ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

21-01-13

Les années 90 ont appelé, elles veulent qu'on leur rende Banshee

En ce mois de janvier, pour le moment, l'Amérique ne nous a donné qu'assez peu de pilotes enthousiasmants. Attendez, je m'avance peut-être un peu, laissez-moi consulter les derniers posts mis en ligne... Legit, Second Generation Wayans ? Non, c'est bien ce que je disais.
Mais whisperintherain et moi-même n'allons pas nous laisser abattre (...pas vrai, whisper ?), et voici aujourd'hui une nouvelle review de pilote, vaillamment écrite en bravant le froid, la neige, et l'ennui.

Banshee

Comme dans les parages, on essaye de ne pas être sexiste, je ne vous dirai pas que Banshee est une série sévèrement burnée. Mais il ne fait nul doute qu'elle a été pensée comme ça, en tous cas. Le public de Cinemax n'étant apparemment pas d'une grande finesse, il fallait apparemment que quelqu'un, Alan Ball pour ne pas le citer, se dévoue pour leur traduire Justified ou même Longmire pour mal-comprenants.

Pas de méprise : Banshee n'est pas une odieuse merde. Au contraire, il y a deux-trois relatives bonnes idées, tout bien considéré. Mais clairement, l'innovation n'était pas dans son cahier des charges. Par contre, les charges de C4, si.

Tout commence avec la sortie de prison d'un mec qui ressemble à s'y méprendre à l'enfant illégitime de Chris Pine et Scott Speedman. Visiblement avare de ses mots, il fonce ni une ni deux dans le salon d'un... est-il supposé être un ami ? Est-il supposé être travesti ? Est-il supposé avoir du goût ? Ce n'est pas clair. Notre homme n'a en tous cas qu'une idée en tête : trouver une adresse, qu'apparemment l'autre essaye de lui cacher. Et bien que notre ami travesti de bon goût (ou pas, d'ailleurs, vu qu'il s'appelle Joe) tente de l'en décourager, c'est sans effet sur notre héros qui décide donc de prendre la route et rejoindre ladite adresse, qui, apprend-on, est celle d'une femme. Mais à peine se met-il en chemin qu'il est suivi par deux hommes étranges qui tentent de l'en décourager à leur tour, sauf que eux, c'est en lui tirant dessus. S'en suit une course-poursuite au centre-ville avec explosion de bus et tout le tralala. Heureusement, notre héros en réchappe et taille donc la route.
L'air de rien ça doit bien faire 10 minutes qu'on regarde Banshee, et on ne sait rien du personnage principal, surtout qu'il n'a ouvert la bouche que deux fois (le reste du temps, son visage est plus qu'impassible, et il s'exprime en martyrisant du matériel informatique ou en volant une moto). Si quelqu'un a dit son nom à voix haute, je ne l'ai pas entendu. Et surtout, on n'a pas la moindre idée sur la personne qu'il veut trouver, ni pourquoi, ni du coup pourquoi on veut l'en empêcher, ni même pour quoi il vient de faire de la prison.

Inutile de préciser qu'à ce stade, on comprend qu'on est là pour les explosions et les yeux fixes de Chris Speedman, et ça s'arrête là. Autant se faire une raison.

FAUX ! C'est quand Scott Pine arrive dans le bled paumé de Banshee en Pennsylvanie, en plein pays Amish, que les choses commencent à devenir intéressantes. Et pas que parce qu'on est en pays Amish (mais ça joue).
Après avoir tenté de retrouver la femme qu'il cherchait avec tant d'énergie au début du pilote, dont on comprend qu'il l'a aimée et qu'accessoirement il lui a laissé une petite fortune en diamants qu'ils ont volés ensemble (ah, c'est bien, ça répond à une question du pilote, déjà), sauf qu'elle ne les a pas et que, oh oui, il y a un détail aussi, elle s'est mariée pendant qu'il était en prison et a eu deux enfants.
Retour à la case départ, donc, pour notre ténébreux héros apathique, qui va donc noyer sa déception dans un bon whisky, comme un vrai homme. Mince, c'est vrai, on avait dit pas de sexisme. C'est dans le bar pouilleux du coin qu'il va rencontrer un vieux Afro-Américain, dont l'interprète ne doit son emploi qu'au fait que Morgan Freeman n'était pas tellement dans la bonne fourchette de prix de Cinemax.
C'est donc là que les choses se précisent car deux vilains méchants font irruption dans le troquet pour en racketter le patron, au nez et à la barbe de Scott Pineman et d'un autre client présent sur les lieux, le futur shérif de Banshee (mais il commence seulement lundi). S'en suit une nouvelle scène de baston où Chris Speedine se comporte en héros (même s'il le fait sans cligner une seule fois des yeux, parce qu'on lui a dit qu'il les avait beaux comme des pectoraux), et du coup, voilà notre brave type en train d'enterrer secrètement le cadavre du futur shérif... quand le téléphone du défunt sonne : c'est juste pour vérifier si tout va bien et s'il est prêt à prendre son poste ! Toujours sans ciller (c'était visiblement dans son contrat), notre ancien détenu va donc accepter d'endosser le rôle du shérif, prenant l'identité de Lucas Hood. OH MON DIEU CA Y EST IL A UN NOM ! Bon c'est pas le sien, mais ça aide quand même pour les reviews.

Grâce à ce léger mouvement de scénario qui prend un peu par surprise ceux qui piquaient du nez en pensant qu'il n'y aurait que des scènes d'action, Banshee sauve légèrement la face. Lucas Hood va donc devoir se faire passer pour un homme de loi, évidemment il prend ses fonctions dans la ville où vit son ex et les enfants que soi-disant elle a eu bien après qu'il ait été en prison (mais bien-sûr !) et où elle vit avec son mari, tout en mettant à profit ses compétences et connexions avec un monde pas très recommandable (dont Joe le tranvesti, qui a un collier qui envoie du bois, je vous laisse découvrir ça, mais qui surtout est capable de lui faire toutes sortes de faux-papiers pour qu'il devienne officiellement le vrai Lucas Hood). Tout cela en gardant à l'oeil le Tony Soprano local, un homme détestable qui s'appelle Proctor et qui tient en respect toute la ville de Banshee avec quelques hommes de main peu recommandables, tout en étant le plus affable possible avec chacun. La seule personne qui à ce stade connait le secret de Lucas Hood est ce bon vieux succédané de Morgan Freeman, qui ne va pas le trahir parce qu'il a aussi fait de la prison avant et qu'il comprend. Et par-dessus le marché, il est cherché par la mafia bulgare.
Si avec tout ça, Banshee vire au bête procedural, franchement, je plaque tout et je pars faire du fromage de chèvre dans le Larzac...! Forcément le Larzac.

Bon, clairement, Banshee n'a pas inventé l'eau chaude. J'aurais presque envie de dire qu'elle ressemble bigrement à une série des années 90, genre Le Rebelle, ce que tendent à confirmer les scènes de baston, l'épaisseur du personnage principal, et les choix esthétiques de Joe. Mais grâce à l'emprunt d'une fausse identité par son héros, les questions autour de son ex (qui, ah oui je vous ai pas dit, est mariée au procureur du coin ; joie) et potentiellement de sa marmaille, et les rapports avec Proctor, Banshee promet un peu plus qu'un format répétitif qui pue du script.

Pour être sincère, dans ce cocktail, finalement c'est Lucas Hood qui se retrouve être le plus ennuyeux de tout l'épisode ; il est creux, ne semble pas avoir de background si ce n'est qu'il sort de prison, n'exprime aucune forme d'émotion (c'est son ex, pourtant mariée et heureuse en ménage, qui pense encore à leurs étreintes passées ; ah oui parce qu'évidemment il y a quand même une scène vaguement sexy, il faut justifier d'être sur le câble), et si encore il avait de l'humour, ça passerait, mais comme "Lucas Hood" doit avoir prononcé un grand maximum de 200 mots dans tout le pilote, ça semble difficile à apprécier pour le moment. Je comprends bien que pour le viril public de Cinemax, il est supposé représenter le point d'entrée, le héros universel auquel on peut s'identifier (on est humble comme ça quand on regarde Cinemax !), et donc moins il a de caractéristiques trop particulières, mieux c'est. Mais même un personnage universel et passe-partout peut avoir, vous savez, ce petit truc qui s'appelle de la personnalité. Bon déjà il a des yeux clairs et de beaux pectoraux poilus, on peut pas tout avoir dans la vie.

Mais pour ceux de ma génération qui ont grandi devant les séries d'action pas trop compliquées qui envahissaient les écrans à une époque (et le public de Cinemax est pile dans la bonne tranche d'âge), nul doute que Banshee remplit parfaitement sa mission d'être pas trop prise de tête, pas trop intelligente, pas trop raffinée. Qu'importe le grain, pourvu qu'on ait l'ivresse ! Il s'agit avant tout de passer une heure à gratter les co-... pardon, se gratter les attributs génitaux de votre choix, en regardant un truc qui bouge, qui fait du bruit, et avec un petit téton qui frétille ici et là éventuellement.

Cependant, de vous à moi, et cette dernière phrase est à prendre sur le ton de la confession, avec toute l'indulgence que ça implique... je commence un peu à me demander si Alan Ball n'a pas sous-traité l'écriture de Six Feet Under.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 19:41 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-06-12

Difficile à justifier

On aurait pu espérer que du Kentucky au Wyoming, il n'y aurait pas loin (au moins téléphagiquement parlant).
Eh bien non, Longmire n'est pas un nouveau Justified. Loin de là. Les comparaisons sont difficiles à éviter, et pourtant elles se font systématiquement au détriment de la nouveauté d'A&E, qui peine à s'installer dans un paysage audiovisuel auquel elle n'a rien à apporter.

Ce n'est pas que le pilote soit mauvais. C'est simplement qu'il n'est pas bon ; et on ne peut pas se permettre de ne pas être bon quand la concurrence a déjà réussi à faire cent fois mieux.

Longmire-Pilote

Le plus gros tort de la série vient de son format (forcément) policier. Or l'enquête de ce premier épisode n'est pas très originale, voire même franchement stérile, à un tel point qu'on ne voit pas trop comment cet angle de la série pourrait s'arranger avec le temps. Les éléments de l'enquête sont, à dessein, disséminés avec une lenteur insoutenable, pour éviter que la résolution ne se fasse trop vite, et ainsi légitimer la durée de l'épisode, au lieu de l'exploiter.
Alors soit, Longmire ne veut pas jouer sur une dominante policière, c'est tout-à-fait respectable et ce n'est pas moi qui la blâmerai. Mais qu'en est-il du reste ?

C'est là que se logent les bons points de ce pilote. Grâce à cette affaire dépourvue de tout intérêt précédemment évoquée, Longmire parvient tout de même à donner la substance de son contexte, et en tirer quelques qualités qui lui évitent le ravin.

Ainsi, le personnage de Walt Longmire, s'il est assez classique dans son comportement de cow boy solitaire qui estime que les actions sont plus parlantes que les mots, possède une blessure qui le rend, à défaut de sympathique, au moins intéressant, à plus forte raison lorsque cette blessure s'exprime dans des moments inappropriés.
La mort sur laquelle il travaille permet également d'apprendre à connaître les forces en puissance, avec la réserve indienne d'un côté, et l'ennemi intérieur que représente Connally, l'un des membres de sa propre équipe. De la même façon, son amitié avec l'Indien Henry Standing Bear est l'occasion de quelques interactions qui ne sont pas dénuées d'intérêt.

Le problème est tout justement là, dans le fait que rien ne vous tirera de rire narquois en vous disant que vous êtes tombés sur une grosse bouse ; mais comment prendre au sérieux Longmire quand tant de choses semblent n'être que le recyclage d'ingrédients qu'on connaît si bien ? La série n'a aucune forme d'originalité à apporter aux thèmes cent fois vus et revus, et qui justement ont trouvé une nouvelle jeunesse avec Justified.
Les dialogues pas trop mauvais, la réalisation pas trop mauvaise, le cast pas trop mauvais, tout ça ne donne pas très envie de poursuivre, et pourtant bien malin celui qui trouvera un reproche concret à formuler à la série.

Le seul espoir de Longmire est probablement d'emprunter une route aussi feuilletonnante que possible, étant donné les éléments installés dans cet épisode inaugural.
Mais à ce stade, difficile de déterminer à ce stade si la série penchera plutôt du côté procédural, ou tirera partie des pistes lancées pour en faire le coeur de son intrigue. Ou pire, si elle décidera de s'en servir comme d'un pseudo-fil rouge, comme il est si tentant de le faire pour beaucoup de séries, à plus forte raison si elles sont diffusées pendant la période estivale, réputée (à tort ou à raison) d'une exigence inférieure.

Longmire n'entrera pas dans les annales, c'est sûr, mais il ne tient qu'à elle d'éviter de faire mourir son public d'ennui en accentuant son côté dramatique. Pari lancé, je tenterai au moins le deuxième épisode avant de déterminer quel sort lui réserver. Mais au-delà, si elle poursuit sur cette lancée sans corriger le tir, continuer à regarder la série va devenir difficile à expliquer.

Posté par ladyteruki à 00:30 - Review vers le futur - Permalien [#]

25-04-10

Monkey off my back

On le sait tous, la téléphagie, ça ne se commande pas. On fait des projets, des plans, des plannings, tout ce qu'on veut, et au final c'est toujours le cœur qui décide. Un exemple comme un autre : je voulais rattraper mon retard sur Justified cette semaine. Au lieu de ça, je suis tombée sur le pilote de Lucky Louie et j'ai dévoré toute la saison (qui, je vous l'accorde, ne dure que 12 épisodes) en trois jours. Du coup, Justified, ce sera pour une autre fois. C'est pas grave, c'est pas perdu.

Autre exemple : j'avais voulu cagouler Breaking Bad parce que tout le monde parlait de la 3e saison quand je n'avais pas dépassé le stade du pilote. C'était du cagoulage à titre préventif parce que je savais que je n'aurais pas le temps dans l'immédiat, ayant une charrette au boulot. Mais quand une personne de mon entourage m'a annoncé avoir un cancer, finalement, je m'y suis mise en parallèle de mon surcroît de travail (selon l'adage téléphagique qui dit "qui a besoin de dormir quand il y a un épisode à dévorer ?"), et me voilà, deux semaines plus tard tout juste, arrivée à la fin de la première saison (là aussi bien aidée par le fait qu'elle ne dure que 7 épisodes, soyons sincères), et finalement là encore, je n'ai pas vraiment choisi la façon dont ça s'est passé.

BreakingBetter

Donc nous y voilà. Une saison de Breaking Bad. Je vais être sincère avec vous, j'ai parfois douté arriver jusqu'au bout. Parfois, je ne vous cache pas non plus que c'était excellent. Mais il y a eu des instants de découragement, disons-le clairement.

Parce que cette histoire de drogue, vraiment, ça m'agace. Dans mon esprit c'est vraiment de la lâcheté pour éviter de parler vraiment de ce qui tracasse Walter. On insinue des choses, on montre quelques réactions qui font penser au spectateur "ah, là, son cancer, il le vit comme ça...", mais globalement on n'entre pas assez dans le sujet à mon goût. D'un autre côté, j'ai des raisons un peu particulières de regarder la série et j'en suis consciente. Mais enfin, quand on a des scénaristes de talent, des acteurs incroyables et tout ce qu'il faut dans son sujet pour explorer un sujet difficile, je trouve dommage qu'on se cache régulièrement derrière des intrigues... lâches, je ne trouve pas d'autre mot.

Je ne dis pas que j'ai forcément trouvé mon compte dans les scènes médicalement consacrées au cancer, une chimio ici, un rendez-vous avec l'oncologue là, non, c'est pas ça qui me manque. Ces instants-là me semblent de toutes façons impossibles à transformer en morceaux de génie, trop de fictions mielleuses sont passées avant dans ces poncifs des cheveux qui tombent, de la perf qui n'en finit pas, des rayons et de tout le bazar.
Mais ce qui me manque encore beaucoup, c'est de voir Walter face à son cancer.

Il me semble le fuir, en fait. Au début je pensais que c'était un cerveau rationnel, cet homme. C'est un scientifique après tout. Et que du coup, il rationalisait le temps qui lui restait à vivre et que c'était la cause de son comportement. Mais en fait, non. Cet homme-là, il voudrait faire comme si le cancer n'existait pas. Il n'a que ça en tête pourtant, mais il voudrait juste faire comme si son cancer était quelque chose d'abstrait, juste une date dans le calendrier. Il est tout entier tourné vers sa lubie financière parce qu'il ne veut pas, il refuse, il rejette de tout son être la question du cancer. Ce cancer qui le change physiquement et psychologiquement, il voudrait faire comme s'il ne l'atteignait pas, comme s'il était plus fort que lui.
Combien de temps ça peut marcher, ce plan-là, Walter ? Combien de temps tu vas trouver dans le compte à rebours la force de franchir les limites ? C'est bien ce que tu retires de cette expérience, la liberté que tu t'inventes grâce à cet évènement de ta vie qui a fait tomber les barrières, mais ça ne peut pas être comme ça éternellement.
C'est ça qui me déçoit. Je voudrais savoir ce qui se passe dans la tête de Walter, mais lui-même refuse d'y penser, alors il m'en refuse l'accès. Ça me frustre beaucoup.

Restent deux autres angles qui sont plus élaborés par cette première saison et dont on ne doute pas qu'il vont s'épanouir ensuite, et ce sont les axes de la série qui, si on peut le formuler ainsi, me consolent de ma privation.

D'abord, il y a le thème derrière le pitch lui-même. La morale et la loi. Comment elles s'ajustent à ce que nous vivons. La fin justifie les moyens, ou du moins c'est la thèse de Walter (explicitement contredite par Hank dans l'épisode du baby shower, mais en-dehors de ça guère discutée pour le moment). Quand on n'a plus rien à perdre, ou du moins, quand on croit qu'on n'a plus rien à perdre, que signifie encore la morale ? Quelles sont les limites de la loi qui cessent de s'appliquer à celui que plus rien ne retient, qui a passé un cap ?
On sent la bascule progressive que fait Walter. La façon dont il semble s'embarquer dans cette histoire de drogue sur un coup de tête, réalisant ensuite ce que cela va lui coûter moralement quand il faut tuer un homme. Et quand arrive le moment d'affronter l'homme le plus dangereux qu'il ait rencontré jusqu'à présent, plus rien ne le retient. Il ressent encore la peur, l'inquiétude et la compassion, mais quelque chose a définitivement lâché, comme si un lien qui le reliait à l'humanité était rompu, et qu'on l'avait regardé s'élimer progressivement. C'est un axe fascinant.

Que se passerait-il si... ça arrive... si son cancer entrait dans une phase de rémission ? Un cancer, ça évolue. Parfois on parvient à le bloquer ne serait-ce que temporairement. Certains parlent de rémission totale (personnellement je constate qu'en cas de rémission soi-disant totale, les médecins insistent pour faire des contrôles de routine réguliers, et d'ailleurs les 5 premières années suivant la rémission, c'est pour ainsi dire obligatoire). Walter pourrait-il retisser ce lien avec la partie de l'humanité qui vit dans le droit chemin ? Sans parler de redevenir cet homme soumis et faible qu'il était avant son cancer, pourrait-il faire une croix sur toutes les libertés qu'il prend avec la morale et la loi ?
Ça pose sincèrement question.

Et puis, l'autre axe, c'est ce tandem entre le vieux en fin de course, et le jeune qui a du mal à s'engager sur le chemin de la vie. Jesse est encore un enfant dans sa tête (et j'ai à ce titre beaucoup aimé l'épisode dans lequel, par réflexe, il retourne chez ses parents, dormir dans son lit comme un bébé et mettre la table sagement). Évidemment, l'ascendant de Walter sur Jesse est flagrant dans le domaine du business : bien que Walter ait tout à apprendre du trafic de drogue, il passe son temps à diriger la façon dont le tandem va mener ses affaires. Cet ascendant prend parfois, indirectement, des airs initiatiques. Sans chercher à remettre Jesse dans le droit chemin (ce serait un comble), Walter prend parfois le visage d'une figure paternelle tentant de ramener le petit à une certaine version de la raison. On n'en fera probablement jamais un type normal, de ce Jesse, mais une fois de temps en temps, il lui faut quelqu'un pour l'obliger à grandir un peu. J'aime cette dynamique qui s'installe progressivement entre les deux, et qui reste réaliste dans ce que Walter peut apporter humainement à Jesse.

Oui, après 7 épisodes, il y a beaucoup de choses que j'ai appris à apprécier dans Breaking Bad. Mais il y en a encore sur lesquelles je suis insatisfaite. Zut de zut, peut-être qu'il me faudra encore 13 épisodes de plus pour crier moi aussi au génie. Bon bah, j'me dévoue, hein...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Breaking Bad de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:49 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

19-04-10

[GAME] tvHarmony

Si comme moi, vous adorez les génériques, au point de les cagouler régulièrement (comme, par exemple, disons, eh bien, au pif... sur ce blog même) et/ou d'en découper dans les épisodes des nouvelles séries que vous regardez... eh bien peut-être aussi que, comme moi, vous aimez à vous en faire une petite playlist, l'air de rien.
Moi, je fais ça avec les videos, parce que j'aime bien en avoir autant pour les yeux que pour les oreilles ; mais c'est votre droit le plus strict de vous contenter des versions audio pour le faire.

Mais avec le post d'hier sur le générique de Justified, j'ai repensé à ces playlists. Celui de Justified, pour reprendre l'exemple, est parfait dans une playlist où on trouverait aussi True Blood (je l'ai mentionné hier) mais aussi Sons of Anarchy. Peut-être éventuellement K-Ville. Je regrette beaucoup de n'avoir pas le générique de la série Les deux font la loi en video, déjà parce que c'est un des génériques que j'aime le plus au monde depuis toute petite, et ensuite parce qu'il irait très bien avec aussi.

Alors je vais vous proposer un petit jeu de génériques qui change du pain quotidien (qui n'est pas si quotidien, c'est vrai que j'ai un peu délaissé les jeux ces derniers temps).

Je vous propose des génériques (qui, de façon très pratique, sont déjà disponibles sur ce blog, pour le bonheur ET de vos yeux, ET de vos oreilles), à vous de me dire avec quels autres génériques ils iraient bien dans une playlist téléphagique. Une sorte d'agence matrimoniale pour génériques, si vous voulez.
Et pour ce qui concerne les âmes sœurs des génériques que vous allez suggérer, vous pouvez vraiment proposer de tout, aussi bien des génériques présents dans le flacon que d'autres qui n'y seraient pas [encore]. L'idée c'est d'essayer de constituer des mini-playlists de génériques qui iraient bien ensemble, à votre avis, principalement sur un plan musical, ou éventuellement au sens plus large de l'ambiance générale qui s'en dégage.

Voilà donc les génériques solitaires qui attendent que vous leur trouviez d'autres génériques de leur espèce. A votre bon cœur...

Generiques_BOSS_250   BOSS
Tendance : un générique énergique, un peu rock, avec une voix féminine qui ne s'embarrasse pas forcément de lyrics...
Si la version longue vous intéresse, vous pouvez regarder par là, ya une cagoule qui traine au milieu des bugs.
Generiques_GirlmoreGirls_250   Gilmore Girls
Tendance : ambiance douce et tendre, duo de voix féminines, lyrics bon enfant...
Generiques_SixFeetUnder_250   Six Feet Under
Tendance : ambiance morbide (forcément) mais pas dénuée de rythme, titre entièrement instrumental...

Allez, à vous de leur trouver quelques compagnons dans une playlist de génériques ! Vous pouvez aussi compléter celle que j'ai mentionnée plus haut sur Justified.

Les génériques que vous mentionnerez, et qui n'apparaissent pas dans le flacon actuellement peuvent ou peuvent ne pas y apparaitre, suite à votre participation à ce jeu. Qui peut vraiment dire ?

Posté par ladyteruki à 13:26 - Games On - Permalien [#]

18-04-10

[DL] Justified

Et alors ? A quel moment j'ai dit que jamais plus je ne regarderais la série ? Vous pouvez me citer le passage où j'ai dit que jamais plus jamais...? Non. Voilà, CQFD. C'est pas parce que je suis chiante face au pilote que ça veut dire que je vais pas donner sa chance à la série, c'est simplement qu'on part sur de mauvaises bases, voilà tout. Non, je continue Justified, c'est pas encore plié cette affaire. Je compte bien rattraper mon retard cette semaine.

Justified
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et en fait, je fais bien, parce que voilà un générique qui a de quoi me ravir et à côté duquel j'aurais pu passer. Ça me fait d'ailleurs penser à une version de True Blood qui n'aurait aucun rapport avec les vampires... double bon point, donc. C'est rien que du bonheur.
D'ailleurs tout ça me rappelle un autre post que je voulais faire il y a quelques temps et que j'ai laissé en jachère... tiens, bougez pas, du coup ; on en reparle demain.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Justified de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:14 - Médicament générique - Permalien [#]

20-03-10

Justify my letdown

Justifications_0

Aaaaaaah, ok ! J'y suis ! Non mais, en fait, il y a eu incompréhension. Moi, bêtement, je pensais que les critiques extatiques sur Justified étaient... justifiées. C'est là qu'il y a eu malentendu ! Mais ok, c'est bon, je comprends mieux. En fait, tout le monde dit du bien de Justified parce qu'on n'a pas beaucoup mieux à se mettre sous la dent.

Non parce que, soyons-clairs. Quand je lis des choses comme :

Justifications_1

Subtil, Justified ? Oui, évidemment, si on a regardé NCIS: LA juste avant, je suppose qu'on peut parler de subtilité sans trop se risquer. Mais si une telle subtilité existe, ce n'est pas dans le scénario.

Justifications_2

Quand j'ai lu ce post, j'ai cru pour de vrai qu'il y avait une étude sociologique dans Justified ! Les trucs qu'on serait prêts à croire en cette morne saison, quand même.

Parce que si je veux bien reconnaître que dans le genre sévèrement burné, Justified fait partie des séries qui ne nous prennent pas pour des bœufs avides d'action décérébrée, en revanche, crier au génie est très largement exagéré.

Le "western moderne" dont je lis tant de bien depuis quelques jours (permettez-moi de pouffer), il est avant tout stylistique. Si on est effectivement loin de l'univers d'un Deadwood, comme le souligne Adam, on en est pas moins dans un exercice entièrement tourné autour du cosmétique : accents, vêtements, musique... tout est pensé pour indiquer clairement qu'on est dans le Sud, le vrai, celui qui n'a pas encore bien percuté sur cette histoire d'États-Unis d'Amérique, et reste bloqué dans sa vision pré-Sécession du monde. L'univers est merveilleusement troussé, il n'y a pas à dire. Mais ça reste totalement superficiel. Plaqué. Le scénario reste celui du petit gars qui revient contre son gré au pays, et cette histoire-là, on nous l'a faite dix, quinze, cent fois.

Et si le portrait de cette Amérique profonde est bien dépeint, il est triste de constater qu'il ne porte aucun propos, aucun thème. Techniquement, je le redis, il n'y a rien à redire, mais il n'y a rien non plus à en dire. Au contraire, les thèmes sont abordés avec négligence ; tenez, c'est bien beau des supremacists, mais encore faut-il les doter d'un peu plus que de beaux tatouages et de mines patibulaires. Je ne dis pas qu'une mise au pilori était nécessaire, il était possible de ne pas dire juste bêtement que les extrémistes c'est des méchants, et une apologie inconditionnelle semble trop politiquement incorrecte pour être espérée ;  Justified pouvait très bien se refuser à les traiter en méchants absolus ou en chevaliers incompris, et apporter de la nuance. Pourvu d'en dire quelque chose, au moins. Ne pas avoir l'air de s'en servir comme d'un vulgaire artifice pour faire couleur locale. C'est tout ce que je demandais.

Le problème derrière Justified, c'est qu'on sent qu'il y a quelqu'un qui aime beaucoup ses personnages et son ambiance, mais que le scénario remplit le strict minimum de ses offices. Le personnage principal Raylan est aux petits oignons, on sent que c'est écrit pour le présenter sous toutes les coutures, appuyé par la prestation effectivement charismatique de ce bon Olyphant. Quant à Boyd et Ava, bien que bénéficiant de moins de temps d'antenne, ils ont tout le temps nécessaire pour se rendre à la fois attachants et un peu rebutants, et pour nous donner envie de les voir interagir le plus possible avec Raylan.
Mais le reste ? Le reste est creux. Passé le retour à la terre natale (qui est réglé, grosso-modo, dans le premier quart d'heure), il n'y a pour ainsi dire pas d'histoire. Juste une confrontation entre deux vieux potes qui sont désormais chacun d'un côté de la barrière. C'est intéressant mais insuffisant.

Pour crier au génie, il faudrait, quand même, un peu, je trouve que c'est un minimum, une histoire. Sans quoi, Justified n'est que poudre (à canon) aux yeux.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Justified de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:03 - Review vers le futur - Permalien [#]


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