ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

10-12-12

Agent zéro zéro

Ah, une petite vieillerie, ça faisait longtemps !
Puisqu'en ce moment je suis à fond dans les séries d'espionnage, j'en ai profité pour tenter le pilote de Get Smart, qui se situe plutôt du côté des comédies. Etant donné que les dramas sérieux sont généralement la norme sitôt qu'on parle d'espions et d'agents secrets (seule la notable exception de la pétillante The War Next Door me vient à l'esprit, et je n'avais pas encore testé Karei Naru Spy), un peu de changement m'a fait le plus grand bien après Covert Affairs ou Hunted.

La première chose qui m'a surprise... c'est le format. Allez savoir pourquoi, je m'étais convaincue que les épisodes de Get Smart duraient plutôt dans les 45 minutes. De toute évidence, j'avais oublié que les années 60 étaient beaucoup moins flexibles sur les questions de format, par rapport à aujourd'hui, où les dramédies sont venues brouiller les lignes. A cette époque, une comédie faisait presque toujours 25 minutes, à prendre ou à laisser. C'est dommage, j'en étais presque déçue en fait ; j'aurais apprécié volontiers un épisode plus long.

Mais revenons aux fondamentaux. Get Smart narre les aventures de Maxwell Smart, un espion répodant au nom de code 86. Il est considéré, pour des raisons qui échappent au commun des mortels, et au spectateurs aussitôt 2 minutes d'épisode révolues, comme l'une des valeurs sûres de son agence appelée CONTROL, ce qui aurait tendance à jeter un lourd discrédit sur celle-ci, si vous voulez mon avis.
L'ennemi juré de Smart, c'est la terrible organisation KAOS, une sorte de ligue de superméchants si j'ai bien compris. Mais en réalité, cela importe peu : les aspects mythologiques sont assez inutiles dans le contexte d'une comédie.

GetSmart

Dans le pilote, voici donc Smart envoyé sur une nouvelle mission : un savant a été kidnappé, et la formidable machine destructrice qu'il avait inventée a été dérobée. A charge pour Smart de rétablir l'ordre dans le chaos (ah ah) qui pourrait résulter de ce mauvais coup de KAOS, et de sauver le scientifique par tous les moyens. Pendant tout l'épisode, en réalité, le mystère sera absent. Qui a permis à KAOS de pénétrer le laboratoire du savant ? On le saura en quelques secondes alors que le complice de KAOS lancera des oeillades appuyées et machiavéliques à la camera sitôt Smart le dos tourné. Mais dans le contexte de Get Smart, on s'en fiche ! Cela ne fait que souligner l'incompétence pathologique de Smart.

Soyons honnêtes, Maxwell Smart n'est pas simplement un gros nul (c'est comme ça qu'il parvient à être attachant). Comme beaucoup de héros de son temps, il est aussi profondément naïf et fondamentalement malchanceux. Par exemple, quelles étaient les chances que la phrase secrète qu'on lui a donnée afin de reconnaître l'agent 99 dans un lieu public, soit précisément celle qui fait les gros titres des journaux ce jour-là ? Bon, alors disons que la poisse n'arrange rien. Car peu de personnages de séries méritent moins leur patronyme que Smart, vous allez le voir.
Heureusement, il peut compter pendant cette mission sur deux autres agents, un qu'il connaît et avec lequel il a justement demandé à retravailler, l'agent K-13, qui accessoirement est un chien, et la fameuse agent 99. Dont Smart va réaliser à peu près à mi-épisode qu'elle est une femme. Je vous le disais, ce n'est pas une flèche. C'est l'agent 99 qui a l'esprit suffisamment vif pour conduire la mission (et l'agent K-13 pour lui sauver la vie), et qui va orienter Smart dans la bonne direction.
Du côté de la dynamique entre les personnages, ma déception vient en réalité de 99, de la part de laquelle j'attendais un peu plus. Elle est visiblement supposée être plus maligne et plus débrouillarde que Max Smart, mais, peut-être parce que ce ne sont que les années 60 (quoique, c'est l'époque de Chapeau Melon et Bottes de Cuir), ou peut-être parce qu'il ne s'agit que du pilote, elle n'en est pas au point où elle est assez mise en avant. Je m'attendais à ce qu'à plusieurs reprises, ce soit elle qui se porte au secours de son coéquipier, mais elle est quand même là dans le rôle du faire-valoir.

Le plus ennuyeux vient probablement des rires enregistrés ; plus que l'image en noir et blanc, ou que le type d'humour de la série, c'est ce qui rend la série moins appréciable pour le spectateur moderne (en l'occurrence une spectatrice qui pourtant, n'a pas de problème pour regarder une série un peu ancienne). Get Smart vieillit assez mal de ce point de vue, et c'est dommage car sur le reste, l'épisode reste plaisant, et j'ai même rie deux ou trois fois à voix haute, ce qui n'arrive pas si souvent. Même les gags un rien prévisibles pourraient fonctionner un peu mieux sans ces rires qui donnent l'impression de regarder le gentillet Ma Sorcière Bien-Aimée.
Le fait que Get Smart donne, au stade de son pilote, tous les signes de la série absolument pas feuilletonnante (l'époque veut aussi ça, je vous l'accorde), n'est pas très rassurant sur les capacités de la série à s'améliorer sur certains aspects. Quel besoin d'améliorer le personnage de 99, par exemple, si d'épisode en épisode on peut reprendre la même formule encore et encore ?

Pour culture téléphagique, il me semblait important, dans ma période "séries d'espionnage", de regarder Get Smart. Mais ce n'est pas une série que son pilote m'encourage à regarder ensuite. Il y a des séries parmi ses contemporaines qui méritent bien plus qu'on leur consacre du temps. Cependant, j'ai passé un bon moment, et si vous avez une petite demi-heure à tuer, je recommande de tout de même tenter le coup.

Et au fait, quelqu'un a vu le film avec Carell et Hathaway ? Ca vaut quoi ? Je crains le pire...

Posté par ladyteruki à 22:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

09-12-12

Serious business

En matière d'espionnage, j'ai réalisé un peu plus tôt cette semaine que je ne connaissais pas mes classiques. En revanche, une série les connait : Karei Naru Spy, une comédie d'espionnage qui va s'amuser à en référencer un maximum. Cela ne m'a pas empêchée de regarder également le pilote de Get Smart ce weekend (ce qui d'ailleurs fut fort utile pour repérer certaines références), mais ce soir, je vous propose surtout de parler de cette comédie d'espionnage nippone.

Il faut dire qu'il y a de quoi faire : le plantureux pilote de Karei Naru Spy dure la bagatelle de 1h32 ! C'est assez rare au Japon, et très franchement, ça n'en méritait pas tant vu la teneur dudit pilote. J'ai cru plusieurs fois que j'allais lâcher l'affaire, en toute franchise, car le format habituel de 55mn suffirait amplement pour raconter cette histoire, même à titre introductif (j'irais même jusqu'à préconiser 25mn pour les épisodes suivants si c'est pour faire ça...). Par-dessus le marché, l'épisode que j'avais trouvé avec hardsubs était très mal sous-titrés (décalage sur la fin empiré par des phrases simplement non-traduites) ; bon, peut-être que j'aurais pu vérifier qu'une version plus récente ne traînait pas sur un coin d'internet (j'avais cagoulé cet épisode depuis que j'avais fait sa fiche sur SeriesLive !), mais à ce stade ma patience s'était largement émoussée.

KareiNaruSpy

De quoi parle Karei Naru Spy, donc ? Eh bien d'un escroc de haut vol qui est supposé purger une peine de 30 ans, mais qui est temporairement libéré par le Premier ministre lui-même, qui pense avoir besoin de lui au sein de la SIA, l'organisation de contre-espionnage qu'il a mise en place afin de lutter contre le terrorisme. Cet escroc, qui répond au nom de Kyousuku Yoroi, alias le Caméléon (rien à voir avec Jarod, vous allez le voir), accepte le deal en pensant pouvoir en profiter pour s'échapper, mais évidemment, cela ne va pas être si simple.
Yoroi intègre donc l'unité secrète de la SIA, dirigée par un certain Kiriyama (un type assez mystérieux, et qui se tape son assistante Josephine à laquelle d'ailleurs il fait valider ses décisions), aux côtés d'une certaine Dorothy, une espionne expérimentée qui ne voit pas d'un oeil ravi l'arrivée de cet escroc qui ne connaît pas le métier et, pire encore, qui n'a aucune éthique. L'équipe comporte également Kenichi Kurusu, un collègue un peu balourd mais pas méchant, et Dr Elise, une savante qui invente toutes sortes de gadgets à utilité variable (et qui les facture aux espions, accessoirement). L'ennemi principal de la SIA s'appelle Mr. Takumi, c'est une sorte de génie du mal richissime et mégalo (et présentant une frappante ressemblance avec un dictateur tristement célèbre) qui embauche des criminels divers et variés afin d'affaiblir le Gouvernement nippon par tous les moyens possibles.
La première affaire de Yoroi va l'emmener à Tokyo, alors qu'un dangereux terroriste répondant au nom de Bomber K, embauché par Mr. Takumi, semble bien décidé à faire sauter le Parlement à l'aide d'un bus scolaire piégé, à bord duquel se trouve rien moins que la petite-fille du Premier ministre. A charge pour Yoroi et Dorothy de monter à bord et de tenter d'empêcher la bombe d'exploser.

Vous voyez ce que j'ai fait ? J'ai résumé le pilote de Karei Naru Spy en trois paragraphes. J'aurais aimé que le scénariste, Ryouichi Kimizuka pour ne pas le citer, puisse en faire autant.

Expliquer tout cela (et certes, quelques détails de plus) en 1h32 relève de la folie douce. On se retrouve avec des séquences épouvantablement longues, et donc dépourvues de toute efficacité, alors que ce n'est pas comme si l'histoire était complexe... Enfin je sais pas, moi, on compare à ALIAS où l'héroïne joue les agents doubles voire triples, là d'accord, on peut admettre que l'exposition dure une heure et demie, mais dans le cas présent, quelle en est la justification ?
Certes, il y a quelques petits détails que j'ai laissés de côté, notamment sur une journaliste travaillant dans un tabloid quelconque (ils ont quoi les scénaristes nippons avec les tabloids à la con ?) qui va progressivement vouloir enquêter sur l'existence de la SIA et qui, comble du hasard, est également la fille du couple qui loue une chambre à Yoroi, mais même Kimizuka s'en fiche royalement et l'introduit maladroitement au bout d'une bonne demi-heure d'épisode. Mais même en rajoutant cette phrase, on n'atteint pas une heure et demie de programme.
Alors qu'est-ce qui reste ? Il reste pas mal de scènes de rien. Des séquences pendant lesquelles Yoroi et Dorothy vont s'affoler à la recherche de la petite-fille du Premier ministre, par exemple, ou bien une très, très longue séquence à bord du bus, dont on finit par espérer qu'il va sauter parce que sinon ça risque d'être moi qui pète un câble !!!

C'est très dommage parce qu'à côté de ça, Karei Naru Spy a de bonnes idées, principalement dans le registre comique.
Les références à de nombreuses séries et de nombreux films prouvent par exemple que Kimizuka connaît bien ses classiques (bien mieux que moi, je le disais), et se fait un plaisir d'en mentionner plein. La séquence dans le bus, par exemple, est très largement inspirée par Speed, évidemment (avec quelques petits twists ridicules supplémentaires, genre "si les élèves à bord du bus atteignent le même nombre de décibels que des colibris pendant la saison des amours, le bus explose", en plus de la limite de vitesse). On retrouve aussi, comme je vous le disais, plusieurs références très directes à Get Smart ; mentionnons par exemple la fameuse chaussure-téléphone (tellement fameuse que même avant d'avoir vu le pilote, je l'aurais repérée celle-là), ou encore les multiples étapes avant d'arriver dans le QG de la SIA, détournées de façon absolument hilarantes.
Le look de la série, également, joue à plusieurs reprises sur des références plus implicites et généralistes, comme par exemple le côté très sixties des bureaux et du personnel de la SIA, ou l'amour de Dorothy pour les tenues colorées un peu ridicules et rétro. Les années 60 ayant été l'apogée des films et séries d'espionnage, notamment aux USA, ces références colorées jouent comme autant de rappels assez efficaces des grands classiques du genre.
Plus original, parmi les autres références, on trouve aussi tout un tas de titres de films et de séries littéralement logés dans le décor du quartier général de la SIA, comme le montre la capture ci-dessous. Sur un pallier de porte ou un coin du bureau, se logent donc toutes sortes de références explicites au monde des espions de fiction, et je trouve ça plutôt sympa d'évoquer discrètement (aucun personnage n'y jette ne serait-ce qu'un oeil, et les mentionne moins encore), et pourtant sans détour, ces sortes de parrains célèbres de la série.

KareiNaruSpy-Reference

L'humour de Karei Naru Spy s'exprime donc à travers ces références, mais aussi avec plein de petits détails sympathiques utilisant les clichés des fictions d'espionnage pour mieux les détourner. Quand Yoroi est libéré de prison pour intégrer la SIA, Kiriyama le dépose devant son logement de fonction, et on assiste à un dialogue assez habituel : "Je suppose que c'est une suite dans un hôtel. Assurez-vous qu'ils préparent le champagne", lance Yoroi, blasé. "Ca vous plaira", aquiesce Kiriyama, imperturbable, ajoutant : "c'est une suite avec vue sur l'océan" avant que la voiture ne s'arrête. Yoroi descend... et découvre que l'endroit est un restaurant décrépi d'un quartier un peu pourri avec quelques chambres d'hôte disponibles, avec vue sur... le canal du fleuve du coin. Evidemment, la voiture de Kiriyama est déjà loin (et sur le siège arrière, il fait probablement cette tête-là).

Pour servir au mieux son ton absurde et décalé, Karei Naru Spy a fait appel à Tomoya Nagase, un acteur un peu en sous-régime si on compare à Unobore Deka (où, il faut le dire, il avait un bien meilleur script sur lequel s'appuyer), mais passé maître dans l'art d'incarner des personnages capables de vivre dans un monde totalement absurde et de s'en tirer avec une dignité quasiment intacte.
Yoroi, le héros de Karei Naru Spy, a en effet une sorte de super pouvoir : s'il est si bon escroc, c'est parce qu'il a un pendentif qui l'inspire pour prendre l'identité qu'il souhaite et manipuler les gens autour de lui. Ce pouvoir se manifeste chaque fois qu'il attrape son pendentif, aussi sûrement que s'il s'agissait d'un prisme lunaire.
On apprendra pendant le pilote que ce pendentif est la dernière chose que lui a donnée sa mère avant qu'elle ne l'abandonne, et que c'est la dernière fois que quelqu'un l'a émotionnellement atteint (un background pas franchement original, mais qui fonctionne dans le délire ambiant). Cela va d'ailleurs obliger Dorothy à s'interroger sur la capacité de Yoroi à ressentir quoi que ce soit, ce qui veut dire, on le devine sans peine pendant ce pilote, qu'une idylle va probablement se nouer entre eux ; cela implique, et c'est plus dramatique, que chaque épisode va contractuellement obliger Yoroi à avancer sur le terrain de ses émotions, et à prouver qu'il a quand même un coeur, dans le fond. Mais bon, c'est pas comme si Karei Naru Spy aspirait à avoir beaucoup de crédibilité de toute façon.

Au vu de ces éléments, évidemment, Karei Naru Spy n'est pas la série du siècle, mais on pourrait imaginer qu'elle est regardable. Comme je le disais, elle le serait si le premier épisode n'était pas si épouvantablement long.

Beaucoup d'incohérences rallongent passablement l'action sans aucune raison, et là où la série pourrait décider de les souligner a posteriori sur le ton de l'humour, elle ne le fait pas, ce qui laisse penser qu'on se fait trimbaler plutôt qu'autre chose. Par exemple, pourquoi se donner autant de mal pour localiser la petite fille du Premier ministre, alors que le Premier ministre est l'employeur direct de la SIA ? Il a probablement la possibilité de mettre en place une surveillance rapprochée pour la jeune fille sans que Yoroi et Dorothy n'aient à l'identifier à l'aide d'une simple photo parmi un car rempli de lycéens ! Peut-être aussi que si la SIA décide d'assurer la sécurité de cette adolescente à l'occasion d'un voyage de scolaire de plusieurs jours, elle pourrait faire l'effort de scanner le bus à la recherche d'une bombe avant que la classe ne soit montée à bord, pas pendant ? D'autant que dés le départ, la SIA sait pertinemment que leur ennemi s'appelle Bomber K...
Ces gros trous dans le scénario agacent et jouent inutilement les prolongations, car on en tire des rebondissements sans intérêt. Il aurait vraiment fallu faire preuve de second degré et admettre que la SIA peut aussi se planter (après tout, il est admis dés le début de l'épisode que la SIA n'est pas parfaitement au point, c'est même la raison de l'embauche de Yoroi !). C'est ce qui rend Karei Naru Spy si indigeste sur la fin, et lui fait énormément de tort.

Car au final, si c'est par ses pointes d'humour et surtout ses références à d'autres séries qu'une fiction vaut la peine d'être vue... autant regarder les autres séries, non ?
Si. Alors dans le prochain post, on parlera de Get Smart...

Posté par ladyteruki à 23:11 - Dorama Chick - Permalien [#]

06-12-12

I spy, I spy

Tiens, bah puisque j'en suis à tenter des séries d'espionnage, après Covert Affairs, j'ai voulu regarder le pilote de Spy, une comédie britannique dont j'avais vaguement entendu parler. Et par "vaguement" je veux dire que j'ai découvert son existence en lisant une news à propos de sa saison 2 (j'ai encore deux-trois progrès à faire côté séries britanniques, on le sait tous). A la bourre, donc mais plus j'y réfléchis plus ça a l'air d'être un problème récurrent dans mon rapport aux séries d'espionnage je vais vous parler du pilote...

Spy-LOGO

Il faut dire que ce premier épisode est très long au démarrage. La séquence d'ouverture est supposée être drôle mais ne l'est pas du tout. On parle d'un personnage dont la situation est très proche de celle de Woodley, mais au lieu de nous le rendre attachant, on nous le présente comme un pauvre type qui peut se faire lyncher par son ex, le nouvel amant de son ex, et même (voire surtout) par son jeune fils, ce qui tourne plutôt au lynchage qu'autre chose. Et vous le savez, je réagis assez mal à l'humiliation d'un personnage érigée comme alpha et omega d'une série (ça me le fait au moins depuis The Comeback, alors c'est pas d'hier !), du coup, les débuts de cet épisode de Spy ne m'ont pas arraché le plus petit rictus.

Ca a donc pris du temps avant que je ne me détende, mais on y est finalement arrivés. Pour cela, il a fallu que l'épisode insiste énormément sur l'inversion de rôles entre le père et le fils. C'est cet effet délicieux qui, à force de répétition du procédé, permet de vraiment accrocher à l'humour de la série, et de lui donner un ton bien particulier, loin du simple personnage piteux et ridicule. En décidant d'avoir un petit garçon haut comme trois pommes qui donne des leçons de maturité à son père avec un grand naturel, Spy met le doigt sur quelque chose de précieux qui, au bout de quelques scènes à ce régime, est devenu un absolu bijou en milieu d'épisodes, lorsque le fils fait passer au héros un faux entretien d'embauche pour se tester. Le fait que ça ne semble choquer absolument personne dans la série que ce gamin soit si mature et si adulte dans son comportement (et ça avait besoin d'être établi au cours des scènes précédentes, justement) fait que cette séquence m'a littéralement fait m'esclaffer à voix haute, ce qui ne m'arrive pas souvent devant une comédie.

Ok, à partir de là, Spy trouve ses marques, son rythme, et son ton, c'est visible, même si ce n'est pas parfait.
Tout l'enchaînement qui conduit à l'entretien pendant lequel Tim, le héros, apprend qu'il a été sélectionné pour devenir agent secret au service de Sa Majesté (il postulait pour un job au service informatique...) est réussi et plutôt efficace, en dépit de quelques lourdeurs. Le seul vrai problème tient dans le fait qu'on a vu arriver très tôt ce retournement de situation ; j'aurais préféré que les responsables qui lui font passer les tests ne soient pas eux aussi mis dans une situation embarrassante. C'aurait quand même été vachement plus drôle s'ils prétendaient effectivement passer des annonces à l'ANPE pour recruter leurs agents secrets ! Au lieu de ça, Tim devient un agent secret malgré lui ET malgré ses patrons, bien obligés de l'engager vu qu'il a l'air de répondre à leurs critères, même si de toute évidence il n'est pas du tout préparé pour la réalité de cet emploi. Ca en dit long sur le nombre de bras cassés dans cette série...
En tous cas, l'épisode se décongestionne donc avec le temps, ce qui ne peut vraiment pas lui faire de mal. Mais j'avoue que j'ai plusieurs fois été tentée de décrocher, et il s'en est fallu de peux pour que je n'en vienne pas à bout.

Spy n'est de toute façon pas très révolutionnaire dans son objet. On se souviendra que déjà à l'apoque de Get Smart, un agent secret improbable passait son temps à faire des bourdes mais qui ne garde son job que grâce à une chance insolente (faudrait un jour que je me le fasse, ce pilote de vieillerie, d'ailleurs, à force d'en entendre parler...), et c'était dans les années 60 ; depuis, des agents-malgré-eux, il y en a eu trois douzaines, à l'instar de Chuck (dont la parenté est d'autant plus évidente qu'il y a le boulot dans un magasin d'électroménager). La seule chose qui fait une différence, c'est que pendant que Tim sauvera le monde, son entourage proche, ou au moins son ex-femme et son fils, continueront de le prendre pour le dernier des minables, puisqu'il a interdiction formelle de parler de son boulot à qui que ce soit, bien qu'évidemment, la première chose qu'il fasse est de se confier à l'un de ses amis ("do you see how bad I'm going to be at this ?", lâchera-t-il en réalisant sa gaffe). Toujours ce côté un peu humiliant qui risque de ponctuellement me rebuter...
Mais bon, la première saison n'est pas longue, donc à la rigueur, pourquoi pas.

Et sinon qu'est-ce que je fais, je tente d'autres séries d'espionnage dans la foulée ? Surtout que j'ai toujours pas touché au pilote de Hunted... Faut voir. Tiens, j'ai souvenir d'une série japonaise, Karei Naru Spy, aussi, dans le genre, je vais aller la cagouler tant que je suis motivée...

Posté par ladyteruki à 22:53 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]