ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-10-12

Erreur d'aiguillage

On parlait hier des effets que peuvent avoir les premières images d'une série sur le spectateur... Il y a des séries, au premier coup d'oeil, on sait que ça n'ira pas. La musique, la façon d'exposer les personnages centraux... parfois il n'y a simplement pas débat. On peut dire ce qu'on veut sur le fait de laisser le temps à un pilote, et a fortiori à une série, de s'installer, certaines choses ne trompent pas, voilà tout.
Eh bien nous avons aujourd'hui un parfait exemple de ce problème. D'entrée de jeu, TOKYO Airport fait toute la démonstration de son inintérêt. La séquence d'ouverture de son pilote baigne dans une musique suave et totalement transparente, sa gentille héroïne au grand coeur (incarnée par Kyouko Fukada, dont la carlingue n'est clairement pas d'origine si on a vu au moins Kamisama, Mou Sukoshi Dake) qui prend sur elle d'aider un adorrrable petit garçon est fade au possible, et il est inimaginable de trouver un quelconque intérêt à continuer de la suivre.
Mais je me suis forcée. Et j'ai survécu pour en parler, alors laissez-moi vous avertir de ce qui vous attend si vous tentez TOKYO Airport...

TokyoAIRPORT-580

Il existe au Japon une sorte de sous-genre en matière de séries dramatiques, dans lesquelles une jeune recrue fait ses premiers pas dans une profession donnée. En Occident, on réserve généralement ça aux flics (avec toutes les variations que peuvent proposer des séries comme Rookie Blue ou plus récemment NYC 22) ; toutefois, il s'agit pour la plupart des séries qui font appel à l'arrivée d'un petit nouveau dans un service sous haute tension, et les exemples vont de Saint Elsewhere à Chicago Fire, d'utiliser ce personnage naïf comme porte d'entrée pour les spectateurs dans un monde qui peut leur paraitre difficile à appréhender sans cela ; le personnage de la jeune recrue est une façon de permettre une identification temporaire avant que l'ensemble show ne prenne toute sa force.
Mais au Japon, le mode "petit nouveau" ne se limite absolument pas à introduire un univers professionnel aux spectateurs, et surtout, il couvre absolument toutes les professions : professeur, hôtesse de l'air, avocat, futur chef, à peu près tout le bottin y est passé.
L'idée est de plutôt faire en sorte que le spectateur se prenne d'affection pour le personnage central, ou éventuellement le considère comme un avatar dans une simulation d'un monde professionnel donné, et qu'ensuite, il s'agisse de soutenir ce personnage : fais de ton mieux ! Tu peux le faire ! Tu vas arriver à t'imposer dans ce nouveau métier ! On envoie plein d'ondes positives au personnage en espérant que, croisons les doigts, d'ici le 12 ou 13e épisode de la série, il reçoive uniquement des compliments et/ou sauve son milieu professionnel de la catastrophe assurée. En chemin, il faudra s'attendre à ce que le personnage, anxieux, ne soit pas sûr de réussir à trouver sa place, qu'il se frotte à des collègues plus expérimentés qui ne le comprendront pas ou, pire, qui lui chercheront des noises, et à quelques altercations avec les supérieurs hiérarchiques, souvent conscients que le nouvel élément de leur équipe est capable, mais désireux d'être exigeants pour polir ce diamant brut et en faire un vaillant élément de la structure professionnelle qui l'accueille.

On pense ce qu'on veut de cette recette toute faite qui a pris tellement de place dans les séries nippones que c'est presque devenu un genre à part entière. Que c'est "trop" positif, par exemple, ou que cela manque d'originalité. Admettons. Mais ça fait chaud au coeur, et cela a bâti quelques carrières pour des gens comme Aya Ueto qui se sont fait une spécialité d'incarner ce genre de personnages avec charme, humour et coeur (d'ailleurs il m'est difficile, dans un post qui parle d'un aéroport, de ne pas penser à Attention Please). Ca se laisse regarder du moment qu'on sait où on met les pieds.

Le problème, c'est qu'on a affaire avec cette espèce de genre télévisuel à une série qui fait appel à l'affectif. Les coups d'angoisse sont à vivre aux côtés du héros, pas du reste de la planète : on est de son côté avant tout.
Et l'erreur de TOKYO Airport découle de là. Une série qui se situe dans une tour de contrôle, ça demande un peu plus d'adrénaline et de suspense qu'une série sur une nana qui n'est pas certaine de pouvoir devenir une hôtesse de l'air bien sous tous rapports. Clairement, si des avions sont supposés nous faire craindre une collision ou un crash, on sort du registre de l'affectif et on part dans quelque chose de différent. Mais en s'obstinant à rester presque constamment dans la tour de contrôle auprès de son héroïne qui se mord la lèvre inférieure ou écarquille les yeux pour suivre un avion du regard, clairement, on ne ressent aucun enjeu.
Si TOKYO Airport avait vraiment joué la carte de l'ensemble show, on pourrait, à la façon de ce que faisait LAX à certains moments, suivre un peu mieux la façon dont les différentes équipes de l'aéroport travaillent ensemble pour juguler une crise ou éviter une catastrophe. Ici, on reste bêtement plantés à côté de Kaori en espérant que ses patrons l'approuvent, alors que trois avions dansent un ballet de la mort sur la piste 34L. Ca ne fonctionne pas du tout !

TOKYO Airport tente ici d'utiliser des recettes en les appliquant à un milieu professionnel a priori inédit... sans se dire qu'il y avait peut-être une bonne raison à cela. Passer son temps entre les murs (et les vitres) de la tour de contrôle n'a aucune sorte d'intérêt. Et comme en plus on sait très bien que Kaori est capable de faire son nouveau métier (parce qu'évidemment, avant, elle était agent au sol, donc elle connait quand même bien le monde des aéroports), on s'ennuie ferme devant les échanges infiniment longs de commandes en engrish. C'est insupportable ! On est vraiment supposés regarder toute une saison comme ça, avec des agents qui disent dans leur micro à des capitaines généralement invisibles (ou vus de dos dans leur cockpit) sur quelle voie atterrir malgré la pluie ? Qui a eu cette idée pourrie ?!

J'ai vraiment de la peine à croire que j'ai tenu tout l'épisode. Vraiment, j'ai envoyer valdinguer des pilotes pour moins que ça. Faut croire que je me ramollis, je sais pas. En tous cas, si mon expérience peut servir de cautionary tale, profitez-en, et évitez avec la plus grande précaution TOKYO Airport. En plus, les sous-titres du premier épisode de Yuusha Yoshihiko to Akuryou no Kagi sont sortis, alors franchement, vous avez mieux à regarder dans la nouvelle saison nippone...

Posté par ladyteruki à 23:47 - Dorama Chick - Permalien [#]

10-10-08

[DL] Dr House

L'autre jour, j'ai improvisé un dîner et j'ai donc déballé des lasagnes vite fait (je devais écouter le générique des Soprano, encore). C'était sympa. Mais iriez-vous sciemment organiser une soirée comme ça ? Non, quand on prépare un dîner, on cuisine un peu, quelque chose. Eh bien Dr House, même chose : on tombe dessus, on ne va pas faire la grimace, c'est sympa quand même... mais je n'aurais jamais l'idée de me dire "ah tiens, ce soir c'est encore Dr House ! Je vais regarder ça !".

DrHouse
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et puis, VO comme VF ont de très bons génériques, musicalement parlant. Alors d'accord, les puristes s'exclameront que rien ne vaut la version d'origine ; vous prêchez une convaincue, j'avais le clip de Teardrops sur mon PC dans les jours qui ont suivi l'acquisition de mon chez moi informatique (oui-oui, avec le foetus ! dommage que depuis mon ancien PC soit mort). Mais avouez que l'ambiance est intacte, et surtout, c'est quand même d'un autre niveau que l'escroquerie sur le générique de LAX...

Et pour ceux qui... nan, vous vous moquez, là.

Posté par ladyteruki à 18:14 - Médicament générique - Permalien [#]

28-02-07

Idée générique

Ca semble être apparemment une nouvelle mode que de proposer à un pays d'avoir son propre générique au moment de la diffusion d'une série. C'est en tous cas le sentiment que j'ai après que la japonaise Yuna Ito se soit occupée du générique de fin de LOST, et que Faf la Rage (pour la France) et le groupe EXILE (au pays du Soleil Levant) apportent leur univers à celui de Prison Break. Je suis sûre qu'il doit y avoir d'autres exemples. Et peut-être même moins récents.

Faut-il en conclure que le générique est devenu une des armes de guerre marketing ? Bah pourtant non, puisque de nombreuses séries (LOST en tête, justement), réduisent le générique à sa plus simple expression, lorsqu'il ne s'agit pas de purement et simplement le sucrer (lire le très bon post du blog de SeriesLive à ce sujet). Disons que ce n'est pas non plus une règle qui s'applique à toutes les séries à présent.

Alors dans ce cas, faut-il penser que ce sont les Japonais qui aiment bien changer le générique d'une série pour se l'approprier ? Ne me faites pas rire, nous n'avons pas toujours eu le même générique que la version originale non plus, et on n'est même pas passés par la francisation. Ne me relancez pas sur le changement de générique de LAX au moment de son atterrissage sur M6, par exemple.

Mais peut-être, quand même, que certaines séries (à défaut que toute une génération de shows développent la tendance) vont décider d'utiliser le générique au maximum de son potentiel. Après tout, l'idée de le rentabiliser comme goodies à temps complet n'est pas nouveau, en témoignent les incursions de ces mêmes génériques dans les charts (n'est-ce pas SMALLVILLE qui a ouvert la marche en sortant en single ?). En fait, demander à un artiste (qu'il soit connu ou non) de réinterpréter un générique, c'est juste une façon différente de faire positionner un générique dans les charts locaux. En témoignent les excellentes ventes de Faf la Rage (toujours pas eu le temps de l'écouter en entier mais d'un autre côté, toujours pas eu le temps de m'intéresser à Prison Break en entier...). Et donc, par ce biais, de s'assurer une publicité parallèle, celle opérée par un pan des medias qui ne s'occuperait pas de séries, mais qui est obligé de l'évoquer parce que ça touche à la musique.

Vous allez me dire ; oui mais, Faf la Rage fait un titre de rap, et les EXILE font du R'n'B teinté de rock, ce n'est pas le même univers ! (tiens, vous connaissez les EXILE ? devenons amis !) Certes, c'est vrai : et puis ? Imaginez que, d'ici une saison ou deux, les génies publicitaires en charge de la série sortent la B.O., on pourrait écouter, au lieu d'avoir simplement les pistes insérées 30 secondes dans le 10e épisode de la 2e saison, la totalité des génériques créés pour le monde entier ! Imaginez ça : une compilation de tous les univers Prison Break dans le monde, avec chacun, une façon de mettre en lumière un aspect différent de la série ! Ne serait-ce pas une idée follement sympa ?! Diantre, je signe de suite.

La première fois que j'ai su qu'aux States, en France et au Japon, il y avait eu une chanson différente pour le film "Le jour d'après" (on n'en rira jamais assez : la B.O. pour la version japonaise était interprétée par un groupe nommé Day After Tomorrow, ça ne s'invente pas), j'ai été étonnée, je ne le cache pas. Mais dans le fond ça n'était pas idiot. Les films font en fait ça très souvent, et bien-sûr, l'animation, aussi. Phil Collins chantant les titres du Tarzan de Disney en français, ça vous évoque des souvenirs ? Toutes les versions françaises des productions nippones revisitées par le Club Do et ses acolytes ?
Alors pourquoi les séries ne se positionneraient-elles pas aussi de cette façon ?

Et puis, l'industrie de la série télé n'a plus rien à envier à celle du cinéma. Que ce soit dans la réalisation, dans le casting, dans les moyens mis en oeuvre... et même dans les efforts de promotion (même si beaucoup de séries s'auto-proclament "cultes" -mon Dieu ce que ça peut énerver, pas vrai ?- elles ont maintenant une promotion décente même dans nos contrées élitistes), le cinéma n'a plus grand'chose à nous apprendre. Alors pourquoi pas exploiter les techniques qui ont fait sa grandeur (qui a dit "et sa décadence" ???) et permettre ainsi de harponer plus de monde ?

Demain, peut-être, Leslie interprètera le générique français de Heroes, ou les No Angels la version allemande de Jericho, ou Natsumi Abe fera-t-elle la promotion nippone Brothers and Sisters... ça fait rêver.
Et puis, entre nous, si ce type de manoeuvre marketing peut assurer la pérennité du générique dans les années à venir, je ne vois vraiment pas le soucis. On demande aux pontes des industries media d'accepter le changement et de s'y adapter, peut-être le pourrions-nous aussi.

Posté par ladyteruki à 14:40 - Médicament générique - Permalien [#]


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