ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

13-08-12

Famous in a small town

L'an dernier, au printemps, j'avais subitement entamé un marathon Gilmore Girls. Je ne me souviens pas trop comment j'en étais arrivée là (les voies de la téléphagie sont impénétrables...) mais je sais que je m'étais arrêtée à la fin de la saison 3, tout simplement parce que je n'avais pas les DVD pour aller plus loin. J'ai acheté la saison 4, et le temps que je mette la main dessus, c'était fini, j'étais passée à autre chose, comme ça m'arrive si souvent. Si vous en doutez, matez donc les posts où je parle de mon intégrale de Jack & Bobby, tiens.

Mais là, pas d'internet, un nouveau boulot assez prenant (euphémisme), et l'été, étaient trois facteurs favorisant un marathon lorgnant vers l'intégrale pour une série pas trop chiante, pas trop exigeante, mais quand même attachante. Le choix a été vite fait. C'est là que j'ai réalisé que je n'avais jamais achevé mon parcours avec Gilmore Girls, qui avait pourtant commencé lors de la diffusion de la première saison par France2. Il y a dix ans...
L'erreur est à présent réparée, donc, et voici à présent mon bilan de la série. Ce qui implique, vous l'aurez compris, que malgré tous mes efforts, des spoilers vont forcément s'y trouver. Surtout que vous vous apprêtez probablement à lire le post le plus long de l'histoire de ce blog (mais peut-être m'apporterez-vous la preuve du contraire !).

FamousinaSmallTown

L'histoire de Gilmore Girls, tout téléphage la connait (ou devrait la connaitre) : celle de Lorelai Gilmore, une femme qui a eu à l'âge de 16 ans une fille surnommée Rory, et qui est très proche d'elle. La série commence, et ce ne peut être un hasard, précisément quand Rory atteint l'âge fatidique qu'avait sa mère quand elle l'a eue. Et alors que Rory s'apprête à intégrer Chilton, un lycée privé prestigieux qui lui ouvre les portes d'études supérieures brillantes auxquelles elle aspire, Lorelai se voit contrainte d'aller demander de l'aide financière à ses riches parents, qu'elle a jusque là tenus à une plus que respectable distance.

Dés les premiers épisodes, l'esprit de la série est clair, et consiste en deux niveaux.
Il s'agit de travailler à la fois sur le tandem Lorelai/Rory et de montrer combien la mère et la fille sont copines comme cochon, en dépit du passé houleux qui a présidé à la naissance de Rory (chose que souligneront les grands-parents Gilmore régulièrement), que de dessiner le contour d'un ensemble show gigantesque situé dans une "petite bourgade" (un panneau nous apprend que Stars Hollow compte en fait 9000 et quelques habitants, mais la série se comportera pendant presque toute sa durée comme si ce chiffre se mesurait en quelques centaines à peine). Les destins des différents visages familiers de Stars Hollow se mêleront, parfois avec insistance, à l'évolution du couple Lorelai/Rory.

Cette dynamique double va se révéler fort utile, parce qu'il s'avère que Gilmore Girls est une série sans enjeu ni objectif. On peut le vivre comme un défaut mais c'est un choix qui est pleinement assumé, après tout, alors autant prendre les choses du bon côté.
Gilmore Girls ne fonctionne pas, jamais, avec un horizon précis.
Quand une saison commence, par exemple, elle ne pose jamais d'objectif à long terme pour ses protagonistes. La série ne les mettra jamais dans une situation indélicate à résoudre avant la fin de la saison, par exemple, ou ne posera jamais un axe qui nécessite de se développer dans un but affiché. Tout dans Gilmore Girls respire au même rythme que vit Stars Hollow ; il n'y a pas de pression, pas d'impératif ; la vie se déroule et on est invités à la suivre, tranquillement, mais on ne regarde pas cette série-là pour autre chose, et surtout pas pour les sensations fortes. Les cliffhangers sont réservés aux fins de saisons (quoique toutes ne soient pas égales devant ce procédé), et encore, pas vraiment avec des retournements de situation trop importants, seulement avec des points de suspension et/ou d'interrogation. Il peut se passer énormément de temps dans une saison sans que rien de précis ne se passe, mais sans que l'on s'ennuie pour autant : on suit juste le quotidien des personnages, sans pour autant les soumettre à mille tourments.
La vie, quoi. Pas vraiment ennuyeuse, seulement normale. On en oublierait presque, de nos jours, ce que c'est que de suivre ce genre de chronique, tant les spectateurs sont habitués à la recherche du frisson à travers des séries sensationnelles, ou ambitionnant de nous mettre la tête à l'envers avec des énigmes et des effets spéciaux et des surprises.
Et il s'avère qu'il n'est pas si difficile d'arrêter de presser le pas, et d'apprendre à apprécier de prendre le temps de vivre à Stars Hollow.

Ce rythme des intrigues est d'autant plus saisissant qu'il oppose un contraste total avec le rythme des épisodes.
Gilmore Girls est en effet célèbre pour ses dialogues échevelés, débités à 100 à l'heure par des actrices qui semblent le plus souvent en apnée totale. Les dialogues qui ont fait sa réputation et son succès offrent le parfait antidote à toute sensation potentielle d'ennui ; même quand il ne se passe rien, il se dit tant !
Et il ne se dit pas du vide, non plus. Gilmore Girls ne cherche pas à brasser de l'air ; la série passe énormément de ce temps bavard à explorer ses thèmes principaux. Simplement, évoquer ces thèmes ne signifie pas, dans le cas de cette série, bâtir des intrigues complexes ou développées, mais simplement creuser le sujet avec tendresse.

Alors ces deux grands thèmes principaux, quels sont-ils ?

GilmoreGirlsDinner

Eh bien d'abord, Gilmore Girls s'intéresse de toute évidence à la famille. Ce n'est pas pour rien que la série a vu le jour grâce au Family Friendly Programming Forum (aujourd'hui devenu Alliance for Family Entertainment), car il s'agit ici d'observer le sujet sous tous les angles, grâce au traumatisme familial qu'a été la conception un rien trop rapide de la petite Rory. L'évènement date d'il y a près de 16 ans quand commence le pilote, et pourtant, il n'a toujours pas cicatrisé, et provoque des regrets et des rancoeurs, tous ravivés par la requête financière de Lorelai.
Le pilote va ainsi semer la graine des fameux "dîners du vendredi soir", une manne de scénarios futurs qui sera exploitée pendant la quasi-totalité des 7 saisons sous une forme ou une autre : en échange du prêt de la somme nécessaire à faire entrer Rory au lycée Chilton, la mère de Lorelai, Emily, impose un dîner hebdomadaire obligatoire. Sauf que ce dîner est avant tout un enjeu de pouvoir, l'aboutissement d'un bras de fer qui a duré 16 années, et que les deux parties (Lorelai et Rory d'un côté, Emily et Richard de l'autre) ne sont pas proches du tout. L'occasion de nombreuses situations gênées, mais aussi et surtout de clash copieux. Les évènements d'il y a 16 ans n'ont jamais été résolus, si tant est qu'ils puissent l'être, et chacun porte en lui, à sa façon, le poids qui en résulte. De fait, au ressentiment d'Emily et Richard, qui ont l'impression (justifiée) de ne pas connaître leur petite-fille, et qui ont gardé le goût amer de l'affront infligé par Lorelai, s'oppose la rancune de cette dernière qui n'a jamais vraiment digéré la façon dont ses parents l'ont traitée alors qu'elle était enfant, puis adolescente, puis adolescente enceinte. Et bien souvent, au milieu de tout ça, lors de ces rendez-vous hebdomadaires inévitables, c'est Rory qui, du haut de ses 16 ans, est contrainte d'arbitrer.

A travers cette confrontation de deux générations se dessine, en réalité, l'exploration de deux façons d'être parents, et notamment d'être mère. Emily et Richard Gilmore sont des gens très aisés, éduqués avec une certaine vision des choses, et qui ont fait preuve d'une grande fermeté avec Lorelai qu'elle n'a jamais bien tolérée. A côté de ça, Lorelai et Rory sont incroyablement complices, se comportant régulièrement plus comme des amies voire des colocataires, que comme une mère et sa fille. Le propos de Gilmore Girls n'est à aucun moment de tenter de donner raison à l'un plus qu'à l'autre ; dans l'ensemble, l'équilibre est bien respecté, montrant les carences comme les avantages des deux modes d'éducation.
Ainsi, Lorelai est la confidente, la comparse de sa fille. Mais elle est aussi tellement convaincue d'être la meilleure amie de sa fille qu'il lui est parfois difficile d'imposer son autorité de mère ; elle est également dans une relation plus fusionnelle qui parfois l'empêche d'être très objective dans beaucoup de ses réactions. A côté de ça, Emily est une mère au regard critique et acerbe, considérant qu'elle agit pour le bien de sa progéniture, que cela plaise à cette dernière ou non. Mais cette façon de faire parfois brusque, pour ne pas dire castratrice, s'accompagne d'une immense générosité qui ne demande souvent qu'à s'exprimer, et d'un enthousiasme sans borne pour toute mondanité qui puisse permettre de se créer un réseau propice à l'élévation sociale. Emily n'est peut-être pas chaleureuse ou marrante comme Lorelai, mais on peut compter sur elle pour progresser dans la vie. Pourvu de suivre ses règles du jeu...
Les blessures jamais cicatrisées, dues aux circonstances entourant la naissance de Rory, sont exacerbées par le fait que non seulement Lorelai a refusé d'épouser le père de sa fille, mais en plus, elle s'est enfuie et a décidé de se débrouiller toute seule. C'est de toute évidence un acte qui a été perçu par Emily et Richard comme une rébellion contre leurs principes, mais aussi comme un désaveu de leurs choix éducatifs, et de tout leur mode de vie. Lorelai, se sentant étouffée par une vie faste qui ne correspondait pas à son caractère farfelu, a brisé ses chaînes, et, par la même occasion, le coeur de ses parents. Un épisode plutôt réussi nous offrira l'incontournable série de flashbacks permettant de revenir au moment précis où Emily et Richard d'un côté, et Lorelai de l'autre, ont vécu une cassure que rien ne pourra jamais réparer, alors que la jeune fille laissait un mot à ses parents expliquant qu'elle et son bébé avaient quitté la maison. Cet acte fondateur montre bien comment la mère et la fille ont définitivement perdu quelque chose à ce moment-là, qu'elles passeront toute leur vie à reprocher à l'autre.

A leur façon, les quatre Gilmore sont donc, à cause de cette histoire de dîners hebdomadaires, une famille recomposée. De leur façon de s'accrocher en quasi-permanence à leurs expérimentations de rapprochement, Gilmore Girls va rester attentive pendant une grande partie de son parcours à la façon dont cette "famille malgré elle" fonctionne tant bien que mal, avec quelques jours avec et beaucoup de jours sans, mais quand même. Lorelai Gilmore va notamment réaliser que, ses parents, elle ne peut vraiment pas vivre avec, mais elle ne peut pas tout-à-fait vivre sans, d'autant que Rory s'entend à merveille avec eux. Un rapport qu'occasionnellement Lorelai jalouse, en partie parce qu'elle voudrait se réserver l'affection exclusive de sa fille, en partie parce qu'elle n'aura jamais cette relation-là avec eux.

Mais bien que passant, presque littéralement, chaque semaine dans la salle à manger d'Emily et Richard Gilmore, la série s'attache à aborder son sujet de la famille sous bien d'autres angles. Ainsi sa plus grande réussite à mes yeux est la relation mère-fille (encore une) de la famille Kim. En effet, Lane Kim est la meilleure amie de Rory, et sa relation à sa mère ("Madame Kim", qui semble être née sans prénom et uniquement avec un titre) est totalement différente de celles que nous voyons à l'écran. Lane et Madame Kim ont quelque chose qui s'approche de ce qu'on imagine que la relation Lorelai/Emily a pu être il y a de cela 16 années. Lane, passionnée de rock et amatrice de junk food, est obligée de cacher à sa mère, protestante fervente et obsédée par la nourriture "saine" (en fait une végétarienne dans la VO), ses véritables penchants. Une bonne et large moitié de la série nous offrira l'opportunité de voir Lane bâtir son univers personnel en cachette, que ce soit au sens propre (elle cache ses CD sous le plancher de sa chambre) comme au figuré (Lane échaffaudant souvent un scénario improbable pour échapper à la vigilance de sa mère et grapiller quelques miettes de liberté). Longtemps incapable de s'affirmer, brimée autant par sa mère ultra-sévère et austère, que par elle-même, par crainte de se trahir et se faire engueuler, Lane est l'incarnation de tout ce que Lorelai reproche à sa propre enfance, de la sensation d'étouffement à la négation de sa personnalité réelle. Mais, chose que Lorelai n'a jamais réellement accomplie, Lane va finir par se prendre en main. Après quelques tentatives d'affirmation ratées (comme une épique coloration de cheveux violette qui n'aura duré que 5mn), Lane finira par jouer cartes sur table avec Madame Kim, dans ce qui reste certainement comme l'une des plus belles confrontations mère-fille de cette série qui en comporte pourtant quelques unes. Mais en montrant son attachement à un certain nombre de valeurs maternelles, et avec énormément de patience, Lane finira par se tailler une mère sur mesure, et Madame Kim finira par lâcher un peu la bride au fruit de ses entrailles. Si bien que c'est cette même Madame Kim qui finira par organiser une tournée pour le groupe de rock de sa fille, par exemple ! On apprendra même que Madame Kim elle-même était une sacrée rebelle en son temps...

Le tandem Lane/Madame Kim est de façon constante un rendez-vous plein d'émotion, très honnête, sur les relations mère-fille ; parfois c'est un même rendez-vous qui est raté pour Lorelai/Emily, tant leurs interactions semblent abuser des prises de bec, et trop rarement faire progresser leur relation ; il est sans doute trop tard pour elles, dans le fond. Mais sur un même sujet, ces deux développements différents forment une grande richesse.

Enfin, Gilmore Girls met également un point d'honneur à parler de parents "atypiques". Pour une série conçue comme était familiale, les parents célibataires (Lorelai bien-sûr, mais aussi Madame Kim, Luke...) ou sur lesquels on ne miserait pas forcément sa chemise (la tête-en-l'air Sookie, Liz...) sont légion. Plus tard, même Lane et son petit-ami, pourtant peu destinés dans l'imaginaire collectif à pouponner, de par leur jeune âge ou leur appartenance à un groupe de rock, se verront mis au pied du mur et interrogeront une fois de plus le statut de parent. Quand aux parents dont on entend plus parler que l'on ne les voit, ils n'ont pas tellement plus le beau rôle, qu'il s'agisse des parents de Paris Geller (qui semblent passer leur temps soit à divorcer, soit à avoir des problèmes avec le fisc) ou du père de Logan Huntzberger, tyrannique, manipulateur et égocentrique. Emily et Richard Gilmore sont à vrai dire les seuls parents "normaux" de la série, répondant parfaitement aux critères promus dans la société ou les médias, mais ils ne sont jamais posés comme le modèle à suivre pour autant par la série.
Rarement une série aura passé autant de temps à chercher la formule "parfaite" de la parentalité. Elle n'existe pas, bien-sûr. Mais Gilmore Girls l'aura vraiment cherchée dans tous les recoins. L'éducation et les rapports parents-enfants sont donc l'un des centres névralgiques de nombre de ses épisodes.

GilmoreGirlsGraduation

Mais dans Gilmore Girls, l'éducation est aussi à prendre au sens plus large. Et la série se fait un devoir d'émailler ses dialogues de références nombreuses et denses. Musique, cinéma, télévision mais aussi littérature, tout y passe. La série requiert une attention de chaque instant, non seulement pendant ses épisodes, mais aussi au-dehors, pour comprendre les dialogues. Si vous ne connaissez aucun nom d'auteur classique russe, que vous n'avez vu aucun film en noir et blanc, et que vous n'êtes pas incollable sur les bacs des disquaires spécialisés dans le rock, Gilmore Girls va nécessiter plusieurs heures de rattrapage sur Google et/ou Wikipedia.

On peut s'interroger sur la façon dont Lorelai, justement, a acquis cette popculture dont elle orne en moyenne une phrase sur dix. Elevée dans un milieu strict (et où il n'est pas certain que son accès à la télévision ou à la musique ait été encouragé !), il ne fait aucun doute que Lorelai a entamé sa découverte culturelle du monde après son départ de chez ses parents. Sa tradition des soirées cinéma avec sa fille, par exemple, montre combien elle a besoin de rattraper le temps perdu ; dans ces instants-là, elle redevient adolescente, non seulement parce que ça lui permet de faire la fofolle avec Rory, mais aussi, voire surtout, parce qu'elle récupère un peu des découvertes culturelles qu'elle aurait aimé faire alors. Mais cela implique que le rattrapage culturel de Lorelai a participé, en partie, à l'éducation culturelle de Rory, lui ouvrant l'esprit et lui donnant l'esprit curieux qui la caractérise. Un mal pour un bien, donc.
Plus largement, Gilmore Girls est l'une des rares séries à mettre autant d'importance sur la notion d'éducation intellectuelle. La série pourrait se contenter d'utiliser l'entrée de Rory à Chilton (et, plus tard, à l'université) comme un prétexte pour sa radiographie familiale, mais elle exploite au contraire ce contexte pour montrer comment l'esprit de Rory se nourrit de ses études, de ses lectures, de ses visionnages, pour s'enrichir. En cela, avec ses 7 saisons, Gilmore Girls a accompli ce que Jack & Bobby n'a pas eu le temps de faire, à savoir montrer comment un enfant se transforme en adulte (très) intelligent, curieux du monde, et capable d'accomplir de grandes choses intellectuellement.

L'obsession de tout le clan Gilmore, toutes générations confondues, pour les études, et notamment les études universitaires, montre combien la série met un point d'honneur à présenter cette progression comme une chance de se développer. La fac n'est pas juste traitée comme une expérience à vivre (GREEK), un rite de passage nécessaire pour accéder à l'âge adulte (Felicity), ou simplement une passerelle vers la vie professionnelle (Friday Night Lights), c'est une période clairement dépeinte comme un enrichissement personnel, une chance, une opportunité de progresser en tant que personne, pour soi-même. Certes on y prépare un avenir, mais Gilmore Girls n'en fait son objectif ultime que dans sa toute dernière ligne droite, quand Rory se demande (sans doute pour la première fois), à l'issue de son diplôme, ce qu'il va advenir d'elle après avoir suivi le parcours qu'elle s'était tracé. En-dehors de ça, l'université n'est pas un moyen, c'est longtemps un but, et noble, par-dessus le marché. Lorsque dans la saison 2, Lorelai et Rory s'embarquent dans un road trip qui les conduit à visiter Harvard, ce qui frappe, c'est que non seulement elles rêvent toutes les deux d'une vie d'étudiante un peu fantasmée pour Rory plus que de toute autre chose, mais surtout qu'elles y favorisent avant tout l'éveil culturel qui pourra alors être vécu ; la bibliothèque, les cours en amphi, sont ce qui fascine le plus Rory (Lorelai étant plus impressionnée par le côté social et festif).

La série mettra également un point d'honneur à rappeler en de nombreuses occasions l'importance des études même pour les adultes. Ainsi, Lorelai, qui a quitté le lycée de façon anticipée, reprend 16 ans plus tard ses études dans le commerce, afin d'ouvrir avec Sookie sa propre auberge. Cet élément, rappelé plusieurs fois au cours des premières saisons, atteint son point culminant avec la remise de diplômes de Lorelai, un grand moment d'émotion mais aussi de fierté. A l'inverse, Emily confiera vers la fin de la série qu'elle n'a suivi ses études d'histoires que par acquis de conscience social, mais qu'elle s'est toujours destinée à la vie de femme au foyer, et que cette existence a ses limites. Au long des 7 saisons, Emily aura en effet souvent exprimé, de façon fugace mais non moins tangible, ses regrets de n'être qu'une "épouse de", de vivre au rythme de la carrière de son mari, et de n'avoir rien accompli par elle-même (sous-entendu "professionnellement").
Gilmore Girls rappelle ainsi en permanence l'importance qu'elle voue à l'éducation, à tous les âges de la vie.

GilmoreGirlsLorelai

Autour de ces deux grands thèmes viennent se greffer tout un tas de petites histoires destinées à faire s'animer ces problématiques. Aux confrontations familiales et découvertes intellectuelles viennent donc s'ajouter les tracas de la vie quotidienne, les problèmes d'argent, et, surtout, les histoires d'amour.
Et là je m'apprête à devenir un tantinet désagréable.
D'abord parce que Gilmore Girls nous sert en plusieurs occasions une soupe assez détestable lorsqu'il s'agit des amours de ses deux héroïnes. Si Rory parvient encore à nous faire vivre ses tribulations sans trop nous agacer (bien que ça se produise, mais j'ai mis ça sur le compte de mon allergie aux histoires de romance), Lorelai est parfaitement incapable de nous donner satisfaction dans ce domaine.

Ecoutez, c'est bien simple : on dit parfois qu'il faudrait délivrer un permis à certaines personnes pour décider de leur capacité à avoir des enfants. Eh bien dans le cas de Lorelai Gilmore, il faudrait qu'il existe un permis de pratiquer les relations amoureuses. Et il faudrait le lui retirer. Elle est insupportable. Inconstante. Immature. C'est très pénible.
Emotionnellement, Lorelai est restée bloquée à l'âge de 16 ans. C'est parfait pour se faire des soirées pyjama avec Rory, mais quand il s'agit d'hommes, c'est la Bérézina. On peut comprendre que sur le plan affectif, Lorelai n'ait jamais vraiment mûri : elle a dû se prendre en charge à 16 ans, avec un bébé qui plus est, et de toute façon on ne peut pas dire que ses parents aient été très affectueux. Son immaturité s'explique, donc, par le fait qu'elle avait franchement autre chose à penser que de mûrir sur ce point, mais elle n'en reste pas moins détestable dans ses relations amoureuses. Elle va ainsi passer le plus clair de son temps à appeler de tous ses voeux quelque chose qui, lorsqu'il va se concrétiser, va la faire fuir en courant. On doit ses oscillations des trois dernières saison à ce phénomène, notamment, et très sincèrement, on voit mal comment cela pourrait ne pas se poursuivre au-delà du series finale. Egocentrique au possible, elle va ainsi plusieurs fois infliger de sérieuses déceptions à son entourage masculin, qu'elle attire sournoisement, avant de les décevoir brutalement une fois qu'elle s'est bien assurée d'avoir leur entière dévotion. Qu'une femme comme Lorelai n'ait jusque là reçu aucun coup de couteau par un homme excédé est pour moi une source infinie d'étonnement.
C'est d'ailleurs assez fou parce que, si en tant que mère, Lorelai ferait rêver plus d'un spectateur adolescent, passant aisément pour une mère idéale (bien qu'imparfaite), dés qu'il s'agit du sexe fort, elle devient le parfait exemple à ne pas suivre.

La première saison passait encore : les hésitations de Lorelai à sortir avec un prof de Rory se comprenaient assez facilement, et on pouvait y attribuer son instinct maternel surdéveloppé; dû à la relation fusionnelle qu'elle entretient avec sa fille. C'est quand elle plaque ce pauvre Max devant l'autel, au début de la saison 2, qu'on commence à comprendre qu'il y a un truc qui ne tourne pas rond chez elle. On n'a encore rien vu. La pauvre est d'une indécision qui confine au pathologique. C'est aussi une femme très exigeante affectivement (elle a, après tout, un lourd manque à combler), mais qui en parallèle est éprise de liberté et d'indépendance ; qui plus est, elle souffre d'une peur panique de l'engagement, un paradoxe terrible qui la plonge dans de multiples situations pénibles pour tout le monde.
Qu'il s'agisse de Max, de Jason, de son jeu du chat et de la souris avec Luke, ou de sa longue histoire on/off avec Christopher (le père de Rory)... Lorelai est une mante religieuse d'un genre un peu à part, qui a l'originalité de se blesser elle-même lorsqu'elle arrache la tête de sa proie. Vraiment, il faut lui retirer son permis de séduire, à cette femme ! Elle fait du tort à tout le monde, y compris souvent sa fille (que naturellement elle ne parvient, en dépit de ses efforts, jamais totalement à protéger d'elle-même), ce qui est une contradiction supplémentaire qui aura parfois de difficiles conséquences.

Le problème de Lorelai réside peut-être dans le fait que sa conception des relations hommes/femmes soit assez confuse, fruit de deux modes de pensée contradictoires. Comme beaucoup de femmes indépendantes, elle a été éduquée dans une certaine idée du rôle de chacun dans un couple, et considère de surcroit le mariage comme une fin en soi ; mais en même temps, elle n'hésite pas en plusieurs occasions à rappeler combien elle est satisfaite de la façon dont elle mène sa vie, et ses velléités d'autonomie ne se bornent évidemment pas à ses rapports avec ses parents. Du coup, et c'est symptômatique de bien des femmes dans son cas, elle se retrouve à la fois avec un idéal de conte de fées dans la tête, et la conviction de très bien vivre en solo, ce qui ne fait que compliquer l'évolution de ses rapports avec les hommes. On verra d'ailleurs combien son insistance à épouser Luke sera immédiatement contredite par la façon dont elle gère son mariage avec Christopher : pressée d'avoir la bague au doigt, mais incapable de faire de la place à un homme sur le plan des décisions.
Alors, lorsque Lorelai Gilmore nous fait une fois de plus le coup du "un pas en avant, deux pas en arrière", dans les deux dernières saisons (mais de façon accélérée), il parait difficile de rester optimiste pour elle. Lorelai s'enflamme aussi vite qu'elle s'enfuit ; elle voudrait croire à une passion dévorante mais il lui suffit souvent d'un rien pour se détourner d'un homme (cela se verra également avec Max, pour lequel elle cesse, du jour au lendemain, d'avoir des sentiments, simplement parce qu'elle apprend que Rory approuve). C'est à se demander comment Rory peut mener une vie amoureuse si stable quand son modèle est d'une folle inconstance permanente.

Du coup, plus la série progresse, plus les questionnements amoureux de Lorelai exaspèrent, d'autant qu'ils se répètent toujours sur les bases d'un même schéma.
Mais cela souligne l'un des plus grands défauts de la série : la quasi-absence de character development. C'est une constante pour tous les personnages (bizarrement, c'est Madame Kim qui apparait comme la plus frappante exception à cette règle), mais hélas pour ceux dont les défauts agacent, à l'instar de Lorelai, cela devient un véritable handicap.

Et puis, il y a autre chose. L'inconvénient du système narratif "pépère" de Gilmore Girls que j'évoquais plus haut (car il fallait bien qu'il y en ait un), outre qu'il exige du spectateur de ne pas attendre de montagnes russes ni d'intrigues aussi raffinées que peuvent l'être les dialogues, est qu'il renvoie bien souvent l'impression que les histoires des épisodes sont jouées au dés.
Comme il n'y a clairement pas de plans sur le long terme (genre "avant la fin de la saison, Lorelai devra ouvrir sa propre auberge", mettons), les choses peuvent être parfois très très longues à évoluer, parce que, bah, si le chiffre n'est pas sorti, on ne traitera pas l'intrigue pendant plusieurs épisodes de suite, voire même toute une saison. Je prends cet exemple d'auberge parce que c'est certainement l'exemple le plus agaçant : au début de la saison 2, Lorelai et Sookie s'empressent de remettre ce projet sur la table (il est évoqué dés les premières heures de la série), mais il n'aboutira pas de toute la saison parce que, eh bien... les Palladino n'étaient pas d'humeur, probablement.

Eh oui, l'aspect chronique a ses bons côtés, mais il vaut mieux parfois ne pas en abuser, et quand même se fixer un ou deux points sur l'horizon pour garder le cap, même si ce ne sont pas de grands évènements et qu'on préserve un semblant de statu quo.

GilmoreGirlsCorneroftheWorld

Comme Lorelai, Gilmore Girls est le pur produit de son époque. Une époque de transition, le tournant des années 2000...

Stars Hollow est par exemple un petit bled sans histoire, comme issu d'une carte postale, à un tel point qu'il semble sorti tout droit d'une version idyllique des années 50.
Les plus grosses contrariétés qu'on y connait correspondent à l'apparition du feu rouge devant chez Luke (oui, au singulier) ou au fait que la buvette de la fête du printemps a été remplacée par un labyrinthe de paille. Que des vraies préoccupations, donc. Typique de l'esprit "small town", la ville est un endroit où en apparence tout le monde se connait, où l'on fréquente la brasserie du coin tous les jours parce que les prix sont ridiculement accessibles, où tout le monde fait partie de la middle-class (même si pour cela, à l'instar de Kirk, il faut cumuler une trentaine de petits jobs) et où l'esprit de communauté règne en maître. Accessoirement, on notera qu'à Stars Hollow, la plupart des visages sont blancs, que les blagues sexistes et/ou homophobes n'offensent jamais personne, et que peindre une silhouette sur le trottoir et voler un nain de jardin provoquent des soulèvements de foule indignée par la délinquance.
Typique de l'esprit "small town", donc. Et c'est après tout une part de la réalité américaine.

Mais à Stars Hollow, on est aussi globalement réfractaire au progrès. Celui qui personnifie le plus le progrès est Taylor Doose, qui cherche toujours à apporter à la ville une innovation ou une autre (un évènement, un gadget pour la voirie, etc.), mais en parallèle, c'est certainement l'un des personnages les plus ouvertement conservateurs de la série, n'hésitant pas à afficher très clairement et de façon cinglante sa désapprobation de certains comportements de ses concitoyens, et se posant en grand juge de la moralité à Stars Hollow, notamment grâce au code de la ville qu'il connait à la virgule près.
Ironiquement, c'est grâce à ce personnage plein de paradoxe que l'on peut observer les manifestations de conservatisme de beaucoup des habitants de la ville, dont l'état d'esprit en règle générale est "if it ain't broke, don't fix it", et qui accueillent avec un enthousiasme pour le moins modéré les idées de Taylor, devenu objet de moquerie. Plus encore, c'est à cause de ces mêmes idées que le plus grand allergique au progrès, Luke Danes, se dévoile dans toute sa splendeur.
Luke n'aime pas les travaux. Luke n'aime pas les magasins. Luke n'aime pas le tourisme. Luke n'aime pas les clients. Luke n'aime pas les téléphones portables. Luke n'aime pas se servir de son téléphone fixe. Luke n'aime pas les évènements organisés à Stars Hollow. Luke est un Schtroumpf Grognon.

Plus important, Lorelai elle-même se montre souvent assez peu intéressée par le progrès, notamment technologique. Elle ne se rend aux réunions de la ville que pour se moquer de Taylor Doose, par exemple. Plus inquiétant, elle refuse l'installation de l'ADSL que veut lui offrir sa mère pour aider Rory dans ses études, au prétexte qu'une connexion lente est plus propice à se détendre ou prendre un snack pendant une recherche ce qui semble un peu borné pour quelqu'un qui attache tant d'importance au cursus de sa progéniture. Au début de la série, Lorelai n'a d'abord pas de portable, puis un vieux truc tout moche qu'elle réserve aux urgences, avant de finir par se mettre au portable à peu près en même temps que Rory. Pour un personnage présenté comme étant épris d'indépendance, Lorelai est bigrement de l'arrière-garde. Elle a peut-être une conception féministe de son existence (du moins le prétend-elle quand Rory ambitionne de cuisiner pour son petit ami, mais elle n'a aucun problème avec la perspective de lui inculquer qu'une fille aime forcément le rose), mais c'est un féminisme adapté au milieu provincial de Stars Hollow, où l'on chérit quand même avec passion l'absence de changement visible.

Gilmore Girls est à l'image de cet état d'esprit. Tout en voulant nous montrer une nouvelle vision de la famille, libérée des schémas traditionnels, et capable de réussir aussi bien (sinon mieux) à former des adultes sains et capables d'apporter leur contribution au monde, la série s'enferme dans un esprit un peu réactionnaire à bien des égards, véhiculant parfois l'idée que le changement n'est bon que pour les personnes, et pas pour la communauté (et donc la société). Dans son refus de s'ouvrir sur le monde extérieur, comme en témoignent encore les difficultés de Christopher à se faire aimer des habitants de Stars Hollow pendant la dernière saison, Gilmore Girls dépeint un monde qui oppose une grande force de résistance au changement, au progrès et à la moindre intervention extérieure, où l'entre soi est la règle. Lorsque des changements viennent à se produire, on les accepte, on les adopte, bien-sûr, mais enfin, pas sans râler un peu dans le studio de Miss Patty ou au comptoir de Chez Luke.

La seule à embrasser le changement, à aller vers les autres et à toujours tenter d'aller plus loin, c'est Rory.

GilmoreGirlsRory

Pour toutes ces raisons, la vraie héroïne de Gilmore Girls est Rory.

Elle n'est pas parfaite, mais elle est certainement ce qui s'en approche le plus, et cela, tout en comptant probablement parmi les personnages les plus adorables de l'histoire, aimée par tous, quel que soit le contexte. A Stars Hollow, évidemment, dont elle est l'enfant chérie et, comme le résume assez bien Lorelai (même si son monologue à Dean est teinté d'une fierté maternelle un rien exacerbée), un peu la protégée de tout un chacun ; à Hartford, où ses grands-parents la tiennent en très haute opinion quand bien même ils ne la connaissent pas très bien (ils vont vite former d'elle une image un rien idéalisée) ; à Chilton, où même sa pire ennemie devient sa plus grande copine et où les ennemies deviennent des camarades ; dans la haute-société du Connecticut où elle fera une entrée couverte d'éloges ; à la fac où elle n'a que des expériences positives, y compris en tant que rédactrice en chef ferme et implacable du Daily News ; et même lors de ses expériences professionnelles ! Existe-t-il un univers quelque part où Rory n'est pas aimée ? Une dimension parallèle, quelque chose ? Ca semble inconcevable. Mieux que Raymond : tout le monde aime Rory.

Même le spectateur est incapable de ne pas s'absorber dans la contemplation de ses immenses pupilles, qui feraient passer un chiot pour une créature de l'Enfer. On pardonne tout à Rory, même le moins glorieux, comme les derniers rebondissements de son histoire avec Dean.
Tout en étant le pur produit de son éducation, partagée en frivolité et passion pour les stimulations intellectuelles, Rory dépasse tout ce que peuvent représenter les deux ou trois générations de Gilmore avant elle. A ce stade c'est presque de l'eugénisme tant elle semble avoir pris uniquement le meilleur de ses parents et grands-parents. Eduquée, encadrée, surveillée afin d'être la meilleure personne possible, sensée (bien plus que sa mère), spirituelle, cultivée, drôle, élégante, parfaite lorsqu'il s'agit des bonnes manières, toujours d'humeur égale, et pour finir gentille avec absolument tout le monde, Rory est l'aboutissement du travail de sa famille, d'efforts conjoints (bien que pas forcément concertés) pour obtenir le meilleur d'elle-même, une promesse tenue.La charmante créature pourrait aussi bien devenir terroriste qu'on continuerait de lui attacher des rubans dans les cheveux et qu'on lui offrirait les clés de Stars Hollow sans sourciller.
Même dans ses pires heures (à l'instar de sa volonté d'arrêter les études), Rory reste une personne qui ne peut que susciter l'admiration, pour elle-même et pour le travail accompli par chacun pour polir ce diamant brut.

C'est précisément parce qu'elle allie toute ces qualités, qu'elle personnifie le meilleur de la lignée Gilmore, qu'elle s'attire la sympathie de quiconque la rencontre (même si parfois cela requiert de la patience de son côté), et qu'elle incarne un parfait mélange entre popculture et éducation raffinée, que Rory est une héroïne si appropriée. Les scénaristes successifs s'en rendent bien compte à mesure que le personnage grandit, laissant les questionnements amoureux stériles aux intrigues de Lorelai, et se captivant pour les tribulations de Rory, toujours mise en lumière pour être à son avantage, sans jamais se montrer prétentieusement supérieure. Et dans une série qui fait si peu de cas du character development, il est saisissant de constater que le personnage de Rory n'évolue quasiment pas, mais que c'est certainement celui pour lequel cela pose le moins de problèmes ; constamment cohérente avec elle-même, Rory grandit sous nos yeux même si elle ne change pas, et s'attache notre dévotion quoi qu'elle fasse. Peu de séries parviennent à un tel résultat, à plus forte raison parce qu'une si grande partie de la série est dédiée à sa croissance et son entrée dans le monde adulte.

Mais il faut dire que Rory a sans doute toujours été adulte, en tous cas plus que Lorelai ne l'est bien souvent. Combien de fois arrive-t-il à la jeune fille de gronder sa mère pour ses bêtises et ses mauvais choix ? Combien de fois soutiendra-t-elle sa mère lors d'un moment difficile ? Nul doute que la relation fusionnelle avec cette femme-enfant qu'est Lorelai a poussé Rory à adopter un point de vue mature sur pas mal de choses. D'ailleurs, sur les 7 saisons de la série, c'est l'adolescente puis la jeune femme qui saura entretenir des relations amoureuses à plus long terme, s'adapter le mieux aux contraintes successivement imposées par Emily et Richard Gilmore, ou encore se faire la voix de la raison. Les rôles sont quasiment inversés dans Gilmore Girls : la fille a plus de plomb dans la cervelle que la mère, même quand elle a la moitié de son âge.

Alors forcément, la conclusion de la série laisse un peu sur sa faim. Même si l'on ne se fait pas de soucis pour le futur de Rory, qu'on la soupçonne d'être à même de réussir sa carrière et, à terme, sa vie amoureuse, on aimerait bien avoir une fin un peu moins ouverte la concernant. Mais il est significatif que Gilmore Girls ait décidé de se conclure si différemment pour la mère et la fille. Là où Lorelai continue son cycle absurde avec Luke (laissant assez peu de place au suspense quant à l'avenir de cette lumineuse idée de revenir dans sa vie), Rory se voit séparée de Logan, et peut toute entière aller de l'avant dans tous les domaines. Là où Lorelai n'est que stagnation, Rory, une fois de plus, est élancée vers l'avenir.
Comme souvent, des rumeurs de film existent au sujet de Gilmore Girls. Si cela pouvait se faire, et que Lauren Graham était trop prise, que la production ne s'inquiète pas : je soupçonne que la plupart des spectateurs s'intéressent bien plus au grandiose avenir de Rory Gilmore qu'aux éternels tâtonnements romantiques de sa mère. C'est du moins mon cas, et je vous avoue qu'avoir, pour la première fois, une vision d'ensemble de la série, a changé mon point de vue sur ces deux personnages pourtant indissociables ; lorsque j'avais la découvert la série avec la saison 1, j'avais vingt ans et regardais Lorelai avec des étoiles dans les yeux...

C'était chouette de passer l'été avec les Gilmore, malgré tout.
Même avec ses défauts, Gilmore Girls est une série paisible et tendre, amusante sans jamais être inconséquente, et suffisamment riche de ses multiples personnages, pour offrir une expérience complète, loin des clichés sur les séries familiales simplistes et bêtifiantes. Ce ne sera jamais la série qui a révolutionné la télévision, mais elle ne lui fait pas honte, loin de là. Et je ne suis pas fâchée désormais de posséder l'intégrale... d'autant que la semaine dernière, j'ai fait découvrir le pilote à ma frangine, qui m'a derechef emprunté la première saison... la légende continue.

Posté par ladyteruki à 13:39 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

19-11-11

Viande d'élevage

"Oh bah allez, boude pas quoi. Allez, laisse pas tomber les comédies britanniques, c'est trop con".
Mon ange d'épaule est du genre insistant. Il me veut seulement du bien, mais il a tendance à me répéter la même chose pendant plusieurs jours jusqu'à obtenir gain de cause.

Allez, ange d'épaule, je sais bien, va, que je ne vais pas arrêter les comédies britanniques juste à cause de Life's too short, fais pas cette tête-là. Déjà parce que j'ai le final de Threesome à regarder lundi soir, ensuite parce que Miranda revient en février et que je suis faible, et pour finir, parce que si un pilote de comédie britannique me passe sous la main, je vais pas le bouder ne serait-ce que parce que c'est un pilote.
D'ailleurs ça fait deux semaines que j'ai commencé une comédie britannique que je regarde en dilettante, et j'ai l'intention d'aller jusqu'au bout de la saison. Et pour vous montrer que je suis pas rancunière, je vais vous parler du pilote, même si ça fait deux semaines que je l'ai vu. Ma review manque un peu de fraîcheur, mais bon.

FreshMeat
Mais en toute sincérité, Fresh Meat est plutôt une dramédie. Pour autant, elle est gorgée de moments absurdes, et d'autres qui font relativement sourire.

Fresh Meat est une curiosité pour moi. Mon expérience de la fac, et c'est le cas pour la plupart des étudiants français, n'a pas été celle de la vie en communauté, comme dans les pays anglo-saxons, avec ce que cela implique de relations largement documentées dans des séries comme GREEK. C'était plus le temps de l'indépendance que celle de la vie en groupe ; le premier studio plutôt que la colocation, en somme. Et du coup ça m'a toujours un peu fascinée, ce genre de passage à l'âge adulte qu'on fait aux côtés d'autres personnes, plutôt que seule.

Fresh Meat retranscrit bien l'esprit que je me figure être celui d'une maison que plusieurs jeunes étudiants se partagent. Il en ressort une saine impression de bordel ambiant, d'adolescents qui se prennent pour des grands. Les deux petits tourteraux, Josie et Howard, illustrent parfaitement cet exemple, ils sont dans la représentation et c'est ce qui est à l'origine de leur chassé-croisé amoureux. JP aussi, dans une moindre mesure, se donne un genre. Et puis bien-sûr, il y a Oregon dont on sent bien qu'elle cherche à se faire passer pour autre chose que la première de la classe qu'elle est malheureusement au plus profond d'elle-même.
On sent bien qu'on a expliqué à ces jeunes que la fac, c'était une expérience unique, et qu'ils tentent de la vivre à tout prix, même si ce n'est pas réellement ce dont ils ont envie.
La limite de la série est justement là-dedans. Parce que les personnages ne se connaissent pas encore et qu'ils peuvent encore à peu près faire se faire passer pour ce qu'ils veulent. Mais rapidement les dialogues où un personnage fait semblant d'être d'accord avec ce que vient de dire le précédent deviennent répétitifs. Le jeu des apparences doit à un moment évoluer vers quelque chose.

Les intrigues ne sont pas forcément captivantes ni originales, mais elles sont sympathiques, en-dehors des déboires amoureux qui, comme vous le savez maintenant, ont le don de venir à bout de ma patience très rapidement ; on s'amuse quand même un peu. Et puis pour 8 épisodes, autant aller jusqu'au bout de la saison, même si je suis à la bourre sur la diffusion qui s'est achevée cette semaine. Mais je continuerai tant que les situations ne me sembleront pas... avariées.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Fresh Meat de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

29-03-09

Pirates ! Ils ont volé mon titre !

Je vous l'accorde, si je ne suis pas partie d'un très bon pied avec Roommates, c'est d'abord et avant tout parce que ce titre, c'était le mien. Je l'avais choisi pour une série que j'écris depuis quelques temps, et bon, c'est vrai, j'avais rien bloqué officiellement, mais tout le monde à Hollywood savait qu'il était à moi, ce nom de série. Donc voilà, c'est un affront qu'il faudra laver, Robin, et je sais que c'est toi, t'as toujours été jalouse du super titre que j'avais trouvé et qui d'ailleurs est beaucoup plus original dans le contexte de ma série que de la tienne. Bah tu vas l'avoir dans l'os parce que ton petit show, il va se faire annuler vite fait bien fait, et ya aucune loi qui interdit que je reprenne le même titre ensuite, et je le prouve : The Closer / The Closer. Aha !

Bon, c'est vrai que je vous continuerais volontiers ma petite blague sur le titre (anecdote vraie, en plus ; enfin, à part pour le menu détail qui fait qu'à part moi personne ne connaît l'existence de cette série que j'écris, mais sinon c'est entièrement vrai), mais le soucis c'est qu'à un moment, je vais devoir parler de la série.
Si ; si je le sais bien, il faudra. C'est la loi du genre. J'ai commencé le post, je vais devoir le finir... c'était un peu comme creuser ma tombe, mais bon.

C'est là que commencent les choses douloureuses, en fait. Parce que sur le papier, Roommates est une comédie... mais en vrai c'est pas drôle. Pas du tout. Sur une échelle personnelle de 1 à 10, 1 étant East Bound and Down, et 10 étant, bouh ya du choix mais je vais dire, mettons, Une Nounou d'Enfer (au pif), Roommates se situe, et j'arrondis au point supérieur hein... environ à -30. Pour vous situer.

C'est, comment vous décrire ça, une sorte de sous-The Big Bang Theory, mais sans théorie ; et certainement sans big bang. Et les filles ne sont même pas aussi jolies que la bille de clown de Kaley Cuoco, vous voyez le truc (et vous savez ce que je pense de la bouille de cafard bouilli de Kaley Cuoco). Genre si vous bandiez devant Sister, Sister, là peut-être qu'il y a un espoir pour vous, sinon ya rien à voir (encore qu'il y aurait motif à inquiétude, du coup, pour votre cas, mais on va pas aborder la psychiatrie un dimanche, hein).

Les personnages sont évidemment très stéréotypés. La blonde, conne, mais conne, une vraie blonde ça ya pas de doute, qui ne comprend rien, rien de rien, une vraie blonde quoi, tout pareil, qui couche avec un connard juste parce qu'il a un pénis et elle un vagin, et dans tout ça ya le pauvre maigrichon genre Rusty de GREEK, qui essaye de se caser avec la blonde mais qui de toute évidence ne joue pas dans la bonne catégorie ; notons que notre geek (ça devient le nouveau quota ou quoi ?) a aussi un copain timbré, mais pas timbré aha, ce mec il faut trop l'inviter à notre prochaine fête, non, plutôt timbré pimpompin... Et puis il y a la copine de la blonde, qui sait toujours ce qu'il faut pour tout le monde et ouvre sans arrêt sa grande gueule pour le dire, mais qui vient de rater sa vie. Et il y a un autre coloc qu'on voit à peine mais on s'en fout, il a une belle gueule, enfin disons que j'ai arrêté de vomir quand je l'ai vu, quoi. Voilà, les personnages c'est ça.

Vous voulez que je je vous présente l'histoire ? Bah, pff... non je peux pas qualifier ça d'histoire, disons qu'il y a un vague pitch de départ mais... de là à dire que c'est une histoire, non, décemment je peux pas, c'est au-dessus de mes forces. Donc le petit geek (enfin, même pas un vrai geek en fait, juste un mec né sans burnes) il aime la blonde depuis le lycée, et il devrait se repaître de la joie qu'elle se rappelle qui il est après tout ce temps, mais non, il profite qu'une place s'est libérée dans la colocation pour essayer de vivre avec elle et se placer. Et on sait tous à quoi ce genre de pseudo-intrigue va aboutir : soit rien, soit n'importe quoi. Je suis pas encore sûre de ce qui est pire, à ce stade.

Et les gags. Il faut vraiment qu'on aborde les gags ? Non, vraiment ? Si vous insistez... Bon, alors... pour vous donner une idée du truc, ya un moment où ya de lourds sous-entendus sur la masturbation. Oui ça vole haut, pourquoi cette question ? Et le truc c'est qu'en plus, ce passage-là... il est leur plus drôle. Je crois. C'est difficile à dire, dans le fond, parce que c'était pénible et laborieux de bout en bout, et que toutes les scènes étaient aussi prévisibles les unes que les autres. Mais avec cet incroyable point en commun : c'était jamais drôle.

Je vous en écrirais bien un peu plus sur cette série consternante mais j'ai un gros soucis logistique, c'est que je ne peux pas en même temps taper sur mon clavier, et me tenir la tête entre les mains pour faire une ravissante imitation du Cri de Munch. Mais sachez que le coeur y est.
Gâcher mon titre pour une série pareille, nan mais j'vous jure, hein...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roommates de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 10:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

17-07-07

Premier semestre concluant

Je me dois de le confesser, j'ai toujours regretté de ne pas être allée dans une fac américaine. Maintenant je suis vieille et c'est trop tard, et puis surtout j'ai pas pensé à économiser lorsque j'ai eu 4 ans (c'était de l'inconscience et je m'en rends compte à présent), mais ce regret est là, tenace, et j'aurai toujours un pincement au coeur en pensant que j'ai loupé cette expérience en apparence unique.
Pour enfoncer le clou, j'ai regardé l'autre jour le pilote de GREEK, histoire de vraiment me faire du mal. Voilà les trois choses que j'ai retenues de ce pilote, youpi chouette, c'est un article de la catégorie La preuve par trois !!!

Greek_pilot_1
Je m'attendais à un humour gras et sans nuance, et des intrigues hautement banales (après tout on parle d'ados, c'est rare que qui s'y frotte ne s'y pique pas). J'ai été surprise, dés les premières scènes, par l'étonnante subtilité de certains dialogues, et des gags comme je les aime, c'est-à-dire en demi-teinte. Cette scène en est un parfait exemple...

Greek_pilot_2
Rusty a l'air d'un pauvre geek, il est chétif et pas très avenant à première vue, mais ce qui est particulièrement bon dans ce pilote, c'est qu'il y a plus que ce qu'on peut voir de prime abord. Ainsi le personnage est bien plus nuancé que je ne m'y attendais (comme, dans une moindre mesure, sa frangine Casey), et ce sont là encore de petites subtilités qui nous amènent à le comprendre, comme la réaction de l'ex de Casey dans la scène de la beuverie (qui, je tiens à le préciser, est précédée d'une excellente scène de recrutement de newbie). Au mec qui agresse Rusty parce qu'il a craché sa tequila sur sa copine, Rusty lui rétorque vertement que ce n'était pas mieux de laisser des mecs lécher du sel sur son ventre... ce qui, tout de suite, donne une autre dimension au bonhomme - la première d'une longue liste. Car Rusty n'est pas un gamin coincé et incapable de socialiser, il est même à l'aise lorsqu'il s'agit de rentrer dans le lard de l'armoire à glace qui sort avec sa soeur un peu plus tard. Bref tout un tas de petites séquences qui font qu'on affectionne très vite ce drôle de gaillard !

Greek_pilot_3
Pendant que Casey tente de sortir discrètement de la chambre de son ex où elle a passé une nuit qu'elle n'aurait pas dû (on imagine comme son secret va être bien gardé avec ce public), Calvin, lui, a eu la possibilité de connaître une autre façon de sortir de la fraternité au petit matin et donc d'éviter l'humiliation publique (d'autant qu'il y a là le prélude d'une intrigue intéressante sur le statut de l'homosexualité dans la communauté estudiantine) ! C'est un peu salaud de la part de Cappie de ne rien avoir dit à Casey mais d'un autre côté, il faut bien admettre que ce gars dégage un tel potentiel sympathie qu'on a du mal à vraiment lui en vouloir (en plus, on a vite fait de développer des tendance au shipping entre ces deux-là). Bon, outre les coucheries (c'était inévitable, hélas) de Casey, il est intéressant de voir comment les relations et les hierarchies se nouent entre garçons et filles, entre fraternités ennemies, entre anciens et nouveaux... Toute cette mécanique est bien huilée : elle a ses règles, elle a ses coutumes. Comme le souligne Rusty, d'ailleurs, c'est une tradition vieille de deux siècles, ça force le respect !!!

Bref vous l'avez compris, je suis de bonne humeur même près de 48h après avoir vu le pilote de GREEK (certes mon hilarité s'est vue prolongée par la vision de Painkiller Jane ensuite, mais cela fera l'objet d'un post à part !), je ne dis pas que c'est la série de l'année mais elle mérite de l'attention, et la mienne sera soutenue !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche GREEK de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 20:09 - La preuve par trois - Permalien [#]

29-03-07

Au stabilo bleu

Lors de l'époque bénie où j'étais une téléphage organisée, j'étais abonnée à Télé Z, qu'on ne présente plus tant le magazine a parrainé d'émissions télé et notamment de séries. Mon abonnement s'est achevé il y a deux ans environ, je pensais que l'usage d'internet le remplacerait avantageusement (bien que ce ne soient pas les 15 euros par an que ça me coûtait, qui m'étranglaient).
A l'époque, Télé Z était en noir et blanc (dans une pub récente j'ai en effet appris qu'il était enfin passé à la couleur), sur du papier journal ou presque, avec des résumés succints (et souvents épouvantablement faux) et une grille particulièrement compacte. C'était donc le support idéal pour que, chaque samedi, dans le train de banlieue me ramenant chez mes parents, je puisse établir mon programme de téléphage de la semaine suivante, surligneur fluo à la main. Ainsi chaque semaine, je surlignais pour la suivante ce que j'allais voir, et ce que j'allais enregistrer, parmi les chaînes qui m'étaient accessibles (et par accessible je compte également les chaînes que mes proches recevaient, et pour lesquelles je négociais parfois les enregistrements). C'était une sorte de rendez-vous avec ma téléphagie qui me permettait à la fois de la canaliser et de m'y ébattre avec délectation.

Je repensais récemment à cette habitude, qui me manque souvent  encore (ce n'est décidément pas la même chose avec un programme télé sur internet, je n'en ai pas trouvé à ce jour qui me satisfasse pleinement d'ailleurs), lorsque je me suis attaquée à l'article de SeriesLive sur les projets de la prochaine saison. Article que, la première fois, je m'étais jurée de ne pas lire avant quelques semaines, histoire d'attendre qu'il soit plus complet puisque l'équipe a promis de le mettre à jour, mais... les nouvelles continuent de tomber et c'est dur d'attendre la réactualisation. La preuve, maintenant il faut aussi lire celui-là, c'est un bourbier sans fin, mon impatience me perdra (la lecture de ces deux articles est impérative, si possible en parallèe, pour comprendre les gribouillis qui suivent).

Bref j'ai commencé à regretter ce temps lointain où, sur du papier journal, le stabilo bleu faisait baver l'encre noire et grasse de mon Télé Z pour me permettre de marquer les séries que je comptais bien regarder, et anticiper avec plaisir les heures passées ainsi à découvrir de multiples univers.
Aujourd'hui je n'ai plus de stabilo bleu qui traine dans mon sac, je n'ai plus d'abonnement à Télé Z, et je ne passe plus autant d'heures devant des séries (notez bien que je regrette chacun de ces petits plaisirs). Mais j'ai un blog, alors...

Les séries doublement stabilotées : je regarderai le pilote quoi qu'il m'en coûte !
- Babylon Fields (CBS) : c'est noir, c'est malsain, c'est dérangeant et ça donne bien envie !
- Don King : Only in America (HBO) : je comprends pas bien le titre, mais j'ai bien compris qu'entre de bonnes mains (et ça semble être le cas), cette série pourrait nous dire plein de choses sur... eh bien, pas seulement sur le 12e siècle, évidemment.
- Eli Stone (ABC) : un avocat qui se prend pour un prophète, c'est presqu'aussi intéressant (mais plus riche en possibilités côté humour noir) qu'un médecin qui se prend pour Dieu.
- Ft. Pit (NBC) : le plus intéressant c'est pas tellement le quartier pourri et ce qu'il apportera en intrigues, mais surtout le fait que les flics y travaillant n'auront strictement rien à perdre.
- Greek (ABC Family) : le digne héritier d'Undeclared ?
- Life (NBC) : mon coeur bat déjà rien qu'à lire cette idée. Hm, ça va certainement être bien sombre, comme j'aime !
- Preacher (HBO) : non j'ai pas dit Carnivàle, qui a dit Carnivàle, non rien à voir. Ca pourrait même être mieux.
- Sam I Sam (ABC) : idée tirée d'un mauvais téléfilm de Lifetime, mais je sais pas, j'ai un bon sentiment quand même. Et puis... Applegate is back !
- Skip Tracer (CBS) : idée bien plus prometteuse en drames personnels que FBI Portés Disparus dont on sent quand même bien l'influence.
- Supreme Courtship (FOX) : miam. Enfin, pas trop personnelle, la vie des greffiers, si possible.
- Suspect (ABC) : joli casting, un concept qui à la base ambitionne de renverser les habitudes... pourquoi ne pas changer un peu ?
- The Call (ABC) : sans l'idée du temps réel, je ne sais pas si ce projet aurait piqué ma curiosité. Mais, là...
- The United States of Sara (Showtime) : c'est du Spielberg, donc on peut attendre le pire comme le meilleur, mais la bonne nouvelle, c'est que l'idée me plaît vraiment.

Les séries que, peut-être, je découvrirai 3 à 6 mois après tout le monde : si j'ai le temps et que les épisodes sont portés à flot de torrent jusqu'à moi.
- Area 52 (NBC) : oui, oui et re-oui... sauf Matthew Lillard.
- Army Wives (Lifetime) : là où The Unit n'a pas osé aller franchement ?
- Burn Notice (USA Network) : je ne suis pas un numéro, je suis un remake libre !
- Cherries in the Snow (The CW) : joli titre, mais idée repiquée à un célèbre film/livre déjà cité dans ce post. Le trouverez-vous ?
- Chuck (NBC) : ça peut être sympa, mais en aucune façon prioritaire.
- Fugly (CBS) : la base de départ n'est pas nécessairement follichonne, jusqu'à ce qu'on imagine le coupable responsable de My name is Earl derrière tout ça.
- Journeyman (NBC) : qui vivra verra, mais un peu de fantastique, de temps en temps. Il en faut quelques uns quand même.
- Judy's Got a Gun (ABC) : le synopsis ne donne pas envie, mais c'est ce que j'ai dit de plusieurs autres séries aussi, et il faudra bien que celle-ci se démarque d'une façon ou d'une autre, alors qui sait ?
- K-ville (FOX) : évidemment qu'on va tous y jeter un oeil, ne serait-ce que pour faire honneur à cette épatante capacité que les Américains ont à parler de leur Histoire avant qu'elle ne soit un chapitre de leurs livres de collégiens.
- Le Diable s'habille en Prada (FOX) : ainsi donc, c'est la FOX qui a les droits du remake d'Ugly Betty ? Un an plus tôt et on arrivait à penser que c'était l'inverse, quel mauvais calcul ! Et pourvu qu'Anne Hathaway se refasse une virginité télévisuelle avec cette série, ça fait trop longtemps.
- Mr. & Mrs. Smith (ABC) : j'aurais juré qu'une série s'appelait déjà comme ça dans les années 90... et j'aurais juré que le film était un blockbuster sans âme vendu grâce à l'histoire entre les deux acteurs. J'me trompe peut-être.
- Nurses (FOX) : les internes sont de nouveau à la mode, profitons-en ! Et les tenues d'infirmières c'est tellement plus sexy !
- Side Order of Life (Lifetime) : ça va grouiller de nanas qui se pleureront dans les bras les unes des autres, mais ça peut être intéressant.
- Steps (The CW) : ça peut même être drôle !
- The Negociator (USA Network) : à moins d'une dramédie incisive et ultra-originale, je crains de ne pas accrocher beaucoup...
- The Oldest Rookie (USA Network) : tout dépend de ce que ça donne au final. Si le côté policier est bien troussé et parvient à rafraîchir le genre, pourquoi pas. Mais ai-je réellement envie d'un nouveau flic à la télé par les temps qui courent ? Pas sûre.
- To Love and Die in L.A. (USA Network) : espérons que Shiri se soit acheté du charisme pendant les soldes, sinon je vais m'emmerder grave.
- Viva Laughlin (CBS) : moui, bon, ouais, faut voir...
- Women's Murder Club (ABC) : certainement tiré du téléfilm (ou mini-série ?) tiré du livre... en tous cas ça me dit quelque chose.

Les séries stabilotées par sentimentalisme : c'est pas tout-à-fait que ça m'intéresse, mais comment résister ?
- A Song of Ice and Fire (HBO) : parce que c'est du HBO, je suis sûre qu'il y aura bien plus à voir que ce qu'on nous dit pour le moment. Et les nouvelles façons de découper les saisons faisant profusion depuis quelques années, voilà une nouvelle variation intéressante.
- American Girl (USA Network) : une série qui se passe à P-P-P-Penis-Poughkeepsie mérite nécessairement qu'on la regarde, en hommage à John Cage.
- Comédie avec Dawn Trachtenberg (ABC) : Eric Christian Olsen ??? Je suis des vôtres !
- Ghosts (The CW) : rien que le principe de dire que c'est Grey's Anatomy avec de la flicaille, ça montre déjà bien où se trouve l'objectif : l'audience ! Et comme chaque fois qu'on tente de copier les recettes d'un succès en les transposant bêtement dans un autre univers, ça va bien me faire chier.
- Grey's Anatomy, le spin-off (Addison's Anatomy ?! - ABC) : mais bien-sûr que je regarderai, comme tout le monde (si j'arrive à finir la saison 3 de l'autre évidemment), mais bon, en fait, on sait tous que je lâcherai prise bien vite.
- Lipstick Jungle (NBC) : oh, oui, un autre remake de Sex & the Desperate !
- Me & Lee ? (FOX) : c'est un peu normal de se laisser aller à la curiosité qu'est cette série, même si je doute d'accrocher sur le long terme car la mise en abîme n'a que peu de chances de durer efficacement. Mais qui sait ? Ca peut être encore plus génial que ça n'en a l'air !
- Projet avec David Duchovny (Showtime) : rien que David devrait suffire, mais la crise de la quarantaine me semble bien partie pour lui en plus.
- Protect & Serve (CBS) : sur le principe je m'en fous, mais la smple perspective de pouvoir reluquer Dean Cain en uniforme sous le soleil torride de L.A...
- Spying in High Heels (USA Network) : une Maddie férue de mode et d'élégance, et qui devient détective ? Ca me dit quelque chose... Si Cybill Shepherd n'est pas au générique, c'est à n'y rien comprendre.
- The Kill Pit (Spike TV) : pov' Donnie Wahlberg qui est toujours si gentil, et qui se retrouve tellement souvent dans des galères ! Il mérite bien qu'on regarde sa nouvelle série.
- The Return of Jezebel James (FOX) : Lauren est nécessairement de bonne augure. Et en plus, les créateurs de Gilmore Girls ne sont pas vraiment des gars dont on craint le pire.

Les séries anti-stabilotées : c'est tellement pas envisageable que ça mérite une surlignage en noir.
- 22 Birthdays (CBS) : 1 anniversaire par épisode, ce qui d'après mon expérience, mènera à 1 engueulade par épisode, 1 scène de cuisine (ou préparation de cocktails) par épisode, et 1 coucherie à l'étage dans en moyenne 1 épisode par mois.
- Canterbury's Law (FOX) : non seulement c'est pas nouveau mais c'est même pas la seule mère célibataire en projet pour cette saison. Voir aussi plus bas : Mary Sunshine et la grosse bouse avec Alyssa Milano.
- Capital City (The CW) : persiste et signe. Sur une chaîne qui à la base, n'est pas propice à la politique, cf. Jack & Bobby.
- Family Values (USA Network) : vous avez envie d'un mélange entre FBI Family et 3e planète après le soleil ? On dirait que vous avez trouvé votre bonheur, à mi-chemin entre le postulat de l'un et de l'autre. Il faudrait me payer pour regarder ça. Ou que les audiences tiennent du pur délire.
- Flash Gordon (Sci Fi) : j'aimais pas les collants moulants quand on m'obligeait à les porter, et j'arrive pas à les apprécier dans mes séries télé. C'est une sorte de patche anti-superhéros débile, quoi.
- Football Wives (ABC) : je crois que j'apprécie déjà bien trop de séries ABC. Et puis, par principe, un remake de série anglaise sur les pétasses oisives qui suivent des sportifs au crâne vide... nan, merci mais non merci.
- Gossip Girl (The CW) : The CW a visiblement besoin de son nouveau soap richissime de l'année.
- I'm in Hell (CBS) : même en n'arrêtant pas la lecture au nom de Jason Biggs, je sais que ça me plaira pas.
- Law Dogs (CBS) : ça alors, comme c'est inédit ! Par les mêmes somnifères que Numb3rs en plus !
- Leverage (TNT) : on dirait la même série que toutes celles de 2001-2002, mais... en 2007. Faut arrêter avec le terrorrisme maintenant, ça va bien.
- Literary Superstar (ABC) : même pas en rêve, et certainement pas pour Jenna Elfman.
- Mary Sunshine (USA Network) : the Earth says hello, je dis goodbye. Voir Canterbury's Law et la bouse avec Alyssa Milano.
- Playing Chicken (FOX) : ça part d'une bonne idée (les séries politiques sont trop rares et c'est vraiment le moment), ça finit en eau de boudin. Mais peut-être que la série aura mieux à offrir que des engueulades privées ?
- Projet avec Alyssa Milano (ABC) : pour Alyssa, non, pour Mary, désolée mais non, et pour le concept, toujours pas. Voir Canterbury's Law et Mary Sunshine.
- Projet avec Rutger Hauer (The CW) : encore une formidable série sur l'expatriation ? Ou, vu la chaîne, plus vraisemblablement une série qui n'aura rien à dire ?
- Projet de sitcom par les créateurs de Will & Grace (Will & Grace II - CBS) : on reprend les mêmes, on mélange les statuts sociaux et on recommence ?
- Projet de J.J. Abrams (HBO) : j'arrive pas à y croire, je sais pas, ça m'inspire simplement pas.
- Projet de Martin Scorsese (HBO) : on dirait que le titre et le producteur sont sensés à eux seuls nous convaincre qu'Atlantic City (je rappelle : l'ersatz de Vegas) est digne d'intérêt. J'attends qu'on me le prouve.
- Projet de Steven Bochco (FX) : j'attends de voir parce que pour le moment, le concept de départ ne prend pas trop de risques.
- Projet sans nom avec Famke Janssen (NBC) : projet sans idée avec Famke Janssen ?
- State of Mind (Liftime) : pourquoi Lifetime se sent obligé de mettre de côté et/ou diaboliser systématiquement les mecs dans ses séries ? Le féminisme à l'américaine ?
- Swingtown (CBS) : si ça se résume vraiment à ça (soit : le casting), je trouverai le moyen de m'en passer.
- The Best Awful (HBO) : je suis moyennement enthousiasmée par le casting, pour le reste j'attends d'en savoir plus.
- The Bionic Woman (NBC) : rien qu'à cause du spoiler que ça implique pour Katee Sackhoff, je suis contre, formellement contre, rageusement contre. Et même sans ça, le fait que Lee Majors ait sa propre série est bien plus attirant et original que... ça.
- The Cure (FOX) : eh oui, pourquoi pas, mais... Tomb Rider ?!
- The Mastersons of Manhattan (NBC) : hein ?! Je sais qu'on fait des sitcomas avec pas grand'chose mais n'est-ce pas justement pour ça qu'on les oublie aussi vite ?
- Thirteen Songs (The CW) : ce n'était qu'une question de temps avant que cette chaîne ne se tourne vers un concept aussi simpliste permettant la revente de produits dérivés aux ados.

Je n'ai bien-sûr pas encore d'idée plus précise sur les séries au résumé le plus sommaire, mais déjà, je sens que mon programme sera chargé, même si seulement la moitié de tout ça nous parvient à l'écran à la rentrée !
On prend les paris sur ce qui va vraiment marcher ? Combien on parie sur le fait que celles qui survivront seront en majorité dans ma dernière catégorie ?

Posté par ladyteruki à 17:17 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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