ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

21-02-13

God complex

Tenir un blog a de multiples avantages ; l'un d'entre eux est qu'il sert ultérieurement d'aide-mémoire pour les séries qu'on a regardées mais qui n'ont pas marqué le téléphage.

...Evidemment, cette technique a ses défauts, la principale étant qu'il faut encore écrire le post après avoir vu la série en question. Quand même. Or, pour plein de séries, je ne le fais pas ; Seed est un excellent exemple, quoique récent. Monroe en est un autre. Je me rappelle avoir vu les deux premiers épisodes, puis m'être lassée, mais je n'ai pas écrit à ce sujet ; le temps a passé et désormais je suis incapable de me souvenir pourquoi la série m'a lassée, beau boulot. Même à raison d'un post par jour on arrive à ce résultat, c'est désespérant.
Alors qu'arte diffuse la première saison de Monroe ce soir et jeudi prochain, je me suis dit que c'était une bonne opportunité pour, cette fois, laisser une trace de mon visionnage, for future reference. Mais comme je serai occupée quand commencera la diffusion (le #SmashEnsemble se réunit, et je ne changerais pour rien au monde), il a fallu ruser et j'ai donc revisionné le pilote de mon côté. Ceci est donc, une bonne fois pour toutes, mon post sur le premier épisode de Monroe. Nan mais.

Monroe-Aureole

Il faut dire que Monroe n'est pas la série la plus originale qu'on puisse imaginer : on y suit Gabriel Monroe, un neurochirurgien particulièrement arrogant, (et pourtant, l'arrogance fait partie de la fiche de poste d'un chirurgien !) dont on va suivre dans le pilote deux opérations ainsi qu'un petit bout de vie privée. L'idée directrice de ce pilote est de nous montrer un personnage d'une confidence pour le moins débordante en des capacités sans défauts, puis de nous faire toucher les limites de sa toute-puissance.
Difficile, et pourtant un peu capilotracté, de ne pas rapprocher Monroe de Dr House. La comparaison est injuste, je vous l'accorde, mais il émane de Monroe (toujours envoûtant James Nesbitt ; faudrait que je me refasse Jekyll un de ces quatre) un tel charisme, une telle énergie, et aussi, quelque chose de sombre bien que de difficilement palpable, qu'on en revient toujours à l'associer un peu à l'éclopé de service. Il faut dire que le Dr Monroe a la fâcheuse manie d'avoir une repartie irréprochable, un grand sens de la formule, et une certaine désinvolture vis-à-vis des cas rencontrés, qui évoquent pas mal son cousin "américain", même si, dans ce premier épisode, Gabriel est très loin des excès de Gregory, et n'atteint pas les mêmes abimes.

Cette assurance, cette arrogance dont Gabriel Monroe fait preuve aurait même de quoi agacer. A une époque où un héros de série se doit d'être un anti-héros profondément faillible voire détestable, il est même assez destabilisant de voir 95% de l'épisode dédié à nous démontrer combien le chirurgien est talentueux ; il traine par exemple dans son sillage une paire d'internes devant lesquels de toute évidence il est ravi de faire étalage de son expérience, son savoir-faire et sa verve, joue le paon paternaliste devant une patiente pour laquelle immédiatement il se prend d'affection, donne des conseils au mari de celle-ci, et ainsi de suite. C'est très irritant. Mais en même temps, très divertissant ! On ne peut pas vraiment lui en vouloir, parce qu'effectivement, il est bon, le bougre. Et puis drôle. Et franchement sympa.
Je me souviens vaguement que lors de mon premier visionnage, je trouvais ça finalement assez rafraîchissant d'avoir une série qui ne tente pas de nous démontrer par a+b que le personnage cache une âme noire sous des dehors sympathiques ; une impression d'ailleurs renforcée par le rythme entraînant de l'épisode, sa réalisation truffée de filtres et de lense flares, et sa petite musique comme sortie tout droit d'un dorama. Sérieusement, si la musique de Monroe ne vous casse pas les pieds, vous êtes prêts pour une série japonaise grand public. Mais lors de mon revisionnage, c'était le contraire ; il faut dire que Monday Mornings et, dans une moindre mesure, Brain, sont passées par là, et que, comparativement, Gabriel Monroe semble manquer de profondeur ou, au moins, d'aspérités. Il ne remet jamais en doute ni sa pratique, ni ses rapports avec ses collègues ou subordonnés, ni évidemment sa relation avec sa famille proche.

C'est là que va se produire la rupture, précisément. Le pimpant Dr Monroe va manquer à ses obligations de père, on découvre qu'il a aussi manqué à ses obligations de mari, et que jusque là, il ne s'en était pas vraiment formalisé. En fait, à mesure qu'on en apprend plus sur le background de son couple, on découvre que le Dr Monroe est aussi arrogant dans sa vie privée qu'il l'est dans sa vie professionnelle, ce qui à la réflexion ne devrait pas nous étonner autant, mais ça le fait quand même ! Difficile de déterminer, sur la seule base du pilote, si Gabriel Monroe est très résilient, ou si tout simplement c'est un inconséquent devant l'Eternel ; en tous cas, il a présumé que sa femme était elle aussi passée à autre chose, et il a eu tort.
Quand vient le moment pour lui de faire face aux conséquences d'actions datant d'il y a plusieurs années, on découvre avec surprise qu'il continue de faire la bravache. Alors d'un côté, certes, c'est bien que l'homme s'efface derrière le médecin, et qu'en parfait professionnel, il ne laisse pas sa situation personelle l'empêcher de faire parfaitement (bien-sûr, parfaitement) son travail voire même un peu plus. Mais là encore, il manque la faillibilité totalement humaine qui fait quand même tout l'intérêt d'une série médicale.
En-dehors d'une scène de cloture ponctuant l'épisode sur une note moins guillerette, rien, donc, n'indiquera que Monroe a été touché par la déconvenue personnelle qu'il a rencontrée dans l'épisode.

Paradoxalement, ça devrait agacer énormément, être décourageant... et pourtant non. Peut-être qu'avec un autre acteur, on n'aurait pas cette impression, mais Nesbitt parvient à éviter de rendre ce personnage sur lequel les drames glissent pour nous laisser imaginer qu'il y aura quelque chose à voir plus tard, qu'à un moment, Monroe va se fissurer. A tort ou à raison, c'est un autre débat.

On pourrait imaginer que, dans le fond, ce n'est pas l'objet de Monroe que de s'intéresser aux failles du personnage. J'ai comme un doute : les petites affaires des internes se cantonnent, au stade du pilote, à de petites anecdotes négligeamment glissées dans des scènes de façon à inciter Gabriel Monroe à être plus piquant, plus drôle, plus charismatique. Si jamais c'était possible. On sent que l'un de ces personnages pourrait donner quelque chose de bien, mais difficile de miser sur cette intuition. Les bisbilles de Monroe avec la chirurgienne cardiaque qui est la seule à ne pas lui vouer un culte restent badines, même si on soupçonne qu'elles pourraient conduire à une relation moins monochrome. Quant au meilleur ami de Monroe, il est d'une transparence assez affligeante.
L'attention du spectateur est-elle dirigée vers les actes de chirurgie et les cas rencontrés ? Pas beaucoup plus. La facilité déconcertante avec laquelle Monroe (en dépit de son speech en début d'épisode sur les risques encourrus) accomplira ses deux opérations démontre bien que là encore, la série ne voit pas d'enjeux. En fait, la neurochirurgie, c'est tellement simple, que notre super-médecin prendra même le temps de jouer l'assistante sociale et/ou le confident pour ses patients !
Non, clairement, Monroe ne s'appelle pas ainsi par facilité, mais bel et bien parce que son objet est le Dr Monroe, à prendre ou à laisser.

J'avoue n'avoir pas un souvenir très clair du deuxième épisode (ça date), mais évidemment, la session de rattrapage est toute trouvée avec la diffusion en France, et du coup je ne me fais pas de soucis, je vais rapidement me rafraîchir la mémoire.
Donc : Monroe, trois épisodes, ce soir sur arte... si je ne me lasse pas avant.

Monroe-Promo

Posté par ladyteruki à 12:13 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

28-01-13

Do no good

Êtres-vous prêt pour un nouveau pilote ? whisperintherain et moi-même continuons notre exploration de la saison, en espérant que les choses s'améliorent un peu par rapport aux semaines précédentes : la mid-season a été morne jusqu'à présent.
Enfin, ce n'est que mon point de vue : celui de mon camarade (dont vous pourrez juger en cliquant sur la bannière au bas de ce post) peut très bien être radicalement différent...

DoNoHarm

La série britannique Jekyll a-t-elle jamais été diffusée aux Etats-Unis ? Je n'en ai pas trouvé de trace, en tous cas. Cela expliquerait pourquoi un remake officieux prendrait forme sur les écrans américains en ce mois de janvier, profitant de l'ignorance du grand public d'outre-Atlantique (qui, il est vrai, n'a commencé à se passionner pour les séries britanniques que très récemment via Doctor Who et Downton Abbey, et encore, sur des chaînes du câble) même si très franchement, si c'était pour faire ça, ce n'était pas la peine d'attendre 5 ans.

Oui, Do No Harm a quelques points forts, le principal étant visiblement le budget (on se prend à rêver à ce que des créatifs européens feraient avec le budget de certaines séries de networks américains) et peut-être, non, bon, essentiellement le budget. Enfin... je dis ça, mais il doit y avoir quelques bons côtés à cet épisode, parce que je ne me suis pas non plus trop ennuyée pendant le pilote, que j'ai regardé jusqu'au bout et sans me faire les ongles, ce qui tend à indiquer que je n'ai pas passé les pires 40 minutes de mon existence, ni même de ce mois de janvier.
Le problème, c'est que Do No Harm est très consensuelle ; à plus forte raison si on a vu Jekyll, donc.

Il aurait pu être intéressant de savoir comment le docteur Jason Cole avait découvert l'existence d'un "double" appelé Ian, avec qui il partage son enveloppe corporelle ; au lieu de cela, le pilote va totalement faire l'impasse dessus, et tient le fait pour acquis à un tel point que plusieurs personnages qui passeront dans l'épisode sont déjà au parfum, tandis que le spectateur ne l'est pas trop (il aurait pu être un brin pédagogique, malgré le cliché narratif que cela représente, de faire en sorte que quelqu'un découvre cette étrange colocation dans le premier épisode, histoire de nous donner une chance d'accéder à la backstory... eh oui, les clichés narratifs ont parfois une raison d'être !). Mais pas du tout.
Le spectateur est, à la place, immergé dans un monde où le fragile équilibre trouvé par Jason pour tenir Ian à distance va se trouver rompu ; là encore, le soucis c'est qu'on connait mal cet équilibre. L'épisode nous montre d'entrée de jeu un médecin stressé, surveillant sa montre en permanence, qui en est encore à venir chaque jour récupérer une dose d'un puissant anesthésiant (ou quelque chose du genre) auprès d'un collègue qui le fournit illégalement. Mais le système est déjà fragile et bien précaire, si bien qu'au lieu d'introduire une rupture ("Ian devient incontrôlable"), l'épisode renvoie une impression brouillonne.
Quand Ian rompt effectivement la trêve, comme c'était prévisible, c'est là encore grâce à quelque chose qui apparait plutôt comme un coup de tête scénaristique, plutôt que parce que quelque chose couvait : il a développé une résistance au fameux anesthésiant. Mais comme en réalité on n'a jamais vu fonctionner le médicament en question, il n'y a aucun effet avant/après. Voilà donc Ian qui s'invite dans la vie de Jason pour, évidemment, la lui pourrir, sans créer la moindre émotion de notre côté de l'écran. Et certainement pas de la surprise.

Ce sera tout l'enjeu de Do No Harm : montrer comment les deux hommes vont jouer une partie d'échecs avec le corps qu'ils se partagent, et donc la vie qui est la leur, aux yeux des observateurs extérieurs.

La partie en question aurait de l'intérêt si Do No Harm ne tentait pas, avec l'énergie du désespoir, de faire passer l'un des deux hommes pour le "gentil" et l'autre pour le "méchant" de façon très manichéenne ; il y a d'un côté la victime, celui qui en plus est médecin et gentil et prévenant et inquiet, et de l'autre côté, le sadique, le bourreau, la bête, le jouisseur qui ne pense qu'à sa pomme. On aurait pu espérer qu'à défaut d'être d'une folle originalité sur la forme, Do No Harm aurait trouvé un moyen moins moralisant d'employer le fameux thème de Jekyll et Hyde (un peu comme Awake, finalement, a pu le faire de façon détournée), mais ce ne sera pas pour cette fois. Jason a le jour, le bien, le coeur brisé ; Ian a la nuit, le mal, l'égoïsme. Pourquoi Jason n'a-t-il pas de travail (même s'il aurait pu être malhonnête ou dégradant, à la rigueur), d'amis (je ne m'attendrais pas à ce qu'il entretienne des relations amoureuses, mais au moins un pote, quelque chose), etc ? D'accord, ça fait 5 ans qu'Ian est systématiquement dans le coaltar, mais avant ça ? Cette façon si caricaturale d'envisager l'identité de chacun empêche de vraiment donner un enjeu à la série : moi aussi, si on me droguait depuis plusieurs années, j'aurais des pulsions de vengeance en me réveillant.

Qui plus est, les scénaristes emploient la "mauvaiseté" d'Ian de façon totalement opportune vers la fin de l'épisode, afin qu'Ian se trouve tout de même au service de Jason et donc du bien. Quel est l'intérêt d'une confrontation qui tourne de cette façon dés le pilote, sans que le bras de fer n'ait été très long ou difficile ?
Car oui, en plus de sa vie compliquée (et ce n'est pas rien que d'avoir seulement 12h d'existence chaque jour), Jason est un tellement bon gars qu'il joue les assistantes sociales auprès des cas qu'il rencontre à l'hôpital, souffrant du syndrome si télévisuel du workaholisme. Genre le mec, il s'emmerde en fait ! Do No Harm insiste absolument pour passer énormément de temps dans la partie médicale de son contexte, alors que rien d'original n'en sort, et que ça n'ajoute rien à notre affaire.

Alors Do No Harm n'est pas mauvaise, non. Le rythme est bon, le cast se défend à peu près, et globalement, il s'agit d'une production décente. Mais le manque de courage de la série sur son thème, ses personnages, et même la façon dont elle veut nous présenter le déroulement de son histoire, ne donne vraiment pas envie de lui donner une chance et de développer un quelconque aspect, qu'il soit dramatique ou mythologique.
C'est un pilote "propre". Ca n'enflamme pas les téléphages, les pilotes propres, ni dans un sens ni dans un autre. Je ne me vois pas lapider la série plus que je ne m'imagine en dire du bien. Reste à voir si le grand public accrochera ; parfois ça se joue sur un coup de bol. On verra bien mais, quel que soit le sort de Do No Harm, ce sera sans moi.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:36 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-11-10

Dangereuse empathie

A quel point ce que nous regardons a une influence sur nous ?
On parlait il y a peu des émotions qu'on ressent devant les séries qu'on regarde. Et c'est nécessaire de laisser l'empathie fonctionner pour profiter pleinement de ce qu'on regarde. Je reprends l'exemple de ma sœur rei : rien ne rentre, rien ne sort. Blindage maximal. Pourtant, cette émotion que nous avons devant une scène, si nous la goutons avec plaisir pendant quelques minutes, surtout quand l'épisode a été un temps fort, ne peut-elle pas aussi nous mettre dans une forme de danger ?

Je prends l'exemple de la peur, parce que c'est certainement ce à quoi je suis la plus sensible... et je tiens à remercier entre autres The Walking Dead pour ça.

Quand une scène se finit, je peux sentir tous les muscles de mon cou complètement contractés dans une boule dure à la base de ma nuque, mes dents serrées, mes orteils recroquevillés... et ça me prend une infinie minute à tout désentrelacer calmement. Si des dents sont impliquées dans l'affaire, en général je me suis de surcroit ruée sur la première source de lumière venue et je serre la chose la plus pelucheuse à portée de main (parfois un oreiller, parfois un chat) en essayant de ne pas hurler. Osons le dire, je n'en mène pas large pendant plusieurs minutes. Je me souviens avoir été dans un piteux état longtemps après la fin de Jekyll (dents), avoir été à l'envers pendant une semaine après Dead Set et The Walking Dead (dents), avoir fait des cauchemars longtemps après COMA (...ah ? pas de dents ?). J'ai donc bien emmené ces émotions au-delà de la sphère du visionnage.

BlinkEmpathie

Si ça marche pour la peur, ça le fait sans doute pour d'autres choses mois évidentes.
Après avoir vu quelque chose de particulièrement beau, être de bonne humeur voir exagérément positive (merci Pushing Daisies... avouez, ça faisait longtemps), par exemple, semble un effet plutôt désirable...

Mais au final, il faut sans doute apprendre à dresser la barrière qui permet à la série de ne pas trop entrer en collision avec nos émotions. Le tout-émotif n'est pas non plus une bonne solution. Si vous pleurez la mort d'un personnage trop longtemps, ça devient inquiétant.
C'est ce que des psys sont en train de dire à propos de Packed to the Rafters, d'ailleurs, dont un personnage est décédé il y a deux semaines, et qui semble provoquer un vrai travail de deuil auprès de nombreux spectateurs australiens. Preuve si besoin était que la télévision touche vraiment à quelque chose d'intime en nous, et que ça peut être effrayant sous un certain angle et/ou à un certain degré.

Pour autant, et justement parce que nos vies ne sont pas remplies d'autant d'émotions à forte amplitude, nous recherchons ces émotions fortes, et espérons des évènements-clé d'une série qu'ils nous donneront satisfaction. C'est quand nous ne ressentons pas de frisson durable que nous sommes déçus. Quand nous sommes atteints par les émotions de l'histoire, quand, finalement, nous sommes vulnérables, nous en redemandons. C'est à ça qu'on nous distingue des télambdas, dans le fond.
Et parfois, ça fait peur, justement...

Posté par ladyteruki à 23:56 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

03-10-09

arte fact

Pour moi, la chaîne de l'année 2009 a clairement été arte. Les plus alertes d'entre vous se souviennent déjà de ma surprise devant Jekyll, plus tôt cette année. Avec aujourd'hui la diffusion de The Tudors, la même expérience de rendez-vous attendu toute une semaine à l'avance se reproduit pour mon plus grand délice. Non que The Tudors soit une merveille parmi les merveilles, car comme je l'ai dit dans les posts précédents sur cette série, elle est loin d'être parfaite. Suivez les tags pour plus de détails.

Mais à vrai dire, ce qui fait les défauts de The Tudors donne à mes yeux une grande valeur à cette programmation par la chaîne européenne. Tout comme Jekyll, cette série donne l'impression à la fois d'un soucis de qualité de d'élégance dans le choix de la programmation, sans être forcément trop pompeux. Tout comme la violence parfois exagérée de certaines scènes de Jekyll (je pense notamment au final plein d'overkill), les scènes de sexe de The Tudors ont le mérite (ainsi que les romances et autres complaisances scénaristiques) de rendre la série accessible, et de lui éviter de ne cibler qu'une cible d'élite mais bien d'atteindre une popularité dépassant largement le cadre des amateurs d'Histoire. Comme le soulignait tao dans un tweet, ça se traduit par des audiences pas dégueulasses, ce qui est forcément incitatif pour la chaîne.

Alors, je n'ai pas pu m'empêcher de songer à une petite liste de productions qu'il serait intéressant de voir sur la chaîne, s'il lui venait la bonne idée de poursuivre sa politique série. Il y a un créneau à prendre, malmené par la concurrence hertzienne, et à mon avis les séries suivantes s'inscrivent dans le même type de programmation, et ne semblent pas intéresser les autres chaînes françaises. Il y a quelque chose à jouer, je pense.

- Carnivàle :

C'est la première qui me vient à l'esprit, et je trouve qu'elle tombe sous le sens. Un mélange d'Histoire et de mystère, un univers cryptique... Et puis, deux saisons, ça reste aussi assez raisonnable pour une chaîne qui craindrait de s'engager sur le long terme.

- Cop Rock :
Là encore, investissement en temps très raisonnable pour cette série d'une malheureuse saison... mais si fondamentalement différente de ce que l'on a pu trouver sur le hertzien jusque là ? Sans compter qu'on ne peut décemment compter que sur une chaîne anticonformiste comme arte pour programmer une série approchant de la vingtaine.

- The No. 1 Ladies Detective Agency :
Alors là, ce serait juste superbe. Comment en remontrer à la concurrence sur la diversité télévisuelle sans lui faire ombrage ? En choisissant une fiction radicalement différente, par ses origines et son ton. Tout en n'oubliant pas que le genre policier continue de faire des audiences convaincantes, ce qui ne peut nuire.

- Huff :
Quand on est le toujours un peu décalé arte, on ne peut que se prendre de passion pour la psychanalyse. Et pendant que la diffusion d'In Treatment via le réseau Orange, et sa sortie en DVD, fait l'actu, une rediffusion d'une série sur la même thématique peut aussi être une bonne idée commercialement parlant.

Evidemment, ces vœux pieux ne sont pas si faciles à réaliser. arte fait face à une difficulté double : chaque série doit pouvoir être diffusée à la fois en Allemagne et en France. Mais un développement de la politique série, qui jusque là semble probante, en s'engageant dans une identité propre, se ferait à mon avis très bien avec ce genre de titres.

Et vous, quelle séries verriez-vous sur arte ?

Posté par ladyteruki à 22:33 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

26-06-09

Psycho-couac

Les plus anciens parmi vous se rappelleront peut-être des interrogations qui avaient précédé la création de la rubrique Dorama Chick. J'ai en effet longtemps pensé que, hors la fiction américaine, point de salut. Pourtant j'ai toujours regardé des séries venant d'autres contrées (et au début, souvent sans même le savoir, puisque petite je regardais aussi bien du canadien que de l'australien sans même m'en émouvoir), mais plus la téléphagie progressait, plus j'étais devenue un brin obsédée par la fiction américaine. En regardant en arrière, je pense que c'était surtout une réaction allergique à la ficton française.
Sur ce blog et ailleurs, depuis des années, on m'encourage à dépasser ce stade et m'ouvrir à la fiction d'autres pays, et je m'y emploie, comme vous avez pu le voir avec mes posts sur Benidorm, Diplomatic Immunity ou Arslaan. J'ai pas chômé, franchement. Une fois de temps en temps, je fais la rencontre d'un Jekyll, et je me dis que ça valait le coup. Alors je poursuis mes découvertes, encouragée.

Mais là, je suis tombée sur un os.
Comme vous commencez à le savoir, rien n'est plus exotique à mes oreilles que l'accent british, dont je suis finalement très peu familière. Quand je m'attaque à une série britannique, c'est que j'attends d'être récompensée de mon effort. Ici, j'ai surtout envie de me rouler en boule dans un coin en marmonant qu'on ne m'y reprendra plus.

L'objet du délit ? Psychoville. 28 minutes partagées entre l'ennui, l'attente, la stupeur et le dégoût (et quelques tagliatelles à la crème, repoussées au bord de l'assiette, en ont fait les frais).

A l'origine de Psychoville, il y a pourtant un pitch original (c'est comme ça que j'ai été piégée, d'ailleurs), mêlant mystère et burlesque : plusieurs étranges personnages sans lien apparent reçoivent tous la même lettre d'un personnage morbide qui semble ne pas leur vouloir du bien. Et là je dis : "ah bah au moins, ça nous change du poulet".

Sauf que le mystère peine à s'installer en 28 minutes, qu'on n'en peut plus d'essayer d'installer les personnages, et qu'en plus, c'est particulièrement glauque. Souvent juste pathétique, mais globalement salement glauque. A un moment, j'ai même failli gerber (ceux qui ont vu sauront nécessairement de quel passage je parle).
Du coup ce n'est pas mystérieux ou burlesque, c'est juste de mauvais goût, et pis encore, mal écrit, trainant artificiellement en longueur afin de jouer sur l'ambiance, et ne finissant que par barber le spectateur.

Et bien-sûr, tout ça avec un accent british à couper au couteau (ou plutôt à la machette, retenez-moi, je vais faire un malheur), ce qui n'arrange pas mes affaires.

Après ça on s'étonnera que SeriesLive ne se soit pas fendu d'une fiche, eh bah je peux pas les en blâmer.

Posté par ladyteruki à 23:16 - Review vers le futur - Permalien [#]


10-05-09

FNUC you

Pour la cagnotte Life, il y a un euro de moins. J'ai résisté plusieurs fois mais hier, ma frangine m'a emmenée dans une FNUC. Elle avait des bons de réduction, je peux pas lutter contre ça !!!

Bon, ça fait un donc un euro de moins pour le mois prochain, et puis quelques autres dépensés pour mon obole au dieu FNUC.
Mais le plus contrariant c'est que je suis allée dans une FNUC que je ne connaissais pas, et qu'elle était assez dépourvue en séries télé. On n'y trouvait en fait quasiment que les nouveautés... et encore.

Par exemple, on pouvait y trouver le verdoyant DVD de la 4e saison de House, mais pas les trois premières. Super logique. Une chance que je ne tienne pas à investir dans House. Mais du coup, là où j'aurais pu me laisser aller à me lancer dans une série ou une autre, eh bien, il s'avérait que je ne pouvais pas acheter la 1e saison. Décourageant au plus au point.
Et puis, il y avait des nouveautés dramatiquement manquantes, comme le coffret La Belle et la Bête qui m'était pourtant destiné à bien des égards (c'est une des premières séries dont j'ai parlé ici, je la regardais déjà toute petite... et puis, ne serait-ce que le package violet !), qui pourtant était mon objectif de départ.

Démunie devant ces absences éhontées, j'en suis venue à me poser des questions... J'ai l'impression de passer mon temps à acheter des DVD mais, pourtant, devant ce rayon, c'est comme si je n'en avais aucun. Ou plutôt comme si aucun ne me concernait. De quelles séries je peux bien suivre la sortie en DVD, finalement ? Battlestar Galactica ? Et à part ça ? Boston Justice (mais il n'y avait que la saison 2 et même pas la 3), bon, d'accord. Mais sinon ?

Des séries qui m'attiraient dans les rayons, y compris parmi celles que j'ai déjà à la maison, je tirais la leçon suivante : il ne s'agit que de mini-séries (The Lost Room, Jekyll) ou de saisons uniques (Action!, Angela, 15 ans), de séries à deux doigts d'être finies (Pushing Daisies, Battlestar Galactica), ou, dans le meilleur des cas, de séries au rythme de sortie si lent qu'il vaut mieux que je ne retienne pas mon souffle (Une Nounou d'Enfer, The Practice).

En rentrant à la maison, j'ai essayé de regarder le palmarès de mes plus récentes acquisitions. Seul le coffret Gilmore Girls me donne un peu d'espoir, mais la série n'est pas prioritaire sur ma liste, d'autant qu'il est assez rare que soit en stock la saison que je cherche.

Ca m'a un peu désespérée, tout d'un coup. Je me suis dit : "mais en fait, en-dehors des pilotes que je découvre chaque semaine, je regarde quoi sur le long terme ?", et le bilan a été effrayant.
Sur le long terme ? Je finis tranquilement mais sûrement mon intégrale de Titus, la saison 3 de Three's company, j'ai entamé Voilà! et j'y deviens accro... je vis dans le passé ! Je regarde des séries que de toutes façons je ne trouverais pas en DVD (surtout moi qui n'ai pas de lecteur zone 1).
Je fais du rangement dans mes cagoules et je m'aperçois qu'il y a soit des vieilleries de ce genre, soit des nouveautés dont la sortie en DVD en France n'est vraiment pas pour tout de suite.

Mais alors qu'est-ce que je fais en magasin ?! Pourquoi je suis si contente de ces bons de réduction soigneusement offerts par ma soeur ? Pourquoi j'ai déjà sorti ma jolie carte FNUC ? Pourquoi je suis contente d'être dans ce rayon si rien ne m'y attire spécialement ? La pauvreté de l'étal y était certainement pour quelque chose (et le prix de la saison 2 de Big Love, aussi), mais j'ai eu un coup de blues terrible.

J'ai longtemps hésité avant de prendre quelque chose. Oui, The Lost Room, mais il n'y a pas urgence. Oui, Boston Justice saison 2, surtout à un prix vert. Mais j'étais mal à l'aise. La perspective de retourner dans quelques semaines à la FNUC pour Life, alors que la série vient d'être annulée, l'absence de La Belle et la Bête, l'absence de la saison 3 de Gilmore Girls, y étaient évidemment pour quelque chose. J'étais venue en me réjouissant à l'avance de ces quelques acquisitions, qui me trottaient dans la tête, et ne pas les y trouver, et surtout être incapable de m'enflammer pour d'autres sorties, m'ont rendue toute chose. C'est vrai qu'il y a aussi des séries dont j'ai la première saison, comme Heroes ou Babylon 5, mais dans ces cas-là je ne m'estime pas assez fan pour faire l'investissement de saisons supplémentaires dans l'immédiat.

Mais, moi qui aime tant les séries, et qui aime tant les avoir en DVD, au lieu de l'embarras du choix, il ne me restait que l'embarras.

Posté par ladyteruki à 23:19 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

24-04-09

[DL] The Old Guys

J'ai peine à croire ce que je vais faire. Je vais vous proposer un générique de série britannique ! Je sais même pas si ça s'est déjà produit dans ces colonnes. Même par pour Jekyll (faut dire que, hein, le générique de Jekyll, bon...). Mais j'ai trouvé qu'il était si bien troussé que franchement ç'aurait été dommage de passer à côté. Et puis il fait partie de mon programme de rattrapage, en plus...

TheOldGuys
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

J'adore la musique, j'adore le style graphique, j'adore le ton qui est tout de suite donné, j'adore la chute... j'adore tout !
Me voir aussi extatique quant à une série britannique vous trouble ? Rassurez-vous, je n'ai pour l'instant eu le temps de regarder que le générique, donc pour la série, je reste sur ma réserve.
On en reparle plus tard si vous voulez ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Old Guys de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:07 - Médicament générique - Permalien [#]

17-04-09

Dans ma valise diplomatique, j'ai rangé mes chaussettes...

La plupart du temps, je vous parle de séries américaines. Bon, c'est un fait, et je ne m'en suis jamais cachée, que c'est toujours à elles qu'ira ma préférence.
De temps à autres, je vous parle de séries japonaises. C'est selon l'humeur et j'ai une liste de séries dont j'ai toujours voulu vous parler, et ça finira par arriver, dans une période où il y en aura moins à dire côté USA.
Et puis des fois, on sait pas trop ce qui m'arrive, mais je parle d'une série d'encore ailleurs, genre, britannique, avec Jekyll ou Benidorm, ou encore plus pas bien dans ma tête, indienne avec Arslaan. Et pis ya le cas encore à part de The No. 1 Ladies' Detective Agency, aussi.
(et si vous n'avez pas encore lu tout ça, ya des liens et des tags pour y remédier, hein)

Ce que je n'ai pas encore fait, c'est vous parler d'une série néo-zélandaise. Eh bah, il y a un début à tout, vous voyez.

Car aujourd'hui, on va parler d'une série super récente, mais que quasiment personne n'a jugé bon de vous présenter (la preuve : j'ai pris sur moi de faire la fiche de SeriesLive), et qui pourtant n'a pas à rougir de ce qu'elle propose ; j'irai jusqu'à dire qu'une fois qu'on a vu certaines séries de cette saison aux Etats-Unis, on gagne même au change à faire l'effort de regarder ce qu'il se passe dans l'hémisphère Sud, en fait.

Alors attention, quand même, en préambule, j'aimerais que tout le monde garde à l'esprit que ce n'est pas la série du siècle. Vous ne raterez pas votre vie téléphagique si vous passez à côté. Je vous en voudrai, évidemment, vous savez à quel point j'aime bavarder avec vous de ce que je vous fais découvrir, mais c'est tout, quoi. On n'est pas en train de dire ici que la série dont je vais vous parler (et dont je n'ai d'ailleurs pas encore donné le titre... suspense !) a révolutionné la face du monde, qu'elle a apporté quelque chose d'incroyable dans l'univers télévisuel mondial et que... non, hein.
Déjà parce que c'est une comédie. Et en soi, une comédie ne change jamais vraiment la face du monde. Et puis aussi parce que, bon, ya quelques poncifs. Inévitables, j'ai envie de dire. Quelle que soit la nationalité, finalement, il y a des choses auxquelles on revient toujours.

Ici, dans la série... allez, je vous fais pas poireauter plus longtemps, je vais la nommer : Diplomatic Immunity. Donc dans la série Diplomatic Immunity, le pitch est relativement simple : un jeune diplomate néo-zélandais tombé en disgrâce est envoyé dans une île perdue nommée Fe'ausi, une micro-île d'un micro-archipel, d'ailleurs fictive mais peu importe.
Sur le coup on pourrait se dire : attends, mais c'est comme si ce gars avait remporté le meilleur job du monde ! Il va aller sur une île paradisiaque, et être payé pour ça ! Nan mais où est le problème ?!

Le problème c'est qu'évidemment il va atterrir chez les fous. Le consulat où il est envoyé, c'est un foutoir sans nom. Comme ils sont loin de la Nouvelle-Zélande géographiquement, ils s'y permettent absolument tout. Et quand je dis "ils", je parle aussi bien des employés au bas de l'échelle que l'ambassadeur lui-même. D'ailleurs, quasiment tous font partie de la famille du roi de Fe'ausi, c'est dire si la Nouvelle-Zélande peut se carrer ses règlements et ses lois où on pense.

C'est à ce stade que oui, les personnages complètement barrés, on a un peu l'impression d'avoir déjà vu ça quelque part. Sans compter que les blagues ne vont pas systématiquement chercher très loin, même si ça fait quand même rire sur le coup.
Cela dit, les personnages qui peuplent le consulat sont quand même bien trouvés. Le rythme est soutenu. Les dialogues sont pertinents. Alors zut, on profite et on se marre, en changeant un peu ses horizons et en essayant d'éduquer ses oreilles à des accents inhabituels.
Des fois il ne faut pas en demander plus, d'ailleurs vu qu'il s'agit d'une comédie, je ne vois pas qu'exiger d'autre, finalement. Surtout que c'est quand même un peu plus intelligent que Krod Mandroon. Juste un peu.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Diplomatic Immunity de SeriesLive. Merci Eske !

Posté par ladyteruki à 20:43 - Review vers le futur - Permalien [#]

20-02-09

Fake Blood

Si l'achat de la plupart des coffrets DVD ne nécessite pas un long processus de sélection préalable (selon le schéma : "série que je veux > coffret en bon état > étiquette au montant le plus bas des fois qu'une vieille promo traine > série que je prends" et hop, étagère suivante), en revanche le coffret de Jekyll requiert un minimum d'attention avant le passage en caisse. Pourquoi ? Étudions ce cas étrange d'un peu plus près.


En théorie, le coffret
devrait ressembler à ça...
Ooooh, que c'est beau.
Bon, on est d'accord, c'est la théorie.
Parce qu'en pratique, en fait,
ce serait plutôt ça...
Jekyll Hyde

Bon sur ma photo on n'a pas le détail, mais on voit bien que dans le coin en bas à gauche, c'est pas catholique, quoi.
Avec un infographiste, ça a l'air plus propre, tout de suite. Dans la réalité, on a l'impression qu'il y a eu du sang, et que depuis... depuis il s'est cristallisé en un drôle de truc (j'ai pas l'habitude de garder du sang séché à la maison mais je dirais a priori que ça ne forme pas de petit cristaux blancs).

Le génie qui a pondu la royale idée de la poche de sang n'avait sans doute pensé qu'à la tête que ça aurait le premier jour sur la gondole de la FNUC, et pas nécessairement à la gueule que le DVD finirait par faire au bout de plusieurs mois coincé entre un DVD de Derrick (franchement, ya des gens qui ont besoin de se refaire cette série en DVD ? J'hallucine) et Jericho (euh, même question ?). Donc la poche de sang cristaux de sel, tout de suite, ça fout moins les chocottes.
Mais il y a pire. En rayon, sur certains DVD, le sang s'est cristallisé sur le côté du package. Oui, tout va bien, quand on tient le DVD le sang a juste l'air de se maintenir de façon verticale. C'est du sang magique ! Ce doit être le sang de Claire, ya un truc pas clair là-dedans. Tout ça parce que les coffrets ont été stockés n'importe comment dans les tiroirs de la FNUC... Avouez que ça le fait pas trop.
Du coup, ce qui était une excellente idée au départ devient assez laid (un peu comme LOST, si vous voulez...).

En général, je suis très peu attentive aux packages. Je cherche rarement l'édition limitée de la mort qui tue avec des bonus en veux-tu en voilà, oh tiens ya un poster limité à 50 000 exemplaires dedans, je m'en fiche. Franchement. Que le package soit inventif ou pas, ça ne fait pas faillir d'un iota ma décision première d'acheter ou pas un coffret. Nan mais sans blague, s'il est pas beau mais que vous adorez la série, vous allez quand même l'acheter, on est d'accord ? Avec le cagoulage, aujourd'hui, si on vient en magasin, on sait très bien comment ça va finir, donc la question ne se pose pas juste parce que le titre est en relief ou si ya un super sticker en 3D made in Chocapic sur le boîtier (Heroes, this one is for you).
Si, évidemment, quand je vois la gueule des DVD de V, je dis "ah ouais, bonne idée", mais ça ne change rien à la décision d'achat telle que prise lorsque j'ai vérifié que mon chéquier et ma carte FNUC étaient dans mon sac avant de partir. Quand je vois la forme des DVD de Stargate, en forme de porte des étoiles, effectivement, je me dis que bon, c'est assorti. Mais l'appareil de Betty Suarez sur le coffret d'Ugly Betty, ça ne change rien au fait que ce coffret est sur ma liste secondaire (sachant que la liste primaire est déjà bien longue).

Le seul truc qui me fait vraiment, vraiment plaisir, c'est les boitiers en dur. Le coffret métal d'un Jekyll ou d'un Band of Brothers (enfin, je l'ai pas eu en édition métal, celui-là, mais je constate), la bonne grosse boîboîte en plastique jaune, rouge ou bleu vif d'un Star Trek... Ca c'est de la boîte. Là d'accord. Ca pèse lourd dans le sac FNUC, ça cogne le mollet sur le chemin du retour, là on parle la même langue. On peut les empiler sans craindre d'abimer le carton au premier effondrement félin. C'est tactile, c'est pratique, c'est tout ce que j'aime.
Mais le reste du temps, franchement, on s'en fout.

Surtout si ça ne supporte pas le poids des ans comme les cristaux de sel de Jekyll.

Note : non c'est gentil de vous proposer mais je vais le garder quand même, j'ai déjà vu la série deux fois (yavait une rediff en nocturne le weekend dernier), je me sens prête.

Posté par ladyteruki à 22:18 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

13-02-09

Papounet !

Jekyll aura brisé tous mes préjugés : ceux que j'avais sur la programmation d'arte, ceux que j'avais sur les séries britanniques...

C'était aussi la première fois depuis longtemps que je regardais une série de façon hebdomadaire en sentant les semaines passer de façon aussi concrète. Pourtant on ne peut pas dire que je ne sois pas habituée à attendre qu'une semaine se passe pour avoir ma dose, je le fais pour d'autres séries depuis des années, mais là, l'attente avait un goût particulier... voir arriver le vendredi, rester à l'affût de l'heure, c'était comme avoir des lunettes neuves et voir les choses un peu plus clairement alors qu'on les a toujours eues sous les yeux.
Ce furent donc six longues semaines, et finalement ce n'est pas grand'chose, passées à attendre, à guetter, à se laisser surprendre. Et en-dehors de quelques images d'horreur que je voudrais bien oublier au plus vite, par exemple lorsque je voudrai dormir dans un avenir que j'espère proche (à l'instar de la toute dernière image de la série qui m'a fait allumer toutes les lampes de l'appartement dans un cri horrifié), je pense que c'est une expérience qui va m'impacter durablement.

J'ai eu la sensation, semaine après semaine, que quelque chose de réellement nouveau, et j'ai presqu'envie de dire novateur, s'offrait à moi. Six semaines de surprises, en fait.

Jekyll n'est pourtant pas exempt de défauts, loin de là.
Pour une série qui n'avait que six épisodes devant elle, on y trouve pas mal de remplissage, des scènes prévisibles notamment dans la recherche de l'action pour l'action, et des questions martelées d'épisode en épisode de façon à faire perdurer artificiellement le suspense (allez, on se la refait encore une fois, pour la route : "mais Jekyll n'a pas eu d'enfant ?!"). Par moments, on se dit que quatre épisodes suffiraient à dire l'histoire si on prenait la peine de nous épargner toute cette confiture.
Mais parfois, la série emprunte aussi des raccourcis pour aller droit à son histoire, et du coup, sacrifie des axes qui auraient pu être intéressants, parce que, bah écoutez, on n'avait pas le temps. C'est notamment le cas de la belle assistante (dont je suis infichue de retenir le nom, je confesse) qui, après avoir été le centre de toutes les attentions (et grâce à qui, en fait, j'ai été pour la première fois impressionnée par ce que la série avait à offrir), est mise au rebut, allez hop, avec les deux enquêtrices lesbiennes, à ce tarif-là, moi je dis autant les liquider, à un moment donné il faut assumer. On prend trois nanas au fort potentiel, on les met aux oubliettes au bout de quelques épisodes, on leur offre une scène çà et là histoire de dire, et ce n'est que frustration pour le spectateur. Atteintes du syndrome du boulet, elles sont devenues des poids morts pour l'intrigue... mais c'est pas grave, on les garde.

Mais dans ces reproches qu'inévitablement j'adresse à Jekyll, je remarque aussi tout ce que la série a fait pour m'épater semaine après semaine.
A contrario des trois drôles de dames, le personnage de Claire a pris une saveur insoupçonnée et époustoufflante sans même qu'on le voie venir. Celle qui semblait au départ n'être condamnée qu'à être l'imbécile épouse qui ne comprend rien à rien a eu vite fait de prendre les choses en main. Parmi les scènes qui m'ont donné envie de me proterner devant ma télé, il y a celle où Claire fait la connaissance de Hyde dans la cave, et se montre digne de lui. Elle ne s'en laisse pas compter ni par lui, ni par qui que ce soit d'autre d'ailleurs, faisant la nique à tous les personnages féminins tête-à-claque qui l'ont précédée dans ce genre de rôle. La révélation finale sur son identité (quoiqu'elle aussi juteuse) ne change rien à cet état de fait : ce personnage est simplement grand. Pour sûr, la série aurait aussi bien fait de s'appeler Jekyll & Claire, d'accord, on se serait salement fait spoiler sur pas mal de rebondissements (un peu comme si on avait regardé les bande-annonces d'arte "Jekyll n'est qu'amour" dés le premier soir, ahem...), mais comme tête d'affiche, ça le faisait complètement.
Le personnage de Claire est à l'image de toutes les fois où la série a su prendre une direction imprévisible, sortant des sentiers battus. La prise d'otage, les enfants jumeaux, tout le monde pouvait prédire que ça se passerait à un moment où à un autre, mais même en passant inévitablement par là, la série arrive à nous faire dire "ah bah merde alors, les personnages ne réagissent pas du tout comme je l'avais pensé".

D'ailleurs la qualité numéro un de Jekyll, bah, c'est Jekyll. Ou plutôt non : on a tous, j'en suis sûre, une petite préférence finale pour Hyde, n'est-ce pas ? Ce personnage si charismatique, drôle (épouvantablement génialement formidablement drôle), avec son côté super-héros parce que bon, fallait pouvoir la vendre à des spectateurs des années 2000 cette série, hein, et puis surtout avec son âme d'enfant, ce mec que forcément on veut voir apparaitre pour torturer un grand gaillard de 2m ou décapiter un petit connard trop vantard, dont on guette les apparitions dés qu'une lampe clignote, bref, Hyde, ce demi-dieu. Enfin, l'autre moitié, la geignarde, la mollassonne, n'est sans doute pas si mal non plus, même si son côté pleurnicheur tapait sur les nerfs à plusieurs reprises, il a su lui aussi évoluer... l'homme qui au départ était effrayé par son ombre (au propre comme au figuré) a su ouvrir le dialogue avec lui, et cohabiter totalement, pour devenir plus fort et parvenir à son but. C'est vrai que je ne sais pas trop comment interpréter la fin de l'histoire pour lui : pourquoi fallait-il que ce soit le faible qui survive ? Qu'a-t-il à offrir à présent ? Pour être totalement honnête, il faut aussi saluer bien bas la prestation de Nesbitt dans ce double-rôle. Dés que j'aurai fini l'interminable tournée des films d'Amber Tamblyn, il pourrait bien être ma prochaine victime, tant ce mec est impressionnant et juste de bout en bout.
Ca reste quand même bien fun de se dire qu'à la fin, papa est le nec-plus-ultra de la race humaine, maman est un clone, et les jumeaux son maléfiques. Ptain, dans la famille surenchère, ça se pose là, mais ça a un côté délicieux.

Comme souvent, ce que je retiendrai de Jekyll, ce sera plus facilement ses personnages que ses retournements de situation, en fait. Ils avaient leur piquant, évidemment, mais ce n'était pas l'essentiel.

De ces six semaines vraiment rafraîchissantes dans mon panorama téléphagique, que restera-t-il ? Un thème musical angoissant gravé à même mon cortex, assurément. La conviction qu'une fois de temps en temps, il faut peut-être quand même tenter la fiction british (mais ptet en VF dans un premier temps ?). Et surtout, cette petite question obsédante : "dis, lady, quand est-ce que tu achètes le DVD de Jekyll ?".
Quand je penserai avoir le cran d'affronter la scène finale une seconde fois.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Jekyll de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:50 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]


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