ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

29-08-13

Carnassier

Tout le monde parle un peu de la même chose aujourd'hui ; j'aimerais vous faire penser que je suis au-dessus de la mêlée, que je vais vous parler d'une série togolaise ou péruvienne. En plus je n'ai jamais testé ni l'une ni l'autre, donc effectivement ça semble alléchant à en parler comme ça. Mais non. Comme absolument tout les journalistes média aujourd'hui, je vais vous parler de House of Cards.
Et comme beaucoup de ces personnes, et une grande partie des spectateurs de Canal+ ce soir, je n'ai pas non plus vu le House of Cards britannique. Comme ça c'est assorti.

HouseofCards-US

Vous souvient-il des années 2000 ? Une époque où c'était A la Maison Blanche qui dominait les quelques séries politiques américaines. Sorkin tentait d'y décrire comment une équipe d'idéalistes, menée par un Président éduqué et droit comme un "i", se confrontait aux réalités de la vie politique à Washington... tout en triomphant, le plus souvent, de l'adversité. Qui croirait que l'une des séries les plus optimistes du genre politique date des années Bush, hein ? On l'avait pas vue venir celle-là.

Aujourd'hui les choses sont différentes. Comme l'a par exemple montré Boss, ce que nous cherchons aujourd'hui dans nos séries, c'est la preuve que nos élus sont corrompus et cyniques. Ere de l'anti-héros oblige, nous voulons à la fois nous identifier à lui et à ses imperfections ; mais en même temps, nous voulons aussi nous conforter dans l'idée que "tous pourris". Ils sont hypocrites, menteurs, désabusés ; ce sont des arrivistes qui ne pensent qu'à leur statut, leur pouvoir personnel et leur progression dans la pyramide alimentaire. Ils ne sont qu'ego. Comme beaucoup de séries dramatiques de toutes sortes actuellement, les fictions politiques du moment nous confortent dans notre vision noire du monde et de ses dynamiques ; à vrai dire, même les comédies peignent ce portrait, comme Veep (ou ce qu'on a pu voir d'Alpha House, commandée par Amazon).
Le temps des idéalistes est révolu ; il a disparu quand le Président providentiel s'est avéré être un Président comme les autres, imparfaits. Notre seule façon de gérer la déception est de tous les mépriser.

House of Cards s'inscrit parfaitement dans cette optique, et c'est tangible dés le pilote. En montrant un Président qui ne prendra pas la parole devant les spectateurs, dans des scènes qui sont réservées à leurs seuls yeux, mais uniquement dans un discours vidé de toute substance, l'épisode dépossède l'homme qui est au sommet de l'Etat du moindre pouvoir. Ce qu'il veut importe peu, puisque c'est quelqu'un d'autre qui s'exprime à sa place, en l'occurrence la Cheffe de cabinet Vasquez.
Et de toute façon, ce ne sont pas les gens au pouvoir les héros de House of Cards, mais Frank Underwood, un élu de la Chambre des Représentants qui fait figure, dans le contexte particulier de la politique au niveau fédéral, d'un outsider. Car en dépit de son ambition dévorante et de son intelligence aigue, de sa connaissance parfaite du fonctionnement officiel comme officieux des institutions, Frank ne va pas être promu Secrétaire d'Etat comme il l'espérait. D'ailleurs il ne l'espérait pas : c'était pour lui acquis, et la nouvelle, dans ce premier épisode, que le poste lui a échappé (pour atterrir entre les mains de Kevin Kilner - c'est l'instant fangirl pour la spectatrice d'Invasion Planète Terre) va avoir pour conséquence d'enclencher les rouages de sa vengeance. Un processus qui sera long, nous en sommes conscients dés ce premier épisode, parce qu'il implique de détruire un par un ceux qui l'ont floué.

Le paradoxe de House of Cards est là : dans le fait que des intriguants de toutes sortes sont sur le point, à n'en pas douter, d'être exposés (face aux spectateurs au moins) pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des gens corrompus de diverses façons par le pouvoir... par un homme qui lui-même est tout aussi corrompu qu'eux. Nous le célébrons parce qu'au moins, il va leur donner ce qu'ils méritent. Si pour cela il faut qu'il accède à d'encore plus hautes responsabilités, eh bien, c'est un dommage collatéral qu'en tant que spectateurs, nous acceptons d'assumer.
D'ailleurs, quand il aura le pouvoir, Frank Underwood, qu'en fera-t-il ? Quelle importance, répond le pilote de House of Cards : l'essentiel est qu'il obtienne sa vengeance par tous les moyens possibles. C'est à ça que tient la politique aujourd'hui.

Ecoutez, c'est pas moi qui vais contredire : des pourris en politique, ce n'est pas ça qui manque. Même pas forcément besoin d'aller au plus haut pour en trouver, il en grouille plein dans les couloirs des cabinets. Mais là où parfois A la Maison Blanche péchait par excès de candeur sur le monde politique, des séries comme House of Cards donnent dans l'excès inverse. Il manque encore un peu de nuance à la plupart des séries du genre, plus encore actuellement. Elles montrent soit les "gentils" qui font ce qu'ils peuvent contre vents et marées, pour essayer au moins un peu de faire progresser les choses ; soit des méchants qui font ce qu'ils peuvent pour avoir le champ libre pour atteindre le sommet (ou au mieux, des idiots pas forcément impressionnants qui continueront de faire ce qu'ils peuvent pour rester à peu près dans le jeu, quand bien même ils n'en ont pas la carrure). La politique est plus complexe et nuancée que cela, et on s'attendrait à ce que l'art de la nuance, la télévision, prenne le temps d'en tester les nuances de bleu-blanc-rouge ; ce n'est pas avec House of Cards qu'on verra cette expérience se produire sous nos yeux.

Frank Underwood est, c'est entendu, un carnivore de la pire espèce, qui n'est finalement là que pour le jeu politique et sa place sur l'échéquier. Le problème c'est qu'à ses côtés, beaucoup de personnages de ce premier épisode manquent d'épaisseur.

On l'a dit et répété dans 102% des articles publiés aujourd'hui sur le sujet : oui, c'est Netflix qui a originellement "diffusé" la série, et il était plus qu'encouragé de regarder les épisodes à la suite, en enfilade. De ce fait, les personnages n'ont pas l'obligation de se présenter à nous de façon claire et ordonnée, de s'exposer d'entrée de jeu pour que nous sachions d'emblée qui est qui. Cela peut très bien se produire plus tard, ou même pas du tout, dans le fond ; pour ma part, j'écris toujours mes reviews de pilote sans avoir vu la suite, donc à ce stade, vous n'en saurez rien...!
Le strict minimum est opéré dans ce premier épisode, mais je ne suis pas totalement convaincue que ce soit entièrement dû à la diffusion sur la plateforme. Claire Underwood, Zoe Barnes et les autres restent assez unidimensionnels face à un Frank Underwood habile et malsain dont la duplicité s'affiche rapidement, et cela peut aussi être dû, tout simplement, au parti-pris de la série.
Le binge watching fortement suggéré par la politique de "diffusion" de Netflix semble, au passage, plus difficile à faire dans le cas d'une série comme House of Cards que pour Orange is the new black, au ton largement plus versatile, et qui ne donne pas l'impression d'assomer le spectateur avec la brutalité sombre de son univers comme c'est le cas pour la série de Fincher. Personnellement j'ai essayé mais pas trouvé la force d'enfiler les épisodes à la suite. Se résoudre à ne pas tout regarder d'un coup, quelle qu'en soit la raison (choix, manque de temps, etc.), c'est accepter d'avoir, à la fin de chaque épisode, une vision un peu plus morcellaire que prévu, peut-être ; ce qui inclut de trouver les personnages secondaires simplistes dans ce premier épisode. Cependant, on n'aura pas attendu Netflix pour que soient écrites d'un seul tenant des séries ou des mini-séries, et cela ne nous a pas pour autant poussés à nous infliger un univers étouffant pendant 13h d'affilées si on ne le sentait pas. Juste parce que l'on peut, ne signifie pas que l'on doit (ni que l'on a).

Pour en revenir aux personnages secondaires, contrairement à Boss (encore), House of Cards ne semble pas très décidée sur la façon dont elle veut employer les personnages de son axe journalistique. Dans Boss, c'était le reporter Sam Miller qui faisait figure d'idéaliste, poursuivant la "vérité" avec autant d'acharnement qu'il soupçonnait assez vite que des vies étaient en jeu ; ici, on ne sait pas trop si c'est du lard où du cochon. Certes, Zoe Barnes est elle aussi une ambitieuse, assombrissant encore plus le portrait fait du microcosme de Washington, mais c'est aussi une débutante profondément anxieuse et à la précipitation de mauvaise augure. On comprend mal le rôle qu'elle joue dans le discours de la série, en particulier au sujet des médias et de la collusion avec le pouvoir.
Mais ma plus grande déception concerne Claire Underwood ; si en apparence elle rappelle énormément Meredith Kane, de Boss, y compris dans son incarnation à la fois élégante et terrifiante de sang-froid par Robin Wright, elle semble dans ce premier épisode manquer de répondant. J'ai apprécié en revanche la déclaration d'amour incroyable que Frank nous a faite suite à leur altercation.

Et de ces déclarations, parlons-en. Je m'étonne que tout le monde semble unanimement chanter les louanges de House of Cards, quand sa façon de faire tomber le quatrième mur est la même que House of Lies, dont le procédé avait pourtant été largement décrié. J'ai même trouvé le procédé assez grossier dans sa première manifestation ("comment pourrais-je commencer ma série par un monologue puissant sans avoir l'air grandiloquent ? ...Ah, je sais ! On va casser le quatrième mur !"), quand bien même son utilisation, à force, finit par devenir relativement naturelle. Mais peut-être que, d'une série livrée en un seul bloc, on a aussi tendance à attendre la perfection dés le premier épisode, et ce n'est pas très juste.

House of Cards n'est peut-être pas LA plus grande série de tous les temps ; elle pâtit de certaines comparaisons (notamment avec Boss, à laquelle elle doit beaucoup mais qui, de pilote à pilote au moins, lui dame sévèrement le pion) et peut-être aussi de l'aura naissante des séries Netflix. Mais dans un panorama où les limites de nos exigences sont sans cesse repoussées par l'arrivée de nouveaux acteurs, de la chaîne câblée AMC aux pure players comme Netflix, clairement, on est devenus difficiles et pointilleux ! House of Cards se situe, c'est sûr, dans le haut du panier des séries américaines du moment (il faut dire qu'elle fait tout pour), et même si elle souffre de petits défauts, il faut garder à l'esprit que des séries de cette trempe, il n'en sort tout de même pas tous les jours : en téléphagie, il faut rester ouvert.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 21:54 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

23-06-13

Problem solved

Tout-à-fait entre vous et moi, alors que se conclut ce deuxième #pilotmarathon, je vais vous faire une confession : je dévore des pilotes pendant des journées comme celle-là dans l'espoir d'avoir un coup de coeur. Hélas, cent fois hélas, on ne peut pas tous les jours tomber sur des pilotes comme celui d'Orphan Black. Même pas tous les quinze jours. Est-ce mon choix de séries qui a posé problème aujourd'hui, ou tout simplement mes attentes qui étaient trop élevées ? Dans tous les cas, ce nouveau #pilotmarathon n'a pas exactement apporté l'extase. Ray Donovan a été la dernière série de cette nouvelle journée de découvertes, ce qui signifie que le poids des attentes pèse lourd sur ses épaules...

RayDonovan

Peut-être qu'il y a eu maldonne. Quand j'ai entendu pour la première fois parler de Ray Donovan, j'avoue avoir cru qu'il s'agissait d'une dramédie ; et je me suis dit : wow, entre House of Lies et Ray Donovan, Showtime sait vraiment me gâter !

Mais une fois devant Ray Donovan, la dure réalité m'a frappée aussi violemment qu'une batte de baseball : Ray Donovan n'est pas du tout marrante. J'adorerais voir le quotidien d'un mec qui doit réparer les conneries des autres, mais sur un ton largement plus léger ; j'ai passé la première partie du pilote à essayer de me rappeler s'il n'y avait pas déjà une série qui faisait ça, mais rien à faire, impossible de mettre le doigt dessus (ça m'étonne, donc n'hésitez pas à me corriger en commentaires). Le début du pilote de Ray Donovan accomplissait parfaitement cette mission, avec ce qu'il fallait de cynisme comme je l'aime, et un peu de sordide pour faire bonne mesure (après tout, on n'est jamais vraiment cynique que devant une bonne dose de sordide). Le rythme était bon, il y avait des personnages hauts en couleurs et des petits arrangements avec la vérité qui me mettaient en liesse... Ce qui me plaisait dans Ray Donovan n'était pas forcément très brillant, mais les ratages de ces personnages qu'il faut récupérer, les excès des puissants de Hollywood, cette impression de faire les poubelles des riches et d'être les seuls à en connaître le dégoûtant contenu qui dévoile le vrai visage de ceux qui d'ordinaire nous montrent une perfection de façade... c'est le genre de choses qui m'intéresse, qui m'a toujours intéressée. Dirt n'a jamais réussi à me captiver, mais le thème était là, prêt à être convenablement exploité, il suffisait d'y mettre les formes.

C'est à mi-chemin que le pilote de Ray Donovan a tout d'un coup réalisé qu'il allait durer une heure, et qu'il ne tiendrait jamais à ce rythme. Et là, virage à 180° : tout d'un coup, l'épisode tourne au tragique. Ce qui est précisément la meilleure façon pour moi, qui étais dans ma lancée cynique, de ne pas du tout prendre les choses au sérieux. On aurait dit... écoutez, je sais pas, du Magic City peut-être ? Encore plus nonchalant et dépressif, à vrai dire.
Non que les intrigues personnelles, extrêmement graves (un personnage secondaire Parkinsonien, un autre violé par un prêtre, une soeur qui s'est suicidée à l'adolescence...), soient le problème ; c'est plutôt leur traitement dénué de tout recul ou second degré qui m'ennuie, après le démarrage de l'épisode. La différence de ton est trop grande, c'est limite un choc anaphylactique à ce stade.
Très vite, les screw-ups qui occupaient le début de l'épisode le désertent, laissant notre héros seul avec ses démons, sa femme et sa famille dysfonctionnelle. Il aurait sûrement fallu mieux équilibrer ces deux univers, plutôt que leur réserver une moitié d'épisodes chacun.

Mais le plus intrigant dans tout ça, c'est que même si la fin du pilote m'a laissée un peu les yeux ronds, avec l'impression de ne pas trop être certaine de ce que je venais de voir, plus j'y réfléchis, plus je pense que Ray Donovan a réussi quelque chose avec ce pilote.
Ce premier épisode promet l'imprévisible. Si le ton-même de la série n'est jamais garanti d'un morceau d'épisode à l'autre, si deux scènes différentes peuvent être radicalement opposées au niveau de l'ambiance, si la série s'autorise de traiter la vie de son personnage en passant de la dramédie cynique au drame le plus sombre possible, alors Ray Donovan vient de me garantir ce que peu de séries savent vraiment procurer : le frisson de ne pas du tout savoir dans quoi on met les pieds. Je n'ai aucune moyen de dire si j'ai aimé cet épisode inaugural, ou plutôt, j'en ai adoré certains passages, et ai été circonspecte devant d'autres ; de la même façon, j'espère n'avoir aucun moyen, au terme de ce pilote, de prédire si la série me plaira ou non. Ca semble un challenge intéressant. J'avais besoin que le #pilotmarathon m'apporte une série qui me rive à mon siège ?

Ray Donovan, you had my curiosity. But now you have my attention.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:42 - Review vers le futur - Permalien [#]

01-03-13

Bouche à oreille

Amis téléphages, l'heure est venue pour moi de solliciter à nouveau vos lumières.
Eh oui, grand retour aujourd'hui des posts La une est à VOUS, dans lesquels, pour changer un peu (pas toujours les mêmes !), c'est votre responsabilité que de me convaincre de regarder une série. Ou pas, d'ailleurs. Enfin, tout est expliqué .

En ce moment, je traverse une période de léger flottement téléphagique. En-dehors de quelques absolus favoris (The Americans, Monday Mornings, et les visionnages de Smash avec le #SmashEnsemble), je ne regarde plus aucune série américaine dramatique de façon régulière (et plus qu'une japonaise : dinner, bien que l'enthousiasme se soit tassé). J'ai laissé tomber, même si ce n'est que temporairement, des séries comme The Good Wife, Unité 9 ou encore Nashville. Je n'ai tout simplement pas le jus. Evidemment, il y a toujours les pilotes que je regarde, mais en matière de suivi hebdomadaire, nan, j'ai goût à rien. Et ça fait depuis janvier comme ça ! En fait, comme j'ai abandonné mes visionnages en décembre lors du marathon Scrubs, c'est même pire que ça... Après avoir laissé passer plusieurs semaines de la sorte, me disant que ça allait revenir, que je n'avais qu'à passer à autre chose en attendant (l'occasion de rattraper des séries comme Raw, retenter le visionnage de Monroe, picorer des épisodes de Brain et bien-sûr regarder des films), mais je commence un peu à m'alarmer.
J'ai un peu tout tenté. C'est que, vous comprenez, des comédies que je suis en hebdomadaire, j'en ai plein, niveau dramédie je suis évidemment comblée par House of Lies (et ce, de multiples façons et dans toutes les positions), mais mon planning hebdomadaire manque cruellement de séries dramatiques. Ca me manque, en somme. Mais je n'ai pas le goût, pourtant, à reprendre ces séries abandonnées ; je pense que je suis rebutée par un effet "loin des yeux, loin du coeur", moins je les regarde, moins j'ai envie de les regarder, mais il en faudrait peu pour que la flamme qui m'animait il y a encore peu se ravive, sauf que le premier pas coûte.

En toute franchise, entre les plutôt bonnes raisons ("The Good Wife me plait plus en marathons ou mini-marathons", expérience avérée pendant les saisons précédentes ou je finissais toujours par préférer ce mode) et les excuses carrément piteuses ("ouais mais en ce moment j'ai envie d'engloutir des épisodes par 10 pour toutes mes séries dramatiques", mensonge éhonté comme le prouve le suivi régulier des séries sus-mentionnées), je ne peux plus laisser faire.

C'est là que je me suis dit : plutôt que de revenir à tout crin aux séries que je suivais cet automne, on va procéder par étapes et simplement trouver une série toujours en cours de diffusion, qui me soit nouvelle mais que je puisse, après rattrapage en mini-marathon, je serais d'humeur d'en faire autant pour d'autres. Une fois que j'aurai fait ça pour une série qui aura le goût de la nouveauté, ce sera plus facile de le faire pour d'autres abandonnées voilà trois mois !
Telle est ma logique ; on est d'accord que c'est boiteux mais c'est tout ce que je vois comme option, à part m'enfermer dans mon living, m'attacher à mon fauteuil et me forcer à regarder un épisode d'Unité 9 en me menaçant d'un flingue. Ce qui serait d'une part un peu ironique, et d'autre part vraiment dommage.

J'ai donc cherché quelle série pourrait bien correspondre à mon objectif, et l'une de celles qui revient régulièrement est Scandal.
Une partie de ma timeline Twitter semble en dire du bien, mais j'avoue que je ne saisis pas comment elle en arrive à cette conclusion après l'expérience désastreuse qu'a été le pilote pour moi. Et pourtant. S'il y a bien une chose qui ressort des réactions extatiques sur Scandal, c'est que la série a muté depuis le début de son existence, et qu'elle est arrivée à quelque chose qui a l'air plus abouti que sa formule ne le laissait initialement imaginer. Amis téléphages, l'heure est venue pour vous de me le confirmer (ou pas).

Dois-je (re)regarder Scandal ?

BoucheaOreille

Les pour :
- J'avais vaguement senti que Scandal se voulait un peu politique, et j'ai bien envie de ça en ce moment
- D'après les échos que j'en ai, Olivia Pope devient un personnage franchement intéressant, et la perspective d'assister à une telle évolution m'intéresse parce qu'assez peu de personnages, en ce moment, sont des héros en aussi évidente mutation

Les contre :
- Bah, déjà, je vois 10 raisons. Libre à vous d'en ajouter, étant bien entendu qu'il n'y en a aucune à retirer.
- Parce qu'on ne peut pas dire que je sois une fan de Shonda Rhimes (mais ça s'est ptet vu via le lien précédent)
- Parce qu'en ce moment, c'est la mode du "tout-soapesque" et que je n'ai pas envie de me lancer dans un truc qui me rappelle la qualité piteuse d'un Revenge ou Deception, avec une touche de thriller pour faire genre, mais quand même beaucoup de vide

Vu que plusieurs d'entre vous êtes pourtant convaincus que Scandal est en train de tourner au petit bijou, je ne doute pas que vous allez démonter mes arguments comme rien. Comme toujours dans cette rubrique, l'idée n'est pas forcément de me faire regarder absolument une série, mais d'être aussi bien capables de donner, vous aussi, des arguments pour et des arguments contre, de citer des qualités qui m'ont échappées comme des défauts qui hélas existent bien, histoire que je me fasse une idée.
Je compte sur vos bons conseils, amis téléphages, vous qui me connaissez bien : peut-être que Scandal n'est vraiment pas faite pour moi, c'est possible... mais y a-t-il une chance pour que je sois passée à côté d'une série qui me ravirait ?
Et dans ce cas... c'est à VOUS de m'en convaincre.

Posté par ladyteruki à 12:26 - La une est à VOUS - Permalien [#]

19-02-13

Moi j'aime pas le pessimisme

Le pessimisme, c'est nul.
Pourtant il faut bien reconnaître qu'on tombe tous dedans de temps à autres. Parfois je fais partie de ceux qui ont simplement parfois du mal à l'admettre (on l'a vu avec la mésaventure Suburgatory). Parfois je me dis au contraire que je suis pessimiste à l'extrême, et/ou sans raison. Les choses ne vont pas si mal, tant qu'on a de quoi regarder des pilotes tous les jours et succomber à un coup de coeur plusieurs fois par mois !

La perception qu'on a de "la saison" est souvent trompeuse ; la saison n'est pas nécessairement nulle juste parce que nous n'en profitons pas autant que nous l'aurions imaginé. Par vagues, depuis le début de la saison 2012-2013, j'ai eu de douloureux passages à vide et d'autres de véritable exaltation. C'est pourtant la même saison !
Il est vrai que la mid-season a été très clémente avec moi, entre The Americans, Monday Mornings, le retour de House of Lies et Smash... mais beaucoup des séries qui constituent mon planning hebdomadaire sont les mêmes qu'au début de la saison ; à l'automne déjà, je regardais Raising Hope, The Neighbors, et j'en passe. Il y a des fluctuations, c'est sûr (The Good Wife est une fois de plus mise en pause ; soyons honnêtes, c'est une série que je préfère regarder en m'enfilant les épisodes par poignées), mais dans le fond, peu de choses ont changé dans mon planning.
Et je ne parle que de la saison en cours de diffusion aux USA, parce que Black Mirror est toujours un délice (d'ailleurs, ma proposition tient toujours), et il y a de quoi faire au Japon. Sans compter que des nouveautés australiennes vont tomber à partir de demain, mais enfin, on n'y est pas, on reparle de tout ça à tête reposée, hein.

Simplement, pour une raison que j'ignore, il suffit d'une annulation (Partners), ou au contraire du visionnage d'un pilote insupportable (on a eu un rude mois de janvier, la preuve par l'exemple avec Banshee), et paf, tout d'un coup, on cède à la négativité.

"Elle est nulle, cette saison", s'exclame-t-on en donnant un coup de pied métaphorique dans notre planning téléphagique, le nez plissé et le regard mauvais. Bon, peut-être après tout... mais avons-nous vraiment une vue suffisamment large de la saison pour pouvoir le dire ? Non. whisper et moi avons un défi consistant à regarder tous les pilotes de la saison américaine (plus les britanniques, les canadiens, les australiens, les français... je lui ai épargné l'Asie, j'ai l'impression d'avoir bien fait !), et nous n'avons même pas une vue suffisamment large de la saison avec tout ça parce que, pour autant que je sache, il n'existe personne qui a regardé tous les pilotes de la saison, et moins encore tous les épisodes. Même pas un nolife comme Truc, là.

Alors du coup, on n'a pas le droit d'être négatifs tant qu'on n'a pas tout vu, voilà ce que je dis !!!

TheAmericans-Flag

...Mais pas ce que je fais.
Ce soir, me morfondant à l'idée qu'il n'y a aucun nouvel épisode de mes marottes du moment, j'ai regardé ce que j'avais à me mettre sous la dent, et j'ai murmuré : "pff, ya rien à regarder... elle est nulle cette saison". Tu parles.
Peut-être que nous avons besoin de penser parfois qu'il n'y a rien de bien à regarder. Ca doit être un réflexe psychologique pour éviter de devenir monomaniaques, je suppose (tout le monde n'est pas forcément pourvu de ce mécanisme cependant).

Pourquoi, en dépit de disques durs qui débordent, de DVD qui s'empilent et de plannings de ministre, trouvons-nous encore le moyen d'accabler cette maudite saison qui a pourtant fait de son mieux pour nous offrir des dizaines de pilotes ? En plus d'être téléphages, nous sommes ingrats. Voilà !

En attendant de retrouver l'inspiration, je vais donc ce soir répondre à une autre interrogation existentielle : peut-on qualifier de marathon le fait de se refaire l'intégrale des 3 épisodes de The Americans diffusés à ce jour ? En ce qui me concerne, j'ai décidé que oui. Comme quoi, elle est franchement chouette, cette saison...

Posté par ladyteruki à 20:14 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

25-01-13

Ma préférence à moi

Ce soir, en discutant avec Thierry Attard, je me suis aperçue que je n'avais encore vu aucun épisode d'Une Nounou d'Enfer en 2013. Et que ça me manquait terriblement. Ni une, ni deux, je me suis emparée de mon coffret DVD (quand ils existent, autant en profiter...) et me suis rematé le premier épisode de la série.

Rassurez-vous, il ne s'agit pas ce soir de vous faire une review de l'épisode. Quoique, à la réflexion, je parle souvent d'Une Nounou d'Enfer, et rarement de ses épisodes. Bon, alors disons que je promets solennellement que, quand l'intégralité de la série sera sortie en DVD, je vous ferai des reviews d'épisodes. Voilà. C'est dit.

TheNanny

Mais revoir ce pilote que j'adore tant m'a aussi rappelé que je suis capable de qualifier Une Nounou d'Enfer de "série préférée" parmi quelques autres. Et que ce statut, finalement, ne se distribue pas à la légère. Dire qu'une série fait partie de mes préférées est un privilège qui, en fin de compte, est dur à obtenir.

Paradoxalement, j'aime énormément de séries, et j'ai des coups de coeur régulièrement. TRES régulièrement, soyons clairs. Je ne tiens pas de statistiques, mais je ne m'avance pas trop en disant que, à vue de nez, j'ai au moins trois ou quatre coups de coeur par mois, plus des séries que j'aime énormément à un instant donné, auxquelles il faut ajouter les séries que je suis depuis quelques années et que donc on peut qualifier de séries que j'aime, et ce sans compter mes "classiques" personnels que j'adore au-delà de leur annulation. Mais il y a en vérité une telle rotation dans tout cela, que je ne trouve raisonnable de qualifier de série préférée que très peu de ces séries (dont Une Nounou d'Enfer fait partie, donc).

Cette semaine je parlais de House of Lies sur Twitter, et j'avais envie de dire à quel point cette série me rend extatique, à quel point elle est la seule, en ce moment, que j'aie vraiment envie de suivre d'une semaine sur l'autre, si ce n'est ma seule raison de cagouler un épisode de façon hebdomadaire, et j'ai presque envie de dire, la seule série que j'ai vraiment envie de regarder en ce moment (les autres étant soit par habitude, soit par grignotage, soit par goût des pilotes), bref, qu'elle fait bondir mon coeur. Et c'est quand même la deuxième année consécutive que j'adore cette série avec tant de passion (comme en témoigne le tag de la série, et donc les posts précédents la mentionnant). J'avais envie de le dire, et je pense que le terme approprié dans ces conditions, objectivement, est que c'est ma série préférée. Même pas ma série préférée du moment mais, osons le dire, l'une de mes séries préférées tout court, parce que pour la téléphage volage que je suis, ressentir un tel enthousiasme sur le long terme pour une série est quand même assez rare. D'autant que j'ai remarqué qu'en général, quand j'ai aimé une série pendant sa première saison, les premiers épisodes de la deuxième sont cruciaux (j'ai abandonné plein de séries à ce moment-là : je reviens pour le 2x01, je traine la patte pour le 2x02, le 2x03 pourrit sur un coin de disque dur, et finalement j'abandonne). On verra dans quelques jours si ça me le fait pour House of Lies mais au train où vont les choses et vu mon excitation chaque semaine à l'idée de déguster un épisode le lundi soir, j'ai comme un gros doute. Oui, House of Lies a gagné ses galons.

Simplement, je ne suis pas capable de dire une phrase comme celle-là. Je m'en suis un peu étonnée : il n'y a normalement pas de problème à dire que ... est une de mes séries préférées. Pourtant ça m'est difficile à dire.

Ce n'est qu'à moitié étonnant : j'ai très peu de séries récentes dont je suis capable de dire qu'elles font partie de mes préférées, parce que généralement, dés que je le proclame, elles sont annulées (...au bout de la deuxième saison ! C'est une vraie malédiction).

Et puis dans le fond, sans même parler de mon cas particulier, il faut admettre qu'un téléphage a plus de facilité à dire d'une série qu'elle est sa préférée, ou qu'elle fait partie de ses préférées, si elle est achevée et appartient à son passé. On a tous une série par laquelle on est venus à la téléphagie, par exemple, qui bénéficie de ce statut intouchable et quasi-divin, envoyez la musique céleste, faites planer les angelots, c'est LA SERIE PREFEREE. Mais une partie de ce statut est dû à la nostalgie, au parfum de découverte, aux premières fois, et au fait qu'aucun nouvel épisode, aucun inédit, ne pourra entâcher le souvenir qu'on a de la série.
C'est la raison pour laquelle il est tellement plus facile pour moi de dire qu'Une Nounou d'Enfer, ou SPACE 2063, ou Pushing Daisies (...quoique pour moi, il y a encore un inédit de Pushing Daisies) sont quelques unes de mes séries préférées.

Le statut de "série préférée" (qui en réalité est loin d'être toujours un singulier) est différent du "top 10" d'un téléphage. Il y a d'excellentes séries qui sont dans mon top 10 (ou plus raisonnablement, mon top 200, parce que ne choisir que 10 séries avec tout ce que j'ai vu, c'est impossible), et qui ne compteront jamais comme une "série préférée".
La série préférée ? C'est une sorte de summum émotionnel, un lien presque intime, que rien ne peut jamais défaire. Pas étonnant qu'on ne le donne pas à la légère.

Mais d'un autre côté, la perspective de me dire que je ne serai vraiment capable d'admettre que telle série est l'une de mes préférées qu'une fois qu'elle sera annulée est aussi particulièrement triste à imaginer...

Posté par ladyteruki à 23:44 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

14-01-13

Coming home

Nous interrompons notre programme pour une ode spoilerisante au season premiere de House of Lies.

HouseofLiesOnFire

Commençons par le négatif.
Bon, yen a pas. Commençons par le positif alors.

Rha House of Lies, c'était bon !!! Même quand la série donne dans le passage quasi-obligé du season premiere (comme les trous à combler, ici en mode The Hangover en plus trash, évidemment ; ou comme les nouvelles têtes... et très franchement, difficile de ne pas se réjouir de la présence de Beth fucking Armstrong !), House of Lies conserve toute sa personnalité, son énergie, son style. Et bien-sûr ses personnages, qui immédiatement se remettent à plaisanter et s'envoyer péter comme dans la première saison ; avoir trouvé cette dynamique si efficace entre eux, si vite, c'était magnifique, mais réussir à retrouver cet exact équilibre avec une telle facilité apparente (presqu'aussi facilement qu'emballer Cat Deeley), ça tient vraiment de l'exercice d'équilibrisme.
Le cynisme de Marty, les sarcasmes de Jeannie, l'ego surdimensionné de Doug et la mesquinerie joueuse de Clyde s'expriment si facilement qu'on se retrouve très vite comme en famille... une famille dysfonctionnelle qu'au 17e siècle on aurait certainement soigné par un bûcher, mais qu'importe. Ils sont bons, ces salauds, ils sont brillants, ils sont tarés. Et ils le savent, en plus.

Evidemment, dans le domaine privé, Marty n'en a pas fini avec sa relation avec son fils. Et comme il a grandi, Roscoe, mais comme il est aussi tellement lui-même, immédiatement, dans sa façon incroyable de répondre à son père et de lui parler d'égal à égal (alors qu'il est en train de lui rappeler qu'il est un enfant). Les troubles avec Roscoe, évidemment, s'étendent à ceux que Marty rencontre avec Monica, une Monica qu'on a vue faire tant de chemin, en filigrane de la saison 1, et qu'on a envie de croire, désespérément, parce qu'on sait qu'elle est un Sheila et qu'on l'a immédiatement adorée pour sa fragilité. Elle semble recomposée dans ce début de saison, mais cela ne veut pas dire que tout est résolu avec Marty, parce que même quand l'entourage de Marty marche droit, c'est lui qui ne percute toujours pas comment être un humain fonctionnel. Avec la mise au pied du mur imposée par son ex-femme et son fils, nul doute que notre consultant va avoir quelques audits internes à se faire passer...

House of Lies n'oublie pas qu'elle nous a laissés, voilà quelques mois, avec la meilleure scène de fin de l'histoire des scènes de fin (je n'ai jamais autant écouté de Diddy de toute mon existence que depuis que je me suis découpé cette scène pour l'écouter en boucle ; si on pouvait tatouer plusieurs minutes de video sur son corps, j'aurais une fesse droite House of Lies), et exploite merveilleusement cela. Il ne s'agit à aucun moment de glisser la chose sous le tapis, ou d'en repousser la conclusion. Pas du tout ! En essayant de se souvenir de leur nuit alcoolisée, perdue dans les brumes des shots de tequila, Marty et Jeannie commencent lentement à reconstituer le puzzle. Et je me suis trouvée à hurler d'excitation et de surprise à la fin de ce nouvel épisode, quand Jeannie a tilté... est-ce qu'on pense à la même chose ? A quel point est-ce géant, sérieusement ? Si les allusions sont celles que je crois, ça va être une saison d'enfer, une saison pendant laquelle Jeannie comme Marty vont devoir sérieusement se botter l'arrière-train. Et vous savez quoi ? On a beau battre des mains quand nos quatre zouaves embobinent un client, c'est quand même pour ça qu'on regarde House of Lies. Pour regarder des gens intelligents avoir cruellement conscience qu'il faut arrêter les conneries, mais qu'ils ne savent pas comment (et que du coup ils en font plus encore).

On sent d'emblée que la série a décidé de vraiment se donner à fond dans une structure feuilletonnante, cette saison.
Il lui avait fallu plusieurs épisodes l'an dernier pour s'y engager totalement, utilisant son concept pour donner des épisodes complètement barrés mais relativement indépendants, avec seules quelques scènes de continuité avec l'intrigue çà et là. Mais rapidement l'histoire de la fusion (et toutes les storylines attenantes, comme celle de Jeannie) avait orienté la série vers une plus rigoureuse continuité, aboutissant à l'un des meilleurs season finale de 2012, sans mentir.
Ici on sent bien que ce ne sera plus trop le cas, ou alors plus de la même façon. Il ne s'agit pas de se pointer chez les mormons et de repartir avant la fin de la semaine en ayant mangé plusieurs billable hours et du maïs, mais d'instaurer un fil rouge sur le plan professionnel, très vite, très efficacement avec le mystérieux client qui leur tombe dessus. C'est génial parce que c'est typiquement l'histoire qui est obligée de mal tourner pour l'équipe à un moment ou à un autre, mais que ça n'arrive pas dans la première demi-heure de la saison. Et ça n'empêche pas éventuellement de prendre une autre direction en cours de route. Si le trailer d'avant-goût de la saison est une indication, cependant, le pod va passer pas mal de temps à Vegas. Je dis tant mieux ! Quelle autre ville américaine est mieux taillée pour ces serpents de consultants qu'une ville-casino au milieu du désert ?

Alors en un mot comme en cent (ou cinq mille, vous me connaissez), disons simplement que House of Lies revient au top de sa forme, avec tout ce qui faisait que la première saison avait fini en apothéose, et dans ses manches, de quoi ne pas nous laisser nous reposer sur nos lauriers. La routine ne s'installe pas, dans cette série, mais elle sait évoluer et s'adapter pour garder le meilleur.
Et là tout de suite, j'ai très envie de revoir l'épisode une troisième fois ce soir (bah, oui : une fois pour la découverte, une fois pour écrire le post, une fois pour applaudir, non ?), mais surtout je ressens beaucoup de peine pour ceux qui ont lâché la série au tout début de la première saison. Ces motherfuckers ratent quelque chose de grand !

Posté par ladyteruki à 22:47 - Review vers le futur - Permalien [#]

11-01-13

Tabula rasa

Entre les séries que je regardais en marathon, et celles que je suivais hebdomadairement, peu auront survécu au passage à l'année 2013.
Et par peu, je veux dire : aucune.

Pourtant il y en a plusieurs avec lesquelles je ne suis pas plus fâchée que ça : The Good Wife, Raising Hope, Nashville, Go On, The Neighbors, Underemployed... je me suis simplement interrompue dans leur visionnage pour céder la priorité à Scrubs, mais je n'ai pas l'ombre d'un grief.
Quant aux deux séries que je pensais dévorer en quelques semaines, soit Jack & Bobby et Drop Dead Gorgeous, eh bien... là encore, le passage à 2013 aura, pour une étrange raison, terminé d'achever ma motivation.

Il en résulte que j'ai abandonné toutes ces séries, et quelques autres. A l'heure où je vous parle, ça fait une dizaine de jours que je n'essaye même plus vraiment (j'ai regardé un Jack & Bobby le premier weekend de l'année, et c'est tout).
Il y a l'effet de manque provoqué par Scrubs qui joue sa part dans ce phénomène, et ça joue encore beaucoup même si ça devient embarrassant à avouer.

Ca ne m'était pas arrivé depuis... je crois en fait que ça ne m'était jamais arrivé... que de me désintéresser de toutes les séries que je regarde, quel que soit le rythme auquel je le fais, au même moment. ABSOLUMENT au même moment.

Cela ne signifie pas que je n'ai pas envie de séries, paradoxalement. J'ai toujours très envie de pilotes (mais quand n'ai-je pas envie de pilotes ?!), et puis il y a la perspective du retour de plusieurs séries, aussi, au nombre desquelles on compte House of Lies et Smash. Je les attends depuis de nombreux mois, et savoir les season premieres si proches me retient de rattraper mes autres séries dans l'intervalle. J'ai d'ailleurs reçu hier mon coffret de la première saison de House of Lies... si j'avais du temps ce weekend, je me ferais presque une intégrale, tiens.

HouseofLies-Season2

J'ai juste envie de rebooter tout mon programme téléphagique, et d'arrêter de me maudire parce que j'ai pris du retard (se répéter tous les jours "ah zut, un nouvel épisode de The Good Wife est sorti, j'ai même pas fini ceux du mois de décembre" n'aide pas). Je ne comprends pas pourquoi on s'impose, parfois, en tant que téléphages, de continuer à suivre un rythme qui ne nous correspond plus, alors que techniquement, rien ne nous y force.
Cette nuit, je me suis fait un film et un pilote au hasard, et j'ai totalement laissé tomber tout le reste. Ca faisait un bien fou d'arrêter de me dire qu'il fallait absolument que "je m'y remette" !
Vous savez quoi ? Si ces séries me plaisent vraiment, j'y reviendrai forcément. Je ne vais pas me mettre la rate au court-bouillon.

Pourvu que l'envie subsiste, du programme téléphagique de fin 2012 faisons table rase.

Mais la question du jour, c'est surtout : est-il possible de lire "tabula rasa" et ne pas penser à Buffy ? Vous avez trois heures.

Posté par ladyteruki à 23:43 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

05-01-13

Un peu tard

Lorsque j'ai préparé mon post sur l'année 2012, c'est avec énormément de nostalgie que j'ai repensé aux premiers mois de l'année écoulée, alors que je passais d'un coup de coeur à l'autre. Smash, Äkta Människor, 30° i Februari, House of Lies... les semaines se succédaient et il y avait toujours plus de séries qui me rendaient folle de joie. L'écriture de ce post m'a rappelé ces coups de coeur, mais aussi le fait que j'étais loin, en fin d'année, de me trouver dans le même état d'excitation.

Je vous avoue que depuis que j'ai fini Scrubs, l'ambiance est morose de ce côté-ci de l'écran.
J'ai lancé le marathon Jack & Bobby que j'attendais de démarrer depuis près de trois ans, et je ne le regrette pas, je m'envoie un épisode de Drop Dead Gorgeous à l'occasion en me disant que de toute façon ça ira vite, mais clairement on n'est pas dans le coup de coeur. Ce sont "juste" deux bonnes séries que je suis contente de regarder, et en théorie c'est déjà génial ; on est loin d'une période de creux pendant laquelle rien ne m'intéresserait. Mais rien non plus ne m'incite à la boulimie d'épisodes. Rien ne fait battre mon coeur. Quand je suis au boulot ou en train de faire des courses, je ne me dis pas que j'ai hâte de me faire un nouvel épisode ce soir de Jack & Bobby ou Drop Dead Gorgeous, ou quoi que ce soit d'autre...
Le pire c'est que j'ai mis en pause la plupart de mes autres visionnages, quelque part pendant le visionnage de l'intégrale de Scrubs, et que je n'en ai pas vraiment repris à ce jour alors que j'ai fini Scrubs à la mi-décembre environ. J'ai des épisodes de retard sur à peu près tout, et pas envie de m'y remettre. Généralement, ce n'est pas grave : ça m'arrive souvent de faire une ou deux semaines de pause le temps de finir un truc qui me captive plus, puis de reprendre. Dans mon fonctionnement, il y a toujours une part de séries à suivre hebdomadairement mais irrégulièrement, et d'autres à regarder d'une traite, en intégrale marathonienne, et ça finit par se rééquilibrer. Sauf que là, ça vient pas.

Ce n'est pas que je n'ai rien envie de regarder non plus. J'ai toujours envie de pilotes (je crois que c'est une constante qui n'est tout simplement jamais mise en compte dans ma façon de regarder les séries !), mais je ne regarde rien qui me donne envie de m'enflammer. Bon, on est entre nous, je peux bien vous le dire : je me soupçonne secrètement, quand je lance le pilote de Lieve Liza ou de Resident, de n'essayer qu'à moitié. Je me mets en colère contre ces séries, mais est-ce que j'essaye vraiment d'en regarder qui me chavirent ? Pourquoi précisément retenter une comédie médiocre comme How I met your mother maintenant ?
Est-ce que par le plus grand des hasards, je ne persisterais pas à regarder des choses qui ne peuvent se comparer à Scrubs ?

Il est fréquent qu'un marathon qui m'a vraiment électrisée me laisse un peu vidée, qu'il me faille un peu de temps pour me remettre en train. Ca n'a rien d'étonnant, surtout vu la rapidité à laquelle je m'enfile certaines intégrales. Dans le cas de Scrubs, faisons le calcul... 182 épisodes en un peu plus d'un mois ? Clairement, il y a un effet de manque qui est à attendre après un tel visionnage. Et ça m'est tellement arrivé que je considère que c'est la routine.
Je pensais d'ailleurs avoir dépassé cette phase de manque au bout de 2 visionnages du final de la saison 8, après avoir abondamment pleuré en chantant "Book of Love" plus que de raison (c'était un bien lamentable spectacle, d'ailleurs !). Au bout d'une semaine à dix jours, j'avais estimé que la page était tournée.

Vraisemblablement elle ne l'est pas. Et quand j'y regarde de plus près, je vois qu'il y a des détails qui ne mentent pas.
La page Scrubs n'est pas tournée, parce que les DVD de Scrubs sont encore sur ma table de chevet et je n'ai pas le coeur à les ranger dans la telephage-o-thèque, parce que le dernier DVD de la saison 8 est d'ailleurs encore dans le lecteur DVD portable de ma chambre, et parce que les extraits de Scrubs que je me suis mis sur mon smartphone n'en ont pas été effacés (alors que d'ordinaire, le roulement sur mon portable est rapide et régulier en matière d'extraits).

A la réflexion, l'état dans lequel je suis me rappelle celui qui est le mien après l'annulation d'une série que j'aime énormément. Je n'ai goût à rien d'autre, mais il me faut accepter qu'elle est annulée. Et ça me rend toute chafouine pendant un bout de temps, en général... je veux dire, je vous ai quand même bien parlé de Partners ces dernières semaines, par exemple.
Dans le fond, il est possible pourtant qu'il s'agisse du même symptôme. J'ai réalisé, un peu tard, que j'étais très éprise de Scrubs... et je vis en fait son annulation là, à retardement, mais douloureusement quand même.

ScrubsGoodOldDays

Il n'y a rien de pire que de découvrir qu'on a un coup de coeur pour une série dont on ne verra plus jamais un inédit.

Posté par ladyteruki à 23:42 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

31-12-12

Remix

Des bilans de saison, j'en ai posté quelques uns ces derniers temps, mais je voulais vous en proposer un autre, plus complet, en l'honneur de cette fin d'année. Voici donc ma review... de mon année 2012.

Si vous voulez la version courte, disons que le pilote de 2012 avait commencé sur les chapeaux de roue. Plein de personnages fascinants et attachants se sont vite distingués, tels que Smash, Äkta Människor, House of Lies ou encore 30° i Februari, et ont vite pris une place particulière dans mon coeur. Je ne vous cache pas qu'au printemps, l'ambiance était retombée, avec beaucoup moins de coups de coeur, et des séries qui progressivement s'éteignaient, nombre limité d'épisodes oblige. Narrativement, 2012 a connu un méchant coup de mou pendant l'été, d'abord parce qu'il n'y avait pas grand'chose à se mettre sous la dent, mais aussi à cause d'une rupture brutale d'internet ; je me suis alors retrouvée avec pas mal de rediffs sur les bras, mais c'était peut-être pas plus mal, comme on va le voir si vous vous sentez de lire la version longue ! Clairement, toute la série 2012 n'aura pas été au niveau de son premier épisode, mais malgré ce rythme très inégal, je suis quand même en mesure de dire que le bilan a été positif.
Bon alors, qu'est-ce qu'on fait, on se lance dans la revue de détail ? Allez, suivez-moi. Mais mettez des chaussures de marche.

Etant donné que la rentrée américaine 2012 aura été l'occasion de lancer un gargantuesque défi avec whisperintherain, et qu'en outre, je sais plus si j'ai pensé à le mentionner, mais il s'avère que j'adore les pilotes, il y a eu dans les parages, cette année, énormément de reviews de pilotes de séries d'absolument tous les horizons.
Evidemment, loin de moi l'idée de vouloir toutes les répertorier, mais voici celles qui, en tous cas à mes yeux, ont été les plus importantes. Pour les (re)lire, il suffit de cliquer sur l'image !

Smash-promoL'un de mes tous premiers, si ce n'est le premier coup de coeur de 2012, aura été Smash. Aucun doute possible à ce sujet, je me suis immédiatement attachée à la série, en dépit des quelques défauts qui étaient éventuellement les siens dés le départ, et qui ont manqué d'être corrigés (empirant même, parfois) pendant le reste de la saison. Le pilote de Smash aura été, sans doute possible, l'un des plus exhaltants, et l'attente entre sa disponibilité et sa diffusion aura qui plus est permis à mon excitation de monter crescendo, un fait suffisamment rare pour être noté vu ma personnalité un rien volage !

30graderiFebruaryCela en dit long sur mon année téléphagique quand l'une des séries que je considère comme les plus importantes est une série suédoise, regardée en VOSTM, et en quasi-simultané avec la diffusion originale sur SVT. Et, non, je ne parle pas d'Äkta Människor, en dépit de mon attachement pour cette série d'anticipation qui est une vraie réussite, mais de 30° i Februari, qui m'aura sincèrement émue et touchée, et dont je tente comme je peux de faire le deuil de l'absence de sous-titres anglais sur les DVD (ce qui entre nous soit dit est illusoire : je ne m'en remettrai jamais). Et comme quasiment seuls les crime dramas scandinaves ont les honneurs des sorties en DVD dans nos contrées (Äkta Människor étant l'exception qui s'apprête à confirmer la règle), mes espoirs d'un jour pouvoir me faire une intégrale digne de ce nom sont très, très minces. Ce sont les risques du métiers, je suppose. Mais même avec une compréhension imparfaite de la série (fort heureusement, il y a un peu d'anglais de temps à autres, et surtout, elle repose en grande partie sur l'observation de ses personnages), il est juste impossible pour moi de vous citer un défaut de la série, je n'en ai trouvé aucun ! Par voie détournée, ça m'a aussi rappelé combien il est important qu'un jour, même si c'est dans dix ans, je parle un Suédois immaculé qui me permette de me mettre devant ce genre de perles sans ciller (Kommissarie Winter en étant une autre). Oui, il y a d'excellentes séries partout dans le monde, et non, je ne peux pas apprendre toutes les langues de la planète, mais le rêve que je nourrissais, adolescente, d'apprendre le Suédois, n'est que ravivé par ce genre de séries. Un jour...

WoodleyWoodley, c'était un peu la petite perle sous-estimée de mon début d'année, et même si j'ai tenté de partager cette découverte avec quelques proches et que ça s'est avéré être un échec (ma frangine, rei, m'a dit qu'elle avait l'impression de regarder Mr. Bean, et dans sa bouche ça ne sonnait pas bien du tout !), je conserve un souvenir ému de cet épisode inaugural parfaitement réussi, drôle et poétique, et pourtant, profondément triste : tout ce qu'il faut pour me charmer, donc. Souvenir qui n'a d'ailleurs pas matière à en être un, puisque je me suis ruée sur les DVD après avoir vu le final, qui n'a fait que confirmer les impressions du premier épisode...

BuzzAldrin-TitleLa première review de Buzz Aldrin n'aura, en réalité, pas été celle d'un pilote mais celle des trois premiers épisodes (sur 4). Vous me pardonnerez cette tricherie, mais la série aura tant compté pour moi, se classant aisément parmi les plus marquantes de l'année, que n'en faire aucune mention aurait été criminel. D'ailleurs régulièrement, ...alors que je n'ai cagoulé puis acheté les épisodes qu'au printemps ! Ca en dit long sur l'impact de la série, laquelle a en outre frappé mon imaginaire et stimulé, une fois de plus, mes désirs de Scandinavie. Un jour, ce qui va se passer, c'est que je vais vraiment partir m'installer dans les îles Færoe, et puis c'est tout.

Unite9Dans un automne foisonnant de reviews de pilote (lesquelles sont consultables dans la catégorie Review vers le futur, dédiée à ce qui n'est pas encore diffusé sous nos lattitudes, sinon on ne s'en sort pas), quelques séries ont tiré leur épingle du jeu. La québécoise Unité 9 était de celle-là, confirmant que la télévision québécoise nous en remontre régulièrement, même si, diantre, on le savait déjà et c'était pas forcément la peine de nous mettre le nez dedans. Mais quel panache, quelle excellence dans la façon dont Unité 9 révèle ses personnages à eux-mêmes, et prend le contrepied absolu de tous les clichés sur les séries carcérales, a fortiori féminines (Capadocia, qui s'est éteinte cette année, a des vertus, mais pas celles du réalisme). En offrant un univers et des personnages ancrés dans le réel et l'authentique comme, de vous à moi, seuls les Québécois savent faire (mais après tout, à chacun ses points forts), la série s'est taillée la part du lion à la fois dans mon coeur, et dans les audiences de son pays natal. Et je dis que c'est amplement mérité !

SoumatouKabushikigaishaAprès un premier semestre assez peu dédié aux séries asiatiques (il y a bien eu Cleopatra na Onnatachi, mais la baudruche s'est très vite dégonflée, d'ailleurs je voulais initialement en faire un post de bilan pour étudier l'anatomie de cet échec, mais je n'en ai pas trouvé le courage), sans vraie grande raison pour tout vous avouer, je me suis reprise en main à l'automne, en revenant à la fois sur les pilotes de la saison qui a commencé début octobre, mais aussi sur quelques autres séries, soit achetées en DVD, soit tout simplement exhumées de mes archives des mois précédents. Soumatou Kabushikigaisha a certainement été l'un des plus impressionnants, avec sa formule intelligente, sa narration impeccable, et son excellente réalisation. Mon Dieu, rien que d'y penser, j'en ai des frissons !

OsozakinoHimawari-580

Dans un autre registre, et toujours chez nos amis nippons, Osozaki no Himawari est une chronique plus humaine, mais qui m'a touchée... écoutez, c'est bien simple, comme l'avait fait Buzz Aldrin. Il y avait donc du niveau. Sauf que seuls les Japonais sont capables de fournir en un temps record une série profondément ancrée dans l'air du temps et en même temps, délictatement subtile et humaine ; rien que pour ça, mon amour pour les séries nippones est indestructible, parce que quoi qu'il arrive, il se trouve toujours une série pour vous réduire le coeur en bouillie. Pour des raisons essentiellement techniques, je n'ai pas fini la saison, mais nul doute que quand je lui aurai fait un sort, ça va se finir en post de bilan !

2012 n'a pas été qu'inédits, loin de là, et j'ai tenté mon lot de rediffusions, de fouilles archéologiques et/ou de re-visionnages, comme chaque année. Cela fait partie de mes petits plaisirs, il faut l'admettre, que de tenter des pilotes plus anciens, les séries achevées voire oubliées, ou même de me recoller devant un pilote déjà regardé par le passé, juste pour le plaisir de vérifier si j'en pense la même chose ! Il y a aussi eu, comme toujours avec moi, des petites "phases" assez sympathiques, aussi, comme la semaine russe, le moment où je me suis intéressée aux séries d'espionnage (de Covert Affairs à Spy, en passant par Spooks et Get Smart ; hélas je n'ai jamais réussi à cagouler le pilote de I, Spy et du coup ça m'a coupée dans mon élan), je me suis bien amusée à butiner des pilotes selon des thèmes ou des destinations originaux, en tous cas pour moi puisque jusque là, j'avais vu très peu de séries d'espionnage par exemple. Et en plus de tout ça, un peu de lecture et de cinéma... voire les deux en même temps ! Franchement, on s'est pas ennuyés.
Comment tout ça a tenu en une seule année ?!

En dépit de ma réputation, qui je le reconnais est méritée, de pilotovore... eh bien, en y réfléchissant, j'ai cependant réalisé que j'avais regardé énormément de saisons complètes et d'intégrales cette année. Mais qui a vraiment besoin de dormir plus de 4 heures par jour, hein, qui ?

Carnivale-PromoRegardée dans le cadre de ce bon vieux SeriesLive Show, l'intégrale de Carnivàle n'aura pas été un marathon de tout repos. D'abord, parce que la série est très exigeante, impliquant une concentration de chaque instant alors que l'ambiance a aisément de quoi vriller les nerfs (ça n'aide pas que je sois une petite nature). Mais aussi parce que la seconde saison aura été épouvantablement longue. J'ai rarement éprouvé de telles difficultés à finir un marathon, mais il n'en reste pas moins que Carnivàle est une excellente série dont on parle trop peu... au moins la première saison. Je suis contente de l'avoir vue, tout comme je suis soulagée d'en être venue à bout ; j'espère bien ne plus jamais vivre ça.

NoWonderWhytheWonderfallsC'était l'un de mes objectifs du mois de mars : me refaire la première et unique saison de Wonderfalls ; après un visionnage du pilote couronné de succès, l'intégrale est passée comme une lettre à la poste en une semaine ! L'univers de Fuller est toujours un ravissement sans pareil pour moi, je ne m'en lasse pas... et pourtant, cette intégrale a été l'occasion de (re)découvrir des défauts de la série qui m'avaient échappé avec le temps. Il y a une raison pour laquelle Wonderfalls n'a eu qu'une saison, même si elle aurait probablement été capable de s'améliorer avec le temps (on ne le saura jamais), que la diffusion chaotique d'origine n'a probablement pas aidées. Mais Wonderfalls reste une vraie petite merveille pleine de tendresse, de bonnes idées et de bons sujets, même parfois traités de façon brouillonne, et elle constitue en outre une pierre angulaire du Fullerverse, tant elle cristallise de choses sur son créateur.

Apparences-TitleLe Québec a connu une très bonne année sur ce blog, il faut bien le dire. L'année avait commencé sur les chapeaux de roues avec Apparences, un thriller familial du meilleur goût, captivant, intelligent, formidablement bien filmé et interprété... Si on ferme les yeux et qu'on arrive à mettre de côté l'accent, on a presque l'impression d'assister à ce qu'une excellente série française pourrait être ! Ca fait rêver, non ?

Cloudstreet-MonologueDiffusée en 2011, Cloudstreet était déjà devenue une sorte de monstre sacré à mes yeux. Mais la première fois, je n'avais pas osé m'atteler à une review. C'est au moment d'un revisionnage qui m'avait laissée sur les genoux, dans le plus excellent sens du terme, que j'ai finalement remonté mes manches et tenté de lui rendre justice. Inutile de préciser que la tâche est surhumaine, et qu'en-dehors d'un visionnage, il n'existe aucun moyen de célébrer convenablement le génie et la beauté de Cloudstreet. Ecrire sur Cloudstreet est une tâche ingrate, mais il faut que quelqu'un s'en charge, parce que vous laisser passer à côté serait criminel de ma part. Et d'ailleurs rien que d'en parler, j'ai envie de me re-faire une intégrale. Ah, si je m'écoutais...

FamousinaSmallTownUne brutale rupture de connexion internet m'a poussée à me tourner vers mes DVD de Gilmore Girls cet été, dans un de ces marathons impromptus qui semblent avoir jalonné l'année (et qui d'ailleurs m'a poussée à achever d'acquérir tous les coffrets). La surprise de cette intégrale aura été de découvrir que, si lorsque j'avais découvert la série, j'avais adoré Lorelai, avec les années, je suis dorénavant bien plus portée vers Rory (les questionnements amoureux de sa mère ayant fini de m'insupporter vers la fin, allergie à la romance aidant). C'était intéressant de découvrir que mon point de vue avait changé sur mon "personnage préféré", alors que j'ai toujours la même tendresse pour la série, laquelle est parvenue, avec une efficacité rare, à aborder des sujets familiaux sans jamais tomber dans l'excès de chamallow (sauf lors des soirées Charlie et la Chocolaterie, évidemment). C'est ça, une série qui vieillit bien, une série qu'on continue d'aimer même si les raisons pour le faire changent...

TheStarterWife-Promo

Aurais-je regardé les DVD de The Starter Wife sans le visionnage de Smash ? Et plus encore, aurais-je seulement eu l'idée de jeter un oeil au prix des coffrets ? C'est à cela qu'on voit que Smash a décidément été importante cette année... The Starter Wife, idéale pour l'été, aura été un petit marathon sans prise de tête, valant principalement pour la présence lumineuse de Debra Messing et la mini-série, la saison qui suit étant à oublier totalement. D'ailleurs, pouf, à partir de demain, la saison 1 de The Starter Wife, on n'en parle plus jamais, jamais, jamais !

ItsDangeroustogoalone-1

C'était l'un de mes derniers marathons de l'année (avec Jack & Bobby qui se concluera l'an prochain). Scrubs, que je n'avais jusque là jamais vue en intégralité, m'aura bouleversée. Et m'aura aussi rappelé combien les intégrales sont importantes pour avoir une vision à la fois large et détaillée d'une série, car tant de choses nous échappent lors d'un visionnage hebdomadaire ou, pire, ponctuel... Si je devais parler d'un coup de coeur de la fin de l'année, Scrubs serait probablement celui-là, avec ses pitreries, certes, mais aussi et surtout son constant soucis d'innover, du moins si l'on exclut la dernière saison pour ABC, et son sens aiguisé de la narration, retournées régulièrement comme une crêpe sous les yeux ébahis de votre serviteur. Le final de la saison 8, qu'à des fins de préservation de notre santé mentale collective, nous allons estimer être le series finale, est également l'un des plus réussis et, en dépit du fait que ça fasse 15 jours que je l'ai regardé, il m'arrive encore d'avoir une larme à l'oeil en y pensant... La séparation d'avec Scrubs est vraiment difficile, et même si c'est sur le tard, on peut dire que la série compte vraiment à présent.

Piemarathon-1x01-TitleVous l'aurez peut-être remarqué, 2012 aura aussi été l'occasion d'une tentative de marathon Pushing Daisies, surnommé le Piemarathon, mais les plus observateurs parmi vous auront remarqué que je ne suis pas allée au bout. La raison en est simple : je n'ai jamais vu le dernier épisode de Pushing Daisies (non, jamais), et comme je n'arrivais pas à me décider pour savoir si, cette fois, j'allais le regarder et réellement "laisser partir" la série, j'ai tout simplement fini par abandonner le marathon pendant la saison 2, plutôt que de me retrouver à devoir faire un choix. Dans ma logique tordue (et en réalité totalement dictée par les sentiments, donc illogique), ça a du sens, même si je suis bien consciente que ce soit un peu dérisoire, la série n'en étant pas moins annulée pour autant. Peut-être trouverai-je un jour le courage de finir ce marathon. Ou bien, me connaissant, vais-je regarder le pilote encore plusieurs fois, finir par me lancer dans une nouvelle intégrale de la série, et m'interrompre encore avant la fin ; c'est beaucoup plus mon genre, sachant combien j'ai du mal à admettre la fin de cette série. Etrangement, probablement un peu par associations d'idées même si ce n'est pas la seule raison, c'est aussi pour cela que je n'ai pas [encore] vu Mockingbird Lane...

TheonlyeasydayisyesterdayJ'avais aussi commencé à regarder SPACE 2063, après environ 16 années d'attente pour posséder les DVD (gloire d'ailleurs à ma toute première carte bancaire, elle aura été joyeusement étrennée pendant l'année !), mais j'ai fini surtout par revoir mes épisodes préférés. Une intégrale plus sérieuse et moins émotive sera probablement dans les cartes l'an prochain... et vu que j'ai aucun soucis avec le final de la série, je sens bien arriver les reviews épisode par épisode. Et puis d'ailleurs, regarder SPACE 2063 en 2013, ça prend tout de même une signification toute autre, non ?

Il y a eu beaucoup, beaucoup d'autres séries, évidemment. Il est impossible de toutes les citer, ces intégrales plus ou moins plannifiées (souvent moins que plus, en réalité) qui ont jalonné l'année... D'ailleurs même les tags de Canalblog abdiquent devant le nombre ! New Girl, Revenge, la saison 2 de Downton Abbey (là encore dans la souffrance), la première saison de Srugim (vu que j'ai conscience d'être seule à regarder cela, je ne me suis pas apesantie sur les saisons suivantes), Girl vs. Boy, Outland, la première saison d'Intersexions (en attendant, avec impatience, la suivante...), Sherlock, Call the Midwife, et bien d'autres : autant de saisons et/ou de séries que je me suis enfilées d'un trait, et qui sont autant d'exemples qui me donnent envie de vous dire que 2012 a quand même été une p*tain d'année !
Je vous laisse cliquer sur "Outils de recherche avancés" pour remonter les tags qui vont bien, et en apprendre plus sur ces bilans, si le coeur vous en dit. Il y a quelques temps, Eclair m'avait fait remarquer que je n'écrivais pas beaucoup de bilans de saison ; je pense m'être améliorée depuis !

Et puis, 2012 aura aussi eu des retournements de situation totalement imprévisibles !!! Eh oui, car contre toute attente, j'aurai testé un nombre jusque là inégalé de séries françaises, dans le souci de me réconcilier avec la fameuse "fiction française" (coup de tonnerre, frissons dans l'assemblée, cri d'effroi d'une femme qui s'évanouit, tout ça). Bon, reconnaissons-le, ça n'a pas toujours été chose facile, et il m'est arrivé de me résigner.
Mais entre Le Visiteur du Futur, Kaboul Kitchen, Hénaut Président, Ainsi Soient-Ils, dans le camps des bonnes nouvelles, mais aussi Mafiosa, Clash, Workingirls, du côté des échecs en ce qui me concerne, jamais je n'ai donné leur chance à autant de séries françaises, et je dis tant mieux, car c'est quand même le dernier bastion de mes vieilles habitudes géographiquement sectaires en matière de téléphagie.
Là encore, les tags explosent, alors n'hésitez pas à aller faire votre marché dans les archives (encore une fois en cliquant "Outils de recherche avancés" puis en abusant de la fonction de recherche de votre navigateur).

LesRevenants-PosterJ'aurai même fini sur un absolu d'excellente série française, Les Revenants, dont je m'achète le DVD en janvier (bon, j'ai un peu remis l'achat de quelques jours par rapport à ce que je m'étais promis, mais surtout parce que je me suis quand même déjà bien gâtée en 2012 !!!) et qui est certainement... j'ose à peine le dire... un coup de coeur français ? Ca fait bizarre à écrire, je ne vous le cache pas. J'espère que, vu la mini-polémique qui a suivi sa diffusion, le final (que je n'ai pas encore vu) ne me découragera pas de mon enthousiasme nouveau. L'an prochain, je m'attaque, c'est dit, à Engrenages, avec peut-être une retentative d'Un Village français, j'espère que mon petit nuage ne va pas se transformer en vapeur d'eau...

Mais probablement que ce qui restera comme le temps fort de cette année 2012, c'est l'aspect communautaire ; désormais, ce blog vit une part non-négligeable de son activité... sur Twitter. Entre les réflexions à chaud qui ne méritent pas forcément un post (déjà que j'écris quotidiennement, si en plus je me mettais à écrire sur tout ce que je regarde !) et les échanges autour de sujets de débat, comme ça a été le cas avec nombre d'entre vous au fil des mois, il va sans dire que désormais, Twitter et le blog sont devenus inséparables et complémentaires.
Plus encore, l'année aura été rythmée par des évènements téléphagiques de groupe. C'est une tendance qu'on peut tous observer, mais regarder des séries tout seul n'est tout simplement plus possible de nos jours. Et tant mieux ! D'ailleurs, quand on se sent seul, on ne sait plus comment le gérer, alors que les téléphages de ma génération ont pourtant bien connu ça ; c'était avant l'adsl et les réseaux sociaux, évidemment. Aujourd'hui, non seulement on peut parler de ce qu'on regarde, mais on peut partager les visionnages. Et ça change tout.

OzmarathonAinsi, le désormais fameux Ozmarathon, né à la toute fin 2011 mais dont l'essentiel a en réalité été regardé en 2012, aura jalonné toute l'année. C'est une expérience collective de la EmCrew, avec whisperintherain, LL, Elvr et Aur0re, qui nous demande de développer des trésors d'organisation, mais s'avère toujours payant parce qu'il rend chaque épisode dix fois plus appréciable pour l'avoir lancé au même moment aux quatre coins du pays, et pouvoir en deviser en direct sur Twitter (ou en léger différé pour ceux d'entre nous qui affectionnent le plein écran par-dessus tout). Le Ozmarathon trouvera une conclusion en 2013, et ça me déchire rien que d'y penser. D'ailleurs, c'est pas pour rien que j'écris moins vite mes reviews, ça me pèse d'arriver au bout...

Smash-5678Smash, encore ! Le SmashEnsemble, comme il se surnomme, a réuni des téléphages différents et variés (l'équipe a été un peu plus mouvante que pour le Ozmarathon, parce que certains d'entre nous ont préféré suivre la diffusion en direct quand les autres ont scrupuleusement suivi le Black March). Définition-même de l'expérience sociale réussie et enrichissante, les visionnages collectifs du SmashEnsemble ont permis de décupler l'effet de certaines chansons, de deviser gaiement des intrigues (ou des personnages insupportables, oui Leo, c'est de toi qu'on parle), ou plus simplement de passer 45mn devant un épisode... puis 2h à se remémorer les meilleures scènes ! De toutes les fois où j'ai regardé des séries avec d'autres téléphages sur Twitter, le visionnage de la première saison de Smash compte parmi les plus excitants et amusants. On recommence en saison 2, hein, dites les gars ?

En 2013, un truc que je voudrais essayer de mettre en place, c'est un visionnage similaire à celui du Ozmarathon ou de Smash, mais au lieu d'être sur Twitter au moment de lancer l'épisode simultanément, les participants se rejoindraient sur Skype, par écrit et/ou oral. Nous faisons si rarement l'expérience du ressenti des autres téléphages... Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais dans mon entourage, il n'y a pas de téléphages (même si j'en forme quelques uns en ce moment, et que l'un d'entre eux, à qui j'ai fait regarder Réttur et qui a découvert le pilote de Bron/Broen avec moi, me donne de solides espoirs), et du coup ça m'intéresserait de voir comment chacun vit ses visionnages, à condition bien-sûr d'être entre téléphages qui ne s'auto-censurent pas. Moi par exemple, je sais que j'applaudis quand quelque chose est vraiment, vraiment drôle, ou parfois à la fin d'un numéro musical vraiment réussi ; d'autres jurent probablement comme des charretiers ou poussent des soupirs ou Dieu sait quoi. Les téléphages s'investissent comme nuls autres dans leur visionnage, émotionnellement, et j'aimerais tourner cela en expérience commune ; l'épisode importe peu, je n'ai pas d'idée arrêtée, mais je pense que ce sera amusant et intéressant. J'espère pouvoir organiser ça avec des téléphages de bonne volonté prêts à donner d'eux-mêmes... pour la science !

Alors évidemment, 2012, c'était ça et bien plus encore. Plein de découvertes, de trouvailles, de coups de coeur, d'intégrales, d'achats, de news (d'ailleurs pas d'inquiétude, les world tours reviennent en 2013, même si je me suis un peu laissée distancer par les boulots en cette fin d'année), avec évidemment, ce que cela comporte de coup de blues, d'accès de rage ou de désespoir, parce qu'aucune année n'est parfaite... mais quand on est téléphage, elles sont toujours fascinantes !

Pour finir ce post, je voudrais vous adresser mes meilleurs voeux pour la nouvelle année. Vous avez été des lecteurs formidables (même si les commentaires sont toujours trop rares à mon goût, enfin j'dis ça...), passionnés, intéressants, ouverts et toujours curieux, et il s'avère que, eh bien, c'est comme ça que j'aime les téléphages de mon entourage, voilà tout. Bah ouais, j'vous aime, allez, comme ça c'est dit !
J'espère que votre année télévisuelle a été aussi riche que la mienne, et je vous invite à partager vos temps forts et vos meilleurs souvenirs en commentaires, si le coeur vous en dit... Et surtout, sur-tout, je vous souhaite une excellente année 2013, avec plein de bonnes choses sur votre écran, bien-sûr, mais aussi dans votre vie.

Bon et puis, de toute façon, on se retrouve demain pour un nouveau post quotidien, alors, hein, on ne se perd pas de vue. Ciao 2012 !
PS : ce post a été programmé à l'avance mais il n'en a pas moins été fait avec amour... ne lui en veuillez pas juste parce qu'il est conçu in vitro !

Posté par ladyteruki à 22:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

14-11-12

Un accident est si vite arrivé

Depuis que je jongle entre deux boulots et que je me suis fait la promesse solennelle de continuer à tenir ce blog, regarder des séries est devenu... une nouvelle aventure, paradoxalement.

Permettez que je raconte ma vie téléphagique deux minutes (mais eh, c'est un peu à ça que sert cette rubrique !) : en gros, outre les heures toujours aussi longues à effectuer dans l'ancien job, parfois même plus (une joie de chaque instant chroniquée du côté de ladymnistration), j'ai une "revue téléphagique" hebdomadaire à tenir pour mon nouveau boulot qui consiste à regarder plein de séries, et notamment de pilotes, pour dresser un panorama télévisuel à peu près réaliste des télévisions de la planète, plus quelques missions ponctuelles plus thématiques que je vous épargne (et qui pour le moment ne constituent qu'une part minime du boulot). Bon. Là-dessus il faut ajouter le suivi de l'actualité télé du monde que je faisais déjà, quelques autres petits projets, et ce truc, là, le... mais si, vous savez ? Vie privée, voilà. Notamment parce qu'en ce moment j'ai quelqu'un qui squatte mon canapé. Et je vous épargne mon bouquin hebdomadaire (généralement sur la télévision), la lecture de la presse, etc... J'ai l'impression de me résumer à mon cerveau en ce moment (mais un cerveau qui boit de la Suze pink à 2h du mat avec mon colocataire du moment en matant Ted).

Avec tout ça, il a fallu que je m'impose une certaine rigueur en matière de visionnages. Et on va être clairs, la rigueur téléphagique n'a jamais été mon genre.
Mon genre, c'est regarder tout ce qui me passe par la tête quand j'en ai envie. Si j'ai tout d'un coup envie de m'enfiler 7 saisons de Gilmore Girls comme cet été, je le fais, par exemple. Que j'aie déjà 712 séries en cours n'entre pas une seconde en ligne de compte, même si je les adore. Une fois mon marathon fini, je reprends certaines de ces séries, d'autres attendent encore, et/ou un nouveau coup de coeur intervient parce que je continue de mater des pilotes. Si tout d'un coup je décide que je n'ai vu la première saison de House of Lies que trois fois cette année, et que ça me semble peu, eh bah vogue la galère, on est repartis pour un tour. Deux jours plus tard, à un épisode du final de la saison de House of Lies si ça se trouve, je vais me rappeler que Homeland reprend bientôt et me piquer d'en faire un post To be continued... qui va me pousser, en faisant les captures, à en fait revoir la première saison de la série. Mais patatras, en plein milieu de l'intégrale de Homeland, je me redécouvre une frigale de pilotes et ne vais jamais au bout de mon revisionnage de la saison 1, enchaînant les pilotes de la rentrée US. Là-dessus, la rentrée nippone débarque et ça continue niveau pilotes ; j'en viens même à mettre en pause le suivi de séries comme The Good Wife par exemple. Mais quelques semaines plus tard, en un aprem, c'est rattrapé, alors c'est pas grave. Et ainsi de suite. C'est mon fonctionnement habituel. Ca, c'est bien mon genre.
Et, qu'on soit, mais alors, absolument limpides sur le sujet : je suis tout-à-fait décomplexée vis-à-vis de ça. Même pas honte. Me laisser porter par mes envies, mes humeurs et le sens du vent, ça fait même partie de mon plaisir. Chaque fois que j'ai essayé de me forcer à regarder un truc parce que "bah j'ai commencé c'est trop con" ou "j'ai du retard sur la diffusion US" voire même "c'est pas la quatrième fois que je me fais une intégrale cette année ? j'ai pas mieux à faire de mon temps ?!", je dis bien à chaque fois, ça tourne mal. Soit parce que je finis par en vomir la série, soit tout simplement parce que je la regarde du coin de l'oeil alors que mon cerveau chante en boucle : "99 séries plus intéressantes à regarder, j'en regarderais une à la place de ça, ça ferait 98 séries plus intéressantes à regarder !", un peu comme Patrick Swayze dans Ghost.

Le problème c'est que quand on a quelqu'un qui vous paye pour regarder des pilotes/séries et vous faire un compte-rendu, vous ne pouvez pas prendre votre plus beau clavier et écrire un mail au boss : "cette semaine... rien. J'ai eu envie de revoir le pilote de Threesome et je suis tombée dans une intégrale de la série. L'accident con. Du coup, j'ai rien vu de neuf. Rendez-vous la semaine prochaine pour une revue des pilotes turkmènes du moment. (Peut-être). PJ : mon RIB pour le salaire de la semaine".
J'ai donc fait preuve de sérieux, d'organisation, et de persistance. Je me bloque tel jour de la semaine pour voir x pilotes. Tel autre pour m'enfiler toute une saison d'une série dont je sais que la thématique entre dans les attentes de mon patron en ce moment. Le lendemain c'est une lecture soutenue des dernières news (très contente pour le renouvellement de Redfern Now par exemple, d'ailleurs on parle du pilote très vite). Certains jours je vais jusqu'à manger et dormir. Et ainsi de suite.

Là-dedans, j'ajoute la rédaction des posts pour ce blog. Parce que j'y tiens.
Parce que d'une part, si je ne le fais pas, ça me manque ; déjà. C'est trivial mais c'est comme ça. Ensuite parce que j'aime bien avoir un retour sur les séries que je vois, et croiser les points de vue et les ressentis (oui alors en ce moment les commentaires ne se bousculent pas, certes, mais bon, on va faire comme si, pour les besoins de la démonstration).
J'avais envisagé de réduire la cadence et ne plus poster en quotidienne. Je l'avais envisagé environ pendant dix secondes : la vérité c'est que si j'écris au quotidien, c'est aussi parce que si je ne le fais pas, il y a plein de choses que je n'ai pas le temps d'aborder (en fait, déjà en écrivant tous les jours, je n'ai pas le temps de tout aborder, alors imaginez un peu ; tiens, il faudrait que je vous parle de In Deriva à un moment, la version roumaine de BeTipul et In Treatment, j'ai maté le pilote, c'était une expérience intéressante, d'ailleurs assez destabilisante dés la première séquence). Et ce que je n'ai pas le temps d'aborder eh bien, ce n'est pas documenté dans ces colonnes, ce qui veut dire que c'est assez rarement documenté ailleurs mais si un autre blogueur veut parler du pilote de Suburbia, faut pas qu'il se prive, au contraire ce serait dommage de passer à côté. Et puis, d'une façon générale, ce blog est parfois, aussi littéralement que possible, un blog, au sens où je le traite aussi comme un journal de visionnages, et que dans six mois, un an, je ne pourrai pas lire mes impressions sur un pilote si je ne les écris pas sur le moment. Or ça peut être intéressant de comparer par la suite ; c'est le cas pour The Good Wife, par exemple. Aujourd'hui je ne vois plus ce pilote du tout de la même façon, et j'ai envie de dire que c'est normal, mais me relire est intéressant quand j'aborde un épisode ou un arc de la série dans un post ultérieur.

Alors avec tout ça, le problème c'est que même quand on veut jouer à la professionnelle sérieuse, sous les lunettes et le tailleur violets, il y a encore un coeur de téléphage qui bat.

Scrubs

La semaine dernière, je ne sais plus pourquoi, j'ai soudain repensé à Scrubs. J'ai eu envie de voir le pilote : je me suis dit que ça me détendrait et que j'en avais bien besoin.
Donc j'ai regardé toute la première saison, fidèle à moi-même.
Du coup, j'ai dû batailler encore plus avec mon emploi du temps pour quand même faire mon travail n°1, mon travail n°2, et suivre les séries qui me tiennent à coeur dans la mesure du possible (je suis un peu en retard sur Tu m'aimes-tu?, par exemple), tout en adressant au moins une fois par jour la parole à la personne qui est à la maison en ce moment.
Et du coup j'avais encore plus besoin de me détendre. Et du coup j'ai entamé la saison 2 hier.

C'est un truc qu'on ne vous dit pas forcément, quand vous commencez à être payé à faire ce que vous aimez : les limites entre l'agréable et le désagréable se brouillent un peu. Juste un peu. Pas au point que ce qui est agréable devienne désagréable (au contraire, les jours où on est motivé pour rien, ça aide drôlement à se trouver un truc sympa à regarder malgré tout), pas du tout, je vous rassure.
Il y a un équilibre à trouver, c'est clair, et ce n'est pas en deux semaines qu'il va m'apparaitre comme par magie. Mais je voulais partager ça avec vous quand même. Déjà parce que je pense que ça fait partie de l'expérience : on en a tous rêvé, de réussir à recevoir un (petit) chèque pour regarder des séries, eh bien voilà à quoi ça ressemble aussi, même si d'un autre côté je m'éclate, et je n'arrêterrais de mener cette vie en ce moment pour rien au monde. Et puis aussi parce que j'aime bien partager avec vous, tout simplement. Et ça non plus, je n'arrêterais pour rien au monde, quand bien même en ce moment j'ai très peu de temps pour Twitter où je sais pouvoir retrouver la plupart d'entre vous...

Posté par ladyteruki à 22:50 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]