ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-04-13

What happens in Paradise, stays in Paradise

La première saison de Bunheads écoulée, je n'avais pas encore écrit de review sur celle-ci, parce que, bon, bref, passons. Mais à la faveur d'une intégrale cette semaine, je me suis dit qu'il était grand temps d'en dire quelques mots. Et je préfère vous préparer psychologiquement : ils seront dythirambiques.
Majoritairement.

Bunheads avait vraiment été un coup de coeur pour moi l'été dernier ; le preair du pilote figure facilement dans le Top3 des épisodes que j'ai le plus regardés en 2012, et je ne parle même pas des extraits que je me suis gardés pour pouvoir rire un bon coup de temps en temps. L'énergie de ses épisodes était très communicative, et ce, en dépit de son pitch pas forcément très excitant pour une trentenaire telle que moi. Mais voilà : lorsque l'on parle de Bunheads, il est difficile de ne pas mentionner Gilmore Girls, les deux alliant une efficacité redoutable à une ambiance chaleureuse et tendre, faisant qu'il est difficile de résister à l'une comme à l'autre. C'est d'ailleurs, indirectement, comme ça que j'en étais arrivée au Grand Marathon Gilmore Girls De 2012.

WhathappensinParadise

Il y a quelques mois, dans mon post sur ce marathon justement, je vous disais : "'il s'avère que Gilmore Girls est une série sans enjeu ni objectif. On peut le vivre comme un défaut mais c'est un choix qui est pleinement assumé, après tout, alors autant prendre les choses du bon côté. Gilmore Girls ne fonctionne pas, jamais, avec un horizon précis. Quand une saison commence, par exemple, elle ne pose jamais d'objectif à long terme pour ses protagonistes. La série ne les mettra jamais dans une situation indélicate à résoudre avant la fin de la saison, par exemple, ou ne posera jamais un axe qui nécessite de se développer dans un but affiché. Tout dans Gilmore Girls respire au même rythme que vit Stars Hollow ; il n'y a pas de pression, pas d'impératif ; la vie se déroule et on est invités à la suivre, tranquillement, mais on ne regarde pas cette série-là pour autre chose, et surtout pas pour les sensations fortes". C'est sensiblement la même chose pour Bunheads. Choix qui est d'autant plus étonnant que son pilote pose les bases d'une intrigue plus complexe, puisque, attention il va y avoir un spoiler jusqu'au prochain paragraphe : un personnage meurt à la fin du premier épisode. Comment notre héroïne, Michelle, mais aussi sa belle-mère Fanny, vont-elles gérer le deuil ? Comment s'adapter à la nouvelle situation qui naît de cette tragédie ? On pourrait s'attendre à ce que la problématique de Bunheads, par voie de conséquence, soit le deuil, mais absolument pas : c'est un sujet qu'elle cantonnera, en essence, à une poignée des premiers épisodes de sa saison, ne souhaitant ni s'embourber dans le drame-dramatique-qui-fait-pleurer, ni dans une situation qui risquerait de tourner en rond.
En conséquence de quoi, Bunheads peut sembler, comme sa grande soeur de la CW, un rien volage, et ses personnages peut-être un poil trop résilients. S'il y a clairement des enseignements qui ont été tirés des aventures à Stars Hollow par Amy Sherman-Palladino, la rigueur n'en est pas un, et le ballet des intrigues, des sentiments, mais aussi des personnages secondaires, va être légèrement inconsistant.

Qu'importe. Bunheads réussit sa mission essentielle, et ce que vous venez de lire est la seule chose vaguement négative que j'aie à en dire... et elle est toute relative, comme vous l'aurez compris.
Cette mission essentielle n'est d'ailleurs pas, contrairement à ce qu'on pourrait craindre, de créer des vocations de ballerines à travers le pays, mais bien de suivre des personnages attachants, positifs, et passionnants. Le défi est de ce côté-là remporté.

Ce qui frappe d'ailleurs dans Bunheads, plus encore que dans son ancêtre qui déjà n'était pas à plaindre en la matière, c'est avec quelle ferveur la série s'attache à brosser des portraits féminins complexes et foisonnants. Une fois de plus, les hommes occupent au mieux le fauteuil du passager, au pire disparaissent presque totalement de certains épisodes.
Comptons-les ensemble : il y a Michelle, évidemment, danseuse au potentiel gâché par son absence de focus dans la vie ; sa belle-mère Fanny Flowers, prof de danse qui n'est pas aussi psychorigide qu'elle ne le paraît ; Sasha, l'étoile de l'académie de danse au tempérament insupportable ; Bettina alias Boo, la petite rondelette pleine de doutes mais aux pieds bien sur terre ; Virginia aka Ginny, la petite pile d'énergie ; et enfin Melanie, la grande perche à l'assurance à toute épreuve. A cela encore faut-il ajouter des personnages moins présents sur le plan des intrigues, mais faisant totalement partie de l'univers de la série, telles Truly, l'ex du mari de Michelle, totalement dérangée ; Sam, l'une de ses amies et habitante de Paradise n'ayant pas sa langue dans sa poche ; Milly, soeur de Truly et véritable Margaret Thatcher en puissance ; ou encore Talia, meilleure amie de Michelle et danseuse à la bonne humeur chevillée au corps. Après on peut rentrer dans les détails et évoquer les danseuses de la compagnie qui s'invitent dans les dialogues (la petite Matisse, l'élégante Cozette...) ou les personnages hauts en couleur qui jalonnent la ville bien que ne faisant que de brèves apparitions (l'exubérante meilleure amie de Fanny, la femme du patron du surf bar...), mais dans tous les cas, la majorité des meilleurs rôles reviennent aux femmes, c'est indéniable. Fidèle à elle-même, Amy Sherman-Palladino nous offre, qui plus est, des personnages de femmes à la fois totalement décalés et réalistes ; en dépit de l'épidémie de dinguerie loufoque qui sévit à Paradise, les personnages parviennent tous à s'imposer comme des humains et pas seulement des ressorts comiques. Et dans combien de séries ce genre de choses est-il possible ?

Dans tout ça, qu'en est-il de la danse ? Plus qu'aucune série à vocation musicale du moment (oui-oui, j'ai bien dit aucune, et en adressant un regard en coin à Glee, Nashville et Smash encore), Bunheads se fait forte de toujours employé ses séquences dansées de façon raisonnable et intégrée à l'histoire : les auditions, les spectacles, s'ils ont évidemment une grande fréquence qui ne saurait être un hasard, ne sont jamais des prétextes. On assiste d'ailleurs plus souvent aux entraînements qu'aux répétitions, ce qui implique un point de vue plus technique qu'esthétique sur le fait de danser. Tout glamour étant définitivement abandonné dés que les petites recrues de la Paradise Dance Academy se photographient les ampoules aux pieds !
Quant aux quelques rares scènes qui montrent des passages dansés hors de toute intrigue, ils ne sont pas non plus des prétextes mais de véritables expressions du ressenti d'un personnage donné. Ces numéros, évidemment irréprochables du point de vue technique, peuvent surprendre d'un point de vue narratif, d'autant qu'ils ne sont pas présents d'entrée de jeu dans la saison et qu'ils ont tendance à clore les épisodes, et non à être insérés dans leur déroulement ; cependant leur valeur artistique, et la façon dont ils mettent en lumière les sentiments d'un personnage donné, est incontestable, ajoutant à Bunheads une profondeur qui lui va à ravir.

C'est que, derrière ses personnages fou-fous, sa petite ville balnéaire pleine de petits détails incongrus, et ses répliques-TGV (mais ça allait sans dire), Bunheads est une série autrement plus sombre que ne l'était Gilmore Girls. Le choix d'avoir pour personnages centraux, la majeure partie du temps, des adultes (les 4 jeunes danseuses n'occupant le devant de la scène que sporadiquement, ou alors pour mettre en valeur l'intrigue de Michelle, comme sur la fin du season finale), et a fortiori des adultes au tempérament foncièrement indépendant, offre une série au goût étrange. Là encore, il est tellement rare qu'une série ait pareille démarche : Bunheads s'adresse de toute évidence au premier chef à des adolescentes, mais ne leur offre pas exactement une vision édulcorée du monde adulte ; dans la série, Michelle et Fanny sont des personnages dont les regrets sont fondateurs de la personnalité, et qui passent, en outre, par des problèmes d'adultes (deuil évidemment, mais aussi problèmes d'argent, un fil rouge peut-être pas toujours très bien employé, mais omniprésent). Il est vrai que ce n'est pas forcément très excitant pour le public-cible d'ABC Family, mais enfin, reconnaissons à la série cette qualité : elle n'offre pas une vision idéalisée de l'âge adulte.
Ni de l'adolescence, d'ailleurs, puisque Sasha (résolument le personnage adolescent-clé de la série) est un petit être tourmenté, colérique, déchiré, et pourtant si vivant, si impressionnant. Sa fin de saison, même si elle sera légèrement bâclée (changer le focus pour braquer les projecteurs sur une autre bunhead semble brutal), sera la preuve d'une jolie évolution vers l'âge adulte.

Le mot-clé est évidemment "si". Car le pire, c'est que les pontes d'ABC Family vont nous ressorir un Huge sur ce coup-là, si on les laisse faire...
Bunhead est pourtant une petite perle à part dans le paysage télévisuel américain, capable à la fois d'avoir ce goût authentique typiques des petites villes (qu'avait déjà Gilmore Girls) et de montrer un pays qui, même perdu dans un coin d'Amérique où on ne met pas de panneau d'avertissement devant les routes privées, peut se montrer progressiste et ouvert. L'Amérique d'Amy Sherman-Palladino a toujours "the best of both worlds" à proposer, et on voudrait qu'elle le propose plus longtemps, et tant pis si la showrunner et l'héroïne principale ont comme point commun de manquer de rigueur et de focus : la balade est si belle.

Posté par ladyteruki à 23:03 - Review vers le futur - Permalien [#]

24-05-12

You can go home again

Dans vos rêves les plus fous, vous imaginez parfois que Gilmore Girls n'est pas finie. Ou que peut-être on lui a donné un spin-off, ou un prequel. Et que le petit monde de Stars Hollow continue d'exister quelque part où l'on guette les premiers flocons de neige.
Accrochez-vous : ce rêve est réalité. Il s'appelle Bunheads.

Bunheads a décidé de vous ramener exactement à l'endroit où vous vous trouviez en reardant le pilote de Gilmore Girls. C'est comme redécouvrir cette série-là et à la fois, y faire la connaissance d'un univers différent. En général, on a envie de faire preuve de sarcasme quand une série en rappelle autant une autre qui a connu un fort succès, notamment auprès des téléphages de bon goût. Mais impossible de faire preuve d'animosité, ne serait-ce qu'une seconde, envers Bunheads.

Bunheads-Barre

D'entrée de jeu, avec son intro hilarante, son personnage féminin à la fois si décontracté et pourtant si mal assuré, et ses dialogues géniaux (ce sera une constante), Bunheads marque des points. Mais contrairement à beaucoup de pilotes qui misent beaucoup sur leur première scène et ensuite laissent la pression retomber, l'épisode inaugural de Bunheads ne va pas vous lâcher, et à un rythme délirant, va vous embarquer d'abord dans le monde de la danseuse Michelle (une Lorelai Gilmore qui n'a même pas réussi à avoir une jolie petite fille pour sortir sa vie de la médiocrité), puis dans l'univers insensé et pourtant familier de Paradise, une charmante petite ville où tout le monde se connait...
La plus grande force de cet épisode, c'est qu'il présente à chaque stade de son évolution des personnages immédiatement attachants, intelligents, et jamais caricaturaux. C'est ce qui fait toute la force de cette série, son ton, son traitement, le souhait de vraiment ne pas offrir une série banale et sans saveur, comme aurait pu le laisser craindre son pitch.

Michelle va ainsi épouser un homme qu'elle n'aime pas, le suivre dans la petite bourgade de Paradise, sur un coup de tête alcoolisé (et sans que personne ne songe une seule fois à en faire une intrigue sirupeuse), et y découvrir sa belle-mère, Fanny (qui en toute sincérité pourrait aussi bien être Miss Patty, mais à laquelle Emily Gilmore aurait prêté ses traits), une prof de danse aux allures sévères mais qui va, sans attendre la fin du pilote, lui donner une chance de se faire sa place dans la famille, parce qu'on n'est pas ici pour jouer la belle-doche de conte de fées stéréotypée.
Ajoutez à cela quatre jeunes recrues de l'école de danse qui prennent un goût différent à leur art grâce à l'arrivée de Michelle, et vous avez un épisode d'une fraîcheur inouïe, enlevé, drôle et définitivement parfait pour égayer votre été... sans avoir un seul instant l'impression de brader la qualité parce que c'est de saison.

Avec Bunheads, le thème de la danse, qui pourrait paraître tellement gnan-gnan ou destiné uniquement aux préadolescentes rêvant de tutus et accrochant des posters de chevaux dans leur chambre, devient l'occasion de se lancer dans des séquences pleines de vie et de bonne humeur. Pas de leçon, mais de vrais moments feelgood, au meilleur sens du terme. J'avais peur de me désintéresser du thème, de lever au moins une fois les yeux au ciel, ou au moins de les détourner pour me faire les ongles quand les gamines occuperaient l'écran, bref de vivre au moins une fois pendant cet épisode l'expérience qu'a été pour moi le pilote de Make it or Break it... mais pas du tout.
A ma grande surprise, cela apporte une dimension nouvelle aux éléments que nous connaissons bien, et permet à Bunheads d'avoir sa propre personnalité, tout en étant marquée par les mêmes qualités que Gilmore Girls.

Du coup je n'ai aucun doute sur le fait que cette série ne peut pas me déplaire en cours de route. Je suis partante pour une saison complète, sans aucune hésitation, les yeux fermés. Je n'attendais pas spécialement Bunheads, elle est devenue en très exactement 45mn la plus sympathique promesse de l'été. D'ailleurs je crois que ça doit s'entendre au ton de ce post !
Et par la même occasion, c'est la première fois depuis l'annulation de Huge que je trouve que ça vaut le coup de regarder ce qui se fait sur ABC Family. C'est forcément une erreur, ils pensaient acheter une autre série, non ? Mais qu'est-ce qui leur est arrivé ?!

Posté par ladyteruki à 21:07 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-04-12

Remontées acides

Ce soir dans le SeriesLive Show, nous consacrons toute une rubrique à une série méconnue, Starved, diffusée par FX pendant l'été 2005. C'est une série dont je pense énormément de bien et dont j'ai déjà pu vous entretenir à l'occasion, mais puisque je me suis enfilé une intégrale afin de me rafraîchir la mémoire en vue de l'émission, je me suis dit que c'était une occasion en or de vous faire un petit bilan de la saison/série, après vous avoir parlé de son pilote voilà il y a quelques années.
Etant donné que depuis le décès de MegaUpload, les posts La preuve par trois ne fournissent plus de lien de cagoulage pour les épisodes traités,  maintenant c'est un peu l'horreur pour partager des épisodes sur le long terme ; je me vois donc contrainte de vous indiquer que l'intégrale de cette série est disponible sur Youtube. Chaque épisode est découpé en trois parties, en plus. Beurk, mais à défaut de mieux... En tous cas vous avez quelques heures pour aller vous faire une idée, et mieux comprendre de quoi on cause ce soir dans l'émission.

Starving

C'est sûr, Starved est une comédie bien particulière, puisqu'elle s'intéresse à quatre personnages qui ont des troubles alimentaires ; il y a Sam, qui cumule l'anorexie et l'hyperphagie, Dan, "simplement" hyperphage mais qui a atteint un stade d'obésité morbide, Adam, un boulimique, et Billie, qui est à la fois anorexique et boulimique. Que de charmants portraits, reconnaissons-le.
Ils assistent ensemble à des réunions des Belt Tighteners, un groupe de parole spécialisé dans les troubles alimentaires. Sauf que ces groupes ne sont pas basés sur l'écoute et l'entraide, comme peuvent l'être les Addicted Anonymous, mais au contraire reposent sur le blâme, et la dissuasion par l'aggression verbale.

La série étant créée par Eric Schaeffer, c'est évidemment lui qui interprète le rôle principal de Sam, un homme qui parvient à n'être jamais vraiment sympathique mais dont la manifestation des troubles est éminemment intéressante. En effet, il est également célibataire, et ses névroses alimentaires débordent énormément sur la façon dont il vit ses relations amoureuses ainsi que ses obsessions sexuelles. C'est certainement le personnage le plus fascinant de la série à cause de cela : il démontre bien la façon dont la nourriture et le sexe sont très liés dans nos imaginaires, et quand on entretient un rapport malsain à l'un, on a tendance à ne pas vivre le reste de façon bien plus saine.

Sam, en dépit du fait que ce soit un type assez insupportable et imbuvable (le terme "petit connard" peut éventuellement venir à l'esprit du spectateur...), est assez touchant parce qu'il cherche désespérément à vivre sainement, et que dans ce but, il adopte très vite les idées qu'on lui souffle.
Le problème c'est évidemment qu'il cherche une "formule magique" pour se sortir de ses troubles, au lieu de faire un travail plus difficile et plus lent, par exemple en suivant une thérapie (et pas juste aller se flageller chez les Belt Tighteners !) ou en intégrant un programme dans un institut médicalisé, pourrait-on imaginer. Donc en cherchant la solution qui va d'un coup de baguette magique tout résoudre, il devient une sorte d'éponge pour toutes les idées qui passent. Et il se destine aussi à l'échec car ce côté girouette ne peut jamais vraiment lui réussir. Par exemple, Dan lui recommande de faire des lavements ? Pouf, il fait des lavements ; c'est alors l'occasion de faire un transfert sur l'assistante médicale qui les lui procure, de façon à obtenir des lavements le soir après leur dîner ensemble (ah oui, Sam est un grand romantique). Mais quand ça ne marche pas comme il veut, il passe immédiatement à autre chose. Il va ainsi sortir avec une végétalienne et adopter son mode de vie extrême, simplement parce qu'elle lui a assuré qu'un brownie vegan n'avait presque pas de calories. Quand il prend du poids et qu'elle lui dit que, "presque pas", ce n'est pas "pas du tout" de calories, alors tout d'un coup on sent que son attachement pour elle s'est envolé.
Ainsi, tout s'imbrique toujours, avec lui... Et ne dure jamais vraiment longtemps parce qu'il ne lutte pas efficacement contre son trouble.

Sam prenant beaucoup de place dans la série, et l'unique saison de celle-ci étant très courte, on se prend à rêver des choses que les 7 épisodes de la série n'auront pas le temps d'explorer pendant la première saison.

Ainsi, Billie, chanteuse de son état, cache à son meilleur ami Sam que ses parents sont deux hommes, et évite depuis des années et des années de les lui présenter ; ses rapports avec l'un de ses deux pères sont de surcroît très houleux. Elle est elle-même plus ou moins bisexuelle (elle dit que "ses fans la préfèrent gay" mais couche aussi bien avec des hommes, sans en avoir l'air très heureuse, que des femmes), et l'un de ses pères prétend que son homosexualité n'est qu'une phase pour elle. Sa réponse consiste en général à boire (quelle émotion pour la fan de Rude Awakening que je suis d'assister au développement de cette intrigue...!), en plus de ses autres troubles alimentaires qui la poussent à peser absolument tout ce qu'elle mange, ce qui est supposé lui permettre de garder le contrôle de son besoin de se faire vomir (mais ce n'est pas beaucoup plus sain, reconnaissons-le). Bien qu'on ait le temps de prendre la mesure de tout ce qui préoccupe Billie, la résolution de ses problèmes avec son père, ainsi que la question de sa sexualité et de son alcoolisme, auraient à elles seules mérité une seconde saison.
Une histoire plutôt développée est celle de Dan, qui tout obèse qu'il soit n'en a pas moins une femme superbe à la maison qui ne demande qu'à lui faire un bébé. Lui, il aurait en fait dû rester célibataire, tant sa seule envie dans la vie est de rester au calme à manger devant des matches. Son état de santé est tel qu'un simple régime ne fonctionne pas (on verra d'ailleurs qu'en essayant de passer à un régime tout liquide, il va finir par mixer de la junk food...) et il a besoin de la pose d'un anneau gastrique, mais l'opération a plusieurs fois été reportée parce qu'il ne peut s'empêcher de tout gâcher en mangeant juste avant l'opération. Le déroulement de cette histoire semble osciller en permanence entre l'envie de progresser et le retour à la case départ, illustrant bien ce qui se passe dans la tête de Dan, mais on aurait aimé savoir ce qui se passe ensuite, quand son corps finit par ne plus pouvoir continuer ce petit jeu.
Le plus regrettable est probablement le problème d'Adam. Ses manifestations sont spectaculaires, à plus forte raison parce qu'en plus de vomir littéralement face caméra, elles entrainent un comportement auto-destructeur dans d'autres domaines de sa vie, notamment au travail. Mais même avec des explications vers la fin de la saison, le cas d'Adam restera assez superficiel, ce qui est dommage car, Adam étant quelqu'un de très secret et refermé sur lui-même, on n'a pas beaucoup d'occasions d'entrer dans sa tête autrement qu'avec des intrigues explicitées comme on les a pour les autres.
De mon point de vue, Starved avait encore beaucoup d'histoires à raconter, donc, en dépit du fait que bien des choses aient eu le temps d'être évoquées pendant sa brève existence, fait assez rare pour une série de ce format.

Mais la série a bien d'autres qualités. En décidant de choisir uniquement des adultes pour parler de troubles alimentaires, Starved parvient à dépasser l'écueil du cliché télévisuel sur les troubles alimentaires, et les rendent universels. On est à la fois dans l'outrance et dans l'absence de caricature, ce qui permet de ne pas se sentir excessivement concerné, tout en se remettant en question sur certaines de nos propres attitudes vis-à-vis de la nourriture. Est-ce vraiment sain ? Y a-t-il qui que ce soit qui ait un rapport totalement sain à la nourriture, de nos jours, après tout ? Comme le souligne Billie dans une démonstration, les dés sont pipés : les tailles des vêtements sont faussées, les médias déforment notre vision, et nous perdons tout sens des réalités. Et ce n'est pas faux, à bien y réfléchir.
Là où la série réussit son entreprise, c'est qu'elle rappelle ces facteurs extérieurs mais ne s'en sert jamais pour décharger les protagonistes de leur responsabilité dans leurs problèmes ; ils sont malades, c'est à eux de guérir ou au moins d'apprendre à ne pas être dominés par leur maladie, même si cette maladie est la résultante de facteurs extérieurs. Il y a un côté moins victimiste que la plupart des fictions traitant de ces sujets (et qui sont, en général, plutôt des unitaires de Lifetime, d'ailleurs).

La série ménage des moments légers et d'autres réellement dramatiques, usant du slapstick et du grotesque en plusieurs occasions, mais imposant aussi des passages (et notamment des fins d'épisodes) très oppressantes. A ce titre, Starved penche plutôt du coté dramédie que de la comédie pure et dure, mais quand elle tente l'humour, elle est dans une telle surenchère qu'on dépasse ce que la plupart des dramédies s'autorisent en la matière. Surtout qu'on parle du rapport que les personnages entretiennent à leur corps et leurs fonctions vitales, un sujet qui implique évidemment des choses assez graphiques et explicites...

Pour finir, certaines séries se déroulant à New York se contentent de prendre la ville comme elles auraient pris n'importe quel autre décor. Starved fait partie de ces fictions qui n'ont pas choisi New York : elle est éminemment New Yorkaise, c'est dans son ADN. L'atmosphère unique de la ville est palpable. Et cela sans en rajouter dans les prises de vue... Cela se manifeste aussi avec les quelques guests de la série, comme Darrell Hammond (tout droit issu de Saturday Night Live) ou Robyn Cohen (future créature de Gravity). On verra aussi Jenny Slate (une recrue très temporaire du Saturday Night Live) brièvement dans un rôle totalement muet dans le dernier épisode.
De par tous ces facteurs subtils, il semble impossible à la série de se dérouler ailleurs que New York ou, si ç'avait été le cas, la série en aurait totalement été changée. Cela ajoute probablement à son humour car le côté bobo que partagent de nombreux New Yorkais, la passion des habitants de Manhattan pour les modes ridicules (Carrie Bradshaw et ses copines nous l'ont prouvé à plusieurs reprises) et les possibilités de la ville jouent un rôle considérable dans les différentes options de "traitement" des protagonistes. Rien que les Belt Tighteners ont quelque chose de profondément New Yorkais.

Avant et pendant sa diffusion, Starved a... comment dire ? Partagé la critique. Il y a des sujets dont on a parfois du mal à rire, à plus forte raison dans une Amérique où l'obésité est une telle plaie, je suppose. Et je peux le comprendre. Mais à travers son humour pas très propre sur lui, Starved est aussi une série incroyablement honnête sur son sujet, comme pouvait l'être Huge, quelque part.
Starved est de toute évidence fondée sur un travail autobiographique, Schaeffer ayant lui aussi dû lutter contre des troubles alimentaires ; la série fait définitivement partie de ces petites séries qui resteront méconnues pour le grand public, mais qui apportent quand même énormément au téléphage, car elle ne fait pas de concession et s'autorise une sincérité totale, même quand c'est pas très ragoûtant. C'est le cas de plusieurs autres comédies ou dramédies qui ont pu me charmer par le passé, à l'instar de Rude Awakening (qui sera également citée dans le SeriesLive Show de ce soir !!!) ou Titus, vous le savez. Une série me plait rarement autant que lorsqu'elle veut rire de choses pas drôles... et Starved accomplit parfaitement sa mission sous cet angle.
Ce n'est pas le genre à vous donner, hm, l'eau à la bouche, mais c'est une vraie curiosité. A déguster uniquement en-dehors des repas, toutefois.

Posté par ladyteruki à 07:09 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

17-08-11

Truth be told

LyingGame-Duo

- OK, parlons de notre grille cet été. Qu'est-ce qu'on a ?
- Bah, patron... on a Pretty Little Liars qui fonctionne bien.
- Ah, parfait ! De bonnes audiences en perspective, ça ! Bien bien bien. Et côté nouveautés ?
- Bah, patron, on en a parlé entre nous et... on pensait...
- Voilà patron : ptet qu'on pourrait éviter de programmer un truc du genre de Huge, vous voyez ?
- Ouais, c'est un peu antisexy, patron, pendant ce temps-là, la CW elle-...
- Ah non alors, je ne veux pas entendre parler de la CW !
- Mais patron, je croyais que c'était le modèle qu'on essayait de suivre ?
- Mais absolument pas ! Pas du tout ! On est ABC Family, au nom du ciel, on a un standing !
- ...?
- Un peu.
- ...
- En tous cas on fait pas du Gossip Girl où tout le monde couche avec tout le monde.
- Ah, d'accord !
- Oui c'est plus clair comme ça !
- Vous m'avez fait peur patron !
- Ce qui nous ramène à notre question : comment on peut continuer de rivaliser avec la CW sans nous départir de notre excellente réputation ?
- Bah ya toujours Pretty Little Liars...
- On l'a dit, ça.
- Non mais, je veux dire, on pourrait...
- Faire un spin-off ?
- Lancer un prequel ?
- Commander un reboot ?
- Ca va, on n'est pas NBC non plus.
- Non patron, c'est vrai patron.
- Nan mais moi je pensais... on pourrait faire une autre série du même genre, mais sans dire que c'est pour faire un truc du même genre.
- Comme CBS avec les séries policières ?
- Oui, patron, quelque chose comme ça.
- Intéressant.
- On pourrait tout simplement faire adapter un bouquin pour ados !
- Ah ouais, elle écrit plein d'autres bouquins, Sara Shepard, la nana qui a écrit Pretty Little Liars ! Ca s'appelle The Lying Game.
- Trop fort, il y a le même mot-clé dedans, il n'y a plus qu'à reprendre les mêmes et recommencer !
- ...Attendez, attendez, je récapitule. On aurait des ados aussi ?
- Oui !
- Et il y aurait un secret ?
- Oui !
- Et ça servirait de prétexte à faire toutes les intrigues habituelles sur qui sort avec qui, qui est l'ennemie de qui et qui s'entend plus ou moins bien avec les parents de qui ?
- OUI !!!
- Eh bah vendu ! Vous voyez, c'était pas compliqué. Passez-moi les coups de fil nécessaires, dans 6 mois je veux cette série prête à être diffusée.
- Hé. Dites. Patron ?
- Hm ?
- Et l'an prochain, on fait quoi ?
- Comme tous les ans, Johnson. Tenter de conquérir le public adolescent en recyclant nos recettes ! D'ailleurs, quelqu'un a déjà adapté The Visibles, ou pas ?
- Euh, je sais pas patron, je crois pas qu'on ait acheté les droits.
- Bon, prenez-moi rendez-vous avec un avocat, on va directement acheter Shepard et puis c'est marre.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Lying Game de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:44 - Review vers le futur - Permalien [#]

03-07-11

Toutes griffes dehors

Parfois, les arguments qu'on m'oppose contre les dorama nippons, c'est l'excentricité de leur pitch : le fils du roi des démons qui débarque dans notre monde avec ses copains, une petite famille qui vit avec un chien qui parle, ou un jeune homme dont le sexe libère des billes de couleur... je reconnais qu'il y a des bizarreries qui de premier abord (voire plus) semblent trop allumées pour le spectateur occidental.
Toutefois, je vais vous dire pourquoi ces arguments n'ont aucune valeur à mes yeux pour dénigrer la production japonaise : parce qu'à côté de ça, aux States, il y a des pitches tout aussi ridicules.

La preuve par l'exemple avec The Nine Lives of Chloe King.

ClawyChloe
Je vous résume le concept : une adolescente apprend qu'elle est en réalité un chat. Vous m'avez bien lue : UN CHAT. Absolument. Un putain de chat. Avec les griffes, le sens de l'équilibre, l'ouïe fine, un chat quoi. Bon alors, pas entièrement parce que sinon ça coûterait cher en effet spéciaux, donc un chat humanoïde, une race un peu à part de... nan mais, un chat quand même.
Et donc, une adolescente. Pour ne rien arranger. Alors déjà un chat c'est retors à la base, mais en plus un chat adolescent...

L'an dernier, Huge nous avait redonné confiance en ABC Family. Mais là ? Là, non. Tout espoir est dissipé.
Comme si
les questionnements merdiques de l'adolescence ne suffisaient pas ("hiiiii j'ai rencontré un mec trop choupi et je l'ai embrassé !"), on a une héroïne qui est... un chat. Je m'en remets pas vraiment, je vous l'avoue. Pourtant des chats j'en ai deux, j'ai rien contre les félidés à la base. Mais une héroïne qui est un chat, et puis quoi encore ?

Donc quand il ne s'agit pas pour son personnage central de tomber en pâmoison devant tout ce qui porte un pantalon ou presque, The Nine Lives of Chloe King nous dévoile une structure qui ressemble à s'y méprendre à celle de Lost Girl, en cela qu'il s'agit avant tout d'avoir l'air badass tout en déclamant plein de petites piques à peu près marrantes. Et si l'interprète a effectivement l'air plus avenante que l'autre renfrognée de succube, ne vous y trompez pas : l'idée est la même.
D'ailleurs, on va vite apprendre, par exemple dans ce paragraphe plein de spoilers, que si Chloe King embrasse un humain, elle peut lui abimer méchamment la santé, un peu comme quand Bo ne peut toucher personne sinon elle aspire de l'énergie. Et on est à mille lieues de tout ce qui pourrait de près ou de loin ressembler à Pushing Daisies, non, le concept, c'est juste d'isoler le personnage par un artifice quelconque qui va le handicaper, parce que comme c'est une adolescente, les garçons c'est forcément sa kryptonite, et que si on la prive de ça à 16 ans, malheur de malheur, elle sera triste et malheureuse comme les pierres (mais par contre la série sera diffusable sur ABC Family, eh, on n'a rien sans rien). C'est parce que comme ça, Chloe sera seule face aux embrouillaminis qui l'attendent entre les gentils chats (oui, ya pas qu'elle) et les méchants qui veulent les exterminer (sont-ce des chiens ou simplement la fourrière, on ne sait pas encore trop).
C'est le sens de la dramatisation dans The Nine Lives of Chloe King, vous voyez le niveau.

Mais contrairement à Lost Girl qui nous présente une héroïne qui sait déjà se servir de ses pouvoirs, Chloe, elle, les découvre dans le pilote. C'est fascinant cette propension qu'ont les superpouvoirs à toujours se déclarer à une date anniversaire, puisqu'on en parle, m'enfin.

Donc en prime on a des scènes lourdingues sur "oh mon Dieu mais comment elle a fait ça ?!", qui émaillent tout le pilote comme si on était demeurés et qu'on n'avait pas compris dés le pseudo-générique (au bout d'1mn30, donc, quand le titre "the NINE LIVES of Chloe King" et la pupille féline sont apparus à l'écran) quelle pouvait bien être la nature de Chloe.
PS : eh les gars, ya des trucs qui s'appellent des synopsis, et, hormis les cas désespérés comme moi qui regardent TOUS les pilotes, il y a des chances que, si quelqu'un s'aventure devant celui-là, il en connaisse déjà le pitch, arrêtez de nous prendre pour des teubés.
Donc ça donne une pléiade de scènes du genre : Chloe peut entendre de la musique qu'on n'entend pas (c'est un truc à niquer le business d'Apple ça), Chloe peut marcher en équilibre sur le dossier d'un banc (in yo face, le Cirque du Soleil !), Chloe peut même... COURIR ! Elle découvre ça à 16 ans avant de réaliser qu'elle peut passer par-dessus... tenez-vous bien... une caisse en bois ! SI ! Ca vous en bouche un coin, hein ? Pis faut voir avec quelle tête d'illuminée. Qu'est-ce qu'il y a, elle a séché les cours d'EPS jusque là ou quoi ?

The Nine Lives of Chloe King, on l'a dit, se préoccupe d'une adolescente, et pour cette raison on a droit à la panoplie complète de toute comédie adolescente qui se respecte (mais tient le QI de son public en faible estime), genre, disons, allez, n'importe quelle série Disney. Donc on a la gentille maman (mais qui est un peu cachottière parce qu'on va pas se priver de quelques scènes de conflit ultérieures), la copine faire-valoir exubérante qu'il faut mettre au déca, le copain faire-valoir qui sert de caution comique/ridicule pour que l'héroïne ait l'air cool, et même l'enjeu-masculin-qu'on-sait-qu'elle-peut-pas-avoir-mais-qu'elle-passera-quand-même-toute-la-saison-a-essayer-d'avoir-des-fois-que-l'amour-soit-plus-fort-que-tout, la totale, je vous dis. Remplacez Chloe King par Tori Vega et c'est la même.

Alors à votre avis, The Nine Lives of Chloe King, j'ai aimé, ou pas ? Suspense, angoisse, mystère...
Je sais oh, je sais bien, je ne suis pas dans la cible, c'est normal que ça me plaise pas. Mais quand même, c'est trop demander que de vouloir un peu plus que ça ? Enfin bon, au moins, maintenant, vous savez : vous n'avez plus d'excuse pour faire de généralisations stupides. C'est déjà ça de gagné.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Nine Lives of Chloe King de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:05 - Review vers le futur - Permalien [#]


05-09-10

[DL] Huge

On avait presqu'oublié ce que c'était que de se laisser aller en toute simplicité à s'attacher à des personnages humains, pour ne pas dire universels. J'ai peut-être la mémoire courte, vous me direz, mais l'impression a été persistante cet été tandis que je fondais devant Huge, une série dont l'authenticité se fait rare de nos jours.

Huge
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Du coup, le générique n'est peut-être pas absolument marquant, mais avec sa formule de journal de bord rempli de souvenirs, il nous servira à nous rappeler, pendant les gris mois d'hiver et/ou quand la série sera définitivement annulée, combien il a été touchant de partager ces quelques semaines avec des adolescents qui, au moins en-dedans, ressemblaient plus à des adolescents que ceux de n'importe quelle autre série du moment.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Huge de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:52 - Médicament générique - Permalien [#]

03-09-10

[GAME] Voyage, voyage

Beaucoup d'entre vous êtes en train de rentrer de vacances, et vous avez l'impression, peut-être, que les ensoleillées journées de voyages exotiques sont derrière vous. Difficile d'être plus éloigné de la vérité. Le temps que nous avons passé ensemble sur ce blog, à parler de séries de tous horizons, ne vous a donc rien appris ?!
La téléphagie, c'est déjà voyager !

Bon, je vois ce que c'est. Vous avez besoin d'un petit peu de soleil, vous. Ça tombe bien, ya du générique à gagner !
Ça fait un mois que le dernier jeu des génériques a eu lieu et ma besace déborde déjà de nouvelles trouvailles. C'est tout juste si j'ai le temps de mettre en ligne les posts rédigés, en ce moment, alors uploader des videos... donc voilà, j'ai tout fait d'un coup ce dimanche, 10 uploads en rafale, et maintenant, ces 10 génériques peuvent être vôtres.

Alors, pour ceux dans le fond qui ont eu une insolation pendant leurs vacances et qui ont oublié comment on joue, je rappelle que le jeu des génériques, traditionnellement, propose de deviner le titre de 10 séries dont le générique, j'insiste, n'a JAMAIS été posté sur ce blog ; ce qui veut dire que si vous avez une idée de réponse, et que la série se trouve déjà dans le flacon, c'est que vous avez mis à côté. Les génériques ici présents peuvent venir de n'importe quel pays, absolument n'importe lequel... pourvu que la série ait déjà été mentionnée sur ce blog. Pour s'en assurer, il y a une liste des tags fort utile, et un petit CTRL+F devrait en tirer tous les avantages. Sinon, sachez que ces séries ont toutes été évoquées ces trois derniers mois, donc au pire...
Chaque fois que vous postez dans un commentaire une réponse exacte, vous avez droit au générique correspondant.

Bonus ! Si vous trouvez les 10 génériques avant dimanche 20h00, je vous proposerai un 11e générique en prime ! Bon, pas de panique, la dernière fois vous n'avez pas réussi à trouver les 10 génériques dans les délais impartis pour gagner le bonus, et personne n'en est mort. M'enfin, vous avez loupé, je ne vous dis que ça...

Ça y est ? Tout le monde est en pleine possession de ses moyens ? Fort bien.
On est donc partis, voilà les 10 titres de séries à trouver :
1 - Une série que j'aime d'amour > The Big C
2 - Une série qui était plutôt attendue > Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku
3 - Une série qui m'a chamboulée > Capitu
4 - Une série qui ne sert qu'une moitié de pathos > Mioka
5 - Une série dont les téléphages pourraient parler, quand même > Underbelly
6 - Une série bien moite > Mandrake
7 - Une série qui est un gros coup de cœur > Huge
8 - Une série que j'ai enfin finie de cagouler > Lockie Leonard
9 - Une  série qui a un bon générique, et rien d'autre > Memphis Beat
10 - Une série que je ne verrai pas tout de suite, mais c'est prévu > The Good Guys

11 - Bonus !!! Félicitations à tous ! > Jeonwoo

Comme j'ai pitié de vous, voilà la répartition des pays : 4 séries américaines, 2 séries australiennes, 2 séries brésiliennes, et 2 séries japonaises. Mais si, mais si allons.

Maintenant, à vous de jouer ! Montrez-moi que vous avez fait preuve de curiosité, et que vous avez retenu quelques petites choses dans tout ce qui s'est dit ces derniers temps. Eh, sinon, à quoi ça sert que lady se décarcasse, té !

Posté par ladyteruki à 21:00 - Games On - Permalien [#]

03-08-10

Engagé

Picture it : Sicile, 1927.
Euh, non, pardon. Je vous ai dit que je finissais Les Craquantes ces derniers jours ?

Picture it : déjeuner dominical avec mes parents.
Dimanche, donc. Histoire de ne pas être obligée d'aller les voir chez eux, je les invite au restaurant japonais (c'est toujours marrant de regarder mon père demander une fourchette pour ses sushis pendant que je mange mon riz avec des baguettes). Et en plus, ça évite de faire la vaisselle.

Bref. En ce moment, lady est juste un peu occupée par : son nouveau boulot, ses nouveaux collègues, ses nouvelles attributions sur SeriesLive. Donc bien que lady essaye de parler de plein de choses, à un moment, c'était inévitable, lady commence à parler de séries du monde... difficile de déterminer si c'était le wasabi ou le sujet qui ont fait s'étouffer mon père.

Comme souvent lorsque je leur parle des séries que je regarde, je leur sers grosso-modo un résumé de ce que j'ai pu dire dans des posts récents : le fait de l'avoir posé noir sur blanc aide bien à définir les informations-clé qui seront intéressantes à ressortir dans une conversation avec quelqu'un qui n'a pas du tout suivi ce que j'en ai dit récemment. Donc j'évoque chaque pays déjà traversé (et celui de cette semaine, mais, ah ah, surprise ! je n'en dirai mot ici), et lorsque j'en viens à Israël, naturellement, je ressors mon couplet extatique sur la façon dont on ne peut dissocier la fiction israélienne de l'histoire d'Israël. On ne peut pas juste la regarder comme une fiction, c'est forcément une fiction d'Israël.

Et là, ma mère me dit : "oui, c'est une fiction engagée". Hmmmmnon. C'est pas engagé, ya pas de message politique. C'est juste ancré dans la réalité du pays. "Oui, mais si : c'est engagé quoi". Mmmmmais non. Non, là ça donne un côté revendication qui n'est pas exact. Engagée ? Ayrilik est engagée. Pas Mesudarim ou Srugim. Pourtant ces fictions ne sauraient être vues sans une vague conscience de leur origine ; il me semblerait difficile de faire passer ces séries pour américaines si elles venaient à être doublées par exemple (et, oh, oui, s'il-vous-plaît ! Doublez Mesudarim !).

MesudarimMessage

Mais j'ai depuis repensé à la réaction de ma mère. Je crois qu'instinctivement, elle voulait qu'on puisse tirer un message de ces séries (et des autres dont j'ai parlé, oui nan mais j'ai vu ton sourire narquois quand j'ai parlé de Naznaczony, ça va hein). Qu'on en retienne quelque chose qui dépasse la série elle-même. Et ça me semble une approche erronée de la fiction, du moins si elle est appliquée de façon systématique.
C'est pour ainsi dire une lubie dans ma famille. Quand on regardait un documentaire, ou parfois un film, surtout si c'étaient mes parents qui l'avaient choisi (et c'était le cas à 99% jusqu'à ce qu'un jour, ma sœur et moi apprenions à faire du lobbying, plus ou moins avec succès), à la fin, mon père ne manquait pas de demander : "alors, qu'est-ce que tu en as retenu ?", et je retenais surtout ce que j'avais ressenti, et pas vraiment de grande leçon sur la vie, la morale ou la dangerosité du monde extérieur (parce que, quand on regarde des reportages sur la délinquance, la violence, la drogue ou le métier de flic quasiment chaque semaine, quand c'est pas le travail des enfants, on peut pas vraiment dire que le message soit super positif). Alors il s'énervait et à partir de là, la suite m'appartient.

Mais enfin globalement, ça me semblait étrange de toujours vouloir tirer une leçon de tout. Surtout en matière de fiction. C'est bien d'essayer de réfléchir un peu sur ce qu'on a vu, et je m'efforce de le faire (quoique je ne sois pas aussi capable qu'Adam de Blabla-Series d'en tirer un enseignement philosophique), mais le ressenti a toujours sa place, et parfois il faut admettre que certaines séries se prennent pour cela, pour le ressenti, sans chercher à vouloir élargir au-delà des personnages. C'est notamment vrai dans le cas des séries asiatiques, qui s'intéressent plus à l'exploration de leurs personnages qu'à une situation généralisable dont il faut tirer un enseignement moral quelconque (si on le prend comme ça, 1 Rittoru no Namida devient incroyablement gnangnan, forcément !).

C'est à rapprocher, pour moi, de ces gens qui voudraient absolument qu'une série soit "réaliste". C'est ridicule. On ne demande pas United States of Tara d'être réaliste sur les personnalités multiples, ou à Nurse Jackie d'être réaliste sur le métier d'infirmière (des attentes d'ailleurs vite déçues). Pas plus qu'on ne demandait à Prison Break d'être réaliste sur la vie en prison, et ainsi de suite. Le principe de la fiction est de justement aller au-delà, d'explorer, par des extrapolations, des exagérations et des retournements de situation improbables, des thèmes intéressants, juste pour curiosité intellectuelle.
Les propos d'une bonne sœur que Jackie rapporte dans le pilote ("the people with the greatest capacity for good are the ones with the greatest capacity for evil"), montrent bien que la profession d'infirmière n'est qu'une excuse pour délivrer un personnage tout en nuances, effectivement capable de soigner, mais aussi capable de causer beaucoup de tort. C'est un combat intérieur entre le bien, le mal, et la zone de confort individuelle, que traite Nurse Jackie. Ce n'est pas une chronique hospitalière, pour ça, voir Urgences, et encore, il y aurait long à dire sur les quelques libertés prises avec le réel. Mais c'est le principe, et c'est tant mieux.

HugeMessage

Et quand Eclair dit qu'il regrette que Huge n'aille pas plus loin dans son exploration des problématiques de l'obésité, je dis que ce que traite Huge, c'est indubitablement le ressenti d'un obèse, et pas la politique nutritionnelle des fast-foods. Si Huge passe autant par les regards et par le non-dit, c'est parce que son sujet, c'est l'obèse, pas l'obésité. Le regard des autres, et non un regard sur le sujet. En cela, Huge est une série extraordinairement puissante, mais voilà, si on voulait une série qui condamne les politiques publiques sur la gestion de l'obésité et de la nutrition aux États-Unis, il fallait regarder une autre série, pas Huge dont ce n'est pas le propos central. Peut-être Gigantic, dont je n'ai pas encore réussi à dégoter un épisode ?
De la même façon qu'on ne regardait pas Ally McBeal pour sa critique du système judiciaire. Évidemment, ce sujet peut être effleuré plus ou moins volontairement par la série en question, mais il est quand même préférable de regarder The Practice pour une approche plus précise de ces problématiques.

Une fiction engagée à tout prix. C'est un peu comme une série historique fidèle à la chronologie à tout prix. Ça n'a qu'une valeur vraiment moindre à mes yeux. Je n'attends pas d'une série qu'elle remplace la lecture de journaux, de livres, ou les expériences réelles. Juste qu'elle serve de complément, pour le ressenti et l'approche de sujets que je n'aurais pas abordés de moi-même (par exemple parce que je n'ai pas d'infirmière dans mon entourage).
Une série n'a pas besoin d'être engagée pour être bonne. Même si ce peut être un plus, ce n'est pas essentiel.

Posté par ladyteruki à 11:21 - Série de valeurs - Permalien [#]

29-07-10

Russian roulette

Quand je sors d'une période de fringale, je suis prête à donner sa chance à n'importe quelle série ou à peu près (ferme exception soit faite des vampires). Chaque fois c'est pareil. Il me faut une nouvelle obsession. Et les plus inattendues sont les bienvenues : aujourd'hui, accro à un sitcom, demain, pourquoi pas fan de western ou addict à la science-fiction ?

RussianRoulette

Parce que là, justement, je sors d'une double intégrale Will & Grace et Les Craquantes (quoique, pour être sincère, Les Craquantes, il m'en reste quelques épisodes avant d'être vraiment à la fin) (l'affaire de deux jours, trois tout au plus) (je me demande combien de gens de ma génération ont vu cette série en intégralité, quand même), et je commence à chercher ce que je vais regarder après.

Non, si, bon, oui, effectivement. J'ai un planning auquel je pourrais me conformer. Sans déconner, vous m'avez déjà vue suivre un planning ? Beh non ! Parce que je fonctionne au coup de cœur. J'ai, concrètement, un certain nombre de tâches de fond, plus ou moins abouties, plus ou moins achevées, comme par exemple regarder V ou Royal Pains, mais je n'en suis pas au point de me dire, quand un épisode sort, qu'il faut que je l'aie vu dans les 24h. Ce sont deux choses totalement différentes, et regarder Huge semaine après semaine avec beaucoup de satisfaction ne suffit pas.
Les séries que je suis sont en général toutes autres que les séries sur lesquelles j'exerce ma tendance à la monomaniaquerie. Pour une raison en fait évidente : comment exercer cette tendance à la monomaniaquerie au rythme d'un épisode par semaine ?

D'ailleurs, c'est aussi pour ça qu'on trouve un certain nombre de séries dans mes cartons, qui attendent une saison ou deux avant que je ne leur fasse un sort. C'est par exemple le cas de Brothers & Sisters pour laquelle j'attends au moins début 2011 pour m'y remettre, plus vraisemblablement la toute fin de la prochaine saison. Voilà bien le genre de série qui m'ennuie sur le long terme ; mais à fortes doses sur une courte période de temps, c'est absolument l'extase.

Le problème c'est qu'actuellement, ça pourrait donc tomber sur n'importe qui. Là, demain mettons, si je mets le pilote de Saving Grace, Roseanne, Eureka ou NCIS, j'ai de grandes chances de ne pas en décoller avant la fin de série ou, au moins, le dernier épisode disponible.
...Vous aurez évidemment relevé l'intrus dans cette liste, je ne suis quand même pas non plus totalement aux abois, au point de regarder un navet.

Donc j'ai un peu l'impression de jouer à la roulette russe, là. Parce qu'en tant que pilotovore, des pilotes, j'en vois, naturellement. Et c'est un peu flippant.
Heureusement, j'ai aussi plein de nouveautés à voir, ce qui limite les dommages (prochain post doramatique sur Mioka, d'ailleurs...), mais enfin, force est de constater qu'actuellement, je suis en manque de coup de coeur et que ça peut tomber sur absolument la première série venue, sans distinction de genre ou d'ancienneté ; à l'exception, on l'a dit, des vampires et des navets.

Quelque part ça ouvre de formidables perspectives : dans une semaine de ça, si ça se trouve, je serai en train de regarder une série dont j'ignore tout. Ou bien en train de me faire l'intégrale d'une série dont tout le monde parle et à qui j'ai finalement donné sa chance après un revisionnage (genre Supernatural). Ou bien de m'empiffrer d'épisodes d'une série que j'ai toujours snobée et qui tombe à pic, dans un instant de faiblesse.

Donc en gros, si là, vous voulez me fourguer une série que je n'aurais, sans ça, jamais regardée, c'est maintenant. Si vous avez une série que vous voulez absolument me faire voir, c'est le moment de se placer. Envoyez vos cagoules, vos liens, même simplement un lien vers la fiche de SeriesLive ou la page de Wikipedia, si vous voulez me faire regarder quelque chose avec attention, c'est le moment.
Au prochain coup de cœur, il sera trop tard, je serai à nouveau monomaniaque et n'y jetterai un œil que très indifférent...!

Posté par ladyteruki à 21:07 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

16-07-10

Est-ce que j'ai ronflé...?

RizzoliIsles

Pfff... Cet été, j'essaye de me motiver, mais j'ai du mal. J'ai l'impression qu'entre Rizzoli & Isles, Memphis Beat, The Glades... les chaînes se sont donné le mot pour vraiment faire le minimum. C'est pas que les séries soient mauvaises, c'est qu'il y a un tel air de déjà vu !

Rizzoli & Isles repose sur un certain nombre de poncifs usés jusqu'à la corde, qu'on attendrait d'habitude d'une série de network. Mais maintenant, même le câble cherche à s'adresser au plus petit dénominateur commun...
Nous voilà donc avec, sur les bras, un tandem d'enquêtrices diamétralement opposées, l'une est une fliquette (aaaah, les fliquettes, on en aura bouffé ces dernières années ; eh bah c'est pas encore fini) au caractère bien trempé, un peu dure à cuire et pas très raffinée, et l'autre est une scientifique (aaaah, les scientifiques, on en aura bouffé ces dernières années ; eh bah c'est pas encore fini) au tempérament plutôt doux, toujours sage et tirée à quatre épingles.
Et plutôt que de se creuser pour leur trouver un contexte un peu original, leurs enquêtes s'annoncent comme particulièrement classiques. Dans le pilote, il s'agit de mettre la main sur un serial killer également un nécrophile. Certes, c'est pas spécialement le truc qu'on voit tous les jours, mais néanmoins on a l'impression d'en avoir un peu fait le tour.

L'enjeu du pilote est de nous montrer à quel point Rizzoli s'est construite autour de sa première rencontre avec le criminel, et il y a eu un moment, rapide mais bien réel, pendant lequel j'ai pensé que peut-être, la gestion à la fois de cette enquête revenue sur le tapis et du traumatisme, seraient l'objet de toute la série. Attention, spoiler après la virgule, mais non, le gaillard sera mis hors d'état de nuire à la fin du pilote. Dommage, ça nous aurait permis de trouver quelque chose d'un peu différent de l'habituel procedural.

Quelques petits échanges vaguement pétillants, un love interest inséré vite fait dans l'épisode, une famille qui peine à s'imposer comme un vrai piment mais pourtant voulue telle, des collègues qui sont en permanence éclipsés par le duo (alors que l'ancien partenaire et le partenaire actuel ont tous les deux des éléments a priori intéressants dans leur relation avec Rizzoli)... c'est affligeant. Il ne manque vraiment que le patron bourru pour que le tableau soit complet.

Si au moins Rizzoli & Isles avait été une série avec au moins UN élément original... je sais pas... disons, une série où les deux héroïnes sont lesbiennes, par exemple... on aurait pardonné le reste (comme pour Nikki & Nora), mais même pas.
Heureusement que j'ai été charmée par Huge et Louie pendant cette saison estivale, sinon, franchement, je serais horriblement négative. Oui, plus que je ne le suis actuellement. Et encore, il va falloir que je vous parle de Haven, aussi... Non, ça me déprime trop, remettons ça à un prochain post, ok ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rizzoli & Isles de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 16:17 - Review vers le futur - Permalien [#]


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