ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

04-12-12

Gros blanc

Dans la vie on a les petites fiertés inutiles qu'on peut : ça fait du bien à l'ego et ça ne coûte pas grand'chose.
Parmi les miennes, il y a par exemple la petite fierté de savoir que je suis capable de dire, pour n'importe quelle série qu'on me cite, ce que j'en pense, et de participer à la discussion. Parfois, ce que j'en pense inclut les termes "je n'ai jamais vu mais..." (comme dans : "The Vampire Diaries, je n'ai jamais vu mais ça a l'air de ressembler beaucoup à Twilight", à partir de là, l'interlocuteur contredit ou pas, hein), mais je suis toujours capable d'en dire deux mots.
Dans le cas de Covert Affairs, comme un interlocuteur me l'a fait réaliser aujourd'hui, je suis uniquement capable de dire : "ah oui, c'est la série...". Grosse pause embarrassée. "Oui, la série, bien-sûr... euh... avec une affiche blanche". Ok donc la porte c'est par là, c'est ça ?

C'est comme ça que j'ai réalisé que je n'avais jamais vu Covert Affairs de toute ma vie. Jamais. Pas une fois. Même pas les premières minutes et après je ferme la fenêtre en me disant que ça m'ennuie trop et que j'y reviendrai plus tard (et qu'évidemment, je n'y reviens jamais plus tard ; ça me l'a fait récemment avec Elementary). Et c'est même pas que je ne le voulais pas, ou que ma religion me l'interdit (ce qui est le cas de The Vampire Diaries, par exemple), non, ça ne m'avait simplement jamais traversé l'esprit. A un point tel que j'ai réussi à oublier son existence ! Ah oui parce qu'une autre de mes petites fiertés inutiles, c'est de savoir précisément quels pilotes j'ai déjà vus, et d'avoir une petite liste mentale des pilotes dont je sais très bien que je ne les ai pas regardés, mais qui ne perdent rien pour attendre quand j'aurai un moment et/ou l'envie. A titre d'exemple, le pilote de The Newsroom est sur cette liste ; je ne l'ai pas vu, je sais pertinemment pourquoi, mais un jour j'y viendrai. Sauf que là, je ne me souvenais même pas que je n'avais pas vu Covert Affairs.
Le problème des petites fiertés inutiles, c'est qu'elles froissent l'ego pour pas grand'chose.
Donc le premier truc que j'ai fait ce soir en rentrant, c'est m'assurer que je récupérais le pilote de Covert Affairs (la meilleure preuve qu'effectivement je l'avais zappé, c'est que je ne l'avais jamais cagoulé, ce qui est un signe chez moi !), puis je l'ai lancé et, quand au bout d'une minute environ, il a été absolument clair que je n'avais jamais, jamais, jamais... jamais vu ce pilote, je vous avoue que je me suis sentie verdir de honte. Une série américaine qui va bientôt entamer sa 4e saison, quand même, hein. Voilà voilà. Et pendant ce temps, je me cherche des séries à tester en mandarin, nan mais sans déconner...

Donc ce soir on va parler d'une série qu'à vue de nez une bonne moitié de l'univers a regardée avant moi, et je le vis très bien.

CovertAffairs
N'empêche. Elle est blanche.

Covert Affairs, c'est l'histoire de... oui enfin vous le savez, c'est moi qui ai un train de retard, donc on passe sur le résumé de cette série d'espionnage.
Ma plus grosse peur pendant les premières minutes du pilote, c'était de me retrouver avec un ersatz d'ALIAS.

Techniquement je n'ai rien contre ALIAS. J'ai regardé la première saison en intégralité sur M6, à l'époque, c'était un signe qui ne trompait pas (c'était de ma part un effort parce que, il y a 10 ans de ça, j'étais très rarement capable de suivre une série régulièrement en soirée à la télévision ; c'est d'ailleurs comme ça que j'ai décroché de beaucoup de séries, genre 24. Ensuite j'ai découvert internet et j'ai appris que plus rien ne m'y forçait, et ça a tout changé). Le problème d'ALIAS c'est qu'avec le temps, j'ai fini par trouver que les missions de Sydney Bristow avaient un côté répétitif, mais que je ne me passionnais pas du tout pour ses problèmes avec Michael ou avec son père. Et puis sa mère qui est morte, puis qui est pas morte, puis qui est remorte... bon. Donc j'en ai logiquement été conduite à me demander pourquoi je regardais, la réponse s'appelait Ron Rifkin, ça ne suffisait pas, et j'ai progressivement lâché, pour finir par totalement abandonner l'affaire quelque part après le bond de deux ans en avant.
Ensuite, je l'avais un peu prise en grippe, je le reconnais.
En somme, les romances insupportables sur fond d'espionnage, ça m'ennuyait, mais l'espionnage pour l'espionnage ne me tenait pas vraiment sur le rebord de mon fauteuil non plus (enfin, à l'époque j'habitais un appart si petit qu'il n'y avait pas la place pour un fauteuil, mais vous saisissez l'idée), notamment parce que ça impliquait toujours, à un moment de chaque épisode, des scènes d'action sans aucun enjeu (comme si on croyait vraiment que Sydney va se faire prendre et être tuée...!), et qu'au final ça n'avait plus aucun effet sur moi au bout de quelques épisodes.
Parfois je me dis que je retenterai le coup un jour, et découvrir qu'il y a sans doute des épisodes de qualité que j'ai loupés ; mais, dans le fond, je suis assez consciente d'avoir brûlé toutes mes cartouches de patience avec ALIAS. C'est le genre de séries que je ne voudrais pas vraiment regarder, juste être capable de lire des résumés, avoir l'impression de combler les trous, et décider que je ne suis ni totalement passée à côté ni que j'ai perdu mon temps à regarder l'horloge au-dessus de la télé pendant que je me forçais à me faire une intégrale. Ne serait-ce pas formidable si, pour certaines séries qui ne nous affolent pas mais dont on pense qu'il y a deux-trois épisodes qui doivent sûrement valoir le coup, on pouvait télécharger les épisodes dans notre tête, et pouvoir dire "ouais, je sais de quoi chaque épisode parle, mais j'ai pas non plus gaspillé 4000 heures de ma vie à regarder ce truc" ? Moi parfois ça me fait rêver. Ca laisserait du temps pour une intégrale d'une série qui compte vraiment. Battlestar Galactica, par exemple ; tiens c'est vrai, je me ferais bien une intégrale de Battlestar Galactica... Pardon, j'ai dévié.

Donc l'idée qui m'a motivée dans mon visionnage, c'était qu'on éviterait peut-être le truc à la ALIAS, où le personnel se mêle immanquablement au professionnel. Mais où le professionnel est capable de me surprendre. Et surtout, oh surtout, où tout le monde ne finit pas par travailler dans l'espionnage, comme par hasard, selon le bon adage "l'agent appelle l'agent".
Une bonne partie du pilote de Covert Affairs semblait relativement bien s'en sortir de ce côté-là, mais j'ai rageusement hurlé à la fin de l'épisode. J'aurais dû le sentir dés le début du pilote, mais je refusais d'y croire.

Alors, en-dehors de ça ? Bah Covert Affairs n'est pas mauvaise, pas fondamentalement. C'est sympathique d'assister aux premiers pas d'Annie Walker, de la voir faire des bourdes (même si j'aurais préféré qu'elle ne se tire pas tout de suite elle-même de son bourbier au point d'obtenir une récompense dés le premier épisode), de vivre les expériences un peu désorientantes à ses côtés. Sur ce plan-là, Covert Affairs installe très bien son personnage central, le rend tout de suite sympathique, il n'y a pas à dire. Fait rare pour un pilote presqu'uniquement focalisé sur un seul personnage, Annie est attachante, et pas du tout irritante, son omniprésence permettant au spectateur de vraiment s'identifier facilement à ses réactions, qu'il s'agisse de peur et de panique pendant une fusillade, de sang-froid et d'énervement pendant une course-poursuite, ou tout simplement de solitude lorsqu'elle s'aperçoit qu'elle ne peut pas parler de sa vie professionnelle à sa propre soeur (qui en plus cherche désespérément à la maquer avec des mecs qui ont une tête à tourner dans un porno hongrois des années 80).

Mais sur le reste, je dois dire que je suis moins positive. Le tandem formé avec Christopher "Jinx" Gorham fonctionne relativement, mais n'offre pas vraiment de surprises. La boss froide incarnée par la merveilleuse Kari Matchett (à laquelle j'ai juré une fidélité éternelle depuis qu'elle m'a ravie dans Invasion Planète Terre et qui ne m'a jamais déçue depuis lors, même pas dans Invasion) est peut-être un personnage sympa, mais il ne fait aucune promesse au spectateur. Quant à la frangine transparente qui n'est là que parce qu'on ne peut rien lui dire et qui va peut-être découvrir la vérité à n'importe quel moment, franchement, c'est du déjà vu.

Je sais, je sais bien : les séries d'USA Network n'ont pas la réputation d'être des perles en matière d'innovation télévisuelle (quoique franchement, Suits est vraiment excellente, et largement au-dessus du panier par rapport au reste de la grille de la chaîne), mais j'espérais quand même qu'une recette avait été trouvée pour résoudre cette difficile équation de la prévisibilité des séries d'espionnage.
Peut-être que l'une des solutions serait tout simplement de ne pas prendre une héroïne pour personnage central, ce qui semble être une autorisation implicite donnée aux scénaristes pour forcément la fourrer dans des tenues sexys et de lier son histoire amoureuse à ses enquêtes (et le "it's been ages since you've had a real relationship... it's weird !" a fait hurler la féministe en moi, je ne vous le cache pas ; on ne dirait jamais ça à un personnage masculin !).
Peut-être qu'une des solutions serait de ne pas chercher à nous vendre les espions comme des superhéros modernes, les temps ont changé. J'aimais bien ce que PanAm disait de l'espionnage, par exemple, en filigrane : que c'étaient les petites choses qui pouvaient en changer de grandes, et que parfois, faire voyager un objet en apparence quelconque, pouvait être tout aussi décisif (et compliqué) qu'une action où il faut se faire passer pour une call girl dans un hôtel de luxe. Là, les personnages ont beau répéter à Annie que, ça alors c'est fou ce qui t'arrive quand même, statistiquement il y a des agents qui passent toute leur carrière sans voir de coup de feu, on ne se fait pas d'illusion et on sent bien qu'Annie fera partie de ces agents dont la vie implique des tas de choses totalement irréalistes. Et qu'elle rentrera quand même chez elle le soir pour raconter des bobards à sa frangine.

Naturellement, la toute fin du pilote nous donne une explication pour cela : Annie a été engagée pour une raison bien précise, et son sort ne sera définitivement pas celui du commun des agents de la CIA. Pas seulement parce qu'elle est super douée en langues étrangères et qu'elle a l'esprit d'initiative, mais parce qu'elle est (comme c'est la tradition dans les séries d'espionnage), un pion sur un échiquier qui la dépasse.
Sans doute que Covert Affairs se laisse suivre à ce titre, parce que derrière chaque série d'espionnage se cache désormais une thèse conspirationniste de plus ou moins grande envergure. Et peut-être que je vais profiter que maintenant je lui ai donné sa chance pour voir ce qui arrive à Annie Walker, qui sait ? Mais ce ne sera jamais un coup de coeur, hélas.
Par contre j'ai pas arrêté de me demander si Piper Perabo et Emilia Clarke ont été séparées à la naissance, vous aussi, ça vous le fait ?

Au moins, maintenant, si on me demande, je suis capable de dire deux mots sur Covert Affairs. Allez-y, allez-y : demandez-moi !

Posté par ladyteruki à 23:31 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

20-07-10

Toujours la faute des autres !

Parfois j'ai l'impression qu'on a un peu fait le tour des séries fantastiques et de science-fiction. Je regarde les trucs qui sortent et je me dis : "sérieux, encore ?!". Et les mecs sont sérieux, en plus. Ils vont vraiment nous faire une série sur un bled paumé où se concentrent des phénomènes surnaturels, des vampires qui passent leur vie immortelle au lycée, ou, pire... l'invasion extraterrestre.

Là je suis en train de me prendre par la main pour finir V ; c'est pas que la série soit longue, c'est sûr, et c'est même pas que je ne l'apprécie pas. Mais j'en ai tellement marre de voir toujours les mêmes sujets être tournés dans tous les sens. Bien-sûr, V n'est que la partie visible de l'iceberg, et à la limite, comme c'est un remake, on pourrait arguer que j'ai beau jeu de râler, mais l'exemple ne s'arrête pas à V, ce n'est en fait que la goutte d'eau d'un vase qui n'en finit plus de déborder pour moi.

Toujourslafautedesautres

First Wave, Invasion Planète Terre, Invasion, Threshold... on aurait pu penser que depuis le temps, les séries sur l'invasion (soit pendant, soit après), on en aurait suffisamment vu pour avoir couvert le sujet. Du moins, les bases. Après on peut essayer d'être original, mais sur un tel sujet, ça me semble difficile. Parce qu'à chaque fois qu'il y a une invasion, PAF ! Il faut qu'on s'aperçoive tôt ou tard que les aliens cachent des intentions pas très honnêtes. Parfois on s'en rend vite compte parce qu'ils débarquent tous lasers dehors ; et puis parfois c'est plus insidieux, et je ne dis pas que ce n'est pas intéressant, juste que, ça va, on le sait qu'au final les extra-terrestres sont tous des pourris.

C'est du racisme anti-extraterrestres, tout ça. Et ils peuvent pas se défendre parce qu'ils ont pas de lobby ! C'est vraiment petit.

Bref, si on veut absolument voir comment l'humanité se dirige elle-même vers sa propre perte, faut pas trop en attendre de la télévision. Au cinéma, j'ai l'impression que c'est plus fréquent ; il faut dire que la proportion films/séries de SF doit jouer. Pourtant, si on veut faire dans l'anticipation (vous avez remarqué comme ces séries ont l'habitude de se dérouler juste dans deux ou trois ans, grand maximum ?), voilà un sujet en or.

Mais la science-fiction, à la télé, est totalement déresponsabilisante vis-à-vis de l'humanité ! C'est constamment la faute des autres. C'est la faute des extra-terrestres si on va tous crever ! C'est la faute des extra-terrestres si j'ai menti à ma petite amie ! C'est la faute des extra-terrestres si je trahis mes semblables !
Mouais. 'Zont bon dos, les extra-terrestres.

La science-fiction a toujours été un genre idéal pour explorer l'humanité et ses zones d'ombres, parce que c'est un genre métaphorique parfait pour aborder plein de sujets de société ou de questions sur la nature humaine. C'est encore mieux dans le cas des invasions "propres" à la Invasion Planète Terre ou V parce qu'en plus les extra-terrestres prennent une forme humanoïde qui permet de dire des choses des humains sans que les humains qui regardent la série ne se sentent exagérément concernés. C'est un genre magique, la science-fiction, j'aurais tellement voulu y être plus réceptive, mais j'ai grandi dans une famille qui méprisait la science-fiction et je crois que dans le fond, j'en ai toujours quelques restes, même quand je m'achète des piles de bouquins Star Trek ou que je m'achète un DVD de Babylon 5 par-ci par-là. Dans le fond, je crois que je ne serai jamais à fond dedans.

Mais peut-être aussi qu'effectivement, je ne suis pas aidée. Peut-être que pour traiter de sujets intéressants, il faudrait un peu décoller des thèmes usés jusqu'à la corde.
Pis peut-être qu'il faudrait essayer de se préoccuper des vrais coupables, de temps en temps.

Et c'est là qu'intervient ma découverte coup de cœur de la journée. C'est pas une série. C'est un thème. Je me baladais sur Wikipedia, je cliquais un peu partout et n'importe où, j'ai le droit. Et là, VLAN ! Je tombe sur ça : Mouvement pour l'extinction volontaire de l'humanité. Merde alors.
Ça n'arrivera jamais. Rien qu'à cause des gonzesses qui semblent peupler mon entourage, ça n'arrivera absolument jamais. Il y aura toujours des gens pour vouloir faire des enfants quoi qu'il arrive. Mais c'est pas la question. La question, c'est que ça fait un sujet absolument génial pour une série d'anticipation !

Imaginez : au lieu de nous sortir le refrain habituel sur les vilains extra-terrestres qui nous tombent sur le coin du nez quand on s'y attend le moins, et commencent à essayer de nous effacer de la carte galactique à l'insu de notre plein de gré, eh bien là, gros twist : c'est nous qui essayons désespérément de nous éteindre ! Mais c'est absolument génial ! C'est du jamais vu ! C'est couillu ! C'est plein de bonnes idées sur la façon d'explorer les problèmes de notre société SANS parler de notre société actuelle, c'est le propre de l'anticipation !
Il faudrait suivre la mise en place du processus par les autorités, voir les gens désespérés essayer de quitter la planète pour fonder une colonie ailleurs, là où on pourrait polluer sur plusieurs générations tranquillement, il y aurait des gens qui se serviraient dans les ressources de la Terre comme si demain n'existait pas (et demain n'existerait effectivement pas), les gens se sentiraient coupables quand ils auraient des enfants par faute d'inattention. On pourrait explorer de façon inversée les politiques natalistes de certains pays, et puis ce thème si à la mode qu'est l'écologie.
'Pis imaginez en quoi consisterait l'action de la Résistance...

Bon, je dis pas qu'il faut uniquement cette idée-là pour me charmer, évidemment. Mais les possibilités sont tellement plus vastes que les aliens qui nous colonisent pour nous tuer et/ou nous manger... Bon, plus simple, un truc tout con : on a pensé à ce que les extra-terrestres ne soient pas armés de mauvaises intentions ? Pas depuis Alien Nation, quand même...
Alors bon, quand je vois qu'il y a Falling Skies qui va nous tomber dessus dans quelques mois, je soupire, si vous voulez, parce que je sais bien que je vais regarder (je veux dire, bon, ya Noah Wyle, quoi...), mais sérieusement, là, je pique du nez.

Scénaristes, faites une bonne action, trouvez un truc un peu nouveau à nous proposer.
C'est pas parce que les séries policières des networks ne le font pas qu'il ne faut pas essayer.

Posté par ladyteruki à 22:33 - Série de valeurs - Permalien [#]
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