ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

05-01-13

Un peu tard

Lorsque j'ai préparé mon post sur l'année 2012, c'est avec énormément de nostalgie que j'ai repensé aux premiers mois de l'année écoulée, alors que je passais d'un coup de coeur à l'autre. Smash, Äkta Människor, 30° i Februari, House of Lies... les semaines se succédaient et il y avait toujours plus de séries qui me rendaient folle de joie. L'écriture de ce post m'a rappelé ces coups de coeur, mais aussi le fait que j'étais loin, en fin d'année, de me trouver dans le même état d'excitation.

Je vous avoue que depuis que j'ai fini Scrubs, l'ambiance est morose de ce côté-ci de l'écran.
J'ai lancé le marathon Jack & Bobby que j'attendais de démarrer depuis près de trois ans, et je ne le regrette pas, je m'envoie un épisode de Drop Dead Gorgeous à l'occasion en me disant que de toute façon ça ira vite, mais clairement on n'est pas dans le coup de coeur. Ce sont "juste" deux bonnes séries que je suis contente de regarder, et en théorie c'est déjà génial ; on est loin d'une période de creux pendant laquelle rien ne m'intéresserait. Mais rien non plus ne m'incite à la boulimie d'épisodes. Rien ne fait battre mon coeur. Quand je suis au boulot ou en train de faire des courses, je ne me dis pas que j'ai hâte de me faire un nouvel épisode ce soir de Jack & Bobby ou Drop Dead Gorgeous, ou quoi que ce soit d'autre...
Le pire c'est que j'ai mis en pause la plupart de mes autres visionnages, quelque part pendant le visionnage de l'intégrale de Scrubs, et que je n'en ai pas vraiment repris à ce jour alors que j'ai fini Scrubs à la mi-décembre environ. J'ai des épisodes de retard sur à peu près tout, et pas envie de m'y remettre. Généralement, ce n'est pas grave : ça m'arrive souvent de faire une ou deux semaines de pause le temps de finir un truc qui me captive plus, puis de reprendre. Dans mon fonctionnement, il y a toujours une part de séries à suivre hebdomadairement mais irrégulièrement, et d'autres à regarder d'une traite, en intégrale marathonienne, et ça finit par se rééquilibrer. Sauf que là, ça vient pas.

Ce n'est pas que je n'ai rien envie de regarder non plus. J'ai toujours envie de pilotes (je crois que c'est une constante qui n'est tout simplement jamais mise en compte dans ma façon de regarder les séries !), mais je ne regarde rien qui me donne envie de m'enflammer. Bon, on est entre nous, je peux bien vous le dire : je me soupçonne secrètement, quand je lance le pilote de Lieve Liza ou de Resident, de n'essayer qu'à moitié. Je me mets en colère contre ces séries, mais est-ce que j'essaye vraiment d'en regarder qui me chavirent ? Pourquoi précisément retenter une comédie médiocre comme How I met your mother maintenant ?
Est-ce que par le plus grand des hasards, je ne persisterais pas à regarder des choses qui ne peuvent se comparer à Scrubs ?

Il est fréquent qu'un marathon qui m'a vraiment électrisée me laisse un peu vidée, qu'il me faille un peu de temps pour me remettre en train. Ca n'a rien d'étonnant, surtout vu la rapidité à laquelle je m'enfile certaines intégrales. Dans le cas de Scrubs, faisons le calcul... 182 épisodes en un peu plus d'un mois ? Clairement, il y a un effet de manque qui est à attendre après un tel visionnage. Et ça m'est tellement arrivé que je considère que c'est la routine.
Je pensais d'ailleurs avoir dépassé cette phase de manque au bout de 2 visionnages du final de la saison 8, après avoir abondamment pleuré en chantant "Book of Love" plus que de raison (c'était un bien lamentable spectacle, d'ailleurs !). Au bout d'une semaine à dix jours, j'avais estimé que la page était tournée.

Vraisemblablement elle ne l'est pas. Et quand j'y regarde de plus près, je vois qu'il y a des détails qui ne mentent pas.
La page Scrubs n'est pas tournée, parce que les DVD de Scrubs sont encore sur ma table de chevet et je n'ai pas le coeur à les ranger dans la telephage-o-thèque, parce que le dernier DVD de la saison 8 est d'ailleurs encore dans le lecteur DVD portable de ma chambre, et parce que les extraits de Scrubs que je me suis mis sur mon smartphone n'en ont pas été effacés (alors que d'ordinaire, le roulement sur mon portable est rapide et régulier en matière d'extraits).

A la réflexion, l'état dans lequel je suis me rappelle celui qui est le mien après l'annulation d'une série que j'aime énormément. Je n'ai goût à rien d'autre, mais il me faut accepter qu'elle est annulée. Et ça me rend toute chafouine pendant un bout de temps, en général... je veux dire, je vous ai quand même bien parlé de Partners ces dernières semaines, par exemple.
Dans le fond, il est possible pourtant qu'il s'agisse du même symptôme. J'ai réalisé, un peu tard, que j'étais très éprise de Scrubs... et je vis en fait son annulation là, à retardement, mais douloureusement quand même.

ScrubsGoodOldDays

Il n'y a rien de pire que de découvrir qu'on a un coup de coeur pour une série dont on ne verra plus jamais un inédit.

Posté par ladyteruki à 23:42 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

03-01-13

Long story short

Premier revisionnage de l'année.
Pas forcément le mieux inspiré, mais avec tout ce que j'entends sur la série ces derniers temps, je me suis dit qu'il serait quand même une bonne idée de retenter son pilote, histoire de.

Alors, How I met your mother, comme ça on a vécu quelques saisons de trop ? (re)Voyons ça.

HowImet

Ah, eh bien, je confirme. Neuf saisons de trop.

Quand je regarde le pilote de How I met your mother, je ne suis pas seulement surprise que la série ait duré aussi longtemps, je suis surprise que le pilote ait eu le feu vert et ait passé l'épreuve de la commande.

L'idée de départ n'est évidemment pas mauvaise (du high concept pour un sitcom, il fallait y penser) et n'est pas en cause. Au contraire. Et d'ailleurs, dés cette introduction, on sent que les scénaristes ont une idée très claire sur le fait qu'ils vont balader longtemps les spectateurs (et les enfants) avec des tours et détours factices ; ça faisait partie des choses que je voulais vérifier, à vrai dire. A la limite, je préfère ça à une série qui prétend pouvoir tout finir rapidement mais qui, devant la perspective d'un renouvellement, décide soudain de prendre un itinéraire bis pour faire trainer les choses (genre Revenge), ici, les délais pour connaître le fin mot sont clairement annoncés : "it's a long story". Evidemment, le concept de How I met your mother appelle toutes sortes de retournements de situation afin de ne pas dévoiler la fameuse "mother" trop rapidement, et l'équipe de How I met your mother fait de son mieux avec les outils qu'elle a pour raconter sa petite histoire aussi longtemps que possible (nul doute qu'un concept similaire aurait été traité bien différemment par d'autres, genre Bill Lawrence, mais avec des si...).

Alors où est le soucis dans ce pilote, qu'au bout de trois visionnages je n'arrive toujours pas à trouver ne serait-ce qu'un petit peu sympathique ?
Je pourrais vous dire que les textes ne sont pas drôles, mais le plus fou, c'est que ce n'est même pas vraiment ce qui est en faute ici. Evidemment, pas mal de gags sont faciles, mais il s'agit d'un sitcom en multi-camera et toutes les séries ne peuvent pas avoir les tirades incisives de Roseanne ou facétieuses des Craquantes, non plus. A l'impossible nul n'est tenu. Donc du point de vue strictement écrit, ce n'est pas la panacée, mais ça reste tolérable.

Par contre, j'ai un énorme problème avec le cast. A un tel point que je ne sais pas qui pointer du doigt en premier. Trop de choix tue le choix.

Allez, optons pour celui qui devrait être le plus au top : Josh Radnor. Aussi bien sur le plan physique qu'humoristique, ce type m'évoque systématiquement Jimmy Fallon, a.k.a. le type qui se donne trop de mal. Et qui échoue. Il faudrait peut-être que je le voie dans autre chose, mais il n'arrive pas à convaincre. Suivant sur la liste : Neil Patrick Harris ; sa réputation de scene stealer dans la série a peut-être un fond de vérité, mais sûrement pas dans le pilote où il est pourtant limité à quelques gimmicks répétitifs ("suit up !"), chose dont il a l'air parfaitement conscient. On ne peut pas lui reprocher de ne pas se donner du mal. Rien à redire en revanche pour Cobie Smulders : son personnage est transparent et certainement pas conçu, à ce stade, pour avoir une once d'humour, donc jouer la jolie fille est nécessairement dans ses cordes.
Et en on arrive aux deux pires de la bande. Alysson Hannigan, qui mérite d'être renvoyée dans ses films potaches et d'y rester jusqu'à la fin de temps (mais je l'ai dans le nez depuis un truc que j'ai lu hier, aussi, j'avoue), le dispute à Jason Siegel, pour le titre de Membre Du Cast Qui A L'Air De Lire Ses Répliques Sur Un Prompteur Et De Découvrir Son Texte En Temps Réel. C'est un long titre, et il se mérite, ce qui explique qu'il y ait tant de compétition ; et de ce point de vue là, tous deux se donnent à fond.
Il est clair que c'est une maladie dont sont régulièrement frappés les comédiens de sitcom ; je suppose que les délais de tournage font ça, entre autre choses. Avec tout le respect que je dois à Partners, dont je vous ai pourtant bien rebattu les oreilles depuis l'automne, il y avait dans le cast quelques criminels de ce genre aussi. Il faut des comédiens exceptionnels pour ne pas au moins tomber dans ce piège une fois, et des comédiens exceptionnels, eh bien, How I met your mother n'en a pas. Au stade de son pilote en tous cas, elle en a un à peu près décent, un qui essaye très fort, une qui pour l'instant n'a pas matière à lever le petit doigt, et deux franchement médiocres.

Ce qui explique d'autant plus mal, je vous le disais, que ce pilote ait convaincu qui que ce soit d'être commandé. D'un autre côté je vous accorde que c'est la même chaîne qui a commandé après avoir vu le pilote de Two and a Half Men deux ans plus tôt.

J'espère souvent de mes revisionnages qu'ils me permettront de voir l'épisode revu (généralement un pilote) sous un oeil nouveau. Ca s'est déjà produit, je pense par exemple à Friday Night Lights. Du coup, j'entame généralement ces retentatives avec un esprit aussi objectif que possible, parce que c'est tout l'intérêt de l'exercice. Mais dans le cas de How I met your mother, impossible de changer d'avis ne serait-ce d'un iota à son sujet. Il y a des séries dont je ne partage pas l'enthousiasme, mais pour lesquelles je peux comprendre qu'on s'enflamme. How I met your mother n'en fait définitivement pas partie. C'est comme ça. Autant que je m'y fasse !
Ce sera ma dernière retentative du pilote de How I met your mother, parce que même en matière de revisionnages, il y a un moment où il faut savoir dire : "three strikes and you're out".

Posté par ladyteruki à 21:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

28-12-12

Doctor Whoverdose

En téléphagie, il y a toutes sortes de marronniers négatifs et généralistes. La rentrée : "c'est pourri, ya aucune bonne nouveauté". Les Emmy Awards : "de toute façon toutes les récompenses sont faussées". Les premières annulations : "normal, la rentrée était pourrie". Et ainsi de suite. Tous. Les. Ans.
Et puis, il y a les marronniers qui ne portent que sur une série, et qui ressortent immanquablement alors que la diffusion reprend après un hiatus. Rules of Engagement : "je savais même pas qu'elle existait encore, cette série". How I met your mother : "nan mais, cette saison, c'est la dernière, obligé". Doctor Who : "ce ne sera jamais plus pareil". Tous. Les. Ans. Voire même un peu plus souvent.

Le pire, c'est que Doctor Who semble être l'une des rares séries que de plus en plus de monde regarde, mais en sachant de moins en moins pourquoi. Quand on lit la plupart des réactions à chaud sur Twitter, par exemple, on peut sentir combien sont nombreux ceux qui ont de plus en plus de mal, ou qui décident de regarder le bon côté des choses volontairement pour ne pas lâcher une série qu'ils suivent depuis de longues années.
C'est vrai même pour quelqu'un qui n'a démarré la série que sur le tard, comme votre serviteur ; ça fait un bout de temps maintenant que je sens bien que je continue en tirant la langue et en me forçant. Ce qui est étrange, parce que je n'ai pas coutume de me forcer à regarder une série ; au contraire, mon fonctionnement est tout l'opposé, et je fonctionne uniquement à l'envie, n'hésitant pas à arrêter une série dés qu'elle me déplaît ou simplement me lasse. Curieusement, Doctor Who est l'exception.
Je ne sais pas trop pourquoi je continue d'attendre que quelque chose se passe, que l'étincelle revienne, parce que clairement, attendre une telle chose pendant deux saisons, ce n'est pas réaliste. Quand une série a un coup de mou, ça ne dure pas deux saisons. Deux saisons, ce n'est pas un petit problème passager qui va s'améliorer la semaine prochaine ; deux saisons, c'est une raison nette et objective d'abandonner. Et pourtant non.

Une bonne partie du temps que je passe devant Doctor Who, je le passe partagée entre l'espoir et l'imagination. Et c'est peut-être bien la raison pour laquelle je continue de la suivre, parce que peu de séries provoquent ce genre d'expérience, même si ce résultat n'est obtenu que via des insuffisances.

Ainsi, chaque développement de Doctor Who me fait espérer que les choses vont s'arranger, qu'il y a quelque chose de grand après le prochain virage, que la révélation qui ne manquera pas d'arriver ultérieurement sera celle qui donnera du sens à des mois et des mois de visionnages laborieux. Ca a été vrai en saison 6, mais plus encore pendant la première partie de la saison 7 ; j'attendais que les éléments en place se combinent en une espèce de Transformers narratif qui prend vie une fois les pièces emboitées dans le bon ordre, et chaque fois que je croyais deceler un indice menant vers une conclusion palpitante, je trouvais une raison de persister. Bon, d'accord, cet épisode-là était décevant. Mais à la fin de la saison, ça va être immense. Comment Moffat procède-t-il pour nous laisser croire qu'il a quelque chose dans sa manche ? Par quel tour de passe-passe est-il parvenu à donner l'illusion d'avoir un plan sur le long terme ? On devrait pourtant savoir que ce n'est pas le cas, mais l'illusion est parfaite.

Mais surtout, et je crois bien que Doctor Who est la seule série actuellement en mesure de m'offrir cela, mon imagination est incroyablement stimulée à chaque épisode. Anticiper une hypothétique conclusion d'un (souvent tout aussi hypothétique) arc narratif à long terme me donne envie de me lancer dans des conjectures et des suppositions folles, et comme je vais en évoquer quelques uns, je recommande à ceux qui ne sont pas à jour de leur visionnage d'éviter le prochain paragraphe, pour cause de potentiels spoilers.
Je me rappelle encore quand je me délectais de l'idée, ou plutôt devrais-je dire la conviction, que Rory et Amy allaient partir en claquant la porte, en se retournant contre le Docteur. J'ai passé une bonne moitié de la saison 6, et, sans mentir, toute la saison 7 à ce jour, à y croire dur comme fer. Quand tout un épisode de ladite saison 7 a tourné autour des différences devenues impossibles à concilier entre le mode de vie des Pond et celui du Docteur, je me suis dit : le divorce est consommé. Il y a un moment où ils vont trouver qu'il va trop loin, ou qu'il fait n'importe quoi, ou tout simplement qu'ils ont passé l'âge, et un jour, le TARDIS va se planter dans leur salon et ils refuseront d'y monter. Et ça va être déchirant parce que ça ne voudra pas dire qu'ils n'aiment plus le Docteur, mais Amy/Wendy aura grandi sans plus attendre les visites de Peter Pan. Bon sang, vraiment j'étais sûre de mon coup ! Toutes les fois où le Docteur en avait fait des tonnes sans se soucier des conséquences, toutes les fois où Amy, Rory et même River l'avait rappelé à l'ordre, toutes les fois où il était à fond dans son délire sans prendre garde aux sentiments de ses propres amis... vraiment j'y croyais à fond. D'ailleurs, cette façon de rappeler que Rory est infirmier, un soigneur, quand le Docteur a perverti son propre nom et donc son titre, ça ne pouvait qu'avoir du sens ! Et puis, la fin du premier volet de la saison 7 est venue, avec son enfilade de scènes exagérément dramatiques, mais pas émouvantes, et cette façon complètement pauvre et surtout soudaine de se débarrasser fort opportunément de Rory et surtout Amy... je ne comprenais pas. Est-il possible d'être le showrunner d'une série à la mythologie riche, de l'étoffer régulièrement dans des épisodes, et de pourtant décider de ne se servir d'aucun des éléments plantés antérieurement lors de ce qui devrait être le plus important épisode de la saison, et l'un des plus importants de la série ? Ce n'est pas simplement l'histoire de cet épisode qui m'a déçue, mais carrément l'impression que je ne regardais pas la même série que celui qui en écrit une bonne partie. Je peux tolérer les revirements de situations abracadabrants, pourvu qu'ils portent une émotion qui ait du sens ; mais qu'on cherche à me faire pleurer pour me faire pleurer, sans s'appuyer sur ce qui se dit dans les épisodes précédents, au nom de l'effet de surprise, a tendance au contraire à me faire me rebiffer totalement.

Le Doctor Who de Moffat joue avec mon accoutumance, et l'entretient avec ce qu'il est plus honnête de qualifier de produits coupés. Mais une fois de temps en temps, juste une fois, il y a une vraie pillule de LSD pure, et là je décolle.

C'est précisément comme ça que je savais bien avant le départ d'Amy et Rory que j'allais continuer Doctor Who. Je le savais parce que j'étais tombée sous le charme de celle qui était annoncée comme un nouveau Companion, et qui a été introduite en début de saison 7, Oswin. Après avoir vu son épisode d'inauguration, c'était acquis que j'allais laisser, encore une fois, une chance à Moffat de me coller au plafond. Je trouvais le personnage riche, et émouvant. J'étais fascinée par sa nature, laquelle a des implications profondément dramatiques pour le Docteur.
Cette fois, ce ne sera plus jamais pareil. ET TANT MIEUX.

Ce qui nous amène au Christmas Special.
Et donc aux spoilers à tout va.

DoctorWho-Snowmen

J'étais là, j'étais prête. Je me suis mise devant mon écran en y croyant dur comme fer. Que pensez-vous qu'il soit arrivé ?
Déception. Encore et toujours, la déception.
La déception de voir toujours les mêmes artifices employés, de retrouver des trous dans le scénario (dont on prétendra qu'ils sont faits exprès, bien-sûr), d'assister à des séquences d'hystérie totale, même ; je ne sais pas quelles drogues consomme Moffat, mais il faut plannifier une intervention, là.

Evidemment, c'est un Christmas Special : il ne faut pas en attendre autre chose qu'un conte fantastique adapté à l'esprit des fêtes de fin d'année, une aventure juste un peu plus familiale que les autres. On peut s'y autoriser tout un tas de choses folles parce que, bon, c'est le Christmas Special, mais justement ce n'est que le Christmas Special ; c'est toujours comme cela que Moffat envisage son épisode annuel, pourquoi devrions-nous le considérer autrement ? Alors plein de choses sont superficielles dans cet épisode, comme dans ceux qui l'ont précédé, et des personnages secondaires sont de retour pour participer à la plaisanterie, parce que c'est un peu maintenant ou jamais, et que dans le fond, un Christmas Special n'a pas besoin d'être canon de bout en bout, alors tant pis s'il y a des raccourcis (qui a ressucité Strax ?) ou des personnages qui se limitent à leur titre et quelques bons mots (la Silurienne lesbienne et son épouse). A Noël, c'est permis. Comme le vin chaud à la cannelle, en somme.

Mais ce n'est pas ça qui est décevant, c'est plutôt de voir les pirouettes qu'effectue déjà Moffat pour nous inciter à continuer la fuite en avant.
Encore une fois, il veut nous donner de l'espoir, et il nous laisse imaginer mille choses en truffant son épisode de petits détails supposés nous stimuler. On les repère et on s'en régale, on se dit que ça augure de plein de choses pour la suite. Ne devrions-nous pas être échaudés à présent ? Evidemment, on se dit qu'il ne serait pas juste de faire un procès d'intention à Moffat : peut-être que cette fois, il a vraiment une vue sur le long terme, un projet pour son nouveau personnage, une histoire à raconter.
Et pourtant tout nous dit le contraire.

Par exemple, Clara va passer une large partie de l'épisode à minauder ; Jenna Louise-Coleman n'est pas en faute, assurément, et elle a ravi mon coeur avec son énergie et son répondant, mais le problème est que l'épisode ne repose absolument que sur cela. Qui plus est, face à un Docteur désabusé et meurtri, le personnage de Clara "Oswin" Oswald, puisque tel est apparemment son nom, revêt un visage plus pervers. La vitalité de Clara mais aussi la storyline entamée par son existence vont pousser le Docteur à se reprendre, et par la même occasion, quitter l'époque où il se stationnait sans plus rien attendre ni vouloir faire, et l'encourager à reprendre ses voyages dans l'espace et surtout le temps, à la recherche de la clé du mystère que cache cette étrange jeune femme. Vous l'aurez compris, on est en plein dans les articulations classiques autour de la manic pixie dream girl, le Docteur ayant besoin d'être sauvé de l'apathie, et seule une jeune femme péchue et prompte à flirter le tirant de sa misanthropie et son immobilisme.
De par la légèreté induite par l'exercice du Christmas Special, on va de surcroit assister à un épisode qui ne va pas entrer dans le détail des émotions du Docteur (les plus nostalgiques de l'ère Amy/Rory devraient même en être un peu froissés, tant notre Time Lord s'arrête peu sur le sujet), et qui va même balayer, comble de l'horreur, tout ce qui était dramatique chez Oswin, et qui avait rendu immédiatement sympathique ce personnage, a disparu en Clara.
Mais les émotions, dans un épisode dont la conclusion repose sur une seule larme versée, de toute façon, on sait où se les mettre, hein...

Globalement, ce Christmas Special m'a donc mise très en colère, parce qu'en dehors de quelques gimmicks créés de toute pièce sans raison apparente, si ce n'est prouver que Moffat sait créer des gimmicks sur commande (comme réussir à placer le mot "pond" dans l'épisode et notamment dans un dialogue-clé, sans jamais lui donner de sens), il n'y a rien. Mais même le talent de Moffat pour les gadgets narratifs a de sérieux coups de fatigue, comme dans cette conversation "à un mot" qui ne revêt aucun intérêt en substance, ou dans cette curieuse idée de reprendre obstinément et plusieurs fois la phrase "winter is coming" sans aucune véritable référence réelle à Game of Thrones, ni sens nouveau, un peu comme si, en gros, Moffat balançait des catchphrases comme d'autres souffrent de Tourette.
On peut voir que le Docteur est peut-être blessé par la perte de ses deux amis, mais on peut aussi voir qu'il n'a tiré aucune leçon de tout cela. Il est toujours aussi égoïste et arrogant, il l'est même plus que jamais alors qu'il se permet d'être odieux avec Strax sans aucune raison... si ce n'est celle qui devient de plus en plus évidente : son complexe de supériorité. Et depuis Demon's Run, on nous promet que ce sera adressé, et ça ne l'est toujours pas. L'opportunité n'était-elle pas idéale de le faire, alors que les "monstres" de cet épisode de Noël relèvent du prétexte ?
UNE SEULE ! Je n'ai eu le droit qu'à une seule scène sincèrement drôle et émouvante, quand Clara découvre le (nouveau) TARDIS, lance quelques répliques bien trouvées et intéressantes, et surtout, parvient à toucher le Docteur. On a failli tenir quelque chose... qui s'échappe aussitôt. Une seule éclaircie de deux minutes et trente-sept secondes (j'ai compté). Si au moins elle n'existait pas, j'arriverais à arrêter Doctor Who, mais elle est là, et c'est vraiment le plus frustrant de tout !

Car c'est justement pour ces quelques miligrammes de coke téléphagique que je continue de revenir, et j'entrevois toute la perversion de ma relation à Doctor Who depuis quelques saisons. Quelques rachitiques scènes soudain touchées par la grâce ponctuent des épisodes généralement d'une grande facilité, pour ne pas dire d'une épouvantable flemmardise. Mais dans ces scènes d'exception, je vois des promesses, quand clairement, l'expérience a prouvé que je me contente d'halluciner des éléphants bleus.
Il n'empêche. D'ici le prochain épisode, comme d'habitude, je vais me perdre en conjectures et en hypothèses, qui non seulement ne se révèleront jamais vraies, mais ne seront même pas supplantées par les trouvailles que Moffat nous tirera au dernier moment de son chapeau. Et je suis très, très en colère d'avoir ce genre de relation avec une série. Mais je suis aussi très, très sous le charme de Clara Oswin Oswald. C'est tant pis pour moi. Rendez-vous au printemps pour continuer ma relation d'amour/haine avec le dealer le plus ingénieux de la télévision britannique, donc.

Posté par ladyteruki à 22:13 - Review vers le futur - Permalien [#]

22-08-12

Nos voisins les Voronine

SemaineRusse

Hier, nous avons parlé du développement de la série russe Voroniny... mais c'est resté assez théorique. Laissez-moi à présent passer à la phase pratique.

Il a été dit dans ces colonnes, en de maintes reprises, combien le remake de sitcom américain était une hérésie dont les coupables méritaient, à défaut de l'interdiction d'approcher un studio de télévision, rien moins que la peine capitale ; j'exagère à peine. Mais chaque série est un cas particulier et, avec une persistance qu'Einstein aurait probablement assimilée à de la folie, je tente régulièrement des pilotes de remakes étrangers de sitcoms américains parce que, eh bien, je suis masochiste, probablement.
Plusieurs de ces saligauds ont été évoqués dans ces colonnes, je ne vous refais pas la liste globale, mais en particulier, pour la Russie, quelques unes ont pu être évoquées, comme évidemment Maia Prekrasnaia Niania (pour Une Nounou d'Enfer), Maia Liubimaia Vedma (Ma Sorcière Bien-Aimée) ou Kak ia Vstretil Vashu Mamu (How I met your mother). On ne vous demandera pas plus de les prononcer que de les regarder, rassurez-vous !

Mais puisqu'hier, nous avons assisté aux tribulations de Philip Rosenthal alors qu'il allait travailler, aux côtés de l'équipe russe de la série, sur l'adaptation de Tout le monde aime Raymond, je me suis dit que c'était l'occasion en or de comparer le travail avant/pendant/après. C'est-à-dire, en connaissant la série d'origine, en voyant le documentaire Exporting Raymond, et maintenant, avec le pilote de Voroniny.
Pour commencer, je crois que chacun ici a vu au moins un épisode de Tout le monde aime Raymond, non ? Non ? Bon bah allez-y, je vous attends.
...
Donc maintenant, tout le monde a vu Raymond et nous avons tous les bases pour avoir cette discussion.

Comme expliqué dans Exporting Raymond, Philip Rosenthal a suggéré aux auteurs de ne pas commencer par adapter le pilote, mais de plutôt choisir, comme premier épisode pour la série russe, un scénario ultérieur. L'idée est donc de quand même piocher dans les scripts acquis par STS, ce qui signifie que cela reste conforme à l'esprit de la série, mais en rendant le scénario plus accessible au public russe.

La démarche peut surprendre, et en tant que téléphage, j'avoue que l'idée m'a un peu rebutée : un pilote a une raison d'être ! Et si on écrit un pilote correctement, normalement il n'est pas interchangeable avec n'importe quel autre épisode de la série. Le pilote est un exercice de style qui réclame une structure particulière ; l'exposition a son importance. C'est d'ailleurs bien pour ça que j'aime tant les pilotes.
Mais bien-sûr, après réflexion, je me suis dit : après tout, pourquoi pas ? dans le cadre d'une série non-feuilletonnante, c'est moins pénalisant.

Dans Exporting Raymond, Rosenthal suggère d'adapter en guise de pilote pour Voroniny l'épisode "Baggage" ; c'est un épisode de la 7e saison de Tout le monde aime Raymond dans lequel, en rentrant de weekend, le couple laisse une valise dans l'escalier, qui devient l'objet d'un bras de fer pendant des semaines, car aucun des deux ne veut prendre être celui qui rangera la valise.
Cela avait occasionné plusieurs discussions dans le documentaire, car les scénaristes russes ne comprenaient pas les gags ni la dynamique de couple qui était mise en lumière par cette petite situation absurde (l'histoire ne dit pas pourquoi personne n'a pensé à protester que, à des fins de réalisme, la série russe se déroulait dans un appartement... où il n'y a pas d'escalier, donc). Mais on était restés, en fin de documentaire, sur l'impression que c'était tout de même, après bien des explications, l'épisode retenu.
Pas du tout : l'épisode choisi finalement pour ce pilote russe n'est pas "Baggage", car le pilote de Voroniny est finalement l'adaptation de l'épisode "Your place or mine?", le 7e épisode de la 1e saison dans lequel une dispute entre les parents de Raymond pousse la mère de celui-ci à s'installer avec son fils et sa bru, au grand désespoir de cette dernière.

Voroniny

Force est de constater pourtant que, si le coeur de l'épisode est directement adapté, et de façon relativement litérale, ce n'est pas le cas de l'intro ni de l'outro qui ne sont pas présents dans "Your place or mine?". Ces gags indépendants (qu'on retrouve dans de nombreuses séries comiques, et qui est une figure de style que des séries comme Malcolm ont porté au rang d'art dans l'art) n'étant en effet pas liés à l'histoire de l'épisode, on peut ainsi les mélanger à volonté sans que cela n'ait aucune incidence.
Pour le spectateur russe, en fin de compte, la série Voroniny commence alors que Kostya (l'équivalent de Raymond) est devant la télé en train de manger des chocolats, et il n'en reste plus qu'un. Sa fille, débarque alors, repère le dernier chocolat, et espère le manger ; Kostya lui propose de jouer à cache-cache : si elle trouve la friandise, elle pourra la manger... mais en guise de cachette, pendant qu'elle ne regarde pas, il se dépêche de l'avaler goulûment lui-même tout en la guidant avec des "tu chauffes"/"tu refroidis" histoire de l'occuper pendant qu'il mâche. Sauf que, retournement de situation, finalement la petite découvre une boîte entière de chocolat, soigneusement cachée. C'est Vera, la femme de Kostya, qui l'avait mise là pour se les garder et que Kostya ne mange pas tout. Une amusante façon de dépeindre habilement la dynamique de la maisonnée ; mais les connaisseurs de Tout le monde aime Raymond auront remarqué que les grands-parents sont totalement absents de cette introduction, alors qu'ils sont au coeur de la série.
L'outro de l'épisode reprendra d'ailleurs ce petit gag en montrant Kostya dans la cuisine de ses parents, avec son père. Et devinez quoi, il ne reste plus qu'un chocolat ! Kostya essaye de le récupérer mais c'est son père qui le lui arrache des mains comme si c'était la chose la plus naturelle au monde. De retour chez lui, Kostya veut se mettre devant la télé, mais la télécommande a disparu : c'est sa fille qui l'a planquée, et pendant qu'il cherche la télécommande, la petite lui assène des "tu chauffes"/"tu refroidis" narquois...
Nul doute que ces scènes doivent se retrouver dans l'un des 210 épisodes de la série originale (ou au moins dans les quelques dizaines de scripts achetés initialement par la chaîne russe), mais ils ont le mérite de brosser un portrait assez révélateur des dynamiques au sein de la famille, et de la "chaîne alimentaire" de cette petite tribu.

Bon, mais l'épisode lui-même, alors ? En-dehors de ces deux scènes, le déroulement de l'épisode est conforme à l'original américain dans le scénario, au moins dans la structure de l'histoire : les parents de Kostya se disputent, la mère emménage avec Kostya et Vera, commence à traiter Kostya comme s'il était un enfant et à récurer l'appartement de Vera de fond en comble, excédant celle-ci au point de faire son possible pour rabibocher le couple.
Il y a des différences dans le choix des scènes explicitant le déroulement du conflit : certaines scènes ont été écourtées, rendant les réactions de certains personnages plus unidimensionnelles. Ainsi, le soir de la dispute, Vera décide d'aller dîner avec le père de Kostya dans sa maison où elle le sait seul, afin de lui tenir compagnie (et implicitement d'échapper à sa belle-mère, ainsi que dans l'espoir de plaider pour une réconciliation). Dans la version américaine, la scène commence alors que Debra se régale parce que le père de Raymond mange de la junk food et que c'est quand même bien sympa ; même si ensuite le plat principal qu'il a cuisiné lui-même est une horreur. Dans la version russe, on attaque tout de suite le plat dégueulasse et l'expression écoeurée de Vera. Bon, ça apporte moins de complexité aux personnages et à leurs réactions, mais ça relève du détail, dans le fond. Pourquoi pas ? C'est un bon exemple d'appropriation, et du coup, dans le fond ça valait peut-être mieux qu'une adaptation au pied de la lettre.
Qui plus est, en choisissant de commencer par cettte histoire, Voroniny fait aussi un choix dans la façon dont il expose ses personnages : l'épisode, et donc la série, commence sur une dispute, qui montre les parents de Kostya comme des gens très sanguins. C'est notamment l'occasion pour le grand-père de passer pour un colérique, ce qu'il n'est pas exactement "en temps normal" (mais il n'y a pas encore de "en temps normal" pour le spectateur russe). On voit bien, en mettant cette scène en avant d'entrée de jeu, comment la perception des personnages est modifiée.

Mais le plus frappant dans ce pilote de Voroniny, en matière de différences avec l'original, c'est certainement le jeu des acteurs.
Que Philip Rosenthal se rassure : ses prières ont été entendues. Certes, les Russes semblent avoir eu du mal à se départir des rires enregistrés, qui hantent l'épisode (mais de façon moins insupportable que dans Maia Prekrasnaia Niania, qui hante encore mes nuits).
Mais on n'est pas du tout dans les singeries montrées dans Exporting Raymond sur le tournage de la série. Les acteurs russes font preuve d'un grand sens de la mesure, et en fait, à l'exception peut-être des grands-parents qui sont un peu plus expansifs (mais c'est aussi le rôle qui veut ça), ils sont au contraire d'une grande sobriété, tournant l'humour de la série en une festival de répliques pince-sans-rire.
Regarder l'épisode équivalent de Tout le monde aime Raymond renvoie, et c'est finalement une sacrée ironie, une solide impression de surjeu. En comparaison, la plupart des acteurs russes sont d'une grande sobriété, et en particulier l'interprète de Vera, Ekaterina Volkova, bien plus drôle et pourtant bien plus modérée que Patricia Heaton.
Et c'est finalement assez fascinant de voir comment ils incarnent les mêmes personnages, sans aucun doute possible, reconnaissables immédiatement, et répondant aux mêmes caractéristiques, tout en les rendant moins extrêmes, plus naturels.

Au final, il ressort de Voroniny l'impression troublante d'avoir assisté à une version moins théâtrale de Tout le monde aime Raymond. Pour moi qui n'aime pas la série d'origine, c'est un compliment, et pas des moindres, que d'avoir trouvé l'épisode pilote de cette adaptation convaincant, et pas du tout agaçant. L'absence de Ray Romano n'y est pas étrangère, mais n'est pas non plus la seule explication.
En tous cas, preuve est ainsi faite qu'un remake (a plus forte raison de sitcom américain) n'est pas forcément synonyme de merde honteuse ! Et ça, c'est quand même une sacrée bonne nouvelle, non ?

Posté par ladyteruki à 16:34 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

09-04-12

Drôle de malédiction

Il a été porté à mon attention par Scalatiine et whisperintherain que TFHein préparait un remake de Ma Sorcière Bien-Aimée il y a quelques jours. Le projet aurait ensuite été mis aux ordures, ce qu'on ne peut que saluer. Mais pendant quelques minutes, alors que je lisais, ébahie, la news à ce sujet qu'on m'avait fournie sur Twitter, j'ai pensé : "les Français ne sont donc pas à l'abri".
A l'abri de quoi ?

Combien de fois je vous ai parlé de remakes ridicules de sitcoms américains ?
De mémoire, voyons... il y a eu la version espagnole de Cheers (subtilement appelée Cheers, ce qui sentait déjà mauvais dés le départ), la version espagnole des Craquantes, intitulée Las Chicas de Oro, qui n'a pas connu un sort plus enviable... mais les Espagnols ne sont pas les seuls en faute, puisque j'ai déjà pu évoquer avec vous l'horreur que représentait Maia Preskrasnaia Niania, la version russe d'Une Nounou d'Enfer. D'ailleurs, fun fact : quand je m'ennuie, je cherche à collecter le pilote de toutes les versions internationales d'Une Nounou d'Enfer. Je suis masochiste comme ça. Et du coup je peux aussi vous parler de la version polonaise, Niania, que du bonheur. Oh, il me semble qu'on a aussi évoqué Kak ia Vstretil Vashu Mamu, l'adaptation russe de How I met your mother. Je vous dis ça pour que vous fassiez bon usage des tags mails il y en a plein d'autres qu'on n'a pas encore mentionné dans les parages, et j'en suis la première surprise.
Voyons voir, il y a aussi l'Allemagne avec Das iTeam, l'adaptation de The IT Crowd, quoique presque sans apporter le déshonneur sur la version originale (le vrai problème, ce sont les acteurs), ou les Pays-Bas, qui ont adapté Tout le monde aime Raymond avec Iedereen Is Gek Op Jack (j'arrive pas à croire que je vous ai jamais montré ne serait-ce que le générique de ces trucs-là ?)... on ne va pas tous les citer, mais en tous cas ça prouve que c'est une épidémie mondiale (excusez-moi, j'ai lu World War Z ce weekend, je suis un peu traumatisée).

Mais soyons honnêtes, en France, on n'avait pas l'air d'être touchés par ce phénomène. Les remakes sont relativement rares dans l'ensemble, par chez nous, on peut s'en féliciter. Evidemment il y a le cas des adaptations plus ou moins officieuses (L'Hôpital ?) et les cas de franchise (Paris Enquêtes Criminelles), mais en tous cas, les sitcoms américains zombifiés, on évite quand même plutôt bien.
Et quand on fait quelque chose de bien en France, il faut le dire, même si ça m'écorche un peu la bouche (mais je me soigne, promis).

OkusamawaMajou

Même si ensuite j'ai eu l'immense soulagement d'apprendre que le projet avait été abandonné par TFHein peu de temps après que la news ait fait surface sur le projet, j'ai tout de même eu le temps de penser aux deux adaptations internationales de Ma Sorcière Bien-Aimée que je connaissais : Okusama wa Majou, la Japonaise, et Maia Liubimaia Vedma, la Russe.
Et ya pas de quoi se vanter, je vous assure. Les deux avaient choisi de se dérouler dans le présent, ce qui était déjà une énorme erreur : dans ces cas-là, il vaut mieux jouer à fond la carte de la nostalgie, ça permet d'avoir l'air moins ridicule. Et puis surtout, cela ressemblait à des parodies de sitcom des années 90, ce qui est embêtant car aucune des deux n'a plus de 10 ans. Je fais encore des cauchemars avec la version russe (je fais des cauchemars avec beaucoup de versions russes de sitcoms américains, en réalité) et de ces rires enregistrés, oh, ces rires... ils me réveillent en pleine nuit, le front en sueur, les yeux exorbités, le souffle court.

Depuis lors, une version récente, de quelque pays que ce soit, d'un sitcom américain tel que Ma Sorcière Bien-Aimée, je ne le souhaite à personne, pas même à Whitney Cummings. Mais si vraiment vous êtes curieux et téméraires, ne serait-ce que pour assister au jeu des acteurs ou goûter la qualité de la réalisation, je ne peux pas vous empêcher d'aller vérifier par vous-même.

Tous les remakes ne sont pas mauvais, pas forcément.
Mais non, mais non voyons. Par principe, on a tendance, moi y compris je l'admets, à refuser l'idée-même de remake, mais tous ne sont pas à jeter. Faites-moi penser à vous parler d'Umutsuz Ev Kadinlari, la version turque de Desperate Housewives, par exemple. Ca se défend... sous un certain angle. Enfin, je ne raffole pas de la version d'origine ; c'est sûr, ça n'aide pas, mais bon, ça va encore. En fait les dramas et les dramédies se défendent en général plutôt bien. Les versions telenovela de certaines séries ABC (qui en ont fait une spécialité) comme A Corazón Abierto ou les Amas de Casa Desesperadas ne sont peut-être pas votre tasse de thé, disons, mais au moins elles restent dans la limite de ce qu'on attend d'elles au niveau de la forme, a minima.
Et c'est important de le dire. De dire qu'à défaut de faire preuve d'originalité, la qualité de la production de l'adaptation reste, disons, équivalente à une sorte de médiane, entre la qualité de la série d'origine, et la qualité moyenne du format d'arrivée choisi tel que présent dans le pays où la série a été adaptée.

Mais tout en disant cela, il faut reconnaitre que les sitcoms en sont proprement incapables, et ce, quel que soit le pays d'arrivée. C'est pour ainsi dire systématique. Je n'ai pas UN exemple du contraire à évoquer, rien ne me vient à l'esprit, alors que j'ai téléphagiquement plutôt bien roulé ma bosse ces dernières années. Aucun remake de sitcom américain n'est JAMAIS réussi de par le monde. C'est une constante. L'une des choses dont on peut être sûrs de par le monde.
Dans le cas de la Russie, qui a un retard incroyable en matière de production télévisuelle locale (on a déjà pu l'évoquer) et dont le remake est constitutif du mode de fonctionnement, ce n'est pas étonnant. Mais prenez par exemple les Espagnols. Avec l'ampleur de leur production nationale, les bons titres que le pays est capable de proposer... comment peut-on encore en arriver à commander du Cheers ? Et à ensuite échouer lamentablement à réaliser un produit potable ?

Au regard de ce que nous apprend l'histoire télévisuelle de tous ces pays, et hélas, l'expérience, qu'est-ce qui rend l'exercice si compliqué et pourtant si populaire ? A moins que ce ne soit l'inverse. Parce que le plus fou, c'est qu'ils continuent d'être produits, ces remakes de sticoms américains, année après année, car il y a vraisemblablement quelque chose d'universel dans les sitcoms américains qui attire les producteurs locaux.

On a échappé à celui-là. Mais visiblement on n'est pas à l'abri en France non plus. Alors, faut-il se préparer à l'arrivée d'un remake de sitcom américain en France ? Faut-il commencer dés maintenant à stocker des vivres et de l'eau ? Je panique un peu, pardon. Mais moi, j'ai entendu les rires enregistrés des remakes russes. JE SAIS.

Posté par ladyteruki à 22:51 - Point Unpleasant - Permalien [#]

31-05-10

100 things I hate about you

Un nouveau pilote devrait toujours être l'occasion de se réjouir. Comme pour les mariages ou les baptêmes, ce devrait être une sorte de célébration inconditionnelle d'un commencement prometteur. Un pilote qui apparait, c'est une série qui commence, plein de perspectives d'avenir téléphagique, en somme, l'espoir. Rien n'est plus beau qu'un pilote.
Alors quand un pilote est épouvantablement ennuyeux, et qu'il ne laisse que très peu d'espoir sur ce qu'on peut espérer, ça vous plombe le moral comme rien.

100 Questions est de ceux-là, et dans ce genre de circonstances, on ne se pose pas la question de savoir si on devrait donner sa chance à la série plus longtemps, parce que tout est dit.

Sur le principe pourtant, il y avait moyen de faire quelque chose de vaguement original. 100 Questions explore la vie amoureuse de son personnage principal, Charlotte Payne, à travers... eh bien, 100 questions, c'est comme le Port-Salut. Et le pilote commence effectivement comme ça : Charlotte vient de s'inscrire dans une agence de rencontres et doit donc répondre à 100 questions qui lui permettront d'établir un profil et ainsi trouver l'âme sœur parfaite. On avait un peu l'impression que ce pitch présentait quelques ressemblances avec celui de The Ex-List, mais ça pouvait éventuellement marcher quand même. Mais voilà : chaque question correspond en fait, on va vite s'en apercevoir, à un seul passage de sa vie. Du coup, l'épisode est un immense flashback de 20 minutes, l'entretien avec l'employé de l'agence de rencontres servant essentiellement à faire semblant d'articuler le récit, mais n'apparaissant qu'au début et à la fin de l'épisode. Bref, c'est un ingrédient remisé au rang de pur gadget, alors que c'était au contraire intéressant d'essayer de l'exploiter.

Le problème principal de 100 Questions, c'est sa forme extrêmement conventionnelle. On a l'impression de pouvoir lire dans les pensées des scénaristes : ils écrivaient des sitcoms dans les années 90, et maintenant ils savent qu'ils ne peuvent plus employer les mêmes recettes, alors ils essayent de trouver un ressort du même genre que celui de How I met your mother pour essayer d'avoir l'air original sans trop se creuser.

Je ne sais pas, on aurait pu imaginer quelque chose de moins linéaire. Plutôt que de prendre UN exemple pour répondre à la première question, Charlotte pourrait brasser les souvenirs de plusieurs expériences amoureuses passées. J'ai en tête la façon qu'avait Titus de sortir des flashbacks venant d'époques différentes dans la vie des personnages, et c'était admirablement dynamique et original. Quand le gag était moyen (car il n'y avait pas de mauvais gag dans Titus), le rythme compensait en attendant que la réplique suivante déchire. Le rythme, les enfants, le rythme c'est la clé de tout en humour ! Je vous le disais encore à l'occasion de 30 Rock : quand on a le rythme, on peut même se permettre de se passer d'hilarité pendant quelques minutes ! Ainsi, l'entretien avec le service de rencontres aurait été mieux mis en valeur parce qu'il aurait fait l'objet d'un véritable dialogue.

Et d'ailleurs, ce dialogue aurait permis autre chose : que Charlotte prenne du recul sur sa vie amoureuse. Là, l'effet flashback ne donne qu'une lecture basique des évènements calamiteux dont elle parle, alors qu'en intercalant plus régulièrement des réactions de Charlotte dans le présent, on aurait pu jouer sur un humour un peu auto-dépréciatif permettant de nuancer la mine effondrée de Charlotte pendant l'incident dont elle parle. Plutôt que d'avoir l'air d'être catastrophée et désolée, Charlotte aurait été drôle par elle-même, pas juste par ce qu'elle subit. Mais le fait de l'empêcher de parler de son histoire amoureuse, et de laisser la caméra le faire avec un point de vue neutre, empêche Charlotte de se livrer à une véritable mise à nu devant son interlocuteur, et donc devant nous.
Mais ce que les scénaristes n'ont pas compris, c'est que pour plaindre une belle et riche anglaise vivant à New York, il faut au minimum qu'on compatisse avec elle...

Trop conventionnel, l'épisode manque plusieurs fois sa cible. On finit par ne plus du tout s'intéresser à ce qui se dit, parce que c'est mal dit et qu'on ne cherche pas à nous y intéresser sincèrement de toute façon. Comme beaucoup de sitcoms (et c'est la raison pour laquelle j'ai de plus en plus de mal avec les sitcoms, et préfère les dramédies en single camera), on suit le cahier des charges mais on reste dans le superficiel. L'humour exige à mon sens un peu plus.

Du coup, quand ni le fond ni la forme ne sont convaincants, en désespoir de cause, on se tourne vers l'interprétation. Acteurs, aidez-moi ! J'aimerais avoir quelque chose de gentil ou, disons, au moins, de pas trop mal-aimable sur votre série, mais je vais avoir besoin d'un coup de main ! Hélas, les acteurs ne brillent pas non plus par leur talent. Ils y croient autant que nous, je pense. Ils ne se font pas d'illusions, probablement. C'est en tous cas le sentiment qu'on a en les voyant vaguement faire les pitres. Ou bien, ils sont vraiment mauvais, c'est possible aussi.

Mais si les acteurs sont éventuellement mauvais individuellement, le cast fonctionne aussi très mal en groupe. En plus !

100ThingsIHateaboutyou

On a un peu l'impression que dés cet épisode, on cherche à nous construire un univers à la Friends. Sauf qu'on veut nous servir un Friends de 2004, pas un Friends de 1994. En 2004 on connaissait tous les personnages, on s'était installés dans leurs vies, leurs obsessions, leurs travers et tout ça. Mais 100 Questions a oublié que pour en arriver là, il fallait installer les personnages. Or ici, on ne présente que Charlotte Payne, et le reste du cast joue les amuseurs mais n'a pas d'existence propre. Tout-au-plus lancera-t-on en fin d'épisode un vague love interest à l'intérieur du groupe d'amis, ce qui ne se fait surtout jamais à la fin d'un pilote ! Dans l'appartement de Charlotte, les uns et les autres entrent, sortent, se réunissent, passent des soirées à rire et boire, mais qui sont-ils ? On n'en sait rien, pour ainsi dire. Ils restent de fantomatiques faire-valoir pour Charlotte qui, elle-même, ne déborde pas de charisme.

Je dois à la vérité d'ajouter que la première anecdote de Charlotte est extrêmement mal choisie. La question, "qu'est-ce qui vous a amenée ici ?", est naturelle et tombe sous le sens, mais la réponse manque franchement d'intérêt. Si Charlotte s'est inscrite à ce service de rencontres, c'est après une ultime mauvaise expérience. Autant dire que cette mauvaise expérience aurait pu être n'importe quoi, c'était ouvert ! Mais là, la situation dans laquelle Charlotte se met la présente sous un angle piteux, voire fade. Elle fait une bourde et va passer une bonne partie de l'épisode à s'en plaindre et/ou s'en excuser. Le gag le plus drôle (et c'est dire) se déroule même pendant son sommeil ! La pauvre Charlotte semble destinée à n'avoir aucun intérêt. Ce qui est très emmerdant, parce qu'aucun de ses amis ne peut prendre sa place devant l'écran (ce qu'on appelle le syndrome Jack-&-Karen) en cas de coup de mou.

Le plus incroyable c'est que 100 Questions, comme son nom persiste à l'indiquer, espère poser à Charlotte pas moins de 100 questions, à raison d'une question par épisode, soit un total de 5 saisons. Eh bah yen a qui doutent de rien.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 100 Questions de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 13:24 - Review vers le futur - Permalien [#]

25-05-10

Who was the boss ?

Pendant que tout le monde est occupé à s'époumoner à propos du renouvellement de Glee pour une troisième saison (annonce qui pourrait faire l'objet d'un post Point Upleasant à elle seule...), je voulais rendre hommage à quelqu'un que nous avons tous connu, surtout les téléphages de ma génération, et qui pourtant est un grand inconnu parce qu'il ne travaillait pas devant les caméras.

MartinCohan

Il s'agit de Martin Cohan, plus connu comme étant la moitié de Hunter-Cohan, un tandem à qui on doit, excusez du peu, Ricky ou la Belle Vie ou Madame est Servie. Et si personne ne semble avoir pensé nécessaire de le mentionner, je trouve quand même dommage que personne n'ait un petit mot pour quelqu'un qui a participé à la télévision des années 80 de cette façon, une télévision dont pourtant beaucoup sont nostalgiques.

HunterCohan

C'était une autre époque, semble-t-il. Une époque où il existait des sitcoms familiaux. Des séries drôles que tout le monde pouvait regarder.
On en fait encore, des sitcoms de ce genre ? Je n'ai pas l'impression. La plupart des sitcoms s'adressent aujourd'hui uniquement à des jeunes adultes ou des parents. Qui prendrait ses gamins de 10 ans sous le bras pour regarder How I met your mother ? Qui déciderait de dîner avec toute la petite famille le soir devant un épisode de 30 Rock ? Je ne regarde pas Two and a Half Men mais je ne parierais pas ma chemise dessus non plus. Quant aux séries à destination de la "jeunesse", genre la tripotée de petites idoles éphémères made in Disney ou Nickelodeon, comme Hannah Montana ou plus récemment Victorious, elles sont au contraire intolérables de niaiserie pour les parents.

Martin Cohan était de ceux qui croient à une télévision intergénérationnelle, sans forcément se résoudre à s'adresser au plus petit dénominateur commun (car ces séries abordaient aussi des thèmes plus matures, et Madame est Servie ne se privait pas de second degré un peu plus coquin). L'esprit bon enfant typique des années 80, mais sans brader la qualité.

Et c'était un nom qui a accompagné des années et des années de téléphagie pour beaucoup d'entre nous, alors, bon, la moindre des choses, c'était de dire au revoir.

Posté par ladyteruki à 12:49 - Point Unpleasant - Permalien [#]

10-03-10

There's no business like show business

Eh oui, encore un post Saturday Night Live. Est-ce que c'est aussi bon pour vous que ça l'est pour moi ?
Non ?
Philistins.

Nan mais alors là, pardon, mais c'est l'un de mes sketches préférés. Déjà, mentionnons qu'il est tiré d'un épisode où l'hôte n'était nul autre que Neil Patrick Harris (mentionnons pour mémoire ses bons services dans How I met your mother et Dr Doogie, principalement pour faire honneur aux tags au bas de ce post). Ce qui fait déjà une bonne raison de regarder ce sketch, en soi. Si. Quand même.
Ensuite, vu que cet épisode a été mon premier SNL complet, je dois avouer qu'il tient une place particulière dans mon cœur.

Qui plus est, le thème en est : les comédies musicales de Broadway. Faut-il revenir sur mon obsession récurrente envers les comédies musicales ? Je pense qu'on a tous en mémoire la semaine spéciale sur le sujet, non ? (posts qui peuvent éventuellement vous être utiles pour comprendre certaines des nombreuses références culturelles de ce sketch)
Ce qui est évidemment prétexte à un petit clin d'œil du au fait que NPH a, comme chacun sait (et comme de nombreuses cérémonies de récompenses et autres apparitions en guest persistent à nous le rappeler encore et encore et encore), tenu le rôle de Mark dans la comédie musicale Rent.

Et puis, soyons francs, non seulement c'est exactement mon genre d'humour, mais surtout, c'est exactement le genre de sketch qui me fait dire que, oui, définitivement, Jason Sudeikis est le membre du cast de Saturday Night Live que je préfère, ya pas photo. Parfois la nuit, je rêve de lui avec son masque du Fantôme de l'Opéra et il... enfin, bon, je réserve ça à mon blog porno. Passons, passons.

Allez, sans plus de bavardages, en direct de ladytelephagy, it's Saturday Night Live !

SNL_SaveBroadway

Si je suis d'humeur demain (et je vais être d'humeur demain), je vous proposerai un autre sketch de SNL où Jason Sudeikis accomplit un véritable miracle. 'Verrez.

Posté par ladyteruki à 17:21 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

12-01-10

L'art de la guerre

"Tu veux savoir ce qui s'passe (et c'est arrivé à toutes les femmes, à pratiquement chacune d'entre nous) : on commence à sortir avec vous, vous nous dites qu'on est fantastique, et fabuleuse, on pense que c'est sérieux, vous nous laissez penser que c'est sérieux, alors on y croit, on dit à tout l'monde "oui, c'est vraiment sérieux" ! Et après... après les coups d'fil se font plus rares. Vous savez c'que c'est d'être assise là à attendre que le téléphone sonne ? Vous n'vous douchez plus, pour ne pas être en plein orgasme si le téléphone sonne, vous n'mangez plus, vous n'pouvez pas avoir la bouche pleine en décrochant le téléphone, vous décrochez le combiné de temps à autres, pour être sûre qu'il fonctionne bien, après vous l'reposez, et après, quand vous recommencez, c'est là qu'il appelle et que ça sonne occupé ! Et vous faites ça... des semaines, jusqu'au jour où finalement... vous sentez si mauvais... et vous êtes si maigre, que vous comprenez... que vous avez été plaquée... Et vous n'savez pas du tout pourquoi, vous, vous pensiez que c'était sérieux ! Et des années après, cinq, dix, vingt ans, vous y pensez toujours en vous demandant POURQUOI... il ne vous a pas rappelée, et si c'est vraiment à cause de vous qu'il ne vous a jamais rappelée, et vous n'le saurez jamais, non ça jamais ! Sur leur lit de mort, vous croyez qu'les femmes s'apprêtent à mourir en paix, mais non ! Elles sont raccordées de partout à des dizaines de tubes en se demandant c'qu'elles ont fait, et pourquoi vous n'avez pas rappelé, voilà c'qui s'passe sale pourri !"
Trois hommes sur le green, une série méconnue qui a pourtant su offrir quelques perles...

J'ai toujours ce dialogue dans un coin de ma tête au moment d'une rupture. Pas parce que ça se passe forcément comme ça (quoique, hein les filles, ça nous est vraiment arrivé à toutes au moins une fois...), mais parce qu'il semblerait parfois que les places respectives de l'homme et de la femme soient codifiées à l'extrême dans la plupart des séries, notamment en cas d'interaction.
C'est Sex & the City qui, sans être la première série à le faire, ni forcément la meilleure pour le faire, a popularisé les interrogations explicites sur le rôle que chacun joue dans chaque relation. Et il est étrange de constater que c'est toujours le même. Non, pas pas étrange : communément admis.

TheSexes

Quand j'avais une quinzaine d'années, je ne sortais pas (mon éducation étant ce qu'elle était), et j'essayais de me projeter dans l'avenir et d'imaginer ce qu'était l'âge adulte, et plus particulièrement ce qu'était la vie amoureuse d'un adulte. Je me tournais vers la télé pour trouver des idées, pour imaginer ce qu'était la vie des autres, "dehors", et je voyais des personnages comme ceux de Friends ou Ally McBeal, et les choses étaient également très codifiées sitôt qu'on parlait de relations amoureuses.
Il y avait la première sortie, avec un premier baiser sur le perron si le dîner s'était bien passé, il y avait la seconde, plus mitigée souvent, parce que porteuse de méfiance et d'espoir, et puis, surtout, il y avait la troisième, et c'était là qu'on savait si les choses prenaient tel ou tel chemin. Au bout d'une période de temps convenable, on présentait l'autre à ses amis et/ou à ses parents, on allait rencontrer les siens, et on pouvait admettre que les choses étaient "sérieuses".

Tout un tas de codes que finalement, étant une adolescente impressionnable et (par la force des choses) réservée, j'avais intégrés au prétexte que, si la série trouve son public, c'est qu'elle a nécessairement une certaine résonance sur le mode de vie de ses spectateurs. Ce n'est quand même pas de la science-fiction. Les "dates" existent.
Et pourtant, de vous à moi, ma vie amoureuse ne s'est jamais déroulée comme cela. Je ne me suis jamais demandé s'il allait m'appeler, ou si je passais pour une fille trop collante si je l'appelais en premier, ou si cela faisait trois soirs et qu'il s'attendait donc à quelque chose, ou si au second soir je ne passais pas pour une fille facile, ou rien de ce genre. Et si je reconnais bien volontiers que ma vie amoureuse s'est montrée assez atypique, dans son genre, je refuse néanmoins de croire que je sois la seule à ne pas me reconnaître dans ce système guindé où il y a des règles du jeu soit à respecter, soit à transgresser.

Mais la télévision continue de les populariser. Il y a quelques semaines, on m'a convaincue de regarder un épisode de How I met your mother (et je me suis laissée convaincre à cause de Joanna Garcia) et il s'est avéré que les choses n'avaient pas vraiment changé depuis un peu plus de 10 ans que j'avais commencé à les observer à la télévision. On tient pour acquis qu'il faut faire certaines choses après une rupture, ou pour trouver quelqu'un, ou pour approcher quelqu'un... Alors qu'il y a autant de façons que de couples !

Bien-sûr, poser l'existence de tels codes permet de les transgresser, notamment à des fins comiques (il ne vous aura pas échappé que la plupart des séries citées sont des comédies ou, au pire, des comédies dramatiques), mais globalement, est-ce que ces codes ne finissent pas par transpirer sur la société ? Est-ce qu'on ne rencontre des prétendants potentiels que dans les bars ? Bien-sûr que non. Mais c'est quand même comme ça qu'on nous fait croire que la plupart des rencontres se font. Et cette règle des trois rendez-vous, sérieusement, vous la gardez toujours en tête au commencement d'une relation ? Moi pas, je me laisse porter, parfois ça prend beaucoup plus de temps, parfois moins, ça dépend de plein de facteurs qui dépassent largement la frigidité des règles édictées par ces fictions (et les autres).

D'ailleurs les scénaristes ont-ils inventé ces fameux codes de la relation amoureuse ? Je n'en suis pas sûre. J'ai l'impression que ça vient d'un autre média, de la presse (féminine par exemple). A mes yeux la meilleure preuve, ce sont les séries dirigées vers un public masculin, et là on se rend compte que la gamme des expériences, des possibilités de rencontre, des possibilités d'évolution de la relation, est bien plus diversifiée. Un exemple récent serait Men of a Certain Age, disons.
Les séries comme une version moderne du conte de fées qui emprisonne la population féminine dans une vision étriquée des relations homme/femme ? Je ne suis pas loin de le penser.

De toutes les valeurs véhiculées par les séries télé, la rigidité du fonctionnement des relations amoureuses est celle qui, en ce moment, me frappe et m'irrite le plus.

Posté par ladyteruki à 00:47 - Série de valeurs - Permalien [#]

27-03-09

Dans les épisodes précédents...

Si vous avez loupé les épisodes de 3615 My (So-Called) Life (et tous les autres) ces deux dernières semaines, pas de panique, voilà un petit récapitulatif histoire de se remettre dans le bain. Ne vous inquiétez pas, on va y aller un orteil à la fois, tout va bien se passer, sans hydrocution ni rien.

Il y a les mauvaises nouvelles, accrochez-vous ça va être pénible...
D'abord, j'ai recommencé à regarder Grey's Anatomy. Ah nan, je me sens mal, vous n'imaginez pas, alors n'en rajoutez pas. Cette semaine, avec la noyade de Meredith, on est même arrivés au stade critique où la dernière fois, j'avais lâché prise et que j'avais compris qu'on pataugeait dans le grand n'importe quoi ; paradoxalement c'est justement cette semaine que, mon emploi du temps me le permettant, je me suis mise à surveiller la fin de l'odieuse série de TFHein en sourdine pour ne pas louper le début des aventures du Seattle Grace. Cet après-midi, c'était la fin des deux épisodes de tribulations d'Addison Montgomery à Los Angeles, la dernière chose qui valait le coup dans cette saison, donc c'est officiel, à partir de lundi, si je regarde encore, c'est que mon cas est grave. C'est vrai qu'il y a encore le mariage de Christina et Burke devant nous (et que j'ai très envie de revoir Christina faire une crise de panique et ordonner à Meredith de lui retirer sa robe, juste parce que la première fois je sais que j'en avais pensé un truc mais je ne sais plus quoi) mais ça reste très pathétique. Priez pour moi, et pour que mon état s'améliore.
J'ai aussi vu du Bones, comme vous le savez, mais face à cette torture intellectuelle insidieuse, j'ai fait de mon mieux pour ne pas regarder (là est la nuance) et lancer mon cerveau sur d'autres sujets, si bien que je pense avoir réchappé à peu près indemne de cette rude expérience. C'était aussi très salvateur de me confier à vous la dernière fois à ce sujet.
Ah mais il y a pire. Je n'ai toujours pas regardé la fin de la première saison de Dexter (parce que j'ai pas la saison 2 à la maison), et j'ai même arrêté Big Love (juste parce que la VF de mon DVD ne me plaît pas, vous parlez d'un motif stupide).
Non attendez, c'est pas encore fini, si ce n'était que ça... moi, moi la téléphage, j'ai été trois fois au cinéma (et trois fois pour le même film... qu'auparavant j'avais cagoulé et regardé, ce qui prouve que HADOPI n'a rien compris). Moi, la téléphage. C'est la honte et le deshonneur.

Maintenant, il y a les bonnes nouvelles, bon, quand même, mon cas n'est pas complètement désespéré.
Si j'ai arrêté le visionnage de certains autres de mes DVD, c'est aussi parce qu'on m'a offert celui de Pushing Daisies (allelluia !!!) et que c'est vraiment bizarre, mais ça m'a retardée pour plein d'autres choses. Difficilement explicable, n'est-il pas ? D'ailleurs, si vous me le demandez, j'aurai une adorable anecdote à ce sujet... mais aurez-vous les tripes pour supporter un autre post dédié à Pushing Daisies ? A vous de voir.
C'est avec le délice que vous pouvez imaginer que j'ai redécouvert les premiers épisodes de Life, dont je suis amoureuse comme au premier jour (qui date d'il y a à peine quelques semaines, c'est vrai), et que, quand je ne m'endors pas pendant le générique (et vous avez vu la durée du générique ?! faut que j'arrête les journées chargées), franchement, c'est un plaisir de tous les instants. Comment vous dire ? Cette série, c'est juste... l'inspiration ultime. Je mets sciemment de côté les intrigues policières et me contente de me laisser charmer par le personnage de Charlie Crews et la force vitale qui se dégage de lui. Je n'arrive simplement pas à m'arrêter de jeter des fleurs à ce personnage. Je passe donc au sujet suivant, mais sachez que je continue mentalement les louanges.
Ce qui m'a aussi beaucoup occupée, c'est la 712e rediffusion de l'ultime saison d'Une Nounou d'Enfer ! C'est le genre d'expérience que tout téléphage malsain de corps et d'esprit sait qu'il faut reproduire à l'envi, dés que l'opportunité s'en présente, et grâce à M6, c'est le cas très régulièrement, je sais qu'il y en a qui s'en plaignent, mais moi, je ne peux pas, voilà tout... Revoir, encore et encore, cette dernière saison (en plus pourquoi se priver puisque c'est ma préférée, avec la première, la seconde, la troisième, la quatrième, et la cinquième), réciter les dialogues et tout de même rire et pleurer comme au premier jour... c'est simplement impossible à refuser. Je resignerais pour une nouvelle diffusion dés demain, à vrai dire, même si Malcolm c'est pas mal aussi, mais il n'y a évidemment pas le même attachement. Vous savez, ce qui est beau, et pathétique aussi quelque part évidemment, c'est que ma série s'est finie en 1999... et qu'en 2009, j'étais une fois de plus devant, à prier pour entendre et ne pas entendre The way we were... parce que ça signifie la fin. C'est, je sais pas ce que c'est. Mais ça l'est ! Vous savez, n'est-ce pas ? Ce que c'est quand on est là, avec LA série, celle qui sera toujours là. Ah oui au fait, la semaine prochaine, j'ai prévu de m'acheter la saison 3, alors l'histoire n'est pas prête de finir.

Et puis, il y avait les nouvelles nouvelles. De bons pilotes à déguster ! Ah, que j'aime cette saison, presqu'autant que l'automne! Pour l'instant je n'ai pas bien fait mes devoirs, puisque je n'ai pas encore regardé Castle par exemple, mais par contre j'ai tenté Better Off Ted, Roommates, Party Down... Les posts relatifs à ces séries viendront en leur temps, mais l'idée essentielle à retenir c'est que pour Better Off Ted, je suis conquise, donc vous allez de toute évidence en entendre reparler.

Bon, et puis j'ai aussi eu un peu de temps pour quelques vieilleries, comme beaucoup de Titus (il ne me reste plus qu'une saison, je ralentis donc, fidèle à mon habitude de ne pas aimer les séparations...), quelques rediffs de Sex & the City mais il faut de toute évidence se résigner, quelqu'un parmi vous va me pousser dans mes retranchements sans le savoir, et je vais devoir en faire un post...

J'ai aussi découvert un truc qui de prime abord n'a rien à voir, mais ça s'appelle Cash Converters et ces magasins auront ma mort. Le jeu video Desperate Housewives pour une bouchée de pain, c'est rien que du vice mais qu'est-ce que c'est bon ! En plus, en dépit de son apparente simplicité, le jeu offre pas moins de 4 fins différentes, des quêtes facultatives marrantes, tous les personnages et un peu plus encore (c'est juste dommage qu'ils n'aient pas eu les doubleurs de la série mais, pour leur défense, les remplaçants ont vraiment tout donné pour bien respecter les tics verbaux et intonnations des doubleurs habituels), bref je me suis éclatée, largement plus que sur le casual game de Party Down dont je vous parlais plus tôt. J'ai aussi eu le film First Contact en DVD pour 90 centimes (bah oui, mais j'ai que la VHS et c'est mon film préféré de Star Trek...), le pilote de Clair de Lune pour 1€, bref de la grande folie, c'est largement mieux que le magasin de videos d'occas' que je fréquentais à une époque dans le Ve (et qui a d'ailleurs fermé depuis) où, cela dit, j'avais trouvé un coffret de T&T, deux VHS pour, quelques francs, là aussi du gros délire, mais c'était le bon vieux temps, je ne pensais pas retrouver pareille occasion. Là yavait la première saison de How I met your mother pour 7€, coffret en état plus que potable, et toute la saison ! A ce prix-là, quand même... Bon, j'aime pas la série, alors je l'ai reposé. Mais j'ai hésité, c'est clair.
La semaine prochaine, ma sœur m'emmène à un autre Cash Converters. Ça va saigner.
Enfin, même pas, en fait.
Si mon banquier et ma téléphagie arrivent à cohabiter, ça bouleverse l'ordre cosmique, j'ai l'impression, donc il y aura aussi un passage en FNUC ensuite, pour me sentir mieux envers l'univers. Ce qui tombe bien parce que j'ai très envie du coffret Angela 15 ans en VF.

Bref vous voyez, vous avez loupé plein de trucs, mais ne vous inquiétez pas, je reprends doucement mais sûrement les commandes, et je vous fait état de tout ça en détail, et plus encore, dans les temps à venir.
Vous m'avez manqué, quand même.

Posté par ladyteruki à 21:02 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]