ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

08-12-10

Oy to the internet world

Avant de commencer la revue des pires requêtes ayant mené à ce blog depuis quelques semaines, je voudrais poser une question. Une question qui me semble d'une importance capitale, et qui, si vous y répondez, étendra ma compréhension de l'univers et me permettra de donner du sens à l'absurde. La pièce manquante du puzzle.

Oy

Pourquoi les gens font-ils des requêtes du genre de "skyblog une nounou d'enfer" ?
D'une, le concept même d'un blog sur une série qui s'est achevée voilà plus de 10 ans m'échappe totalement. De deux, la spécificité de la demande me laisse abasourdie : ya des gens qui ne veulent lire que sur un skyblog ? Pourquoi, qu'offre donc cette plateforme de si exceptionnel ? A priori, si la série vous plait, et que vous cherchez un blog, n'importe quelle plateforme devrait convenir. Mieux encore, j'irai jusqu'à dire que ce n'est pas spécialement sur Skyblog que j'irais spontanément chercher un blog à longévité exceptionnelle. Ça doit arriver mais ça n'est certainement pas la norme.
Et pour finir, sur un plan tout-à-fait personnel, je ne conçois pas qu'on cherche un blog sur UNE série. Un site de fan, passe encore, mais un blog ? "Aujourd'hui j'ai regardé le 3x14 pour la 712e fois, c'était bien marrant !". "Je réfléchissais l'autre jour à une relation entre Fran et Maxwell. Ils ne concluront jamais, c'est impossible, on a bien vu ce que ça a donné pour Tony et Angela, jamais la production d'Une Nounou d'Enfer ne ferait la même erreur". "Vous avez remarqué que Fran a refilé ses fringues à Maggie ?" Oui, on a remarqué. On a légèrement eu le temps.

Sérieusement, je veux bien une explication.
Bon allez, passons au nerf de la guerre.

petits pois et connotation sexuelle
Ah. Bon.

série télévisée sur M6 le samedi soir 00h00 3 ou 4 ans ça se passe au lycée et l'héroine a une amie morte qui apparait

C'est HYPER spécifique, quand même. Et sinon c'est Hex et c'est plutôt la came de Naka que la mienne.

episode des anges de la ville
Non seulement je n'étais pas sûre que quelqu'un l'ait vu, mais que quelqu'un s'en souvienne, alors là ça m'en bouche un coin.

corée chirurgie esthétique
Oh bah non, ça se saurait.

kathryn morris bouche / kathryn morris magersüchtig / kathryn morris anorexique
Je comprends pas toujours pas cette obsession. Surtout avec des critères de recherche qui ne renvoient pas l'impression d'une grande admiration...

top des conneries américaine
Non seulement faut les lister, mais faut les classer en plus ?!

teen font une partie de basket nue canalblog
Si c'est du foot, c'est pas la peine, ça m'intéresse pas.
Idem si c'est sur overblog (voir aussi : début de ce post)

WOW SEX ALERTE A MALIBU
Des scènes de sexe, je n'ai aucun souvenir. Mais des camel toe, il y en avait un paquet.

la série scandale à l'amirauté
C'est vraiment de pire en pire.

combien y a t il d applaudissement dans le generique de friend
J'en compte 5, ça veut dire qu'il y a un des Friends qui n'y a pas droit, c'est triste. Je mise sur LeBlanc.

Bon, je vous laisse... juste un dernier petit mot pour vous prévenir que vous n'avez plus qu'une semaine pour voter afin de remporter un cadeau de Noël. Je dis ça, je dis rien. Si en fait, ce que je veux dire, c'est que c'est pas drôle, le post qui pour l'instant est sur le point de gagner fait partie de mes unaired et j'ai rien à enregistrer du coup. Pis je suis pas du genre flemmarde moi, quand je propose de vous offrir un cadeau, c'est pas pour ressortir mes fonds de tiroir, quoi.

Posté par ladyteruki à 23:43 - Tell Me You Google Me - Permalien [#]

28-11-10

Dramédie : *****

Review

Certains pitches font galoper l'imagination. C'était le cas de Review with Myles Barlow, présentée comme une comédie satirique dans laquelle un homme présente une émission pour laquelle il effectue des reviews de... la vie. Un concept alléchant qui ouvrait bien des possibilités. En réalité, on est loin d'un concept fort : les reviews ne portent pas tant sur la vie que sur l'exagération de petits aspects anodins de la vie pour en faire un test forcément grinçant, parce que totalement à côté de la plaque.
Alors, si au final, le pilote de Review with Myles Barlow n'est pas nécessairement inoubliable, il est réussi, oui, mais à condition de ne pas s'imaginer qu'on va mettre la main sur une série révolutionnaire. Derrière le bon concept se cache une série finalement assez classique, dans son genre, descendant plus de la comédie à sketches que d'autre chose, ce n'est pas un ma, mais en tous cas ce n'est pas ce pour quoi je voulais m'embarquer.

J'attendais certainement quelque chose qui soit un peu émouvant. Quelque chose qui me donne un peu à réfléchir tout en riant, au minimum, disons. Cette série que j'avais commencé à imaginer pendant que je cagoulais existe peut-être, mais ce n'est pas Review with Myles Barlow. Peut-être que c'est un peu The Big C. Peut-être qu'elle n'existe pas et alors, si je peux me permettre, il est encore temps d'inventer, je sais pas moi, un personnage qui effectivement, au lieu de reviewer dans les domaines du cinéma, de la cuisine ou de l'art, rédige par exemple un blog (je sais combien les chaînes sont attachées à lier leurs séries au monde d'internet pour faire "hype") où il reviewe la vie et donne des notes à ses expériences drôles et moins drôles. Si un scénariste qui passe me lit, prenez l'idée, c'est cadeau, promettez-moi simplement d'en faire un truc bien.

Peut-être qu'il faut que j'arrête les dramédies. Elles déforment ma vision de la comédie, finalement.
Peut-être aussi que je pars du principe que toute série devrait être une dramédie. C'est un terme finalement assez récent que celui de dramédie, ou du moins, si contrairement à mon impression il ne l'est pas, il ne s'est vraiment développé à grande échelle que récemment, grâce au câble américain et notamment Showtime qui me semble être la chaîne à avoir réellement développé le genre, si genre il y a. Avant la dramédie, je connaissais déjà les comédies en single caméra, je pense que c'était une sorte de maillon manquant, et j'aimais déjà.
Ce qui me plaît, c'est de n'avoir pas à me contenter de rire, d'être émue aussi.

Oh, on me dira que toutes les comédies, du moins les meilleures, ont toujours incorporé une saine dose d'émotions à leurs intrigues, et que ça ne date ni des violentes disputes des dernières saisons de Will & Grace, ni de la romance homardesque entre Ross et Rachel dans Friends, ni des flashbacks nostalgiques voire carrément déchirants des Craquantes. Même la première saison du Mary Tyler Moore Show contenait quelques perles de mélancolie, et encore, je cite ces exemples uniquement parce que je n'ai pas vu d'épisode d'I Love Lucy depuis environ 10 ans, ça se trouve l'ambivalence est là depuis le premier jour.
Mais la vérité c'est que les comédies remplissent tout de même plutôt leur rôle de comédie la plupart du temps, et assez peu sont capables de trouver le bon équilibre. Loin de moi l'idée de leur reprocher d'être drôles, simplement, et c'est l'explication derrière mon allergie aux sitcoms récents dans leur grande majorité, elles trouvent trop souvent inutile de s'aventurer dans l'exploration du rire doux-amer.
D'où mon adoration pour la dramédie. C'est une comédie qui a réussi, à mes yeux.

De la même façon, une série dramatique trop sérieuse a tendance à me gonfler. Là encore, l'excès n'est pas forcément une force. S'il n'y a ni respiration dans l'ambiance parfois lourde de certaines séries, s'il n'y a pas un personnage un peu plus sympathique que les autres, j'ai tendance à regarder l'épisode, admettre gravement qu'on a là une bonne série dramatique, et tourner poliment les talons pour aller voir ailleurs. On n'est pas obligés de se prendre perpétuellement au sérieux pour faire un bon drame. Ce devrait être même interdit. Là encore, c'est un peu facile d'incorporer un personnage drôle pour être drôle, et de tomber à côté. Le drôle pour être drôle devrait être banni des drames comme des comédies. Il y a un équilibre à trouver.

Mais du coup, peut-être qu'en recherchant systématiquement des choses tristes qui font rire quand même, et des choses drôles qui rendent un peu triste, je finis par modifier mes attentes quand arrive une série que je ne connais pas et que je m'apprête à l'aborder sur la seule base d'un pitch. J'exige plus de mes séries que ça.
Une sorte de déformation para-professionnelle, je suppose.

J'aurais voulu, bon, peut-être pas pleurer devant Review with Myles Barlow. Mais en tous cas ne pas avoir l'impression qu'on attendait juste de moi de rire. Ce n'est pas exiger assez de moi en tant que spectateur.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Review with Myles Barlow de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:43 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

18-07-10

Bouillon de culture

" Quel nom donneriez-vous à une communauté qui doit vivre avec l'idée que ses citoyens peuvent à tout moment être tués par une bombe en mangeant une pizza ?
- Israël."

(A la Maison Blanche - Isaac et Ismaël )

Et pourtant, ses citoyens continuent d'aller manger une pizza.
C'est très impressionnant d'étudier l'histoire télévisuelle d'un pays comme Israël. On ne peut pas penser qu'à la télévision quand on le fait. On ne peut pas prendre la télévision hors-contexte, on ne peut pas ne pas relire ses cours d'Histoire, on ne peut pas ne pas consulter une carte de la région, on ne peut pas éviter de lire ce qui se passe dans l'actualité. On ne peut pas oublier qu'avant d'être des spectateurs israéliens, ils sont des Israéliens.

Je ne sais pas si j'ai su retranscrire cela sans être trop lourde dans le nouvel article que vous trouverez sur SeriesLive aujourd'hui. J'espère en tous cas qu'il vous intéressera autant que les précédents.

Israel_MenorahTV
Shalom alekhem : la télévision israélienne pour les nuls

Le plus impressionnant dans un pays comme Israël, c'est que finalement, dans un pays qui semble, de là où je me trouve, constamment au bord du précipice, on trouve le temps de développer des trucs qui semblent, finalement, totalement futiles, quelque part ! La musique, le cinéma, la télévision... C'est vraiment impressionnant de se dire qu'une telle énergie créative existe dans un univers où la peur est loin d'être absente.
Quelque part ça tombe sous le sens : oui, un pays avec une histoire douloureuse a forcément besoin des arts pour explorer et/ou prendre de la distance avec ses préoccupations. Mais d'un autre côté, il faut un certain courage pour se divertir quand on vit dans pareil contexte.

On n'y pense même plus quand on regarde une série américaine ; on est tellement imbibés de bribes de culture américaine (très parcellaire mais on a si peu d'occasions de s'en rendre compte !) qu'on est convaincus qu'il n'y a aucun décalage, aucune spécificité L'impression de se plonger dans un monde où la fiction est le reflet d'une certaine réalité n'était pas aussi présente quand j'ai abordé les séries asiatiques, non plus. Même quand on les regarde pour la première fois, je crois qu'on n'imagine pas un instant que les séries japonaises ou sud-coréennes, dans leur immense majorité, s'inscrivent forcément dans une démarche globale de l'expression culturelle d'un pays. A l'exception de cas très rares, les différences culturelles sont juste vues comme exotiques, et c'est tout. Même quand j'ai commencé à frayer avec les séries indiennes, il y a trois ou quatre ans, je ne ressentais pas cette impression de devoir composer avec un certain nombre de réalités, même quand elles étaient abordées dans une série. Qu'une série soit un léger divertissement ou un drame intense, c'est assez rare qu'on se dise : merde, attends un peu, ça dit quelque chose sur le pays ; c'est notre désensibilisation à nous, téléphages, à force de regarder la fiction, on oublie de replacer dans la réalité ce qu'elle dit .
Mais intéressez-vous quelques heures à la télévision israélienne et vous ne pourrez plus la dissocier de l'actualité israélienne, de la religion juive, etc...

Dans un article comme celui qui est publié aujourd'hui, on a envie de compléter chaque information sur la télévision par une information qui lui est extérieure. Tout semble s'inscrire dans un contexte. Tout paraît avoir une portée allant bien au-delà de la création de la télévision, ou de la création d'une série.
En faisant mes recherches pour compléter un certain nombre de fiches faites pour l'occasion, je suis tombée sur des articles, des thèses, des videos qui m'ont profondément marquée. A un moment, il y a eu cette série turque, Ayrilik, dont les extraits sur la Palestine m'ont tellement bouleversée, qu'en 11 minutes je suis passée de "ah, super motivée pour faire des fiches pendant une heure ou deux !" à "je veux aller me rouler en boule dans mon lit et m'endormir en pleurant". Petite nature ; ah j'ai de la chance d'être née là où je suis née, je ne ferais pas long feu dans un pays comme Israël !

Non que la télévision israélienne soit glauque, ou focalisée en permanence sur les conflits passés et présents du pays. Pas du tout. C'est même fou le nombre de comédies qu'on y trouve. J'ai jeté un œil au pilote de Mesudarim, et bien que n'ayant pas de sous-titres, pendant les 5 premières minutes que j'ai regardées, j'ai ri deux ou trois fois. Pas d'un rire du genre "ahah c'est trop con" qu'on peut avoir devant Friends, mais plutôt le rire amer mais sincèrement amusé qu'on a devant, je ne sais pas, un épisode de Nurse Jackie par exemple. J'ai vu des extraits de Reviat Ran, Srugim ou encore Hakol Dvash, et on n'était pas dans quelque chose de pesant.
Mais j'ai aussi lu des tas de choses sur Hatufim (je suis en train de cagouler le pilote), et je ne doute pas qu'une série comme celle-là sera autrement moins drôle. J'ai d'ailleurs lu un résumé de la scène d'ouverture du premier épisode qui ne laisse que peu de doute à ce sujet.
C'est donc simplement que la télévision israélienne est plus ancrée que beaucoup d'autres dans la réalité du pays. On y pleure, on y rit, mais on n'y évite pas une certaine forme d'introspection.

Vous savez, quand je fais tous ces articles en espérant rendre les gens curieux... je crois que c'est quand même moi qui m'enrichis le plus de toutes ces découvertes. Si vous voulez, je vous raconterai à quoi ressemble mon "protocole" quand je bosse sur ces articles, ça se trouve, ça vous encouragera à faire quelques recherches aussi. Parce que lire les articles que j'écris sur SeriesLive (dans ce que Livia, et j'aime énormément l'expression, a qualifié de "tour du monde du petit écran", démarche que je n'avais pas pensé à formaliser de cette façon), idéalement, ce ne devrait être qu'un début.

Lancez-vous ! Avec des articles et des fiches, vous avez plus d'outils pour faire cette exploration que moi quand j'ai commencé...

AvodaAravit_logo HakolDvash_logo KrovimKrovim_logo Hatufim_logo
HaExHamitologi_logo Khatsuya_logo ReviatRan_logo MerchakNegiaa_logo__2_
HaShirShelanu_logo HaNephilim_logo Srugim_logo Ramzor_logo
Mesudarim_logo BeTipul_logo

D'ailleurs, à partir de maintenant, quand je vous parlerai d'articles faits pour SeriesLive, je vous indiquerai aussi les fiches que j'ai faites, comme ça, vous aurez un point de départ.
Ah punaise, plus je suis curieuse, plus ça me rend curieuse, et plus j'ai envie de rendre les gens curieux... je suis la seule à qui ça fait ça ?

Posté par ladyteruki à 09:07 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

15-07-10

Je serai là pour toi dans 15 ans

FriendsForever

Ça fait deux jours que je regarde Friends entre midi, sur NRJ12 (finalement, ne pas avoir de boulot, ça a du bon...), et à chaque fois qu'un épisode commence, je me dis "ah mais oui, il est culte cet épisode !!!". Je sais, le mot "culte" est tellement galvaudé qu'il est devenu tabou, mais bon, parfois, on a encore de mauvais réflexes.

Bref, toujours est-il que ça me frappe de constater que, quand je tombe sur un épisode de Friends, j'ai tendance à me faire cette réflexion très souvent (ça ne date d'ailleurs pas de ces deux derniers jours, je me souviens m'être fait cette réflexion par le passé déjà). Ça signifierait donc que j'ai déjà vu tous les épisodes de Friends sur lesquels je tombe ?

D'ailleurs, est-ce que j'ai vu tous les épisodes de Friends ? Pas sûr. Mais c'est difficile à dire, vu que, comme pour beaucoup des séries très populaires dans les années 90, j'ai loupé le coche pendant longtemps, et que, du fait du blocus sur la télé qui était en vigueur chez mes parents, j'ai vu les premières saisons très irrégulièrement car en contrebande. Après c'est vrai qu'il y a eu beaucoup de rediffusions (à peu près une rediff sur chaque chaîne française, non ?), mais comment être sûre que j'ai comblé tous les trous ?

Évidemment je pourrais m'envoyer une intégrale de Friends, je suppose, d'autant que je suis en pleine période de sitcoms et que, si 10 saisons pourraient m'effrayer en temps normal, là, je viens de commencer la 7e de Will & Grace et on peut donc dire que je n'en suis plus à ça près. Et puis sincèrement, cette impression de connaître tous les épisodes de Friends donnerait à cette intégrale un sérieux goût de déjà vu, pour le coup beaucoup plus négatif.

N'empêche que ce qui me frappe, c'est à quel point la série a finalement laissé son empreinte sur moi, alors que, si comme tout le monde, j'ai ri devant Friends, je n'ai en revanche jamais été absolument fan, et que je n'ai jamais compté la série parmi mes favoris. Tous les épisodes possèdent au moins une scène dont on a l'impression qu'elle est absolument inoubliable. C'est peut-être ça, une série indispensable à la culture de tout téléphage.
Finalement, peut-être que le terme de "culte" n'est pas complètement galvaudé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (wow, quand même) : la fiche Friends de SeriesLive.
Ça alors, un post Zappeur, Zappeur n'aies pas peur, ça c'est pas courant...

Posté par ladyteruki à 13:47 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

23-05-10

Rituels

C'est tellement ridicule que j'hésite à en faire un post ; mais je me demandais si j'étais la seule à avoir une sorte de rituels devant certains génériques ?

L'une des raisons pour lesquelles on aime qu'une série qu'on regarde ait un générique (ou un truc équivalent qui fasse illusion pendant une dizaine de secondes), c'est parce que c'est en quelque sorte le comble du comble téléphagique : regarder une série, de par sa récurrence semaine après semaine sur nos écrans, crée un lien affectif, et retrouver un générique semaine après semaine renforce ce lien affectif. C'est encore plus familier que les personnages, parce que les personnages ne font pas la même chose d'un épisode à un autre, alors que le générique est le même (sauf cas particulier comme Weeds).

Le moment du générique, c'est le moment où l'on est certain d'être là où on devrait être, le cérémonial de retrouvailles par excellence. Ça et, quand on a de la chance, de la musique sympa et de jolies images. Le générique d'une série, c'est cet instant de communion avec l'univers que vous êtes venu chercher, le moment où la téléphagie s'exprime pleinement, le sentiment à la fois de confort (c'est ma série !) et d'excitation (que réserve ce nouvel épisode ?) à son maximum.

Et donc, personnellement, devant certains d'entre eux, j'ai tendance à développer des petits rituels, que j'aime la série ou non, c'est plutôt la force de l'habitude couplée avec un thème musical qui s'y prête plus ou moins. Par exemple :
- applaudir pendant le générique de Friends
- taper des mains pendant le générique de Fraggle Rock ou Green Acres
- lancer "bang" à la fin du générique de The Big Bang Theory
- scander "come on, come on" pendant le générique de Rescue Me
- et, depuis quelques jours, claquer des doigts à la fin du générique de 30 Rock
Ce qui en soi n'est pas dramatique pour beaucoup vu que la série est finie, sauf que j'ai une playlist de génériques que je joue régulièrement...

Il ne s'agit pas de chanter le générique en chœur (comme je le fais par exemple pour Une Nounou d'Enfer ; il faut quelques années de pratique pour parvenir à ce résultat, ne le faites pas sans la présence d'un adulte pour vous superviser), y compris quand il n'a pas de paroles (je ne vous raconte pas le nombre de fois où j'ai fait des vocalises plus ou moins tolérables devant Invasion Planète Terre, Battlestar Galactica ou The Tudors...) mais d'avoir un petit signal que je fais sans même m'en rendre compte, épisode après épisode, toujours au même moment et sans raison apparente.

Plus généralement, il m'est arrivé très souvent de m'apercevoir que, pendant que défile le générique que, pour des raisons évidentes, jamais je n'aurais l'idée de regarder en avance rapide, je fais la même moue qu'un personnage, ou le même geste, de façon synchronisée. Je faisais ça déjà quand je regardais MacGyver étant gamine, alors ça ne pouvait pas s'arranger...

C'est que le générique est tellement devenu un rituel qu'on connait sur le bout des doigts, et la playlist n'aide pas évidemment, qu'on finit par se l'approprier totalement. Et que, d'une certaine façon, ces petites habitudes ridicules (que je ne fais presque pas lorsque je ne regarde pas les séries concernées en compagnie d'autres spectateurs... hélas pour ma dignité, j'ai dit "presque") nous permettent de reconnecter les liens qui s'étaient légèrement distendus entre deux épisodes.
Le générique, c'est vraiment un cérémonial à part entière, et pas juste une video qui permet à la série de tout de suite donner le ton sur son univers, ou une carte de visite. C'est l'équivalent téléphagique de "eh, comment tu vas, je suis trop content(e) de te retrouver !".

Alors, juste pour savoir si je dois me faire enfermer, je suis la seule à avoir ces petits rituels, ou pas ?

RituelsPaiens
Je viens de réaliser que je n'ai jamais posté ce générique. Stupeur.

Posté par ladyteruki à 23:12 - Médicament générique - Permalien [#]

03-05-10

Mon fantasme

Tant qu'à regarder un sitcom, autant regarder un vieux sitcom. C'est pas comme si les récents apportaient quoi que ce soit au genre de toutes façons. Donc me voilà installée devant Fired Up, principalement parce que l'équation cagoule disponible + Mark Feuerstein suffit à me convaincre, surtout en ce moment où je suis pas dans mon assiette, malade, et je vous passe les détails, bref, complètement influençable. Je serais tombée sur une cagoule de Conrad Bloom, c'était le même tarif. D'ailleurs j'ai un épisode de Conrad Bloom à la maison, même si ce n'est pas le pilote. Pourquoi je parle de ça, moi ? Parce que Royal Pains reprend dans pile un mois ? Ah, tiens.

Bref me voilà devant le pilote de Fired Up et je me dis que, quand même, c'est pas gagné. Je déteste Leah Remini. Oh je suis persuadée que c'est une fille charmante au demeurant, et peut-être qu'elle donne toujours aux mendiants dans la rue alors que moi je regarde ailleurs l'air de rien, et qu' un jour elle a sauvé un chiot qui allait se faire renverser, mais je n'y peux rien, je déteste Leah Remini. Chaque fois que je riais devant Un Gars du Queens (c'est-à-dire rarement) c'était grâce au personnage de Doug, jamais grâce à Carrie. C'est vous dire.
Quant à Sharon Lawrence, c'est une bonne femme qui me fait peur. Je pense qu'elle boit le sang de petits bébés humains et qu'elle dort dans un frigo. Elle a la même gueule dans Fired Up que dans Drop Dead Diva où je me rappelle l'avoir vue cet été. Douze ans entre les deux, hein. Elle est peut-être pas une trop mauvaise actrice, mais qu'est-ce qu'elle me fait flipper !

Bref, Fired Up, cagoulée pour de mauvaises raisons et regardée avec appréhension pour toutes les autres raisons, relevait à la fois de l'expérience de l'extrême (je hurle de rage à cause de Remini en premier, ou j'attends d'avoir hurlé d'horreur à cause de Lawrence ?), et du petit passe-temps sans conséquence (d'façons, Royal Pains reprend dans pile un mois).

L'idée de Fired Up, c'est de prendre deux personnages que tout oppose, ce qui est un classique en termes de comédie, et de les forcer à se regarder dans les yeux pendant environ une demi-heure. Ici, d'une part, on a Gwendolyn, la patronne spécialisée en communication qui ne pense qu'à elle, et d'autre part, on a Terry, l'assistante qui a les pieds sur terre.

Tout commence quand un beau matin, Gwendolyn arrive au travail, et une chose horrible vient de lui arriver : au salon de beauté, on ne lui a pas donné sa pédicure habituelle, qui a été expulsée du pays. C'est terrible parce que la nouvelle pédicure n'a rien fait comme il fallait et a même eu le culot de lui infliger une petite coupure au pied. Certaines personnes ont de vrais problèmes, c'est tragique.
Terry arrive à en placer une et explique qu'elle vient de se faire virer, mais cela ne relativise pas vraiment les problèmes de sa patronne qui démontre ainsi, en un dialogue court mais rapide, combien elle peut être focalisée sur son nombril. Finalement Gwendolyn découvre qu'elle s'est également faite virer, ceci expliquant cela, et les voilà toutes les deux à faire leurs adieux, prêtes à partir chacune de leur côté après trois ans de collaboration. Six. Peu importe.

Terry vit avec son frère (Mesdames, voici enfin Mark, profitez-en, il est juste de passage, on le verra à peine), dans un loft qui a probablement été racheté à Batman et dont le loyer doit être plus cher que tous les appartements des Friends réunis.

FiredUp
Une horloge ! Une p*tain d'horloge ! Je VEUX ce loft.

Toujours est-il que le frérot travaille dans un bar en bas de l'immeuble (par définition, tout sitcom se doit d'avoir un café, un bar ou un restaurant sur la liste de ses décors réguliers, n'est-ce pas ?), et que voilà Terry sur le carreau, qui doit trouver un autre job et ne dégote rien de mieux que de vendre de la viande discount par téléphone (rassurez-moi, ce métier n'existe que dans les séries, n'est-ce pas ?). Inutile de dire que même si sa patronne était une égocentrique qui la réduisait en esclavage, elle a quand même du mal à s'adapter. D'ailleurs Gwendolyn aussi puisque peu de temps après, voilà cette snob en train de débarquer dans la vie de son ancienne assistante, complètement sur la paille, avec l'idée de monter sa propre société mais incapable de faire la moindre chose valable sans Terry pour l'y aider.

Eh oui, les deux femmes vont, c'était inéluctable, devoir tout de même se remettre à travailler ensemble, Terry parvenant à faire comprendre à Gwendolyn que cette dernière est incapable de faire quoi que ce soit par elle même (ou qu'elle s'y refuse : "Vous pouvez faire de la frappe ?"/"Oui."/"...Vraiment ?!"/"Eh bien, est-ce que je le peux et est-ce que je le ferais sont deux questions très différentes..."), et Gwendolyn ayant le pouvoir de sauver Terry de la vente de viande par téléphone (non, sérieusement ? Quelqu'un parmi vous a déjà vendu de la viande par téléphone ?!), et qu'en plus elle est vraiment douée dans son domaine.

Évidemment c'est un peu cliché tout ça. Mais je sais pas, j'aime bien l'idée qu'une fois de plus, le patron (ici une patronne, on s'en fout) ne puisse rien accomplir sans son assistante, je sais pas d'où me vient ce fantasme (de plusieurs années d'expérience dans l'assistanat de direction peut-être, je pense à certaines personnes qui ne peuvent même pas écrire leurs cartes d'anniversaires eux-mêmes, yes I'm looking at you, Blue), mais en tous cas l'idée me plait bien.

Alors au final, j'ai beaucoup aimé certains angles de ce pilote. D'autres relèvent de la vaste blague (et pas dans le sens où un sitcom voudrait faire des blagues), comme la plupart des répliques du patron du bar qui, cinquantenaire célibataire, allez je suis dans un bon jour, disons quarantenaire, se met immédiatement à courtiser Gwendolyn et se prend des vestes splendides sans avoir rien d'intelligent à répliquer (ce qui fait que chaque veste est plus que méritée).

Mais contre toute attente, le tandem Remini/Lawrence fonctionne très bien, les vannes fusent, le choc des deux cultures ne semble pas aussi plaqué que dans d'autres séries du même type qu'on a connues, qu'on connaît et qu'on connaîtra sur le même principe des deux opposés qui vont devoir cohabiter. Comme les meilleurs sitcoms, Fired Up repose d'une part sur cette alchimie, et d'autre part sur un grand sens du rythme. Ce qui est étonnant pour une série qui n'a pas duré très longtemps. Je vais pas dire que c'est un bijou méconnu, mais enfin, je me suis bien marrée, il faut le dire, et en prime j'aime bien le concept de départ, et j'aime le loft. Alors banco.
Ou alors, c'est la faute de mes médicaments. Ce qui n'est pas à exclure non plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Fired Up de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:39 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

05-04-10

Le guide du routard téléphagique

Pour une fois, on va parler d'Opération COLLECTION, mais pas de DVD. Me regardez pas comme ça, oui, ça m'arrive de ne pas parler de DVD. Nan mais, allez, dites aussi que je suis obsédée par le rayon séries TV de la FNUC !
...
Je vois ce que vous voulez dire.
Bref, non, aujourd'hui je vais vous parler de bouquins.

Books
Puisque je vais parler de bouquins et de séries, j'ai eu envie de rappeler Mousou Shimai à votre bon souvenir...

Je faisais du rangement et je suis retombée sur de vieux guides. Ça m'a rappelé plein de choses. Pour commencer, le fait qu'à une époque, j'en achetais. Et puis, aussi, le fait qu'à une époque j'avais commencé à en écrire un.
Mes fouilles effectuées, voici donc les guides sur lesquels j'ai remis la main. On ne rit pas s'il vous plait, sinon je vous oblige à donner la liste des guides que VOUS avez achetés. Ha, on fait moins le malin...

Guide_AllyMcBeal
  Ally McBeal
Guide_Farscape
  Farscape
Guide_Friends
  Friends
Guide_SexandtheCity
  Sex & the City

Il y a aussi ceux que j'ai lus mais qui appartenaient à ma frangine :

Guide_Buffy
  Buffy contre   
les vampires
Guide_XFiles
  X-Files

Sans avoir recours au carbone 14, je pense que vous pouvez deviner très facilement de quelle époque il était question un peu plus haut... Par contre je précise que je ne sais plus lequel c'était pour X-Files, parce que des guides, il y en a eu trois douzaines, et que, par définition, les bouquins qui appartiennent à ma sœur, je ne les ai pas chez moi pour faire les vérifications qui s'imposeraient.

Alors, bon, il faut bien le dire, le guide officiel (ou non-officiel, parce que dans le fond on s'en fiche, franchement), c'est typiquement le produit dérivé que vous voulez absolument acheter, absolument dévorer, absolument relire, tant que la série est vivante. Du jour où elle est annulée (parfois même avant), il perd tout intérêt. Or, la plupart des guides sortent alors que la série est encore en cours, ce qui les rend rapidement obsolètes (outre le fait qu'il est impossible à un guide paraissant au cours de la saison 3 de couvrir une saison 5 dont on ne sait même pas encore qu'elle existe).

A ce facteur vient s'ajouter une autre contingence qui me bloquait beaucoup : l'accès à toute cette belle littérature. Je vous parle d'un temps où il ne sonnait pas comme une évidence de commander sur internet (rapport au fait que déjà, tout le monde n'avait pas internet ; je suis entrée dans l'ère numérique avec le début du siècle seulement), et où il fallait donc attendre, d'une part, qu'un guide soit traduit, et d'autre part qu'il atteigne les rayons des magasins les plus accessibles. Inutile de préciser qu'à cette époque-là, on avait plus de chances de trouver un guide X-Files ou Buffy que Les Soprano. Mettons. D'ailleurs si j'ai fait main basse sur celui de Farscape, c'est plus tard, grâce à la boutique Album (et il n'est pas en français ; rapport ou coïncidence ?).

Donc, quel est l'avenir d'un guide sur une série donnée plusieurs années après l'achat ? Je vais être sincère, il n'en a pas des masses. Même par sentimentalisme (mais il s'avère que je ne suis qu'assez peu sentimentale sur les séries pour lesquelles j'avais trouvé des guides).
Pire encore, aujourd'hui, pas loin d'une décennie après, internet a supplanté en grande partie les guides au format papier.

C'est que, pour commencer, le guide des épisodes, est dorénavant disponible en temps réel, et constamment remis à jour, sur une bonne louche de sites internet de nationalités diverses. Déjà, ça, ya plus besoin.
La présentation des personnages, la petite bio des acteurs et/ou du créateur, ça aussi, ça a fait long feu. De vous à moi, je suis quasiment certaine de n'avoir jamais lu la présentation des personnages, sur aucun de mes guides. Faut être logique : si on connaît la série, cette partie ne relève pas du moindre intérêt. Si c'est pour lire que Mulder est un agent du FBI qui a vu sa sœur être enlevée par des extra-terrestres, j'ai un peu l'impression d'être prise pour une buse !

Ce qui reste, une fois qu'internet a prouvé qu'il proposait une alternative plus intéressante pour le lecteur à tout ça, c'est l'analyse.
Or, ces guides n'offrent qu'une analyse très, très succincte, dans le meilleur des cas, voire pas d'analyse du tout. Il faut dire que pour pratiquer une analyse en profondeur sur un épisode de Friends, il faut quand même se lever tôt. Loin de moi l'idée de prétendre qu'il n'y a pas de fond dans Friends, je pense qu'on peut même pousser jusqu'à dire que les personnages sont au contraire suffisamment denses pour permettre un certain nombre de choses, mais enfin, ya pas non plus de quoi se faire des nœuds avec la cervelle, quand même.

Les citations, qu'on trouve à divers degrés (une phrase ponctuellement, ou au contraire, énormément de petites phrases), recouvrent encore un certain intérêt, mais à la condition qu'on lise le guide dans la même langue que celle dans laquelle on a découvert la série. Il n'existe pas, à ma connaissance, de base de données sur des citations de séries suffisamment large pour que cet accessoire soit devenu inutile, par exemple.

Si vous avez du bol, le guide propose aussi une petite visite de la fabrication des épisodes (c'est plus facile pour les séries fantastiques, qui ont recours aux effets spéciaux et/ou aux maquillages divers), qui peut à la limite donner un petit plus produit à ces guides. Mais bon, on ne peut pas dire que ce soit Byzance non plus.

Non je ne vends pas mes guides. J'ai pas encore fini mon post. Vous allez voir qu'en fait il y a du bon à tirer de ces guides plus ou moins officiels. Ou plutôt de certains d'entre eux. D'ailleurs ça se fait encore, preuve que ça doit bien encore avoir de l'intérêt.

Permettez que je reprenne ma documentation, histoire de parler concrètement.
Vous prenez le guide de Farscape. C'est informatif, complet, c'est très bien. Bon, depuis, on a vu la fin de la série, et puis aussi The Peacekeeper Wars parce que le DVD se trouve plus facilement que les saisons elles-mêmes (ah ben non, on avait dit qu'on parlerait pas de DVD !), franchement, à un certain point, on n'en a plus rien à faire de ce qui se dit dans les 3/4 du bouquin. Bikoz tout ce que j'ai dit plus haut.
Vous prenez maintenant le guide Friends. C'est bourré d'anecdotes, synthétique, c'est très bien. On a beau avoir vu ces épisodes cent fois (au moins 5 fois par chaîne du PAF, grosso modo), ça fonctionne toujours parce que le guide est écrit avec humour, on retrouve des petits dialogues, des petits détails amusants, ça se lit sans faim.
La différence tient peut-être aussi au genre, mais pas seulement. La différence, c'est que certains guides peuvent survivre parce qu'ils proposent un équilibre entre la forme et le fond, et font ainsi perdurer un univers. Ne pas trouver d'humour, ou trop peu, dans un guide Farscape est quand même sacrément rédhibitoire. Limite illogique.

Tout-à-l'heure, j'ai évoqué le fait que moi aussi je voulais écrire un guide... c'était sur Une Nounou d'Enfer. Ça m'avait pris un temps de folie. J'avais dû couvrir quelque chose comme la moitié de la première saison, parce que j'écrivais à la fois des transcripts des épisodes en VF, et à la fois le guide lui-même. C'était pas forcément la meilleure méthode mais enfin bon. Le choix de la série était assez évident : j'avais vu tous les épisodes plusieurs fois, grâce aux multiples rediffusions, suivies des enregistrements sur VHS. Aujourd'hui encore, même s'il n'y a pas nécessairement de quoi se vanter, je suis plus facilement capable de vous déclamer des répliques de la série que du Prévert.
Et puis un beau matin, j'ai réalisé qu'à part passer 2 heures par jour sur un tel projet, ça ne servirait à rien, d'autant on ne fait pas publier le guide d'une série qui s'est achevée depuis trois ou quatre ans, en admettant que la publication soit envisageable, à plus forte raison en France. Tout ce que j'écrivais, je le savais déjà, c'était pas la peine de me tuer à la tâche pour écrire un guide qui n'aurait que moi comme lectrice.

Pourtant, cycliquement, l'idée refait son chemin, je suis bien obligée de le reconnaître.
Encore récemment, je me disais que je me lancerais bien dans un guide Pushing Daisies. Mais là encore, à quelle fin ? Internet a peut-être changé ça aussi, on se dit qu'on pourrait plus facilement être lu. Mais au final, quel est l'intérêt d'un guide aujourd'hui ? Le problème reste entier.

Le guide d'une série, ça reste quand même le truc auquel on pense par sentimentalisme, mais qui n'est pas vraiment vital. Avec les guides d'épisodes, les sites de fans et un moteur de recherche, on trouve déjà très largement des informations sur une série donnée.
Pourtant, je ne sais pas, ça me rend toute nostalgique de penser à tout ça...

Posté par ladyteruki à 11:52 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

12-03-10

You know what this song reminds me of ?

Même si depuis quelques semaines, j'ai tendance à poster un petit quelque chose tous les jours, je garde une tendresse particulière pour les posts du vendredi. Parce que même si, un jour, on imagine, ne paniquez pas c'est juste une idée en l'air, enfin on sait jamais, mais ne vous alarmez pas inutilement hein, si un jour donc, je ne pouvais plus poster en quotidienne, il resterait toujours les posts du vendredi.
Le vendredi, ici, c'est tout simplement sacré.

Alors pour mon dernier post SNL de la semaine, promis promis c'est le dernier, je voulais partir dans une sorte de feu d'artifices. With a bang, comme on dit. Pardon pour l'anglicisme mais enfin, j'ai traduit et sous-titré pas mal de videos cette semaine, alors bon, ça m'est un peu resté.
Et justement, en parlant de videos sous-titrées, aujourd'hui je vais vous en proposer non pas une, mais plusieurs. Cinq, en fait.
Ces cinq sketches font partie d'une série de sketches ou plutôt, disons, d'une franchise de sketches. Je vous en ai déjà parlé, ce sont les "Song Memories".

Le principe de ces sketches est le suivant : quatre copains (3 membres de SNL : Jason Sudeikis, Bill Hader et Will Forte ; plus l'invité) se retrouvent et écoutent une chanson, qui leur rappelle à chacun un souvenir bien précis.

Le canevas est toujours le même : les quatre copains se retrouvent à l'occasion d'une quelconque rencontre due à leur virile amitié (soirée entre potes, voyage entre potes, célébration entre potes...), l'invité met une chanson, et dans l'ordre, Jason, Bill, Will et l'invité y vont chacun de leur anecdote, entrecoupant leur conversation de passages où ils entonnent le refrain de la chanson en chœur. Les anecdotes en question relèvent de thèmes récurrents : le sexe pour Jason, la famille et plus particulièrement son père pour Bill, le boulot pour Will. Pour l'invité c'est plus fluctuant.
Immanquablement, le sketch finit sur la reprise d'un passage de Pulp Fiction... enfin, c'est Wikipédia qui nous le dit, moi j'ai jamais vu ce film. Mais ça me semble plutôt cohérent.

Quand on voit l'un de ces sketches séparément, comme ce fut au départ mon cas (j'ai été déflorée avec celui de Zach Braff), c'est amusant au plus haut point de toutes façons.
Mais pris l'un à la suite de l'autre, les Song Memories prennent toute leur saveur. C'est quasiment une série ! Personnages réguliers, gimmicks... La structure étant exactement la même, ça permet en plus des variations amusantes (comme dans celui avec Paul Rudd qui pour une fois se passe dans une voiture), tout en gardant les mêmes mécanismes.

Bref, sous forme d'anthologie, ça a encore plus de croustillant.
A un tel point que j'ai consenti à regarder une émission où Ashton Kutcher était l'invité (à part lui et Megan Fox, je les regarde sans sourciller, quitte à le regretter ensuite comme pour celui avec Michael Phelps, mais enfin, là, ça m'a quand même demandé un effort de volonté).

Alors voilà, aujourd'hui, post du vendredi oblige, je vais ni plus ni moins vous proposer les 5 sketches des Song Memories, sous-titrés en français.

Ah, avant de commencer, un dernier avertissement : rappelons à toutes fins utiles que Saturday Night Live, c'est une émission qui passe tard le soir. Ce n'est pas une émission tous publics. Ce n'est pas toujours très familial. Et les Song Memories, eh bien, vraiment, c'est particulier. Ce n'est pas toujours très politiquement correct, voire même pas du tout. C'est même parfois franchement dégueulasse.
Mais vous savez quoi ? Je crois que je les aime à cause de ça, ces sketches. C'est pour toutes les fois où je me dis que j'aurais bien aimé être un mec avec une bande de potes comme ça (dit-elle en tapant précautionneusement sur son clavier pour ne pas abimer son vernis) et où l'humour un peu gras typique d'une mâle assemblée me manque un peu. Donc vous voilà prévenus, c'est pas des blagues aussi gentillettes que ce que j'ai pu poster durant les jours précédents.

Allez, je ne vous fais pas plus attendre, pour la dernière fois cette semaine, en direct de ladytelephagy, it's Saturday Night Live !

Song Memories 1 - Rainn Wilson (The Office)
SNL_SongMemories_1

Song Memories 2 - Zach Braff (Scrubs)
SNL_SongMemories_2

Song Memories 3 - Ashton Kutcher (That 70s Show)
SNL_SongMemories_3

Song Memories 4 - Paul Rudd (Friends)
SNL_SongMemories_4

Song Memories 5 - Bradley Cooper (Kitchen Confidential)
SNL_SongMemories_5

Voilà, rideau, c'est fini, promis je vous embête plus, mon esprit téléphagique est déjà parti ailleurs et le prochain post sera consacré à autre chose. Mais si ya des amateurs, j'ai quelques autres sketches que j'ai découpés et que je peux aussi essayer de sous-titrer, si ça vous intéresse.
Tain c'est presque dommage de les laisser sombrer dans l'oubli, ces sketch. Allez, finalement je vais créer un tag SNL. C'est une première pour une non-fiction sur ce blog, mais là, quand même.

Posté par ladyteruki à 02:37 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

05-02-10

Promo-ted

Depuis quelques semaines, j'ai développé un nouveau fétiche télévisuel. Rien qui ne puisse choquer votre maman, ne vous inquiétez pas. Mais à force de chercher pour SeriesLive des photos pour compléter les fiches, j'ai commencé à comprendre pourquoi parfois, les "promo posters" pouvaient avoir de l'intérêt, question sur laquelle je ne m'étais jusqu'alors jamais penchée, sans doute parce que je m'efforce généralement de ne pas me laisser toucher par la promo précédant l'arrivée d'une série, et qu'ensuite, plus personne ne voit l'intérêt de faire tourner lesdits posters 6 mois après que la diffusion ait commencé.
Ainsi donc, je suis devenue, quasiment du jour au lendemain, un excellent public pour les posters promotionnels.

MAIS ATTAFION ! Il ne faut pas que ce soit du n'importe quoi, une photo prise à la va-vite, un truc tout con. Trouver une photo sympathique de Lost pour le post On Air d'hier n'a par exemple pas été une sinécure (et comme vous pouvez le constater, j'ai abandonné l'espoir de trouver une photo de promo qui soit originale, sachant que je voulais éviter de vous fourguer la cène pour la 712e fois). Il y a des séries qui font vraiment leur promo comme des cochons. Alors je me suis dit que j'allais vous proposer un florilège des promo posters que j'ai vus jusqu'à présent, sachant que d'une part, j'en oublie forcément, et que d'autre part, je ne prétends pas avoir vu tous les promo posters de la Création.

Généralement, mes promos préférées relèvent d'un travail à la fois sur la forme (jeu de couleurs, perspectives, etc...) et la façon de mettre en avant le concept de la série ou la personnalité des protagonistes présentés. Un truc tout joli pour la gloire, ça ne me fait ni chaud ni froid. Il faut que ça m'évoque quelque chose en lien direct avec l'histoire de la série.

Rien ne m'énerve plus que de rassembler les acteurs dans un décor (ou pire, dans un studio quasiment nu) et les faire prendre la pose sans rien en tirer d'autre qu'une espèce de photo de classe à 20 000$ le tirage (au bas mot). Jeu auquel j'ai remarqué que la plupart des séries criminelles étaient très douées... par exemple je n'ai pas pu trouver un seul poster promotionnel de NCIS qui vaille la peine que je pose les yeux dessus. Desperate Housewives a fait des tentatives mais en général ça reste quand même dramatiquement basique, voire carrément laid. Parmi les mauvais élèves, j'ai aussi envie de citer V New Gen (trop littéral), Flash Forward (franchement décevant) ou encore Heroes (ce qui me semble être un comble).

Mais plus encore, pour me séduire, il faut que l'infographie s'en mêle. Dans le domaine du poster promotionnel, il faut user et abuser des filtres, avoir la main lourde sur l'outil brush, et/ou rajouter des éléments improbables. C'est un peu maintenant ou jamais.

Exemple :

Bof...   Voui !
PromoPoster_DrHouse_Non   PromoPoster_DrHouse_Oui

Il est bon de noter que j'ai sciemment pris pour exemple Dr House, dont les posters promo sont de façon quasiment constante extrêmement bons. Mais je suis certaine de ne rien vous apprendre...
Passons donc à mes favoris... Et comme dirait Nakayomi : en cliquant, c'est plus grand.

The Riches
(je n'ai pas résisté à l'envie
de la mettre sur la fiche de SeriesLive,
même si le format imposé, 300*200px,
ne se prête pas forcément à un rendu optimal)
  PromoPoster_TheRiches
 
Scrubs
(là aussi très constant dans la qualité
de ses promo posters en général)
  PromoPoster_Scrubs
     
Nurse Jackie
(tellement bon que j'en ai fait
mon très à propos fond d'écran au boulot.
J'aimais déjà énormément celle qui sert
désormais de cover au DVD)
  PromoPoster_NurseJackie
 
Better Off Ted
(comme je l'aime beaucoup,
vous avez déjà pu le voir ici)
  PromoPoster_BetterOffTed
 
Nip/Tuck
(certaines sont plus réussies
que d'autres, trop vulgaires.
Celle-là, elle l'a.)
  PromoPoster_NipTuck
     
Dexter
(bien plus efficace que celle
avec le jus de fruit !)
  PromoPoster_Dexter
     
Weeds
(je préfère cette campagne
aux promos de type pin-up, qui,
bien que réussies, sont peu originales)
  PromoPoster_Weeds
     
Friends
(c'est un peu plus vieux,
mais c'est un classique !
Je me demande si Friends
n'a d'ailleurs pas été le précurseur
en la matière ?)
  PromoPoster_Friends
   
Chuck
(je ne suis pas fan de la série,
mais là ça donne envie !)
 

PromoPoster_Chuck

Ce ne sont que quelques unes parmi tant d'autres, évidemment, des affiches qui ont attiré mon regard, mais ce sont certainement les meilleures. Mais la présence majoritaire de séries du câble dans ce petit best of ne peut pas non plus être un hasard. Probablement que les séries les plus originales sur le fond ont plus de chances de l'être également sur la forme ?

En tous cas, si vous en connaissez d'aussi sympas, n'hésitez pas à faire tourner en mettant les liens en commentaire !

Posté par ladyteruki à 14:58 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

12-01-10

L'art de la guerre

"Tu veux savoir ce qui s'passe (et c'est arrivé à toutes les femmes, à pratiquement chacune d'entre nous) : on commence à sortir avec vous, vous nous dites qu'on est fantastique, et fabuleuse, on pense que c'est sérieux, vous nous laissez penser que c'est sérieux, alors on y croit, on dit à tout l'monde "oui, c'est vraiment sérieux" ! Et après... après les coups d'fil se font plus rares. Vous savez c'que c'est d'être assise là à attendre que le téléphone sonne ? Vous n'vous douchez plus, pour ne pas être en plein orgasme si le téléphone sonne, vous n'mangez plus, vous n'pouvez pas avoir la bouche pleine en décrochant le téléphone, vous décrochez le combiné de temps à autres, pour être sûre qu'il fonctionne bien, après vous l'reposez, et après, quand vous recommencez, c'est là qu'il appelle et que ça sonne occupé ! Et vous faites ça... des semaines, jusqu'au jour où finalement... vous sentez si mauvais... et vous êtes si maigre, que vous comprenez... que vous avez été plaquée... Et vous n'savez pas du tout pourquoi, vous, vous pensiez que c'était sérieux ! Et des années après, cinq, dix, vingt ans, vous y pensez toujours en vous demandant POURQUOI... il ne vous a pas rappelée, et si c'est vraiment à cause de vous qu'il ne vous a jamais rappelée, et vous n'le saurez jamais, non ça jamais ! Sur leur lit de mort, vous croyez qu'les femmes s'apprêtent à mourir en paix, mais non ! Elles sont raccordées de partout à des dizaines de tubes en se demandant c'qu'elles ont fait, et pourquoi vous n'avez pas rappelé, voilà c'qui s'passe sale pourri !"
Trois hommes sur le green, une série méconnue qui a pourtant su offrir quelques perles...

J'ai toujours ce dialogue dans un coin de ma tête au moment d'une rupture. Pas parce que ça se passe forcément comme ça (quoique, hein les filles, ça nous est vraiment arrivé à toutes au moins une fois...), mais parce qu'il semblerait parfois que les places respectives de l'homme et de la femme soient codifiées à l'extrême dans la plupart des séries, notamment en cas d'interaction.
C'est Sex & the City qui, sans être la première série à le faire, ni forcément la meilleure pour le faire, a popularisé les interrogations explicites sur le rôle que chacun joue dans chaque relation. Et il est étrange de constater que c'est toujours le même. Non, pas pas étrange : communément admis.

TheSexes

Quand j'avais une quinzaine d'années, je ne sortais pas (mon éducation étant ce qu'elle était), et j'essayais de me projeter dans l'avenir et d'imaginer ce qu'était l'âge adulte, et plus particulièrement ce qu'était la vie amoureuse d'un adulte. Je me tournais vers la télé pour trouver des idées, pour imaginer ce qu'était la vie des autres, "dehors", et je voyais des personnages comme ceux de Friends ou Ally McBeal, et les choses étaient également très codifiées sitôt qu'on parlait de relations amoureuses.
Il y avait la première sortie, avec un premier baiser sur le perron si le dîner s'était bien passé, il y avait la seconde, plus mitigée souvent, parce que porteuse de méfiance et d'espoir, et puis, surtout, il y avait la troisième, et c'était là qu'on savait si les choses prenaient tel ou tel chemin. Au bout d'une période de temps convenable, on présentait l'autre à ses amis et/ou à ses parents, on allait rencontrer les siens, et on pouvait admettre que les choses étaient "sérieuses".

Tout un tas de codes que finalement, étant une adolescente impressionnable et (par la force des choses) réservée, j'avais intégrés au prétexte que, si la série trouve son public, c'est qu'elle a nécessairement une certaine résonance sur le mode de vie de ses spectateurs. Ce n'est quand même pas de la science-fiction. Les "dates" existent.
Et pourtant, de vous à moi, ma vie amoureuse ne s'est jamais déroulée comme cela. Je ne me suis jamais demandé s'il allait m'appeler, ou si je passais pour une fille trop collante si je l'appelais en premier, ou si cela faisait trois soirs et qu'il s'attendait donc à quelque chose, ou si au second soir je ne passais pas pour une fille facile, ou rien de ce genre. Et si je reconnais bien volontiers que ma vie amoureuse s'est montrée assez atypique, dans son genre, je refuse néanmoins de croire que je sois la seule à ne pas me reconnaître dans ce système guindé où il y a des règles du jeu soit à respecter, soit à transgresser.

Mais la télévision continue de les populariser. Il y a quelques semaines, on m'a convaincue de regarder un épisode de How I met your mother (et je me suis laissée convaincre à cause de Joanna Garcia) et il s'est avéré que les choses n'avaient pas vraiment changé depuis un peu plus de 10 ans que j'avais commencé à les observer à la télévision. On tient pour acquis qu'il faut faire certaines choses après une rupture, ou pour trouver quelqu'un, ou pour approcher quelqu'un... Alors qu'il y a autant de façons que de couples !

Bien-sûr, poser l'existence de tels codes permet de les transgresser, notamment à des fins comiques (il ne vous aura pas échappé que la plupart des séries citées sont des comédies ou, au pire, des comédies dramatiques), mais globalement, est-ce que ces codes ne finissent pas par transpirer sur la société ? Est-ce qu'on ne rencontre des prétendants potentiels que dans les bars ? Bien-sûr que non. Mais c'est quand même comme ça qu'on nous fait croire que la plupart des rencontres se font. Et cette règle des trois rendez-vous, sérieusement, vous la gardez toujours en tête au commencement d'une relation ? Moi pas, je me laisse porter, parfois ça prend beaucoup plus de temps, parfois moins, ça dépend de plein de facteurs qui dépassent largement la frigidité des règles édictées par ces fictions (et les autres).

D'ailleurs les scénaristes ont-ils inventé ces fameux codes de la relation amoureuse ? Je n'en suis pas sûre. J'ai l'impression que ça vient d'un autre média, de la presse (féminine par exemple). A mes yeux la meilleure preuve, ce sont les séries dirigées vers un public masculin, et là on se rend compte que la gamme des expériences, des possibilités de rencontre, des possibilités d'évolution de la relation, est bien plus diversifiée. Un exemple récent serait Men of a Certain Age, disons.
Les séries comme une version moderne du conte de fées qui emprisonne la population féminine dans une vision étriquée des relations homme/femme ? Je ne suis pas loin de le penser.

De toutes les valeurs véhiculées par les séries télé, la rigidité du fonctionnement des relations amoureuses est celle qui, en ce moment, me frappe et m'irrite le plus.

Posté par ladyteruki à 00:47 - Série de valeurs - Permalien [#]