ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-07-10

Bluffée, mais pas trop... juste ce qu'il faut

Pourquoi regarder des séries d'autres contrées ? Pour vivre une expérience comme celle-ci, par exemple.
Pour être surprise.

Au bout d'un moment (et je crois que finalement, c'est de ça que j'ai pas mal parlé cette semaine avec mes posts sur la science-fiction), à force de regarder les séries venant d'un même univers, on finit par en maîtriser les codes et avoir du mal à se laisser surprendre. Ça ne vaut d'ailleurs pas que pour la SF, loin de là.
Le weekend dernier, j'ai revu le pilote de Fringe, et poussé le vice jusqu'à tenter l'épisode diffusé ensuite. Pour quelqu'un qui déteste farouchement Fringe, c'était une performance qui nécessitait une bonne dose de patience, une large part d'insomnie, et dix ongles à venir avec application pendant les scènes trop chiantes. Et il y en a eu. Mais globalement, le problème ce n'était pas les scènes en elles-mêmes, c'était l'odieuse impression permanente de déjà vu, et si la fin du deuxième épisode (soit après plus de deux heures de visionnage), j'ai commencé à me dire que ça prenait enfin tournure, globalement, ça restait très largement dans les clous.

C'est donc là qu'intervient la fiction "étrangère", c'est-à-dire toutes les fictions qu'on connait mal ou pas du tout. Évidemment, quand je vous parle du Japon, de l'Inde ou plus récemment d'Israël (je pense que je vais regarder Hatufim sans sous-titres tellement la scène d'ouverture fait envie), c'est un peu facile de parler d'exotisme télévisuel. A culture fondamentalement différentes, codes fondamentalement différents.
Mais ce soir, en rentrant de mon nouveau boulot, j'avais l'esprit trop morose pour finir la saison 8 de Will & Grace (ça va sans doute attendre quelques jours, d'ailleurs, avant de m'envoyer ces 8 ultimes épisodes, pour atténuer le choc de la séparation, après un marathon de moins de deux mois), et je n'avais pas envie de me marrer. La journée avait été frustrante et usante, et j'avais besoin d'exorciser ça avant de me mettre à rire. C'est là que comme par hasard, j'ai réalisé qu'une cagoule lancée la semaine dernière était intégralement tricotée sur mon chez moi informatique, et, me rappelant vaguement du thème de la série pour en avoir fait la fiche, je me suis dit "et pourquoi pas ?".

Et pourquoi pas regarder une série polonaise ? C'était l'idée qui semblait la plus adéquate, parce que, même si on tente de s'en défendre, on imagine tout de suite une série polonaise comme froide, pas très colorée, et en plus le thème tendait à valider cette théorie. Cette série a été récompensée lors du dernier Roma Fiction Fest (c'est comme ça que m'est venue l'idée de la cagouler), et comble du comble, j'ai même réussi à dégoter des sous-titres en anglais, il faut croire que j'avais le cul bordé de nouilles ce jour-là.

Bref, banco. Me voilà donc à regarder Naznaczony, dont je sais juste qu'il y sera question du Bien et du Mal, d'un peu de surnaturel, et d'un homme en apparence irréprochable. Et que la série est censée avoir une bonne réalisation et une bonne B.O., vu les récompenses.

Naznaczony

Je vous le dis tout net : arrivée à la fin de l'épisode, j'en sais à peine plus. Limite, les résumés que j'ai lus (pourtant en anglais, c'est pas comme si j'avais dû traduire du polonais !), je suis même pas certaines qu'ils soient exacts. Gloire à ma curiosité qui va donc me pousser à regarder la suite pour pouvoir s'assurer que j'ai pas raconté des conneries sur la fiche.

C'est flou à un tel point que je doute. Mais ni les sous-titres, ni le scénario ne sont à blâmer pour ce flou, et c'est ça qui fait que le pilote de Naznaczony a été une expérience positive à mes yeux. Le flou fait que mon cerveau de spectatrice imbibée de codes de l'Ouest passait son temps à dire "ah ouais, d'accord, il va se passer ça", et pas du tout. Et, non pas qu'il ne se soit rien passé, mais arrivée au bout des 42 minutes que dure le pilote, je n'avais aucune idée de la façon dont les choses allaient se poursuivre.

On sent bien un certain nombre d'éléments, et que l'intrigue sait où elle va. Mais la construction du truc fait qu'on ne devine pas la structure de l'histoire à l'avance. Il y a effectivement un passage un peu cliché, mais à vrai dire, je ne serai convaincue de sa qualité de cliché qu'une fois que j'aurais vu la suite. Je ne suis même pas certaine que ce truc un peu gros ne soit pas voulu.

Il ne s'agit pas de dire que, ô merveille, toutes les séries polonaises sont merveilleusement intrigantes et originales. Pas plus et pas moins que celles de n'importe quel autre pays, ça va de soi. Mais globalement, on est quand même encore assez convaincus qu'un certain nombre de pays ne sont capables que de fourguer de vieilles merdes abominables et des copies plus ou moins assumées de séries américaines... et voir Naznaczony relativise pas mal tout ça. On sent que dans la façon de penser le récit, il y a quelque chose qui dit "je n'ai pas été formaté par une vision américanisée de la fiction", et c'est très libérateur pour le spectateur, tout ça. Évidemment, c'est difficile de ne pas penser à certaines séries américaines au cours d'une ou deux scènes du pilote, mais chaque fois qu'on croit qu'on sait où ça va, eh bien pas du tout. Je suis très rarement surprise à ce point par la structure de l'intrigue quand je regarde une série américaine.

Et puis, quand même, un mot de la réalisation et de la musique, pour évoquer les récompenses obtenues. La musique est omniprésente, mais à la façon d'un film, où j'ai souvent (pour ne pas dire toujours, parce qu'il doit bien y avoir eu quelques exceptions) l'impression que la musique surjoue légèrement. Ici c'est le cas aussi, mais sans parvenir au niveau de ridicule d'autres productions médiocres (tous pays confondus). On a juste une occupation permanente de l'espace sonore qui fait qu'on devient extrêmement attentif aux thèmes musicaux employés (et leur gamme est relativement large), ainsi qu'aux effets sonores ; et il y en a un, en particulier, que je trouve très efficace et qui est très, très bien trouvé, et très, très bien employé, comme on peut le voir sur la fin du pilote. On nous conditionne sans en avoir l'air à guetter cet effet sonore, c'est franchement bien joué. Il sert en tous cas admirablement à poser l'un des personnages.
Ah, et la réalisation alors. Eh bah punaise. C'est beau. C'est beau, mais c'est pas ultra esthétique, si vous voyez ce que je veux dire. Il y a juste des angles, des jeux de lumière, qui se glissent dans une scène ici, une autre là, pendant que beaucoup sont juste "propres", voire "austères", et le contraste rend incroyablement bien. La scène sur le port, pendant la tempête, propose des petits effets pour faire des éclairs, et tout, sous la pluie, c'est joli comme tout, mais c'est classique. Et tout d'un coup, paf ! Un plan extraordinaire d'une ou deux secondes à peine, lorsque Tadeusz tombe par terre et lève le nez... merde alors, c'était un coup de génie. Parce que dans le plan suivant, tout est normal à nouveau, les éclairs, la pluie, et c'est tout. C'était très plaisant de voir que la forme jonglait avec notre perception pour souligner certaines caractéristiques de l'un des personnages. Plutôt que de foutre des filtres partout, en faire des tonnes dans les effets incroyables, ou au contraire avoir l'air cheap et coincé, Naznaczony a trouvé un juste milieu qui sonne exactement comme ça : juste. Mais futé.
On n'a pas cherché à m'en mettre plein les yeux, mais on n'a pas lésiné sur la qualité. J'apprécie.

Donc moi vous comprenez bien que vu l'état de flou dans lequel le pilote m'a laissée, avec en plus une bonne réalisation et une histoire intrigante, je pense que je ne vais pas laisser ce crime impuni et que je vais continuer sur ma lancée. C'est dommage, après Will & Grace je m'étais fixé de finir la saison de Capadocia, bon, ce n'est que partie remise.

Mais que voulez-vous ? Ça a toujours été comme ça avec moi. Un coup de cœur chasse l'autre...

...Un coup de cœur pour une série polonaise. Si on m'avait dit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Naznaczony de SeriesLive. Ptet que j'y apporterai des corrections quand j'aurai avancé dans mon visionnage, du coup.

Posté par ladyteruki à 23:06 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

12-02-10

Métempsycose

Oh dites donc, vous tombez à pic. J'étais justement sur le point de parler de la nouvelle série de CBS, Past Life.

PastLife

Comment ça, "ça ne passe pas sur CBS" ? Mais si. Ah mais j'insiste. Vous voulez des preuves ? OK, passons donc en revue les critères pour qu'une série de 45mn soit diffusée sur CBS :

Intrigues policières  
Check
Postulat étayé de façon plus ou moins scientifique  
Check
Équipe d'enquêteurs avec le quota de jeune, vieux, belle blonde...
Check
Absence de scénario au profit d'un pitch déclinable à l'envi  
Check

Après ça, ceux qui insisteront pour dire que Past Life est une série de la FOX seront de mauvaise foi.
Quoique, je vous le concède, avec ses Bones, ses Fringe et ses Lie to Me, on a bien compris que la FOX, à l'exception de Glee, n'est capable que de diffuser des ersatz de CBS.

Il faut le reconnaître, Past Life est d'une banalité navrante dans le contexte actuel. Inutile d'espérer. La série se conforme à tous les codes du genre policier en vogue en ce moment : les deux personnages antagonistes comme partenaires, le truc qui fait qu'ils ne résolvent pas les enquêtes comme tout le monde (pour certains c'est un don d'observation, pour d'autres la capacité à déceler le mensonge... bah eux, c'est la réincarnation), les flashbacks (très important les flashbacks, surtout à l'ère de Lost, c'est devenu un passage obligé), etc.
Il y a 10 ans, Past Life aurait peut-être eu une chance de plaire, mais aujourd'hui on n'en a plus rien à carrer d'une telle série ; on vomit le pitch, on régurgite les personnages, on gerbe la dynamique générale.

Alors parlons-en, de réincarnation, parce que c'est vraiment de ça dont il est question ici.
C'est comme si aujourd'hui, les séries n'étaient achetées par les chaînes que lorsqu'elles parviennent à mélanger le plus possible d'éléments familiers au spectateur : alors, on revisiterait des évènements du passé, comme dans Cold Case, il y aurait deux enquêteurs principaux qui n'ont pas du tout le même avis sur la réincarnation, comme dans X-Files, et ils enquêteraient, comme dans toutes les autres séries qu'on sort depuis 10 ans, merci encore Les Experts, merci beaucoup.
C'est plus un pitch, c'est une recette de cuisine.
Et comme toute recette de cuisine, même en suivant à la lettre, le résultat n'est pas garanti. Ni sur le plan qualitatif, où le manque d'âme se ressent cruellement (ironique dans le cas d'une série sur la réincarnation...), ni sur le plan quantitatif, puisque les audiences, d'après ce que je vois, ont été désastreuses. Eh bah c'est bien fait. Continuez à nous sortir de séries de ce genre, et je continuerai de militer pour la déculottée. C'est du foutage de gueule et rien d'autre.

J'ai failli m'étrangler quand le personnage sceptique (bah oui, qui d'autre ?) commence à envisager que la réincarnation ne soit pas pure foutaise (mais que reste-t-il pour les autres épisodes ?), et sort cette phrase : "It's like you spend your whole life playing this game and suddenly someone changes the rules" (merci à LiveDash qui fournit d'ailleurs des transcripts, ça m'a évité de devoir regarder à nouveau l'épisode pour écrire cette phrase moi-même). Prise dans le contexte de la télévision, cette sortie fait rire jaune.
Il serait temps que quelqu'un change les règles du jeu, au contraire.

On en a marre. Moi en tous cas j'en ai marre, pas vous ? C'est juste honteux de continuer à ressuciter les scripts et nous fourguer ça quand des perles ne voient jamais le jour, ou se font annuler. Hein, Faceless, hein ? Où est passée la commande de Faceless pendant ce temps, par exemple ?

Alors une fois, juste une fois, est-ce qu'on peut arrêter d'invoquer les esprits des pitches complètement morts, et essayer de faire quelque chose d'un peu nouveau ? Pas étonnant que finalement, je me contente en ce moment de séries comme The Deep End. Toute étincelle de vie scénaristique, la plus petite soit-elle, est bonne à prendre en comparaison de ces pâles zombies de séries policières.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Past Life de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:36 - Review vers le futur - Permalien [#]

21-06-09

Why not regarder Fringe

ReasonsWhyNot_Fringe

Voici les 10 raisons de ne pas regarder Fringe :

1 - Parce qu'Anna Torv a le regard qui porte décidément bien son nom
2 - Parce que vous allez vous demander cent fois si Poppy Montgomery s'est fait cloner
3 - Parce que Joshua Jackson
4 - Parce qu'on a tous déjà vu X-Files
5 - Parce que le pilote dure trois fois le temps nécessaire, à cause des effets spéciaux de folie
6 - Parce que ça a été racheté par TFHein
7 - Parce que c'est pas parce que la saison 2008-2009 a été pourrave qu'il faut vous sentir obligé d'apprécier quand même une série de la rentrée
8 - Parce que vous bossez le jeudi
9 - Parce que si vous n'avez pas encore commencé, c'est pour une bonne raison, eh bien voilà, c'est celle-là la n°9
10 - Parce que le suicide n'est pas une solution
Libre à vous d'en ajouter, étant bien entendu qu'il n'y en a aucune à retirer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Fringe de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 09:37 - lady's reasons why not - Permalien [#]

lady's reasons why not

Ah, malheur, je suis découverte. Oui, j'aime faire des listes, mais j'avais réussi à vous le cacher jusqu'à présent. Quasiment.
J'instaure donc à compter d'aujourd'hui une catégorie encore moins nécessaire qu'un visionnage de Fringe en français, j'ai nommé : lady's reasons why not. Un cookie à la myrtille avec la compassion du chef pour qui a vraiment regardé la série à laquelle il est ici fait référence.
En toute sincérité, des posts en brouillon sur le thème des listes, j'en ai déjà déjà plein dans ma besace, et il n'est pas impossible que d'autres finissent par fleurir dans un avenir plus ou moins proche, surtout avec l'été qui guette, les crises de flemmingite à répétition, et ma résolution non-verbalisée d'essayer de poster quotidiennement pendant quelques temps. Préparez-vous au pire.

Mais j'en avais tellement marre de lire des posts (un peu sell-off) sur l'air de "10 raisons de regarder la série que tout le monde va regarder" que franchement il m'était urgent de réagir. A mon échelle. C'est-à-dire par la mauvaise foi. Chacun se bat avec les armes qu'il a.

Souvent, je vous entretiens de séries dont personne n'a rien à carrer en vous vantant leurs louanges en pure perte (exemple concret et récent : moi disant du bien de Law & Order ...pour une fois que je parle pas de SVU). C'est une de thérapie postive téléphagique où j'essaye de vous éduquer de façon à peu près ouverte aux réalités de ce monde : ce que regardent les autres c'est de la merde, et les séries que j'aime sont les meilleures. Je devrais même pas avoir besoin de vous le préciser, mais bon, je sens que c'est la fin de la semaine et que vous avez beaucoup de temps de cerveau disponible pour le Cocu Colu.

Ici c'est totalement le contraire qui va régir cette catégorie, dans le sens où, plutôt que de m'acharner bêtement à flatter votre curiosité et vous ouvrir des portes insoupçonnées sur, qui sait, des fictions qui se déroulent en Afrique ou des séries qui datent d'avant votre conception (même pas votre naissance, votre conception !), je vais me contenter d'être bileuse. Les mauvaises langues argueront que je le fais aussi très souvent, mais elles sont mauvaises langues, et ont donc par définition zéro crédibilité.

Donc dans lady's reasons why not, je vous donnerai non pas 3, nous pas 5, mais bien 10 raisons de NE PAS regarder une série donnée.

Si vraiment vous voulez voir dans cette rubrique le signe qu'une force créatrice me pousse à agir pour votre bien, on n'a qu'à dire que c'est pour vous éviter de perdre du temps devant des conneries, et mettre à profit le temps gagné pour, mettons, eh bien, disons, c'est-à-dire, par exemple, faire du bénévolat dans des centres gériatriques, lutter pour la Paix dans le monde, ou regarder des séries qui en valent la peine (par ordre croissant de vitalité pour la planète).
Voilà, c'est ça, on n'a qu'à dire.

Et j'en profite pour ajouter que j'aime bien faire des posts moyennement utiles pour vous présenter la moindre nouveauté de ce blog (et ici les nouveautés sont toujours moindres parce que c'est pas le but du jeu que de vous en mettre plein la vue avec des gadgets, en plus), que c'en est un ici, qu'il n'y aura donc pas de liste dans le post ici présent, donc hop, je passe au premier post de cette catégorie dans quelques minutes.
Tain je pète la forme moi. Aucun rapport avec les médicaments que je prends ou ne prends pas en ce moment pour me faire oublier la douleur.

Posté par ladyteruki à 09:34 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

10-06-09

La bande originale de ma vie - Part. 1

C'est quelque chose qui m'était totalement sorti de l'esprit : mon adoration de jadis pour les CD en rapport avec les séries. Aujourd'hui que j'ai un port USB qui me maintient en permanence connectée à mon ordinateur (ou celui du boulot, ou celui de mes proches...), j'ai perdu de vue l'état d'esprit qui régnait alors...

Vous admettrez que ce n'est pas pareil, quand même. J'y repensais quand je suis tombée sur les Chroniques musicales de Critictoo (qui portent pour le moment majoritairement sur des séries récentes), une rubrique à laquelle, j'avoue, je n'avais encore pas fait attention. Je me suis alors rendu compte que découvrir tout un album, chose que je ne fais plus depuis bien longtemps, et découvrir une chanson ici, une chanson là, au fur et à mesure des cagoulages, c'est sensiblement différent. Alors j'ai essayé de me souvenir de ce que j'avais ressenti en abordant certains des CD que j'avais achetés, évidemment en rapport avec les séries.
En voici donc quelques unes que, avant d'avoir un chez moi informatique, j'écoutais sur mon bon vieux lecteur CD...

Aujourd'hui : les B.O. de série

Sex and the City 
Music from the HBO Series
sexandthecity_CD

Ce n'est qu'une fois qu'on a acheté le CD qu'on se demande pourquoi (c'est dommage mais c'est comme ça). Il ressort de l'ensemble une telle impression de disparité... Parce que quand même : Tom Jones, Trisha Yearwood et Missy Eliott, vous avouerez qu'il n'y a pas beaucoup d'homogénéité. En fait, ce qui apparait, c'est que la série n'a pas vraiment d'univers musical bien à elle, se contentant de piocher çà et là dans la pop culture. Je pense que je m'attendais à des variations autour du générique, et pour celui-ci il faudra attendre qu'arrive la 13e piste, soit le générique par Groove Armada, qui réponde à cette demande. C'est bien peu. Bref, un CD complètement opportuniste que je n'écoute plus depuis longtemps.

Music from
Malcolm in the Middle

malcolm_CD

Exactement le contraire du précédent ! Non seulement on retrouve à la perfection l'esprit de la série (et notamment la 1e saison), mais en plus tout en étant différents les uns des autres, chacun des titres parvient à être à la fois drôle et entraînant. Bref le point commun de ces chansons n'est pas seulement d'avoir utilisées pour la série, mais d'appartenir au même univers. On ressort de cette écoute avec un sourire en banane et l'envie de se replonger dans la série, car si les chansons n'ont souvent pas été utilisées plus d'une poignée de secondes, on se rappelle immédiatement dans quel contexte elles ont servi. Une vraie réussite ; encore aujourd'hui j'écoute cet album avec plaisir, ce qui vu son âge tient un peu du miracle, quand même.

Farscape : Music from
the Original Soundtrack
farscape_CD
 

Un CD qui n'usurpe pas le titre de "bande originale". Là où les deux précédents se contentaient d'offrir une compilation de chansons glanées çà et là (avec un succès variable, comme je vous l'ai dit), la BO de Farscape consiste uniquement en chanson composées spécialement pour la série. La cohérence de l'univers musical du CD sonne donc comme une évidence. Le bémol, c'est que du coup ça manque un peu de variété... Tous les morceaux ne se ressemblent pas, évidemment, mais ils sont tellement dans le même esprit qu'il faut vraiment rester l'oreille collée au lecteur CD pour discerner quand une chanson finit et une autre commence. Un peu usant à la longue.

Gene Roddenberry's Earth Final Conflict : original soundtrackefc_CD  

Pour moi, l'acquisition de ce CD se posait comme une évidence, vous l'imaginez. Le CD d'une série, c'est typiquement le genre d'objet dérivé qu'on achète pour le simple plaisir d'avoir un objet estampillé de sa série favorite, un peu à l'aveuglette, mais sans verser dans l'inutile puisque, bah, c'est de la musique, on va l'écouter. C'est pas comme une statuette ou un goodies quelconque qui prendra la poussière. Et la surprise, c'est justement par ce biais de redécouvrir un univers musical enivrant, un peu ésotérique, et souvent teinté d'influences irlandaises (qui s'expliquent fort bien vu le contexte). Mais pour les mêmes raisons qui font qu'on l'a acheté, ce CD est à déconseiller aux non-fans. Et puis à la longue, il fait un peu disque de relaxation, sincèrement...

Band of Brothers
Music from the HBO miniseries
bandofbrothers_CD
 

On a beaucoup comparé Band of Brothers à une fresque cinématographique (certaines raisons étant plus objectives que d'autres), eh bien pour ceux qui se sont déjà farci un album intégral autour d'un film, on est effectivement dans la même veine ici. C'est magistral, c'est orchestral, mais au final assez peu original sur la longueur, j'avoue que je ne l'avais acheté que pour le générique et pour le quatuor à cordes n°14 de Beethoven (qui ouvrait le fabuleux épisode Why we fight), qui sont, d'ailleurs, à l'heure d'aujourd'hui, les deux seuls titres dont je me souviens dans cette BO. Et les seuls que je réécoute volontiers, aussi. Le coeur tordu de douleur, mais c'est un détail.

C'est ça aussi, l'Opération COLLECTION. Des CD que j'aimais chiner dans les bacs d'occasion, comme ce vieil album de Code Quantum, ou dénicher à l'arrière d'un rayon improbable, comme pour Soul Food.
Parfois, ça me fait un pincement au coeur que le numérique soit entré dans ma vie...

Au prochain épisode, les compilations...
Non, le post du jour ne parlera pas de Fringe, n'insistez pas.

Posté par ladyteruki à 21:12 - Opération COLLECTION - Permalien [#]


12-04-09

Dumela !

J'ai longtemps renâclé avant de m'y mettre. Vous commencez à me connaître : il y a certaines choses qui me stoppent tout net sitôt qu'il s'agit de découvrir certaines séries, prouvant que même ma passion pour les pilotes a ses limites. Le logo BBC, notamment, est un exemple du genre d'indices qui laissent penser que c'est mal barré. Le pilote d'1h45 n'était pas non plus pour me rassurer. Et puis, je dois l'avouer, si j'ai une bonne oreille pour les accents américains, les autres anglophones me font souvent un peu peur... et la perspective que la série dont je vais vous parler se déroule en Afrique n'était donc pas pour me rassurer.
Mais après avoir tourné autour du pot une saine période de temps, j'ai pourtant fini par me lancer dans le pilote de The No. 1 Ladies' Detective Agency, et un peu comme Charlie avec ses drôles de dames, je ne le regrette vraiment pas.

Comme ce n'est pas la série la plus connue au monde, on va faire un peu les présentations avant de se lancer dans ce qui sera le 4e post La preuve par trois de cette semaine, à croire que c'est Noël et non Pâques, mais bon, je suis d'humeur partageuse, il vous faut faire avec ; et puis vous le savez bien, ce n'est pas le genre de choses sur lesquelles je compte mes efforts.
The No. 1 Ladies' Detective Agency est donc, je l'apprends quasiment en même temps que vous d'ailleurs, une série mettant en scène Precious Ramotswe, une femme au caractère bien trempé qui a décidé d'ouvrir la première agence de détective privé tenue par une femme au Botswana. La série est inspirée d'une série de livres, à ce jour au nombre de 10, nous dit Wikipedia, et est co-produite par la BBC et HBO, rappelant l'initiative autour de House of Saddam. Les présentations étant faites, lançons-nous dans ce qui pourrait bien être ma découverte la plus rafraîchissante et la plus charmante cette semaine !

TheNo1LadiesDetectiveAgency___1
Je ne vais pas vous mentir : la dernière fois que j'ai vu une série qui se déroulait en Afrique, ce devait être dans je-ne-sais-quelle émission parlant des fictions locales, et je n'étais pas emballée par l'impression d'amateurisme qui en ressortait, tant au niveau de la réalisation que du jeu des acteurs. Mais la différence, c'est que The No. 1 Ladies' Detective Agency est une série produite par des occidentaux (comme je viens de le dire juste au-dessus, essayez de suivre un peu, quand même), donc je n'ai pas eu à affronter cet inconvénient, qui avait été, je dois le dire, un autre frein à ma découverte de la série. Réalisation impeccable, parfois même au-delà du splendide, interprétation sans la moindre faille, bons dialogues... il ne se passe pas un instant sans qu'on réagisse devant ce qui se passe : rire, larmes, tout y passe. Oui, c'est tourné au Botswana, et oui ça pourrait en refroidir quelques uns, mais franchement, là il n'y a pas un seul motif à se plaindre. C'est pas que je sois totalement et définitivement fermée à la fiction d'autres pays que les Etats-Unis (bien que je n'aie jamais dissimulé ma préférence pour les séries de ce pays), mes posts antérieurs, notamment dans la catégorie Dorama Chick, sont là pour le prouver, mais il faut l'avouer, parfois, le choc est rude. Là, l'immersion se fait en douceur. Peut-être qu'elle ouvrira la porte à d'autres fictions du continent africain pour moi, je ne sais pas, peut-être pas, aussi, il ne faut pas croire que j'ai changé d'avis du tout au tout sur les autres exemples de fictions se déroulant en Afrique, mais c'est définitivement une excellente surprise pour moi que de voir à quel point la série est réussie sur ces aspects-là.
Peut-être que des puristes de la fiction africaine (et s'il en traine dans les parages, qu'ils s'expriment et qu'ils m'éduquent, d'ailleurs, en me proposant de bonnes références et/ou de bonnes adresses !) trouveront que justement,  The No. 1 Ladies' Detective Agency n'a d'africain que son lieu de tournage, et que la série est calibrée pour plaire à des téléspectateurs occidentaux sans trop les pousser dans leurs retranchements ; peut-être même, mais là on aborde finalement un aspect qui s'éloigne de la fiction elle-même, aura-t-on l'impression de voir se brosser le portrait d'une Afrique idéalisée (mais pas parfaite, car les thèmes effleurés sont loin d'être tous innocents), mais personnellement je me suis sentie dépaysée sans être déboussolée, et ça me semble un compromis plutôt raisonnable, si on y pense.

TheNo1LadiesDetectiveAgency___2
Les choses ne semblent pas commencer sous les meilleurs auspices pour Precious, qui commence par perdre son père à l'issue d'une longue maladie. Elle hérite cependant de son bétail, qu'elle revend afin de lancer sa propre affaire et s'acheter une jolie maison : nouveau départ ! Precious Ramotswe nous apprend en effet très rapidement qu'elle a eu une vie avant celle-ci, et une autre encore avant elle : après avoir passé une enfance idyllique avec son père (l'introduction du pilote est à ce titre d'un charme fou, et d'une passion particulièrement communicative), elle s'est ensuite mariée. Mais le mariage ne lui a pas apporté le bonheur escompté : battue par son mari, elle a perdu l'enfant qu'elle portait, et elle a fini par se séparer de cet époux brutal. Ces éléments, délicatement déposés à nos pieds dés le début de l'épisode, pourraient sembler très dramatiques voir décourageants (ou au contraire extrêmement encourageants pour quelqu'un comme moi, qui suis friande de ce genre de parcours). Mais c'est là aussi, dés le départ, que The No. 1 Ladies' Detective Agency met les choses au point : il n'y aura pas d'apitoiement, pas de violons superflus, pas de tragédie larmoyante. Precious est au contraire un personnage positif. Avec ses (brefs) instants de peine, mais surtout un caractère définitivement optimiste. Ainsi, le personnage n'est pas lisse, mais il n'est pas non plus caricatural ; il y a des plaies, des bleus et des bosses, mais ce n'est pas, en fait, un axe qu'emprunte beaucoup ce pilote. J'ai repensé à Charlie Crews de Life en voyant Mma Ramotswe, mais la différence, c'est que Crews n'a pas tourné la page sur ce qui l'a blessé. Precious est quant à elle entièrement tournée vers l'avenir, et surtout, vers les autres. C'est un peu naïf, mais sa principale motivation pour être détective, c'est tout simplement parce qu'elle aime son pays et qu'elle veut l'améliorer. Dans cette démarche, je reconnais la "naïveté" qu'on peut trouver parfois dans les séries nippones, qui peuvent sembler un peu irréalistes à nous, occidentaux blasés, mais qui parvient à nous toucher tout de même si on fait l'effort de laisser dans l'entrée notre costume gris d'Européen désabusé. Precious est en fait d'un tempérament précieux, tout simplement ! Ça fait du bien, ce genre de choses...

TheNo1LadiesDetectiveAgency___3
Le charme de The No. 1 Ladies' Detective Agency, c'est aussi tout le petit monde qui gravite autour de Precious. Le moindre second rôle ou personnage de passage est parfaitement à sa place ! La rencontre avec la future secrétaire de Precious, Grace Makutsi, est par exemple étourdissante d'humour (ainsi que chacune de ses scènes ensuite, le tandem fonctionnant à merveille). Il faut dire que Grace s'est vraisemblablement assise sur quelque chose d'oblong à un moment de sa vie, qui l'empêche d'être un personnage aussi expansif que sa patronne Precious Ramotswe... Mais il n'y a pas qu'elle : entre le love interest de Mma Ramotswe, ses différents clients (et ils seront étonnamment nombreux au cours de ce pilote... quand on pense qu'il a fallu environ le même temps à Olivia Durham pour ne "résoudre" qu'une seule affaire dans le pilote de Fringe, voilà qui donne encore plus mauvaise réputation aux blondes maigrichonnes), le voisinage, et tous les autres protagonistes, c'est vivant, pétillant, touchant... en somme chaque, scène est comme un fourmillement de détails qui ne peuvent qu'attirer la sympathie. Sans compter qu'en plus d'un excellent casting, The No. 1 Ladies' Detective Agency, c'est de la couleur en veux-tu en voilà, des décors à tomber par terre, et des dialogues toujours de bon goût, sans perdre de leur pertinence.

Bah voilà, j'ai encore bavardé pendant des plombes !
Mais il faut dire que je suis si contente d'avoir franchi le pas, de ne pas m'être laissée déconcentrée par mes a priori plus longtemps (je n'avais déjà que trop trainé), et d'avoir fait cette découverte, que j'avais envie de vous offrir une cagoule en bonne et due forme. Je m'aperçois évidemment que, comme toujours, les rédacteurs de Critictoo ont parlé de ce pilote bien avant moi (fidèles à leur réputation), donc n'hésitez pas à aller leur rendre une petite visite, mais sachez que leur bilan est également positif, ce qui devrait, espérons-le, être un petit peu incitatif pour ceux d'entre vous qui, comme moi jusqu'à aujourd'hui, renâclaient à tenter le coup.

Je ne suis par contre pas très satisfaite de mes captures, pour une fois. J'ai pas réussi à vous apporter le rendu coloré et en même temps sobre de la série, esthétiquement. D'ordinaire je fais vraiment attention (je sais pas si ça se voit de votre côté de l'écran, mais j'essaye que les captures soient à la fois révélatrices de ce que j'ai à dire, et harmonieuses les unes entre les autres), mais là j'ai vraiment pas réussi. Je voudrais faire bien plus que vous offrir ces trois captures en fait, encore plus qu'à l'ordinaire quand je vous dis que j'ai dû sacrifier des passages au nom de la règle de 3 propre à cette rubrique, là vraiment, ça me coûte parce que ça ne rend pas aussi bien que ça devrait. Ouaip, va falloir que vous regardiez vous-mêmes pour vous faire une idée, je ne vois que ça comme solution...

Et quant à moi, mais je pense que vous l'aurez deviné, je vais maintenant me pencher sur la suite... comme Precious dans le générique de fin !

MmaRamotswe

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais si j'ai pu le faire, vous le pourrez aussi) : la fiche The No. 1 Ladies' Detective Agency de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 08:44 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

11-04-09

Un par un...

Cette semaine, avec rien moins que trois posts La preuve par trois, on pourra dire que vous aurez été gâtés-pourris. On va dire que c'est à cause de Pâques.
Après vous avoir proposé des séries légèrement défraîchies (mais pour des raisons différentes) les jours précédents, aujourd'hui on va se tourner vers l'avenir, radieux, brillant, glorieux, amusant, une série qui vient de commencer, j'ai nommé : Harper's Island. Bon, peut-être pas si radieux, brillant, glorieux, et surtout, amusant, que je ne veux bien le dire, mais quand même, c'est pas tous les jours que je vous offre une cagoule aussi fraichement tricotée.
Allez, on en a fini avec les babillages, entrons dans ce pilote... et espérons en sortir vivant.

HarpersIsland___1
Je sais que, souvent, quand un pilote dure autour d'une heure et demie (parfois plus), je suis la première à vous dire : "ouais, ça, on pouvait faire la même chose en moitié moins de temps". Je me souviens par exemple l'avoir dit pour Fringe. Bon, eh bien la réciproque existe aussi, et Harper's Island est là pour le prouver : 39 minutes, ce n'est pas assez. Mais pas dans le sens où c'est trop complexe pour qu'on comprenne bien ce dont il s'agit, non c'est pas tout-à-fait le genre de la série, sans vouloir vous décourager, la complication, c'est pas l'option qu'ils ont choisie, mais avouons quand même qu'on précipite quand même un certain nombre de choses, au lieu de prendre le temps d'instaurer une ambiance. Et le problème, c'est qu'une série avec un pitch comme celui de Harper's Island, elle a besoin, mais alors, dramatiquement, d'une ambiance. Là où c'est bien joué, c'est dans la réalisation : un plan par-ci, un autre par-là, donnent assez rapidement des impressions fugaces mais glauques, et c'est bien. Mais la petite fiesta sur le bateau, même si je comprends qu'elle ait été voulue en guise de contraste avec ce qui va se produire sur l'île, est quand même carrément hors-sujet, du coup après ce genre de scène, il fallait jouer à fond la carte de l'ambiance, prendre son temps, mais ça n'a pas été le cas. C'est à ce genre de détails qu'on sent que, bah, Harper's Island, ce ne sera pas la série qui va vous scotcher à votre fauteuil, le soin qui aurait pu être apporté à cet aspect-là est absent, il manque un peu d'âme et le soucis d'efficacité gâche toutes ses chances d'être un jour une excellente série. La seule option qui lui reste, c'est de ne pas être mauvaise. Croisons les doigts.

HarpersIsland___2
L'autre problème de Harper's Island, et là on commence à déchanter sérieusement, c'est son casting. Côté charisme, on a rarement vu plus mou. Entre Christopher Gorham, ce porte-poisse (presqu'autant que Christopher Pohala, mais avec 20kg de muscles en moins), et l'idée assez incongrue de faire se retrouver Richard Burgi et Cameron Richardson (ce qui n'aide pas à se sortir de la tête que, non, on ne regarde pas Point Pleasant... mais ça, plus le phare, plus les mystères, ça fait beaucoup quand même, bien que je m'aperçoive bien qu'il n'y a rien de fantastique ni diabolique dans Harper's Island, j'ai eu l'impression d'une parenté assez gênante à cause de ces points de détail), plus le reste du cast qui n'arrive pas à briller un seul instant (ni dans les rôles principaux, ni dans les rôles secondaires, et là on touche quasiment au tragique quand pas un membre du cast ne vient porter secours aux autres), franchement ça patine un peu. Déjà j'ai mis 20 bonnes minutes à différencier la mère et la soeur de la future mariée, ça commençait mal. Et puis chacun est bien dans son emploi attendu, proprement, sagement, pas de contre-emploi, pas de surprise, rien, non franchement c'est pénible. Ya tellement de choses qui semblent courrues d'avance rien qu'à cause de ce cast que vraiment, on se désespère assez vite de ce que la série aura à offrir.

HarpersIsland___3
Dernier gros inconvénient, apparenté au manque de style original et au choix des acteurs finalement, c'est que la production ne s'est pas mouillée un seul instant. D'une histoire comme celle-ci, même sans parler de l'ambiance ou des acteurs, on attendrait un ou deux frissons, mais ça ne vient simplement pas. Evidemment, arrivés à la fin de l'épisode, on se pose des questions sur certains personnages (la gamine un peu effrayante, le papa pas très clair, la future mariée qui a des doutes, l'ex qui ressurgit, la relation "amicale" entre le futur marié et son amie d'enfance, etc...) mais uniquement parce que l'épisode est efficace, et que c'est la règle du genre de se demander qui a fait quoi (et à ce stade, comme freescully, j'ai déjà réduit la liste à deux ou trois suspects)... Mais tout ça, le spectateur ne le ressent pas parce que le pilote est prenant, angoissant ou simplement surprenant. Il le ressent parce qu'on l'y a conduit, en suivant un chemin très balisé. L'absence totale d'imagination sur les intrigues les plus soapesques de ce pilote fait qu'on a l'impression qu'on a déjà vu ces choses-là cent fois, que les meurtres ne semblent même être que des prétextes à tourner un drama de plus sur les histoires de famille et de coeur, et qu'en fait, Harper's Island n'a pas joué avec sa donne aussi bien qu'elle aurait pu, alors que pour une fois une série partait avec de bonnes cartes et un jeu dont on pouvait espérer beaucoup. Alors finalement, au bout desdites 39 minutes, on se dit que, bon, si on a du temps (et c'est pas garanti), on y reviendra peut-être, histoire de voir comment ça tourne, mais on n'est pas happé par les intrigues, pas du tout.

Là, dit comme ça, je sais, ça peut paraître assez négatif.
Le problème c'est qu'une fois de plus on est dans la série popcorn, et qu'au final, le popcorn ça divertit sur le coup, mais qu'ensuite on lâche facilement l'affaire. Je vois mal comment quelqu'un pourrait devenir ultra-fan de Harper's Island. Je ne me l'imagine pas. Qu'on regarde ça comme un truc pour se vider la tête, se donner l'impression qu'il y a du suspense, etc... je peux l'imaginer, mais on ne peut pas devenir addict à cette série, c'est impossible, elle ne s'est pas donné les moyens qualitatifs pour ça et, c'est d'autant plus dommage que la série ne souffre pas de problèmes de budget, a priori, les décors, les multiples acteurs (beaucoup plus de monde que je ne m'y attendais, ça va prendre vachement de temps pour tuer tous ces gens, en fait !), tout ça tend à indiquer qu'il y a eu du pognon, mais qu'on a oublié de mettre du coeur à l'ouvrage. Ce qui est quand même un fichu gâchis, si on y pense.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Harper's Island de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 16:37 - La preuve par trois - Permalien [#]

21-01-09

Faire mien

Il y a quelques jours, j'ai parlé de deux-trois séries qui vont prochainement débarquer sur les écrans, ou qui viennent de le faire : United States of Tara, et Lie to Me et The Beast (n'hésitez pas à utiliser les tags pour aller voir ce que j'en dis, d'ailleurs). Et avez-vous remarqué ce que j'ai fait ? Si-si, au moins l'un d'entre vous a remarqué... J'ai comparé.

N'est-ce pas là une habitude détestable ? Mais pourtant, il est très difficile d'y résister, avouez-le. Lorsque nous découvrons une série, invariablement (mais certaines fois moins consciemment que d'autres), nous essayons de comparer avec des séries que nous connaissons déjà. 

C'est assez normal, quelque part. Lorsqu'on présente une série qui, a priori en tous cas, n'est pas connue des lecteurs, on se sent obligé de donner des références, qu'on espère communes, pour situer les choses. Si compare le ton de la série A que vous n'avez pas encore vue, à la série B qui fait les heureux primetime de deux chaînes françaises, vous allez tout de suite comprendre quel est le ton de la série dont je parle. Et nous partons sur une meilleure base pour discuter de la série avant même que vous n'en ayez expérimenté ne serait-ce qu'un seul épisode.

Mais ça va probablement plus loin que la seule fin de communiquer autour d'une série que tout le monde n'a pas forcément vue. Ces comparaisons me sont utiles, même à moi qui ai vu les deux, et sais ce que j'en pense.

Parce que comparer une série que je connais avec une autre que je découvre, cela me permet de m'approprier la seconde. Je sais que j'aime, mettons, je vais dire n'importe quoi hein, Roswell, donc si je trouve des points communs avec Dollhouse, cela me donne des repères. Et lorsque je vais commencer à regarder Dollhouse (ce que nous allons tous plus ou moins faire dans moins d'un mois), ce sera plus facile pour moi d'intégrer Dollhouse à mon univers... et vice-versa.

Combien vous en connaissez, des exemples de téléphages qui commencent par dire "j'attends avec impatience que Dollhouse commence, c'est la nouvelle série de Joss Whedon !". Traduction : j'ai aimé Buffy et Angel, j'ai hâte de découvrir un univers qui m'en semblerait proche ! Avec, bonus non-négligeable, une actrice qui y a figuré, un bonheur ne venant jamais seul.
Quand les premières reviews interviendront, et qu'un petit malin dans mon genre jugera bon de dire "plus sombre que Buffy, la série offre cependant des personnages moins développés", ce même genre de téléphages va commenter, comme piqué au vif : "mais ça n'a rien à voir, les personnages de Buffy essayaient d'être eux-mêmes alors que les personnages de Dollhouse sont toujours quelqu'un d'autre !" Vous avez vu ce qui vient de se passer ? En ayant vu le moins possible de la seconde série, mais avec l'aide de plusieurs saisons de la première, le téléphage vient d'établir des comparaisons et il a déjà l'impression de bien connaître Dollhouse. Et juste comme ça, parce qu'il a pu faire des parallèles, il s'est de lui-même mis dans la catégorie des amateurs de Dollhouse. C'est facile comme ça, de devenir fan. Parce que vous pouvez comparer, vous investissez la série plus rapidement. Surtout si vous pouvez comparer avec des séries que vous aimez.

Une nouvelle série (en tous cas, nouvelle pour celui qui la regarde) débarque, et on fait des comparaisons, pour se sentir dans un univers moins inconnu.

Mais ça permet aussi de très vite placer la nouvelle série sur une échelle de valeurs : je connais bien X-Files, je regarde Fringe, j'y retrouve beaucoup de choses de X-Files, le second arrive plus de 15 ans après le premier, il vaut donc moins que le premier... Fringe est donc un sous-X-Files.
Cette manie de comparer nous conduit très souvent à des syllogismes plus ou moins bancals, d'ailleurs.

Il faut bien l'avouer : si la tentation est si grande de comparer les nouveautés avec les séries que nous connaissons déjà, c'est parce que c'est intellectuellement rassurant et que ça donne plus de prise sur les contenus qu'on commence à peine à aborder.
Je ne sais pas s'il serait possible d'aborder le pilote d'une série inconnue sans faire au moins une fois un parallèle avec autre chose. Vous pensez que c'est possible ? J'ai comme un doute.

Posté par ladyteruki à 18:44 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

20-09-08

[DL] Fringe

Bon, tant que j'y pense puisque j'ai le nez dans mon dossier de génériques, je vous offre aussi le générique du pilote de Fringe, puisque je vous avais sorti celui du preair il y a quelques temps. Sincèrement, celui-ci est plus léché graphiquement, mais pas absolument meilleur pour autant. C'est un peu trop facile, d'une certaine façon...

Fringe
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Je sais pas pour vous, mais cette main, là, comme ça, qui s'éloigne, ça me rappelle quelque chose... mais quoi ? Un générique que nous aurions tous vu au moins une fois, et même souvent, plutôt cent fois ? Genre, je sais pas, un truc un peu paranormal ?

Fringe_prints    X_Files_prints

Fringe                                          X-Files

Comment, quand on est déjà tellement comparé à une série aussi connue que X-Files (à tort ou à raison), on peut faire une référence aussi évidente que celle-là ? Je veux dire, c'est le seul truc qu'ils pouvaient mettre dans leur générique, Abrams et compagnie ? Moi je dis : ça ne peut pas être une coïncidence.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Fringe de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:04 - Médicament générique - Permalien [#]

16-09-08

Le mardi c'est permis

Tiens, on est mardi. Voyons voir, ya pas un truc qui se passe, cette année, un mardi sur deux ? Attendez, ça va me revenir...
Mais c'est bien-sûr : un mardi soir sur deux, c'est podcast !

Au menu pour ce premier numéro de la saison : on va dire du mal de Fringe, peut-être un peu de bien aussi, parler des coups de pub de cette rentrée, et surtout, on va parler d'adolescence. Un sommaire plus précis est dispo sur le blog de l'émission, je vous rassure.

Comme vous le savez parce qu'on en a parlé récemment, l'adolescence à la télé, c'est un sujet qui me tient à cœur, alors je suis très contente qu'on ait abordé ce thème dans un débat, de surcroît dés l'ouverture de la saison.
J'avoue que j'ai du mal à comprendre que les ados (puisque je n'en suis plus une depuis plus de 10 ans) admettent qu'on les montre comme des personnes imbues d'elles-mêmes, superficielles et toutes abruties par les mêmes futilités. Je veux dire, oui, évidemment, c'est une part de cette période, mais la télévision ne devrait-elle pas, au moins de temps à autres disons, nous donner l'occasion de prendre du recul sur cette période, au lieu d'enfoncer des portes ouvertes et nous bercer d'images idéalisées de cette période ? A plus forte raison pendant que nous avons encore la tête dans le guidon ?

Vous le verrez, dans cet épisode, beaucoup d'exemples ont été cités de séries brossant un portrait un peu simple des adolescents. Je suis sûre que vous en trouverez d'autres par vous-mêmes, d'ailleurs. Il aurait aussi été sympathique, si nous en avions eu le temps, d'essayer de voir comment étaient dépeints les adolescents dans les séries qui ne leur étaient pas du tout adressées... mais, hm, ça existe encore, de telles séries ?

Et pour rester dans le domaine de l'adolescence, ne bougez pas, je vous ai prévu un merveilleux générique que vous pourrez regarder une fois que vous aurez terminé d'écouter l'émission de ce soir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de son : SeriesLiveOnAir_Purple_mini

Posté par ladyteruki à 21:40 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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