ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

16-11-09

Dans l'oeil de l'espion

Il y a plus d'une semaine, j'ai eu la bonne idée de me lancer dans la découverte d'une série coréenne dont j'avais entendu grand bien. C'est un cercle vertueux typiquement téléphagique : on tente un type de séries, et comme la tentative est fructueuse, on en tente plus encore... Et en l'occurrence, après Over the Rainbow, je me disais que vu le nombre de références à la série IRIS sur les divers site de cagoulage de dorama, je ferai bien d'y jeter un œil.
Grand bien m'a pris. Une fois de plus.

Assez proche, dans l'esprit, des meilleurs épisodes d'ALIAS, IRIS propose un univers sombre, complexe, et sans complaisance de l'espionnage. Même s'il faut pour cela jouer avec la narration et perdre le spectateur sur les premières longueurs, exigeant de lui les qualités d'un marathonien au lieu de miser sur une efficacité immédiate. Et c'est tout à l'honneur de cette série qui semble résolue à tomber le moins possible dans la facilité.

DanslIRIS

Tout commence avec une mission assignée au héros, Kim Hyun Joon, et excusez du peu, il s'agit simplement de perpétrer un assassinat politique qui permettrait à la Corée du Nord et la Corée du Sud de se réunir. Ça fait un peu beaucoup même pour un homme aux épaules si carrées. En soi, l'exposé de la mission donne d'ailleurs une bonne mesure de l'intelligence de la série ; référence historique, placement de l'intrigue, cette séquence est déjà riche en enseignements sur ce qu'il y a à attendre de l'intelligence de la série. La mission se poursuit, et Hyun Joon atteint sa cible. La scène d'action qui s'en suit est réussie à son tour, avec ce qu'il faut de panique et de violence pour prendre IRIS très au sérieux sur ses intentions : il y aura du mouvement, mais pas de gratuité.

Ce qui m'a un peu perdue sur le moment, c'est que sans avertissement, sans rien, au bout de 12 minutes, Hyun Joon perd conscience et le spectateur se réveille sur un campus verdoyant, paradisiaque. Il faut un bon moment pour comprendre s'il y a eu flashback ou flashforward, mais l'histoire de ralentit pas pour si peu et les tribulations de Hyun Joon et son ami Jin Sa Woo se poursuivent. Si un inévitable élément féminin est introduit, c'est une fois de plus avec intelligence (et pas avec pour seule intention d'instaurer un triangle amoureux pour divertir l'audience féminine qui se serait aventurée devant IRIS), ce qui rend très passionnant ce nouveau chapitre de l'histoire, tout déroutant soit-il dans la chronologie du pilote.

Je vais tenter de m'arrêter là dans les spoilers, mais les dernières minutes de l'épisode s'avèrent plus convaincantes encore. Plus fortes. Plus violentes. Plus prometteuses quant à la suite des évènements. On ressort de cette heure de pilote à la fois essoré et impressionné.

Ah, quand les Coréens mettent des sous dans une production, ils ne le font pas à moitié ! Tourné dans je ne sais combien de pays et avec je ne sais combien de millions, IRIS tient ses promesses. C'est toute la différence entre une production pleine de sous, et une production pleine d'investissements. A chaque étape, casting, écriture, réalisation, tout est léché et vivant, intelligent et divertissant, sobre et époustouflant.

Des séries comme celles-là, on a envie de les présenter au monde entier. Si j'essaye de parler de dorama ces derniers temps dés que je le peux, c'est en sachant qu'une personne sur quinze ou vingt va vraiment lui donner sa chance. Mais dans le cas d'IRIS, on se dit qu'une diffusion en Occident serait plus que méritée. Et je suis certaine que ça marcherait, en plus, parce qu'il y a quelque chose d'universel dans IRIS, capable de sortir du marché local, efficace et sensé dans sa réalisation, pas du tout imperméable pour le spectateur qui n'est pas habitué aux productions asiatiques. C'est énervant, à la fin ! Quel gâchis ! Pourquoi on ne permet pas aux gens de découvrir des séries comme celle-là ! Je comprends que jamais des Kimi wa Pet ou 1 Rittoru no Namida ne pourront faire l'unanimité, mais quelque chose du calibre et de l'ambition d'IRIS...!

Bon, faites-moi plaisir, et faites-vous une faveur, ne laissez pas les diffuseurs occidentaux vous avoir ; donnez sa chance à IRIS. Satisfait ou remboursé. Je ne pense pas qu'on puisse être déçu.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche IRIS de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 06:36 - Dorama Chick - Permalien [#]

03-11-09

Yuuki Amami n'a pas le droit de pleurer

Dorama, frontière de l'infini vers laquelle voyage le blog ladytelephagy. Plus je m'enfonce dans les méandres de cet univers, plus je constate que les Japonais, plus encore que les Américains, ont une fascination sans borne pour la femme célibataire. Après vous avoir parlé de Koushounin, Ohitorisama, Katagoshi no Koibito, Kimi wa Pet et consorts (on va pas se refaire une liste), je m'aperçois que jamais les séries japonaises n'ont l'air d'avoir fait le tour du sujet. Visiblement il y a un public de femmes célibataires au Japon dont je ne soupçonnais pas l'ampleur...

Alors quand j'ai donné sa chance au pilote d'Around 40, je n'en attendais pas grand'chose, partant du principe que ce n'étaient pas trois quasi-quarantenaires qui allaient m'apprendre ce que les tonnes de quasi-quarantenaires auraient éventuellement oublié de dire avant.
GRAVE ERREUR.

Around 40 prend l'éternel postulat de la nana qu'il est quand même temps de marier une bonne fois pour toutes (sinon ses ovaires vont se dessécher...), et qui franchement, n'y met pas beaucoup du sien. Mais ce qui fait toute la différence, c'est le traitement. Et la présence de Yuuki Amami. Yuuki Amami qui est, il faut le dire, est le symbole vivant de la femme qui en impose. C'est mon idole (avec Miki Maya. Non attendez, Miki Maya, je veux juste l'épouser).

Bref, Around 40 se révèle beaucoup plus nuancé que la plupart des autres fictions avec des célibataires, le scénario du pilote ayant juste ce qu'il faut de... de tout. D'intelligence, de comédie, de subtilité, de complicité... A côté de ça, les filles de Sex & the City ont l'air de pauvres greluches superficielles avec de l'eau entre les oreilles (comment ça je pouvais m'épargner la mention "à côté de ça" ?).

Yuukiquirit

J'ai été touchée par l'honnêteté du portrait : une femme avec ses moments de solitude heureuse, et de solitude douloureuse, une femme qui pense qu'elle a encore le temps, et qui constate qu'on ne lui en laisse pas beaucoup, une femme qui recherche l'approbation de ses amies, qui recherche un équilibre intérieur... bref, une femme d'aujourd'hui. Tiraillée entre son envie de modernité féministe et son envie de confort social.

Il y avait ce joli dialogue, par exemple, entre l'héroïne (qui venait d'expérimenter l'un des inconvénients de la solitude) et sa belle-mère :
- Papa... il veut que je me marie, n'est-ce pas ? Il voudrait tenir mon enfant dans ses bras, pas vrai ?
- N'y a-t-il pas quelque chose qu'il veuille plus encore ?
- Quelque chose de plus ?
- Que tu sois heureuse.
J'aime bien cette oscillation qu'effectue l'héroïne (et dans une moindre mesure, ses deux amies) entre ce qu'elle veut et ce qu'on attend d'elle. Elle finit par être surprise par l'un comme par l'autre. Elle pense qu'elle est bien seule... jusqu'au moment où la solitude pèse. Elle pense que tout le monde veut la voir mariée... et finalement son père n'a pas envie de l'y pousser. C'est une façon très honnête de montrer ce qui se passe dans la tête d'une femme à qui on monte le bourrichon sur le mariage depuis des décennies, et qui ne sait plus trop ce qui au juste serait l'idéal.

Et puis, le drame. Alors qu'on pensait qu'en dépit de la pression, le personnage allait tenir bon, brandir son étendard de femme célibataire bravement, et poursuivre sa route à son rythme et à son goût... Voilà Yuuki Amami qui craque, et qui s'effondre sur un banc. Je ne sais pas comment vous décrire la trahison et la tristesse de cet instant. Déjà parce que je n'ai pas vu le personnage, j'ai vu Yuuki Amami pleurer. Or Yuuki Amami, elle est sans doute trop typecastée dans mon esprit, mais elle est inébranlable. C'est un roseau, pas un chêne. Et là j'ai vu Amami, mon Amami, celle que j'ai adorée dans BOSS, Enka no Joou (on en reparle très vite), Joou no Kyoushitsu... un roc ! J'ai vu Amami craquer. De chez craquer. Et je me suis mise à pleurer aussi, parce que si Yuuki Amami pleure, c'est vraiment qu'on est foutues.

Yuukiquipleure

Bon, ne me regardez pas comme ça. Je me suis remise, depuis. C'était dimanche, j'ai eu le temps d'en faire mon deuil. Mais après cette petite expérience, et en ayant en tête la fin du pilote, mais aussi toutes les séries de célibataires que j'ai vues ces derniers temps, japonaises comme occidentales...
...je me demande juste si le féminisme n'a pas définitivement perdu la bataille de la télévision, quand même.

Si ça ne tenait qu'à moi, de toutes façons, Yuuki Amami n'aurait pas le droit de pleurer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Around 40 de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:53 - Dorama Chick - Permalien [#]

Maman j'ai raté l'amour

Arisa Mizuki dans le rôle principal ? Mouaif. Teppei Koike dans le rôle du love interest ? Catastrophe. Une histoire d'amour ? Fuyons ! Miki Maya au générique ? Bon, ça ne coûte rien de regarder quand même le pilote.

Pourtant Ohitorisama parvient à être convaincant. Ou au moins à commencer de façon intéressante, le jury s'étant retiré pour débattre à ce sujet sur la fin du pilote.
Satomi est une trentenaire (hello Kimi wa Pet) et contente de l'être (hello Kimi wa Pet). Elle se consacre à son travail (hello Kimi wa Pet) où il n'est pas toujours vu du bon oeil qu'elle soit si vieille et toujours pas mariée (hello Kimi wa Pet), sans compter qu'en plus elle bosse beaucoup (hello Kimi wa Pet). Mais de façon complètement imprévue, elle va faire la rencontre d'un jeune professeur intérimaire, bien plus jeune qu'elle (hello Kimi wa Pet), au tempérament chaleureux et un peu maladroit (hello Kimi wa Pet).
Toute ressemblance avec une autre série serait purement fortuite (et indétectable).

Pourtant, si Sumire était glaciale et s'était blindée face aux déception de sa vie amoureuse, Satomi est bien différente. Elle est d'un naturel avenant, sociable, et son célibat, elle l'a choisi. Le portrait de la célibataire en 2009 est donc moins accusateur que celui de 2003. On sent que Ohitorisama se veut plus cool sur ce sujet. Et le terme "se veut" n'est pas choisi par hasard, car on sent au fil de l'épisode comme une sorte d'effort pour ne pas rendre Satomi égoïste (la réplique "je n'ai pas à m'occuper de quelqu'un d'autre" donnant tout de même un indice sur ce qui se trame profondément dans la tête des scénaristes), ni trop froide (même si elle devient un peu moins joviale dans la seconde moitié de l'épisode), etc...

Ohitorisama, malgré la bande de joyeux drilles venus de Oniyome Nikki (devant et derrière la caméra), n'a pourtant rien du manifeste féministe, au contraire. On va encore tomber dans l'intrigue amoureuse, flanqué d'un love interest avec 0 en charisme qui plus est. Au programme des réjouissances pour les semaines à venir, on a cette fois une différence d'âge doublée d'un enjeu amoureux au travail.

Ohitorisama
(Eh, zavez vu ? L'école c'est la même que celle dans 14 Sai no Haha !)

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ohitorisama de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 06:47 - Dorama Chick - Permalien [#]

26-08-09

Mieux vaut un petit chez soi...

Aujourd'hui, ce n'est pas la téléphage qui vous parle. C'est l'amoureuse des appartements. Eh oui dans ma vie j'ai une autre passion, c'est voir les logements des autres. On psychanalysera ça une autre fois.
Et je dois dire que ces deux dernières semaines notamment, j'ai été frappée par le charme fou des logements japonais tels que dépeints dans les séries. Alors hop, petite visite des lieux. Si Melrose Place peut le faire, pourquoi pas moi avec des dorama ?

Évidemment, il y a le truc auxquels on pense tous, gavés de stéréotypes que nous sommes, c'est la table au ras du sol auprès de laquelle on s'assied sur les genoux jusqu'à ce que mort du tibia s'en suive. Je ne conteste pas, ça existe.

Appart_Tradi1
1 Rittoru no Namida (avouez, vous avez tout de suite pensé à ça quand j'ai parlé de logement japonais)

Appart_Tradi2
Seigi no Mikata (et encore, il y a sur la gauche les meubles occidentaux de la grande sœur qui donnent déjà du cachet)

Mais ce n'est finalement pas le plus courant, et c'est, en fait, de là que vient parfois l'ennui. Il faut dire que beaucoup de décors d'intérieur dans les fictions japonaises sont atteints du syndrome du "parquet ciré", genre la jolie maison avec les canapés au carré et le sol impeccablement nu. Bon, c'est un style, hein ? Mais c'est triste comme un jour sans riz.

Appart_Cosy2
Aishiteru ~Kaiyou~ (il est pas ciré mon parquet ? Le Japon envisage de proclamer que son drapeau sera désormais bois-blanc-beige...)

Appart_Cosy3
14 Sai no Haha (le cliché de la chambre d'adolescente rangée méticuleusement est tout un poème à lui seul)

Appart_Cosy1
Katagoshi no Koibito (il ne s'agirait pas que les coussins soient en vrac, Dieu nous en préserve. Attention, du rose anticonformiste s'est glissé dans cette image)

Le genre d'endroit où mon père rêve de vivre, où on repère le moindre cheveu qui traine à 500km à la ronde.

Mais attendez, il y a pire... au syndrome du "parquet ciré" s'ajoute souvent la blanchite aiguë. Tout est blanc ! Plus blanc que blanc, même ! Du blanc où que le regard se porte !

Appart_Blanc2
At Home Dad (parce que le blanc, c'était pas assez, il faut aussi ajouter l'effet inox)

Appart_Blanc1
Seigi no Mikata (avec les incendies et les vampires, c'est le genre de truc qui me donne des sueurs froides la nuit)

Appart_Blanc3
Seigi no Mikata (le salut vient à grand'peine des rideaux ; oui, les Japonais se meublent tous chez Ikéa, pourquoi cette question ?)

Quand on vit dans ce genre d'endroit, on doit avoir l'impression de vivre dans un laboratoire ! Mon cauchemar... Ya quand même des fois où avoir une Valérie Damidot sous la main ne ferait pas de mal à tout ce beau monde. Chais pas, du bleu, du vert, du prune, de l'orange, n'importe quoi mais faut arrêter avec le blanc hôpital !

Mais l'espoir est venu des appartements de célibataires, en fait. Car les logements ci-dessus ont la curieuse caractéristique commune d'être dédiés à une famille ou, au mieux, un couple. Mais prenez une célibataire japonaise, et tout de suite, elle donne de la personnalité à son appartement.

Appart_Celib2
Kimi wa Pet (je vous l'accorde, c'est plutôt blanc, mais cette mezzanine c'est de l'or en barre !)

Appart_Celib1
Zettai Kareshi (j'adore l'impression de bordel girly qui en ressort... et l'agencement des pièces est sympa, aussi... 'me ferais bien ça en Sims)

Appart_Perfect1
Katagoshi no Koibito (alors là c'est juste le living de mes rêves, tout va bien ; ya juste la couleur du canapé à changer)

Je suis amoureuse, mais alors amoureuse de chez amoureuse, de la maison meublée quasi-uniquement avec du fer forgé de Katagoshi no Koibito. Allez, on en remet une couche.

Appart_Perfect3
L'entrée toute de vert vêtue, avec une impression de fraîcheur accueillante.

Appart_Perfect4
Une vue de la cuisine dont on jurerait qu'en fait c'est l'atelier d'un jardinier.

Appart_Perfect5
La terrasse rappelle (en plus fournie) celle de Will & Grace (appartement dont j'ai déjà chanté les louanges, suivez l'tag).

Appart_Perfect6
Mais non, c'est pas (que) pour la télé que j'ai pris la capture, zavez repéré la cheminée sur la droite ?

Appart_Perfect2
Vue depuis le lit de la salle de bains, agencée façon véranda. Priceless.

Appart_Perfect7
Allez, pour finir, une vue d'ensemble de la pièce principale ; on appréciera l'impression de luminosité pas agressive qui en ressort. Je n'ai pas la main verte mais je suis sûre que de toutes façons la plupart des plantes sont en plastique, donc ce serait jouable.

Voilà, c'était pas grand'chose, mais je voulais tout de même partager avec vous mes découvertes immobilières, même si certaines (notamment la dernière) sont très irréalistes au regard des surfaces habituellement en vigueur dans les métropoles nippones.
La prochaine fois, si vous voulez, on causera architecture, parce que j'ai aussi eu le temps de repérer deux/trois immeubles qui méritent le coup d'œil...

Posté par ladyteruki à 04:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

25-08-09

30 ans, c'est le bel âge !

Ça ne m'a jamais dérangée qu'on dise ou qu'on pense que j'ai 30 ans. Pour moi, 30 ans serait même l'âge idéal, et ça fait déjà une ou deux années que je n'hésite pas à arrondir toute seule à la décennie supérieure. J'ai 27 ans et demi, ou disons 28, ou même 30, et ça me convient très bien. Ce n'est qu'assez récemment que j'ai ma vie a commencé à ressembler à celle d'une trentenaire, pourtant ; quand j'ai commencé à avoir une vraie carrière, notamment. Mais les histoires de trentenaires, ça a toujours été beaucoup plus mon truc que les teenageries, même avant que je n'en arrive à ce stade. Quand j'étais ado, c'était pour moi l'absolu idéal dans la vie, avoir 30 ans. Quand je serai grande, je serai trentenaire.
C'est comme ça.

Aussi, quand un peu par hasard, je suis tombée sur le pilote de Katagoshi no Koibito, je ne me suis pas vraiment posé la question de savoir si j'allais regarder, ça tombait assez sous le sens. Et j'en ai eu pour mon argent : a contrario de certaines séries qui présentent les trentenaires comme des ados attardés, l'héroïne de cette série, Moe, est la trentenaire de mes rêves. Elle ressemble un peu à Sumire de Kimi wa Pet, mais en plus équilibrée : elle travaille, elle a une vie amoureuse, des amis, son caractère bien à elle, bref, elle a 30 ans. Cherchez pas. Mais Moe (à la différence, donc, de Sumire) se pose des questions sur sa vie. Ce n'est pas qu'elle ait une pression sociale pour se marier, ce n'est pas que sa vie professionnelle soit un fiasco, non, elle se demande simplement à quoi va ressembler sa vie dans quelques temps. C'est ça aussi le charme d'avoir 30 ans : les grandes transitions de la vie sont derrière soi, ne reste plus qu'à faire le choix des grandes orientations qu'on veut à présent lui donner. Une époque de luxe, quelque part.

A travers le parcours de Moe qui fait ses grands choix pour l'avenir, Katagoshi no Koibito nous permet aussi de faire la rencontre d'autres personnages plus ou moins de la même tranche d'âge, comme son amie d'enfance Ruriko qui se marie pour la 3e fois mais dont le tempérament infantile ne lui permet pas de réussir son mariage, Nobuyuki, époux de Ruriko qui se rend compte que celle-ci ne l'a pas épousé pour les bonnes raisons et se sent enfermé dans une vie qui n'est pas celle dont il rêvait, Yuusuke, homme marié et ex de Ruriko qui tombe sous le charme de Moe suite à un one night stand, Bun, le patron d'un bar gay qui ne parvient pas à trouver l'âme soeur, ou encore Ryo, qui se présente comme un étudiant voulant travailler à temps partiel dans l'entreprise de Moe.

Tous ces personnages sont tiraillés entre leur désir d'avoir un avenir à leur goût (quel qu'il soit) et une profonde envie d'être eux-mêmes ici et maintenant. Bref, ne pas faire de concession (et ça aussi c'est vachement mon truc, il faut bien le dire), ni sur le présent, ni sur le futur. Mais évidemment, ce n'est pas si simple.

On passe une bonne partie du pilote à se demander où tout cela nous mène. Il faut dire que c'est une même partie du pilote qui tourne autour des caprices de Ruriko, dont la superficialité et l'apparente insouciance masquent une grande peur de l'avenir. Elle voudrait que chacun trouve sa chacune, mais en fait c'est elle qui rêve de stabilité. Elle n'a simplement aucune idée de ce à quoi peut ressembler cette stabilité. Une fois qu'on met en retrait ce personnage pour se concentrer sur les rencontres de Moe, ça devient largement plus intéressant, même si les adeptes du "et c'est quoi les enjeux" en seront pour leurs frais. Si Katagoshi no Koibito est bien évidemment une comédie romantique, elle n'a pourtant pas comme enjeu de maquer à tout prix deux de ses personnages. Non, on se contente de suivre ces personnages qui font un bout de chemin, les uns avec les autres, les uns malgré les autres, et en ce qui me concerne, vous le savez, ça me convient tout-à-fait ; mais ça ne sera pas du goût de tous.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Katagoshi no Koibito de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:02 - Dorama Chick - Permalien [#]

19-08-09

L'homme-concept idéal

Il y a des séries dont on sait d'avance qu'on n'y accrochera pas, parce que leur pitch est contraire à nos convictions. C'est un peu comme quand un communiste regarde The $treet, en fait. Alors quand je découvre une série intitulée "l'homme idéal", je fronce les sourcils et je me fais une raison : entre nous, ça ne va pas marcher.
Pour faire un pilote de Zettai Kareshi, il vous faudra une héroïne charmante mais malheureuse en amour, transformée en célibataire complètement aux abois (ce qui rejoint hélas ma complainte sur le célibat à la télévision), et devenue complètement par hasard (c'est toujours par hasard... bis) la cliente-pilote d'une étrange société qui lui promet de lui fournir le petit ami idéal, avec piles et batteries car c'est un robot. Donc forcément, ça laisse sceptique.

D'ailleurs quand on a vu Kimi wa Pet, ledit Zettai Kareshi a un sérieux goût de redite : un garçon bizarre fait son entrée dans la vie d'une célibataire qui doit cohabiter avec lui, ce qui va changer sa vie. Qui plus est, on retrouve aussi ici l'idée de l'homme soumis aux désidératas de la femme, sauf qu'au lieu de se prendre pour un toutou, le petit ami idéal peut se ranger dans sa boîte (il est aussi livré avec une fonction de mise en veille). Bah quoi ? C'est qu'un appareil d'électro-ménager après tout !
Les japonaises m'ont l'air d'avoir un sérieux contentieux à régler, si j'en crois ces séries...

ZettaiKareshi

De toutes façons, il est hyper mal pensé, ce produit. Pas près du tout pour une commercialisation à grande échelle. Notre robot est quand même du genre à lancer à Riiko, là, comme ça : "Eh, Riiko, je t'aime, si on faisait l'amour ?". Le module de psychologie féminine n'est clairement pas au point, hein... Sans compter que vu la finesse du programme, le sexe avec ce robot, ça doit méchamment manquer de préliminaires !
Notre robot n'ayant clairement pas lu le même magazine que Fred (ceux qui comprendront l'allusion comprendront pourquoi j'ai trop honte pour en dire plus), il n'a pas non plus compris que ce qui marche avec les filles, c'est de paraître inaccessible et, surtout, oh oui surtout, de ne pas être trop collant. Or là, le robot, c'est de la glue sur pattes, ce qui a pour prévisible effet de rendre sa propriétaire complètement dingue. Alors d'accord, si avoir un robot-namoureux à la maison, ça reste relativement utile pour rendre d'autres mecs jaloux (surtout si on a coché le physique "mannequin" dans le bon de commande), ou quand il y a un sprint à piquer en quinze secondes chrono et que ce sont les seules jambes bioniques à 20km à la ronde, le reste du temps, avouons-le, c'est carrément pas gagné. Surtout sur la japonaise typique qui n'est pas trop une grande fan de la promiscuité.

M'enfin je sais pas, moi, ça semble pourtant évident dés la première seconde : l'homme parfait a pour principale qualité de ne pas être parfait ! Ce sont ses défauts qui le rendent attirant, attachant, qui font qu'on le garde à la maison (et qu'on ne le fait pas dormir dans les waters...).
Ça semble tomber sous le sens, et c'est ce qui rend Zettai Kareshi assez longuet à regarder. Heureusement, la prestation plutôt bonne de son duo de tête d'affiche (et surtout le robot, duquel je m'attendais à une prestation plus banale) sauve un peu notre affaire, m'enfin si le pitch ne vous séduit pas, sachez qu'il n'y aura pas grand'chose pour récupérer le coup.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Zettai Kareshi de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:49 - Dorama Chick - Permalien [#]

17-08-09

Best of both worlds

Toute la semaine, j'ai eu l'impression de découvrir la fiction japonaise ; ça fait pourtant quelques années que j'en regarde occasionnellement, mais jamais de façon aussi intensive que ces derniers jours. Tout a commencé avec Futatsu no Spica la semaine précédente, en parallèle de l'annonce sur le lancement à l'automne du dorama Shoukoujo Seira. Et bizarrement ça a suffi à allumer la mèche.

Un bref bilan sur ce qui a suivi :
- 11 épisodes de 14 Sai no Haha
- 4 épisodes d'Aishiteru ~Kayou~
- 3 épisodes de Kaze no Garden
- 1 rediff de 1 Rittoru no Namida
- 1 pilote pour At Home Dad
- 1 pilote pour Oniyome Nikki
- 1 pilote pour Mei-chan no Shitsuji
- 1 pilote pour Seigi no Mikata
- 1 pilote pour Maid Deka
- 1 pilote pour Kimi wa Pet
- 1 pilote pour Ryoukiteki na Kanojo
- 1 pilote pour Tokyo Friends

L'heure est donc à l'accalmie, du moins juste le temps de prendre un peu de recul.

La fiction nippone soutient-elle la comparaison avec sa consœur américaine ?
On est tenté de se poser la question, parce que de toutes façons, la comparaison, on la fait inévitablement. Sur des aspects techniques mais aussi scénaristiques, sans compter le jeu des acteurs.

Concernant la comédie, le Japon déçoit puisque les siennes ne tirent parti que de grosses ficelles, appuyées par une musique caricaturale (on arguera que ça remplace les rires forcés du public et/ou enregistrés). On est dans un comique de situation reposant souvent sur un jeu physique déluré, plutôt que sur des saillies brillantes.
Concernant les séries que j'ai envie de qualifier d'intervention (policier, médical), on reste beaucoup plus dans les sentiers battus, et c'est alors à double tranchant de constater à quel point les deux pays œuvrent sur le même registre, je pense notamment à Code Blue et BOSS. Parfois ces séries se mâtinent-elles d'aspects empruntés, pourrait-on dire, au séries sentai et à l'animation, auquel cas elles deviennent plus typiquement japonaises (à leurs risques et périls car il s'agit de genres eux aussi particuliers).

Concernant les séries dramatiques, c'est plus compliqué. Les dorama dramatiques japonais ne font pas les choses à moitié, quitte, il est vrai, à verser intégralement dans le pathos, sans laisser au spectateur le répit d'une série américaine, qui a tendance à ménager des espaces plus légers, en quête d'un équilibre. Mais globalement, dans son exploration de l'âme humaine, le dorama est tout de même plus impressionnant, et tient la dragée haute à son homologue américain. Il s'en dégage une sensibilité presque pas feinte, souvent perdue chez la concurrence US qui est légèrement plus superficielle dans son approche. Le regard nippon est plus pertinent, plus nuancé sur l'être humain ; il permet de mettre véritablement les personnages au cœur de l'intrigue, et non de décliner l'intrigue autour des personnages, ce qui représente une énorme différence. Une spécificité due à leur structure, également, le leur permet : les rebondissements n'ont pas besoin d'être inventés afin de perdurer le show ; se concentrant sur une histoire relativement courte, en l'épuisant et en la laissant mourir une fois que c'est fait, on n'a pas besoin de surenchère dans les intrigues. Voilà qui permet d'éviter de se perdre, et laisse la priorité à la pertinence sur le divertissement. Sur les thèmes abordés, on a le sentiment que la diversité est tout de même plus facilement portée par la série américaine (reflet d'une société probablement). Si les pitches japonais apportent du changement à ce que l'Occident nous offre en général, entre elles, les séries nippones conservent de nombreux points communs, dont la caractéristique est de rester très proche du vécu de ses spectateurs ; on ne s'y offre que rarement des destins incroyables (polygame), des vocations spectaculaires (intervenant auprès d'alcooliques et drogués), des univers inconnus (prison), on est dans le réel, un réel que tout le monde peut appréhender. Le respect souvent trop strict, ou en tous cas récurrent, d'un certain nombre de codes, ne se retrouve pas autant aux Etats-Unis, où on s'est affranchi d'un certain nombre d'entre eux (y rendant le stéréotype plus condamnable encore, cela dit).

La question sous-jacente, c'est de savoir si un spectateur occidental, a priori habitué aux séries américaines, peut tenter le défi de regarder un dorama nippon et de s'en éprendre. Ce ne sera probablement réservé qu'à des téléphages capables d'entrer dans une culture différente, et une culture télévisuelle différente. Je pense cependant que les vrais téléphages (par opposition au spectateur dont ce n'est pas la passion) ont déjà cette compétence en eux, celle de s'imprégner d'un univers différent et s'y adapter. Il n'y a pas de raison pour qu'un téléphage passionné ne trouve pas au moins un dorama à son goût.

C'est aussi la raison pour laquelle j'ai envoyé tant de fiches de séries nippones à SeriesLive ces derniers temps : il ne faut pas opérer de scission inutile entre les fictions de ces deux pays. La différence se fait par la diffusion, c'est évident, puisqu'il est plus facile de voir une série américaine, soit à la télé soit par voie de cagoulage (que la langue rend également plus accessible), mais pour le reste, j'aimerais vraiment que le web téléphagique comprenne que le dorama n'est pas un parent pauvre à snober. Donc à mon échelle...

J'invite donc tous les amateurs de séries qui ne sont pas habitués aux fictions japonaises à regarder le pilote de 14 Sai no Haha ou Aishiteru, pour ne citer qu'eux, et à venir me dire sincèrement ce qu'ils en ont pensé. Je suis sûre que ces séries-là dépassent largement le clivage habituel entre les amateurs de culture nippone et les autres.
C'est ça aussi, l'intérêt d'avoir deux écrans !

Posté par ladyteruki à 21:31 - Dorama Chick - Permalien [#]

14-08-09

Brûler son soustale, un dorama à la fois

Des histoires de guerre des sexes, encore. Finalement, au Japon comme (presque) partout ailleurs, l'évolution de la société passe aussi par la télé. Aujourd'hui, post du vendredi oblige, je vous propose cependant une présentation un peu différente de ce que j'ai fait le reste de la semaine, puisque c'est de deux pilotes que je vais vous parler ici. Mais bien-sûr, ce ne sont pas les pilotes de deux séries prises au hasard : At Home Dad et Oniyome Nikki ne sont pas étrangères l'une à l'autre ; pour tout vous dire, la seconde est le spin-off de la première.

At Hone Dad et Oniyome Nikki ont plusieurs éléments en commun, et le plus évident est leur contexte : toutes les deux se déroulent dans un quartier résidentiel à l'occidentale, flambant neuf, et relativement huppé. Une sorte de Wysteria Lane vaguement adapté à la société japonaise. On y trouve de larges avenues, des maisons de style moderne, etc... L'autre point commun est un couple de résidents de ce quartier, mais dont je reparlerai plus loin.

At Home Dad commence alors qu'emménage la famille Yamamura, composée de Kazuyuki, un papa qui travaille, de Miki, une maman qui a arrêté de travailler, et de Rie, une petite fille. Et ça par contre, pas de doute, c'est bien japonais. Sauf que le papa se retrouve sans travail, et par la force des choses, son épouse accepte une offre d'emploi et déserte les tâches ménagères (hou, la vilaine). Pour le mâle nippon lambda, qui fait montre d'une parenté insoupçonnée avec le macho méridional bien de chez nous, c'est évidemment très dur à accepter, étant entendu qu'un homme ne peut mettre si facilement sa virilité au rebut (woh l'autre, eh) pour s'occuper de la maison, et remplir les attributions normalement dévolues aux femmes... Des tomates et des œufs pourris sont à votre disposition à côté de ce post, n'hésitez pas, balancez-les lui.

Comme un coup de karma ne vient jamais seul, notre Macho Man nippon a bien pris soin de se moquer ouvertement de son nouveau voisin, Yuusuke Sugio, qui est père au foyer depuis trois ans (autant dire qu'il a perdu tous ses attributs virils). Donc évidemment, il va avoir beaucoup à apprendre à son nouvellement émasculé Macho Man de voisin, et on sera bien vengées, ah, ah, ah ! Girl Power ! Brûlons nous soutien-gorges ! (sauf le violet, j'ai eu du mal à le trouver à ma taille)
Notre Kazuyuki est également sur le point d'apprendre l'importance sociale de la mère au foyer, qui doit faire, en quelque sorte, de la politique à l'échelon très local : entretenir de bonnes relations avec les voisins, plaire à la bitch du quartier qui est aussi présidente de l'association des parents d'élève, être en bons termes avec les intervenants majeurs de la vie du quartier (institutrice par exemple), etc... et la diplomatie, ce n'est peut-être pas son fort à la base, mais il faudra apprendre, c'est non négociable !

At Home Dad est donc une série où hommes et femmes réenvisagent leur place dans la hiérarchie familiale et au-dehors, et ce qui l'illustre très bien, ce sont les échanges entre deux tourtereaux qui commencent à envisager la vie commune. Partage des tâches, égalité et autres réjouissances attendent les jeunes également, puisque se pose la question du poids des traditions et de l'envie de modernité.

Oniyome Nikki reprend le même contexte (banlieue aisée, place des époux dans la maison et donc ailleurs) et va plus loin encore : ce qui compte, ce n'est pas qui travaille comme un forçat et qui glande à la maison (hou ! qu'on l'abatte), mais qui porte la culotte, point barre. Le personnage principal y est en effet tyrannisé par sa femme. Il work hard for the money, et elle dépense tout en égoïste. Il doit obéir à ses caprices, elle ne fait que ce qui lui chante. Il fait tout le travail à la maison, elle récolte les louanges. Ah, de dehors elle est charmante, c'est sûr. Mais quand on vit avec...
Le petit couple de la série At Home Dad fait la liaison : aujourd'hui mariés, ils continuent d'évaluer la place de chacun notamment à la maison, déchirés entre l'envie de bien s'entendre et l'envie d'appliquer le modèle qui les arrange.

La bataille des sexes a donc bel et bien eu lieu au Japon télévisé. Ça fait même quelques années. Mais en regardant aussi bien Kimi wa Pet, At Home Dad qu'Oniyome Nikki, on voit bien que la société japonaise a encore des comptes à régler avec elle-même quand à l'égalité des sexes.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche At Home Dad et la fiche Oniyome Nikki de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:38 - Dorama Chick - Permalien [#]

13-08-09

Celui qui promène son chien est au bout de la laisse

Êtes-vous plutôt chien, ou plutôt chat ?
Bon, personnellement, plutôt chat. J'en ai deux, j'en catsitte actuellement 5 autres, oui, on peut dire plutôt chat. D'une façon générale je trouve les chiens trop simples, et pas assez indépendants, ils sont incapables de vivre leur vie, ce qui les rend dénués de personnalité à mes yeux. Toujours collés à vos basques, il quémandent de l'attention en permanence et ça m'irrite. Les petits chiens, en particulier, m'insupportent. J'ai envie de m'en faire des chaussons. Les plus gros, hm, faut voir. Par exemple, un bon gros bouvier bernois de la taille d'un veau, c'est jouable ; j'imagine qu'une bête aussi robuste doit apprécier d'avoir son espace. Je n'aimerais pas qu'une grosse bestiole comme ça soit sans arrêt dans mon ombre, à ne vivre que par moi.

Évidemment, si je parle de nos amis à quatre pattes, ce n'est pas juste pour vous faire la conversation mais parce qu'aujourd'hui, la série dont je vais vous parler parle aussi d'animal domestique. J'en avais pas mal entendu parler jusqu'à présent, et à la faveur d'une fringale de dorama qui ne vous aura pas échappé, j'ai finalement résolu de lui donner sa chance : Kimi wa Pet.

Son héroïne Sumire est un personnage assez atypique dans les fictions nippones : elle n'est pas vraiment douce et attentionnée, se montre aussi aimable qu'une porte de prison (et les prisons japonaises...), est carriériste, fortement indépendante, et assez froide d'une façon générale. C'est une chance qu'elle soit belle... enfin, même pas, parce que du coup on le lui reproche. J'y reviendrai.
Sumire vient de se séparer avec celui qui était son petit ami depuis deux ans et demi, car celui-ci, se sentant inférieur, avait fini par la tromper avec une jeune fille illustrant plus classiquement le fantasme de la charmante petite amie japonaise. Qu'il a mise en cloques, en plus. Et si en amour, ça ne va pas fort, au travail ce n'est pas la panacée non plus, son tempérament y suscitant la jalousie et/ou la méfiance.

Pourtant, Sumire fait la rencontre impromptue d'un étrange jeune homme qu'elle secourt. Celui-ci s'avère être tout son contraire : très souriant, exagérément chaleureux, attentionné et avide d'attention. Comme il refuse de partir de chez elle depuis qu'elle l'a aidé, elle accepte qu'il reste un peu, à la condition qu'il devienne son animal de compagnie. En effet, la dernière fois qu'elle a pleuré, c'était à la mort de son chien Momo quand elle était plus jeune, et celui-ci n'a cessé de lui manquer.
Un pacte bien étrange, on est d'accord.

Et pourtant il accepte. Devenu Momo, le jeune homme devient donc son animal de compagnie. Mais alors, vraiment : il se fait gratter derrière les oreilles, il demande à être promené...

Derrière le pitch en apparence potache se trouve une série étrange. Le jeu de rôle prend étonnamment bien entre les deux personnages, à un tel point que de notre côté de l'écran, on a tendance à trouver ça un peu malsain. Elle doit lui préparer sa gamelle, il lui fait la fête quand elle rentre... ce qui aurait pu être un jeu innocent se met à ressembler à un jeu de rôles sexuel, une sorte de relation dominant/dominé (mais Lady Heather dirait que le dominé n'est pas celui qu'on croit), et si elle lui achète une laisse dans le prochain épisode, on aura officiellement basculé dans le SM.

Au-delà de cet échange plus que singulier, ce que Kimi wa Pet offre aussi, c'est le portrait d'un personnage sortant très largement des sentiers battus. A travers le tempérament de Sumire, c'est un côté pas très reluisant de la société japonaise qu'on (re)découvre : belle, intelligente, compétente, indépendante, et ne s'embarrassant pas des codes de la soumission qui sont d'usage pour les femmes d'ordinaire, Sumire est méprisée sur son lieu de travail. Si d'un point de vue occidental au moins, on a tendance à considérer qu'elle devrait inspirer de l'admiration à ses collègues féminines, ce sont au contraire elles qui admettent le moins facilement qu'elle sacrifie si peu à ce que l'on attend d'une femme. Côté hommes, ce n'est pas forcément mieux (mais plus variable), son patron l'ayant rétrogradée parce qu'elle ne s'est pas laissée faire lorsqu'il a voulu la tripoter, et son nouveau chef n'ayant que mépris pour les femmes trop compétentes qui ont l'audace de lui répondre avec trop d'intelligence. Personne ne supporte son tempérament indépendant et assuré... Et comme ces mêmes traits de caractère l'empêchent de faire perdurer ses relations, et donc de se marier, c'est quasiment une circonstance aggravante.
Ce portrait de la société japonaise (qu'on aime parfois à imaginer strictement similaire à la nôtre simplement parce qu'on vit dans le même monde technologique) est un rappel intéressant des batailles qui attendent encore les femmes, et d'ailleurs pas forcément qu'au Japon, le plafond de verre étant encore une réalité dans de nombreux pays. S'il est vrai que son apparence insensible la rend peu avenante, il est pourtant évident que Sumire a bon fond, elle s'est juste blindée et on aurait envie de dire que c'est son droit, et que si elle réussit sa carrière sans se laisser marcher sur les pieds, c'est tout à son honneur. Eh bien non. Femme, courbe la tête.

Kimi wa Pet offre donc, en plus d'une comédie légère, un vrai questionnement sur ce que peuvent être, de nos jours, la soumission et la domination. Hélas, au vu des éléments que le spectateur a en main à la fin du pilote, le propos risque de n'être pas spécialement révolutionnaire : il semble assez évident (mais j'aimerais me tromper) que l'objectif de la présence de Momo aux côtés de Sumire soit de la rendre à nouveau joviale et "vivante", pour qu'elle puisse tomber amoureuse de la bonne personne, enfin. La morale que je vois au bout de cette histoire ne me rassure pas tellement, je dois dire. Mais enfin, Kimi wa Pet a le mérite, et c'est déjà ça, de poser les questions qui fâchent, quitte à y répondre en fâchant aussi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Kimi wa Pet de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:32 - Dorama Chick - Permalien [#]


  1