ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

13-07-12

To be continued... For Better or Worse

Pour être totalement sincère avec vous, l'évocation du nom de Tyler Perry, en particulier quand il s'agit de sitcoms, a tendance à me donner la chair de poule. C'est que, j'ai vu les pilotes de Meet the Browns et House of Payne, et que ces blessures-là ne cicatrisent jamais totalement.

Aussi quand, en novembre dernier, notre homme a lancé un nouveau sitcom sur TBS afin de préparer le remplacement de Meet the Browns, j'ai eu quelques sueurs froides. Mais j'ai été assez surprise de trouver en For Better or Worse des ingrédients rendant la série légèrement différente de celles qui l'avaient précédée, et des canons du genre. For Better or Worse a une première originalité : pas de rires. Ni enregistrés, ni venant d'un public. Dans une série tournée comme un sitcom multicamera, cela a de quoi surprendre.
Mais plus surprenant encore, For Better or Worse est totalement feuilletonnant, finalement un peu sur le principe d'un soap ... mais d'un soap avec des gags. Parfois. Mais aussi avec une certaine violence, et ça c'était nouveau.

Cette façon d'essayer de créer quelque chose de nouveau avec le genre pourtant si classique des sitcoms "blacks" m'a intriguée, et j'ai fini par regarder les 10 épisodes constituant sa première saison ; souvenez-vous, je vous en avais fait un copieux bilan en mai dernier. Si du point de vue des dialogues ou du jeu des acteurs, je n'ai pas vraiment été foudroyée sur place, j'ai cependant apprécié cette volonté visible de ne pas juste recycler des recettes qui ont fait leurs preuves, et à un certain moment, j'ai été sincèrement impressionnée.

For Better or Worse revient ce soir aux Etats-Unis, et si vous voulez tenter le coup et rattraper ces premiers épisodes, voici, dans la pure tradition des posts To be continued..., de quoi vous mettre au fait des intrigues de la première saison.

ForBetterorWorse - 1x01
1x01 - Ce qu'on ne vous dit pas, quand vous signez pour le meilleur et pour le pire, c'est que le pire inclut les ex-femmes.

ForBetterorWorse - 1x02
1x02 - Le bon côté des choses, c'est que Marcus arrive encore à s'entendre avec son ex-femme, non ?

ForBetterorWorse - 1x03
1x03 - Ce sont toujours les derniers au courant...

ForBetterorWorse - 1x04
1x04 - Une si charmante petite fête autour de la piscine ne pouvait pas rater... ah bon, vous croyez ?

ForBetterorWorse - 1x05
1x05 - Ah oui, ça commence à être difficile à expliquer, à ce stade.

ForBetterorWorse - 1x06
1x06 - Les filles se mettent en tête de vérifier si Leslie est naïve...

ForBetterorWorse - 1x07
1x07 - Ca devient un peu La Guerre des Rose...

ForBetterorWorse - 1x08
1x08 - Contrairement à ce que l'épisode précédent vous avait fait croire, le point de non-retour, c'est maintenant.

ForBetterorWorse - 1x09
1x09 - Coup pour coup, mais (presque) avec classe.

ForBetterorWorse - 1x10
1x10 - Contrairement aux apparences, ce n'est pas du tout la déclaration que Val espérait...

Pour ma part je n'ai pas encore décidé si j'allais regarder la deuxième saison : 35 nouveaux épisodes, c'est un investissement. Mais je suis quand même convaincue par l'expérience de la première salve d'épisodes, et qui sait ? Cela vous convaincra peut-être de tenter le coup...

AVERTISSEMENT : c'était l'un de mes rares posts prêts à l'avance, et vu les conditions techniques dans lequelles je suis plongée depuis hier, je ne sais pas quand sera publié le post suivant. Priez pour moi. Et pis vous pouvez commenter les messages précédents, si vous le voulez bien ; ça me fera chaud au coeur. Pendant ce temps, j'ai toujours accès à Twitter, donc on se voit là-bas !

Posté par ladyteruki à 15:47 - To be continued... - Permalien [#]

29-06-12

Thérapie par le rire

Ce post aurait aussi pu s'intituler : pourquoi j'ai comme l'impression que je vais regarder Anger Management cet été, et comment je le vis presque bien.

AngerManagement

Parfois il y a des pilotes qu'on regarde en étant plutôt certain du sort qu'on réservera à la série... même en étant totalement ouverte en les commençant.
Dans le cas d'un procedural par exemple, je ne vais que très, très rarement me risquer à aller au-delà du pilote, car même s'il est bon, je sais que la formule va vite m'écoeurer. Et les rares fois où le pilote est effectivement bon et où je me dis que je vais faire une exception et quand même continuer, eh bien ça ne loupe pas, deux à trois épisodes plus tard, je décroche. Le procedural, j'en ai trop soupé. Même un bon n'est plus capable de me tenir très longtemps. J'ai plus la patience.

Anger Management n'a donc jamais été sur mon planning de l'été, si tant est que j'aie un planning, et j'ai regardé le pilote par curiosité plus qu'autre chose, histoire de jauger la bête. Et puis finalement, eh bah, on dirait bien que je suis partie pour regarder un peu...

Et pourtant je me fiche de Charlie Sheen comme de ma première télécommande. Autant son père est un demi-dieu, autant lui, franchement, il m'indiffère énormément. L'affaire qui a entouré son éviction de Two and a Half Men, par exemple, ne m'a pas émue, ni fait rire (même pas de façon moqueuse). D'un autre côté je n'ai jamais dépassé le pilote de cette série-là non plus, et tout bien réfléchi, je n'ai même jamais trouvé la force de regarder le pilote en entier.
En fait à mes yeux, le gros argument de la série, c'était Brett Butler. Allons, mais si, vous la connaissez Brett Butler, ne serait-ce que parce que ça fait des années que je vous parle d'Une Maman Formidable. D'ailleurs, qu'elle ait rejoint la série avait quelque chose d'éminemment symbolique puisqu'elle-même a une réputation de terreur des plateaux. Mais en même temps, comment en vouloir à cette femme si drôle ? Moi j'ai jamais pu. Et j'embrasserais le sol foulé par ses pieds si j'habitais pas si loin (mais c'est parce que je lis son autobiographie en moyenne une fois par an, peut-être). Bref, je pensais que Brett Butler serait MA raison de regarder ce pilote jusqu'au bout, ce qui dans ma tête était déjà une belle performance.

Car n'oublions pas qu'Anger Management est la tentative de FX de s'offrir un sitcom à moindre frais pour la plus longue période possible : à l'instar des séries de Tyler Perry comme House of Payne, Meet the Browns et For Better or Worse, l'idée est de prendre la température avec 10 premiers épisodes avant d'en commander après plusieurs dizaines. Qualitativement, on a déjà discuté des implications fâcheuses de ce genre de procédé (du genre à faire passer les comédies de TV Land pour des chefs d'oeuvre d'humour), et savoir qu'en plus un mec aussi peu captivant à mes yeux que Charlie Sheen allait être au centre de la série n'était pas spécialement fait pour me motiver. Qui veut se cogner pas loin de 100 épisodes avec ce type ? Heu, bon, les 13 millions de spectateurs qui étaient devant la centième de Two and a Half Men, il faut croire... mais vous voyez ce que je veux dire.

Et pourtant, Anger Management n'est pas SI mauvais. Pas tant que ça. Le démarrage du pilote est insoutenable de banalité, ça c'est vrai. Et c'est vrai aussi que les seconds rôles du groupe de parole dont le personnage de Charlie Sheen (qui, comme par hasard, s'appelle lui aussi Charlie) est le psy ne sont pas du tout intéressants. Fort heureusement, contrairement à ce que cette première partie de l'épisode va vous faire croire, la série ne s'intéresse pas du tout à eux !
Ils font quasiment de la figuration, et c'est d'ailleurs très bien comme ça, surtout quand, après la situation professionnelle du héros, le pilote se préoccupe de montrer sa situation personnelle. Là non plus ce n'est pas captivant, mais on s'occupe, notamment grâce à une apparition relativement réussie de Brian Austin Green qui fait très bien le gros connard.
C'est en fait que notre thérapeute, qui rappelons-le est spécialisé dans la gestion de la colère, pique lui-même une colère, que les choses s'excitent un peu. Déjà parce que cela met en lumière une relation avec son ex-femme qui n'est pas mal du tout (d'ailleurs c'est l'un deux personnages qui a les meilleures répliques dans cet épisode). Ensuite parce que la réaction en chaîne est intéressante à observer. Enfin parce qu'elle conduit à une très bonne scène de fin.

Car il est temps pour moi de faire mon coming out : j'ai ri devant la scène finale du pilote d'Anger Management. On me l'aurait dit 20 minutes plus tôt (et même 10 minutes plus tôt), je n'y aurais pas cru. Mais j'aime énormément le renversement qui a lieu pendant cette scène, qui doit beaucoup au scénario bien-sûr, pas si prévisible que je l'aurais pensé, et surtout à la présence de Selma Blair, qui fait vraiment des étincelles.

En plus, d'une façon générale, le pilote d'Anger Management n'est vraiment pas un épisode claustro : en montrant aussi bien la thérapie de groupe que Charlie organise à son domicile, que la chambre de sa fille, sa cuisine, la maison de son ex-femme, le bar, le groupe de thérapie en prison, et le cabinet de sa propre thérapeute, cet épisode prouve qu'il a de nombreux centres d'intérêt. C'est tellement souvent dans une série que les choses se passent toujours dans le même living, avec une ou deux scène dans une autre pièce ou au boulot si on a de la chance... ça fait un bien fou de voyager autant pendant ce pilote et de se dire que la série ne va pas sans arrêt tourner autour de la même structure. Il y a plein de choses à faire, le personnage a vraiment l'air d'évoluer dans un vrai monde, et pas juste d'être limité par la superficie du studio, vraiment ça fait du bien. Je regarde bien volontiers Happily Divorced, par exemple, mais franchement, c'est très fermé comme série de ce point de vue (quand une scène se passe dans la serre où Fran conduit son activité de fleuriste, une fois tous les cinq épisodes en moyenne, on a l'impression de voir du pays !).
Ca parait ridicule mais de voir tous ces contextes dans lesquels Charlie évolue, ça m'a donné une sorte d'espoir, ça m'a paru prometteur pour plein d'intrigues différentes. Pardon mais, tant qu'à signer pour 100 épisodes, autant être sûr qu'on sera à l'aise.

Enfin j'en sais rien. Je dis ça mais peut-être que le soulagement de ne pas avoir eu à subir un pilote totalement insupportable (juste très inégal) me pousse à penser que je vais suivre la série, et en fait je décrocherai peut-être au bout de deux ou trois épisodes. On verra. Mais si je devais choisir entre Anger Management et Whitney... non, bon j'avoue, c'est de la triche, trop facile.
En tous cas, ce premier épisode n'a pas été le total désastre annoncé, et pour une comédie dont je ne trouve pas l'acteur principal drôle ni sympathique, on pourrait presque parler de performance.

Posté par ladyteruki à 23:50 - Review vers le futur - Permalien [#]

29-05-12

What's wrong in this picture ?

Regardez bien ces photos... Qu'ont-elles en commun ?

SingleWhiteMale

Si vous ne voyez dans ces photos que du talent... eh bien, bon, d'accord, un point pour vous, je vous concède ça, certes. Mais ces photos de showrunners américains célèbres ont un autre point commun.
Pour mettre le doigt dessus, contentons-nous de nommer ce que nous voyons défiler : homme blanc. Homme blanc. Homme blanc chauve. Homme blanc. Homme blanc...

Je crois pourtant avoir, avec ce petit pseudo-PowerPoint, ciblé la plupart des showrunners tenant le haut du pavé, sur le territoire des États-Unis comme à l'international. S'il en manque qui ne soient pas des hommes blancs mais qui aient le même statut, croyez bien que c'est moins par mauvaise foi qu'en raison d'un total oubli, parce que là tout de suite, il ne m'en vient pas vraiment.

A cette première constatation, il faut cependant ajouter une précision : on parle ici de "célébrités" parmi les showrunners. Sitôt qu'on prête attention aux showrunners, toutes séries confondues, y compris les un peu moins célèbres, on trouve effectivement des femmes. Quelqu'un de ma timeline Twitter a, hier, transmis le lien suivant : "Six Female Showrunners Talk Ratings, Their Comedy Icons, and Internet Hate" (vu que j'ai laissé l'onglet ouvert mais que je n'ai pas gardé le tweet, je ne sais plus qui a tweeté ça ; en espérant que la personne se reconnaisse, merci pour le lien !).
Il y a donc, bel et bien, des showrunners de sexe féminin.

Mon post du jour s'intéresse donc à l'autre pendant de la problématique : qu'en est-il des showrunners de couleur ?

Le souci avec cette question, c'est que quand ce sont des personnes de couleur qui la posent, tout de suite on a l'impression que les débats sur la représentativité et les quotas sont de retour, et les histoires de quota sont rarement un sujet pacifique en rapport avec la télévision (ou ailleurs), j'en ai moi-même parlé il y a quelques années. L'avantage c'est que comme je suis blanche, la question ne se pose pas de savoir si je me sens mal représentée ou non, et l'existence de showrunners de couleur ou non n'a rien de personnel. C'est simplement une interrogation purement curieuse.
Mais, parce que ça fait plusieurs années que je tente régulièrement (avec un succès variable) des séries "blacks", et parce qu'au gré de mes voyages téléphagiques j'ai appris au moins une leçon qui est que le talent n'a pas de couleur, j'ai l'impression que la question est l'aboutissement logique de plusieurs années d'observation. Même si le sujet est, par essence, un peu glissant... Tentons donc, on verra bien.

Pardonnez par avance mon ignorance, mais des showrunners de couleur rencontrant vraiment le succès, il m'en vient seulement deux à l'esprit : Shonda Rhimes et Tyler Perry. 

ShondaRhimes TylerPerry

Bon en France, je sais bien que Tyler Perry ça nous parle pas, mais aux USA, si, et son succès est même largement supérieur à celui de Shonda Rhimes (qui a cependant le privilège de cumuler et d'être une femme ; bravo à elle et ses chromosomes, donc). Naturellement en cherchant bien, il y en a d'autres tout aussi colorés, mais leur carrière est couronnée de moins de succès ; ça va que je regarde Single Ladies et Reed Between the Lines, cela dit, parce que sinon les noms ne me viendraient pas facilement.

Et pourtant, je continue de lire, très régulièrement, sur des forums ou dans des tweets, qu'on manque de séries "blacks" et de personnages "blacks".
Un exemple près de nous : regardez le débat autour de Girls ; on a eu le même sur Friends et on s'en est toujours pas sortis, or ça va faire 20 ans, quand même ! Mais en tous cas ce débat existe toujours et on entend toujours des voix pour s'élever contre les séries avec uniquement des personnages blancs.

White girls are so pretty, skin as smooth as milk...

Ce qui est fou c'est que justement, il y a une sorte de boom des séries "black" actuellement, et c'est la première fois depuis le décès d'UPN qu'il y en a autant à l'antenne ; je ne vais pas les citer toutes, et j'en ai déjà mentionné quelques unes plus haut, mais on peut lister les sitcoms de Tyler Perry (deux d'entre eux actuellement à l'antenne, House of Payne, et For Better or Worse qui revient cet été et a l'originalité d'être dénuée de rires ; le troisième, Meet the Browns, vient de s'achever fin 2011 après 140 épisodes en trois ans !), The Game, et cet été, Bounce TV entrera dans la danse des séries originales avec un sitcom "black", Family Time.

Alors clairement, des séries "black", il y en a.
Mais je vais risquer une théorie : je crois que quand des gens (souvent des "blacks", puisqu'ils ressentent un défaut de représentation à la télé) disent que ça manque de séries de couleur, ils veulent dire en fait : "ça manque de série de couleur sur une chaîne qui ne nous serait pas réservée, et qui ne nous traiterait pas comme un sous-public".

Ce que ces messages me semblent dire en filigrane, c'est "pourquoi je me retrouve, au mieux, avec une série comme Grey's Anatomy, dans laquelle les personnages de couleur sont en minorité et où clairement on est dans du primetime soap ? Et pourquoi au pire je retombe sur des comédies de Tyler Perry ? Qui me touchera sincèrement avec un Parenthood black ? Pourquoi je peux pas avoir un A la Maison Blanche black ? (surtout depuis 2008) Où est mon Mad Men black ?"
Évidemment, toutes les séries ne sont pas, en toute objectivité, réalisables commercialement avec un casting à majorité ou unanimité "black". Game of Thrones "black" par exemple, pas sûre que ça ne fasse pas un puissant bide ; certains genres n'attirent pas le public "black" et ça reste une réalité du marché, mais force est de constater qu'avec le niveau de vie en nette progression, et l'accession de plus en plus fréquente depuis au moins une décennie à la middle-class et la upper-middle-class, les goûts téléphagiques évoluent, et c'est naturel (n'est-ce pas ce qui s'est passé pour le public blanc, après tout ?).
Un drama "black", ou un period drama "black", sont des possibilités qui semblent clairement sous-exploitées à l'heure actuelle à la télévision américaine... et c'est peut-être ça, le fond du problème.

Je crois que la problématique a quand même un peu changé, en dépit de l'ironie dont je faisais preuve un peu plus haut. Il ne s'agit plus simplement de permettre au public "black" de se retrouver dans les séries sur un plan purement physique. Ce stade, sans être tout-à-fait dépassé comme le prouvent les nombreuses réactions autour de Girls, n'est toutefois plus le coeur du problème. Aujourd'hui, il s'agit de se retrouver dans la qualité des séries ; pour reprendre le débat de Girls, l'autre aspect du problème il n'existe à l'heure actuelle aucune série à la télévision dans laquelle une post-ado ou jeune adulte "black" puisse retrouver ses questionnements.
Non que cela signifie une désaffection totale des sitcoms "blacks" tels que nous les connaissons, Tyler Perry peut dormir tranquille et se racheter un nouveau studio à Atlanta ; mais qu'une nouvelle forme de diversité est appelée par les spectateurs "blacks", qui ne concerne pas seulement leur représentation, mais les conditions dans lequelles cette représentation se fait.
D'ailleurs, je parle ici essentiellement de fiction "black", parce que les latinos ont tellement de choix de networks spécialisés, que du côté du marché hispanique, inutile pour les networks de livrer bataille, la guerre est déjà perdue...

Les attentes téléphagiques du public "black" sont peut-être bien en train d'évoluer, en même temps que leur place dans la société américaine au sens large.
Et le problème, c'est que la télévision américaine n'évolue pas en même temps. Le succès de films comme The Help devrait pourtant contribuer à cette progression vers une télévision de qualité pour le public "black", mais il n'en est rien. Parce que les petites chaînes qui peuvent s'offrir des sitcoms "blacks" n'ont que très rarement les moyens de subventionner mieux. Et que quoi qu'on dise, la voie vers la démocratisation passe par les networks, parce qu'historiquement ça a toujours été le cas.

...C'est peut-être le moment ou jamais pour les networks américains d'arrêter de voir la vie en monochrome.

Posté par ladyteruki à 05:28 - Série de valeurs - Permalien [#]

30-06-11

Jetlag

Finalement, et même si je ne renie absolument pas mes raisons pourries de regarder Single Ladies, je crois que le côté "ça brille et c'est joli" n'est pas la seule chose qui m'attire dans cette série.

Le problème, c'est que, à l'instar de l'épisode de Roseanne que je regardais l'autre jour, on n'a pas souvent cette discussion avec soi-même où on essaye de reconnaître qu'on a, dans le fond, un peu, des préjugés. Et moi, lady, qui regarde des séries d'à peu près tous les pays pourvu de mettre la main dessus, je suis une raciste.
Parce que dans le fond, j'ai longtemps évité les séries avec, de, et pour les Afro-américains.

SingleLadies-1
Ce n'est qu'à moitié vrai, bien-sûr. J'avais regardé le pilote de Soul Food voilà bien longtemps (et même fait la fiche), j'avais vu de nombreuses comédies d'UPN et consorts... mais voilà, je les avais regardées et aussitôt mises de côté.
Sauf que c'était avant. Avant que je n'accepte de faire tomber les frontières ; quand j'ai admis que les fictions autres qu'Américaines pouvaient être dignes de mon attention (et ce alors que j'en regardais depuis des années, mais il faut voir le temps que ça m'a pris de l'accepter), et que j'ai ouvert ce petit truc dans ma tête qui faisait obstacle à la découverte franche et sans retenue de fictions "différentes". Ainsi, je me défaussais systématiquement des séries afro-américaines parce qu'elles ne répondaient pas aux critères mainstream de la série qu'il est honorable et gratifiant de regarder.

Et pourtant, quand je repense aujourd'hui au pilote de Soul Food, je me dis que je retenterais bien le coup. Parce que j'ai fait le chemin qui me permet d'accepter un peu mieux les séries différentes.

Aujourd'hui, notamment après des expériences comme House of Payne, Are we there yet ou Let's stay together, je sais que j'ai toujours du mal avec les comédies Afro-américaines ; elles me font, au mieux, sourire, jamais rire. Il y a peut-être un mécanisme d'identification qui est sous-jacent en comédie et qui est peut-être moins actif avec les séries dramatiques, je ne sais pas.

Mais devant Single Ladies, et c'est quelque chose que j'avais, finalement, perçu un peu avec Let's stay together, on sent qu'on a affaire à une sous-culture américaine, un truc qui n'est pas aussi mainstream que le reste, et il faut se l'avouer, ça demande une certaine plasticité téléphagique, une petite gymnastique, que je n'avais pas il y a encore deux ans, mettons, et que j'ai progressivement acquise.

Ce n'est pas qu'une question de normes télévisuelles dans l'écriture, le jeu, la mise en scène ou encore la musique. Evidemment, il y a des différences, mais je suis convaincue qu'on les dépasse assez facilement quand elles s'appliquent à des fictions "classiques". Mais ajoutez-y des particularités culturelles, et tout de suite, il y a un obstacle que tout le monde n'est pas prêt à franchir, et que je m'aperçois n'avoir franchi que récemment.
Les relations hommes/femmes sont différentes. Le rapport à la sexualité, mais aussi à la famille, est différent. Pas du tout au tout, et c'est là le piège. Mais juste assez pour qu'on manque légèrement de repère. Et c'est aussi ce qui explique qu'il ait pu être plus facile de regarder une série japonaise qu'une série afro-américaine pour moi, pendant si longtemps, c'est qu'au moins on sait qu'il est normal d'être dépaysé et décontenancé par les différences quand il s'agit du Japon, tandis que, quand il s'agit d'Atlanta, ça tombe moins sous le sens. Encore cette fameuse erreur assez française qui consiste à considérer les USA comme un seul pays et non un patchwork d'identités, comme si regarder une série américaine signifiait qu'on tombait toujours dans la même culture ; regarder Les Ahem! du Bonheur et Oz devrait pourtant nous apprendre quelques leçons, mais non, pas nécessairement.

SingleLadies-2
Donc voilà, je crois que ce qui m'intéresse aussi, dans Single Ladies, ce sont les propos qui me semblent sexistes mais qui sont considérés comme parfaitement acceptables par les personnages, les dialogues qui me semblent incongrus (par exemple Val demandant à son rendez-vous eurasien s'il est déjà sorti avec des femmes de couleur) et qui trouvent un sens dans le fond, toutes ces choses que je ne voyais que comme des défauts et que je vois comme des particularités à présent.

Ca ne rend pas Single Ladies meilleur. Du tout. Certains dialogues sont toujours authentiquement absurdes, ridicules, sirupeux et tout et tout. Il y a toujours une forte propension à nous faire du Zane's Sex Chronicles sans le sexe. Il y a toujours trop de clinquant et de belles robes.

Mais je crois aussi que j'accuse mieux le choc culturel, et c'est ce qui me rend curieuse vis-à-vis de la série.
Et du coup hier j'ai tenté All of Us, pour vérifier ma théorie : ouais, j'ai encore du mal avec les comédies. Par contre, de moins en moins avec le jeu des acteurs, étrangement. Donc si quelqu'un a un BON drama à destination du public afro-américain à me recommander, j'irais bien explorer un peu la question.

Une fois de plus, regardant des séries de la planète entière m'a appris à regarder les séries américaines différemment. Le nombre de richesses que mes voyages téléphagiques m'apportent, c'est fou.
Et pourtant, en écrivant cet article, je me demande si ce n'est pas maintenant que je tiens des propos racistes. Le voyage n'est jamais vraiment fini.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Single Ladies de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:57 - Série de valeurs - Permalien [#]

22-03-11

We're not quite there yet

Des blogs téléphagiques pour vous reviewer le pilote de Breakout Kings, vous en trouverez facilement ; certes, celui que vous avez actuellement sous les yeux n'en a pas fait partie, du fait du rythme de publication hebdomadaire et tout simplement de mes envies. Mais en tous cas, ça n'a pas manqué, et si les 720 news sur le pilote, la commande de la série, le casting, les guests, la diffusion et les trailers ne vous ont pas fait penser à vous intéresser à Breakout Kings, les reviews s'en sont chargées, et nul ne peut ignorer l'existence de cette série. Que vous choisissiez ensuite de regarder ou non vous appartient, mais en tous cas, ce choix est informé. C'est le cas de bien d'autres séries américaines, et on a souvent l'impression de savoir, maintenant, tout ce qui (se) passe outre-Atlantique.

Et pourtant, non. Pour vous parler du pilote d'une série ayant démarré en janvier sur BET, désolée de vous le dire mais il n'y a pas grand'monde. Je ne lis peut-être pas les bons sites/blogs, c'est possible aussi, mais il me semble néanmoins que les téléphages tenant un blog ont, comment dire ? Une sorte de mémoire sélective... C'est un peu le même problème que pour l'information, en fait : on veut bien vous faire des news à la pelle sur les séries que tout le monde connaît, mais hors de question de faire une news sur une série peu connue (exception soit faite des audiences et parfois des diffusions, d'ailleurs encore une fois, on ne le dit pas assez, merci à Critictoo qui s'efforce de laisser moins de poissons échapper aux mailles du filet).

Eh bien pour les reviews c'est pareil. Personne ne peut prétendre à l'exaustivité, mais force est de reconnaître que peu s'y emploient vraiment.

C'est totalement par hasard que je suis tombée sur une cagoule du pilote de Let's stay together. Là où je l'ai trouvée, j'étais venue y chercher tout autre chose. Mais je tombe sur ce lien et je me dis "diantre, un pilote américain récent dont j'ignorais l'existence", et je ne me vois pas ne pas cliquer, voyez-vous, c'est dans ma nature de pilotovore de ne pas résister.
Je sens bien, en regardant la photo de promo, ou ne serait-ce que vu la chaîne sur laquelle cette série est diffusée (BET, pour Black Entertainment Television, on fait difficilement plus explicite), que je ne suis pas dans son public-cible. Je sais aussi que la plupart de ces comédies ne partagent pas... ma conception de l'humour, dirons-nous. D'un autre côté, je suis blanche (et même pas une américaine blanche), alors culturellement ça s'explique. Mais enfin, est-ce une raison ? Alors je clique, enrageant de savoir que ce pilote a été diffusé en janvier et que je n'en savais même rien.

Ah ça, il n'y a pas grand'monde pour reviewer, ne serait-ce qu'au stade du pilote quitte à laisser tomber ensuite, des séries comme Let's stay together, Are we there yet?, Meet the Browns, House of Payne et toutes ces comédies tellement ciblées que, oh bah écoutez, on va pas en parler, on n'est pas concernés (ce qui me fait vraiment penser qu'il n'y a que des blancs dans la blogosphère téléphagique).

Les séries que nous ignorons plus ou moins délibérément en disent sans doute autant que celles auxquelles nous choisissons d'accorder du temps (et de l'espace sur nos sites et blogs), finalement.

LetsStayTogether
Let's stay together est-elle un bijou insoupçonné à côté duquel la communauté téléphagique francophone est tristement passée ? Je vais pas vous raconter des conneries : non, mais elle est définitivement dans la moyenne supérieure comparée à la plupart des séries que je viens de citer (ya que dans ses rêves que TBS est "very funny").
Je partais, finalement, avec un certain a priori négatif dû à mes expériences précédentes, souvent malheureuses comme les tags de ce post en attestent, et je m'attendais en toute sincérité à ne pas rire du tout. Ajoutez à cela que j'étais quand même un peu fâchée par le facteur "il y a les séries dont on veut bien parler, et il y a les autres", et vous avez une idée de mon humeur en lançant le pilote, que je m'apprêtais à regarder sur la seule base du principe que merde, si je ne suis curieuse que pour les trucs alléchants, c'est trop facile, et que c'est pas parce que personne n'en a parlé que je ne vais pas me faire une opinion.

Eh bien, figurez-vous que j'ai souri une fois ou deux, et même ri, une fois. Une seule, d'accord, mais c'était un rire franc, pas un petit rire genre "ouais allez, accordons-leur ça", un peu condescendant, qu'on accorde à une comédie qui se donne du mal, peut-être un peu trop, mais qui n'a pas totalement atteint son but.

Et finalement, c'était au moins aussi "exotique" que de regarder un épisode d'Outsourced ou de The Circuit. On sent un grand attachement à une subculture américaine qu'au bout du compte, à bien y réfléchir, on connait mal, et où les rôles de l'homme et de la femme (puisqu'il s'agit d'une comédie basée sur la vie amoureuse de 5 personnages) sont codifiés de façon différente par rapport aux protagonistes auxquels nous sommes habitués dans d'autres séries moins ciblées.

C'est vrai, c'est le genre de série où les acteurs ont légèrement tendance à surjouer (mais le surjeu, parfois ça peut fonctionner, après tout). Il est bon de noter que : pas tous. Les persos masculins, en particulier, m'ont bien plu, ils avaient quelque chose de moderne pour une comédie de ce genre ; j'ai craint un côté un peu macho qui en fait ne s'est jamais présenté, pas de clownerie exagérée non plus, juste deux personnages masculins pris dans des contradictions - et parfaitement à l'aise avec le fait de les montrer, et donc d'afficher une certaine vulnérabilité sans s'excuser, mais sans les masquer pour paraitre plus viril. C'est quelque chose qui est appréciable même sans parler du public ciblé auquel la série est destinée, et qu'on ne voit pas tant que ça dans un sitcom aussi classiquement réalisé que celui-ci (quand Better With You, par exemple, et que pourtant j'adore pour d'autres raisons, fait régulièrement la gaffe de tourner en ridicule la moindre faille de virilité de ses personnages masculins, et notamment Ben ; c'est une des facilités qui m'agacent un peu chez cette série à l'occasion).
Quant aux personnages féminins, qui sont plus irritants de mon point de vue de nana pas très gonzessifiée, elles présentent au moins l'avantage d'être des modèles différents de ceux qu'on voit dans la plupart des autres séries (un aspect qui, quitte à passer par tous les clichés possibles sur les afro-américains, est récurrent dans ce type de séries, où les femmes ressemblent à des femmes et pas à des mannequins, tout en étant légèrement au-dessus du niveau de la femme de la rue histoire de quand même apporter une touche de glamour). Ce sont d'ailleurs elles qui offrent les plus grosses impressions de fossé culturel, avec l'attention exagérée qu'elles portent à certaines choses, comme dans l'histoire de la bague de fiançailles. Il y a un côté Bridezilla chez la réaction des filles vis-à-vis de cette bague... et en ne tournant pas non plus ces personnages-là en ridicule (une tentation à laquelle Damon Wayans n'aurait pas résisté, tel que je le connais, par exemple), la série valide à la fois ma théorie selon laquelle c'est culturel et donc parfaitement acceptable pour le public regardant la série, et mon impression d'une nuance dans cette série, en tous cas plus que dans la plupart des autres de son genre.

En regardant ce pilote, j'ai donc voyagé dans un endroit des Etats-Unis que je connais mal, où on n'applaudit pas mais où on claque des doigts, où les restaurants sont fréquentés uniquement par des noirs... mais qui est aussi curieusement confortable parce qu'ultra-codifié, tout en s'autorisant quelques petites touches d'innovation et de subtilité çà et là. Et avec, donc, une scène vraiment drôle, ce qui n'était pas garanti au départ, la plupart des autres scènes se contentant d'être sympas, sans plus.

Non, Let's stay together n'est pas une perle. Ce n'est pas la série dont il faudrait que tout le monde parle mais à laquelle pas assez de monde ne prête attention (c'est Portlandia, ça...). Mais quelque part, ça remet les idées en place, ce genre d'expérience. Ca rappelle que même pour se tenir au courant de ce qui se fait aux USA, rien n'est acquis, et il y a encore des angles morts.
Si ce n'était pas une série indispensable, pourquoi m'être donné la peine d'en parler, me direz-vous ? Surtout quand ça me demande de faire un effort dans mon rythme de publication, revenu à "un post chaque vendredi. Minimum". Eh bien... c'était un pilote (raison n°1), un pilote récent (raison n°2), et enfin, un pilote sympathique (raison n°3). Donc ne pas en parler, quelque part, ç'aurait été dommage. Et puis, parfois il n'y a pas besoin d'aller chercher au Brésil ou en Pologne des séries à (faire) découvrir, et c'est pas plus mal de se le rappeler une fois de temps en temps.

Let's stay together, ce n'était pas extraordinairement bon, mais ce n'était pas du tout mauvais. Il fallait simplement le regarder pour le savoir. J'espère vous avoir convaincus d'aller vérifier par vous-mêmes, vu que vous ne pouvez pas compter sur les autres pour vous tenir au courant de tout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Let's Stay Together de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-06-10

A la chaîne

Arewethereyet

Ce qui me semble aberrant, ce n'est même pas vraiment qu'on commande encore des séries comme Are we there yet?, non, même pas. Il est un fait qu'il y aura toujours des gens avec des goûts pourris, et donc par voie de conséquence, qu'il y aura toujours quelqu'un pour vendre à ces personnes des séries pourries. Pas de surprise de ce côté. C'est navrant mais je ne m'en émeus même plus vraiment.
Ce qui me sidère, en revanche, c'est qu'on en commande autant.

TBS s'est auto-proclamée "very funny" il y a quelques années et depuis, le monde est encore plus le même, si je puis m'exprimer ainsi, au sens où, avant, on trouvait plein de comédies nullissimes un peu partout, et maintenant TBS en a fait sa spécialité et les commande à tours de bras ; vous cherchez un sitcom abêtifiant au possible, allez sur TBS, vous allez être gâté... Vous vous rappelez de mon effroi devant 10 items or less (sinon suivez les tags) ? Eh bien depuis ça ne s'est jamais vraiment arrangé. Mais à l'époque, j'ignorais que le pire était à venir.

Tenez, House of Payne et Meet the Browns... bien courageux qui regarde ne serait-ce que le pilote de ces deux séries. J'avais tenté un La preuve par trois sur le second, mais j'ai pas poussé plus loin. Eh, pas folle, la guêpe. Et pourtant je me vante d'être curieuse... qu'est-ce que ce doit être pour ceux qui ne le sont pas. C'est à vous dégoûter des séries à tout jamais, des conneries comme ça !

Tout ça, ce sont des sitcoms vus et revus, et on sent d'ailleurs que c'est justement pour ça que la série Are we there yet? a été lancée, parce que ça fonctionne relativement bien pour les deux autres et que si TBS arrive à découvrir un deuxième Tyler Perry pour faire des sitcoms de façon industrielle, eh bien tant mieux, c'est bon pour les finances. Tyler Perry est l'homme à l'origine de House of Payne et Meet the Browns, et ces deux séries ont des statistiques à vous couper le souffle. Jugez plutôt.

House of Payne a commencé une première saison de 10 épisodes en 2006, suivie l'année suivante d'une commande par TBS de 100 épisodes. On a dépassé ce stade depuis quelques temps puisque la 6e saison, qui s'achève à la fin du mois (oui, 6 saisons en 4 ans, tout va bien) marquera le 181e épisode de la série. Du côté de Meet the Browns, c'est à peine différent : lancée en janvier 2009, donc il y a un an et demi, la série est actuellement dans sa 3e saison et cette semaine, son 78e épisode sera diffusé (je n'ai pas trouvé de signe d'une date de fin pour la saison, je suppose donc qu'elle nous survivra tous).
Revenons-en à la nouveauté qu'est Are we there yet?, lancée il y a quelques jours. Même motif, même punition. Une commande initiale de 10 épisodes et, si ça marche, il y a 80 petits frères derrière. C'est absolument insensé !

Qui veut regarder jusqu'à 200 épisodes d'une série soi-disant comique, remplie à craquer de rires enregistrés, et ne présentant pas la moindre originalité (ou si peu dans le cas de Meet the Browns) ? Qui se tape réellement les 200 épisodes ? Si une telle personne existe, regarde-t-elle la télé sur une chaise percée de façon à pouvoir aller aux toilettes sans louper un épisode ? Parce qu'il n'y a pas que le nombre d'épisodes, il y a le rythme !

C'est édifiant : Are we there yet? est diffusée à raison de 2 épisodes par soir, un soir par semaine. Ce qui en soi est déjà un rythme assez dingue. Mais il y a pire : chaque semaine, l'équipe de la série est "capable" de tourner 3 épisodes ! Vous vous rendez compte ? D'ordinaire, pour que le produit soit décent, on avait l'équivalence un épisode = une semaine de tournage, et c'était déjà assez difficile à tenir comme ça pour obtenir quelque chose de convaincant. Mais là, ils vous font trois épisodes par semaine ! C'est du délire ! On ne s'étonne pas du produit fini, du coup, mais il y a de quoi glapir de terreur, quand même, devant une telle industrie.

Parce qu'à ce stade, c'est uniquement de la production industrielle, quand même. On fait des épisodes à la chaîne et on n'a plus le temps de rien faire. Je suis même surprise qu'il y ait un scénario dans le pilote si l'équipe des auteurs en était déjà à écrire les 3 suivants. Ou les 10 suivants. Ou toute la saison de 90 épisodes. Et peut-être préparer le spin-off. Et s'il leur reste un peu de temps ils chercheront un remède pour le cancer, aussi ?!

Allez, je suis négative. Il faut que je regarde les choses du bon côté : de nombreuses comédies (et les sitcoms en première ligne, si je peux me permettre) sont stupides et pas drôles du tout. Are we there yet? l'est tout autant, mais la série a cet abominable cadence de travail et de cette commande potentielle hallucinante comme raison pour sa médiocrité.
Quelle est l'excuse de The Big Bang Theory ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Are we there yet? de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 06:59 - Review vers le futur - Permalien [#]

27-05-09

Mauvaises rencontres

Critictoo ayant la bonne idée de nous donner un planning très clair des séries de l'été, je me suis aperçue qu'une série allait alors entamer sa seconde saison alors que je n'avais pour ainsi dire ni vu la première, ni même, osons le dire, entendu parler de la série. Et comme j'ai le sens du sacrifice, hein, vous me connaissez, bah je me suis dévouée pour aller voir de quoi il retournait. Voici donc ma rencontre avec les Browns, ou plutôt, de son nom complet, ma rencontre avec la série Tyler Perry's Meet the Browns. Et si votre curiosité vous titille, pas de soucis, c'est un post La preuve par trois !
Avant de commencer, je tiens juste à souligner mon admiration devant une série qui a commencé en janvier 2009, et qui va déjà entamer sa seconde saison. A ce rythme, les exploits de House of Payne (même coupable, même chaîne), créée en 2006 et comptant déjà 6 saisons, ne sont pas loin d'être battus...

MeettheBrowns___1
Qui est Tyler Perry ? En France, personne, autant le dire. Aux Etats-Unis, c'est le Bill Cosby des temps modernes. Bon, en synthèse, disons, hein. C'est même pour ça que le titre de la série indique clairement son appartenance à l'oeuvre du bonhomme. Une fiction estampillée Tyler Perry, c'est une sorte de label rouge de la télévision afro-américaine, quoi. Et si je vous dis tout ça, c'est pas juste pour me vanter de quelques connaissances fraîchement acquises sur le sujet, mais bien pour vous prévenir : si vous faites une allergie aux sitcoms par les blacks, avec des blacks, pour les blacks, ça va être très compliqué d'aborder Meet the Browns l'esprit serein. Parce que dans la collection "caricature", ça se pose là, comme souvent avec les sitcoms du genre (si on peut parler de genre). Le personnage principal, Leroy Brown, est pas mal dans son genre, et ajoute à l'accent typique une voix de fausset à faire pâlir Farinelli.

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Parlons un peu de l'histoire, à présent. Meet the Browns propose un contexte au moins un peu original, pour une fois, dans le contexte de la plupart des sitcoms, même si on pourra arguer que quand on adapte à la télévision une histoire qu'on a déjà plus ou moins portée sur les planches et sur grand écran, l'originalité reste toute relative. Bref, dans Meet the Browns, notre Leroy Brown a hérité d'une vieille bicoque, qu'il retape afin d'ouvrir avec sa fille Cora une maison de retraite. Les deux personnages ont déjà été introduits au spectateur par le biais des oeuvres sus-mentionnées, et le pilote ne permet pas immédiatement de le savoir, mais en fait père et fille ont une histoire un peu compliquée, qui explique que leur relation soit l'objet de nombreux gags. En plus de cette cohabitation, il faut donc compter sur la gestion de la maison de retraite, et donc les employés, les retraités eux-mêmes, et les difficultés (comme par exemple la concurrence d'un autre foyer, la paperasse administrative, etc...). Bref pleins de ressorts qui permettent de relativement s'en sortir côté intrigues potentielles, ça change quand même un peu.

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Et là, sous vos applaudissements nourris, je demande que tout le monde se lève pour saluer l'arrivée de K Callan, oui, la K Callan de Loïs & Clark, les nouvelles aventures de Superman, plus pétillante que jamais, et surtout, bigrement relookée pour l'occasion. Assurant le quota blanc de la série (ce n'est que justice, quelque part), elle est l'un des personnages qui promettent le plus de fraîcheur et de drôlerie à la série. Si vous ne devez avoir qu'une seule raison de regarder Meet the Browns, ce sera celle-là. Son rôle d'actrice sur le retour, distinguée mais un peu raciste sur les bords, vivant complètement hors de la réalité, est vraiment génial. Alors d'accord, ce n'est qu'un rôle secondaire, mais ça suffit grandement à faire de ce pilote une série regardable là où je risquais à la base de devenir franchement maussade. En plus, côté look, ça se pose carrément là !

Bref une série honnête, sans plus mais de justesse, sauvée in extremis par quelques idées à peu près sympas mais qui n'auront que très peu de raisons de vous captiver sur le long terme si, comme moi, vous ne raffolez pas des sitcoms avec rires automatiques à intervalles réguliers, personnages trop caricaturaux pour être drôles, et dialogues exagérément grotesques. Voilà bien le genre de sitcoms dont on espère depuis une décennie qu'ils vont finir par disparaître, et en fait non, et en fait c'est pas si grave. Pour culture, c'est marrant à voir une fois, pour s'apercevoir que les codes du genre n'ont pas évolué d'un cil depuis le temps, et puis après on passe à autre chose avec la sensation du devoir accompli, et chacun vit sa vie. En l'occurrence, vous l'aurez compris, je ne vais pas guetter la seconde saison de Meet the Browns ce soir sur TBS, mais au moins, si on me pose la question, je saurai de quoi il retourne. Et du coup maintenant, vous aussi.
Et sinon, vous voulez être éduqués sur House of Payne aussi, ou...?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture... oh bah non quoi, laissez le temps à Eske de ficher ce que je lui ai déjà envoyé !!!
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Posté par ladyteruki à 13:43 - La preuve par trois - Permalien [#]


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