ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

01-11-12

Paris sera toujours Paris

Le challenge que whisperintherain et moi-même nous sommes lancé inclut les pilotes de séries françaises diffusés cette saison. Je vous avoue que dans un premier temps, l'idée n'était pas pour me ravir. Mais puisque j'ai embarqué l'ami whisper dans un programme qui inclut des pilotes canadiens et australiens, il me semblait, après mûre réflexion, juste d'y inclure les pilotes français aussi. Quitte à traîner parfois la patte.
Aujourd'hui, voilà donc un post dédié à un pilote de séries française, et, comme c'est la coutume, la review de whisperintherain sera en lien au bas de ce post à titre de comparaison...

Cain

Est-ce que je me ramollis ?
Depuis quelques mois, des séries françaises, j'en regarde... ce qui veut dire que j'en regarde beaucoup plus qu'il y a un ou deux ans de ça, vu que je n'en regardais pas du tout. Logique. Je tente plus de pilotes qu'avant, d'une part, et il m'arrive de regarder de temps à autres des saisons entières, ce qui signifie que dans cette masse de pilotes, il y en a qui réussissent à me convaincre de leur potentiel et/ou de leurs qualités. Mais est-il possible que je sois tout simplement plus facile à convaincre depuis que j'ai décidé de donner leur chance aux séries françaises ? C'est toute la question.
Par exemple, mon enthousiasme autour d'Ainsi Soient-Ils m'avait un peu effrayée. C'est rare, pour ne pas dire inédit, que je me montre ravie de regarder une série française de bout en bout. Plus tôt cette année, j'avais par exemple regardé l'intégralité de la première saison de Kaboul Kitchen avec, parfois, l'impression de vouloir aller au bout par principe, et non parce que la série me captivait ; c'était "pas mal", et je décidais de m'en contenter. Avec Ainsi Soient-Ils, en dépit des défauts (et on y reviendra dans le bilan de saison), la question ne s'est pas posée à mes yeux. Est-ce que par hasard j'ai pris l'habitude d'abaisser mes standards, ou bien Ainsi Soient-Ils est vraiment une bonne série ? La question vaut la peine d'être posée.

Voilà comment le vérifier : regarder le pilote de Caïn.

Ah ça, on tient là un pilote qui permet de remettre les pendules à l'heure. Toutes mes craintes d'être désormais trop tendre avec les séries françaises se sont envolées devant ces 54 minutes. Je vous le dis comme je le pense : c'est pas encore aujourd'hui que je vais faire preuve de laxisme de principe avec des séries françaises ! Nan vraiment, tout va bien !

Caïn commence avec ce qui est certainement l'une des plus mauvaises scènes d'ouverture jamais écrites pour un pilote. Et il m'arrive de regarder quelques pilotes chaque année... L'idée directrice de cette scène est de prouver que le personnage central de la série n'a pas la langue dans sa poche, qu'il est cynique et/ou sarcastique à volonté, et qu'il ne s'embarrasse pas vraiment de ce que pensent les autres. Ah, et qu'il est flic, évidemment. Mais en voulant dire tout ça sur son personnage central, cette scène d'ouverture se montre épouvantablement caricaturale, et creuse. Les répliques pourraient faire mouche si on n'avait pas l'impression qu'on n'est là que pour ces mêmes répliques, et que la trame de l'histoire n'est qu'un prétexte.
Et puis, de toute façon, pourquoi s'intéresser à cette enquête si même le héros se contrefiche de la victime comme du crime ?

Outre sa passion pour le non-politiquement correct, pour les blagues sexistes, voire peut-être même racistes (je suis pas certaine d'avoir bien compris la blague du "nègre" qui était "voué à finir comme ça"), et les références à son accident histoire de clouer gratuitement le bec à ses interlocuteurs en faisant semblant de ne pas tomber dans le misérabilisme, le personnage de Fred Caïn n'est pas le seul problème. Il est aussi accompagné d'un personnage transparent, sa coéquipière. Je ne sais pas si c'est l'actrice (j'ai de fortes suspicions cependant), mais franchement, on dirait que Caïn la rend plus intéressante qu'elle ne l'est ; j'ai rarement vu un personnage aussi apathique. A un moment, j'ai cru que c'était une tentative de faire quelque chose similaire à Saga Norén dans Bron/Broen, mais non, pas du tout, il est vraiment pourri et fade.

Le besoin de la série de montrer un personnage aux méthodes peu orthodoxes, forcément mal vues par la hiérarchie (mais la hiérarchie l'aime bien quand même, ce filou de Caïn, allez), est un peu maladif. On a plusieurs fois dans l'épisodes des démonstrations de ces méthodes contestables, mais rien ne les justifie jamais si ce n'est le besoin compulsif du personnage de vouloir faire le clown.
Et puis, cette enquête qui traine en longueur, cette intrigue secondaire sans intérêt plaquée là alors que même les scénaristes n'ont pas envie d'y consacrer plus de 2 minutes de réflexion... c'est vraiment pénible. Il n'y a rien pour sauver les meubles.

Alors que tout le monde se rassure : certaines choses sont immuables. Et elle n'est visiblement pas encore diffusée, la série policière française qui me convaincra.
Peut-être que si Caïn, justement, n'avait pas été une série policière, elle aurait fait une très convenable comédie : les dialogues sont bons, simplement dans le contexte d'enquêtes policières traitées par-dessus la jamble, ils décrédibilisent la série au lieu de lui apporter du cachet. Dans le fond, il n'est pas déplaisant, ce personnage. C'est juste que ça ne m'intéresse pas de le voir faire semblant de bosser sur le sort d'une femme retrouvée brûlée dans sa voiture quand de toute évidence, ni les protagonistes, ni les scénaristes, ni les spectateurs, ne se passionnent pour l'affaire. Autant plaquer le commissariat et se reconvertir dans le stand-up.
Oh, pardon.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:45 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

08-09-12

Française

Tout a commencé avec des séries américaines. J'ai regardé toutes sortes de séries quand j'étais petite, à l'époque où la nationalité n'avait pas d'importance. Je ne savais pas faire la différence entre une fiction américaine et une co-production australo-polonaise, et ça ne m'intéressait même pas d'apprendre. D'ailleurs je ne sais pas comment je l'ai apprise, cette différence. On est nombreux à l'apprendre, et je ne sais pas comment ; quelque chose s'insinue dans notre naïveté de jeune spectateur et nous apprend un sectarisme que je ne m'explique pas. Mais que j'ai bien connu, et dont j'ai mis longtemps à me défaire. Toujours est-il qu'arrivée à l'adolescence, je ne jurais déjà plus que par les séries américaines.
C'était, sans doute, une question de proportions. Le nombre de séries américaines diffusées à la télévision, à des heures où je pouvais la regarder, ça a sans doute beaucoup joué. De la même façon que j'ai fait partie de la génération qui, avec La Cinq et le Club Dorothée, a intégré certains codes de la fiction animée japonaise, entrebâillant bien des portes pour la suite.

Les premières séries que je me rappelle avoir regardées (et pas simplement avoir vues parce que la télévision était allumée) étaient américaines ; c'étaient des séries comme L'Enfer du Devoir, La Belle et la Bête, MacGyver. Depuis c'est resté. C'est même devenu un leitmotiv : seules les séries américaines étaient dignes d'exister à mes yeux, je considérais que c'était la preuve que j'étais sélective, exigeante, voire même élitiste. J'en regardais d'autres, parfois sans faire exprès (comme Invasion Planète Terre, dont je n'avais pas percuté malgré le logo concluant son générique de fin qu'elle était canadienne), mais quand je savais qu'elles étaient étrangères, c'était avec la conviction qu'elles étaient inférieures.

Il y avait une hiérarchie. Les américaines étaient là-haut, et ensuite on allait décroissant selon les préjugés. Il est à peine utile de préciser que la France se trouvait tout au bas de la pyramide.

Progressivement, j'ai apparemment appris à reconnaître au premier coup d'oeil une production allemande ou britannique. Je pouvais zapper, passer à peine une seconde sur une chaîne, ne même pas lever le doigt du bouton enfoncé de la télécommande, et déterminer la nationalité d'une fiction que je n'avais pourtant jamais vue auparavant. Aujourd'hui je me dis que c'est parce que le catalogue de séries allemandes ou britanniques des chaînes françaises ne se renouvelait pas beaucoup, et que ce que je prenais pour une preuve de nationalité (inférieure, donc) était peut-être simplement d'âge (et quand on a 15 ans, une série des années 70 est forcément inférieure). Peut-être que comparer toute série allemande à Derrick, quand Derrick est l'une des rares séries allemandes omniprésentes sur les écrans français, n'aide pas.
Mais peu importe les raisons. Le sectarisme était là.

Quand j'ai lancé ce blog, je regardais déjà quelques séries japonaises de temps à autres. Et j'y étais plutôt attachée. Mais leur brièveté me donnait une excuse pour ne jamais en citer une seule quand on me demandait quelle série je regardais en ce moment, ou quelles étaient mes préférées. C'étaient des sous-séries parce qu'elles ne venaient pas des Etats-Unis, et parce qu'elles ne s'inscrivaient pas dans la durée. Ce n'était pas ce qu'une série était supposée être. Quand j'ai commencé à envisager écrire sur les séries asiatiques ici, ça a été l'objet d'une véritable question pour moi. C'est aujourd'hui assez caractéristique d'aller lire mes posts de l'époque, on peut y sentir la bataille interne contre une certaine honnêteté intellectuelle (je regarde ces séries, j'en apprécie) et mon opinion préfabriquée me dictant de considérer que seule la fiction américaine est digne de mon attention.
Petit à petit, les choses ont changé. Elles ont beaucoup changé.
C'était une aventure pour moi de me faire de la place sur ce blog aux séries japonaises, puis sud-coréennes, puis asiatiques dans un sens plus large (j'ai évoqué quelques séries indiennes).
C'est toujours une aventure. Ces derniers mois, j'ai acheté des DVD venus d'Australie, de Nouvelle-Zélande, d'Islande, de Norvège, d'Israël, du Brésil, de Grande-Bretagne, et j'en passe. J'en ai un d'Afrique du Sud qui doit prendre l'avion sous peu.

Une fois qu'on a ouvert les frontières, il n'y a plus de limites, que des horizons.

Maintenant que c'est si facile pour moi de sauter d'un pays à l'autre ! Je ne me dis plus "c'est polonais, c'est forcément merdique". C'est même un tel plaisir, je me suis libérée de presque toutes mes idées en préfabriqué et c'en est libérateur ! Aujourd'hui c'en est au point où j'ouvre un onglet de mon navigateur et cherche au hasard des idées de séries venant de pays dont je n'ai pas vu la moindre image, juste pour voir ce qui se fait là-bas, parce qu'il se fait toujours quelque chose, et il se fait toujours quelque chose de bien.
Il était donc temps de m'attaquer à mon plus grand défi. Ma plus grande aventure téléphagique. La fiction française. A ces mots, le tonnerre gronde, éclairant mystiquement mon visage avant de tous nous replonger dans l'obscurité et le silence, comme dans un mauvais film d'horreur.

La fiction française. Des Julie Lescaut et des Joséphine, ange gardien un peu partout. C'est difficile d'être téléphage et de ne pas être lescaut intolerant. Il y a un minimum de bon goût, quand même, merde, on a sa dignité. Mais sans doute mon allergie à TFHein (seule chaîne supposée être allumée en présence de mon père) a-t-elle joué un rôle important dans ma conviction que les séries françaises étaient en général totalement merdiques.

J'y repensais récemment, après avoir testé plusieurs séries françaises ces dernières années, et en particulier ces derniers mois. Le Visiteur du Futur, Kaboul Kitchen, Hénaut Président, et quelques autres, ont été vues de bout en bout, par exemple, là où si souvent je n'avais pas eu la force, par le passé, d'aller au-delà du pilote (à l'instar de Maison Close ou Hard). Je ne dis pas que j'apprécie toutes les séries françaises que je regarde : il y a encore des Clash, des Workingirls. Mais enfin, j'y travaille, vous savez. J'essaye d'apprendre à ne plus me dire "c'est français, c'est forcément merdique". J'ai encore ce réflexe, je n'ai pas encore fini mon aventure, mais en tous cas, je suis dessus, je planche sur la question. Je me soigne.
Je crois que je commence à peine à mettre de l'ordre dans ma tête de ce côté-là. A comprendre pourquoi je suis restée, pendant des années, fermée comme une huître à la simple mention de "série française". Pourquoi j'ai toujours eu cette véhémence, ce rejet violent, lorsqu'il s'agissait de les regarder ou même juste d'en parler.

L'idée qui commence à germer dans mon esprit, et l'analyse est peut-être erronnée, je ne sais pas, mais c'est que je crois que c'est un problème purement identitaire. Je ne me reconnais pas dans une série française.
Maintenant, bon, vous allez me dire : "mais enfin lady, tu peux pas nous dire ça alors qu'encore récemment, tu clamais que ce n'était pas l'identification ton but dans la téléphagie". Ah, je vois, oui, alors laissez-moi clarifier, je me suis peut-être mal exprimée. Je ne veux pas qu'une série parle de moi. Mais je veux qu'elle me parle, et pour cela, elle doit parler d'un monde que je reconnais. Et je ne reconnais pas le monde de la plupart des séries françaises. Il ne forme pas un monde cohérent, voilà.

Je regarde des séries japonaises et, malgré leurs différences de ton, de contexte, de sujet, de personnages, de déroulement, c'est toujours clairement d'une série japonaise qu'il s'agit, au sens où je peux me mettre devant mon écran et dire que, ok, d'accord, je peux imaginer être un spectateur japonais et prendre cette série comme si elle m'était destinée. Une série japonaise est faite avant tout pour les Japonais et ça se sent. Culturellement, elle a un sens. Pas parce qu'elle porte nécessairement un message spécifique, ni même parce qu'elle fait preuve de patriotisme, mais parce qu'elle renvoie à cette société des images qui lui parlent d'elle, qui se nourrissent de son identité, de ses codes, et qui en apportent de nouveaux.
En tous cas c'est l'impression que cela me renvoie. Je peux regarder une série de fantasy comme Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro (d'ailleurs, bientôt la saison 2), une série historique comme Nankyoku Tairiku, ou une comédie comme Seigi no Mikata, je ne peux jamais douter de ça. Jamais. Mais malgré tout, il en sort toujours quelque chose pour moi d'accessible, et d'universel. Et c'est vrai pour à peu près n'importe quel pays. Alors que je n'en ai pas visité beaucoup "en vrai", pourtant !

Pour avoir intégré si facilement un grand nombre de codes culturels américains à travers les séries US, nous connaissons de toute façon bien ce phénomène ; nous l'expérimentons quasiment au quotidien sans même jamais y réfléchir à deux fois.

Mais quand je pense aux séries françaises que je connais, celles que j'apprécie et celles que je déteste, celles qui m'indiffèrent et celles dont on parle, je ne comprends pas.
Je ne comprends pas ce que c'est que d'appartenir à la culture française quand je regarde une série française. Je ne me sens même pas spécialement française quand je les regarde. J'ai l'impression que ces séries ne parlent que d'elles-mêmes, que de leur sujet, mais qu'elles n'ont aucune résonance qui aille au-delà, qu'elles n'appartiennent à rien, qu'elles ne s'inscrivent dans rien. Les exemples les plus extrêmes, comme Julie Lescaut et Joséphine, ange gardien, renvoient, tout au plus, une image remâchée et utopique de la France, et encore, d'une certaine France. Comme un mauvais remake de notre propre identité. Et c'est peut-être aussi un peu (outre les qualités télévisuelles propres de ces "oeuvres") la cause du problème.
Aseptisées, javellisées, ces séries ne disent rien de ce que nous sommes, mais murmurent simplement à notre oreille ce que nous voudrions être en tant que société, un endroit où il y a des fermes, des usines, des églises... Je ne connais pas du tout le pays imaginaire où se déroulent ces séries, pas plus que des séries transparents comme Clash. Je ne l'identifie à rien, je n'ai pas de repère.

Je ne cherche pas à généraliser, à dire que le problème de la fiction française c'est ci ou ça. Parler du problème de la fiction française me fatigue, on en entend parler depuis des années sans que rien ne semble jamais résolu.

Non, mon problème avec la fiction française est celui-là (enfin je crois) : la qualité, d'une part, parce qu'un épisode de Joséphine, ange gardien, c'est un peu de la téléphage en moi qui meurt. Et d'autre part, la question fondamentale que je me pose dorénavant : pourquoi suis-je capable de m'imaginer être assise sur un sofa à peu près n'importe où dans le monde, sauf en France ? Pourquoi tant de séries étrangères me semblent-elles universelles, quand je ne parviens pas à me sentir concernée par l'univers d'une série française ?
C'est ma piste de réflexion à l'heure actuelle, peut-être qu'en découvrant une façon de trouver ma place dans le monde de ces séries, je trouverai un moyen de les apprécier. Mais c'est un problème que je n'ai pas encore su résoudre et c'est peut-être une fausse piste, je n'en sais rien.

Francais

Avec le battage médiatique qui a eu lieu autour du retour d'Engrenages sur Canal+ (et à la faveur d'un achat impulsif de la première saison), j'ai décidé de tenter ma chance avec cette série dont on dit tant de bien. Et j'envisage ensuite de redonner sa chance au pilote d'Un village français (si cette série ne véhicule pas quelque chose à la fois de très français et d'universel, alors laquelle pourra ?). Ce sera mon premier revisionnage de série française.
On verra bien si ça prend.

Mais plus j'y pense, plus ça me chiffonne cette histoire. De tous les préjugés que j'avais, malgré tout, malgré absolument tout le reste, celui-ci demeure le plus difficile à totalement laisser de côté. Mais comment Diable se fait-il que j'aie tant de mal avec les séries françaises ?!

Posté par ladyteruki à 21:10 - Série de valeurs - Permalien [#]

21-06-12

[DL] Kaboul Kitchen

Il y a assez peu de génériques français dans ma collection, et moins encore sur ce blog ; on peut donc voir un symbole à l'apparition de celui-ci dans ces colonnes. Ce n'est pas tant, j'imagine, que les bons génériques français manquent, mais surtout que je n'en ai pas souvent vus ces dernières années ! Mes repères en la matière datent probablement des vendredis policiers de France 2... et encore.
Bon, il y a aussi le fait que les séries françaises, je les cagoule rarement, étant donné que elles-passent-à-la-télévision-et-non-mais-ça-va-bien-je-vais-pas-me-faire-chier-à-télécharger-des-merdes-françaises. Ah, je vous ai jamais cachés être une grosse raciste en puissance, hein. Du coup, j'ai bien le générique de Hénaut Président quelque part, il est sympa mais faut ripper le DVD ; tout ça, ça fait beaucoup de manoeuvres (et d'espace à libérer sur mon disque dur) pour pas grand'chose.
Alors du coup, voilà comme je me retrouve avec ce générique sous la mimine, rapport au fait que je fais des efforts moi Môssieu et que je tente de m'ouvrir à des séries françaises. Et donc : Kaboul Kitchen.

Il me faut maintenant vous dévoiler une nouvelle facette sombre de ma personnalité : j'ai tendance à penser que les génériques français sont au moins aussi lamentables que les séries elles-mêmes. De mémoire, le seul qui trouve grâce à mes yeux est celui de Maison Close, qui tourne parfois dans ma playlist de génériques. Les autres, je les occulte avec la plus grande joie.
Oui, je dis souvent que la fiction française sera ma prochaine aventure téléphagique, mais je commence vraiment de loin, comme vous le voyez.

KaboulKitchen
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

En l'occurrence, je suis bien obligée de reconnaître que je trouve le générique de Kaboul Kitchen un peu miteux sur les bords, et ne va pas spécialement tourner en boucle chez moi. Déjà parce que la chanson m'insupporte : elle est "antipathique", pour autant que ce soit possible pour une chanson. Ca vient de la diction du chanteur, probablement.
Mais le pire est probablement le peu d'efforts que fait ce thème musical pour s'accorder avec les images, ou le thème de la série, ou quoi que ce soit. On a l'impression que la musique n'a été choisie que pour ses deux derniers mots, et c'est d'autant plus navrant que Kaboul Kitchen parle quand même, en définitive, assez peu de cuisine française. Ca fait un peu : "oh, hey, les mecs, ça se passe dans un resto français, faut trop qu'on mette cette chanson ! C'est super ironique !". OK d'accord, je suis peut-être de mauvais poil, et mon avis est peut-être biaisé, mais mon Dieu, quelle chanson atroce.

Là où par contre ça va à peu près, c'est au niveau des images, mais leur traitement fait un peu trop "tourné à la va-vite" pour être réellement bon. Si cela fait partie du stock d'images tournés à Kaboul-même par la production (j'ai lu quelque part que ces images avaient été tournées vite fait et sans autorisation), passe encore, mais je vois pas ce qui empêchait de faire un produit fini un peu propre, avec des filtres ou bien une façon originale de les mettre en scène, de façon à éviter l'aspect documentaire qui ne fait pas honneur à la série, ni ne rend justice à son ton.

En gros, Kaboul Kitchen me rappelle exactement pourquoi je n'ai aucune foi dans les génériques français. Je sais, je sais, il n'a pas fallu grand'chose pour m'en convaincre. Mais admettez : il est pas génial, ce générique, quand même !

Posté par ladyteruki à 12:45 - Médicament générique - Permalien [#]

20-06-12

[GAME] Turn the music on

Il ne vous aura pas échappé que la fête de la Musique, comme chaque année, commence... eh bien, dans une minute, littéralement. Pour me mettre au diapason, j'ai donc décidé de ressortir de mes cartons un nouveau jeu des génériques, un jeu que je ne vous ai pas proposé encore en 2012, alors qu'il s'agit probablement de l'une des plus anciennes traditions de ce blog.
N'ayez crainte, cependant : notre partie de chasse islandaise est et reste disponible, au cas où, plutôt que des génériques, vous préfériez vous mettre en quête d'un pilote de série scandinave (il en faut pour tous les goûts).

Musique

Comme du coup, ça fait un petit bout de temps qu'on n'a pas joué à un jeu des génériques, laissez-moi procéder à un rappel bienvenu des règles du jeu, histoire de mettre tout le monde sur un pied d'égalité.

Dans ce post, je vais vous faire deviner 10 séries ; si vous trouvez le titre de l'une (ou plus) de ces séries, et que vous le suggérez en commentaires (sans oublier de préciser le numéro de la devinette), j'uploade le générique qui correspond.
Cependant, il est bon de noter que le générique des séries que je vous propose de reconnaitre n'a jamais été uploadé par le passé sur ce blog ; du coup, avant de répondre, une recherche intensive parmi les génériques déjà proposés dans ces colonnes peut vous permettre d'éliminer certaines possibilités (accessoirement, pour ceux dont le lien est mort, vous pouvez en profiter pour réclamer leur remise en ligne). Les séries concernées peuvent être d'absolument toutes les nationalités ; je ne préciserai donc pas le pays d'origine des séries concernées, mais me connaissant, attendez-vous à ce qu'elles ne viennent pas tous des USA...
En outre, vous pouvez proposer absolument autant de réponses que vous le voulez, et même vous aider entre vous, puisque c'est un jeu où les visiteurs du blog ne jouent pas les uns contre les autres, mais essayent au contraire de déverrouiller le plus de génériques possible.

Puisque je n'avais pas envie de nous imposer un thème trop particulier, mais que je voulais quand même réduire la fenêtre des possibilités pour ne pas vous rendre la tâche trop ardue, j'ai décidé que le point commun à toutes les séries du jeu des génériques ici présent serait qu'elles ont toutes été évoquées sur ce blog en mai ou en juin 2012. Pour vérifier ce genre de choses, vous pouvez donc soit lire l'équivalent de près de 2 mois de posts... soit utiliser les tags si vous avez une série spécifique en tête et que vous voulez vérifier si elle est éligible. Attention : cela ne veut pas dire que ce sont des séries auxquelles j'ai consacré tout une review ; parfois, elles ont pu être simplement citées en passant.
Mais en tous cas ça signifie qu'elles apparaissent impérativement dans les tags d'au moins un post publié au cours de ces deux derniers mois. Comme ça, même si la réponse ne vous apparait pas de façon évidente, un peu de recherche peut vous permettre d'avancer tout de même dans le jeu, j'ai pitié de vous !

Nous cherchons donc...
1 - Une série dont le héros est un peu dans la lune > Buzz Aldrin
2 - Une série qui a du chien > Hounds
3 - Une série où tout le monde s'entasse dans une maison > The Clinic
4 - Une série qui ne fait rien pour arranger la réputation des avocats > Réttur
5 - Une série dans laquelle la plage est une affaire très sérieuse > Preamar
6 - Une série où un anneau a énormément d'importance, mais ce n'est pas inspiré par Tolkien > Obroutchalnoie Kolcho
7 - Une série qui doit son nom à une coiffure > Bunheads
8 - Une série sur lesquels les fansubbers bulgares se sont rués > Muhtesem Yüzyil
9 - Une série qui se déroule dans un pays en guerre > Kaboul Kitchen
10 - Une série adolescente fantastique logée dans un internat > Het Huis Anubis

Attention, la réponse la plus évidente n'est pas toujours la bonne !
BONUS ! Si vous mettez moins de 24h à trouver ces 10 séries, j'ajoute un 11e générique juste pour vous faire plaisir, en guise de récompense ! A vous de voir si vous arrivez à découvrir les 10 réponses nécessaires pour le débloquer... > Coacherna

Prêts ? Feu... partez !!!

EDIT : bravo à tous, challenge remporté pour cette fois, mais je reviendrai avec 10 autres génériques bientôt pour vous remettre au défi !

Posté par ladyteruki à 23:59 - Games On - Permalien [#]

09-06-12

La bonne cuisine française

 

Laissez-moi essayer de faire le calcul. Voyons, c'était quand la dernière fois que j'ai regardé toute une saison d'une série française ? Je me rappelle vaguement de m'être fai une intégrale en 1952... après... Bah après, un gros blanc ; pas mal de pilotes mais sans plus... et évidemment cette année, il y a eu les deux premières saisons du Visiteur du Futur et l'intégrale de Hénaut Président. A part ça... à part ça, pas des masses, non.
Mais je fais des efforts ! J'essaye vraiment de vivre "ma prochaine grande aventure" avec la télévision française ! Je me suis même cogné une demi-saison de Workingirls, ça veut dire quelque chose, non ?

Là, ça m'a pris quelques jours, et parfois un peu de courage, mais j'ai été au bout de la première saison de Kaboul Kitchen.

KaboulKitchen

Avec les premiers épisodes, je l'avoue, j'ai eu un peu de mal. Principalement parce que j'ai été déçue : le sujet choisi par Kaboul Kitchen était bon, ainsi que le choix du format dramédie. Sauf que ce choix n'était pas trop assumé dans un premier temps, prenant un peu les choses à la rigolade et sans vraiment exploiter l'ambiguité du lieu. Le Kaboul Kitchen se présente avant tout comme un lieu de débauche où on peut tout prendre à la légère, où les locaux sont un peu faciles à manipuler, et où très franchement, seul un Français trouverait à râler dans de telles conditions. Il faut attendre une bonne moitié de saison, minimum, pour que le danger commence à être tangible. Or, ce n'est que dans la configuration d'un contexte angoissant que l'humour de Kaboul Kitchen peut réellement fonctionner, et sortir de la caricature.

Cette dernière est d'autant plus difficile à accepter qu'en-dehors du personnage (très) secondaire de Sayed, il n'existe pas vraiment d'Afghan qui se pose comme un protagoniste sérieux de l'histoire. Les autres sont soit complètement serviles et idiots (comme le petit Habib), soit des gros lourds qui ne pensent qu'avec les armes et l'argent (le général Amanullah, qui ironiquement sera le seul à pointer du doigt les a priori des Français : "Vous les Occidentaux, vous venez ici avec du folklore plein la tête ; vous vous dites que nous les Afghans, on est un peuple archaïque, fier, sanguinaire... et dés qu'il y a un problème, on sort le couteau dans la gorge, et deux balles dans la tête"... et qui sera l'exacte incarnation de cet archétype), ou bien simplement des personnes portées sur la religion mais dont les convictions sont toujours négociables (les gens du quartier, mais aussi le personnel du Kaboul Kitchen). Il y a donc quelques relents de colonialisme dans cette façon de mettre toujours les Blancs dans le rôle des gens finauds, et c'est un peu dérangeant ; même sous couvert de l'humour, il y a quand même des choses qui méritent de sortir du stéréotype.

Le bon côté, c'est que même si Jacky s'en met sans cesse plein les poches, son cynisme lui permet d'écorcher un peu l'Occidental convaincu d'être en pays conquis. C'est également le rôle de sa fille Sophie, qui débarque avec des idéaux plein la tête (et également la ferme intention de faire chier son paternel) et qui va découvrir le monde des ONG, c'est pas non plus la panacée. A Kaboul, tout le monde doit être prêt à faire de petits arrangements avec la vérité, à négocier pour vivre à peu près tranquille, et à accepter les concessions sur les grands principes.

La relation entre Jacky et Sophie met d'ailleurs du temps à prendre de la consistance ; ils passeront les premiers épisodes à se croiser uniquement pour croiser le fer vite fait, puis repartiront chacun de leur côté. Là encore, la première saison de Kaboul Kitchen met du temps avant d'exploiter correctement son tandem central. Elle parvient à le faire juste à temps pour ne pas totalement décrédibiliser son final, mais ça s'est vraiment joué de peu.
On a d'ailleurs l'impression que la série ne sait pas trop où elle va de son côté, et que finalement, lier les deux personnages l'un à l'autre aussi peu que possible l'arrange dans une certaine mesure. D'abord ils s'engueulent, ensuite font la trêve, pour que la mère de Sophie (et ex de Jacky) débarque tout d'un coup... on ne sait pas trop si c'est du lard ou du cochon, pardonnez-moi l'expression. Il manque peut-être quelques réelles scènes de tendresse, un peu de finesse en somme, dans ce monde de brutes. Mais l'émotion n'est pas le fort de Kaboul Kitchen, c'est net.

KaboulKitchen-Jacky

Il n'y a pas photo : le héros de Kaboul Kitchen, c'est Jacky, interprété par Gilbert Melki. Il incarne parfaitement l'expatrié français sûr de lui mais râleur quand même, peut-être même un peu par principe parfois. D'ailleurs, le jeu de Melki, c'est 90% de grognements, mais c'est à vrai dire ce qui donne aussi tout son sel au personnage. En dépit de l'omniprésence du personnage (et du charisme de l'acteur, difficile à ignorer), la série parvient progressivement à mettre en place un véritable ensemble, qui fonctionne plutôt bien, même si l'équilibre entre les personnages met un peu de temps à s'établir. Ainsi, le photographe Damien, qui au début semble n'être qu'un second rôle à vocation de comic relief, prend tardivement de la consistance, là où Axel ne prend jamais totalement l'essor qu'il aurait dû, de par sa place auprès des personnages de Jacky et de Sophie, mais aussi du général qui devient un véritable pilier de la série.

L'avant-dernier épisode est à mon avis le plus réussi. C'est celui qui tire le mieux parti du contexte de l'Afghanistan et qui, en même temps, propose de vraies scènes drôles, voire hilarantes, sans délaisser ses personnages. La fin de saison est en revanche un véritable chantage au renouvellement, avec quelques ficelles un peu grossières pour laisser le spectateur au bord de son siège.

La série a encore quelques défauts bien français, notamment dans les dialogues ou dans les crises d'hystérie ponctuelles, de véritables cancers pour la fiction frenchie pour lesquels, là non plus, on n'a pas trouvé de remède à l'heure actuelle. Il m'est encore difficile de regarder une série française comme une série tout court (et c'est un phénomène que je n'ai réussi à expérimenter qu'une seule fois avec un film français à ce jour), mais globalement, je me suis relativement amusée avec Kaboul Kitchen, dont la mission, offrir une véritable dramédie française avec un sujet culotté, se remplit donc tant bien que mal. Il m'a semblé clair que la série avait besoin de temps pour trouver la bonne tonalité, elle l'a pris, elle a parfois erré, mais j'ai bon espoir pour la saison 2 maintenant que ces expérimentations sont passées. Je serai au rendez-vous, et je pense même incorporer le DVD à mon planning d'acquisitions. De mon point de vue, ça en dit long...

Ce post étain programmé à l'avance, faites semblant de rien, on se retrouve demain pour un post de première fraîcheur.

Posté par ladyteruki à 23:30 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]