ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

01-02-13

The trouble with Girls

Il n'y a pas si longtemps, j'évoquais brièvement la "malédiction de la saison 2", qui fait que j'abandonne souvent une série au début de sa saison 2. Le processus est loin d'être conscient, d'ailleurs, et j'ai mis pas mal de temps à m'en apercevoir (alors que ça s'est produit pour Nurse Jackie, par exemple, donc il y a bientôt trois ans). Je n'ai pas encore réussi à analyser ce qui fait que c'est à ce moment-là que je bloque et que j'élimine certaines séries de mon planning ; à la limite ça semblerait plutôt logique, si je tombe en désamour à l'issue de la saison 1, que je ne reprenne jamais la série, plutôt que je la reprenne et qu'au plus fort de son début de saison, je baisse les bras. Bon, en tous cas les faits sont là, ça m'arrive très souvent, et pas de façon consciente.
L'abandon, quand j'en prends vaguement connaissance, se fait d'ailleurs en général avec une mauvaise foi caractérisée : je m'auto-convaincs que je reprendrai la série plus tard. Ainsi, je n'ai vu que trois épisodes de la saison 2 de Game of Thrones, mais je me soutiens mordicus que je finirai par voir la suite.

Cependant, pour la première fois, je suis sur le point d'abandonner une série au début de saison 2, très consciemment, et bien décidée à ne plus jamais y toucher. Cette série, c'est Girls, et si vous êtes sûrs que les spoilers ne vous font pas peur, et que vous êtes à jour sur le visionnage de la série, je vous explique pourquoi juste après l'image.

GirlsDontComeEasy

Plus les épisodes passent, plus j'ai du mal avec la réputation d'authenticité de Girls.
C'était, et c'est encore, l'argument majeur de nombreuses éloges à l'égard de la série (dont l'immensément touchante review de la saison 1 sur DNES), et c'est également, à peu près chaque semaine, ce que je lis dans des critiques d'épisodes (pour vous donner un exemple, cette review hebomdaire de Girls dit de l'épisode de dimanche que "it was reminiscent of every creative New Yorker’s early 20s", "it’s incredibly believable", "as realistic as it is", "which is totally something that happens"... pour un seul "unrealistic !"). Ayant fraîchement passé la barre des 30 ans, je m'attendrais naïvement à être capable de reconnaître deux ou trois choses de véridiques dans Girls, si ce n'est à travers mon vécu, au moins dans celui de quelques uns de mes proches, mais rien à faire. La racine du mal tient sûrement dans le fait que je ne suis pas une New-Yorkaise, mais d'un autre côté, Lullaby non plus, alors, bon, je reste perplexe.

En quoi Girls reflète-t-il quelque chose de réaliste ? J'ai beau lire et relire les personnes qui le pensent, je ne parviens pas à comprendre leur point de vue (sans même aller jusqu'à le partager). Je suis sûrement une vieille conne, mais à quel point est-il universel de s'organiser un mariage surprise, de prendre de la drogue pour le boulot, etc., franchement, on ne vit pas dans le même monde Lena et moi, et le plus dérangeant pour moi est d'avoir l'impression que tout le monde voit cette authenticité sauf moi. C'est une expérience téléphagique propre à remettre les fondements de votre vie en question, pour un peu ; je sais que je suis pas exactement une hispter qui fréquente les book parties et les clubs au quotidien, mais à ce point ! Girls a plein de qualités, mais l'authenticité n'en fait résolument pas partie à mes yeux, et la persistance du reste de l'univers à le prétendre me met dans une situation très inconfortable quand je regarde les épisodes.

Et puis, il faut quand même dire que plus les épisodes passent, plus cette réputation relève du paradoxe. On pouvait encore croire à la sincérité du propos en saison 1, quand Lena Dunham écrivait sur ce qu'elle connaissait ; mais un an plus tard, alors que le succès s'est invité dans sa vie, on peut se demander comment Girls est supposé conserver cet ancrage soi-disant réaliste. Cette saison 2 en fait d'ailleurs encore moins démonstration que la première, comme pour confirmer que désormais, Lena Dunham écrit sur ce qui est pour elle-même de la science-fiction.

Le soucis qui s'ajoute à celui-ci est que j'ai de plus en plus l'impression que Lena Dunham fait de l'écriture automatique ; et je reste à convaincre que l'écriture automatique fonctionne pour une série (peut-être un film, je n'en sais rien). Ca semble un peu antithétique.
C'était souvent en saison 1 qu'il semblait n'y avoir pas de but, pas d'arc, pas de fil conducteur. Mais là c'est patent que Dunham s'assied, son ordinateur sur les genoux, et se dit "tiens et si dans cet épisode, un personnage se faisait arrêter ? Et si là un personnage se mariait ? Et si là Hannah essayait d'obtenir un dédommagement pour harcèlement sexuel ?". Et on n'en entend plus jamais parler ensuite ; rien n'a jamais de conséquence dans Girls, ni sur les personnages eux-mêmes (mais cela pourrait s'expliquer par le fait qu'ils vivent dans un monde très largement immature où il n'y a pas besoin de gérer la moindre conséquence) ni même sur ce qui leur arrive. Tout n'est qu'accumulation d'anecdotes bizarres sans aucun lien les unes entre les autres ; si bien que Girls pourrait aussi bien être une anthologie et chaque épisode pourrait sans grand mal être regardé de façon totalement indépendante.
Clairement, le mariage de Jessa n'a conduit à rien (l'actrice a quelque chose comment douze secondes d'antenne dans chaque épisode de cette saison, même si c'est pour sortir la seule phrase qui m'a fait applaudir Girls), pas plus que le dépucelage de Shoshanna, par exemple, comme si Dunham s'était lassée des personnages impliqués sitôt qu'ils ont franchi ce "cap" ; elles ne sont désormais là que pour servir de vague panneau indicateur dans la trajectoire de Hannah et Marnie.

Alors d'un côté, oui, Girls est loin des recettes rigides suivies narrativement par la plupart des séries, et sous cet angle, la série est créative et peut-être même révolutionnaire. C'est tant mieux. Il faut savoir apprécier une série qui se libère des carcans narratifs des autres, c'est si rare. Mais pardonnez mon esprit formaté, j'aime quand même regarder une série pour qu'elle me raconte quelque chose.
Or, on en est à une saison et trois épisodes, et je ne sais toujours pas, en définitive, de quoi parle Girls. Je n'ai aucune idée ni de l'histoire qu'elle raconte (il n'y a pas d'histoire en réalité, juste une accumulation d'expériences sans queue ni tête), et je n'ai aucune idée de vers quoi elle tend, pour ses personnages ou, allez soyons fous, son message général.

Beaucoup semblent dire qu'elle prétend à une certaine authenticité, mais rien ne me semble authentique dans, par exemple, l'expérience de Marnie chez l'artiste Booth Jonathan cette semaine, à la fois dans la situation elle-même, et dans les réactions de la jeune femme.

Je ne comprends tout simplement pas ces personnages. Je ne comprends pas comment Hannah et Marnie peuvent d'un côté passer leur temps à s'auto-analyser en permanence, et en même temps, à être si peu en phase avec ce qui leur arrive, à juste laisser les choses leur arriver pour ensuite s'en plaindre pendant des lustres. Cette auto-victimisation constante, déjà présente en saison 1, de personnages qui assistent à leur propre vie depuis le fauteuil du passager, pour pouvoir mieux critiquer la conduite, commence à franchement me plaire ; surtout que les personnages, et Girls ne s'en cache pas, sont d'une certaine hypocrisie avec eux-mêmes sur ce même point (on l'avait vu dans la fameuse tirade du "no one could ever hate me as much as I hate myself, okay. So any mean thing someone's gonna think of to say about me, I've already said to me, about me, probably in the last half hour", déchirante de mauvaise foi, et dans à vrai dire toute la dispute entre Hannah et Marnie).
Girls montre en somme, semaine après semaine, des personnages qui restent passifs et qui vivent au jour le jour... pour pouvoir ensuite se plaindre de tout ce qui ne se passe pas comme ils le souhaiteraient. Il n'est pas indispensable qu'une série mette en scène uniquement des héros qui obtiennent l'approbation du public, il devient par contre nécessaire, à plus forte raison alors que plus d'une saison s'est écoulée, que cette dynamique ait des conséquences pour eux. Quelles que soient ces conséquences. Pitié, des conséquences, n'importe lesquelles.

Peut-être que, parce que je ne sais pas m'identifier à une série (si, récemment, j'ai eu l'impression de m'identifier à Scrubs, comprenne qui pourra... d'ailleurs était-ce vraiment de l'identification dans le fond, comment le saurais-je puisque le sentiment m'est étranger), que je persiste à regarder Girls alors que je ne suis pas en mesure de recevoir la série.
Peut-être que, mon vécu étant ce qu'il est, je ne suis pas équipée pour trouver dans Girls quelque chose qui semble apparaitre comme évident au commun des mortels. Des séries comme Girls impliquent quelque chose chez les spectateurs qui n'est pas nécessaire dans un grand nombre d'autres séries ; son ambition (présumée ? est-ce vraiment l'intention de Dunham dans le fond ?) d'être sincère et authentique sous-entend une expérience commune avec les spectateurs, et ceux qui n'ont pas cette expérience commune, comme moi, devraient peut-être se résoudre à ne pas regarder Girls.
Peut-être que le sentiment d'inconfort que je ressens devant Girls, depuis plus d'une saison à présent, est en fait le signe que cette série n'est pas faite pour moi, quel que soit le buzz qui a lieu autour.

Pourtant, je trouve de bons côtés chez Girls. J'aime particulièrement les interactions entre les personnages, la façon dont leur nombrilisme s'exprime souvent à travers la façon dont ils se confrontent les uns aux autres, je trouve, pour le coup, qu'il y a quelque chose de très juste dans la façon dont les oppositions entre Hannah d'une part, et, à vrai dire, le reste de la planète de l'autre, marquent une incompréhension mutuelle totale. Hannah et Marnie, et dans une moindre mesure Elijah, Adam et les autres, sont profondément incapables d'empathie (même s'ils sont sûrement convaincus du contraire). Ils ont désespérément besoin de l'approbation des autres et sont proprement dépourvus de toute capacité à approuver qui que ce soit, et c'est quelque chose de très rare à observer à la télévision.
La plupart des héros de Girls sont dans l'auto-fiction permanente, se racontent des histoires sur eux-mêmes... dont les autres ne sont pas dupes, et cela conduit à des choses fantastiques, ponctuellement.

Tout conflit est foncièrement fascinant à observer dans Girls ; mais là encore, ce que j'aime dans un conflit entre deux personnages de fiction, c'est quand il influe ensuite sur eux. Or dans Girls, uand un personnage dit ses quatre vérités à l'autre, ce dernier ne les absorbe jamais. Par exemple, j'ai absolument adoré la conversation entre Elijah et Marnie, avant et après qu'ils "couchent ensemble" (même si entre nous soit dit, il a tout juste trempé un orteil... ça ne compte même pas), la conversation avait quelque chose de brut qui faisait plaisir. Mais en-dehors des conséquences pour Hannah, cette rencontre pourtant si atypique pour l'un et l'autre n'a semblé porter aucune conséquence profonde, aucune remise en question, même. Marnie tente-t-elle de se faire passer pour la personne qu'elle n'est pas ? Et dans ce cas, qui est-elle ? Le sait-elle seulement ? Aveugles à eux-mêmes, ils continuent de tracer leur route... et de coucher avec des artistes contemporains imbus d'eux-mêmes, dans le cas de Marnie.
Comment s'étonner qu'il soit si facile de marcher sur les pieds de Hannah ou Marnie quand elles-mêmes refusent de prendre le contrôle de leur propre existence ?

Il est possible que je ne sois pas supposée regarder Girls, que rien ne m'y destine, mais il y a toujours, comme en saison 1, des instants, éphémères mais bel et bien là, pendant lesquels je trouve Girls vraiment bonne, vraiment incisive. Mais ces instants sont noyés dans des épisodes qui me mettent mal à l'aise non pas de par le recours à la nudité, au sexe, à la crudité, aux substances variées, et ainsi de suite, mais parce que les personnages eux-mêmes vivent dans un état perpétuel de flottement éthéré et de détachement de soi qui m'empêche de vraiment réussir à leur trouver quoi que ce soit de terrestre, et moins encore d'authentique.

Je ne demande pas que les personnages de Girls deviennent "likeable", j'espère juste qu'un jour, je comprendrai en quoi ils sont "relatable". C'est en prenant conscience de cette recherche, de cette course qui est la mienne depuis la saison 1, que j'ai compris qu'il faudrait peut-être, à un moment, jeter l'éponge.
Et ainsi admettre que non seulement je ne suis pas dans la cible de la série, mais que Girls, ce n'est pas pour moi.

Posté par ladyteruki à 19:20 - Review vers le futur - Permalien [#]

29-10-12

Fresh start

L'an dernier, à la rentrée, au rayon des séries de MTV, je regardais Death Valley. Ah ! C'était le bon temps... Cette année, MTV nous sort une série n'ayant rien de fantastique (au sens supernaturel du terme, j'entends) : Underemployed. Et soyons sincères, je ne suis pas dans la cible du tout.
Dans le cadre de notre désormais célèbre défi, whisperintherain publiera prochainement sa propre review, mais en attendant, voici la mienne.

Underemployed

Mon oeil traînait distraitement sur Twitter pendant que j'étais dans le métro, quand ma connexion a été interrompue. Drame quotidien. Mes yeux se sont alors arrêtés sur le dernier tweet qui avait bien voulu charger. Ce tweet disait que son auteur avait eu un coup de coeur pour Underemployed.
C'est là que j'ai réalisé le drame : un pilote US. Totalement accessible. Pas du tout regardé. Même pas cagoulé.
Mais qu'est-ce qui cloche chez moi ?! Je sais que je me traine une méchante crève pour la troisième semaine consécutive, m'enfin quand même ! Un pilote !

Je suis rentrée chez moi ventre à terre, et la première chose que j'ai faite en passant la porte, vous le devinez, a été de me procurer le pilote d'Undermployed.
Et puis il est resté quatre jours comme ça. Gros weekend, que voulez-vous.

Ce n'est finalement qu'hier que j'ai finalement regardé le pilote d'Underemployed. Je pourrais vous dire que c'est une grosse sensation de "tout ça pour ça" qui en a découlé, mais bien au contraire. J'ai adoré ce premier épisode.

Pourtant Underemployed ne semble pas vraiment avoir usé d'originalité. Son pitch rappelle par exemple énormément How to Make it in America, et, eh bien, c'est un peu un pilote de sinistre mémoire dans le coin. Le coup de la petite bande d'amis qui démarrent leur vie d'adulte dans la grande ville, apprenant au passage le sens des réalités, ça a été fait cent fois. Cent fois, vous dis-je.
La série commence donc alors que Sophie, Raviva, Daphne, Lou et Miles, finissent la fac et s'apprêtent à prendre le monde d'assaut. Chacun a ses rêves et ses espoirs ; enfin, quand on a à peine 20 ans, on appelle encore ça des projets. En tous cas, ils se voient déjà conquérir le monde, chacun dans son domaine, et conviennent que dans un an, ils se retrouveront et célèbreront ensemble leurs vies si réussies. C'est vraiment mignon, à cet âge-là. Le problème est évidemment qu'un an plus tard, la réalité s'est rappelée à leur bon souvenir, et leurs vies ne sont pas exactement telles qu'ils les avaient projetées. Mais fort heureusement, leur solide amitié ne les a jamais vraiment séparés (d'ailleurs, en-dehors d'un personnage, ils ont continué de se voir pendant l'année écoulée, deux d'entre eux vivent même en colocation), et ils peuvent se soutenir les uns les autres blah blah blah.

Et pourtant, Underemployed est capable d'être extrêmement sympathique à regarder. D'abord parce que plusieurs situations sont capables de sortir des clichés habituels, voire même, occasionnellement, de surprendre.
Ainsi, même si le principe de réalité est ce qu'il est, et les a empêchés de réussir à atteindre l'objectif qu'ils se sont fixés, nos amis rencontrent un sort variable. Autant Sophie, l'écrivain qui est certaine d'avoir en elle un immense roman, est vendeuse de donuts (c'était d'ailleurs une idée sympathique d'éviter un sort à la Diable s'habille en Prada, et lui faire prendre un boulot éloigné de ses talents), autant certains, comme Daphne, ont décroché un emploi dans le secteur qui l'intéresse mais à la condition d'être en stage non-rémunéré. Certains sont donc un peu plus près que d'autres de la "réussite" telles qu'ils l'ont définie au début de l'épisode. Au niveau des personnalités aussi, certains stéréotypes sont à la fois employés et renversés, et distribués en essayant de sortir de l'évidence, comme par exemple sur le sujet de l'homosexualité ou bien de la naïveté. Et évidemment, le personnage de Raviva nous promet une petite surprise, mais je vous laisse la découvrir car c'est avec délice que je l'ai laissée me prendre de court.

Mais l'atout numéro un d'Underemployed, c'est que, quel que soit le personnage, quels que soient le degré d'originalité de son intrigue ou les facettes de sa personnalité que nous découvrons dans cet épisode inaugural, tous les cinq sont très sympathiques.
Dans Underemployed, on aurait du mal à parler d'authenticité, tant certaines choses sont parfois exagérées, mais les personnages sont suffisamment charmants pour qu'on puisse en tous cas parler de fraîcheur. Ils sont attachants, ils fonctionnent bien en bande, la plupart sont intéressants de façon individuelle aussi, bref, ils sont plein d'énergie et donnent envie de passer un moment avec eux. On a tout de suite envie de se prendre d'affection pour eux.
Sophie et les autres ne sont pas les héros de Girls ; Underemployed emprunte des sujets sur une génération donnée qui sont intéressants, mais sans vouloir s'essayer au réalisme absolu pour les traiter. Il y a toujours des blagues, des grandes scènes de hugs collectifs, et quelques retournements de situation pas banals, à l'instar de Daphne qui négocie comme une reine son salaire (sauf que soyons honnêtes, personne dans la vraie vie ne ferait ça). Mais c'est pas grave. Toutes les séries n'ambitionnent pas d'être Girls, ça ne les empêche pas d'être une voix d'une génération. C'est clairement une fiction qui ne repousse aucune limite connue, aussi bien dans son thème que dans son traitement ; personne ne parlera d'un phénomène Underemployed.
Grâce à la façon qu'ont ces personnages d'exister, d'être pleins de vie, et de s'adorer les uns les autres, sans être absolument réaliste Underemployed aborde des choses assez peu évoquées à la télévision sur le passage à l'âge adulte, et ça fait illusion.

En fait, cette petite bande, armée uniquement de ses bonnes intentions, est avant tout chaleureuse. On ne veut pas vous inviter à vous interroger sur ce que c'est que d'appartenir à la même génération de jeunes qui entrent dans le monde adulte (ou consentent à faire légèrement semblant pour en réalité se consacrer à un matage soutenu de nombril), on veut vous inviter à faire le chemin avec eux, et parce qu'ils se soutiennent les uns les autres pendant la transition, que vous les souteniez aussi (ou même qu'ils vous soutiennent un peu si vous avez besoin d'une série pour ça ; dés fois que dans la grande ville vous n'ayez pas, vous, quatre copains pour le faire). Underemployed est une aventure un peu idéaliste sur des personnages un peu idéalistes. Même quand ils font des concessions, temporaires ou non, c'est en gardant leurs étoiles dans les yeux, et dans la bonne humeur, et ça fait sûrement chaud au coeur de voir ça, quand bien même ce n'est pas très réaliste ou authentique.
Mais Underemployed offre des situations et surtout des personnages d'une grande fraîcheur, efficaces en diable pour vous mettre un sourire aux lèvres quand bien même on y parle de convictions piétinées et de potentiel contrarié, à un point tel qu'une vieille conne telle que moi qui a passé le cap de ces changements est capable de trouver tout cela charmant. Ou peut-être à cause de ça, je sais pas en fait.

Alors du coup, je me suis dépêchée d'écrire ma review sur le pilote, parce que nom de nom, il faut que je regarde le deuxième épisode. Et celui-là, il ne va pas dormir quatre jours sur un coin de disque dur.
Je ne sais plus du tout qui a tweeté sur Underemployed il y a quelques jours. Qui que tu sois, je partage ton enthousiasme.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:18 - Review vers le futur - Permalien [#]

23-10-12

Le rire est ailleurs

A chacun ses méthodes. Lorsqu'il s'agit de vous parler d'un pilote, j'aime le faire aussi rapidement que possible après visionnage, et à la condition de n'avoir pas encore vu les épisodes suivants. Généralement, ça veut dire que si je n'ai pas pris le temps de vous parler d'un pilote que j'ai déjà vu, je n'ai donc pas vu la suite. C'est le cas par exemple pour Puberty Blues, que je tente de reviewer depuis quelques semaines maintenant, et dont je n'ai pas encore vu le deuxième épisode pour cette raison. Ma logique derrière cette règle personnelle (libre à chacun d'en penser qu'elle est absurde, évidemment) est que cela me permet de vous parler du pilote et juste lui, de ce que la série promet, de ce que la première impression produit. Je me réserve ensuite la possibilité d'écrire sur les épisodes suivants et/ou un bilan de saison, selon l'humeur et les choses à en dire, mais ce rituel des pilotes "nus" me semble précieux, à plus forte raison parce que je parle d'énormément de pilotes variés, souvent pour vous les faire découvrir s'ils sont exotiques, et que je ne pense pas que je parlerais correctement de la découverte potentielle que représentent certains épisodes si j'avais déjà en tête les développements qui suivent.
Le problème est que toute règle a ses exceptions. Dans le cas de The Neighbors, je partais sur la série avec un point de vue négatif, le pilote m'a laissée circonspecte, et j'ai fini par suivre les épisodes suivants sans avoir parlé du pilote dans ces colonnes, pour essayer de clarifier ma position à son sujet. Ce qui serait tout-à-fait acceptable, après tout (un cas de conscience similaire m'avait été posé par Girls, à un degré différent), s'il n'y avait pas le défi avec whisperintherain, consistant à reviewer chaque pilote. Même ceux pour lesquels on ne sait pas trop ce qu'on va dire.
Aujourd'hui est donc une exception : je vais vous parler d'un pilote que j'ai non seulement vu dés sa diffusion, il y a bien des lunes, mais pour lequel j'ai déjà suivi plusieurs épisodes. Mais, on l'a dit, j'aime bien réussir mes défis...

TheNeighbors

Le concept de The Neighbors augurait du pire comme du pire : des créatures étranges, qu'on confronte à notre bon mode de vie américain, et qui sont supposées nous faire rire avec un choc civilisationnel à peu de frais... Des idées comme ça, on en avait déjà vu quelques unes, et ça avait donné des horreurs du genre de Cavemen. C'est précisément avec cette idée bien arrêtée que j'avais lancé le pilote de The Neighbors, convaincue que le concept était mauvais jusqu'à la racine et qu'il ne pouvait rien en sortir de bon. A cela encore fallait-il ajouter le handicap Jami Gertz (si vous n'avez jamais vu Une Famille Presque Parfaite, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de l'horreur), et, osons le dire parce qu'on y est tous quand même un peu réceptifs, aucun autre nom, derrière ou devant la camera, qui ne donne vraiment confiance.
Au temps pour mes espoirs de neutralité, envoyée ici au tapis.

Dans le fond, je crois que je m'étais convaincue à un moment, et allez savoir comment puisque je ne regarde aucun trailer, que The Neighbors serait une sorte de comédie grossière, maladroitement filmée en single camera mais reposant sur les réflexes des pires sitcoms en multi-camera, reprenant les clichés sur la vie d'une famille de banlieue, comme une façon nouvelle de filmer, je sais pas moi, disons According to Jim (si vous n'avez jamais vu According to Jim, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de l'abomination).
Les premières images m'ont en réalité à peine détrompée. L'arrivée de ces étranges voisins sur Terre semblait caricaturale, et les blagues n'étaient pas très fines. L'arrivée de la famille humaine dans leur petit quartier résidentiel (sur un court de golf) ne répondait pas tellement plus à mes interrogations.

Pourtant, quelques choix ont commencé à me mettre dans de meilleures dispositions, progressivement. Le fait, d'abord, que l'identité secrète des voisins de l'étrange ne soit pas connue que des spectateurs, mais au contraire, rapidement dévoilée aux protagonistes humains. Voilà qui aurait, sans nul doute, été à l'origine de nombreux scénarios pénibles sur la nature réelle qui manque in extremis d'être découverte une semaine sur deux, ou, au contraire, les démonstrations d'ingéniosité des extraterrestres pour ruser et berner leurs voisins trop bêtes pour voir ce qui est sous leurs yeux. L'épisode inaugural tentera quelques plaisanteries sur le mode "ils doivent être Européens", mais la résolution rapide du mystère des origines du quartier coupera court à ces blagues éculées, par exemple.
Avantage corollaire, les humains ne sont donc, dans The Neighbors, pas des imbéciles : certes, la situation les effraie initialement, et à juste titre, leur faisant perdre temporairement leurs moyens, mais ils ne font pas complètement honte à leur espèce et font montre de facultés d'adaptations louables.

Les excentricités de ces voisins venus d'ailleurs sont parfois peu originales, je le maintiens, mais ce n'est pas lourd non plus et c'est ce qui présente des avantages certains.
Ainsi, ce qui va devenir un effet récurrent est souvent efficace : la communauté d'extraterrestres habitant l'enclave a tendance à être très soudée, et à se regrouper pour toutes sortes d'activités des plus anodines, comme dans ce pilote, venir souhaiter la bienvenue aux nouveaux-arrivants. Certains passages du pilote de The Neighbors ont presque des airs de Suburgatory (si vous n'avez pas vu Suburgatory, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de la déception), dans la façon de mettre en place un univers à la fois résolument familier et un décalage loufoque tentant de passer pour une norme locale.

Finalement, l'épisode s'oriente vers une comédie mettant en scène deux couples, deux façons de fonctionner, qui vont sympathiser malgré tout, et que l'un de ces couples manque de sacrifier son dernier-né afin de pouvoir contacter la planète-mère n'est finalement qu'un à-côté. Rapidement, les hommes plaisantent entre eux, les femmes entre elles, dépassant leurs différences, se confrontant au regard de l'autre ; ça ne donne pas nécessairement des histoires foudroyantes, mais au moins les dialogues valent le coup, le ton souvent peu expressif ou lunaire des voisins accentuant l'absurde de certaines conversations.
The Neighbors n'est pas la catastrophe annoncée. Au stade du pilote, toutefois, ce n'est pas non plus une grande réussite. Sans être l'abomination que je craignais, la série manque d'énergie, et à plusieurs reprises, elle prouve aussi que son cast manque régulièrement de charisme, notamment chez les humains où personne ne se donne beaucoup de mal (porter le rôle de repère de la normalité n'aide évidemment pas ce phénomène). Il manque à The Neighbors quelque chose, une étincelle, qui provoque l'hilarité, et donc le coup de foudre ; on en est même très loin.
Difficile pour The Neighbors d'offrir quelque chose du niveau par exemple de Raising Hope, référence absolue des séries à l'humour increvable de ces dernières années (si vous n'avez pas vu Raising Hope, il faut vous y mettre).

Fort heureusement, avec le recul, et puisqu'une fois n'est pas coutume j'en ai au moment de rédiger cette review de pilote, il faut admettre que The Neighbors a quelques tours dans sa manche par la suite, y compris, ponctuellement, dans le domaine de l'émotion, et j'étais la première surprise. Sans être non plus extra-touchante (pardon), la série parvient à donner corps à des personnages pas tout-à-fait unidimensionnels et sympathiques. Quelques bonnes idées attendent les spectateurs patients par la suite, rattrapant des intrigues souvent peu motivantes sur le papier, mais relativement bien troussées (je pense par exemple à l'épisode dans lequel des amis du couple viennent les visiter dans leur nouveau voisinnage), montrant que, même s'il manque quelque chose à The Neighbors, ses auteurs tentent des choses et, parfois, les réussissent vraiment. Ce n'est pas la norme dans les épisodes diffusés jusqu'à présent, où beaucoup de scènes se regardent d'un air blasé, mais quand ça se produit, ça fait plaisir.

Clairement, The Neighbors n'est pas mon coup de coeur de la saison, loin s'en faut. Mais je crois que ce qui m'avait laissée certes rassurée, mais pas complètement convaincue à l'issue du pilote, en fin de compte : on s'y fait. On admet qu'on ne se tordra pas de rire. On admet aussi que ne pas se tordre de rire devant une comédie ne signifie pas qu'elle est nulle. The Neighbors ne nous prend pas pour des spectateurs auxquels il faudrait bourrer le mou avec des ingrédients, des gags et des personnages ridicules, et c'est toujours ça de pris. Après, je ne sais pas s'il faut vraiment laisser du temps à cette série, qui confirme dans ses épisodes suivants les mêmes mollesses, les même maladresses, que dans son pilote ; si ce dernier ne vous rebute pas après visionnage, sachez qu'il y a peu de chances pour que vous développiez une profonde aversion pour la série dans les épisodes qui suivent. En revanche, si vous êtes en quête d'un moment de drôlerie absolue, et que le pilote ne vous décroche pas même un rictus fatigué, changez de crèmerie.
Mais ça se trouve, sur Zabvron, les spectateurs sont pliés en quatre, on sait pas.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 15:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

18-06-12

This one's for the girls

Et donc, Girls.
Ca fait 10 semaines que je reporte, mais faudra bien en parler un jour. Du coup : Girls.

Girls

Pourquoi avoir tant repoussé la rédaction de ce post ? Tout simplement parce que je suis toujours incapable de dire ce que j'en pense. Ou plutôt parce que j'en pense une chose différente à chaque épisode. A chaque scène. A chaque minute.
Je ne sais pas si c'est supposé souligner combien la série est futée, drôle ou perspicace, ou autre chose. A dire vrai, toutes ces qualités que de nombreuses reviews et d'encore plus nombreux tweets ont semblé encenser, j'ai souvent du mal à les trouver dans un épisode. Pendant le pilote (qui est certainement l'épisode de la série sur lequel mon point de vue est le plus tranché : je suis certaine d'y avoir été totalement insensible, au sens le plus froid possible du terme), je me souviens avoir entamé le visionnage avec un esprit aussi vierge que Shoshanna, mais ça n'a pas duré ensuite, le déluge de compliments s'est abattu sur Girls et j'ai eu l'impression de passer le plus clair de mon temps à essayer de voir où se logeaient ces qualités.

Parfois ça me manque, l'époque où en l'absence d'un accès à internet, notre rapport à une série était pur et dénué de toute idée préconçue ; aujourd'hui, dés qu'une série fait du buzz, l'effet social TV balaie tout.
Peut-être que si je n'avais pas lu autant de réactions extatiques, je ne me serais pas lancée dans cette quête frénétique de la qualité rédemptrice de Girls et y aurais pris un plaisir plus simple. Peut-être aussi que sans ces retours positifs, je n'aurais pas poursuivi la saison dans l'espoir de trouver la clé de son succès critique. C'est à double-tranchant et je ne saurais jamais quelle aurait été ma réaction à Girls dans un contexte "sain" et sans interférence extérieure. Pas sûr que ce soit une expérience qu'on puisse encore connaître de nos jours...

En tous cas, je serais bien en peine de dire si Lena Dunham est la voix de sa génération (ni même une voix d'une génération). Ce qui est certain c'est que si c'est le cas, nous n'appartenons clairement pas à la même génération. Je n'ai a priori que quelques années d'écart avec les héroïnes, mais il était clair dés le pilote pour moi qu'on ne parlait pas du même monde. Probablement que c'était en partie dû à mes problèmes d'identification en général, mais même en faisant de gros efforts de mémoire, voire même de documentation (vieux journaux intimes, blog, etc...), impossible de trouver où Hannah et moi pouvions être liées de quelque façon que ce soit ; c'est d'autant plus perturbant que j'ai eu la sensation que c'était l'une des choses qui fonctionnait le mieux pour Girls : l'impression donnée d'avoir saisi quelque chose de vrai sur ses contemporains. Il faut dire qu'elle se donne un mal de chien pour paraitre la plus authentique possible. L'ironie de la chose n'a pas su m'échapper, et cela a régulièrement gâché mon plaisir.

Là où, sans conteste, Girls réussit, c'est en posant de personnages plutôt réalistes, avec énormément de défauts, Hannah en tête. C'est clairement un travail d'autocritique puissant qui a été accompli ici, et réalisé avec très peu de complaisance. Les portraits sont cinglants d'héroïnes insupportables, mais convaincues d'être dans leur bon droit, et ostensiblement pointées du doigt pour cela, à la différence de beaucoup de séries où les scénaristes semblaient faire preuve parfois d'une inouïe indulgence, au nom du sacro-saint dogme selon lequel un personnage devrait attirer la sympathie, être likeable d'une façon ou d'une autre, pour que nous nous intéressions à son sort sur le long terme. Sex & the City, avec laquelle tant de comparaisons ont été tracées (parfois à raison), faisait partie de ces fictions où quoi que faisaient les héroïnes, elles semblaient voir leurs décisions, même les plus contestables, complètement validées par les scénaristes. Lena Dunham juge ses personnages autant que Hannah juge les gens, et c'est une qualité assez courageuse pour une série s'adressant à une tranche d'âge si particulière.
Girls n'est pas la première série à offrir des personnages centraux ouvertement exécrables, mais elle est certainement celle qui en met le plus sur le devant de la scène d'un coup ; la plupart du temps, il n'y en a, comme on dit, pas un pour rattraper l'autre.

Il y a cependant beaucoup de narcissisme dans Girls ; c'était à prévoir vu l'omniprésence de Lena Dunham (écriture, production, interprétation, et plusieurs fois, réalisation), et dans les phases où la série me tapait vraiment sur les nerfs, elle ne le faisait pas à moitié. Car après tout, ce que Girls dépeint est une maladie dont Dunham est évidemment frappée : son univers est extrêmement restreint.
Alors qu'il s'agit probablement de l'âge de la vie où les gens font le plus d'expériences qui les ouvrent sur l'extérieur, lâchés qu'ils sont dans le monde après avoir connu des enclos rassurants bien que progressivement plus larges (d'abord la maison, puis la petite ville de province, puis l'université...), Girls fonctionne en circuit fermé. Ses héroïnes passent 90% de leur temps à se mater le nombril.
C'est assez tragique que les personnages aillent si peu de l'avant alors qu'ils vivent certainement dans les circonstances les plus favorables pour cela : outre le contexte éminemment cosmopolite de New York (et c'est dit sans réitérer le procès d'intention d'ordre racial, mais tout simplement parce que statistiquement, une métropole offre plus de possibilités de rencontres), le fait que Hannah se retrouve plongée au tout début de la série dans le grand bain par ses parents qui lui coupent les vivres, devrait induire des changements plus profonds dans son comportement. Peut-être que la première saison n'était qu'une façon de progressivement préparer ces changements et qu'ils interviendront plus tard, mais j'ai trouvé que cela manquait cruellement. Ce qui devrait être une expérience poussant Hannah, sinon dans l'âge adulte, au moins hors de l'adolescence, ne porte pas totalement ses fruits. Or en de nombreuses occasion, elle comme ses amies se comportent exactement comme si elles avaient encore quinze ans. Leur immaturité personnelle et amoureuse s'accompagne aussi d'une grande immaturité sur tout le reste, et notamment sur un plan professionnel, et c'est un aveuglement insupportable quand on voit ce sur quoi repose le pilote. J'espérais vraiment que la série nous offrirait un accompagnement plus intéressant que cela sur l'obligation de grandir imposée à Hannah, et ça n'est jamais venu.

Girls-Jessa

Toutefois, je n'ai pas que des reproches à adresser à Girls. Non, ce serait trop facile. Comme je le disais, il y a des moments où j'en ai pensé du bien, et pas qu'un peu.

En particulier, mais pas seulement, deux passages (logés dans le même épisode, qui m'a alors semblé touché par la grâce) ont réussi à m'émouvoir sincèrement. Vu mon visionnage en montagnes russes de la série, on peut parler d'exploit, car ce sont deux moments pendant lesquels il y avait suffisamment de puissance tant dans l'écriture que l'interprétation, que c'est le coeur qui a eu son content et non plus la tête. Dans une série aussi cérébrale que Girls, où tout est over-analysé en permanence (parfois aux confins du ridicule, de par l'égocentrisme de ses personnages) et où Hannah, en particulier, semble toujours vouloir tout verbaliser même quand elle semble inventer des sentiments et des excuses pour se justifier de telle chose ou telle autre (comme on l'a dit, heureusement, le spectateur n'est jamais vraiment laissé dupe), céder la place à une émotion vraie tenait de la gageure.

Le premier de ces passages, qui sur le coup semblait d'ailleurs totalement anecdotique, se déroule avec Jessa, lorsque son ancienne patronne décide de venir la voir dans son appartement et lui parler d'elle, de son comportement, de son avenir. C'était une séquence tellement jolie que c'était à se demander ce qu'elle faisait là. Ce n'était presque pas du Girls (ce qui dans mon esprit joue comme un compliment pour la série, mais après vous en faites ce que vous voulez) tant la conversation était dénuée de tout blabla inutile et pontifiant, qui lui est si caractéristique chaque fois que ses héroïnes ouvrent la bouche.
Jessa, soudain redevenue une petite fille plutôt que l'arrogante hipster qu'elle se donne tant de mal à paraître, a réussi pendant ce moment à donner l'accès à un autre personnage, venu la toucher et lui parler à la fois comme à une enfant et comme à une adulte, et le résultat donnait quelque chose de sincèrement magnifique, notamment avec ce plan soutenu sur les yeux de Jessa qui pour la première fois, semblait écouter avec l'esprit ouvert, et pas juste en faire à sa tête. Les conséquences de cette discussion ne sont sans doute pas celles qu'on pouvait imaginer, mais il était agréable de découvrir dans le series finale que cette conversation avait eu autant d'impact sur Jessa que sur la spectatrice que j'étais. C'était probablement ce que j'attendais le plus de Girls en matière d'évolution d'un personnage immature. Et c'était d'autant plus surprenant que ça arrivait à Jessa, qui n'avait jamais semblé être celle qui avait le plus besoin d'un tel moment de vérité.

Girls-Fight

L'autre, bien-sûr, est celui dont à peu près tout le monde a parlé, cette longue et pénible confrontation entre Hannah et Marnie. C'est sans doute la scène qui d'ailleurs encapsule le mieux les défauts comme les qualités de la série, mais parvient à les dépasser et même les sublimer, pour offrir un grand moment de vérité (même si aucune des deux protagonistes ne saisit tout-à-fait cette dernière). D'une part, la longueur de cette scène joue énormément en sa faveur (c'est d'ailleurs assez rare qu'une scène s'étire autant dans ce format d'une demi-heure, mais comme le dit Dunham elle-même, ce n'est pas le genre de considération qu'elle prend en compte et apparemment il y a plus long, même !). Mais surtout, ses dialogues font certainement partie de ce que les héroïnes auront dit de plus vrai et de plus authentique de toute la série. Aussi empêtrées soient-elles dans des troubles qui ressemblent étrangement à une noyade dans un verre d'eau, leur façon de se confronter l'une au nombrilisme de l'autre, et de constater qu'elles ont besoin d'autre chose que ce que leur colocataire et amie peut (et veut) apporter actuellement a eu une vraie résonance. Ca ressemblait à une VRAIE dispute ; en dépit du nombre de confrontations télévisuelles qu'on voit chaque année sur les petits écrans, c'est pourtant une qualité rare.
Ce qui est sans doute le mieux vu dans cette dispute est la façon dont chacune énonce des vérités précises et cinglantes, que l'autre n'est pas prête à entendre. Cela se sent dans l'épisode suivant, alors qu'aucune n'a vraiment pris en compte ce qui s'est dit dans sa façon d'être. En cela, la dispute est d'autant plus réaliste, autant que faire se peut.

Ces deux qualités, en plus d'être rassemblées à quelques minutes d'intervalle dans le même épisode, ne sont pourtant pas très représentatives de Girls sur la longueur de sa première saison. Sans doute que si j'y avais trouvé plus de scènes de ce genre, sincères et brutes, mon avis sur la série serait sans doute plus positif dans l'ensemble.

Girls-Adam

Le plus surprenant, sur l'évolution à long terme de cette première saison, reste que le personnage le plus intéressant d'une série appelée Girls s'appelle Adam. De l'éternel connard auquel toutes les filles ou presque ont l'impression de se retrouver confrontées un jour ou l'autre, au mec incroyablement sympa et même plus impliqué dans sa relation que Hannah.

Cela en dit long sur celle-ci, d'ailleurs, de voir la façon dont cette relation se transforme avec le temps ; de l'adolescente convaincue qu'elle a affaire à un type qui ne la traite qu'en objet, à la réalisation cruelle que c'est elle qui ne s'impliquait pas autant qu'elle le croyait... et que d'ailleurs elle n'est pas certaine d'en avoir envie. J'ai passé les premiers épisodes à hurler devant mon écran qu'elle devait le quitter et se tirer de là ; et à partir du 6e et surtout 7e épisode, je le suppliait de planter cette gourdasse et de prendre les jambes à son cou. L'idée directrice était donc que cette relation est un supplice à regarder ; mais son évolution a su ouvrir la voie à un personnage très complexe et que j'ai pourtant trouvé très "actuel", autant que faire se peut.
Quand on connnait le nombre de personnages masculins adolescents ou jeunes adultes de la télévision, et qu'on voit combien ils sont surtout idéalisés (comme vus uniquement d'un point de vue féminin qui souhaite y trouver soit un parfait salaud ou un prince charmant ; et presque rien entre les deux), Adam se montre certainement comme l'un des héros télévisés de sa génération les plus concrets. Il a droit au même degré de complexité et d'imperfection que Hannah, sinon plus, et cela sans jamais basculer dans l'exagération, même que les situations dans lesquelles il est mis sont exagérées, mais à ce titre il est logé exactement à la même enseigne que n'importe quel autre personnage.
Si Girls n'atteint qu'une fois une forme de prétendu réalisme dans l'écriture d'un personnage (ce à quoi la série aspire visiblement sans vraiment l'accomplir tout-à-fait avec ses quatre héroïnes), c'est bien celui-là ; mais l'interprétation d'Adam Driver n'est pas en reste et j'avoue être assez curieuse de ce que cet acteur a pu faire d'autre par le passé.

Sans aller jusqu'à parler de révolution, de série de l'année (et encore moins de comédie, mais la catégorie dramédie commence à vraiment se laisser désirer dans les palmarès des différentes cérémonies de récompenses), Girls a quelques qualités qui font qu'elle mérite plusieurs des compliments qui lui ont été adressés. Mais certainement pas tous. Pour commencer, c'est assez étonnant que tant de gens, moi sans doute y compris, tentent désespérément d'y trouver une universalité qui ne fait absolument pas partie de ses intentions.
Et puis, à l'instar de ses héroïnes, Girls est encore une série assez immature, où parfois, les frivolités d'écriture font mouche, et où parfois, un peu de conformisme dans la structure permettrait d'accomplir de plus grandes choses que ce que cette première saison fournit, non seulement en termes de character development, qui fait cruellement défaut pendant une bonne partie de la saison, mais aussi tout simplement pour rendre les intrigues un peu plus épaisses (le pitch de nombreux épisodes semblant être : mettons des personnages ensemble dans une situation superficielle mais qui semble extrême, et voyons ce que ça donne).
Alors du coup, j'ai envie de dire que si une série mérite de gagner une deuxième saison pour acquérir de la maturité, c'est forcément celle-ci...

Posté par ladyteruki à 19:12 - Review vers le futur - Permalien [#]

29-05-12

What's wrong in this picture ?

Regardez bien ces photos... Qu'ont-elles en commun ?

SingleWhiteMale

Si vous ne voyez dans ces photos que du talent... eh bien, bon, d'accord, un point pour vous, je vous concède ça, certes. Mais ces photos de showrunners américains célèbres ont un autre point commun.
Pour mettre le doigt dessus, contentons-nous de nommer ce que nous voyons défiler : homme blanc. Homme blanc. Homme blanc chauve. Homme blanc. Homme blanc...

Je crois pourtant avoir, avec ce petit pseudo-PowerPoint, ciblé la plupart des showrunners tenant le haut du pavé, sur le territoire des États-Unis comme à l'international. S'il en manque qui ne soient pas des hommes blancs mais qui aient le même statut, croyez bien que c'est moins par mauvaise foi qu'en raison d'un total oubli, parce que là tout de suite, il ne m'en vient pas vraiment.

A cette première constatation, il faut cependant ajouter une précision : on parle ici de "célébrités" parmi les showrunners. Sitôt qu'on prête attention aux showrunners, toutes séries confondues, y compris les un peu moins célèbres, on trouve effectivement des femmes. Quelqu'un de ma timeline Twitter a, hier, transmis le lien suivant : "Six Female Showrunners Talk Ratings, Their Comedy Icons, and Internet Hate" (vu que j'ai laissé l'onglet ouvert mais que je n'ai pas gardé le tweet, je ne sais plus qui a tweeté ça ; en espérant que la personne se reconnaisse, merci pour le lien !).
Il y a donc, bel et bien, des showrunners de sexe féminin.

Mon post du jour s'intéresse donc à l'autre pendant de la problématique : qu'en est-il des showrunners de couleur ?

Le souci avec cette question, c'est que quand ce sont des personnes de couleur qui la posent, tout de suite on a l'impression que les débats sur la représentativité et les quotas sont de retour, et les histoires de quota sont rarement un sujet pacifique en rapport avec la télévision (ou ailleurs), j'en ai moi-même parlé il y a quelques années. L'avantage c'est que comme je suis blanche, la question ne se pose pas de savoir si je me sens mal représentée ou non, et l'existence de showrunners de couleur ou non n'a rien de personnel. C'est simplement une interrogation purement curieuse.
Mais, parce que ça fait plusieurs années que je tente régulièrement (avec un succès variable) des séries "blacks", et parce qu'au gré de mes voyages téléphagiques j'ai appris au moins une leçon qui est que le talent n'a pas de couleur, j'ai l'impression que la question est l'aboutissement logique de plusieurs années d'observation. Même si le sujet est, par essence, un peu glissant... Tentons donc, on verra bien.

Pardonnez par avance mon ignorance, mais des showrunners de couleur rencontrant vraiment le succès, il m'en vient seulement deux à l'esprit : Shonda Rhimes et Tyler Perry. 

ShondaRhimes TylerPerry

Bon en France, je sais bien que Tyler Perry ça nous parle pas, mais aux USA, si, et son succès est même largement supérieur à celui de Shonda Rhimes (qui a cependant le privilège de cumuler et d'être une femme ; bravo à elle et ses chromosomes, donc). Naturellement en cherchant bien, il y en a d'autres tout aussi colorés, mais leur carrière est couronnée de moins de succès ; ça va que je regarde Single Ladies et Reed Between the Lines, cela dit, parce que sinon les noms ne me viendraient pas facilement.

Et pourtant, je continue de lire, très régulièrement, sur des forums ou dans des tweets, qu'on manque de séries "blacks" et de personnages "blacks".
Un exemple près de nous : regardez le débat autour de Girls ; on a eu le même sur Friends et on s'en est toujours pas sortis, or ça va faire 20 ans, quand même ! Mais en tous cas ce débat existe toujours et on entend toujours des voix pour s'élever contre les séries avec uniquement des personnages blancs.

White girls are so pretty, skin as smooth as milk...

Ce qui est fou c'est que justement, il y a une sorte de boom des séries "black" actuellement, et c'est la première fois depuis le décès d'UPN qu'il y en a autant à l'antenne ; je ne vais pas les citer toutes, et j'en ai déjà mentionné quelques unes plus haut, mais on peut lister les sitcoms de Tyler Perry (deux d'entre eux actuellement à l'antenne, House of Payne, et For Better or Worse qui revient cet été et a l'originalité d'être dénuée de rires ; le troisième, Meet the Browns, vient de s'achever fin 2011 après 140 épisodes en trois ans !), The Game, et cet été, Bounce TV entrera dans la danse des séries originales avec un sitcom "black", Family Time.

Alors clairement, des séries "black", il y en a.
Mais je vais risquer une théorie : je crois que quand des gens (souvent des "blacks", puisqu'ils ressentent un défaut de représentation à la télé) disent que ça manque de séries de couleur, ils veulent dire en fait : "ça manque de série de couleur sur une chaîne qui ne nous serait pas réservée, et qui ne nous traiterait pas comme un sous-public".

Ce que ces messages me semblent dire en filigrane, c'est "pourquoi je me retrouve, au mieux, avec une série comme Grey's Anatomy, dans laquelle les personnages de couleur sont en minorité et où clairement on est dans du primetime soap ? Et pourquoi au pire je retombe sur des comédies de Tyler Perry ? Qui me touchera sincèrement avec un Parenthood black ? Pourquoi je peux pas avoir un A la Maison Blanche black ? (surtout depuis 2008) Où est mon Mad Men black ?"
Évidemment, toutes les séries ne sont pas, en toute objectivité, réalisables commercialement avec un casting à majorité ou unanimité "black". Game of Thrones "black" par exemple, pas sûre que ça ne fasse pas un puissant bide ; certains genres n'attirent pas le public "black" et ça reste une réalité du marché, mais force est de constater qu'avec le niveau de vie en nette progression, et l'accession de plus en plus fréquente depuis au moins une décennie à la middle-class et la upper-middle-class, les goûts téléphagiques évoluent, et c'est naturel (n'est-ce pas ce qui s'est passé pour le public blanc, après tout ?).
Un drama "black", ou un period drama "black", sont des possibilités qui semblent clairement sous-exploitées à l'heure actuelle à la télévision américaine... et c'est peut-être ça, le fond du problème.

Je crois que la problématique a quand même un peu changé, en dépit de l'ironie dont je faisais preuve un peu plus haut. Il ne s'agit plus simplement de permettre au public "black" de se retrouver dans les séries sur un plan purement physique. Ce stade, sans être tout-à-fait dépassé comme le prouvent les nombreuses réactions autour de Girls, n'est toutefois plus le coeur du problème. Aujourd'hui, il s'agit de se retrouver dans la qualité des séries ; pour reprendre le débat de Girls, l'autre aspect du problème il n'existe à l'heure actuelle aucune série à la télévision dans laquelle une post-ado ou jeune adulte "black" puisse retrouver ses questionnements.
Non que cela signifie une désaffection totale des sitcoms "blacks" tels que nous les connaissons, Tyler Perry peut dormir tranquille et se racheter un nouveau studio à Atlanta ; mais qu'une nouvelle forme de diversité est appelée par les spectateurs "blacks", qui ne concerne pas seulement leur représentation, mais les conditions dans lequelles cette représentation se fait.
D'ailleurs, je parle ici essentiellement de fiction "black", parce que les latinos ont tellement de choix de networks spécialisés, que du côté du marché hispanique, inutile pour les networks de livrer bataille, la guerre est déjà perdue...

Les attentes téléphagiques du public "black" sont peut-être bien en train d'évoluer, en même temps que leur place dans la société américaine au sens large.
Et le problème, c'est que la télévision américaine n'évolue pas en même temps. Le succès de films comme The Help devrait pourtant contribuer à cette progression vers une télévision de qualité pour le public "black", mais il n'en est rien. Parce que les petites chaînes qui peuvent s'offrir des sitcoms "blacks" n'ont que très rarement les moyens de subventionner mieux. Et que quoi qu'on dise, la voie vers la démocratisation passe par les networks, parce qu'historiquement ça a toujours été le cas.

...C'est peut-être le moment ou jamais pour les networks américains d'arrêter de voir la vie en monochrome.

Posté par ladyteruki à 05:28 - Série de valeurs - Permalien [#]

01-05-12

Qu'est-ce qui fait si peur à HBO ?

Dans mon lycée, comme dans le vôtre je présume, et comme dans absolument tous les lycées de fiction, il y avait les gens cool et les gens pas cool. Les gens cool portaient ça sur eux avec une nonchalance agaçante, l'air de n'avoir même jamais essayé d'être cool, tandis qu'on reconnaissait les gens pas cool au fait qu'ils essayaient désespérément de paraître cool. Sauf qu'ils n'étaient pas cool justement parce qu'on pouvait sentir sur eux la peur de ne pas être cool.
Quand j'étais au collège à la toute fin des années 90, on utilisait énormément le mot "cool", que voulez-vous.

Incidemment, à la toute fin des années 90, HBO était l'un des élèves cool du lycée très prisé qu'était la télévision américaine. Et si vous demandez aujourd'hui à la plupart des téléphages de vous citer une chaîne câblée américaine de cette époque, il y a de fortes chances pour que ce soit le nom de l'élève HBO qui revienne le plus souvent. Plus cool que HBO ? Il n'y avait pas, et une large littérature à ce sujet vous attend dans quasiment chaque publication, papier ou numérique, traitant des séries américaines, pour attester que HBO a révolutionné ci, ça, et deux-trois autres choses, tout cela assorti d'une litanie de faits d'armes brillants, inoubliables et incontournables, et gare à vous si vous n'avez pas vu Six Feet Under, Les Soprano et The Wire qui ont changé la face de la télévision, faisant de HBO la chaîne la plus cool de l'univers et au-delà.

Le problème c'est qu'aujourd'hui, HBO m'a l'air d'une chaîne pas cool du tout. En tous cas elle a cette odeur de peur sur elle.

HBOFear

Depuis quelques années, la chaîne câblée donne l'impression de courir après quelque chose.
Alors que, bien qu'il semble difficile de nier qu'elle a ouvert la voie à sa propre concurrence, et inspiré d'autres chaînes câblées à essayer d'innover aussi en termes de séries, elle n'a pas à rougir de son succès actuel. HBO à la fin des années 90/début des années 2000, et HBO aujourd'hui, ne sont pas deux chaînes à la gloire radicalement différentes, comme on pourrait le dire de NBC au même moment. HBO fonctionne encore très bien, commande des séries qui lui amènent succès critique, succès public, et encore quelques statuettes chaque année.
Pourquoi j'ai le sentiment que HBO est en train de se comporter en élève pas cool du tout ? Parce qu'elle se donne tellement de mal, et fait preuve de tellement d'empressement, qu'au final ça a l'air louche.

Il y a deux ans déjà, HBO avait lentement commencé à modifier sa politique de commandes : l'argument d'autorité était devenu la règle. Tout le monde a envie d'attirer des gens qui aient une notoriété attirante, évidemment, mais dans les limites du raisonnable, et en laissant toujours une part d'opportunité à des relatifs inconnus de trouver l'innovation qui manquait. HBO, au contraire, avait commencé à commander des gens et plus vraiment des projets.
Scorcese pouvait débarquer avec à peu près n'importe quelle idée, HBO aurait dit banco, non ? C'est un peu l'impression qui ressort des énumérations constantes de noms supposés en jeter méchamment, et attirer le chaland. Je n'arrive plus à lire une news sur HBO qui ne commence pas par afficher clairement que la chaîne a su attirer telle personne dont la carrière épatante est auréolée de gloire, fortune et réussites au box office. Ou les charts. Ou les deux, dans le cas de la série en préparation par Scorcese et Jagger.

Mais récemment, ce phénomène s'est accompagné d'un autre : désormais dés qu'une série a un tantinet de succès, pouf, elle est renouvelée après seulement une ou deux semaines de diffusion. HBO n'est pas la seule à le faire : Showtime a donné là-dedans assez rapidement avec plusieurs de ses dramédies il y a quelques années (Nurse Jackie, notamment, le lendemain de la diffusion du pilote) ; mais Showtime était justement en train de se bâtir sa réputation, et avait des choses à prouver. C'est encore plus éloquent quand c'est Starz qui renouvelle Boss avant même sa diffusion, c'est parce que Starz, une chaîne qui fait les audiences qu'elle fait avec ses succès, mais qui n'a pas encore acquis le statut de cool, et qui court après, elle en a besoin.
Pas HBO. Pourtant la voilà en train de suer sang et eau pour banquer immédiatement sur le moindre petit succès comme si elle en avait cruellement besoin.

Et c'est comme ça qu'on en arrive à des décisions magnifiques comme celle de renouveler Luck avant de s'apercevoir que la série est une mine d'emmerdes et de devoir l'annuler ensuite quand le crottin de cheval atteint le ventilateur.

Renouveler Veep après seulement deux épisodes diffusés ? Girls après seulement trois ? A part la peur, qu'est-ce qui peut bien motiver pareil empressement ? C'est vraiment l'effet que ça me fait.

OK, HBO, respire un bon coup. D'accord, ya plus d'élèves cool maintenant que quand tu as commencé à avoir la côte au lycée. Mais c'est pas une raison pour paniquer. T'es toujours cool, t'en fais pas ! Et même si AMC a tendance à monopoliser un peu les Emmys en ce moment, tout va bien : t'as toujours de bonnes séries, les DVD de Game of Thrones se vendent comme des petits pains et tous les sites et blogs féministes font le buzz de Girls à ta place ! Essaye un peu moins d'en faire des tonnes, tu te débrouilles très bien.
Parce que, vraiment, ça commence à vraiment sembler louche, ces gesticulations.

Posté par ladyteruki à 18:01 - Point Unpleasant - Permalien [#]


  1