m'est toujours un peu étranger.

Du coup, je me suis posé, aussi, énormément de questions sur l'humour, ses ressorts, ses mécanismes, ses rouages ; parmi ces questions : l'humour est-il intemporel ? Peut-on encore rire lorsqu'on nous a trop répété qu'une série est drôle ? Peut-on rire de quelque chose qu'on ne trouvait pas drôle avant ? Peut-on rire de ce qu'on ne trouve plus drôle ? La triste réalité gâche-t-elle le plaisir de rire ? Doit-on toujours rire devant une série comique ?
Sur ce blog, il est probable, en tous cas c'est ce qu'il me semble à vue de nez, que je me sois posée plus de questions sur le genre de la comédie que sur celui du drame. Le drame me semble évident. Le drame est naturel. Le drame se conçoit facilement. La comédie est pleine d'interrogations pour moi, c'est un territoire qui, même au bout de plusieurs centaines d'épisodes, m'est toujours inconnu. Je sais rire mais je ne comprends pas d'où cela vient. Douter, me poser des questions ou pleurer ne fait pas autant débat ; il semble qu'il soit plus facile pour toutes les facettes du drame de remonter à la source. Comme beaucoup de choses en téléphagie, plus que nous ne voulons l'admettre, ce que nous aimons et ce que nous regardons prend racine dans notre histoire personnelle. Et ma fascination grandissante pour les comédies est le reflet de cela, de l'évolution personnelle que j'ai connu pendant ces quelques années et de la façon dont ça s'est traduit dans mes expériences télévisuelles.

KakiaVstretilVashuMamu
Kak ia Vstretil Vashu Mamu

Aujourd'hui se rejoignent deux de mes évolutions, les séries "étrangères" et la comédie, alors que je suis tombée sur un remake allemand d'une comédie britannique (on aura l'occasion d'en reparler). Mon allemand n'étant pas si rouillé que je le pensais, en tous cas pas à l'oral (saloperies de déclinaisons), j'ai retrouvé peu ou prou tout ce qui rendait le pilote d'origine drôle, ou à peu près.
Et alors qu'on passe notre temps, notamment dans le cas des séries asiatiques, à souligner combien certaines choses ne passent pas bien d'un pays à l'autre, je suis frappée de voir que la version allemande (si l'on met de côté le fait que les rires sont enregistrés et les acteurs un peu flasques) est aussi drôle que la version originale.
Comment se fait-il que l'humour parvienne à passer d'un pays à l'autre, souvent d'un continent à l'autre, aussi, sans problème ?

Pourquoi la plupart des séries américaines adaptées à l'étranger sont-elles des comédies ?
Certes il y a aussi la question du budget. Ce n'est pas une donnée innocente, naturellement. Le savoir-faire est moins aléatoire, aussi, sans doute : réaliser une série qui copie Oz, The Practice ou Pushing Daisies n'est pas à la portée du premier venu, quand un sitcom, avec ses règles techniques claires et son contexte théatral, est un objectif plus facile à atteindre.

Mais concernant les scénarios eux-mêmes ? Comment se fait-il que pas une ligne ne soit changée, parfois ?
On est d'accord que le succès de ces remakes, et on en parlait à propos de Las Chicas de Oro, est aléatoire : parfois ça cartonne, parfois pas du tout (ces dernières années, c'est plutôt pas du tout d'après ce que je vois ; l'échec du Cheers espagnol en est le dernier exemple en date). Mais les producteurs locaux ont en tous cas dû penser à un moment que tout ça se traduirait facilement dans le pays d'arrivée, qu'il n'était pas nécessaire d'apporter des retouches.

On dit qu'on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. Il semblerait quand même un peu que si, car vu le nombre de comédies américaines qui sont adaptées un peu partout, alors que les dramas sont quand même repris avec plus de méfiance (ou alors avec des transformations, comme Grey's Anatomy qui est devenue la telenovela colombienne A Corazón Abierto), les séries américaines font rire toute la planète ou quasiment.
Finalement, si l'action de rire est universelle, peut-être que son déclencheur l'est tout autant ?

Posté par ladyteruki à 23:30 - Série de valeurs - Permalien [#]

03-12-10

Refaire / Défaire

On se plaint des remakes américains... mais, mes pauvres petits, c'est rien, ça. C'est une partie de plaisir, même ! Quand les Américains se piquent de refaire Skins, Being Human (brrrr...), ou commencent à lorgner vers Misfits... mais je dis allez-y. Mais c'est pas grave. Ya pire dans la vie !

Imaginez des Espagnols en train de lancer un remake des Craquantes, par exemple.
Ah, là ça rigole plus. Bah vous avez raison : il faudrait une loi pour interdire le remake de sitcom américain. Là, on est dans la criminalité internationale, là d'accord. Et je comprends mieux pourquoi ça faisait des semaines que j'avais cagoulé le pilote de Las Chicas de Oro sans y toucher. Ça s'appelle l'instinct de conservation. Mais puisque j'en étais à mettre la fiche à jour (j'ai pas fini mais ça commence à avoir de la gueule, si vous voulez y jeter un œil), je me suis dit que, bon, piske j'avais le pilote, hein ?

LasChicasdeOro

Le problème, c'est le "respect" de la série originale. Parce que justement, Las Chicas de Oro est un vrai remake, genre qui a récupéré les scripts des épisodes d'origine et fait un petit gloubiboulga avec les passages qui semblent les plus à propos, genre qui a casté puis relooké les actrices pour qu'elles soient la copie conforme de leurs aînées américaines (à l'exception de Doroti à qui il manque 20 bons centimètres, au bas mot), genre qui a reconstitué les décors presque fidèlement quitte à conserver le goût des années 80 pour les couleurs, genre qui place des rires enregistrés à intervalles réguliers parce que "ça fait sitcom américain". Tout y est, sauf... le cœur.
Je me rappelle mon effroi devant Maia Prekrasnaia Niania, il y a quelques mois. Je ne l'avais pas uniquement mis sur le compte de mon sentimentalisme et mon affection profonde vis-à-vis d'Une Nounou d'Enfer (ne riez pas, le Dieu de la Téléphagie seul sera mon juge !!!). Et étaient à blâmer exactement les mêmes travers.

Car dans le fond, remake ne veut pas dire copie carbone. Et si effectivement on retrouve tous les ingrédients des séries d'origine, le script, le look des personnages et tout... bah, le lien ne se crée pas. Alors je ne dis pas, ça divertit probablement sur le moment (surtout si on a la chance de comprendre l'intégralité des dialogues, je le conçois), et Maia Prekrasnaia Niania a été un beau succès de plusieurs saisons, et Las Chicas de Oro était regardée encore lundi soir dernier par 13,5% des spectateurs espagnols, ce n'est pas exactement un bide. Mais dans le fond, une fois ces séries achevées, ce qui restera dans les mémoires, c'est la série d'origine. Parce qu'elle est très exactement cela dans l'esprit des spectateurs, et surtout, de la production du remake : l'origine. Quoi que fassent les personnages à partir de là, ils ne sont jamais qu'une bouture repiquée.

Sérieusement, est-ce que les productions Russes ou Espagnoles (et je cite ces coupables uniquement parce que j'ai plus de place dans les tags, mais il y en a d'autres et parfois pas bien loin, n'est-ce pas Maguy ?) ne pourraient pas faire l'effort de créer leurs sitcoms pas drôles toutes seules, comme des grandes ? Bien-sûr que ça doit être plus simple à vendre à une chaîne, surtout quand le cahier des charges déjà prêt économise sur plein de choses, dont le travail de développement, mais sincèrement, c'est pas du boulot. C'est vraiment du produit de consommation pur, sans aucune ambition. L'émotion est totalement absente du résultat, même quand nos petites vieilles discutent de leurs expériences sur leur coin de canapé ; c'est déjà bien d'avoir gardé cette partie et pas juste les passages humoristiques, hein. Et on ne fait pas avancer la télévision de son pays en allant pomper celle des autres, pas de façon aussi littérale en tous cas.

Un remake pour défaire ce qui faisait le charme d'une série... c'est triste, franchement. Je suis sûre que par rapport, les remakes des séries dramatiques, même quand ils déçoivent, ne sont pas aussi révoltants.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Las Chicas de Oro de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]