ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

10-07-10

Moi j'aime pas les soaps

En mode Schtroumpf Grognon, laissez-moi vous expliquer pourquoi je n'aime pas les soaps. Les soaps, c'est toujours la même chose : une famille riche, jalousée par d'autres familles riches, des amours impossibles qui mettent des années avant de se conclure par un mariage, lui-même suivi d'un divorce dans les six mois pour qu'on puisse vivre un amour impossible avec un autre, des bébés volés ou échangés, des amants et des maîtresses, des secrets qu'on veut pas se dire face à face, des accidents terribles où ya un personnage qui est mort mais en fait il est pas mort, des jumeaux maléfiques, et puis cycliquement, on rajeunit tout le cast et on recommence.
Alors du coup, moi j'aime pas les soaps.

Nous interrompons votre programme pour un flash spécial d'information : les soaps, c'est pas toujours comme ça.
Souvent, mais pas toujours. Pour les plus vibrants exemples de séries qui s'étendent sur des années et des années, laissez-moi vous emmener ailleurs. Plus je regarde "ailleurs" et plus je vois plein de choses pour nuancer certains de mes vilains préjugés, ici sur les soaps, et plus il me semble vital, pour apprécier la télévision dans son ensemble, de ne pas se borner à la façon américaine de la faire. C'est comme ça qu'étrangement j'apprécie beaucoup plus les séries américaines que je regarde : parce que je les choisis, et non plus parce que je les subis.

Bref, laissez-moi vous présenter deux soaps qui mettent à mal ces stéréotypes sur les soaps.

BalikaVadhu_MEA MaanRaheTeraPitaah_MEA

Effectivement, je vais encore vous parler de séries indiennes, et là encore, c'est à dessein... Vous verrez bien pourquoi (si vous n'avez pas encore deviné).

Balika Vadhu, la première (avec ses personnages en habit traditionnel), et Maan Rahe Tera Pitaah, la seconde (avec sa jolie image qui pique les yeux mais, eh, vous avez mieux ?), sont deux soaps indiens, il n'y a aucun doute sur leur nature. Ces deux séries en hindi sont actuellement en cours de diffusion, et il s'agit de soaps, leur réalisation, leur mise en scène et le jeu des acteurs ne trompe pas. Sauf que.

Dans Balika Vadhu, on trouve une histoire où tout repose sur cette habitude sociale encore tenace dans certaines régions rurales et traditionnelles de l'Inde, qui consiste à marier les enfants. L'héroïne, Anandi, a été mariée à 8 ans à un garçon de son âge, et le soap repose sur le fait qu'elle est encore une enfant, endossant des responsabilités d'adultes, dans la famille de son époux (puisque c'est l'usage). Sur beaucoup de choses, on n'est pas loin de l'esprit de Kasamh Se et sa belle-famille horripilante qui veut rien que du mal à la jolie héroïne, mais sur le fond, beaucoup de retournements de situations qui s'appuient directement là-dessus. Les belles-sœurs sont également mariées très jeunes, les maris ne sont, eux, pas toujours aussi jeunes que celui d'Anandi... S'il ne s'agit pas d'une série fondée sur la critique sociale (bien que j'imagine que, lorsqu'une héroïne déguste autant, à un moment il doit bien venir un point à partir duquel on se pose des questions), en revanche on part d'une pratique bien moins éloignée du réel que tout ce que Les Feux de l'Amour pourront jamais proposer (cela dit, c'est vrai que depuis que mon ex n'habite plus avec moi, j'ai pas revu d'épisodes, ça se trouve c'est moins surfait qu'avant... 'tain je devrais faire humoriste, comme métier).

Oh, pardon, c'est pas assez courageux ? Bonjour, laissez-moi vous présenter Maan Rahe Tera Pitaah. Pour le coup, là, j'ai vu le pilote (pour le premier, j'ai dû me contenter d'extraits). Et il n'y a aucun doute : on est dans le soap indien. La jolie héroïne s'appelle Anmol, cette fois, et elle faisait ses études au loin ; maintenant, elle revient au bercail (je regardais l'épisode sans sous-titres, mais je pense que le recteur l'a pas spécialement à la bonne ; je me demande si elle a son diplôme ou si elle s'est juste fait mettre à la porte ; bon, c'est un détail, mais si quelqu'un passe et parle le hindi, merci d'expliciter ce passage). Son village natal, c'est un petit bled paumé à l'autre bout du monde (il a pas l'air de passer un train toutes les 10 minutes...), à côté d'une mine de charbon où toute la population locale travaille. Et pendant qu'Anmol revient au pays, le fils du dignitaire du coin revient comme un enfant prodigue qu'il est, et va mettre ses compétences acquises "à la ville" pour améliorer le rendement de la mine de charbon. Sauf que la maman d'Anmol est morte dans un accident au fond de la mine il y a des années, et que depuis le père d'Anmol mène un combat sans relâche pour faire fermer la mine. Son père étant devenu un rebut de la société locale, Anmol reprend le flambeau de son combat (et au vu du trailer pour l'épisode 2, je me demande si papa va pas nous claquer dans les doigts bientôt...). La série tourne donc autour du fait qu'Anmol devient une sorte de syndicaliste contre le reste de son village, et notamment du dignitaire et de son fils, le dignitaire étant un oncle très riche qui veut le bien d'Anmol mais elle est pas raisonnable cette petite. Oui, Maan Rahe Tera Pitaah, c'est un soap aux airs de Germinal.

Voilà, ce sont des soaps. En Inde, ça peut durer plusieurs centaines d'épisodes, des histoires comme ça (Maan Rahe Tera Pitaah vient de commencer le mois dernier, mais Balika Vadhu a démarré en 2008, ce qui lui permet de compter déjà pas mal d'épisodes, normal pour une série en quotidienne 4 jours par semaine, je vous laisse faire le calcul), alors qu'aux États-Unis c'est pas tous les jours qu'on voit de telles histoires dans des séries, alors pour plusieurs années et en quotidienne...

Évidemment, il s'agit de thèmes qui, s'ils sont intéressants sur le papier, sont quand même pas mal ancrés dans la culture indienne, et ne pourraient pas forcément trouver d'écho en Occident. Mais je ne suis pas certaine qu'il n'existe pas des sujets de société typiquement américains qui ne permettent pas ce genre d'approche. En tous cas, on persiste à penser qu'un soap doit forcément être totalement déconnecté de la réalité.

M'enfin, au moins, on vient tous de gagner collectivement 1 pt de QI.
C'est fou les choses qui se passent en Inde, quand même. Hm, si seulement quelqu'un nous en disait plus...?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Balika Vadhu et la fiche Maan Rahe Tera Pitaah de SeriesLive. Mais ya plein de fiches sur l'Inde sur SeriesLive, c'est dingue, mais qui donc s'amuse à en faire ?

Posté par ladyteruki à 22:19 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

09-07-10

Chut ! Ris dans ta tête...

De temps en temps, je glisse un œil ailleurs qu'au Japon et en Corée du Sud. Genre quand j'ai trois heures de sommeil devant moi et que je sais pas quoi en faire. Pour ceux qui sont trop jeunes pour s'en souvenir, rappelons que j'ai déjà parlé de séries comme Kasamh Se ou Arslaan, eh bien aujourd'hui je vais vous parler d'une série à laquelle j'avais jeté un bref coup d'œil il y a quelques semaines, mais si je ne vous en parle que maintenant, c'est à dessein, vous allez voir...

Gutur Gu a débuté en mars dernier sur la chaîne SAB TV, une chaîne indienne qui a un mal fou à se choisir une identité alors que, bon, en fait, soyons clairs, les Indiens l'ont déjà classifiée comme une chaîne dédiée à l'humour. Et Gutur Gu est justement une comédie, ce qui tombe plutôt bien.

GuturGu

Alors bon, je sais. Des fois, l'humour des autres pays... c'est pas facile à appréhender. Pour commencer, on ne pige pas grand'chose aux jeux de mot à moins d'être bilingue ; effectivement, je ne suis pas bilingue en hindi (faut ptet pas non plus pousser). Et puis franchement, même avec des sous-titres, on perd souvent à la traduction. Donc du coup, une comédie indienne en hindi, je comprends, vous n'êtes pas très chaud, vous vous apprêtez à ne pas lire ce post jusqu'au bout, et là je dis STOP ! In the name of telephagy.

Pour refuser de regarder Gutur Gu, il faudra trouver mieux que ça. En effet, cette comédie est intégralement muette. Eh ouais, faudra trouver autre chose pour y couper, bande de téléphages flemmards. Enfin, quand je dis muette... je ne veux pas dire qu'elle est silencieuse. D'ailleurs il me semble que Mr. Bean employait un peu les mêmes gadgets (effets sonores, musiques caricaturales) pour faire rire, et regardez le succès qu'a eu Mr. Bean en son temps ! Je trouve l'un aussi accessible que l'autre, rétrospectivement, parce qu'entre l'austérité du British, et les couleurs et décors un peu tape-à-l'œil des Hindis, finalement, on voyage autant.
Comme Mr. Bean hélas, Gutur Gu a aussi son lot de rires enregistrés, qui sont apparus au bout de 3mn30 d'épisode dans le pilote, me surprenant quelque peu alors que je commençais à apprécier cet univers étrange. Ce sont probablement les règles du genre.

Gutur Gu tourne autour d'une famille (qui dans le pilote, emménage dans sa nouvelle maison), constituée d'une bande de drôles d'oiseaux qui ont tous un truc qui ne tourne pas rond. J'avoue avoir une nette préférence pour le protagoniste principal, Balu. Dans la plupart des comédies, surtout quand on y trouve autant de personnages complètement barrés, il faut un personnage "neutre", le dindon de la farce, celui qui n'a pas grand'chose pour lui mais qui permet à l'entourage de faire les quatre cent coups.

Ici pas du tout, Balu est un maigrichon désarticulé et complètement maladroit, mais surtout capable des pires pitreries juste par ennui. J'étais complètement hilare pendant la scène où il tente désespérément d'ouvrir une bouteille de coca dans de multiples positions (j'avoue que pour rédiger ce post, je n'ai pas hésité et me suis repassé la séquence). Là comme ça, niveau action, ça n'a pas l'air glamour ni captivant, mais c'est absolument génial.
Et donc, muet.
Et donc, accessible.

Problème de mathématiques : sachant qu'un épisode de Gutur Gu est entièrement muet, et dure 25 minutes, combien de temps faudra-t-il à une chaîne occidentale pour réaliser qu'elle pourrait aussi bien acheter la série et la diffuser sur son antenne ? Vous avez une heure, et ensuite je ramasse les copies.
Sincèrement, je ne vois absolument pas ce qui pourrait faire obstacle à la diffusion de pareille série dans nos contrées.

Je ne dis pas que depuis sa découverte, j'ai continué à regarder Gutur Gu. C'est vrai que je suis dans une période de comédies, mais j'ai procédé à un retour miraculeux sur les sitcoms et pour l'instant je m'y tiens tant que ça dure. Cela dit, si là, demain, je peux cagouler les épisodes facilement (= pas en 4 parties chacun), ou les trouver à la télé, ou en DVD, je vous avoue que je ne cracherais pas dessus. L'appel est lancé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gutur Gu de SeriesLive. Oh my God, une série indienne sur SeriesLive, mais jusqu'où iront-ils ?! La suite au prochain épisode...

Posté par ladyteruki à 23:03 - Review vers le futur - Permalien [#]

24-06-10

Traveling without moving

Eh bah je sais pas pour vous, mais la semaine téléphagique va en s'améliorant. Si on met de côté certains téléphages eux-mêmes, et encore, que sont quelques abrutis sur la Toile (qui dit : "une majorité" ?), vraiment c'est une bonne semaine.

Non seulement j'ai continué à me gaver de sitcoms américains (les 3 mêmes), mais j'ai aussi pimenté mon menu avec du Japonais (j'ai donné une seconde chance au pilote de Chase, la vache ce qu'il est mou ce pilote, j'ai lutté pour le finir), du Coréen (Nappeun Namja, enfin, on y revient très vite), et...
...wait for it...
...DU MEXICAIN !

Ces semaines-là, le monde tourne dans le bon sens. Et on est que jeudi.

AroundtheWorld

J'aimerais tellement pouvoir faire ça plus souvent ! Je suis sûre que si j'avais les bonnes ressources, je pourrais. Avec les bons sites et peut-être les bons logiciels, je suis certaines que toutes les semaines pourraient être aussi cosmopolites que celle-ci.

Ce n'est pas la première fois que je tente des horizons nouveaux. Si vous suivez ce qui se passe dans les tags, vous verrez que j'ai parlé d'Arslaan et Kasamh Se (Inde), Diplomatic Immunity (Nouvelle-Zélande), Tumble (Australie), un paquet de séries japonaises et coréennes, et quelques occasionnelles séries canadiennes, britanniques et françaises, et franchement je me trouve en progrès depuis l'époque où je ne jurais que par la fiction américaine. Mais ce n'est pas assez. Ce ne sera jamais plus assez.

Évidemment, il y a le problème de la langue. J'ai beau avoir un certain goût pour les langues, je ne peux actuellement suivre qu'une série (doublée ou sous-titrée) en Français ou en Anglais. Mon Allemand n'est plus ce qu'il a été, mon Russe est rouillé, mon Japonais est balbutiant, et je n'ai jamais pris les cours de Suédois qui m'ont toujours fait envie.
Mais j'ai bon espoir : si les séries coréennes sortent avec des sous-titres anglais en DVD, il n'est pas exclu de trouver d'autres pays pour en faire autant. Il faut juste que je cherche mieux.

C'est ça : ça ne peut être qu'une question de persistance.

Mais en toute franchise, un coup de main de la part des diffuseurs et des distributeurs ne serait pas de refus.

Posté par ladyteruki à 23:01 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

14-05-10

Lettre ouverte... à tout le monde

Comment mentionné récemment, il y a une sorte de snobisme parmi les blogueurs téléphagiques lorsqu'il s'agit de séries étrangères. C'est un snobisme rampant qui consiste à ne parler que de séries américaines (souvent la série canadienne anglophone y est assimilée), voire si on a de la chance, les séries britanniques. Les plus aventureux s'offrent parfois un frisson avec une série australienne de temps à autres. Et globalement ça s'arrête là. Je dis snobisme, je pourrais dire fainéantise, ça dépend de mon humeur.
Je connais bien ce snobisme pour l'avoir pratiqué très longtemps, considérant qu'en-dehors de la fiction américaine, point de salut. Alors on me le fait pas.

On connait cette même tendance dans la presse spécialisée dans les séries télé, qu'elle soit au format papier ou informatique, beaucoup de sites pourtant français persistant pendant longtemps à regarder le monde comme s'ils étaient américains, les américains ayant eux-mêmes une ouverture sur le monde particulièrement limitée (c'est d'ailleurs ce qui les pousse à faire des remakes de séries qui sont déjà dans leur langue...). Donc on se prend pour un spectateur américain lambda, si je puis dire, et on se dit que vraiment, la fiction télé, c'est l'Amérique ou ce n'est point.

Et donc ça parle d'actu (américaine), de pilotes (américains), de jolies actrices (américaines), de projets (américains). On fait des dossier et des trucs et des machins, et c'est toujours du même pays qu'il s'agit, la note d'exotisme provenant d'autres pays anglo-saxons que j'ai cités plus haut. Que ce soit pour les choses les plus complexes ou les plus banales (alors que pardon, mais des photos de jolies comédiennes japonaises, c'est pas ça qui manque, surtout qu'elles passent leur temps à faire des photoshoot pour des magazines).

On va être clairs : je n'ai jamais vu qui que ce soit faire un récapitulatif de la saison allemande ou d'une nouveauté en matière de telenovela brésilienne.
Ce sont des pays où, visiblement, il nous apparait comme évident que le seul but de la fiction locale est soit de faire des remakes de séries américaines, soit de nourrir les décideurs américains pour faire leur propre remake (Ugly Betty parvenant d'ailleurs à répondre aux deux caractéristiques). En-dehors de ça, la fiction ne semble pas exister dans ces pays, ni les autres. Si ça ne parle pas une langue anglophone, c'est qu'on n'y fait pas de la télévision. Ça rejoint un peu ce que nous laissent penser les émissions de fin d'année lorsqu'il y a un zapping "télés du monde" et qu'irrémédiablement la seule émission de télé japonaise qu'on y voit, c'est un jeu débile où quelqu'un se casse la figure ou fait un truc décalé, évidemment, sous-entendu : il n'y a rien d'autre à voir chez ces cons de nippons.

Ah, si : le magazine Générique(s) s'est bien encanaillé une fois à parler de séries étrangères, un numéro où à ma grande surprise, nulle mention n'était faite du Japon et de la Corée du Sud, pourtant deux secteurs télévisuels en ébullition, surtout la Corée qui s'exporte incroyablement bien en ce moment, et de la Chine uniquement pour sa version d'Ugly Betty ; mais bon, pourquoi pas, mais c'est bien tout.

Moi-même, ça m'a pris pas mal de temps de m'affranchir d'un tel mode de pensée. Toute sensibilisée que je sois à la culture japonaise depuis mes 15 ans (à l'époque j'ai commencé plutôt par un trip culture traditionnelle et littérature contemporaine, puis il y a eu les mangas et l'animation pendant un an ou deux avant de revenir aux fondamentaux), j'ai mis à peu près 8 ans à venir à la musique japonaise, 10 ans à venir à la télévision du même pays, 12 pour oser m'intéresser à la Corée... je sais bien ce que c'est. J'arrive à bientôt 30 ans et j'en suis encore à pousser les limites de ma propre curiosité (pas encore vraiment touché à Taïwan, par exemple, en-dehors de deux pilotes ; et concernant le reste du monde, j'ai par exemple encore beaucoup de mal avec la Grande-Bretagne).
La curiosité, ça prend du temps, dans tous les sens du terme.

Mais enfin, même sans parler d'Asie, qui est une culture à part et qui ne parle pas à tout le monde...

Pourquoi n'y a-t-il personne pour parler de séries africaines, ou indiennes, ou sud-américaines, ou que sais-je ? Qu'on n'ait pas la même curiosité que moi, je le conçois... Mais qu'on n'en ait aucune ?

Bien-sûr qu'il y a une difficulté pour voir ces séries.
Bien-sûr qu'il y a la barrière de la langue (encore que, tout dépend de vos propres origines... sur tous les foyers possédant un accès aux chaînes du bassin méditerranéen, on ne va pas venir me raconter qu'aucune série du cru n'est diffusée en France ? Sinon comment j'aurais découvert Kasamh Se, d'ailleurs ?).
Et bien-sûr beaucoup de blogueurs téléphagiques aiment la facilité. Sinon comment expliquer les 712 reviews par semaine de Desperate Housewives ? Ce sont des blogueurs et ils aiment leurs statistiques comme n'importe qui d'autre, après tout. Je vois bien les miennes baisser dés que la rubrique s'appelle Dorama Chick (c'est mécanique, pour ainsi dire) et je le conçois, cette rubrique ne s'adresse pas au grand public.
Mais une fois de temps en temps, quand même ? Regarder un peu ailleurs... non ?

Car bien-sûr qu'il y a des séries étrangères ailleurs. Et d'ailleurs tout le monde tombe des nues quand un Un, Dos, Tres ou un Destin de Lisa déchaîne les passions et attire le spectateur, fût-il lambda. "Oh tiens bah merde alors, des fictions européennes ? Que les gens regardent ? Sérieusement ? On l'avait pas vue venir celle-là. On n'y croyait pas vraiment quand on l'a programmée", semblent dire les décideurs devant ces découvertes ahurissantes.

Mais vous croyez que depuis Un, Dos, Tres, l'Espagne ne produit plus de fiction maison ? Vous croyez même que le Destin de Lisa/Bruno/Hilda, c'est tout ce que les scénaristes allemands peuvent faire ?

Regardez-moi le nombre de pays qui produisent potentiellement des séries (et n'attendons quand même pas de Wikipedia anglophone qu'il les recense toutes, bien que le nombre de séries indiennes listées en ses colonnes soit par exemple impressionnant, même si facilement explicable).
Regardez-moi ça !
Et une fois de temps en temps, ça tuerait les blogueurs de choisir un pays ou deux dans cette liste, et d'en parler ? Ça me révolte autant que ça me décourage.

Après, je ne suis pas non plus en train de vous dire qu'aucun blogueur téléphagique ne parle de séries asiatiques. J'ai essayé de les pister, ces gens-là. Ils ne sont pas légion, mais surtout dans leur immense majorité, ils ne parlent QUE de séries asiatiques. Et là c'est l'excès inverse...
En-dehors de ça, peu, très peu de pluralisme auprès des blogueurs téléphagiques. Pour ne pas dire aucun.
Je suis par exemple navrée pour Speedu d'Analyses en séries qui n'a pas réalisé qu'il pourrait coller parfaitement à sa ligne éditoriale avec des séries asiatiques (entre les jambes illusoirement interminables des actrices coréennes, les pitches des séries de TV Tokyo genre Shimokita GLORY DAYS, et les séries d'action genre IRIS...).

Mais surtout, vous savez ce qui me tue ? C'est que toutes les sources d'information en matière de séries asiatiques soient anglophones. Bon, maintenant il y a un peu SeriesLive (où je fais mon possible, c'est-à-dire souvent pas assez vu l'ampleur de la tâche), mais sinon ? Toutes mes news basées sur des infos occidentales, je vais les chercher sur des sites et des blogs anglophones (quand j'ai vraiment du temps je cherche des news en VO, je m'éclate, mais c'est un autre sujet). Et quand je vois ces ressources, je me dis "mais où est l'équivalent français ? où se cache la curiosité des téléphages français ?".
Elle n'est pas dans cette poche. Pas dans celle-là non plus. Je suis pourtant presque sûre qu'elle est quelque part.

J'aimerais bien vous dire que SeriesLive va faire ce bond vers la curiosité, au moins pour ce qui est de l'Asie dont je suis la rédactrice spécialisée.

Il y a eu, en public et en privé, des appels qui m'ont été lancés dans ce sens, des lecteurs de SeriesLive qui ont remarqué les news, les 280+ fiches série (dont il n'existait pas plus d'une trentaine avant que je n'arrive en août dernier, la plupart déjà envoyées par mes soins à Eske et Maxx ; je confesse n'être pas spécialement mécontente du boulot effectué), les incalculables fiches personnalité, les articles de fond, etc... et qui ont appelé de leurs vœux quelque chose de plus franc dans ce domaine. Certains ont proposé un sous-site à part (je ne suis pas favorable à cette idée, mais pourquoi pas), d'autres juste qu'une section "séries du monde" sur le site serait suffisante (j'avoue que cette possibilité me plairait et ouvrirait des horizons). Mais rien. On me dit qu'on va en parler et étudier ça et il n'en sort jamais rien de concret.
Les news, les fiches série, les fiches personnalité, les articles de fond continuent d'être noyés dans la masse, parce que la direction de SeriesLive me donne régulièrement un petit nonos à mordiller, genre "ah c'est bien ce que tu fais, on va te donner tous les accès, on va te permettre de faire des choses", mais le peu qui a été fait il y a quelques mois a disparu rapidement sans explication, plusieurs des accès promis n'ont jamais été donnés, etc...
Mais bon, il y a à intervalles réguliers quelqu'un de l'équipe dirigeante pour me dire que le boulot accompli est visible et qu'on me remercie pour ça, alors je continue d'attendre qu'on me permette de pousser plus loin.
C'est toujours mieux que ce que Critictoo m'a permis : je pouvais faire des reviews (j'en avais déjà envoyée une ou deux, peut-être même trois, qui n'ont jamais été publiées alors qu'après réécriture, elles avaient été jugées conformes) et j'avais été plutôt bien accueillie... à la condition de donner mon prénom. J'ai refusé car j'ai une politique intraitable sur le sujet : j'écris sur internet sous mon pseudo, et rien d'autre. Après cette réponse, plus jamais personne ne m'a adressé la parole, même pas pour me dire qu'on allait arrêter là, parce que sur Critictoo, si tu n'as pas de prénom, tu n'as pas le droit d'écrire de review sur les séries asiatiques, et tu n'as même pas droit à un mail pour te dire que tu es virée. Bon, ils ont maintenant quelqu'un qui s'en charge, quelqu'un avec un prénom, au moins l'Asie n'a pas complètement disparu de Critictoo, c'est déjà ça.

La curiosité, ça prend du temps, je l'ai dit, mais surtout, la curiosité, ça s'apprend. Et à l'heure où internet nous permet de découvrir avec moins de difficultés des horizons insoupçonnés jusque là (je n'ai pas dit qu'il n'y avait plus de difficulté du tout, mais quand même moins que quand j'ai commencé à être une téléphage acharnée dans les années 90), je trouve absolument révoltant que ceux qui ont le pouvoir de rendre les gens curieux, c'est-à-dire les blogueurs téléphagiques et les sites téléphagiques, renâclent tant à tenter l'expérience, surtout quand il existe un vivier de rédacteurs motivés (plus motivée sur la fiction coréenne et téléphagiquement cultivée en général que Livia, par exemple, je ne connais pas tellement).

On continue de rester chacun chez soi, ceux qui regardent des séries asiatiques et ne parlent que de ça, ceux qui regardent des séries américaines et ne parlent que de ça, et un triste no man's land au milieu.

Et comme dans la rubrique Point Unpleasant, j'ai coutume de parler de ce qui ne me plait pas, je pensais nécessaire de signaler que, vraiment, ce comportement me chiffonne. M'attriste. Me révulse. Me révolte.

Si vous ne le faites pas par curiosité, faites-le par dépit : il parait que Desperate Housewives est de plus en plus décevante, et vous ne savez pas encore ce que vous regarderez une fois Lost fini. Alors...?

Eternally

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, mais qui veulent y remédier : le groupe "Dorama" de SeriesLive. Qui commence un peu à avoir les coutures qui craquent, mais bon, on fait avec ce qu'on a.

Posté par ladyteruki à 11:29 - Point Unpleasant - Permalien [#]

14-10-08

Around the world

Si je devais faire une review de la série dont je vais vous parler, je ne saurais pas trop comment classer le post. En général, quand je vous parle d'une série dont la diffusion a commencé il y a quelques semaines dans son pays d'origine, soit c'est Review vers le futur (pour les séries américaines, qui finiront sans doute par être rachetées par les chaînes françaises), soit c'est Dorama Chick (vu qu'il ne faut pas trop compter sur la diffusion française d'une série nippone). Mais aujourd'hui, vraiment, je ne sais pas. Pourtant je vais bel et bien vous parler d'une série étrangère qui a commencé cet été... mais comme elle est indienne, vraiment, ça ne me simplifie pas la vie. Mais dans SeriesLive On Air, ce soir, on va parler de séries d'un peu partout, alors je me suis dit que j'allais vous en glisser un mot.

Comment j'en suis arrivée là ? Asseyez-vous, je vais vous raconter une histoire.
Il y a bien longtemps (deux ans, autant dire une éternité), j'ai changé de fournisseur d'accès à internet, incluant un abonnement à tout un tas de chaînes dont je n'aurais pas l'usage. Et pour me souhaiter la bienvenue, mon FAI m'a offert la totale, une offre béton avec quelque chose comme 3 mois d'accès intégral à toutes les chaînes, ce qui fait que pendant plusieurs semaines, j'ai eu à portée de main des chaînes dont je ne soupçonnais pas l'existence auparavant. Zee TV était de celle-là : la chaîne indienne diffusait des soaps jusqu'à des heures indues, et en sous-titré anglais par-dessus le marché ! Un vrai régal. Comme attendu, l'accès à Zee TV n'a pas été éternel, et j'ai dû laisser tomber. On ne va pas non plus s'amuser à cagouler des soaps, tous indiens fussent-ils !

Mais de temps à autres, je vais voir où ça en est, ce qui se fait, ce qu'il y a de neuf...
Tenez, par exemple dans Kasamh Se, en ce moment, c'est une vraie boucherie, hyper violent pour ce qui n'était qu'un soap quand je l'ai découvert, avec maintenant une ambiance de possession démoniaque qui fout vraiment les chocottes. Kasamh Se a toujours été sombre (la majorité des scènes se déroulant de nuit, ça instaurait tout de suite une certaine ambiance), avec des intrigues assez classiques (jalousies familiales et/ou amoureuses) mais révélant une vraie méchanceté entre les personnages, avec souvent des mégères perfides envers la traditionnelle jolie petite nana aux grands yeux, qui sert alors d'oie blanche et de bouc-émissaire à leur frustration (yen a en général une par soap indien). Mais ça restait propre. Là, ya des litres de ketchup qui coulent de partout, c'est carrément plus pareil. Mais ça m'éclate de voir qu'un soap peut s'autoriser autant de choses, en même temps. Les soaps indiens semblent avoir une telle liberté, par rapport à ceux qu'on connait...

Et donc chemin faisant, je suis tombée sur Arslaan, qui a commencé sa diffusion sur la chaîne indienne de Sony le 13 juillet dernier, et qui est une série fantastique. Fantastique dans le sens : SF/Fantastique, hein, pas de méprise. Vous allez comprendre l'ampleur des dégâts très vite d'ailleurs...

Arslaan est un jeune héros assez typique des univers de fantasy (son look rappelle d'ailleurs pas mal la saga des Final Fantasy, comme les choses sont bien faites ), avec une zolie épée et un caractère aventureux mais honnête. Evidemment il va se faire des amis sur la route de son long périple courageux, chacun ayant la capacité de se battre à sa manière, bref le tout fait un peu jeu video sur le papier, je ne vous le cache pas.
Le seul truc, c'est que pour tout le reste, des effets spéciaux au jeu des acteurs, la paternité serait plutôt à aller chercher du côté de... Power Rangers ! Bon, peut-être pas quand même, puisque les monstres ne sont pas en latex, mais hormi ce détail on frise le même ridicule.

D'ailleurs finalement, Sony a bien compris l'ampleur du désastre, et le 19 octobre, ce sera déjà la fin d'Arslaan, une série qui avait pourtant bénéficié d'un gros budget et d'une promotion conséquente : site officiel, goodies divers, offre de téléchargement légal de la musique du générique, trailers (je suis la seule à avoir l'impression d'entendre une bande-annonce en langage Sim ?), et même un mini-jeu pas franchement révolutionnaire... mais qui dépasse largement ce que j'ai eu l'occasion de constater en termes de promotion pour les séries indiennes. L'annulation a été annoncée avec une certaine gène puisque la chaîne n'a même pas commenté sa décision (c'est pourtant si simple de mettre ça sur le dos des audiences, en tous cas aux States ça passe très bien !).

Dans ce cas, pourquoi je vous parle d'Arslaan, mes amis ? Pour le plaisir de recenser une catastrophe télévisuelle supplémentaire sur cette planète ? Non, c'est juste parce que, voilà, il se passe des trucs ailleurs, aussi, et ça fait du bien d'y jeter un oeil, oui tout-à-fait, même à moi, la lady sectaire et fière de l'être.

Certes ya un côté éminemment kitsch dans les séries indiennes que j'ai pu voir jusqu'à présent (et j'en ai regardé une poignée honorable je pense), mais il est totalement assumé, on n'est pas du tout dans le même registre que les séries américaines, on ne cherche pas à les copier, et ça fait plaisir à voir, d'une certaine façon. Parce que, oui, c'est peut-être ça qui charme dans les séries non anglo-saxones : même si elles ne plairont pas à tout le monde, elles ont leur propre cachet. Qu'elles soient japonaises, coréennes ou indiennes, c'est la même chose : elles ont une personnalité propre, et ça les rend profondément attachantes, même si d'un autre côté elles ne brillent pas forcément par des qualités auxquelles nous sommes accoutumés via les séries américaines. C'est ce qui me semble faire profondément défaut chez la fiction française : elle n'a pas encore su se trouver. Ca commence pourtant à faire un sacré bout de temps qu'elle se cherche !

Alors, vous savez quoi ? Bah Arslaan, d'une certaine façon, ce n'est pas pire que... je sais pas, au hasard... Flics, par exemple. Ya ptet plus d'un rapport avec le podcast de ce soir, finalement...

Et pour ceux qui manquent cruellement de son : SeriesLiveOnAir_Purple_mini

Posté par ladyteruki à 20:32 - Entre potes (cast) - Permalien [#]


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