ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

12-07-13

[DL] Ptzuim Barosh

Aujourd'hui, je vous emmène en terre israélienne, afin de découvrir le générique de Ptzuim Barosh, le thriller qui a remplacé le bide de ce printemps, Hamagefa, sur la chaîne câblée HOT3, dont j'ai eu l'occasion de vous entretenir voilà quelques semaines.
...Et je vous rassure tout de suite si jamais l'ambiance atypique de Hamagefa vous avait refroidi : le changement de ton est radical !

PtzuimBarosh
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

C'est sous l'angle de la confrontation entre deux personnages borderline que HOT vend sa série, et on sent bien justement, dans ce générique, l'opposition entre les deux personnages masculins. Plus floue, déjà, est la présence du personnage féminin, qui n'apparait pas ici comme un enjeu amoureux (ça nous change) mais plus comme garant des quelques rares touches d'espoir, comme un personnage qui n'est pas encore tout-à-fait corrompu...
La musique manque légèrement de subtilité, et c'est mon seul regret ; avec juste un peu plus d'élégance, comme l'ont fait Hatufim ou Nevelot (dont les génériques sont assez similaires par leur côté à la fois plutôt abstrait, et très sombre), on tenait quelque chose de très prenant.

Personnellement, sans sous-titres, j'ai un peu peur d'attaquer un thriller isréalien, donc je n'ai pas vu l'intégralité du premier épisode. Mais la scène d'ouverture du pilote, que j'ai vue avant de parvenir au générique que je vous propose ici, baigne dans exactement la même ambiance obscure, urbaine et violente que le générique. Et pas qu'un peu, en fait. Si bien que ça n'en a été que plus frappant, car rares sont les génériques qui sont à la fois si esthétisés, et si proches de ce que l'épisode en lui-même peut montrer ! Voir le générique de Ptzuim Barosh donne en tous cas une idée assez nette de ce à quoi le spectateur peut s'attendre pour les premières minutes de ce thriller.

Pour le reste, il faudra compter soit sur le zèle du distributeur à l'international, soit sur la réactivité d'une société de production américaine qui s'empressera peut-être d'acheter les droits pour faire un remake...

Posté par ladyteruki à 23:55 - Médicament générique - Permalien [#]

10-05-13

Soyons curieux maintenant, avant qu'il ne soit trop tard

Aujourd'hui, j'avais initialement prévu de vous faire un post sur Hatufim. Ou plutôt à sa gloire. Pour féliciter arte, qui outre les excellentes séries scandinaves qu'elle ne cesse de nous proposer, s'attache à nous rendre curieux sur plein de pays, dont Israël, un formidable pays pour les séries comme j'ai eu l'occasion de vous le dire à peu près 712 fois dans ces colonnes. Mais après avoir lu les retours sur la diffusion d'hier, j'ai décidé de mettre mon post de côté, et d'aborder une autre question que souligne la diffusion de la série.
Et puis, après tout, combien de fois avez-vous déjà lu des articles comparant Hatufim à Homeland cette semaine ? Comme si vous aviez besoin du mien en plus. Mais au pire, je l'avais fait là.

Hatufim-Portraits

Quelles que soient les qualités de Hatufim (et elles sont nombreuses), quel est foncièrement l'intérêt de diffuser une série dont le remake fait déjà tant parler ? La réponse est dans l'objectif qualitatif, pour ne pas dire téléphagique, qui est clairement celui d'arte depuis quelques années : proposer de bonnes séries, à la fois en gardant un oeil sur le monde et les tendances, à la fois en faisant son affaire de son côté sans s'embarrasser de suivre le troupeau. C'est un pari, peut-être pas quotidien, mais disons, trimestriel. Parfois ça marche, comme avec Äkta Människor.
Et parfois, ça donne Hatufim, 496 000 spectateurs hier soir.

Ouch. Oui, ça fait mal. Mais ça ne fait pas simplement mal parce que moins d'un demi-million de Français aura vu les premiers épisodes de cette excellente série. Ce ne fait pas simplement mal parce que "l'invasion" de séries israéliennes n'est pas pour demain après des résultats comme celui-là. Ca fait mal parce que, concrètement, le public des séries d'arte réagit au buzz. Or le buzz de Hatufim ne travaillait pas pour lui, d'abord parce qu'il y en avait très peu (le succès d'Äkta Människor, c'est aussi une campagne démentielle), ensuite parce que tous ceux qui en ont parler, tous, absolument tous, je prends l'absolu pari que vous ne trouverez pas d'exception à cette règle, ont comparé Hatufim à Homeland.
C'est-à-dire qu'on est parti du principe à la base qu'on allait regarder une histoire déjà très familière aux spectateurs, et que le jeu consistait à montrer les différences entre les deux versions, donc à partir du principe que la connaissance de Homeland par les spectateurs était telle que les spectateurs pouvaient en tirer des conclusions. ...On a quasiment fait passer Hatufim pour le remake !
Homeland, qui de surcroît, jusque là, n'a été diffusée en France qu'en crypté par Canal+, et dont le premier épisode a rassemblé sur la chaîne cryptée 1,3 million de spectateurs. Donc une portion de ces spectateurs allait forcément partir du principe que, bon, j'ai déjà vu une fois, ça va. Une autre portion n'a peut-être pas eu vent de la diffusion de Hatufim (c'est-à-dire que Hatufim ne fait pas les gros titres depuis plus d'un an et demi dés qu'on parle de séries, et n'a pas reçu d'Emmy Award). Et puis une portion a aussi décrété que les séries israéliennes, on veut bien être curieux, mais faut pas pousser quand même (j'en ai dans mon entourage... ou plutôt avais, les funérailles sont lundi).

La question de savoir si arte aurait finalement dû ne pas diffuser Hatufim ne se pose pas : c'est un choix éditorial en parfait accord avec l'identité que s'est forgée la chaîne, ces dernières années, dans le domaine des fictions acquises à l'étranger, c'est-à-dire le choix de la qualité et de l'intérêt intrinsèque de l'oeuvre, par opposition à ses chances évidentes de succès commercial. Personne n'a le sens de la prise de risque noble comme arte en matière de séries. Mais il lui faut déployer tout un couteau suisse de promotion pour réussir son pari ; or du point de ce point de vue, Hatufim était poignardée d'avance.

Par-delà le problème de Hatufim (la sortie en DVD fin mai devrait finalement atténuer nos peines ; vous avez de la chance, j'ai pas eu autant de bol avec Kommissarie Winter l'an dernier), la question qui se pose aussi est celle de l'avenir d'une série originale quand son remake nous est parvenu.
Des séries comme Ta Gordin, Rake ou Réttur deviendront obsolètes du jour où leur adaptation (quand elle voit le jour) aura achevé sa première minute sur les écrans américains.

Parce que telle est encore la loi, dans un monde où, ironie du sort, les séries américaines s'inspirent de toujours plus de nationalités différentes : les USA ont toujours le dessus. Au moins commercialement, ce qui est amplement suffisant. arte a beau essayer de nous ouvrir l'esprit à d'autres espaces, d'autres possibilités télévisuelles, pour le moment, USA is the new black.

Il n'est pas suffisant qu'une chaîne comme arte (mais qui d'autre ?) s'aventure sur des terrains comme Hatufim. Il faut qu'elle débroussaille le champs des possibles et déniche elle-même, sans doute en augmentant encore la prise de risques, les perles de demain dont les exécutifs américains s'arracheront les droits quelques mois plus tard. Dégainer par exemple Penoza avec Red Widow qui passe sur les écrans américains (sans même parler de sa réussite ou non outre-Atlantique), ce serait déjà avoir perdu le pari.
Il faut, pour éviter le piège tendu par le parallèle Hatufim/Homeland, qu'arte diffuse sans attendre les Oforia, les Pressa, les SON, les Arven Efter Veronika (bon enfin, non, arte peut attendre la diffusion danoise pour cette dernière, on n'est pas des bêtes). Ou bien qu'elle choisisse des séries quasiment impossibles à adapter, comme Blackstone, Intersexions, Cloudstreet ou 30° i Februari. Il faut prendre une longueur d'avance. Il n'y a pas le choix.

Soyons curieux maintenant.

Posté par ladyteruki à 23:47 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

23-04-13

Les séries sont-elles toujours aussi créatives ?

BlogFestivalSeriesMania
Hier, les festivités de la 4e édition de Séries Mania débutaient avec une table ronde au sujet légèrement polémique : "les séries américaines sont-elles toujours créatives ?". Anne-Sophie Dobetzky (réalisatrice de documentaires), Pierre Langlais (Le Mag Séries), Alexandre Letren (Season One), Dominique Montay (Daily Mars) et Léo Soesanto (Les Inrocks) étaient réunis autour de Thomas Destouches (Allociné) pour répondre à cette épineuse question, et quelques autres.
Voici l'essentiel à retenir sur cette discussion d'un peu plus d'une heure trente.
Note : survolez les illustrations de cet article pour plus de détails sur les exemples évoqués par les intervenants.

- Introduction : c'est quoi la créativité ?


Pour Anne-Sophie Dobetzky, "on ne peut pas toujours révolutionner le genre", mais elle estime qu'il existe des fictions bien produites, donc créatives. Léo Soesanto objecte que la télévision est le genre-même du déjà vu : "on a besoin de choses familières à la TV" ; pour lui, aujourd'hui, la créativité se loge dans la déconstruction et les limites qu'on peut repousser, par exemple dans la représentation du sexe ou de la violence. Cependant, "il ne faut pas confrondre la créativité à tout prix et la qualité", c'est l'originalité et l'intelligence du ton qui font la différence. Alexandre Letren approuve et précise que la créativité ne se loge pas nécessairement dans l'inédit : "ce n'est pas ce qui a été déjà fait, mais comment on le fait". Dominique Montay et Pierre Langlais s'accordent à souligner que la qualité n'est pas forcément synonyme de créativité : "ne pas confondre créativité, originalité à tout prix et qualité de ce qu'on nous propose !". Au contraire, "Plus les concepts de séries sont précis, tel que le high concept, plus il est difficile d'être créatif à l'intérieur de celui-ci".

   

- Etat des lieux de la créativité américaine - les networks

Tout le monde autour de la table ronde s'accorde à dire que les cinq grandes chaînes américaines (ABC, CBS, Fox, NBC et The CW) ne sont pas dans une recherche active de l'innovation. Pour Dominique Montay, "les networks se rassurent", comme le font les grands studios de cinéma, en déclinant des recettes dont ils pensent tirer un succès facile et immédiat. Léo Soesanto précise que les networks sont dans le suivisme, et suivent des modes nées sur le câble. C'est le marche-ou-crève qui règne selon Alexandre Letren : "on cherche des formules efficaces tout de suite". Pierre Langlais avance qu'un peu plus de latitude est peut-être accordée aux comédies. Un sondage lancé par Allociné a demandé quelles étaient les séries les plus créatives ; sont mentionnées Community, Fringe, Lost, Last Resort ou encore Chuck : des séries qui, en grande majorité, n'ont justement pas trouvé leur audience, ou ont échappé plusieurs fois à l'annulation.

   

- Etat des lieux de la créativité américaine - le câble

Tout le monde s'accorde sur une chose : le câble va plus loin. Mais pour Dominique Montay, même le câble américain ne prend pas de risque dans ce qu'il montre, il s'adapte. Pierre Langlais précise que le câble a la quasi-exclusivité du feuilletonnant, délaissé par les séries de network, le format feuilletonnant étant un rempart ; Alexandre Letren acquiesce : "si le feuilletonnant n'est pas le seul critère de la créativité, c'est la raison d'être des séries", et ajoute que le câble s'empare de sujets complexes. Pierre Langlais poursuit : c'est aussi là qu'on trouve non pas seulement de la violence ou du sexe, mais aussi simplement des concepts dérangeants, comme le font plus volontiers les séries britanniques. Anne-Sophie Dobetzky objecte que le câble ne doit pas non plus se lancer dans une course au "trash", il faut raconter, pas simplement choquer. "Le câble US est devenu le refuge des genres dédaignés au cinéma, du musical au péplum en passant par le gore", explique Léo Soesanto, mentionnant plusieurs séries de genre qui y ont trouvé le succès, comme Game of Thrones.

   

- Le "syndrome de la photocopie" est-il incompatible avec l'ambition ?

Le "syndrome de la photocopie" (un terme de Thomas Destouches) regroupe toutes sortes de cas dans lesquels les séries ne sont pas basées sur une idée originale. Il en existe plusieurs types, chacun ayant ses spécificités...

...Le remake

Ce sont souvent des séries nées à l'étranger, et reprises aux USA, car leur version d'origine n'y sera jamais diffusée. Pierre Langlais précise que tout l'intérêt est justement de voir comment une histoire sera repris et modifiée. Anne-Sophie Dobetzky évoque le procédé adopté pour reprendre au contraire une vieille série et la remettre au goût du jour : la communication joue notamment un grand rôle, notamment via le transmédia, qui permet aux spectateurs de se réapproprier une série au succès passé. Léo Soesanto précise que ce n'est pas toujours possible : certaines séries appartiennent à une époque et ne peuvent pas en sortir ; beaucoup s'y sont essayées, peu ont réussi à trouver leur public. Mais il faut faire la différence entre une adaptation et un remake, insiste Pierre Langlais ; cependant, dans les deux cas, il est possible de faire quelque chose de réussi.

   

...Le spin-off

Il naît bien souvent d'un personnage qui apparait dans une série, et qui devient le héros de sa propre fiction. Mais cela pose le problème de la qualité : le spin-off peut-il être meilleur que la série qui lui a donné naissance ? Pour les intervenants, cela se juge essentiellement au coup par coup. Léo Soesanto précise que tout dépend du personnage sur lequel repose la série.

   

...Le prequel

Le prequel revient sur la genèse d'une série, et en raconte les origines ; Thomas Destouches précise que les limites sont que, bien-sûr, le spectateur en connaît le dénouement. Mais c'est le cheminement qui a de la valeur, indique Léo Soesanto : "c'est une relecture intéressante, un moyen de revisiter un personnage culte" ; quant à Alexandre Letren, il estime qu'on fait confiance au spectateur pour s'amuser avec la série des références employées.

   

...Le "formatage"

Il s'agit ici de reprendre une recette qui a fait ses preuves, et de la décliner en une nouvelle série. La formule peut même être particulièrement rigide, aussi bien dans la structure de l'épisode lui-même que dans les codes visuels et musicaux, à l'instar de la franchise Law & Order.

   

...L'adaptation

Lorsqu'il existe un matériau d'origine (roman, comic book, etc.), le défi de l'adaptation est à la fois d'utiliser le support initial tout en développant un univers compatible avec les attentes des spectateurs.

   

Le "syndrome de la photocopie" et le monde

...La domination des Etats-Unis

Pourquoi les séries américaines semblent-elles dominer ? Dominique Montay insiste sur les moyens et la présence historique du marché américain dans le panorama ; la quantité de séries permet l'équilibre, ainsi, précise-t'il, parce que les chaînes sont elles aussi nombreuses, et n'hésitent pas à s'adresser à une niche. Pour Anne-Sophie Dobetzky, il faut aussi prendre ne compte les budgets conséquents ; elle mentionne aussi le modèle de fabrication lui-même, notamment le "pool d'auteurs", repris par d'autres pays. Sur une note moins technique, Alexandre Letren s'exclame : "les séries, ils aiment les faire, tout simplement !", et compare avec la France, où l'on estime que la télévision est un art mineur. La situation américaine tend un miroir aux télévisions européennes : Pierre Langlais précise que le nombre d'épisodes inférieur des britanniques, par exemple, ne tente pas les chaînes françaises, ce qui explique que les séries d'outre-Manche investissent moins les écrans français. Alexandre Letren conclut que les Etats-Unis ont su donner au monde l'illusion d'une universalité dans leurs séries.

Sur Allociné, un sondage a montré que 63% des internautes estimait que les séries américaines étaient toujours créatives : un bon chiffre ! Encore heureux, explique Pierre Langlais : si on ne le pense pas, il vaut mieux éteindre la télévision. Lorsque Thomas Destouches qui demande si la télévision américaine vit un âge d'or, les intervenants ont du mal à s'entendre. Certes, explique Léo Soesanto, il y a eu de grandes séries récentes comme Lost ou 24 heures chrono, mais elles n'ont pas trouvé leur successeur, sauf à considérer Revolution ou Once Upon a Time qui en reprennent les codes. Pour Dominique Montay, au contraire, tout n'est qu'évolution ; après tout il faut remonter dans les années 80 pour comprendre comment la télévision américaine est parvenue à un âge d'or.

"Ce n'est plus l'âge d'or, c'est l'âge des pépites", tranche Pierre Langlais qui explique que les records absolus d'audiences ne seront plus réitérés, et que désormais, c'est la façon de découvrir les séries qui a changé. A l'origine, "la télévision est la communion d'un public", objecte Léo Soesanto : quand pour un film, on partage l'expérience pendant 1h30 avec une salle, pour une série, on la partage avec des millions de personnes pendant des semaines. Mais désormais, "les contenus innovent moins, mais les contenants évoluent", ajoute-t'il.

   

...Internet renouvelle-t'il la créativité ?

Les webséries sont-elles l'avenir de l'innovation "télévisuelle" ? Léo Soesanto observe que pour le moment, l'innovation n'est pas vraiment au rendez-vous dans les synergies, entre les séries diffusées à la télévision et leur webisodes sur internet. D'un autre côté, l'avantage d'internet, pour Pierre Langlais, est que la websérie permet à des gens qui n'ont pas de moyens ou de réseau d'exposer leur travail.

...La créativité en France

Dans l'Hexagone, les intervenants sont plutôt d'accord : ce sont Canal+ et arte qui proposent des séries les plus créatives ; Léo Soesanto précise que Canal+ a calqué son modèle sur celui des chaînes du câble US, et que le budget est plus conséquent que sur les autres chaînes françaises. Alexandre Letren souligne qu'OCS est une chaîne à surveiller, mentionnant des séries telles que Lazy Company ou QI, et quelques projets à venir intéressants ; il ne faut pas oublier non plus France 3 avec Un Village français. Il souligne aussi que la mission du service public ne devrait pas être, contrairement à ce qui peut être dit, de contenter tout le monde ; l'exemple de la BBC au Royaume-Uni le démontre bien. Pierre Langlais déplore que TF1, qui en aurait pourtant les moyens comme l'impact auprès du public, n'affiche ni ambition, ni ligne éditoriale claire dans le domaine des séries.

   

...Et ailleurs ? L'exemple de la Scandinavie

L'innovation à la scandinave ? Dominique Montay relativise : le sujet de ces séries n'est pas toujours original, c'est en revanche tout le traitement qui fait la différence. Ces séries reprennent des codes qui ne sont pas révolutionnaires, complète Pierre Langlais, en revanche, les auteurs y ont une grande liberté de ton. On s'y appuie sur un savoir-faire issu du cinéma, explique Léo Soesanto, et on exploite les spécificités locales. Pierre Langlais conclut que ces séries sont excitantes pour le spectateur français, elles ont une forme d'exotisme, nous font voir des choses différentes... et on regarde bien les séries pour ça !
Et la prochaine vague de séries étrangères ? Pourquoi pas en Espagne, par exemple, suggère Léo Soesanto.

...Evidemment, il s'est dit bien d'autres choses ! Mais vous avez là l'essentiel des discussions. Sachez que, si vous avez manqué cette table-ronde, ou si vous souhaitez simplement la revoir, Allociné mettra en ligne sur son site une version montée de sa captation ce vendredi 26 avril.

Posté par ladyteruki à 12:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

07-10-12

lady's world tour - Escale n°17

-- World Tour --

Pas facile tous les jours de trouver de quoi alimenter ce blog, je vous le dis. Des fois, il ne se passe tout simplement rien dont on puisse parler ! Pas une news, pas un pilote, et ne parlons même pas des projets, R.A.S. ! Comment voulez-vous écrire des world tours dans ces conditions ? C'est une torture.
Mais comme je vous aime bien, je me suis forcée un peu.

Skwizas

- AFRIQUE DU SUD :

* Après deux années d'absence, les petites grand'mères de Skwizas reviennent pour une seconde saison. Dans cette comédie, les héroïnes un peu âgées n'ont plus à s'occuper de leur famille, et peuvent se concentrer sur la façon la plus plaisante de passer leurs journées car pour elles, l'âge est dans la tête. SABC2 a décidé de ramener cette comédie diffusée à l'origine pendant l'été 2010, même si, le temps de développer cette nouvelle salve d'épisodes, il a fallu procéder à quelques changements dans la distribution ; les spectateurs pourront donc constater qu'une mamie qui est partie, et une autre qui accueille sa nièce. La nouvelle saison de Skwizas débarque samedi 14 octobre à 19h.

Rake

- AUSTRALIE :

* C'était la semaine des bonnes nouvelles pour Rake ; outre le projet d'adaptation aux USA, la série était également officiellement renouvelée pour une troisième saison par la chaîne publique ABC1. Une annonce qui ne relève cependant pas de la surprise, puisque l'équipe de la série fondait de solides espoirs en un renouvellement.
* Parfois, même quand une chaîne n'annonce pas clairement ses renouvellements, on peut les deviner : c'est ce qui se passe quand des fonds sont alloués à certaines productions. Chez Film Victoria, on vient d'accepter de subventionner plusieurs séries d'ABC, la plus importante étant probablement la dramédie morbide Laid, qui obtient ainsi une troisième saison. Deux séries obtiennent aussi une seconde saison : la série pour la jeunesse Dead Gorgeous, lancée en 2010, et la comédie twentysomething, qui avait pourtant disparu des radars après sa diffusion à l'automne 2011. D'autres projets de nouveautés d'ABC ont également reçu leur argent de poche : la comédie It's a Date, et les séries The Athletes et Small Boy (dont on suspecte qu'il s'agirait du projet A Better Man de SBS sous un nouveau titre). Comme ces projets n'ont pas encore été annoncés par le groupe public, il faudra attendre un peu avant d'en savoir plus sur les pitches de ces séries.
* Et puis, le développement de la série carcérale Wentworth, pour l'opérateur câble et satellite FOXTEL, s'est poursuivi tout l'hiver, et on sait enfin quels sont les acteurs principaux retenus pour cette version réimaginée de la série culte Prisoner. Seront donc au générique : Danielle Cormack (...actuellement dans Rake), Nicole Da Silva (Rush, East West 101), Celia Ireland (Laid), Catherine McClements (Rush, Brigade des mers), Kate Atkinson (Offspring), Leeanna Walsman (Underbelly: Badness) et une nouvelle dans la profession, Shareena Clanton. Les 10 épisodes de Wentworth doivent apparaitre sur SoHo (le nouveau nom de la chaîne W depuis cet été) en 2013 ; le tournage commence la semaine prochaine à Melbourne et devrait durer 4 mois.
* Et puis, le 16 octobre démarrera The Strange Calls, un projet transmédia de SBS annoncé depuis plusieurs mois, dans lequel une petite ville côtière va être le théâtre d'évènements surnaturels. Les 6 épisodes de la série sont complétés par des webisodes, ainsi que des intrigues complémentaires à suivre sur Facebook et Twitter. Mais dés le 9 octobre, une preview sera accessible sur le site de VOD public iView. On y retrouvera Toby Truslove, héros d'Outland un peu plus tôt cette année.

Flashpoint-DVDAllemand

- CANADA anglophone :

* On n'en parle pas souvent dans ces colonnes, mais Flashpoint est LA série canadienne du moment. Ah ouais, vous ne me croyez pas ? Alors vous croirez peut-être ceci : cette semaine, elle est devenue la première série canadienne depuis 16 ans à remporter la case horaire (ô combien convoirée) du jeudi à 22h. La première. En 16 ans. Dans l'intervalle, seules des séries américaines ont réussi à être leader. Pas mal, non ? La série est en effet regardée par 1,45 million de spectateurs, volant ainsi la vedette à la diffusion d'Elementary sur Global (1,38 million de spectateurs). Ah non mais oui, ok, je vois d'où vient la méprise : quand je disais "LA série du moment", je ne parlais pas forcément de qualité...
* De son côté, Citytv a mis en route la production de Seed, une série qui, si vous suivez les world tours régulièrement, vous rappellera El Donante : il y est question d'un homme qui découvre que sa contribution à une banque du sperme a donné naissance à de nombreux enfants... très nombreux ! Alors qu'il découvre l'existence de ces enfants, il apparait également dans la vie de leurs parents, ce qui n'est pas toujours très bien accueilli. En tout ce sont 13 épisodes qui ont été commandés, et qui mettront en vedette Adam Korson et Carrie-Lynn Neales, des acteurs jusque là abonnés aux rôles aussi captivants que "Hipster #1" dans 2 Broke Girls ou "Test Technician" dans The LA Complex. La diffusion devrait commencer début 2013.

Unite9-Cellules

- CANADA francophone :

* Promis, on ne parlera pas d'Unité 9 à absolument chaque world tour. Enfin on verra. Mais je me devais de vous informer (n'est-ce après tout pas ma mission ?) des audiences épatantes de la série... qui a battu cette semaine son propre record ! Eh oui, ce sont pas moins de 1,38 million de spectateurs qui étaient présents ce mardi pour suivre la série (rappel : ils étaient 1,2 million la semaine précédente). Ca en dit long sur le bouche à oreille positif que rencontre la série. A raison. Et si vous avez besoin d'encore une raison pour vous lancer dans le visionnage d'Unité 9, eh bien ma review du pilote est justement ici. A noter qu'Ève Landry, qui interprète Jeanne dans la série, est actuellement à Cannes dans le cadre du MIPCOM (j'accepte les chèques et les bons au porteur, je suis sûre qu'il est encore temps de trouver une place de train).
* Le scénariste de la série Les Invincibles travaille actuellement sur un nouveau projet original : Saison Deux, c'est son nom, raconte les tribulations de deux auteurs travaillant sur la série imaginaire Les dessous de la justice, et qui, en dépit du succès public rencontré, doivent faire face à des critiques lapidaires dans la presse. Ils décident donc de se mettre en quatre pour que la deuxième saison de leur série mette tout le monde d'accord... Une idée de série originale, dont nous pourrons juger par nous-mêmes à partir du deuxième semestre 2013. En espérant que la série soit bonne, parce que sinon ce serait une fichue ironie.
* On connaissait la petite chaîne qui monte, voilà maintenant le service de VOD qui monte. Netflix n'en finit plus d'étendre ses centres d'intérêt : après l'installation en Scandinavie, maintenant c'est un partenariat avec Radio-Canada qui est mis en place. Les séries La Galère, Les Parent et Les Invincibles, justement, s'ajouteront donc au catalogue de séries de Netflix, et d'autres fictions devraient suivre d'ici la fin de l'année.. La VOD n'est pas un problème pour nombre des fictions québécoises (le catalogue du site tout.tv, par exemple, est en effet très bien fourni), mais Radio-Canada estime qu'il est de son devoir de mettre ses séries à disposition sur le plus grand nombre de supports possibles. J'aime bien leur façon de penser. Au Canada, l'abonnement illimité à Netflix coûte moins de 8 dollars par mois.

Cobre

- CHILI :

* Lundi, une nouvelle nocturna démarrait sur MEGA : Cobre, une série historique située en 1927 et parlant, comme son titre l'indique, de cuivre. Il s'agit en effet des luttes de pouvoir autour d'une mine de cuivre, entre deux frères qui tentent de maintenir l'exploitation et un riche entrepreneur qui cherche à les en déposséder. Malheureusement, le lancement de cette saga n'a pas captivé les foules (bien qu'elle ait obtenu un meilleure score que Solita Camino, dont on parlait la dernière fois). La série est diffusée chaque lundi à 22h30 et il s'avère qu'il y a une bande-annonce ; qu'est-ce que je fais, je vous la montre ?

Graduados-Promo

- COLOMBIE :

* L'une des séries les plus regardées en Argentine en 2012 s'appelle Graduados. Depuis son lancement en mars dernier, la série totalise en moyenne 25% de parts de marché sur Telefe chaque soir de semaine à 22h00. Il s'agit d'une comédie, dans laquelle, 20 ans après avoir quitté le lycée, d'anciens élèves se retrouvent et réalisent qu'ils ont encore des affaires à régler les uns avec les autres ; un concept facile à décliner à l'envi. Pas étonnant dés lors que d'autres pays s'intéressent au format. RCN Colombia et Fox Telecolombia sont les premiers sur le coup, et ont décidé de co-produire une version pour la Colombie. En fait les deux sociétés de production semblent vouloir aller très vite, puisqu'ils en sont déjà à la phase casting...

Forbrydelsen-III

- DANEMARK :

* Sur DR1, la troisième saison de Forbrydelsen se porte... oui, on peut le dire, plutôt bien. Pour le season premiere, pas moins de 1,6 million de Danois étaient réunis devant leur écran, ce qui représente 60% des spectateurs ! Alors ouais, franchement, on se plaint pas. Profitez-en tant que ça dure : cette saison est la dernière. Fort heureusement, l'attente ne devrait pas être trop longue puisque BBC4 diffusera cette saison dés le mois de novembre (je ne suis pas sûre qu'une diffusion d'une saison scandinave à la télévision britannique ait déjà été aussi rapide, d'ailleurs...).

GranHotel-DowntonHotel

- ESPAGNE :

* Gran Hotel faisait son retour mercredi sur Antena 3... avec un petit coup de mou par rapport à la saison précédente. Seulement 2,82 millions de spectateurs ont suivi le season premiere, alors qu'ils étaient 3,44 millions en décembre dernier, lorsque la première saison s'était achevée. Mais n'allez pas mettre cette baisse de régime sur le compte d'un désamour, du moins pas nécessairement : c'est aussi un peu la faute d'Antena 3 qui, pensant tenir une série très populaire, avait placé la série face à... la version espagnole de The Voice. Ah oui, brillante idée, vraiment.
* Et puis notre feuilleton "la grosse panique de TVE" continue, alors que la chaîne publique est obligée d'envisager des licenciements afin de se maintenir à flots. Ce sont 70 exécutifs de la chaîne qui vont donc devoir quitter la chaîne, laquelle a pour objectif de se séparer de 28% de sa direction afin de pouvoir faire des économies.

LOnoreeIlRispetto

- ITALIE :

* La troisième saison de la série L'Onore et il Rispetto s'est achevée sur Canal 5 ce mardi soir sur un record : 6,6 millions de spectateurs ont regardé le 6e et dernier épisode de la saison ! Mais même si les saisons de L'Onore et il Rispetto (une saga qui se déroule dans les années 50) sont courtes, pas d'inquiétude : la saison 4 est déjà en production.

rté

- IRLANDE :

* ...mais pas que. rté, BBC Northern Ireland et BBC Scotland lancent en effet un appel à projets pour des sociétés de production indépendantes, afin de mettre en développement des séries pouvant intéresser à la fois l'Irlande, l'Irlande du Nord et l'Ecosse. Une somme substencielle sera également allouée au projet retenu à l'issue de cette initiative. Les programmes soumis à cette appel à projets devront "refléter les liens" entre les différentes zones géographiques concernées. C'est le tout nouvel outil d'e-commissioning de rté qui accueillera tous les projets, pour lesquels la date butoir du 9 novembre est fixée.

TennoHakobune

- JAPON :

* Et un nouveau dorama pour WOWOW, un ! Après un passage par le thriller avec Double Face cet automne, la chaîne câblée revient aux drames sociaux avec Ten no Hakobune, une série qui se déroule dans le monde de l'aide humanitaire internationale et dont le tournage est actuellement en cours dans les Philippines. Nanami (incarnée par Miki Mizuno, déjà vue dans Soratobu Tire), une jeune femme qui s'est engagée pour intervenir après un tremblement de terre, va ainsi découvrir un monde où les dessous de table, le détournement d'argent et les manoeuvres politiques empêchent les aides de parvenir correctement aux populations dans le besoin. C'est Taeko Asano (Last Friends) qui est responsable du scénario de cette série dans laquelle l'argent, mais aussi le sexe, deviendront des enjeux... On pourra la découvrir à partir du 9 décembre sur WOWOW.

Hellfjord

- NORVEGE :

* Ah bah alors ça, ça fait plaisir ! Alors que la nouveauté de NRK, Hellfjord, était initialement annoncée plutôt pour novembre, devinez quoi ? Elle débarque finalement dés ce mardi 9 octobre sur la chaîne publique ! Il est possible que l'un des facteurs ayant participé à cette hâte soit la projection de la série à l'occasion du Fantastic Fest fin septembre, à Austin (Texas), où la série a apparemment rencontré un vif enthousiasme et d'excellentes critiques. Hellfjord, vous le savez, se réclame de l'héritage de Twin Peaks et met en scène un policier venu de la ville, d'origine pakistanaise qui plus est, se retrouve brutalement muté dans une petite ville de province un peu bizarre qui cache un secret... Au total, 7 épisodes sont prévus, et j'espère qu'on pourra mettre la main dessus !

Ned2

- PAYS-BAS :

* Ned2 se prépare à diffuser en janvier une nouvelle série, Het Imperium, dans laquelle, pour une fois, au lieu des meurtres et d'autres crimes de sang, on suivra des affaires relatives aux criminels en cols blancs et leurs fraudes. La série s'intéressera à deux hommes, Ger van Woerkom et Theo Frijn, qui ont lancé une affaire dans l'immobilier en 1995, et qui ont depuis engrangé des millions... mais en 2007, ils sont arrêté pour fraude à hauteur de plusieurs millions d'euros... Het Imperium suivra donc leur procès en se basant sur le roman De Vastgoedfraude, de Marc et Roeland Linssen ; d'ailleurs, si Het Imperium rencontre le succès, d'autres de leurs ouvrages pourraient être adaptés à l'avenir. La mini-série en 4 épisodes est prévue pour janvier prochain.

MiAmorElWachiman

- PEROU :

* La chaîne péruvienne ATV a lancé cette semaine une nouvelle série, intitulée Mi amor, el wachimán. Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas d'une telenovela mais d'une mini-série, bien qu'il y soit question d'une romance entre une jeune femme d'un quartier huppé et le gardien qui fait des rondes dans ledit quartier huppé afin de gagner sa vie. Lancée à 21h ce lundi 1er octobre, la série a immédiatement pris la tête de sa tranche horaire. Ce qui fait un peu de peine quand on voit à quoi elle ressemble...

Magdalena

- PHILIPPINES :

* Dans les Philippines, il y a une communauté non-négligeable de musulmans. Alors, au vu des évènements qui ont secoué cette communauté à travers le monde, ces dernières semaines, GMA-7 a décidé de ne pas lancer sa nouvelle série Haram (qui signifie "interdit"), qui devait parler d'une romance entre une jeune musulmane et un soldat catholique. La chaîne se réserve la possibilité de tout de même diffuser la série plus tard, mais préfère éviter la polémique actuellement.
* La chaîne GMA 7 tient pourtant l'une de ses line-up les plus puissantes depuis longtemps. Le 8 octobre prochain, elle lancera Magdalena, une nouvelle série qui rejoint un block appelé "Afternoon Prime", qui capitalise généralement d'excellentes audiences. Magdalena raconte l'histoire d'une jeune femme, Lena, qui doit travailler pour soutenir financièrement sa famille, mais dont la beauté est aussi sa pire ennemie, et sa naïveté se retournera contre elle lorsqu'elle sera contrainte de devenir escort girl. La série rejoint donc ce block de fin d'après-midi, où se trouvent déjà Sana Ay Ikaw Na Nga depuis le mois dernier (l'histoire d'une jeune fille qui reçoit de l'acide au visage et qui, défigurée, perd l'homme qu'elle aimait), et  sera rejointe à la fin du mois par Yesterday's Bride (ou quand une jeune future mariée perd la mémoire dans un accident de voiture et ne reconnait pas son promis). Cette programmation surpuissante devrait une fois de plus permettre à GMA 7 de trouver le succès, aussi pas étonnant qu'elle fasse une promo soutenue de ce trio de choc :

* Et puis, demain également, mais dans une autre tranche horaire, GMA 7 décidément très en forme lancera une version philippine de la série sud-coréenne Coffee Prince 1 Ho Jeom, tout simplement sous le titre de Coffee Prince. De nombreuses séries coréennes sont diffusées chaque année aux Philippines, mais assez peu obtiennent une adaptation ; cela faisait depuis 2008 que GMA 7 planchait sur le sujet !

Hatufim

- RUSSIE :

* Tout le monde regarde les Emmy Awards, et la meilleure preuve, c'est que la société de production russe Weit Media a acheté les droits de Hatufim afin d'en produire une version locale pour une chaîne qui reste pour le moment à annoncer. Plusieurs chaînes de par le monde ont acheté les droits de Hatufim (dont arte en France), mais il n'y avait pour le moment qu'une adaptation aux USA. 
* Et puis sur Perviy Kanal, c'est un autre remake qui se prépare :celui de la série espagnole Los mysterios de Laura. Le tournage a commencé pour cette nouvelle série d'enquêtes, qui devrait apparaitre sur la chaîne publique début 2013.

Portkod

- SUEDE :

* En cette rentrée, SVT proposera Portkod 1321, en photo ci-dessus, une websérie de 10 épisodes qui s'intéresse à deux adolescentes qui sont forcées de cohabiter le temps d'un été alors que leurs parents, tombés follement amoureux, sont partis en voyage de noces. Si au début elles se regardent en chiens de faïence, elles vont finir par vivre côte à côte les tourments de leur été... La série commence le 16 octobre sur SVT Play, et le trailer est plutôt engageant...
* Et puis ce soir, la comédie Solsidan revient sur les écrans suédois. La saison 3 débarque à 21h alors que les saisons 4 et 5 sont déjà dans les tuyaux. Bah oui : TV4 avait commandé 3 saisons d'un coup l'an dernier. Nan mais comme ça c'est fait et on en parle plus, quoi.

MujeresAsesinas

- USA qui a bon goût :

* Au chapitre des remakes de séries étrangères actuellement en développement, on compte donc les australiennes Rake (si vous avez suivi) et The Slap, mais aussi l'argentine Mujeres Asesinas (déjà adaptée dans plusieurs pays d'Amérique latine ainsi qu'en Italie).

DoctorWho
- DIVERS :

* Les coproductions internationales sont de plus en plus fréquentes, mais jusqu'ici, il y a généralement eu des "familles" de pays qui collaborent régulièrement ensemble : des pays d'Amérique du Sud, par exemple, ou d'Europe (ou encore l'Allemagne et l'Australie, sur des séries pour la jeunesse) ; qui plus est, c'était plus souvent le fait d'un accord entre sociétés de production qu'autre chpse. Eh bien apparemment, les choses vont encore un peu évoluer puisque les Gouvernements du Brésil et du Royaume-Uni ont signé un traité de co-production, permettant au fruit de futures collaborations de trouver un écho dans les deux pays. Les productions bénéficiant de ce pacte auront ainsi droit à des réductions d'impôt au Brésil, ou des subventions au Royaume-Uni, pour vu de répondre aux critères de cet accord. Au total, 18 millions de livres sont ainsi allouées sur une année à l'aide financière qui sera offerte aux productions tombant sous cet accord. Je n'ai pas trouvé les détails des conditions à remplir pour pouvoir empocher ce royal butin, mais c'est suffisamment alléchant pour qu'on entende rapidement parler d'une production sautant sur cette belle occasion, et on en saura alors certainement plus !
* Et puis les Australiens, un peu jaloux des épisodes de la série qui se sont déroulés aux USA ces derniers temps, ont décidé de lancer une campagne afin de faire venir la production de Doctor Who dans leur pays. Rappelons que l'Australie est particulièrement férue de la série, et que les spectateurs peuvent suivre la série dans les heures qui suivent sa diffusion au Royaume-Uni (voir le lien au bas de ce post). Pour ceux qui ont envie de jeter un oeil ou même mettre la main à la pâte, la pétition est ici.

Pour finir, ah, génial, parfait, formidable, je vais être obligée de reprendre Moone Boy : la délicieuse Amy Huberman rejoint en effet la deuxième saison de la série de Chris O'Dowd. 'Zavez qu'à voir, je savais même pas que la série avait été renouvelée.


C'est tout pour aujourd'hui mais je compte sur vous, comme pour chaque world tour, afin que vous me disiez ce qui vous a le plus intéressés. Et veuillez m'excuser, ça fait deux/trois semaines que j'ai pas mis le Pilot Watch à jour, mais je m'y attèle très prochainement... vous me pardonnez ?

Posté par ladyteruki à 19:28 - Love Actuality - Permalien [#]

22-09-12

[DL] Ta Gordin

Israël semble avoir le vent en poupe aux USA. Jusque là, peu de projets de remakes US avaient réussi à faire séduire un large public (In Treatment est resté assez confidentiel, The Ex-List et Traffic Light ont été de cuisants échecs...), mais grâce à Homeland, et son buzz retentissant, les lignes sont en train de bouger. D'abord c'est Hatufim qui en a profité, obtenant même une commercialisation en DVD puis une diffusion en Grande-Bretagne ; désormais les vannes sont ouvertes pour plein d'adaptations.

Les Américains choisissent peut-être un peu mieux les projets à adapter, aussi : sont dans les tuyaux des versions américaines pour Asfur, Timrot Ashan (ça fait un bout de temps, mais pendant un moment on n'en entendait plus trop parler) et maintenant Ta Gordin. J'en oublie probablement. Je suppose aussi que Clyde Phillips va déterrer son projet d'adaptation de HaEmet HaEroma dans la foulée, enfouie dans un tiroir de HBO. C'est Ben Silverman qui doit être content, lui qui depuis trois ans fait son marché dans les formats locaux unscripted et parfois scripted...
J'ai l'impression que, de la même façon que les Américains adaptent uniquement des polars scandinaves, ils ont découvert un filon avec Hatufim, celui du thriller, et désormais ils vont s'ingénier à épuiser le filon comme si la télévision israélienne n'avait rien d'autre à proposer. Hey, je ne me plains pas : ça va apporter un éclairage sur la fiction israélienne, peut-être faciliter l'accès à certaines séries du catalogue, et je dis tant mieux. De la même façon que la fiction scandinave est devenue juste un chouilla plus accessible maintenant que les chaînes achètent des séries... même si ce sont quand même souvent les mêmes genres qui reviennent. L'essentiel c'est d'entrouvrir la porte, après tout.

Et puis, pour fréquenter ce blog et m'avoir vue me répandre sur certaines horreurs commises par des remakes, vous le savez : une adaptation, ça se choisit avec précaution, on ne peut pas tout adapter. Et quand bien même, encore faut-il savoir comment l'adapter.
Pour le moment, les comédies ou dramédies israéliennes n'ont pas fait leurs preuves, ce qui tend à indiquer qu'Asfur ou Zanzuri ne sont pas des succès assurés, et peut-être même que ces projets ne verront jamais le jour (dans le cas de Zanzuri, c'est même à espérer parce que nom d'un chien que c'est mauvais). J'ignore où en est le développement du remake de Hahaim Ze Lo Hakol pour CBS, mais l'absence de news depuis plusieurs mois est à mon avis également de cet ordre.
Il y a aussi des séries israéliennes qui sont vraiment incroyables, avec des pitches réellement originaux, mais qui sont impossibles à adapter hors de leurs frontières. On a parlé récemment de Srugim ou de Kathmandu, et ce sont de parfaits exemples de ce problème, avec Yehefim dont il faut que je vous cause à l'occasion ; une grande part de ce qui fait leur intérêt (la question religieuse) est justement ce qui fait que ces séries sont difficilement exportables en tant que formats. En revanche, il y a des dramas qui pourraient très bien faire la transition, comme Nevelot (d'ailleurs on avait vu le générique ici, si vous voulez) ou Blue Natali (c'était en projet à un moment ou j'ai rêvé ça la nuit ?) qui sont les premières à me venir à l'esprit. Peut-être même qu'à la place de Dani Hollywood, la CW devrait essayer d'adapter HaNephilim, aussi.
Cependant, si Timrot Ashan (dont la qualité de l'original est indiscutable) et/ou Ta Gordin réussissent leur implantation aux USA, on pourra considérer que l'essai est transformé, et d'autres s'engouffreront alors peut-être dans la brèche...

Du coup, pour célébrer cette perspective réjouissante, aujourd'hui je vous propose le générique de Ta Gordin, un bon petit thriller d'espionnage où, encore une fois, se pose la question du patriotisme : entre trahir ou servir la Nation, il faudra choisir. Comme je vous le disais, les projets US jouent la carte de la sécurité après Homeland...

Je me demande comment la version américaine (apparemment baptisée M.I.C.E.) va gérer le problème de la langue russe dans les épisodes ; dans la série originale, les dialogues en russe sont fréquents, assez longs, et les spectateurs israéliens peuvent les suivre avec des sous-titres (cela étant, je n'ai encore jamais vu un épisode de série israélienne diffusé sans sous-titres, donc les spectateurs sont habitués...), mais j'imagine mal ça dans une série américaine, pourtant il semble difficile, vu le pitch, d'y couper.
Cela dépendra peut-être de la chaîne qui achètera le projet puisque pour le moment cette information m'a échappée ou est tout simplement inconnue ; une chaîne du câble pourra envisager une série réellement bilingue, un network, ça semble très difficile. Mais de toute façon, le pilote de la série est bien trop bavard pour un network.

Bon, je vois que je m'étends sur le sujet, faut m'excuser, c'est l'enthousiasme... mais on avait dit qu'on parlait du générique de Ta Gordin, hein ! Alors on y va.

TaGordin
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !


Très sincèrement, ce n'est pas le générique préféré de ma collection. Essentiellement parce qu'il est assez opaque sur l'esprit de la série. On peut y piocher quelques indices sur ce qui se dit dans Ta Gordin, en matière d'espionnage, mais très franchement, ça reste très difficile d'accès tant le générique couvre des choses très variées et parfois même contradictoires en apparence.

En revanche j'aime beaucoup la musique. C'est le genre de titre un peu hybride qui reste en tête, qui est un peu électronique, un peu mystique, et qui fonctionne incroyablement bien. Ca reste bien en tête (mais c'est impossible à fredonner), aussi. Je trouve ça efficace en diable. D'ailleurs ça me rappelle un peu, dans un style musical différent, ce qui est accompli à première vue par le générique de Homeland (si l'on omet le fait que le générique de Homeland a aussi pour fonction de nous faire entrer dans la tête de Carrie), assez brouillon mais entêtant quand même.

Alors, de la même façon que Ta Gordin pourrait prochainement être repris sur les écrans américains parce que, tout d'un coup, d'autres ont envie de dupliquer le modèle qui a réussi pour Homeland, on n'est pas vraiment dans la surprise avec ce générique, pas plus qu'on ne l'est, à vrai dire, avec la série elle-même. Pour autant, puisque les USA se sont décidés à piocher dans le catalogue israélien pendant quelques temps (ça durera le temps de la période de grâce de Homeland, je présume), c'est quand même bien sympa d'entendre un peu parler des originaux.

D'ailleurs je me suis souvenue cette semaine que j'avais promis à Livia de mettre le premier épisode de Mesudarim (avec sous-titres) à sa disposition... Et dés que j'ai fini Srugim, je fais un sort à mon DVD d'Avoda Aravit, aussi. Alors, vous le voyez, on n'a pas fini de parler de séries israéliennes dans le coin !

Posté par ladyteruki à 16:24 - Médicament générique - Permalien [#]

04-06-12

[DL] Nevelot

Les Américains l'ont bien compris, ce qui se passe à la télévision israélienne est particulièrement intéressant. J'aimerais pouvoir vous dire que l'accès à ces fictions est aisé, cependant, mais c'est encore un bien difficile combat. Au mieux, quelques DVD sortent avec des sous-titres anglais, mais généralement à des prix prohibitifs (heureusement il y a quelques exceptions), ce sera d'ailleurs le cas cet été de Hatufim, mais globalement c'est encore un peu compliqué si on ne parle pas l'hébreu (et/ou qu'on ne s'appelle pas Ben Silverman, qui vu le nombre de concepts israéliens qu'il achète, tant scripted qu'unscripted, doit probablement recevoir des DVD toutes les semaines).

Ne reste donc, pour prendre le pouls de la fiction israélienne, que la VOSTM, encore elle, et je dois dire que même si c'est plus difficile avec l'hébreu que des langue latines ou scandinaves, le pilote de Nevelot s'est laissé regarder.
Il était même très réussi, soyons clairs.

Nevelot est une mini-série diffusée en 2010 sur la chaîne câblée HOT, qui a remporté en août 2011 le prix du meilleur téléfilm ou meilleure mini-série lors des Israeli TV Academy Awards.

Les 5 épisodes durent environ une quarantaine de minutes chacun, et ont pour héros Ephraïm, un vieil homme qui fut autre fois soldat, et qui aujourd'hui porte sur la jeunesse de son pays un regard désabusé, voire écoeuré, alors qu'il constate comment les personnes âgées sont traitées par ces jeunes gens qui ne réalisent pas tout ce que sa génération a fait pour Israël.
Dans un premier temps, Ephraïm n'est qu'un petit vieux parmi tant d'autres ; il râle quand les jeunes voisins font la fête, il passe le plus clair de sa journée au café ou sur un banc, et il ne voit plus sa femme que comme faisant partie des meubles. Pourtant, progressivement pendant l'épisode, ce portrait assez banal d'un homme usé par le temps va glisser et marquer un dégoût encore plus marqué que la moyenne, sans doute, alors qu'il considère que cette jeunesse ingrate est en plus bien vulgaire à son goût. La mort accidentelle d'une vieille dame qui fut autrefois son grand amour, et qu'il avait perdue de vue, sert en quelque sorte de choc ultime, soulignant le contraste avec un passé qu'il voit comme nostalgique (aussi difficile ait-il été) et la cruauté du monde telle qu'il a ressent à présent. D'autant que la petite-fille de cette vieille dame, croisée à l'hôpital, est son portrait craché, à la différence qu'elle a l'air sacrément à la dérive, ce qui heurte d'autant plus les souvenirs d'Ephraïm.

Le basculement n'est donc plus loin et, un soir qu'Ephraïm et son meilleur ami profitent de l'air frais du large sur une plage, un jeune plus agressif que les autres leur manque de respect, le ton monte, et nos deux petits vieux finissent par l'agresser, ainsi que le copain qui l'accompagne. De cette action d'une très, très grande violence (les deux jeunes gens mourront sur le sable), va en quelque sorte remonter le goût du sang. Désormais incontrôlables, les deux anciens soldats vont laisser libre cours à leur pulsion de vengeance intergénérationnelle...

Dotée d'une excellente réalisation (le passage des flashbacks au présent est notémment très réussi), d'une voix off omniprésente mais qui fonctionne particulièrement bien dans ce contexte, et surtout d'un thème peu commun, Nevelot a effectivement de quoi accrocher le public. Alors, comme il ne sert pas à grand'chose de vous proposer l'épisode vu qu'il n'existe à ma connaissance aucun sous-titre, j'ai choisi de vous montrer aujourd'hui son générique, qui n'est pas totalement dénué d'intérêt, comme vous allez le voir.

Nevelot
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Le générique de Nevelot est d'une désarmante simplicité (mais pas autant que son logo, je vous rassure), et pourtant il m'a rappelé, sans doute en partie par association d'idées, celui de Hatufim (souvenez-vous) ; mais loin de porter autant d'espoir, Nevelot est au contraire la promesse de quelque chose de terrible se préparant. C'est très efficace, mais ce n'est pas le genre de générique que vous allez regarder ou écouter tous les quatre matins pour le plaisir. Trop étouffant.

A côté de ça, le logo ci-dessus, qui conclut ce générique, peut paraitre un peu trop simpliste au premier regard, mais ce qui fait toute la différence, c'est cette oiseau, dans le coin. Qui n'est pas n'importe quel oiseau mais un charognard, ce qui est très justement la traduction, semble-t-il, du terme "nevelot".

Tout est donc dans la symbolique, ce qui finalement colle plutôt bien à l'identité de Nevelot. Le genre de série qui mériterait de bénéficier d'une meilleure exposition (voire même d'une adaptation, ça a plutôt bien tourné pour Hatufim dans le fond), car ses thèmes pourraient trouver échos notamment en Europe, où les parallèles avec la Seconde Guerre Mondiale pourraient rendre cette histoire finalement assez universelle...

Posté par ladyteruki à 13:56 - Médicament générique - Permalien [#]

08-05-12

The London Complex

Ca faisait longtemps que je n'avais pas râlé, et étonnamment aujourd'hui, je vais me faire l'avocate de la fiction française (sort of). Faut croire que depuis que j'ai vu Hénaut Président, le changement c'est résolument maintenant, héhé.

C'est dans un article sur le final de la première saison de Homeland (diffusé avant-hier soir devant environ 4 millions de spectateurs) que je me suis trouvée confrontée à un paragraphe d'une rare violence :
"For British television, the brief relief at not being found wanting in comparison with Scandinavian shows (The Killing, Borgen, The Bridge) will be tempered by another round of cringing contrasts with America. And, while the alleged inferiority of British TV drama can be exaggerated – shows such as Sherlock, Life on Mars and Downton Abbey are envied in the US - the viewer and reviewer reception of Homeland here does raise issues that commissioners in this country need to consider."

Je ne suis pas experte en "fiction française", loooin de là, et je n'ai à vrai dire jamais caché mon aversion (et mes tentatives souvent infructueuses pour en sortir) envers nombre des séries nées sur notre sol. Mais je n'ignore pas que les débats font rage depuis de nombreuses années pour essayer de tirer celle-ci vers le haut. On prend les British en exemple (c'est souvent eux), et on se répète que la BBC fait ci, la BBC fait ça, et pourquoi France Télévisions n'en fait pas autant ? Il suffit de voir les nombreuses réactions suscitées par cette interview (qui figure parmi les plus retweetées de ma revue de presse téléphagique de ces derniers mois, difficile de ne pas y voir un signe) pour comprendre que nous aussi, nous nous comparons énormément à nos voisins pour mieux nous déprécier, parfois à l'excès.

Je ne suis pas experte en "fiction britannique" non plus, même si j'y travaille bien plus que pour les séries issues de mon propre sol. Mais force est de reconnaître qu'il y a énormément de bonnes fictions qui nous viennent d'outre-Manche, et que cet exemple pour sortir la "fiction française" de sa "crise" est bien plus réaliste que celui, longtemps employé et encore bien trop désigné comme modèle, de l'industrie télévisuelle américaine, totalement démesuré et hors de propos.
Mais dans le paragraphe ci-dessus, je me suis pris comme un coup dans les dents. Les Britanniques complexent quand même énormément sur l'état de leur fiction par rapport aux séries américaines (et, récemment, scandinaves) ! Rien que la petite liste proposée de séries ne pouvant être taxées d'inférieure ne semble justifier la qualité des fictions citées que par leur validation par les Américains ! On ne s'en sort pas.

Donc ils complexent sur leur fiction ; pendant ce temps, nous on complexe sur la nôtre... Et on n'en finit pas se dévaloriser les uns par rapport aux autres, quel chaîne de négativité, c'est incroyable.

LesPetitesBetesneMangentpaslesGrosses

Le comble de l'ironie, c'est quand même que l'auteur de cet article est parti d'un constat sur Homeland... une série qui est l'adaptation d'une fiction israélienne, Hatufim. Comme quoi les séries américaines ne sont visiblement pas le Saint-Graal... Je veux dire, à quel moment on arrête de se comparer aux petits copains et d'essayer de leur ressembler ? C'est visiblement un cercle vicieux.

OK alors, bon, vous savez quoi ? Et si on arrêtait de tous se flageller !
La télévision de la planète est riche en possibilités, certes, et avoir accès à sa diversité est un plaisir pour quiconque apprécie la bonne fiction. Je suis la première à le dire. Mais ça n'avance pas beaucoup le Schmilblick de passer son temps à prendre le meilleur de la télévision du voisin (bizarrement, jamais le pire) et de se dire qu'on est incapable de faire aussi bien.
C'est la leçon que, moi petite Frenchie, je tire du paragraphe cité ci-dessus : si les Anglais ont un complexe d'infériorité, alors toutes ces histoires de comparaisons n'ont aucun sens.

Pardon de réagir en tant que spectatrice française qui a beaucoup de mal avec la télévision française, mais cette ambiance constante de haine de soi n'aide vraiment pas à aborder la "fiction française" avec le sourire. Si on commençait par sortir du misérabilisme, pour commencer ?

On peut en finir avec les conversations de vestiaire et ranger le double-décimètre ? Apprécions ce que nous avons à sa juste valeur, au lieu de constamment rabaisser nos productions au prétexte qu'elles ne sont pas aussi bonnes que celles du voisin (quel qu'il soit). A force de débattre de la qualité de notre fiction, j'ai l'impression qu'on a fini par créer une sorte d'écoeurement de principe. C'est déjà pas facile de lutter contre les a priori qui se construisent à force d'expériences malheureuses, si en plus on baigne dans une morosité permanente parce que le voisin fait mieux, on ne va jamais y arriver.

Je dis souvent que ma prochaine grande aventure téléphagique sera celle de la fiction française. Faudrait juste qu'elle se libère de ce débat permanent sur son état, pour devenir un plaisir à nouveau.
Pardon pour le coup de gueule, mais je trouve qu'on n'est pas aidés.

Posté par ladyteruki à 17:16 - Point Unpleasant - Permalien [#]

17-03-12

lady's world tour - Escale n°5

BlackMarch

Chose promise, chose due, voilà un nouveau world tour, avec plein d'infos sur plein de séries venues de plein de pays, comme le Dieu de la Téléphagie l'a voulu. Et puis aussi parce que je n'y avais pas consacré de post depuis quelques temps et que, bah, ya beaucoup de choses qui se sont passées dans l'intervalle, quoi...

LosArchivosdelCardenal
- ARGENTINE/CHILI : en état de siège
On a souvent en tête, quand on parle de séries d'Amérique du Sud, des telenovelas, ou, au pire, des nocturnas se déroulant de nos jours. Pas cette fois. Deux sociétés de production s'associent en effet pour produire une série historique intitulée Sitiados ; il s'agit de Promocine au Chili (déjà à l'origine de Los Archivos del Cardenal), et l'incontournable Pol-ka en Argentine (en France, nous la connaissons essentiellement pour avoir produit Epitafios). Sitiados, écrite par Carmen Lopez, se déroulerait en 1599, alors qu'un fort de Patagonie fait l'objet d'un siège de 3 années mené par les indiens Mapuche ; sur les 600 Espagnols regroupés à l'intérieur du fort, seuls 22 d'entre eux survivront... Pour mettre en place cette série ambitieuse, la chaîne chilienne TVN a décidé de mettre la main au porte-feuille ; ainsi, chacune de ces trois entités participera à hauteur d'1 million de dollars, faisant de Sitiados la série destinée à une chaîne gratuite la plus chère de l'histoire chilienne. En tout, douze épisodes sont prévus. Et tant qu'on en est à discuter de séries chiliennes, précisons que Los Archivos del Cardenal, qui mettait en scène un groupe ouvrant les dossiers des victimes de Pinochet, a obtenu une deuxième saison sur TVN, et qu'un film devrait également être produit ; d'où la photo de promo ci-dessus.

- ARGENTINE toujours : fans des années 80
La chaîne Telefe lançait ce lundi à 21h15 une nouvelle comédie, destinée à une diffusion en quotidienne du lundi au jeudi, du nom de Graduados. Elle met en scène des personnages ayant quitté le lycée en 1989 et se retrouvant à l'occasion de leur réunion d'anciens élèves, et s'apercevant que les sentiments passés n'ont pas toujours totalement disparu... La série met ainsi en parallèle des souvenirs des années 80 (avec musique et vêtements à l'avenant) et la vie des protagonistes au présent (les deux époques étant jouées par les mêmes acteurs...). Outre l'histoire de la série en elle-même, Graduados mérite d'être mentionnée parce qu'elle a permis à la chaîne Telefe de récolter pas moins de 48% des parts de marché le soir de sa diffusion, devenant le programme plus regardé non seulement de sa tranche horaire, mais aussi de toute la journée.

- MEXIQUE : vlan dans les dents
La chaîne sportive TDN, filiale de Televisa, a décidé de se lancer dans la fiction également. Elle diffusera ce lundi le premier épisode de Cloroformo, une série se déroulant dans l'univers de la boxe, et plus précisément dans un gymnase où se croisent les destins de 5 boxeurs différents qui en sont à des stades variés de leur carrière. En tout 13 épisodes sont prévus, et comme le démontre la bande-annonce, Cloroformo, c'est pas pour les demi-portions, c'est une série qui sent bon la sueur...

- CANADA : meurtres en famille
Outre l'annonce dont tout le monde a parlé relative à la date de démarrage de Saving Hope (même si je ne comprendrai jamais pourquoi  certains sites préfèrent annoncer son simulcast aux USA plutôt que la date de lancement dans son pays d'origine au Canada ; eh les mecs, on les cagoule ces séries, c'est pas comme si on vivait aux States, on s'en fout de NBC dans ce contexte !), qui d'ailleurs a été ajouté au Pilot Watch, CTV a aussi mis en branle deux nouveaux projets cette semaine. Le premier est Mark of Cain, une série fantastique créée par Tammy Marlowe Johnson (dont c'est la première série), qui s'intéresse à un homme condamné pour meurtre, et qui s'aperçoit qu'il est capable de voir un signal invisible qui lui indique quand d'autres personnes sont sur le point de tuer quelqu'un. Ca ressemble pour l'instant à une sorte de procedural, mais on n'a guère plus d'éléments pour s'en assurer à ce stade. L'autre projet est une comédie qui pour l'instant n'a pas de titre, mais qui serait fortement inspirée de Modern Family, et développée par Chris Leavins, l'un des acteurs de Todd and the Book of Pure Evil.

- ECOSSE : coeur vaillant
La chaîne STV a annoncé il y a quelques jours avoir commandé un biopic insiré de la vie de William Wallace, alias Braveheart, qui a lutté pour l'unification des Ecossais et l'indépendance de l'Ecosse au 14e siècle. C'est Mick Davis (The Eleventh Hour) qui s'occupe du scénario, et selon les sources, STV compare son projet aussi bien à Game of Thrones que... Spartacus. Bon. La chaîne souhaite développer ce projet rapidement (le sujet de l'indépendance écossaise faisant partie des sujets politiques chauds du moment dans le coin), et présentera le projet lors du MIP TV le mois prochain. La série sera produite en partie par la société de distribution britannique DRG, qui s'est récemment lancée dans la production de séries scriptées originales ; ses projets incluent entre autres une co-production avec la Rai (Pirates of the East, en 6 épisodes et se déroulant en 1840) et a acquis les droits des romans policiers russes The Adventures of Erast Fandorin en vue de les adapter (les intrigues se déroulant à la fin du 19e siècle et au début du 20e). Bref que de l'historique.

Coacherna
- SUEDE : dites-leur ce qui ne va pas chez vous
Le final d'Äkta Människor est pour demain et vous vous demandez ce que SVT1 va bien pouvoir diffuser ensuite (et si vous ne vous le demandez pas, eh bien disons que j'ai devancé vos interrogations). La chaîne publique va totalement changer de registre, et troque la science-fiction contre la dramédie, avec la série Coacherna. On y découvre trois femmes qui ont décidé de changer de vie, et ont lancé une agence de coaching personnel... même si être capable d'aider les autres ne veut pas forcément dire qu'on maîtrise sa propre existence. Ce qui ne gâche rien, c'est qu'outre ses 3 personnages principaux féminins, la série est écrite par deux femmes ; on y trouvera aussi la réalisatrice de plusieurs des épisodes de 30° i Februari. Les épisodes de la dramédie ne dureront qu'une demi-heure, et seront suivis de la diffusion d'inédits de The Big C. Si vous voulez prendre le pouls de l'ambiance de la série, comme toujours SVT1 propose une bande-annonce sur le site officiel (hélas sans sous-titres).

- NORVEGE : recherche témoin oculaire
NRK met en branle un nouveau thriller apparemment intitulé Øyevitne (témoin oculaire ; pensez eyewitness), et pour cela elle recherche activement deux acteurs adolescents (l'annonce de la chaîne précise que l'âge des protagonistes sera situé entre 14 et 17 ans). Détail original, il leur faudra absolument être capables de parler en østlandsdialekt, c'est-à-dire un dialecte de l'est de la Norvège. Pas d'affolement ce pendant, le tournage n'étant prévu que pour la période d'août 2012 à février 2013, Øyevitne ne devrait pas être pour tout de suite...

- ALLEMAGNE : disparu en laissant une trace
ZDF vient d'annoncer la date de lancement pour sa nouvelle série criminelle, Die letzte Spur ("la dernière trace"), qui meublera ses vendredis à 21h15 à compter du 20 avril prochain (du coup, le Pilot Watch a été mis à jour). Le concept vous évoquera sans doute quelque chose, puisqu'il s'agit pour un groupe d'enquêteurs de retrouver des personnes disparues ; l'unité, basée à Berlin, sera dirigée par un homme, incarné par l'acteur Hans-Werner Meyer. La série prend la place dans la grille de la série SOKO Leipzig qui achève actuellement sa 16e saison.

Intersexions

- AFRIQUE DU SUD : award season
Le weekend dernier, l'Afrique du Sud remettait les SAFTAs, dont rien que le nom devrait vous informer sur la nature... Au chapitre des fictions télévisées, c'est évidemment la série Intersexions, une série anthologique ayant pour thème central le SIDA, qui s'en est le mieux tirée ; vu son succès critique et public, ce n'est pas vraiment une surprise. Intersexions a donc remporté le titre de meilleure série dramatique, mais aussi le prix de la meilleure réalisation (pour les épisodes 4 ET 20), meilleure cinématographie (épisode 8), meilleur montage (épisode 20), meilleure composition musicale, meilleures coiffures et maquillages, meilleur son (épisode 4) et un autre prix célébrant ses scénaristes (Best Writing Team in a TV Drama Series). Comme c'était encore trop peu, le cast de la série n'est pas en reste : meilleur acteur dans un drama pour Siyabonga Radebe, et meilleure actrice dans une drama pour Lungelo Dladla. Je vous rassure, d'autres séries ont réussi à être mentionnées au cours de la cérémonie ! Ainsi, Ronnie Nyakale a reçu le prix du meilleur acteur secondaire pour son rôle dans Fallen, une série se déroulant dans le monde de la musique, lorsqu'un jeune homme reprend la société de production de son père mystérieusement disparu, et Harriet Manamela est distinguée au titre de meilleure actrice secondaire pour son rôle dans la deuxième saison de la série légale Sokhulu & Partners. Dans la catégorie des comédies, c'est le sitcom Gauteng Maboneng qui a reçu le titre principal ainsi que quelques prix techniques ; l'incontournable Stokvel a reçu l'award du meilleur ensemble, et les deux acteurs principaux de Ga Re Dumele ont également été récompensés. Enfin, le titre de meilleur soapie, décerné par le public, a été offert à Isidingo. Tous ces noms ne vous disent probablement rien (cependant ce n'est rien qu'une petite recherche Google ne saurait arranger), mais avouez qu'une petite piqûre de rappel sur la richesse insoupçonnée de la télévision sud-africaine ne peut pas faire de mal.
J'ajoute pour l'anecdote que la cérémonie des SAFTAs, cette année, a suscité une petite polémique lorsque le soapie 7de Laan n'a pas souhaité concourir dans les rubriques institutionnelles, et que la série n'a du coup pas été proposée dans le cadre du Prix du Public qui évidemment a été outré de ne pas pouvoir, lui, voter pour la série de son choix... tandis que la chaîne e.tv n'avait, elle, soumis aucune série, doutant de la transparence des SAFTAs. Certaines choses sont universelles !

- ESPAGNE : terre, terre !
On n'arrête pas une équipe qui gagne. Ou pas. Le tournage de l'une des prochaines séries d'Antena3, El Corazón del Océano, s'est achevé voilà quelques jours. La série, dotée de 6 épisodes de 70 minutes, passe donc en post-production. Elle raconte, au XVIe siècle la traversée de l'Atlantique par une jeune femme de la noblesse espagnole, alors qu'elle est envoyée en Amérique afin de participer au peuplement du nouveau continent ; il s'agit ici de suivre son périple au sein de l'équipage d'une caravelle, et pas son arrivée. Conçue comme une mini-série, El Corazón del Océano devrait être diffusée par Antena3 avant la fin de l'année. A ses risques et périls... même si le format court devrait limiter les éventuels dégâts.

- ESPAGNE encore : combien faut te payer pour que tu dégages ?
Chose promise chose due, on revient sur l'annulation de Plaza de España, la comédie dont on se demande comment elle a été commandée (elle avait quand même la super bonne idée d'être une comédie ultra-potache prenant la Guerre Civile espagnole comme contexte ; on a connu plus délicat). Lancée en juillet, la comédie avait fait un bon score pour son pilote, laissant juste assez de temps aux spectateurs pour réaliser que c'était pourri, avant de les voir s'échapper ensuite. TVE, qui avait eu la bonne idée de commander 26 épisodes en deux fois, avait donc mis la production en hiatus après 12 épisodes, trop contente de faire revenir sa série Aguila Roja dans la grille début septembre. Depuis, la chaîne avait consciencieusement évité le sujet. Mais cette fois c'est officiel, Plaza de España est vraiment annulée, et à cause de la 2e partie de saison qui n'a jamais été achevée, TVE devra payer 200 000 euros à la société de production. Mais elle est tellement pressée d'en finir que visiblement, elle a dû considérer que ça les valait. Rappelons que la chaîne publique connait des difficultés financières actuellement, alors queson budget a été largement amputé par le gouvernement espagnol...

HaEmetHaEroma

- TURQUIE : entre quatre murs
La série israélienne HaEmet HaEroma, dont l'originalité est de se dérouler intégralement en huis clos dans un commissariat, alors qu'une jeune fille de 17 ans a disparu sans laisser de trace, fait des émules. Tandis qu'une version américaine est en développement sous le titre The Naked Truth (rien à voir avec Tea Leoni) par Clyde Philips, ou en tous cas l'a été à un moment mais on n'a plus trop de nouvelles, c'est maintenant c'est la chaîne turque STAR TV qui a décidé d'acheter une adaptation en 15 épisodes. C'est l'écrivain Hakan Günday qui est chargé de l'adaptation ; ce sera son premier scénario pour la télévision. Comme quoi, même quand on a une industrie télévisuelle très en forme, il n'y a pas de honte à s'inspirer des télévisions étrangères.

- KAZAKHSTAN : Oural sex
Le Kazakhstan, où vous ne saviez même pas qu'on faisait des séries, se prépare à se lancer dans une version locale officieuse de Sex & the City au mois d'avril. Ce sont 55 épisodes d'un coup qui sont ainsi en préparation depuis le mois de décembre (le tournage a commencé en février), mettant en scène quatre amies plus forcément toutes jeunes dans leurs diverses préoccupations de femmes célibataires en milieu urbain. La série s'appelle Padrouzki (Подружки) et c'est la société de production Sataifilms qui est sur le coup, alors qu'elle prépare en parallèle une autre série de 30 épisodes nommée Pariz (Парыз). Notre existence ne va pas changer pour si peu mais admettez quand même que c'est pas souvent qu'on a des nouvelles de la fiction de ce pays.

- EUROPE : des séminaires pour développer la fiction
Les professionnels de la télévision européenne se réuniront à Berlin du 24 au 29 avril, et du 9 au 15 juin, dans le cadre des deux sessions du European TV Drama Series Lab 2012. Les intervenants seront Neal Baer (A Gifted Man), Anne Bjørnstad (Lilyhammer), Klaus Zimmermann (Borgia), et Brian Seth Hurst (président de The Opportunity Management Company) mais aussi... Frank Spotnitz (X-Files mais aussi en train de développer une série pour HBO et BBC1) ! Cool non ? Les séries étudiées à l'occasion de ce séminaire seront Lilyhammer, Borgia et Engrenages. L'idée est d'explorer les ingrédients qui font le succès des séries en Europe, en essayant de déterminer ce qui peut être emprunté (ou non) au système américain. Bon alors ça coûte 4500 € de s'inscrire et il faut déjà justifier d'une expérience dans le milieu, mais quand même une initiative intéressante que je voulais mentionner.

Pas de news sur les séries irlandaises pour cette fois (je sais que vous aimez bien ça pourtant), mais une mauvaise nouvelle venant de ce pays : les studios dans lesquels les séries The Tudors et Camelot ont été tournées, Ardmore Studios, sont sur le point de fermer pour cause de mauvaise santé financière. Ardmore Studios existe depuis plus d'un demi-siècle, mais n'a pas réussi à attirer la production de Vikings, la série en préparation par la MGM.

Mon mot de la fin sera cependant une excellente nouvelle : la série israélienne Hatufim (dont Homeland est l'adaptation) sera prochainement diffusée par Channel 4 au Royaume-Uni, qui en a acquis les droits !
A quand la même chose en France ? Juste une suggestion...

Posté par ladyteruki à 19:06 - Love Actuality - Permalien [#]

30-10-11

C'est LUI, le patron, voilà qui !

A chaque rentrée, les pilotes nous tombent par centaines dans les bras, ne demandant qu'à être regardés. De la plupart, je ne tire qu'un post, m'attardant sur la banalité de l'intrigue, le peu d'intérêt de ses personnages, l'indigence de ses dialogues ; ou, quand vraiment les choses se passent mal, je vous entretiens de l'abomination de tout ce qui le compose. Après quoi vous n'en entendez plus jamais parler, pas dans le coin en tous cas.
Il y a certaines séries qui s'en tirent mieux que d'autres : le pilote de celles-là m'a plu et je vous en reparle de bonne grâce, une fois, deux fois, parfois plus, à la tête du client, histoire d'enfoncer le clou et vous inciter, si vous ne l'aviez pas encore fait, à tenter la série à votre tour. Si on a de la chance, une saison plus tard, j'en fais un post To be continued... pour vous rappeler de vous y remettre pour une deuxième saison, des fois que vous ayiez oublié dans l'intervalle (bon, pas cette année, je déménageais au mois de septembre et j'ai été obligée de faire l'impasse sur ces posts qui me prennent plus de temps qu'il n'y parait).
Et puis parfois, vraiment rarement, il y a une série dont je n'arrive pas à vous parler facilement.

Ca n'a rien à voir avec Prime Suspect ou Charlie's Angels dont je me suis aperçue que j'avais oublié de vous parler (ça sent l'acte manqué). Je les ai évacuées très vite de mon système et n'y ai plus jamais repensé, sauf en faisant le point sur mon défi de la rentrée avec Scarlatiine (elle regarde tous les pilotes de la saison à condition que j'écrive un post sur chacun ; du coup vous allez pas y couper, ces deux pilotes vont inexorablement faire l'objet d'un post, j'aime remporter mes défis).
Ca a plutôt à voir avec le fait que d'une part, même à raison d'un post par jour, je n'arrive pas à écrire sur autant de choses que j'en regarde, et que d'autre part, j'ai été particulièrement occupée ces derniers jours (vous verrez bientôt par quoi).
Et puis surtout, pour bien parler de quelque chose qui vous a collé à votre siège, il faut du temps.

Je ne pouvais tout simplement pas balancer un post sur le pilote de Boss, comme ça, en rentrant du boulot, un soir, mine de rien, sur l'air de "ah tiens j'ai quoi de prévu aujourd'hui sur le blog ? Rien ? Oh bah je vais griffonner un truc vite fait sur Boss". Non.
Non, non, non et non, pas pour Boss. De la même façon que j'ai eu besoin de prendre le temps de parler de Homeland, j'ai attendu d'avoir un peu de temps pour Boss, avant de sortir son post de l'état de brouillon dans lequel il dormait depuis près de deux semaines. Ce qui implique que j'ai déjà vu le deuxième épisode quand je commence à vous en parler, mais tant pis. Au moins ça ne fait que confirmer mon sentiment initial vis-à-vis de la série.

Vous commencez, j'imagine, à comprendre l'ampleur de Boss pour moi en cette rentrée. Des bonnes séries, il y en a eu cet automne. Mais une baffe comme celle-là ? Même dans The Slap on n'en voit pas.

WhostheBoss
Alors pardonnez le langage, mais il faut que ça sorte, maintenant qu'on y est.
Putain mais quand ils ont vu le pilote, les exécutifs de Starz ont du avoir la trique de leur vie. Les mecs qui bougent pas de leur screening room pendant 20mn en attendant que ça passe, tellement ça a dû leur faire drôle de savoir qu'ils avaient payé pour un pilote de ce calibre et qu'ils allaient enfin entrer dans la cour des grands. Ah bah je vous le confirme les mecs, c'est autre chose que Spartacus !
Les Emmys vont être palpitants en 2012, il va y avori du monde pour s'attaquer au trône de Mad Men, parce que bordel, tu peux pas ignorer une série comme celle-là. Et rien que cette pensée a dû rallonger de 10mn le séjour dans la screening room des mecs de Starz, parce que ça doit faire un effet de malade de se dire que ça y est, on tient quelque chose de puissant.

Pour tout vous dire, si j'avais été un homme, il est probable que le visionnage du pilote de Boss m'aurait fait un effet similaire. J'ai fini le pilote sur les rotules, le souffle coupé, la tête bourdonnante. J'avais des trucs à faire, des mails plein la boîte de réception, des chats criant famine, mais j'étais incapable de me lever à la fin de l'épisode et reprendre ma vie comme si de rien n'était. Il m'a fallu quelques minutes, moi aussi, les doigts encastrés dans les accoudoirs de mon fauteuil, pour accuser le coup. Des pilotes qui font cet effet-là, on n'en voit pas tous les ans. Même pas une fois tous les deux ans.
Je ne reviens pas sur ce que j'ai dit, j'ai eu des coups de coeur en cette rentrée et j'aime toujours autant Homeland, Suburgatory par exemple, et quelques autres, chacun dans sa catégorie. Mais là, quand même, on parle du niveau au-dessus quand même, de l'orgasme téléphagique pur, de ce petit truc qui se libère dans votre cerveau et innonde votre cortex quand vous avez été bluffé et que vous vous avouez vaincu. Sur ce pilote-là, il sera impossible de dire du mal. La perspective-même de se montrer critique est irréaliste.

Mais je le reconnais, il y a un facteur supplémentaire par rapport à Homeland, pour rester sur notre exemple : l'effet de surprise. Homeland ne pouvait pas vraiment être mauvais une fois qu'on avait vu ce que le pilote de Hatufim faisait de son sujet ; il y avait des risques dûs à l'adaptation, des risques dûs aux axes et personnages nouveaux, et bien-sûr la grande inconnue des acteurs qui peuvent parfois tout changer ; c'est sûr, mais globalement on va être clairs, Homeland était obligé d'être au moins convaincant, peut-être même bon, d'office, d'emblée, sans même l'avoir vu c'était évident.
Dans ma liste des séries que je n'attendais pas spécialement, par contre, celle que j'attendais encore moins que les autres, c'était Boss. Kelsey Grammer, que j'ai en h.o.r.r.e.u.r depuis que j'ai posé les yeux sur Frasier ? L'insupportable Connie Nielsen ? Une ancienne de Beverly Hills ? Et deux acteurs ayant été liés de plus ou moins près à The Playboy Club ? Jamais je n'aurais parié un rond sur cette série... même avec ce pitch engageant (et pourtant j'ai une grand affection pour Troy Garrity).
Mais le sucker punch géant, quoi. Pas vu arriver, celui-là, vraiment pas.

Parce qu'au final, ces gens-là en qui je ne croyais pas nous offrent, tous, sans exception, une performance incroyable. Et par-dessus le marché, comme si ça ne suffisait pas, Boss est, certainement, en fait ça ne souffre pas la discussion, le drama le mieux réalisé de la saison, et de loin. C'est un point sur l'horizon pour les autres séries de l'automne.
Je sais pas comment vous dire. C'est juste immense.

C'est brillant, mais pas juste parce qu'il s'agit de politique et qu'une série sur la politique ne peut pas se permettre de ne pas être intelligente (c'est la même règle que celle qui s'applique aux séries légales). C'est brillant parce que rarement une série aura aussi bien dépeint l'humanité de ses personnages, mais une humanité si incroyablement camoufflée qu'elle s'offre à la fois avec une grande indécence et une grande sobriété. Chaque personnage est magnifique, et participe à un puzzle qui va bien au-delà de la simple série politique. Là où il a fallu toute une saison à A la Maison Blanche pour mettre en balance ses objectifs intellectuels et la dramatisation de ses personnages (merci Rosslyn), Boss vous fait ça avec brio en moins d'une heure et sans jamais perdre son équilibre. Et pendant l'heure suivante, on découvre qu'on n'en savait pas autant sur eux qu'on ne le pensait. C'est immense ce qui se passe avec l'écriture des personnages de Boss.

Avant d'être une série sur la politique, Boss est donc avant tout une série sur le rapport que les personnages ont à la politique, comment elle les abime, comment elle les transforme, comment elle les tient. Le couple du maire et son épouse offre un ballet macabre de deux personnes que le pouvoir politique a altérés quasiment jusque dans leur ADN. Leur entourage direct n'est que dissimulation, frustration, docilité feinte. La seule personne qui pourrait être "vraie" dans leur vie en a été éjectée avec la plus grande des violences.
Les intrigues strictement politiques sont d'un cynisme sans commune mesure. Que ce soit le gouverneur ou son opposant, le maire tire les ficelles depuis son bureau avec un plaisir à peine déguisé, mais avec une intelligence aigue et un sens de l'anticipation terrifiant. La partie d'échecs est comme jouée d'avance, et c'est ce qui fait que la maladie du maire arrive si fort à propos.
Cette maladie justement est dépeinte avec le même génie que, dans Homeland, peut l'être l'état psychiatrique de Carrie. Boss est prêt à accompagner le malade à tous les stades et s'attarde sur les manifestations pour le moment éparses de son état, pour l'instant si bégnines, encore si invisibles à l'oeil de ceux qui ne sont pas dans la confidence.
Enfin, pour toutes les séries sur la politique où les journalistes étaient asservis au pouvoir, pour toutes les séries où les journalistes étaient dépeints comme des pantins sans cervelle, Boss réclame vengeance. L'investigation du journaliste n'est pas celle de quelqu'un qui cherche juste le scoop, elle est animée d'idéaux sur la profession qui remettent les choses en place, mais qui restent réalistes.

Il n'y a rien dans Boss qui ne soit autre chose que la perfection incarnée pour un drama. La nuit, dans leurs rêves les plus fous, les showrunners rêvent qu'ils font aussi bien. Pas étonnant que chez Starz ont ait commandé une deuxième saison alors que la première n'avait même pas commencé.
Un tel bijou nous rembourse de chacune des minutes insupportables passées devant Whitney, The Secret Circle, ou Revenge. A la limite ça valait presque le coup de se cogner des épisodes pareils si c'était pour pouvoir mieux apprécier ceux de Boss.

Et vous savez le pire ? Pile quand je pensais avoir repris le contrôle, j'ai vu le deuxième épisode, et je me suis repris une mornifle. C'est qui le patron ? Je vais vous le dire, moi, qui c'est le patron, cette saison.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Boss de SeriesLive.
A ne pas confondre, évidemment, avec le dorama du même nom.

Posté par ladyteruki à 20:35 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-09-11

Amitié israélo-américaine

Pourquoi il ne faut surtout pas dire que Homeland est le remake de Hatufim, mais plutôt une adaptation ? Quand on compare de pilote à pilote, ce que je m'apprête à faire, c'est assez net. On peut sentir les idées qui ont plu dans le pilote d'origine, et qui ont été réemployées, parfois sans la moindre envie de les transformer. Et puis on peut sentir celles qui n'appartiennent qu'à Homeland. Hélas, cent fois hélas, il y a peu de chances pour que Hatufim soit un jour diffusée là où vous puissiez la voir (et dans une langue que nous comprenions tous), bien que je sois intimement persuadée que la série collerait parfaitement à la ligne d'arte voire de France 2 ; et a contrario de Mesudarim, impossible de trouver de DVD avec des sous-titres anglais.
Alors, le mieux que je peux vous proposer, c'est un petit post comparatif, avec ce que j'ai vu, et le peu que j'ai compris. Mais à force de regarder des pilotes dans des langues que je ne parle pas, je réalise que les dialogues ne sont pas toujours si indispensables que ça. Mais c'est un autre sujet pour un autre post...

Du coup, si vous n'avez pas encore regardé le pilote de Homeland (genre si vous attendez la diffusion parce que, je ne sais pour quelle raison, vous vous méfiez des preairs, ce qui à mon avis peut se comprendre sauf dans le cas de Showtime où ils se sont toujours avérés fiables), ne lisez pas ce post, filez, chais pas moi, allez commenter les précédents, regardez le pilote de Whitney même, si vous vous détestez, mais ne venez pas vous prendre bêtement des spoilers !

L'héritage de Hatufim, on le retrouve dans Homeland dans la façon de ramener le soldat au pays, même si les conditions de ce retour sont loin d'être les mêmes.

Dans ce qui restera comme l'une des meilleures scènes d'introduction que j'aie pu voir de toute ma carrière de téléphage, Hatufim commence en effet dans le silence, alors que les deux camps négocient, chacun dans une chambre d'hôtel, dans le secret, les conditions de libérations des soldats/prisonniers. Pas d'héroïsme ici comme Homeland, qui préfère capturer la scène de la libération du prisonnier par d'autres soldats, le découvrant lors de l'assaut d'un repère ennemi. Le conflit tel que le vivent les USA est forcé moins larvé qu'en Israël, et ça s'explique par des tonnes de raisons, mais on perd largement en subtilité dans la démarche. Et il est tout aussi émouvant d'assister à cette rencontre silencieuse (suivie d'une embarrassante scène dans le couloir de l'hôtel) que de découvrir un Américain dans les décombres d'une planque. En fait, Hatufim refuse de montrer l'état dans lequel les prisonniers sont retrouvés, et je crois que c'est aussi une précision qui a son importance.

HatufimHomeland_Liberation_2 HatufimHomeland_Liberation_1

Alors quel est donc cet héritage dont je parlais ? Il se retrouve essentiellement dans la façon dont les soldats, retournés à la vie civile qu'ils avaient quitté depuis plusieurs années (17 pour Hatufim, 9 pour Homeland, là encore ça s'explique historiquement), retrouvent leur famille. En fait, tout y est, dans les moindres détails. La seule différence, c'est qu'au lieu de suivre trois familles et deux ex-prisonniers, dans la version américaine on n'en suit qu'une, et forcément, comme je vous le disais lorsque j'ai parlé pour la première fois du pilote de Homeland, ça finit par faire un peu cliché puisqu'on retrouve VRAIMENT tous les éléments de Hatufim : l'épouse qui a repris sa vie avec un autre homme (qui évidemment est un proche du soldat ex-détenu), le fils qu'il n'a jamais connu, la mère qui est morte pendant qu'il était en captivité, le soldat qui n'est pas revenu et sur lequel la famille se pose des questions... Forcément, quand on condense les intrigues d'autant de personnages, ça finit par faire beaucoup. Si je ne savais pas que tous ces éléments se retrouvent, scène pour scène (comme la terrible, terrrrrrible poignée de main du fils à son père), dans Hatufim, j'accuserais Homeland de donner dans l'exagération. Mais en fait j'y vois plutôt un magnifique hommage à ce que tout ce que le pilote de la série israélienne est capable de faire passer (et sans parler hébreu, la scène de l'aéroport, je vous jure que j'étais en larmes en la voyant dans la version originale ; la version américaine ne démérite pas, d'ailleurs, sur ce passage).

Petit clin d'oeil : je n'ai pu réprimer un sourire en voyant la robe rouge. Elle m'était apparue comme très symbolique dans le pilote de Hatufim (essentiellement parce qu'il est visuellement très léché, avec beaucoup de couleurs oppressantes et froides, et que le rouge tranchait énormément dans cette ambiance), et j'ai beaucoup apprécié de voir l'épouse revêtir une robe presque identique dans Homeland.

HatufimHomeland_LadyinRed_2 HatufimHomeland_LadyinRed_1

Tout le long du pilote, Homeland va décider de traiter le côté émotionnel avec une grande fidélité au pilote original, s'autorisant tout au plus d'aller plus loin dans la scène de la première nuit, absolument poignante aux États-Unis, et largement plus soft dans le pilote de Hatufim qui, sans éluder la question sexuelle, oriente sa conclusion différemment, mais avec le même ton pessimiste.
Visiblement, la partie "drama" a plu à la prod américaine dans la série originale, plus que les enjeux politiques (on retrouve dans Homeland la conférence de presse de Hatufim, sauf que cette fois le soldat miraculé est présent devant les caméras, ce qui n'est pas le cas dans le pilote israélien).

Surtout que la plus grande différence est dans l'obstination de Homeland à vouloir s'intéresser à autre chose que ce retour, preuve que le drama, ça ne lui suffit pas. Et c'est à la fois la plus grande déception de ce pilote, et sa plus grande promesse, car c'est là que la série s'éloigne du support d'origine, et bâti sa propre mythologie. Le personnage de Carrie n'existe absolument pas dans le pilote de la série israélienne, et je doute sincèrement qu'il apparaisse par la suite, ou s'il le fait, certainement pas à un tel degré. Entièrement neuf, ce personnage est très bien construit dans Homeland mais incarne l'obsession de la série pour les complots et le terrorisme. Je n'ai pas vu la suite de la série Hatufim (même pour une folle pour moi qui regarde des pilotes dont elle ne comprend pas les dialogues, ça semblait exagéré d'aller plus loin) mais de toute évidence ce n'est pas le propos de la série, qui voulait surtout explorer le traumatisme des familles, des ex-prisonniers, et essayer de reconstituer la captivité de ceux-ci pour comprendre ce qu'ils avaient vécu (la mort d'un des soldats captifs étant l'outil pour le faire). Mais Homeland est en cela très américaine qu'elle veut absolument sauver quelque chose, pas simplement fouiller le passer pour comprendre ce qui s'est passé. On a également un collègue décédé mais le pilote met tout de suite les choses au point en dévoilant vers la fin que c'est le soldat qui a tué son ami et partenaire. Je pense que, si Hatufim arrive peut-être à cette conclusion par la suite de son intrigue (ce que je crois au vu du pilote), l'idée n'est pas d'employer ce crime comme une preuve de trahison mais plutôt d'explorer l'horreur vécue, les dilemmes moraux endurés pour la survie, ce genre de choses.

Mais comme je l'ai dit, c'est cette différence qui déterminera aussi la grandeur de Homeland, et parce que pour le moment, la série est bien écrite, bien filmée et bien interprétée, je crois qu'il est possible que cet axe si américain de l'intrigue donne quelque chose d'intéressant. Et vu que j'ai réellement eu un coup de coeur pour ce pilote, le premier en cette rentrée, je n'aurai aucun problème à le vérifier pendant la saison.
Simplement, je crois que, aussi étrange que cela puisse paraître vu les circonstances... j'avais encore plus aimé le pilote de Hatufim, pour son registre plus ouvertement dramatique.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hatufim et la fiche Homeland de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:45 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]