ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

11-07-12

Paradise n'est pas un anagramme de Tardis

Bunheads-Time
En un mois de diffusion, j'ai découvert le premier truc qui me fait enrager chez Bunheads.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce qui me court sur le haricot, ce n'est pas le sort réservé à Hubbell, ce n'est pas la présence d'adolescentes, ce ne sont pas les scènes de danse (des points soulevés par plusieurs critiques à propos de la série d'ABC Family) ; il ne s'agit pas non plus des régulières séquences pendant lesquelles Fanny se livre à de grandes tirades d'aggressivité passive, parfois un peu longuettes, ni de l'énergie que la série dépense à essayer de nous montrer tous ses personnages comme un peu toqués, généralement juste pour le plaisir de dire qu'ils sont toqués. Certains de ces ingrédients peuvent taper sur les nerfs à d'autres, moi, ils m'amusent, même quand j'ai bien conscience qu'il se répètent un peu souvent.
On est quand même là pour ça !
Quant à la disparition de Talia ou la présence très, très sporadique de certains seconds rôles, je m'en accommode, même si je l'ai regrettée sur le moment.
Alors, vu que tout semble aller bien dans le meilleur des mondes, quel est le problème ?

C'est son rapport au temps.
C'est idiot, hein, mais ça m'agace.

Si vous le voulez bien, récapitulons.

Mardi

Dans le pilote, Talia s'exclame, face à Michelle qui refuse d'aller boire avec elle : "Why ? It's Tuesday, we always get drunk on Tuesday". Charmant emploi du temps au passage.
On peut donc en conclure que la série commence un mardi soir. L'audition pour Chicago est donc le mercredi matin à 10h, le dîner avec Hubbell mercredi soir, le mariage dans la foulée quelque part pendant la nuit, et l'arrivée à Paradise au cours de la journée de jeudi. Fort bien. Jusque là tout va bien. Enfin, non, étant donné le cliffhanger, mais vous me comprenez.
En complément, Fanny rappelle que les Geoffray auditions auront lieu la semaine prochaine. Notez-le, c'est important.

Vendredi

L'épisode suivant reprend alors que Michelle et Fanny rentrent le soir-même, abattues, et que Michelle passe une nuit blanche à errer l'âme en peine. On obtient la confirmation que l'enchaînement est pour le moment cohérent, quand Michelle visite le surf bar : elle dit être arrivée la veille, ce à quoi Rico répond "Moved to a new town on a Thursday... ballsy !". On est donc toujours d'accord. Le spectacle de danse impromptu pour soutenir Fanny a donc lieu le vendredi soir. C'est là que le copain Jerry fait son annonce fracassante...

Samedi

Le troisième épisode reprend donc alors que Fanny et Michelle sont assises face à Jerry, abasourdies par la nouvelle ; Jerry propose de réexpliquer le lendemain parce qu'elles sont encore sous l'effet du choc de sa révélation, ce qu'elles refusent. Ledit lendemain, Michelle rencontre d'ailleurs la mère de Ginny qui lui rappelle avoir été là, la veille, pendant la fête organisée dans la salle de danse : "We met last night, but I'm sure it's a big blur for you". Nous sommes donc bel et bien samedi.

Problème

Et là, patatras. L'épisode commence, il est vrai, et pour la première fois, sans faire de lien avec le précédent. Il n'existe aucune preuve qu'on est donc dimanche. Fanny est en train d'organiser la fameuse audition pour les stages d'été, mais ça ne veut pas dire grand'chose. A la suite de quoi Boo explique que "the Geoffrey auditions are in ONE. WEEK." ce qui, si l'épisode se déroule dimanche, est encore plausible.
Mais quand vient le moment pour Michelle de se présenter aux deux patrons du magasin de bricolage, elle déclaire : "I'm new in town, I moved here about a month ago". What the...?! D'où ça fait un mois ?

Instinctivement, j'aurais envie de mettre ça sur le compte d'une erreur de réécriture : on repasse sur le scénario pour la dixième fois, on corrige une phrase (surtout dans les copieux monologues de Michelle, débités au rythme que l'on sait), et, par réflexe, on calcule : 4 épisodes = 4 semaines, allez hop ça fait un mois. Il est de notoriété publique que plus on relit quelque chose, moins on y repère les erreurs, après tout.

Il n'empêche. Même en ayant conscience que dans tous les scénarios, les erreurs de continuité et les fautes d'inattention peuvent se produire, même en trouvant une explication rationnelle à cette déclaration, la gaffe me reste en travers de la gorge.

Tout simplement parce que nous sommes formatés, depuis des années, pour adhérer pleinement au concept 1 épisode = 1 semaine.
Dans la chronologie des évènements d'une série, c'est devenu implicite, puis simplement naturel. Parfois, un personnage l'exprime clairement (ça s'est encore produit dans Suits la semaine dernière ; d'ailleurs, petite parenthèse surprise et ulcérée : c'est moi ou c'était le pire épisode de toute la série, sur le plan du jeu des acteurs ?!), mais ça semble alors lourd et superflu tant la notion est intégrée par le spectateur.
Elle reflète, après tout, son propre rythme de vie.

Il faut donc qu'un scénario se donne énormément de mal pour instaurer une chronologie différente.
Généralement, les séries n'essayent pas de le faire sur le long terme, d'ailleurs, et réservent ça à des épisodes constituant un arc, ou à des périodes spéciales, genre les sweeps ou les épisodes doubles (voire triples ?) de fin de saison. Histoire de perturber le spectateur seulement à dessein, et ensuite on revient à un rythme plus normal.
Certaines séries décident tout simplement d'ignorer la question et ne fournissent aucun marqueur de temps : c'est plus simple à l'écriture (ça évite justement les bévues comme celles qu'on vient de relever), et ça évite d'encombrer le spectateur avec des détails inutiles qui ne jouent aucun rôle dans le développement de l'histoire ou des personnages. Et puis, à l'ère du procedural roi, vous imaginez bien que c'est contreproductif d'insister pour encadrer la chronologie des épisodes alors qu'ils fonctionnent en circuit fermé la majeure partie du temps.
Bunheads, tout justement, avait pris énormément de peine pour toujours reprendre quelques minutes, au pire quelques heures, après la fin de l'épisode précédent. L'idée était de souligner les réactions des deux héroïnes, Michelle et Fanny, aux évènements extrêmes qui leur tombaient sur le coin du nez, quelque chose qu'on ne rend pas de la même façon avec une ellipse obligatoire d'une semaine entre deux épisodes.

C'était à vrai dire perturbant, en fait, comme choix. Pas la mise en images finale, mais le choix lui-même. On n'en a pas/plus l'habitude.
Une série qui fait ça imprime un rythme anti-naturel à sa chronologie, au spectateur. Ce dernier doit faire l'effort de se dire que, si dans sa vie, il s'est déroulé une semaine, ah, oui, c'est vrai, dans ce nouvel épisode, quelques heures seulement ont passé. Pour une série fantastique ou avec une mythologie lourde, je ne doute pas que l'adaptation soit facile ; pour une série telle que Bunheads, le choix est curieux (même s'il s'explique par la volonté de dépeindre la situation avec minutie plutôt que de s'en servir comme d'un prétexte). Clairement, le public-cible de Bunheads n'est pas là pour se prendre la tête sur des questions de calendrier.
Et en ce qui me concerne, j'avoue que les débuts d'épisodes de Bunheads, s'ils étaient très clairs sur la chronologie des évènements, et mettaient les choses au point rapidement, avaient tendance à me raidir un tout petit peu, plus par réflexe conditionné qu'autre chose.

Alors voir qu'après tous ces efforts, soudain, le scénario me lâchait brutalement que, vlan, allez, mange ça, un mois s'est écoulé, sur le coup, ça m'a vraiment énervée.

Le problème est, de surcroît, que ce quatrième épisode, outre le fait qu'il n'explicite pas la transition clairement avec le précédent, marque aussi un tournant dans la série, au sens où il devient moins question de Hubbell, que de la façon dont Michelle et Fanny s'organisent à présent. L'atmosphère est bien différente, et d'ailleurs ça se sent au changement qui se déroule du côté de Truly aussi. C'est ce qui rend cette histoire de "ça fait un mois" tellement agaçante : oui, il pourrait aussi s'agir d'un mois. Un mois s'écoule quelque part entre le début du 4e épisode et le passage où Michelle se présente au magasin de bricolage.
Sans l'histoire de l'audition, ça serait tout-à-fait plausible, en fait.

Alors que Bunheads propose aussi de très bons moments de rire et/ou d'émotion, que ses dialogues me font toujours pétiller les pupilles, ou qu'elle nous révèle la très juste Julia Goldani-Telles, on pourrait se dire que ce n'est pas ça qui va me bloquer, si tant est que quelque chose doive me bloquer ; ce seraient plutôt ses quelques petites fragilités passagères qui devraient en être l'objet, et encore, vraiment dans le pire des cas. Surtout que j'étais tellement enthousiaste au sujet de la série !
Mais là vraiment, depuis hier soir que j'ai regardé l'épisode, je suis, je sais pas... je me sens comme un parent du PTC qui vient de voir un épisode de Jersey Shore, ou quelque chose dans le genre. Furibarde, vraiment.

Ca va me passer, je pense. Le contraire serait idiot. Mais que voulez-vous, c'est ça quand on tient un showrunner en très haute opinion ; du coup, plus dure est la chute, et plus sévère est le jugement à la moindre bévue.
Rapport ou coïncidence, je n'ai pas encore touché à The Newsroom. Vous aurez fait le lien...

Posté par ladyteruki à 20:03 - Point Unpleasant - Permalien [#]

04-12-11

Full glitz drama

Il m'arrive, une fois de temps en temps, de tester des épisodes de reality shows, et j'ai pu vous parler, avec peu d'enthousiasme cependant, de Jersey Shore ou LisaRaye: The Real McCoy par le passé (les tags vous aideront à trouver ces posts si vous y tenez vraiment, mais réfléchissez bien, il faut parfois se méfier des souhaits). Je me sais très fermée à ce genre de programmes, que je ne me cache pas de ne pas porter dans mon coeur. Généralement ils me mettent mal à l'aise, mais assez souvent ils me mettent aussi en colère, ce qui donne un bon cocktail de mépris au final ; la bonne nouvelle c'est que, ne regardant plus du tout la télévision française, je ne risque jamais de tomber dessus par hasard. Et je sais donc qui blâmer quand j'en regarde...
Mais vu que je suis tellement malade depuis plus d'une semaine, en fait presque deux mais qui compte les jours, n'est-ce pas, plutôt que de regarder Homeland comme je l'espérais (surtout que j'ai deux épisodes de retard), je n'ai rien regardé de spécial ce weekend (dommage, je m'étais cagoulé le pilote de The Royle Family), et du coup, je vais vous proposer une "semi-rediff" en vous parlant d'une émission que j'ai découverte il y a plusieurs jours, dont j'ai brièvement parlé sur Twitter, mais qui depuis me hante plus que je ne l'aurais cru. Mon nouveau cauchemar s'appelle donc Toddlers & Tiaras.

Tiaras

Cette fois-ci, n'ayant pas envie de me taper 3h de recherche pour un malheureux épisode, ce n'est pas le pilote que j'ai testé. Vu la structure de l'émission, j'ai l'impression que ça n'a pas grande importance : autant Jersey Shore peut sembler "feuilletonant" (qui attrapera des micoses en premier, Snookie ou TheSituation ? Suspense !), autant Toddlers & Tiaras relève du "formula show". L'idée est simplement de suivre une compétition de type concours de beauté, mais pour des enfants.
A ce stade, l'idée-même qu'il existe des concours de beauté pour les enfants a des chances de vous faire grincer des dents. Dites-vous que vous n'avez pas idée. Bienvenue dans un monde qui donne au terme "horreur" une nouvelle signification.

Ces concours sont, si on en croit les parties le plus montées de l'émission, ouvertes aux petites filles... dés leur naissance. D'après mes lectures complémentaires, une gamine de 11 semaines a participé à au moins un des épisodes. Et, oui, j'ai bien dit "semaines". Ces parties un peu plus montées permettent de voir défiler certaines des gamines qui ne sont pas au coeur de l'épisode ; on y découvre donc des bébés, portés sur scène par leur mère, mais aussi des adolescentes qui, étrangement, ne sont pas présentes plus de 7 secondes sur tout l'épisode ; elles sont dans la salle, mais jamais ou presque à l'écran. Pas assez vendeur.

Non, ce qui intéresse la camera, ce sont les gamines de 5 ou 6 ans, 8 ans si vraiment on fait dans le grabataire, et l'émission va en suivre trois ou quatre, du stade des préparatifs à celui de la compétition et, enfin, la remise des trophées (puisque tout le monde repart avec au moins une couronne, même la honte de la jungle). Vu que la remise de prix a lieu à la fin de l'épisode, je suppose donc que Toddlers and Tiaras est du type formulaic, avec une nouvelle compétition à chaque épisode, et des compétitrices différentes à chaque fois. D'ailleurs la chaîne TLC, qui diffuse l'émission, explique que quel que soit le weekend, il y a quelque part aux Etats-Unis une compétition de ce type (d'après mes observations, seulement dans le Sud, cependant). Ca alimente l'émission, forcément, pour des saisons et des saisons.

La première partie de l'épisode consiste à vous donner envie de vous énucléer avec vos propres doigts pendant que les gamines se font épiler les sourcils, poser des ongles en acrylique ou encore asperger d'autobronzant, parce qu'il faut y aller "full glitz" (ce que je traduirai par "plein pot sur le mauvais goût", mais ce n'est pas nécessairement une traduction litérale). Cela inclut d'ailleurs les compétitrices rousses, ce qui ne laisse pas de me faire arrondir les yeux avec horreur (ils sortiront peut-être plus rapidement de leur orbite de cette façon, et je me raccroche à cette consolation).
Afin de parvenir au résultat final, y passeront également : plusieurs tonnes de strass et paillettes, des rajouts capillaires équivalents à trois Cousin Machin par gamine, de la laque à vous percer un deuxième trou dans la couche d'ozone, des dentiers pour avoir un parfait sourire chevalin, et ne me lancez même pas sur les faux-cils et le maquillage à la truelle. De quoi vous donner des regrets de ne pas être Amish.
Apparemment l'humiliation n'est pas complète sans un cours de maintien/danse/whatever, au cours duquel la petite est soit coachée par la maman elle-même (les mamans ! ARGH, LES MAMANS ! Ne me lancez pas sur les mamans !), soit, attendez ça devient encore meilleur (ou pire), formée par un coach professionnel, promis je ne me fous pas de vous.
Au final, les petites ressemblent à un croisement improbable entre un Petit Poney et une prostituée bon marché tout droit débarqué des années 80. Pourtant, j'ai grandi dans les années 80 : j'ai par définition une meilleure résistance à ces horreurs.

Ensuite vient la compétition avec les moments d'angoisse, de faux suspense et bien-sûr, ce qu'il faut de joie et de déception pour que se nourrisse toute émission de télé-réalité de style "faux-documentaire" (une catégorie qui manque à ma tentative de mettre de l'ordre dans le chaos que représente la télé réalité pour moi). Bon, classique, hein. Je suppose.

Alors sur le coup, on regarde l'épisode, on essaye désespérément de s'immoler par le feu en s'aspergeant d'auto-bronzant, on hurle sur les multiples exemples de mères méritant, si ce n'est une enquête des services sociaux, au moins un internement en institut psychiatrique, on plaint les gamines traitées comme des divas et abusant de leur pouvoir sur leur entourage... jusque là, contrairement aux apparences, TOUT VA BIEN.

C'est après que le vrai carnage commence. Quand vous commencez, certes fièvre aidant, à voir ces petits monstres ripolinés dans vos rêves. L'une d'entre elles m'est apparue, une nuit, mangeant tout le maquillage que j'avais pourtant soigneusement planqué dans MA salle de bains. J'ose même pas demander des explications sur la signification de pareil cauchemar à un professionnel, pour tout vous dire.

Mais blague à part, ce qui me hante au sujet de Toddlers and Tiaras, c'est non seulement les évidents sévices physiques, mais surtout les séquelles psychologiques.
Je m'étonne souvent, pour quelqu'un qui ne veut pas d'enfants, que des émissions dans ce genre (tout comme a pu le faire l'épisode, ou peut-être deux épisodes, de Super Nanny que je me rappelle avoir vus avec l'un de mes ex aux goûts téléphagiques douteux) soient capables de me suivre ensuite pendant longtemps. Je devrais n'en avoir rien à carrer, concrètement, surtout que je ne risque pas d'infliger la même chose aux mômes que je ne veux pas avoir, mais je me pose systématiquement des centaines de questions après les avoir vues.
En l'occurrence, Toddlers and Tiaras a choqué des spectateurs bien avant moi concernant la folie de ces mères ; et l'excès de ces femmes ne me fera rien dire que, avec quelques clics et trois-quatre recherches dans Google, vous ne lirez pas ailleurs (indubitablement en mieux). Il n'empêche que la pensée de ces gamines qui, chaque weekend ou presque, sont confrontées à ces voyages au bout de l'horreur, a de quoi choquer les plus blasés dont pourtant je pensais faire partie.

Une chose qu'on observe quand même quand on regarde Toddlers and Tiaras, c'est que les salles ne sont quand même pas bondées ; la plupart du temps on peut voir quinze ou vingt chaises vides derrières les parents et/ou passé le premier rang, ce qui tend à laisser penser que ces évènements ne sont pas si courrus que ça. Mais il est certain que même avec une vingtaine de candidates par weekend, et des tarifs d'inscription exorbitants, plus les robes, le maquillage et tout le bordel, on parle d'un business qui même minoritaire doit brasser des sommes d'argent folles.
Ce que je remarque aussi, c'est que ces gamines viennent d'un certain type de milieu, quand même (bien que ce soit généralement le cas dans à peu près toutes les émissions de télé réalité que j'ai vues jusqu'à présent, où pas une maison n'a moins de 5 pièces). Elles ont des noms à la Eden, Alaska, Alessondra, Taralyn, Elexis, Kayleigh, Saryniti... Je suis étonnée de ne pas trouver de Nevaeh dans la liste. De la matière pour STFUParents, à n'en pas douter, avec toutes ces mères qui se sont indubitablement creusées pour trouver un nom "unique" et "original" pour leur petite princesse vraisemblablement conçue uniquement pour servir de poupée à maman. En tous cas pas d'Emma, Lily, Anna, Emily ou Lucy, des prénoms qui, bien que figurant parmi les plus populaires aux USA ces dernières années, sont trop humbles, trop discrets, et ne prédisent pas un destin de star du circuit "full glitz".

Toddlers

Au-delà de ça, ça me rend malade que des gamines ayant pas loin du quart de mon âge endurent des traitements de "beauté" que je n'ai même jamais expérimentés en 30 ans (mais il est vrai que je suis parfaitement satisfaite d'avoir le teint pâle et n'ai jamais compris l'obsession de beaucoup pour le bronzage même léger), aient des garde-robes se chiffrant en milliers de dollars (là encore, je mets mon pognon dans des DVD et pas des fringues de marque et c'est mon choix), se soumettent à des tortures que je n'envisagerais pour rien au monde (notamment dans le domaine orthodontique), bref sont dressées dés leur plus jeune âge pour consacrer une somme incroyable de leur temps libre et de leur futur argent (pour l'instant c'est celui de leur mère indigne) à améliorer leur apparence. Moi qui trouve ahurissant de dépenser de l'argent dans des baumes et des après-shampoings (alors que j'ai près d'un mètre de cheveux et qu'ils ne sont pas en trop mauvais état) et de passer son samedi après-midi à se faire des masques et des trucs et des machins, je vois ces gamines et je me dis que plus tard, quand les concours de beauté seront finis (c'est tout le mal que je leur souhaite), ces filles continueront de perdre du temps et de l'argent pour essayer de ressembler à un idéal impossible à atteindre. Une vraie usine à fabriquer des filles obsédées par leur apparence.

Sans parler du fait que les critères de beauté des petites poupées "full glitz" (il existe, on le comprend au détour d'un dialogue, des concours "naturels") sont absolument irréalistes, comme le prouvent les célèbres portaits retouchés de ce type de compétitrices. A travers la quantité de maquillage, de cheveux, de couleurs, et les robes froufroutantes, on comprend c'est une image de la petite fille qui n'a plus rien de réaliste depuis bien longtemps qui est ainsi portée aux nues. On est dans un monde parallèle étrange où les enfants doivent avoir l'air d'enfants parfaits (les chaussettes et chaussures blanches qui accompagnent presque systématiquement les robes en sont un bon exemple), et où en même temps on les maquille et on les habille comme si elles étaient grandes.
On en oublierait presque parfois l'âge des candidates, surtout vu le tempérament garce, diva ou parfois, simplement "mature", de certaines ; et le flou est totalement entretenu par certains déguisements ou certaines chorégraphies. Je ne suis pas d'accord pour dire que c'est une forme de pornographie enfantine, comme j'ai pu parfois le lire ; clairement on parle de mères (de mombies) qui ne voient pas leur enfant comme un objet sexuel, et qui ne voient d'ailleurs que leur enfant et n'ont aucun intérêt à regarder ceux des autres si ce n'est par esprit exacerbé de compétition et/ou de jalousie. Mais clairement les limites sont gommées entre les âges. Les gamines deviennent des poupées qu'on habille pour avoir le look ci ou ça, à en oublier qu'il y a une créature de 5 ou 6 ans derrière. C'est juste un ravissant petit jouet qu'on peut costumer en racing queen sans sourciller.
On est un peu dans la dimension Michael Jackson où on ne discerne plus ce qui est approprié ou non sans pour autant avoir de mauvaises intentions, juste une perte totale de repères.

Mais le plus terrible, ce qui me poursuit vraiment, c'est que je me demande ce que deviendront ces gamines avec l'âge.
Comment se construiront-elles ? Il n'existe pas d'enfance "normale" (pour la simple et bonne raison qu'il n'existe pas de normalité), mais il existe définitivement des enfances "anormales" ; les enfants-stars sont une chose, mais ce sont des gamins avec une véritable carrière, même quand ils ne sont pas Dakota Fanning, ils peuvent se vanter de publicités, de photos professionnelles, quelque chose. Les petites Bratz de Toddlers and Tiaras gagnent des couronnes de strass qu'on distribue comme des petits pains à toutes les compétitrices juste pour que les mamans continuent de dépenser de l'argent dans le circuit, et dont il ne restera rien ensuite. Certaines seront poussées pour faire carrière dans le show business et découvriront amèrement que garder un sourire plaqué en se trimbalant sur une scène dans une robe à plusieurs centaines de dollars n'a rien à voir avec l'industrie du divertissement. La plupart retomberont dans l'anonymat qu'elles n'auront en réalité jamais quitté, mais je me demande avec quel résultat. Je ne m'inquiète pas tant pour ces filles que je ne me demande comment on fait pour avoir une tête à peu près bien faite dans un tel contexte. Si quelqu'un sait où je peux trouver des références sur le sujets (autobiographies, essais divers...), ça m'intéresse vraiment que de comprendre comment psychiatriquement ces gamines survivent à ces étapes fondatrices de leur existence de façon à peu près saine.

Vous savez quoi ? A choisir, en matière de télé réalité, je préférais encore Jersey Shore. C'est vous dire.

Posté par ladyteruki à 23:02 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

07-11-11

Hm. Eh bien, ça c'est pas du tout embarrassant.

Awkward

Aaaaah ! Ca y est ! Enfin, j'ai fini le post sur Awkward. ! Et il est presqu'intégralement positif ! Ah, la bonne nouvelle !

Il faut dire que mon histoire avec Awkward. avait plutôt mal commencé : le pilote avait été regardé, comme souvent, dans les heures suivant sa sortie, et rapidement mis de côté.

Certes, ce n'était pas un mauvais pilote, son héroïne m'était relativement sympathique et le ton était moins horripilant que ce à quoi je m'attendais venant d'une série de MTV (j'avais en effet un fort a priori envers MTV, autrefois populaire pour son côté musical, et aujourd'hui plus connue pour Jersey Shore que pour sa politique fictions). Mais voilà, je ne me sentais pas concernée. Je ne me sentais pas concernée voilà 15 ans par les teenageries, alors maintenant, vous pensez. Je m'étais donc séparée d'Awkward. sur l'air de "c'est pas toi, c'est moi", avec l'idée que je n'y reviendrais pas. J'avais gravé la cagoule du pilote dans un coin, et n'y avais plus repensé.

Jusqu'à un soir de septembre. Ce devait être un lundi, je suppose, mais je n'en suis pas sûre. Et je ne suis pas sûre non plus de ce qui a déclenché ça, mais toujours est-il que tout d'un coup, je me suis dit "bah si je m'y remettais ?". Il faut se remettre dans le contexte : j'étais en plein déménagement, mes cagoules étaient dans des cartons, mes DVD aussi, et j'avais pas envie de me prendre la tête après avoir fait une journée de peinture dans le salon. C'est le genre de circonstances qui pourraient vous faire regarder n'importe quoi ; dans mon cas ça a été les 7 premiers épisodes de Rodney et la première saison d'Awkward., voilà tout.

Et puis, en fin de compte, elle se laissait regarder, cette petite série adolescente. Parce qu'elle ressemblait aux séries adolescentes que je regarde avec le plus de plaisir, par opposition aux sempiternels mauvais élèves que je pointe du doigt sur ce blog comme la superficielle Gossip Girl (mais rappelez-vous, j'étais adolescente dans les années 90, évidemment ces séries ne s'adressent pas à ma génération d'ados et j'en suis consciente, simplement je les trouve quand même bien souvent un peu insultantes et simplificatrices pour les ados). Rien ne viendra jamais, je pense, changer mon opinion sur Angela, 15 ans, qui est la seule série adolescente que j'aie aimée quand j'avais l'âge de sa cible, et que j'aime toujours tendrement maintenant (même si ça fait un ou deux ans que je n'ai pas revu d'épisodes je pense), et qui pour moi reste la meilleure. Mais quelque part, Awkward. s'adressait à moi sur le même mode sans vouloir exactement copier cette série, et j'ai reconnu une sorte d'authenticité qui m'a quand même plu.

Parce qu'Awkward. est, de toutes les séries pour ados que j'ai pu voir ces dernières années, et plus encore quand elles comportent des éléments comiques, la plus ouvertement tournée vers l'introspection et, surtout, l'évolution. On a là un personnage qui est pleinement conscient d'être dans une phase où il se façonne et ça m'a plu. Jenna sait qu'elle est une chrysalide. Elle ne sait pas encore exactement ce qu'elle veut devenir, elle sait juste qu'elle doit emprunter la voie du changement, et j'aime ça, qu'un personnage ne compte pas sur les scénaristes pour son character development, qu'il se prenne en charge lui-même, je trouve que c'est toujours un parcours plus intéressant que celui des personnages passifs qui attendent que ce soient les circonstances qui les poussent à changer.
Alors, entre quelques répliques exagérément colorées et des histoires de coeur (encore et toujours), il y avait de la place dans Awkward. pour que la vieille radoteuse que je suis trouve son compte.

Cependant, l'histoire de la lettre anonyme, qui était l'élément principal pour me faire revenir à la série, a rapidement basculé au second plan. C'est là que je vous dévoile pourquoi ce post n'est pas intégralement positif sur la série : quand les retournements de situation se font attendre, que le personnages s'englue dans sa relation amoureuse stérile, et que le gimmick qui pouvait donner de l'élan à la série, la lettre divisée en divers alinéas, est vite oubliée. Bien-sûr, c'est un peu ça aussi, l'adolescence, laisser une relation amoureuse vous faire oublier tout le reste, mais enfin, là, c'étaient les scénaristes aussi qui semblaient avoir perdu de vue l'essentiel.
Fort heureusement, la fin de la saison se ressaisit après l'incontournable bal de promo, et le cliffhanger de fin de saison repart sur la bonne voie.
Pour tout dire, je ne l'ai jamais trouvée vraiment si terrible, cette lettre anonyme. Je crois que c'est un wake-up call qui, sous une formulation un peu dure, cache en fait un véritable enrichissement pour Jenna, et elle l'avait d'ailleurs prise de façon très positive dans le pilote, finalement, tournant avec intelligence ses conseils à son avantage. Je m'attendais à ce que les épisodes suivent la lettre bien plus littéralement, pour voir comment Jenna allait comprendre comment inverser le schéma qui l'étouffait. C'était d'ailleurs une très jolie scène du pilote qui la montrait en train d'utiliser sa notoriété nouvelle à son avantage, se foutant des conséquences, apprenant à s'amuser sans craindre le regard des autres. De vous à moi, rétrospectivement, j'avais en fait bien aimé le pilote, au regard des errances amoureuses que Jenna allait nous infliger ensuite. Qu'importe, même dans des histoires plus bateau, Jenna inspirait suffisamment de sympathie pour qu'on ne l'abandonne pas. Pour que je ne l'abandonne plus.

Car le personnage de Jenna, il faut le dire, est formidablement bien incarné. Et la voix off du personnage ne nous casse jamais les pieds, ses sentiments sont à la fois honnêtes, et ne tombent pas dans la démesure. Elle a un regard relativement critique sur sa vie, son entourage, ses parents ou sa meilleure amie exagérément loufoques, et au final elle m'a été sympathique, la petite Jenna, et c'est grace à son ton ni cynique, ni totalement mélodramatique, que je me suis accrochée pendant les intrigues les plus mineures.

Au final, Awkward. proposait un bon concept, dont elle a choisi de s'éloigner en cours de saison, mais elle l'a fait en conservant un ton relativement intelligent, en s'appuyant sur de la comédie ne tournant pas trop à la farce, et même des personnages secondaires parvenant à s'étoffer avec une forme de finesse (à l'instar de l'odieuse Sadie, souvent grotesque mais qui bénéficie d'un épisode plutôt bien foutu sur son rapport à la bouffe). Et rien que pour ça, Awkward. est agréable à suivre, sans révolutionner la face de la Terre. Toutes les séries ne peuvent pas révolutionner la face de la Terre. De toutes les séries adolescentes de ces dernières années, Awkward. me semble être celle qui s'en approche cependant le plus.

Un dernier point. J'ai vu de nombreux téléphages, notamment sur Twitter, dresser des comparaisons avec Suburgatory. Je ne comprends pas trop ce raccourci : Suburgatory est dans la critique (fut-elle trop peu virulente au goût de certains) d'un univers extrême, où l'héroïne se voit comme un modèle de bon goût comparé aux gens de la banlieue ; Awkward. est au contraire tournée vers l'auto-critique et l'héroïne passe son temps à se comparer à ce que font les autres pour essayer de trouver la bonne mesure entre son individualité et le conformisme. Le personnage du guidance counselor, plusieurs fois évoqué, n'a d'équivalent que sa profession ; celui de Suburgatory est loufoque mais bien intégré dans le lycée, celle d'Awkward. est un genre de loser new-age que personne ne prend au sérieux (et selon mois inspirée de Dharma). Le fait que les deux personnages exercent la même profession, qui entre parenthèses se retrouve dans d'autres séries adolescentes et notamment Glee, n'est qu'un hasard statistique : l'adulte de référence au lycée, pour les ados, a tendance à être plutôt le guidance counselor qu'un prof, ça n'a rien d'étonnant. Mais les deux héroïnes et leurs histoires n'ont, à ce jour de la diffusion de Suburgatory, pas grand'chose en commun, et je m'étonne de ce rapprochement simplificateur entre les deux séries. D'ailleurs la meilleure preuve reste que Suburgatory est une comédie, quand Awkward. est une dramédie.

Et une bonne, avec ça. Ce qui a tendance à m'étonner venant de MTV, mais, vous savez quoi ? Vu ce que propose également Death Valley, on dirait que la chaîne connait une très bonne année. En espérant que 2012 soit aussi riche en bonnes surprises...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Awkward. de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:04 - Review vers le futur - Permalien [#]

11-01-11

[GAME] The Pitchenette is back, baby !

Oh. Mon. Dieu. Oui, c'est le retour de la Pitchenette. Je n'essayerai même pas de compter depuis combien de temps elle a été absente ; pour tout vous dire je ne suis même pas convaincue que la Pitchenette ait jamais eu lieu en 2010. Ouais, au minimum, ça fait au moins un an qu'on n'a pas vu la Pitchenette dans les parages !
Alors, du coup, bon, ya des nouveaux dans le coin, je suppose, depuis la dernière fois. Laissez-moi voir ? Ah oui quand même. Je vois ce que c'est, on va donc résumer le principe de la Pitchenette pour les newbies. Les anciens, si vous voulez compléter, je ne vous retiens pas. La vache, c'en est presque émouvant...

Or, donc, la Pitchenette est un jeu téléphagique basé sur l'imagination. C'est relativement simple sur le principe, dans les faits ça demande, tenez-vous bien, de réfléchir un peu. Il s'agit en fait d'imaginer un pitch (ou plus), et de le proposer en commentaire ci-dessous. Au départ, je vous donne donc trois éléments de départ pour constituer ce pitch de série ; ces trois éléments doivent TOUS se retrouver dans votre pitch. Ce n'est pas négociable. Si je vous dis qu'il doit y avoir un clown comme perso principal, que ça se passe sur la Lune et que c'est un western (nan mais je déconne, je suis pas vicieuse à ce point), ya pas intérêt à ce que ce soit un dresseur d'ours qui soit le héros de votre pitch, quand bien même vous auriez réussi à incorporer les deux autres éléments !
Et puis, il y a une mention en petits caractères, qui est que le pitch que vous allez proposer ne doit pas être celui d'une série déjà existante. Tout flagrant délit de tricherie sera sanctionné par... rien. Mais vous ne gagnerez pas, ça c'est sûr.

Alors justement, qu'est-ce qu'on gagne ? Traditionnellement, le vainqueur de la Pitchenette est donc choisi par mes soins (sur la base particulièrement objective de "le pitch qui me plaît le plus a gagné), et se voit attribuer un de mes fameux cookies à la myrtille. Comme j'ai perdu ma recette de cookie avec un de mes disques durs il y a presqu'un an, ce sera donc un cookie nouvelle génération (mais rassurez-vous, rien d'aussi moche qu'un Dalek couleur moutarde). Mais ils sont délicieux quand même, promis.

Voilà, vous êtes prêts ? On démarre donc avec une Pitchenette héritée de mon dimanche devant Jersey Shore (qui a la curieuse conséquence de me faire cogiter ; étrange, c'était pas le but recherché par la prod). Votre Pitchenette doit donc impérativement comporter les ingrédients suivants :
- le ou les personnages principaux sont trash
- il n'y a pas de morale dans la série
- il n'y a pas de gratuité dans la série

Voilà, à part ça, libre à vous de voir quelle fiction on pourrait imaginer à partir de ces impératifs ; l'air de rien c'est à la fois très vaste et riche en possibilités, mais aussi pas si simple, je trouve. Mais vous avez le temps, vous avez jusqu'au 24 janvier 23h59 pour proposer votre pitch...!
Et si vous êtes nombreux à participer, bah ptet qu'on reverra la Pitchenette un peu plus souvent en 2011 qu'en 2010, qui sait ?

Posté par ladyteruki à 23:32 - Games On - Permalien [#]

09-01-11

Un peu de distinction, merde !

De ma grand'mère, j'ai hérité pas mal de choses. L'une d'entre elles est que j'ai horreur de la vulgarité. Bon, je ne dis pas, il m'arrive souvent de jurer alors qu'elle non (question de génération, aussi), mais les comportements vulgaires m'inspirent le même haut-le-cœur en tous cas (parce que très franchement, qu'est-ce qu'un petit "bordel de merde", ce ne sont que des mots, c'est autre chose que de se diminuer au vu et au su de tous). Je ne comprends simplement pas qu'on n'ait pas un minimum de maintien. Alors évidemment, je ne suis pas pour le retour du corset, il faut savoir vivre aussi, mais est-ce une raison pour se comporter comme le dernier des rustres ou la pire des prostiputes ? Non. La réponse est simplement non. Il y a des limites, et c'est le bon goût qui en décide, pas le moment où un flic va vous coffrer pour comportement obscène, ivresse sur la voie publique, ou plus probablement les deux.
Ça s'exprime par exemple par les fringues, en général symptomatiques de toute une absence de bon goût généralisée. Exemple : chérie, si tu veux porter une jupe et que tu sais pas tenir les cuisses fermées, opte pour quelques centimètres de tissus en plus, sinon t'as juste la chatte qui sourit à toute la planète. Un peu de tenue, bon sang !

En matière de télévision, c'est la même chose. Je ne comprends pas qu'on regarde des choses vulgaires, parce qu'il y a une sorte de double humiliation : d'une part les gens qui osent tourner des choses d'une vulgarité sans nom, comme dans une sorte de concours à celui qui s'abaissera au plus près du sol, et d'autre part les gens qui regardent ce truc, souvent semaine après semaine, parce que tu comprends, c'est drôle. Non ce n'est pas drôle, c'est vulgaire. Admets que tu regardes un truc absolument vulgaire et je serai déjà beaucoup moins fâchée. Rien ne m'énerve plus que les gens qui brandissent l'excuse du guilty pleasure pour se trépaner volontairement et faire croire qu'ils ont du recul. Pitié, va jouer du pipeau plus loin, tu veux ?

Bon alors, vous l'aurez compris, pour une fois il ne sera pas tant question ici de séries (encore que ça arrive) que de télé réalité. On en parle une fois et on n'y revient plus, juré.

Distinction

Observant que les audiences déchiraient leur race, j'ai fini par me dire que j'allais quand même regarder ce qu'était ce Jersey Shore dont j'entendais parler depuis si longtemps. A ma grande surprise, j'ai appris que non seulement on en était à la 3e saison en 13 mois (WTF ?!), mais en plus il existe des DVD de ce truc-là. Cagoulant donc le premier épisode ("épisode", bon... "déjection" serait plus approprié), je me dis que ce n'est qu'un mauvais moment à passer, et qu'au pire je vais avoir rigolé.
Je suis désolée, même en tentant de m'y intéresser, même en me forçant à aller au bout de l'épisodéjection, ya pas un moment où j'ai trouvé ça drôle. Ni de près ni de loin. C'est juste vulgaire et navrant.
Bon, je suis de la vieille école, désolée. J'arrive pas à m'amuser juste parce que des gens ont décider de se rabaisser devant une caméra.

Et pourtant je suis bien obligée d'admettre que ça me fascine, en un sens. Pas qu'une poignée de jeunes en chaleur et obsédés par leur look passent le plus clair de leur été à boire et tenter de choper (sinon à quoi serviraient les étés ?!), mais qu'ils n'aient aucun problème avec l'idée de se montrer devant une caméra dans un tel état de sous-merde. La gnomette Snooki par exemple, c'est proprement (enfin justement non) hallucinant, ça se bourre la gueule dix minutes après être arrivée, ça flirte avec tout ce qui bouge, et tout ça sans même se dire "oh mais tiens, c'est filmé pour M-fucking-TV, des millions de gens vont me voir, ptet que je pourrais tenter d'y aller mollo". Je sais pas, moi ça ferait tilt quand même, de me dire que, bon, si j'ai envie d'avoir la moule qui s'agrippe à tous les rochers venus, ça me regarde, c'est mon cul et j'en fais ce que je veux, mais ptet que le monde entier est pas obligé de compter le nombre de MST que je chope à chaque épisodéjection, quand même.
Je suis certainement coincée, ça doit être ça.
Donc ça me fascine, quand même, un tel étalage de vulgarité. Il n'y a plus de retenue. Il n'y a plus de limite. Et des millions de personnes suivent ça pendant des semaines et des semaines. Mais les gars, si vous savez pas quoi faire de votre cerveau, on vous interdit pas d'en faire don à la science, quoi.

Ça me fascine, mais ça me fait aussi enrager. Bordel, on essaye de tirer les gens vers le haut, de leur montrer des trucs et des machins, et de leur donner les outils pour aller un peu plus loin télévisuellement (...pour commencer), et les mecs de Jersey Shore se pointent et chient partout ! Mais qu'ils se niquent tous les uns les autres, je m'en fous dans le fond, ils n'ont pas attendus d'être filmés pour ça de toute façon, et je soupçonne qu'ils soient tellement torchés qu'ils ne s'aperçoivent bien vite même plus de la présence des caméras (l'explication est ptet à aller chercher par là, d'ailleurs). Mais on n'a pas besoin de lobotomiser les masses, qui de vous à moi n'ont pas vraiment besoin de ça vu qu'elles ont déjà des télé réalités moins vulgaires mais guère plus intelligentes à leur disposition, semaine après semaine.

Alors ok, c'est génial, on voit des jeunes se murger et niquer. J'en suis ravie. Mais qu'on ne vienne pas me raconter que c'est drôle, c'est pathétique. Que des jeunes vivent dans un état légumineux sur le plan intellectuel et n'aient rien d'autre en tête que d'aller se biturer tous les soirs pour lever d'autres gogos de leur espèce, c'est déjà assez parlant sur l'état de notre société, mais si en plus on se met à les filmer pour que d'autres les regardent faire en se tapant sur les cuisses et commencent à penser que c'est ça, s'amuser, alors là franchement on est dans l'urgence d'une guerre nucléaire fissa.

Quand on voit ce qu'on voit, et qu'on entend ce qu'on entend, on se dit qu'on aurait bien envie d'aller se pinter la gueule. Voyez, c'est comme ça que ça commence.

Posté par ladyteruki à 21:20 - Point Unpleasant - Permalien [#]


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