ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

31-01-13

Drowning together

Ca se sera joué in extremis : oui, le mois de janvier aura réussi à nous apporter une solide nouveauté, donnant enfin un renouveau d'intérêt au défi que whisperintherain et moi-même nous sommes lancé ! Mesdames et messieurs, standing ovation pour The Americans !

TheAmericans

Les fictions sur l'espionnage ne sont pas exactement mon sujet préféré : et pour cause, j'ai découvert il y a quelques semaines que j'en regardais en définitive très peu (il y a bien eu Rubicon mais plus j'y pense plus je suis à peu près sûre de m'en être détournée au bout de quelques épisodes et de n'avoir pas vu le dernier épisode). Mais quand, en décembre, je me suis risquée à en tenter plusieurs (aussi différentes que peut l'être la palette de nuances de Hunted à Spy, en passant par Spooks et Covert Affairs), je n'en avais trouvé aucune pour tout-à-fait m'électriser ; c'est désormais chose faite.

Pourquoi ? D'abord, parce que The Americans trouve le moyen de parler de la Guerre Froide sans se dérouler dans les années 60, auxquelles beaucoup de fictions ont recours en général, préfèrant revenir sempiternellement à l'époque de la crise des missiles de Cuba et autres faits très notables de l'opposition entre les USA et la Russie. Ecarter cette facilité, c'est d'une part une bonne chose en soi, mais cela permet aussi d'apporter un peu de lumière sur une partie de la Guerre Froide beaucoup moins évoquée dans les séries. Bien que The Americans s'autorise quelques ponctuels fashbacks antérieurs, une grande partie de son action s'intéresse aux années 80 (promis, on est loin de The Carrie Diaries) et s'intéresse au rebond des hostilités entre les deux grandes puissances, un axe qu'on est loin de connaître sur le bout des doigts. C'est donc une première chose.

Mais l'autre raison, la principale raison, de l'excellence de The Americans, qui m'a fait me lever et applaudir à la fin de l'épisode, c'est que les opérations secrètes des héros de cette série ne sont pas au coeur de ce pilote, et a priori pas de la série. The Americans, d'abord et avant tout, est une série dramatique.
Rien n'est passé à la légère dans cet épisode inaugural, et surtout pas la couverture de nos deux agents. Elizabeth et Phillip forment en effet un couple qui se fait passer pour des Américains on-ne-peut-plus moyens, vivant en banlieue, avec deux beaux enfants, et toute la collection de clichés qui va avec ; sauf qu'ils sont donc des espions russes placés là depuis des années, infiltrés dans la société, totalement insoupçonnables tant ils font partie du décor depuis toujours. Derrière l'aspect gadget de ce résumé de leur situation, se cache pourtant une richesse dramatique dans laquelle The Americans va abondamment piocher, revenant à la fois sur la façon dont ce couple s'est formé, la vie des agents avant qu'ils ne se rencontrent, le lien qui les unit dorénavant, etc... Ils forment une équipe et une famille, et l'épisode va bien garder cela en tête dés qu'il va se passer quelque chose, ces deux caractéristiques n'étant jamais traitées en prétexte mais plutôt en opportunité de faire ressortir des conflits entre les personnages, qui eux-mêmes ne sont que l'expression de leur conflit interne. Dans le premier épisode, le personnage d'Elizabeth semble légèrement avantagé, mais légèrement seulement, car en réalité ce pilote se fait fort de décrire une relation complexe, vaste et pleine de sinuosités entre deux personnes qui sont ensemble, qu'elles le veuillent ou non, et qui ont appris à le vouloir par la force des choses, et qui, peut-être, sont en train de découvrir que la force des choses ne fait pas tout.

Je ne veux pas trop vous en dire, mais ce que ce pilote accomplit avec ses deux personnages n'est rien d'autre que brillant et vibrant, l'émotion est impeccablement amenée et montrée ; et cela, tout en menant son intrigue de façon relativement complète du point de vue de l'espionnage. En effet, la mission au début du pilote est réglée à la fin de celui-ci, laissant toute la place aux épisodes précédents pour d'autres missions peu feuilletonnantes, tout en ouvrant la voie à plusieurs fils rouges issus de l'exposition elle-même. Pour moi qui ai une nette préférence pour les débuts de pilotes (c'est après tout là que tout se joue, et donc que l'on met souvent le paquet), le dernier tiers de The Americans est une absolue merveille. La montée en puissance de son intrigue, mais aussi, et surtout, de l'exploration de ses personnages, offres quelques grandes scènes à un cast qui, par ailleurs, est absolument irréprochable. J'aurais envie de vous décrire plus en avant ces scènes, ces développements, mais je ne peux le faire sans vous spoiler, et ça me ferait mal au coeur de vous casser la moitié du plaisir de découvrir progressivement les beautés de ce pilote.

Oh oui, vous pouvez croire le buzz. Tout ce qu'on vous en a dit est vrai. Avec une écriture fine et solide à la fois, une structure souple, d'excellents personnages incarnés par d'excellents acteurs, ce qu'il faut d'émotion, et beaucoup d'intelligence, The Americans s'annonce, c'est certain, comme une série avec laquelle il faudra sérieusement compter.

Ca me fait un plaisir immense que d'avoir ressenti tous ces frissons devant ce premier épisode, non seulement parce que ça n'arrive pas souvent en ce début d'année (ce qui est un peu douloureux quand je compare à l'excellent mois de janvier 2012), mais aussi parce qu'assez peu de séries ces derniers temps sont capables de me laisser pantoise sur mon fauteuil, la mâchoire pendante et les yeux humides, avec pour seule envie de me plonger dans du Phil Collins jusqu'à la semaine prochaine. Une semaine ?! Je ne tiendrai jamais.
...Mon Dieu. Un coup de coeur. J'avais presque oublié comment c'était !

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:26 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-12-12

Tu ne cilleras point

Vous vous rappelez quand j'ai dit que j'avais parfois du mal avec les séries britanniques ? Et la fois où j'ai évoqué le fait d'être assez peu friande de séries d'espionnage ? Voilà.
Donc j'ai testé Spooks.

Spooks

Cela semblait en effet incontournable. Cependant, je crois que Spooks a relativement mal vieilli, au moins si l'on s'en réfère à son pilote.
Celui-ci a en effet toutes les apparences de la série britannique typique qui me repoussait il y a encore quelques années. Pour autant qu'il s'agisse, sur le fond, d'une fiction qui semble solide, je n'ai pas pu m'empêcher en la regardant de penser à toutes les fois où (c'était alors que j'avais encore la télévision chez moi) je me dépêchais de zapper en voyant Affaires non classées le samedi soir, notamment. Dans le cas d'Affaires non classées, pas de grief contre l'écriture, qui n'était en rien responsable ; simplement j'étais rebutée par le jeu des acteurs (assez rigide), la réalisation (assez chirurgicale), et l'esthétisme (assez glacial). Il se dégageait de l'ensemble quelque chose qui ne me parlait pas, qui ne m'invitait pas à entrer dans cet univers ; j'avais aussi le sentiment d'épisodes qui ne s'adressaient pas à moi, à ma génération (ce qui est ironique quand on sait que je regarde des vieilleries sans aucun froncement de sourcil). On était au tournant des années 2000 et pourtant quelque chose m'y agrippait le pied pour me tenir dans les années 90 ; c'était en tous cas comme ça que je le vivais (alors que, encore une fois, des séries des années 90, j'en ai regardé plein, paradoxalement !).
Le pilote de Spooks m'a ramenée à ce genre d'impressions. C'est vrai que c'est un pilote qui a 10 ans, mais c'est vrai aussi que c'est un pilote qui n'a que 10 ans (d'ailleurs, je ne voudrais pas faire de généralités, mais les séries anglaises ont quant même bien progressé en 10 ans, non ?). Ce genre de réflexe infondé est justement ce que j'essaie de combattre quand je m'attaque aux séries britanniques (et allemandes, ponctuellement). Alors, contrairement à tous ces samedis soirs où j'ai fui peu courageusement devant Affaires non classées, j'ai tenu bon devant le pilote de Spooks, même si, je l'avoue bien volontiers, il y a eu des scènes pendant lesquelles j'ai dû lutter pour rester concentrée.

Pourtant Spooks est d'autant plus impressionnante qu'elle emploie des ressorts typiques de la série d'espionnage, y ajoute des procédés issus de la série policière... pour aborder en réalité un sujet de société. Peu de séries d'espionnage (et peu de séries policières en-dehors de la franchise Law & Order) sont capables de faire ce genre de pirouettes.
Ainsi, le premier épisode de Spooks, dans lequel l'équipe du MI-5 se lance sur la piste d'une terroriste américaine pro-life qui fait sauter des médecins britanniques pratiquant des avortements (et, non, l'ironie de ces actions n'échappe pas aux agents). Comme tous les espions de télévision (ou presque), il va s'agir de mettre des gens sur écoute ou de se faire passer pour quelqu'un d'autre ; comme toutes les forces de l'ordre de télévision, il va être nécessaire de procéder à un interrogatoire... Mais tout cela ne se fait pas sans réfléchir, entre autres, au sens des actions de cette activiste à l'accent du Sud des Etats-Unis. C'est ce qui m'a plu, dans ce pilote, le fait que les agents, et notamment Tom Quinn, ne se contentent pas d'intervenir sur une affaire, mais aussi d'avoir leur propre ressenti à son sujet. La discussion qui en résulte avec la terroriste, pendant l'interrogatoire, se montre à ce titre fascinante.

Après un peu plus d'une semaine passée à observer toutes sortes d'espions et d'agents secrets, c'est là que j'ai réalisé que c'est assez rare, en fait, que ces personnages aient une opinion politique ; ce qui semble être un comble car leur activité est totalement politique ! Beaucoup d'espions tentent de discerner qui sont les gentils et les méchants comme s'il y avait un absolu : je travaille pour les gentils (= le Gouvernement), ou pour les vrais gentils (= les gens de mon organisation qui ne complottent pas contre le Gouvernement, dans les cas où la série d'espionnage mette en place des éléments conspirationnistes).
C'est le cas par exemple dans ALIAS, où une grande partie de la problématique au début était de savoir à qui faire confiance, de choisir son côté. Mais pas d'avoir une opinion, in fine, sur ce qui allait réellement arriver si un camps parvenait à ses fins. Et si le SD-6, en dépit du fait qu'il n'agisse pas dans l'intérêt du Gouvernement, servait mieux le bien général que la CIA ? La question ne semblait pas vraiment se poser à Sydney Bristow. Ces derniers jours, aucune question similaire n'a semblé se poser pour Annie Walker (de Covert Affairs) ou Sam Hunter (de Hunted) non plus, qui travaillent pour un organisme, quel qu'il soit, dont elles ne questionnent jamais les intentions, mais plutôt la nature des agissements.
Ici, Tom Quinn, dont nous pouvons voir qu'il a énormément de mépris (et sans doute un peu de colère voilée) pour sa cible l'activiste pro-life, affiche clairement que la raison pour laquelle il déploie son équipe sur cette affaire : c'est non seulement parce que, tuer des gens en piégeant leur voiture, c'est illégal, mais tuer des gens au prétexte qu'ils tuent des bébés, c'est effectivement absurde et immoral. Cet engagement du personnage dans la cause dans laquelle il a engagé ses forces et celle des agents travaillant avec lui donne une dimension dramatique qui m'a semblée précieuse à ce pilote.
Cela ouvre, en outre et évidemment, le débat sur la question pro-life/pro-choice, de façon plus originale qu'à l'ordinaire ; une tâche dont en général une série juridique s'acccomplit bien plus souvent qu'une série d'espionnage ; en cela, le point de vue sociétal du premier épisode de Spooks semble vraiment original étant donné le genre.

Malgré cette vision ambitieuse de la série d'espionnage (et un coup d'oeil au résumé de quelques autres épisodes de la série semble indiquer que c'est un esprit qui dépasse le cadre du pilote), Spooks, c'est aussi une grande humilité dans sa façon de montrer le travail d'espion. Cette humilité se traduit par le choix, d'une part, de montrer des hommes et non des superhéros (la seule raison pour laquelle la bombe n'explose pas en fin d'épisode... est un vulgaire coup de chance, sans quoi tout le monde sautait), capables de faire du bon travail, mais pas à l'abri d'une bévue. L'exemple absolument génial trouvé par le pilote est quand une maison doit être mise sous écoute, évidemment en laissant l'endroit intact pour que leur cible ne se doute de rien ; sauf que lorsque l'équipe a pénétré le bâtiment, ils craignent d'avoir laissé s'échapper le chat ! Le temps perdu à essayer de mettre la main sur un bête matou, dont l'absence suffirait à compromettre l'opération, et le sentiment d'absurdité de la bévue, renforcent l'impression que parfois, remplir une mission pour le MI-5 tient à peu de choses. A cela encore faut-il ajouter les insécurités des personnages, comme dans l'échange entre Danny et l'une des collègues, laquelle explique qu'elle ne se sent pas à l'aise parce qu'il y a une procédure qu'elle n'a quasiment jamais employée. Cette humilité est précieuse, surtout si on la compare à l'incroyable aplomb d'espions qui, même débutants, semblent toujours savoir comment se comporter, et connaître leur manuel par coeur. Imagine-t-on Jack Bauer (parfait exemple du personnage d'espion pas inquiété par les questions d'humilité) admettre qu'il n'a fait une manoeuvre qu'une fois lors de sa formation ? Pas vraiment. Pourtant cela donne en un instant une épaisseur appréciable aux personnages, et les rend incroyablement plus humains.

Spooks, c'est aussi, un peu, une série dramatique, et c'est Tom Quinn (encore lui) qui incarne cet angle dans cet épisode inaugural. L'homme entretient en effet une relation naissante avec une mère célibataire, à laquelle il doit mentir sur son identité ; il se fait passer pour Matthew Archer, un simple fonctionnaire travaillant dans un service informatique. Il est clair cependant que ce mensonge ne pourra durer qu'un temps, et Quinn en semble éminemment conscient. Lorsqu'il s'absente sous un prétexte fallacieux pour passer un coup de fil ("des serveurs ont sauté ?", lui demande sa dulcinée ; "presque tous", glisse-t-il avant d'aller appeler sa collègue Zoe à propos d'une terroriste internationale), ce mensonge ne reste pas innocent ; il est surpris en pleine conversation par la fille de sa petite-amie, laquelle répètera ensuite le prénom de "Zoe" en se brossant les dents le soir-même.
Quinn s'inquiète-t-il que le nom de "Zoe", répété par la petite, éveille des soupçons chez la femme qu'il aime ? Pas vraiment : un si petit détail ne peut pas suffire à dévoiler son secret, à quoi bon chercher à empêcher la gamine de le prononcer ou s'essayer à une explication précipitée ? Mais il semble aussi tout-à-fait clairvoyant quant au fait que le mensonge ne fonctionnera pas éternellement. En fin d'épisode, il explique tout simplement qu'il a un secret, et qu'il ne peut pas en parler, et que c'est comme ça, mais que ça ne l'empêche pas de ressentir de l'attachement.
J'ai trouvé ça très touchant, bien plus que s'il avait tenté de rattraper le coup. Ce n'est pas que son coup de fil mensonger soit une menace pour son secret, c'est que son secret soit une menace pour son couple qui est immédiatement posé comme question. Cela évite bien des artifices sur l'éternel thème de la double-vie des espions.

Pourquoi j'ai, au regard de ces excellents ingrédients, eu tout de même du mal avec le pilote de Spooks ? Eh bien parce que, comme je l'ai dit, il ne s'agit pas d'une série qui nous invite à entrer aisément dans son univers ; une fois de plus, j'étais rebutée par le jeu des acteurs (assez rigide), la réalisation (assez chirurgicale), et l'esthétisme (assez glacial), quand bien même le fond de cet épisode était, répétons-le encore une fois, parfaitement intéressant. Pour une série capable d'apporter quelque chose de si humain dans sa trame, que des facteurs de forme empêchent l'empathie, l'identification ou la plupart des formes d'émotion, est vraiment dommageable de mon point de vue. Je le ressens comme une mise à distance qui ne m'aide pas à m'intéresser au reste de l'épisode, ces phases plus typique des séries d'espionnage. Ce qui fait la force de Spooks, je le sens bien, c'est qu'elle offre un peu plus que l'espionnage, mais elle ne sait pas le mettre en valeur dans son pilote.

Alors je sais, je sais, ce n'est qu'un pilote, mais tout de même, c'est supposé donner envie, pas suggérer qu'il faudra lutter et s'accrocher pour attraper "le reste", la moëlle, ce qui fait l'intérêt de la série. C'est, très sincèrement, un effort que je ne m'imagine pas faire sur toute une saison, moins encore sur dix.
Cependant, je ne vous cache pas être assez satisfaite de moi : je n'ai pas flanché, j'ai résisté à mon envie d'arrêter le pilote et d'aller plutôt folâtrer dans les couloirs du Sacred Heart Hospital (et ce quand bien même je vienne de commencer la saison 8 de Scrubs), et j'ai réussi à trouver de bons côtés à ce pilote. La téléphage que j'étais il y a quelques années n'en aurait pas eu la patience ; ce n'est pas grand'chose, mais j'ai tenu bon !
Pour ma peine, j'ai gagné le droit d'aller retrouver JD et Turk, tiens !

Posté par ladyteruki à 18:37 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

10-12-12

Agent zéro zéro

Ah, une petite vieillerie, ça faisait longtemps !
Puisqu'en ce moment je suis à fond dans les séries d'espionnage, j'en ai profité pour tenter le pilote de Get Smart, qui se situe plutôt du côté des comédies. Etant donné que les dramas sérieux sont généralement la norme sitôt qu'on parle d'espions et d'agents secrets (seule la notable exception de la pétillante The War Next Door me vient à l'esprit, et je n'avais pas encore testé Karei Naru Spy), un peu de changement m'a fait le plus grand bien après Covert Affairs ou Hunted.

La première chose qui m'a surprise... c'est le format. Allez savoir pourquoi, je m'étais convaincue que les épisodes de Get Smart duraient plutôt dans les 45 minutes. De toute évidence, j'avais oublié que les années 60 étaient beaucoup moins flexibles sur les questions de format, par rapport à aujourd'hui, où les dramédies sont venues brouiller les lignes. A cette époque, une comédie faisait presque toujours 25 minutes, à prendre ou à laisser. C'est dommage, j'en étais presque déçue en fait ; j'aurais apprécié volontiers un épisode plus long.

Mais revenons aux fondamentaux. Get Smart narre les aventures de Maxwell Smart, un espion répodant au nom de code 86. Il est considéré, pour des raisons qui échappent au commun des mortels, et au spectateurs aussitôt 2 minutes d'épisode révolues, comme l'une des valeurs sûres de son agence appelée CONTROL, ce qui aurait tendance à jeter un lourd discrédit sur celle-ci, si vous voulez mon avis.
L'ennemi juré de Smart, c'est la terrible organisation KAOS, une sorte de ligue de superméchants si j'ai bien compris. Mais en réalité, cela importe peu : les aspects mythologiques sont assez inutiles dans le contexte d'une comédie.

GetSmart

Dans le pilote, voici donc Smart envoyé sur une nouvelle mission : un savant a été kidnappé, et la formidable machine destructrice qu'il avait inventée a été dérobée. A charge pour Smart de rétablir l'ordre dans le chaos (ah ah) qui pourrait résulter de ce mauvais coup de KAOS, et de sauver le scientifique par tous les moyens. Pendant tout l'épisode, en réalité, le mystère sera absent. Qui a permis à KAOS de pénétrer le laboratoire du savant ? On le saura en quelques secondes alors que le complice de KAOS lancera des oeillades appuyées et machiavéliques à la camera sitôt Smart le dos tourné. Mais dans le contexte de Get Smart, on s'en fiche ! Cela ne fait que souligner l'incompétence pathologique de Smart.

Soyons honnêtes, Maxwell Smart n'est pas simplement un gros nul (c'est comme ça qu'il parvient à être attachant). Comme beaucoup de héros de son temps, il est aussi profondément naïf et fondamentalement malchanceux. Par exemple, quelles étaient les chances que la phrase secrète qu'on lui a donnée afin de reconnaître l'agent 99 dans un lieu public, soit précisément celle qui fait les gros titres des journaux ce jour-là ? Bon, alors disons que la poisse n'arrange rien. Car peu de personnages de séries méritent moins leur patronyme que Smart, vous allez le voir.
Heureusement, il peut compter pendant cette mission sur deux autres agents, un qu'il connaît et avec lequel il a justement demandé à retravailler, l'agent K-13, qui accessoirement est un chien, et la fameuse agent 99. Dont Smart va réaliser à peu près à mi-épisode qu'elle est une femme. Je vous le disais, ce n'est pas une flèche. C'est l'agent 99 qui a l'esprit suffisamment vif pour conduire la mission (et l'agent K-13 pour lui sauver la vie), et qui va orienter Smart dans la bonne direction.
Du côté de la dynamique entre les personnages, ma déception vient en réalité de 99, de la part de laquelle j'attendais un peu plus. Elle est visiblement supposée être plus maligne et plus débrouillarde que Max Smart, mais, peut-être parce que ce ne sont que les années 60 (quoique, c'est l'époque de Chapeau Melon et Bottes de Cuir), ou peut-être parce qu'il ne s'agit que du pilote, elle n'en est pas au point où elle est assez mise en avant. Je m'attendais à ce qu'à plusieurs reprises, ce soit elle qui se porte au secours de son coéquipier, mais elle est quand même là dans le rôle du faire-valoir.

Le plus ennuyeux vient probablement des rires enregistrés ; plus que l'image en noir et blanc, ou que le type d'humour de la série, c'est ce qui rend la série moins appréciable pour le spectateur moderne (en l'occurrence une spectatrice qui pourtant, n'a pas de problème pour regarder une série un peu ancienne). Get Smart vieillit assez mal de ce point de vue, et c'est dommage car sur le reste, l'épisode reste plaisant, et j'ai même rie deux ou trois fois à voix haute, ce qui n'arrive pas si souvent. Même les gags un rien prévisibles pourraient fonctionner un peu mieux sans ces rires qui donnent l'impression de regarder le gentillet Ma Sorcière Bien-Aimée.
Le fait que Get Smart donne, au stade de son pilote, tous les signes de la série absolument pas feuilletonnante (l'époque veut aussi ça, je vous l'accorde), n'est pas très rassurant sur les capacités de la série à s'améliorer sur certains aspects. Quel besoin d'améliorer le personnage de 99, par exemple, si d'épisode en épisode on peut reprendre la même formule encore et encore ?

Pour culture téléphagique, il me semblait important, dans ma période "séries d'espionnage", de regarder Get Smart. Mais ce n'est pas une série que son pilote m'encourage à regarder ensuite. Il y a des séries parmi ses contemporaines qui méritent bien plus qu'on leur consacre du temps. Cependant, j'ai passé un bon moment, et si vous avez une petite demi-heure à tuer, je recommande de tout de même tenter le coup.

Et au fait, quelqu'un a vu le film avec Carell et Hathaway ? Ca vaut quoi ? Je crains le pire...

Posté par ladyteruki à 22:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

07-12-12

Une série sachant chasser...

Des pilotes, quand il n'y en a plus, il y en a encore. L'avantage d'avoir traîné les pieds pour quelques uns des pilotes de la rentrée (qu'il s'agisse de les reviewer ou carrément de les regarder), c'est qu'au moins, je suis certaine de ne jamais être à court de pilotes même en plein mois de décembre. Who am I kidding ? Je trouve des pilotes toute l'année ! Mais dans le cadre de notre défi, avec whisperintherain, je sais pas, ça donne une dimension à part que de savoir que j'ai encore des pilotes récents sous le coude.
Mon camarade, n'en doutons pas un instant, devrait prochainement parler lui aussi de ces pilotes mis entre parenthèses, et au bas de ce post, vous trouverez l'habituel lien vers son blog afin de comparer nos points de vue. Mais pour le moment, il est l'heure pour moi de vous parler de Hunted.

Hunted

Mais d'abord, un petit aparté sur les réseaux sociaux. Il n'est de secret pour personne que j'ai une nette préférence pour Twitter, dont l'activité permanente et excitante me semble correspondre à mes attentes ; pour picorer un maximum d'infos et d'avis au rythme de 100 tweets à la minute, j'aime bien y passer du temps. J'aime aussi y passer juste une tête, quand de temps, je n'ai point. Pendant un petit moment cet automne, ça a été le cas, je fais des apparitions très sporadiques (emploi du temps complexifié oblige), et du coup, j'ai eu le sentiment de tomber sur des fragments très parcellaires de retours sur certaines séries. L'une d'entre elles était Hunted. En gros, j'ai eu l'impression que chaque fois que je venais faire un tour de clic sur Twitter, il y avait quelqu'un pour dire quelque chose du genre de "Pas très convaincant #Hunted". C'était laconique, expéditif, et pas vraiment encourageant.
Et le plus fou, c'est que de petites phrases comme celles-là, vagues, ont un énorme pouvoir sur l'esprit. Pour moi qui n'ai pas toujours (on a pu le voir cette semaine) de passion pour les séries d'espionnage, ça a été radical : j'ai reporté autant que possible le moment où je pourrais me mettre devant le pilote de Hunted.
Bien plus destructeur que la critique assassine : la petite phrase désabusée. Carnassier. C'est bien plus difficile de s'en distancier que du post lapidaire, en fait. J'avais jamais remarqué à quel point.

Alors, puisque cette semaine, tout d'un coup, je me découvre une curiosité pour les séries d'espionnage (ne nous mentons pas, ça m'aide bien aussi pour le boulot ; vous savez, le nouveau), j'ai décidé de me prendre par la main et de tenter Hunted. Et au terme de ce post, je vous le promets : il n'y aura pas de petite phrase vague, que des jugements nets, dont vous pourrez ensuite faire ce que vous voudrez. C'est mon engagement solennel du jour.

Hunted commence sur une affaire assez floue, au coeur de Tanger. Notre héroïne, Sam Hunter (har har har), est en mission d'infiltration auprès de ce qui semble être un malfrat francophone (mais au vu de l'accent, pas convaincue qu'il soit français), et dont l'objectif est de se rapprocher de lui, ce qui naturellement implique une relation charnelle, afin de pouvoir libérer un scientifique qu'il retient en otage pour on ignore quelle raison. La mission se déroule plutôt bien, le scientifique est libéré, mais au moment de prendre le large, la vie privée de Sam la rattrape : elle a en effet une aventure avec un membre de son équipe, Aidan, et tous les deux commencent à caresser l'idée de tout plaquer (et peut-être élever des chèvres dans le Larzac, ils précisent pas), d'autant que Sam a une nouvelle importante à annoncer à Aidan : elle porte leur enfant. Mais juste avant l'heureuse annonce dans un lieu connu seulement d'eux deux, où ils s'étaient donné rendez-vous, des hommes débarquent pour tuer Sam. Elle s'en sortira, mais pas leur enfant...
Un an plus tard, Sam, qui avait totalement disparu de la circulation, refait surface, reprend son ancien job dans l'espionnage, et semble bien décidée à savoir qui a commandité son exécution, et probablement à se venger...

Autant le dire tout de suite : Hunted est extrêmement brouillonne. Et/ou pas adaptée à mon cerveau lent. Mais franchement, le début d'épisode est si peu bavard qu'il m'a fallu un bon quart d'heure avant de connaître le nom de l'héroïne, et pire encore, avant de savoir quel était son boulot. Parce que posons les choses clairement : s'il faut 15mn au spectateur (fusse-t-il une spectatrice qui se traine une bronchite insupportable depuis deux semaines) pour comprendre que Sam Hunter n'est pas espionne pour un pays, mais pour une compagnie privée, on a quand même un soucis. Et j'ajouterai que si je n'avais pas dégainé Wikipedia avant de rédiger mon post, je ne serais même pas capable de donner le nom de cette compagnie privée. Alors à partir de là, il faut bien admettre que l'exposition de Hunted a, comment, dire, quelques légères lacunes.
Ces lacunes sont soulignées, pendant les premières scènes qui ouvrent le pilote, par une totale confusion des objectifs. L'idée est sans doute de nous surprendre à peu près autant que la proie de Sam est surprise lorsqu'elle découvre avoir été piégée, mais très sincèrement, c'est frustrant côté spectateur. La suite du pilote suggère qu'en réalité, cette première mission pourrait trouver des explications et des approfondissements par la suite, mais ce n'est même pas garanti, ça peut tout-à-fait être moi qui extrapole à partir d'une coupure de journaux.
Certes, il est très facile d'expliquer pourquoi l'exposition de Hunted est floue : la série a voulu ne pas tomber dans le piège de la voix-off. Et il faut admettre que d'une façon générale, ça fonctionne bien d'un point de vue esthétique, au sens où, plutôt que de privilégier une explication verbale des évènements ou des objectifs, on tombe dans quelque chose d'assez léché, ponctué à plusieurs reprises de séquences type clip video qui sont du plus bel effet. Mais on voit bien les limites de ces effets quand ils sont mal maîtrisés, et ces limites s'expriment dans l'impression de totale ignorance du spectateur d'une bonne partie des enjeux.

Ca ne rend pas service au pilote de Hunted, donc, et ce de façon double. D'abord, à cause du sentiment de confusion, je l'ai dit. Et ensuite, voire surtout, parce que ce procédé (ou cette non-maîtrise du procédé) a une répercussion perverse sur le mental du spectateur : celui-ci va scruter chaque scène, chaque plan, pour en tirer une substantifique moëlle de contexte. Or, aiguiser l'esprit d'observation et de critique du spectateur le désengage totalement sur un plan émotionnel, pour l'amener à se focaliser sur un aspect plus cérébral du visionnage ; en soi ce n'est pas un tort... sauf quand l'ouverture du pilote, c'est-à-dire le moment absolument critique pendant lequel le spectateur se forge sa première impression, est constituée de plusieurs scènes d'action. Au lieu de laisser l'adrénaline monter, le spectateur, qui était en quête de sens, découvre des mecs qui préfèrent hurler sur l'héroïne libérant l'otage, plutôt que de lui tirer dessus à bout portant, par exemple. Et du coup ça semble horriblement téléphoné.
On ne le dit pas assez, mais écrire un pilote (plus que n'importe quel autre épisode d'une série), c'est de la manipulation mentale. On est supposé anticiper ce qui se passe chez le spectateur pour le faire accrocher à un univers dont il ignorait tout quelques minutes plus tôt. Comment peut-on mener un spectateur par le bout du nez quand on l'oriente dans la mauvaise direction, qu'on l'oblige à réfléchir et analyser, alors qu'on lui fourgue des séquences d'action ? Il y a clairement un gros problème dans la façon dont Hunted envisage de faire passer son message initial sur la série. Je soupçonne que les messages que j'ai attrapé au vol sur Twitter ne soient pas sans rapport avec cette énorme maladresse.

Curieusement, une fois que cette partie à Tanger est révolue, pourtant, le spectateur comme la série semblent trouver leurs marques et fonctionner de façon plus synchronisée. Il y a encore, c'est net, des zones d'ombres (et pas juste parce que l'héroïne elle-même est en quête d'une certaine vérité), mais c'est moins grave, et surtout, la fin de la séquence Tanger s'est conclue sur un ressort si dramatique que le spectateur noue enfin des liens émotionnels avec Sam, et s'embarque avec elle en prenant moins de précautions et de distance. Sincèrement, il aurait fallu commencer par emmener le spectateur sur ce terrain-là dés le début, mais le mal est fait, que voulez-vous.
En perdant son enfant dans la fusillade... hop-hop-hop ! Quoi ? Perdre son enfant, vous dites ? En fait, je n'en suis pas convaincue au terme de ce pilote. Déjà parce que, étant moi-même détentrice d'un utérus, je ne vois pas trop en quoi une perforation de la hanche entraînerait forcément la perte d'un enfant. Et Sam aura beau nous montrer, d'abord son abdomen ensanglanté, puis son épouvantable cicatrice un peu plus tard dans l'épisode, eh bien ça ne veut absolument rien dire. Et surtout, nous avons eu droit à un saut dans le temps d'un an ; il peut s'être passé absolument n'importe quoi. Le fait que Sam se soit vraisemblablement entraînée pendant un an afin d'accomplir sa vengeance ne signifie pas qu'elle n'a pas eu d'enfant. J'aurais même tendance à dire que les troubles psychologiques dont elle fait montre pendant le pilote (cauchemars/flashbacks répétés et mêlés) tendent plutôt à indiquer que le seul deuil de son enfant n'est pas la cause de son état un an après la fusillade. Mais même en ayant ce doute à l'esprit, cette partie du pilote a su plus remporter mon adhésion, tout simplement parce qu'on prend le temps de s'arrêter sur la psychologie du personnage, son tempérament, et en filigrane, son plan, et c'est quand même diablement plus intéressant.

La troisième partie du pilote, une fois que Sam a réintégré son poste dans la fameuse organisation privée Byzantium (je vous le dis comme une évidence, mais rappelons que sans Wikipedia, au bout de 45mn de pilote, je serais toujours incapable de donner le nom de la compagnie qui emploie l'héroïne de la série !), est plus classique. Tout en utilisant les éléments avancés dans les deux parties précédentes, c'est-à-dire l'expérience traumatisante de Sam à Tanger et sa volonté de trouver qui a causé la fusillade qui a failli lui coûter la vie, Hunted revient à une mission d'espionnage plus classique, dans laquelle Sam doit s'infiltrer dans la famille d'un riche criminel. Pour cela, son équipe va feindre l'enlèvement du petit-fils de la cible, faisant de Sam la bonne samaritaine qui le sauve d'un kidnapping imminent ; conformément au plan, Sam est ensuite prise en pitié par le fils de la cible qui l'embauche pour devenir la tutrice de l'enfant (dit comme ça, ça parait effectivement un peu gros, mais quand on regarde l'épisode, ça passe). Sam doit en effet se faire passer pour une jeune veuve qui cherche un travail et une nouvelle vie, ce qui est parfait pour le fils et le petit-fils de la cible qui ont perdu, respectivement, une épouse et une mère. La séquence pendant laquelle les deuils se répondent est relativement bien construite, d'ailleurs, pour que la mission reste imbriquée dans les traumatismes de l'héroïne de Hunted ; mais il manquait peut-être un petit supplément d'âme pour faire verser une larme au spectateur.

Dans le fond, Hunted n'est pas mauvaise. D'un point de vue visuel, elle s'en tire très bien, par exemple ; son intrigue n'est pas trop capillotractée à ce stade non plus (même si on peut aisément imaginer que les choses vont se corser ensuite), si bien qu'on n'a pas l'impression d'être plongé dans un monde surréaliste. Les troubles qui agitent Sam dépassent le simple traumatisme de la fusillade dont elle n'aurait jamais dû réchapper, et ses cauchemars sont assez éloquents sur le nombre de raisons qui peuvent faire d'elle un personnage torturé, et donc dramatiquement intéressant.
Cependant, outre l'exposition floue dont j'ai déjà parlé, Hunted souffre d'un autre soucis : son mutisme obstiné. En cherchant l'effet de style, les passages dénués de dialogues, et les séquences de flashback, la série voudrait paraitre dramatique, mais elle se montre en fait assez imperméable à plusieurs reprises. On aimerait vraiment ressentir la rage, la douleur, ou simplement l'obstination de Sam. Quelle que soit l'émotion qu'on souhaite montrer, il faudrait... la montrer. La rendre tangible (sans jeu de mots). Au lieu de ça, on ne ressent jamais vraiment l'émotion jusqu'au bout, quand bien même l'ensemble fait sens. Il s'en est fallu de peu parce que la réalisation est bonne, l'écriture pas si piteuse que ça (des maladresses ne signifient pas une incapacité totale), et...

Et, eh bien, il y a la question du casting. J'ai toujours eu des sentiments mêlés envers Melissa George. C'est difficile de déterminer, parfois, si notre idée d'un acteur ne découle pas directement de notre idée d'un de ses personnages qui nous a marqués. Dans mon cas, j'ai découvert Melissa George avec Voleurs de Charme et ALIAS (deux rôles d'espionne, au passage), des rôles pas franchement sympathiques, osons le dire, mais pas non plus profondément antipathiques; mais en jouant une "peste" ou une "ennemie", clairement Melissa George n'était pas là pour se faire des copains parmi les spectateurs. Sa prestation dans In Treatment, loin d'être mauvaise ou dépourvue de nuance, m'avait profondément mise mal à l'aise ; c'est assez récurrent dans mon rapport à la série, cependant, donc une fois de plus je n'en avais pas rendu George responsable. Pour finir, son personnage dans The Slap était loin d'être voué à l'adoration du public, mais son interprétation m'en avait semblé solide. Mais si, en fin de compte, je m'étais trompée ? Si Melissa George était en fait bien moins capable de subtilité que je le pensais ?
La question mérite d'être posée car, déshabillée de ses dialogues, Sam Hunter est réduite aux expressions de Melissa George, et... ça ne fonctionne pas. Le courant ne passe pas. On sent bien que ce qui lui arrive est atroce, mais de là à en avoir le coeur serré, il y a un énorme pas à franchir. Et vu que le reste n'est pas systématiquement à blâmer, il faut peut-être envisager la possibilité que ce soit, pour tout ou partie, la faute de l'actrice.

L'avantage de Hunted reste cependant, si j'en crois ce pilote, que la série est bien plus feuilletonnante que la plupart des autres séries du genre, comme justement Covert Affairs dont on parlait plus tôt cette semaine (d'ailleurs j'ai regardé deux épisodes de plus de Covert Affairs, je confirme que ce n'est pas aussi répétitif que je le craignais, mais l'aspect formulaic fait que Covert Affairs ne comptera jamais parmi les séries prioritaires sur ma liste). Si la question de la vengeance n'est pas d'une originalité inouïe, il faut quand même admettre que suffisamment d'éléments sont en place autour de ça pour donner une série assez intéressante à suivre, voire peut-être même passionnante si elle se décoince sur l'aspect adrénaline et/ou émotion. Ce qu'elle ne semble pas en mesure d'accomplir pour le moment n'est pas néncessairement hors de portée pour le futur... Car aux traumatismes d'enfance, à la vengeance, aux peines de coeur (en retournant bosser pour Byzantium, Sam retrouve Aidan), à la mission d'infiltration, il faut encore ajouter des intrigues d'espionnage typiques, comme le fait qu'il y a probablement une fuite au sein de l'équipe (juste une théorie : se pourrait-il que cette fuite boive du lait non-pasteurisé ? Je me comprends) ou simplement les cas de conscience que posent une mission d'infiltration touchant à un enfant au psychisme fragile.
Quand on y réfléchit, Hunted a quand même un diable de potentiel ! Il y a vraiment de quoi faire une série foisonnante, à condition évidemment de ne pas se perdre dans tous ces axes.

Sans aller jusqu'à mollement dire que Hunted n'est "pas très convaincante", il est clair que son pilote a quelques défauts, et non des moindres, mais elle n'a pas non plus les signes avant-coureurs du désastre télévisuel. Je ne sais pas, moi : on me donne le choix entre Hunted et Undercovers, bon, c'est tout vu, quand même ! Et comparé à ALIAS, pour reprendre la thématique de l'héroïne qui fait cavalier seul dans un monde truffé d'espions, Hunted a vraisemblablement bien plus de choses consistantes à raconter d'entrée de jeu.
En mon âme et conscience, je ne peux pas dire que le pilote de Hunted est bon, pourtant. Il manque des ingrédients pour vraiment pouvoir dire que Hunted est une bonne série. Il ne manque vraisemblablement pas une vue à long terme (ce qui peut être le piège pour une série d'espionnage), mais il manque un peu de poudre de perlimpimpin pour faire en sorte que le spectateur ferme ses jolis yeux et se laisse emporter.

Je ne sais pas, au juste, comment appeler cette petite chose qui fait qu'on va avoir envie de se lancer à corps perdu dans une série qui a plein d'idées, qui est bien foutue et à laquelle on a envie de pardonner les moments d'égarement, mais cette petite chose, Hunted n'en fait pas la démonstration pendant son pilote, et c'est ce qui fait qu'il est si difficile de lui pardonner ses fameux moments d'égarement, quand bien même il semble plutôt injuste de lui en tenir rigueur quand on voit le niveau général de la série.
C'est peut-être de cela que Sam Hunter devrait avant tout se mettre en chasse. Ca résoudrait pas mal de problèmes...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 20:50 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-12-12

I spy, I spy

Tiens, bah puisque j'en suis à tenter des séries d'espionnage, après Covert Affairs, j'ai voulu regarder le pilote de Spy, une comédie britannique dont j'avais vaguement entendu parler. Et par "vaguement" je veux dire que j'ai découvert son existence en lisant une news à propos de sa saison 2 (j'ai encore deux-trois progrès à faire côté séries britanniques, on le sait tous). A la bourre, donc mais plus j'y réfléchis plus ça a l'air d'être un problème récurrent dans mon rapport aux séries d'espionnage je vais vous parler du pilote...

Spy-LOGO

Il faut dire que ce premier épisode est très long au démarrage. La séquence d'ouverture est supposée être drôle mais ne l'est pas du tout. On parle d'un personnage dont la situation est très proche de celle de Woodley, mais au lieu de nous le rendre attachant, on nous le présente comme un pauvre type qui peut se faire lyncher par son ex, le nouvel amant de son ex, et même (voire surtout) par son jeune fils, ce qui tourne plutôt au lynchage qu'autre chose. Et vous le savez, je réagis assez mal à l'humiliation d'un personnage érigée comme alpha et omega d'une série (ça me le fait au moins depuis The Comeback, alors c'est pas d'hier !), du coup, les débuts de cet épisode de Spy ne m'ont pas arraché le plus petit rictus.

Ca a donc pris du temps avant que je ne me détende, mais on y est finalement arrivés. Pour cela, il a fallu que l'épisode insiste énormément sur l'inversion de rôles entre le père et le fils. C'est cet effet délicieux qui, à force de répétition du procédé, permet de vraiment accrocher à l'humour de la série, et de lui donner un ton bien particulier, loin du simple personnage piteux et ridicule. En décidant d'avoir un petit garçon haut comme trois pommes qui donne des leçons de maturité à son père avec un grand naturel, Spy met le doigt sur quelque chose de précieux qui, au bout de quelques scènes à ce régime, est devenu un absolu bijou en milieu d'épisodes, lorsque le fils fait passer au héros un faux entretien d'embauche pour se tester. Le fait que ça ne semble choquer absolument personne dans la série que ce gamin soit si mature et si adulte dans son comportement (et ça avait besoin d'être établi au cours des scènes précédentes, justement) fait que cette séquence m'a littéralement fait m'esclaffer à voix haute, ce qui ne m'arrive pas souvent devant une comédie.

Ok, à partir de là, Spy trouve ses marques, son rythme, et son ton, c'est visible, même si ce n'est pas parfait.
Tout l'enchaînement qui conduit à l'entretien pendant lequel Tim, le héros, apprend qu'il a été sélectionné pour devenir agent secret au service de Sa Majesté (il postulait pour un job au service informatique...) est réussi et plutôt efficace, en dépit de quelques lourdeurs. Le seul vrai problème tient dans le fait qu'on a vu arriver très tôt ce retournement de situation ; j'aurais préféré que les responsables qui lui font passer les tests ne soient pas eux aussi mis dans une situation embarrassante. C'aurait quand même été vachement plus drôle s'ils prétendaient effectivement passer des annonces à l'ANPE pour recruter leurs agents secrets ! Au lieu de ça, Tim devient un agent secret malgré lui ET malgré ses patrons, bien obligés de l'engager vu qu'il a l'air de répondre à leurs critères, même si de toute évidence il n'est pas du tout préparé pour la réalité de cet emploi. Ca en dit long sur le nombre de bras cassés dans cette série...
En tous cas, l'épisode se décongestionne donc avec le temps, ce qui ne peut vraiment pas lui faire de mal. Mais j'avoue que j'ai plusieurs fois été tentée de décrocher, et il s'en est fallu de peux pour que je n'en vienne pas à bout.

Spy n'est de toute façon pas très révolutionnaire dans son objet. On se souviendra que déjà à l'apoque de Get Smart, un agent secret improbable passait son temps à faire des bourdes mais qui ne garde son job que grâce à une chance insolente (faudrait un jour que je me le fasse, ce pilote de vieillerie, d'ailleurs, à force d'en entendre parler...), et c'était dans les années 60 ; depuis, des agents-malgré-eux, il y en a eu trois douzaines, à l'instar de Chuck (dont la parenté est d'autant plus évidente qu'il y a le boulot dans un magasin d'électroménager). La seule chose qui fait une différence, c'est que pendant que Tim sauvera le monde, son entourage proche, ou au moins son ex-femme et son fils, continueront de le prendre pour le dernier des minables, puisqu'il a interdiction formelle de parler de son boulot à qui que ce soit, bien qu'évidemment, la première chose qu'il fasse est de se confier à l'un de ses amis ("do you see how bad I'm going to be at this ?", lâchera-t-il en réalisant sa gaffe). Toujours ce côté un peu humiliant qui risque de ponctuellement me rebuter...
Mais bon, la première saison n'est pas longue, donc à la rigueur, pourquoi pas.

Et sinon qu'est-ce que je fais, je tente d'autres séries d'espionnage dans la foulée ? Surtout que j'ai toujours pas touché au pilote de Hunted... Faut voir. Tiens, j'ai souvenir d'une série japonaise, Karei Naru Spy, aussi, dans le genre, je vais aller la cagouler tant que je suis motivée...

Posté par ladyteruki à 22:53 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

01-10-12

Sex & the psy

Si aujourd'hui est devenu (relativement) aisé de parler de séries canadiennes entre téléphages, y compris si elles sont issues du câble, il y a encore quelques années, c'était encore beaucoup plus difficile. En 2004 seulement, apparaissait Show me yours, une petite dramédie qui a duré deux saisons sur Showcase. Et jusque là, vous n'en aviez encore jamais entendu parler.
Moi non plus, à vrai dire ; mais quand j'ai commandé mon DVD de Hounds il y a quelques semaines sur un site néo-zélandais (Mighty Ape, dont je vous ai déjà parlé), j'ai remarqué que le prix de l'intégrale en DVD de Show me yours valait une misère. Alors, frais de port pour frais de port... autant se payer deux saisons d'une série que je n'avais que peu de chances de voir autrement.

Evidemment, c'est le visionnage de Hounds qui a eu ma priorité, mais j'ai fini par glisser un oeil sur mon "investissement" tout de même.

ShowMeYours

D'entrée de jeu, il est clair que Show me yours est une série appartenant à la famille des séries de Cinemax, en particulier celles de Max After Dark (vu qu'il est encore difficile de savoir avec précision ce qu'il faudra attendre de Banshee ou Sandbox, et qu'on sera fixés dans quelques jours pour Hunted). Q quand je dis qu'elle est de la même famille, ce n'est certainement pas une parenté officielle (Cinemax est une chaîne US), mais clairement, tous les ingrédients y sont : un côté un peu sexy, écriture gauche, production value pas franchement impressionnant... Les acteurs sont d'ailleurs à l'avenant.
Bon, clairement, quand je vois des séries comme A Girl's Guide to Depravity, Chemistry ou Zane's Sex Chronicles, ma première pensée n'est pas exactement de me retrouver avec un DVD de l'intégrale pour pouvoir le regarder encore et encore et encore. Ce sont les dangers de l'achat à l'aveugle, ma foi.
Pour autant, dans le genre "petite dramédie sexy", Show me yours n'est pas la pire (la palme revient à Chemistry en ce qui me concerne). Mais vous allez voir que même dans cette catégorie peu exigeante, elle n'est pas la meilleure.

L'histoire est celle de Kate, une séduisante jeune femme (évidemment) qui est aussi thérapeute. Tout va pour le mieux dans sa vie : elle travaille sur un bouquin, a un épatant petit ami, bref, tout roule. Lorsqu'elle rencontre à un mariage un type du nom de Benjamin, un biologiste un rien arrogant, elle pense au départ qu'elle le déteste, mais force est de constater, quand il lui vole un baiser, qu'elle est en réalité attirée par lui. Par-dessus le marché, l'éditrice de Kate trouve absolument génial (et vendeur !) l'idée que tous les deux puissent écrire ensemble un livre de sexologie ; comme ils ont des points de vue radicalement différents sur la question, par déformation professionnelle ET par tempérament personnel, forcément, leurs deux avis sur une même chose peuvent provoquer des débats intéressants...
Voilà pour le pilote.
Enfin pas tout-à-fait, puisque ce premier épisode ne se contente pas de discuter. Rapport au fait que c'est quand même une série de softcore, pas une thèse universitaire !

Pour leur première séance "d'écriture" (qu'ils disent), Kate et Ben vont commencer à évoquer des anecdotes sexuelles... celle de Ben ressemble à un cliché tout droit issu d'un roman Harlequin, avec torse luisant, décor exotique et tout le toutim. Ce qui n'a pour effet que d'encore plus émoustiller notre héroïne...
Or, le problème de Kate, méchamment attirée par Ben et son attitude si insolente, c'est évidemment qu'elle est déjà en couple. Mais au-delà de l'aspect soapesque, ce qui l'ennuie au moins autant, c'est d'admettre qu'elle est attirée par un type qui est tout le contraire de ce qu'elle prône en matière de sexualité ; en cela, le conflit qui est supposé agiter le personnage acquiert une petite dimension secondaire vaguement plus intéressante que la simple envie de batifoler avec un insupportable beau gosse. On n'est clairement pas dans le triangle amoureux. Mais ce dilemme a aussi des conséquences très négatives...

Car le plus gênant dans Show me yours, ce n'est pas vraiment que Kate va passer son temps à parler fantasmes avec Ben en dépit du fait qu'elle ne s'autorise pas à concrétiser.
Ce jeu autour du désir n'est finalement pas si mal, et fonctionne bien mieux, dans le contexte d'une série vaguement érotique, qu'un classique vont-ils-ne-vont-ils-pas, en cela que le spectateur n'est pas le seul à se demander si ça va se faire : les héros aussi (Ben n'est pas là juste pour l'amour de la littérature, hein, il veut aussi se faire Kate). Le suspense n'est pas vraiment à son comble, car la série n'est pas écrite pour qu'on en fasse l'objet de notre attention, mais dans la façon de s'observer, se quereller, et se fantasmer l'un l'autre, leur chassé-croisé à du sens.
Non, le vrai truc qui me chatouille dans ce pilote, c'est que Kate est une gentille femme qui a un gentil métier, un gentil petit ami, un gentil tempérament, de gentilles convictions... et que franchement, le personnage est un cliché ambulant de la faible femme qui pense que le sexe doit être une chose jolie et douce et pure et pleine de sentiments avec un type qui a une "situation" et qu'on peut présenter aux copines.
Oh, eh. Va pas me faire croire qu'avec les litres qu'elle dépense à baver (mais oui baver, vous pensiez que j'allais dire quoi ?) sur la perspective de se taper Ben, Kate est une pauvre innocente ! A d'autres. Pourtant c'est bien le portrait qui en est fait : Kate est une pauvre femme qui met les sentiments, la tendresse et la bien-pensance (osons le dire) avant le désir et la passion. Un cliché ambulant, vous dis-je. Qui ne va pas se dire qu'elle n'a qu'à coucher avec Ben si ça lui chante, qu'elle ne va pas non plus se séparer de son prince charmant parfait (bien qu'un peu transparent) pour lequel elle ne ressent pas vraiment d'excitation, non, elle va juste préférer la frustration au nom d'un principe dont elle est convaincue pour on ne sait quelle raison : c'est pas bien.
Du coup, en faisant une série clairement orientée vers les femmes (ça papote beaucoup moins quand on crée une fiction érotique pour les hommes...), Show me yours trouve le moyen de se montrer assez réductrice en matière de plaisir féminin : le sexe, c'est bien d'y songer, mais pour le passage à l'acte, ouhlala, comme vous y allez, surtout pas avec qui on veut, hein, il faut rester des bonnes filles.

Et c'est finalement pas mieux pour Ben qui devient, un peu comme avec des vases communicants, le mec pas très recommandable voire un peu rustre, le type qui n'a qu'une idée derrière la tête et qui ne poursuit qu'un but.
On parle souvent des fictions sexistes dans lesquelles les femmes sont soit des putains, soit des madones ; eh bien de la même façon, c'est fou le nombre de séries à destination du public féminin qui classent les hommes soient dans la catégorie soit du parfait fiancé, soit du sale type forcément tordu (voir aussi ma review de la première saison de Girls). C'est au moins aussi réducteur, et le cliché est épuisant dans un sens comme dans l'autre.

Alors sur moi, en fin de compte, Show me yours n'a pas trop fonctionné. Entre l'érotisme cliché et les personnages qui le sont à peine moins, on ne peut pas dire qu'il y ait quelque chose à sauver.
A choisir, en matière d'énumération de fantasmes, Zane's Sex Chronicles sera, quelques années plus tard, plus honnête : on y explore ainsi des situations tout autant rocambolesques (dans le pilote, l'une des héroïnes imagine se faire prendre dans une laverie automatique, par exemple), mais sans que les femmes soient ainsi confinées dans un rôle rigide, celle de la nana qui n'a que son fantasme auquel songer, vu qu'elle ne peut concrétiser parce que ça ne se fait pas ; les héroïnes de Zane's Sex Chronicles passent à l'acte (qu'elles soient célibataires ou en couple). Kate est ici vissée dans une position d'impuissance ; les principes qui l'empêchent de concrétiser avec Ben sont de simples conventions : elle ne semble jamais vraiment éprise de son compagnon, elle n'est pas mariée à lui... en bref, elle a des options pour se sortir de cette situation, mais la série préfère jouer sur le principe qu'elle n'a pas le choix (grâce au gadget scénaristique de l'éditrice qui force leur coopération).

En tous cas dans le pilote. Ca se trouve, quelque part pendant les deux saisons, Show me yours permettra à Kate d'entrer plus activement dans le jeu de séduction, au lieu de se liquéfier devant le fruit interdit. On sait pas. Tout peut arriver. Sauf que je n'y crois qu'à moitié. Je soupçonne la série de reposer plutôt sur le concept de l'attraction perpétuellement rendue impossible sous un prétexte fallacieux. Et c'est dommage parce que, même sans pour autant coucher avec Ben, Kate pourrait participer à ce "concours de fantasmes" de façon un peu moins victimisante, et pourrait elle aussi essayer de faire saliver Ben avec des histoires croustillantes. Pour l'instant on en est loin.

Bon, ce n'étaient pas les euros les mieux dépensés de ma carrière de téléphage, c'est net. Vu que les scènes chaudes ne sont pas vraiment excitantes parce qu'elles sont stéréotypées et tout de même assez timorées, on ne peut pas dire que je me sois payée un DVD érotique qui va beaucoup servir pour les soirées d'hiver ! Je vous l'avoue, d'ailleurs : j'ai regardé ce pilote il y a une bonne dizaine de jours et je n'en parle que maitenenant (donc de mémoire), parce que franchement c'est pas l'enthousiasme qui m'étouffait.
Alors ok, je l'admets, sur ce coup j'ai pas eu le nez creux. Quand ça arrive, il faut le dire aussi. Cependant, si vous êtes moins regardant que moi, ça se trouve, ça vous plaira, hein... les dégoûts et les douleurs, ça ne se discute pas.

Posté par ladyteruki à 18:32 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]