ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

24-06-12

Not even trying

Ce sont les derniers jours pour que les membres de l'Academy of Television Arts & Sciences votent, afin de pouvoir déterminer les nominations aux Emmy Awards de cette année.
J'ai lu plusieurs articles, certains plus ouvertement narquois que d'autres (mon préféré reste celui sur Rob Lowe), sur le processus qui préside à ces votes : en gros, n'importe qui ou presque peut présenter sa candidature, pourvu de s'acquitter d'une somme ridicule permettant d'entrer dans la compétition (200 dollars plus les frais, pourrait-on dire).

C'est comme ça que les membres de l'Academy se retrouvent à voter parmi un petit millier de candidatures (qu'ils n'ont certainement pas vues dans leur immense majorité, évidemment) pour les acteurs, disons ; on parlait ce soir de la candidature d'Anjelica Huston pour son rôle dans Smash, par exemple, et la liste des prétendants à l'Emmy est vertigineuse.
A partir de là on peut discuter, se moquer et/ou hausser les épaules en décrétant que ce seront toujours les mêmes qui seront nommés, au choix.

Mais par curiosité, j'ai aussi glissé un oeil à une catégorie moins mise en avant, celle des génériques.

Et parmi les productions qui ont soumis leur candidature dans cette catégorie, il y a un nombre ahurissant de séries qui n'ont même pas de générique !

Je peux comprendre qu'on ne soit pas tout-à-fait objectif sur une performance d'acteur : l'acteur lui-même, ou son entourage, ou la production d'une série, tentent le coup même si l'acteur n'a rien fait d'incroyable, parce que ça coûte pas grand'chose et que, bon, on sait pas, sur un malentendu ou une petite gâterie, ça peut marcher.

Mais comment une série comme GCB ose-t-elle présenter ce "truc" qui dure CINQ SECONDES ?

GCB-generique

Tous les génériques soumis au vote n'ont pas forcément du génie, bien-sûr. On pense ce qu'on veut du générique d'Alphas, mettons : il n'est pas mauvais, il n'est juste pas inoubliable. Je comprends honnêtement que la production d'Alphas se soit dit "eh, on n'a pas un générique si mal que ça, tentons !", parce qu'ils ont vraiment essayé de produire un générique avec de la substance, ils ont cherché un thème musical, trouvé un moyen de mettre en scène leur sujet et leur cast... pourquoi pas ? Ils ont bossé sur leur générique, après tout.
Même chose pour New Girl, qui vraisemblablement a essayé de faire quelque chose qui introduise bien son univers et ses personnages, tout en tirant partie de sa star. Le générique de New Girl brûle peut-être la rétine, mais il a le mérite d'avoir une existence tangible.
Pareil, Suits, bon, clairement c'est pas le même genre de générique que Homeland, mais ça se tient, quand même, de candidater quand on a trouvé le moyen de faire un générique qui a de la gueule, et qui a un petit quelque chose d'emblématique et de difficile à oublier. Sans être du grand art comme le générique de Game of Thrones l'an passé, qui forcément place la barre assez haut (comme beaucoup de gagnants précédents dans cette catégorie, d'ailleurs), Suits n'a pas à rougir de son générique.

Mais GCB ? Je sais que la rubrique s'appelle "main title" et qu'il suffit théoriquement que le nom de la série apparaisse, mais quand on n'a même pas eu le courage d'insérer le nom du créateur, sans même parler du cast, dans ce "générique", on est quand même un peu mal placé pour espérer un Emmy, non ?
Ou The Secret Circle ? Ou Smash ? Ou Once Upon a Time, tiens ?
C'est un peu comme si dans les catégories des performances d'acteurs, les gens étaient juste apparus en photo lors d'un épisode au lieu de, vous savez, fournir une performance ! Bon alors je sais, Ellen Burstyn a failli réussir à obtenir un Emmy pour un rôle de 14 secondes ; pour la soumettre au vote, il fallait déjà faire preuve d'un certain culot. Mais c'est quand même 9 secondes de plus que le générique de GCB...
Je sais pas mais, tant qu'à vouloir être nommé dans une catégorie, encore faut-il avoir quelque chose à y présenter ! Même Lab Rats a plus de raisons de postuler que ces séries !

Dans ce genre de situations, j'ai envie de dire aux responsables de GCB : un peu d'humilité ! Des séries avec des génériques décents n'ont pas postulé (il était bien celui de Death Valley, en comparaison !) ; des séries qui partent avec un avantage critique et un meilleur buzz n'ont pas postulé (sinon moi je vote pour le générique de The Good Wife, tant qu'on y est !). Suburgatory avait un générique de 10 secondes, il est potable mais la production n'a pas osé le soumettre, c'est plutôt classe position comme comportement.

Evidemment, à côté de Homeland, Luck, American Horror Story, Boss ou Magic City, il va falloir se lever tôt pour que GCB soit nommée dans cette catégorie le mois prochain. On est relativement tranquilles, de la même façon que Rob Lowe ne devrait pas non plus être nommé non plus pour son incroyable performance dans un téléfilm de Lifetime...
Mais quand même, vous êtes d'accord avec moi, c'est honteux non ?

Posté par ladyteruki à 23:40 - Point Unpleasant - Permalien [#]

28-05-12

Expérience concluante

Quand je n'ai rien de mieux à faire, je teste des pilotes de séries Disney. Parce que je n'ai pas encore totalement perdu espoir, peut-être. Plus vraisemblablement parce que je ne vois pas pourquoi, simplement parce que la série est destinée à une autre tranche d'âge que la mienne, je devrais snober une fiction.
Bon en vrai c'est parce que j'ai une consommation d'une demi-douzaine de pilotes par semaine en moyenne et qu'à un moment on tombe nécessairement sur des séries Disney. Sue me.

C'est comme ça que je me suis retrouvée devant le premier épisode de Lab Rats, et euh... bah... Zut alors, ils chantent pas, ya un problème dans mon fichier, ou...?

LabRats

Eh non, ya pas d'erreur.
C'est pour ça que, toute proportions gardées, Lab Rats, après des années de Hannah Montana, JONAS, Sonny with a Chance, et j'en passe, avec en prime les variations pour les marchés locaux genre Patito Feo, et sans compter les séries de la concurrence genre Victorious ou Ruby and the Rockits ...ça soulage. A l'instar de Jessie, qui avait vraisemblablement montré la voie (mais pas la voix), aucun des héros de Lab Rats ne pousse la chansonnette, et ça, c'est le BIEN.

Mais mieux encore que Jessie, qui une fois de plus présente une héroïne sortie de l'usine Disney, Lab Rats propose quelque chose d'un peu original, si bien qu'on se demande presque si ça vient de Disney ; on n'était plus habitués.

Ce qui entretien l'effet de désorientation, c'est que le pilote s'ouvre sur une scène... avec deux adultes. Comprenez-moi bien : traditionnellement, dans les pilotes de séries Disney, pour bien vendre l'héroïne, on se dépêchait de la montrer, jolie, pimpante, tout bien quoi, histoire que les petites filles ne se trompent pas et enregistrent bien quel est le nom qu'elles scanderont pendant les années à venir, notamment au rayon jouets/CD/whatever. Ici pas du tout : les Davenport viennent de se marier et roucoulent à l'écran pendant 10 interminables secondes. Ca parait court, comme ça ; mais 10 secondes lorsqu'on regarde un pilote pour la première fois, ça peut paraitre siginificatif.
Quand Leo, le fils de la nouvelle Madame Davenport issu vraisemblablement d'un premier mariage, fait son entrée, il n'a même pas l'air d'être le héros, en dépit de quelques blagues (certaines bonnes) ; il faut dire que la série se dépêche de dresser également le contexte de Lab Rats. En moins d'une minute, le pilote va donc expliquer quelle est la profession de Monsieur Davenport, pourquoi il est riche, et surtout, pourquoi la maison regorge de high tech ; ça aura une importance pour la suite. En effet, le nouveau beau-père de Leo est un inventeur de génie qui se spécialise non pas dans les jouets, comme dans Ricky ou la Belle Vie, mais dans la technologie de pointe. Les effets spéciaux, la domotique poussée (il y a un personnage entièrement virtuel légèrement inutile... dont la voix est celle de Will Forte, oh hi !), tout ça semble un peu être une démonstration superflue et superficielle, mais cela joue malgré tout un rôle vital pour installer très vite l'intrigue. Eh oui on peut dire ce qu'on veut de l'usine à séries Disney, mais les mecs savent y faire un produit efficace, ça c'est clair.

Ce n'est qu'une fois que la série nous introduit les trois autres personnages adolescents que le pilote de Lab Rats commence réellement, au bout de 5mn ; c'est la preuve qu'on a ici affaire à un véritable ensemble show, et pas une série où les autres personnages servent de faire-valoir à une star en préfabriqué. Le génial Davenport compte en effet parmi ses multiples projets scientifiques délirants... des adolescents avec des super-pouvoirs. Il n'a simplement pas l'air d'ailleurs de réaliser que ce sont des adolescents avant d'être des projets scientifiques, et c'est justement ce que le pilote va se charger d'exploiter à partir de là.

Leo se lie donc d'amitié avec Adam, Bree et Chase, les trois rats de laboratoire de Davenport, que ce dernier garde enfermés dans sa cave (c'est moins glauque que ça n'en a l'air dit comme ça, promis), et va finir par les emmener au lycée, qui a l'air d'être toujours le même lycée dans tous les séries Disney depuis au moins Phénomène Raven.
Evidemment cela cause des problèmes... et pas simplement parce que le lycée est mis sens dessus dessous, mais bien parce qu'à ce moment, l'épisode tourne à la farce. Ce n'était pas forcément le passage le plus intéressant de l'épisode, mais force est de constater qu'il ne représente pas la majorité de l'épisode. Peut-être que les suivants, avec un peu de bol, ne considèreront pas qu'il s'agit du milieu dans lequel les personnages sont forcés d'évoluer ; je n'irai pas vérifier, mais en tous cas à ce stade, ça parait possible.
En tous cas, on a ici un univers qui propose bien plus que des chansons ou le thème du don que personne ne doit découvrir, et là encore c'est vraiment un angle plutôt frais.

Et puis, très franchement, il y a des passages que j'ai trouvés drôles.
Les dialogues comportent d'ailleurs des gags auquels je ne m'attendais pas tellement, peut-être par excès de scepticisme, peut-être pas : un léger tâcle aux comédies musicales adolescentes genre High School Musical, une blague à base de masturbation (si-si), et pas mal de sorties assez bien vue de la part de notre inventeur fou, qui peut nous sortir des petites répliques bien sympas telles que : "ça ? Nooon, ce ne sont pas des machines à remonter le temps... elles sont en réparation". Il faut dire que Hal Sparks (dont on a du mal à ne pas trouver décalé qu'il ait joué dans Queer As Folk) est très en forme pendant ce pilote, et donne énormément d'énergie à ce savant fou.
Qui plus est, même s'il n'y a parmi ces 4 ados aucun acteur qui mérite un Emmy (bien que l'interprète de Leo se défende plutôt bien), leur dynamique marche parfaitement, et permet aux scènes de conserver leur rythme et leur légèreté (que seuls les habituels rires enregistrés viennent alourdir). Comme Adam, Bree et Chase sont supposés être frères et soeur, les querelles sont par exemple plutôt bien rendues, sans compter que leur nombre permet des petits effets pour certaines répliques, comme celle-ci, qui n'est pas originale, mais qui fonctionne très bien :

Eh bah n'empêche, j'ai souriCliquer pour agrandir

Alors évidemment, Lab Rats n'est pas la meilleure série de tous les temps, mais elle remplit son office, et elle le remplit bien. Au lieu de farcir la tête des préados avec des histoires de célébrité, de musique et de machin, on a ici une petite comédie un peu SF qui n'a pas moins de mérite, en définitive, qu'une série comme Les Incroyables pouvoirs d'Alex, mettons. Avec un peu de bol, Lab Rats pourrait même être moins répétitive ; il ya du potentiel pour des trucs très sympas, en fait, notamment en développant la mythologie ou, dans l'éventualité où Disney aurait un peu d'ambition, des histoires de missions avec nos trois rats de laboratoire (et pourquoi pas, avec Leo dans le rôle de leur boss ; sérieux, Disney, ya du matos pour des films, là).
Mais même sans ça, et en dépit des travers de son "genre" disneyien, il semblerait que Lab Rats tienne quelque chose.

En tous cas ça m'a fait plaisir de voir une série Disney qui ne me donne pas envie de me jeter par la fenêtre, et que je n'aurais pas envie de déconseiller à des parents de préado. C'est peut-être d'ailleurs ce qui explique que la série ait été renouvelée pour une nouvelle saison un peu plus tôt ce mois-ci. Evidemment, je n'ai vu que le pilote, mais j'ai l'impression que ce n'est pas immérité...

Posté par ladyteruki à 02:34 - Review vers le futur - Permalien [#]