ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

14-10-12

Na-Nu Na-Nu

Comme ce weekend, j'étais malade comme un chien (chais pas pourquoi j'en parle au passé, d'ailleurs...), j'ai décidé de mettre les challenges et les découvertes exotiques de côté, et de m'orienter vers quelque chose de divertissant et de réconfortant, sans être toutefois trop exigeant.
Donc évidemment j'ai opté pour un vieux sitcom, et c'est tombé sur Mork & Mindy. D'ordinaire quand je suis vraiment à l'article de la mort, je regarde plutôt 30 Rock, comment en témoignent les tags, mais je n'étais pas SI désespérée.

En fait, non, ce n'est pas la seule chose qui a dicté mon choix. Cette semaine, l'épisode de The Neighbors a réussi à placer une référence à Mork & Mindy, ce qui est courageux, puisque je dirais que rares doivent être les spectateurs de la série à être allés jusqu'au troisième épisode de The Neighbors (soit par manque de patience, soit par mort naturelle). Mais cette petite référence m'a fait réaliser une chose : en dépit du fait que le générique de Mork & Mindy fasse partie de ma playlist depuis plusieurs années déjà, je n'avais jamais vu un épisode de la série. Il n'en fallait guère plus à mon cerveau malade : j'ai tenté le pilote. Pilote qui, d'ailleurs, est en deux parties, ah c'était le bon temps.

MorkMindy

Bon, clairement, autant il y a des séries datant de Mathusalem qui sont une incroyable démonstration d'intelligence et de finesse dépouillant ainsi le téléphage moderne de tous ses clichés sur les fictions des années 70/80 et leur qualité prétendument inférieure... autant il y a Mork & Mindy. On ne va pas se mentir, les dialogues ne sont pas d'une grande fulgurance la plupart du temps.

Mais, comme tous les livres d'histoire télévisuelle devraient vous l'avoir dit, il faut quand même regarder au moins une fois Mork & Mindy pour y découvrir un jeune Robin Williams faisant une publicité folle pour la consommation de cocaïne ; sérieusement, ça donne envie de s'y mettre tant ça semble lui réussir. Le show repose absolument sur ses épaules ou ses fesses, s'il est assis et les seuls passages drôles du pilote, on les lui doit. A côté, même le Fonz (ah oui, il y a un passage "flashback" dans l'univers de Happy Days, mais naturellement vous saviez que Mork & Mindy était un spin-off, pas vrai ?) a l'air un peu pâlichon.
Alors, pendant près de 50 minutes, Williams, très en forme, excelle ; aussi bien dans son amour pour les imitations et les voix bizarres, que dans un humour plus visuel. En somme, regarder sa performance, c'est comme réapprendre pourquoi on l'aime tant. Du moins, c'est mon cas. Par contre on va dire que c'est la fièvre, mais j'ai pas arrêté de me dire que ça va être très dur pour moi le jour où il disparaitra ; on peut trouver le secret de l'immortalité avant que Robin Williams claque s'il vous plait, merci d'avance.

Certes, le pilote Mork & Mindy n'est pas franchement un chef d'oeuvre, et son histoire est un prétexte à faire rire en se reposant à 90% sur les singeries de son acteur principal, mais il faut quand même admettre qu'outre le comique de la situation et le spectacle qu'offre Williams, il y a quelques petites notes assez amusantes relevées sur nos us et coutumes de "Terriens" (enfin, Amériterriens, disons, car tout cela est évidemment très Occident-centré) qui permettent de ne pas totalement sombrer dans la démence. Mork est sur Terre pour nous étudier, et sa grande naïveté lui permet d'asséner quelques petites remarques sur nos comportements parfois un peu illogiques, les complications de notre société lui semblant non seulement exotiques mais aussi un peu frigides. Lui, par contre, est vraiment un bon vivant, et il voit les choses sans cynisme ni sentiment de supériorité, alors que clairement sa civilisation est plus évoluée que la nôtre (on y reconnaît les mérites des lobes d'oreille, par exemple). On ne peut pas dire que cela relève du génie, mais ça évite de rendre le pilote totalement stupide.

Du coup, Mork & Mindy était le parfait divertissement pour ce dimanche, surtout avec le sauf du Red Bull Stratos tout de suite après, c'est bien, c'était dans la thématique.
Maintenant pardon, je vais me remettre au lit en espérant être en état pour finir la première saison d'Intersexions quelque part cette semaine.

Posté par ladyteruki à 20:40 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

01-03-10

Ne riez pas, ça pourrait vous arriver

Je suis une téléphage appliquée, MOI. J'ai bien fait tous mes devoirs, MOI. J'ai regardé le film Parenthood, MOI.
Je devrais avoir droit à un bon point ou une image, non ?

C'est quoi le nom du film ? Parenthood
C'est plutôt quel genre ? Film d'horreur
Qui on connaît là-dedans ? Steve Martin, Dianne West(Law & Order, In Treatment...), Mary Steenburgen (Joan of Arcadia), et bien d'autres, sans compter que derrière la caméra ya un peu Ron Howard quoi (Happy Days).
Ça date de quand ? 1989, c'est presque dommage de lancer la série en 2010 tiens !
En résumé, de quoi ça parle ? Des innombrables et intarissables joies de la vie de parent.

Parenthood___1 Parenthood___2 Parenthood___3 Parenthood___4 Parenthood___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Dans la famille Buckman, je voudrais le parent stressé... euh, c'est forcément bonne pioche. Les enfants de la famille Buckman ont tous des enfants à présent, et dans les quatre foyers qui constituent cette petite tribu, élever des gamins n'est jamais simple...
Et ça finit comment ? Comme dans la plus réussie des propagandes natalistes.

Pourquoi c'est bien ? Ces derniers temps (vous le savez peut-être si vous suivez les tribulations de mon Secret Diary of a Cinephile), j'ai regardé plusieurs films des années 80 ; ce weekend encore, je vous parlais de My Girl (qui date de 91 mais bon, ça va, quoi, on a compris) et son esprit incroyablement sincère et touchant, sans fioriture ou presque. Dans Parenthood, on est dans la même configuration, avec beaucoup de tendresse, un regard lucide mais pas forcément négatif, et, en plus,beaucoup d'humour. On réagit en permanence aux petites touches d'humour (Steve Martin est très en forme, en plus) comme aux petits coups au cœur.
Pourquoi c'est pas bien ? Je l'ai dit et le répèterai jusqu'à mort s'ensuive, je n'ai qu'un intérêt très limité pour les bébés. Vous me donnez le choix entre avoir un bébé ou un vampire à la maison, c'est bien simple : j'hésite. C'est à ce point. Alors franchement, le final... non, ça va quoi, faut arrêter.

Ah, les joies du cinéma ! Je vous jure que Keanu Reaves a DEUX expressions dans ce film. Si vous ne le regardez pas pour la série Parenthood, si vous ne le regardez pas pour Steve Martin, si vous ne le regardez pas pour votre culture générale... regardez-le pour ce fait incroyable et, à ma connaissance, totalement unique.
La réplique qui tue : L'une des perles de sagesse du film (qui mine de rien en recèle quelques unes) vient certainement du personnage dont on attendait le moins de fulgurances. Mais c'est le genre de sortie qui ne peut que ravir mon coeur : "you need a license to buy a dog, to drive a car - hell, you even need a license to catch a fish. But they'll let any butt-reaming asshole be a father". On est bien d'accord.
La scène qui tue :
J'étais pliée de rire pendant cette scène. De toutes façons, beaucoup de très bonnes scènes ont lieu dans ce foyer mais je voulais avant tout vous montrer celle-là. La fille d'Helen, Julie, a fait des photos coquines dans l'intimité avec son petit copain Todd... mais comme vous allez le voir, elles ne tombent pas dans les mains qu'il faudrait.

Parenthood___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Une de ces fois magiques où divertissement rime avec intelligence. Oui je sais ça rime pas, mais justement là si. Mais je suis sûre que ça aura plus d'impact quand je serai moi aussi devenue l'esclave de ma progéniture.
Bilan : Avec My Girl, je sortais les violons et je vous racontais combien, ah, des films comme ça, on n'en fait plus. Je suis en train de vous préparer la même chanson sur The Breakfast Club qui est un peu ZE film du mois de février pour moi. Eh bien en attendant, je vais vous le dire de Parenthood, même si ça n'est pas un coup de cœur, c'est quand même la vibrante révélation (ou en tous cas, l'indispensable aide-mémoire) que, ah mon Dieu, des films comme ça, on n'en fait plus.
Mais je me demande sincèrement si du coup, une série comme ça, on peut la faire, aujourd'hui. En tous cas je ne m'attends pas à trouver dans le pilote que je regarderai, si le Dieu de la Téléphagie est avec moi, demain soir, la même ambiance un peu naïve... non, naïve c'est pas le mot... un peu innocente... non, innocente non plus... enfin bref, je pense que l'esprit de la série ne peut pas être le même, c'est impossible, on parle d'une génération différente, d'un climat où la fiction repose sur le fait que les gens sont plus blasés qu'ils ne l'étaient, alors qu'ils ont strictement les mêmes soucis, si on y pense.
Cela dit je ne demande qu'à avoir tort, et que NBC me le prouve sans tarder. Mais enfin je n'y crois pas trop.
J'ai aussi l'impression persistante que ce sera difficile pour Parenthood de parler de la famille comme Parenthood en parle, mais en plus moderne, pour la bonne raison que justement Modern Family me semble l'avoir pris de vitesse. Modern Family dont je n'ai vu que le pilote, certes, et donc mon avis vaut ce qu'il vaut, mais enfin, Modern Family est dans la même dynamique, avec juste l'effet de style typiquement XXIe siècle qu'est le mockumentary. La niche de Parenthood se trouve là, dans la capacité à essayer de rester dans le "vrai", dans le "je vais pas vous raconter des cracks, ça va pas toujours être marrant", dans le "de vous à moi, sincèrement", que Modern Family ne peut pas saisir en permanence du fait de son statut de comédie. Mais dans ce cas il faut aussi éviter l'écueil inverse, le trop sérieux. Et tout ça sans oublier que Brothers & Sisters est aussi passé par là, et qu'il s'en est dit, des choses sur les familles, depuis 1989...
Au regard de ce film réussi (et qui finalement n'a pas tellement vieilli que ça), j'ai quelques appréhensions pour Parenthood, mais si le pilote est, disons, moitié moins bon que le film, il y a de l'espoir.
Mais plus j'approfondis le dossier, plus je suis quand même hyper méfiante. Ça, plus mon théorème... c'est pas joué d'avance, on va dire.

Posté par ladyteruki à 23:07 - Comme au cinéma - Permalien [#]
  1